la démocratie qui se meurt dans les pays européens

*L’ultralibéralisme sans les libertés..

( une chronique de Maurice Tarik Maschino)

Mes dernières chroniques sur la démocratie, qui se meurt dans les pays européens, m’ont valu quelques réactions assez vives. Merci à ces lecteurs : rien ne vaut un débat pour affiner son propos. «Croyez-vous vraiment que les financiers qui régentent l’Europe m’obligeraient à épouser un cousin ?», demande Yasmina, étudiante à Constantine. «A Londres ou à Paris, objecte Kaddour, ingénieur à Médéa, serais-je obligé de me cacher pour déjeuner pendant le Ramadhan ?»

Les uns et les autres, nous ne parlons pas des mêmes réalités. En constatant l’agonie de la démocratie, j’avais en vue un système politique qui fonctionne désormais à vide. Les citoyens votent, mais les dirigeants qu’ils élisent n’ont pratiquement aucun pouvoir : ce sont les marchés qui décident. Et les principes de l’ultralibéralisme gèrent de plus en plus les institutions car soumis à l’exigence de rentabilité ; écoles, hôpitaux, centres sociaux appliquent de plus en plus les règles de l’entreprise privée et les entreprises elles-mêmes, uniquement soucieuses d’accumuler des profits, émigrent vers des pays «accueillants». Dans tous les domaines, l’économique impose sa loi au politique et au fonctionnement de la société.

 Quelles libertés conservent les citoyens ? Celles qui ne gênent en rien les marchés et qui sont évidemment très appréciables. Toutes sont issues de la fin du système patriarcal et de la séparation des pouvoirs politiques et religieux – une séparation décisive pour l’émergence des libertés, qu’a rendue possible la conjugaison d’au moins trois facteurs : la révolution de 1789, le combat idéologique des intellectuels du siècle des Lumières, la lutte des travailleurs. A partir du moment où le pouvoir religieux n’intervient plus dans les affaires de la cité, où les machines à fabriquer de l’identique, de la soumission, du conformisme – l’Eglise, la famille, le service militaire obligatoire – n’interviennent quasiment plus dans la formation des individus, les citoyens ont les coudées franches pour élargir, en luttant, le champ de leurs libertés. Ainsi, les Européens bénéficient-ils de toutes sortes de libertés : liberté d’aller et venir, liberté de penser, liberté d’expression, liberté de croire ou de ne pas croire, de se marier ou de vivre en union libre, d’épouser le conjoint de son choix, même s’il est du même sexe – ce qu’admettent la plupart des pays européens, excepté la France, pour l’instant –, liberté d’avoir plusieurs nationalités. Tout ce qui ne contrarie pas les maîtres du marché est du domaine de l’initiative individuelle.

 Cela dit, bien des résistances se manifestent ; la lutte pour la sauvegarde et l’extension de ces libertés est aussi nécessaire qu’autrefois – les femmes, pour bien des hommes, restent des proies et leur accession à des fonctions directoriales est toujours difficile ; les étrangers se heurtent à toutes sortes d’obstacles ; nationalisme, chauvinisme, racisme continuent de corrompre de nombreux secteurs des sociétés européennes. Le primat du marché, enfin, entraîne la disparition de plus en plus rapide du lien social, l’abandon à la misère et au désespoir de fractions de plus en plus larges de la population : travailleurs jetés à la rue après 30 ans de présence dans une entreprise qui se délocalise, chômeurs en fin de droits condamnés à vivre avec 450 euros par mois, personnes âgées dont personne ne s’occupe… Sans parler de ceux qui travaillent mais n’ont plus les moyens de se loger et dorment dans leur voiture ou sous les ponts – près de 300 000, estime-t-on, en France.

 L’injustice est la caractéristique principale des sociétés «démocratiques» et de moins en moins de citoyens ont la possibilité de jouir des libertés dont, théoriquement, ils bénéficient. Que représentent la liberté d’expression pour quelqu’un qui n’a même pas un toit pour s’abriter, la liberté de choisir son conjoint pour quelqu’un qui dort sous une porte cochère, la liberté de voyager pour quelqu’un qui ne peut pas s’acheter un billet de métro ? (El Watan-14.03.2012.)

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** le Vieux Continent poursuit inexorablement sa dérive

En ce début 2018, force est de constater que le Vieux Continent poursuit inexorablement sa dérive. Nulle question ici de tectonique des plaques, mais de secousses sismiques de nature politique qui, à répétition et d’intensité croissante, pourraient bien créer de profondes failles entre les pays membres de l’Union européenne (UE), voire engendrer un volcanisme incontrôlable et destructeur.

La première de la semaine écoulée vient de Pologne où le parti au pouvoir, le PiS, se montre décidément très inspiré pour placer son pays sur la sellette internationale, par delà même les frontières de l’UE. En effet, le Parlement polonais vient de voter une loi qui prohibe l’usage de l’expression « camp de la mort polonais » pour qualifier les camps d’extermination nazis érigés sur son territoire, loi immédiatement condamnée par Israël pour révisionnisme et négationnisme. L’affaire divise jusqu’aux médias polonais.

Ainsi, certains d’entre eux soutiennent l’initiative, comme Rzeczpospolita, qui parle d’une interprétation erronée des intentions des auteurs de la loi : ils ne chercheraient pas à nier l’Holocauste, mais à protéger l’État polonais des reproches illégitimes.

Wpolityce.pl va jusqu’à s’indigner des réactions outrées à l’étranger, en clamant que les Polonais ont versé trop de sang pour leur patrie pour pouvoir accepter aujourd’hui que qui que ce soit leur fasse la leçon.

À l’inverse, Gazeta Wyborcza ne s’étonne pas de l’indignation israélienne, qui plus est à l’occasion de la Journée internationale des victimes de l’Holocauste. Le journal s’attriste de constater que la loi a décomplexé un antisémitisme jusque-là dissimulé. Car La Reppublica (Italie) note que l’antisémitisme polonais est profondément enraciné dans le catholicisme, au point d’avoir perduré sous le régime communiste pour aboutir en mars 1968 à une chasse aux sorcières. Bien évidemment, il ne faut pas tout amalgamer et tirer des conclusions hâtives.

Irish Examiner (Irlande) propose la bienveillance à l’égard de Polonais qui ne peuvent être ne serait-ce que soupçonnés d’avoir aidé les nazis dans leur terrible dessein de destruction de la race juive : indubitablement, « Arbeit macht frei » (« Le travail rend libre », inscription cynique à l’entrée des camps en Pologne) est de l’allemand, non du polonais. Mais le journal souligne dans le même temps que la collaboration a touché tous les pays européens. Or, la Pologne tient à préserver son statut de nation victime du nazisme.

Newsweek Polska (Pologne) évoque dès lors une censure préventive, visant à cacher l’indicible. À savoir la terrible vérité d’un massacre de juifs organisé par les Polonais à Jedwabne du temps de l’occupation, ainsi que l’a démontré un historien, Jan Tomasz Gross, que les autorités polonaises cherchent à réduire au silence.

Plus grave encore selon La Stampa (Italie), un an après la fin de la guerre, une quarantaine de juifs furent tués à l’aide d’armes rudimentaires par leurs voisins et connaissances sur la base d’une rumeur d’infanticide erronée.

Die Tageszeitung Taz (Allemagne) s’insurge dès lors que le Pologne veuille empêcher tout travail de mémoire critique. La Vanguardia (Espagne) lui emboîte le pas pour condamner une loi pensée contre les journalistes et les enseignants, qui pave la voie de la relativisation.

Il en va de l’unité européenne car The Irish Times (Irlande) relève que l’UE s’est construite sur l’expérience de l’Holocauste. Or, trop empressée d’accueillir en son sein des anciens satellites de l’URSS, elle a malencontreusement fermé les yeux sur une série de problèmes irrésolus relevant du nationalisme. Elle en paye aujourd’hui le prix fort puisque la fracture Est – Ouest fissure de plus en plus le bel édifice communautaire. Sachant que l’exemple polonais pourrait faire des émules. Notamment en République tchèque, comme le craint un de ses médias,

Lidove Noviny, qui imagine une loi interdisant toute critique à l’égard des Tchèques pour leur implication dans l’expulsion des Allemands des Sudètes. Une hypothèse d’autant plus crédible au lendemain de la réélection du président eurosceptique et pro-russe Milos Zeman. Hospodarske Noviny (République tchèque) avance trois raisons à cette victoire sur le candidat libéral : la frustration d’une partie de la population, le brio de l’intéressé dans la dernière ligne droite, et l’absence d’adversaires de valeur. L’impact s’annonce terrible, à savoir une aggravation de la fracture sociale et un éloignement croissant à l’Ouest.

En effet, pour Pestiracok (Hongrie), cet événement est un rude coup porté à Bruxelles. Surtout que les législatives de 2017 avaient été remportées par un parti eurosceptique, qui n’est pas parvenu depuis lors à mettre sur pied une majorité, mais qui pourrait bien y réussir désormais. Car Lidove Noviny (République tchèque) prophétise une intervention du président reconduit, qui ne fera pas de quartier. Die Tageszeitung Taz (Allemagne) étaye cette hypothèse en avançant l’expérience selon laquelle le président tchèque profite de son élection au suffrage direct, qui l’érige en tribun du peuple pour s’arroger des prérogatives au-delà de ce que prévoit la Constitution.

SME (Slovaquie) déplore au final une victoire de la haine et de la vulgarité, Zeman arguant que s’apprêtait à déferler sur le pays une horde de musulmans, afin d’attiser mauvaise humeur et colère sur lesquelles prospèrent actuellement les populistes.

L’immigration incontrôlée et dévastatrice explique aussi en grande partie la décision du Brexit, que regrettent de plus en plus de Britanniques au regard de l’impact économique non seulement prédit mais aussi désormais avéré désastreux.

Les Echos (France) critique le Gouvernement britannique pour ses réticences à publier toutes les données objectives en la matière, notamment un document confidentiel contredisant les partisans de la ligne dure, majoritaire au sein des Tories. Ainsi le débat légitime est-il tronqué.

De Volkskrant (Pays-Bas) se gausse du relativisme gouvernemental selon lequel cette note ne tiendrait pas compte des légendaires talents de négociateurs des Britanniques qui leur permettront sans nul doute de manipuler les abrutis de Bruxelles pour obtenir un accord particulièrement favorable. En attendant, le Royaume-Uni a bel et bien perdu le siège de l’Agence Européenne du Médicament (EMA), gendarme sanitaire de l’UE. Un siège pour lequel s’écharpent l’Italie et les Pays-Bas, depuis que les États membres ont pris la décision de l’établir à Amsterdam, malgré le délai de plusieurs mois pour la livraison du bâtiment. Il Sole 24 Ore (Italie) prétend ainsi que la ville néerlandaise ne satisfait nullement aux conditions définies pour la candidature, au détriment de la santé des 500 millions de citoyens européens…

La Reppublica (Italie) se montre plus nuancée : si l’Italie a raison de critiquer ce choix, elle a tort en revanche de croire que Milan pourrait l’emporter lors d’un second tour, car les votants se sont exprimés au premier en pleine connaissance de cause.

Mais les politiques italiens n’en ont cure en pleine campagne électorale !

Les médias européens s’interrogent à ce sujet sur l’éternel retour du Cavaliere. Puisque Berlusconi, à en croire les sondages, aurait toute chance de former un nouveau gouvernement de coalition, malgré son inéligibilité qui court jusqu’en 2019 pour cause de condamnation pour fraude fiscale. Le Corriere della Sera (Italie) pointe une détérioration du tissu du pays, doublé d’une brutalisation de la culture comme des mœurs et d’une banalisation des comportements au bord de la légalité. Polityka (Pologne) évoque aussi un terreau favorable à l’ancien chef de gouvernement qui sait comment amadouer les conservateurs, mais aussi les laissés pour compte et les exclus, aux yeux desquels son expérience du pouvoir est un gage de fiabilité et ses promesses fiscales un doux mirage.

Figyelo (Hongrie) semble se réjouir de son côté du tour que prend l’évolution de la situation, donnant raison à Victor Orban, premier ministre hongrois dont les opinions et propositions, initialement critiquées, sont désormais adoptées par un nombre croissant de pays européens.

Finalement, seul point positif à l’horizon sombre de cette dérive du continent : la réélection de Sauli Niinistö à la présidence finlandaise, conservateur de 69 ans qui a obtenu 63% des voix dès le premier tour. Turun Sanomat (Finlande) s’en réjouit car ses compétences en politique étrangère seront fort utiles à l’aune de relations de plus en plus tumultueuses entre Washington, Moscou et Pékin. Eesti Rahvusringhääling (Estonie) salue aussi ce chef de file équilibré et rassurant dont la personnalité convient à une époque en surchauffe.

Que de points de friction dans cette Europe qui se cherche et se questionne sur son futur… A force de ne pas dire les choses à leurs citoyens, nombre de politiques se sont réfugiés dans le confort des discours populistes et extrémistes.

Certes, si les choses désagréables ne sont pas à dire, même entre amis, c’est par un discours construit et franc que les relations de bon voisinage s’établissent sur des bases saines. L’Europe se doit marquer son désaccord face aux dérives mais la véritable question est : comment marquer ce désaccord sans qu’il ne devienne un affront ?

Rédacteur : Cédric Espéranto  / .leuropedescitoyens.org / 

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Fin de l’Europe, le portrait drôle, vibrant et monstrueux d’un continent à la dérive

11 MARS 2018

PAR L’ŒIL D’OLIVIER

*LE BLOG DE L’ŒIL D’OLIVIER - .mediapart.fr

A la MC93, Rafael Spregelburd met en scène avec humour et un brin de cynisme la Fin de l’Europe © Tristan Jeanne-Valès

À l’heure du bilan, de la mondialisation, de la montée du nationalisme, que reste-t-il des illusions, des rêves de cette vieille institution qu’est l’Union européenne ? À l’aune de son regard argentin, caustique, un brin cynique, Rafael Spregelburd gratte jusqu’à l’os différentes thématiques qui font le sel d’une civilisation et évoque avec une lucidité burlesque une société rongée par ses démons.
Devant un rideau rouge vif, face au public, une diva (lumineuse Aude Ruyter) fait son apparition. Robe de gala mordorée, elle entonne de sa voix légèrement voilée, presque opératique, La chanson de Jenny, ouverture de l’Opéra de Quat’sous de Bertolt Brecht. Très vite, la magie de l’instant est perturbée par l’irruption intempestive depuis les coulisses d’une jeune femme hyper-connectée. Téléphone collé aux oreilles, elle commente tout ce que chante l’autre, déforme ses propos faute d’une traduction précise. C’est le début de la fin. L’art lyrique, symbole d’une Europe créative, est mis à mal par la trivialité d’une société qui a perdu ses repères.Fort de ce prologue évocateur d’un monde qui touche à sa fin, qui ne semble plus estimer à sa juste valeur des œuvres devenues classiques, Rafael Spregelburd invite à un voyage surprenant, mortifère et burlesque, au cœur d’une Europe où tout se délite, où les désordres tant humains, sociaux, culturels, familiaux et économiques, se multiplient obscurcissant l’aura flamboyant et référentiel du vieux continent. Auscultant une à une les grandes thématiques qui font le fondement des sociétés, le dramaturge et metteur en scène argentin s’amuse à dresser un portait drôle et cynique de notre monde en une succession de huit saynètes toutes plus savoureuses et désopilantes les unes que les autres.Se moquant, avec tendresse et espièglerie, des fantaisies et aberrations de certains tracés frontaliers, brocardant ingénieusement l’intelligentsia universitaire défendant une certaine vision de l’art confrontée à celle plus triviale que les masses diffusent sur le net, égratignant, avec une jubilation jouissive, une aristocratie décadente, extravagante qui a perdu tout sens des réalités, illustrant dans un tableau ubuesque, hilarant, comment le système de santé s’est perverti au contact d’un capitalisme forcené où le gain a pris la place du malade, montrant avec un malin plaisir comment l’argent corrompt toutes les relations humaines, même celles resserrées d’une fratrie qui se déchire le moindre cent d’un maigre héritage, enfin caricaturant dans un final apocalyptique le pillage sans vergogne par une industrie américaine conquérante et glamour des restes encore chauds et brillants d’une civilisation multiculturelle et déliquescente, Rafael Spregelburdesquisse de sa plume vive, ciselée, une fresque-fleuve fascinante, cynique et drôle d’une Europe à bout de souffle.Jouant des codes, des règles, mêlant les styles, les genres, le metteur en scène argentin sculpte avec maestria cet ensemble hétérogène et disparate pour dresser le bilan catastrophique d’un continent qui va à sa perte le plus gaiement du monde. Si l’on se laisse totalement captiver par cette pièce monstre, c’est que Rafael Spregelburd, dans le cadre du dispositif itinérant et transfrontalier L’école des Maitres, a su s’entourer d’une troupe de virtuoses venant des quatre coins de l’Europe. Danseurs, chanteurs, comédiens, tous excellent et envoûtent qu’ils soient crooners d’un soir, riches comtesses, professeure d’art hystérique et mal baisée, médecins incompétents plus intéressés par ses parties de squash que par ses patients, acteurs de série à la petite semaine. On est conquis par la présence ténébreuse, cabotine de Robin Causse, la voix ensorcellante de Deniz Özdoğan, le jeu de jambes d’Alexis Lameda-Waksmann, la fébrilité de drag queen de Julien Cheminade, le potentiel comique de Sol Espeche, la force virile d’Adrien Melin, la grâce électrique Valentine Gérard, la folie décalée de Sophie Jaskulski, l’élégance d’Aude Ruyter et enfin le charme déroutant d’Emilie Maquest.N’hésitez pas, allez assister à cette Fin de l’Europe, une tragi-comédie burlesque divertissante qui pousse avec intelligence et finesse à la réflexion sur ce qu’est en train de devenir le vieux continent dévoré par le capitalisme, rongé par un nationalisme de plus en plus prégnant. Brillant !Olivier Frégaville-Gratian d’Amore pour l’Œil d’OlivierFin de l’Europe de Rafael Spregelburd
MC93 – Nouvelle salle
9 Boulevard Lenine
93000 Bobigny
jusqu’au 11 mars
Durée 4h15 avec entractemise en scène de Rafael Spregelburd en collaboration avec Manuela Cherubini
et assité de Federico Perrone
Avec Robin Causse, Julien Cheminade, Sol Espeche, Alexis Lameda-Waksmann, Adrien Melin, Valentine Gérard, Sophie Jaskulski, Emilie Maquest, Aude Ruyter, Deniz Özdoğan
Dramaturgie et traduction de Guillermo Pisani
Décor et lumières d’Yves Bernard
Vidéo de Quentin Vigier
Construction décor : Ateliers de la Comédie de Caen
Coproduction Comédie de Caen – CDN de Normandie, Comédie de Reims – CDN, Théâtre de Liège, Teatro Stabile di Genova
Création du 4 au 7 octobre 2017 à la Comédie de Caen.

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*Soheib Bencheikh : «Il y a des signes de décadence de la société française»

L’ancien mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, vient d’être mêlé à une polémique en France, dont il se serait sans doute passé. Invité par une radio pour s’exprimer sur les dérapages du Front national concernant la viande halal, les propos de M. Bencheikh ont été insidieusement manipulés par le parti de Le Pen pour en faire un appel à voter Front national. Terriblement gêné, l’ancien mufti remet dans cet entretien les choses à leur place.

-Vous vous êtes retrouvé au centre d’une polémique dont a bien profité le Front national en France. Comme cela s’est-il passé ?

Vous savez, un proverbe français dit : «A la guerre comme à la guerre, on n’attend d’un ennemi que la pire des choses.»
Dans une déclaration qui ne visait même pas le Front national, j’ai employé l’expression le front national, à titre de comparaison, de façon métaphorique. J’ai dit qu’«il vaut mieux le front national, l’original, que la copie». Exactement comme on dit en français : «Plutôt le diable que celui-là !» Et les gens du Front national, dans leur guerre, ont utilisé cette comparaison, défavorable normalement, pour écrire sur leur site que «l’ancien mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, appelle les musulmans à voter pour le Front national». C’est le comble du masochisme !Aucun droit de réponse ne peut venir à mon secours. Ayant fait mon intervention à la radio RTL en Algérie, je me suis dit que j’ai peu de moyens pour réagir et dénoncer cette manipulation de mes propos.

-Et vous ne l’avez pas fait en France ?

Si, j’ai envoyé ma réaction à l’AFP, mais il n’y a que les grands journaux respectables qui vont la reprendre. Pas dans les sites web où les gens regardent vraiment les forums.

-Cela vous gêne-t-il à ce point qu’on vous colle ce genre d’étiquette ?

Oui, ça me gêne d’être dans les forums du Front national comblé d’éloges par leurs militants.

-Cela ne vous paraît-il pas contradictoire que le Front national, qui est par essence anti-arabe et anti-immigrés, utilise justement un Arabe pour une propagande politique ?

Au contraire, cela veut dire ceci pour le Front national : voilà que l’un des leurs (un Arabe) a témoigné en notre faveur. Donc oui, je suis gêné par la manipulation de mon propos qui a donné à mon corps défendant du grain à moudre au Front national. Le fait que je sois comblé d’éloges par les militants du FN sur Internet, ceux-là mêmes qui insultent les Algériens, ceux-là mêmes qui crient à l’arabisation de la France, me fait mal.

-Et dans votre entourage comment ont réagit les gens ?

J’ai fait une petite vidéo où j’explique cette manipulation dont j’ai été victime et j’espère que les gens vont pouvoir comprendre cette affaire. Cela étant dit, dans les débats publics, je ne représente pas la communauté, car, en Islam, il n’y a pas de clergé.

-Cette affaire en dit long sur le débat ambiant en France sur la place de l’Islam et des musulmans …

Il y a des signes palpables de la décadence de la société française. Au lieu de répondre aux véritables questions sociales, économiques et culturelles, on est en train d’exploiter les besoins d’un instinct frileux, la peur du rejet. On veut à tout prix faire peur aux Français. C’est une peur injustifiée et injustifiable de l’Arabe et du musulman. Ils veulent démontrer que nous sommes en train d’arabiser, de «tiers-mondiser», d’islamiser… ça c’est mauvais. Moi je suis étonné que celui qui veut être à la tête de la République souhaite pour elle la déchirure. C’est là une décadence par une paresse intellectuelle, par une frilosité et l’enfermement.

-L’Algérie est à la veille d’élections législatives. Comment ce scrutin est-il vu de l’extérieur, de France surtout ?

Je vous annonce déjà que j’ai décidé d’être plus présent ici en Algérie, voire très présent, pour participer au débat avec mes pairs. Pas dans un Parlement. Et je ne sais même pas si ce débat existe là-bas. Il faut favoriser le pluralisme, il y a un terrorisme intellectuel qui consiste à brandir «Al Islam» ou «Al Watan» (la patrie). OK, Al Watan, mais vous n’êtes pas le porte-parole de ce Al Watan ? Vous ne pouvez pas utiliser des principes généraux pour nous faire taire. J’ai souhaité donc qu’autour de chaque principe il y ait des avis contraires.

-Pensez-vous que les islamistes vont gagner en mai prochain ?

Normalement, on prévoit pour eux une grosse minorité entre 30 et 40%, à l’instar de ce qui s’est passé en Tunisie. Mais je crois qu’en Algérie, ils auront moins, parce que l’Islam politique on l’a déjà expérimenté. Je pense que le discours islamiste ne paye plus comme avant parce que nous l’avons déjà «essayé». (El Watan-14.03.2012.)

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**Affaire Tarik Ramadan

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**vidéo: Les preuves de l’innocence de Tariq Ramadan

**la prétendue impartialité de la justice françaises perd des preuves et des documents qui prouvent l’innocence de Tarik Ramadan

     **une conspiration orchestrée !

*Le Parquet perd la preuve de l’innocence de Tariq Ramadan 

**on refuse aux avocats l’accès au dossier d’inculpation pour cacher les anomalies et les incohérences du parquet 

**Lynchage médiatico-politique

**cliquer ici: C’est déjà truqué

**dans la même page: 

Comment la France exécute les chefs d’Etat africains depuis plus d’un siècle.

**vidéo: Comment la France exécute les chefs d’Etat africains

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*****des Français eux-mêmes dans cette vidéo, parlent des procédés criminels utilisés en Afrique pour menacer et faire plier les chefs d’Etats africains en n’hésitant pas à les assassiner.

**une autre vidéo sur le même sujet

**Comment la France tue, et pille l’Afrique ?

**Comment le nouvel ordre mondial a tué Mouammar Khadafi

*Dix milliards d’euros libyens « gelés » en Belgique ont disparu

*22 présidents africains assassinés par la France depuis 1963

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**Comment Macron nous a été imposé. – YouTube

**Attali « Les élus n’ont plus de pouvoir et voici votre avenir » Effrayant !

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*La France va rejoindre le monde des Zombie Nations

La France doit se défaire de son ADN pour rejoindre le monde des Zombie Nations, une méthode “en profondeur” (aïe) pour rattraper un “retard dû à des habitudes sans justification” (un héritage révolutionnaire et de luttes sociales). Gageons que le modèle social français va être un peu moins pneumatique lors de la prochaine crise

« Nous allons continuer en France à réformer en profondeur, avec bienveillance mais avec la certitude que notre pays à besoin de ces transformations pour rattraper un retard qu’il a accumulé depuis des décennies et qui était inexplicable. Pour mettre fin à un chômage de masse auquel nous nous sommes habitués. Pour mettre fin à des habitudes qui n’avaient plus de justification. 

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Pour redonner de la force et avec elle la possibilité d’être vraiment juste », a lâché Emmanuel Macron d’une traite avant de s’en prendre avec virulence aux « commentateurs fatigués qui voudraient qu’il y ait un terme à ce mouvement ».

Un mouvement que, selon lui, « les Français veulent profondément 

**source: mediapart.fr / dimanche 11 mars 2018

**vidéo:  a la queue leu leu teletubbies

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5 réponses à “la démocratie qui se meurt dans les pays européens”

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