une nouvelle République à tout prix-13

*L’Algérien est décidé d’arracher le statut de citoyen libre,

malgré des forces hostiles intérieures et extérieures qui tentent d’empêcher le peuple algérien d’accéder à ce statut

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*Bouteflika est parti, mais ses hommes sont encore là

*le mouvement populaire en position de force pour empêcher le pouvoir de continuer son œuvre destructrice 

L’Algérie n’est pas à vendre 

*un gouvernement illégitime ne peut pas engager une réforme aussi stratégique que celle qui touche aux ressources énergétiques du pays

**ces individus n’ont qu’une obsession : rester au pouvoir quitte à brader l’Algérie et l’avenir de ses enfants.

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37e vendredi : les Algériens réclament leur indépendance !

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En ce vendredi 1er novembre, les Algériens vont non seulement célébrer le 1er novembre mais aussi manifester contre le pouvoir actuel.

Pour les Algériens, le 1er novembre a commencé cette année le 31 octobre. C’est sans doute le jour le plus long. Dès hier, des milliers de manifestants ont commencé à se rassembler pour dénoncer le pouvoir incarné par le vieux général Ahmed Gaïd Salah et l’autre néanmoins vieux président par intérim, Abdelkader Bensalah.

Ce 37e jour de la dissidence citoyenne, Alger est bondée de monde. Des manifestants de la capitale bien entendu mais aussi des autres wilayas.

Comme le montrent ces images et tweets, le peuple garde intacte sa détermination à recouvrer toute son indépendance et à libérer le pays de la clique de prédateurs qui refuse de lâcher prise. Des slogans relayés, on comprend bien que les Algériens ne veulent plus se laisser berner.

Les discours patriotards des tenants du pouvoir ne convaincs plus personne. Et les cérémonies de recueillement devant les monuments aux martyrs sont autant d’enterrement des valeurs de Novembre.***dzvid.com-01 novembre 2019

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Les témoins de l’injustice

L’écho de la cinglante réplique du moudjahid Lakhdar Bouregâa au magistrat chargé d’instruire l’affaire dans laquelle il est poursuivi, continuera et pour longtemps à résonner dans ce tribunal de Bir Mourad-Raïs, et restera, forcément, gravé dans l’Histoire du combat du peuple algérien pour son émancipation d’un système politique, certes agonisant, mais qui conserve encore des capacités de nuisance. L’officier de l’Armée de libération nationale, qui défiait, lors de la Révolution de Novembre, la colossale armée coloniale, ne s’est certainement jamais imaginé se retrouver dans les geôles de l’Algérie indépendante. L’auteur de l’ouvrage autobiographique Témoin sur l’assassinat de la Révolution est un homme qui n’a jamais cessé de lutter pour l’avènement d’un État de droit dans lequel tous les enfants d’Algérie peuvent se reconnaître. Et pour cela, il a montré qu’il était prêt à tous les sacrifices.
Mais le magistrat instructeur qui l’interrogeait hier, et par-delà l’appareil judiciaire qu’il représente, mesure-t-il l’offense faite au peuple algérien en perpétuant les tares d’une justice qui continue de fonctionner aux ordres ? L’Algérie de l’après-22 février est en totale rupture avec celle d’avant cette date, sauf pour la justice qui, à l’exception de l’intermède vite refermé de l’opposition au cinquième mandat de Bouteflika, demeure otage de ses vieux réflexes, mais aussi d’un fonctionnement foncièrement lié à celui du système politique qui l’a façonnée. Sinon, comment expliquer que le parquet réagit au quart de tour à chaque nouvelle “instruction” donnée par des membres de l’Exécutif et se montre impassible devant des écarts condamnables commis publiquement par des personnes à longueur de colonnes des réseaux sociaux ou sur les plateaux de télévision.
Le mandat de dépôt, qui est en principe une exception, est devenu systématique dans certains tribunaux, un temps exagérément long est pris pour traiter des affaires dont les dossiers sont quasiment vides, des chefs d’inculpation insensés, prêtant parfois à rire… Le travail de la justice s’en trouve vicié par de ténébreuses interférences politiques. Les détenus du hirak, jetés en prison pour avoir, pour certains, juste exprimé un soutien à la révolution citoyenne, pour d’autres, pour avoir brandi l’emblème amazigh, et pour d’autres encore, pour avoir osé contester la feuille de route du régime, témoigneront de ce parti pris flagrant de certains magistrats au profit d’un pouvoir aux abois et rejeté par la grande majorité du peuple algérien. * par Hamid SAIDANI-Liberté/ mercredi  23 octobre 2019 

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Des avocats s’expriment et dénoncent

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Le texte de loi amendant le code de procédure pénale, actuellement au niveau de la commission juridique et des affaires administratives de l’Assemblée nationale, propose de conférer  des prérogatives élargies aux officiers de la police judiciaire. La proposition majeure concerne essentiellement les services d’investigation de la Direction générale de la sécurité intérieure qui, en 2015, étaient sous l’égide de la Présidence et qui relèvent actuellement du ministère de la Défense. Ces amendements n’agréent pas la défense.

Des avocats n’ont pas hésité à le dénoncer. Les dispositions de l’article 6 bis, qui imposaient une plainte préalable des organes sociaux relevant des entreprises publiques économiques dont l’État détient la totalité de capitaux ou à capitaux mixtes pour la mise en mouvement de l’action publique, ont été également annulées dans la nouvelle mouture du code de procédure pénale. Les officiers de police judiciaire peuvent désormais procéder à des enquêtes sans être habilités par le parquet. 

Ils peuvent également procéder à des perquisitions sans mandat délivré par le procureur de la République pour toutes les affaires prévues par la législation pénale nationale. “Effectivement, les amendements apportés au présent projet amendant le code de procédure pénale permettent l’exploitation de toute information pour enclencher une enquête préliminaire. Dans un sens, c’est une bonne chose. À condition que la perquisition reste sous la tutelle du  parquet.

C’est-à-dire, les officiers de police judiciaire doivent présenter un rapport d’information sur la base duquel, le parquet délivre un mandat de perquisition ou s’abstient de le faire. Sinon, on risque d’ouvrir la voie à pas mal de dérives qui vont porter atteinte aux droits élémentaires du citoyen”, explique Me Sidhoum,  qui ajoute qu’“il faut revenir en arrière pour comprendre. C’est ce service qui a diligenté les enquêtes sur l’autoroute Est-Ouest et Sonatrach 1 et 2. Les modifications apportées au  code de procédure pénale en 2016, surtout  dans ses articles 15, 16 et 17, ont bloqué ce service d’investigation. Car les amendements en question l’ont obligé à opérer sous le contrôle du parquet”. 

De son côté, Me Nasr Eddine Lezzar n’est pas moins critique au sujet du texte. “Autoriser des policiers à prendre toutes les mesures d’investigation sans habilitation du procureur est une grave dérive et une menace sur les libertés individuelles et les garanties d’inviolabilité des droits de la personne humaine”, pense-t-il, poursuivant que “cette dispense des mandats du parquet pour mener des perquisitions et autres mesures de recherche et d’investigations est un transfert des pouvoirs des procureurs, qui sont des magistrats ‘debout’ à des policiers…

La situation est aggravée par l’application de cette dispense à toutes les infractions pénales quelle que soit leur nature. Cet amendement met notre législation en porte-à-faux avec les instruments internationaux de protection des droits de l’Homme ratifiés par notre pays. Nous passons subrepticement d’un État de droit, même formel, à un état policier au sens plein du terme. Nous sommes devant une extension excessive des pouvoirs de police, caractéristique des états d’urgence et des états d’exception. 

Cet amendement est un passage à un état d’urgence permanent”. L’avocat s’interroge également sur l’habilité “d’un gouvernement précaire, illégal et illégitime à engager des réformes de cette envergure”. L’annulation de la nécessaire plainte des organes sociaux pour engager des poursuites contre les cadres d’entreprise plonge ces derniers dans une situation de totale insécurité, estime, en outre, Me Nasr Eddine Lezzar, qui rappelle que dans l’ancien code de procédure pénale, la plainte préalable des organes sociaux “a été introduite dans le cadre de la dépénalisation des actes de gestion”. 

L’Union nationale des barreaux d’Algérie n’a pas jugé opportun de participer aux modifications apportées au code de procédure pénale. Approchée par le ministre de la Justice afin de débattre de ce texte quand il était en phase d’élaboration, elle a décliné l’invitation, estimant que ce projet de loi ne constituait pas une “urgence”. “Il n’est pas opportun d’amender le code de  procédure pénale dans la conjoncture actuelle”, tranche Salah Brahimi, bâtonnier de Tizi Ouzou et membre du bureau de l’Union nationale des barreaux d’Algérie. Il refuse même de donner son avis sur son contenu, estimant que “participer au débat, c’est donner de la consistance au travail d’un gouvernement illégitime”. *Par Nissa HAMMADI - Liberté/ mercredi  23 octobre 2019 

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*Les magistrats en grève illimitée à partir de dimanche 27 octobre 2019

Le syndicat national des magistrats a annoncé, aujourd’hui, une grève illimitée à partir de demain dimanche, en guise de protestation contre le mouvement opéré jeudi par la tutelle, dans le corps de la justice, et qui a touché environ 3000 magistrats.

Le SNM qui voit en ce mouvement une tentative de «déstabilisation des structures du syndicat national des magistrats», exige, dans un communiqué rendu public, «le gel de toutes les décisions issues de ce mouvement» ainsi que «la révision des textes juridiques actuels qui consacrent l’hégémonie du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire».

Le syndicat des magistrats dénonce également l’attitude « hautaine » du ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, envers les juges.

* Liberté/ samedi  26 octobre 2019

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Grève générale et manifestations lundi 28 octobre

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***Les travailleurs le savent d’expérience. Les jeunes et les étudiants l’apprennent en marchant. Les résultats dans la lutte de classe ne peuvent être obtenus que par leur unité, celle de leurs organisations syndicales dans l’action « tous ensemble et en même temps ».

Il y a eu le 10 mars, le 10 et le 17 avril. Il y aura désormais le 28 octobre avec la grève générale. Partout, ces dernières semaines, les travailleurs de toutes les professions, les travailleurs précaires, les retraités, les chômeurs, les étudiants, les jeunes, les couches paupérisées des villes et des campagnes ont lutté, et continuent à le faire, par des centaines de rassemblements, de sit-in, de grèves locales et des manifestations par millions dans la rue chaque vendredi et mardi, pour faire barrage au régime, à ses institutions et à ses projets anti démocratiques, anti ouvriers et anti nationaux.

Depuis fin août, au rejet de toutes les mesures anti démocratiques et de la répression se sont conjuguées les revendications sociales : logement, emploi, précarité, salaires… Le 10 octobre, les retraités, en se rassemblant par milliers et partout dans le pays, ont contraint le ministre du Travail à reporter la présentation des mesures pour réformer le système de retraite qui, si elles avaient été mises en œuvre, auraient réduit les petits retraités à la mendicité. Le 11 octobre des millions d’algériennes et d’algériens disent « Non à l’élection présidentielle ! ». Ils le répètent avec détermination depuis que Abdelkader Bensalah avait annoncé la date de « leur élection présidentielle ». Le 13 octobre, des dizaines de milliers de travailleurs manifestent dans la capitale, encerclent l’APN illégitime, et dans d’autres villes du pays contre le projet de loi sur les hydrocarbures qui codifie « la recolonisation » des richesses du sol et du sous-sol du pays.

Après huit mois, et malgré les périodes difficiles du ramadhan et la saison estivale, le mouvement populaire n’a pas faibli. Au contraire, il reste debout, déterminé, arquebouté sur ses aspirations : refus du régime et l’exigence de décider de son avenir. Du régime, il n’attend rien. Il refuse tous ses projets. Pour tout dialogue, il lui montre la porte de sortie.

L’action unie « tous ensemble et en même temps » était devenue une nécessité pour régler tous les comptes. Montant des profondeurs du pays, elle saisit les sommets des organisations syndicales, particulièrement ceux des syndicats autonomes membres de la CSA.

La grève nationale et les marches ont été imposées par les masses. Elles ont contraint les responsables syndicaux à empreinter cette voie. La date a été choisie. Ce sera le lundi 28 octobre. La CSA appelle à une grève nationale et à des manifestations dans les chefs-lieux des 48 wilayas du pays.

Le Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes (COSI), dont les militants se sont battus et continuent à le faire, là où ils sont, dans les entreprises, les quartiers, les universités, pour la grève générale, considère qu’il s’agit d’une première réponse à l’aspiration profonde des masses à l’action efficace. Elle doit ouvrir la voie à la grève générale pour en finir avec le régime. C’est de cela qu’il s’agit.

Après les grèves et les manifestations des 10 mars, 10 et 17 avril le régime a fait un pas de danse, d’une tentative de passage en force il est passé à la ruse et à la séduction… avec un seul objectif, se maintenir. Il s’est maintenu. Et il agit. Il réprime, il promeut des projets anti ouvriers et anti nationaux directement sortis des tiroirs du FMI et de la banque mondiale. C’est sa fonction. Il n’en a pas d’autre. Il continuera à le faire tant qu’il tiendra face au mouvement populaire, tant qu’il sera en place.

Le 28 octobre peut ouvrir la voie à la grève générale pour en finir avec le régime si sa préparation, son organisation, son déroulement voient les travailleurs, les étudiants, les jeunes dans les quartiers avec leurs organisations syndicales (y compris l’UGTA), s’en saisir en organisant des assemblées générales dans les entreprises, dans les écoles, les lycées, les universités et dans les quartiers, élire des comités de grève, les coordonner à tous les niveaux jusqu’au « comité centrale national de grève » et discuter de la suite à donner à cette action nationale.

C’est ainsi que s’exprimera pleinement la puissance du mouvement populaire et que sera emporté le régime et tous ses projets. Oui c’est ainsi que tout est absolument possible !

**dzvid.com-25 octobre 2019

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TOUT EN APPORTANT SON SOUTIEN AU SYNDICAT NATIONAL DES MAGISTRATS

Le Conseil supérieur de la magistrature gèle le mouvement opéré dans le corps de la justice

Le Conseil supérieur de la magistrature a apporté, ce dimanche, son soutien à la grève des magistrats et a gelé le mouvement opéré jeudi, dans le corps de la justice, par le ministre de de tutelle Belkacem Zeghmati.

Dans un communiqué rendu public cet après-midi, et signé par douze membres, le Conseil supérieur de la magistrature  a, en effet, annoncé «le gel des transferts, tout en maintenant sa session ouverte », et ce « jusqu’à ce que le mouvement soit réexaminé conformément à la loi ».

Dans le même communiqué, le Conseil s’est adressé aux magistrats en précisant qu’il n’a pas pu «exercer ses pouvoirs légaux pour préparer le rapport annuel sur le mouvement opéré le 24 octobre » et que  son rôle s’est limité «à la consultation de la liste finale élaborée préalablement par le ministère de la Justice ».

Par ailleurs, le président du syndicat des magistrats, Issad Mabrouk, a fait savoir, dans une déclaration à    »Liberté », que son syndicat se réunit lundi pour examiner les suites à donner à ce mouvement de grève,  qui a enregistré un taux de suivi de 96%, à son premier jour.** Liberté/  27 octobre 2019

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*grève des magistrats

Un taux de suivi de 96 % 

L’appel à la grève du syndicat national des magistrats, pour ce dimanche, a enregistré un taux de suivi de 96 %, selon un communiqué rendu public par le SNM.

Un seul un membre de la cour de justice de Tindouf s’est désolidarisé avec ses collègues. En attendant de le traduire devant le conseil de discipline, son adhésion a été suspendue du syndicat, affirme la même source.

Pour rappel, cette grève a été déclenchée suite au mouvement opéré, jeudi dernier, par la tutelle, dans le corps de la justice, et qui a touché environ 3000 magistrats. Le SNM a accusé le département de Belkacem Zeghmati de vouloir «déstabiliser les structures du syndicat».* Liberté/  27 octobre 2019

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*Par sa persévérance, sa détermination et surtout sa résistance à tous les coups qui lui sont portés par le pouvoir et ses affidés, le mouvement populaire est en train de réussir un de ses plus importants combats contre le système en place : permettre à l’appareil judiciaire, qui aura constitué depuis l’indépendance du pays un des fondements du régime, de se révolter contre la forte emprise de l’Exécutif. Les forces vives de la nation, mobilisées dans le cadre de la révolution populaire, n’ont eu de cesse d’appeler à l’indépendance de la justice et d’exhorter les magistrats à refuser les interférences politiques dans leur travail. Malheureusement, l’influence du pouvoir politique sur la justice a été, ces derniers mois, telle que les juges sont devenus les exécutants de sa stratégie répressive.
Mais dans sa démarche hautaine, voire insolente, à l’égard de la société, le gouvernement, qui souffre d’un grave défaut de légitimité, se croit pourtant tout permis, poussant l’outrecuidance jusqu’à fouler aux pieds les mêmes lois qu’il est censé faire respecter. Et lorsque la coupe fut pleine, ce qui devait arriver arriva. Les juges, qui s’étaient jusque-là murés dans un silence inexplicable, si l’on exceptait la révolte de mars dernier contre le 5e mandat du président déchu, ont réagi de façon plutôt explosive si l’on se fie au contenu de la déclaration diffusée hier par leur syndicat. La révolte est à la mesure de l’offense faite, tous les jours que Dieu fait, au pouvoir judiciaire par l’Exécutif.
En procédant à des nominations à l’emporte-pièce de juges par milliers, le ministre de la Justice, qui pensait pouvoir continuer à assujettir les magistrats pour en faire le bras judiciaire d’une politique d’oppression de la population, a ainsi provoqué un effet boomerang, suscitant la fronde parmi une catégorie professionnelle, généralement réservée, de la société. S’il est pour le moment prématuré de prédire quoi que ce soit quant à la réussite ou pas d’un tel mouvement, il apparaît évident que cette rébellion met en évidence un niveau de prise de conscience inédit dans le corps des magistrats.
En effet, au-delà de l’appel lancé pour une grève illimitée des magistrats, qui constitue déjà une première dans l’histoire de l’appareil judiciaire en Algérie, traditionnellement foncièrement docile, c’est le communiqué diffusé par le SNM qui surprend par sa teneur pour le moins musclée à l’égard des autorités politiques. La preuve que quelque chose est en train de bouger au sein d’un système honni par le peuple et lâché de toutes parts.*par Hamid SAIDANI -  Liberté/  27 octobre 2019

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bloquer l’élection présidentielle de la bande

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Le peuple algérien, fatigué par des décennies de despotisme, de privations, de corruption et d’humiliations, a décidé, il y a de cela 8 mois, de prendre son destin en main. La perspective d’une élection présidentielle avec un cinquième mandat pour Bouteflika a constitué l’humiliation de trop. C’était l’étincelle qui a poussé des millions d’Algériens dans les rues.

Après la première manifestation de refus de cette élection-mascarade à Kherrata et l’arrachage d’un portrait géant de Bouteflika à Khenchla quelques jours plus tard, un appel pour une première manifestation nationale le 22 février est lancé. Le succès est foudroyant. Des millions d’Algériens ont déferlé dans les rues des petites et grandes villes du pays. Depuis, la rue algérienne n’a cessé de gronder. Le cinquième mandat est tombé à l’eau. L’élection présidentielle programmée dans l’urgence pour le 04 juillet a subi le même sort.

**L’évolution du mouvement

Le mouvement a depuis gagné en maturité et en expérience. Il a tenu bon malgré les aléas de la vie. Ceux qui ont misé sur son essoufflement pendant le ramadan ou durant la saison estivale ont eu pour leurs frais. En effet, malgré un recul relatif durant certains vendredis, la mobilisation s’est globalement maintenue.

L’armée, qui a été contrainte de lâcher Bouteflika, use depuis de tous les subterfuges et de toutes les manipulations pour tenter de régénérer le système. On a assisté à une sorte de cirque judiciaire dont ont été victimes quelques caciques du système. Les Algériens, heureux de les voir sous les verrous, ont vite relativisé la sincérité de ce spectacle ahurissant. On a compris qu’il s’agit là d’une entourloupe dont l’unique objectif est de se donner une certaine crédibilité. On ne peut ignorer dans tout cela que la guerre des clans qui était jusque-là confinée dans les officines du pouvoir a surgi sur le devant de la scène politique. Le clan de Gaïd Salah a frappé le premier et s’est même appuyé sur la mobilisation populaire pour mettre hors d’état de nuire ses plus dangereux adversaires.

**Diviser pour régner

Le mouvement populaire très aux faits des manigances de l’état-major de l’armée s’est montré lucide. Tout en insistant sur le pacifisme des manifestations, il a exigé de façon limpide le départ du système qui a ruiné le pays depuis 1962. Le divorce est consommé et l’état-major de l’ANP, à travers son chef, a changé de langage et d’attitude. Les discours de Gaid Salah sont devenus de plus en plus nombreux et belliqueux. En parallèle à cela, on tente de mettre la Kabylie à l’index à travers l’affaire des «Zouaves», mais surtout en osant interdire de façon ferme la présence des drapeaux amazighs. En effet, des dizaines de porteurs de ces drapeaux ont été arrêtés et sont toujours détenus arbitrairement dans les prisons du système mafieux.

L’effet recherché par le pouvoir réel et ses clientèles n’a pas eu lieu. Au contraire, l’Algérie profonde a décrié cette manœuvre dangereuse de l’état major de l’armée. Depuis, l’unité nationale est au cœur du mouvement.

Le système, effrayé à l’idée de céder le pouvoir et rendre des comptes au peuple, insiste sur l’organisation d’élections présidentielles dans les plus brefs délais. La rue répond par non à l’élection présidentielle avec le même système et les mêmes hommes. On ne connait que trop ce système qui a toujours innové dans l’art de la fraude électorale.

**L’ombre de 1954

On assiste en Algérie et dans la diaspora au foisonnement de débats d’idées sur toutes les questions. Les Algériens ont appris à se parler, à se respecter, à respecter les femmes nombreuses et actives dans le mouvement. On assiste, sans l’ombre d’un doute à une révolution nouvelle ou peut-être à la résurgence de celle de 1954. En effet, la rue y fait référence et exhume ses principaux leaders dont beaucoup sont exécutés par le système en place qui a spolié l’indépendance de l’Algérie. De même que le slogan «Les généraux à la poubelle et l’Algérie accédera à son indépendance» souligne ce lien avec plus d’acuité.

**Le passage en force ?

Les masses populaires mobilisées exigent une rupture radicale avec le système en place, de même qu’avec ses pratiques. Dès la rentrée sociale 2019, ne voyant pas la mobilisation refluer, l’armée affolée décide un passage en force. Des attaques en règle sont menés contre le mouvement populaire le traitant de tous les noms, et grave encore en le présentant comme à la solde de la Issaba. Ainsi, les menaces pleuvent et les arrestations des leaders du mouvement sont quasi-quotidiennes.

Les institutions en place n’ont plus aucune légitimité aux yeux du peuple et ne sont plus que fantômes alors que le vrai, l’unique pouvoir, c’est l’état major de l’armée. Sous les ordres de Gaid Salah, on crée en quelques semaines un panel de dialogue auquel on fixe les prérogatives. C’est le général, lui-même qui exige la convocation du corps électoral et la tenue des présidentielles à des dates précises. Si, jusque-là, l’armée se tenait derrière les rideaux et dirigeait tels des marionnettistes une personnel politique veule sans épaisseur, sans valeurs, corvéables et malléables à merci, aujourd’hui, elle occupe le devant de la scène. Le mouvement a compris cette stratégie et il cible de plus en plus l’état major de cette institution. En clair, la rue sait qu’elle fait face à l’armée ou du moins, à son état major. Elle tient à son pacifisme, mais n’exclut pas de radicaliser ses moyens. On évoque avec insistance la grève générale et même une manifestation sur Alger. On parle aussi de l’auto-organisation du mouvement. Voilà des moyens efficaces pour exercer sur le système la plus grosse pression possible.

Malgré la montée en puissance du mouvement avec des millions de personnes qui déferlent chaque mardi, mais surtout les vendredis sur les rues des villes algériennes, le pouvoir, de plus en plus isolé, fonce tête baissée telle une bête blessée vers l’organisation des présidentielles dont personne n’en veut.

Dans sa fuite en avant, l’État major de l’armée soumet les médias audiovisuels publics et privés à sa volonté. Ils sont du coup, transformés en organes de propagande et de désinformation. Au même temps, les hommes armés du régime arrêtent à tours de bras des animateurs du mouvement et de simples citoyens et ferment les accès vers la capitale tous les vendredis.

**L’état-major de l’armée acculé

Acculé de toutes parts par un mouvement populaire de plus en plus déterminé et conscient des enjeux, l’état major se trouve de plus en plus isolé. De plus, sa clientèle se réduit comme peau de chagrin. Cette perte de lucidité de ce régime finissant se lit dans les discours pléthoriques où est absente une ligne directrice claire. Le pouvoir fait du sur place et ses discours ne sont plus que des affirmations qui n’ont aucun lien avec la réalité du terrain, quand ils ne sont pas réduits à un flot de menaces destinées à faire peur aux manifestants. Ce qui est bizarrement notable dans la démarche du pouvoir, c’est l’absence de toute tentative de dialoguer avec la rue ou du moins lui faire des propositions. Habitué à user et abuser de la violence contre des révoltes spontanées ou des émeutes, ils se retrouvent démunis face au la pacifisme exceptionnel de la révolution.

**L’élection présidentielle, rien que l’élection présidentielle…

Depuis la mise hors d’état de nuire de l’ancien président, l’armée tient mordicus à la tenue de l’élection présidentielle. Les mois de révolte n’ont pas eu raison de son entêtement. Pourquoi ? Le régime militaire n’a besoin que d’une vitrine et c’est le seul moyen de l’avoir. Penser à un dialogue sérieux, à un processus qui aboutirait à des propositions constructives n’intéresse aucunement le système.

En effet, les enjeux tant intérieurs qu’extérieurs sont énormes. Le surgissement du peuple sur la scène politique remet tout en question. Il veut avoir son mot à dire. Le pouvoir qui vit de rapine et d’énormes privilèges, mais aussi les puissances étrangères qui tirent leur épingle du jeu veulent le statu quo tellement leurs intérêts avec ce régime sont immenses. On leur concocte même de nouvelles lois en pleine révolution pour quémander leurs soutiens.

L’élection présidentielle ne cherche qu’un brin de légitimité dont le pouvoir, les médias qui lui sont inféodés et les clientèles « cachérisées » se serviraient dans leur propagande contre-révolutionnaire.

**Le black out des médias internationaux

Dans leur plus grande majorité, les médias internationaux, notamment français, s’alignent sur ceux du système. Ils boycottent systématiquement les nombreuses actions de la révolution. Si au début, on a assisté à une certaine couverture des événements plus ou moins honnête, mais comme il n’y avait pas de violence et de harcèlements, ce qui aurait fait le bonheur de certains de ces médias, on a commencé à sous estimer le nombre de manifestants. Quand il y avait des centaines milliers de manifestants, ils parlent de milliers, quand ils sont plusieurs millions, eux comptent des dizaines de milliers. Tout le monde sait que les médias, même en Occident, ne sont pas aussi libres qu’on le pense, ils obéissent aux injonctions de leurs patrons et à l’état quand il s’agit de médias publics. Ce qui est frappant c’est que la non couverture des événements d’Algérie touche la quasi-totalité des médias étrangers. Cela nous fait objectivement penser à une politique concertée de tous ces médias.

La question qui se pose est de savoir les raisons de ce boycott. Taire un mouvement populaire massif avec des revendications précises, passer sous silence les exactions que lui fait subir le régime militaire en place répond à des desseins précis. A-t-on peur de la contagion, que le mouvement fasse tache d’huile un peu partout dan le monde ? Certainement. Sinon comment expliquer qu’on consacre des heurs d’antenne à d’autres événements à travers le monde, Hong Kong, l’Équateur, le Liban et bien d’autres ? L’Algérie est un pays continent, très riche, possédant une infrastructure non négligeable, des millions d’étudiants et des potentialités énormes. Mais le constat amer est que seule une infime minorité des citoyens profite de ces richesses. Les puissances étrangères et leurs multinationales sont les autres gagnantes. Les hydrocarbures profitent à elles. D’autre part, le marché algérien est inondé des marchandises de ces mêmes multinationales, empêchant ainsi l’émergence d’une quelconque industrie.L’explication de ce black out se trouve peut-être là.

**Poursuivre la révolution à tout prix

Aujourd’hui, le mouvement révolutionnaire a atteint un niveau de conscience et de maturité extraordinaires. La mobilisation est exponentielle et pousse le régime dans ses derniers retranchements. La question des détenus d’opinion est devenue centrale, car l’arbitraire de ces arrestations est inacceptable. Il faut augmenter la pression sur le régime, mettre en échec l’élection présidentielle du 12 décembre.

Continuer à faire des vendredis des journées de très grandes mobilisations, notamment le vendredi 1er novembre qui doit constituer un moment décisif, tant le symbole est fort. La mobilisation du 1er novembre doit être d’une telle ampleur qu’envisager la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre apparaîtrait comme une hérésie. La grève générale qui se prépare est un moyen très efficace pour contraindre ce régime militaire à négocier sa sortie.

Face à ce pouvoir têtu, la rue doit non seulement augmenter la pression par tous les moyens possibles et imaginables (grèves, manifestations, concerts de bruits de casseroles, assemblées générales, débats…), mais aussi offrir au peuple une alternative politique crédible, celle qui propose un processus constituant qui va permettre de refonder notre système politique et nos institutions pour aller vers une société où chacun, chacune d’entre-nous trouvera sa place, vivra dans la dignité et la justice sociale. *Mohamed Arroudj / *dzvid.com-24 octobre 2019

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Les forces du PAD appellent à rejoindre la grève générale du 28 octobre

Les forces du Pacte pour l’Alternative démocratique (PAD) appellent à rejoindre la grève générale du 28 octobre 2019 et à sortir massivement le vendredi 1er novembre.

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Nous reproduisons ci-dessous la déclaration des forces du Pacte pour l’alternative démocratique. Document.

Le mouvement citoyen pacifique du 22 février entame son neuvième mois en cette veille de 1er Novembre. Le regain massif de la mobilisation populaire tranche pour le rejet définitif du système autoritaire. Il confirme la détermination des citoyens à édifier, loin de toute tutelle du système et de ses symboles, un Etat civil démocratique régi par l’Etat de droit et consacrant l’effectivité des libertés et droits citoyens et de la justice sociale.

Face à cette révolution populaire démocratique, un pouvoir de fait s’obstine, par la répression, le verrouillage médiatique, la désinformation, à imposer la restauration du régime par le passage en force d’un troisième simulacre de scrutin présidentiel, malgré le rejet populaire massif de cet agenda.

L’instrumentalisation de l’appareil judiciaire ne suffisant plus, le pouvoir veut faire adopter par un Parlement croupion, un amendement levant le contrôle des magistrats sur la police judiciaire et attentant gravement aux principes d’équité et d’indépendance de la procédure pénale. Les poursuites judiciaires seront libérées de toute tutelle des magistrats. La voie est ouverte pour faire du juge l’exécutant forcé d’expéditions policières permanentes contre tout citoyen soucieux d’exercer ses droits.

Au plan externe, le système travaille à l’isolement de la révolution démocratique. Le pouvoir tente de s’assurer le silence des Etats et institutions internationales à coup de concessions économiques et politiques. Il aurait même engagé sa diplomatie pour imposer un embargo médiatique contre l’exigence de liberté de son propre peuple.

Devant le déni de souveraineté fait au peuple par un pouvoir de fait dénué de toute légitimité ou légalité, les forces du Pacte pour l’alternative démocratique réaffirment leur engagement dans les rangs de la révolution citoyenne pacifique en participant activement à toutes les luttes de notre peuple pour consacrer la souveraineté populaire.

Les forces du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD) :
• rejettent la démarche de restauration autoritaire, notamment la mascarade du 12 décembre ;
• exigent la levée de toutes les entraves aux libertés et la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques et d’opinion ;
• dénoncent et condamnent les procès inquisitoriaux organisés contre les otages pris dans le mouvement citoyens ;
• rejettent les projets de loi sur les hydrocarbures et sur la réforme de la procédure judiciaire ainsi que toutes les dispositions de la loi de finances qui engagent l’avenir du pays et le projet scélérat contre les retraités ;
• exigent, avant toute élection, une transition démocratique vouée à un processus constituant souverain ;
• saluent le soutien international des forces démocratiques amies du peuple algérien tout en réitérant leur refus de toute ingérence étrangère.

Les forces du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD) soutiennent et appellent à rejoindre :
• la grève générale du 28 octobre initiée par les syndicats et toutes les marches populaires pacifiques organisées contre le maintien du système autoritaire et de ses clans mafieux ;
• la marche nationale du 1er Novembre prochain pour un renouveau historique de l’esprit de la révolution algérienne de libération afin de concrétiser les aspirations démocratiques et sociales du peuple en libérant le citoyen(ne) et en se réappropriant l’Etat.

Vive l’Algérie libre et démocratique !
Gloire à nos Martyrs !

Alger, le 23/10/2019
Les forces du Pacte de l’Alternative Démocratique

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ABDALLAH DJABALLAH DEPUIS CONSTANTINE

“Toutes les décisions de ce pouvoir sont anticonstitutionnelles”

Même s’il ne le dit pas ouvertement, Abdallah Djaballah se dirigerait vers l’option radicale de rejet de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain. C’est ce que le chef de file du Front pour la justice et le développement (FJD) a laissé entendre hier, depuis Constantine, lors d’une conférence des cadres de ce parti, dédiée à la situation politique actuelle dans le pays, tenue à la maison de jeunes Abdallah-Bouhroum de la nouvelle wilaya déléguée d’Ali-Mendjeli.

Il s’agirait, pour ce leader islamiste, d’un alignement naturel sur le choix du peuple souverain dans son rejet de cette élection, exprimé sans répit chaque vendredi par des millions d’Algériens. D’ailleurs, revendiquant la dénomination de révolution au lieu de hirak au mouvement populaire né le 22 février dernier, Abdallah Djaballah croit que tous les critères et conditions sont réunis dans le cas de figure de l’Algérie, pour que ce soulèvement, de par son envergure, accède au rang de révolution.

“Il est vrai que la révolution nécessite une direction charismatique bien identifiée et une organisation politique, syndicale ou même une alliance pour la soutenir, ce qui n’est pas le cas pour le moment, néanmoins, elle peut se suffire d’une large adhésion populaire qui la légitime en dépit du recul constaté sur le plan de la mobilisation par rapport aux premiers mois de son avènement”, dira-t-il. 

Pour lui, il y a ceux qui considèrent que le problème de l’Algérie réside dans la vacance du poste de président de la République et proposent la solution toute indiquée, celle d’aller le plus vite possible à l’élection présidentielle, alors qu’un deuxième avis estime que c’est une occasion d’entamer un changement radical qui touche à tout, y compris aux référents idéologiques, historiques, culturels et religieux, lesquels seront redéfinis dans une nouvelle Constitution.

L’option qu’il partage et défend au sein du FJD repose, quant à elle, sur le fait que les droits sur la richesse et le pouvoir dans le pays reviennent au peuple qui est la source de toute légitimité du pouvoir et de ses décisions. Partant, “le peuple sorti dans la rue par millions et à travers ce qu’il prône vient, ni plus ni moins, de destituer le pouvoir de toute légitimité, rejetant toute forme de tutorat de quelque parti que ce soit.

Il en découle que toutes les décisions de ce pouvoir sont nulles et non avenues, anticonstitutionnelles et antidémocratiques et que ce pouvoir a, par conséquent, perdu toute légitimité depuis le premier jour où les citoyens sont sortis pour exiger le départ de toutes ses figures. Il ne peut, de ce fait, avoir une quelconque crédibilité que dans le cas où ce même peuple la lui restituerait”, poursuit l’orateur.

C’est pour cela que par “fidélité à ce peuple, à la législation et à l’esprit de la démocratie, nous adhérons à tout ce qu’il revendique car au FJD, ce sont nos convictions et nous ne saurons les trahir”.  Pour preuve, soutient-il, “nous avons préféré ne pas présenter de candidat, estimant en premier lieu que toute réforme nécessite une stabilité politique”. Abdallah Djaballah préfère, en fait, se replacer dans le giron d’une révolution qui séduit en partant du postulat que “la légitimité révolutionnaire annule la légitimité constitutionnelle”, souligne-t-il.

Sa sentence il la prononcera en termes à peine voilés : “Le pouvoir montre une obstination à aller vers ces élections en occultant la voix du peuple qui les rejette considérant que des élections de cet acabit doivent être appréhendées comme une fête et donc acceptées par la majorité qui veut un changement global et non seulement un scrutin, aussi transparent soit-il. Ce qui, hélas, n’est pas le cas.” -  Liberté/  27 octobre 2019

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la révolution à “huis clos”

Cet apparent détachement traduit toute la difficulté pour de nombreux pays de se positionner vis-à-vis d’un pays dont on a décrété qu’il était définitivement anesthésié et où les enjeux, autant économiques que géostratégiques, sont considérables.

Huit mois après l’irruption du mouvement populaire réclamant un changement radical de système, la communauté internationale affiche un regard, du moins formellement, détaché sur la situation du pays. Hormis le Canada qui, par la voix de son ambassadrice à Alger, a affiché, depuis juin dernier, son soutien au hirak et quelques ONG qui ont récemment dénoncé les arrestations d’activistes et de journalistes et la violation des libertés, très peu de capitales ont osé commenter les événements qui se déroulent en Algérie. 

Cet apparent détachement traduit toute la difficulté pour de nombreux pays de se positionner vis-à-vis d’un pays mastodonte dont on a décrété sans doute à tort, dans les salons, qu’il était définitivement anesthésié et où les enjeux, autant économiques que géostratégiques, sont considérables.  Pour s’être laissé aller, en marge d’une récente conférence internationale à Tanger, à une digression sur l’Algérie, l’ancien ministre des Affaires étrangères marocain,  Salaheddine Mezouar, a été sèchement rappelé à l’ordre par son gouvernement. 

Instruits de la sensibilité des rapports et de l’éventuelle exploitation du moindre vocable jugé inapproprié, Paris continue d’afficher un semblant de “neutralité”. “Nous comptons sur le sens des responsabilités des Algériens. Nous pensons que la voie du dialogue doit s’imposer pour trouver les solutions. Il faut que les Algériens trouvent eux-mêmes les voies du dialogue. Ce n’est pas à la France de dire aux Algériens comment il faut faire.

Nous sommes très attachés à l’Algérie et nous souhaitons que les voies du dialogue permettent une solution politique rapide”, avait affirmé Le Drian. Quant à l’Espagne, à l’Italie, à la Chine, à certains pays arabes ou encore à la Russie, ils sont aux abonnés absents. Si toute forme d’ingérence est à rejeter, l’on est forcé de relever cette absence totale, et surtout inhabituelle, de réactions et de commentaires sur la situation en Algérie.

Si à l’évidence, les intérêts économiques, particulièrement le volet énergétique pour le cas de l’Europe, la coopération sécuritaire et la hantise d’une déstabilisation d’un pays à moins de deux heures de vol de Marseille et la peur, en conséquence, d’un flux migratoire, peuvent expliquer la prudence, voire des “accommodements” avec un régime en mal de légitimité, la crainte du “péril vert” demeure un des éléments de la grille d’analyse de nombreux pays, si l’on se fie à certains observateurs. 

Échaudées par l’expérience égyptienne et vigilantes face à l’expérience tunisienne où le mouvement Ennahdha demeure une force non négligeable et rythme la vie politique locale, de nombreuses capitales redoutent l’émergence d’un régime islamiste dont elles considèrent la base en “embuscade”, même si rien ne permet aujourd’hui d’évaluer avec exactitude son poids.  Un argument dont, visiblement, se prévaut Alger.

Mais aussi les accusations d’ingérence dont on connaît la susceptibilité des Algériens sur la question. Passons sur la peur de l’effet contagion qui tétanise de nombreux régimes despotiques, particulièrement arabes.  Pour l’heure, seuls quelques rares médias, confrontés à de drastiques restrictions sur les visas, tentent, autant que faire se peut, de faire écho à la “révolution du sourire”. Une “révolution à huis clos”.
 *Karim Kebir  – Liberté/ lundi  21 octobre 2019

*************************vidéo:

Manifestation marseillaise contre la junte militaire en Algérie – 20 octobre 2019

**Manifestation marseillaise de soutien au peuple algérien réalisée au Vieux-Port contre le système militaire mafieux et corrompu installé par Bouteflika durant les 20 dernières années et le même système maintenu aujourd’hui par son vice ministre de la défense

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Lib%C3%A9rez-les-d%C3%A9tenus-politiques

Nous sommes tous des détenu (es) politiques :

     libérez la dignité !

La solidarité du hirak avec les victimes de la répression se poursuit avec plus de vigueur et de détermination. La campagne pour la libération des détenus du hirak s’emballe. Nous reproduisons ci-dessous cet appel lancé sur le groupe Algérie Debout.

Le groupe « Algérie Debout ! » a fait le pari de réunir plusieurs pans de la société en un laps de temps très court.

Artistes, militants politiques, journalistes, avocats, activistes, familles des détenus, inconnu(e)s du grand public mais tous citoyens impliqués et engagés dans la Révolution pour une Algérie libre et démocratique, une Algérie debout.

Main dans la main, unis pour une cause, celle des justes et des dignes, unis pour la libération des détenus d’opinion.

Aujourd’hui c’est eux, demain cela sera peut-être vous. Rejoignez-nous ici, par une photo, un mot, un hashtag et nous vous publierons sur ce post.

Unis aujourd’hui, vainqueurs demain !

Merci à tous ceux qui ont accepté cette initiative, merci à ceux qui vont nous rejoindre !

Partagez ce post, faites savoir au monde entier qu’ici des innocents sont en prison. Libérez les détenus politiques, ils sont notre dignité !

Sofiane Benyounes, fondateur du groupe Algérie Debout

Avec Amel Zen, Hamidou (Ahmed Takdjout), Kamel Abdat, Hadj Ghermoul, Amine Chibane, Khaled Rochedi Bessaih, Sifaoui Karim , Lazhari Labter, Aouicha Bekhti, Hay Zed (Hayet Zerouk), Mounia Lazali, Fadila Nacer Messouci, Mina Lachter, Sabrina Draoui, Hadjer Messaoudi, Rania Hadjer, Lina Sobhi, Ahmed Djedai, Karim Rimka, Zahir Moulaoui, Adila Bendimerad, Karim Abranis, Ramdane Youssef Tazibt, Hanane Semane, Hocine Gasmi, Souad Leftissi, Sab Thelleli, Nabila Bel, Soupçon d’Art .

**dzvid.com-25 octobre 2019

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Appel à une mobilisation massive pour le 1er novembre

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Les collectifs de notre diaspora en France, qui ont l’habitude d’occuper la place de la République tous les dimanches après-midi, ont mis l’accent, lors de leur rassemblement d’hier, sur la nécessité pour les Algériens de la région parisienne de participer nombreux à la marche, prévue vendredi prochain, pour le départ du système.

Le défilé qui aura lieu de 14h à 18h, entre la place de la République et la place de la Bastille, sera coordonné par 26 organisations, collectifs, comités et partis politiques. Il se déroulera simultanément avec les marches qui auront lieu le même jour en Algérie et dans d’autres pays du monde, où se trouvent des expatriés algériens. Quatre objectifs ont été assignés au défilé parisien.

Ses initiateurs demandent l’annulation de la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre, la libération immédiate et sans condition des détenus d’opinion, le départ du système et de ses symboles, ainsi que la mise en place d’une période de transition avec un processus constituant en vue de refonder l’État et les institutions sur des bases démocratiques.

“Faisons de la marche du 1er novembre un moment historique et un tournant décisif dans la mobilisation de la diaspora algérienne en France en faveur d’un changement radical, pacifique et démocratique”, soulignent les 26 organisations dans un appel publié ces derniers jours. Pour assurer un afflux important de marcheurs, beaucoup de collectifs tablent sur la communication. “Nous devons montrer au régime, mais aussi au monde que notre détermination n’a pas faibli.

Pour être entendus, il faudra néanmoins que nous soyons nombreux. Venez en famille, avec vos enfants, vos parents, vos amis. Ne laissons pas le régime faire croire que nous sommes une minorité”, a souligné un des animateurs du collectif Debout l’Algérie, lors du rassemblement d’hier.  Dans l’appel au défilé, les rédacteurs rappellent qu’“il y a 65 ans, le peuple algérien avait suscité l’admiration du monde entier en brisant le joug du colonialisme pour arracher son indépendance”. 

“Aujourd’hui, poursuit le même texte, le peuple algérien répond par une mobilisation pacifique face au système arbitraire mis en place après 1962, par un coup de force de l’état-major contre le GPRA, et qui utilise tous les moyens de répression — intimidations, arrestations, condamnations à de lourdes peines — pour casser le mouvement populaire et réussir un passage en force institutionnel.” 

Il est bon de préciser que la préfecture de police de Paris, qui délivre chaque semaine les autorisations pour les rassemblements du dimanche place de la République, a déjà donné son accord pour la marche de vendredi prochain. Pour éviter d’éventuels débordements, les organisateurs mettront en place leur propre service d’ordre. Un appel a d’ailleurs été lancé pour la présence de bénévoles sur le parcours de la manifestation.
 * De Paris : Samia Lokmane-Khelil -  Liberté- lundi 28 octobre 2019

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*Sous pression de toutes sortes, la presse algérienne peine à remplir sa mission

Trois ONG ont alerté, en cette fin de semaine, sur plusieurs dépassements enregistrés en Algérie, en rapport avec la liberté de la presse et du culte. Reporters sans frontières (RSF), qui s’est montrée, ce jeudi, inquiète quant au “contexte politique assez instable”,  a jugé que “la liberté de l’information en Algérie demeure fortement menacée”. 

“Les autorités continuent à verrouiller le paysage médiatique avec de nombreux procès intentés contre des journalistes. Sous pression judiciaire, la presse algérienne peine à remplir sa mission”, lit-on dans un communiqué rendu public par l’ONG sur son site internet. 

RSF, qui rappelle que déjà “au cours de l’année 2018, le pays a connu une vague d’arrestations de journalistes sans précédent pour des articles jugés diffamatoires”, relève également que “depuis le début du mouvement de contestation en février 2019, les journalistes algériens ne cessent de réclamer leur droit à couvrir librement l’actualité politique de leur pays”. 

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une ONG américaine basée à New-York, a dénoncé, elle aussi, mercredi, le  “harcèlement des journalistes couvrant les manifestations contre le gouvernement”.  “Les autorités algériennes doivent libérer immédiatement et sans condition le journaliste Bendjama Mustapha (libéré jeudi, ndlr), ainsi que tous les autres journalistes arrêtés ces derniers mois”, a indiqué Sherif Mansour, coordinateur du CPJ pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dans un communiqué publié sur le site électronique de l’ONG. 

S’agissant de la liberté de culte, Human Rights Watch a souligné, dans un communiqué publié mercredi aussi, qu’“en Algérie, la récente fermeture de trois églises protestantes et l’assaut lancé par la police contre les fidèles d’une église sont les derniers exemples en date de la répression qu’endure cette minuscule minorité religieuse dans ce pays”.  Human Rights Watch estime ainsi que “le gouvernement devrait immédiatement rouvrir ces églises et s’engager publiquement à protéger la liberté de culte pour toutes les communautés confessionnelles en Algérie”. 

“Les autorités algériennes devraient accorder aux minorités religieuses la même liberté de pratiquer leur culte qu’à la majorité musulmane” et “toutes les églises qui ont été fermées de manière arbitraire devraient être autorisées à rouvrir”, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.- Liberté/ samedi  26 octobre 2019

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Pétrole algérien, la grande braderie

“Ohé! Ohé! Venez, accourez ! Ici on brade !” C’est ce que l’on entend dire ces jours-ci en Algérie; la presse ne parle que de ça. Mais au fait, on brade quoi ? La ressource qui fait vivre 40 millions de personnes, le pétrole !

On nous dit que la nouvelle loi sur les hydrocarbures a été approuvée par le Conseil des ministres. En deux temps, trois mouvements. Quelles sont les dispositions de cette loi qui attireront les investisseurs étrangers ? On ne nous le dit pas. Le communiqué émis à l’issue de la réunion du Conseil ne mentionne que quelques généralités. Il ne faut pas que le peuple sache à quel prix on brade les richesses pétrolières du pays. La presse nous annonce que Sonatrach réclame d’urgence une nouvelle loi. De qui, au sein de Sonatrach, émane cette demande ? On ne le sait pas non plus, l’appel est anonyme. On ne va quand même pas nous faire croire que c’est le P-DG de la compagnie nationale qui a imposé au président de la République l’examen et l’approbation en express de cette loi ? Qui est alors ce haut responsable qui pousse à mettre très vite en place cette loi ? Celui qui assumera demain les conséquences de cette nouvelle législation ? Est-ce Bensalah ? Gaïd Salah ? Bedoui ? Le ministre de l’Énergie ? En vertu de quel pouvoir ont-ils fait examiner et approuver un texte de loi portant sur une ressource vitale pour le peuple algérien ? Le pétrole n’est pas leur propriété personnelle, il appartient aux générations, actuelle et à venir, d’Algériens. Aux termes de la constitution, dont se prévaut tellement le chef de l’État – le réel pas l’officiel – ils sont tous illégitimes. Ils n’ont donc pas le droit de prendre une telle initiative. Même le jour où nous aurons un président de la République librement élu par un peuple qui aura acquis son indépendance, il faudra faire renaître de ses cendres ce fameux Conseil supérieur de l’énergie que ce président devra systématiquement consulter pour chaque décision concernant le secteur. Non, Monsieur Gaïd Salah, non Monsieur Bensalah, vous n’avez pas le droit de mettre ainsi entre les mains des Sept Soeurs la vie et l’avenir de millions d’Algériens. Vous n’avez ni la légitimité juridique, ni les compétences voulues pour prendre, de concert avec ces hydres, une telle décision. Occupez-vous de régler vos problèmes avec Tliba et avec le fantôme de Tewfik que vous voyez partout.

Le chef d’état-major nous rappelle sans cesse que l’élection présidentielle devrait avoir lieu dans deux mois et affiche un optimisme béat quant au résultat; d’après lui l’Algérie aura un nouveau président d’ici la fin de l’année. Je rajoute ma petite voix à celles des millions de personnes qui battent le pavé tous les mardis et vendredis depuis huit mois et qui lui répondent qu’il n’y aura pas d’élections avec la bande. Si nous devions néanmoins, pour les besoins de l’exercice suivre son raisonnement et vu qu’il est absolument certain de réussir à nous imposer le 12 décembre prochain un Bouteflika bis, pourquoi n’attend-il pas alors l’arrivée de “son président” pour lui faire valider cette loi ? En réalité, c’est parce qu’il sait que les choses ne se passeront pas comme il l’imagine, qu’il cherche à prendre tout le monde de vitesse. Une petite voix me dit qu’à vrai dire, il obéit aux ordres d’une puissance étrangère, mais je n’ose pas y croire. L’affaire prendrait alors une autre dimension; ce serait une forfaiture. Bouteflika avait lui franchi le pas et s’apprêtait à céder les hydrocarbures aux entreprises américaines, n’eût été l’opposition exprimée par différents experts et organismes nationaux, voire internationaux (1).

Le ministre de l’Énergie vient de nous rappeler, le 8 octobre, c’est-à-dire après le passage en Conseil des ministres, ce qui nous avait été déjà clairement annoncé en avril dernier, à savoir que la refonte de la loi sur les hydrocarbures s’était faite sur la base d’une large concertation avec les partenaires et les experts. Rien que cela ! À la même époque, Abdelmoumen Ould Kaddour, P-DG de Sonatrach se flattait d’avoir fait appel à des firmes américaines et d’avoir pris attache des grandes multinationales qui devaient, selon lui, débarquer en masse en Algérie. Au risque de me répéter, je dirais encore une fois, comment est-ce possible que 56 ans après la création de Sonatrach, il faut aller demander à Exxon-Mobil, Chevron ou Total quels sont ces “assouplissements” qu’elles souhaiteraient voir figurer dans la loi sur les hydrocarbures ? Que voulez-vous qu’elles vous disent si ce n’est que leur unique motivation est de s’accaparer des réserves pétrolières du pays, que vous adoptiez donc le système des concessions, que vous les fassiez bénéficier de la fiscalité la plus douce possible et qu’elles jouissent d’une liberté totale quant au choix du mode d’exploitation ? Aussi, pour faire passer plus facilement la pilule on nous dit que le Conseil n’a approuvé que l’avant-projet2. Il faut croire que le Hirak fait vraiment peur au pouvoir qui, se sentant coupable, cherche à maquiller la réalité.

Venons-en maintenant à la question fondamentale. Pourquoi faire appel à des étrangers pour élaborer notre loi sur les hydrocarbures ? N’a-t-on pas des juristes, des ingénieurs, des financiers et des fiscalistes capables de “pondre” un nouveau texte qui répondrait aux besoins et aux intérêts du pays ? Nous en avons eu au lendemain de l’indépendance, alors que le pays était exsangue financièrement et en cadres supérieurs, après une guerre de libération qui a duré sept années et demie, nous en avons eu jusqu’en l’an 2000 et je suis certain que nous en avons encore, mais hélas Chakib Khelil et Ould Kaddour sont passés par là. Le premier avait fait appel dès son installation à ses copains mafieux américains auxquels il avait confié l’avenir de tout un peuple; quant au second on a vu ce qu’il a fait au sein de BRC qu’il avait transformée en antenne de la CIA et en pompe à finances de Kellogg-Brown & Root avant de continuer sur la même voie à Sonatrach.

Le ministre de l’Énergie vient de nous donner quelques informations supplémentaires sur cette loi qui, bien que vagues n’en donnent pas moins froid au dos. Il ose dire que l’un des trois types de contrats qui y figurent est celui du contrat de concession. Concession, du verbe concéder. Dans tout dictionnaire de la langue française, vous trouverez que concéder signifie, accorder, céder, donner, octroyer. L’État va donc donner au concessionnaire une parcelle de terrain sur laquelle tout ce qu’il y découvrira, lui appartiendra. En cas de découverte de pétrole, il devient donc propriétaire des réserves que contient le gisement et non pas des quantités produites uniquement. Afin d’illustrer le débat, je voudrais citer ici une péripétie survenue lors des négociations algéro-françaises qui avaient précédé la nationalisation du 24 février 1971. Le gouvernement français nous avait proposé de nous céder 51% des intérêts détenus par toutes les compagnies françaises à travers le Sahara, de les concentrer toutes sur le gisement de Hassi Messaoud et, moyennant un complément financier, faire en sorte que ce champ appartienne en totalité à des intérêts français. Le but de la manoeuvre était clair : la France reprenait possession du plus grand gisement pétrolier algérien qui devenait ainsi une portion de territoire français au coeur du Sahara. Pour le récupérer, l’État algérien devait soit le racheter au prix exigé par la France, dans la mesure fort improbable où elle accepterait de le revendre, soit l’occuper militairement et entrer donc à nouveau en guerre contre l’ex-colonisateur. Je signale au passage que Bouteflika qui était en charge de ces négociations était d’accord sur cette proposition alors que ce que nous exigions c’était de prendre 51% de participation sur chaque champ. Est-ce cela ce que nous propose le pouvoir illégitime actuel ?

Nous venons d’apprendre également qu’Alnaft a décidé d’associer le géant pétrolier Exxon-Mobil à l’évaluation du potentiel pétrolier national, après avoir signé le même accord avec l’Eni, Total et le norvégien Equinor. On sollicitera plus tard bien entendu, ces mêmes compagnies dans le but de leur accorder une ou plusieurs parcelles pour la recherche, si ce n’est pour leur céder des gisements existants. Vous avez donc un coffre qui contient de très beaux joyaux, vous ramenez un intrus, vous les lui montrez avant de lui demander lequel voudrait-il que vous lui concédiez. N’oublions pas que ces compagnies détiennent pour certaines – Exxon-Mobil certainement, voire Total – un pouvoir supérieur à celui des grandes puissances mondiales et que dans le monde pétrolier tous les coups sont permis. Que voulez-vous qu’elles vous disent après que vous ayez étalé devant elles vos richesses ? Pensez-vous qu’elles vont vous fournir un avis équitable, réellement neutre ? Il n’y a pas de neutralité, ni d’indépendance, ni de place pour les sentiments dans ce monde de requins; il n’y a que des intérêts. Il est certain que leurs jugements ne tiendront compte que de leurs propres intérêts. D’autant plus qu’elles sont juges et parties, puisque dans une seconde phase vous allez leur demander de choisir la parcelle qui les intéresse. C’est la voie ouverte à toutes les magouilles, à tous les trafics, à la corruption “légalisée” que propose ce pouvoir intérimaire algérien. Il a décidé que le choix des attributaires sera biaisé, puisque seules les parcelles les plus “chaudes” seront choisies. Selon cette logique, la partie occidentale du Sahara et le nord du pays demeureront à jamais inexplorés. Tout comme vous favoriserez la propagation de la corruption car pour obtenir une de ces parcelles certains sont prêts à verser des pots-de-vin. Et, ils trouveront malheureusement preneur. Les heureux élus utiliseront les informations qu’ils auront récoltées comme bon leur semblera : pour éliminer les concurrents, surtout ceux qui pourraient faire de meilleurs offres que les leurs, pour les revendre à prix d’or, s’ils le veulent, etc. Ceci en sus du fait que se lancer dans une telle surenchère avec d’autres producteurs n’est pas la meilleure façon de resserrer les rangs de l’OPEP.

On ne sait toujours rien de précis au sujet du rachat par Total à Occidental Petroleum (Oxy) des actifs d’Anadarko en Algérie. Le ministre de l’Énergie avait d’abord annoncé, il y a quelques temps, que l’État allait exercer son droit de préemption et acquérir donc ces actifs. Puis, silence radio, si ce n’est de la langue de bois et des grands mots vides de sens, tels que “la volonté indéfectible de Sonatrach et Total … un partenariat pragmatique … etc, etc.” Il faut avoir à l’esprit qu’il s’agit du rachat par Total des blocks 404a et 208 et d’une participation de 24,5% dans le bassin de Berkine qui se rajouterait aux 12,25% que le groupe y détient déjà. Avec près de 37% de participation sur les champs de Hassi Berkine, Ourhoud et El Merk, Total devient un producteur majeur de pétrole algérien et acquiert le droit d’exploiter trois gisements, parmi les plus gros producteurs du pays, comme bon lui semblera. La presse nous dit que la transaction Total – Oxy aurait pris de court le gouvernement. Voilà donc une opération au cours de laquelle une firme pétrolière, Anadarko, présente en Algérie depuis plus d’une vingtaine d’années qui, par chance ou grâce à “l’assistance d’une âme bien intentionnée”, y avait décroché le gros lot, qui cède ces intérêts à une autre entreprise, laquelle les revend à Total, sans que l’État algérien ne soit au courant de quoi que ce soit. Incroyable ! Ce ne sont quand même pas des billes qui sont passées d’une main à une autre; il s’agit des gisements pétroliers les plus prolifiques du pays après Hassi Messaoud ! Ce n’est qu’une fois que l’opération a été pratiquement finalisée que le ministre de l’Énergie annonce que l’État exercera son droit de préemption avant de faire marche arrière. Nous ne devrions pas tarder à connaitre la vérité, mais il faut s’attendre au pire, car “on négocie”; or le droit de préemption ne se négocie pas. Pourquoi en est-on arrivé là ? Probablement parce qu’Anadarko, a usé de son droit de concessionnaire en vendant ce qu’elle considérait être sa propriété. Voilà le type de situation auquel l’Algérie risque de faire souvent face à l’avenir si elle devait inclure le contrat de concession dans la nouvelle loi sur les hydrocarbures.

Penchons-nous maintenant sur le timing de ce remue-ménage. Grâce à la puissance du Hirak, il a été mis fin au règne du pire des présidents que l’Algérie ait eu, mais les méthodes et les hommes qu’il nous a légués sont toujours là. Nous vivons, depuis la nomination de Abdelmoumen Ould Kaddour, un remake des années Khelil; les grosses multinationales pétrolières sont en train de reprendre en mains les richesses en hydrocarbures du pays, grâce à la complicité du régime. On parle, en effet, de la révision de la loi sur les hydrocarbures depuis que le prix du baril de pétrole a commencé à chuter en 2010/2011, une révision devenue brusquement urgente en 2019. Les mafieux qui nous gouvernaient avaient constaté que la rente sur laquelle était bâti le régime était en train de fondre. Puis la panique les avait saisis, en novembre 2014, quand l’Arabie Saoudite avait imposé sa loi à tous les autres pays de l’OPEP. Ils avaient alors tenté la création d’une nouvelle rente, celle du gaz de schiste, mais ça n’a pas marché grâce à la résistance des valeureux habitants d’In Salah. L’inondation du marché par le pétrole de schiste américain, le coût de production élevé du baril de pétrole algérien et les dispositions catastrophiques de la loi laissée en héritage par Chakib Khelil, ont eu pour conséquence qu’aucun investisseur étranger n’était attiré par l’Algérie. C’est alors qu’on a ramené celui qui a fait de la prison pour intelligence avec une puissance étrangère Ould Kaddour et sa bague de Souleymane. Quelle solution lui a soufflée cette bague ? La même que celle de Khelil, brader le pétrole algérien, le céder aux majors à leurs conditions.

D’où cette autre question qui me taraude, celle de savoir pourquoi une telle urgence ? Pourquoi vouloir aussi brusquement prendre une décision dont il est question depuis si longtemps ? Pourquoi chercher à imposer, dans les circonstances actuelles, une loi scélérate à un peuple qui ne cesse de dire depuis huit mois Yetnahaw gaa ? Il n’y a qu’une seule réponse à cette question : ce pouvoir, illégitime, veut profiter de cette période trouble pour imposer les desiderata de ses maîtres. Ces avatars de Bouteflika ont bien retenu l’enseignement qu’il leur a prodigué : il faut écouter la voix de son maitre, une voix qui se trouve quelque part entre Washington et Paris. Ils veulent aussi donner l’illusion au peuple – et probablement à eux-mêmes – que le pays va bien, que l’argent rentre dans les caisses de l’État. Je ne cesserai de répéter qu’il n’appartient pas à un président, intérimaire de surcroît, malade, incompétent, totalement éteint, qui s’est retrouvé par un concours de circonstances à la tête de l’Algérie, obéissant au doigt et à l’oeil à un général, tout aussi incompétent que lui, tout aussi illégitime que lui et obnubilé par des règlements de comptes qui le guident dans toutes ses actions, je ne cesserai donc de répéter qu’il n’appartient ni à l’un, ni à l’autre de prendre une décision qui engage l’avenir de plusieurs générations d’Algériens. Il faudra demain, une fois que le peuple aura arraché son indépendance des mains de cette camarilla, graver cela dans le marbre; il faudra qu’il soit dit dans la constitution que les hydrocarbures sont la propriété du peuple et qu’aucun président, aussi compétent et intègre qu’il puisse être, ne peut prendre seul une quelconque décision dans ce domaine (3).

On nous fournit par ailleurs une masse de chiffres pour nous convaincre de la nécessité pour Sonatrach de recourir systématiquement au partenariat étranger pour le développement de ses activités, un choix qu’elle qualifie de stratégique. Travailler en partenariat avec une firme, qui dans tous les cas de figures ne peut être qu’étrangère, c’est bien, mais il faut faire du cas par cas. Ce qui est grave dans cette option, c’est qu’elle confirme que l’on ne peut rien faire dans le secteur pétrolier sans le recours à l’étranger. Si l’on résume, nous ne sommes, en effet, pas en mesure de faire notre loi sur les hydrocarbures sans l’assistance de l’étranger. Tout comme nous n’avons pas les capacités pour évaluer notre potentiel pétrolier, nous devons faire appel à Exxon-Mobil, Total et tutti quanti. Nous ne sommes pas capables non plus d’exploiter nos ressources pétrolières sans une intervention de l’étranger. Que faut-il penser de tout cela ? Hé, ho ! Nous ne sommes pas à la date de la création de Sonatrach, nous sommes en 2019, 56 ans après. Veut-on nous faire croire qu’il n’y a que des bras cassés au sein de l’entreprise nationale ? Il est vrai que les bons ont été chassés ou marginalisés par Khelil, mais il en reste encore très probablement. Il faut tout simplement leur faire confiance.

Je terminerai mon propos en disant qu’il faut croire en le génie du peuple. Ce n’était hélas pas la politique de Bouteflika qui voulait faire des Algériens des assistés permanents; il fallait leur faire comprendre qu’ils devaient la satisfaction de tous leurs besoins au régime, c’est-à-dire à lui. Mais Bouteflika n’aimait pas son peuple. Son ego démesuré, le complexe de supériorité qui l’habitait faisaient qu’il a toujours considéré ses compatriotes comme des sous-hommes. Il l’a d’ailleurs dit lors d’un de ses discours aux citoyens présents : “J’ai toujours pensé que vous étiez des géants, mais vous n’êtes que des nains”; il a également interpellé ses comparses au sein du pouvoir, les généraux, en ces termes : “Je pensais que vous étiez des lions, alors que vous n’êtes que des petits chats.” Bouteflika est parti, mais ses hommes sont encore là. C’est cela aussi le grand changement que nous apportera le Hirak; il chassera l’état d’esprit que Bouteflika a cherché à inculquer aux Algériens, qui prévaut toujours chez Gaïd Salah et ceux qui l’entourent, celui d’en faire une masse amorphe d’individus qui ne réfléchit pas, qui doit exécuter tout ce que lui concoctent quelques gradés au fond d’une caserne et qui leur doit tout, y compris sa survie.

**Hocine Malti

Ingénieur des pétroles, a participé à la création de la Sonatrach, dont il a été vice-président de 1972 à 1975. Conseiller du secrétaire général de l’OPAEP (Koweït) de 1975 à 1977, puis directeur général de l’Arab Petroleum Services Company (Tripoli) jusqu’en 1982, il est aujourd’hui consultant pétrolier.

Notes

1 L’UGTA avait, dans une première phase, menacé de déclencher une gréve illimitée si la loi était adoptée. Voir par ailleurs “Réflexions sur l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures”, Hocine Malti, Le Quotidien d’Oran, 24/26 novembre 2002
2 Chakib Khelil avait déjà adopté la même tactique en 2002, faisant passer la loi qu’il avait faite élaborer par un bureau d’études américain pour un avant-projet seulement.
3 Voir “Assiste-t-on à un remake de la période Khelil”, Hocine Malti, Algeria Watch, Le quotidien d’Algérie et le blog de l’auteur sur Mediapart, le 8 avril 2019.

**Algeria-Watch

*paru dans le site: oumma.com - dimanche 20 octobre 2019

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*35e mardi de manifestation des étudiants contre le système

Les étudiants soutiennent les détenus d’opinion

“Nos enfants ne sont pas des bandits !”

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Les étudiants, accompagnés de milliers de citoyens, ont investi, une nouvelle fois les rues de la capitale, pour le 35e mardi de manifestation contre le système.

Comme à l’accoutumé, les manifestants ont entamé leur marche à partir de la Place des Martyrs, dès 10h, et les premiers slogans qu’ils ont entonnés expriment leur rejet des élections présidentielles du 12 décembre prochain : « Makach el intikhabte », « had l’aâm makach el vote ».

Pour ce 35e mardi de mobilisation estudiantine qui coïncide avec le jour du procès de six détenus d’opinion, les manifestants ont tenu à se rendre au tribunal de Sidi M’hamed, mais une fois arrivés à la place de l’Emir Abdelkader, un cordon sécuritaire a été déployé afin de les empêcher de descendre. Les manifestants ont alors poursuivi leur marche en scandant « libérez les otages ! » ou encore « libérez les détenus, ils n’ont pas vendu de cocaïne ! ».

Ce 22 octobre boucle également les 8 mois du mouvement populaire et correspond à la journée nationale de la presse, à cette occasion, les manifestants n’ont pas manqué de scander des slogans pour exiger une « presse libre et une justice indépendante ».

Enfin, tout le long de la manifestation, les protestataires ont appelé à une forte mobilisation le 1er novembre.

* – Liberté/ mardi  22 octobre 2019

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*L’Union nationale des Ordres des avocats a appelé à une marche nationale le jeudi 24 octobre 2019 à Alger

ME SALAH BRAHIMI, BÂTONNIER À TIZI OUZOU, À “LIBERTÉ”

“Jeudi, nous marcherons pour dénoncer les atteintes aux libertés”

L’Union nationale des Ordres des avocats a appelé à une marche nationale le jeudi 24 octobre 2019 à Alger. Cette manifestation, qui n’est pas la première du genre, se veut un cri de colère des robes noires contre les atteintes répétées à la liberté d’expression et de manifestation. Membre actif de l’Unoa, Me Salah Brahimi évoque cette marche pour les lecteurs de “Liberté”.

Liberté : À l’appel de l’Union nationale des Ordres des avocats (Unoa), une marche nationale des avocats est prévue pour ce jeudi, à Alger. Vous attendez-vous à une mobilisation conséquente de la corporation ?
Me Salah Brahimi : La décision d’organiser la marche du 24 du mois en cours a été prise le 6 juillet dernier à Béjaïa, lors de l’assemblée générale extraordinaire des barreaux et fait suite à  plusieurs marches et actions au compteur de la corporation d’avocats. Ce n’est pas la première initiative de ce genre. Les 21 barreaux d’Algérie ont déjà participé à une marche nationale aux mois de mars et juillet derniers pour soutenir le peuple dans ses revendications légitimes.

Bien entendu, pour cette fois encore, on s’attend à une grande mobilisation des avocats, à l’instar des marches des citoyens les vendredis qui, au bout de huit mois de hirak, ont pris plus d’envergure. À travers notre marche, on veut aussi dénoncer les atteintes aux libertés d’expression et de manifestation, ainsi que les entraves à la libre circulation des Algériens à l’intérieur du territoire national.

Redoutez-vous des difficultés d’accès à la capitale ?
Je ne crois pas, parce que le flux n’est pas comparable à celui des vendredis. Le problème va se poser, en revanche, une fois à Alger. Lors de notre dernière marche nationale, les services de sécurité ont entravé la progression du cortège des avocats. Pour des raisons tactiques, l’itinéraire, cette-fois-ci, sera déterminé à la dernière minute. Soit la marche démarrera du tribunal de Sidi M’hamed, soit de la Grande-Poste. Vers où ? On avisera sur place.

Quel message espérez-vous transmettre à travers cette marche ?
Nous voulons un changement radical du système, l’instauration d’un État de droit et une république au sens propre du terme. Nos précédentes actions ont déjà eu un impact positif. Les cinq chambres d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed viennent de rendre des ordonnances de renvoi vers des sections correctionnelles.  Cela signifie que les procès des détenus d’opinion seront programmés au fur et à mesure. Le premier procès se tiendra d’ailleurs aujourd’hui. Nous espérons, bien entendu, l’élargissement des 80 détenus politiques, car l’article 79 (atteinte à l’unité nationale), sur la base duquel la plupart ont été arrêtés, ne tient pas la route.

D’autant que dans des affaires similaires, d’autres tribunaux à travers le pays ont ouvert le chemin de la relaxe. Pour nous, ces ordonnances de renvoi vers des sections correctionnelles sont une victoire du droit sur l’abus. Surtout, si l’on prend en considération le poids de longs mois d’emprisonnement sur les détenus et leurs familles. Car tout le monde sait que ces arrestations ont été opérées pour faire pression et ébranler la volonté populaire. Je pense aussi que cette décision fait suite à la menace des robes noires de recourir à un boycott illimité des audiences, à travers tout le territoire national.

L’Union nationale des Ordres des avocats a décidé d’installer une commission chargée d’encadrer les collectifs d’avocats des détenus d’opinion ? Étant un de ses membres, pouvez-vous nous dire exactement comment se déclinera sa mission ?
C’est pour mieux organiser et préparer la défense. Il s’agit notamment d’apporter un équilibre dans les collectifs de constitution et veiller à assurer une défense à tous les détenus d’opinion. Cette commission aura, en outre, pour tâche d’éviter la contradiction dans les plaidoiries et les mémoires déposés. Car, je vois mal un avocat réclamer les circonstances atténuantes, alors que l’on a convenu au sein des barreaux d’exiger la relaxe.*Liberté/ mardi  22 octobre 2019

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* dépolitiser le grade de général. Une nécessité politique pour la survie de la nation

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La mobilisation du dernier vendredi a été aussi massive et déterminée que les fois précédentes dans les villes du pays. Malgré cela, les généraux restent droits dans leurs bottes, considérant cette protestation populaire comme un non-événement.

Pourquoi les généraux sont-ils dans un tel déni ? La réponse est à chercher dans la nature du régime algérien dans lequel le grade de général est une fonction politique. Le général algérien est un homme politique qui porte une tenue militaire. Ceci n’est vrai que pour le grade de général, car le colonel, le commandant, le capitaine… ne sont impliqués en aucune manière dans la vie politique.

Lorsqu’il accède au grade de général, sur la base de considérations politiques, l’officier supérieur rejoint le club fermé des décideurs qui exercent la souveraineté nationale au nom du peuple. Ils se réunissent en conclave, comme les cardinaux catholiques à Rome, pour désigner le président, et donnent mission à la police politique pour choisir les députés et les maires.

C’est à l’ombre de ce système que de nombreux généraux ont commis de graves violations de droits de l’homme et ont porté atteinte à l’économie nationale en détournant des sommes colossales. Il en a été ainsi parce que les généraux n’ont pas d’autorité politique au-dessus d’eux à laquelle ils rendraient compte en cas de violation de la loi. La hiérarchie militaire en Algérie n’a pas de chef politique depuis la mort de Boumédiène. Le mouvement de protestation, qui a débuté le 22 février 2019, est révolutionnaire dans la mesure où il cherche à dépolitiser le grade de général et à soumettre la hiérarchie militaire à une autorité civile issue des urnes.

C’est à cette perspective que les généraux résistent car ils ne veulent pas de chef civil. S’il n’y a aucune raison qu’un imam s’implique dans les élections, il n’y a alors aucune raison aussi qu’un général désigne le président. Pour que la rue, la mosquée, le stade de football, l’université, les syndicats… se dépolitisent dans ce sens, il faut d’abord dépolitiser la hiérarchie militaire.

La politique doit être l’activité officielle et régulière des partis et de l’Assemblée Nationale. La traduction du slogan « yetnahaw ga3 » en science politique est : dépolitiser le grade de général. Une nécessité politique pour la survie de la nation.

*Par  i

*dzvid.com-samedi 19 octobre 2019

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Algérie : une élection vide de sens

Manifestation à Alger, le 18 octobre.

Le Monde - Editorial.- mardi  22 octobre 2019
Alors que la présidentielle du 12 décembre aurait dû constituer l’aboutissement d’une transition démocratique, le scrutin prend des allures de parodie.

 L’Algérie parviendra-t-elle à tourner la page de l’autoritarisme de façon pacifique ? Pour un pays qui a souvent avancé par à-coups violents, le défi est immense et l’occasion historique. Depuis maintenant huit mois, les manifestations non violentes se multiplient contre le pouvoir mis en place il y a vingt ans par Abdelaziz Bouteflika, le président déchu. De celui-ci ne restent aujourd’hui que des oripeaux dont les représentants sont impuissants à comprendre le sens de l’histoire et à appréhender les aspirations d’une population excédée par l’infélicité dans laquelle le régime a plongé l’Algérie.

L’élection présidentielle du 12 décembre aurait dû constituer l’aboutissement du processus démocratique. La façon dont le scrutin est organisé ne crée pas les conditions d’une transition réelle, légitime et transparente vers un accord politique global.

La bureaucratie et les lobbys inféodés au pouvoir ont encore assez d’influence pour tenter de maintenir l’existant à rebours des revendications de la rue. Les vieux réflexes restent les mêmes, même si la pression populaire a obligé le système à adapter son discours. Mais, dans un climat de défiance généralisée vis-à-vis du pouvoir, celui-ci est devenu inaudible.

Au lieu de s’inspirer de l’écho du Hirak, le mouvement populaire, pour tenter de donner de nouvelles perspectives à une Algérie qui en manque tant, l’armée, désormais en première ligne, ne cherche qu’à le neutraliser. Vouloir perpétuer un système qui a échoué et contre lequel les Algériens sont désormais vaccinés n’aboutira qu’à radicaliser le mécontentement.

L’élection qui se profile prend des allures de parodie démocratique, dans laquelle les ex-ministres du président sortant font mine de participer à une compétition qui n’a qu’un but : faire émerger une personnalité du sérail pour que rien ne change véritablement. Tant que la presse subira des pressions permanentes pour diffuser la bonne parole du pouvoir, tant que des arrestations arbitraires et une justice d’exception perdureront, tant que le pouvoir actuel n’acceptera pas de laisser le processus électoral se dérouler librement, les conditions de la désignation d’un nouveau président légitime ne seront pas réunies.

Dans ce contexte, le scrutin du 12 décembre risque d’aboutir à une élection vide de sens avec un taux de participation ridiculement bas. Le nouvel élu sera fragilisé, rendant le pays ingouvernable.

Ce qui fait la force de ce mouvement, c’est qu’il ne s’agit pas d’une révolte sociale ou catégorielle jetant dans la rue une partie des Algériens contre une autre. Il s’agit d’un élan qui mêle jeunes et vieux, classes populaires et plus aisées. Face à cette masse et à cette diversité, le pouvoir aura les plus grandes difficultés à jouer la division pour maintenir un statu quo illusoire.

Si les tenants du système imaginent qu’un retour à la situation ante est encore possible, ils se trompent lourdement. Les Algériens ne manifestent pas depuis huit mois pour obtenir des réformes à la marge avec ceux qui les ont conduits à la situation actuelle. L’immense majorité demande une remise à plat de la redistribution des richesses nationales, veut remettre la souveraineté du peuple au centre de la vie politique et entend reprendre en main son destin qu’un clan lui a confisqué pendant trop longtemps. A ce stade, le scrutin du 12 décembre n’est pas à la hauteur de cette aspiration et ne fera que compliquer la transition démocratique.**Le Monde - mardi  22 octobre 2019

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REDOUANE BOUDJEMA, PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ D’ALGER ET ANCIEN JOURNALISTE

“Il y a un divorce entre les médias et l’opinion publique”

Dans cet entretien, Redouane Boudjema revient sur la relation complexe qu’entretiennent les médias algériens et le mouvement populaire.

Liberté : Des manifestants s’en prennent souvent aux médias, accusés de complaisance avec le pouvoir. Comment expliquez-vous cela ? 
Redouane Boudjema : Je pense qu’une évaluation du contenu même sommaire des médias nationaux depuis plus de vingt-cinq ans au moins, confirmerait que le jugement de l’opinion est loin d’être sévère. Les médias ne respectent pas le droit du citoyen à l’information, un droit pourtant inscrit dans les constitutions depuis celle de 1989 à celle d’aujourd’hui. Ce droit est trop souvent bafoué tant par les médias publics que par la majorité des médias privés.

L’information a laissé place au commentaire et à la propagande, et même aux discours discriminatoires et haineux. Les exemples pour expliquer et clarifier ce constat ne manquent pas. Il y a même abondance en la matière. Rappelons, par exemple, la télévision publique qui qualifiait Mehri, Ali-Yahia et Aït Ahmed de traîtres en janvier 1995, suite au contrat national (signé par des personnalités politiques pour proposer une sortie à la crise que vivait le pays à l’époque, ndlr), sans même donner un aperçu de ce texte. Cette machine haineuse a pu compter sur plusieurs supports dont la majorité des titres de la presse privée. 

Ces médias ont été utilisés dans les années 1990 comme supports de propagande dans une guerre sans merci contre la société civile avec, pour ligne éditoriale, l’arrêté interministériel de 1994 qui édictait ce qu’il fallait publier et ce qu’il fallait éviter de diffuser en matière d’info sécuritaire. C’est le cas aussi en 2001 lors des événements du Printemps noir, où une bonne partie de la presse privée a versé dans une surenchère de haine et de discrimination contre la population des wilayas du Centre.

On se souvient de la couverture empoisonnée de la marche du 14 juin 2001 par la télévision publique. La population a en mémoire des dizaines et même des centaines d’exemples de toutes ces dérives, et elle sait très bien faire la distinction entre médias dépendant des différents groupes d’intérêt et réseaux du système et une minorité de journalistes qui se bat pour assurer le minimum syndical du respect de l’éthique journalistique. 

La population a bien vu aussi comment la majorité écrasante des médias a applaudi l’annonce de la candidature de Bouteflika et comment ces mêmes médias, toute honte bue, diffusent un discours de haine contre les Bouteflika et leurs réseaux sécuritaires et économiques. Cette presse reste bloquée dans ses atavismes. L’accumulation de ces forfaitures entretient une profonde crise de confiance, voire un divorce complet entre médias et opinion publique.

Le “hirak” a libéré les Algériens. A-t-il, selon vous, libéré aussi la presse ?
Je pense que le hirak a plutôt mis à nu la presse ; il a permis de dévoiler au grand jour des réponses sur l’identité et le jeu des acteurs médiatiques. Qui roule pour qui ? Qui manipule qui ? Qui sert qui ? C’est une entreprise de décantation qui fait office de tamis, selon les hirakistes.

Le public a bien vu comment des médias liés aux réseaux des Bouteflika et à leurs bras sécuritaires et économiques ont tout fait pour casser le hirak au début pour sauver le système Bouteflika. Ces organes de presse se sont transformés en appareil de propagande au service de l’homme fort du moment, usant d’un lexique particulièrement violent à l’endroit du hirak. 

Ne demandons-nous pas trop aux médias lorsqu’on leur dit d’accompagner le “hirak” ?
Je pense que la question fondamentale n’est pas de demander à la presse d’accompagner le hirak. Il s’agit de demander à cette presse de revenir à l’a b c de la profession. D’effectuer une rupture complète, épistémologique, avec un exercice journalistique qui s’est malheureusement réduit à de la pure propagande, où le journaliste n’est plus qu’un chargé de communication, et qui fait un travail de supplétif entre policier, magistrat, avocat et agent publicitaire.

À la lumière des développements en cours dans le pays, l’avènement d’une presse libre est-il possible ?
Je pense qu’il ne peut y avoir de presse libre sans une société libre et ouverte ; la société souhaite construire l’État de droit. Or, une société ouverte fondée sur des institutions véritables conditionne naturellement l’exercice de l’autorité à l’existence de contrepouvoirs, et la presse constitue une des formes des contre-pouvoirs.

Les journalistes doivent comprendre que leurs libertés sont liées aux libertés de toute la société et que le moment est venu pour une mobilisation de toute la corporation pour sauver ce métier du pouvoir personnel et du diktat des lobbys de l’argent sale à tous les niveaux. Le hirak est l’occasion historique de rebâtir cette noble profession sur des bases renouvelées et assainies. C’est une urgence et une nécessité, et les compétences comme les bonnes volontés sont nombreuses et disponibles. *Liberté/ mercredi  23 octobre 2019 

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