un successeur à tout prix

**Présidentielle 2019 en Algérie

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L’Algérie cherche activement un successeur au président Bouteflika

**les interventions extérieures ont déjà commencé

*loin du choix populaire et démocratique

un successeur à tout prix bouteflika

**mondafrique- dimanche 18 février 2018

La visite récente à Alger du chef d’état major particulier d’Emmanuel Macron n’avait pas seulement pour but d’évoquer le dossier de la sécurité au Sahel. La France suit de près le processus de succession en Algérie.

A l’Elysée, on sait qu’aucune solution durable dans la région du Sahel ne peut se faire sans l’appui de l’Algérie. Le proche collaborateur du président français, qui lors de sa visite éclair à Alger a tenu à saluer le président Abdelaziz Bouteflika, s’est entretenu principalement avec les autorités militaires algériennes de la lutte contre le terrorisme au Mali, au Niger et enfin Libye, un pays où la France comme l’Algérie multiplient les contacts.

*La succession plus que jamais à l’ordre du jour

Mais dans l’état de tension où se trouve l’Algérie et alors que chacun des clans au pouvoir affute sa stratégie pour la succession de Bouteflika plus malade et diminué que jamais, le conseiller d’Emmanuel Macron a évoqué également avec ses interlocuteurs la situation politique délicate où se trouve le pays. Du coté algérien, le message est clair. Les différentes composantes du pouvoir sont en train de se mettre d’accord sur le profil idéal du successeur: un homme relativement jeune, c’est à dire selon les critères locaux de moins de 70 ans; un candidat de consensus entre la Présidence et l’Etat Major; enfin un haut cadre de l’Etat qui aie une certaine proximité avec l’appareil sécuritaire mais qui ne soit pas ou plus militaire.

abdelghani_hamel

Un nom qui revient ces jours ci à Alger est celui du chef de la police et ancien patron de la gendarmerie, le général-major Abdelghani Hamel et à ce titre compatible avec le chef de l’Etat. La force de cet ancien gradé, qui est redevenu civil voici deux ans, est de bénéficier également de la confiance des dirigeants actuels et des généraux l’armée. Un signe parmi d’autres de sa bonne étoile, on évoque même dans les coulisses du pouvoir la possible éviction d’Ahmed Ouyahia, hué samedi à Biskra, du poste de premier ministre et la nomination d’un proche du général Hamel, l’actuel ministre de l’Intérieur. *mondafrique- dimanche 18 février 2018

***par Nicolas Beau

Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l’Institut Maghreb (Paris 8) et l’auteur de plusieurs livres: « Les beurgeois de la République » (Le Seuil) « La maison Pasqua »(Plon), « BHL, une imposture française » (Les Arènes), « Le vilain petit Qatar » (Fayard avec Jacques Marie Bourget), « La régente de Carthage » (La Découverte, avec Catherine Graciet) et « Notre ami Ben Ali » (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

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Présidentielle 2019 : L’année de toutes les incertitudes

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le 17.04.2018 

Le bilan politique du règne de Abdelaziz Bouteflika et de ses équipes souffre d’un handicap majeur, celui de n’avoir pas préparé les conditions politiques saines pour aborder le prochain quinquennat.

Il boucle l’an IV d’un mandat présidentiel qui dure depuis avril 1999. Abdelaziz Bouteflika célèbre aujourd’hui son 19e anniversaire à la tête de l’Etat, marquant ainsi le règne le plus long de l’Algérie indépendante. A l’occasion, ses partisans s’empressent confusément de fêter les «grandes réalisations» du raïs, poussant la glorification à son extrême.

Un vague bilan comptable désincarné qui sert à donner l’illusion des succès. Difficile de masquer la réalité d’un état de santé nationale très affaibli. Malade. Car au plan de la dynamique politique et de la perspective historique, l’inventaire donne à voir un pays qui pour le moins hésite. Sans boussole ni cap. L’on ne sait pas où va l’Algérie. D’évidence, elle n’arrive pas à se remettre sur les rails de la modernité, encore moins à se donner une ambition historique. L’unique rêve national est la survie.

Conséquence immédiate de la perpétuation du statu quo qui s’avère de plus en plus périlleux. Renforcé par un 4e mandat d’abord obtenu au terme d’une «guerre civile» qui a littéralement débordé le sérail avec comme implication directe la paralysie de la vie institutionnelle et politique. Reconduit à la tête de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika n’assure plus de la même manière, encore moins avec la même énergie ses missions.

Son état de santé l’a confiné au silence durable et sa capacité d’action est  considérablement réduite. Un état de fait qui a largement déteint sur le fonctionnement de l’appareil de l’Etat et de la gouvernance. Figure centrale dans la pyramide du pouvoir en raison d’un présidentialisme affirmé, le président de la République en raison de sa situation imprime au pays un rythme extrêmement lent que  l’Etat ne peut se permettre.

Alors que les exigences d’un pays comme l’Algérie qui aspire à assumer des rôles stratégiques et les défis qu’il doit relever recommandent du mouvement, de la cadence soutenue et de la  rapidité dans l’action. En termes concrets, les quatre années qui s’écoulent sont fortement marquées par une incohérence manifeste doublée d’une instabilité gouvernementale.

Trois Premiers ministres se sont succédé au palais Docteur Saadane, dont un a été éjecté non sans fracas. C’est le moins que l’on puisse dire. S’ils se réclament tous du programme du Président, les gouvernements successifs mènent, dans un cafouillage sans précédent, des politiques opposées les unes aux autres. L’improvisation prend le pas sur la réflexion stratégique. La haute administration est gagnée par la léthargie, l’absence d’initiative et surtout le manque d’innovation.

En bas, les corps intermédiaires sont livrés à la vindicte, parce que les interlocuteurs politiques ne sont plus porteurs de réponses fiables. Les arbitrages sont rarement rendus à temps. Les instruments de régulation traditionnels n’opèrent plus. La tergiversation est devenue le marqueur de la gouvernance du 4e mandat.

Ce n’est pas un fait inédit. Une constante. Mais le plus désastreux des ratages du quinquennat en cours s’exprime à travers l’incertitude politique dans laquelle est plongé le pays. L’exercice qui tire à sa fin peine à préparer l’avenir dans l’assurance nécessaire. Personne ne sait de quoi demain sera fait. C’est le brouillard total. La visibilité est nulle. Pas de quoi rassurer les forces politiques, économiques et sociales.
L’ambiance nationale est au doute.

Le  corps social est habité par la peur. C’est à cela justement que se mesure le succès ou l’échec d’un mandat politique exercé au plus haut niveau de la République. Le bilan politique du règne de Abdelaziz Bouteflika et de ses équipes souffre d’un handicap majeur. Celui de n’avoir pas préparé les conditions politiques saines pour aborder le prochain quinquennat. Celui de n’avoir pas osé  le pari de la démocratie. C’est l’échec d’un homme et d’une équipe. Et par dessus tout, la faillite d’un système qui a infligé au pays une défaite dont il ne se relèvera que difficilement. 
 **Hacen Ouali / el Watan / mardi 17 avril 2018

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Y a-t-il des prétendants à la Présidence ?

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 lundi 12 mars 2018

Fait aussi curieux qu’inquiétant, à une année de la présidentielle, la classe politique ne donne pas l’impression d’être emballée par ce rendez-vous décisif pour la nation.

Une présidentielle mystérieuse. Chargée d’énigmes. Une situation politique drôlement anormale. A seulement une année de sa tenue, l’élection présidentielle d’avril 2019 présente toutes les caractéristiques faisant d’elle une épreuve aussi délicate qu’embarrassante.

Pour le pouvoir en place, tout comme pour l’opposition et ses probables prétendants. Il y a comme un malaise qui domine la classe politique, pour le moins hésitante.

Un étrange paradoxe. En lieu et place d’une dynamique qu’elle devrait susciter, c’est la passivité qu’elle a provoquée. Sinon comment expliquer son «refus» de s’engager pleinement dans le débat présidentiel et de créer, voire d’imposer les conditions nécessaires pour l’organisation du scrutin à la hauteur des défis auxquels fait face le pays et par-dessus tout démocratiques.

Excepté quelques «polémiques» à la marge ayant pour but de créer de la diversion, la vie politique est plombée. Une glaciation. Conséquence directe d’un 4e mandat présidentiel quasi nul, mais qui finit par achever les dernières possibilités de mobilisation politique.

La reconduction de Abdelaziz Bouteflika en 2014 dans des conditions très controversées était un ultime acte dans la «pacification». Un coup de grâce. Depuis, la classe politique — le pays avec — peine à se relever. Elle n’a fait que différer la solution à la crise. Le jeu politique se déroule dans le pervers huis clos du sérail prenant en otage les élites politiques et économiques. Le sort de tout un pays est suspendu à une phrase qui pourrait débloquer ou aggraver la situation.

Bouteflika briguera-t-il un 5e mandat ou non ?  Le mystère est total, même si les conditions dans lesquelles évoluent le pays et son environnement immédiat imposeraient une sortie par le haut. Un autre mandat présidentiel pour l’actuel locataire d’El Mouradia ne saurait constituer une réponse pouvant permettre à l’Algérie de sortir de l’impasse.
Il apparaît de plus en plus que les différents détenteurs du pouvoir n’arrivent  pas à se mettre d’accord sur la marche à suivre, encore moins sur celui qui va l’incarner.

Le seul consensus est de ne rien engager et jouer sur le temps. Un temps pourtant qui presse. Mais par calcul tactique de pouvoir, annoncer que le chef de l’Etat ne rempile pas c’est courir le «risque» de voir tous les séides quitter le navire, tant le «soutien inconditionnel» voué au Président relève plus du «clientélisme que de la conviction», comme l’assure un analyste du régime. Le bruit de retournement de veste(s) se fera fortement entendre. Un classique des mœurs politiques en vigueur au sein du système de pouvoir. Les Bouteflika ne le savent que trop bien.

Pour l’heure, aucune tête ne dépasse au risque d’être coupée. D’évidence, cette situation pèse lourdement sur les protagonistes du pouvoir soumis à une pression sociale sans précédent et menacé par une crise économique aux conséquences incertaines. Ils se sont pris dans leur propre piège.

Non seulement par manque de volonté politique, mais aussi par méfiance interne, et incapacité à mettre en place les instruments de négociation. «Ils ne veulent pas par conservatisme et ils ne peuvent pas par peur d’un changement incontrôlé», commente un ancien transfuge du régime.  L’improvisation avec laquelle sont gérées les affaires publiques est la preuve matérielle de l’immobilisme qui frappe les institutions.

Les candidatures

Ce qui fait dire à Saïd Sadi que «l’Algérie ne vit pas une crise politique» mais «s’abîme dans une impasse historique». Un cinglant jugement qui va non sans interpeller l’opposition dans son ensemble et sa responsabilité historique à briser ce mur de Berlin politique algérien. Ses principaux acteurs eux aussi fondent leurs analyses en initiatives sur l’état de l’évolution des rapports de force et des intentions au sein du sérail.

D’où l’expectative observée par nombre de potentiels prétendants. Hésitants et méfiants. Echaudés par les malheureuses expériences passées, les Hamrouche, Benflis, Benbitour, Hanoune, Ghozali et bien d’autres personnalités d’envergure observent, scrutent et sondent sans se lancer dans la bataille au risque de se faire «carboniser» avant l’heure. Ils sont dans une «opération de séduction et de négociation à distance avec des cercles du pouvoir, multipliant les messages chiffrés», mais sans grande capacité à peser sur les choix à opérer.

Certains d’entre eux ayant longtemps côtoyé le régime savent que rien ne peut être entrepris sans un «signal fort venant d’en haut». Mais jusqu’à quand ? «Une année c’est peu, mais c’est beaucoup aussi. Tout peut se passer d’ici la fin de l’année, mais le pays ne peut plus tenir», considère un ancien candidat à la présidentielle.

Eclatée et déchirée en raison d’une guerre post-multipartisme, l’opposition dans ses différents courants a eu toutes les peines du monde à forger une alliance en vue d’engager un dialogue en position de force avec le pouvoir autour de la transition démocratique. Le bloc de Mazafran né en 2014 n’a pas tenu longtemps.

Il a explosé en plein vol. L’opposition politique s’est fragilisée davantage. Il est difficile en l’état actuel des choses qu’une ou des candidatures de ce camp puissent incarner un mouvement de changement. De toute manière, le pouvoir qui demeure seul maître du jeu ne saurait tolérer une telle option.

Elle serait vigoureusement combattue. Mais, en fragilisant l’opposition, le pouvoir s’affaiblit. Il ne vaut que par la puissance de son opposition. C’est là où réside l’impasse. «L’échec national, les tensions régionales et les défis de la mondialisation imposent la rénovation», préconise l’ancien chef du RCD, non sans tenir compte de la difficulté de la tâche. «Le chemin n’est pas simple. Les obstructions du pouvoir et les tergiversations d’opposants qui peinent à s’extraire du clientélisme font synergie pour entretenir la paralysie.

Le débat sur la procédure est ouvert, c’est la substance même des échanges à venir. Il est cependant possible de cocher les erreurs et fautes du passé. Dans cette période où l’histoire algérienne vacille, cela est déjà important», espère-t-il.  L’élection présidentielle de 2019 devrait constituer le point de départ pour ouvrir au pays la voie du développement politique. D’où l’urgence d’entrer dans le vif du sujet présidentiel. **Hacen Ouali / el watan /  lundi 12 mars 2018

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