l’année 2017- Algérie

*Ephémérides de l’année culturelle 2017

Mort du réalisateur Mahmoud Zemmouri : Vive le roi de la comédie

Le grand réalisateur algérien, Mahmoud Zemmouri, auteur de Prends 10 000 balles et casse-toi, De Hollywood à Tamanrasset, ou encore 100% Arabica, est décédé le 4 novembre dans un hôpital à Paris. Il avait 70 ans.

Après deux années à l’Ecole supérieure d’optique et une année à l’Ecole de cinéma de Paris, Mahmoud Zemmouri-né le 2 décembre 1946 à Boufarik (Algérie)-est d’abord connu pour être un acteur. Sa première apparition à l’écran, c’était en 1977, dans le film L’Autre France, de Ali Ghanem. Puis, il émergea dans de grands films français, cultes, comme Tchao Pantin (1983) de Claude Berry, Pinot simple flic (1984) de Gérard Jugnot, La Smala (1984) de Jean-Loup Hubert, Nuit d’ivresse (1986) de Bernard Nauer, L’Œil au beur(re) noir (1987) de Serge Meynard… Commençant à écrire, il scénarise et passe derrière la caméra. Il signera Prends 10 000 balles et casse-toi (1981), Les folles années du twist (1986), De Hollywood à Tamanrasset (1991), L’honneur de la tribu (1993), adaptation du roman éponyme de Rachid Mimouni, 100% Arabica (1997) réunissant et opposant deux chanteurs de raï, Khaled et Mami, Beur, blanc rouge (2006), Certifiée hallal (2015).

Ces films traitent de l’exil, l’émigration, les contradictions de la société, l’islamisme naissant en France (100% Arabica), en forçant le trait de la comédie. «Je suis un cinéaste des deux côtés de la Méditerranée. Parce que je traite beaucoup des problèmes entre les deux rives…», avait-il déclaré dans un entretien à El Watan (2006). «Cinégénique», Mahmoud Zemmouri a joué sous la direction de Steven Spielberg dans le film Munich (2005). «J’y ai interprété le rôle d’un Libanais, sauf que le film, au final, faisait trois heures. Steven Spielberg l’a réduit à 2h40. Donc, je parais très peu dans le film. Mais j’ai passé quand même 15 jours avec Spielberg, à Malte. C’était vraiment extraordinaire ! Mais pour vous dire, il y a eu une espèce de feeling entre nous et il m’a dit: “Vous avez une tête tellement sympathique que je me demandais comment rallonger votre rôle dans le film…’’», nous avait confié le regretté Mahmoud Zemmouri. Le défunt repose au cimetière Bendriss, à Boufarik.

Disparition de l’écrivain Noureddine Saâdi : Lettres vivantes

Noureddine Saâdi, le grand écrivain, est décédé le 14 décembre, à l’âge de 73 ans. La 3e édition du prix Assia Djebar, organisée jeudi 21 décembre au Centre international des conférences CIC Abdelatif Rahal, au Club des Pins, à Alger, le récompensera à titre posthume. Il a reçu le prix Assia Djebar en langue française pour son roman Boulevard de l’abîme, paru aux éditions Barzakh, quelques jours avant sa disparition. Noureddine Saâdi est né et a grandi à Constantine. Il part faire ses études à Alger, où il devient professeur de droit. En 1994, il quitte l’Algérie pour la France et s’installe à Douai, où il enseigne à l’université d’Artois. Universitaire et écrivain, il est l’auteur de plusieurs romans, de nombreux textes et articles.

C’ est une figure reconnue du monde culturel algérien et collabore à plusieurs revues. Il est notamment chroniqueur dans le quotidien de langue française algérois Le Matin. Il a publié  Dieu et le fil  (1996), La nuit des origines (2005), La maison de lumière (2000). Il était membre de l’association de culture berbère ACB de Paris. Le journaliste et auteur, Merzak Begtache, a été le récipiendaire du prix Assia Djebar, du roman en arabe El Matar Yaktoub Massitatihi (La pluie écrit ses mémoires), paru aux éditions ANEP. Merzak Begtache, 72 ans, est à l’aise dans les deux langues, arabe et français, ayant traduit un de ses pairs, Rachid Boudjedra, en arabe notamment. Il s’est dit honoré et touché par cette distinction. Victime d’un attentat terroriste le 31 juillet 1993, Merzak Begtache est grièvement blessé. Il recevra une seule balle. Elle traversera sa nuque pour fracasser la mâchoire et sortir par la joue droite. Miraculé, il survivra. Merzak Begtache a des projets plein la tête. Un recueil de nouvelles en français, des romans, oui, plusieurs en langue arabe, des traductions, des articles de presse…

Disparition de Blaoui El Houari : Une légende du wahrani

La légende de la musique oranaise, le grand Blaoui El Houari, est décédé le 19 juillet, à l’âge de 91 ans. Il avait immortalisé des titres, tels que Zabana, de Cherif Hamani, Wahd Ezzine L’kitou, Djar Aliya El Hem, de Abdelkader El Khaldi, Biya Dak El Mour, du cheikh El Hachemi Bensmir, Rani M’hayer, de M’hamed Benyekhlef, Asmaâ, de cheikh Belthiter Benacha, H’mama, ou encore El Mersem, de cheikh El Miloud. Blaoui Houari est le père spirituel des Khaled, Mami, Houari Benchenet, Abdelkader Khaldi (Jr), Baroudi Benkhedda, Rahal Zoubir… Dans un entretien qu’il avait accordé à El Watan en juillet 2003, chez lui à Protin, à Oran, il nous avait confié : «Sans prétention, j’ai eu l’idée de prendre les paroles de Rani M’haïr, qui est une chanson bédouine des chioukh avec la gasba (flûte de roseau traditionnelle) et j’y ai incorporé une composition moderne, avec des instruments, comme la guitare, l’accordéon, la flûte, le tar et la derbouka. Je n’ai pas voulu dénaturer ce patrimoine si précieux avec cheikh El Hachemi Bensmir, qui était un parent, ou cheikh Abdelkader El Khaldi… Les jeunes possèdent de belles petites mélodies. Mais sans conviction.

C’est une errance (un troupeau sans berger, dans le texte en arabe). Ils ne sont pas bien orientés. Et puis, le laisser-aller au niveau culturel… Le texte des chansons (raï) est un peu vulgaire. Et surtout, ce mélange d’arabe dialectal avec le français. Ce n’est pas beau et nullement esthétique. Actuellement, le jeune chanteur de raï se plaît à chanter,  avec l’âge, il est obligé de faire son bilan. Et la fin… Les jeunes chanteurs devraient être un peu motivés…
Et Houari Benchenet, dans le wahrani, est sur la bonne voie.»

Requiem pour Rachid Saouli : Merci, l’altiste !

L’Algérie a perdu un grand maestro en la personne de Rachid Saouli. Un maestro ne ressemblant guère aux autres. Et  se départissant des oripeaux et autres «glorioles». Au contraire, Rachid Saouli est ce «conductor» de l’ombre. Réservé, effacé, humble, presque «invisible». Tant il était d’une modestie forçant le respect. Et pourtant, Rachid Saouli était destiné à la mélomanie. Au service de la musique, bien sûr universelle, et surtout celle algérienne.

Celle du terroir, du patrimoine. Celles kabyle, oranaise, chaouie, chaâbie, targuie…Ce qui est méritoire chez Rachid Saouli, c’est qu’il a sillonné, la baguette sous le bras, dirigé l’Orchestre symphonique national (OSN), à travers les 48 wilayas pour démocratiser cette musique savante, voire élitiste. Et de par le monde, en Chine, en Ukraine ou encore en Espagne. De Te Deum (Marc-Antoine Charpentier, c’est le fameux générique de l’Eurovision des années 1970), à Cole Porter (Salute), en passant par Wahran Wahran d’Ahmed  Wahbi, Jahanagh Bezzef d’Akli Yahiaten, ou encore Yaracha El Fetten (chant du patrimoine) arrangés par Rachid Saouli. Lors d’une soirée du Ramadhan, en juin 2017, le maestro Rachid Saouli dirigeait les jeunes talents de l’INSM. Il rappellera à l’ordre les élèves dissipés qui ne cessaient de radoter, abusant de sa gentillesse : «Ne parlez pas trop ! Ecoutez ! C’est moi qui dirige !»  C’était un homme bon, et humble surtout. Avec cette pointe de mélancolie dans les yeux qu’on lui connaissait. La tâche incombe à  la relève pour perpétuer l’œuvre de ce passeur. Sandra, Ibtissem, Belkacem, Sofiane, Khalil, Abdelwahab…

Kaouther Adimi : Prix Renaudot des lycéens

La jeune romancière algérienne, Kaouther Adimi, a reçu, mardi 14 novembre, le prix Renaudot des lycéens pour Nos richesses, aux éditions Barzakh (Algérie) et Seuil( France). Un livre empreint de mélancolie. Nos richesses retrace la vie du libraire algérois Edmond Charlot, qui fut le premier éditeur d’Albert Camus dans les années 1930. Le Renaudot des lycéens, organisé par l’association des Amis de Théophraste Renaudot de Loudun (Vienne), est choisi par des lycéens issus de 14 lycées des Académies de Poitiers, Limoges et Nantes. Troisième roman de l’écrivaine âgée de 31 ans, Nos richesses, qui était en lice pour le Médicis, est aussi un grand roman sur la ville d’Alger, ville accablée par le chômage, la pauvreté et le souvenir des années noires du terrorisme islamiste. Dès les premières pages de son roman, Kaouther Adimi fait visiter sa ville.

Elle vous entraîne jusqu’à la rue Hamani, l’ex-rue Charras, où au n°2 bis plus précisément, on peut lire cette inscription : «Un homme qui lit en vaut deux.» C’était ici que se tenait la librairie d’ Edmond Charlot, qui, en 1936, âgé de 21 ans, ouvrit la librairie de prêt Les vraies richesses (le titre d’un texte de Jean Giono). Kaouther Adimi mêle deux histoires, celle de la librairie et d’un jeune Algérien de 20 ans prénommé Ryad, étudiant à Paris, revenu à Alger pour occuper un petit boulot : repeindre la devanture du 2 bis rue Charras et la vider des derniers livres qui y restent. Un nouveau propriétaire veut transformer l’ancienne librairie en magasin de beignets…

Après 40 ans d’absence de la scène : Le retour de l’enfant  «prodige», Idir

L’événement musical de 2018 a été annoncé en octobre dernier. Le grand chanteur algérien, Idir, célèbre par les titres A Vava Inouva, Zwit Rwit ou encore Ssendu, donnera deux concerts-événements les 4 et 5 janvier 2018 à la Coupole d’Alger, après 40 ans d’absence de la scène. Un come-back fracassant. Il confiera à El Watan, le 25 octobre : «Il fallait bien que cela arrive. On est arrivés à vivre des tournants qui étaient très délicats… Je m’explique. Tamazight, langue officielle  ? Il s’est avéré qu’elle a été officialisée entre guillemets. Peut-être qu’on n’est pas arrivés au bout de l’officialisation. Mais est-ce une raison pour continuer à boycotter ? Ensuite, on a remarqué qu’il y avait des vents de fascisme qui soufflaient d’un peu partout. Je ne peux pas viser ceci ou cela. En tout cas, on le ressentait. Donc, où était le bénéfice ? Surtout d’avoir un Etat, même s’il n’est pas bon par certains côtés, il y a moyen de sauver les meubles. Lorsqu’il y a des gens qui l’aiment, le pratiquent, le magnifient…Alors je me suis dit : ‘‘Est-ce qu’il n’est pas temps de revenir ?’’ Toutes les choses que j’ai vues et qui m’ont déçu me prêtent à dire que je n’étais qu’un Don Quichotte.

Se battant contre des moulins à vent et dont les résultats ne sont que des coups d’épée dans l’eau…
Et puis l’âge avançant, la santé déclinant, les choses ne sont plus les mêmes d’année en année, je me suis dit, il faut que je me lance. Disons que ce sont des raisons très objectives…Je me suis rendu compte d’une chose que je n’avais pas en tête. Parce que j’étais dans mon métier. Quand je donnais des concerts en France, au Maroc (devant 100 000 personnes à El Minzah-Rabat lors du Festival Mawazine 2013), je ne savais pas que cela allait avoir un impact d’une telle envergure, ici, en Algérie. Voir un enfant du pays célébré ailleurs, alors que nous qui l’aimons au moins autant, nous ne pouvions avoir cette chance-là. Je ne me rendais pas compte du mal que je faisais…» Ces deux concerts seront suivis par une série de galas à Tizi Ouzou (au stade en juin 2018, Bouira, Batna, Annaba, Constantine (Zénith), Tlemcen, Oran (Le Méridien) et théoriquement à Tamanrasset s’étalant sur toute l’année.
 

Hadj Rahim : L’enfant de la télé… algérienne

L’enfant de la télé, Hadj Rahim, qui a fait les beaux jours de l’histoire cathodique algérienne avec sa fameuse «caméra invisible», est décédé vendredi 13 janvier à Alger à l’âge de 83 ans. Hadj Rahim est celui qui décoinçait les zygomatiques dans les années 1970. C’est un pan entier de la mémoire collective cathodique qui s’en va. La nostalgique TV en noir et blanc. Hadj Rahim est le pionnier du genre. De ce divertissement, la fameuse «caméra invisible». Et surtout, il a su créer cet effet gag hilarant et déjanté dans la «caméra cachée». Ces situations burlesques et insensées piégeant des ingénus. Et par conséquent, usant et abusant de la naïveté des petites gens. Ce qui engendrera des situations surréelles, où le piégé, malgré l’absurdité qui régnait dans l’air, se prendra au jeu pipé. Et quelquefois, aboutira à des réactions inattendues. A l’image de la séquence culte du Ramadhan, où Hadj Rahim laisse traîner subrepticement un sandwich sur un banc de jardin public, à côté d’un paisible vieux monsieur. L’intervention d’un agent de l’ordre complique la situation. Car cette personne âgée est accusée et à tort de ne pas observer le jeûne du mois sacré du Ramadhan.

Ils ont fait l’actualité : Chuck Berry parmi les étoiles 

Chuck Berry, de son vrai nom Charles Edward Anderson Berry, est décédé, le 18 mars 2017, à l’âge de 90 ans. Le «godfather» du rock’n’roll, Chuck Berry, est celui qui a révolutionné cette musique juvénile et rebelle avec des riffs énergiques «solid rock» sur les mythiques titres Sweet Little Sixteen, Maybelline (une marque de rouge à lèvres de l’époque qui est toujours un cosmétique actuel), Rock’n’roll music, You can never tell, Nadine, No particular place to go, My ding-A-ling, Memphis, Tennesse ou encore Roll over Beethoven. Sans lui, il n’y aurait jamais eu de Beatles, The Rolling Stones, Elvis Presley, Bill Haley, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Jimi Hendrix, et plus tard par Elton John, Huey Lewis, AC/DC ou encore Aerosmith.

  • ils nous ont quittés cette année:
  •  
  • Le réalisateur Youcef Bouchouchi le 28 juillet
  • Le réalisateur et comédien algérien, Yacine Bendjemnine, est décédé Le 17 juin à Blida à l’âge de 56 ans
  • Le chanteur populaire Houari Laouinet est décédé le 28 juillet à Oran, à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie
  • Le comédien et homme de théâtre Abou Djamel, Arezki Rabah de son vrai nom, est décédé le 13 janvier 2017, à l’âge de 79 ans
  • Djaffar Bek, chansonnier , grand homme du music-hall et acteur, est décédé le 31 janvier à l’âge de 90 ans, à l’hôpital de Zéralda (Alger), des suites d’une longue maladie.
  • Le chanteur de raï, Skander Sanhadji, est décédé le 13 février à Oran, à l’âge de 84 ans
  • Le journaliste et écrivain, Abdelkrim Djillali, est décédé le 8 mai à l’âge de 61 ans
  • Le comédien et humoriste, Rachid Zeghimi, est décédé à Constantine à l’âge de 72 ans
  • L’artiste plasticien, Salah Hioun, est décédé, le 7 novembre, à l’hôpital de Birtraria à Alger, à l’âge de 81 ans
  • L’artiste-peintre, Choukri Mesli, est décédé le 13 novembre 2017 à Paris, il est l’un des «fondateurs» de la peinture moderne en Algérie.

*el watan / 31 décembre 2017

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