Algérie culture-2

 

*Film «  El Gusto », fruit d’un inlassable travail durant plusieurs années, sort enfin dans les salles parisiennes.

Les papys du chaâbi à la conquête de l’Hexagone

Les papys du chaâbi à la conquête de l'Hexagone

«L´artiste, comme ils le soulignent, n’a pas de statut en Algérie, aucune retraite. Il n’y a pas d’artistes professionnels. C’est ce qu´ils disent. C’est vrai et je le vois», nous avait confié Safinez en 2005.

 

Et la boucle est bouclée. Nous l’avons rencontrée en 2004, son projet était alors en pleins balbutiements. La vingtaine, mais bien décidée à mener jusqu’au bout l’aventure artistique. Safinez Bousbia avait tôt conscience de l’importance de l’entreprise ardue dans laquelle elle était embarquée. Aujourd’hui, El Gusto, fruit de son inlassable travail durant plusieurs années, sort enfin dans les salles parisiennes.
Les caïds du chaâbi d’antan s’offrent ainsi une seconde jeunesse grâce à cet émouvant film marqué de généreux témoignages sur le passé glorieux de cette musique citadine et populaire algéroise. En effet, avec les années, ce travail ou «recherche identitaire» pour notre cinéaste, s’est confirmé avec le temps comme une réelle nécessité. «C’est une quête de soi-même» nous avait-elle révélé dans un entretien accordé en 2005. Le film El Gusto sort mercredi en France. Ce dernier né suite à une déambulation dans un quartier à la Casbah, a fait basculer cette jeune Algéro-Irlandaise partie sur les traces des papys du chaâbi. Plus qu’une musique, c’est à la trace de ce passé où la tolérance avait encore un sens.
En ce temps ou dans «les années 1940-1950, dans la basse-Casbah, autour de la grande synagogue, à Bab-el-Oued, au port, où se côtoyaient Arabes, juifs, Kabyles, Maltais, Espagnols, Italiens…». «Etant juif et faisant de la musique arabe, on m’a dit qu’on était en guerre, qu’il ne fallait plus que je chante en arabe, raconte le guitariste pied-noir Luc Cherki. Mais je ne pouvais pas, c’était mon grand kif à moi». Et dire que tout est parti d’une ruelle à la Casbah quand Safinez rencontre fortuitement en 2003 le propriétaire d’une échoppe dans la Casbah. Alors, sur le point d’acheter un miroir elle s’attardera avec attention à écouter ce dernier lui narrer sa jeunesse et cette classe de chaâbi dont il faisait alors partie. Classe qui fut créée jadis et dirigée par El Anka au Conservatoire d’Alger de 1952 à 1957. Touchée, elle décide de retrouver les anciens élèves de cette classe, dispersés par la guerre d’Indépendance et le rapatriement. Deux ans de recherche, puis deux ans de tournage ont été nécessaires à cette femme passionnée et patiente qui se découvre cinéaste. Le film ne sera prêt qu’au printemps 2009.
Grâce au musicien Damon Albarn, un disque a été enregistré et est paru en 2007. D’aucuns feront assurément le parallèle entre El Gusto et Buena Vista Social Club, le film de Wim Wenders sur la réunion d’anciennes gloires oubliées de l’âge d’or de la musique cubaine, accompagné d’un disque, au succès retentissant.
Eh bien, ici aussi l’aventure se poursuit au delà du film. Un disque a été enregistré en public au Théâtre du Gymnase à Marseille en 2007, lors du concert des retrouvailles entre ces musiciens dont certains ne s’étaient pas vus depuis près de 50 ans, lequel constitue l’épilogue du film. El Gusto (Remarks Record/Warner Music) a été publié au début du mois et deux concerts les 9 et 10 janvier à Paris accompagneront la sortie du long métrage. Ils réuniront une bonne partie des musiciens du film: Rachid Berkani, Liamine Haimoune, le comédien Robert Castel, fils du violoniste Lili Labassi notamment. D’autres ne seront pas de la fête: depuis le tournage en 2006 et 2007, quatre sont morts, et deux tombés gravement malades. Bien que deux concerts ont eu lieu il y a quelques années au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, on ne sait si le film El Gusto va sortir dans les salles algériennes.
Prévu d’être projeté en France à partir de ce mercredi, on se demande encore si notre film, miroir de notre patrimoine culturel séculaire sera vu par ses enfants. Ce ne sera que rendre à César ce qui lui appartient. «J´ai voulu regrouper trois générations afin de montrer cette transmission de la musique chaâbi. Or, la plupart des chouyoukh des années 1940 sont malheureusement décédés. Ce sont 12 à 14 musiciens que nous avons réunis et tenté de retrouver les disciples. Ensuite, nous nous sommes attelés à rechercher la génération post-Indépendance et celle d´après. Le plus jeune a 50 ans. Parmi eux, des compagnons ou des élèves de cheikh M´hamed El Anka. Des gens qui ont énormément fait en donnant leur vie pour cette musique.
Ce sont des compositeurs qui ont écrit des qaçaïd, des chansonnettes, etc. Ils étaient complètement oubliés. Ils étaient très connus dans les années 1960. Ils ont chanté, fêté l’Indépendance et soutenu l´Algérie. A partir des années 1970, on n´en a plus entendu parler. L´artiste, comme ils le soulignent, n´a pas de statut en Algérie, aucune retraite. «Il n´y a pas d´artistes professionnels. C´est ce qu´ils disent. C´est vrai et je le vois», nous avait confié Safinez en 2005. Hélas! depuis, rien n’a changé…(L’Expression-08.01.2012.)

 

 

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 *CLÔTURE DE LA TROISIÈME ÉDITION DU FESTIVAL CULTUREL INTERNATIONAL DE LA MUSIQUE DIWANE

      * Le blues du désert de Tinariwen

Même si la soirée avait mal démarré, elle s’est très bien terminée grâce à la générosité de Tinariwen et l’exceptionnel public qui est rentré avec plein d’étincelles dans les yeux, des papillons dans la tête et du baume au cœur.

1Après six jours de conférences, de projections et beaucoup de musique, le festival culturel international de la musique diwane a pris fin, organisé au théâtre de Verdure du bois des Arcades (OREF), avec un concert mémorable du groupe Tinariwen, qui s’est produit, pour la première fois, à Alger. Cette formation qui reste authentique, chantant ainsi en tamasheq, a créé une ambiance exceptionnelle avec ses sonorités qui empruntent au blues et au rock ses plus belles mélodies.
Les spectateurs se sont déplacés en masse, venant ainsi voir la prestation d’un groupe dont tout le monde, mais personne ne comprend réellement les textes, mis à part les privilégiés qui s’expriment en tamasheq. En tout cas, le public était au rendez-vous et il a laissé exprimer sa joie, a exulté, s’est libéré. Pourtant, le début de la soirée ne présageait rien de bon. À dix heures déjà, une foule était postée devant la porte d’entrée avec des billets en poche, mais l’agent de sécurité devant cette porte était ferme et catégorique : “Personne ne rentre même pas les journalistes”, qui ont pourtant des badges leur permettant même d’accéder aux coulisses. À côté de nous, un journaliste de la radio qui se voit refuser l’accès au théâtre bien qu’il ait été à l’intérieur et qu’il soit sorti juste pour quelques minutes.
Les mesures de sécurité, ce soir-là, étaient draconiennes, et on constate, une nouvelle fois, qu’il nous reste beaucoup de choses à apprendre dans la gestion des foules. Car maintenir les gens à l’extérieur du théâtre n’a fait qu’augmenter leur excitation. Heureusement, aucun débordement n’a été constaté. En tout cas, le public a été réellement à la hauteur ; pas uniquement lors de la clôture, mais durant tout le festival. D’ailleurs, le besoin de danser, de se défouler, d’extérioriser les frustrations était largement évident. Une fois installés, les spectateurs ont commencé à s’impatienter, et c’est à ce moment que le sympathique animateur, Hichem Mesbah, a fait son apparition sur scène, pour remercier tous ceux qui ont contribué à la tenue du festival et pour annoncer le programme de la soirée. Il a également annoncé la projection d’un documentaire de vingt minutes en hommage à Maâlem Ben Aïssa, fondateur du groupe Diwan Dzaïr, goumbriste de talent, disparu en 2008.
Le documentaire a permis de [re]découvrir le talent et la simplicité de Maâlem Ben Aïssa. Mais le public n’était pas attentif à ce documentaire, puisque certains continuaient de s’installer. Une douloureuse indifférence ! Aux premières notes de la guitare électrique d’Ibrahim ag Alhabib, le public a envahi la scène. Une marée humaine. Mais il est très difficile de rester indifférent à la musique du groupe Tinariwen. Même si certains récalcitrants restaient scotchés à leur place, ils ne pouvaient s’empêcher de taper des mains ou de se dandiner, tant la musique de ce groupe — qui a représenté l’Algérie lors du concert inaugural de la Coupe du monde, le
10 juin dernier à Johannesburg — invite à la fête et à la communion.
À un moment de la soirée, les spectateurs ont initié une belle cacophonie : alors que certains criaient “les Algériens”, d’autres hélaient à tue-tête “Tinariwen”, et d’autres encore scandaient “Imazighen”. Et l’ambiance repartait de plus belle ! Il en a été ainsi jusqu’à la fin de la soirée et le retour de Hichem Mesbah que les spectateurs ont fini par trouver sympathique puisqu’il les a aidés à bisser les artistes qui, très généreux, sont revenus offrir une dernière chanson… à emporter !
En somme, et même si la soirée avait mal démarré, elle s’est très bien terminée, grâce à la générosité de Tinariwen et à l’exceptionnel public qui est rentré avec plein d’étincelles dans les yeux, des papillons dans la tête et du baume au cœur. (Liberté-22.07.2010.)

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JOURNÉES THÉÂTRALES MAGHRÉBINES DE BATNA

     “Le Jeu de l’amour et du hasard” déride le public

 

Le public batnéen, qui s’est déplacé massivement, avant-hier soir au Théâtre régional de Batna, s’est déridé sur l’interprétation de la pièce Laâbat zouadj ou zhar (jeu de l’amour et du hasard), une adaptation de Mourad Snouci, d’après l’œuvre éponyme de Marivaux, mise en scène par Azri Ghaouti, directeur régional d’Oran, et interprétée par Fadila Hachemaoui (Lisette), Farida Zabchi (Silvia), Samir Bouanani (Dorante), Benziane Bellah (Arlequin) Belaroussi Mohamed (Orgon), des comédiens qui, par leur savoir et leur savoir-faire ont bien égayé et amusé le public pendant plus d’une heure.
Le rire emplissait la salle et se répandait dehors. Le public se tordait de rire, les larmes aux yeux. Une véritable séance de thérapie pour décompresser, se détendre et oublier un quotidien monotone. Cette pièce, créée au début des années 2000 et produite par le TRO, continue à divertir, à amuser et même à transmettre des messages. La pièce le Jeu de l’amour et du hasard est une comédie d’intrigue avec des jeux de mots, des scènes burlesques et des coups de théâtre. Toute l’action se passe dans la maison de Monsieur Orgon. Les conditions sociales et politiques n’influencent pas la progression amoureuse des protagonistes.
La pièce est hilarante. Intelligemment mise en scène, avec un décor simple qui nous ancre dans la réalité, les messages véhiculés étaient facilement interceptés. Elle raconte l’histoire de Silva sur le point d’accepter un mariage arrangé, de convenance, que son père a scellé avec un gentilhomme inconnu. Les deux personnages ont eu la même idée de prendre le rôle et l’habit de leurs domestiques, de se déguiser afin d’observer et de juger en toute liberté sa future moitié. Silva prend le rôle et l’habit de sa servante Lisette et son prétendant de revêtir l’habit de son valet Arlequin. Après la présentation des personnages, commence alors un véritable chassé-croisé projetant nos héros dans de cocasses quiproquos. “Des scènes ont été sciemment gommées pour ne pas choquer la sensibilité du public batnéen à majorité conservateur et qui se déplace en famille”, nous annonce le directeur du TRO. Ainsi on conclut que la réalité y surpasse l’illusion, l’honnêteté, le mensonge et la raison et l’ordre, la folie et la passion. La pièce théâtrale Laâbat zouadj ou zhar, constituée de cinq tableaux, a duré plus d’une heure et demie et en guise de récompense pour le spectacle amusant dont elle a gratifié le public, la troupe a été longuement ovationnée. (Liberté-22.07.2010.)

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   *«Le jeu du mariage et du hasard» au TRO

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        **une adaptation de Mourad Senouci

Bonne nouvelle pour les amateurs de théâtre, ils auront droit aujourd’hui à 19h à une désopilante pièce théâtrale, au titre pour le moins accrocheur : «Louêbet Ezzaouedj oua zharr», autrement dit : «Le jeu du mariage et du hasard» ! Il s’agit d’une adaptation libre, faite par Mourad Senouci, de la célèbre pièce de Marivaux «Jeux d’amours et de hasard», qui vient grossir les rangs des productions du théâtre régional d’Oran. Contrairement à la pièce originale, cette adaptation a été écourtée, pour passer de 3h à seulement une heure et quart. A ceci près qu’il s’agit d’une heure et quart d’humour très dosé, et à la sauce algérienne qui plus est ! Le pitch est simple : deux nobles familles s’entendent pour marier leurs enfants. La première famille veut marier son fils à la fille de la seconde famille. Mais le problème, ces deux derniers ont de gros préjugés sur la notion même du mariage, et ne veulent pas du tout entendre parler de se marier. Là est d’ailleurs leur point commun ! Ceci dit, sous l’insistance de leurs parents, ils décident de jouer le jeu et de se rencontrer. Tenant tout de même à ses principes, la fille a eu l’idée maligne d’y aller sous l’habit de la servante, juste pour avoir une idée sur ce soi-disant «prince charmant». Mais le problème : ce dernier, loin d’être bête, a eu exactement la même idée. Au final, la rencontre a eu lieu entre le valet et la servante des deux familles respectives. Cette scène va créer, on l’imagine aisément, une situation de quiproquo, qui va de pire en pire, au grand bonheur du public ! Le TRO a fait salle comble lors de la générale de cette pièce le mois de mai dernier. Adaptée par Mourad Senouci, et mise en scène par Azri Ghouti, c’est Blaha Benziane qui a joué le rôle du valet et Fadila Hachmaoui celui de la servante. Quant aux deux fiancés, ils ont été assurés par Samir Bouanani, et l’actrice débutante Nassima, qui est montée sur scène pour la première fois. Belaroussi Mohamed a quant à lui joué le rôle du père. Pour rappel, cette adaptation devait se jouer à la fin des années quatre-vingt dix à l’initiative de la coopérative Abdelkader Alloula. Le manque de moyens financiers à cette époque a fait qu’elle n’a vu le jour que dix années après. Comme quoi, mieux vaut tard que jamais. (Le Quotidien d’Oran-21.07.2010.)

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**Tlemcen…

L’ensemble Lahbab Cheikh Larbi Bensari à l’honneur

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Cette rencontre de plusieurs ensembles de musique, qui fait la diversité et la richesse autour de la musique savante, a été une vraie réussite. A renouveler.

Lundi soir, à l’occasion de la clôture de la 4e édition de musique haouzie, le concert donné par Hadj Kacem était l’aboutissement de plus de 20 ans de travail. Une véritable consécration sur la scène du Grand-Bassin devant plus de 5.000 spectateurs. Mais aussi un grand moment d’émotion dans la mesure où une nouba de la musique haouzie, interprétée majestueusement par Hadj Kacem, mais aussi d’autres répertoires (m’dih) ont su séduire et replonger le public dans l’ambiance festive. De l’avis de tous les grands mélomanes et des artistes musiciens, Hadj Kacem, en grand professionnel qu’il est, a présenté un travail de qualité.

L’heure était à la musique, certes, mais aussi aux résultats du concours de ce festival où les meilleurs ensembles et voix venus de 8 wilayas du pays ont été honorés. Le premier prix sera décerné à l’ensemble Lahbab Ckeikh Larbi Bensari, dirigé par Fouzi Benkalfat, qui a déjà été honoré de ce succès en 2007. «Ce succès est dû à notre implication directe sur la préservation de tout un riche patrimoine andalou et haouzi de Cheikh Larbi Ben Sari, dont la musique n’a pu être solfiée car mesurée au quart de ton», nous dira M. Fouzi Benkalfat, formateur et dirigeant de la formation, créée en 1987 et qui s’est donnée pour mission de perpétrer et de valoriser la démarche esthétique et académique du grand maître tlemcénien et grand homme de culture, «dont il fait la référence principale». Fouzi Benkalfat déploie tout l’art de la profession à travers cette association «qui s’est dotée de structures qui lui permettent d’aller au-delà de l’activité musicale : un groupe de recherche s’est constitué et travaille particulièrement à la sauvegarde d’un répertoire musical et poétique menacé par les aléas de la transmission orale». C’est dire, tout simplement, que la consécration ne vient pas sans un véritable labeur, tant sur le plan de la formation que sur celui de la recherche en musicologie.

Errachidiya de Mascara viendra en 2e place et l’ensemble Gharnata de Tlemcen en 3e position. Pour les meilleures voix, ce sera Henni Hasna de l’ensemble Inchirah d’Alger et Benchikh Mohamed de Ahbab Chikh Sadek de Béjaïa.

 Il est à noter qu’en marge de cette soirée, la direction de la culture de la wilaya de Tlemcen a tenu à honorer les grands ténors détenteurs du patrimoine immatériel, qui n’ont eu de cesse de perpétuer leur acquis et leur savoir en les personnes de Hadj Kaddour Eddersouni de Constantine. Ahmed Serri d’Alger, Boukli Salah de Tlemcen et Hadj Mohammed Ghaffour de Nedroma.

On pourra dire qu’une semaine durant, les joutes auraient été secondaires pour le public venu plutôt se délecter du son du rebab, du qanoun et de la mandoline, instruments de prédilection dans la musique andalouse et haouzie.

Pour d’aucuns, dont les résultats importaient peu, c’est une initiative à renouveler dans d’autres genres, même si ce n’est pas organisé en festival, afin d’encourager l’émulation des petites troupes qui ont du talent mais qui n’ont jamais l’occasion d’être invitées sur une scène, même lors d’une semaine culturelle. «On a l’impression, dira un habitué du Grand-Bassin en été, que c’est toujours les mêmes qui reviennent chaque année», tant il est vrai que personne ne connaît le programme culturel d’après le festival. (Quotidien d’Oran(21.07.2010.)

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FESTIVAL NATIONAL DU HAWZI DE TLEMCEN

     Deux associations primées

 

Ahbab Cheikh Larbi Bensari et Gharnata, deux associations musicales de Tlemcen ont été primées au quatrième Festival national de la musique hawzi organisé par le ministère de la culture qui a été clôturé lundi après cinq jours de festivités organisées au niveau du “grand bassin” devant plusieurs milliers de personnes. Les deux formations ont obtenu respectivement le premier et le troisième prix tandis que le second prix a été décerné à l’orchestre Errachdia de Mascara et le prix du jury au groupe Ibnou Baja de Mostaganem. En outre pour la première fois deux prix des plus belles voix masculine et féminine ont été attribuées respectivement à Bencheikh Mohamed de l’association Ahbab cheikh Sadek El Bejaoui et Hasna Hini (orchestre El Inchirah d’Alger). Cette quatrième édition a été marquée par la présentation de deux conférences, l’une sur le thème “Saïd Benabdellah El-Mandassi, poète des deux Maghrebs” par M. Dellai Ahmed Amine, sociologue, chercheur au Crass (Centre de recherche en anthropologie et sciences sociales) d’Oran, considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du patrimoine littéraire traditionnel algérien et maghrébin, et l’autre sur “L’art hawzi entre Constantine et Tlemcen” par M. Bekhouche Hocine, universitaire, chercher en musique arabo-andalouse et maghrébine, responsable des activités scientifiques et culturelles à l’université de Constantine. Dix huit formations des trois grandes écoles musicales de Constantine, Alger et Tlemcen ont pris part à ce festival dont la particularité a résidé cette année dans l’obligation faite aux associations d’interpréter les œuvres de deux grands poètes : Saïd Benabdellah El Mandassi (1853-1677) considéré comme étant le maître incontesté de la poésie classique du terroir à son époque et auteur, entre autres, d’une œuvre poétique et prosodique dense, en arabe littéraire et arabe usuel et Ahmed Ben Triki (1650, moitié du XVIIIe siècle), poète populaire mort centenaire surnommé “Benzengli” (fils du rude), il dut s’exiler à Oujda au Maroc où s’exprima le meilleur de sa muse stimulée par les effets de la réparation et la nostalgie des siens et de sa cité Tlemcen. La cinquième édition nationale du Festival du hawzi aura la particularité de se dérouler en 2011 à l’occasion de l’important évènement culturel qu’abritera la cité de l’ouest : “Tlemcen, capitale de la culture islamique”.

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* Orchestre national de Barbès

«La rythmique de Aloui opère une magie dès la première mesure»

L’Orchestre national de Barbès (ONB), célèbre par son tube Aloui, se produit pour la première fois à Alger, ce soir, à la salle Atlas. Retour des enfants «prodiges» !

-Quand on évoque l’ONB, on pense aussitôt à votre titre-phare, Aloui…

Ahmed Benselloum : (percusionniste et chanteur) : oui, dans le fond.  Il est mondialement connu.

-C’est grâce à vous …

A. B. : je ne peux dire que c’est grâce à nous, parce que cela serait perçu comme de la prétention. On peut dire que Aloui est ancien. C’est grâce à notre patrimoine. Et puis, il y a eu l’ONB qui a été créé en 1995. Une bande de copains qui se connaissaient depuis 25 ans. C’est grâce au maestro Youcef Boukela qui faisait partie de T34 (grand groupe de pop-rock), qui a eu l’idée de monter cette formation. Les arrangements ont été conçus par Youcef Boukela, Toufik Mimouni (claviériste). Et puis chacun a apporté son idée personnelle.
Toufik Mimouni (claviériste) : c’est vrai que le morceau Aloui est le tube et le titre-phare du groupe depuis sa création. Mais je veux ajouter une petite chose, c’est que malheureusement, j’ai côtoyé des personnes qui résumaient l’ONB à un groupe de âloui. Ce qui est faux. Si vous voulez mon avis, je n’ai pas été étonné autant  que cela. La rythmique de Aloui opère une magie dès la première mesure. Je crois en sa force.
Kamel Tenfiche (musicien) : dans le premier album, on a repris un titre-phare. Et c’est vrai que cela a plu. C’est un titre porteur et le tube qui nous a fait connaître. On doit beaucoup à ce style (âloui). C’est un style très chantant, très dansant. Personne ne s’attendait à un tel succès, apprécié au-delà des frontières.
Mustapha Mataoui (claviers) : le âloui est un rythme qui existe depuis longtemps.  Avec l’ONB, on a l’impression de le découvrir. C’est une raison d’être vraiment fier.
K. T. : eh bien, comme dit le proverbe, nul n’est prophète en son pays. Il a fallu que le âloui soit reconnu à l’étranger pour se rendre compte que chez nous, nous avons un riche patrimoine.

-Alors, c’est l’«Orchestre international de Barbès»…

A. B. : (rires) Voilà, on peut le dire.
K. T. : (rires) Mais il faut toujours un passeport.
A. B. : et un visa ! (rires)

-Votre marque de fabrique, c’est l’exploration du patrimoine musical algérien et maghrébin…

T. M. : oui, notre marque de fabrique, c’est un peu une façon de récupérer cette force qui existe dans notre patrimoine musical algérien ou encore maghrébin. Le noyau est foncièrement issu du patrimoine algérien. Et l’habillage, c’est un peu les cultures musicales de chaque musicien du groupe.

-Justement, vous faites aussi dans l’electro, funk, le steady rock, le jazz, le rythme kabyle…

T. M. : il y a des habillages parfois jazzy, reggae, ragga, ska…

-Beaucoup de couleurs…

T. M. : oui, tout à fait ! De la salsa, etc. Donc c’est une façon de démontrer que l’on fait dans plusieurs styles. Sans se soucier du nom du genre. On fait des musiques  qu’on  aime. Le âloui en fait partie, il se marie bien avec la rythmique rock, pop…

-A la base, le titre Aloui n’était pas prévu pour être un tube…

T. M. : c’est le public qui l’a choisi et qui a décidé que cela soit un tube. Les artistes  ne peuvent pas  prévoir le succès d’un titre sur les 12 d’un album.

-Sur l’album Poulina, le titre Nabina, qui pourtant est un chant religieux, est aussi apprécié par le public…

A. B. : on nous parle souvent de ce titre-là. Nabina est une très belle chanson. Ceux qui pensent que nous ne faisons que du âloui sont agréablement surpris.

-Vous avez repris Cheikh El Mamachi…

A. B. : oui nous avons repris une chanson de Cheikh El Mamachi, Ayni Chret Cheria.

-Le patrimoine algérien est vierge. Il y a encore des choses à explorer…

A. B. : oui, toujours ! On essaie de piocher, de trouver de nouveaux sons. J’ai envie de continuer à moderniser le son âloui, ma spécialité et celle de mon «bras droit», Toufik Mimouni, aux claviers.
T. M. : le patrimoine musical  algérien et maghrébin est tellement riche qu’on n’en a même pas exploité le dixième. Il  y a le tergui, le sahraoui, le chaoui… Il  y a  tellement de modes musicaux, de rythmiques et de mélodies. Ce patrimoine appartient à tout le monde, y compris les artistes et les groupes qui sont invités à lui donner un coup de jeune, à le faire vivre plus longtemps. Parce qu’il le mérite.

-Vous allez vous produire pour la première fois à Alger…

A. B. : c’est vrai, cela fait 15 ans qu’on attend ce bonheur-là. C’est un grand événement. On n’arrive pas à réaliser encore.

-Alors, rendez-vous à Alger…

A. B. : (rires) Exactement ! Ce n’est pas un rendez-vous à Barbès, mais à Alger. (El Watan-28.12.2010.)

*séminaire sur la littérature maghrébine d’expression française

 

À BÀTONS ROMPUS AVEC RACHID BOUDJEDRA ET AMIN ZAOUI

De la problématique de l’écriture en Algérie

Présents à Batna pour le séminaire sur la littérature maghrébine d’expression française, ces deux auteurs, bilingues de surcroît, reviennent, dans cet entretien, sur la réalité de la littérature algérienne et de son devenir.

Liberté : Comment dessinez-vous les repères de la littérature algérienne un demi-siècle après l’Indépendance ?
Amin Zaoui : Après ce temps, on se pose la question sur le bilan de trois générations qui se sont succédé depuis les indépendances de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc. Est-ce que ces générations ont continué d’écrire avec le même souffle que celui de la génération des années cinquante, comme Mohammed Dib, Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun ; où y a-t-il du renouveau dans la structure de l’écriture en français et aussi dans les soucis proposés dans ces écrits ? Personnellement, je dis que celui qui a répondu aux opposants à l’écriture en français chez nous est bien Rachid Boudjedra par son roman la Répudiation, publié en 1969. Un roman qui a causé une réelle rupture avec l’écriture pédagogique dans le sens de l’enseignement et du nationalisme. Je pense que c’est à partir de la Répudiation   que le roman francophone algérien s’est débarrassé du complexe de la première génération pour passer à d’autres expériences au niveau de l’esthétique et du contenu. Ont suivi Rachid Mimouni, Tahar Djaout et ma génération à moi. On ne pose plus le souci de notre relation avec l’autre. Maintenant, l’auteur exprime sa relation avec lui-même, avec sa société ; il expose des conflits sociopolitiques et religieux.

Le roman algérien d’expression francophone est devenu un phénomène.
Rachid Boudjedra : Moi, je me pose la question si je n’ai pas utilisé cette langue en 1969 ? Comme je suis bilingue, j’aurais pu écrire en arabe.
C’était pour écrire en liberté ce que j’aime et briser les tabous de notre société. De mon temps, on a pensé que la génération qui nous succédera écrirait en arabe, chose qui n’a pas été, puis celle d’après et d’après, jusqu’à celle d’Amin qui a écrit en arabe puis en français.
Peut-être eux aussi pour briser les mêmes tabous que nous. Moi, je me suis converti à l’arabe parce que je me suis fait un nom, je m’étais libéré du circuit de commande, du contrôle politique et moral et le pouvoir a fini par changer son regard sur moi.

Peut-on en déduire que l’écrivain algérien ne peut être libre que dans une  langue autre que l’arabe ? 
Rachid Boudjedra : Je prends l’exemple du dernier roman d’Amin Zaoui (ndlr : la Chambre de la vierge impure).
Il n’est pas seulement audacieux, il est beaucoup plus que cela. Il a brisé des tabous terribles et je ne le vois pas traduit dans le monde arabe, pas pour le moment du moins.

Comment voyez-vous alors l’avenir du roman algérien, écrit en arabe ou en français ? 
Rachid Boudjedra : Le champ est ouvert à tous pour écrire et, maintenant, il y a un cumul de créations littéraires. Il y a des noms qui se distinguent, tels Bachir Mefti et Mustapha Benfodil. J’étais en Chine et la question qu’on me posait là-bas est pourquoi l’Algérien écrit et produit tant ? Avec l’existence de nouvelles maisons d’édition de qualité telle la maison d’édition Barzakh, qui nous publie Amin et moi et qui a obtenu un prix des Pays-Bas qui prime les meilleures maisons d’éditions dans le monde, on sent qu’il y a un changement, une ouverture qui s’annoncent dans nos universités qui commencent à nous présenter aux jeunes à travers nos écrits, chose qui était refusée avant.

Amin Zaoui : Personne ne peut nier qu’il y a, actuellement, de nouvelles voix algériennes qui commencent à réaliser une présence sur la scène littéraire arabe. À côté de ceux cités par Boudjedra, j’ajoute Kamel Krour, Samir Kacimi, Zahra Dik et bien d’autres noms qui se font lire dans le monde arabe.
Même chose pour ceux qui écrivent en français, comme Benfodil, Amari, Sofiane Hadjadj… Ils ont des écrits qui attirent vraiment l’attention. (Liberté-07.12.2010.)

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*consulter d’autres articles…cliquer ici… 11.Algérie culture

 Diam’s au sommet de l’Atlas

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**Festival international de la chanson soufie…du 02 au 09 décembre2010.

 Les organisateurs du Festival international de la chanson soufie qui s’est ouvert le 2 décembre dernier à El-Oued pour prendre fin le 9 décembre ont eu l’heureuse initiative d’inviter le chantre de la chanson kabyle Lounis Aït Menguellet comme “hôte d’honneur” du festival. C’est là un geste qui a fait énormément plaisir au célèbre artiste kabyle, lequel a donc rallié depuis quelques jours la ville d’El-Oued en compagnie de son fils et complice de tous les jours Djaffar et de l’artiste-peintre bien connu Hocine Haroun. Comme quoi la culture algérienne sait se reconnaître désormais dans sa richesse et surtout sa diversité, surtout lorsqu’on se rappellera que Cheb Khaled a enregistré un énorme succès lors de son premier gala historique au stade Oukil-Ramdane de Tizi Ouzou en août dernier en pleine soirée du Ramadhan.  (Liberté-07.12.2010.)

 

EXPOSITION D’OBJETS D’ART TURCS AU PALAIS DE LA CULTURE.Alger

 

Huit femmes. Une centaines d’œuvres. Une découverte. C’est en ces termes qu’on peut qualifier l’événement de mercredi dernier.

Une exposition d’art traditionnel turc s’est ouverte mercredi dernier en fin de journée, au palais de la Culture Moufdi-Zakaria (plateau des Annassers, Alger). Entièrement consacrée à l’art traditionnel de la ville d’Adana (située dans le sud de la Turquie), cette exposition a été inaugurée par la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, et l’ambassadeur de Turquie en Algérie, M. Ahmet Necati Bigali.
Ce sont huit femmes (directrice, sous-directrice et enseignantes) de l’institut des arts de cette ville (Adana Olgunlsma Enstitüsü, équivalent d’une École des beaux-arts) qui exposent leurs œuvres. “Nous sommes là au nom de l’amitié et de la fraternité liant les peuples turc et algérien”, a déclaré Mme Ikbal Kalin, directrice de cet institut des arts.
Encore visible aujourd’hui au soir, l’exposition est composée d’une centaine d’œuvres entre enluminures et calligraphies, un ornement de plafond de l’époque ottomane, un tableau représentant le mihrab d’une mosquée, des modèles de céramique traditionnelle ornant ses murs ainsi que des sceaux de sultans, notamment ceux de Soliman le magnifique.
Il y avait aussi des figurines en céramique. Toutes ces pièces d’art, uniques et jamais présentées, on été conçues pour l’Algérie. Pour partager l’art en commun existant entre les deux pays, qu’un passé commun lie.
Avec tous ces objets d’art, ce n’est pas uniquement une présentation du large patrimoine culturel et artistique de cette région. C’était une invitation à un voyage, sans visa, sans déplacement. À regarder et admirer ces pièces, on découvre la finesse du travail ainsi que la précision. Chacune est un pan de l’histoire de cette ville.
Chacune véhicule un passé culturel et historique qui s’est étendu hors frontières. Même l’Algérie a hérité de cette culture.
Par ailleurs et hormis ces œuvres, la borderie était très présente à travers la tenue traditionnelle féminine qui a occupé aussi une grande place dans cette exposition qui met en valeur différentes pièces de tissu travaillées à la main et ornées de dorure, une série de châles de différents formats et couleurs serties de pierres ou de paillettes et des robes en velours de style ancien, présentés dans des vitrines. C’était aussi une autre facette de la culture et des traditions de la Turquie qu’on découvrait et dans laquelle on se retrouvait. Un travail minutieux, d’une finesse remarquable et d’une beauté inouïe, mettant en valeur l’effort déployé à la réalisation de chaque pièce.
Par ailleurs, un défilé de mode s’est déroulé en marge de l’exposition et au cours duquel ont été présentées cinquante robes traditionnelles, retraçant les différentes époques de l’histoire de ce pays au passé glorieux, notamment la période ottomane. Les convives ont même eu droit à un cérémonial d’un mariage traditionnel turc.
Avec cette tentative de rapprochement des deux cultures, algérienne et turque, le chemin est tracé et les jalons jetés pour qu’un pont culturel et artistique relie les deux pays. “J’aimerais qu’il y ait des échanges culturels entre les deux pays”, a déclaré M. Sinan Zeren, deuxième secrétaire à l’ambassade de Turquie en Algérie. (Liberté-06.11.2010.)

*RÉCITAL ANDALOU AVEC NOUREDDINE SAOUDI

Vulgarisation d’un genre musical savant

1La librairie Socrate News a reçu, avant-hier soir, dans le cadre du programme d’animation des Mille et une News, le musicien Noureddine Saoudi (géologue de formation et chercheur en préhistoire), pour une leçon de musique pas comme les autres.

 

L’invité de la soirée a dispensé une leçon de musique andalouse : genre qu’il affectionne particulièrement et dans lequel il s’illustre de manière exceptionnelle. Un concert bien particulier qui a été riche en enseignements car Saoudi a été pédagogue et patient, tout en donnant des exemples concrets.
Il a simplifié, le plus possible, cette musique savante et qui semble, au premier abord, inaccessible. Il paraît toutefois évident, au sortir de cette soirée, que lorsqu’on ignore les bases et les tenants de quelque chose, on la néglige. Pourtant, la musique andalouse a un lien très fort avec notre culture maghrébine et notre sensibilité, et de ce fait, certains contours ne peuvent être que difficilement cernés par des individus appartenant à un environnement autre que le Maghreb.
Noureddine Saoudi a entamé le récital par quelques repères concernant l’andalou. Il faut d’abord savoir que cette musique est construite sur sept canevas ou modes principaux qu’on retrouve dans la musique algérienne, notamment le chaâbi, la musique citadine, le kabyle et une certaine catégorie de la chanson raï. Alors que dans les musiques occidentales, il n’existe que deux modes : le majeur et le mineur. Chaque mode (canevas) se joue sur une note précise qu’on appelle repère (rkiza). Le moual, qui commence l’arbre des modes (chajarat et-touboue), se joue toujours sur le do (note la plus basse). Quatre modes se jouent sur le ré (la tonique), notamment raml el maya, jharka, araq et zidane.
À propos de ce dernier, Noureddine Saoudi a déclaré : “C’est un mode mythique auquel on est le plus sensible. D’ailleurs, lorsque les Occidentaux illustrent, c’est avec ce mode. Camille Saint Saens, qui a vécu en Algérie, a illustré sa musique avec ce mode.” Le mode sika — qu’on retrouve dans la musique espagnole — se joue sur le repère mi, et le mezmoum sur le repère fa. “Chaque mode a une charge émotionnelle différente. La combinaison et proximité entre les notes donne de la couleur”, a-t-il expliqué. “Le mode mezmoum permet d’aller dans le sens de l’apaisement”, et c’est pour cette raison que les berceuses sont chantées dans ce mode. “Le mode zidane concerne tout ce qui doit exulter les masses. D’ailleurs, l’appel à la prière, dans la tradition algéroise, est réalisé dans ce mode.”
Araq et son dérivé le ghrib sont des modes empreints de tristesse et de mélancolie. Noureddine Saoudi conclura : “Chaque mode a une circonstance particulière.” Ensuite, il y a les systèmes qu’on appelle noubas, qui sont au nombre de vingt-quatre. “Chaque nouba ne peut être jouée que dans un laps de temps particulier”, a-t-il révélé. “La nouba est une suite de mouvements : msadar, derj, btayhi, nesraf, khlass, construite sur le temps.” El msadar, le premier mouvement (le plus lent), est comme l’enfance. Le temps s’écoule doucement et les souvenirs sont encore à fabriquer. “Et plus on avance dans l’adolescence, plus les choses commencent à se mettre en place. On commence à avoir des repère mais le temps est toujours le même (btayhi)”, a-t-il synthétisé. Lorsqu’on arrive au nesraf et au khlass, les choses s’accélèrent.
Noureddine Saoudi a ajouté que le nesraf – qui s’appuie sur un système ternaire — était problématique pour l’oreille occidentale. Appelé “rythmique boiteuse” et difficile à transcrire, “les Occidentaux n’arrivent pas à gérer le nesraf parce que c’est une question de tradition. Il faut d’abord l’avoir dans la tête pour pourvoir par la suite le jouer”, a-t-il appuyé.
La nouba dure une heure et va du rythme le plus lent au plus relevé. Et à chaque fin de nouba, “c’est le départ d’une nouvelle naissance”, d’où le rapport au temps et le rapprochement avec le cycle de la vie. La nouba est donc construite sur un mode cyclique. “Mais de tout cet édifice de vingt-quatre noubas, le temps a fait son œuvre, il ne reste que douze noubas complètes. Il nous reste quatre autres qu’on appelle incomplètes. Cela veut dire qu’elles ont perdu leurs mouvements, sauf l’insiraf”, a-t-il commenté.
D’où la nécessité d’écrire et de transcrire. En plus des sept modes fondamentaux, il existe un huitième, utilisé principalement dans le chaâbi : sahli (chansons Ya Bahr Etoufane et Ya el Maqnin Ezzine d’El-Badji). C’est, d’ailleurs, sur ce même mode que Noureddine Saoudi a composé une nouba qu’il a appelé “nouba dziria”.
Par ailleurs, il a précisé que “ce que chantait Zeriyab n’a rien à voir avec ce que nous faisons aujourd’hui. Zeriyab a ramené une chose essentielle : la notion de suite.” Signalons aussi qu’il existe des dérivés à la musique andalouse, notamment le hawzi (Tlemcen), l’aroubi (Alger), le zendani (Constantine) et les neqlabate. En outre, Noureddine Saoudi a évoqué la floraison de jeunes talents, tout en espérant que ces expériences tentées dans le domaine puissent nous permettre de “réunir nos goûts”. (Liberté-23.08.2010.)  

 

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ELLES AURONT LIEU DU 12 AU 24 JUILLET À BATNA

Journées théâtrales maghrébines

Plus de dix jours durant et outre les représentations théâtrales, le quatrième art dans les pays du Maghreb sera au centre de conférences-débats qu’animeront des spécialistes.

Le Théâtre régional de Batna (TRB) renoue, et ce, pour la troisième fois, avec les Journées maghrébines du théâtre qui se dérouleront du 12 au 24 juillet dans cette même ville.
Mohamed Yahiaoui, directeur du TRB, explique à propos de cet évènement qui s’annonce grandiose : “Ces journées théâtrales vont permettre de donner un éclairage sur l’évolution du théâtre dans les pays maghrébins, sur le genre nouveau de représentation et le développement des formes théâtrales qui émergent à l’heure actuelle.” Et d’ajouter : “Ces journées se veulent une infrastructure culturelle, une courroie de transmission des cultures maghrébines à partir de la ville de Batna, toujours active, jamais fatiguée. C’est une plateforme de confrontation des spectacles de théâtre destinés à divertir et à instruire le large public entiché du théâtre, c’est-à-dire d’œuvrer à la promotion du spectacle vivant, à l’épanouissement artistique des théâtres régionaux et même national, à la promotion des échanges artistiques entres les troupes théâtrales et le public batnéen.” Au programme, quatorze pièces théâtrales présentées par des troupes du Grand-Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie, et pour la première fois la Libye). L’Algérie est représentée par ses théâtres régionaux, ceux de Batna, Béjaïa, Annaba, Sidi Bel-Abbès, Oum El-Bouaghi, Oran, Mascara et Skikda ainsi que le Théâtre national algérien. La troupe marocaine El Moubadara de Rabat prendra part à ces journées avec deux spectacles : les Coulisses et El Antaria, la Tunisie sera représentée par deux troupes : la société Rosbina de Monastir avec la pièce Al-Halwa, et le Centre national des arts dramatiques et scéniques El Kef avec la pièce Khouyout al-Achiqa.
La Libye participera, quant à elle, pour la première fois à ces journées avec la pièce Saouar fi Dhakira. En outre, et en marge de ces représentations théâtrales, des ateliers de formation seront initiés durant ces journées.
Par ailleurs, ces Journées théâtrales maghrébines permettront sans aucun doute aux spécialistes et autres praticiens du quatrième art de voir et découvrir ce qui se fait dans les pays du Maghreb et dans quelle expression le théâtre maghrébin s’inscrit. Le théâtre maghrébin est-il en rupture ou dans la continuité par rapport aux autres théâtres, notamment arabe, européen et même universel ?
La 3e édition de ces Journées théâtrales maghrébines constituera également une plateforme d’échanges interculturels et un incontournable espace de rencontres, d’autant plus que le Théâtre régional de Batna veut gagner le pari de l’organisation de ses Journées maghrébines du théâtre et améliorer sa carte de crédit (d’estime !). 
À rappeler que parmi les objectifs de ces journées, la création d’une dynamique de rencontres et d’échanges permanents entre les professionnels et amateurs du spectacle vivant dans les pays maghrébins. (Liberté-11.07.2010.)

**LE FILM SERA RÉALISÉ PAR SAÏD OULD KHELIFA
Ahmed Zabana porté à l’écran
 

«Les morts ne meurent pas quand on les enterre, ils meurent quand on les oublie.»

Rouge pourpre! est le titre que portera le film qui sera consacré à la vie du premier martyr executé avec la guillotine coloniale, Ahmed Zabana. Enfin! la prophétie des historiens s’est concrétisée. Le retour au travail biographique sur la vie des hommes, dans leurs connivences et leur pureté, leurs faiblesses et leur points forts, qui ont marqué l’histoire de la guerre de Libération entame ses premiers virages.
Après le film Benboulaïd, un autre long métrage sur Ahmed Zabana verra le jour incessamment. Le tournage débutera au mois de septembre prochain. Le scénario, dont la production a été confiée à Laith Media, porte la signature de Azzedine Mihoubi tandis que la réalisation est assumée par Saïd Ould Khelifa.
Ce film historique sera cofinancé par les ministères des Moudjahidine, de la Culture et l’Entreprise nationale de la télévision algérienne.
Trois acteurs, dont les noms n’ont pas été divulgués par Saïd Ould Khelifa par mesure d’éthique professionnelle, se disputent le rôle de l’acteur principal tandis que la langue du discours du film est purement locale et dialectale appartenant à la région ouest du pays.
«Nous souhaitons bien que l’acteur principal soit issu de la région ouest» a affirmé Yacine Laloui, le producteur. La diffusion constitue l’un des handicaps majeurs qui continuent à entraver le cinéma algérien.
Le film réalisé par Ahmed Rachedi, sur la vie de Benboulaïd, en est la meilleure preuve en raison, d’une part, de l’indisponibilité des salles de cinéma et l’absence des canaux de diffusion, d’autre part. Aussi, pour y faire face, le réalisateur et le producteur du film Zabana ont pris leurs devants. D’ailleurs, le réalisateur est plus que décidé à réaliser ce film qui raconte la vie de l’un des symboles de la guerre de Libération nationale.
«L’essentiel est que le film sorte», a-t-il soutenu ajoutant que plusieurs canaux de distribution sont en vue, en l’occurrence la diffusion du produit en DVD dans les écoles avant d’ajouter que «le film sera fort probablement exporté».
Loin du discours creux, le film consacré à la mémoire du chahid Ahmed Zabana se veut être un retour aux sources à travers lesquelles la nouvelle et la future générations s’imprégneront du passé glorieux des hommes qui ont fait ’histoire de l’Algérie.
«Le film est destiné à attirer les jeunes», a annoncé Saïd Ould Khalifa. Il y a de quoi être fier de ce film étant donné que les hommes d’hier ont, grâce à leurs convictions, épousé la cause nationale et libéré la patrie du joug colonial.
En outre, ce film, au-delà de la vie de Ahmed Zabana, se veut également l’histoire de tous les personnages historiques qui activaient à Oran à la veille de la Révolution du 1er Novembre 1954.
Ahmed Zabana, âgé de 30 ans, avait été exécuté par les autorités coloniales avec la guillotine à l’aube du 19 juin 1956 dans la prison Barberousse, et sous les youyous des prisonnières et les appels du muezzin à la prière du Fadjr.
Dans une lettre laissée à ses parents, Ahmed Zabana expliquait que son sacrifice n’est qu’un devoir. Ne dit-on pas que «les morts ne meurent pas quand on les enterre, ils meurent quand on les oublie»? (L’Expression-07.07.2010.)

 

**3e salon national des artistes peintres à Oran :

« Le labyrinthe d’Eden »

 

L’espace Kheïma, de l’hôtel Phénix d’Oran, accueille une exposition picturale collective.Pour venir à bout des cent-vingt artistes peintres participant à la 3e édition du Salon des artistes de l’Oranie, devenu depuis cette année le Salon national Eden des artistes peintres, qui se tient jusqu’au 12 juin à l’espace Kheïma de l’hôtel Phénix, il faut, au risque de se perdre, passer par un véritable labyrinthe. Ceci est d’autant plus vrai que nombre de participants proposent des travaux élaborés dans plusieurs registres. En plus des différences d’âge, de 19 à 80 ans, indicateur de l’expérience mais pas forcément de l’originalité, la manifestation offre à voir au visiteur tout un éventail de styles et techniques alliant, dans la forme, les supports divers : toile, papier, verre, etc, avec parfois des techniques mixtes et des contours osés, le triangle, à titre indicatif, une façon de voir l’espace pictural déjà tentée mais rare dans l’histoire de l’art algérien.

Le contenu est tout aussi varié et, en privilégiant le nombre (qui a ses inconvénients), l’avantage est ici d’offrir à l’œil amateur une idée très proche des tendances constitutives de la peinture algérienne contemporaine. Ce ne sont pas tous les grands noms de la peinture ou les plus en vue qui participent à cette édition, mais l’échantillon est assez représentatif, surtout que nombre d’artistes en herbe exposent pour la première fois avec des travaux inédits. L’initiative des propriétaires de la chaîne hôtelière Eden est culturelle et dédiée à l’art mais sa visée est touristique, un aspect défendu par les organisateurs dès la première édition où le concept de « tourisme culturel » a été mis en avant, en adéquation avec la nouvelle politique gouvernementale qui associe également l’artisanat comme un facteur incontournable.

D’ailleurs la précédente édition a tout aussi bien concerné des artisans. Cette fois ce n’est pas le cas et à la place, on a droit à plus d’œuvres picturales dont, quoique rares, des sculptures exposées en appui à certains travaux. Justement, vus sous cet angle, certains parmi ces derniers sont typés, c’est-à-dire qu’ils donnent à voir des « images » évoquant de manière explicite l’Algérie ou par extension le Maghreb. C’est le cas évident des paysages urbains ou pas qui représentent des localités diverses. Il y a aussi des travaux purement décoratifs comme les femmes voilées (voile traditionnel) exécutés dans une technique mixte qui marie la peinture au tissu réel avec lequel est fabriqué le « haïk », presque abandonné aujourd’hui mais qui a été pendant longtemps un élément très caractéristique des habitudes vestimentaires de la femme algérienne.

Plus subtiles sont, toujours dans le domaine décoratif, les œuvres qui s’inspirent du signe maghrébin transposé sur les toiles et qu’on retrouve habituellement dans les décorations des produits de l’artisanat. Des éléments qui meublent notre environnement mais qui ont tendance à disparaître par les effets de l’habitude. Ici, ils sont mis en valeur et remis au goût du jour. Une volonté de restaurer ce que le temps nous force à oublier semble être le souci des artistes qui se sont lancés dans cette voie. La subtilité est poussée à son paroxysme par les peintres qui, même sur le registre de l’abstrait, veulent se placer dans l’histoire de la peinture algérienne.

Comme on ne crée pas à partir du néant, plusieurs toiles évoquent ou convoquent des influences d’œuvres plus anciennes. Ceci dit, la recherche de l’originalité n’est pas absente dans cette immense exposition qui laisse également la place au classique (natures mortes, portraits, etc.) et aux influences multiples des écoles qui se sont constituées à l’échelle internationale. On notera cependant un certain retour au paysage, banni pendant un certain temps. L’exposition reste à revisiter, à commencer par le grand hall de l’espace de la Kheïma où les organisateurs ont rassemblé les toiles (une par artiste) de tous les participants. Les autres salles, ainsi que les couloirs, abritent les différents stands avec des fiches techniques, seul moyen d’éviter de se perdre dans cet univers de couleurs, le labyrinthe d’Eden.(El Watan-10.06.2010.)
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**Débat avec Yamina Bachir Chouikh autour du film Rachida

« Certains veulent qu’on fasse des films lisses »

 

filmalgrachida.jpg Chaque soir, et depuis le jeudi 3 juin, la cour de l’ex-Lycée Pierre et Marie Curie de Annaba se remplit petit à petit d’amateurs du septième art.Ils commencent à s’habituer à la manifestation « Cinéma sous les étoiles » organisée par le Centre culturel français (CCF) de Annaba, en collaboration avec l’université Badji Mokhtar. Ils prennent place face à l’écran gonflable grand format (13×9) pour regarder des films en 35 mm. Deux projectionnistes, venus de Besançon, assurent chaque soir la séance qui commence à 20h45. La prestation de service a coûté plus de 10 000 euros au CCF, comprenant les frais d’admission temporaire du matériel au niveau des douanes. « La location des films en France coûte 600 euros pour une seule projection. En Algérie, cette location est de 300 euros », nous a expliqué Fabrice Maurio, directeur du CCF Annaba, qui va bientôt rejoindre le CCF de Naples, en Italie. Un retard d’envoi de copie a obligé les organisateurs à annuler la projection de Making off, du tunisien Nouri Bouzid, prévue samedi 5 juin.

Le long métrage a été remplacé par L’esquive d’un autre tunisien, Abdelatif Kechiche. Avant les projections, le public assiste à des petits concerts de musique animés par les ensembles Ethnosphère, Nadir Felfli et Nadir Nirvana, les Dreams Castel, ainsi que le groupe Sarab. Lundi soir, Rachida, de Yamina Bachir Chouikh, l’un des rares films algériens à évoquer les ravages du terrorisme en Algérie, a été projeté en présence de la réalisatrice. « J’ai commencé à écrire l’histoire de Rachida en 1996 et je n’ai pu réaliser le film qu’en 2000 faute d’argent. Mon souci était de témoigner d’une histoire qu’on vivait au moment de l’écriture du scénario. Tout le monde avait peur de ce sujet.

Certains comédiens ont refusé de jouer dans le film et je comprends leur attitude. Pour plusieurs rôles, j’ai fait appel à des non- professionnels. Pour moi, il était important de survivre à la violence et à la folie », a expliqué Yamina Bachir Chouikh. Elle a révélé que le film est inspiré de l’histoire vraie de Zakia Guessab, enseignante de la Casbah d’Alger, assassinée par un groupe armé après son refus de déposer une bombe dans une école. « Mais, contrairement à Rachida, Zakia n’a pas eu la chance de survivre. Je lui ai dédié le film autant qu’à mon frère qui n’est plus de ce monde », a-t-elle ajouté. Curieusement, cette dédicace a été « sautée » lors de la première projection du long métrage à la salle El Mougar à Alger. La cinéaste a regretté la non-projection du film ailleurs qu’à Alger ou Oran.

L’ENTV boude Rachida

A Annaba, Rachida a été projeté une seule fois au Théâtre régional. Huit ans après sa sortie, l’ENTV n’a toujours pas acheté ce film, alors qu’il a déjà été diffusé par la chaîne marocaine 2M, la franco-allemande Arte et la française Canal Plus. « Heureusement ou malheureusement pour moi, le film a été piraté et les gens ont eu la possibilité de le voir sur DVD », a-t-elle dit. Interrogée sur le regard perçant de Rachida (Ibtissem Djouadi) adressé aux spectateurs à la fin du film après avoir écrit sur un tableau « Dars el yaoum » (La leçon d’aujourd’hui), la cinéaste a estimé qu’elle n’avait pas de solutions. « Je ne suis ni historienne ni politologue. A eux d’écrire l’histoire récente de l’Algérie, mais je me pose la question : a-t-on retenu comme leçon ce qui s’est passé en Algérie ? A l’école, j’ai remarqué, à travers mes enfants, qu’on ne donne pas aux élèves l’opportunité de réfléchir par eux-mêmes. Tout est imposé », a-t-elle relevé. Elle a dénoncé la tendance à vouloir tout polir dans la société.

La grande vadrouille à Annaba

« On n’avance pas en s’enfermant, en refusant l’autre et en refusant notre manière d’être. On est des humains. On ne peut pas avoir tous la même conduite. Certains veulent qu’on fasse des films lisses, inodores et incolores », a-t-elle observé. Les présents, réalisatrice en tête, se sont plaints de la mauvaise qualité de la copie du film. Une copie pourtant conservée par le Centre national du cinéma algérien (CNCA) ! Aujourd’hui sera projeté la comédie de Mahmoud Zemmouri, Beur, blanc, rouge, qui revient sur le fameux envahissement du stade après le match amical France-Algérie. Demain, La grande vadrouille, de Gérard Oury, va clôturer la deuxième édition de « Cinéma sous les étoiles ». Pendant quarante ans, La grande vadrouille, sorti en 1966, a été le plus grand succès du septième art en France, avec plus de 17 millions d’entrées dans les salles. Ce film n’a été déclassé qu’en 2008 avec l’hilarant Bienvenue chez les Ch’tis de Dany boon.(El Watan-09.06.2010.)

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**FESTIVAL NATIONAL DU THEATRE PROFESSIONNEL

Le séducteur des étoiles décroche le Grand prix

 

La pièce de théâtre « Le séducteur des étoiles », produite par le Théâtre régional de Sidi Bel Abbès (TRSBA) a remporté le Grand prix du 5e festival national du théâtre professionnel, clôturé lundi soir le 8 juin à Alger.Mise en scène par Hassan Assous, scénographie de Zâaboubi et chorégraphie de Slimane Habès, cette pièce adaptée des textes de Kateb Yacine « est le fruit d’un travail d’équipe », a déclaré à El Watan, le directeur du TRSBA.

Une équipe qui comprend des comédiens qui ont pour nom : Dallila Nouar, Khadifja Abdelmoula, Nawel Benaissa, Abdellah Djelab, Abdelkader Djerioin, Boubekeur Benaissa, Abdellialh Merbouh et Mohamed Belbakriti. « Je suis content pour le groupe de comédiens qui s’est distingué, cette année encore, au festival national du théâtre professionnel. C’est la même équipe qui ne cesse, depuis cinq ans, de récolter des prix au festival national », a-t-il ajouté.

« Le prix remporté hier (mardi, ndlr) prouve que le TRSBA continue à présenter des travaux avec de nouvelles pistes artistiques tout en adaptant des textes d’auteurs algériens », estime Assous.(El Watan-09.06.2010.)

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**Cridissh: Hommage à Abdelkader Djeghloul, décédé récemment

 

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La communauté universitaire oranaise doit se retrouver dans l’après-midi de demain pour rendre hommage à Abdelkader Djeghloul, décédé récemment. La rencontre, initiée par le recteur de l’Université d’Oran, aura lieu au CRIDISSH, centre que Djeghloul avait dirigé lors de son démarrage.  Lors de cette rencontre, des universitaires, qui ont connu le défunt quand il était enseignant à la faculté de sociologie, évoqueront les mérites de ce grand maître et son apport. Parmi eux, on citera Mohamed Moulfi, professeur de philosophie, et Mancer, professeur de sociologie. Probablement d’autres intervenants participeront à l’animation de cette rencontre, puisque nombreux sont les universitaires qui avaient été formés en partie par Abdelkader Djeghloul. Le choix du CRIDISSH pour abriter cette manifestation n’est pas fortuit. Déjà, des voix réclament l’octroi du nom de Djeghloul à ce centre. Puisqu’à l’époque où Abdelkader la dirigeait, cette institution est devenue un véritable espace d’effervescence intellectuelle. Mieux, il a acquis une véritable audience au-delà des frontières puisque les chercheurs et les intellectuels de différentes contrées y étaient invités. «Les cahiers du CRIDISSH», en arabe et en français, existent toujours dans les bibliothèques privées et publiques et peuvent témoigner du dynamisme qu’a insufflé Djeghloul à la recherche quand il les dirigeait. D’aucuns se remémorent les noms des universitaires de dimension internationale qui ont défilé devant le public estudiantin dans ce centre. C’est le cas de Fanny Colonna, Abdelwaheb Meddeb, entre autres… D’ailleurs, de nombreux universitaires oranais, actuellement des noms respectés au niveau des universités françaises, européennes et américaines, ont mis le pied à l’étrier dans le domaine de la recherche dans ce centre. Citons parmi eux Touati El-Houari, Hocine Belkheira, Fatiha Talahite, Abderrahmane Moussaoui, Meliani El-Hadj et tant d’autres… D’un autre côté, nombreux sont ceux qui se rappellent les groupes de recherche qui avaient élu domicile dans ce centre. Soulignons que l’hommage qui sera consacré à Djeghloul à Oran précédera un autre qui aura lieu à Alger et que pilote Cheikh Bouamrane, selon certaines indiscrétions. (Quotidien d’Oran-26.05.2010.)
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**ELLE REMPLACERA ISABELLE ADJANI DANS LE FILM PARFUMS D’ALGER
Monica Bellucci à Bouzaréah
 

Le tournage du film a commencé il y a une semaine sur les hauteurs d’Alger, plus précisément au quartier le Puits des Zouaves.

Quelle mouche a donc piqué l’actrice française d’origine algérienne, Isabelle Adjani, pour quitter le tournage du film Parfums d’Alger, réalisé par Rachid Benhadj et cela après seulement quatre jours de tournage? Elle part sans aviser le réalisateur qui a dû, la mort dans l’âme, suspendre provisoirement le tournage.
M.Benhadj a fait appel à un huissier de justice pour constater l’absence de la star française qui a perçu entre-temps 40% de son cachet de 3 millions d’euros pour ce film. Il faut dire qu’Isabelle Adjani est connue en France pour ses caprices de star, ce qui l’a éloigné des plateaux de cinéma. Ce n’est donc pas la première fois qu’elle donne libre cours à son impulsion sans se soucier des barrières qu’imposent les réalités d’un contrat ou d’une conférence…
On se souvient déjà en mai 1983, quand l’actrice française Adjani avait boudé la conférence de presse et la séance de photo call de la présentation du film de Jean Becker, L’Eté meurtrier, pour lequel elle remporte son second César de la meilleure actrice.
En signe de protestation face à l’attitude capricieuse d’Isabelle Adjani, les paparazzis et les cameramen déposent leurs «armes» à leurs pieds sur le tapis rouge. L’information de son départ précipité du tournage à Alger a été annoncée en bribes par le quotidien Liberté, qui n’a pas détaillé les raisons de cette fugue artistique.
L’information de ce départ inexpliqué a eu l’effet d’une bombe dans le cercle des artistes algériens.
Mais, selon certaines indiscrétions, un désaccord a éclaté avec le réalisateur qui aurait refusé de se plier aux caprices «un peu trop exagérés» de la star et qu’elle aurait souhaité faire ce film seule avec Tarek Ben Ammar en Tunisie, coproducteur du projet. Le réalisateur avait entamé, il y a une semaine à Alger, le tournage de Parfums d’Alger avec Isabelle Adjani et l’acteur italien Alessio Boni. Ce septième long métrage du cinéaste met en scène une photographe à Paris qui doit se résoudre à rentrer au pays, au chevet d’un père mourant qu’elle avait dû fuir pour vivre sa vie. Ce retour parmi les siens, va réveiller de vieux souvenirs et l’amener à renouer les fils de son histoire.
La photographie est signée Vittorio Storaro, le célèbre directeur photo du Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci. Le tournage du film a commencé il y a une semaine à Bouzaréah, plus précisément au quartier le Puits des Zouaves. Tourné entre Paris et Alger, le film est coproduit par le Tunisien Tarak Ben Ammar et par le ministère de la Culture via le Fdatic.
Si Isabelle Adjani ne revient pas à la raison, le producteur algérien Madani Merabai de Net Diffusion devra faire appel à une autre star internationale. Des sources proches du producteur avancent un nom du cinéma prestigieux pour remplacer Adjani. Ces sources parlent déjà de l’arrivée de Monica Bellucci qui aurait donné son accord pour suppléer à la défection inattendue de la star capricieuse. D’autres comédiens algériens devront faire partie du casting comme Biyouna et Ahmed Benaïssa.(L’Expression-09.05.2010.)

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Forum de la Halqa populaire à Sidi Bel Abbès… Le forum maghrébin de la halqa populaire a pris fin vendredi dernier au Théâtre régional de Sidi Bel Abbès avec une cérémonie de remise de prix aux lauréats et la lecture des recommandations du jury.Le grand prix du forum, l’Epi d’or, est revenu ex aequo à Cheikh Belaoura Mohamed de Sougueur (Tiaret) et à la troupe Masrah Essanabil de Souad Khalil (Lybie). Quant à l’Epi d’argent, il a été attribué ex aequo à Cheikh Brahim Ben Brik (Tiaret) et aux conteurs de la troupe des arts populaires de Sfax (Tunis), alors que l’Epi de bronze a été, lui, décerné au célèbre goual Djillali Laïlaili de Mahdia (Tiaret). Le conteur Fadi Sebar de Syrie et le goual de la région de la Mekerra, Abbas Lacarne, ont reçu le prix spécial du jury. Il faut dire que le choix des lauréats n’a pas été facile tant les participants admis en compétition rivalisaient de génie pour capter, à travers les différentes places publiques de la ville, un public « venu en force admirer des spectacles de haute facture », selon les organisateurs.

M.Blouhi, président du jury, a, d’ailleurs, avoué la difficulté rencontrée par ses pairs pour désigner la meilleure halqa populaire. « La halqa est une forme d’expression artistique qui requiert une maîtrise parfaite de la littérature orale et de l’espace d’où la difficulté de départager des chioukhs passés maîtres dans cet art », dira-t-il. Le forum, dont la prochaine édition se tiendra à Tlemcen, aura permis, de l’avis de nombreux participants, de revisiter un patrimoine artistique séculaire. « Ce genre de rencontres est d’une grande importance en ce sens qu’il permet de préserver la mémoire populaire », a souligné Cheikh Benamar, meddah de Tissemsilt, lors de la cérémonie de clôture. « Le goual a longtemps été marginalisé et ce forum est à même de lui permettre de renouer avec son public », a-t-il ajouté.

Au plan des recommandations, le jury a appelé à l’institutionnalisation du forum de la halqa en la dotant de moyens supplémentaires afin de ressusciter ce qui constitue aujourd’hui un trésor de l’oralité maghrébine en général et algérienne en particulier. Aussi, il a été préconisé la création d’un site électronique consacré aux arts populaires, le recours à des présélections des troupes ainsi que la transcription des répertoires populaires narrés par les gouals. Le passage de l’oral à l’écrit tend notamment à renforcer le fonds documentaire consacré au patrimoine immatériel national. (El Watan-02.05.2010.)

** «Al-Andalous, voyage dans la mémoire» de Lamine Benallou: Un hymne à la fraternité

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Les éditions B.M.L. viennent de publier le dernier livre de Lamine Benallou, intitulé: «Al-Andalous, voyage dans la mémoire». On ne sait pas en fait si on doit proprement parler d’un livre d’histoire ou d’un roman.

 Là est d’ailleurs la particularité de cet ouvrage dont l’auteur a réussi le pari de rendre «attractif» un tas de détails historiques en les imprégnant dans le bain de la fiction. Le pitch est on ne peut plus clair : trois amis, de confessions différentes, décident d’entreprendre un périple à travers toutes les villes espagnols que comprend l’Andalousie. Mohamed le musulman, Jésus le chrétien, et David le juif. C’est donc au détroit de Gibraltar que débute leur périple, qui va se poursuivre à travers une vingtaine de villes andalouses, d’Algerisas à Almeria en passant par Malaga, Antequera et Séville, pour finalement «échouer» au point de départ, c’est-à-dire Grenade, leur ville d’adoption. En fait, chaque chapitre détaille avec minutie une ville spécifique. Et au final, cette longue traversée les conduit sur les traces de la civilisation hispano-musulmane et les laisse stupéfaits face à la richesse mirifique dont regorge l’ancien royaume d’Andalousie, celui tenu par les Almoravides, ces musulmans qui ont régné sur cette partie de la terre d’Espagne entre le XIe et le XIIe siècle.

 L’ouvrage regorge d’informations et d’anecdotes proprement historiques, et bien souvent, au fil des chapitres, le lecteur ne sait plus s’il s’agit d’un roman ou d’un traité d’histoire. Le volet «historique» de ce bouquin émane principalement des nombreuses conversations entre les trois principaux personnages, qui, à tour de rôle, ont endossé le costume de professeur, pour une petite séance d’histoire. Quant au choix des personnages, chacun spécifiant sa propre religion, est en vérité une décision mûre de sens : il ne faut pas oublier que la particularité de ce voyage, à travers l’espace et le temps, nous emmène, comme le dit l’auteur, à une époque où se développa «l’un des plus prodigieux dialogues interculturels de l’humanité»… A partir de là, pour illustrer cette époque, quoi de mieux en effet que de la faire découvrir par trois amis, chacun représentant, à sa manière, sa propre religion monothéiste ?

 L’auteur s’est voulu pointilleux au possible sur toutes les données dont regorge son ouvrage, mais sans pour autant entrer dans le domaine du «technique». De ce fait, la lecture de ce roman, car au bout du compte c’en est bien un, se fait fluide et limpide.

 Hispaniste dans le cœur, Lamine Benallou est enseignant universitaire. Il a déjà à son actif deux livres, sortis respectivement en 1998 et en 2004, et est l’auteur d’une thèse sur l’écrivain espagnol Juan Goytisolo. Il a par ailleurs été, de 1994 à 1999, le directeur culturel de la fondation «El legado andalusi» à Grenade, où il vit jusqu’à ce jour. Il signe là son troisième ouvrage, qui, au passage, est préfacé par Javier Galvan, le directeur de l’Institut Cervantès d’Oran.

 Ce voyage dans la mémoire est un hymne à la tolérance et à la fraternité, une ode au mélange et au métissage. Mais encore, c’est aussi un fabuleux hommage rendu aux villes et aux décors de l’Andalousie actuelle, cette terre qui fut jadis le centre du monde. On peut d’ailleurs reprendre, comme écrit dans le livre, cette célèbre phrase attribuée au XIXe siècle à Pedro Antonio de Alarcon : «Qui ne connaît ni n’admire Granada, même s’il ne l’a jamais vue ?»

 Bref, à tous ceux qui aiment joindre l’utile à l’agréable, qui aiment à la fois s’enrichir culturellement tout en ne s’ennuyant pas, ce livre est fortement conseillé. Aujourd’hui à 15 heures, une vente dédicace est prévue au siège de l’Institut Cervantès d’Oran. (Quotidien d’Oran-17.04.2010.) 

**** THÉÂTRE ET ENFANCE

Deux bonnes raisons de vivre pour Mourad Senouci
 

 

Mourad Senouci est un dramaturge qui a, à son actif, une quinzaine de créations ou adaptations d’oeuvres du patrimoine littéraire universel.

Artisan du premier dessin animé algérien de moyen métrage inspiré de son propre conte El Assad oua el-hattaba (le Lion et la bûcheronne), Mourad Senouci s’attelle à la production d’une nouvelle oeuvre du genre intitulée Ed Darss el moufid (Leçon utile) qui sera bientôt présentée à l’écran en feuilleton de 12 épisodes. Ces deux produits dont la réalisation est signée Moqadem Abdelkader, en collaboration avec ses collègues dessinateurs, informaticiens et infographistes de la Télévision algérienne, viennent redonner ses lettres de noblesse à l’atelier de dessin animé de la station régionale d’Oran de l’Entv que dirige Mourad Senouci.
Ed-Darss el moufid dont la diffusion est prévue dans quelques mois, est le premier feuilleton animé made in algeria, a affirmé Mourad Senouci en signalant que cette oeuvre se distingue de la précédente au plan qualité de l’image et du son, des équipements modernes de haute résolution ayant servi à sa conception. S’agissant du contenu, il est à portée ludique et pédagogique, «avec un papillon comme personnage principal et divers thèmes tels celui de l’amitié à développer au profit des enfants», a-t-il expliqué en promettant plein de surprises encore pour les petits.
Parallèlement à son parcours en tant que cadre dirigeant à la Radio puis à la Télévision algérienne, Mourad Senouci est un dramaturge qui a, à son actif, une quinzaine de créations ou adaptations d’oeuvres du patrimoine littéraire universel, jouées sur scène pour la plupart et souvent avec succès auprès du public.
Parmi ses écrits, El Arbi Abdelmalek (1er Prix du Festival du théâtre amateur de Mostaganem, 1985), Neghma sihria (1987), Bibou à Paris (jouée en Palestine en 2004), Un Sultan à vendre (120 représentations), Le Jeu du mariage et du hasard (1998), Bab (labellisée Djazaïr 2003, Année de l’Algérie en France), El Assad oua el hattaba (2004), Metzeouedj fi otla (Un Marié en vacances, 2006), Achwak essalam (2007), et Es-Sadma, adapté du roman L’Attentat de Yasmina Khadra. Plusieurs de ces textes sont destinés aux enfants, comme Neghma sihria, Bab, Bibou à Paris et El-Assad oua el hattaba qui ont fait l’objet de publications en collaboration avec l’association de promotion de la lecture enfantine «Le Petit Lecteurl».
Le conte El Assad oua el hattaba a été également choisi par la direction du Théâtre régional Abdelkader-Alloula d’Oran (TRO) pour être monté sur scène cet été. Raconté en arabe dialectal pour être assimilé par le tout petit public, ce conte met en jeu un lion féroce qui part à la recherche de l’homme pour voir à quoi ressemble celui que toute la faune ose décrire comme un être plus fort que lui, jusqu’au jour où son chemin croise celui d’une petite bûcheronne qui lui donnera une bonne leçon d’humilité.
Neghma Sihria, jouée une année complète en 1987 lors d’une tournée nationale de la compagnie artistique Hammou-Boutlélis fondée par Mourad Senouci, a été, quant à elle, prise en main par la troupe mostaganémoise El Moudja qui en a donné une représentation le 28 mars dernier à la salle Ibn Khaldoun d’Alger.
Le dramaturge compte trois oeuvres en diffusion actuellement: El Hachamine (adaptée des Deux timides d’Eugène Labiche, mise en scène par Chawki Bouzid et produite par le Théâtre régional de Batna), Metzeouedj fi otla (quatrième saison consécutive) et la pièce pour enfants Bibou oua madinet el ahlam (mise en scène par Djeriou Abdelkader et produite par le Théâtre régional de Sidi Bel Abbès).
Louebet Ezzouedj oua Ezzhar, qu’il a adaptée du Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, est en montage sous la mise en scène de Azri Ghaouti et la production du TRO. Certaines de ses pièces ont aussi reçu des échos encourageants à l’étranger, comme ce fut le cas pour Bibou à Paris en Palestine, où le montage a été assuré par des jeunes filles de Khan Younès, et le monologue Metzeouedj fi otla (joué par Samir Bouanani) aux USA et en France. Exercer ses responsabilités professionnelles tout en affirmant son attachement viscéral à la création textuelle, est une prouesse qui exige du talent et de l’abnégation. Et forcément «des privations de sommeil et de week-ends», confie lucidement Mourad Senouci.(L’Expression-17.04.2010.)
 

**La Chine fait don d’un opéra à l’Algérie

Dans le cadre de la consolidation de la coopération culturelle entre l’Algérie et la République populaire de Chine, un protocole d’accord a été signé, hier à 11h, entre le ministère de la Culture et l’ambassade de Chine à Alger.

Il a été paraphé par le directeur de l’Agence nationale de gestion des réalisations des grands projets de la culture, Zouaoui Benhamadi, et le conseiller économique et commercial près de l’ambassade de Chine à Alger, Lu Yifeng, et ce, en présence de Khalida Toumi, ministre de la Culture, et du chargé d’affaires de l’ambassade de Chine, Chen Dong. Ce protocole d’accord concerne la réalisation d’un opéra à Ouled Fayet : l’opéra d’Alger.
À rappeler que c’est un don de la République populaire de Chine à l’Algérie. Une manière d’exprimer la profondeur et la solidité des relations entre les deux pays. “L’amitié et la fraternité sino-algérienne plongent leurs racines dans le temps et la construction de l’opéra d’Algérie en est un symbole important et en même temps une décision des deux chefs d’État. La construction de l’opéra est financée par le gouvernement chinois (…)”, annoncera M. Chen Dong.
De son côté, la ministre de la Culture, avant d’aborder le sujet, présentera ses condoléances, en son nom et au nom de tous ses collaborateurs, suite au séisme qui a touché hier la Chine, causant des milliers de morts et des centaines de blessés. Elle rappellera que ce “projet culturel grandiose” remonte à “la visite d’État effectuée par le président Abdelaziz Bouteflika en République populaire de Chine en novembre 2006 (…)”. À propos du futur opéra d’Alger, elle dira qu’il sera un témoin à travers le temps de la stratégie des relations entre les deux pays. Et d’ajouter que l’opéra d’Alger sera entre autres le témoin de “la sagesse du Président Bouteflika, qui a décidé que ce don soit un édifice culturel, préférant la culture et les amoureux de la culture”. Elle rappellera aussi le soutien de la Chine à l’Algérie durant la guerre de Libération nationale. Par ailleurs, sur les quatre hectares dégagés pour ce projet, 17 900 m2 seront dédiés à cette nouvelle infrastructure culturelle.
Elle aura une capacité de 1 400 places. Quant au coût global de ce projet, M. Chen Dong dira qu’il est de 300 millions YMB (3 milliards et demi de dinars). L’assistance a pu voir la maquette dudit projet réalisée par une équipe chinoise, venue l’an dernier, et a eu des séances de travail avec le ministère de la Culture. D’après la maquette et les propos de la ministre, cette équipe a respecté l’esprit de la culture et des traditions de notre pays. Après la signature du protocole d’accord, les études démarreront pour lancer enfin les travaux vers la fin 2010.
Une source de l’Agence nationale de gestion des réalisations des grands projets de la culture annoncera aussi la construction sur 6 hectares, par l’Algérie et parallèlement à celle de l’opéra d’Alger, d’une grande salle de spectacles, d’un multiplex englobant quatre salles de cinéma. Très belle initiative, reste à savoir si les moyens de transport suivront afin de faciliter le déplacement du public. (Liberté-15.04.2010.)

**Tizi Gheniff …Festival régional de troupes folkloriques

Tizi Gheniff, ville située à 60 kilomètres au sud de Tizi Ouzou, est beaucoup plus connue pour la boxe quand on sait que c’est la première région à avoir créé une section de ce sport noble au lendemain de l’Indépendance. Cette fois-ci, elle veut encore être la première à lancer une activité artistique à laquelle personne n’a encore pensé. Il s’agit du festival régional de troupes folkloriques notamment idhaballen. Ainsi, le comité culturel compte regrouper pas moins de quatorze troupes issues de toute la région. “Nous allons inviter d’autres troupes qui viendront des autres wilayas limitrophes”, nous a confié à ce sujet l’initiateur de cette manifestation. Durant trois jours, en mai prochain, les troupes Acherchar et autres sillonneront la région avec leurs tambours (bendirs) et flûtes (gheïtas). Il faut dire qu’à Tizi Gheniff, les idhaballen sont très demandés. (Liberté-15.04.2010.)

 

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*REPRÉSENTATION DU FOEHN DE MAMMERI
Vent chaud au Théâtre national algérien
 
La lutte acharnée des Algériens pour l’émancipation nationale est la trame de la pièce de Djamel Abdelli, adaptée de l’oeuvre de Mouloud Mammeri, Le Foehn ou la preuve par neuf.

Le Foehn est une histoire tragique qui se déroule dans l’Algérie des années cinquante. Une Algérie secouée par une guerre sanglante entre deux communautés: les autochtones algériens et les colons français.
Synopsis: minuit, c’est le couvre-feu à Alger, (établi par les autorités coloniales dans le cadre de la guerre contre-insurrectionnelle). Tarik (interprété par Belkacem Kaouane) n’est toujours pas rentré à la maison. Inquiètes et angoissées, sa mère Zohra et sa soeur Aïni ne seront rassurées qu’en le voyant rentrer à l’aube, après la levée du couvre-feu.
Ce jeune fidaï venait de sortir d’une réunion de cellule au cours de laquelle l’assassinat d’un commandant de l’armée française, Burdeau, avait été décidé. Ayant pour mission de chapeauter l’opération, Tarik fera ses adieux à sa soeur, «Tahalaye fi yemma (prends soin de ma mère)», lancera-t-il avant de sortir.
La deuxième partie sera marquée par la discussion que Burdeau entretiendra avec sa fille, Brigitte, l’avocate humaniste, qui croit toujours au vivre-ensemble. Un idéal qui ne sera jamais concrétisé. Burdeau l’informera des plans qu’il a mis au point pour piéger l’un des responsables de la résistance algérienne. La capture du jeune Tarik en fait partie. En effet, la vigilance du vieux Burdeau déjoue l’opération programmée par les résistants algériens.
Le jeune fidaï sera arrêté et emmené chez le commandant.
Commencent alors les séances de torture pour lui faire avouer les noms des commanditaires de l’assassinat et leur adresse. Mais en vain, Tarik ne dira mot.
Les confrontations entre les deux personnages affirment l’impossibilité de la cohabitation entre les deux communautés vivant en Algérie à l’époque. Le conflit avait atteint dès lors, le point de non-retour. Burdeau usera et abusera de tous les moyens pour arriver à ses fins. Il fera même ramener la mère et la soeur de Tarik pour le faire fléchir. Il échoue et de guerre lasse, il décide de monter un simulacre de tribunal pour le juger et en finir avec lui. Avec Foehn ou la preuve par neuf, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec L’Etranger de Camus paru en 1942. Comme dans L’Etranger, Le Foehn ou la preuve par neuf se termine par le procès de Tarik. Il y a aussi dans cette pièce un certain refus des thèses camusiennes concernant le conflit algérien et la possibilité du vivre-ensemble pour toutes le communautés en Algérie. Ecrite en 1957 lors de la Bataille d’Alger, Mammeri détruira cette pièce avant de la réécrire plus tard. Elle sera montée pour la première fois en 1967 sur les planches du Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi. Et c’est en 2009 que Djamel Abdelli mettra Le Foehn en scène à Béjaïa. Joué en tamazight et en français, ce texte a été traduit par Abdelaziz Hammachi (celui qui a joué le rôle du capitaine dans la pièce). C’est lui également qui a assisté Djamel Abdelli dans la réalisation. La composition de la musique est de Abdelaziz Yousfi (Bazou).
Quant aux effets sonores, ils ont été conçus par Rabah Zouaoui. Le Foehn est la troisième pièce que le Théâtre régional de Béjaïa a présentée les samedi et dimanche derniers au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi.
Celle programmée, aujourd’hui, est Wouhouche.com, écrite et mise en scène par Omar Fetmouche.(L’Expression-05.04.2010.)

 

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*FATIMA BEKHAÏ, INVITÉE DU CAFÉ LITTÉRAIRE DE BÉJAÏA
La force tranquille de l’histoire romancée

 

Contrairement à ses précédentes sorties, ce rendez-vous devenu incontournable dans le monde littéraire, qui ne s’arrête pas de s’élargir par ses remarquables prestations, a pu faire découvrir à ses accros, une romancière hors du commun.

En effet, simple, modeste et discrète, Fatima Bekhaï, méconnue pourtant du grand public a pu charmer les présents au théâtre régional Malek-Bouguermouh de Béjaïa le samedi, en l’espace d’un après-midi chic, lyrique et sympathique. Sa particularité est toute simple, raconte l’histoire en la romançant. «Si je ne suis pas connue c’est parce que j’ai refusé de tomber dans les rets des lobbys de Paris et de Beyrouth ou du Caire qui veulent imposer leur aval pour être connu et médiatisé si on écrit en français ou en arabe respectivement, et je ne regrette absolument rien d’avoir refusé leur offre et surtout je me plais bien comme ça», avait-elle répondu gentiment et joyeusement à une question d’un intervenant sur le pourquoi de la discrétion, la modestie, le besoin de juste raconter le vécu de nos ancêtres et l’histoire de notre terre tant mis de côté et cela avec tellement de romance et de fluidité qui semblent être le moteur stimulateur de cette grande écrivaine, Fatima Békhaï, qui fait son chemin de grande romancière doucement mais sûrement. Cette femme discrète, méconnue, pourtant si grande, profonde, qui a cette particularité d’être une Algérienne caractérisée. Aimante, cette écrivaine propose des mots de lumière, des mots repères pour dépoussiérer des jalons, corriger des écritures ou encore éclairer le lecteur sur de longues périodes mises sous le boisseau. Une femme valeureuse et compatissante, qui n’évacue ni grandeur ni décadence, ni doute ni croyance, tout est reconstruit à travers sa sensibilité de femme des mots. Invitée du Café littéraire de Béjaïa, Fatima Békhaï a su manier le verbe et les mots pour accrocher le nombreux public venu écouter le chemin parcouru par cet écrivaine, donner aux auditeurs des aperçus appétissants sur ses oeuvres, Elle ranime des périodes du grand pays des Imazighens, porte l’éclairage sur des fragments d’odyssées enterrés, donne consistance à des êtres mis au rebut parce qu’insoumis à l’ordre établi des arènes du mythe; le public était surpris et ravi. Ainsi, l’écrivaine oranaise s’intéresse à l’histoire berbère, avec son roman qui porte le titre Izuran qu’elle a organisé en trois tomes, Au pays des hommes libres, Fatima Békhaï remonte le cours de l’Histoire et révèle l’Algérien d’aujourd’hui à lui-même en le reliant, étape après étape au fil perdu des racines de ses origines les plus lointaines. Les Enfants d’Ayye, paru en 2008, est le second volume de la trilogie Izuran. L’inavouable, est le titre de son troisième volume qui paraîtra en octobre prochain. Sa plume réhabilite l’émotion dans ses dimensions simples, à l’échelle de l’homme du peuple. Fatima ne fait pas pour autant la révolution, ce n’est pas son rôle, elle ne se revendique d’aucune avant-garde, ne hisse aucun étendard excepté celui de la sincérité. Il n’y a pas d’effets spéciaux dans ses rappels de faits et ses métaphores, seulement elle ne s’embarrasse aucunement de faire du croc-en-jambe aux détenteurs de l’immobilisme. Elle opte franchement pour des expressions qu’elle jette frontalement à la figure des faussaires et de tous les porteurs de servitudes et s’exaspère par moments. Le va-et-vient dans le temps-espace insuffle au roman un rythme soutenu, soutenu mais pas tendu «Le livre n’est pas une thèse, ce n’est pas un pamphlet, c’est un voyage avec ses haltes vivifiantes, ses clins d’oeil complices, ses fantasmes déroutants et sa nostalgie enhardie,» dit elle. Animée du fort désir de contribuer à lire autrement les héritages partagés, Fatima est aussi auteure de plusieurs romans dont La Scaléra (escalier en espagnol) qui est un tableau de la vie du petit peuple d’Oran, toutes origines confondues, durant presque tout le XXe siècle, à travers l’histoire d’une femme. On y retrouve la saveur du vécu, très justement restituée. Les autres ouvrages sont, Dounia, la femme du caïd, aussi Un oued pour la mémoire «mon préféré dit-elle, la génitrice d’un oued pour la mémoire, adhère aussi bien à l’expression de l’apparent qu’aux complexités créées par le réel». En un mot, elle permet la fusion. Il y a le plaisir de suivre les péripéties d’une famille mais aussi l’aiguisement de l’intérêt autour de périodes peu connues de la longue marche de notre histoire. Ecouter cette femme simple, à la fois impressionnante reflétant une âme belle et profonde, laisse libre cours à ses impressions, s’exalte un peu, rappelle ses blessures dans les territoires de la mémoire confisquée. Son livre, fort bien documenté, oscillant entre histoire et fiction donne un sens à un foisonnement de signes locaux, des signes qui irriguent les héritages communs: âpres, tourmentés, enrichissants. Dans une heureuse construction organique, l’oeuvre littéraire mêle en mode créatif le témoignage du vécu et la conscience entravée, les dépossessions multiples et l’espérance, plus forte que tout, de relire autrement une saga gonflée de non-dits. En somme, Fatima Bekhaï montre qu’elle est également écrivaine militante car sa plume est, avant toute chose, inscrite dans la restauration des valeurs. Son initiative est heureuse parce qu’elle tombe à point, la ré-interrogation du passé dans ses parties lumières et ses intolérances, tout cela en traces conjuguées et non en traces confondues. Elle recrée l’histoire romancée pour écrire l’histoire, en style lisible, sans dogme et sans rancune. Un bon roman pour redécouvrir, autrement, notre histoire et nos transformations.(L’Expression-05.04.2010.)

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*L’ENSEMBLE BADILA À IBN ZEYDOUN
Grâce et spiritualité
 

Après la Tunisienne Abir Nasraoui, l’Agence algérienne du rayonnement culturel poursuit son cycle artistique consacré aux nouvelles musiques d’Orient.

Conçu comme un voyage musical initiatique, cette fois, c’est vers un autre Orient que le public algérien fort nombreux, a été convié a assister samedi soir à la salle Ibn Zeydoun d’Alger. Il s’agit de l’ensemble «Badila», un mot issu du dialecte Marwari qui veut dire «amoureux fier allure», parlé dans le désert du Rajasthan, en Inde. Le groupe est composé d’une danseuse persane, et de musiciens français, indiens et iraniens.
Au confluent des traditions musicales ancestrales, la formation nous a invités à un magnifique périple au coeur des transes de l’Orient, au pays des cavaliers mystiques, réunissant dans un spectacle transversal coloré et festif, les musiques et danses de l’Orient. Un spectacle qui convoque la fête mais surtout à la méditation. Sa musique est ode au vertige, au bonheur et à l’élévation spirituelle, à l’amour, enfin au rapprochement des peuples dans un esprit d’ouverture et de métissage.
Ava, la danseuse est d’origine perse mais a vécu en France. Elle est de formation classique mais s’est très tôt intéressée à la danse et à la culture iraniennes. Elle confie: «J’ai commencé à travers la musique et les poèmes perses. Je me suis petit à petit intéressée au soufisme qui est une branche ésotérique de l’Islam. J’ai été attirée vers le courant des derwichs tourneurs. J’ai commencé à l’adolescence, une façon de me retrouver et de créer ma propre danse. Ce n’est pas une danse issue d’une quelconque technique. Je me suis basée sur la danse occidentale pour créer par la suite une danse avec des influences indiennes, espagnoles, orientales et j’ai beaucoup travaillé sur les tours des derwichs tourneurs. Comme cela, j’arrive à maintenir le rythme et la danse. En fait Moulana Roumich, un grand philosophe et penseur persan soufi, a dit «Il y a plusieurs voies qui mènent à Dieu, j’en ai choisi deux, la musique et la danse. Ça me concerne, ce sont des voix que j’ai choisies pour me rapprocher du divin.»
De son côté, Bastien le percussionniste nous a confié: «Je suis Français, je joue la tabla indienne. On a revisité à notre manière les plus grandes traditions orientales, traditions de musique et de poésies spirituelles aussi. Côté instrument, on a joué le ney, la flûte au roseau que vous avez aussi en Algérie, le ney persan est joué avec des techniques totalement différentes. Cela produit un son différent. Il y a le oud joué par Sardar qui a joué aussi du tar. Le petit piano joué par l’Indien s’appelle l’harmonium. Les trois musiciens sont également chanteurs. Moi-même étant percussionniste, j’accompagne tout à tour ces cultures persanes, indiennes et du monde arabe avec un instrument approprié c’est-à-dire la tabla, le zerb iranien, et la derbouka. Sardar jouera aussi du daf.»
Lente ou effrénée, entraînante saccadée ou méditative, la musique jouée ce soir avait pour objectif de souffler la paix à l’âme comme une incitation à l’introspection. La voix sublime du chanteur indien était elle- même divine.
Le flutiste originaire d’un village à côté de la mer Caspienne interprétera un poème qui se voulait une invitation au retour à la nature, la terre, dans le cadre d’une fête célébrant chaque année le printemps, à savoir Nawrouz (fête du feu) qui se célèbre chaque printemps en Iran.
Ava, la danseuse, ne cessera, en effet, de tourner en s’adonnant par moment à des pas de danse typiquement kurdes. La musique de l’ensemble Badila exprime en fait deux aspects, la force du rythme des percussions appelé le galop et la fluidité des mélodies envoûtantes issues de la poésie.
On y décèle outre des mélodies du répertoire traditionnel algérien à bien y écouter, un patrimoine riche de nombreuses musiques du monde sans compter les textes de Jalal Eddine Erroumi, de Hafiz et de la princesse hindoue Mira Bai.
Entre la foi, l’expression amoureuse, les valeurs éthiques, les textes de ces auteurs ainsi que d’autres connus ou anonymes expriment, nous affirme-t-on, un monde où la richesse était avant tout celle des croyances et des sentiments.
Les cinq musiciens de l’ensemble Badila ont réussi à enchanter le public grâce à un spectacle éblouissant basé sur le mystique, hélas trop court, pour le goût du public. Un spectacle où la sensualité de la danse se conjuguait à la profondeur mélodique des textes chantés. Des tableaux féeriques qui demandaient à être appréciés plus longtemps pour y pénétrer complètement.
Dans la continuité de ce cycle consacré aux musiques de l’Orient, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel organise prochainement un concert avec la chanteuse syrienne, Lena Chamamyan le 18 avril, avec la Palestinienne Rim Banna le 30 avril, le Libanais Elie Malouf le 5 mai et, cerise sur le gâteau, avec le grand Anouar Braham, le 20 juin, veille de la Fête de la musique.(L’Expression-05.04.2010.)

**L’Algérien Fethi Bendida lauréat du Festival international du film du Canada

 

 

Le jeune acteur et réalisateur d’origine algérienne Fethi Bendida vient de se voir décerner, pour son court métrage The Green Card, le prix Etoile montante du Festival international du film du Canada qui s’est tenu à Vancouver.Il concourait dans la catégorie films courts (moins de 40 minutes). Né à Oran il y a 28 ans, ce résident de Boston (États-Unis) a écrit, réalisé et joué même dans ce film de 20 minutes qui raconte l’histoire de Amir dont le visa américain arrive à expiration. Avant de l’annoncer à Sarah la femme qu’il aime, celle-ci a une nouvelle à lui révéler… Fethi Bendida a terminé ses études en 2009 au Center for Digital Imaging Arts de la Boston University’s film school.(El Watan-04.05.2010.)*************** 

*L’EXPOSITION “FEMENINO PLURAL” À L’INSTITUT CERVANTÈS D’ALGER

L’art au féminin

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Elles sont neuf. Elles sont artistes peintres. Elles exposent. La peinture les a réunies le temps d’une exposition. L’occasion pour elles, jusqu’au 30 du mois en cours, de rendre hommage à la femme et à sa participation très active au rayonnement de la culture et de l’art.

Depuis jeudi dernier, l’institut Cervantès d’Alger abrite une exposition collective de neuf artistes plasticiens d’Algérie et d’Espagne intitulée “Femenino plural” (féminin au pluriel). Sa particularité : des plasticiennes qui exposent. Des femmes peintres.
Elles, ce sont Meriem Benchaâbane, Amel Daoudi, Silvia Galdeano, Valentina Ghanem, Aïcha Hadj Saddok, Nadya Hamrène-Haffaf, Djahida Houadef, Hadia Khelil et Margarida Riera. Leur point commun : la peinture. Chaque artiste expose un travail (trois ou quatre tableaux), une perception artistique, picturale.
Chacune offre au public une infime partie d’un talent. Un talent avéré et surtout riche et varié. Le thème de cette exposition, dédiée à l’art au féminin, est très panaché, voire hétéroclite : le foyer, la femme, la nature, la mythologie ainsi que les arabesques (un art très présent et en Algérie et en Espagne). Des sujets libres, flirtant sur le vague, le flou et le détail en même temps. Le flou dans la perception. Le détail dans l’exécution.
D’ailleurs, la diversité n’est pas uniquement propre à la thématique. Même les techniques diffèrent d’une artiste à une autre. Cela va de l’acrylique à la gouache à la peinture sur verre ainsi qu’à la technique de volume (pour les effets tridimensionnels). Chaque plasticienne avait son panneau. Un espace réservé rien que pour elle. Sur cette partie du mur, des tableaux. Mais aussi des histoires. Le public, à travers ces quelques toiles exposées – une sorte d’échantillons – peut découvrir le monde ô combien magique de la palette, des couleurs et des pinceaux. Il peut plonger dans le monde de l’expressionnisme, de la transmission visuelle et picturale.
Après avoir fait le tour de la salle d’exposition, le public a l’impression d’avoir lu un livre de contes ou un recueil de nouvelles, tellement les toiles sont chargées d’histoire. Des histoires extraites d’un vécu, d’un parcours particulier, individuel. Certes, ces neuf plasticiennes se sont réunies autour de la peinture, mais la perception diffère. Valentina Ghanem expose les saisons. Trois toiles représentant l’automne, l’hiver et l’été. C’est “le temps qui ne nous touche pas”, qui nous échappe aussi. Les saisons sont là, présentes par les couleurs spécifiques de ces saisons. Djahida Houadef, fidèle à son style, nous emmène dans un monde magique, irréel où tout est presque démesuré, mais en même temps poétique et naïf. La mise en abîme est fort présente chez l’Espagnole Margarida Riera.
Des couleurs qui rappellent celles de la terre. Cette terre qui donne la vie et qui récupère. Qui transforme. Il en est de même pour les autres exposantes qui brillent par la maîtrise du travail. Impossible de rester insensible. On est vite happé par ces couleurs. Un tourbillon de couleurs à n’en plus finir. À vous chatouiller les yeux.
À rappeler que cette exposition entre dans le cadre de la présidence espagnole de l’Union européenne et de la Journée internationale de la femme. Elle est organisée par l’ambassade d’Espagne à Alger en collaboration avec l’Institut Cervantès et l’Agence espagnole de coopération internationale et pour le développement. (liberté-07.03.2010.)

 

**SHAHERAZAD LALLAT N’SSA
Le fruit d’une collaboration algéro-tunisienne


 
Produite par le TNA et mise en scène par la Tunisienne, Dalila Meftahi, Shaherazad Lallat N’ssa sera jouée sur les planches du TNA par des comédiens algériens et tunisiens du 8 au 13 mars prochains.

Shaherazad Lallat N’ssa est la première pièce que le Théâtre national algérien, Mahieddine-Bachtarzi présentera au cours du mois de mars. Comme nous l’avons déjà précisé, le Théâtre national algérien, à l’image de certaines institutions culturelles, avait préparé un programme spécial pour le mois de mars et ce, dans l’objectif de rendre hommage à la gent féminine.
Dans une conférence de presse, tenue hier au Théâtre national algérien, Dalila Meftahi, metteur en scène, Amir Laïouni, technicien de son, et Hatem Lahchicha, ont tenté de présenter cette pièce qui est, avant tout, le fruit d’une collaboration entre dramaturges algériens et tunisiens.
S’agit-il, dans Shaherazad Lallat N’ssa, de ce fameux personnage mythique, cette jeune femme perse qui deviendra conteuse du livre des Mille et Une Nuits pour sauver sa vie? Nous ne saurons rien avant le lundi 8 mars!
Dalila Meftahi s’abstiendra de tout commentaire avec la tenue de la première présentation de la pièce au TNA lors de la Journée internationale de la femme. Elle dira seulement: «Pour moi, toutes les femmes peuvent être Shaherazad…».
Et d’ajouter: «Shaherazad est le symbole de la femme combattante.» Après avoir prononcé ces quelques mots sur l’histoire de sa pièce, elle abordera, tout au long de cette rencontre, sa collaboration avec les artistes et hommes de théâtre algériens.
«Ce n’est pas la première fois que je travaille avec des Algériens. C’était en 1981 que je suis venue la première fois», nous dira-t-elle. Mais c’est grâce à l’initiative du directeur du Théâtre national, Mohamed Benguettaf, lancée en 2007, que ce genre de projets maghrébins dans le domaine du 4e art a pu voir le jour.
C’est dans ce cadre aussi qu’entre la dernière production du TNA, Shaherazad Lallat N’ssa. Etant metteur en scène adjoint de Dalila Meftahi, Souad Sabki interviendra également au cours de cette conférence pour parler de cette riche expérience avec les dramaturges tunisiens, au cours de laquelle elle a appris beaucoup de choses dans la mise en scène théâtrale. Il est à noter qu’un vernissage a été programmé également le 8 mars.
Des élèves de la Société des beaux-arts nous proposeront, juste avec la présentation de la générale de Shaherazad Lallat N’ssa, une exposition d’art visuel à 17 heures. (L’Expression-07.03.2010.)

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**Sur le thème “Le rôle de la femme algérienne au XXIe siècle”

Concours d’écriture pour les lycéens

 À l’occasion de la célébration aux États-Unis du Mois national des femmes dans l’histoire, l’ambassade américaine à Alger organise un concours d’écriture destiné aux lycéens sur le thème “Le rôle de la femme algérienne au XXIe siècle”. Il est demandé aux candidats d’écrire un essai de 500 mots maximum en arabe, en français ou en anglais et l’adresser soit par e-mail, soit directement à l’ambassade des États-Unis à Alger. Chaque année, les États-Unis consacrent le mois de mars aux femmes et à leur contribution à l’histoire et à la culture américaines. Le Mois national des femmes dans l’histoire vise à rendre hommage aux réalisations des femmes, à mettre en exergue les questions qui les touchent toutes, à porter l’attention sur la nécessité de mettre fin à la discrimination et à intensifier l’appui en faveur de leur participation à part entière et égale dans la société. (Liberté-07.03.2010.)

 

 

****ALGER UN THÉÂTRE DE REVENANTS DE FADÉLA M’RABET
L’Algérie de ses songes
 

  A travers ce récit de 107 pages, notre féministe rend hommage à sa grand-mère et ces femmes courage qui n’ont jamais abdiqué devant le malheur…

Dans Une femme d’ici et d’ailleurs (2005), l’auteure Fadéla M’Rabet dit: «La cité est le théâtre d’une comédie permanente, celle de l’être par le paraître.» Dans Une Enfance singulière (2003) la grand-mère est le personnage central de son livre.
Aussi, dans sa dernière livraison parue à Riveneuve Editions, notre écrivaine, biologiste de formation et féministe avant l’heure, invoque encore le passé sous le visage de ces femmes qui l’ont aimée, ces «femmes du premier cercle, Djedda, Yemma, Nana…».
Et d’affirmer, tout de go, à la page 19 de ce roman intitulé Alger un théâtre de revenants: «Djedda, c’était le temps où l’on s’aimait et où l’on aimait l’Algérie.»
Dans ce récit de 107 pages, l’auteur de La Femme algérienne (1965) et Les Algériennes (1967) porte un certain regard nostalgique sur la période postindépendance et les belles promesses d’un lendemain enchanteur constatant avec stupeur «la névrose orientale collective» envers la femme d’aujourd’hui qui l’a réduite à un objet sexuel.
Fadéla M’Rabet pourrait choquer par ses propos, mais ce ne sont pourtant que des vérités émises par une femme authentique qui ne se reconnaît plus dans la tenue de la majorité des filles d’aujourd’hui qui sont devenues des souks ambiants ou des SDF qui portent tout ce qu’elles possèdent sur le corps, sur le pantalon, une jupe, sur la jupe une veste, sur la veste un voile qui recouvre la tête et les épaules. Sous le voile un foulard qui enserre le front et écrase la chevelure. Elles portent des vêtements qui ne semblent pas choisis mais subis.
Des effets pour cacher leur féminité, pour l’ensevelir, la détruire. «
Excusez-nous d’être là, semblent-elles dire. Vous avez été si gentils de ne pas nous enterrer vivantes. Nous ferons tout pour ne pas vous déranger et mériter votre bienveillance.
Encore une fois merci, merci mille fois de nous autoriser à survivre
», écrit-elle à la page 29-30. Mme Fadéla M’Rabet dénonce aussi «la forfaiture envers la langue dialectale», sa langue maternelle, elle, fille de Skikda.
«
Toutes les phrases sont un patchwork de mots étrangers, pour la plupart français, défigurés, avec une syntaxe arabe approximative.(…) ce n’est pas une modernisation, ce n’est pas une revitalisation, c’est un remplacement de
l’arabe par un français clochardisé.
»
L’auteure de Alger un théâtre de revenants évoque aussi le syndrome schizophrénique qui mêle à la fois désir et mépris envers l’«Européen» qui développe ce sentiment de culpabilité car se sentant heureux à Paris plus qu’à Alger.
Ici, notre auteure qui vit à Paris veut comprendre le pourquoi de cette obligation d’afficher des airs d’exilée malheureuse pour justifier son statut d’immigrée.
Aussi, dit-elle avec une franchise déconcertante: «Si les Algériens ne sont pas tous des féodaux, ils sont presque tous devenus névrotiques, les hommes comme les femmes.» Pour elle, les femmes sont les sourdes complices de leur domination par l’homme, par leur mutilation sexuelle.
Et de relever cette contradiction implacable et vraie: «Par leur voile et leur maquil-lage, elles acceptent une double soumission, elles disent oui à leur discrimination et à leur statut d’objet sexuel. C’est une totale reddition.»
Fadéla M’Rabet, au seuil du désenchantement, invoque l’hospitalité légendaire des femmes de naguère et la vanité des hommes d’aujourd’hui qui se fourvoient en ne pensant qu’à exister aux yeux de l’autre et non pas à penser ce que l’autre pense de nous.
Sa grand-mère encore et toujours, est partout dans ce roman où la narratrice s’évertue à lui rendre hommage, à elle et ses amies, ces forces de la «nature».
Ces grandes dames respectées par tous, qui ont toujours su résister aux vicissitudes de l’existence.
L’écrivaine se remémore également l’époque où, à travers une émission de radio, elle tentait de donner la parole aux jeunes filles qui vivaient dans des conditions lamentables et où elle était décriée de toutes parts car on disait qu’elle encourageait les filles à la débauche.
Rien n’a changé aujourd’hui, si ce n’est en pire, pense-t-elle. Elle souligne le machisme de la société arabe et maghrébine. Néanmoins, elle affirme à la page 64: «Il y a maintenant des hommes, même s’ils ne sont pas nombreux, qui sont prêts à les soutenir (les femmes), à condition qu’elles-mêmes soient prêtes à prendre des risques sans jamais transiger sur un principe fondamental, vital: le respect de soi et de l’autre.»
C’est avec amertume, mêlée de joie faussée que Fadéla M’Rabet parle de l’aube de l’indépendance de l’Algérie et de ses promesses échouées, évoquant ainsi cette Algérie qui reste, dit-elle «la plus belle illusion de la vie».
A côté de la déception, Fadéla M’Rabet convoque l’espoir et le courage des femmes en la personne de l’actuelle ministre de la Culture, Khalida Toumi, qui a su, selon elle, tenir le haut du pavé lors de l’événement phare de l’année 2009, à savoir le Festival culturel panafricain.
Citant le rôle de la femme, laquelle est parvenue dans le monde à se hisser au rang de l’homme dans le travail en évoluant par exemple dans l’armée, Fadéla M’Rabet et qui revient à parler de la femme algérienne, n’hésite pas à rebondir, toutefois, sur l’éternel esprit obtus et macho de nos hommes, a fortiori, de certains serveurs zélés dont elle a fait les frais dans un hôtel, renommé chic pourtant de la capitale.
Mais l’espoir est permis devant la splendide baie d’Alger en face de laquelle notre auteure finit de rédiger ces mots pleins d’espérance et de mélancolie. (L’Expression-07.03.2010.)

 

***AMAR COLOMBO (COMÉDIEN)
«Un artiste doit être libre»
 

 

Amar Colombo, de son vrai nom Naït Sid Amar, est né en 1970 à Tifilkout, commune d’Ililtène, près de Aïn El Hammam. C’est un humoriste connu dans la ville de Tizi Ouzou et un peu partout en Kabylie mais surtout dans les milieux universitaires, où il parvient à dessiner un sourire même sur les visages les plus tristes. Dans cet entretien, il parle de son parcours d’artiste depuis ses premiers pas dans son village natal jusqu’à ses derniers succès.

 

L’Expression: D’abord, pouvez-vous dire pourquoi avoir choisi ce surnom, Colombo?
Amar Colombo: Il s’agit d’un nom d’oiseau italien. L’artiste est libre comme un oiseau. Colombo est le seul policier au monde qui a horreur des armes, je l’imitais un petit peu dans mes débuts. Ce choix, comme vous pouvez le constater, porte plusieurs explications.

Quand est-ce que vous avez commencé dans le théâtre?
J’ai fait mes premiers pas en 1989. C’était dans le cadre d’un collectif culturel «Tifilkout», du nom de mon village natal. C’est aussi le village du dramaturge Boubekeur Makhoukh, auteur de la célèbre Hafila Tassir. Puis, on s’est lancé dans la troupe théâtrale «Tafat» du même village. On a participé au festival Kateb- Yacine, en 1992 à Alger au Mougar. Ensuite, nous avons pris part au Festival Slimane Azem à Tizi Ouzou, au Festival Abdelmalek-Bouguermouh de Béjaïa en plus des tournées dans les universités. A Mostaganem, en 1995, nous avons été au Festival du théâtre amateur dédié à la mémoire de Abderrahmane Kaki.

Par la suite, vous avez créé la coopérative Les Rigolos…
L’idée nous est venue en 1995. Nous étions à cinq et nous avons créé une coopérative, les Rigolos. En même temps, j’ai créé mon premier monologue, Les Murs et les balcons. Omar Fetmouche et Sid Ali Kouiret m’ont conseillé de rester dans l’humour et le one man show. Ces encouragements m’ont vraiment stimulé à aller de l’avant. J’ai foncé. J’ai écrit en kabyle, arabe et français. Ce sont les langues des Algériens.

Vous avez effectué ensuite plusieurs tournées, n’est-ce pas?
Oui. Des tournées nationales à Alger, en Kabylie, Blida Mostaganem, etc. L’accueil a été extraordinaire. Si les gens ne m’avaient pas bien reçu, je n’aurais sans doute pas continué. Il faut d’abord créer son public surtout qu’en Kabylie, il n’y avait pas de public. On essayait de faire du théâtre et créer ce dernier. Malheureusement, nous butons sur le problème d’absence de salles de spectacle.

D’où vous vient l’inspiration pour écrire vos spectacles?
Je suis un Algérien, je vis les mêmes problèmes que les autres Algériens; j’écoute, j’observe ce vécu quotidien. On ne peut pas écrire sur ce qui n’existe pas. Un artiste ne doit pas applaudir seulement mais il doit mettre le doigt sur ce qui ne va pas dans un contexte humoristique. Le peuple algérien a vécu une tragédie. Si je joue une pièce tragique, ça ne marchera pas. Il faut que ce soit du tragi-comique. Il y a un message à faire passer. Parler plus avec notre langue mais aussi jouer dans les autres langues pour transmettre le message à un vaste public

Vous avez produit un album en 2002, pourquoi?
Devant le manque de salle, j’ai préféré aller directement vers le public via la cassette. Cette dernière a très bien marché. Les gens m’ont très bien accueilli. Cette cassette a été le résultat d’un travail de groupe. Mon ami Karim Aouchiche m’a énormément aidé à écrire.

Etes-vous programmé pour des représentations à l’étranger?
Le mois d’avril prochain, je participerai au Festival du rire à Vienne, dans les alentours de Lyon. Je suis aussi invité au Festival international du rire le mois d’août prochain à Bruxelles. C’est le manque de moyens qui ne nous permet pas d’aller plus loin, le théâtre, c’est une partie de moi-même et de ma vie.

Parlez-nous de votre expérience à la télévision.
Je travaille en tant qu’humoriste à Beur tv. J’ai réalisé des séries de «caméra cachée», des sketchs, des gags. Actuellement, j’ai des contacts avec la TV 4 pour d’autres projets.

Pour terminer, pouvez-vous nous parler de vos projets?
Histoire d’embouteillage, Roméo et Juliette et L’amour par correspondance sont des produits qui feront l’objet de mes prochaines tournées. Un autre monologue est en cours de montage. Il s’intitule poubelle. C’est l’histoire d’un personnage qui, à défaut d’un logement, squatte une poubelle. Ce monologue parle essentiellement de la perte de repères. (L’Expression-07.03.2010.)

 

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*CONCERT DE TITI ROBIN À LA SALLE COSMOS
Voyage mélodique aux confins de la Méditerranée


13 Février 2010
La salle Cosmos a abrité jeudi dernier un concert de musique au carrefour des métissages entre musique orientale et tzigane.

D’emblée, l’intro musicale nous emmène en voyage spatio-temporel et nous croyons atterrir en plein Moyen Age. Titi Robin jouera des compostions originales, mêlant de savantes sonorités diverses, alliant les sons orientaux à la musique gitane. En 30 ans de carrière, Titi a donné de nombreux concerts, en Afrique australe, au Moyen-Orient et en France. Sa musique est imprégné de colorations des pays de l’Est jusqu’aux confins des pays arabes.
Titi Robin excelle sur la guitare manouche, le oud et le bouzouk, il est accompagné ici d’un accordéoniste et d’un jeune percussionniste qui nous rappellera étrangement Faycal Salhi avec sa manière de jouer sur une jarre sans doute, au nom assez bizarre… Le son pur qui s’élève emplit la salle Cosmos de Riad El Feth. Au milieu du public, on aperçoit deux grands interprètes algériens, Reda Doumaz et Mohamed Rouane. Titi Robin alias Thierry joue Ton doux visage et La famille notamment.
Un des premiers morceaux qu’il composera dans la cuisine de ses parents au milieu de ses frères et soeurs, se rappelle-t-il. «Ce sentiment se mélange ici, le fait de jouer avec des musiciens, ce sont aussi ma famille et le fait d’être devant un auditoire, vous êtes par conséquent aussi ma famille. J’espère que vous appréciez ce parfum qui vient de la cuisine», a déclaré Titi qui fera l’effort par moments de parler en arabe. Charmant.
S’ensuit une amusante joute entre accordéon et guitare. La musique s’emballe et la percussion se veut plus ample, plus généreuse. Entre Pépito, originaire de Malaga, qui nous transportera rapidement dans les terres d’Espagne. Avec sa voix rocailleuse, il interprétera des morceaux de flamenco au grand bonheur du public.
Les musiciens battent la mesure avec les mains et certains dans la salle essaient de les imiter. Nous l’avons découvert en 2004 à Constantine avec le groupe d’Alain Winsberg. Il revient avec la formation de Titi Robin qui flaire le bon son et le métissage des couleurs. La voix de Pepito n’a pas pris une ride. Elle s’est encore bonifiée avec le temps.
L’accordéoniste laisse échapper quelques notes de La bohème d’Aznavour sous l’acclamation du public avant de lui servir un morceau des plus entraînants. Le concert se termine en beauté avec l’arrivée de l’autre surprise de la soirée. L’interprète de musique andalou, Nouredine Saoudi au mandole. Entre lui et Titi c’est à qui joue le mieux un accord mélodique. Histoire d’amuser l’assistance.
Puis l’artiste entonne: Kalbi chaâlet nar min ferarkom ya ahbab, et Pépito de reprendre en espagnol. Un duo sans faute dont chacun laissera une forte impression sur le public par sa belle démonstration vocale. Un autre morceau encore plus rythmé avant de prendre congé du public sous des salves d’applaudissements bien nourris. «On retrouve les mêmes modes que ce soit au flamenco, dans la musique arabe ou dans les chants orientaux, ce n’est pas par hasard que les Arabes ont occupé pendant sept siècles l’Espagne. Ils ont laissé quand même des traces. C’est pourquoi finalement toutes les vocalises on les retrouve dans la musique andalouse de Nouredine Saoudi. On a travaillé hier soir un peu et cela a marché tout de suite. Car on a les mêmes modes, la même façon de placer la voix. C’est une nouvelle expérience pour moi. Khaléo, c’est une fusion jazz avec musique indienne et le flamenco, mais là c’est autre chose. Ce n’est pas du jazz c’est particulier, c’est la musique de Titi Robin qui peut être orientale et des pays de l’Est, en même temps, moi j’amène une note flamenco dans cette musique qui est très personnelle», nous a confié Pepito à la fin du concert. Et Nouredine Saoudi de souligner: «C’était vraiment du plaisir. On s’est rencontré et on a décidé très rapidement de faire un petit boeuf ensemble. La musique andalouse est vraiment un carrefour musical, à partir de là on peut faire énormément de choses…»
Pour sa part, Titi Robin nous a déclaré: «Je définirais ma musique comme étant méditerranéenne. Elle s’inspire vraiment de la culture méditerranéenne telle qu’elle a pu l’être dans l’ancien temps. Aujourd’hui, on oppose toujours le nord au sud, l’est à l’ouest, politiquement et socialement, mais à une époque, il y avait toute une communauté de pensée, de musique et de science qui cohabitait. Il y avait beaucoup d’échanges et de points communs et ma musique s’inspire de ce qui reste de cette grande culture méditerranéenne. C’est pour cela qu’entre la musique gitane du sud de la France, la musique arabo-andalouse, jusqu’au Moyen-Orient, tout cela fait partie de la même famille comme un arbre avec ses différentes branches mais le tronc est le même à l’origine et ces compositions que je joue prennent racine dans cette grande culture méditerranéenne.» (L’Expression)

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**CYCLE DE CINÉMA ORGANISÉ EN HOMMAGE À LUIS BUÑUEL

Le monstre sacré du cinéma espagnol
11 Février 2010 -

 

 

Une sélection d’oeuvres cinématographiques du grand cinéaste aragonais, Luis Buñuel, sera présentée tout au long de la semaine au niveau de la salle El Mougar.

Même s’il reste peu connu du grand public, ce géant du cinéma espagnol et mexicain est un nom qui marqua à tout jamais le monde du septième art. Sa signature a donné depuis très longtemps des gages de qualité aux films qu’il réalise. Pour faire connaître ce réalisateur au public algérien, un cycle de films consacré à ce virtuose du cinéma a été justement inauguré avant-hier à la salle d’El Mougar à 14 heures.
Cet événement a été organisé conjointement par l’ambassade du Mexique à Alger, l’Institut Cervantès d’Alger ainsi que l’Office national de la culture et de l’information. «Les films qu’on a sélectionnés pour ce cycle qui va durer jusqu’au 13 février, sont représentatifs de l’évolution de l’oeuvre cinématographique de Luis Buñuel.», notera le chef de mission adjoint de l’ambassade du Mexique, Alejandro Pescador. Au cours de son allocution, ce dernier évoquera le parcours de Luis Buñuel. Un parcours riche et diversifié.
En effet, son aventure cinématographique, Buñuel l’entama à Paris. Après l’écriture d’une adaptation de Hamlet, son intérêt pour le cinéma s’accroît. Il s’inscrit à l’école du comédien de Jean Epstein et deviendra son assistant en 1926 dans Mauprat et en 1928 dans La Chute de la maison Usher. Il apprend alors les techniques d’un art qui était à l’époque toujours considéré comme un divertissement forain. Et c’est en 1929 qu’il put réaliser son premier film: Le Chien andalou. Ce chef-d’oeuvre cinématographique restera une référence en matière de cinéma surréaliste. Le scénario, un savant dosage de violence et de mystère, fut écrit avec Salvador Dali, l’ami qu’il a connu avec Garcia Lorca à Madrid durant ses études. Un an après, il réalise L’âge d’or. Plusieurs agressions ont eu lieu lors des projections. Le film fut interdit. Ce n’est qu’en 1981 que le public a pu le voir. Il part pour Hollywood, cette fois-ci, puis pour New York où il travaille sur les films de propagande nazis.
Mais son ami, Dali, publie peu de temps après, son autobiographie. Et dans laquelle, il formule d’acerbes critiques contre Buñuel. Il le traita de marxiste et d’anti-clérical et dressa un profil de l’homme qui n’était pas en adéquation avec l’idéologie dominante aux Etats-Unis. Il s’exile alors au Mexique, où il fut naturalisé. Olvidados, La vie criminelle d’Archibald de la Cruz ou encore La Mort en ce jardin, sont les oeuvres magistrales de Buñuel réalisées au Mexique. Il reçut plusieurs prix. Dans ces films, Buñuel dénude jusqu’à l’os la bigoterie de la classe bourgeoise mexicaine. Le film qui a été projeté pour l’inauguration, Viridiana, est quelque peu différent des précédents. Pour le réaliser, Buñuel quitte son Mexique et part tourner en Espagne. Cette oeuvre cinématographique est un pamphlet explosif de l’Espagne franquiste. Il tourne en dérision le dogmatisme religieux, la bigoterie de la société de l’époque. «Il utilise souvent l’humour comme une arme redoutable pour critiquer les travers de la société…», fera observer M.Pescador. Bref, c’est un film qu’il faut absolument voir et revoir car il reste toujours d’une actualité brûlante. L’ambassade du Mexique avait également organisé une exposition de photos de Luis Buñuel et des affiches de films qu’il a réalisés. (L’Expression)

 

***IL Y A QUINZE ANS, DISPARASSAIT L’ÉCRIVAIN
Boumerdès rend hommage à Mimouni
13 Février 2010

Un colloque lui sera dédié les 15 et 16 février prochains sous le thème «Emploi du patrimoine populaire dans l’écriture romanesque algérienne».

L’auteur du roman Le fleuve détourné, Rachid Mimouni, continue de «hanter» avec son oeuvre l’esprit des Algériens. Pour toute une génération, Rachid Mimouni, fut l’exemple d’un vrai intellectuel. Il a combattu jusqu’à la dernière minute l’islamisme aveugle et la corruption qui minaient et continuent de miner son pays. En effet, même en sachant pertinemment que sa tête avait été mise à prix par l’ex-FIS, il s’est obstiné à rester en Algérie, convaincu qu’il avait pour devoir d’aider sa société.
Pour lui, un intellectuel était, comme le disait si bien Edward Saïd, quelqu’un qui «refuse, quel qu’en soit le prix, les formules faciles, les idées toutes faites, les confirmations complaisantes… Non pas seulement qui, passivement, les refuse, mais qui, activement, s’engage à le dire en public…». «J’ai pris position, j’ai mes idées, je les défends et j’étais prêt à en assumer les conséquences», dira-t-il plus tard dans un entretien accordé à un journaliste du Nouvel Observateur.
C’est dans cette interview justement qu’il évoquera les raisons qui l’ont poussé finalement à s’exiler au Maroc, le 27 décembre 1993: «… J’étais, depuis longtemps, menacé par les intégristes. Ce n’était pas nouveau…Mais j’avoue que je n’aurais jamais cru qu’ils s’en prendraient à ma famille. J’ai une fille de 13 ans. Le jour où ils l’ont directement menacée de mort… cela m’est devenu insupportable.»
Cet «Algérien jusqu’à la moelle de l’os», comme il aimait à le répéter, ne faisait pas partie de ces écrivains adulés des cercles officiels, bien au contraire. Son oeuvre? Elle n’est ni lue, ni citée, ni enseignée dans nos établissements scolaires. Pourtant, qui d’entre nous, ne connaît pas ce natif de Boudouaou? Qui d’entre nous n’a pas lu Tombéza, L’honneur de la tribu, adapté à l’écran en 1993, ou encore Le fleuve détourné, un chef-d’oeuvre de la littérature algérienne?
Décédé le 12 février 1995 d’une hépatite aiguë, ce résistant nous légua une oeuvre littéraire remarquable: La ceinture de l’ogresse, De la barbarie en général et de l’intégrisme en particulier, La malédiction, qui sera dédié à son ami, Tahar Djaout, assassiné par des obscurantistes, resteront vivants à travers les consciences et les générations. Un patrimoine qui ne sera, de ce fait, jamais relégué aux oubliettes de l’histoire.
«Un écrivain est celui qui invente dans la langue, une nouvelle langue», disait Barthes et nous pourrions affirmer aujourd’hui que ce fut le cas pour Mimouni. Avec cette langue, il va nous dessiner le portrait de l’Algérie postindépendante en proie à la bureaucratie et à l’intégrisme et celui d’une société toujours en quête de violence. Frappée par la censure en Algérie, la majorité de ses livres seront publiés en France. Il est mort, il y a maintenant 15 ans.
Et après l’hommage qui lui a été rendu en France par les organisateurs de la 16e édition du Maghreb des livres, il y a quelques jours, c’est la direction culturelle de la wilaya de Boumerdès qui lui consacre un colloque national pour commémorer sa mémoire. Ce colloque se tiendra les 15 et 16 février prochains sous le thème «Emploi du patrimoine populaire dans l’écriture romanesque algérienne».
Zhour Ounissi, Abdelhamid Bourayou, Djillali Khalas, Abdel Rachid Nour… ainsi que d’autres écrivains, auteurs et universitaires seront présents pour animer les conférences prévus.
A cette occasion, une exposition de photos sur la vie de ce grand écrivain ainsi que d’autres activités ont été également programmées par la direction de la culture de la même wilaya. (L’Expression) 

 

 

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6 réponses à “Algérie culture-2”

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