Maroc: quel avenir?

 Maroc: quel avenir? 2006_maroc_manifestation_illus

**Manifestations au Maroc pour dire non à la “constitution octroyée”

Le Maroc rajoute de l'huile sur le feu

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*les femmes dans la rue pour la réforme d’une loi discriminatoire sur le viol

Une semaine jour pour jour après le suicide d'une adolescente contrainte d'épouser son violeur, plusieurs associations féminines marocaines ont organisé samedi un sit-in devant le parlement pour réclamer la réforme d'une loi discriminatoire envers les femmes.

Une semaine jour pour jour après le suicide d’une adolescente contrainte d’épouser son violeur, plusieurs associations féminines marocaines ont organisé samedi un sit-in devant le parlement pour réclamer la réforme d’une loi discriminatoire envers les femmes.
« Nous sommes des Amina », « Halte aux violences contre les femmes », « Abrogez la loi » scandaient les militantes et sympathisantes de ces associations des droits de la femme, rassemblées à l’appel de Woman-Shoufouch, un groupe et réseau social anti-harcèlement.
Les femmes, au nombre de deux cents au début du rassemblement, brandissaient des banderoles réclamant l’abrogation ou la refonte d’un article du code pénal qui punit le violeur d’emprisonnement si la victime est mineure, sauf en cas de mariage.
En cas de mariage, consenti par les parents de la fille violée, l’agresseur n’est plus poursuivi par la justice.
« Amina martyre », « La loi m’a tuer », « Mettons fin au mariage des mineures », pouvait-on lire sur les pancartes tenues par des militantes de plusieurs associations féminines, rassemblées sous la houlette de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes.
« Amina et les autres, victimes de l’article 475 du code pénal », lisait-on sur une banderole d’Anaruz, mot berbère qui signifie espoir. Anaruz est un mouvement d’écoute des victimes d’agressions sexuelles qui travaille en coordination avec l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM).
« En 2008, le gouvernement avait déposé un projet, qui est resté lettre morte, pour réclamer la refonte du code pénal en vue de mettre fin à la discrimination et à la violence », a indiqué à l’AFP Houda Bouzil, présidente du bureau de Rabat de l’ADFM.
Le suicide le 10 mars d’Amina Al Filali, 16 ans, contrainte d’épouser l’homme qui l’avait violée, a fait l’effet d’un électrochoc au Maroc où se sont multipliés les appels à la réforme d’une loi qui bénéficie le plus souvent davantage au violeur qu’à sa victime.
« Je ne voulais pas aller avec eux chez le juge pour les marier. Mais ma femme m’y a obligé. Elle m’a dit qu’il fallait le faire pour que les gens arrêtent de se moquer de nous, pour faire taire la honte », a déclaré il y a quelques jours à l’AFP le père de la victime, Lahcen Al Filali, présent à un premier sit-in dans la localité de Larach, près de Tanger (nord) d’où la famille est originaire.
« Est-ce qu’on peut imaginer qu’un homme qui force une fille à le suivre avec un couteau et qui la viole peut ensuite vouloir l’épouser? », a-t-il demandé.
Cette affaire est révélatrice des contradictions d’une société à la fois traditionnaliste et aspirant à la modernité, comme en atteste la nouvelle Constitution adoptée en juillet, qui prévoit l’égalité des sexes et bannit « toute discrimination ».
Ce drame continue de susciter diverses réactions dans le pays, y compris au sein du gouvernement qui a promis un réexamen de la loi.
« C’est la loi, une règle sociale absurde, grotesque, que celle qui veut remédier à un mal, le viol, par un autre encore plus répugnant, les épousailles avec le violeur (…) Qui punissons-nous au final, la victime ou son bourreau? », écrit le journal Al Sabah (Le matin, indépendant) dans un long éditorial.
Un article du code de la famille prévoit que la décision du juge autorisant le mariage d’un mineur –comme cela a été le cas dans cette affaire –n’est susceptible d’aucun recours.
L’époux de l’adolescente a été entendu par la police, après le suicide de sa femme qui a absorbé de la mort aux rats, et laissé en liberté. (AFP-17.03.2012.)

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 **Des Marocains d’en bas, veulent protester contre les coupures d’eau et leurs conditions de vie difficiles..

Pour protester contre les coupures d’eau et leurs conditions de vie difficiles, les habitants de la ville de Sefrou située à 28 km de Fès ont placé leurs cartes d’identité dans des cartons et ont menacé de les brûler.

« Si nous sommes des citoyens marocains uniquement par ces cartes, nous allons les brûler», ont lancé les protestataires. « Nous allons nous diriger vers l’Est et nous entrerons sur le territoire algérien et nous demanderons l’asile politique », ont-t-il ajouté. Ce mouvement de protestation intervient au lendemain du refus du premier responsable de la région de Sefrou de recevoir une délégation des citoyens qui protestaient contre les coupures d’eau et leurs conditions de vie difficiles. Les habitants de cette région sont contraints de faire deux kilomètres pour puiser l’eau. Selon les médias marocains, le responsable en question a refusé de recevoir la délégation arguant qu’elle est composée d’activistes faisant partie d’associations de défense des droits de l’Homme. Dès que les manifestants ont brandit la menace de s’exiler en Algérie, les forces de sécurité sont intervenues brusquement provoquant six blessés parmi les manifestants, dont trois femmes. Cet incident est le deuxième après celui des habitants de la région Mahamid el Ghouzlane qui ont été empêchés par l’armée marocaine d’entrer en Algérie par voie terrestre. Ainsi, ils étaient obligés d’installer des tentes non loin de la frontière algérienne dans lesquelles ils sont restés plus de deux mois. Après que les autorités marocaines eurent répondu favorablement à leurs préoccupations, ils ont décidé de rentrer chez eux. Le Printemps des révolutions arabes a intensifié les mouvements de protestation au Royaume chérifien. A titre d’exemple le Mouvement du 20-Février, qui a été le fer de lance des manifestations dans tout le royaume, a organisé de nouvelles actions de protestations, le dimanche 18 septembre. Au moins 3 000 personnes ont défilé à Casablanca et 2 000 autres à Tanger pour dénoncer la corruption au sein du gouvernement. Les réformes proposées par le roi Mohammed VI ont été approuvées lors du référendum constitutionnel du 1er juillet 2011, mais les manifestants affirment que ces mesures n’ont apporté que peu de changement.(Echorouk-20.09.2011.)

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..et doutes sur les résultats du référendum

 

1Les dizaines de milliers de manifestants dans une quinzaine de villes du royaume, dont environ 200 000 à Tanger dimanche, soulèvent des interrogations sur le déroulement du référendum dont les résultats, 98,50 de oui, demeurent une énigme.
Quarante-huit heures après le référendum sur la nouvelle Constitution, de nombreuses villes marocaines ont été submergées par des dizaines de milliers de manifestations, qui ont dit “Non à une Constitution octroyée” poursuivant ainsi le mouvement de revendications sociopolitiques, né dans le sillage des révoltes enregistrées dans certains pays arabes depuis la fin de l’année écoulée.
Les manifestations ont eu lieu dans une quinzaine de villes dont la plus importante aurait regroupé à Tanger environ 200 000 personnes, où les manifestants ont réclamé des changements politiques, une vie digne, la fin de la corruption et la chute du despotisme, selon des animateurs du Mouvement des jeunes du 20 février, qui sont à l’origine de cette journée de protestation. “Nous sommes là pour un meilleur avenir”, “Dignité, liberté et justice sociale” ou encore “Nous n’avons pas voté la nouvelle Constitution”, tels étaient les slogans scandés par les manifestants.
À Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech ou encore El-Jadida, les militants du Mouvement du 20 février ont indiqué clairement qu’ils comptent poursuivre leur mobilisation, en dépit de l’approbation à 98,50% de la nouvelle Constitution.
À Rabat, quelque 5000 personnes ont pris part à une marche pour scander notamment “Dignité, liberté, justice sociale” et réitérer le mot d’ordre du mouvement “Mamfakinch” (nous n’allons pas nous arrêter), selon les agences de presse ayant couvert les événements. Les défilés ont été encadrés par d’importants dispositifs policiers et ont dû changer d’itinéraire pour éviter la confrontation avec quelques dizaines de contre-manifestants.
“Je suis étudiant, je n’ai pas d’argent, je fais des études dans des conditions difficiles et je veux que ma vie change. C’est pour ça que je manifeste aujourd’hui”, a déclaré à l’AFP Bilal Chihab, 22 ans. “Je suis ici pour protester contre la nouvelle Constitution qui n’a rien changé et qui renforce encore plus les pouvoirs du roi”, dira de son côté Omar, un salarié du privé âgé d’une trentaine d’années. Un des animateurs des Jeunes du 20 février, Mohamed El-Moussayir a affirmé à l’APS que l’objectif de cette journée était de démontrer que le mouvement n’allait pas s’essouffler avec l’adoption d’une Constitution octroyée et que son action était étalée dans le temps. Il soulignera que la revendication d’une Constitution populaire et démocratique n’est qu’une partie de nos revendications. Il ajoutera que le mouvement allait tracer un programme de travail pour poursuivre sa lutte jusqu’à la satisfaction des revendications à caractère politique, économique et sociale. Quant à Mme Khadija Riadhi, présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et sympathisante du mouvement a souligné que “la journée d’aujourd’hui prouve que le mouvement ne fait que se renforcer” puisque, a-t-elle dit, “ses revendications n’ont pas été satisfaites”. Elle estime que la nouvelle Constitution adoptée vendredi “n’a pas répondu aux aspirations du mouvement et aux conditions d’une Constitution démocratique”. Ceci étant, le Mouvement du 20 février revendique des réformes pouvant conduire à l’établissement d’une monarchie parlementaire, en s’inspirant notamment du modèle espagnol, une plus grande justice sociale, et la fin de la corruption dans un pays où un grand nombre de jeunes est au chômage. Les autorités accusent souvent ces jeunes militants d’être “noyautés” et “manipulés” par les islamistes du Mouvement Justice et Bienfaisance et par les courants d’extrême gauche.
Pour rappel, le Mouvement de jeunes ainsi que six partis politiques et une centrale syndicale avaient appelé au boycott de la consultation sur le projet de révision de la Constitution annoncé par le roi Mohammed VI le 17 juin dernier.  (Liberté-05.07.2011.)

***Le Mouvement du 20 février appelle à une autre manifestation pour le 11 septembre

Le Mouvement du 20 février, qui revendique des réformes politiques et sociales profondes au Maroc, a appelé à manifester le dimanche 11 septembre 2011 à Rabat, la capitale du royaume, lors d’une conférence de presse. «Nous appelons à manifester ce jour-là (le 11 septembre) dans le quartier populaire Yacoub El Mansour à Rabat pour marquer notre rentrée sociale et politique», a déclaré Omar Radi, de la section de Rabat.
«Nous sommes déterminés à nouer un vrai dialogue avec les habitants des quartiers populaires, les syndicats et les universités, aussi bien à Rabat qu’ailleurs», a-t-il ajouté. Selon lui, «des manifestations pacifiques seront probablement prévues dans d’autres villes du Maroc pour accompagner une rentrée sociale qui s’annonce chaude».
Un autre responsable de la section de Rabat a indiqué au cours de cette conférence de presse que le Mouvement du 20 février reste «indépendant et ouvert à tous les courants politiques à condition qu’ils n’appellent pas à la violence». Né dans le sillage des révoltes arabes au début de l’année, ce Mouvement regroupe, en plus des islamistes du groupe Justice et bienfaisance, une importante association illégale mais tolérée, des «cyber-militants» indépendants et des militants d’extrême gauche.
Les autorités accusent régulièrement Justice et bienfaisance, qui mobilise dans les quartiers populaires grâce à son action sociale, de «noyauter» et «manipuler» le Mouvement du 20 février.
En dépit de bonnes performances économiques, le Maroc fait face à de graves problèmes tels le chômage, l’analphabétisme et la corruption sur fond de criantes inégalités sociales. (L’Expression-07.09.2011.)

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** L’Espagne épingle le Maroc

*celui-ci finance le terrorisme international

 Le Maroc pays producteur et exportateur de drogue

La monarchie marocaine représente un élément déstabilisateur pour la sécurité du Grand Maghreb et du Bassin méditerranéen.

Révélations fracassantes sur les liaisons dangereuses de la monarchie alaouite avec le terrorisme international. Connu pour être un pays producteur et exportateur de drogue, le Maroc franchit le Rubicon en finançant le terrorisme islamiste. A quel dessein? Telle est la question qui taraude les observateurs. Cela dit, une certitude fait l’unanimité parmi ces même observateurs: désormais, la monarchie marocaine représente un élément déstabilisateur pour la sécurité du Grand Maghreb et du Bassin méditerranéen. Selon un rapport du Centre des renseignements militaires espagnol (CNI), le Maroc figure sur une liste de six pays musulmans accusés de financer des groupes extrémistes. Le rapport précise qu’une bonne partie de l’argent réservé par Rabat pour soutenir 1.200.000 musulmans vivant dans la péninsule Ibérique, tombe entre les mains des groupes islamistes radicaux. Le centre des renseignements militaires a désigné le Maroc d’un «doigt accusateur» en le plaçant en tête de liste des pays musulmans qui soutiennent le terrorisme de façon indirecte. Le rapport secret, publié dans le quotidien pro-gouvernemental El Pais, a également révélé l’identité des autres pays concernés par cette affaire. A l’instar du Maroc ce sont, l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar, les Emirats arabes unis et enfin la Libye. Dans un rapport transmis aux ministres de l’Intérieur, des Affaire étrangères et de la Défense, daté du 16 mai dernier, le directeur du Centre des renseignements militaires, le général d’armée Félix Sanz Roldán, a dévoilé que «Rabat consacre un grand budget pour soutenir 1.200.000 musulmans vivant en Espagne dans le but de les surveiller». Sauf qu’une grande partie de ce budget profite aux groupes islamistes radicaux et d’autres «personnes sans conscience», allusion faite aux groupes terroristes affiliés à Al Qaîda. Notons que 80% de la communauté musulmane de la péninsule Ibérique sont essentiellement marocains, d’où toute la hantise de Madrid. Selon le rapport des renseignements espagnols, «le financement des groupes terroristes par le Maroc et les cinq autres pays musulmans aura des répercussions négatives sur le plan de la cohabitation des communautés sur la péninsule Ibérique» Cette situation favorisera, selon le rapport, «la montée de deux sociétés parallèles». Ce qui a laissé dire, au directeur du CNI, qu’ «il n’y a pas une surveillance suffisante sur les soutiens et les aides financières attribués par des pays étrangers pour la communauté musulmane d’Es-pagne». Pour les agents espagnols affectés au Maroc, les dossiers chauds ne manquent pas. Les dossiers prioritaires sont: la montée de l’islamisme en Espagne, l’immigration clandestine, le trafic de drogue, le dossier de la pêche, le Sahara… etc. Ainsi, l’implantation des salafistes maghrébins dans la péninsule Ibérique constitue le premier sujet de préoccupation des services de renseignements espagnols. Les mosquées sont, ainsi, surveillées de très près. Pour les Marocains, l’activisme des services espagnols au Maroc est acceptable, tant qu’ils restent dans les limites du renseignement classique. Mais ce n’est pas toujours le cas. C ette affaire risque de provoquer une crise entre l’Espagne et le Maroc, vu le rôle capital que joue l’Espagne dans le dossier du Sahara occidental. Il est quasi certain que le Maroc y laissera des plumes. (L’Expression-04.08.2011.)

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*Les fantoches libyens, à la solde de Sarkosy, pour la « marocanité » du Sahara occidentental

** et puis après?

«L’avenir du Sahara (occidental, Ndlr) ne peut être que sous souveraineté marocaine», a indiqué un porte-parole du Conseil national de transition libyen.

Ça baigne entre Tripoli et Rabat. Les deux capitales sont, selon toute vraisemblance, sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la question du Sahara occidental. L’information a vite été relayée par l’agence officielle de presse marocaine.
Elle résonne en écho à la reconnaissance de l’organe politique de l’insurrection libyenne par le Maroc. Le souverain alaouite a en effet, dépêché mercredi à Benghazi son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. Taieb Fassi Fihri a été chargé par Mohammed VI de transmettre un message verbal au président du CNT. Quel en était la teneur?
«Le message royal porte sur l’évolution significative enregistrée sur la scène libyenne et le rôle déterminant joué par le CNT dans cette nouvelle page de l’histoire de ce pays, pour la réalisation des aspirations légitimes du peuple libyen frère à la démocratie, à la liberté et au progrès», peut-on lire dans une dépêche de la MAP datée du 1er septembre. Le Makhzen a caressé dans le bon sens du poil…(de quelles aspirations ils parlent, après avoir permis à des forces étrangères, la destruction de la Libye et le massacre de plus de 50.000 Libyens! )
Le président du CNT lui a rendu la pareille dans un échange de bons procédés, annonciateur d’une nouvelle lune de miel entre les nouveaux hommes installés à Tripoli et le trône alaouite. «Le rôle prépondérant et l’appui du Royaume du Maroc à la révolution libyenne étaient sans équivoque depuis la première semaine de la constitution du Conseil national de transition», a souligné Mustapha Abdeljalil dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience qu’il a accordée au chef de la diplomatie marocaine. Le meilleur restait à venir.
Le 31 août 2011, la télévision régionale d’Al Aayoune diffusait dans son journal du soir une déclaration téléphonique du porte-parole du Conseil national de transition basé à Londres. «L’avenir du Sahara ne peut être que sous souveraineté du Royaume du Maroc», a déclaré Jomoa Al-Gamaty, rapporte dans une dépêche datée de jeudi Maghreb Arab Presse. La cerise sur le gâteau. Il faut reconnaître que le terrain, en plus d’être favorable, a été déblayé pour aboutir à ce type d’entente. Le Front Polisario depuis le début de la crise libyenne a été la cible constante de la rébellion libyenne qui l’accusait de participer à ce conflit aux côtés des forces loyales à l’ex-guide de la Jamahiriya.
«Des milliers de partisans d’El Gueddafi ont été arrêtés, parmi lesquels des centaines de mercenaires africains et 556 mercenaires du Front Polisario qui lutte face au Maroc pour l’indépendance du Sahara occidental», a rapporté sur son site «Geotribune», un magazine généraliste qui traite des «questions stratégiques» dont l’animateur est un ancien officier de la Légion étrangère française (voir L’Expression du 28 août 2011).
L’agence de presse officielle marocaine s’est empressée de répercuter ces accusations. «Plusieurs de ces mercenaires ont été arrêtés dans la ville de Zawiya, mais également dans le complexe militaire de Bab El Aziziah…», ajoute MAP dans une dépêche datée du 1/09/2011. Il est tout de même aburde d’avancer de telles allégations. En effet, comment le Front Polisario, qui a décidé d’entrer en négociations avec le Maroc pour mettre un terme au conflit du Sahara occidental de façon pacifique, est allé faire le coup de poing en Libye? L’affaire est cousue de fil blanc.
Tous les ingrédients ont été réunis pour que le pacte soit paraphé sur le dos du peuple sahraoui. Mohammed VI a-t-il «monnayé» son soutien au CNT? Certains éléments permettent de penser qu’un deal s’est conclu de façon presque naturelle pour diaboliser le Mouvement de libération sahraoui. Entre Rabat et Tripoli c’est du donnant-donnant. Le marché a été conclu à Benghazi…(L’Expression-03.09.2011.)

**Les médias de makhzen s’attaquent de nouveau à l’Algérie

Le Maroc rajoute de l'huile sur le feu

Un pas de plus a été franchi par Rabat dans cette féroce campagne de calomnies à travers son agence de presse officielle qui a conclu que l’Algérie contrariait l’émancipation du peuple libyen.

Quelle mouche pousse donc le Makhzen pour prendre en grippe l’Algérie? Les médias occidentaux donnent du grain à moudre pour le porte-voix du pouvoir marocain: la MAP. L’agence de presse officielle marocaine, aiguillonnée par le Makhzen, prend pour argent comptant tout ce qui cible et diabolise l’Algérie. Cela est fait sciemment. «Les agissements du pouvoir algérien pour contrarier l’émancipation du peuple libyen et l’attitude compromettante d’Alger dans le conflit libyen, confirmée par l’accueil de membres de la famille de Mouamar El Gueddafi, donnent la mesure des véritables desseins de l’Algérie et du rôle «négatif» de ce pays dans la région nord-africaine», peut-on lire dans une dépêche de la MAP datée du 2/09/2011: une bouillabaisse concoctée à partir d’une lecture d’articles de quotidiens occidentaux selon ce média de la presse écrite marocaine. «Le Guardian, The Independent ou encore le Daily Telegraph, publications connues et reconnues pour la rigueur de leurs analyses et commentaires, ont dénoncé le comportement du pouvoir algérien qui, en accueillant des membres de la famille du colonel libyen, s’est mis, comme l’a affirmé le Guardian, «du mauvais côté de l’histoire»», souligne MAP pour conforter son «analyse» et porter l’estocade. Il était donc inévitable de ne pas faire un détour par le Sahara occidental, seule préoccupation du pouvoir marocain. «L’Algérie, qui a créé, abrité et soutenu le Polisario, a perdu ce qui lui reste de crédibilité… diverses sources indépendantes ont indiqué que l’ancien régime libyen a recruté, avec la bénédiction d’Alger, plusieurs mercenaires dans les camps de Tindouf où sont abrités les mercenaires du Polisario dans le Sud-Ouest algérien. Entre 300 et 400 mercenaires polisariens ont combattu pour El Gueddafi», accuse l’agence de presse officielle du royaume qui cite un «grand spécialiste» de l’Algérie basé à Londres. Rien à craindre. Du côté d’Alger on est blindé. Il ne manquerait à la Libye post-El Gueddafi, paraît-il, que la voix algérienne pour acquérir une légitimité pleine et entière. Le Maroc a été commis d’office pour se faire son avocat. Rabat est en réalité, très loin de penser aux intérêts du peuple libyen. Sa reconnaissance du Conseil national de transition est calculée. Elle repose et passe par la question du Sahara occidental et le ralliement de l’organe politique de l’insurrection libyenne à son projet d’autonomie. Cette condition remplie, le trône alaouite a reconnu le CNT.
Les choses donnaient pourtant l’impression de se présenter différemment, de manière plus réfléchie, voire pragmatique. Les Marocains ont-ils la mémoire courte? En effet, il y a à peine moins de deux mois, le Royaume chérifien s’était aligné clairement sur la position algérienne concernant le conflit libyen. Pour preuve. «La seule possibilité est celle d’une solution politique et certainement pas militaire», avait déclaré, le 15 juillet à Istanbul, le chef de la diplomatie marocaine. «La stabilité de la Libye influence la stabilité de la région sahélo-saharienne», avait précisé Taieb Fassi Fihri. Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération pensait même que la crise libyenne était un facteur de déstabilisation pour le Maghreb. Ecoutons-le: «Le Maroc développe l’idée qu’il est important aujourd’hui, qu’une solution rapide soit trouvée non seulement pour l’intérêt du peuple libyen frère, mais aussi pour la sécurité dans toute la région», avait indiqué le patron de la diplomatie marocaine dans une déclaration à l’Agence de presse officielle marocaine MAP en marge de la réunion du Groupe de contact international sur la Libye. C’est tout simplement les thèses développées et la position défendue par le gouvernement algérien qui n’a pas l’habitude de retourner sa veste. (04.09.2011.)

**Le Maroc diabolise Alger.

En reconnaissant la légitimité de l’organe politique des insurgés libyens, Rabat compte faire d’une pierre deux coups.

L’occasion fait le larron. «Geotribune», un magazine généraliste axé sur les «questions stratégiques», animé par Antoine Barbizon, un ancien officier de la Légion étrangère française, qui a fait le coup de poing lors d’autres conflits, a amplifié la rumeur selon laquelle le gouvernement algérien aurait apporté son aide au colonel libyen dans le conflit qui oppose ce dernier au mouvement d’insurrection qui est en train de mettre fin à son règne, vieux de quarante-deux ans, avec l’aide décisive des forces de l’Otan.
«Dans les locaux de la chancellerie algérienne, les combattants anti-El Gueddafi auraient trouvé des documents particulièrement compromettants pour Alger, révélant un soutien massif au colonel El Gueddafi», écrit sur son site le magazine français dans un article daté du 24 août 2011 qui cite une source «anonyme» haut placée au sein du CNT (Conseil national de transition) et sans en avoir brandi la moindre preuve matérielle.
L’agence de presse officielle marocaine MAP ne s’est pas fait prier pour devenir la caisse de résonance de ce site spécialisé dans la propagande et la désinformation, surtout lorsqu’il s’agit de la diabolisation de l’Algérie. Pourquoi ne pas avoir dénoncé, dans ce cas, la violation subie par la chancellerie algérienne plutôt que de cautionner cet acte qui relève du vandalisme indigne d’un mouvement se targuant de mener une «révolution» pour installer la démocratie? L’Algérie a bon dos. Le geste n’a, en tous les cas, rien de civilisé.
Le meilleur reste sans doute à venir. Bref, Maghreb Arab Press s’est engouffrée dans ce petit trou de souris et s’en est donné à coeur joie pour remettre sur le tapis la question du Sahara occidental et jeter l’opprobre sur le Front Polisario, le faisant passer pour un mouvement terroriste.
«Des milliers de partisans d’El Gueddafi ont été arrêtés, parmi lesquels des centaines de mercenaires africains et ’556 » mercenaires du Front Polisario, qui lutte face au Maroc pour l’indépendance du Sahara occidental», rapporte le site aiguillonné par le légionnaire français. MAP se lèche les babines et rajoute une couche.
Le CNT, souligne… que, mis à part les «556 éléments arrêtés», d’autres mercenaires du Polisario auraient été tués dans les combats ou bien se seraient évanouis dans la nature à la faveur de la confusion générale qui a suivi l’effondrement du régime», ânonne puis fabule l’agence de presse officielle marocaine dans une dépêche répercutée le 25 août.
Par contre, pas un mot sur les lynchages commis contre les Africains et les Libyens de couleur. L’heure est à la lune de miel entre le trône marocain et le CNT dont certains dirigeants actuels, encore fidèles au colonel libyen il y a à peine moins de 2 mois, avaient applaudi les deux tentatives de putsch, du 10 juillet 1971 et celui du 16 août 1972 contre l’avion royal de Hassan II à Skhirat, ville balnéaire du Maroc située entre la capitale Rabat et Casablanca. Le souverain marocain, qui a fabriqué une nouvelle virginité aux caciques du régime du dirigeant libyen, ne doit pas avoir la mémoire courte.
Mohammed VI a dépêché son ministre des Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri à Benghazi pour une reconnaissance de facto du CNT et surtout pour célébrer «l’enterrement» de Mouamar El Gueddafi. Rabat devrait garder en mémoire que la coalition occidentale, qui a grandement contribué à la chute du guide de la Jamahiriya, avait aussi déroulé le tapis rouge (la France en décembre 2007) à Mouamar El Gueddafi qu’elle avait (fini) par trouver fréquentable.
Les Etats-Unis qui ont intégré tous ces paramètres dans leur vision de la Libye post-El Gueddafi préfèrent voir à l’oeuvre les nouveaux hommes forts de Tripoli. Dans le doute… il n’y aura pas de blanc-seing de la part de Washington. (L’Expression-28.08.2011.)

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*Surarmement du Maroc…contre qui ?

*Il vient d’acquérir 24 avions de chasse de type F-16

 Cette acquisition aux relents belliqueux a été faite avec fanfare…

 Mohammed VI entend renforcer ses forces aériennes.

De quoi a peur Rabat qui consacre l’essentiel de ses rentrées en devises à entretenir l’industrie militaire américaine en lui achetant pour 2,4 milliards de dollars des avions de chasse de type F-16? Le Maroc a pris livraison, ce jeudi 4 août, d’un premier lot de 24 avions de chasse F-16 commandés en 2009 aux Etats-Unis.
Ces F-16 étaient en concurrence au Maroc avec le Rafale du français Dassault, qui n’a jamais décroché de marché à l’export. L’échec de la vente du Rafale face au chasseur américain avait été annoncé en octobre 2007.
La cérémonie de livraison s’est déroulée à la 6e Base aérienne des Forces armées royales de Benguerir (nord de Marrakech) en présence de plusieurs officiers supérieurs des armées marocaine et américaine, a précisé l’agence de presse marocaine MAP. Ce même contrat comprend également la vente d’équipements de services et la formation de pilotes.
Contre qui se surarme le Maroc avec un pareil arsenal de guerre? C’est son droit certes. Sauf que cette annonce a été faite avec fanfare et dans un contexte régional des plus critiques.
La Libye, plongée dans une terrible guerre civile, la transition aux lendemains incertains en Tunisie et la bande du Sahel où se conjuguent terrorisme et contrebande. C’est dans ce contexte explosif que s’opère le surarmement du Maroc comme pour rétablir une dominance aérienne dans la région.
Par ailleurs, cette annonce aux relents belliqueux a été faite au lendemain du message de félicitations adressé par le Président Bouteflika au roi Mohammed VI à l’occasion du 12e anniversaire de la fête du trône.
De même que le roi a exprimé à l’occasion de cette fête son désir de voir les frontières terrestres de son pays avec l’Algérie rouvertes. «Nous tenons à l’amorce d’une nouvelle dynamique ouverte sur le règlement de tous les problèmes en suspens, en prélude à une normalisation totale des relations bilatérales (…), y compris la réouverture des frontières terrestres», a déclaré le roi Mohammed VI dans son discours.
De son côté, le Président Abdelaziz Bouteflika a répondu dans un message de félicitations: «Convaincu du destin commun auquel nous sommes liés, je réitère à Votre Majesté mon souci de joindre mes efforts aux vôtres pour raffermir les liens de fraternité, de coopération et de bon voisinage en faveur de la construction d’une relation bilatérale modèle au service des intérêts de nos deux pays et peuples frères unis par des relations historiques et concernés par les défis de l’avenir.»
Au moment où les indices d’un rapprochement effectif entre les deux pays étaient probants, le Maroc a annoncé cette acquisition d’avions de guerre, ce qui est loin d’être un signal d’apaisement. On ne brandit pas l’épée quand on veut faire la paix.
Le royaume de Mohammed VI entend renforcer ses forces aériennes. Contre qui? Ou pour rivaliser avec qui? Il serait naïf de croire que le Maroc craint une attaque venant de sa côte atlantique pour la simple raison que le Royaume est la chasse gardée aussi bien de la France que des Etats-Unis. L’inspecteur adjoint de l’armée de l’air marocaine, Abdelali Houari, dira: «Nous modernisons notre flotte et nous avons choisi les F-16 non seulement parce que ce sont des avions de qualité, mais aussi pour les relations étroites que nous avons avec les Etats-Unis».
Dans une allocution, le général marocain Boutaleb a souligné que cette livraison permettait au Maroc «d’acquérir des outils de défense sophistiqués» et qu’elle s’insérait dans «la stratégie visant l’équipement et la modernisation des FAR». Sans le dire publiquement, le Maroc se méfie de son voisin de l’Est.
A l’évidence, l’Algérie est naturellement en position de puissance régionale grâce notamment à l’expérience de son armée sur tous les plan. D’abord pour avoir fait une guerre de libération dans laquelle l’ALN est sortie victorieuse et ensuite après l’Indépendance, l’armée algérienne a eu à affronter l’hydre terroriste.
Une lutte qui lui a valu la reconnaissance des puissances militaires mondiales dont les Etats-Unis. Moins dotée en logistique et en expérience, l’Armée marocaine se surarme pour évincer et ravir cette suprématie à l’Algérie. (L’Expression-06.08.2011.)
 

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 Maroc:un avion militaire s’écrase dans le sud, 80 morts

*Tous les 80 passagers d’un avion militaire marocain ont été tués mardi lorsque l’appareil s’est écrasé contre une montagne dans le sud du pays, dans l’accident aérien le plus meurtrier de l’histoire du Maroc, selon des sources militaires et hospitalières.
L’accident s’est produit près de Guelmim, dans une région désertique et montagneuse, à 830 km au sud de Rabat, selon l’armée, qui a ouvert une enquête pour établir les causes précises de cet accident.
L’avion –un Hercules C-130– avait à son bord 80 passagers dont une majorité de militaires, et une dizaine de civils.
Un précédent bilan faisait état de 78 tués et trois blessées, mais une source hospitalière a ensuite indiqué que deux personnes blessées étaient décédées, et qu’un troisième blessé avait été comptabilisé par erreur.
L’appareil assurait la liaison Agadir (sud)-Laayoune-Dakhla (Sahara occidental). Selon les premières indications données par l’armée, il a heurté la montagne de Sayyert, à environ 10 km de Guelmim, une ville surnommée la “porte du désert”.
Le roi Mohammed VI a adressé “un message de condoléances aux familles des victimes en sa qualité de chef suprême des FAR”, a précisé à l’AFP une source officielle.
Une source locale a assuré que l’accident était “dû notamment aux mauvaises conditions météorologiques”. “L’avion s’apprêtait à atterrir dans l’aéroport militaire quand on a aperçu une immense fumée venant des montagnes près de Guelmim”, a précisé cette source.
Conçu dans les années 1950, le Lockheed C-130 Hercules est un avion de transport militaire américain toujours largement utilisé pour des missions multiples dans une cinquantaine de pays.
“Il s’agit d’un avion militaire qu’on utilise pour le transport des troupes mais aussi pour leurs familles. Il est très utilisé dans le Sahara”, selon un responsable marocain.
C’est le plus grave accident d’avion que le Maroc ait connu.
En décembre 2001, un avion bimoteur de type “Descender” de la gendarmerie marocaine avait disparu dans le sud du Maroc avec à son bord au moins cinq personnes dont deux pilotes.
En 1994, un avion de tourisme ATR 42 s’était écrasé prés d’Agadir dans le sud du pays, et cet accident avait fait 44 morts.
Guelmim connaît une importante activité économique et touristique, notamment dans le domaine du tourisme écologique. (AFP-26.07.2011.)

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* Le Maroc utilise Tamazight pour régler ses comptes politiques avec l’Algérie

 *La conférence de Tanger pour la Culture Amazighe reconnaît le gouvernement imaginaire de Ferhat Mehenni

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Les participants à la conférence du festival méditerranéen de la Culture Amazighe de Tanger ont critiqué l’Algérie et le Maroc, qui n’ont pas honoré leurs engagements constitutionnels vis-à-vis de la reconnaissance du caractère national et officiel de la langue Tamazight, son développement, son enseignement, la généralisation de la culture amazighe et sa préservation.

Le débat sur le présent et l’avenir de la langue amazighe dans la conférence de Tanger au Maroc s’est transformé en règlement de comptes politiques entre l’Algérie et le Maroc au sujet du Sahara Occidental et la fermeture des frontières terrestres algéro-marocaines, dont l’Algérie refuse l’ouverture sans conditions ni engagements sécuritaires de la part du Maroc.

Des parties marocaines ont saisi l’occasion de cette conférence pour appeler les participants à réclamer au gouvernement algérien d’abandonner sa position vis-à-vis du Sahara Occidental et de dépasser ses malentendus avec le Maroc. Cela permettra de normaliser les relations entre les deux pays, et l’ouverture immédiate des frontières Algéro-marocaines. Les marocains ont, également, incombé à l’Algérie la responsabilité de l’échec de la construction du Maghreb Arabe. Les participants dans cette conférence ont exigé aux gouvernements nord-africains actuels dans leur communiqué final : La réouverture immédiate des frontières entre l’Algérie et le Maroc. La reconnaissance du gouvernement provisoire Kabyle, l’« Anabad ». La reconnaissance du Conseil National de Transition (CNT) comme seul représentant légitime du peuple libyen. La reconnaissance des droits linguistiques et culturels amazighes en Tunisie et en Égypte. La fin de la colonisation espagnole aux Iles Canaries et aux enclaves de Ceuta et Melilla. Les participants ont, également, revendiqué au Conseil National de Transition libyen, l’officialisation de l’identité et de la langue amazighe. Il est à signaler que les participants à cette conférence sont respectivement, Ferhat Mehenni (fondateur du Mouvement pour l’Autonomie Kabyle MAK), Ilyass El Omari (Fondation Méditerranéenne de la Culture Amazighe de Tanger), Ahmed Arehmouch (Maroc), Fethi Khelifa (Libye), Khadija Bensaidane (Tunisie), Amani Al Weshahy (Egypte), Thomas Quintana (Iles des Canaries. (El Khabar-26.07.2011.)

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**les manifestants pour le boycott du référendum royal

**Référendum sur la révision de la constitution au maroc

Trois partis politiques et un syndicat optent pour le boycott

 Trois partis politiques réunis au sein de l’Alliance de la gauche démocratique (AGD) et un syndicat marocains ont appelé au boycott du référendum de révision de la Constitution prévu le 1er juillet prochain.
Le Parti socialiste unifié (PSU), le Parti de l’avant-garde démocratique socialiste (PADS) et le Congrès national ittihadi (CNI) ainsi que la Confédération démocratique du travail (CDT) ont estimé que le projet de la nouvelle Loi fondamentale ne répondait pas aux attentes de la société et du peuple marocains. «Cette Constitution n’apporte pas de transition pour notre pays.Tout au contraire, elle conserve l’ancienne en maintenant la majeure partie des pouvoirs aux mains du souverain», a déclaré Mohamed Moujahid, secrétaire général du PSU, au journal Le soir échos en précisant que «la séparation des pouvoirs n’est toujours pas acquise comme nous l’avions souhaité». Il a annoncé que les trois partis se préparaient à lancer un appel à tous les Marocains afin de les «convaincre de notre position et de les persuader de la nécessité d’adhérer au boycott du référendum». De son côté, Abderrahmane Benameur, secrétaire général adjoint du PADS, a affirmé que «dans toute démocratie, c’est le peuple qui doit détenir les pouvoirs. Ce n’est pas le cas dans cette Constitution où le peuple est complètement absent», en constatant «le règne du pouvoir royal sur le volet exécutif, sur le gouvernement, le champ religieux et militaire».

Abdessalam Laâziz, secrétaire général du CNI, a qualifié le projet de Constitution soumis à référendum de «non démocratique», où «le fonctionnement des différents pouvoirs n’a pas subi les réels changements attendus». Pour sa part, le Conseil national du syndicat qui a appelé aussi au boycott du projet, a affirmé que «le projet de Constitution ne répond pas, comme attendu, à la problématique constitutionnelle et politique qui entrave le développement et le progrès du pays, ce qui fait manquer au Maroc la chance de lever le blocage politique et les causes du sous-développement économique, de l’injustice sociale, de l’incertitude culturelle et de l’imbrication des pouvoirs».
Le conseil national de la CDT estime que «l’intérêt général du pays exige (…) d’affronter les réalités avec sérieux, responsabilité et patriotisme, en reconsidérant totalement les méthodes archaïques et dépassées adoptées dans le traitement des questions cruciales du pays». Entre-temps, des formations politiques ont appelé à approuver ce nouveau projet de réforme. Il s’agit du Parti islamiste justice et développement (PJD) activant dans l’opposition parlementaire, l’Union socialiste des forces populaires (USFP, coalition gouvernementale), l’Istiqlal (le parti du Premier ministre) et le Parti authenticité et modernité.
Le roi du Maroc a annoncé, vendredi dernier, l’organisation le 1er juillet prochain d’un référendum pour la révision de l’actuelle Constitution. Le texte du projet de la nouvelle Constitution prévoit que le roi reste le commandeur des croyants, seule autorité religieuse légitime, demeure le chef des armées et préserve d’importantes prérogatives politiques. Ainsi, le projet prévoit que le roi «exerce le pouvoir de nomination, en Conseil de ministres, dans certaines hautes fonctions publiques, telles celles de wali, gouverneur, ambassadeur». Il exerce également son pouvoir de nomination des responsables des administrations de la sécurité intérieure et des institutions nationales stratégiques, «étant entendu que la nomination à des postes militaires demeure de la compétence exclusive et régalienne du roi, chef suprême, chef d’état-major général des Forces armées royale». Des manifestations se sont déroulées, dimanche dernier, dans plusieurs villes marocaines pour dénoncer le projet de réforme de la Constitution soumis à référendum le 1er juillet prochain, annoncé vendredi soir par le roi Mohammed  VI. (El Watan-22.06.2011.) 

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** Zineb El Rhazoui. Cofondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles et membre du Mouvement du 20 février.

  «Mohammed VI a raté un rendez-vous avec l’histoire, il sortira par la petite porte comme tous les dictateurs »

Les défenseurs du projet de réforme constitutionnel au Maroc s’opposent à ceux qui le rejettent, à la veille d’un référendum pour lequel les autorités continuent de mobiliser à tout-va.

-Pourquoi l’appel au boycott ?Nous refusons à la fois la forme de la Constitution, son fond et le référendum lui-même, car nous n’avons aucune garantie qu’il sera transparent, le régime marocain s’est fait maître en l’art de la manipulation des scrutins.S’agissant de la forme, il s’agit d’une Constitution cocotte-minute faite en un temps record ! Elle a été rendue publique le 19 juin et sera soumise à un référendum national le 1erjuillet, c’est du jamais vu ! Une dizaine de jours ne suffisent pas pour soumettre ce texte à un débat national qui, par ailleurs, est inexistant ! De plus, ce texte a été concocté dans les arcades du palais royal. Suite à son discours du 9 mars où les lignes de cette constitution ont été tracées, le roi a lui-même nommé une commission ad hoc composée de personnes en perte de crédibilité totale auprès du peuple marocain et qui n’ont aucune représentativité.Pour ce qui est du fond, cette Constitution a été faite pour le makhzen. Nous nous attendions donc à ce qu’elle soit taillée sur mesure pour le roi, mais pas à ce qu’elle soit aussi décevante. Le texte, non seulement n’apporte aucun changement, mais contrairement à ce qui a été dit dans les médias complaisants, notamment français, il est rétrograde et plus absolutiste que le précédent et cela pour plusieurs raisons : le texte va dans le sens de la théocratisation de l’Etat marocain. Le roi n’est plus seulement commandeur des croyants, mais il est devenu une sorte de Saint en prenant la tête du Conseil des oulémas qui, par ailleurs, a été constitutionalisé, ce qui n’était pas le cas avant. Le conseil sera aussi l’unique instance habilitée à émettre des fatwas. Le roi fait donc entrer le clergé dans la Constitution.Par ailleurs, le roi est également le président du Conseil de sécurité, les sécuritaires continueront donc à échapper au contrôle des politiques. Il a la mainmise directe sur le législatif et possède tous les pouvoirs de l’Exécutif. Le texte parle bel et bien de l’indépendance de la justice, c’est le roi qui préside le Conseil supérieur de la magistrature, c’est lui qui nomme les juges et c’est lui qui possède tous les pouvoirs de l’Exécutif.-La séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice sont donc un leurre ?Absolument! Certaines prérogatives officieuses du cabinet royal, qui existaient dans la pratique, mais pas dans le texte, sont aujourd’hui inscrites dans le texte. Par exemple, toute cette flopée de conseils consultatifs que Mohammed VI créent depuis son accession au trône. Ils sont financés par le contribuable marocain, Mohammed VI nomme des technocrates à leur tête et c’est derniers ne doivent rendre de comptes qu’au roi, maintenant ces conseils sont dans la Constitution, alors qu’ils échappent aux instances représentatives du peuple.-Le Mouvement du 20 février est certes l’initiateur des réformes, mais pensez-vous faire le poids face à l’énorme campagne pour le «oui» ?

Nous ne sommes pas les seuls à appeler au boycott du référendum, il y a également la coalition des partis de gauche ainsi que la Confédération démocratique du travail (CDT), l’un des principaux syndicats marocains. Aussi, le nombre d’inscrits sur les listes électorales est infime par rapport à la masse électorale. Dans un pays comme le nôtre, je préfère que le «oui» l’emporte à 99,99% ! Cela traduira mieux cette mascarade qui se joue sous nos yeux.

-Le combat continuera-t-il en cas de victoire du oui et malgré l’intimidation ?

Cette Constitution est celle du roi et non du peuple. Nous continuerons évidemment d’exercer des pressions sur le régime pour aller dans le sens du changement et aussi sensibiliser le peuple marocain en qui nous avons confiance. Ce qui est en train de se passer actuellement est absolument scandaleux. Des affiches appelant à voter «oui» sont placardées partout. Les taxis sont obligés de faire campagne pour le oui sous peine de sanctions. Le roi lui-même a appelé à voter oui et a fait fi de son devoir de neutralité.Les barbouzeries sont monnaie courante. Quelques heures avant le discours du roi, le 9 mars, les moqaddems(les agents d’autorité)faisaient le tour des quartiers pour inciter les gens à descendre dans les rues pour exprimer leur joie de manière «spontanée» immédiatement après le discours et appelaient les baltagya au lynchage des membres du 20 février. Mais nous n’avons pas peur de ces gens, bien que nous fassions attention à titre individuel.

Des jeunes sont physiquement agressés, comme Ikram, militante de la coordination de Rabat dont les baltagyalui ont ôté le pantalon devant le Parlement, ou encore, Oussama El Khlifi, un des fondateurs du mouvement, qui a été lynché le soir du discours. Nous faisons également l’objet d’accusation en tout genre : on nous traite de chrétiens, de sionistes, d’homosexuels, d’être à la solde de la junte algérienne ou encore du Polisario et de l’Espagne. Ceci dit, tant que les méthodes du makhzen se poursuivent, nous continuerons, nous aussi, à lutter. L’affaire n’est pas close, Mohammed IV a juste gagné du temps.

-C’est-à-dire…

Aujourd’hui, Mohammed VI n’a plus le bénéfice du doute, le peuple sait maintenant que le problème n’est pas seulement son entourage, mais que le roi cherche à renforcer son pouvoir. Il ne faut pas oublier que 60% des Marocains ont entre 20 et 25 ans, avant au moins il y avait la possibilité d’immigrer vers l’Europe, aujourd’hui la jeunesse marocaine est face à un mur, même la frontière avec l’Algérie est fermée. Ça va finir par exploser.

-La communauté internationale a salué à l’unanimité ce texte…

C’est absolument choquant de voir cette complaisance des Etats étrangers qui n’ont visiblement pas compris la leçon tunisienne et qui continuent d’être complices de régimes qui assassinent des opposants. Ce sont ceux-là mêmes qui ont condamné la violence de l’Etat marocain contre les manifestants. Nous avons eu des morts depuis la contestation : 5 à Houssayma, Kamel El Amari assassiné par l’Etat marocain, ajouter à cela une dizaine de cas d’immolation par le feu depuis le début de l’année, notamment le cas de Fadoua Laroui qui, à elle seule, cristallise le drame de la femme marocaine. Face à cela, Mohammed VI propose une Constitution qui renforce ses pouvoirs. Il a fait quelques retouches cosmétiques pour faire passer le texte pour plus moderniste, mais il se moque du peuple.

Le régime marocain se dirige vers des dérives très dangereuses et nourrit le discours patriotique. Maintenant, les lignes rouges, Dieu, patrie, roi sont dans la Constitution. Si on sort de ces lignes-là, on est un traitre et livré par le régime marocain à la vindicte populaire. J’appelle cela, le «National monarchisme», le couvercle de la marmite sautera tôt ou tard ! Le Mouvement du 20 février avait fait une proposition claire : régner sans gouverner comme dans toutes les monarchies démocratiques. Mohammed VI avait l’occasion d’entrer dans l’histoire par la grande porte, mais puisqu’il a raté ce rendez-vous avec l’histoire, il finira par sortir par la petite porte comme tous les dictateurs ! (El Watan-01.07.2011.)

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*** Des manifestations qui ont eu lieu dimanche 19.06.2011.à travers le Maroc, se sont déroulées notamment à Fès, Tanger, Casablanca, Marrakech, à l’appel du mouvement du 20 février qui réclame davantage de démocratie depuis quatre mois, et juge insuffisantes les réformes annoncées par le roi vendredi. A Rabat, la manifestation s’est heurtée à des contre-manifestants violents, un phénomène inquiétant pour la suite des événements.Ils n’ont pu faire entendre leurs slogans habituels tels que « Justice, liberté, justice sociale », « Pacifique, pacifique, jusqu’à la liberté », « La répression ne nous effraie pas », que pendant quelques minutes.A Casablanca, plusieurs milliers de personnes ont appelé au boycott de la nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum le 1er juillet, d’après un membre de la cellule casablancaise du mouvement. Les contre-manifestants, trop peu nombreux, n’ont pas pu empêcher le déroulement de la manifestation. Des manifestations importantes ont également eu lieu à Agadir, aux cris de « Doustour democrati chaabi » (une Constitution démocratique et populaire), appelant au boycott de la nouvelle Constitution, ainsi qu’à Tanger.Le mouvement du 20 février appelle à continuer les manifestations jusqu’à ce qu’il y ait « une Constitution démocratique issue du peuple ». Ses militants réclament l’instauration d’une « réelle » monarchie parlementaire, où le roi règne mais ne gouverne pas, une justice indépendante, et la lutte contre la corruption.Au départ, les jeunes du 20 février répondaient dimanche à un appel international lancé par le mouvement des « indignés » d’Espagne. Nizar Bennamate, leader du mouvement à Rabat, déclarait juste avant la manifestation : « Ça a été décidé avant le discours de vendredi, mais c’est aussi une réponse au discours parce que nos revendications ne sont pas satisfaites. C’est ce que nous disons depuis le discours du 9 mars et ça n’a pas changé. »Des contre-manifestants klaxonnent et crient : « Vive le roi ! »A Rabat, des centaines de contre-manifestants se sont rendus sur les lieux environ deux heures avant le départ de la manifestation au quartier populaire Taqadoum. A moto et en voiture, ils ont tourné dans ce quartier et à Hay Nahda, et ont empêché les manifestants du mouvement de se regrouper. Le plus souvent, la police observait sans intervenir, d’après les manifestants.Hicham, un manifestant régulier, raconte : « Les chauffeurs de taxi circulaient avec des drapeaux et des portraits du roi. Ils klaxonnaient et disaient : “Vive le roi ! ” Il y avait des motards avec des drapeaux. C’était le désordre total. Ils sortaient de tous les côtés. L’un d’entre eux demandait à son voisin s’il avait pris des photos de la bastonnade. »

« On ne retrouvait pas ceux qui manifestent avec nous d’habitude », rajoute Ayoub, un autre manifestant.

« Tu sentais que s’ils savaient que tu étais du mouvement, tu ne sortirais pas de là-bas. »

Mohamed Lmossayer, membre fondateur du mouvement et membre de la cellule de Rabat, a été agressé par des hommes que de nombreux militants du mouvement connaissent de vue et croisent régulièrement dans les rues de Rabat. (Ils les suivent et les harcèlent, ainsi que les journalistes qui suivent le mouvement. Une journaliste de l’AFP interviewait Nizar Bennamate devant le Parlement lorsqu’ils se sont tous les deux fait insulter : « Traîtres. Juifs. » J’ai moi-même été agressée par ces mêmes personnes il y a deux mois, lors de la manifestation du 24 avril et je les croise régulièrement.)

« Les autorités tolèrent les contre-manifestations alors que les nôtres sont réprimées. »

« On a commencé à manifester environ dix minutes et ils nous ont poussés. Ils sont rentrés dans le cortège et la police nous a bousculés. Ils n’ont rien dit aux contre-manifestants. Et après on s’est dispersés et les contre-manifestants ont commencé à nous frapper », raconte Ikram, membre du mouvement. Elle raconte avoir reçu des œufs et avoir été griffée. Une femme âgée a essayé de lui retirer son pantalon.

« Des gens ont donné de l’argent aux enfants pour qu’il achètent des œufs et qu’ils nous les jettent », rajoute-t-elle.

 Les militants avaient décidé d’un nouveau slogan pour cette nouvelle manifestation : « Mamsawtinch ou mamfakinch » (Nous ne voterons pas et nous ne lâcherons pas), mais ils n’ont pu le crier, trop occupés à gérer les contre-manifestants. Vendredi dernier, dès la fin du discours, des contre-manifestants connus avaient insulté et frappé plusieurs membres du mouvement dont Ossama Elkhlifi et Omar Radi : « 20 février dégage », « insectes », « meurs meurs ennemi, le roi a son peuple ». Une demi-heure avant le discours, on pouvait déjà voir des taxis ornés de drapeaux ainsi que des portraits du roi, en plein centre-ville Boycott ou pas ? Vendredi dernier, le roi Mohamed VI annonçait d’importantes réformes constitutionnelles, qualifiées d’« historiques » par certains dirigeants politiques. Elles seront soumises à référendum le 1er juillet. Ces réformes renforcent le pouvoir du parlement et du premier ministre. Ce dernier, désormais appelé « chef du gouvernement », sera désigné au sein du parti arrivé en tête des élections législatives. Le roi conserve néanmoins une grande partie de son pouvoir exécutif et judiciaire et maintient son pouvoir religieux.D’après Lmossayer, la majorité des membres du mouvement seront pour le boycott de cette Constitution. Mais avant de se prononcer officiellement, la cellule de Rabat attend de se réunir au complet et de connaître la décision des partis politiques et des syndicats qui soutiennent le mouvement : « Le discours n’a rien apporté de réellement nouveau, même s’il y a quelques petites avancées [comme la reconnaissance officielle de langue amazigh et l'inscription de l'égalité entre les hommes et les femmes, ndlr]. Le système de la dictature perdure. »« Je suis pour le boycott en tant qu’activiste du mouvement, parce qu’on a refusé le jeu qui était biaisé dès le départ et par la commission nommée et par les contours de cette réforme tracée par la monarchie », explique Bennamate. « Maintenant, même l’opinion de boycotter ne pourra pas être exprimée dans les médias publics. »Les réformes ont été bien accueillies par la classe politiques marocaine et les médias officiels. Les partis politiques et les organisations syndicales qui ont participé à l’élaboration de la nouvelle Constitution ont pour la plupart déjà annoncé qu’ils voteraient « oui » lors du référendum du 1er juillet.

« Cette nouvelle constitution représente une réelle avancée », affirme Brahim Rachidi, membre de l »Union socialiste des forces populaires (USFP), la principale force de la gauche parlementaire, qui fait partie de la coalition gouvernementale.

Le porte-parole du gouvernement Khalid Naciri a quant à lui déclaré que ces réformes constitutionnelles « doivent perturber pas mal de ceux qui étaient persuadés que nous allions vers un ravalement de façade ».

Une nouvelle manifestation est prévue dimanche prochain devant le Parlement. (Rue89-20.06.2011.)

Manifestation à Rabat le 19/6 (I.Rachidi/Rue89)

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 Mohammed VI revendique des frontières «authentiques»

*l´option prise par le roi est une menace pour la sécurité régionale, car elle consacre la persistance du régime royal dans sa politique expansionniste, estime Mohamed Saïd, président du Parti de la liberté et de la justice

 Le projet de Constitution marocaine n´est pas du goût de Mohamed Saïd, président du Parti de la liberté et de la justice qui s´inquiète surtout des visées expansionnistes du monarque. Il indique que le projet, soumis à référendum le 1er juillet contient, en matière de politique étrangère, un article qui concerne l´Algérie. Il explique que l´article 42 consacre la persistance du régime royal dans sa politique expansionniste. L´article visé reconduit ce qui est consigné dans la Constitution de 1966, à savoir que le roi est garant de l´indépendance du Royaume et de son intégrité territoriale dans ses frontières authentiques.Dans une contribution adressée à la rédaction, Mohamed Saïd en arrive à conclure que la monarchie demeure attachée à la logique médiévale de l´allégeance puisqu´«elle étouffe dans ses frontières internationales reconnues». Après le constat, vient l´interrogation. «Comment peut-elle (la monarchie) concilier cet étouffement avec l´engagement qualifié dans le préambule d´option stratégique, à oeuvrer à la construction de l´Union maghrébine composée d´Etats aux frontières conventionnelles connues et reconnues dans le monde?» Il est clair, aux yeux de Mohamed Saïd, que l´option prise par le roi est une menace pour la sécurité régionale.
Le fait de maintenir l´expression «frontières authentiques» est de nature à exacerber la crise de confiance dans la région «en confirmant les doutes quant à la sincérité des intentions du régime marocain au sein de l´Union du Maghreb arabe», poursuit le responsable du parti. Il y voit même un obstacle supplémentaire sur la voie de l´édification de cet ensemble qui prive les peuples d´une chance de rencontre et de coopération pour faire face aux défis communs du développement et de construction d´Etats modernes respectueux des droits de l´homme. Les relations de voisinage et les droits de l´homme sont des principes qui continueront à être altérés par cette sortie du Royaume avec la complicité des Européens. Mohamed Saïd trouve regrettable que les pays occidentaux, qui se disent, selon lui, investis d´une mission de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, aient cautionné «cette dérive marocaine». Dans quel but? Une telle attitude serait dictée par le souci de «torpiller toute démarche unitaire sérieuse pour empêcher l´UMA d´avoir un poids économique et politique capable d´en faire un partenaire efficace dans ses relations avec les autres groupements régionaux», selon l´interprétation de Mohamed Saïd.
Toute cette affaire est l´occasion pour ce responsable de revenir sur d´autres faits d´actualité. L´attitude du Royaume, est-il jugé, s´oppose à la légitimité internationale qui ne connaît d´exemple, selon lui, «qu´Israël comme entité sans frontière fixe et définie en attendant qu´il se dote d´une base territoriale allant du Nil à l´Euphrate». L´impasse faite sur le problème du Sahara occidental est aussi présente dans cette contribution. «Par quel miracle peut-on, dans une telle situation, construire un espace politique et économique intégré quand un des membres de cette Union nourrit toujours le complexe d´expansionnisme et persiste à faire de son occupation militaire du Sahara occidental une option irréversible sans tenir compte de l´avis de ses habitants?» s´interroge-t-il.
En plus, il invite les Marocains à se pencher sur l´avenir des enclaves de Ceuta et Melilla. (L’Expression-26.06.2011.)
**La Rasd inquiète des conséquences des réformes au Maroc Le président sahraoui et secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a mis en garde, dans un message adressé au Secrétaire général des Nations unies, contre les «conséquences» de l´inclusion des territoires occupés du Sahara occidental dans le référendum sur la réforme constitutionnelle au Maroc.
«Le Sahara occidental n´est pas un territoire marocain», a rappelé le président sahraoui précisant qu´il est répertorié par les Nations unies comme un territoire non-autonome en attente de décolonisation depuis plus de 40 ans…

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*Le mouvement contestataire juge insuffisantes les réformes annoncées par le roi Mohammed VI…et appèle à manifester ce dimanche« Ce projet de constitution ne change pas grand chose par rapport au texte actuel », estiment les protestataires 

***Sous la poussée d’une révolte populaire, le roi du Maroc, Mohammed VI, a fini par concéder quelques parcelles de son pouvoir, mais sans pour autant renoncer à son règne absolutiste. La monarchie parlementaire tant réclamée n’aura pas lieu. Le monarque brise ainsi le rêve des Marocains, mobilisés pendant cinq mois, pour exiger des changements politiques profonds. Ils n’ont eu droit, au final, qu’à une petite révolution de palais.***

L’allocution de Mohamed VI n’était pas suffisante. leMaroc va connaître dimanche de nouvelles manifestations. Le mouvement contestataire qui revendique des changements politiques profonds au Maroc a appelé à manifester dimanche (19.06.2011.), jugeant insuffisantes les réformes de la constitution annoncées par le roi Mohammed VI.Le souverain avait promis en mars dernier des réformes politiques importantes pour répondre auxmanifestations qui se déroulent au Maroc depuis le mois de février, à l’instar –mais, sans violences– de ce qui s’est passé dans d’autres pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.Dans un discours à la nation, il a présenté vendredi soir son projet de réformes constitutionnelles, qui doit être soumis à référendum dans deux semaines, le 1er juillet.« Le projet tel qu’il a été proposé par le roi hier ne répond pas à nos revendications pour une véritable séparation des pouvoirs. Nous protesterons pacifiquement dimanche contre ce projet », a déclaré samedi à l’AFP Najib Chaouki, l’un des membres de la section de Rabat du Mouvement du 20 février.Ce Mouvement de jeunes revendique des réformes politiques profondes et une monarchie parlementaire et manifeste régulièrement dans la rue depuis cette date.« Les coordinations nationales (du Mouvement) ont appelé à manifester dimanche pour une constitution véritablement démocratique et une monarchie parlementaire », a-t-il ajouté.Desmanifestations sont prévues notamment à Rabat, Casablanca, Tanger (nord), Marrakech (sud) et Fès (centre), précise la page Facebook du Mouvement, qui compte plus de 60.000 membres.« Ce projet de constitution ne change pas grand chose par rapport au texte actuel », a déclaré pour sa part Mina Bouchkioua, enseignante et membre du Mouvement à Rabat.Les islamistes représentés au Parlement ont de leur côté réservé leur réponse tout en notant des progrès.« Comparé à l’actuelle constitution, ce projet est une avancée importante. Tout ce que le roi a promis dans son discours du 9 mars a été tenu », a déclaré samedi à l’AFP Saad Eddine Othmani, député et l’un des dirigeants du parti islamiste Justice et développement (PJD), de l’opposition parlementaire.« Mais est-ce que cette avancée est suffisante? C’est ce que nous allons discuter aujourd’hui (samedi) au sein de notre parti », a ajouté M. Othmani.

La majorité s’est félicitée comme prévu du discours royal.

« Le Maroc rentre dans une nouvelle phase constitutionnelle. Ce projet permettra d’édifier un Etat démocratique moderne », a souligné Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS, coalition gouvernementale).

« Ce texte permet une clarification et une séparation des pouvoirs à côté d’un rôle religieux (du roi) séparé du rôle politique, ce qui est important », selon M. Benabdallah.

Le Mouvement des jeunes reproche au projet de ne pas aller assez loin, notamment sur le plan religieux.

Le roi est toujours le Commandeur de Croyants et il se voit confirmé comme la seule autorité religieuse du royaume. Par ailleurs, le Conseil supérieur des Oulémas (théologiens officiels), la plus haute instance religieuse présidée par le monarque, est mentionnée pour la première fois dans un texte constitutionnel.

Sur le plan politique, le roi préside toujours le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et les jugements sont prononcés en son nom, comme dans l’actuelle constitution. Cette disposition est considérée par les opposants au projet comme une atteinte au principe de séparation des pouvoirs.

Le souverain roi reste aussi un acteur important du pouvoir exécutif, puisqu’il préside le conseil ministériel, au sein duquel les grandes stratégies de l’Etat sont déterminées, selon le nouveau projet.

Il demeure également chef des armées et présidera un « Conseil supérieur de sécurité » qui aura pour mission de « gérer les questions sécuritaires internes, structurelles et imprévues » dans un pays frappé fin avril par un attentat meurtrier à Marrakech. (AFP-18.06.2011.)

**La monarchie assise sur un volcan

Le Maroc miné par les rivalités

 C’est un vieux conflit etouffé par Hassan II qui remonte à la surface

Affaiblie économiquement malgré l’apport étranger, la monarchie est désormais assise sur un volcan qui menace d’entrer en éruption à n’importe quel moment.Le mouvement de contestation du 20 février n´est pas prêt à lâcher prise. Quatre mois après sa naissance, il continue de rallier davantage de soutien de la part d´une population qui se débarrasse, peu à peu, de l´emprise des partis politiques dont le rôle de modérateurs semble dépassé par les évènements. Né dans le tumulte provoqué par le soulèvement du peuple tunisien et les émeutes qui ont ébranlé de nombreuses villes algériennes, ce mouvement est en train de ratisser large dans les banlieues pauvres des grandes villes marocaines. Ses initiateurs sont issus de tous les courants idéologiques qui traversent le pays; des islamistes aux communistes. Tout le monde est mobilisé pour exiger un changement rapide dans la gestion politique et économique du Royaume. Pour certaines personnalités proches du Makhzen, la situation est loin d´être alarmante dans la mesure où il ne s´agirait, selon elles, que d´un chahut qui se dissipera avec le temps. C´est ce qui ressort de manière plus subtile du discours officiel relayé par les médias qui soutiennent sans réserve la démarche du roi Mohamed VI consistant à opérer des aménagements dans la Constitution du pays. Cette façon de réduire la contestation populaire à un chahut n´est pas partagée par un grand nombre d´intellectuels et d´hommes d´affaires marocains qui y voient une lame de fond puissante pouvant mettre en péril la monarchie si les modes de traitement du malaise social ne sont pas à la hauteur des attentes.
«En adoptant cette attitude pour le moins incompréhensible, le Palais royal ne se rend pas compte de la gravité de la situation», indiquent les observateurs de la scène politique marocaine affirmant que «le peuple marocain, dans son ensemble, n´est pas dupe. Il sait que dans les hautes sphères du pouvoir, des tiraillements commencent à se faire sentir et leur écho est arrivé, malgré le black-out imposé par les maîtres des lieux, et à sortir dans la rue». «Ce n´est certainement pas en réduisant la dimension du mouvement du 20 février que le régime réussira à épargner à la société les retombées d´une lutte de clans qui fait déjà rage», estiment en aparté des journalistes marocains. Le souverain, qui avait promis des réformes dans son discours du 9 mars dernier, est tout à fait conscient du poids du clan de Fès qui monte au créneau dans le sillage de la contestation, ont confié des sources au fait de la situation. Agissant comme un bloc soudé et impénétrable, ce clan aurait des comptes à régler avec la monarchie et non avec le roi en personne, ajoutent les mêmes sources. Cette rivalité qui n´est pas née d´aujourd´hui remonte au temps du défunt roi Hassan II, précise-t-on encore. Ce dernier avait réussi à l´étouffer et à la limiter à l´aide d´un formidable arsenal répressif construit par un certain Driss Basri, mais aujourd´hui et à la lumière des évènements qui secouent cycliquement le Monde arabe, le clan de Fès qui se considère comme le socle de la monarchie marocaine a vraiment l´intention de revenir aux affaires et à un haut niveau après avoir été marginalisé durant des décennies. Dans ce contexte, la contestation née du mouvement du 20 février pourrait constituer un terrain favorable à cette «remise en question» constitutionnelle. Affaiblie économiquement malgré l´apport étranger, la monarchie est désormais assise sur un volcan qui menace d´entrer en éruption à n´importe quel moment et ne cesse d´alerter ses réseaux médiatiques afin qu´ils remettent sur la table la fameuse question de la réouverture des frontières terrestres avec l´Algérie. Selon eux, la réouverture permettrait au Palais royal de «souffler». Mais sur cette question, l´Algérie n´est pas prête pour le moment à cette éventualité comme l´a expliqué le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lors d´une récente conférence de presse. Les relations ne sont pas au beau fixe, disent les mêmes sources. Et les tenants du pourrissement n´ont pas tardé à réagir en procédant au montage du scénario relatif aux mercenaires que l´Algérie aurait envoyés en Libye, tentant ainsi de saborder tout rapprochement avec ce pays et qui pourrait assurer au roi Mohammed VI une solution certes, conjoncturelle, mais suffisante pour ramener la tranquillité au niveau d´une grande partie du Royaume. Le roi a-t-il été piégé? De nombreux Marocains le pensent en n´hésitant pas à l´accuser, en tant que premier opérateur du pays, d´abandonner des pans entiers de l´économie marocaine entre les mains des réseaux affairistes et des milieux de la corruption et à grossir les rangs des mécontents. L´attentat de Marrakech symbolise, dans une certaine mesure, l´exacerbation des rivalités et démontre de façon claire la complexité d´une situation politique et sociale que le mouvement du 20 février n´a fait que révéler au grand jour.(L’Expression-15.06.2011.)
**Le Mouvement du 20 février ne lâche pas priseUn millier de manifestants à Rabat…(dimanche 05.06.2011.) Près d’un millier de jeunes du Mouvement du 20 février, qui revendiquent des réformes politiques au Maroc, ont pu manifester pacifiquement hier à Rabat pour exiger des changements…. 

Un jeune du Mouvement du 20 février, Kamal Omari, est décédé jeudi dans un hôpital après avoir été blessé lors d’une manifestation dimanche dernier à Safi, à 350 km au sud de Casablanca. «Il faut juger les assassins d’Omari», «Pour une constitution démocratique», «Nous voulons une monarchie parlementaire», «Pour un roi qui règne et ne gouverne pas», ont scandé les manifestants, dont certains font partie du Mouvement islamiste Justice et bienfaisance, interdit mais toléré.

«Nos revendications n’ont pas changé: nous voulons un Maroc démocratique et le revendiquerons pacifiquement», a dénoncé Hakim Sikouk, un membre de la section locale du Mouvement. Les autorités marocaines avaient auparavant souligné que ces manifestations étaient «non autorisées». Ces manifestations interviennent 10 jours avant la remise au roi Mohammed VI, par une commission consultative nommée en mars, de propositions pour une prochaine réforme constitutionnelle. Le 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé des réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre. Des réformes qui ne semblent pas convaincre les jeunes du Mouvement du 20 février ainsi que certains partis de l’opposition qui continuent de maintenir la pression. (source: El Watan-06.06.2011.)

**la contestation reste forte avant les prochaines échéances

Le régime a échoué à éteindre la contestation par la répression

A moins d’une semaine de la remise au roi Mohammed VI des travaux de la commission de révision de la Constitution -qui débouchera ultérieurement sur la tenue d’un référendum -, le mouvement de contestation maintient la pression et prend, selon certains observateurs, «une ampleur populaire».

La pression monte au Maroc, à moins d’une semaine de la remise au roi des travaux de révision de la Constitution présidée par le juriste Abdeltif Menouni. Le roi Mohammed VI avait enclenché cette révision dans un discours à la Nation le 9 mars 2011, quelques semaines après les premières manifestations d’un mouvement de contestation né le 20 février, dans la foulée de la révolution tunisienne. Plusieurs sources font état d’un projet constitutionnel qui devrait limiter les pouvoirs du roi au profit, affirment certains journaux marocains, d’un «super Premier ministre». Ces fuites sont évidemment à prendre avec précaution tant que le texte définitif -sur lequel les Marocains devront se prononcer par référendum -n’est pas connu.

«La contestation fait boule de neige»

Après avoir soufflé le chaud et le froid sur les contestataires du Mouvement du 20 février, le gouvernement joue gros. Il a échoué à éteindre la contestation par la répression et va désormais tenter de l’apaiser par la réforme politique. Les concessions que les autorités marocaines consentiront en termes d’avancées démocratiques favoriseront l’apaisement ou, au contraire, le durcissement de la contestation. «Tout dépendra de l’ampleur des réformes constitutionnelles, prédit l’économiste Fouad Abdelmoumni, qui soutient le Mouvement du 20 février. Si elles débouchent sur une monarchie parlementaire avec un roi symbolique, qui n’exerce pas de pouvoirs exécutif, législatif ou judiciaire, la contestation pourra être canalisée. Si, en revanche, de larges pans de la société considèrent que les concessions ne sont pas significatives, on aura un rejet du processus référendaire sur le texte constitutionnel. Le roi a pris la main avec son discours d’ouverture du 9 mars. Il ne peut pas se payer le luxe de sortir une carte puis d’en ressortir une autre dans trois ou quatre mois en cas, par exemple, d’ébullition à la prochaine rentrée scolaire.»

Cette contestation née à l’initiative de jeunes réunis sur les réseaux sociaux est selon lui «en train de prendre une ampleur populaire». De son côté, le Mouvement du 20 février revendiquait le mois dernier des relais dans «plus de cent villes et villages au Maroc», se disant soutenu par «plus de 100 ONG, associations, syndicats et partis politiques». A l’échelle du pays, la contestation reste minoritaire. Mais les manifestations ne se limitent plus au centre des villes, elles gagnent par exemple des quartiers populaires. A Sidi Moumen, dans cet immense bidonville d’au moins 300 000 habitants au nord-est de Casablanca, un membre de l’alliance des associations, Larbi Zahidi, évoque «les bidonvillois qui se greffent au Mouvement du 20 février». «Les revendications pour un logement décent sont anciennes. Mais le Mouvement peut être un appui pour que les choses s’accélèrent», affirmait-il dernièrement. «Les gens manifestaient bien avant le 20 février, mais ils enfilent maintenant le maillot du 20 février, abonde le directeur de la rédaction du journal indépendant «Tel quel» Karim Boukhari. La contestation fait boule de neige et gagne de plus en plus de catégories sociales.» «Le mouvement est irréversible et va révolutionner le Maroc», estime encore le coordonnateur général du réseau des associations de quartier du Grand Casablanca (Resaq) Abdellah Zaâzaâ.

«Le Maroc aussi a sa famille Ben Ali-Trabelsi»

Que veulent les contestataires ? «A bas l’absolutisme !», «A bas la corruption !», entend-on régulièrement dans les manifestations. «On ne demande pas la chute du régime, explique un membre du Mouvement du 20 février de Rabat, Nizar Bennamate. On n’est pas dans un processus révolutionnaire, mais de réforme. C’est très différent. Personne n’a dit M6 dégage, ou alors quelques cas très isolés.»

A mesure que la contestation s’amplifie, le roi est toutefois de moins en moins épargné. «On attribue à tort à Mohammed VI l’idée qu’il est un roi libre et ouvert, avance un autre membre du Mouvement du 20 février. Du coup, il y a une certaine sympathie du peuple envers sa personne. Mais quand on voit les chiffres de l’économie marocaine et qu’on sait qu’il est le premier opérateur du pays, il est clair qu’il a sa part dans tout ce que nous dénonçons. De fait, il cautionne cet entourage qui profite de sa proximité pour se constituer une rente. A cet égard, le Maroc aussi a sa famille Ben Ali-Trabelsi» Dans les manifestations de ces derniers mois, les hommes d’affaires proches du roi, Fouad El Himma et Mounir Majidi, ainsi que le Premier ministre, Abbas El-Fassi, ont tous eu droit à leur «Dégage !».

«Quelques petits chahuts»

L’idée selon laquelle le Maroc aurait sa famille Ben Ali-Trabelsi fait bondir certains hauts responsables français. «C’est complètement faux», lâche l’un d’eux, qui met en cause l’existence même d’une contestation : «Il n’y a pas de contestation au Maroc mais seulement des gens qui souhaitent que ça aille plus loin et plus vite.» Certains aiment à entonner la musique officielle, qui conduisait par exemple le ministre marocain de l’Industrie Ahmed Chami, le 23 mars à Paris, à déclarer : «On va avoir quelques petits chahuts mais ça va se passer dans le calme car on est en train de construire cette démocratie.» Ce discours officiel réduit aussi le Mouvement du 20 février à des «gauchistes» et des «islamistes», au motif que les jeunes du mouvement islamiste Al Adl Wal Ihsane se sont joints à d’autres jeunes manifestants dès le 20 février et qu’ils phagocyteraient le mouvement.

La révolution marocaine aura son propre rythme, conclut un homme d’affaires marocain qui soutient la contestation : «Le printemps arabe a été le détonateur d’un mouvement de protestation démocratique mais les contestataires n’ont pas un Ben Ali ni un Moubarak à faire tomber. Ils s’attaquent à la tumeur même du régime, au despotisme et à toute la corruption qu’il suppose. La révolution au Maroc prendra du temps. Ce mouvement est une lame de fond.» (Les Echos-11.06.2011.)

** Le roi de plus en plus contesté

Le royaume du Maroc n’est désormais plus un long fleuve tranquille où les sujets de sa majesté obéissent, comme au bon vieux temps, au doigt et à l’œil de Mohammed VI et son bras armé.

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La réaction très musclée qu’ont opposée, dimanche, les forces de sécurité du makhzen aux milliers de jeunes manifestants à Rabat, Casablanca, Tanger (nord), et Agadir (sud), témoigne de la grosse panique qui s’est emparée du royaume. Et pour cause, le Mouvement du 20 février a appelé pour la 4e fois à des manifestations pacifiques dans plusieurs villes du Maroc, pour réclamer des réformes politiques, notamment une limitation des pouvoirs du roi Mohammed VI. Une revendication assimilée à un crime de lèse-majesté au Maroc en ce sens que les jeunes facebookistes sortis dans la rue ont touché là où il ne fallait pas.

Et le makhzen ne s’est pas fait prier pour abattre sa main lourde contre ces jeunes intrépides qui ont osé désacraliser la personne du roi. Selon les comptes rendus des agences de presse et les journaux marocains, plusieurs blessés, plus au moins graves, ont été enregistrés dimanche dans ce corps à corps entre manifestants et policiers de sa majesté. A Tanger, où l’on déplore une dizaine de blessés graves parmi les jeunes du Mouvement, des affrontements «violents» se sont prolongés «tard dans la nuit», soulignent les mêmes sources. Preuve de cette répression féroce, ces vidéos terrifiantes postées sur Youtube, où l’on peut visualiser ces images horribles de têtes ensanglantées, de bras bandés, mais aussi des policiers fulminant de rage qui matraquent sans pitié des jeunes manifestants. Pour les observateurs marocains, ces scènes contrastent terriblement avec cette image très sympathique que les officiels et les médias occidentaux relayent : celle d’un royaume «moderniste et démocratique». Or, la réalité est largement moins glorieuse pour un roi riche et mondain, loin de son royaume de laissés-pour-compte. Et ces jeunes Marocains refusent désormais de pleurer sur leur sort.

La main lourde du Makhzen

Dans les forums des discussions sur le Net, les langues se délient et la dénonciation fuse de tous ceux qui refusent la fatalité de vivre sous la botte du roi et son écrasant makhzen. «Le makhzen a complètement vidé ses casernes aujourd’hui (dimanche) pour réprimer les manifs qui apparemment dérangent le despote et sa clique qui s’amusent follement avec leur festival makhazine (lire maouazine) !» fulmine un internaute. Un autre croit déceler les prémices d’une révolution façon égyptienne ou tunisienne. «Fini la retenue, maintenant les manifestants scandent clairement la chute du régime en pleine capitale du royaume enchanté de Sa Majesté chérifienne… Ce qui nous rappelle étrangement l’évolution des revendications des manifestants tunisiens et égyptiens !» Un autre animateur du forum du journal demainonline.com, de notre confrère Ali Lemrabet, ose cette conclusion : «Quelque chose d’étrange me dit qu’on se dirige droit au scénario à l’égyptienne.» C’est dire qu’au royaume de Mohammed VI, le palais a du mal à étouffer ces nombreuses voix qui réclament une autre voie pour leur Maroc que celle imposée par la peur et la matraque.

Le mythe du roi sacré est tombé   

Suprême preuve de la révolution citoyenne en marche, cette interpellation symbolique du roi, vendredi dernier, par un groupe de diplômés chômeurs à la mosquée Sunna de Casablanca. A la sortie du souverain de la mosquée où il venait d’accomplir sa prière hebdomadaire, ces jeunes chômeurs se sont approchés de lui et ont lancé : «Pour tous les commentateurs marocains, ces jeunes ont osé franchir la ligne rouge.» «C’est une inhabituelle violation du protocole, dans un pays où le portrait du roi orne les murs des échoppes et des grandes places et où Mohammed VI est décrit comme le descendant du prophète Mahomet», commente l’agence Reuters. «Au lieu de crier ‘’Aâcha al malik’’ («Vive le roi»), ces insolents lui ont jeté à la figure, on veut du travail», souligne de son côté le journal demainonline.com. Ce petit geste de jeunes chômeurs prend la mesure d’une petite révolution, tant le titre de «Commandeur des croyants» sert de carapace à la personne du roi faisant de lui un personnage «sacré». Et ces jeunes insolents ont peut-être brisé un tabou et fait tomber un mythe légendaire en ce vendredi tout aussi sacré. Mais en réalité, ils n’ont fait que transmettre directement au monarque les clameurs de la rue qui, depuis le 20 février dernier, réclament inlassablement une monarchie constitutionnelle. S’il est vrai que la personne du roi n’est pas forcément contestée au Maroc, son régime et sa façon de gouverner deviennent de plus en plus contestables. (El Watan-24.05.2011.)

**L’AQMI pour le roi…et  contre le Printemps marocain 

Dans les milieux de l’opposition marocaine, pas la traditionnelle, mais la toute nouvelle qui a éclos dans le sillage du “printemps arabe”, on est persuadé que l’attentat de la vitrine du tourisme marocaine (Marrakech) fait entrer le pays dans une ère d’incertitude et risque de dévier, sinon de peser sur le cours du “printemps marocain”.Sept jours après l’attentat de la place de Jamaâ el-Fna qui a fait 16 morts à Marrakech, l’enquête s’oriente vers deux hommes au comportement suspect.
Des portraits robots ont été établis : celui d’un homme qui se trouvait sur la terrasse de l’étage du café Argana juste avant l’attentat, muni de deux gros sacs qui auraient pu contenir les explosifs et celui d’un autre qui était à l’extérieur du café, paraissant agité. Cacophonie sur les commanditaires : officiellement, c’est toujours la piste Al-Qaïda Maghreb qui est privilégiée, mais comme l’attentat n’a toujours pas été revendiqué, des spécialistes plaident plutôt vers des groupuscules locaux, d’autant que ce terrorisme local a déjà sévi à plusieurs reprises dans le Maroc. La nébuleuse islamiste marocaine est une réalité. Des islamistes marocains, de différentes obédiences, sont régulièrement arrêtés puis relâchés après quelques années en prison. Les services marocains, qui sont épaulés par dix policiers français dépêchées par le président français, des agents du renseignement et de l’antiterrorisme, privilégient la piste Aqmi pour des raisons de politique interne. Les autorités marocaines sommées – de plus en plus – à abandonner leur politique de fuite en avant dans le dossier du Sahara occidental pour que soit régler ce dernier cas de décolonisation, n’avaient pas trouvé mieux pour préserver leur immobilisme que d’accuser les Sahraouis d’abriter dans les territoires libérés des katibas d’Aqmi ! Le Front Polisario et les responsables de la République arabe sahraouie ont démenti ces allégations mensongères et les Marocains n’ont pu fournir aucune preuve sur leur divagation.
Par contre, dans les milieux de l’opposition marocaine, pas la traditionnelle mais la toute nouvelle qui a éclos dans le sillage du “printemps arabe”, on est persuadé que l’attentat de la vitrine du tourisme marocaine (Marrakech), fait entrer le pays dans une ère d’incertitude et risque de dévier, sinon de peser sur le cours du “printemps marocain”. Des acteurs de ce mouvement vont jusqu’à se demander si les promesses de réformes du roi Mohammed VI vont-elles faire long feu ? L’attentat est intervenu quelques jours après les importantes manifestations du 24 avril, qui ont vu des dizaines de milliers de Marocains sortir dans les rues pour la troisième fois en deux mois, réclamant plus de justice, une lutte effective contre la corruption et des institutions démocratiques, voire l’instauration d’un système politique du type monarchie constitutionnelle avec le pouvoir entre les mains du Parlement et un roi qui symbolise la nation. Ce mouvement lancé par “les jeunes du 20 février” avait pris de l’ampleur au point où le roi Mohammed VI avait donné l’impression de se mouler dedans. Il a même fait montre de sa volonté d’en accélérer la dynamique par des annonces inédites y compris chez les régimes arabes en proie à la contestation révolutionnaire.
Les Marocains jusqu’alors pleins d’enthousiasme sont replongés dans le douloureux souvenir des attentats kamikazes du 16 mai 2003 à Casablanca. Ils appréhendent un retour musclé de la gestion sécuritaire de l’après-16 mai. À l’époque, la presse indépendante marocaine avait dénoncé l’embastillement arbitraire de plusieurs milliers d’individus et fait état de cas de torture, ce que le roi a reconnu en personne en 2005, dans une interview à El Pais, le quotidien de référence madrilène, en admettant “quelques abus”.  Et le pas est vite franchi par les Marocains revendiquant des changements de voir un nouveau durcissement sécuritaire mette fin au tout jeune printemps marocain. C’est une perspective qui inquiète au plus haut point le mouvement du 20 Février, ses acteurs et ses sympathisants, à l’image de Youssef Belal, jeune cadre d’un parti de la coalition gouvernementale, qui estime sur son profil Facebook que “le risque est grand de reproduire les erreurs du 16 mai, en tout cas de chercher À bloquer la dynamique citoyenne enclenchée par le 20 février”. Et la crainte n’est pas une simple peur : quelques heures après l’attentat de Marrakech, Rachid Niny, directeur du journal le plus lu du royaume a été inculpé, alors qu’il semblait jusque-là bénéficier de protections au plus haut niveau de l’État.
Le 1er mai, les coordinateurs du mouvement du 20 Février ont réclamé dans un communiqué, que l’attentat ne remette en question ni les réformes attendues ni la liberté de manifester pacifiquement. Les acteurs du “printemps marocain” n’ont pas montré du doigt les auteurs de l’attentat de Marrakech mais leurs interrogations sont suffisamment parlantes. (Liberté-05.05.2011.)
**Attentat kamikaze à Marrakech  *15 tués dont onze touristes et 20 blessés Un attentat attribué à un kamikaze par un officiel marocain a fait au moins 15 tués dont onze étrangers jeudi à Marrakech, dans un café de la place Jamâa El-Fna, haut lieu du tourisme au Maroc. Il y a six Français parmi les tués, selon la télévision marocaine.
Il s’agit de l’attaque de cette nature la plus meurtrière dans cette monarchie d’Afrique du Nord depuis les attentats de Casablanca menés par des extrémistes islamistes, 16 mai 2003, qui ont fait 45 morts, dont 12 kamikazes.
Le roi Mohammed VI du Maroc a ordonné une enquête rapide et transparente sur l’attentat de jeudi, a annoncé un communiqué du cabinet royal.
Le Maroc, un pays de 32 millions d’habitants dont l’économie est étroitement liée au tourisme, a été relativement épargné par les révoltes qui secouent le monde arabe depuis le début de l’année.
Toutefois, des manifestations en faveur de changements démocratiques ont eu lieu dans le pays depuis le 20 février, et le roi Mohammed VI a promis de procéder à d’importantes réformes démocratiques.
Selon les premiers éléments de sources médicales et officielles, onze étrangers, dont cinq femmes, et trois Marocains ont été tués par la déflagration à la mi-journée, qui a fait également une vingtaine de blessés.
“Les éléments de l’enquête que nous avons permettent d’affirmer que c’est la thèse de l’attentat qui prévaut”, a indiqué un responsable du ministère de l’intérieur sous couvert de l’anonymat.
Un responsable de la préfecture de Marrakech a précisé à l’AFP que “selon les informations que j’ai, il pourrait s’agir d’un acte perpétré par un kamikaze”.
Selon lui, “nous avons trouvé des clous dans l’un des corps”, a-t-il indiqué, suggérant que la bombe était composée d’explosif et de morceaux d’acier.
L’attentat a visé le café-restaurant Argana, un lieu très fréquenté par les visiteurs étrangers, sur la place Jamâa El-Fna, épicentre de Marrakech, la grande ville touristique à 350 km au sud de Rabat.
L’explosion s’est “effectivement produite sur la terrasse du café”, a assuré à l’AFP Latifa Idrissi, la femme d’un serveur –Yassine Bouzidi, 28 ans–, tué dans l’attentat.
“Le patron du café a été grièvement blessé. Il est actuellement à l’hôpital”, a ajouté Mme Idrissi.
Selon un autre client du café, échappé indemne de l’attentat: “Un individu est rentré au café. Il a commandé un jus d’orange et quelques minutes plus tard, il s’est fait exploser”.
Selon un autre témoin, joint par téléphone, “tout le premier étage du café Argana a été endommagé”, alors que des touristes y étaient installés pour avoir une vue d’ensemble sur la place.
La façade du café a été soufflée, et les tables et les chaises de la terrasse ont été dispersées aux abords de l’établissement.
Un important dispositif policier a été mis en place pour procéder à l’évacuation des victimes et pour tenir à distance la foule des badauds qui se sont rapidement agglutinés autour du lieu de l’explosion.
“On ne peut pas pour l’instant déterminer avec précision l’identité de toutes les victimes”, a précisé une source médicale ayant requis l’anonymat.
“Nous attendons l’autorisation du Parquet pour procéder à l’identification des corps”, a ajouté cette source médicale.
Selon un responsable de l’ambassade de France, on “ignore si des Français figurent parmi les victimes”.
Cette explosion intervient huit ans après des attentats menés par des extrémistes islamistes le 16 mai 2003 à Casablanca.
En 2007, un tentative d’attentat avait été déjouée toujours à Casablanca et l’un des trois kamikazes avait été tué.
A la mi-avril, le roi Mohammed VI avait gracié de nombreux détenus politiques, dont des islamistes, dans un geste d’apaisement à l’égard des contestataires qui exigent des changements politiques profonds….(AFP-28.04.2011.) .
**Le Maroc sous le choc

L’attentat de jeudi après-midi au centre de Marrakech contre le café Argana, fréquenté par les touristes étrangers – ils seront de fait les principales victimes de cet attentat immédiatement condamné et qualifié de terroriste, par les autorités marocaines – a soulevé une forte émotion au Maroc et dans la communauté internationale qui a vivement condamné cet acte.
L’attentat de Marrakech est survenu quelques jours après la diffusion par Aqmi, de la vidéo contenant des messages des quatre Français détenus au Niger et implorant le président français Nicolas Sarkozy de répondre favorablement à la demande d’Al Qaîda de retirer ses troupes d’Afghanistan. Notons que Paris a confirmé le décès de 6 Français dans l’attentat de Marrakech. Toutefois, en l’état actuel de l’enquête, le ministre marocain de la Communication et porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a indiqué hier, que «les pouvoirs publics s’abstiennent d’accuser telle ou telle partie», même s’ils explorent toutes les pistes y compris celle d’Al Qaîda. Les autorités marocaines ont initialement parlé d’une explosion accidentelle d’une bonbonne de gaz, avant de modifier cette version et évoquer «un attentat. terroriste» Certaines informations font état de deux ou même trois kamikazes. Les condamnations de plusieurs pays ne se sont pas fait attendre. L’Algérie, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, condamne avec «la plus grande fermeté ce lâche attentat terroriste». «Un acte aussi abject ne peut que susciter une condamnation sans appel», ajoute la même source. Cet attentat terroriste a provoqué des réactions en cascades de la part de la communauté internationale et de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est déclaré, pour sa part, horrifié par l’attentat et a réitéré qu’ «aucun objectif politique ne justifie, ni n’est servi par de tels actes haineux». Le président Nicolas Sarkozy a condamné cet attentat terroriste, le qualifiant d’acte odieux, cruel et lâche. Les Etats-Unis, par la voix de la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, condamnent dans les termes les plus forts cette attaque terroriste. L’Espagne, l’Allemagne et l’Italie sont parmi les pays à avoir condamné l’attentat. C’est l’attentat le plus meurtrier dans cette monarchie d’Afrique du Nord depuis 8 ans après celui du 16 mai 2003 à Casablanca. Il avait fait «33 morts, en plus des 12 terroristes. Un kamikaze s’est également fait exploser en mars 2007. Ces bombes humaines issues essentiellement des bidonvilles ont occasionné beaucoup de morts. L’attentat de jeudi dernier a visé un café du centre historique de la ville de Marrakech, la célèbre place Jamaa El-Fna, essentiellement fréquentée par les touristes étrangers. Le Maroc accueille des millions de touristes chaque année. Il est clair que l’attentat était destiné à produire le plus grand effet médiatique. Selon les autorités marocaines, l’explosion de jeudi est le fait d’un engin déclenché à distance. Cette information dément ainsi les supputations de la presse marocaines qui avançait, hier, l’hypothèse d’un, voire deux ou trois kamikazes. La question que se posaient hier les analystes est de savoir, pourquoi maintenant? Le Maroc, comme l’ensemble du Monde arabe, fait face à l’onde de choc de la vague des révolutions tunisienne et égyptienne. Depuis le 20 février dernier, des rassemblements relativement importants se sont déroulés dans la plupart des grandes villes du pays. En guise de réponse, le roi Mohammed VI a libéré un certain nombre de prisonniers politiques, notamment islamistes, dans le cadre d’un processus de réformes politiques. Il intervient après la grâce royale de 14 salafistes à la mi-avril dernier, parmi une centaine d’autres prisonniers politiques. Parmi eux, Ahmed Fizazi, idéologue de la Salafia Jihadia, condamné à 30 ans de prison pour avoir inspiré les attaques terroristes du 16 mai 2003. L’attentat de Marrakech semble destiné également à entraver l’action de la société civile. (L’Expression-30.04.2011.)

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**Un rapport accablant sur les droits de l’homme au Maroc

Dans un rapport préliminaire, l’AMDH (Association marocaine des droits humains) a recensé 47 cas de violation entre le 17 février et le 20 mars 2011 « dont ont été victimes les activistes du Mouvement du 20 février et des organismes qui le soutiennent ». Mort d’homme suivie d’une tentative d’assassinat contre deux membres de l’AMDH à Séfrou. Décès de six jeunes dans l’incendie suspect d’une agence bancaire à Al Hoceima, arrestations, enlèvements, tabassage en règle, parfois torture à l’endroit de jeunes interpellés lors de manifestations exigeant une monarchie parlementaire, dispersion brutale de manifestations de solidarité avec la Libye, saccage du siège de la section de l’AMDH de Rabat. Hospitalisation dans un état sérieux de Khadija Ryadhi, présidente de l’AMDH, à la suite d’une agression par les forces de police à Rabat. Ces faits ont eu pour théâtres la plupart des grandes villes marocaines.(30.04.2011.)

**Des milliers de Marocains ont défilé hier (24.04.2011.)

Pour une monarchie constitutionnelle 

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté pacifiquement, hier, dans des villes du Maroc, pour la troisième fois depuis le début de l’année, pour réclamer davantage de démocratie et de justice sociale malgré la récente libération par le roi Mohammed VI de prisonniers politiques et sa promesse d’importantes réformes.

D’autres manifestations sont prévues plus tard dans la journée, à partir de 16h (17h GMT) dans d’autres villes comme Rabat et Fès (centre), à l’appel du Mouvement de jeunes du 20 février qui revendique des changements politiques et sociaux au Maroc. Dans certaines villes comme Casablanca, Tanger (nord) et Marrakech (sud), les manifestations ont commencé à 11h GMT. «Nous voulons plus d’égalité et moins de corruption», «Non au cumul de la fortune et du pouvoir», «Pour un roi qui règne mais ne gouverne pas» scandaient les manifestants à Casablanca. Près de 10 000 personnes se sont rassemblés dans le centre-ville et ont marché jusqu’à la place Mohammed V, selon un journaliste de l’AFP.Les organisateurs estiment à «près de 20 000» le nombre de manifestants. «Je suis ici parce que je veux un Maroc plus juste, dans lequel les chances sont les mêmes pour tous les jeunes, notamment en ce qui concerne l’emploi», a déclaré à l’AFP Mohamed, un jeune de 23 ans titulaire d’une licence en économie.

Les jeunes du 20 Février ne lâchent pas

La limitation des pouvoirs politiques du roi, la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice sont les principales revendications des manifestants de Casablanca, pour la plupart des jeunes du Mouvement du 20 février, d’après la date des premières manifestations au Maroc dans le contexte des révolutions et troubles qui se sont déroulés dans différents pays arabes. D’autres manifestations avaient eu lieu le 20 mars. A Marrakech, ils étaient plus de 500 manifestants à revendiquer des réformes politiques, selon un correspondant de l’AFP. A Tanger, plus de 2000 manifestants ont appelé notamment au départ du maire de la ville, Fouad El Omary, critiquant sa gestion, selon un témoin. Dans un discours, le 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé d’importants changements politiques visant notamment à renforcer l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs ; il a mis en place, le lendemain, une commission pour la réforme de la Constitution. Le 14 avril, le roi a libéré de nombreux détenus politiques, dont des islamistes et des Sahraouis, un acte présenté comme un signe d’apaisement par plusieurs observateurs. En dépit de ces ouvertures, le Mouvement du 20 février avait maintenu la mobilisation de ce dimanche pour «entretenir la pression» et parce qu’il juge «insuffisantes» les décisions royales. La commission pour la réforme constitutionnelle achèvera ses travaux le 15 juin et remettra ses résultats au roi le 16, avait indiqué l’un des ses membres.  (Agences+ El Watan-25.04.2011.)

*Les journalistes des chaînes publiques réclament des changements

 Des centaines de journalistes se sont rassemblés hier(25.03.2011.) à Rabat et Casablanca, au Maroc, devant les deux chaînes publiques pour revendiquer une télévision indépendante et l’amélioration de leurs conditions de travail, dans un pays où les médias de l’Etat sont contrôlés par les autorités.

«Nous voulons plus de diversité», «Cessez la marginalisation des compétences», «Le peuple veut une chaîne nationale», scandaient les journalistes devant les sièges des deux télévisions publiques, 2M à Casablanca et la Radio télévision marocaine (RTM) à Rabat. «Il y a un cumul de plusieurs années de médiocrité à cause, notamment, du manque de professionnalisme», a déclaré à l’AFP Abdessamad Bencherif, journaliste à la deuxième chaîne publique à Casablanca. «Les programmes de notre chaîne ne reflètent pas la diversité politique, sociologique et culturelle du Maroc. Il n’y a aucun mécanisme de sanction et de contrôle de la direction», a-t-il ajouté. Ces rassemblements interviennent après le discours du roi Mohammed VI du 9 mars, annonçant d’importantes réformes constitutionnelles, et quelques jours après les manifestations du 20 mars dans plusieurs villes du pays pour réclamer des changements politiques profonds.
Mardi, une centaine de personnes, pour la plupart des journalistes de l’agence marocaine MAP, se sont également rassemblées à Rabat pour revendiquer «l’indépendance éditoriale» et l’amélioration de leurs conditions de travail, une première depuis la création de cette agence.

Fondée en 1959, l’agence marocaine MAP (Maghreb arabe presse) est souvent critiquée pour sa proximité vis-à-vis du pouvoir officiel, aussi bien par la presse marocaine que par des ONG. Selon le secrétaire général du syndicat de la presse marocaine (SNPM), Younès Moujahid, «le contribuable finance ces médias publics, mais ces derniers sont au service du pouvoir officiel». (El Watan-26.03.2011.)

**Plusieurs milliers de Marocains manifestaient ce dimanche 20.03.2011., à Rabat et Casablanca notamment, pour réclamer davantage de démocratie et de justice sociale.

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« Le peuple marocain demande le changement », scandaient des manifestants à Rabat dimanche matin en réclamant la « démission du gouvernement », tandis que des pancartes proclamaient: « liberté et dignité pour le peuple marocain ». Quelque 4.000 personnes dont un bon nombre d’islamistes et de femmes voilées, s’étaient rassemblées avant d’entamer une marche.A Casablanca, plus de 10 000 personnes défilaient également, scandant « non à la corruption et au clientélisme », selon un journaliste de l’AFP. Certains slogans réclamaient « un roi qui règne et ne gouverne pas ».Des marches et rassemblements étaient aussi prévus dans d’autres villes marocaines, à l’appel du « mouvement du 20 février », un mouvement initié par de jeunes Marocains sur le réseau social Facebook dans la foulée des événements de Tunisie et d’Egypte. On ne signalait pas d’incidents en fin de matinée et la présence policière était discrète à Rabat et Casablanca.L’appel à manifester est soutenu par l’organisation de jeunesse de l’association Justice et Bienfaisance, considérée comme le principal mouvement islamiste au Maroc, ainsi que par plusieurs associations ou ONG, comme l’Association marocaine des droits humains (AMDH). La mobilisation à Casablanca paraissait plus importante que lors de la première journée de manifestations d’ampleur nationale, le 20 février, selon des journalistes sur place. Le « mouvement du 20 février » avait maintenu son mot d’ordre de manifestation, malgré la promesse de réformes lancée le 9 mars par le roi Mohammed VI dans un discours salué par de nombreux pays dont les Etats-Unis et la France.Le souverain chérifien a annoncé une série de mesures importantes: mise en place d’une commission pour réviser la Constitution, indépendance de la justice, séparation des pouvoirs et renforcement des pouvoirs du Premier ministre, semblant entamer une évolution vers une monarchie parlementaire. Les protestataires ont cependant voulu maintenir la pression sur les autorités. « Nous voulons maintenir la pression pour que les réformes se réalisent en matière de droits de l’homme, de droits sociaux et politiques », a déclaré à Rabat Settik Lahrach de l’ONG, Forum Justice et Vérité. « Nous voulons une Constitution démocratique (…) Les jeunes revendiquent l’emploi, le droit à l’éducation et à la santé gratuitement et à une vie digne », a affirmé Amine Abdelhamid de l’AMDH.A Casablanca, des manifestants réclamaient une « Constitution émanant de la volonté populaire » et qui ne soit pas « octroyée » d’en haut.  Le « mouvement du 20 février » avait aussi décidé de maintenir son mot d’ordre pour protester contre l’usage de la force pour disperser une manifestation dimanche dernier à Casablanca. Evoquant cet incident, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a appelé le Maroc à éviter toute violence contre les manifestants ce dimanche. (Humanité-20.03.2011.)  maroc_carte * Le Maroc gagné par la contestationDes milliers de Marocains ont manifesté ce dimanche dans de nombreuses villes du pays en faveur de réformes politiques limitant les pouvoirs du roi. Les rassemblements ou défilés ont largement été pacifiques mais des incidents se sont produits à l’issue de manifestations dans plusieurs villes: Marrakech dans le sud et Larache, Tétouan et Al-Hoceima dans le nord.A Rabat, entre trois mille et quatre mille personnes – 1.500 en excluant les badauds, selon une source policière – ont manifesté, scandant « le peuple veut le changement » ou dénonçant « la corruption ». La police s’est montrée particulièrement discrète dans la capitale, laissant la manifestation se dérouler sans interférence.Des manifestations ont également eu lieu dans d’autres villes, dont Casablanca et Tanger, ainsi que dans des localités moins importantes. L’agence officielle MAP a pour sa part jugé plutôt « faible » la participation à ces manifestations au niveau national.

  • Limiter les pouvoirs du roi

« Nous voulons une réforme de la constitution, la démission du gouvernement et une dissolution du parlement », a déclaré à l’AFP à Rabat Oussama El Khlifi, l’un des initiateurs d’un appel à manifester lancé sur Facebook. Dans la foulée des événements de Tunisie et d’Egypte, de jeunes Marocains avaient lancé sur ce réseau social le mouvement « du 20 février », appelant à manifester pacifiquement pour réclamer une nouvelle Constitution, qui limiterait notamment les pouvoirs du roi, et plus de justice sociale. L’appel avait été appuyé ou repris par des ONG ainsi que par l’organisation de jeunesse de l’association islamiste Justice et bienfaisance, mouvement non reconnu mais toléré, considéré comme l’un des plus importants du Maroc.

A Casablanca, principale ville du pays, les manifestants scandaient « liberté, dignité, justice ». Des groupes de gauche demandaient « moins de pouvoirs pour la monarchie », et certaines banderoles proclamaient: « Le roi doit régner et non gouverner ». « On n’a rien contre le roi mais on veut plus de justice et du travail », ont confié Brahim et Hassan, deux jeunes diplômés d’une école technique qui manifestaient à Casablanca et n’ont donné que leur prénom. A Rabat, les slogans n’étaient pas hostiles à la personne du roi Mohammed VI, monté sur le trône en 1999.

  • Incidents sans gravité

Le pouvoir marocain avait jusqu’à présent été épargné par les mouvements de contestation qui ont renversé les régimes en place en Tunisie puis en Egypte et ont gagné d’autres pays du monde arabe dont la Libye. Pour de nombreux analystes, le Maroc doit cette situation à la légitimité de sa monarchie et à une certaine ouverture du jeu politique.

En marge de ces manifestations, à Al-Hoceima (nord-est), la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes contre des villageois venus des alentours qui jetaient des pierres contre un commissariat et ont incendié des voitures, après la dispersion de la manifestation. A Marrakech, haut-lieu du tourisme au Maroc, un groupe de plusieurs dizaines de personnes a attaqué des magasins, un restaurant McDonalds et endommagé un édifice public ainsi qu’une agence de distribution d’eau et d’électricité. Des incidents similaires se sont produits à Larache et Tétouan. On ne signalait toutefois pas de victimes dans la soirée. (Humanité-20.03.2011.)

**le pouvoir craint la contagion

Trois personnes ont tenté de s’immoler par le feu dans ce royaume miné par les inégalités.

     «Désillusion. Incertitude. Frustrations. »

Les autorités marocaines ont beau rejeter avec vigueur toute idée de «contagion», le vent de révolte venu de Tunisie pourrait bien se mettre à souffler sur le royaume chérifien. Signe d’une certaine fébrilité, le gouvernement promet de maintenir les subventions sur les denrées de base comme le sucre, l’huile, la farine. Mais cela ne suffira sans doute pas à contenir le malaise social dans un pays miné par les inégalités, où 15% à 20% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté officiel. Au Maroc, comme en Algérie, en Tunisie ou en Égypte, les jeunes de moins de vingt-cinq ans, qui représentent près de la moitié de la population, sont frappés par un chômage massif et privés de toute projection vers le futur. «Désillusion. Incertitude. Frustrations. Accès de révolte et sentiment d’impuissance à la fois. Voilà, me semble-t-il, le ressenti actuel d’un nombre croissant de Marocains, de la jeunesse en premier», constate le poète Abdellatif Laâbi dans une tribune intitulée «Ce Maroc qui ne va pas si bien», publiée par le magazine indépendant Tel Quel. Quant aux aspirations démocratiques, elles ne sont pas moins vives qu’ailleurs, en dépit du tabou qui entoure la monarchie. La succession dynastique n’est pas l’alternance. Et la volonté réformatrice affichée par le jeune Mohammed VI n’a pas mis fin à un régime policier toujours prompt à malmener les libertés. Dans les colonnes du quotidien espagnol El Pais, le prince Moulay Hicham, un cousin du roi connu pour ses positions critiques, met en garde : «Presque tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestation. Le Maroc ne sera probablement pas une exception.» Lundi, devant l’ambassade d’Égypte à Rabat, des manifestants revendiquaient la «démocratie pour tous les peuples arabes». (Humanité-02.02.2011.) 

***le pain quotidien…50 % de la population marocaine continue de fabriquer son pain à la maison, dont 82 % de ruraux. Mais qu’on le pétrisse ou qu’on l’achète, le pain compose près de la moitié de la ration alimentaire des familles. Un enjeu de taille pour 
le Maroc, dont la production ne couvre que 71 % des besoins en blé dur. Ce taux chute à 59 % pour ce qui est du blé tendre, principale composante du pain de boulangerie, de plus en plus consommé dans les villes. En 2008, le Maroc 
a peu ou prou réussi à passer au travers de la crise de la faim. Subventionnée par l’État au prix d’un investissement massif, sa farine de boulangerie est restée accessible aux consommateurs. Combien de temps pourra-t-il faire face ? 
En novembre2010, une étude réalisée par Business Insider à la demande 
du Japon le plaçait dans la liste des 25 pays les plus menacés par la flambée des prix aux côtés de l’Algérie, de l’Égypte et de la Tunisie..

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*Les jeunes marocains condamnent la répression du makhzène et maintiennent les manifestations du 20 mars 2011.

Le mouvement du 20 février, qui revendique des réformes démocratiques au Maroc, a condamné lundi la répression de manifestants la veille à Casablanca et appelé au maintien des rassemblements prévus le 20 mars dans plusieurs villes pour demander des changements politiques profonds.
«Le discours (royal) du 9 mars est un premier acquis pour le peuple marocain parce qu’il a annoncé des réformes constitutionnelles nouvelles. Mais il a été suivi d’un processus de répression contre notre mouvement que nous condamnons vivement», a indiqué le mouvement du 20 février dans un communiqué. Des dizaines de personnes ont été blessées, certaines grièvement, dimanche à Casablanca, dans la répression par la police marocaine d’une manifestation pour des réformes à l’appel du mouvement, ont rapporté des témoins.
Le roi Mohammed VI avait promis mercredi d’importantes réformes démocratiques allant notamment vers un renforcement du Premier ministre et l’«élargissement des libertés individuelles», dans son premier discours à la nation depuis les manifestations du
20 février pour réclamer plus de démocratie et moins de corruption. «Ce discours (royal) comporte des formules ambiguës qui nous poussent à douter de la volonté de changement et de réforme et nous incitent à maintenir la date du 20 mars pour de nouvelles manifestations au Maroc», selon le communiqué.
«Nous demandons une nouvelle constitution garantissant une véritable séparation du pouvoir et une justice indépendante, ainsi que la suppression des dispositions constitutionnelles qui consacrent la sacralité du pouvoir politique central», ajoute le mouvement du 20 février.
Des manifestations ont eu lieu le 20 février dans plusieurs villes du Maroc, à l’appel de jeunes via Facebook pour réclamer des réformes politiques «urgentes» et une limitation des pouvoirs du roi. (L’Expression-16.03.2011.)

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*La police disperse violemment une manifestation pacifique à Casablanca

Plusieurs dizaines de blessés

«J’ai vu une femme enceinte et des jeunes filles sauvagement tabassées par la police. C’était d’une rare violence»

 

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Des dizaines de personnes ont été blessées, certaines grièvement, dimanche à Casablanca après que la police marocaine eut tenté de pénétrer au siège d’un parti de gauche où s’étaient réfugiés des manifestants, ont rapporté un journaliste de l’AFP et d’autres témoins. Après la dispersion par la force d’un rassemblement pacifique pour revendiquer des réformes politiques, des dizaines de manifestants se sont réfugiés à l’intérieur du siège du Parti socialiste unifié (PSU), d’opposition de gauche.Vers 14h00 GMT, les forces de l’ordre ont tenté d’y donner l’assaut mais n’y sont pas parvenues face, notamment, à la résistance des manifestants. Des témoins, parmi lesquesl plusieurs journalistes dont un correspondant de l’AFP, ont vu que des dizaines de personnes avaient été blessées, certaines grièvement.«Une rare violence»«J’ai vu une femme enceinte et des jeunes filles sauvagement tabassées par la police. C’était d’une rare violence», a dit Hassan Hamdani, de l’hebdomadaire indépendant Tel Quel, présent lors de l’assaut. «On était en réunion au sein du bureau politique et on s’apprêtait à publier un communiqué très favorable au discours royal de mercredi quand les forces de l’ordre ont tenté de forcer le siège», a déclaré à l’AFP Mohamed Bouaziz, historien et l’un des dirigeants du PSU.«C’est le préfet de Casablanca qui a donné l’ordre. Je considère cet acte comme une faute politique grave et un acte dirigé d’abord contre Sa Majesté (le roi Mohammed VI), qui a promis un renforcement des libertés individuelles», a ajouté Mohamed Bouaziz.Une centaine de personnes, pour la plupart des islamistes du mouvement Justice et bienfaisance, avaient été dispersées dimanche matin à Casablanca par les forces de l’ordre qui les ont empêché de tenir un rassemblement pour des réformes politiques.Des témoins avaient alors fait état de violences et de premiers blessés. «Il y a eu une dizaine de blessés, parmi lesquels un journaliste du quotidien Al Ahdath Almaghribia (arabophone) au cours d’une dispersion par la force des manifestants». Selon un autre témoin «quatre membres des forces de l’ordre ont été blessés par les manifestants».Interdit mais toléré par les autorités, le mouvement Justice et bienfaisance est l’un des plus importants au Maroc.La place Mohammed V, où la plupart des manifestations ont lieu, avait été entièrement bouclée par les forces de l’ordre qui empêchaient systématiquement les manifestants et les piétons d’y accéder. Le roi Mohammed VI a annoncé mercredi d’importantes réformes démocratiques allant notamment vers un renforcement des pouvoirs du Premier ministre et l’«élargissement des libertés individuelles».Il a fait ces annonces dans son premier discours à la nation depuis les manifestations du 20 février au Maroc pour réclamer plus de démocratie et moins de corruption, dans le contexte de la contestation qui secoue le monde arabe.(20Minutes avec AFP-13.03.2011.)

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**A la suite des manifestations en faveur de la démocratisation du pays et les protestations contre les inégalités criardes au sein des couches sociales         Mohammed VI promet des réformes au Maroc

 ** dans ce royaume où tout est dirigé par le Palais royal***Si les manifestations marocaines n’ont pas connu l’ampleur des protestations tunisienne ou égyptienne , elles ont néanmoins suffi à alarmer le roi Mohammed VI qui a annoncé, dans un important discours prononcé mercredi 09.03.2011, une réforme constitutionnelle, la première en une décennie sur le trône.

Un Marocain manifeste à Rabat, le 6 mars 2011 (Ilhem Rachidi).

Dans un discours solennel, entouré de son fils et de son frère, il a en particulier annoncé un futur référendum populaire sur une réforme de la Constitution marocaine, et promis que le Premier ministre aurait désormais des pouvoirs « exécutifs », une première dans ce royaume où tout est dirigé par le Palais royal, cet univers décrit par un seul mot connu de tous au Maroc : le « Makhzen ».Le roi n’a fait aucune référence au mouvement de protestation au Maroc et dans le reste du monde arabe, mais son discours était clairement une tentative de réponse à la demande de monarchie constitutionnelle des manifestants marocains, qui ont lancé un nouveau rendez-vous pour le 20 mars.Mohammed VI a annoncé une décentralisation accrue, une « gestion démocratique des affaires de la région », et a promis que le Maroc allait s’engager sur la voie de la « séparation et l’équilibre des pouvoirs », une demande des protestataires. Cela passe, a-t-il dit, par : « La consécration du statut du Premier ministre en tant que chef d’un pouvoir exécutif effectif, et pleinement responsable du gouvernement. »« Elargissement du champ des libertés »Dans son discours, Mohammed VI fait une promesse plus globale : « La consolidation de l’Etat de droit et des institutions, l’élargissement du champ des libertés individuelles et collectives et la garantie de leur exercice, ainsi que le renforcement du système des droits de l’homme dans toutes leurs dimensions, politique, économique, sociale, culturelle, environnementale et de développement. »  Si on prend ces déclarations au pied de la lettre, c’est l’amorce d’une monarchie constitutionnelle et la fin du contrôle exclusif du Makhzen sur toute la vie institutionnelle marocaine. Jusqu’ici, en effet, tout remontait au Palais et les ministres n’avaient aucun pouvoir réel, tandis que le Parlement ne jouait qu’un rôle symbolique, après des élections sans doute plus libres qu’ailleurs, mais dont le résultat était savamment concocté au Palais…Dans Le Monde du 19 février, à la veille des premières manifestations, Abdellah Hammoudi, professeur d’anthropologie à l’université de Princeton, expliquait la vision des protestataires : « Les voix qui s’élèvent pour réclamer pacifiquement, mais de façon décisive, les réformes indispensables, le font aujourd’hui parce qu’elles ont perdu espoir dans la capacité du régime marocain, tel qu’il est actuellement, à trouver les solutions adéquates a ces problèmes. Raison essentielle : l’absence de démocratie véritable, avec un Parlement et des assemblées élus dans la transparence et les garanties légales nécessaires. La racine de cette carence se trouve dans une Constitution imposée, qui refuse l’essentiel des pouvoirs au peuple pour les concentrer entre les mains de l’institution monarchique. » C’est à ces critiques que semblait répondre mercredi Mohammed VI.

Une Marocaine manifeste à Rabat, le 6 mars 2011 (Ilhem Rachidi).

**Injustice et inégalités au MarocLe Maroc se croyait pourtant différent au moment des premiers soubresauts du monde arabe, en raison de l’enracinement de sa monarchie comparée aux dictatures tunisienne et égyptienne, et du relatif assouplissement des libertés publiques depuis la mort du père de Mohammed VI, le roi Hassan II, un autocrate qui a cruellement réprimé ses opposants.Mais l’ampleur des inégalités sociales, la richesse personnelle de la famille royale, et un système politique sclérosé avec des élections totalement vidées de tout sens, ainsi qu’une jeunesse très présente sur les réseaux sociaux, sont des ingrédients communs avec le reste du monde arabe, expliquant la mobilisation relativement importante.Les mesures préventives annoncées par le roi, sous la forme de promesses de démocratisation, suffiront-elle vraiment à empêcher le mouvement de prendre de l’ampleur ? Premier test : le 20 mars, à l’occasion de la nouvelle journée de manifestations. (Rue89-10.03.2011.)Photos : des Marocains manifestent à Rabat, le 6 mars 2011

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*Les Marocains aspirent à une démocratie constitutionnelle et une limitation des pouvoirs de la monarchie

**Le roi Mohammed Vl dit:  non

Il n’y aura pas de «révolution de palais» au Maroc. Même pacifique. La revendication essentielle des manifestants marocains qui ont battu le pavé le 20 février ne sera pas satisfaite. «Le peuple rejette une Constitution faite pour des esclaves! À bas l’autocratie! Le roi doit régner et non gouverner!» avaient-ils scandé ce jour-là. Les murs du Palais royal sont restés sourds et hermétiques à ce type de requête.
«Nous nous sommes constamment refusé à céder à la démagogie et à l’improvisation dans notre action visant à consolider notre modèle singulier de démocratie et de développement. Sachant que chaque chose doit intervenir en son temps, il a fallu prendre le temps nécessaire pour faire murir le processus ayant conduit opportunément à la mise en place de ce Conseil qui a vocation d’être une institution de bonne gouvernance en matière de développement», a déclaré Mohammed VI lors d’un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie d’installation du Conseil économique et social (CES), qui s’est tenue lundi au Palais royal à Casablanca.
L’héritier de Hassan II compte rester seul maître à bord, l’acteur principal des réformes dont il a donné l’orientation. «Nous ne sommes nullement disposés à laisser ce Conseil se muer en une sorte de troisième Chambre.
Nous entendons, au contraire, qu’il soit un nouvel et large espace, apte à conforter ce qu’offre l’Etat, des institutions en termes de structures et d’instances de dialogue constructif, d’expression responsable et de réactivité positive aux aspirations des diverses catégories sociales et des différentes générations», a souligné le souverain chérifien qui ne semble pas avoir beaucoup apprécié les slogans affichés par des milliers de ses sujets à travers l’ensemble du Royaume. Que propose-t-il en revanche? «Notre volonté est inébranlable d’aller de l’avant dans la concrétisation du modèle marocain, dont nous réaffirmons le caractère irréversible.
D’ailleurs, nous ne nous contenterons pas d’en préserver les acquis, mais nous entendons plutôt le consolider par de nouvelles réformes, et ce, dans le cadre d’une profonde symbiose et d’une totale synergie entre nous-mêmes et toutes les composantes de notre peuple fidèle», a-t-il fait savoir. «Notre but ultime est d’assurer à tous les Marocains les conditions propices à l’exercice d’une citoyenneté digne, dans le cadre d’un Maroc avancé, solidaire et jouissant de son unité et de sa souveraineté pleines et entières», a conclu le souverain alaouite. Le gouvernement qui est assuré de rester, pour l’instant, en place a reçu le «message» 5/5. Khalid Naciri, a affirmé avoir «saisi le message» des manifestants. «Maintenant, il faut passer à la vitesse supérieure», a déclaré le porte-parole du gouvernement. Du côté des manifestants on ne compte pas baisser les bras. «La mobilisation continue», a indiqué Oussama Khlifi, un des initiateurs de la marche du 20 février. Il a renouvelé un appel pour la tenue de sit-in quotidiens dans toutes les grandes villes du Royaume. La protestation semble vouloir s’inscrire dans la durée. (L’Expression-23.02.2011.)

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* appel sur Facebook à de nouvelles manifestations le 20 mars….pour la dignité et plus de démocratie.

 Le mouvement de jeunes à l’origine de manifestations au Maroc le 20 février pour réclamer plus de démocratie a appelé vendredi 4 mars sur le réseau social Facebook à de nouvelles manifestations le 20 mars.

« Nous avons choisi cette date afin de manifester pacifiquement, pour la dignité et pour exiger des réformes politiques profondes », a déclaré vendredi à l’AFP Oussama El Khlifi, l’un des initiateurs du « mouvement du 20 février ».

Ce rendez-vous sera précédé d’un sit-in le dimanche 6 mars à Rabat, a-t-il   précisé. Des manifestations ont eu lieu le 20 février dans plusieurs villes du Maroc, à l’appel de jeunes via Facebook pour réclamer des réformes politiques « urgentes » et une limitation des pouvoirs du roi.  « Plusieurs associations, partis politiques et syndicats soutiennent notre   mouvement, qui est pacifique et revendique notamment la promulgation d’une   nouvelle Constitution », a ajouté Oussama El Khlifi. Le mouvement du 20 février, qui affirme sur sa page Facebook rassembler   plus de 30.000 personnes, a été récemment soutenu par l’un des plus importants   partis politiques de la coalition gouvernementale, l’Union socialiste des   forces populaire (USFP). Après ces manifestations, les premières au Maroc depuis le début des   révoltes qui secouent le monde arabe, le pouvoir avait assuré avoir « saisi le   message »…  (El Watan-04.03.2011.)

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*Les Marocains manifestent en faveur du changement

**«Le peuple rejette une Constitution faite pour des esclaves!»

Manifestations à Rabat, au Maroc, le 20 février 2011.

 Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche 20.02.2011. dans les grandes villes du Maroc pour exiger du roi Mohamed VI qu’il transfère une partie de ses prérogatives à un gouvernement élu et prenne des mesures énergiques contre la corruption.

* 5.000 personnes à Rabat…. manifestants violemment dispersés par la police à Marrakech

 5 tués à Al-Hoceima et 128 blessés

**des policiers en civil se sont mêlés aux manifestants, carnet de notes à la main

**De jeunes manifestants souhaitent poursuivre le mouvement en organisant des sit-in quotidiens..**en finir avec la monarchie absolue   Au moins 5.000 manifestants ont défilé dans le centre de la capitale, Rabat, selon les évaluations de journalistes de Reuters. Certains participants agitaient des drapeaux tunisiens et égyptiens, référence aux révolutions qui viennent de chasser du pouvoir les présidents Zine ben Ali et Hosni Moubarak.Des rassemblements ont eu lieu dans d’autres grands centres urbains comme Marrakech et Casablanca.A Marrakech, le cortège des manifestants a été violemment dispersé par la police, qui a joué de la matraque, a déclaré Mohamed El Aouni, membre du comité organisateur du «Mouvement du 20 février pour le changement».A Casablanca, la capitale économique, seules quelques centaines de personnes se sont rassemblées, selon un responsable gouvernemental. Aouni, en revanche, a évalué leur nombre à 10.000.La présence policière est restée discrète à Rabat. Des agents en uniforme se tenaient à distance du lieu initial de rassemblement, dans le quartier de Bab el Ahad, mais des policiers en civil se sont mêlés aux manifestants, carnet de notes à la main.«Le peuple rejette une Constitution faite pour des esclaves!», «A bas l’autocratie!», scandaient les protestataires qui demandent également pour certains le départ du Premier ministre, Abbas el Fassi.«Manifestations pacifiques»«C’est une manifestation pacifique pour réclamer des réformes constitutionnelles, pour la dignité du peuple, contre la corruption et le gaspillage des fonds publics», a déclaré Moustapha Mouchtati, du groupe Baraka (Assez), qui a participé à l’organisation de ce rassemblement.La police avait demandé aux habitants de ne pas garer leurs voitures dans les rues principales de Rabat pour prévenir tout risque de dégâts matériels lors de la manifestation.A l’origine de cette journée de mobilisation, les organisateurs du Mouvement du 20 février pour le changement avaient réuni sur Facebook dans les 20.000 adhésions.Samedi, un mouvement de jeunes marocains avait fait savoir qu’il se retirait du mouvement en raison de désaccords avec les islamistes et la gauche.Les jeunesses de l’association de bienfaisance islamiste Justice et Charité, interdite, se sont en revanche associées au mouvement, de même que des membres de formations de l’opposition et des militants berbères. Le principal syndicat de la presse et des organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé leur soutien à l’initiative.Les autobus de la capitale sont restés au garage dimanche, empêchant certains Rabatis de participer au rassemblement. «Nous voulions éviter que des bus soient endommagés», a expliqué un responsable.Le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, avait exhorté les Marocains à boycotter les manifestations et a mis en garde contre «tout écart qui pourrait en l’espace de quelques semaines nous coâter ce que nous avons réalisé ces dix dernières années.»De jeunes manifestants souhaitent poursuivre le mouvement en organisant des sit-in quotidiens, a déclaré Aouni. «Nous ne nous sommes pas entendus sur la suite à donner. Certains proposent d’organiser des manifestations chaque semaine», a-t-il dit.Monarchie constitutionnelleLe Maroc est une monarchie constitutionnelle dotée d’un Parlement élu mais la Constitution accorde à la monarchie de très larges prérogatives allant de la dissolution du Parlement à l’imposition de l’état d’urgence.Le souverain a également son mot à dire dans l’attribution de portefeuilles ministériels importants, y compris dans la nomination du Premier ministre.Depuis son arrivée au pouvoir, Mohamed VI a pris des mesures contre la pauvreté et l’analphabétisme et s’est attaché à développer les infrastructures pour attirer les investisseurs étrangers et créer des emplois.Les agences de notation Standard & Poors et Fitch ont estimé que le Maroc était dans la région le pays le moins susceptible d’être affecté par la vague de contestation qui secoue le monde arabe. (20Minutes avec Reuters-20.02.2011.)**5 tués et 128 blessés*Les corps calcinés de cinq personnes ont été   découverts dans une agence bancaire de la ville marocaine de Al-Hoceima (Nord),   incendiée lors de troubles ayant suivi les manifestations pro-réformes de   dimanche, a déclaré lundi le ministre marocain de l’Intérieur Taib Cherkaoui. Le ministre a également indiqué que 128 personnes, dont 115 membres des   forces de l’ordre, avaient été blessées lors de troubles survenus dans   plusieurs villes dont Al-Hoceima, Larache et Marrakech, après les   manifestations largement pacifiques qui se sont déroulées dans tout le pays dimanche. Dans une déclaration à la presse, M. Cherkaoui a en outre annoncé   l’arrestation de 120 personnes, ainsi que de mineurs dont il n’a pas précisé le   nombre.  M. Cherkaoui a attribué à des « fauteurs de troubles » les violences dans plusieurs villes dont Al-Hoceima. Les corps des personnes retrouvées dans l’agence bancaire de cette ville n’avaient pas encore été identifiés, a encore  indiqué le ministre. (AFP-21.02.2011.) 

**Les Marocains « demandent de vraies réformes, du travail et plus de démocratie

Les manifestations de dimanche au Maroc, largement pacifiques malgré des débordements, ont mis en évidence une forte demande d’accélération des réformes politiques dans ce pays et certains organisateurs du mouvement entendent bien poursuivre leur action.
Au lendemain de ces manifestations, le gouvernement a assuré par la voix de son porte-parole avoir « saisi le message ». « Maintenant il faut passer à la vitesse supérieure » en matière de réformes, a dit à l’AFP le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri. Selon lui, les manifestations démontrent la « maturité du peuple marocain et de ses institutions », au moment où « les manifestants sont accueillis dans les autres pays arabes avec de la violence ».
Des milliers de personnes ont manifesté dimanche dans de nombreuses villes marocaines pour réclamer des réformes politiques urgentes, plus de démocratie et moins de corruption dans ce pays où les inégalités restent fortes et le chômage des jeunes élevé.
Les manifestants répondaient à un appel de jeunes sur Facebook, appuyé et relayé par plusieurs ONG. …Des violences ont cependant suivi les manifestations de dimanche, dont les autorités elles-mêmes ont reconnu qu’elles avaient été pacifiques et disciplinées.
Les corps calcinés de cinq personnes ont été retrouvés dans une agence bancaire calcinée à Al-Hoceima, dans le nord du pays, théâtre de violentes échauffourées dimanche soir, a annoncé le ministre de l’Intérieur Taib Cherkaoui.
Les violences, attribuées par le ministre à des « fauteurs de trouble », ont fait 128 blessés, dont 115 membres des forces de l’ordre, dans une demi-douzaine de villes. 120 personnes ont été interpellées et seront présentées à des tribunaux.
Des ONG ont condamné les violences, à l’instar de Khadija Ryadi, présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) qui a aussi qualifié de « succès » les manifestations de dimanche. La coordination de Marrakech (sud), ville où ont eu lieu des débordements, a également déploré ces « incidents violents ».
L’un des initiateurs de l’appel du 20 février sur Facebook, Oussama Khlifi, a affirmé que le mouvement allait se poursuivre. « Le peuple a exprimé son soutien à l’appel pour des réformes politiques. La mobilisation continue », a-t-il dit à l’AFP, précisant avoir appelé à des sit-in quotidiens dans les grandes villes du Maroc, notamment Rabat et Casablanca.
Pour Khadiga Mohsen Finan, chercheuse à l’université Paris VIII, le Maroc a « déjà entamé sa transition politique ». « Mais celle-ci est inachevée et il faut l’achever », a-t-elle dit dans une conversation téléphonique avec l’AFP.
Les Marocains « demandent de vraies réformes, du travail, plus de démocratie, que les choses ne soient pas faites à moitié », ajoute-t-elle. Le roi Mohammed VI, qui a accédé au trône en 1999, avait lancé des réformes, mais celles-ci ont donné l’impression de marquer le pas ces dernières années.
Mme Finan juge que le mouvement va sans doute se poursuivre au Maroc mais de « façon sporadique ». . »cela ne se fera pas de manière rapide et spectaculaire comme en Tunisie ou en Egypte », juge-t-elle.
Selon elle, la rue marocaine joue le rôle de « contre-pouvoir » qui n’est pas assuré dans le système actuel par les partis politiques ou le parlement. (source: AFP-21.02.2011.)

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 *Deux sit-ins dispersés par la force à Rabat …10 blessés  « Des troupes ont été ramenées du Sahara pour être prêtes à… intervenir dans la capitale et à Casablanca. »**Mardi 22 février 2011, deux sit-ins ont été violemment dispersés par la police dans la capitale marocaine. …Les manifestants auraient été dispersés par la force et certains jeunes poursuivis par les forces de l’ordre, selon une militante associative présente sur les lieux.Les manifestants auraient ensuite décidé de se regrouper devant le parlement, en plusieurs groupes. Mais ici aussi, les forces de l’ordre auraient chargé les manifestants dès leur arrivée sur les lieux. Un journaliste, témoin des violences, estime qu’il y aurait environ 10 personnes blessées, mais pas de blessés graves.Ces dispersions par la force interviennent un jour après l’attaque subie par des manifestants à Bab el Had, lundi soir. La présidente de l’Association marocaine des droits humains, Khadija Riyadi, avait alors été blessée par “des jeunes agresseurs”, et a dû être hospitalisée. Elle est sortie de l’hôpital depuis.

 La carte du Maroc (Wikimedia Commons/CIA World Factbook).**Tourisme : La destination Maroc en perte de vitesseLe Royaume du Maroc est passé de la première à la quatrième place des destinations les mieux vendues, chez le numéro 1 français de la vente en ligne de billets d’avion. Marrakech, la capitale touristique a reculé dans les ventes de l’opérateur. Par contre, les réservations à destination des Etats-Unis volent vers des sommets. L’appréhension des passagers suite aux troubles en Tunisie, en Egypte et récemment sur le sol marocain pourrait expliquer cette perte de vitesse.Les ventes de billets d’avion de la France vers le Maroc ont baissé chez Go Voyages. Marrakech était la 6ème destination la plus vendue en 2010. Elle passe à la 11ème place cette année 2011. Selon des chiffres publiés dans le magazine spécialisé L’Echo Touristique, la capitale touristique a reculé de 33% dans les ventes de Go Voyages du 1er au 7 février. Sur la semaine du 8 au 15 février, elle est toujours en régression (-23%). Le Maroc dans son ensemble subit le même sort : le pays était en retrait de 23% la première semaine du mois, de 24% la deuxième semaine.Les touristes préfèrent voler vers les cieux New-Yorkais. La grosse pomme arrive en tête des villes les plus demandées, avec une croissance de 17% des ventes du 8 au 15 février.Dernièrement, l’annonce d’une bonne saison du tourisme marocain avait ravi les esprits. Les espoirs sont à présent déçus. Car force est de constater que le secteur est touché par un début de crise. Des troubles au Maroc sont en effet craints, dans la foulée des évènements qui se sont déroulés en Tunisie et Egypte. L’agence française « La Dépêche Voyages » jugeait que la destination Maroc serait boudée pendant toute l’année 2011.Quelques annulations de réservations ont été notées au lendemain de l’annonce des manifestations du 20 Février, selon l’Economiste. Le quotidien rapporte que les échauffourées qui ont eu lieu ce dimanche dans plusieurs villes du pays épargnent le secteur touristique. Tout espoir n’est donc pas perdu. Les professionnels du tourisme estiment en effet qu’il est encore beaucoup trop tôt pour prédire les conséquences des manifestations de ce 20 Février dernier sur le tourisme marocain. (yabiladi-Maroc-23.02.2011.)*réaction d’un internaute marocain:  le cercle infernal a demarré, moins de touristes=moins d’argent=plus de chomeurs=plus de manfistants=plus de casseurs=encore moins de touristes=encore moins d’argent=encore plus de chomeurs=encore plus de manifestants=plus de casseurs etc…
après ça va etre le tour des entreprises etrangères de plier bagage les unes après les autres …

**Contestation au Maroc : les anti-manif contre-attaquent

Le Maroc connaît à son tour son appel à manifester « pour le changement » qui circule sur les réseaux sociaux. Mais cette mobilisation, prévue le 20 février, suscite un débat brouillé par le contexte géopolitique et par le fait que le pays est dirigé par un roi, Mohammed VI, et pas par un général. Le Maroc peut-il lui aussi être gagné par la fièvre révolutionnaire, ou est-il « différent » ? Une vidéo a été postée lundi sur YouTube, et une page Facebook a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures pour appeler à manifester dimanche à travers le royaume, à l’instar des mouvements qui ont déjà fait partir les présidents de Tunisie et d’Egypte, ou qui se poursuivent de l’Algérie voisine au lointain Yémen

Un visuel appelant à manifester le 20 février.L’instigateur de l’appel à manifester sur Facebook, Rachid Antid, 35 ans, est un natif et habitant de Meknès, ville du Nord du pays, licencié en droit privé, formé en informatique et actuellement au chômage. Rachid Antid avance à visage découvert et affirme ne pas craindre la répression.Pourtant, peu après la popularisation de son groupe Facebook, des policiers sont venus questionner sa mère, chez qui il vit toujours, ainsi que le concierge de l’immeuble. « C’est surtout un moyen de passer le message : “tu es surveillé” », interprète-t-il.Et les réactions à son appel ne sont pas toutes positives. Sur le mur du groupe, les insultes pleuvent : d’espion algérien à homosexuel, rien est épargné à Rachid Antid et ses camarades.Le ministre des Sports, dont le profil Facebook est très populaire, a aussi dit tout le mal qu’il pensait de ce genre d’initiatives, qui viseraient selon lui à « déstabiliser » le pays.Rachid Niny, influent éditorialiste, a publié un portrait au vitriol du jeune internaute, s’attardant sur sa vie personnelle, et son prétendu penchant pour l’alcool.  Parfois un peu confus, le jeune homme avance tout de même une idée claire et partagée par de nombreuses personnes : « Au début du règne, en 1999, au moment de “la nouvelle ère”, nous avons reçu des messages de grands changements [droits des femmes, retour sur les “années de plomb”, etc. ndlr] mais depuis, ce processus est bloqué. » Contre l’immobilisme et la panne politique (63% d’abstention aux dernières législatives), face aussi au fossé social plus grand encore au Maroc que dans d’autres pays arabes, Rachid Antid en appelle à la volonté populaire et assure : « Il faut tout changer et commencer par la Constitution. » Sur ce dernier point, il reste évasif, ne citant pas d’articles précis, notamment aucun de ceux consacrant l’autorité royale. Dans le même temps, la parole s’est libérée ; le pays a applaudi des deux mains les révolutionnaires égyptiens et suivi assidûment les événements via la chaîne Al Jazeera. Mais tous ceux qui ont voulu inclure le Maroc dans la théorie des dominos à la suite de la Tunisie et de l’Egypte sont sévèrement attaqués. Y compris Moulay Hicham, cousin du roi, en froid avec le palais, installé aux Etats-Unis, dénoncé pour son interview au quotidien espagnol El País, dans laquelle il estimait que le Maroc « ne fera pas exception » à cette contestation. Des propos qu’il devait reprendre, et nuancer, sur le plateau de France 2.Autre polémique lorsque le mouvement islamiste extra parlementaire Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité, qui compte environ 100 000 membres) a, par la voix d’un de ses cadres, Nadia Yassine, fait savoir qu’il soutiendrait tout mouvement démocratique. Des internautes, sur Facebook, ont du coup appelé les manifestants du 20 février à la vigilance, leur conseillant de se tenir éloignés des « fascistes » et des « radicaux » de Justice et Spiritualité. Rachid Antid, en bon démocrate affirme : « Ils peuvent participer, personne n’est exclu », mais ajoute « Ils devraient réviser leurs positions sur la liberté de culte et d’opinion. » L’ambiguïté d’une bonne partie de l’élite marocaine vis-à-vis de la contestation du régime chérifien, contrairement à ce qui a pu se passer en Tunisie ou en Egypte, est clairement exprimée par cet éditorial très légitimiste de Karim Boukhari, directeur du magazine Tel Quel, autrefois très critique à l’égard de la monarchie :« Un chef de parti nous a dit très clairement : “Avant on avait peur de Hassan II, aujourd’hui on a peur pour Mohammed VI.” Comment le contredire ? Comment ne pas voir que ce virage, ce glissement de la peur est important ?La peur nous habite encore et toujours, mais cette peur a changé d’objet, de mobile, de sens. Ce n’est plus la même peur et, pour tout vous dire, nous ne sommes plus les mêmes face à cette peur. Nous avons grandi, nous nous sommes affranchis d’un certain nombre de dogmes et nous voyons bien que cette peur nouvelle est plus humaine, plus “moderne”, c’est une peur acceptable parce que plus en rapport avec notre époque, avec ce que nous sommes. […]Tunisiens et Egyptiens avaient ceci de commun : ils ont d’abord mené la révolution contre leurs présidents. Le Maroc a la chance d’être différent : c’est un pays qui a besoin d’une correction, pas d’une reconstruction. Ce n’est pas un pays à refaire mais à mieux faire.En une phrase comme en mille, le Maroc n’a pas besoin de mener la révolution contre son roi mais avec lui. La bande-annonce est bonne, on n’a surtout pas envie de la changer, maintenant on attend que le film soit bon aussi… et on pense qu’il peut l’être, effectivement. Goûtez toute la différence. » Sur les réseaux sociaux, la bataille des pro et anti-manif du 20 février fait rage et se poursuivra jusqu’à dimanche. Parfois, c’est fait avec humour, comme avec ce tweet provocateur :« Si vous n’êtes pas contents au Maroc, vous n’avez qu’à vous immoler en Tunisie. » (Rue89-16.02.2011.)

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* La visite privée du roi Mohamed VI dans son château de Betz (en France) affole toutes les rumeurs Le roi du Maroc Mohammed VI et Nicolas Sarkozy à Marrakech en octobre 2007 (Eric Feferberg/Reuters).Selon plusieurs sources, le roi du Maroc, Mohammed VI, est parti dans la nuit de jeudi à vendredi dans son château à Betz, en France.  Dans le contexte explosif en Egypte, de nombreuses hypothèses ont fleurie dans différents médias.Le premier à avoir révélé cette information serait Ali Lmrabet sur son mur Facebook. Elle a ensuite été reprise par différents sites arabophones, Rue89, et le quotidien espagnol El Pais.Si Ali Lmrabet et Pierre Haski de Rue89 analyse cette info comme une conséquence direct des révoltes en Tunisie et plus récemment en Egypte, Ignacio Cembrero d’El Pais parle plutôt de vacances. Ce dernier avance même que le roi considèrerait que le Maroc ne devrait pas être touché par les révoltes populaires dans le monde arabe.Pourtant, le journaliste précise également qu’aucune personne de sa famille ne l’accompagnait. La théorie des vacances semble donc peu probable.Ali Lmrabet parle quant à lui d’un voyage du roi dans le but de s’entretenir avec Nicolas Sarkozy, sur les récents troubles en Tunisie et en Egypte et la situation au Maroc. Toujours selon les mêmes sources, le journaliste marocain avance un redéploiement des troupes positionnées au Sahara, vers les villes de Rabat et de Casablanca.Le site d’information marocain en langue arabe Hespress, annonce quant à lui q’une délégation de sécuritaires aurait accompagné le roi. Ce qui confirmerait le lien entre ce voyage et les derniers évènements dans le monde arabe.Ce n’est pas la première fois que le roi Mohammed VI est en visite privée dans son château de Betz. Mais dans le contexte actuel, chaque geste, chaque action dans un pays arabe donne lieu à de multiples interprétations et extrapolations. Pour l’instant, la situation au Maroc reste stable. (yabiladi-29.01.2011.) **réaction d’une internaute marocaine:  Le malheur du Maroc c’ est qu’a chaque fois des gens sinceres abordent un probleme (corruption, injustice etc.. ) on qualifie ces gens de traitres, des separatistes, d’Algerien etc. Ceux qui ont perdu la credibilite c’est les gens comme vous, des mediás marocains, du gouvernemement, son parlement et tous les instituts gouvernementales. Alors cesser de defendre l’indéfendable. **Le discret voyage du roi du Maroc en FranceC’est une information qui n’aurait eu aucune importance en temps normal, mais qui surprend en ces temps de contagion révolutionnaire dans le monde arabe : le roi du Maroc, Mohammed VI, serait arrivé très discrètement dans la nuit de jeudi à vendredi en France, sans sa famille. Il se trouverait dans le château que la famille royale possède dans l’Oise, à Betz.Ce voyage non annoncé, mais qui a commencé à « fuiter » samedi dans les milieux marocains, notamment à Paris, ouvre la voie à de nombreuses spéculations. Pourquoi, même si le Maroc semble pour le moment épargné par la vague contestatrice partie de Tunisie, le souverain marocain éprouve-t-il le besoin de quitter son royaume et de s’isoler dans sa résidence française ?Le journaliste marocain Ali Lmrabet, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Journal, croit savoir, sur Facebook, que le roi du Maroc devrait avoir des entretiens « secrets » avec Nicolas Sarkozy sur la situation au Maroc.Le journaliste ajoute :« Des troupes ont été ramenées du Sahara pour être prêtes à… intervenir dans la capitale et à Casablanca. » Rien ne vient confirmer ces informations, ni les raisons d’une telle discrétion. Et dimanche, les autorités marocaines ont démenti l’envoi de troupes à Casablanca ou ailleurs en rapport avec cette crainte. Le démenti n’a toutefois pas fait référence à l’information concernant le voyage du roi.Pour la petite histoire, la commune de Betz, dans l’Oise, où se situe le château acheté à l’époque du règne de Hassan II, est jumelée avec la commune marocaine de Skhirat, qui avait été le théâtre d’une tentative de coup d’Etat contre le père de l’actuel souverain en 1971. (Rue 89-29.01.2011.)Photo : le roi du Maroc Mohammed VI et Nicolas Sarkozy à Marrakech en octobre 2007 

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**Ces diplomates, ministres et journalistes français piégés dans les palaces marocains !

 La diplomatie française dans le piège de La Mamounia marocaine. A l'hôtel marocain La Mamounia, à Marrakech, le 18 septembre 2009 (Jean Blondin/Reuters)..

..tapis rouges déployés sous les pas des tyrans, des ambassadeurs à biscoteaux, des  bouffonneries incessantes, scandales, orgies et bacchanales…  …sur le Maroc:Sur le Maroc, on y lit cette confidence (anonyme) d’un « connaisseur issu du Quai » :« Combien de ministres français ont séjourné gratuitement dans les palaces marocains depuis des années, au prétexte d’une visite de travail de trois jours qui commençait le vendredi, avec un entretien d’une demi-heure pour tout justifier. »Et un autre, « parlant de la masse d’informations collectées à la Mamounia sur les élites françaises » :« Sur le Maroc, on est gênés, ils nous tiennent. »C’est trop en dire, ou pas assez. Que savent ces diplomates anonymes ? A quelles orgies, à quelles bacchanales font-ils précisément allusion ? Rien n’en a jamais transpiré, à de très rares exceptions près. Que sait l’auteure de l’article elle-même ? Des noms, des dates !  ** Que s’est-il donc passé dans la chambre 312 de la Mamounia, hôtel de luxe de Marrakech, le 31 décembre ? **Les ont pu suivre les péripéties et voir le ministre et sa compagne, légèrement vêtus, s’invectiver dans le couloir.
**la dispute aurait occasionné pour 30 000 euros de dégâts. « Une facture que le palais royal a aussitôt réglée à la Mamounia
L’affaire a suscité la colère de Jacques Chirac. Les ministres en font, depuis quelques semaines, des gorges chaudes. Et sur les bancs de l’opposition, à l’Assemblée nationale, on s’amuse à susurrer sur le passage de Philippe Douste-Blazy, « Mamounia ! Mamounia ! »

Que s’est-il donc passé dans la chambre 312 de la Mamounia, hôtel de luxe de Marrakech, le 31 décembre ? « Une violente dispute, comme il en arrive dans tous les couples », affirme aujourd’hui Philippe Douste-Blazy. Le ministre, en vacances dans l’établissement – une propriété de l’Etat marocain très courue du Tout-Paris des affaires et de la politique – reconnaît s’être violemment disputé ce soir-là avec sa compagne, la productrice de télévision Dominique Cantien.

Un différend peu discret, puisque des voisins du couple, au troisième étage de l’hôtel, ont pu en suivre les péripéties et voir le ministre et sa compagne, légèrement vêtus, s’invectiver dans le couloir.

Le ministre, rompant finalement la querelle, a dû rejoindre la chambre de l’un de ses gardes du corps, avant de quitter précipitamment l’hôtel, à 5 heures du matin. Là, suivi par une voiture de la sécurité, « Douste » a pris la route de Casablanca, d’où il s’est envolé pour Paris.

L’histoire a aussitôt fait l’objet d’un rapport des services de sécurité au ministère de l’intérieur, mais aussi à l’ambassade de France à Rabat qui en a informé l’ambassadeur, Philippe Faure, alors en vacances dans l’océan Indien, lequel en a rendu compte à Matignon et à l’Elysée.

L’affaire aurait pu suffire à irriter largement le président de la République : le ministre des affaires étrangères ne doit-il pas présenter une image irréprochable, notamment en territoire étranger ?

Mais Le Canard enchaîné, qui a révélé l’histoire le 23 mars, y a ajouté un élément plus délicat : la dispute aurait occasionné pour 30 000 euros de dégâts. « Une facture que le palais royal a aussitôt réglée à la Mamounia », assure l’hebdomadaire satirique.

« C’est faux, s’insurge M. Douste-Blazy, il n’y a eu aucun dégât – ou peut-être juste un cendrier – et j’ai payé ma note de 2 467,33 euros avec ma carte de crédit ! »

Le directeur de la Mamounia, Robert Bergé, en retraite depuis quelques semaines, affirme pour sa part, être allé « contrôler lui-même la chambre après le départ du ministre, puis de Mme Cantien en fin de matinée. Un cadre de tableau avait été déplacé en tombant et il y avait quelques traces de couleur sur les murs. Mais rien d’important. La chambre a été réattribuée le jour-même. »

L’ex-ambassadeur à Rabat, Philippe Faure, nommé depuis secrétaire général au Quai d’Orsay, remarque : « 30 000 euros ? Mais il faudrait défoncer la salle de bains au marteau piqueur pour atteindre cette somme. »

Le rédacteur en chef du Canard enchaîné, Claude Angéli, qui a révélé l’affaire, montre en tout cas deux lettres reçues par son journal. Les deux missives « toutes deux datées du 23 mars et écrites sous l’impulsion du roi et de son conseiller André Azoulay », affirme-t-il, émanent du nouveau directeur de la Mamounia, Mohamed Chab, et de l’ambassadeur du Maroc à Paris, Fathallah Sijilmassi. Elles réfutent toutes deux la version du Canard : il n’y a eu aucun dégât et le palais royal n’a pas réglé la facture de M. Douste-Blazy, qui venait à titre privé, expliquent-elles. Mais M. Angeli, qui assure disposer d’ »une très bonne source », persiste, tout en reconnaissant n’avoir en sa possession aucune facture du palais royal.

Le ministre des affaires étrangères, très inquiet des effets de ce petit scandale, a consulté son avocat, Olivier Metzner, sur l’opportunité de poursuivre l’hebdomadaire.

Jusqu’à aujourd’hui, il y avait renoncé. Mais il assure s’interroger sur « l’identité de ceux qui veulent (le) déstabiliser. »  (Source : Le Monde)

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**Le roi chahuté

Des milliers de Marocains ont manifesté à travers les villes du royaume pour appeler à des réformes politiques.

 **en finir avec la monarchie absolue

Les Marocains en ont marre de leur condition de sujets! Ils l’ont crié à la face de leur souverain. «Le peuple rejette une Constitution faite pour des esclaves! À bas l’autocratie! Le roi doit régner et non gouverner!», ont scandé les manifestants. Les murs du Palais royal resteront-ils sourds et hermétiques à des revendications à la portée historique?
«C’est une manifestation pacifique pour réclamer des réformes constitutionnelles, pour la dignité du peuple, contre la corruption et le gaspillage des fonds publics», a indiqué un des organisateurs du rassemblement, Moustapha Mouchtati, membre du groupe «Baraka» (Assez). Les effluves de la révolution de Jasmin se sont étendus à l’ensemble du Maghreb avec des fortunes diverses.
Le trône chérifien voulait faire exception, mais c’était sans compter avec la détermination et la fougue de la jeunesse marocaine.
Un nouvel instrument est né via Internet, les jeunesses du Maghreb en particulier, et du Monde arabe en général, en ont fait une arme redoutable de contestation qui a abouti à mettre à terre deux régimes autoritaires en l’espace de quelques semaines: celui de Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte. Ceux de Ali Abdallah Saleh au Yémen, de Mouaâmar El Gueddafi en Libye…vacillent.
«Le cyber-activisme a un rôle très important à jouer.Les partis politiques sont dépassés. Nos leaders ne comprennent plus la jeunesse», déclare Zohair Maadi, administrateur d’un des groupes Facebook (mouvements 20 février) pour expliquer la déconnexion entre responsables politiques et les revendications citoyennes dans les pays arabes. Ils étaient nombreux, très nombreux à battre le pavé à travers l’ensemble du royaume pour les mettre pacifiquement sur la voie publique, à la mi-journée (d’hier Ndlr).
Au moins 6000 manifestants à Casablanca, 10.000 personnes à Fès, 10.000 à Marrakech, 14.000 à Rabat…selon les chiffres livrés par les organisateurs.
Que disaient les principaux slogans brandis par les manifestants? «Le roi doit régner et non gouverner», ou encore «Le peuple veut une nouvelle Constitution».
«Moins de pouvoirs à la monarchie», pouvait-on lire sur d’autres banderoles. «On n’a rien contre le roi, mais on veut plus de justice et du travail», ont fait remarquer, pour leur part, deux jeunes diplômés, rapporte une dépêche de l’AFP. A Rabat, les manifestants scandaient: «Le peuple veut le changement!» Un des cris poignant, qui symbolise la révolte de la jeunesse marocaine, a été recueilli sur le site du quotidien Le Monde: «J’irai marcher pour ma dignité, pour une totale liberté d’expression et de pensée. J’irai protester contre la censure qui corsète les esprits en lui imposant des lignes rouges, j’irai protester contre un apartheid social criant: écoles étrangères et cliniques privées pour les favorisés, écoles-dépotoirs sinistrées et hospices pour les pauvres, j’irai marcher contre l’analphabétisme organisé qui fait que 50 ans après l’indépendance, la moitié des Marocains, sont illettrés, j’irai marcher contre la morgue et la brutale arrogance des apparatchiks du régime et de la nomenklatura, j’irai marcher parce que j’aurai ainsi le sentiment de tenir mon destin en main en espérant que cela soit bientôt vrai. J’ai conscience qu’une marche ne suffira pas, mais je suis prête aussi pour les autres marches. Enfin, nous voyons la lumière au bout du tunnel», écrit Khadidja.
«Ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte nous place aujourd’hui à la croisée des chemins: ou on amorce des réformes urgentes conformément aux normes démocratiques universelles ou on rentre dans une aventure dangereuse», a prévenu le quotidien Al Massa, qui avoisine les 100.000 exemplaires vendus chaque jour. L’histoire retiendra que le coup de semonce marocain a été donné un certain 20 février 2011. (L’Expression-21.02.2011.) 

**Incidents à Marrakech et à Larache

Des incidents se sont produits hier dans deux villes marocaines, Marrakech (sud) et Larache (nord), à l’issue de manifestations à l’échelle nationale pour réclamer des réformes politiques, a-t-on appris de sources concordantes.
A Marrakech, haut-lieu du tourisme marocain, un groupe de 150 à 200 personnes étrangères à la manifestation ont attaqué et pillé des magasins et lancé des pierres contre un édifice public ainsi qu’un établissement de restauration rapide MacDonalds, selon un collaborateur de l’AFP sur place. L’incident s’est produit après la dispersion de la manifestation qui avait rassemblé environ 1500 personnes. Des incidents similaires se sont produits à Larache.
Des jeunes gens s’en sont pris à des édifices publics, notamment un poste de gendarmerie et un poste de douane, selon plusieurs témoins. Dans les deux cas, les forces de l’ordre ne sont pas intervenues, selon les mêmes sources. Des manifestations pacifiques pour réclamer des réformes au Maroc ont eu lieu hier dans plusieurs villes du Maroc, dont Rabat, Casablanca et Marrakech.

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L’appel à des manifestations «pacifiques» a été ensuite appuyé ou repris par des ONG ainsi que par l’organisation de jeunesse de l’association islamiste Justice et Bienfaisance, mouvement non reconnu mais toléré, considéré comme l’un des plus importants du Maroc. Un des fondateurs de l’appel sur facebook a annoncé son retrait à la veille de la manifestation, évoquant des divergences, notamment avec les islamistes, qui sont venus nombreux à la manifestation de Rabat.
Pour absorber la contestation populaire, les autorités marocaines ont augmenté récemment les subventions destinées à éviter des hausses des produits de première nécessité, comme la farine ou le sucre.  A son tour, le prince Moulay Hicham El Alaoui, cousin du roi Mohammed VI, a appelé à la démocratisation du système et a apporté son soutien aux manifestants. «Personnellement, j’adhère à toute initiative qui appelle à la démocratisation de notre système politique, en prenant en compte la nécessité que cela soit fait de manière pacifiste et tolérante. En l’occurrence, il semblerait que ce mouvement réunit toutes ces conditions et donc j’y adhère», a-t-il déclaré au cours d’un entretien sur la chaîne d’information France 24. «Les gens veulent voir aujourd’hui un progrès, des réformes politiques dans un contexte monarchique», a relevé le cousin du roi.

Et de poursuivre : «Sur le plan juridique et constitutionnel, la monarchie est absolue, mais cela ne veut pas dire que le système politique est fermé ou totalitaire.» Et pour «pérenniser la monarchie», qu’il juge «légitime et culturellement ancrée», une évolution vers la monarchie constitutionnelle de type espagnol ou britannique. Il a rejeté tout rôle dans une éventuelle transition politique qu’il souhaite : «L’aiguillonage oui, le pilotage cela ne me concerne pas.» (21.02.2011.)

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**les jeunes Marocains descendent dans la rue pour réclamer des changements politiques

Pour la première fois depuis le début des révoltes qui secouent le monde arabe, plusieurs milliers de Marocains manifestaient dimanche à Casablanca et Rabat pour réclamer des réformes politiques et une limitation des pouvoirs du roi. Des milliers se personnes étaient rassemblées ce dimanche dans le centre de Casablanca, principale ville du pays, certains scandant : «Liberté, dignité, justice», selon un journaliste de l’AFP. Des banderoles proclamaient : «Le roi doit régner et non gouverner» ou «Le peuple veut une nouvelle Constitution», tandis que des groupes de gauche demandaient «moins de pouvoirs à la monarchie».  A Rabat, plus de 5 000 personnes manifestaient en scandant : «Le peuple veut le changement !» Aucun incident n’avait été signalé dans les deux villes en fin de matinée.

Dans la foulée des événements de Tunisie et d’Egypte, de jeunes Marocains avaient lancé sur Facebook le mouvement «du 20 février», appelant à manifester pacifiquement pour réclamer une nouvelle Constitution limitant les pouvoirs du roi et plus de justice sociale. L’appel a rapidement rassemblé des milliers de sympathisants.

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  “le silence qui précède la tempête”

Nadia Yacine au quotidien espagnol “El Pais”

“Le calme apparent au Maroc est peut-être le silence qui précède la tempête”

1Porte-parole du mouvement Justice et bienfaisance, Nadia Yacine, fille du fondateur de l’association, qui possède une grande capacité de mobilisation, voit dans le calme régnant au Maroc comme “le silence qui précède la tempête”, et estime que “le basculement démocratique se fera de gré ou de force”.

Dans un entretien accordé au journal espagnol El Pais, Nadia Yacine, “la fille du maître à penser de la puissante association Justice et bienfaisance”, ne partage guère le point de vue du gouvernement marocain, qui croit que “le pays est à l’abri d’une révolte similaire à celles vécues par la Tunisie et l’Égypte actuellement”. Elle pense que “le calme apparent au Maroc est peut-être le silence qui précède la tempête”, et estime que “le basculement démocratique se fera de gré ou de force”. Dans une interview au quotidien madrilène El Pais, publiée mercredi dernier, la fille de cheikh Yacine fait remarquer que “le calme apparent est peut-être le silence qui précède la tempête, à l’image de celle qui déferle sur le monde arabe. Cela dit, la tranquillité n’est pas absolue. Les revendications et les révoltes brutalement réprimées sont communes au Maroc depuis des années”. La porte-parole de cette formation politique, qui a une grande capacité de mobilisation, souligne qu’“au Maroc, comme dans tout autre pays arabe, il y a des équilibres sociopolitiques corrodés (…). Le Maroc n’est pas exempt du peloton. Le renversement démocratique aura lieu par n’importe quel moyen”. À partir de cette analyse, elle demande au régime marocain de “jeter à la poubelle la Constitution” et à mener une campagne de “nettoyage des réseaux de népotisme pour restituer au peuple marocain ses biens confisqués et que le makhzen ne continue pas à s’imaginer qu’il est au-dessus de l’histoire !” Dans son analyse, Nadia Yacine énumère les facteurs objectifs à même de déclencher la révolte au Maroc, comme “le taux de chômage qui atteint les 20% et qui affecte principalement les diplômés qui ont le sentiment d’être socialement inutiles, l’effondrement du visa d’immigration en raison de la sélection des pays bénéficiaires, de la montée de l’islamophobie et la rapine des dirigeants du népotisme, qui encouragent la corruption endémique”. Selon elle, d’autres “facteurs subjectifs” versent également dans une implosion latente au Maroc. Elle évoque “la hogra célèbre” (l’humiliation) subie par les citoyens, et “la frustration causée par la proximité médiatique d’un Occident perçu comme un eldorado de liberté, de dignité et aussi de bien-être”. Quant à la participation de sa formation politique au rassemblement, le 20 février, auquel ont appelé des milliers de Marocains qui se sont inscrits sur Facebook, elle affirme qu’elle soutiendra “n’importe quel rassemblement pacifique, civilisé et organisé”. “Nous sommes une force tranquille profondément ancrée dans le peuple, et si nous ne faisons aucun choix pour lui, nous serons avec lui dans ses choix tant que la non-violence est respectée”, martèle-t-elle. Interrogé sur la position qu’adopteront les États-Unis en cas de soulèvement au Maroc, Mme Yacine croit savoir que “le pragmatisme et la connaissance du terrain” de l’Administration américaine font qu’“elle s’adapte afin de ne pas perdre complètement les rênes”, estimant que Washington pourrait accepter un régime “quand il est un peu corrompu”, mais pas quand il est “complètement pourri” au point de compromettre la stabilité à court ou à long terme du système. Par ailleurs, il y a lieu de rappeler l’avertissement du prince Hicham, troisième dans la ligne de succession au trône alaouite, qui avait déclaré que “le Maroc n’est pas encore touché, mais il ne faut pas se leurrer sur ce fait : pratiquement tous les systèmes autoritaires vont être atteints par la vague de contestation, et le Maroc ne fera probablement pas exception”. Il a été jusqu’à affirmer qu’“il ne manque seulement que l’étincelle qui amorcera l’implosion”. Le prince Hicham s’est seulement demandé “si elle viendra directement du peuple ou des formations politiques marocaines, excitées par l’exemple de leur voisin tunisien”. (Liberté-12.02.2011.) 

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**Abdellah Elharrif. Secrétaire national de Annahdj Addimocrati (voie démocratique)

«Le peuple marocain veut une véritable démocratie et une justice sociale»

 - Des manifestations pour le changement démocratique sont organisées aujourd’hui dans plusieurs villes du Maroc. Vous êtes à Casablanca où vous participez, place Mohammed V, à l’une de ces actions organisée par le Mouvement du 20 février. Quel est le niveau de la mobilisation populaire ? A l’heure où je vous parle, le sit-in a mobilisé entre 3000 et 5000 manifestants à Casablanca. C’est important de le dire, il s’agit d’une action unitaire avec des slogans et mots d’ordre communs à tout le monde. Toutes les sensibilités politiques y sont représentées. Les manifestants scandent «Non au despotisme», «Oui à une véritable démocratie». Les Marocains revendiquent plus de libertés ; une nouvelle Constitution démocratique qui institue l’égalité entre les hommes et les femmes ; la reconnaissance de tamazight culture et langue nationale. Il y a une forte adhésion autour de ce mouvement des jeunes. Dans les autres villes, il y a aussi une grande mobilisation. A Marrakech,  Tétouan, Nador, Fès… A Rabat, d’après les informations que j’ai pu avoir, les manifestants seraient plus de 10 000.  A Inzegane, au sud d’Agadir, la manifestation a réuni, m’a-t-on dit, plus de 10 000 personnes aussi. Cette dynamique amorcée par un mouvement de jeunes qui se fait appeler Mouvement du 20 février et regroupe les syndicats, des composantes de la société civile comme l’Association marocaine pour la défense des droits humains (AMDH), des partis de gauche dont Annahj Addimocrati, le Parti socialiste unifié, le Parti de l’avant-garde socialiste démocratique, le Parti du congrès Ittihadi, les islamistes de l’Association non agréée  Al Adl Wal Ihsane, le Forum vérité et justice…- Ces manifestations sont, semble-t-il, tolérées par le gouvernement… Qu’est-ce qui explique cette nouvelle posture ? Un recul tactique ?Effectivement. Elles sont tolérées pour le moment et ne font pas l’objet de répression policière. Elles se déroulent pour le moment dans une ambiance «bon enfant». Aucune formation politique ne met en avant des slogans partisans. Maintenant, pour ce qui est de l’attitude du gouvernement, je ne suis pas dans ses secrets. Je trouve que c’est une bonne chose, en espérant que ça va continuer pour imposer une véritable démocratie, une justice sociale dont notre peuple a plus que besoin.- Les Marocains éprouvent une soif de libertés, ils veulent une justice sociale parce qu’il y a trop de misère, trop de chômage, d’analphabétisme… Les services sociaux ont été, ces dernières années, démantelés. Les politiques néolibérales ont jeté le peuple dans la pauvreté. Les jeunes qui représentent l’avenir du pays – et ce sont eux qui sont actuellement aux commandes de ce mouvement –sont les premières victimes de ces politiques néolibérales.
Ils ont pris conscience que si, aujourd’hui, ils ne trouvent pas de travail, de logement, ne bénéficient pas d’un système performant d’enseignement, c’est à cause des choix qui ont été faits. Cette prise de conscience est porteuse d’espoir pour l’avenir. (El Watan-21.02.2011.)
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**les jeunes Marocains appellent à manifester dimanche 20.02.2011.

Des émeutes ont continué samedi de secouer des régimes autoritaires du monde arabe, avec des dizaines de morts dans la répression policière en Libye, l’occupation par des milliers de Bahreïnis du centre de la capitale et des manifestations violentes au Yémen et à Djibouti. Au Maghreb, la contestation s’est poursuivie, en Tunisie l’un des pays où est né le mouvement de révolte qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier en Tunisie, et Hosni Moubarak, le 11 février en Egypte. Ce dimanche, ce sont les Marocains qui sont appelés à descendre dans la rue ce dimanche 20 février. Des manifestations pacifiques pour réclamer au roi du Maroc une «large réforme politique» sont prévues ce dimanche dans plusieurs villes du royaume, à la suite d’un appel lancé récemment sur Facebook par des jeunes. Cet appel n’est pas relayé par la plupart des partis et syndicats. Des ONG comme l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et le Forum vérité et justice (FVJ), ainsi que des journalistes «indépendants» ont adhéré jeudi à ce mouvement et appelé à «l’adoption d’une constitution démocratique». La jeunesse du mouvement islamiste Justice et Bienfaisance a invité les Mrocains à manifester «pacifiquement». Mais l’Istiqlal au pouvoir (le parti du Premier ministre Abbas El Fassi) et le parti islamiste Justice et développement (PJD, opposition représentée au Parlement) se sont ouvertement prononcés contre l’appel à manifester.Vendredi soir, des manifestants ont lancé des pierres contre un commissariat de police et endommagé une agence de distribution d’eau et d’électricité à Tanger (nord du Maroc), pour protester contre des tarifs jugés excessifs. (source: le Parisien-20.02.2011.).
 ****le gouvernement marocain craint la rue et sa population…..mais accuse Alger derrière la révolte des jeunes…encore une énième affabulation!!

Face à d’éventuelles contestations qui pourraient venir de la jeunesse marocaine, la cour du Palais royal ressort son refrain préféré : c’est un complot venu d’Alger ! Cette parade ne fait plus rire ni même sourire. Elle laisserait totalement indifférent si elle ne véhiculait pas un mensonge que le peuple marocain, à force d’être matraqué par une propagande effrénée – pour ne pas dire infernale – pourrait être tenté d’y croire.Aujourd’hui cette propagande véhicule l’idée que le grand méchant loup veut dévorer le pauvre agneau d’où ce type de titre de presse : «Rabat redoute qu’Alger attise des troubles». On ne sait pas trop ce qui va se passer le 20 février prochain si l’appel à y manifester est suivi. Le gouvernement marocain craint la rue et sa population. Il essaie d’anticiper une révolte populaire en mettant en avant le vieux refrain du complot de l’étranger, en pointant, sans faire le moindre effort, le doigt sur l’Algérie qui comme chacun sait, a ses propres problèmes. «He’mna yekfina», dit l’adage, autrement dit «nos problèmes nous suffisent».Selon le ministre des Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, à la télévision publique marocaine, «le Polisario et l’Algérie cherchent à créer des troubles dans cette région». L’amalgame Algérie / Front Polisario est également devenu tellement simpliste qu’il ne peut être pris au sérieux en tant que réponse à la jeunesse marocaine qui entend porter ses revendications de démocratie et de liberté à ses gouvernants.Des problèmes au sein du régime marocain Côté marocain, il y a visiblement de très sérieux problèmes de pouvoir au sein du régime puisque «l’on s’amuse», par télévision interposée, à revendiquer Béchar et sa région, alors que la communauté internationale, principalement les organismes habilités de l’ONU, sait que la question des frontières, conformément au droit international, a été réglée du vivant du roi Hassan II. Que recherche Mohamed VI ? Ou bien que recherche son entourage, ses conseillers ou son état-major ?Il est alors impossible de prendre au sérieux Fassi Fihri qui «exhorte l’Algérie à tourner la page des querelles du passé et à se concentrer sur un renforcement de la coopération économique dans la région». On est peut-être passé un peu trop vite sur la révolte d’El Ayoune. Voilà une ville sahraouie, sous occupation coloniale marocaine, dont la population se révolte. Elle exprime sa révolte de façon originale et pacifique. Elle échappe au contrôle présumé de l’administration royale marocaine et pour contester ses conditions de vie, elle installe le camp de toile immense de Gdeim Izik, au vu et su des militaires marocains et des représentants de Sa Majesté, durant plusieurs semaines. Que dit Rabat, avant et après avoir enclenché une répression féroce et sanglante contre ces campeurs pacifistes ? C’est un complot algérien! L’inénarrable ministre des Affaires étrangères Taieb Fassi Fihri se fend d’une tirade à bon marché : «c’est l’Algérie qui a planifié la déstabilisation du royaume alaouite».Suivre la météo politique mondialeAurait-on laissé faire à Gdeim Izik les Sahraouis pour ensuite essayer d’imputer aux Algériens la contestation ? L’hypothèse ne tient pas la route car pour de nombreux observateurs, elle est trop simpliste et qu’ensuite se serait attribuer aux Algériens une extraordinaire capacité de nuisance ! Par contre, on évoque plutôt des divergences au sein du pouvoir marocain, notamment au sein de l’armée et entre des dirigeants de l’armée et l’entourage immédiat du roi Mohamed VI. Une tendance du régime a voulu montrer sa force en laissant «le désordre» s’installer. Ensuite, il a bien fallu «remettre de l’ordre». «Désordre» et «ordre» ont-ils eu un même commanditaire ? Toujours est-il que le grand mouvement de gouverneurs et autres responsables marocains, après la répression d’El Ayoune, accrédite la thèse qu’il a fallu l’arbitrage du Palais royal et beaucoup de têtes sont tombées. Mais, il semble bien que cela n’a pas vraiment remis de l’ordre au sein du makhzen et de la hiérarchie militaire puisque l’on agite encore l’épouvantail «Algérie». Il faudrait plutôt suivre le cours de la météo politique mondiale. Les senteurs de la révolution du jasmin tourbillonnent sur tout le monde arabe, de l’Atlantique à l’Euphrate. Elles ne se sont pas arrêtées aux frontières de l’Algérie, ni du Maroc comme l’aurait prétendument fait, un jour, un nuage celui là était radioactif, il venait de Tchernobyl. Les gouvernants français avaient raconté à leur peuple qu’il n’avait pas franchi la frontière de la France. (source: la Quotidien d’Oran-17.02.2011.)  

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27 réponses à “Maroc: quel avenir?”

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