Regarder les gens

**Regarder les gens dans le Métro

*Dr.B:Médecin, animateur du blog « Alors voilà »

Alors voilà les gens dans le Métro.

Regarder les gens

Une jeune fille, assise, studieuse, stylo en main et bouton de fièvre sur la lèvre. Deux possibilités: soit le stress lui a fait sortir son herpès, soit elle a embrassé Bidule en boite qui lui a partagé son virus. On ne peut rien contre la générosité.

Un homme entre dans la rame. Série de petits grains de beauté rougeâtres. Sarcome de Kaposi. Peut-être rien, peut être une belle histoire d’amour qui a mal tourné.

Un homme habillé en loques. Beaucoup de pellicules, couperose prononcée et démarche hésitante. Il se penche plusieurs fois vers l’avant en grimaçant. Alcoolisme chronique, probablement pancréatite chronique associée. Pourquoi en est-il là? À l’hôpital je le demande à mes patients, mais là…

Un homme, la cinquantaine, colle les pages de son livre sur son nez: devrait faire un tour chez l’ophtalmo, ses lunettes ne le corrigent plus suffisamment.

Jeune de 12 ans, gynécomastie discrète: la puberté arrive. Son grand frère plein d’acné, la puberté a déjà commencé. Il y a des parents qui vont morfler…

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Deux types d’endroits sont propices aux méditations métaphysiques: les centres commerciaux et le Métro (et la chapelle Sixtine mais elle est fermée en ce moment et elle est hors concours).

Les premiers parce qu’on s’y pose beaucoup de questions existentielles: plutôt Figolu ou Granola? Quel est le sens de la vie? Colgate citron ou Vadémécum Fluor & Plantes? Dieu existe-t-il?

Le Métro, parce qu’on y est immensément seul en étant plusieurs.

Je ne sais pas si dieu existe mais il y a les gens dans le métro. Il faut les regarder: ils ont vraiment des histoires à vous raconter.*Dr.B:Médecin- huffingtonpost.fr-13.03.2013.

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Ces gens dans le métro parisien

Depuis quelques jours, je suis officiellement parisienne… Et qui dit Paris, dit Métro.
Venue de nombreuses fois dans la capitale pour le plaisir ou pour le travail, j’avais déjà observé les différents spécimens qu’on trouvait dans les rames de transport. Mais ces derniers jours,    j’ai tenu à concentrer mon attention sur les regards et attitudes de ces personnes que l’on croise tous les jours au hasard d’un changement de ligne.

Etant très observatrice, je vous livre mes petites remarques sur les 5 premiers profils de voyageurs du métro de Paris  (5 autres dans un prochain article) :

1/ Les timides/refoulés :

S’il y a bien une chose que l’on ne voit jamais chez eux, ce sont leur regard. La peur sans doute de croiser des yeux qui les épient ou de se rendre compte sur monde qui les entourent. En tout    cas, la chose est amusante et ils sont fascinants à observer du coin de l’oeil.
Gourmands de tous stratagèmes pour éviter de lever les yeux, ça devient une véritable gymnastique pour ne pas décoller les orbites du sol jonché de pieds. Pour eux, le métro ressemble très    certainement à ça : une farandole de pieds. Ils ne lèvent la tête que pour vérifier le nom de la station où ils descendent et surtout pour éviter de se cogner aux autres passagers. Mais le but    est de surtout éviter les regards de ceux qui rentrent dans la rame.

2/ Les working girls :

Je les admire un peu car elles sont stupéfiantes. Classes comme des femmes et sûres d’elles comme des hommes. Le mélange est admirable, surtout dans l’environnement du métro. Elles ont souvent    l’écharpe assorties aux chaussures ou au sac, un livre tenu d’une main (l’autre tenant la barre verticale), ou les yeux rivés sur un magazine/journal. Toujours en bottes ou talons, elles sont    impeccables, nettes et ne scille pas un seul instant quand le métro fait des virages discutables. Même si le sac n’est pas toujours Channel, cela ne se voit pas car leur assurance et leur    « sérieux » font d’elles des voyageuses assurées.

3/ Les « il faut qu’on me remarque » :

Vous ne pouvez pas les manquer, car ils portent bien leur nom : souvent un ipod trop fort sur les oreilles, ou en train d’essayer toutes les sonneries de leur téléphone, ils auront tendances à    vous énerver dès le matin par leur « m’as-tu-vu ». Une veste avec la marque écrite bien en évidence, un téléphone de grande marque ou une conversation orale précisant bien fort qu’ils sortent le    soir en « after work »… Tout le personnage en est comique. Leur scène ? le métro et sa foule qui n’a rien à faire que de les remarquer.

4/ Les étudiants :

Vous les croiserez rarement à 8h dans les rames, mais ils se remarquent : sac à dos oblige ou jeune minot à la serviette d’ordinateur, ils arpentent les couloirs du métro en courant, bousculant    tout ce qui passe, persuadé qu’ils passeront pour des workers de NY City. Ils savent cependant toujours où ils descendent et se balladent toujours à plusieurs (une tribu?)

5/ Les « étrangers » :

On les reconnait, les fraîchement arrivés dans la capitale, ceux qui, comme moi, même en connaissant le chemin, ne peuvent pas s’empêcher de regarder la plaque de la station ou le plan à chaque    arrêt pour bien vérifier qu’ils ne se sont pas planté de chemin. Ils regardent les autres, observent, sortent un livre ou des écouteurs mais n’ont pas encore les gestes coordonnés et passent 5    minutes à se positionner dans le métro entre deux places. Ils laissent passer les gens qui sortent ou s’excuse en cognant quelqu’un… Au début, on pense qu’ils sont bien élevés, mais au final,    on se rend compte qu’ils sont comme vous : des nouveaux parisiens en quête d’apprentissage . *source:celinedanslemonde-10.12.2012.

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J‘aime regarder les gens, dans la rue, dans le bus, dans le métro.

Imaginer leur vie, leur itinéraire, leurs préoccupations immédiates. Évaluer l’état de leur conscience.

Je ne sais rien d’eux, mais je les vois, je les croise, je partage un bout de leur chemin. Le hasard les amène ici, sous mes yeux.
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À leur mine, à leur regard, à leur souffle, je perçois des choses, que j’interprète comme je le souhaite. Derrière chaque personne, il y a une histoire. Le jeu consiste donc à les déchiffrer, autant que possible. Ou à les inventer de toutes pièces, le cas échéant.Quand j’avais sept ou huit ans, les gens lisaient dans les transports en commun. Ou bien ils regardaient par la vitre. Ou encore… ils dormaient. À mes quinze ou seize ans, ils parcouraient des journaux gratuits. Aujourd’hui, la plupart de ceux que je croise écoutent de la musique, ou scrutent l’écran d’un téléphone. Demain, qui sait ce qu’ils feront ?
Mais on retrouve les mêmes regards, les mêmes visages, malgré ces quelques évolutions.Certaines personnes sont clairement en représentation. Elles jouent un rôle, sont attachées au jugement des autres ; leurs gestes ne semblent pas naturels. À l’inverse, d’autres individus donnent le sentiment de ne pas prêter la moindre attention à leur entourage immédiat.

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Dans tous les cas, il existe une règle inébranlable, mille fois vérifiée : quand une personne répond dans le bus au téléphone, elle dira toujours, à un moment ou à un autre : “je suis dans le bus”.

Il n’existe aucun contre-exemple. Un autre jeu consiste par conséquent à écouter la conversation en attendant les mots fatidiques, qui sont inévitablement prononcés.

Regarder les autres, surtout, et pour conclure, c’est accepter l’idée que l’on pourrait être l’un d’entre eux.Ils sont à cet égard de vrais alter ego. D’autres moi.Or rien n’est plus agréable que de plonger le regard dans l’infini des possibles.*basilesegalen.com-06.09.2012.

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**Cette invitation de Wonderbra reçue par une personne influente, qui commentait : “je vous laisse apprécier la conception-rédaction de cette invitation Wonderbra pour sa boutique éphémère”.

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Le hasard d’une rencontre

Ces derniers temps, j’ai rencontré de nombreuses personnes. Si je me contente du milieu professionnel, par exemple, j’en compte déjà plusieurs dizaines.
Plusieurs dizaines d’individus, plusieurs dizaines de consciences, plusieurs dizaines de visages ; autant d’histoires, autant d’existences, autant de parcours singuliers. Bien sûr, certaines de ces rencontres sont demeurées quelque peu superficielles : je ne pourrais pas dire que je connais toutes ces personnes. À défaut, pour l’instant, je les reconnais.
Bureau
Et c’est déjà beaucoup.
Je devine certains aspects de leur vie présente ou passée, je découvre certains détails de leur intimité, j’imagine certaines de leurs pensées, en scrutant parfois leur réaction, leur regard, leur manière de parler. Il est toujours intéressant d’observer ses semblables. Il va de soi que je me trompe sur eux, la plupart du temps. Comme eux se trompent sur moi.
Comme chacun se trompe sur l’autre.
[Note à moi-même : je découvre, en cherchant un synonyme d’existence, le mot de cénesthésie].
facebook
Dans la Toile de mon réseau
Sur Internet aussi on se trouve nez-à-nez avec d’autres consciences. Des consciences qui s’expriment sur des Pages Facebook, qui s’exhibent en quelques photographies, en quelques mots (en cent-quarante caractères parfois), en quelques appétences, quelques “likes” sans lendemain.
D’autres personnes qui communiquent, elles-aussi, qui capturent des moments de leur vie pour les partager ensuite, elles aussi. Souvent, une familiarité se crée sans aucune rencontre réelle.
Comme les passants – ou les passantes – qu’on croise dans l’allée du jardin du Luxembourg, comme ceux qu’on voit lire au soleil, comme ces compagnons – ou compagnes – de voyage, “qu’on est seul, peut-être, à comprendre, et qu’on laisse pourtant descendre sans avoir effleuré [la] main”. Comme cette foule incessante d’individus vivant comme nous, nous entourant, nous précédant et nous succédant, allant dans les mêmes boutiques, les mêmes cafés, les mêmes cinémas.
Par hasard
Tous ces autres, récemment rencontrés.
Je ne sais pas ce que j’attends d’eux, ni même si j’attends quelque chose.
Et que voulais-tu donc ? – Voilà ce que le monde
Au bout de trois cents ans demande encor tout bas.
Le sphinx aux yeux perçants attend qu’on lui réponde.
Ils savent compter l’heure, et que leur terre est ronde,
Ils marchent dans leur ciel sur le bout d’un compas,
Mais ce que tu voulais, ils ne le savent pas”.
Qu’importe. L’essentiel n’est pas là. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’est rien de plus important que ces rencontres. La rencontre est ce qui inspire la plupart des romans, la plupart des histoires, la plupart des films. Il suffit de se rendre au cinéma pour s’en rendre compte.
Sans évoquer Les Intouchables, c’est surtout deux bandes-annonces qui m’ont inspiré ce billet. Deux bandes annonces qui passent en ce moment, et qui mettent toutes-deux en avant le thème de la rencontre : La Clé des
Champs
et le dernier Miyazaki, La colline aux coquelicots. Avec à chaque fois un point crucial, le ciment
de toute rencontre :  la magie du hasard.
Une rencontre. C’est de là que tout découle, de toute façon, on le sait, depuis le premier instant.*basilesegalen.com-04.12.2011.

**vidéo: La colline aux Coquelicots

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