Infos d’Algérie-9

**C’est la marche vers l’inconnu.

A mesure que le rendez-vous présidentiel s’approche, le paysage politique s’enfonce un peu plus dans le brouillard. A seulement six mois de l’élection présidentielle, la confusion est totale au sommet du pouvoir. La visibilité est nulle. A l’incertitude s’ajoute l’inquiétude d’un lendemain peu rassurant. Le pays renvoie une image hideuse.

         Flou politique et désordre institutionnel

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Les responsables politiques désignés pour conduire les affaires publiques se livrent à un spectacle affligeant. L’épisode de l’Assemblée nationale qui a vu des députés de la «majorité» parlementaire se rebeller contre leur propre président, Saïd Bouhadja (FLN), vient renforcer ce flou politique dominant. Il est le révélateur de la dégradation des rapports entre les différents centres du pouvoir.

Par son ampleur et ce qu’il peut produire comme conséquences, il provoque un désordre institutionnel certain. La curieuse fronde des parlementaires des partis de la coalition, l’obstination du président de la Chambre basse du Parlement et l’entrée en ligne du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, en «invitant» le troisième personnage de l’Etat à démissionner ne peuvent être la résultante de la banale et supposée «mauvaise» gestion administrative du l’APN. L’affaire a pris une tournure politique sérieuse.

Le moment dans lequel elle intervient laisse penser qu’elle est en rapport direct avec l’agenda politique à venir. D’évidence, cette tempête qui agite les travées de l’hémicycle révèle un climat de tension, de nervosité et de méfiance qui s’empare de la maison du pouvoir. Elle met en lumière l’équilibre précaire et instable au sein du sérail. La guerre des tranchées qui oppose les «frères ennemis» est-elle l’expression de la véritable crise, celle qui agite les réels détenteurs du pouvoir ? «La forme, c’est le fond qui remonte à la surface.»

Le bras de fer qui oppose le président de l’Assemblée nationale au Premier ministre, Ahmed Ouyahia, par députés interposés peut être perçu comme annonciateur d’un désaccord sur la marche à suivre et sur l’élaboration du scénario final devant présider à l’organisation soit de la reconduction de Abdelaziz Bouteflika – une hypothèse faible – ou de la succession.

Signe que l’étape pré-présidentielle serait laborieuse. Tributaire des rapports de forces changeants, le scénario s’écrit au jour le jour. Manifestement,  toutes les options divisent. La multiplication des incidents peut creuser les clivages. Par effet accumulatif, la crise est devenue inextricable. Ça déborde de partout.

Aucune institution ne donne l’impression de contrôler les événements. Pis encore, aucun responsable ne tient ses troupes. Le pouvoir se retrouve dans la situation d’avant-avril 2014 mais avec des complications encore plus énormes. Sans stratégie sérieuse, les différents cercles du pouvoir recourent à la manœuvre et jouent le pourrissement. Une méthode élevée au rang de vertu cardinale dans l’administration politique du pays.

En plus du fait que c’est un quinquennat à blanc, le 4e mandat présidentiel qui s’achemine vers sa fin n’aura pas servi à mieux préparer l’après-Bouteflika. L’état du délabrement institutionnel a atteint des proportions alarmantes. Et les mécanismes du système et ses fonctions ne sont plus assumés de la même manière.

Les changements intervenus au lendemain de l’élection présidentielle de 2014 ont réduit considérablement les capacités de négociation et d’arbitrage à l’intérieur du régime. Le management des conflits fait défaut et la nouvelle ingénierie politique tarde à prendre forme. Le retrait du président de la République, qui concentre l’essentiel des pouvoirs, a ouvert la porte au désordre. Les scandales impliquant de hauts dignitaires du régime, civils et militaires, s’accumulent, portant des coups supplémentaires au peu de crédit qui reste encore à l’Etat.

Le recul de l’Etat de droit et le non-respect des règles ont permis aux groupes extraconstitutionnels de prendre le dessus, de dicter les conduites à tenir et de fixer le cap. Cette nouvelle équation ne pouvait que multiplier les contradictions et générer des tensions internes. Les forces qui ont accumulés des pouvoirs – politiques et économiques – à l’ombre des années Bouteflika redoutent tout changement politique. Elles se dressent vigoureusement contre la possibilité de passer à une nouvelle étape, alors que l’Algérie en a grandement besoin. Elles ne peuvent prendre en otage tout un pays et compromettre l’avenir de la nation.

Elles sont l’avatar d’un système de gouvernance à bout de souffle. Ses limites objectives atteintes, il n’est plus en mesure d’apporter des réponses aux multiples crises qui cernent l’Algérie. Il ne dispose plus de capacité à relever les défis de demain. S’obstiner à le maintenir c’est faire courir au pays le risque d’effondrement. S’il n’est pas trop tard pour trouver une sortie par le haut, mais le temps presse. *el watan – mercredi 10 octobre 2018

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*Une crise multidimensionnelle sans précédent s’installe donc dans le pays

Les scénarios du pire

29 OCTOBRE 2018 – elwatan

L’Algérie politique, un théâtre d’ombres à ciel ouvert et une poudrière intérieure. Alors qu’elle est censée produire du droit et du contre-pouvoir, donc de la démocratie, l’Assemblée nationale ne ressemble plus qu’à une structure croupion : à sa tête, deux présidents, l’élu légal poussé vers la porte de sortie par un coup de force orchestré par les partis politiques de la majorité présidentielle, qui a placé un de ses fidèles.

L’institution plonge désormais dans l’illégitimité la plus totale, alors qu’elle traîne derrière elle un lourd déficit historique. Cette crise en cache une autre, tout aussi grave, celle d’un 5e mandat, toujours d’actualité, en faveur d’un Président cloué sur son fauteuil roulant depuis des années, sans voix, coupé de son peuple et aux prérogatives largement confisquées par son entourage immédiat, ce que dénoncent ouvertement de plus en plus des personnalités de la politique et de la société civile.

Une crise multidimensionnelle sans précédent s’installe donc dans le pays, l’éclatement de multiples scandales gravissimes n’étant qu’un de ses effets dévastateurs. Un partie de l’institution militaire la plus gradée a été mise sous les verrous, au lendemain d’un scandale de trafic de cocaïne d’une dimension internationale, dans le silence, ce qui a accrédité la thèse d’un règlement de comptes au sommet en rapport avec la prochaine élection présidentielle. La population a fini par sombrer dans le désarroi le plus total.

Elle redoute les conséquences d’un scénario du pire, des luttes ouvertes opposant différents belligérants, difficilement identifiables aujourd’hui, mais qui se préparent sûrement dans l’ombre, d’autant que sont venus se greffer d’énormes intérêts économiques et financiers. Bâtis sur la rente pétrolière et l’informel, ces intérêts ont tissé des connexions multiples et complexes avec les différents clans du pouvoir.

Ils ont compris que pour conserver leurs territoires et leurs privilèges, il fallait partir à l’assaut du pouvoir politique et se l’approprier, et dans le pire des cas le neutraliser. A force d’être mis au service du pouvoir politique, l’Etat a fini par perdre sa crédibilité : englué déjà dans les scandales liés à la manipulation des chiffres et des données électoraux, il s’implique de plus en plus ouvertement dans le «projet» du 5e mandat.

Les membres du gouvernement et les autorités locales font, à longueur de journée, la «promotion» du président de la République, ne reculant pas, parfois, devant le grotesque en exhibant et en «adorant» des portraits géants du chef de l’Etat.

La justice reste à la traîne, n’imposant pas le principe constitutionnel de la présomption d’innocence sur les vagues d’arrestations opérées ces derniers mois, y compris des militaires haut gradés.

Ont été victimes, ces derniers jours, des journalistes et des artistes, ce qui a poussé la Ligue algérienne des droits de l’homme à rappeler que «toute personne est présumée innocente jusqu’à l’établissement de sa culpabilité par une juridiction régulière dans le cadre d’un procès équitable, lui assurant les garanties nécessaires à sa défense».

Il est nécessaire et urgent de rappeler ce principe constitutionnel et cette noble conquête de la lutte des droits de l’homme à l’échelle mondiale, car dans la crise dans laquelle s’enfonce l’Algérie, nombre de citoyens seront appelés à être confrontés à l’arbitraire.

D’autant qu’en s’aggravant, la crise économique jettera nombre d’Algériens dans le dénuement et la paupérisation, c’est-à-dire la vie en marge de la société, si ce n’est contre elle. Le basculement historique en Tunisie n’est-il pas venu de la mort d’un vendeur illégal de poisson, Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid, qui s’est immolé après avoir été maltraité par la police ? *ALI BAHMANE -el watan – lundi 29 boctobre 2018

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Il milite pour hâter le départ du régime :

Le mouvement Mouwatana interdit de tenir une conférence à Alger

La conférence nationale sur la citoyenneté, annoncée par le mouvement Mouwatana pour aujourd’hui à la Mutuelle des matériaux de construction de Zéralda, est interdite. Selon un communiqué signé par le porte-parole de ce mouvement, Me Zoubida Assoul, le ministère de l’Intérieur n’a donné aucune suite à la demande introduite le 13 septembre de l’année en cours.

«Le ministère de l’Intérieur n’a pas daigné répondre à la demande d’autorisation pour tenir la conférence nationale de la citoyenneté, que devait organiser le mouvement Mouwatana», est-il écrit dans ce communiqué par lequel ce mouvement dénonce cette interdiction. «La demande officielle qui avait été déposée par Jil Jadid le 13 septembre auprès des services de la wilaya d’Alger est restée sans réponse. Le ‘‘ni oui ni non’’ de l’administration révèle la lâcheté du pouvoir qui ne peut ni ne veut assumer ces actes de déni du droit», affirme Me Zoubida Assoul dans le même communiqué, estimant que «les partis de l’opposition sont ainsi mis en ‘‘résidence surveillée’’».

«Après la matraque et les menottes, le pouvoir passe à l’interdiction de toute activité partisane par voie administrative», dénonce-t-elle. Suite à l’absence d’autorisation du ministère de l’Intérieur, le mouvement Mouwatana a décidé d’annuler cette conférence. «L’instance de coordination tiendra une réunion samedi matin (aujourd’hui, ndlr), qui sera suivie d’une conférence de presse à 12h, au siège de Jil Jadid à Zéralda», ajoute-t-on dans le même communiqué.

Créé en mai dernier, le mouvement Mouwatana milite pour un changement radical de système politique. Il est foncièrement opposé au 5e mandat qu’il considère comme «dangereux» pour le pays. Le mouvement Mouwatana dit agir ainsi sur le terrain pour «hâter le départ de ce régime». S’il a réussi à tenir des rassemblements à l’étranger, notamment en France, en Grande-Bretagne et au Canada, le mouvement Mouwatana a vu toutes ses actions empêchées et réprimées au niveau national.* el watan / MOKRANE AIT OUARABI  / samedi 13 OCTOBRE 2018

**Mouvement Mouwatana- conférence de presse

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Maitre Mustapha Bouchachi. Ancien député

 «Nous sommes devant un coup d’Etat, une violation caractérisée des lois de la République»

Un des rares députés à avoir démissionné de son poste par «respect aux Algériens», Me Mustapha Bouchachi qualifie la déclaration de «vacance» du poste de président de l’Assemblée nationale par la commission juridique de l’APN de «coup d’Etat» et de «grave violation» des lois de la République. Dans cet entretien, il parle de «l’inconscience» de ceux qui en sont responsables.

La commission juridique de l’Assemblée nationale a confirmé la vacance du poste de président de l’APN, en se basant sur «le retrait de confiance, l’incapacité à mener sa mission et le refus de démission». Qu’en pensez-vous ?

D’abord, je tiens à préciser que le retrait de confiance n’existe nulle part ni dans les lois ni dans le règlement intérieur de l’Assemblée. Le président est élu pour un mandat qui ne peut être interrompu que dans quatre cas prévus par l’article 10 du règlement intérieur. Il s’agit du décès, de la démission, de l’incompatibilité et de l’incapacité. Nous ne sommes pas dans ces cas de figure. Il en est de même pour les deux autres. L’incapacité est liée à la santé mentale et physique, alors que l’incompatibilité concerne la fonction et le mandat lui-même. Donc, légalement, les conditions de la vacance ne sont pas réunies.

Dans sa déclaration finale, la commission juridique a cité l’article 10 du règlement intérieur de l’Assemblée pour argumenter sa décision de déclaration de vacance. A-t-elle fait une mauvaise interprétation de l’article 10 ?

L’article 10 n’est pas du tout applicable. Les conditions ne sont nullement réunies pour déclarer la vacance. Le président n’est ni malade, ni fou, ni mort, et n’a pas de fonction incompatible avec son mandat. Ils ne peuvent pas procéder à un retrait de confiance. Ils ont violé la loi. Nous ne sommes plus dans une affaire juridique. C’est un coup de force. Aucun juriste ne peut donner raison aux responsables. Nous sommes devant un coup d’Etat, une violation caractérisée des lois de la République.

Sommes-nous plus dans une décision politique que juridique ?

Ce qui est certain, c’est que cette décision n’a rien de juridique ni de politique. Je peux comprendre que des députés puissent violer la loi, en demandant au président de démissionner pour corruption ou autre raison. Mais il n’y a rien de cela. Je sais que l’Assemblée est une institution qui n’a aucun poids et qui n’est, et ce, depuis longtemps, qu’un bureau d’ordre. Mais ce qui s’est passé est très grave.

Ceux qui ont pris cette décision sont inconscients. Ne mesurent-ils pas le mal qu’ils font au pays et à ses institutions ?

Je pense qu’ils ont été instruits pour le faire, et ils l’ont fait. Ils n’ont aucune idée du mal qu’ils font. Aujourd’hui, on ne peut plus demander aux citoyens de respecter les lois de la République, à partir du moment que ceux qui les font les violent ouvertement et sans aucune retenue.

Selon vous, les députés avaient-ils le droit de «cadenasser» les accès de l’Assemblée et d’évacuer le personnel administratif ?
Le personnel de l’administration est sous la responsabilité du président. Ce que les députés ont fait constitue une grave violation de la loi. Mais comme je vous l’ai expliqué plus haut, nous ne sommes plus dans une situation de droit…

Cette décision peut-elle être remise en cause par le Conseil constitutionnel en cas de saisine par le président ou par une cinquantaine de députés ?

Impossible. Personne ne peut saisir le Conseil constitutionnel, parce qu’il n’est pas habilité à agir.

Et si demain nous nous réveillions avec deux présidents, l’un élu illégitimement et l’autre déchu illégalement, que se passera-t-il ?

Nous serons dans cette situation. C’est-à-dire avec deux présidents, l’un légitime et l’autre illégitime et qui devra terminer le reste du mandat, soit trois ans, sans aucune assise légale. Même l’opposition devrait réagir pour ne pas cautionner une telle dérive. Elle ne peut pas travailler avec le nouveau président.

Allons-nous nous retrouver dans la même situation qu’avec Saïd Bouhadja ?

Mais bien sûr. Comment accepter de travailler avec un président illégitime ? Quelle image vont-ils donner de l’Algérie ? Nous sommes loin du droit et de l’Etat de droit. Ceux qui ont donné des instructions aux députés pour en arriver là ne semblent pas mesurer la gravité de la situation. L’idéal est de faire en sorte d’aller vers la dissolution de l’Assemblée, dont la crédibilité a été gravement entachée.

Cette décision, qui relève des prérogatives du président de la République, est la seule solution qui s’offre pour éviter de se retrouver avec une APN avec deux présidents, ou une APN avec un président illégitime.

Peut-on espérer un rôle plus offensif des députés de l’opposition dans cette crise ?

Ils peuvent jouer un rôle très important. Eux aussi ont leur part de responsabilité. Ils doivent se prononcer sur ce putsch qui les concerne aussi. Ils ne peuvent pas travailler avec un président imposé en violation des lois.

Dans tous les cas de figure, ils ne peuvent cautionner cette dérive qui donne une très mauvaise image de notre pays. Le député a un mandat national. Il doit être au service de ses électeurs et non pas de son parti. Or, à l’Assemblée, les députés restent les esclaves de leur chef de parti au détriment de leur mandat populaire.

Je peux comprendre qu’ils soient disciplinés dans leurs activités partisanes, mais pas plus. Leur travail parlementaire passe avant toute activité partisane. Les gens qui ont fomenté ce coup de force contre la souveraineté parlementaire portent l’entière responsabilité de ce coup de force.* Salima Tlemçani / elwatan / dimanche 21 octobre 2018

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Le FFS appelle à «restituer le pouvoir aux Algériens»

Le Front des forces socialistes (FFS) relève l’urgence de changer le système politique actuel qu’il considère comme défaillant et dangereux pour la stabilité du pays. Dans une déclaration sanctionnant la réunion de son conseil national qui s’est tenu vendredi, le plus vieux parti de l’opposition rejette toute forme de «changement dans le système» qui ne réglera pas les problèmes multidimensionnels que vit le pays.

Le parti de feu Aït Ahmed estime que «sauf imprévu, la prochaine élection présidentielle ne fera que pérenniser le système actuel, quel que soit le candidat parrainé par le régime». Il considère que «la population en est consciente». Pour cette formation politique, «tout laisse prévoir que la grande majorité s’abstiendra de voter ou votera contre le candidat du système. Les chiffres officiels des résultats ne parviendront pas à masquer cette réalité.

Cette élection qui s’annonce non démocratique, comme les précédents scrutins, si elle est tenue dans les conditions actuelles, ne changera rien à la situation présente.» Le plus vieux parti de l’opposition estime qu’«en mettant l’accent sur le changement de système – qui est au cœur de notre projet de reconstruction d’un consensus national avec l’élection d’une Assemblée constituante, visant à instaurer un nouveau système basé sur le droit et la démocratie – nous serons en phase avec les citoyens». Pour le FFS, «la violence sociale, les émeutes et la criminalité sont l’expression d’un rejet d’un système qui ne parvient pas à s’ouvrir à la société et à prendre en charge ses aspirations démocratiques.

Cette situation reflète une crise de confiance, voire une défiance de la population à l’égard des gouvernants». Le plus vieux parti de l’opposition souligne que le régime craint aussi qu’un changement de système intervienne par des forces extérieures autonomes. «Cette peur a conduit le système à refuser tout processus démocratique transparent préférant gérer la population par la carotte et le bâton», assure-t-il.

Le FFS estime, néanmoins, qu’un changement de système ne sera pas suffisant pour le développement du pays et la sauvegarde de son indépendance politique et économique. Le changement de système politique doit donc, suggère le FFS, s’accompagner en même temps d’un changement de politique économique qui préserve la souveraineté nationale dans le contexte de la mondialisation.

«Ce sera la mission du futur gouvernement qui sera issu, avec l’avènement de la 2e République, de la future Assemblée nationale constituante démocratiquement élue», soutient ce parti, pour lequel «cette démarche isolera et réduira à néant les positions extrémistes qui ont choisi la violence pour changer le système, et assurera à l’Algérie un avenir démocratique de paix, de progrès et de prospérité». Pour le FFS, il n’existe aucune solution de rechange à un changement démocratique de système qui préserve le pays des menaces contre sa stabilité, son unité et sa souveraineté.

La raison est que, estime le FFS, «si le statu quo actuel perdure, le système et les hommes qui en sont responsables ne seront pas en mesure de faire face aux forces déstabilisantes que représentent les pressions sociales grandissantes et les agressions multiformes véhiculées par la mondialisation». D’où donc cette urgence de changer ce système.

*MOKRANE AIT OUARABI - elwatan / dimanche 21 octobre 2018

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Affaire des pages criminelles Wiki-Ahras /Wiki-Dzair :

Mystère autour du plus grand réseau de cybercriminalité à l’échelle nationale

C’est incontestablement le réseau le plus important de cybercriminalité qui comptait plus de 300 membres actifs et ayant fait au moins 400 victimes. En mars 2016, une équipe spéciale est dépêchée depuis la capitale pour démanteler le plus grand réseau de cybercriminalité implanté depuis cinq longues années à Souk Ahras et géré à distance par un juge en fuite installé depuis 2010 en France.

22 personnes sont suspectées, dont 7 arrêtées en flagrant délit de cybercriminalité. Hormis le relais principal du réseau, les autres seront remises en liberté provisoire pour diverses raisons. C’est le cas pour un collaborateur de la radio locale qui serait atteint d’une maladie contraignante. Wiki-Ahras devenu Wiki-Dzair faisait parler de lui et de quelle manière !

Insultes envers des personnes présentées avec photos, publications de documents administratifs personnels, appel au meurtre, menaces de mort, extorsion de fonds, atteintes multiples aux emblèmes de l’Etat et de la nation, à des personnalités politiques, à des responsables locaux et des citoyens lambda pris dans le collimateur de la vengeance, aux journalistes et aux différents corps de sécurité, apologie du crime organisé et du terrorisme, invectives, montages en photoshop d’obscénités et d’images attentatoires à l’intégrité morale des personnes, appel à la subversion et création d’un groupe physique pour la menace et le racket.

On estime, pour la seule wilaya de Souk Ahras, à plus de 400 victimes (première tranche) ciblées par ces actes criminels. L’administrateur local et le promoteur principal de la page, en l’occurrence T. B., âgé de 35 ans, a été arrêté par l’équipe sécuritaire en flagrant délit de détention du matériel utilisé dans la gestion de la page.

Il s’agit, entre autres, de brouilleurs de pistes, d’un téléphone Thuraya, d’un nombre impressionnant de puces de téléphone, de mobiles, de clés USB portant les noms des victimes, leurs adresses, et une importante somme d’argent. Interpellé auparavant par les services de sécurité, ce trentenaire enrôlé par le magistrat en fuite réussissait à chaque fois à être libéré à la faveur d’une technique recommandée par son mentor établi outre-mer. Au moment où la personne interpellée est auditionnée, ses acolytes reprennent la même information ou propos attentatoires actualisés ou modifiés et la publient à la minute même où les investigateurs l’auditionnent.

La présomption d’innocence prend, de facto, le dessus et l’homme retrouve ses compères au premier cybercafé pour redoubler d’attaques à l’adresse de ceux-là mêmes qui le questionnaient quelques minutes auparavant. Chaque interpellation est rétribuée par une somme alléchante tout comme les mensualités qu’il percevait depuis un circuit occulte.

Invectives, menaces extorsions…

C’est lui-même qui lança la page wiki-Dzair sous l’impulsion dudit magistrat en concertation avec des collaborateurs étrangers. Quelques mois seulement avant son arrestation, T. B. rafla des sommes importantes auprès des plus vulnérables de ses victimes. C’est le cas d’un élu de l’APW ébranlé par une campagne de dénigrement et d’insultes. Il lui remit une somme d’un million de dinars pour acheter sa paix et la paix fut. Un autre élu de la même instance, en l’occurrence Djamel Zenati, père de famille et victime lui aussi d’obscénités et de montage de photos, choisira la voie de la justice.

A l’audience, ce dernier lâche un pavé : «Le réseau criminel wiki-Ahras a été identifié et démantelé grâce aux efforts des services de sécurité, mais nous avons eu vent aussi de pressions et d’interventions sur le circuit judiciaire pour ne point gérer ce dossier où se trouvent impliquées plusieurs personnes protégées.» C’est le même T. B. qui aurait contribué à la création d’un groupe physique via l’espace bleu.

Lequel groupe qui n’est pas encore identifié pour on ne sait trop quelle raison, compte à son actif plusieurs menaces et tentatives d’intimidation commanditées par les amis de la page. En voici deux témoignages : «Le jour où j’ai dénoncé innocemment une affaire de détournement dans l’organisme public où je travaille, une série de menaces via Facebook a eu pour cible toute ma famille et les auteurs m’ont convaincu de leur présence physique tout près de chez moi», a dénoncé M. Kamel, l’une des victimes des groupes relais, sous les ordres d’un enseignant universitaire.

G. Karim, un internaute qui s’opposait ouvertement à cette page et exprimait des avis contradictoires en garde lui aussi un mauvais souvenir : «Au moment où ma femme raccompagnait mon fils de l’école, un groupe composé de trois éléments est venu lui signifier que tout nouveau commentaire de ma part sera sanctionné par une agression», a-t-il fait savoir.

Le dossier de l’affaire transféré au tribunal de Sédrata comptera 22 inculpés pour : atteinte à la vie professionnelle et à la vie privée des citoyens, menaces de mort et appel au meurtre, atteinte à l’intégrité morale de personnes physiques et morales, extorsion de fonds et blanchiment d’argent, transferts illégaux d’importantes sommes d’argent, atteinte à la morale des éléments de l’ANP et aux différents services de sécurité, atteintes aux emblèmes et cadres de la nation, collaboration avec une force étrangère, insultes, diffamation… Des chefs d’accusation seront fusionnés ou élagués au niveau du tribunal de Sédrata et au moment où tout le monde s’attendait à de nouvelles interpellations, 20 inculpés principaux seront remis en liberté provisoire.

Au tribunal de Sédrata

Le dossier transféré au tribunal de Sédrata a été soumis à l’appréciation du juge d’instruction et les dizaines de victimes, parties volontairement officialiser leurs plaintes, ont confirmé l’ampleur de cette affaire et sa portée sur la société. «Jamais le tribunal de Sédrata n’a connu autant d’affluence et de déplacements de gens venus des quatre coins de la wilaya, voire des wilayas limitrophes pour déposer plainte et s’affirmer comme victimes», a déclaré un habitant de cette ville.

C’est à ce stade que les scénarios les plus pessimistes ont été imaginés par les victimes de la page dont des élus locaux, des fonctionnaires, des cadres de la nation, des députés et surtout de simples citoyens et fonctionnaires moyens dont certains ont perdu leur poste d’emploi, et d’autres soumis à des interrogatoires pour cause de divulgation de documents officiels où leur responsabilité prête à équivoque.

Ces mêmes scénarios ont été consolidés par les rumeurs les plus extravagantes concernant les interventions auprès d’un juge d’instruction chargé de cette affaire. A ce stade de l’enquête, des supputations tournaient autour d’«affinités prononcées» et «d’astuces judiciaires». L’affaire n’a pas révélé tous ses secrets et aucune information officielle ou déclaration de la part des instances compétentes n’a été faite à ce sujet.

Des dizaines de personnes soupçonnées d’avoir collaboré, fourni des documents confidentiels, contribué à la propagation de la page, voire servi au transfert des fonds ont été auditionnées, sans plus. Nos sources ont indiqué à ce sujet que la qualification des crimes et délits de cette affaire n’a pas encore été faite. Ceci n’est pas le cas pour les récentes affaires liées à la cybercriminalité et traitées tout récemment par la justice avec une célérité exemplaire. S’agit-il ici d’une mégarde dans le classement des affaires ou d’une justice de classe qui s’affirme ? 

*Parcours controversé d’un magistrat en fuite

La page Wiki-Ahras lancée la veille du Printemps arabe a connu en 2011 une grande avancée dans les milieux subversifs et s’offrait comme tribune pour tous les mécontents. Son initiateur est un juge d’instruction qui se trouve aujourd’hui en fuite.

A. L., qui exerçait au tribunal de Souk Ahras pendant la décennie précédente, fut placé en 2010 sous contrôle judiciaire après le passage d’une inspection au moment même où il devait être promu à un poste supérieur à la cour de Guelma. Dépité, il quitte la même année le territoire algérien avec un deuxième passeport, via le poste frontière de Bouchebka (Tébessa), dans sa wilaya d’origine. Arrivé en France, il demande le statut d’opposant politique persécuté dans son pays, alors qu’il a été reconnu coupable et condamné en 2010 par le tribunal de Skikda pour d’autres crimes et délits bien avant ses activités politiques entamées en 2011. *elwatan - mercredi 21 novembre 2018

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Place_de_la_Sorbonne

France / Les Algériens devront payer plus de 22 fois le tarif actuel pour pouvoir  poursuivre leurs études  

Le Premier ministre français Édouard Philippe a annoncé, ce lundi, un plan destiné à séduire les étudiants étrangers pour que leur nombre atteigne les 500 000 au lieu des 300 000 actuellement. Une mesure quelque peu étonnante, car le gouvernement français compte augmenter les frais de scolarité pour les étudiants intéressés.

Dans son projet, le gouvernement français compte faire appel aux bourses des étudiants extra-européens, afin de financer, sans faire de jeu de mots, « davantage de bourses et améliorer les conditions d’accueil » de ces étudiants désireux de poursuivre leur cursus en France.

À partir de la rentrée 2019, les étudiants étrangers, dont ceux en provenance d’Algérie, devront s’acquitter de 2.770 euros en licence et 3.770 euros en master et doctorat, selon le gouvernement français. Les frais actuels sont de 170 euros. Ce fameux plan défendu par le Premier ministre français suscite l’inquiétude de beaucoup d’organisations estudiantines en France.

Édouard Philippe a défendu ce projet qui permettra selon ses propos « de mieux accueillir les étudiants qui choisissent la France », soulignant à ce titre que les augmentations prévues restent « mesurées ».

« Nous resterons très en dessous des 8.000 à 13.000 euros de nos voisins néerlandais et des dizaines de milliers de livres en Grande-Bretagne, et de la plupart des pays européens, sans évoquer bien sûr la situation sur le continent nord- américain », a-t-il soutenu.*.algerie-focus./ lundi 19 novembre 2018

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« khssara Alik » / Anes Tina raconte l’année 2018

Le youtubeur Anes Tina nous a gratifié d’une nouvelle vidéo au message clair et sans concession. Une vidéo qui a cumulé 1 700 295 vues à 10H03. Ce youtubeur connait un grand engouement parce qu’il a le talent et surtout le courage de lancer des vérités crues au visage d’une société en quête de porte-voix. A ne pas rater ! 

Affublé d’un burnous sur un corps déguisé en squelette, Anes Tina veut faire passer un message de détresse : celui de l’algérien lambda, celui du jeune en détresse, une personne animée et qui est en vie, mais dont les rêves et les aspirations se sont éteintes. D’ailleurs il le vomit littéralement en criant : « pardonnez-nous d’exister ».

Ce représentant de la jeunesse révoltée et sans voix, raconte également les faits marquants de l’année 2018. Il parle notamment de l’affaire des 701 kg de cocaïne, de cette jeunesse en perte de perspective et qui se tue à petit feu en consommant de la drogue. Il évoque aussi une certaine politique de division adoptée par le pouvoir politique et c’est avec lucidité qu’il cerne ses tenants et aboutissants.

Il revient également dans cette vidéo sur un sujet récurent chez la majorité des youtubeur algériens engagés. Il s’agit de l’émigration clandestine. A ce titre, il explique comment la Harga s’est transformée en projet de vie pour une jeunesse minée. « De la mort je n’ai pas peur et je n’ai pas tort, car je suis déjà mort », dit-il, tout en déplorant, avec des mots justes, la fuite des forces vives de la nation. Une véritable saignée qu’Anes Tina impute à un système qui marche sur la tête. « El bled metkouba wa chaab menha raho y’sile ».

Le youtubeur raconte également les maux de la société. Injustice sociale, répression, absence d’espace de communication et de dialogue. Absence de la justice tout court.

**Vidéo: Anes Tina-  khssara Alik » 

Il s’adresse ensuite au régime pour lui dire que son sempiternel prétexte de la main étrangère n’est qu’absurdité. Il le traduit, avec intelligence, en simulant un appel téléphonique lui parvenant de Donald Trump et à travers lequel ce dernier revoit le régime algérien à ses propres contradictions.

Le matraquage des médecins résidents, des enseignants, des syndicalistes, les retraités, invalides et retraités de l’armée sont autant d’exemples qui contredisent le discours officiel.*algerie-focus./ dimanche 18 novembre 2018

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Moins de 20 jours après leur mise en détention : Les cinq généraux-majors libérés

La décision est tombée comme un couperet. Les cinq généraux-majors, dont trois chefs de Région, Lahbib Chentouf (1re RM) Abderrazak Cherif (4e RM), Saïd Bey (2e RM) ainsi que Menad Nouba, ex-commandant de la Gendarmerie nationale, Boudjemaa Boudouaouer, directeur central des finances et président de la commission des marchés au ministère de la Défense nationale, et un colonel, responsable régional à la direction de la sécurité de l’armée, mis en détention à la mi-octobre dernier par le tribunal militaire de Blida, ont retrouvé, hier après-midi, leur liberté. Ils ont quitté la prison militaire de Blida. Informées par leurs avocats, leurs familles ne s’attendaient pas à une telle décision qui  en a surpris plus d’un.

Poursuivis pour, entre autres, «enrichissement illicite», «trafic d’influence» et «non-respect des consignes militaires», les officiers supérieurs avaient fait l’objet d’une mise sous mandat de dépôt après une audition de quelques heures seulement, par le juge d’instruction près le tribunal militaire de Blida, et leurs demandes de remise en liberté avaient essuyé un refus auprès de la chambre d’accusation. Aucune information n’a été donnée sur les raisons qui ont poussé le juge d’instruction à revenir sur sa décision, mais des sources concordantes évoquent «une intervention de la Présidence» que certains des prévenus avaient saisie il y a quelques jours.

La décision d’incarcérer les cinq généraux-majors, après leur avoir interdit de quitter le territoire national et procédé à des perquisitions de leurs domiciles, a été prise par le vice-ministre de la Défense nationale, qui reste le seul habilité, après le ministre de la Défense (qui est le Président) à déposer plainte contre des officiers supérieurs. Il ne peut donc se déjuger moins de trois semaines après. Est-ce réellement la Présidence qui a pris la décision d’élargir les mis en cause ? *Salima Tlemçani / elwatan / mardi 06 novembre 2018

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Affaire des généraux-majors emprisonnés : Le démon de la corruption

Une «opération mains propres» qui suscite des interrogations

Comment la classe politique a-t-elle pris la nouvelle de la mise sous mandat de dépôt de cinq généraux-majors parmi les plus influents de l’establishment militaire ? Quelle analyse font nos partis politiques de cette situation inédite ?

Pour Soufiane Djilali, président de Jil Jadid et coordinateur national du mouvement Mouwatana, «le fait par lui-même est assez extraordinaire», faisant remarquer que «les hommes qui ont été incriminés étaient parmi les plus puissants» dans notre pays.

Soufiane Djilali, que nous avons joint par téléphone hier, n’est guère convaincu que cette opération spectaculaire soit le fruit de «la volonté du président de la République de mettre un terme à la corruption». «C’est un argument fallacieux, le Président est totalement absent», martèle-t-il.

Et d’appuyer : «Bouteflika a travaillé à répandre la corruption.» M. Djilali note que le fléau de l’argent sale a gangrené la société sous la gouvernance de M. Bouteflika d’une façon vertigineuse. «La corruption s’est développée presque au même taux de croissance que la Chine», ironise-t-il. «On veut nous faire avaler des couleuvres», lâche le président de Jil Jadid.

Cette affaire est incontestablement «liée à la succession du président Bouteflika et au 5e mandat», affirme-t-il. Soufiane Djilali considère que «l’armée n’est pas la colonne vertébrale de l’Algérie, mais de l’Etat algérien» en raison d’un «processus historique qui s’est imposé». «Comme toujours, l’armée est au centre de décisions opaques en Algérie. Personne ne sait qui dirige, qui manipule» constate-t-il

«Ce qui est certain, c’est que c’est en relation avec les élections.» «Et on sait que c’est au sein de l’armée que les décisions sont prises», estime M. Djilali.

Avec toutes ces affaires qui viennent entacher sa réputation, c’est le «crédit» de l’ANP, son capital moral et symbolique, qui sont en jeu, se désole le président de Jil Jadid.

«S’il y a réellement une opération de nettoyage à l’intérieur de l’armée, on ne peut qu’applaudir», précise-t-il. «Mais on sait que le système Bouteflika s’est construit avec le commandement militaire. Et le 4e mandat a été imposé avec le soutien du commandement militaire», insiste Soufiane Djilali.

Zoubida Assoul, ancienne magistrate, présidente de l’Union pour le changement et le progrès (UCP) et porte-parole du mouvement Mouwatana, s’interroge de prime abord : «S’il s’avère qu’on reprocherait des choses à ces généraux, il faut se demander : qui est-ce qui les a nommés ? Le président Bouteflika est là depuis 20 ans, ces gens-là ont été nommés par lui.

Si on les a laissé faire, cela veut dire que les institutions de contrôle de l’argent public ne fonctionnaient pas.» Zoubida Assoul se demande ensuite : «Pourquoi choisir ce timing particulièrement ? Pourquoi, à six mois de l’élection présidentielle, on lance une soi-disant opération mains propres ?» De son point de vue, cette opération est, au demeurant, «très sélective».

«Parce que si vraiment il y avait une volonté politique de lutter contre la corruption, les malversations, la mauvaise gestion, les atteintes à la réglementation dans l’octroi des marchés publics, pourquoi ne le faire que maintenant ?» Mme Assoul semble avoir sa petite idée : «Je pense qu’il y a une volonté délibérée de toucher à l’institution militaire qui reste tout de même la seule institution plus ou moins stable, plus ou moins crédible, à la fois aux yeux des citoyens et de l’opinion publique internationale.»

«Un jeu malsain»

L’armée algérienne, selon elle, est, malgré tout, «assez performante et assez compétente». Elle considère néanmoins que la cohabitation entre l’ANP et M. Bouteflika n’a pas toujours été sereine. «Le Président a essayé de la vider de sa substance en apportant des changements pour mettre fin à l’ancien DRS (…). Du coup, le pays est devenu très fragile», analyse la présidente de l’UCP.

D’après elle, l’affaire des 701 kg de cocaïne «a vraiment mis à nu la fragilité de nos services de sécurité». «Pour moi, c’est presque un schéma machiavélique pour déstabiliser le dernier rempart du pays qu’est l’institution militaire.» Et de lancer : «Je pense qu’il y a un jeu malsain qui est en train de s’opérer.

Une manière de dire : les corrompus, ce sont les gens de l’armée, et le pouvoir politique, Bouteflika et son clan sont des gens propres.» Mme Assoul apporte un bémol à ce récit en citant les récentes déclarations de Bernard Bajolet qui ont fait beaucoup de bruit : «Bajolet dit que la corruption a même atteint la famille du Président (…).

Et Bajolet n’est pas n’importe qui, c’est l’ancien ambassadeur de France en Algérie et l’ancien directeur de la DGSE.

Il parle en connaissance de cause et sur la base d’un certain nombre d’indications sérieuses.» Et de conclure : «Je pense qu’aujourd’hui, le pouvoir est en déliquescence totale. Vous n’avez qu’à voir cette majorité du gouvernement qui soutient un éventuel 5e mandat.

Ils sont en train de se bagarrer à couteaux tirés pour placer leurs hommes.»Pour sa part, Hamid Ferhi, coordinateur national du MDS, observe cette agitation avec perplexité : «Nous sommes quand même étonnés par la décapitation, pratiquement, de l’armée.»

Et de souligner : «C’est comme si l’armée était entre les mains de la mafia.» «Donc cela veut dire que Bouteflika a nommé des gens à la tête de l’armée qui auraient des accointances avec des réseaux mafieux», décrypte-t-il.

«Nous suivons ces événements avec une très grande attention, parce que c’est une première en Algérie. Autour de nous, les gens s’inquiètent. Ils se posent la question : est-ce qu’il ne s’agit pas de règlements de comptes en vue de l’après-Bouteflika ? Il y a plein d’interrogations…» Hamid Ferhi précise encore : «Au MDS, nous pensons qu’effectivement l’Algérie a besoin d’une opération mains propres. Et cela ne peut se faire que par la mobilisation de la société, non par des règlements de comptes.

Nous espérons qu’il y aura un procès équitable et public.» Si ces déballages ont eu l’effet d’un véritable séisme politico-judiciaire, pour autant, le coordinateur national du MDS ne s’inquiète pas pour l’ANP et sa base sociale : «Je ne pense pas que ça touche l’ossature de l’armée.» «L’armée algérienne est beaucoup plus profonde. Elle est très structurée. Elle agit de plus en plus comme une armée professionnelle. La majorité de ses cadres sont des jeunes diplômés. Je ne pense pas qu’en changeant un chef de Région, on change la nature de l’institution militaire.»

Joint par nos soins, le secrétaire national à la communication au sein du FFS, Jugurtha Abbou, nous a simplement indiqué au téléphone : «Nous n’avons pas de déclaration à faire pour le moment, mais nous interviendrons en temps opportun.» Nous avons joint également toutes les autres principales formations politiques pour connaître leur sentiment sur ces événements, en vain.

*MUSTAPHA BENFODIL -elwatan /  mardi 16 octobre 2018

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Les autorités ont-elles répondu à une exigence américaine ?

Inédit ! D’anciens officiers supérieurs de l’ANP sont présentés devant le tribunal militaire de Blida, le même jour, et placés sous mandat de dépôt. Il s’agit de cinq généraux-majors et ex-hauts responsables de l’armée, en l’occurrence Lahbib Chentouf, Saïd Bey, Cherif Abderrazak, Menad Nouba (ex-commandant de la Gendarmerie nationale) et Boudjemaa Boudouaouar (ex-directeur des finances au ministère de la Défense nationale).

Un colonel, dont l’identité n’est pas encore révélée, fait l’objet aussi de la même décision. Ces anciens responsables sont, selon les premières informations, poursuivis pour «corruption» et «trafic d’influence» en lien avec l’affaire Kamel Chikhi, principal accusé dans le dossier des 701 kg de cocaïne saisis en juin dernier au port d’Oran. Cette rapide réaction de la justice militaire est sur toutes les lèvres depuis avant-hier. Pas du tout habitués à des opérations de telle envergure, les observateurs et l’opinion nationale sont toujours sous l’effet de la surprise. Ils s’interrogent d’ores et déjà sur les motivations de cette réaction spectaculaire.

A-t-elle pour seul but de montrer l’exemple dans la lutte contre la corruption ? La réaction des autorités répond-elle à une exigence internationale, notamment américaine ? Depuis l’éclatement de l’affaire de la cocaïne, l’opinion a assisté à une vague de limogeages sans précédent. Celle-ci a concerné, particulièrement, des hauts responsables au sein de l’armée et des services de sécurité.

Certes, officiellement, on n’a fait aucun lien entre l’affaire «El Bouchi» et ces mises à l’écart. Mais les révélations concernant les liens confirmés ou supposés de ces responsables et leurs progénitures avec le principal accusé dans l’affaire de la cocaïne laissent penser que les hautes autorités du pays auraient été contraintes de réagir de la sorte.

En juin dernier, rappelons-le, des titres de la presse nationale ont même affirmé que les Américains suivent avec intérêt le dossier. Selon certaines sources, citées par les mêmes médias, les Etats-Unis pourraient même intervenir pour poursuivre les personnes impliquées dans l’affaire.

«Aux Etats-Unis, il existe une loi qui habilite différents organismes de sécurité dépendants de la CIA de poursuivre toute personne ou Etat qui utiliserait le dollar américain dans des transactions pour l’achat ou la vente de la cocaïne», soulignent les mêmes sources, précisant que «les réseaux des vendeurs en Amérique latine sont tous noyautés par les agents infiltrés de la CIA et des services secrets des pays sud-américains, notamment ceux de la Colombie, un des plus grands producteurs de cocaïne au monde».

Ainsi, ajoutent les mêmes sources, «les Américains ne se sont pas déplacés à Alger juste pour s’informer – car ils ont les noms des vendeurs et des acheteurs ainsi que leurs réseaux – mais pour mettre en garde les autorités algériennes sur le fait que si parmi les personnes impliquées il y avait des officiels, cela aurait des conséquences sur l’Etat également». Y aurait-il des pressions américaines sur les autorités algériennes ?

*MADJID MAKEDHI - elwatan /  mardi 16 octobre 2018

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Les journalistes Abdou Semmar et Merouane Boudiab remis en liberté

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**Vidéo: Les journalistes Abdou Semmar et Merouane Boudiab remis en liberté

***Le tribunal de Bir Mourad Rais ( Alger) a remis en liberté, jeudi 08 novembre 2018, dans la soirée, les journalistes Abdou Semmar et Merouane Boudiab, pour complément d’enquête. Le procureur avait requis une peine d’une année de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 dinars, a appris Elwatan.com auprès de Me Hamaili Boubaker, membre du collectif d’avocats des deux journalistes du site Algérie Part, accusés de ” menaces, insultes et atteinte à la vie privée”. Les plaignants dans cette affaire sont le wali d’Alger Abdelkader Zoukh, et le directeur d’Ennahar TV, Anis Rahmani. Abdou Semmar et Merouane Boudiab avaient été arrêtés par la gendarmerie le 23 octobre dernier à Alger.*médias/ 09 novembre 2018

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L’ex-DGSN et ses cadres concernés ?

Le séisme de forte magnitude qui a frappé avant-hier l’institution militaire après l’incarcération de cinq généraux-majors, limogés de leurs fonctions en août dernier, et un colonel pour «enrichissement illicite» et «abus de confiance» va connaître prochainement de fortes répliques.

En effet, selon des sources proches de cet épineux dossier, de nombreux autres hauts gradés de la même institution sont également dans le viseur des enquêteurs et subiront dans un proche avenir un sort semblable à celui réservé à leurs supérieurs respectifs.

Mieux, un autre corps constitué serait aussi touché par ces répliques. Il s’agit de la Sûreté nationale. Des officiers supérieurs de la Direction générale de Sûreté nationale (DGSN), limogés dernièrement dans le cadre de l’enquête de l’affaire des 701 kilogrammes de cocaïne saisis au port d’Oran, seront présentés prochainement devant la justice civile à Alger pour répondre de leurs actes.

«Enrichissement illicite», «complicités», «négligences» et «abus de confiance» sont, entre autres, les accusations retenues à leur encontre durant les enquêtes, déclenchées au lendemain de la saisie de la cocaïne d’«El Bouchi» au port d’Oran. Avant même d’être convoqués, des officiers de l’institution policière tremblent déjà.

On se souvient encore de la manière avec laquelle le général-major Abdelghani Hamel, alors DGSN en poste, a été limogé, illico presto, quelques instants à peine après ses déclarations, à partir d’Oran, accusant les enquêteurs de la gendarmerie de «dépassements» lors du déroulement de l’enquête. La même secousse tellurique touchera par la suite le monde algérien des affaires.

Plusieurs têtes sont concernées par cette opération mains propres pour les mêmes motifs. Ainsi, plusieurs VIP et leurs proches vont être sérieusement inquiétés prochainement puisque les limiers ont pu établir leur connexion avec l’enrichissement illégal. Faut-il souligner que la mise sous mandat de dépôt des six hauts gradés militaires, dont cinq généraux-majors, a sérieusement secoué, dimanche dernier, les arcanes de la nomenklatura algérienne, tant la police, la justice et même la politique sont directement ou indirectement liées, sinon impliquées dans ce trafic à grande échelle notamment celui de drogue dure ?

Rappelons que le 20 juin dernier, le chauffeur personnel de l’ex-DGSN, le général-major Abdelghani Hamel, deux procureurs de la République – l’un en exercice au tribunal de Boumerdès et l’autre dans celui de Bouadouaou –, le fils de l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, le fils d’un ancien wali à Relizane et l’ex-président de l’APC de Ben Aknoun ont été présentés, par les éléments de la section de recherche et d’investigation du groupement de la Gendarmerie nationale d’Alger, devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger).

Tous les mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt. Selon des sources judiciaires, la présentation des accusés est intervenue après la prolongation de quatre jours de la garde à vue dans les geôles du groupement de gendarmerie d’Alger. Les accusés sont présumés impliqués, chacun en ce qui le concerne, dans l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran par les gardes-côtes du commandement des forces navales relevant de la façade maritime ouest (2e Région militaire).

*MOHAMED FAWZI GAIDI -  elwatan /  mardi 16 octobre 2018

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Nasreddine Lezzar. avocat :

«Nous serons mis sur la liste des États voyous»

L’affaire de la cocaïne prend des proportions inattendues. De hauts gradés de l’armée et de l’appareil sécuritaire sont congédiés, tant dis que certains sont carrément mis sous mandat de dépôt, à l’instar des cinq généraux-majors. Que pensez-vous de la gestion de ce dossier, compte tenu des standards démocratiques en la matière ?

Votre question est pertinente. Il faut se rappeler qu’une réforme du code de la justice militaire a été promulguée en juillet dernier. Les dispositions de ce code donnent des prérogatives très grandes au ministre de la Défense nationale dans la nomination des magistrats et des assesseurs dans les tribunaux militaires.

Il est le décideur final dans la nomination et l’affectation de ceux qui rendront la justice militaire. Ce pouvoir donne au ministre le droit de transformer les juridictions militaires en un département du ministère de la Défense. On ne peut plus espérer une indépendance des juges, seule garante d’une justice protectrice et indépendante. Il faut signaler que cette réforme a été adoptée après l’affaire de la cocaïne. N’y a- t-il pas un lien entre les deux ? Est-ce que cette réforme n’a pas pour objectif de permettre au ministère de la Défense nationale de gérer ce dossier ?

Est-ce que cette affaire pourrait être traitée conformément au droit  au regard du contexte politique actuel ? 

Il y a plutôt des risques d’une gestion infrajuridique, un écartèlement entre la raison d’Etat, la raison militaire et des raisons politiques… La vérité se fera peut-être un jour. Mais il me semble qu’il n’y a pas de précédent dans l’histoire, où une affaire de trafic de drogue a suscité autant de bouleversements dans le personnel politique et militaire. Ce film qui se déroule sous nos yeux ressemble, par certains aspects, à un véritable coup d’Etat.

La communication officielle est quasiment inexistante. La transparence n’étant pas au rendez-vous, ne croyez-vous pas que l’action risque d’être entachée de manque de crédibilité ?

Ce dossier aurait dû faire l’objet d’une communication officielle qui s’arrêterait au juste milieu entre le secret judiciaire et le droit de l’opinion à l’information et aussi la nécessité de défense  et de sauvegarde de la moralité des structures de l’Etat.

Une communication officielle est le meilleur rempart contre une rumeur qui engendre les suspicions les plus destructrices. Mais il faut dire que l’absence de transparence me semble naturelle, car toute affaire judiciaire est couverte par le secret de l’instruction. Il y a dans ce cas d’espèce le sacro-saint secret-défense.

L’opinion s’interroge sur les tenants et les aboutissants de cette affaire et se demande s’il ne s’agit pas aussi de règlements de comptes…

L’opinion est désillusionnée et tout est matière à suspicion. Peut-être est-ce aussi une sorte d’opération mains propres destinée à un début de propagande pour le 5e mandat. Le Président s’engagera ou plutôt on l’engagera pour continuer son œuvre purificatrice. On oubliera que ces sanctions tardives touchent ceux qui sont là depuis plus de deux décennies.

Quand on regarde le niveau d’implication présumée de hauts gradés de l’armée et des appareils sécuritaires, quelles peuvent être les conséquences de cette affaire sur le plan international ?

Naturellement, cette affaire fera date.

Les répercussions seront graves et le pays risque de rejoindre la liste des Etats non respectables, relégués au bas de la communauté des nations. C’est regrettable, car au plan international, l’Algérie s’est forgée, au fil du temps, l’image d’un pays respectable et aujourd’hui elle sera classée dans la liste des Etats voyous. C’est un manque total de crédibilité.

Mais beaucoup pensent que l’implication présumée de ces officiers est une opération destinée à la consommation externe et non pour rassurer les Algériens quant à la lutte contre la corruption. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas du tout d’accord. L’image de l’Algérie est vraiment ternie et ce n’est pas en affichant une implication à ce niveau que l’on va réhabiliter le pays.
Cette histoire déclassera le pays beaucoup plus que toutes les affaires de corruption qui ont ruiné le crédit moral du régime.

Les sommets de l’Etat sont touchés et, à différentes latitudes, atteignent même l’appareil judiciaire. Nous vivons une crise de la moralité de l’Etat.

La situation est tragique. Je ne sais quel poète arabe disait que les nations ne peuvent survivre à la disparition de leur morale.  Hélas, le processus de destruction de la morale est en train de laminer le pays.

* NABILA AMIR - elwatan /  mardi 16 octobre 2018

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Le silence coupable du… narco-Etat

La maison brûle, nos majestueux dirigeants regardent ailleurs. Des têtes, de grosses têtes bien mazoutées, de la toute-puissante Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de la glorieuse ALN, sont décapitées, empalées, soigneusement accrochées à la grille de la jeune – mais déjà grabataire – République. Mais pas de réaction officielle. Même pas un murmure et/ou une oscillation de sourcils.

Une partie du haut commandement de l’armée : cinq généraux-majors et pas des moindres, parmi eux d’ex-chefs de Région, un directeur des finances au ministère de la Défense, un ex-patron de la Gendarmerie nationale, un colonel de la sécurité de l’armée tombent, embastillés, car présumés impliqués dans l’affaire de la cocaïne : nos Bokassa se murent dans le silence.

Un silence coupable que rien ne justifie, si ce n’est l’ampleur des dégâts occasionnés par l’affaire des 701 kg de coke, parce qu’elle révèle la maffiocratie au pouvoir ayant propulsé l’«Algérie des martyrs» au rang de narco-Etat. Un narco-Etat avec ses gangs et ses cartels, miné par la corruption et l’incurie, devenant une menace potentielle pour l’équilibre et la stabilité de la région.

Ni la justice militaire (le parquet du tribunal de Blida), qui a ordonné l’arrestation, ni le parquet d’Alger, qui enquête sur l’affaire «El Bouchi», n’ont jugé utile de «communiquer» sur ce scandale à fragmentation. La loi, pourtant, autorise et incite les procureurs à éclairer l’opinion.

Cependant, les «moi, petit juge» (célèbre réplique du juge de l’affaire Sonatrach I) ne peuvent pas et/ou n’osent pas. Vite refermée, la parenthèse Zeghmati Belkacem, ancien procureur général d’Alger qui annonça en conférence de presse le lancement d’un mandat d’arrêt international contre Khelil Chakib, a décidément refroidi les plus ombrageux parmi nos magistrats réputés «vent debout» contre les turpitudes des puissants. Face au silence assourdissant des pouvoirs publics, l’«information» rapportée par Ennahar et par des webmédias, amputée de source, devient pourtant quasi officielle. Le silence des autorités valant confirmation des faits énoncés.

Ni le ministère de la Justice, ni le MDN, ni la primature, encore moins la Présidence – de loin, mais de loin seulement perçue comme «bien vacant» – aucune autorité, aucune institution, aucun pouvoir régalien ne veut, décidément, assumer ces décisions et cette chasse aux «généraux» dont les tenants et les aboutissants échappent à la loi de la gravité. Lutte contre la corruption ? Guerre des clans ? Guerre de succession ? Pression et/ou agenda étrangers ? Aucune grille d’analyse sérieusement étayée ne résistera au flou entourant cette fin de règne annoncée déjà sous le signe du chaos. Un chaos auquel appelle pieusement cette nouvelle (info ou intox) de l’arrestation du quarteron de généraux.

En effet, jamais l’Algérie n’a collé d’aussi près à sa réputation de pays ravagé par sa junte militaire (et sécuritaire). Preuve en est cette sulfureuse affaire mettant en scène des protagonistes de la version nord-africaine de «l’armée mexicaine» – les protecteurs prétoriens de la nation algérienne devenus, par le crime et la terreur, ses bourreaux – et des politiques et hommes d’affaires.  Sous le regard passif d’une galerie comptant une quarantaine de millions de spectateurs.

«Vous voulez que je fasse la révolution tout seul !» haranguait le candidat Bouteflika en septembre 1999. «Parlez-moi des généraux ! Parlez-moi de la clique des 15, des 20, peut-être des 30 (généraux)…», disait-il en guise de promesse (vaine) d’un lavement à l’esprit de sel. «Comment vous faire confiance (…) sachant que comme dans les arènes de Rome, lorsque je serai face au fauve, vous m’applaudirez moi si j’en sors vainqueur, sinon c’est le fauve que vous applaudirez.» Prémonition ?!

*MOHAND AZIRI –  elwatan /  mardi 16 octobre 2018

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L’ex-chef de sûreté de la wilaya d’Alger poursuivi en justice

L’ex-chef de sûreté de la wilaya d’Alger, Noureddine Berrachedi, est poursuivi en justice. La chambre d’accusation près la cour de justice d’Alger a estimé la semaine dernière qu’il y a lieu de le poursuivre dans l’affaire dite d’«El Bouchi» par un juge d’instruction choisi hors de la circonscription judiciaire où l’inculpé (Noureddine Berrachedi) exerce ses fonctions, avons-nous appris de sources judiciaires. Une Interdiction de sortie du territoire national (ISTN) a été émise il y a quelques jours par le parquet à son encontre, confirment d’autres sources policières. Limogé le 4 juillet dernier par le nouveau Directeur général de la Sûreté nationale, Mustapha Lahbiri, l’ex-chef de sûreté de wilaya d’Alger, Noureddine Berrachedi, avait fait l’objet de persistantes rumeurs ayant trait à sa proximité avec Kamel El Bouchi.

Ce dernier, rappelons-le, est actuellement incarcéré suite à l’affaire explosive de la tentative d’introduction en Algérie de 701 kilogrammes de cocaïne à partir du port d’Oran. Il y a lieu également de relever que son limogeage est intervenu une semaine à peine après la mise de fin de fonctions de son patron, l’ex-directeur général de la sûreté nationale (DGSN), le général-major Abdelghani Hamel. Les avocats de Chikhi insistent toujours pour que le juge d’instruction auditionne ce dernier tant que ses déclarations qui ont mené à sa mise à l’écart regorgent d’informations compromettantes. En effet, quelques heures à peine avant son limogeage l’ex-DGSN s’était insurgé en tonnant à partir d’Oran : «Lors de l’enquête préliminaire sur l’affaire des 701 kg de cocaïne, il y a eu des pressions et une violation de procédure.

Celui qui veut enquêter sur la corruption doit lui-même être propre. Nous aussi nous disposons d’informations sur cette affaire que nous mettrons à la disposition de la justice.» Il y a quelques jours, l’un de ses enfants, Ameyar Hamel, a été convoqué par le magistrat instructeur de la 9e chambre du pôle pénal spécialisé dont le siège est situé au niveau du tribunal de Sidi M’hamed.

Audition

Il a été auditionné en tant que témoin sur ses liens commerciaux avec l’accusé principal, Kamel Chikhi, notamment en ce qui concerne son parc sous douane avec chambres froides où son «client» déposait ses conteneurs de viande congelée avant d’être dédouanée. Rappelons que le chauffeur personnel de l’ex-patron de la police algérienne est actuellement en prison dans le cadre de la même affaire.

Il est accusé, selon des sources judiciaires, d’avoir assuré «l’escorte» à maintes reprises à l’accusé principal «El Bouchi» lors de ses déplacements de et vers l’aéroport international Houari Boumediène pour lui éviter d’être fouillé par les agents de la Police des frontières (PAF) et les douanes algériennes. Noureddine Berrachedi a été nommé chef de sûreté de wilaya d’Alger fin 2014.

Sa promotion est intervenue au lendemain du limogeage de son patron de l’époque, l’ex-chef de sûreté de wilaya d’Alger, Noureddine Boufellaga. Ce dernier avait payé les frais d’un plébiscite émanant des hommes bleus qui, en colère, voulaient le voir succéder à Abdelghani Hamel à la faveur d’une marche inédite qui les avait conduits jusqu’aux portes mêmes de la présidence de la République.*elwatan / vendredi 09 novembre 2018

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Engouement pour les application de Météo Algérie

Quand les Algériens scrutent le ciel

Ces 4 dernières semaines, il a été enregistré plus de 14 500 consultations des BMS publiés sur la page Facebook de l’ONM et 26 600 autres de la carte de vigilance.

Après les inondations qui ont touché, ces dernières semaines, plusieurs wilayas du pays, la situation météorologique devient un élément-clé du programme quotidien des Algériens. Ces derniers changent, voire annulent des plannings en fonction de la pluie et du beau temps. Hormis les bulletins radiotélévisés, qui sont un moyen traditionnel, l’affluence des Algériens vers les outils modernes est palpable.

En plus de sites spécialisés, dont celui de l’Office national de météorologie (ONM), des pages sur les réseaux sociaux entièrement dédiées à cela retiennent un intérêt particulier. Ainsi, la page «Météo Algérie» compte plus d’un million de «j’aime» et de followers. Initiée par des jeunes météorologues, des bulletins météo très précis y sont publiés plusieurs fois dans la journée.

L’importance des informations qu’elle contient et leur exactitude sont les principaux motifs de recommandation des facebookeurs. Le succès de cette page a poussé ses initiateurs à la doter d’un site web. D’autres pages avec un succès similaire inondent les réseaux sociaux, que ce soit Facebook ou Twitter. Modernité oblige, une météo dans la poche est le conseiller de plusieurs milliers d’Algériens.

Parce qu’elles sont un outil rapide, fiable et à portée de main, des dizaines d’applications pour smartphones sont créées et téléchargées. Une démarche qui a séduit l’ONM, lequel a récemment lancé une application pour les utilisateurs de smartphones, disponible sur PlayStore. Mise à jour automatiquement avec le changement des prévisions météorologiques, cette application (en cours de perfectionnement) a été téléchargée plus de 5000 fois. Elle sera bientôt disponible sur AppStore.

Selon Houaria Benrakta, chargée de l’information auprès de l’ONM, les orages violents, qui ont caractérisé le mois d’octobre et ce début du mois de novembre, ont attiré beaucoup d’internautes algériens pour télécharger cette application et surtout visiter le site web de l’ONM qui propose aujourd’hui un nouveau produit : la carte de vigilance.

Durant cette période de 4 semaines, il a été enregistré plus 14 500 consultations des BMS qui y sont publiés et 26 600 autres de la carte de vigilance. Pour Mme Benrakta, l’exactitude de la carte de vigilance, qui donne nettement plus de détails que le simple BMS (appelé à disparaître dans un futur proche), est la raison de cette affluence.

Lancé en mars dernier, ce système, rappelons-le, consiste à classer la vigilance en quatre niveaux identifiés par des couleurs : le vert pour une vigilance zéro. Le jaune est le premier palier d’avertissement qui incite le citoyen à rester informé des derniers changements qui peuvent survenir.

Le niveau 2 est de couleur orange, c’est l’équivalent du BMS ; à ce niveau, il est annoncé un phénomène météorologique dangereux qui nécessite une forte vigilance et une mobilisation des acteurs publics.

La couleur rouge est le niveau 3 d’avertissement qui signifie la survenue de phénomènes exceptionnels et d’une extrême dangerosité qui nécessitent la grande mobilisation de tous les acteurs concernés et des bulletins de suivi. Une formation sera donnée prochainement aux présentateurs de bulletin météo radiotélévisé afin de généraliser l’utilisation de ce nouveau système à couleurs.*ISMA BERSALI / elwatan / mardi 06 novembre 2018

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Affaire des généraux-majors emprisonnés :

L’establishment militaire ébranlé

L’incarcération des cinq généraux-majors et d’un colonel, responsable régional (Oran) de la sécurité de l’armée, a fait l’effet d’un séisme. Dans les rangs de la muette, elle constitue le principal sujet de discussion et suscite aussi bien l’inquiétude que l’appréhension, dans une conjoncture très difficile, où l’institution militaire est appelée à plus de mobilisation pour faire face aux dangers qui menacent les frontières du pays.

Il faut dire que les conditions dans lesquelles les hauts gradés ont été poursuivis et placés en détention ont choqué plus d’un, révèlent des sources sécuritaires, même si pour nombre d’entre elles, «le train de vie des mis en cause renvoie à un enrichissement illicite».

En fait, depuis l’affaire de feu le général Beloucif, au début des années 1990 (poursuivi et condamné par le tribunal militaire pour «corruption» et «dilapidation de deniers publics»), la muette a toujours lavé son linge sale en famille. C’est la première fois qu’elle le fait en public.

Y a-t-elle été obligée ? Probablement. Le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, «ne semble pas le seul ordonnateur». Il suffit de s’arrêter sur les généraux-majors incarcérés pour comprendre que la décision d’aller jusqu’à l’incarcération résulte d’un compromis qui tient compte aussi bien de l’équilibre régional que de l’allégeance.

Ainsi, nous retrouvons deux chefs de Région originaires de l’Ouest : Lahbib Chentouf (ex-chef de la 1re Région militaire) et Menad Nouba (ex-patron de la Gendarmerie nationale) ; deux généraux-majors de l’est du pays : Boudjemaa Boudouaouar (directeur central des finances) et Abderrazak Cherif (ex-chef de la 4e RM) et un général-major du Centre, ou plutôt de la Kabylie : Saïd Bey (ex-chef de la 2e Région militaire).

Le deal, c’est aussi de se délester de ses alliés pour pouvoir poursuivre les intouchables qui échappent au contrôle. Ainsi, Lahbib Chentouf est connu de tous comme étant «proche de la famille Bouteflika» et son nom a même été cité comme successeur du chef d’état-major, tout comme l’a été Saïd Bey, présenté d’ailleurs comme «une tête dure».

Les autres – Abderrazak Cherif, Boudjemaa Bouadouaouar et Menad Nouba – font partie des hommes de confiance du chef d’état-major et même de ses protégés. S’ils ont duré aussi longtemps à leurs postes, c’est grâce à lui.

L’affaire Kamel Chikhi, dit «le Boucher», principal accusé dans l’affaire des 701 kg de cocaïne, a été certes une aubaine pour débarquer les deux trublions – Lahbib Chentouf (à la tête de la 1re RM) et Said Bey (à la tête la 2e RM) – d’où l’information sur le magnat de l’immobilier et ses connexions avec les plus hauts responsables de l’administration aurait dû émaner pour anticiper sur les événements. Mais l’enquête ne s’est pas arrêtée là.

Les noms de Boudjemaa Boudouaouar, directeur des finances et président de la commission des marchés ; de Abderrazak Cherif, chef de la 4e RM et de Menad Nouba, patron de la gendarmerie, proches collaborateurs du chef d’état-major de l’ANP, sont cités.

Le rapport de l’enquête est ahurissant. D’abord sur Abderrazak Cherif, qui aurait amassé une fortune colossale grâce à sa proximité avec des entrepreneurs et des hommes d’affaires par l’intermédiaire de son fils ; ce dernier aurait même joué un rôle pour permettre à Kamel «le Boucher» d’obtenir des marchés d’approvisionnement des casernes de Ouargla en viande.

C’est aussi le fils de Lahbib Chentouf que l’on retrouve sur les enregistrements vidéo des caméras de surveillance installées par Kamel Chikhi dans ses bureaux où, souvent, les affaires se traitaient. On évoque dans le rapport les activités suspicieuses des sociétés créées par les enfants de l’ex-chef de la 1re RM.

Les mêmes faits sont reprochés à Saïd Bey (ex-chef de la 2e RM), dont les affaires, notamment avec certains promoteurs immobiliers de l’Ouest, lui auraient permis d’ériger une fortune colossale. Très proche du vice-ministre pour avoir été, durant plus d’une décennie, son directeur financier et président des commissions des marchés au ministère de la Défense, Boudjemaa Boudouaouar aurait été compromis par non seulement les caméras de Kamel Chikhi, mais aussi par un train de vie des plus luxueux. Sa fortune est passée du simple au triple en quelques années seulement et tout son entourage était étonné de cette fulgurante ascension sociale.

La question qui reste posée est de savoir comment ces hauts gradés ont pu commettre autant de délits ­­­– «corruption», «enrichissement illicite» et «trafic d’influence» – durant de longues années sans que leur hiérarchie n’en soit informée ? Peut-on croire que le patron de la sécurité de l’armée ait fermé les yeux ou n’ait rien su ? Difficile à admettre.

On se demande aussi si son limogeage, en août dernier, est lié à cette affaire. En tout cas, c’est à son initiative que le colonel régional de son service à Oran, incarcéré avec les généraux-majors, a été démis de ses fonctions il y a moins d’une année. Est-ce pour les mêmes faits ? On n’en sait rien. Ce qui est certain, c’est que le patron de la sécurité de l’armée n’a pas été inquiété comme l’ont été les hauts gradés placés en détention par le tribunal militaire de Blida.

Cette affaire risque de faire beaucoup de mal et, déjà, certains évoquent des vices de forme. Le tribunal de Blida serait, selon eux, «incompétent» pour mener l’instruction parce qu’au moins trois des mis en cause ont travaillé dans sa circonscription.

*Salima Tlemçani / -elwatan /  mardi 16 octobre 2018

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