*Mon pays, c’est la vie et la génétique

*Voyage dans l’univers d’un enseignant-chercheur algérien (Reportage)

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La ville de San Diego, Californie 

Quatre ans de recherche et des premiers résultats encourageants. Alger, Genève, San Diego et Bougâa, quatre étapes décisives dans cette «quête» génétique.

Bougaâ, lundi 6 septembre 2010, 1h50 du matin. L’automne commence à survoler d’un battement d’ailes timide les montagnes de mon village. Je viens juste de taper sur l’écran de mon ordinateur portable les dernières phrases de ma thèse en génétique moléculaire sur le cancer héréditaire du sein et de l’ovaire chez des familles algériennes. Exit l’angoisse de la feuille blanche. Soudain, un  travelling arrière, avec les millions de nanocaméras, «Panaflex Vision» installées au fond de l’empire de ma mémoire, me restitue en un  long plan séquence, le «road movie» de ce travail de recherche sur le cancer héréditaire du sein et de l’ovaire chez les familles algériennes et qui a eu pour décor durant quatre années Alger-Genève-l’Amérique-Hammam Guergour/Bougaâ.                                                                                                              

«Road movie» est fait d’un montage des choses de la vie durant ces années de préparation de cette thèse, pleine de très longues journées de travail (14h/jour) (avec juste quelques jours de vacances/an) devant ma paillasse dans le laboratoire de génétique de la Faculté des sciences biologiques de l’USTHB (Université des sciences et de la technologie Houari Boumedienne) à Alger avec l’ambiance conviviale, chaleureuse, amicale et chargée d’humour créée par notre équipe. Et face aux paillasses du laboratoire d’oncologie moléculaire de la faculté de médecine de Genève (Centre Médical Universitaire, Genève, Suisse) je ne peux oublier l’ambiance chaleureuse  et amicale de la tribu genevoise dirigée par le Dr Philippe Maillet.

«Road movie», plein de joies, mais aussi de tragédie et de tristesse, comme cet après-midi du dimanche 20 avril 2008, où je suis sur la plage de Pensacola en Floride (USA), je reçois un sms de Bougaâ envoyé par mon jeune frère qui m’informe que ma mère était un peu malade. Ma mère s’est assise dans la campagne de Hammam Guergour,  ferma les yeux pour toujours le 22 avril 2008. Elle avait  rejoint, sur l’étoile des héros, son fils aîné, mon frère Kamel, un combattant de la liberté dans les rangs de la glorieuse ALN, mort à 17 ans en 1961, dans les montagnes de la basse Kabylie, les  armes à la main face à l’armée coloniale française.

Moments de joie et d’espoir, quand  je me renvoie en cette journée de très forte chaleur, l’après-midi du jeudi  2 juin 2005, à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Sfax (Tunisie), je suis dans le jury d’examen de master en génie biologique de mon étudiante Nadjet Salhi, qui est en train de présenter les premiers résultats de l’analyse du gène BRCA1(1) chez 9 familles algériennes à risque. Nadjet Salhi avait identifié pour la première fois chez des familles algériennes à risque des nouveaux variants génétiques de signification clinique inconnue et  polymorphismes sur le gène BRCA1 ; notre premier travail de recherche préliminaire a été fait en collaboration avec le centre de biotechnologie de Sfax.

Je me souviens de mon premier voyage en Amérique, quand nous avons présenté avec Nadjet Salhi ce premier travail au 98e congrès de l’AACR (l’Association américaine pour la recherche sur le cancer), qui a eu lieu du 1er au 5 avril 2006 à Washington DC. Ce fut  un  moment décisif  pour mon  travail de recherche,  puisque c’est là que j’ai rencontré le Dr Christine Toulas de l’Institut du cancer Claudius Regaud (Toulouse, France) qui  nous aida dans les premiers séquençages des gènes BRCA au début de notre projet de recherche. Je revins en Amérique à San Diego pour le 99e Congrès annuel de l’AACR, qui s’est tenu du 12 au 16 avril 2008, pour présenter ma première synthèse de l’analyse des gènes BRCA1/2 chez 20 familles algériennes atteintes du cancer héréditaire du sein/ovaire.

Je fis aussi en ce mois d’avril 2008 un long voyage de San Diego à la Nouvelle-Orléans et au sud de l’Amérique, sur invitation de mes amis de toujours, Chérif et sa femme Khadidja qui habitent en Louisiane.
a Nouvelle Orléans, meurtrie par l’ouragan Katrina le 29 août 2005, revenait doucement à la vie en ce mois d’avril 2008. Mon séjour dans cette ville mythique de l’histoire du sud des Etats-Unis et de la musique jazz fut plein de surprises. La Nouvelle Orléans est une ville où on peut encore croiser, au coin d’une rue, Scarlett O’Hara à la recherche du temps perdu ; le capitaine Jack Sparrow et sa joyeuse bande de pirates défiler dans Bourbon Street, écouter de la musique jazz autour de minuit jouée par des jeunes musiciens qui seront un jour aussi célèbres que Wynton Marsalis.

Je me rappelle aussi de la joie ressentie à  mon arrivée à New York par train à Penn Station en avril 2006 en provenance de Washington D.C., ma découverte de l’atmosphère magique (sortie tout droit des films de John Cassavetes et Martin Scorsese) qui enveloppe cette fabuleuse cité et ma recherche dans la nuit new-yorkaise, dans les cafés-jazz, d’une princesse du jazz-blues et des «Blueberry Nights» nommée Norah Jones,  chanteuse prodige à la voix d’or,  élevée du côté de Charlie «Bird» Parker et Miles Davis.

Il est 13h30, nous sommes le lundi 25 août 2008 ; le taxi qui m’emmène de l’aéroport de Genève vers le Centre médical universitaire (qui est, en fait, la Faculté de médecine de Genève et qui dépend des hôpitaux universitaires de cette ville) traverse une ville propre, verte, éclairée par la lumière du mois d’août, qui respire le calme et la prospérité. Les villes, comme dit le photographe Raymond Depardon, ce sont des travellings et des plans séquences. Alger, Washington, New York, San Diego, la Nouvelle Orléans et maintenant Genève, c’est là où mon travail de recherche sur le cancer héréditaire du sein et de l’ovaire chez les familles algériennes m’emmène depuis 2006.

Le chaleureux et amical accueil de l’équipe du laboratoire d’oncologie moléculaire du CMU, où j’allais passer mes 3 mois de stage et de recherche, m’a donné tout de suite un aperçu de ce que sera mon séjour à Genève.
Nous sommes le 31 octobre 2008. Au laboratoire d’oncologie moléculaire à Genève, il est 22h ; mes dernières séquences du gène BRCA2 des 40 patients et relatifs appartenant aux 33 premières familles algériennes (sur les 70 familles que j’analyserai dans le cadre de la préparation de ma thèse) sortent sur l’écran de l’ordinateur connecté au séquenceur de l’ ADN. Je suis ému, nous avons enfin la première photographie moléculaire de l’impact des mutations germinales des gènes BRCA1/2 chez des familles algériennes atteintes du cancer héréditaire du sein/ovaire.

J’ai une pensée émue pour les patientes et leurs familles qui ont participé à notre étude, pour  mon grand frère Daoud  et ma nièce Romaïssa qui vivent à Paris, dont le soutien moral et le financement  permanent d’une  grande partie de mon projet de recherche ont été décisifs pour sa réussite, pour mes étudiantes du DES de génétique et de l’ingéniorat de génie biologique : Salhi Nadjet, Chikh Anita, Guettouche Shéhérazade, Chibane Amel, Belmokhtar Sarah, Houamel Dounia Amet Errahamene, Aït Hami Karima, Talaoubrid Lamia, Akli Karima et Derrouiche Ibtissem qui ont  apporté leur contribution à notre projet de recherche. Je sors du Centre médical universitaire, je visse mon feutre noir sur ma tête, la rue Michel Servet est vide.

Le brouillard est tombé sur la ville,  la bise fait tournoyer les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle. C’est l’automne à Genève. Dans deux heures, on sera le 1er novembre 2008. Il y a 54 ans, la jeunesse algérienne se préparait dans la clandestinité à écrire l’une des belles pages de l’histoire du XXe siècle : la révolution algérienne. Le cours de Rive est vide ; je prends le bus «E» de 22h 45 en direction d’Hermance. Dans le village de Vésenaz, j’aperçois la plaque routière Thonon et Evian. C’est à Evian, le 19 mars 1962 que la lutte de Libération nationale initiée par le défunt Messali El Hadj et ses camarades de l’Etoile nord-africaine, en 1926 à Paris, a connu son dernier acte : l’indépendance de l’Algérie.

Genève, dimanche 23 novembre 2008. Il est 10 h du matin, il fait beau et la neige recouvre le village de Collonges-Belle rive d’un manteau blanc. Je prends le bus en direction de Rive. Des enfants en tenue d’hiver, avec des boules de neige dans les mains, créent l’ambiance dans le bus. A travers ses vitres, je filme avec la caméra vidéo de mon téléphone portable en faisant un long «travelling avant» sur le lac Léman et les montagnes du Jura recouvertes de neige. La bande son en MP3 est constituée par les chansons  Turn,  Turn, Turn des Byrds (version live des années 1980 qui est on-line sur Youtube), Come away with me  de Norah Jones, Ode to my family  des Cranberries, les musiques des films Le Mépris,les Choses de la vie  et Forrest Gump écrites respectivement par George Delerue, Philippe Sarde et Alan Silvestri.

Cette évocation me ramène à mon autre voyage à San Diego (Californie) au mois d’octobre 2009 pour présenter à la conférence spéciale de l’AACR sur les dernières avancées dans la recherche sur le cancer du sein,  une partie  de mon travail de recherche réalisé durant mon séjour à Genève. On the road again vers l’Amérique de l’an 2009.

30 mai 2009,  je réalise pour la première fois dans notre labo de génétique à Alger par la technique PCR (c’est une technique qui permet d’amplifier les petits fragments de d’ADN) l’analyse  des gènes BRCA1/2 chez 6 familles originaires de Kabylie. Je suis très content, enfin nous pouvons analyser les mutations des gènes BRCA en Algérie. Il nous suffit, pour réitérer l’expérience, d’acquérir dans un proche avenir notre propre séquenceur d’ADN au laboratoire de génétique à l’USTHB.

21 octobre 2009, Quality Inn Hotel, à Hollywood,  j’habite à cinquante mètres de Hollywood Boulevard et à dix mètres de Sunset Boulevard. Cela fait 2 jours que je suis arrivé à Los Angeles par train, en provenance de San Diego.
Il est minuit  à L.A.  et  8 h du matin  à Alger, je  suis en train de corriger la partie «Résultats et discussion» de notre premier article de recherche sur le cancer héréditaire du sein/ovaire dans la population algérienne, que nous allions soumettre  à la revue américaine Disease Markers. Je prends un peu de repos pour  jeter un coup d’œil à  la version online du journal El Watan  datée du 21 octobre 2009, qui  a publié  mon reportage sur la conférence spéciale de l’AACR sur les dernières avancées de la recherche sur le cancer du sein qui s’est tenue à San Diego du 13 au16 octobre 2009. J’avais présenté dans cette conférence une partie de nos premiers résultats de l’analyse par la technique HRM (une technique révolutionnaire de l’analyse de l’ADN) des gènes BRCA1/2 chez les familles algériennes.

Ma visite au studio mythique de la Warner Bros, au 3400 Riverside Drive à Burbank (Californie) me permit de voir enfin le décor de l’entrée du fameux «County General Hospital» à Chicago imaginé pour  la série ER (Urgences en français), ainsi que le décor du café «Central Park» de la série Friends. En visitant les décors des célèbres TV show du moment (The Mentalist…) et en passant à côté du légendaire Studio «22» où fut tourné entre autres Casablanca, avec Humphrey Bogart et Lauren Baccall. J’ai une pensée émue pour l’actrice Reese Whiterspoon, l’inoubliable actrice du film Rendition qui dénonçait les graves violations des droits de l’homme commises par l’Administration Bush après le 11 septembre 2001 en Amérique contre certains citoyens américains d’origine arabe.

Reese Whiterspoon est la présidente de la «Fondation Avon pour la recherche sur le cancer du sein», et  cette fondation en association avec l’AACR mènent depuis des années une lutte remarquable contre le cancer du sein. San Diego (Californie) : 31 octobre 2009, c’est Halloween, Sandra m’a invité  à passer cette fête avec sa famille et sa grande tribu de San Diego. Halloween, c’est la fête des enfants et des adultes, déguisés avec les costumes les plus excentriques.

Nous sommes le 24 décembre 2009, 14h,  laboratoire d’oncologie moléculaire à Genève, je viens juste de figer la photo  sur l’écran de l’appareil qui me permet de voir l’image de mon gel d’ADN obtenu par la technique Long Range PCR (c’est une PCR spéciale qui permet d’amplifier des grands fragments d’ADN) de l’amplification de l’ADN de notre patiente algérienne 20821 avec une délétion sur le gène BRCA1, qui a été déjà mise en évidence par une autre technique.

Cela fait deux semaines que j’essayais de mettre au point la technique Long Range PCR (technique extrêmement difficile)  pour identifier  et vérifier la cassure de l’ADN au niveau du gène BRCA1 chez la patiente 20821. La technique fonctionne et le  résultat obtenu  est très  important,  notre patiente 20821 atteinte d’un cancer du sein bilatéral et appartenant à une famille avec une forte histoire héréditaire du cancer du sein/ovaire, porte une nouvelle mutation du gène BRCA1,  qui n’a jamais été décrite dans la littérature scientifique.

Le 15 avril 2010,  il est minuit,  aéroport international «Houari Boumediene» d’Alger, je commence les formalités de l’enregistrement de mes bagages au niveau du desk de la compagnie Lufthansa. Je devais partir sur Frankfurt et ensuite sur New York pour assister au 101e congrès de l’AACR à Washington DC du 17 au 21 avril.  Je devais présenter une synthèse de notre  travail de recherche sur le cancer héréditaire du sein/ovaire chez les familles algériennes  le lundi 19 avril à partir de 8 heures. Je suis le premier voyageur  que l’employé informa que son vol sur New York est bloqué… et il me dit ainsi qu’à tous les voyageurs à destination des Etats Unis devaient  voyager sur ce vol de nous adresser au chef de l’agence Lufthansa  qui était le seul habilité à  nous expliquer les raisons de ce blocage.

Le chef d’agence nous expliqua que depuis mercredi 14 avril à 16h, tous les vols vers les USA ont été annulés à cause d’un petit volcan islandais qui s’était réveillé après un sommeil de quelques milliers d’années,  et que ses fumées bloquaient tous les vols transatlantiques. Eyjafjallajökull, le fameux volcan islandais devint plus célèbre qu’Hollywood en quelques jours et je suis devenu le premier «réfugié volcanique» en Algérie.  J’ai passé toute la semaine à la maison à Alger à attendre à côté du téléphone que Lufthansa m’emmène à New York. «Ce volcan qui nous ramena sur terre…»,  comme  l’écrivit  le journaliste français Edwy Plenel dans le journal Mediapart, qui nous rappela surtout la fragilité de la technologie des avions et la notion du temps humain. En effet, nous avons oublié qu’au début du XXe siècle, les navires qui transportaient les immigrants européens vers l’Amérique  mettaient trois  mois pour faire la traversée transatlantique vers la ville de New York.

Dimanche 6 juin 2010, 18e étage de l’Hôtel Intercontinental de Miami (Floride), il est 17h, de la fenêtre de ma chambre, je découvre pour la première fois la magnifique baie de Miami et Biscayne Bay Boulevard,  il ne manquait plus que les sirènes des voitures de la police scientifique de la série télé CSI : Miami pour compléter ce fabuleux décor. L’ACCR avait invité huit chercheurs  qui n’avaient pas pu assister au 101e congrès à Washington DC au mois d’avril à cause de l’éruption du volcan islandais, à venir présenter leur travail à la conférence spéciale de l’AACR sur l’avenir de l’épidémiologie moléculaire qui se tenait du 6 au 9 juin à Miami. Je figurais parmi les heureux élus qui ont été invités à Miami.

C’est Jessica, la jeune manager de l’AACR,  qui  m’a  accueilli à mon arrivée  à Miami. Elle était très inquiète car j’étais arrivé avec  2 heures de retard, à cause des nombreux voyageurs qui avaient débarqué en même temps que moi à l’aéroport international de Miami. Jessica pensa tout simplement que le volcan islandais avait encore fait de moi «un réfugié volcanique».  J’ai présenté le lundi 7 juin de 17h30 à 19h30 dans la première session des posters, une synthèse de notre travail de recherche. J’ai eu une discussion très intéressante avec les participants  sur la mise en place dans un futur proche des tests de prédisposition génétique en Algérie.

Hammam Guergour, le 5 septembre 2010. 18h30, mon jeune frère Touffik est en train d’arroser le jardin de notre grande maison familiale ; tous les arbres du jardin ont été plantés par mes parents et mes grands-parents. Je promenai Golden Baby Widad dans sa poussette, c’est  ma nièce âgée de dix mois, née dix-huit mois après la mort de ma mère. Elle  ressemble à ma grand-mère paternelle, elle a hérité d’elle de deux caractères génétiques récessifs, les yeux bleus et les cheveux blonds. Depuis un mois, j’ai habitué Golden Baby Widad à entendre l’anglais américain, je lui montrais l’eau et les oiseaux perchés sur les amandiers en lui répétant «water» et  «birds».

Les oiseaux entamèrent leur symphonie quotidienne de chants avant la tombée de la nuit, à l’horizon  la lumière des derniers rayons du soleil de la journée éclairait le village comme une scène de cinéma,  cela me rappela  le décor  d’un paysage californien que j’avais photographié lors de mon voyage en train  entre San Diego et Los Angeles en octobre 2009. Hammam Guergour, 5 septembre 2010, le  soleil s’est couché, Golden Baby Widad dormait maintenant d’un sommeil paisible dans sa poussette et souriait comme un ange. Des souvenirs heureux de ma grand-mère paternelle, de mon père et de ma mère remontèrent tout à coup du fond de l’empire de ma mémoire et je me suis dis, c’est juste  le cycle de la vie qui s’accomplit.

Mon pays, c’est la vie. (El Watan-21.10.2010.)

 

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Pas de réponses à “*Mon pays, c’est la vie et la génétique”

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