A vous la Sonatrach, à nous la matraque.3

**Violence policière/

Les étudiants en pharmacie humiliés à Alger

**des gifles et des coups pour les empêcher de manifester

La police a usé d’une violence inouïe pour disperser un rassemblement des étudiants en pharmacie qui devait avoir lieu, hier, sur la place du 1er mai à Alger. C’est à coup… de gifles que certains d’entre eux ont été contraints de monter dans des bus.   Les étudient en pharmacie, qui sont en grève depuis trois mois, ont essayé de tenir un rassemblement pacifique à la place du 1er Mai pour revendiquer un rééchelonnement de leur catégorie, l’ouverture de nouvelles voies de spécialisation en pharmacie clinique et des stages dans des structures hospitalières pilotes. À peine arrivés sur place que les étudiants ont du faire face à un dispositif policier des plus agressifs qui les a bastonnés sans ménagement pour leur faire rebrousser chemin. Frappés puis traînés par terre, les futurs pharmaciens ont été entassés dans des bus afin d’évacuer la place. Plusieurs d’entre eux ont été embarqués vers des postes de police. Sur la vidéo on peut distinguer une scène humiliante d’une très grande violence. Un des étudiants se fait gifler par un policier avant d’être embarqué brutalement dans l’un des bus stationnés aux abords de la place. Il convient de rappeler qu’une rencontre a eu lieu entre Abdelmalek Sellal et les représentants des protestataires début février. Un communiqué des services du Premier ministre avait indiqué que la majeure partie des revendications des étudiants en pharmacie ont été prises en charge. Cela dit, les propositions du ministre ont été rejetées lors des assemblées générales au niveau des dix facultés de pharmacie à l’échelle nationale, considérant que les réponses apportées par les autorités n’apportent aucune amélioration à une situation qualifiée de «piteuse».*algerie-focus./ jeudi 23 février 2017 ***********************************

         *Les signes qui ne trompent pas

Le zèle avec lequel les policiers ont réprimé la manifestation organisée la semaine dernière à la place du 1er Mai à Alger par des étudiants en pharmacie renseigne sur l’état des libertés dans notre pays. Il faut vraiment s’en inquiéter. Elles sont en danger et plus que jamais remises en cause. Quand bien même la Loi fondamentale les garantit. C’est vrai que ce n’est pas la première fois que la police fait étalage de toute la violence dont elle est capable, mais cette fois-ci elle a bel et bien franchi le pas vers un stade supérieur, alliant répression et humiliation. Sachant que ce n’est pas une poignée d’étudiants qui menaceraient sa stabilité, le pouvoir a voulu surtout faire peur, donner un exemple, prévenir ceux qui seraient tentés un jour de briser le mur répressif qui entoure Alger la capitale, qui est depuis longtemps une citadelle interdite à l’expression libre. Proclamée zone interdite depuis la marche du mouvement citoyen du 14 juin 2001, Alger est un espace public où les manifestations, quelles que soient les revendications qu’elles portent, même pacifiques, sont formellement interdites. Pour garder sa citadelle infranchissable, le pouvoir y met tous les moyens en sa possession, son zèle et sa violence. La manière avec laquelle les médecins ont été admonestés, violentés à l’intérieur même de l’enceinte de l’hôpital Mustapha il y a quatre ans par des policiers complètement déchaînés, augurait déjà de mauvais jours pour les libertés. Les enseignants, les gardes communaux, des militants politiques et associatifs en avaient fait l’amère expérience. La tolérance devait être maintenue au degré zéro. Deux citoyens qui voulaient commémorer, en juin dernier, l’anniversaire de l’assassinat du chanteur Matoub Lounès en allumant des bougies à la Grande-Poste ont été vite embarqués par la police et entendus dans ses locaux. La liberté d’opinion, les libertés syndicales, la liberté de conscience sont toutes pourtant garanties par la Constitution. Mais force est de croire que cette dernière ne sert que de belle devanture pour un pouvoir qui ne s’accommode guère ni de la diversité politique ni du pluralisme syndical, qu’il tolère en théorie et interdit dans les faits. Au diable la Loi fondamentale quand il s’agit de réduire au silence une société qui veut s’affranchir de son paternalisme et de sa tutelle. Tous les écarts sont désormais permis. La violence et l’humiliation semblent le choix impérieux d’un régime qui a décidé depuis longtemps de régenter la société par la force, et prêt à doubler de férocité si nécessaire. Un policier qui gifle à volonté un étudiant inoffensif, c’est l’étalage de toute la laideur d’un système répressif mis en place par un pouvoir qui, visiblement, n’a rien d’autre que la violence pour convaincre. Et la violence est le propre de tous les régimes totalitaristes. L’on se demande pourquoi l’Algérie figure parmi les pays, dans les classements internationaux, où les droits de l’homme en général et les libertés individuelles et collectives sont mises à mal ! *Said Rabia /  el watan / samedi 25 février 2017

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IMSI d’Oran : Les étudiants en grève

*Nos futurs pharmaciens ne sont pas des casseurs ou des pillards

Des policiers qui giflent, qui bousculent, qui matraquent. Des jeunes qui résistent, qui se défendent, qui se font malmener. La brutalité, les cris, les échauffourées, l’uniforme contre le civil, la matraque en guise de dialogue. Qui aurait imaginé qu’un jour on en arriverait chez nous à ce spectacle lamentable où on répond aux revendications corporatistes de nos étudiants par des coups et des blessures avec une telle brutalité au grand jour. C’est le genre de traitement qu’on réserve habituellement aux casseurs, aux pillards et non pas aux étudiants à l’élite et à la relève. Cela ne veut pas dire que les étudiants sont au-dessus des lois ni qu’ils méritent un traitement particulier. Il faut leur appliquer la loi comme elle doit être appliquée pour tout le monde et non pas les laisser à la merci de cogneurs qui ne font ni dans la dentelle ni dans le détail. Nos futurs pharmaciens essaient depuis des semaines d’avancer dans le dialogue avec leur hiérarchie, sur des questions déterminantes pour la profession et pour leur avenir. Il faut rendre hommage à leur maturité pour avoir maintenu le dialogue mais il faut aussi leur rendre justice de prendre en compte leur programme d’études pour sauver leur année universitaire. Cela se traduit inévitablement et on le comprend bien, par de l’impatience et de l’agacement de leur part car c’est leur avenir qui est en jeu. Et s’ils ont eu recours à une manifestation pacifique c’est parce qu’ils ont exercé un droit autorisé par la loi et prévu pour les cas où les discussions sont dans l’impasse. On peut imaginer que le dialogue entre leur tutelle et les représentants des deux parties peut achopper sur des points difficiles, mais rien ne justifie la violence, ni d’un côté ni de l’autre. Et il nous paraît difficile d’imaginer que les futurs pharmaciens soient venus chercher l’affrontement comme de vulgaires casseurs, car dans ce cas, ils seraient venus équipés pour l’affrontement physique et non pas les mains vides. Entendons-nous bien. Ils n’ont pas plus de droits que d’autres parce qu’ils sont de futurs pharmaciens. La liberté de manifester est la même pour tous. Ce qui est révoltant en revanche, c’est qu’on a l’impression qu’on ne mesure pas en haut lieu, le besoin vital pour notre développement et pour l’avenir de nos enfants, d’assurer à nos étudiants les meilleures conditions de formation tant sur le plan pédagogique que sur celui des moyens techniques et sur celui l’organisation et de la vie des campus. Faut-il rappeler, que contrairement à nos voisins, nos étudiants sont condamnés à cause de multiples défaillances au niveau de la gouvernance, à préférer s’expatrier plutôt que de rester ou de revenir au pays. Les raisons sont multiples. Tout le monde les connaît. Et tant que nos responsables refusent de prendre ces questions à bras le corps, l’hémorragie continuera et on ne voit pas comment le pays pourrait survivre et se développer sans sa jeunesse et sans son élite. L’étudiant que nous voyons sur la vidéo, recevoir des gifles tel un gamin pris en train de fumer en cachette, ou ses camarades se faisant rudoyer tels de mauvais resquilleurs qui veulent rentrer de force dans un stade ; tout cela fait partie d’un spectacle qui nous fait honte et que nous aimerions ne plus jamais revoir. C’est donc un appel à la raison et à la sagesse que nous lançons à nos responsables; en mettant en garde l’ensemble des protagonistes devant l’effet désastreux donné à nos enfants par ce spectacle intolérable et indigne de notre pays.**Par Abou Semmar / algerie-focus./ samedi 25 février 2017

***Le tout répressif !

*Le rapport d’Amnesty International décrivant l’état désastreux des droits de l’Homme et des libertés en Algérie venait à peine d’être rendu public que, quelques jours plus tard, la tentative de manifestation des étudiants en pharmacie donnait l’occasion au pouvoir de montrer la brutalité de sa gestion répressive de l’expression citoyenne.
Les images prises en cette occasion et diffusées par la presse électronique et les réseaux sociaux sont révélatrices d’une conception particulière de la mission de maintien de l’ordre. Par certains côtés, elle procède plutôt de la descente punitive. En plus de l’excessive violence des interpellations, on y voit notamment un agent qui “se fait plaisir” en humiliant un manifestant, en le giflant, alors même que celui-ci est déjà immobilisé. Cette conduite ne peut se justifier par la seule préoccupation d’empêcher la manifestation programmée, de refouler et, éventuellement, d’interpeller des manifestants ; elle ne peut se concevoir que comme une attitude exprimant un parti pris politique contre le principe même de la protestation citoyenne.
Les agents de l’ordre qui adoptent ce comportement ne le feraient pas s’ils n’étaient convaincus que leur mission, telle qu’elle leur a été décrite, les autorisait, voire les obligeait, à un traitement brutal de la population manifestante.
De plus, et comme pour s’arroger le droit de réprimer toute contestation, le pouvoir s’est aménagé cette confortable règle qui instaure l’interdiction totale de toute manifestation dans la capitale. Ce qui, de fait, place toute initiative de mouvement ou de rassemblement en position de menace à l’ordre public. Et ce qui fait aussi que l’on considère d’abord la manifestation du point de vue de sa nature subversive avant de l’apprécier du point de vue de son contenu politique ou social.
La brutalité physique est caractéristique de la répression des manifestations de citoyens, surtout à Alger, et plus particulièrement depuis l’invention de la notion de “gestion démocratique des foules”. Mais, jeudi dernier, cette gestion a gagné en agressivité. Certaines scènes filmées révèlent une évidente volonté d’humilier. Et pas seulement de neutraliser. Et si le ministre de la Santé s’est hâté de recevoir des représentants des étudiants, c’est qu’il a décelé les dépassements auxquels la répression a donné lieu et qu’il voulait en atténuer les effets auprès des victimes et de l’opinion.
Le pouvoir, qui, à l’occasion, se proclame adepte du dialogue, semble avoir pris goût à la gestion musclée de la revendication populaire quelle que soit sa nature et quelle que soit la catégorie sociale concernée. L’efficacité occasionnelle de la méthode semble lui avoir dangereusement fait oublier les vertus de la prévention.Par Mustapha Hammouche / liberte-algerie/  dimanche 26 février 2017

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