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OÙ va l’Algérie? -3

28092017

**  «Trop, c’est trop !»

Déclaration de Ahmed Taleb-Ibrahimi, Ali-Yahia Abdennour et Rachid Benyellès

Au-delà des conditions particulières dans lesquelles il avait été porté au pouvoir en 1999, ou des ajustements successifs de la Constitution pour en faire un document assurant une présidence à vie, le chef de l’Etat actuel, très lourdement handicapé, notamment depuis sa deuxième hospitalisation à l’étranger en mai 2013, n’est manifestement plus en mesure de continuer à diriger le pays.

Totalement absent de la scène nationale et internationale, il apparaît, dans les rares occasions où il est exhibé pour dissiper les rumeurs et montrer qu’il est toujours en vie, dans un état de délabrement physique qui ne laisse aucun doute sur son incapacité à gouverner.
Dans tout autre pays démocratique, pareille situation aurait conduit soit à une démission librement exprimée par le Président, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, soit à la destitution de celui-ci par voie constitutionnelle.

Hélas ! Pas en Algérie où l’état d’empêchement, pourtant prévu dans l’article 102 de la Constitution, ne peut être appliqué tant que les institutions chargées de sa mise en œuvre sont aux ordres de ceux qui détiennent véritablement le pouvoir, à savoir l’entourage familial du Président et un groupe de puissants oligarques disposant des richesses du peuple selon leur bon vouloir.

Gérant le pays au jour le jour, ils ont acheté la paix sociale en inondant le marché de produits et services d’importation, en empochant au passage des commissions faramineuses vite transférées ou gardées à l’étranger. Ils ont détourné et dilapidé la manne pétrolière sans se soucier de l’avenir du pays alors que la poussée démographique, toujours aussi forte, l’épuisement annoncé de nos réserves en hydrocarbures, la fonte de nos réserves de change et la baisse durable des cours du pétrole font craindre le pire pour la survie de la population et la cohésion nationale.

Même s’ils ont toujours déploré la mauvaise gestion de leur pays et l’emprise des affairistes sur son économie, les Algériens, encore marqués par les traumatismes de la décennie noire, ont laissé faire, de peur de compromettre le rétablissement de la paix sociale enfin retrouvée et de revenir aux années les plus sombres du terrorisme avec les conséquences dramatiques qui pourraient en découler de nouveau.

Cette peur a inhibé chez eux toute volonté de réagir pour changer le cours des événements et mettre fin aux pratiques mafieuses qui ont fini par discréditer et ruiner un pays riche, réduit aujourd’hui à faire fonctionner la planche à billets. Ce recours au «financement non conventionnel» – un euphémisme pour ne pas parler de faillite – marque le point de départ d’un processus de paupérisation qui accentuera inévitablement le mécontentement populaire et pourrait conduire à des troubles.

Forts de l’impunité dont ils ont bénéficié jusqu’à présent et persuadés qu’ils peuvent tout se permettre en l’absence de réactions significatives de la part des partis d’opposition et de l’opinion, les responsables de cette banqueroute poussent l’arrogance et le mépris envers les citoyens jusqu’à préparer la candidature pour un cinquième mandat présidentiel, d’un vieil homme impotent et incapable de s’exprimer. Trop, c’est trop !

Pour éviter le naufrage et sauver ce qui peut l’être encore, nous devons taire nos divergences culturelles, linguistiques et politiques pour crier à l’unisson : «ça suffit !» Pour nous faire entendre et faire barrage à ceux qui ont confisqué notre destin depuis près de vingt ans, nous devons parler d’une seule voix et nous mobiliser derrière ceux des partis d’opposition qui s’engageront à respecter un programme d’action commun visant l’instauration de la démocratie, l’application de la justice sociale et le respect des libertés publiques individuelles et publiques. Nous n’insisterons jamais assez sur le fait que seul un front commun est en mesure de peser sur la situation pour changer le rapport des forces, et favoriser l’avènement d’hommes et de femmes de qualité.

Quant à l’Armée nationale populaire qui demeure encore l’institution la moins dépréciée du pays, le moins qu’elle puisse faire, à défaut d’accompagner le changement qui s’impose et de participer à l’édification d’une République véritablement démocratique, c’est de se démarquer de manière convaincante du groupe qui s’est emparé indûment du pouvoir et entend le conserver en laissant croire qu’il a le soutien de cette même institution.

Alger, le 7 octobre 2017

Abdennour ALI-YAHIA
Rachid BENYELLES
Ahmed TALEB-IBRAHIMI

**Parue dans el watan- dimanche 08 octobre 2017

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*Vidéo Mustapha Bouchachi ceux qui nous gouvernent n’aiment pas notre pays ni son peuple

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Mokrane Aït Larbi. Avocat et défenseur des droits de l’homme

«Envisager un 5e mandat pour le Président est une provocation…»

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le 23.10.17 |

Sérieuse option ou écran de fumée ? «Le but du débat sur l’éventualité d’un 5e mandat pour Abdelaziz Bouteflika est de détourner l’opinion publique et de faire oublier la crise multidimensionnelle à laquelle le pouvoir actuel est incapable de trouver des solutions», analyse Mokrane Aït Larbi.  «Toute tentative d’un 5e mandat ou de ‘‘tawrith’’ (succession dynastique) poussera inévitablement le peuple à s’exprimer dans la rue», prévient-il.

- Des acteurs politiques expriment des inquiétudes d’abord en raison des difficultés de la situation au double plan politique et économique dans laquelle se trouve le pays, mais aussi de «peur» de voir Abdelaziz Bouteflika briguer un 5e mandat présidentiel. Pensez-vous que c’est une option plausible ?

Est-ce que la classe politique et les médias sont condamnés à passer les 18 mois qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle à parler d’un éventuel 5e mandat pour Abdelaziz Bouteflika ou d’un éventuel premier mandat pour son frère ? Ce discours repris par calcul ou de bonne foi risque de banaliser cette option et de laisser le peuple indifférent. Or, le fait d’envisager un 5e mandat pour un Président qui a du mal à terminer le 4e est en soi une provocation et un mépris pour le peuple.

Pour rappel, le peuple algérien, malgré les conditions de vie difficiles, n’est jamais descendu dans la rue pour défendre son pain. Cependant, il l’a fait dans des moments décisifs de son histoire pour défendre sa dignité, en mai 1945, décembre 1960, l’été 1962, avril 1980 et octobre 1988, pour ne citer que ces dates.

Ces quelques faits historiques démontrent que toute tentative d’un 5e mandat ou de «tawrith» poussera inévitablement le peuple à s’exprimer dans la rue. A mon avis, le but du débat sur l’éventualité d’un 5e mandat pour Abdelaziz Bouteflika est de détourner l’opinion publique et de faire oublier la crise multidimensionnelle à laquelle le pouvoir actuel est incapable de trouver des solutions.

Car au moment où l’opposition subit les dommages collatéraux des dernières élections législatives, les «faiseurs» de présidents préparent un candidat de consensus des différents groupes d’intérêt. Et ce «consensus» trouvera bien entendu un soutien inconditionnel de dizaines de partis politiques sans militants, de la direction de l’UGTA et autres «organisations de masse», du FCE…

- Le chef de l’Etat exerce-t-il encore sa fonction, ou sommes-nous en présence d’une vacance du pouvoir ?

Cette question a été posée lors de l’hospitalisation du Président au Val-de-Grâce, mais l’absence de Abdelaziz Bouteflika pendant huit mois n’a pas empêché le 4e mandat. Sur le plan constitutionnel, l’empêchement du Président d’exercer ses fonctions pour maladie grave et durable ne peut se réaliser qu’en application de l’article 102 de la Constitution, qui prévoit que le Conseil constitutionnel propose à l’unanimité de déclarer l’état d’empêchement au Parlement, qui doit se prononcer à la majorité des deux tiers des deux Chambres réunies.

Or, le Conseil constitutionnel n’est pas indépendant, et les partis qui demandent la mise en application de cette procédure n’ont pas la majorité parlementaire, de même que les partis qui ont la majorité ne veulent pas entendre parler de cette option, car pour ces derniers lePprésident «exerce ses fonctions au quotidien».

Donc, cette procédure sur le plan légal et pratique semble impossible, en tout cas pour le moment. Par conséquent, l’opposition, réduite à s’opposer par communiqués, est invitée à trouver d’autres options de sortie de crise. Par ailleurs, le peuple algérien n’a pas entendu la voix du Président depuis son investiture en avril 2014. Face à cela, je ne pense pas qu’il y ait un Algérien qui n’ait pas de réponse à ce sujet.

- Etes-vous du même avis que ceux qui considèrent que le chef de l’Etat ne tient plus le gouvernail et que d’autres forces «extraconstitutionnelles» s’emparent de la décision politique et économique ?

Beaucoup de personnalités spéculent sur cette question, mais personne n’a vu de près comment sont prises les décisions importantes, ni par qui, car elles sont prises dans les coulisses du pouvoir. Et ce n’est pas à travers une analyse virtuelle qu’on peut répondre à cette question. A mon avis, il n’y a que six hauts responsables qui peuvent et doivent y répondre. J’ajouterais que le Parlement a le pouvoir de les convoquer et de les inviter à répondre publiquement à la question.

- Le débat sur le rôle de l’armée dans la décision politique refait surface. Comment sont, selon vous, les rapports entre l’institution militaire et la Présidence ?

Le Président ne s’exprime pas, le commandement militaire ne communique pas sur les relations entre le Président et l’armée, comment voulez-vous qu’à partir de mon cabinet ou d’une salle d’audience, loin d’El Mouradia, des Tagarins, et même de Zéralda, je puisse connaître les relations entre ces deux institutions ? Ceci étant dit, je pourrais me livrer, comme certains, à une analyse virtuelle sur des sujets aussi graves relatifs au fonctionnement au sommet de l’Etat, mais je laisserai cela à des esprits plus éclairés.

- Le rôle de l’armée sera-t-il décisif dans le choix du Président en 2019 ?

Pour rappel, c’est le commandement militaire qui a créé et soutenu ce système depuis 1962, en imposant les chefs de l’Etat, d’Ahmed Ben Bella à Abdelaziz Bouteflika. Et je ne vois pas pour quel motif l’armée dérogerait à cette règle en 2019. Il est de notoriété publique que le pouvoir n’a pas de candidat naturel, et que chaque clan du système cherche à imposer son chef pour préserver ses intérêts claniques.

Et que l’opposition, malade de leadership et de problèmes internes, n’a pas les moyens de se mettre d’accord sur un candidat face à celui du pouvoir, ni la crédibilité nécessaire pour mobiliser les électeurs. Face à cette situation, c’est l’armée qui choisira encore une fois le Président. D’ailleurs, certaines personnalités refusent de s’exprimer publiquement, chacune dans l’espoir d’être «l’heureux élu».

- Les rapports de force au sein du système de pouvoir ont-ils évolué depuis la dissolution du DRS, et au profit de qui ?

La réorganisation des services et le changement de sigle n’impliquent pas forcément un déséquilibre des rapports de force au sein du système. Par ailleurs, le DRS, qui a été un Etat dans l’Etat et a joué un rôle fondamental dans le choix des personnes, n’a pas tenté, contrairement aux idées reçues, de déstabiliser le président de la République.

Et là, il ne s’agit pas d’une information mais d’un constat. Pendant la longue absence de Abdelaziz Bouteflika, due à son hospitalisation au Val-de-Grâce et sa convalescence aux Invalides, le chef du DRS de l’époque avait tous les moyens de mettre en application l’article 88 (actuel 102) de la Constitution, mais il ne l’a pas fait. Donc, malgré l’existence de divergences sur le fonctionnement de l’Etat entre le Président et les services, je ne pense pas que l’un cherche à déstabiliser l’autre au détriment du système.

- Vous militez pour le changement de régime. Concrètement, comment cela va-t-il se traduire sur le terrain politique ? Par un changement brutal, ou par une évolution en douceur ?

Le changement d’un régime ne peut pas s’effectuer du jour au lendemain. Pour le faire, il y a effectivement deux grandes options : un soulèvement populaire à la tunisienne, ou une évolution et un accord à moyen terme entre les forces de changement et le pouvoir en place. Pour se libérer du colonialisme français, les militants du mouvement national ont choisi la violence révolutionnaire constructive.

Aujourd’hui, pour nous libérer d’un système totalitaire, l’option de la violence, quelles que soient ses formes, est à écarter pour ouvrir la voie à l’intelligence, à l’organisation, au dialogue, à la crédibilité, à l’exemplarité. En un mot, à une voie pacifique réfléchie. La voie pacifique nécessite, à mon avis, un grand débat libre sur la crise multidimensionnelle que traverse notre pays.

Ce débat doit permettre l’émergence d’hommes et de femmes compétents, crédibles, intègres et démocratiques, capables de mobiliser le peuple et d’imposer au pouvoir la voie de la démocratie, de liberté et de respect des droits de l’homme. Pour éviter la violence et réussir un changement pacifique, le peuple doit se sentir concerné. Et sans rapport de force au sein de la société, le pouvoir ne cédera jamais.

- La présidentielle de 2019 sera-t-elle une opportunité d’amorcer ce changement, ou vous pensez que les conditions actuelles favorisent le statu quo ?

L’élection présidentielle est toujours une opportunité d’amorcer un changement pacifique vers la démocratie et l’Etat de droit. Cette élection nécessite au préalable l’existence d’une volonté politique, au sein du pouvoir et de l’opposition, de réaliser ce changement. Mais les conditions actuelles ne favorisent pas une élection présidentielle libre, ouverte et respectueuse de la volonté populaire. La crise actuelle imposera certes quelques changements permettant la survie du système, mais tout porte à croire que la démocratie et l’Etat de droit ce n’est pas pour 2019.

- De son côté, l’opposition dans ses différentes tendances n’arrive toujours pas à se poser en vraie alternative en mesure de contraindre le pouvoir à négocier le changement. N’est-elle pas elle aussi en crise ?

Certes, le pouvoir n’a laissé aucune marge à l’opposition. Les marches pacifiques et les réunions publiques sont soumises à autorisation. Les pouvoirs publics sont arrivés à interdire même les Cafés littéraires, les réunions de la LADDH présidée par Hocine Zehouane, et une journée d’étude sur les réformes de la justice organisée par l’Association des jeunes avocats. L’opposition n’a donc aucune marge de manœuvre.

Au niveau du Parlement, les députés et sénateurs de l’opposition ont le droit de parler, de proposer et de dénoncer, mais la décision leur échappe. Même les questions orales et écrites adressées aux ministres sont censurées par le bureau des deux Chambres. Face à ce constat, le pouvoir ne peut pas interdire aux partis politiques de l’opposition de recruter des militants, d’organiser des débats au sein de leurs sièges et dans des salles de mairie qu’ils contrôlent.

Mais apparemment, la situation actuelle ne dérange pas les partis de l’opposition, encore moins ceux de la majorité, car les pouvoirs publics ne leur demandent pas de comptes sur la provenance de leurs biens et la gestion de leurs finances. Ajouté à cela que ces partis sont traversés par des crises internes causées généralement par le choix des candidats aux différentes élections.**Hacen Ouali - el watan – le 23.10.2017

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Le crépuscule de la diplomatie

le 23.10.17 | 

Il n’y a pas de jour sans que la gouvernance du pays ne s’effrite et cette fois-ci, c’est notre politique étrangère qui vient d’être affectée par un couac assez sérieux, donnant l’occasion à la monarchie marocaine de marquer un point dans sa position traditionnelle sur la question du Sahara occidental qui est de réduire celle-ci à un conflit «algéro- marocain», c’est-à-dire entre deux Etats voisins.

De tout temps, Rabat a tenté de la vider de sa substance colonisatrice alors même que la communauté internationale a fini par admettre cela. Dès 1975, année de l’occupation du Sahara occidental, l’Algérie a joué un rôle de premier plan dans la démystification de la position marocaine et son peuple y a toujours adhéré, et ses dirigeants globalement.

Comme des progrès dans le sens de la décolonisation ont commencé à apparaître ces dernières années, la diplomatie algérienne se devait de continuer à jouer un rôle d’aiguillon, le Maroc ne baissant pas les bras, soutenu par de grandes puissances, notamment la France qui se place systématiquement – et s’est toujours placée – aux côtés de la monarchie marocaine. Mais en politique étrangère, il suffit d’un rien pour tout faire basculer, c’est pour cela que nos diplomates n’ont pas droit à l’erreur et au manque de subtilité, pas uniquement sur la question sahraouie. Lorsqu’il était actif, le président Bouteflika maintenait une certaine vitalité à la diplomatie algérienne. Il avait à son actif son expérience et sa notoriété, mais dès lors qu’il ne pouvait ni se déplacer ni recevoir convenablement ses pairs, il signait la descente aux enfers de la diplomatie algérienne. La survie de celle-ci n’a pu être assurée que grâce à la compétence et au dévouement de nombre de fonctionnaires au sein de l’appareil diplomatique, parmi eux l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.

Celui-ci a fait bouger des lignes avant d’être dégommé brutalement par le président de la République sans raisons objectives. Vraisemblablement, le chef de l’Etat ne pouvait supporter son émergence comme diplomate hors pair en activité, statut que la communauté internationale lui a reconnu depuis. La monarchie marocaine en tira d’ailleurs profit, Ramtane Lamamra ayant œuvré intelligemment et discrètement pour faire avancer le dossier sahraoui. Sur la question de la Libye, l’Algérie a été disqualifiée dès le moment où sa diplomatie a été ambiguë sur le sort de la personne d’El Gueddafi lors de sa chute. Elle n’avait pas saisi l’intensité du désir de changement des Libyens. Aujourd’hui, elle ne joue plus qu’un rôle secondaire dans le règlement de la question libyenne alors même qu’elle partage avec la Libye une longue frontière et qu’elle est confrontée à des périls similaires.

Globalement, là où elle était un temps active et efficace, spécialement dans le monde musulman et arabe et en Afrique, la voix de l’Algérie s’est quasiment éteinte : c’est la sanction de la grave crise multiforme interne qu’elle connaît. Plus un pays est avancé démocratiquement et fort économiquement, plus il est écouté et estimé à l’extérieur de ses frontières, ce qui n’est plus le cas de l’Algérie. Et pourtant, le pays a beaucoup donné à l’histoire : une des plus dures guerres de libération que le monde ait connues, un large soutien sincère de sa population et de ses dirigeants au lendemain de l’indépendance aux grands mouvements de libération africains, arabes et américains et une résistance héroïque contre le terrorisme durant une dizaine d’années alors que toutes les capitales lui tournaient le dos. Pour cela, l’Algérie mérite une grande diplomatie, ne serait-ce que pour entretenir le grand capital de sympathie que lui vouent les populations du monde.
 *Ali Bahmane-  el watan – le 23.10.2017

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Le FFS met en garde contre la répression d’éventuels mouvements sociaux

«La déliquescence du système de gouvernance s’accélère»

el watan-le 16.10.17 | OÙ va l’Algérie? -3 trans

Le Front des forces socialistes (FFS) dénonce «l’accélération de la déliquescence du système de gouvernance politique» dans le pays.

«Cette accélération est marquée par le changement de Premiers ministres par trois fois depuis le mois de janvier dernier, une référence constante à un programme du Président qui a conduit à la crise multidimensionnelle actuelle en l’aggravant, une persistance à réduire cette crise à une dimension financière alors qu’elle est fondamentalement politique et à préconiser comme antidote des mesures d’austérité antisociales et la planche à billets que l’on sait anti-économique du fait de son caractère inflationniste et de l’impact négatif sur le pouvoir d’achat pour les citoyens», explique le Conseil national du parti, à l’issue de sa réunion tenue samedi dernier à Alger.

Estimant que la régression politique, économique, sociale, culturelle et environnementale «à laquelle nous assistons ira en s’amplifiant à cause des dernières mesures prises et l’incapacité des différents secteurs d’activité à répondre aux aspirations basiques des citoyens en matière notamment de santé, d’éducation, et de logement».

Anticipant sur une éventuelle protestation sociale contre les mesures d’austérité, «le Conseil national du FFS met en garde les autorités contre toute tentation de gérer par la répression les mécontentements populaires suscités par cette situation intenable avec les pertes de pouvoir d’achat et s’élève par avance contre toute atteinte aux droits de l’homme et aux libertés individuelles et collectives, notamment celle de manifester pacifiquement».

«Le Conseil national appelle les militants à tous les niveaux à faire preuve de pédagogie envers les citoyens, à expliquer que leurs conditions de vie et de travail sont dictées par une minorité qui n’a pas la légitimité démocratique pour le faire, à imputer cette situation à la responsabilité du régime politique qui ne représente pas la majorité de notre peuple et à donner ainsi un prolongement politique à leurs revendications sociales», lit-on dans le même document.

Le Front des forces socialistes compte mettre à profit les prochaines élections locales pour livrer des messages aux Algériens. «Les prochaines élections sont une occasion pour engager cette rhétorique, en soulignant chaque fois lors des échanges avec les citoyens que leur présent et l’avenir de leurs enfants ne peuvent être sauvegardés et améliorés qu’avec la fin de ce régime et l’avènement d’un Etat de droit et de la démocratie.

C’est également un moment fort d’échanges sur notre projet de reconstruction d’un consensus national seul à même d’assurer le changement attendu, et ce, de façon pacifique», ajoute-t-on dans le même document. Se référant à l’élimination de la candidature de «l’assassin d’Ali Mécili» présentée par le RND, le Conseil national du FFS se dit persuadé que la sensibilisation et la mobilisation de l’opinion «sont les leviers qui permettront d’accélérer la fin de ce régime». *el watan  lundi 16 octobre 2017

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Budget de l’année 2018 par secteur

L’Etat toujours aussi dépensier

**Pour les les gens d’en haut il y a de l’argent, pour le peuple d’en bas, il doit serrer la ceinture

Le projet de budget de l’Etat pour l’année 2018, dont nous avons obtenu une copie, ne reflète pas une inquiétude particulière quant à la santé financière du pays.

La crise financière est loin d’être une préoccupation pour le train de vie de l’Etat. Les services de l’Etat tiennent à leur confort et ne s’en cachent pas. A part quelques ajustements par-ci par là, le projet de budget de l’Etat pour l’année 2018, dont nous avons obtenu une copie, ne reflète pas une inquiétude particulière quant à la santé financière du pays. Même que la présidence de la République se permet une hausse de budget de 33 007 000 DA pour atteindre une dotation globale de 78 590 000 DA.

Une hausse dédiée à satisfaire, entre autres dépenses, la rubrique des achats, de l’habillement, l’alimentation et le parc automobile. Ce dernier se voit d’ailleurs gratifié de 7 000 000 DA de plus. Comme si l’achat de nouveaux véhicules était une nécessité vitale pour le fonctionnement des services de la Présidence.

Ces derniers se permettent le luxe de reconduire des dépenses de 93 300 000 DA pour les frais de formation et de perfectionnement du personnel de la Présidence et d’honorer les prix du président de la République pour la médecine, pour la promotion de la langue nationale et la science et la technologie.

La résidence El Mithaq reçoit un budget de 22 320 000 DA, et une dotation de 1 828 690 000 Da est destinée aux cérémonies officielles, autres conférences et séminaires, au financement du mouvement associatif et aux indemnités dues par l’Etat. Les travaux d’entretien pour les immeubles et biens de l’Etat maintiennent le même niveau de dépenses.

495 millions de dinars sont proposés à la faveur du budget 2018 pour renforcer les infrastructures administratives de la présidence de la République dont 80 millions de dinars pour la réhabilitation de l’annexe de la résidence officielle de Annaba et 200 millions de dinars pour la réalisation de travaux divers à la direction générale de la sécurité présidentielle à Beni Messous.

Si le budget de fonctionnement 2018 des services du Premier ministère est en baisse de seulement 1,12% par rapport à l’exercice 2017, soit une dotation globale de 4 458 622 000 DA, il est utile de noter que le même train de dépense est maintenu. 30 millions de dinars seront alloués pour l’acquisition de 10 nouveaux véhicules, 126 millions pour l’amélioration du service informatique et 1462 millions pour la résidence d’Etat du Sahel, dont 1300 millions de dinars pour les travaux d’entretien et d’ameublement et 160 millions de subventions au profit des 123 villas Les Dunes.

Le plus budgétivore des ministères, à savoir la Défense nationale, garde pour sa part la même dotation financière que l’année 2017 pour l’exercice 2018, avec un budget de 1 118 297 000 000 Da. Comme de coutume, le détail des dépenses de l’armée n’est pas rendu public, mais dans le document que nous avons obtenu, il est bien écrit que le niveau des dépenses en faveur de l’action sociale a augmenté pour ce ministère de 74,80%.

L’action sociale couvrant les œuvres sociales, les subventions à la Caisse des retraites militaires et les frais de transport des invalides de l’ANP. Une hausse d’une valeur de 11,76% concerne aussi les subventions destinées aux hôpitaux militaires. Le deuxième grand dépensier de l’Etat, à savoir le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, voit son budget de fonctionnement augmenté de 7% en 2018, en arrivant à une dotation de 425 576 443 000 Da.

Une hausse justifiée par des dotations supplémentaires aux services de l’administration générale, comprenant l’administration centrale, les services déconcentrés, le Palais du gouvernement, la direction de la coordination de la sécurité du territoire (DCST), la délégation nationale aux risques majeurs et la direction de l’aménagement du territoire. Ces structures ont vu leur budget augmenté de 34,05%.

La Direction générale de la Sûreté nationale est dotée d’un budget de 254 212 410 000 Da qui n’est pas loin du budget du ministère des Moudjahidine doté de 225 169 592 000 Da, en baisse de 8,45% par rapport à 2017. Le budget du ministère de l’Energie est quant à lui en hausse de 15,06% en passant à 50 806 569 000 Da, dont une grande part est destinée à couvrir les dépenses de l’administration centrale. **Nadjia Bouaricha- el watan – 17 octobre 2017

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Me Boudjemaa Ghechir. Avocat et militant des droits de l’hommeaiment notre pays ni son peuple

«Le Conseil constitutionnel dans notre pays est un simple organe du système»

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el watan -le 11.10.17 | 

- Au-delà des oppositions politiques, des divergences juridiques pointent aussi concernant l’application de l’article 102 de la Constitution et le rôle du Conseil constitutionnel. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

Vos lecteurs ont besoin de comprendre un certain nombre de notions juridiques et la conception qui les lie à ce sujet. En plus de ses prérogatives, la Constitution a chargé le Conseil constitutionnel d’une tâche très distincte qui a pour but d’assurer la continuité au sommet de l’Etat. Le président de la République a deux fonctions.

Une fonction institutionnelle que décrit l’article 84 de la Constitution, et laquelle se décompose en trois aspects : (Le président de la République) 1- Incarne l’unité de la nation ; 2- Il est garant de la Constitution ; 3- Il incarne l’Etat dans le pays et à l’étranger. A quoi s’ajoute une fonction politique (non écrite celle-là) dont il est comptable seulement devant ses électeurs.

Le Conseil constitutionnel s’intéresse seulement à la première fonction, c’est-à-dire la fonction institutionnelle. L’absence du Président sur les scènes nationale et internationale provoque une coupure entre les institutions et la tête de la chaîne de commandement, surtout que le Président dans notre constitution jouit d’un large éventail de prérogatives.

Des prérogatives à tel point étalées qu’elles ont fini par unir les fonctions exécutives à tous les niveaux, du pouvoir de nomination du secrétaire  général d’une commune aux fonctions régaliennes, diplomatiques, de défense, de souveraineté et de sécurité nationales.

Pour une meilleure qualité de continuité au sommet de l’Etat, le Conseil constitutionnel doit suivre de près le président de la République dans l’exercice de ses fonctions institutionnelles. Car l’absence, même temporaire, à ce niveau de responsabilité, contribue à la destruction de la cohésion nationale, la mission fondamentale pour un chef de l’Etat. Ce dernier assume une fonction régulatrice et protectrice de l’édifice institutionnel.

Ainsi, l’Etat de droit exige l’existence de normes qui pourraient par leurs origines différentes entrer en conflit ; pour éviter un tel conflit et assurer la sécurité juridique des institutions et des citoyens et la cohésion sociale, elles sont strictement hiérarchisées entre elles, pour que l’on sache toujours laquelle doit obéir à l’autre.

Dans le cadre du respect de la hiérarchie des normes et la cohésion nationale, le chef de l’Etat doit être en mesure d’exécuter ses tâches afin d’assurer la cohésion nationale et la continuité au sommet de l’Etat.

- D’où l’intervention indispensable du Conseil constitutionnel…

L’œuvre du Conseil constitutionnel, en application de l’article 102, devra s’analyser loin de tous les autres articles de la Constitution. Cet article est impératif, il a une substance, il ordonne, instruit, interpelle les membres du Conseil constitutionnel pour qu’ils prennent leurs responsabilités dans le cas d’empêchement d’exercer la fonction présidentielle.

Si le Conseil constitutionnel constate que la fonction présidentielle n’est pas assurée à cause d’un empêchement temporaire ou permanent, il doit se réunir de plein droit pour vérifier la réalité de l’empêchement par tous les moyens appropriés. Et il s’agit d’une compétence exclusive au Conseil constitutionnel. L’article 102 de la Constitution s’intéresse aux effets de l’empêchement, non pas aux causes. Seul importe le fait que le Président ne peut pas exercer sa fonction.

- La terminologie a besoin d’être clarifiée justement. Que signifie par exemple «de plein droit ?

L’expression plein droit signifie qu’une règle s’applique de façon automatique et sans autres conditions ou formalités. Donc, le Conseil constitutionnel dans l’exercice de sa mission d’assurer la continuité au sommet de l’Etat n’attend aucune saisine.

Il faut savoir que le Conseil constitutionnel occupe une place très importante dans les normes constitutionnelles. Il a la compétence exclusive pour assurer la continuité au sommet de l’Etat. Je dis bien «continuité au sommet de l’Etat» et non pas «continuité de l’Etat», principe selon lequel un gouvernement doit honorer les engagements pris par le gouvernement précédent.

La notion de continuité au sommet de l’Etat est une situation particulière visant seulement la personne du président de la République. Le Conseil constitutionnel ne peut assurer la continuité de l’ensemble de l’Etat, mais seulement de son sommet, le chef de l’Etat doit être en mesure d’exécuter ses tâches.

- Des voix appellent à la saisine du Conseil constitutionnel suivant l’article 187 de la Constitution ; qu’en pensez-vous ?

L’article 187 concerne seulement le contrôle de la constitutionnalité des lois, il fait partie du chapitre «pouvoir législatif». Donc, ni le président du Sénat, ni le président de l’APN, ni le Premier ministre, et encore moins les membres de l’opposition ou du Sénat n’ont la qualité de constater l’empêchement au niveau du sommet de l’Etat. Ce constat doit être réalisé par un organe neutre, indépendant, qui mérite la confiance. C’est la pire des folies que de donner cette possibilité à l’opposition.

- Sauf que le Conseil constitutionnel demeure inerte face à la situation de santé du président de la République…

Les membres du Conseil constitutionnel et son président devraient assumer devant la nation et leur conscience les responsabilités qui leur sont impérativement dévolues par l’article 202 de la Constitution. Malheureusement, le Conseil constitutionnel dans notre pays est un simple organe du système ; un système politique qui n’accorde aucun crédit aux normes constitutionnelles et les règles de droit, et exerce une mainmise totale sur les institutions.

L’effectivité de la constitution impose l’application des règles permettant d’assurer la concrétisation des valeurs constitutionnelles. Malheureusement, cette effectivité est absente dans la réalité. L’attachement à l’Etat de droit tant prôné par le pouvoir actuel s’avère n’être que de vains mots destinés à séduire l’opinion internationale.

- Quelles pourraient être les perspectives dans ce cas ?

Notre société évolue dans l’état de délabrement caractérisant les structures politiques, économiques et sociales ; un état qui menace de provoquer une série de ruptures pouvant s’avérer irrattrapables. Il faut regarder l’avenir de notre pays avec froideur et rigueur : froideur pour éviter de céder aux émotions, aux préjugés, aux rêves et aux aventures ; et rigueur pour une analyse pertinente, cohérente, ayant pour objectif un changement pacifique.

Un certain nombre de mesures de clarification s’imposent en matière de projet de société, en matière de conduite des opérations de redéploiement économique, en matière du rôle de l’Etat, du secteur privé, de la société civile, la condition féminine, l’indépendance de la justice, la place de la religion et la liberté de la presse.*el watan -le 11.10.2017 | 

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FCE

Ouyahia accuse les patrons d’encourager l’informel

**mais il ne fait rien pour sanctionner et corriger cette situation anti-économique, anti-patriotique et anti-religieux

Le Premier ministre a usé d’un langage direct avec les hommes d’affaires algériens. Ahmed Ouyahia leur a reproché, de manière on ne peut plus claire, de participer à l’entretien de l’informel.

«Il est vrai que même dans de grands pays, comme l’Italie, qui est la 8ème puissance économique mondiale, le secteur informel représente 30% du PIB. L’informel, ce n’est pas le jeune chômeur qui vend un pantalon sur la rue Larbi ben M’hidi. L’informel, c’est celui qui cache chez lui des milliards sans les mettre dans les banques…», a dit M. Ouyahia, ajoutant que «lorsque des entreprises, parfois contraintes, refusent d’établir la facture, c’est une manière d’encourager l’informel». Il a affirmé que «la lutte contre l’informel n’est pas que le travail du seul gouvernement». «Payer ses impôts, établir une facture est un acte civique », a-t-il dit tout en invitant les chefs d’entreprises à adopter cette politique pour «lutter ensemble contre l’informel».

«Vous pouvez perdre une, deux fois. Mais l’établissement de factures doit être une culture», a ajouté Ouyahia. Il a d’ailleurs cité l’exemple d’un groupe industriel public, qui fabrique des vêtements en cuir, qui trouve des difficultés à se développer parce qu’il est obligé de respecter les règles du jeu.

L’une des méthodes que M. Ouyahia préconise pour lutter contre l’informel est de «réduire les importations». «A chaque fois que nous réduisons les importations, nous obligeons les gens qui ont de l’argent à l’investir», a-t-il ajouté.

Rania Aghiles/ .algerie-focus./ -le 18.10.2017 | 

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*la poignée d’oligarques gravitant autour du régime pourront continuer à siphonner ce qui reste des fonds publics.

    *Milieux d’affaires et pouvoir politique

Ali Haddad, l’argent et la succession

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el watan – le 23.10.2017 | 

Après avoir été dans le viseur du Premier ministre déchu, Abdelmadjid Tebboune, le patron du FCE, Ali Haddad, semble avoir plus que jamais le vent en poupe avec le retour d’Ahmed Ouyahia à la tête de l’Exécutif w Il annonce fièrement, comme pour mieux savourer sa revanche, que désormais «tout est rentré dans l’ordre».

Le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad, a attendu trois longs mois pour régler les comptes à l’ex-Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, qui l’avait révoqué de la cérémonie de remise de diplômes à l’Ecole nationale de la Sécurité sociale, à Alger. Sous les ovations de l’assemblée générale du FCE, réunie à l’occasion des travaux de l’université d’été, Ali Haddad n’a pas mâché ses mots : «Il y a quelques mois, nous avons été victimes d’une cabale, dont les instigateurs ont essayé de nous présenter comme des prédateurs en nous collant tous les maux.

Le prédateur c’est lui et non pas nous (…) Nous travaillons pour le bien de nos entreprises et pour le bien du pays. Nous sommes des constructeurs et non des destructeurs.» Et d’ajouter : «Tout est rentré dans l’ordre (…) Le gouvernement nous a clairement exprimé sa confiance.» L’aveu est clair. Qu’il incarne le président Bouteflika, ou son frère conseiller, le pouvoir est revenu sur sa décision de «séparer l’argent de la politique» et la poignée d’oligarques gravitant autour du régime pourront continuer à siphonner ce qui reste des fonds publics.

A lui seul, Ali Haddad a bénéficié de nombreux marchés dans le domaine des travaux publics, pour un montant de plus 400 milliards de dinars et d’autres dans le secteur de l’hydraulique, pour un montant d’un peu plus de 60 milliards de dinars, avec des paiements anticipés qui dépassent souvent les 50% du montant global des opérations, alors que les travaux de réalisation enregistrent des retards considérables ou sont paralysés. Juste pour avoir une idée de ces projets, nous pouvons citer quelques-uns très révélateurs.

C’est le cas de l’étude de maturation et de réalisation du tronçon de Tlemcen, de la ligne à double voie électrifiée Oued Tlélat-Akid Abbas, attribuée pour un montant de plus de 117 milliards de dinars (117 2773 594187 DA), ou encore les travaux de la nouvelle ligne ferroviaire à voie unique Relizane-Tiaret-Tisemsilt, dont a bénéficié l’ETRHB, pour plus de 100 milliards de dinars (100 673 919 733 DA), la pénétrante autoroutière reliant le port de Djenjen à l’autoroute Est-Ouest, attribuée à un groupement ETRHB-et deux sociétés (turque et italienne), portugais, les travaux d’aménagements des gorges de Kherrata, pour un montant de 9 milliards affectés à l’ETRHB et une société turque, plusieurs lots de raccordement de l’autoroute Est-Ouest, dédoublement reliant l’échangeur est de Bouira à Sour El Ghozlane, affectée de gré à gré à l’ETRHB, pour 5,350 milliards de dinars, travaux de renforcement de la piste principale et de ses annexes de l’aéroport d’Alger, attribué à Ali Haddad, pour plus de 2,450 millions de dinars, la réalisation des travaux d’accessibilité de la zone d’extension touristique de Sidi Fredj, à Palm Beach, pour un montant 6 milliards de dinars, etc.

Dans le secteur de l’hydraulique (l’Agence nationale des barrages, l’Algérienne des eaux, l’Office d’assainissement des eaux et l’Office national de l’irrigation et de drainage), la liste des marchés qu’a accaparé l’entreprise de Ali Haddad est très longue : les travaux de transfert du barrage de Beni Haroun pour plus de 9 milliards de dinars, transfert entre les barrages de Bouharoun et Bousiaba, que se partagent l’ETRHB avec l’entreprise de Kouninef (Koug. C) pour plus de 9 milliards de dinars, le transfert de la nappe de chott El Habra vers les agglomérations sud de Tlemcen, du nord de Naama, et du sud-ouest de Sidi Bel Abbès, attribué à l’ETRHB, pour un montant de 40 milliards de dinars, ou encore la réhabilitation du périmètre d’irrigation de Habra, affecté à l’ETRHB pour un montant de plus de 6 milliards de dinars.

Kouninef, Amor Ben Amor, Abdessmed, Haddad et la succession

Comment le patron du FCE peut avoir la mainmise sur une bonne partie des gros marchés de réalisation, si ce ne sont ses relations privilégiées avec le cercle présidentiel ? De nombreuses personnalités politiques, particulièrement la secrétaire générale du PT (Parti des travailleurs), Louisa Hanoune, avaient mis en garde contre l’envahissement du terrain de la politique par une caste d’oligarques qui a pris en otages les institutions de l’Etat, mises à son service.

Dès sa nomination en tant que Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune a été instruit par le président de la République, lors d’une réunion à laquelle ont pris part les ministres de la Justice, des Finances, de l’Intérieur, ainsi que le vice-ministre de la Défense, de faire «le ménage» pour «éloigner» les forces, comme l’a souligné Mme Hanoune, de «cette caste prédatrice, qui met à mal la souveraineté politique et économique du pays». Et c’est Ali Haddad, ainsi que quelques «hommes d’affaires» éclaboussés par des révélations fracassantes sur les colossales fortunes qu’ils ont érigées à l’étranger, alors que leurs principales activités se trouvent en Algérie qui sont visés.

Ce qui les met en violation avec les lois du pays. Comment Ali Haddad a-t-il pu transférer autant de fonds pour s’acheter des hôtels, une boîte d’assurance et une usine ou être porteur de parts dans des entreprises ? Comment le fabricant de pâtes alimentaires, Amor Ben Amor, a-t-il fait pour acheter un yacht à 20 millions d’euros ?

Ben Amor et Ali Haddad, sans oublier les Kouninef, les Abdessmed sont tous devenus le symbole de l’oligarchie mise au service du cercle présidentiel. Après l’hécatombe des résultats du scrutin législatif, avec une abstention massive et un vote à bulletins blancs, révélateur d’un mécontentement généralisé, au sommet de l’Etat, l’heure est à un recentrage des forces et c’est le Premier ministre Tebboune, qui avait été chargé de faire le ménage.

Il l’a fait d’une manière brutale, au point de susciter de la sympathie, chez l’opinion publique et la réponse de Ali Haddad, interdit d’accès à l’Ecole de la sécurité sociale, lors de son inauguration, est fulgurante. Humilié par la pluie de mises en demeure qui lui sont adressées pour le sommer de poursuivre les travaux des réalisations qui lui ont été affectées, et pointé du doigt par Tebboune, Ali Haddad ne manque pas de lâcher à des membres du FCE : «Il ne sait pas à qui il a affaire. Ce n’est pas à lui de nous dire ce qu’on doit faire.»

En se lâchant ainsi, Ali Haddad savait ce qu’il disait, lui qui convoquait les ministres à sa guise et avait le pouvoir de nommer certains d’entre eux, de désigner des walis, de recevoir des ambassadeurs et même de parler au nom de l’Etat, en prenant part à des délégations officielles en visite à l’étranger.

Etant ce «nerf de la guerre» mis à disposition du cercle présidentiel, Ali Haddad savait que le «coup de gueule de Tebboune», le blocage d’une avance de pas moins de 900 millions d’euros, les mises en demeure n’étaient que passagers et ne pouvaient mettre à mal la relation étroite qui le lie au cercle présidentiel. Quelques jours après, il apparaît, sur toutes les chaînes de télévision, au cimetière El Alia, éclatant de rire en compagnie du frère conseiller du Président. C’était lors de l’enterrement de feu Redha Malek et les images ont choqué plus d’un.

Après une accolade suivie d’une embrassade, Ali Haddad est convié par Saïd Bouteflika à l’accompagner, puis à monter dans sa voiture vers une destination inconnue. Les plus avertis y voyaient un message clair en direction d’un Premier ministre en pleine guerre contre des patrons alliés et soutiens du Président. Il n’a pas fait long feu, puisqu’il a été débarqué quelques semaines plus tard.

Avec la nomination d’Ahmed Ouyahia, Ali Haddad revient en force.
Pratiquement tous les membres du gouvernement, à leur tête le Premier ministre Ouyahia, ont assisté aux travaux de l’université d’été du FCE et chacun d’eux était sommé d’intervenir. Plus grave, Ali Haddad profite de cette tribune pour régler ses comptes avec l’ex-Premier ministre.

Non seulement il l’accuse d’être un «prédateur» devant une assistance qui l’ovationne fortement, mais il pousse le bouchon plus loin en disant à qui veut l’entendre que «tout a été réglé». Les accusations du patron du FCE sont très graves. Elles appellent à une réaction de la part des autorités du pays.

La personne attaquée est un Premier ministre connu pour être très proche de ce cercle présidentiel, que la caste d’oligarques soutient et finance à chaque rendez-vous électoral. A la veille de 2019, peut-on dire que les forces de l’argent sont en train de se redéployer pour mieux préparer le terrain de la succession ? La question reste posée…
 **Salima Tlemçani -el watan – le 23.10.2017

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L'Algérie à travers la presse.1

*Comment Ouyahia met en condition les victimes de l’austérité annoncée

« Ouyahia vient de nous installer dans la vraie communication de crise, la vraie communication de mobilisation« , annonce le journal du pouvoir l’Expression. Le large débat pour engager la démarche consensuelle nouvelle  exigée par la situation est remplacé par des techniques de communication pour faire passer la pilule de l’austérité. Scénario.

Séquence n°1. Ouyahia annonce la catastrophe. Il lâche une petite phrase devant les chefs de partis : « On n’avait pas de quoi payer les salaires du mois de novembre prochain ». Cette information sensée être confidentielle est reprise dans Le Soir d’Algérie, qui semble en voie de ravir à l’Expression la primeur des flashs venant d’en haut. La confidence du Premier ministre fait immédiatement la une des médias. « Une telle déclaration, rapportée certes sous le sceau de la confidence, a valeur d’une bombe »commente El Watan (  »Ça passe ou ça casse ! » )

Séquence N°2. N’ayez pas peur les enfants. Le lendemain de la bombe, Ouyahia déclare solennellement  : «J’adresse aux Algériens un message d’espoir et de sérénité politique reposant sur des bases réalistes que nous aurons l’occasion d’expliquer ultérieurement».

Séquence N° 3. Les « bases réalistes ultérieures ».

Rien de décisif n’a encore été annoncé. La menace vise principalement le pouvoir d’achat populaire. Car, les patrons un temps menacé d’être mis à contribution sont satisfaits du programme Ouyahia. Ali Haddad et les chefs des organisations patronales ont même signé une déclaration où ils  » s’engagent à faire preuve de solidarité dans leurs démarches et à coordonner leurs actions avec le gouvernement pour garantir l’avancement des réformes, facteur décisif de la promotion et la concertation, instaurées par Monsieur le président».(Ouyahia obtient son chèque à blanc)

Le reste de la population, en particulier les salariés, les retraités, les jeunes diplômés chômeurs, sera sans doute obligée de « faire masse » pour défendre efficacement ses droits. Devant ce risque potentiel,  il faut s’attendre à une série de reprises en boucle des séquences 1 et 2 pour endormir la combativité et attendrir la viande des victimes de l’austérité annoncée.

De Churchill à Ouyahia.

Cette démarche de communication alternant annonce catastrophique et pommade antalgique est résumée dans l’éditorial du quotidien l’Expression intitulé De Churchill à Ouyahia. Pour cette comparaison historique audacieuse, Fattani sera félicité par qui de droit.

« Prenant ses fonctions de Premier ministre, le 13 mai 1940, Winston Churchill use de son art dévastateur et de son redoutable génie de la rhétorique pour mobiliser le peuple britannique face à «la peste nazie». Dans son discours, resté célèbre, prononcé devant les députés, il a asséné cette foudroyante formule: «Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur.» (…) Plus de soixante-dix ans plus tard, nous voilà à peu près dans la même problématique, celle qui consiste à user de l’éloquence des mots pour mobiliser une population, même si le contexte est totalement différent. Sollicitant la magie des mots, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a opté pour un triptyque fait d’espoir, de sérénité et de réalisme… »

Le vieil artisan Zouhir Mebarki  y trouve le filon des futurs ouvrages éditoriaux  :« Par son triptyque, Ouyahia vient de nous installer dans la vraie communication de crise, la vraie communication de mobilisation. un chantier est désormais ouvert. il lui faut ses artisans et ses orfèvres ».

*algerieinfos- par Saoudi Abdelaziz

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