Le chaos arabe

**Confusion totale à l’aéroport de Tripoli …Tout le monde est en train de fuir

une brigade armée bloque le trafic aérien à l’aéroport de Tripoli

**affrontements entre des groupes armés à Benghazi

Une brigade armée a pris d’asssaut lundi à l’aéroport de Tripoli, la capitale libyenne, avec des chars et véhicules armés bloquant totalement le trafic aérien, au lendemain de l’enlèvement de son chef dans des circonstances mystérieuses.
« C’est la confusion totale à l’aéroport. Tout le monde est en train de fuir. Plusieurs véhicules armés et des chars ont été positionnés sur le tarmac et ont bloqué le trafic », a indiqué à l’AFP une source à l’aéroport.
« Des voitures avec des canons anti-aériens et des hommes armés entourent les avions et les empêchent de bouger. Certains ont fait descendre des voyageurs qui avaient déjà embarqué dans des avions », a indiqué une autre source aéroportuaire sous couvert de l’anonymat.
L’agence officielle Lana qui cite des témoins a confirmé cette « prise d’assaut », affirmant qu’avec cet acte, les assaillants veulent faire pression sur le gouvernement libyen pour élucider l’affaire du rapt de leur chef Abouajila Al-Habchi.
Selon l’agence, les hommes armés ont tiré en l’air, blessant légèrement un des employés de l’aéroport et provoquant la panique parmi les voyageurs.
Le porte-parole du Conseil national de transition (CNT), Mohamed al-Harizi avait déclaré plus tôt qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances de la disparition du commandant de la brigade d’al-Awfya.
La Haute commission de sécurité de Tripoli, qui dépend de ministère de l’Intérieur, a annoncé de son côté dans un communiqué qu’elle n’avait « aucun lien avec la disparition et l’enlèvement du colonel Abouajila Al-Habchi » et qu’elle enquêtait toujours pour identifier les responsables de cet incident et les traduire devant la justice.
Les autorités libyennes avaient intégré plusieurs milliers d’ex-rebelles dans les ministères de l’Intérieur et de la Défense mais plusieurs brigades lourdement armées exigent d’être intégrées, sans être dissoutes.
Certaines d’entre elles continuent à surveiller les frontières ou assurer la sécurité dans plusieurs régions, mais n’hésitent pas à recourir aux armes pour faire plier les autorités, voire se livrer au racket.
Beaucoup de ces milices ont pris goût au pouvoir des armes et refusent de s’en séparer, ce qui a provoqué l’indignation de la population civile qui s’est mobilisée à plusieurs reprises pour dénoncer ces « faux-révolutionnaires ». (AFP-04.06.2012.)

*affrontements entre des groupes armés à Benghazi ….Des affrontements armés ont éclaté lundi soir à Benghazi entre des membres de la police militaire et une brigade de cette ville de l’est libyen, après la mort d’un jeune à un point de contrôle à l’ouest de la ville, a-t-on appris de source sécuritaire dans la ville. Vers minuit (22H00 GMT) des combats étaient en cours autour du QG de la police militaire à Benghazi, selon un journaliste de l’AFP. Selon un responsable de sécurité, un jeune membre d’une brigade de la ville a été tué par balle près du checkpoint d’Al-Gawercha (ouest de la ville) tenu par la police militaire, ce qui a déclenché les hostilités. Les affrontements ont commencé autour de ce point de contrôle avant que la brigade n’attaque le QG de la police militaire dans le quartier d’Abouhdima où des tirs d’armes de différents calibres et des sirènes d’ambulances étaient toujours entendus, selon le correspondant de l’AFP. Des sources des services de sécurité n’ont pas fait état dans l’immédiat de victimes ou de dégâts. Plus tôt dans la journée, des ex-rebelles avaient pris d’assaut l’aéroport de Tripoli, bloquant le trafic aérien, pour dénoncer le mystérieux « enlèvement » de leur chef, avant que les autorités ne parviennent à les chasser et à reprendre le contrôle de la situation. Ces violences interviennent au moment où le nouveau régime tente de convaincre la population et la communauté internationale de sa capacité à assurer la sécurité dans le pays à la veille des élections d’une constituante. Les autorités libyennes ont intégré dans les ministères de l’Intérieur et de la Défense plusieurs milliers d’ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi, mais plusieurs brigades lourdement armées sont toujours récalcitrantes ou exigent d’être intégrées sans être dissoutes. Certaines d’entre elles n’hésitent pas à recourir aux armes pour le moindre conflit d’intérêt ou pour faire plier les autorités. (Ennahar-05.06.2012.)

**Youcef Chakir : « 600 Libyennes enceintes vitimes de viols par les rebelles soutenus par l’OTAN »

Le chaos arabe files.php?file=une_167783851

Youcef Chakir une des personnalités libyennes qui a défendu le défunt Mouammar Kadhafi a affirmé dans une interview exclusive à Echorouk qu’il n’a rien à voir avec la sorcellerie. «Je ne suis pas un sorcier et je n’ai absolument rien à voir avec la sorcellerie», a-t-il affirmé dans cette interview. Par ailleurs, il a ajouté que l’affaire d’Imene El Oubeidi, jeune fille libyenne violée par les forces loyalistes de Mouammar Kadhafi-selon la version des rebelles- a été une mise en scène. A ce propos, il affirme détenir une cassette vidéo qui prouve que cette affaire a été inventée de toutes pièces dans le seul but de nuire à l’ancien régime libyen, à Kadhafi et son armée…(Echorouk-05.06.2012.)

**Marche de Libyennes à Tripoli pour dénoncer les viols…Des femmes jeunes et âgées ont marché dans les rues avec une bande sur la bouche pendant une heure de temps et sont allées au bureau du Premier ministre, Abderrahim Al-Kip, qui a tenu une réunion avec elles au sujet de leurs revendications. Selon certaines organisatrices de la marche, les participantes ont remis à Al-Kip une lettre appelant à infliger de sévères sanctions à ceux qui ont commis des crimes de viol et à apporter un appui financier et logistique aux ONG pour aider les victimes. …Les manifestants qui portaient des médailles roses et des banderoles sur lesquelles était écrit ‘’vous n’êtes pas seuls’’ étaient composées de mères de famille, de petits enfants et d’un petit nombre d’hommes… Le nombre de victimes de viols pendant la « révolution » libyenne est estimé à 8.000 cas, un chiffre qui pourrait être révisé à la hausse si on considère les cas non déclarés. En plus de cela, des cas de viols contre des hommes ont été évoqués. …. (APA.news.net)

**Les crimes de guerre de l’OTAN en Libye (Veterans Today)

* Par Susan LINDAUER

C’est une histoire que CNN ne couvrira pas. Tard dans la nuit des coups à la porte dans la ville de Misurata. Des soldats armés sortent des jeunes femmes libyennes de leurs lits avec leurs armes. En embarquant les femmes et les adolescentes dans des camions, les soldats jettent ces femmes dans des séances de viols collectifs par des rebelles de l’OTAN – ou bien les violent devant leurs maris ou leurs pères. Quand des rebelles de l’OTAN finissent leur sport de viol, ils tranchent les gorges des femmes.

Selon des rapports de réfugiés, les viols sont désormais des actes de guerre courants dans les villes tenues par les rebelles, et font partie d’une stratégie militaire organisée.
Joanna Moriarty, qui fait partie d’une délégation d’investigation internationale, visitant Tripoli cette semaine, rapporte également que des rebelles de l’OTAN sont passés de maisons en maisons à Misurata, demandant aux familles s’ils soutiennent l’OTAN. Si les familles répondent par la négative, elles sont tuées sur place. Si les familles disent qu’elles veulent rester au combat, les rebelles de l’OTAN prennent pour les terroriser une approche différente. Les portes « de maisons neutres » sont complètement obturées et soudées, rapporte Moriarty, prenant au piège les familles à l’intérieur. Dans des maisons libyennes, les fenêtres sont typiquement protégées par des barreaux. Ainsi quand les portes d’une maison sont soudées, les habitants libyens sont enfermés dans leurs propres maisons, où les forces de l’OTAN peuvent être sûres que des familles entières mourront lentement de faim. Cela se passe quotidiennement. Ce ne sont pas des événements isolés. Et les soldats de Kadhafi ne sont pas responsables. En fait, des familles pro-Kadhafi et « neutres » sont la cible de ces attaques. Il est probable que l’OTAN ait essayé de tirer parti de ces évènements dans l’espoir de les imputer aux forces de Kadhafi. Ces attaques cependant commencent à avoir un effet contraire.
Flashback en Serbie
Ces événements sont sinistrement évocateurs du conflit de la Serbie dans les Balkans avec ses camps de viol tristement célèbres – sauf qu’aujourd’hui l’OTAN elle-même commet ces crimes de guerre – comme s’ils avaient appris de leurs ennemis la pire tactique de terreur qui soit.
Leurs actions seraient catégorisées comme crimes de guerre, comme celles du leader serbe, Slobodan Milosevic, sauf que l’OTAN ne se permettra pas de faire face à l’accusation. Pour l’OTAN, les lois internationales semblent être réservées à l’adversaire.
L’OTAN a tort. Tant que les gouvernements de l’OTAN fournissent le financement, les fusils d’assaut, l’entrainement et la formation militaire, les conseillers au sol, les véhicules de soutien et l’aviation, ils sont entièrement responsables des actions de leurs soldats dans la zone de guerre. Les rebelles de Libye ne sont pas une force de combat en guenille non plus. Grâce aux largesses de l’OTAN, financées par les contribuables étatsuniens et européens, ils sont entièrement parés d’uniformes militaires, défilant dans les rues avec des véhicules militaires pour que tout le monde puisse les voir.
Et on les voit vraiment. À Washington, le Congrès se plait à prétendre que l’Amérique ne s’est pas impliquée dans les réalités quotidiennes de la planification militaire. Cependant les réfugiés ont observé des soldats étatsuniens, britanniques, français et israéliens à proximité des soldats rebelles attaquant des civils.
« Les parties de viol » sont les exemples les plus obscènes de la perte de contrôle moral de l’OTAN. Un père en pleurs a dit à la délégation d’investigation comment il y a environ deux semaines des rebelles de l’OTAN avaient ciblé sept ménages distincts, enlevant une fille vierge dans chaque famille pro-Kadhafi. Les rebelles étaient payés pour chaque fille enlevée, de même qu’ils sont payés pour chaque soldat libyen qu’ils tuent – comme des soldats mercenaires. Ils ont embarqué les filles dans des camions et les ont emmenées dans un bâtiment où elles ont été enfermées dans des pièces séparées.
Les soldats de l’OTAN ont continué à boire de l’alcool, et à se saouler. Alors le leader leur a dit d’aller violer les filles vierges selon le mode du viol collectif. Quand ils eurent fini de violer les filles, le leader de l’OTAN leur a dit de trancher les seins des filles vivantes et de les lui apporter. Ils l’ont fait alors que les filles étaient vivantes et hurlant de douleur. Toutes les filles sont mortes de mort affreuse. Alors leurs seins coupés ont été emmenés sur une place locale et ont été mise en place pour orthographier le mot « putain ».
Le père affligé a parlé lors d’une convention d’ouvriers, suivie par la délégation d’enquête internationale. Il pleurait ouvertement, comme chacun d’entre nous le ferait. Les délits de l’OTAN en Libye sont aussi épouvantables et impardonnables que la castration de la Syrie et la mutilation du garçon de 13 ans qui a choqué le monde. Pourtant dès que l’OTAN s’avère être en position de culpabilité coupable, les média occidentaux regardent avec dégoût dans la direction opposée.
Certains d’entre nous prêtent attention. Nous pouvons voir que l’OTAN est devenue le voyou en Libye. Et le peuple libyen lui-même considère cela comme impardonnable. La semaine dernière, 2000 chefs tribaux se sont réunis à Tripoli pour mettre sur pied une Constitution pour leur pays, comme demandé par le gouvernement britannique. Notoirement, des navires de guerre britanniques et des drones américains ont bombardé les rues de Tripoli avec des bombes à bunker et des missiles pendant des jours et des nuits à proximité même de l’endroit où les chefs tribaux se réunissaient. De Tripoli, cela donnait le terrible sentiment que les Anglais essayaient d’empêcher le peuple libyen de mettre sur pied cette constitution.
Les chefs tribaux condamnent l’agression britannique
Voici ce que ces 2000 chefs tribaux avaient à dire de l’agression britannique, dans une déclaration approuvée unanimement le 3 juin. Le scheik Ali, le leader des chefs tribaux, l’a transmise à Joanna Moriarty et d’autres membres de la mission internationale.

« Le peuple libyen a le droit de se diriger lui-même. Des attaques constantes depuis le ciel, à toutes les heures du jour (et de la nuit) ont complètement perturbé les vies des familles de Libye. Il n’y a jamais eu de combat à Tripoli, et pourtant nous sommes bombardés chaque jour. Nous sommes des civils et nous sommes tués par les Anglais et par l’OTAN. Les civils sont des gens sans armes à feu, cependant les Anglais et l’OTAN protègent seulement les croisés armés de l’Est en agissant comme leur armée d’attaque. Nous avons lu les résolutions de l’ONU et il n’y a aucune mention de bombarder des civils innocents. Il n’y a aucune mention d’assassiner les autorités légitimes dans toute la Libye. »« Le peuple libyen a le droit de choisir ses propres leaders. Nous avons subi l’occupation par des pays étrangers pendant des milliers d’années. Ce n’est qu’au cours des 41 dernières années que nous les Libyens avons pu jouir de notre propre propriété. Ce n’est qu’au cours des 41 dernières années que nous avons vu notre pays se développer. Ce n’est qu’au cours des 41 dernières années que nous avons vu tous les Libyens jouir de meilleures conditions de vie tout en sachant que nos enfants auront une vie meilleure que ce que nous avons eu. Mais maintenant avec les Anglais et les attentats à la bombe de l’OTAN sur notre pays, nous assistons à la destruction de notre infrastructure nouvelle et développée. »

« Nous des leaders voyons la destruction de notre culture. Nous des leaders voyons des larmes dans les yeux de nos enfants à cause de la crainte constante » de la « pluie de terreur » dans les cieux de Libye des Anglais et des attentats à la bombe de l’OTAN. Nos vieillards souffrent de problèmes du cœur, de diabète accru et de perte d’énergie. Chaque jour nos jeunes mères perdent leurs bébés à cause du stress des Anglais et des attentats à la bombe de l’OTAN. Ces bébés perdus sont l’avenir de la Libye. Ils ne peuvent jamais être remplacés. Nos armées ont été détruites par les Anglais et les attentats à la bombe de l’OTAN. Nous ne pouvons pas nous défendre d’attaques de qui que ce soit. »

« En tant que chefs tribaux de Libye, nous devons demander : pourquoi les Anglais et l’OTAN ont-ils décidé d’engager cette guerre contre le peuple libyen ? Il y a un nombre limité de dissidents à l’est de la Libye qui a initié une insurrection armée contre notre autorité légitime. Tout pays a le droit de se défendre contre une insurrection armée. Pourquoi donc la Libye ne peut-elle pas se défendre ? » « Les chefs tribaux de Libye exigent que tous les actes d’agression, par les Anglais et par l’OTAN, contre le peuple libyen s’arrêtent immédiatement.

Le 3 juin 2011. »

Ceci donne-t-il à penser que l’OTAN dispose une stratégie gagnante ? S’il en est ainsi, ils devraient y penser à deux fois. Même si Kadhafi tombe, l’OTAN n’a aucun espoir de se débarrasser de l’entièreté de structure tribale de la Libye, qui comprend toutes les familles et les clans. Au lieu de cela, avec chaque missile qui percute un nouveau bâtiment, l’OTAN est en train de perdre la bataille pour les cœurs et les esprits du peuple libyen.

Réactions tribales

Le peuple libyen résiste. Ce rapport est arrivé de Tripoli aujourd’hui. Il n’est pas édité et décrit une réaction dans la guerre tribale de la Ville de Darna à l’Est, où l’on suppose que la rébellion est la plus forte : « Des gens ont trouvé le corps de Martyr Hamdi Jumaa Al-Shalwi dans la ville de Darna, à l’Est de la Libye. Sa tête avait été coupée et placée ensuite devant le siège social de la Sécurité Intérieure de Dernah. Cela s’est passé suite à un kidnapping au point de contrôle Herich. En réponse à cela, la famille Al-Shalwi a érigé une tente d’obsèques pour recevoir des condoléances, où a été hissé le drapeau vert [de la Libye]. Après les obsèques la ville entière de Darna est montée avec toutes ses tribus qui comprennent : la famillle Abu Jazia, la famille Al-Shalwi, les familles Quba, les familles Ain Marra. Après cela, la famille Al-Shalwi et la tribu Bojazia ont attaqué le siège social du Conseil Transitoire et ont tué tous les rats (les rebelles) et des drapeaux verts ont été hissés. En outre, le fils de Sofian Qamom a été tué, de même que deux membres d’ Al Qaeda ont été tués par les résidants de la ville de Darna. Le drapeau du Jamahiriya libyen a été hissé au-dessus de Darna après les heurts. « 

CNN n’a rien rapporté de tout ceci. Les médias conventionnels continuent à faire croire aux étatsuniens à de faux progrès sur la guerre libyenne. Les étatsuniens sont hors jeu vis-à-vis des échecs de l’effort de guerre. Par conséquent, les Libyens perdent confiance vis-à-vis du potentiel d’amitié avec l’Ouest. Un champion peu probable pourrait rétablir cette confiance. Pour le moment une équipe d’avocats internationaux est en train de préparer des griefs d’urgence pour le compte des chefs tribaux et du peuple libyens. La Communauté de Paix Internationale pourrait contribuer considérablement à la reconstitution de la confiance de la Libye envers l’Ouest en soutenant cette action de droits de l’homme. En effet, le peuple libyen et les chefs tribaux méritent notre soutien. Ensemble nous devons exiger que l’OTAN fasse face à la aux accusations pour crime de guerre, sur base de ces exemples ainsi que d’autres. Il doit être exigé des gouvernements de l’OTAN qu’ils paient pour dommages et intérêts financiers aux familles libyennes, de la même façon que ce que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne exigeraient pour le compte de leurs propres citoyens dans des circonstances identiques. Le monde ne peut pas tolérer des doubles standards par lesquels des nations puissantes abusent de citoyens impuissants. Les conventions internationales de guerre de Genève doivent être mises en application et la force égale de la loi doit être appliquée.

Le Combat pour Misurata

Quoique les attaques soient étendues, certains des pires abus se produisent à Misurata. La ville dispose du seul grand port en Libye et traite le transport pour le pays, y compris les plus grands dépôts pétroliers et à gaz. L’OTAN fera tout pour prendre la Ville. Des réfugiés rapportent que le drapeau à l’Étoile de David israélien a été hissé sur la plus grande Mosquée de Misurata le deuxième jour des combats, des actions visant à humilier et contrarier à la population locale. Des forces de l’OTAN ont coupé l’approvisionnement alimentaire et médical partout dans le pays. Mais le poisson est abondants dans des eaux méditerranéennes. Des pêcheurs courageux ont pris leurs bateaux du port, et essayent de récolter le poisson pour la population affamée. Pour entraver leur persévérance, des drones américains et des avions de guerre britanniques tirent des missiles sur les bateaux de pêche, visant délibérément des navires non-militaires pour les déloger. Pourtant malgré toute sa puissance de feu et ses avantages tactiques, l’OTAN semble être en train de perdre. Selon la délégation d’enquête aujourd’hui, beaucoup de rebelles ont quitté) Misurata et sont repartis en bateau pour Benghazi. La majeure partie du centre de Misurata est maintenant libre et sous contrôle militaire central. Le peuple libyen a abattu deux hélicoptères de combat près de la ville de Zlitan. Et bien qu’Al Jazeera ait montré toute une histoire sur un soulèvement majeur contre Kadhafi à Tripoli, une des femmes d’un leader tribal vit dans la rue qui aurait supposément été au centre de la manifestation et aurait déclaré qu’elle n’a vu aucune foule depuis sa fenêtre. Et il n’y a pas de bus à Tripoli comme ceux qui ont été décrits dans la vidéo d’Al Jazeera. On doit se demander : quel genre de société l’OTAN pense-t-elle créer si Kadhafi peut en fait être expulsé, ce qui semble très peu probable ? Washington et Londres n’ont-ils rien appris de leur échec en Irak ? La cruauté et la dégradation des forces de l’OTAN alimentent déjà des haines profondes qui continueront pour la génération suivante.

Qui pourrait être fier de tels « alliés » ? Sûrement pas le peuple libyen.

Des soldats de l’OTAN ne valent guère mieux que des voyous. N’importe qui d’autre serait étiqueté de terroriste. Plus inquiétant, il peut être garanti que les actions de l’OTAN auront des conséquences sérieuses à long terme sur la stabilité politique en Libye. Des vendettas se forment entre des tribus et des clans familiaux et celles-ci se poursuivront pendant des décennies. Les exactions (de l’OTAN) font preuve d’une vision à extrêmement court terme et sont autodestructives. L’OTAN devrait prendre cet avertissement à cœur : ses soldats ne sont pas à l’abri de répercussions juridiques. La Communauté Internationale de Paix agit dors et déjà pour soutenir les droits naturels de la Libye aux Nations unies. Beaucoup d’entre nous dans la Communauté Internationale de Paix défendront les femmes de Libye. Et nous exigerons une accusation pour crimes de guerre et des dommages et intérêts financiers majeurs envers les gouvernements de l’OTAN, pour le compte du peuple libyen. Personne ne croit à l’histoire de l’OTAN selon laquelle Kadhafi est le parti coupable. Nous savons que Washington, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie – et Israël sont ici les véritables criminels.

Les femmes assassinées de Misurata auront la justice. l’OTAN peut compter dessus.

Susan Lindauer
ex-correspondante américaine pour la Libye aux Nations unies.

Article paru 7 juin 2011 sur http://www.veteranstoday.com/2011/06/07/going-rogue-natos-wa…

Traduction copyleft Jean-Luc Guilmot – 11 juin 2011

 

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*Printemps ou mirage?

«Le premier des droits de l’homme c’est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail.» Jean Jaurès

Depuis plus de quatre mois, les peuples arabes connaissent, à des degrés divers, l’instabilité. Les révoltés se battent pour la liberté. Les révoltes dans chacun des pays ont des singularités, mais elles ont un dénominateur commun. Ce sont les jeunes qui en sont les moteurs. S’il est vrai que des dynamiques souterraines existaient pour se soulever contre les pouvoirs en place et les motifs sont légion, on ne peut pas cependant, exclure les manipulations occidentales qui, à des niveaux divers guident ou canalisent ces révoltes. Nous allons examiner la situation actuelle de ces révoltes qui jouent les prolongations. Ainsi et comme l’écrit Ahmed Al Zorqa à propos du Yémen protégé par les Américains: «Le président Ali Abdallah Saleh a donné son accord à un projet du Conseil de coopération du Golfe prévoyant sa démission à moyen terme. Si les partis d’opposition semblent favorables à ce plan, les manifestants exigent toujours le départ immédiat du dirigeant yéménite. Le plan de sortie de crise présenté le 23 avril par les monarchies du Golfe est en réalité destiné à empêcher la transition démocratique au Yémen.(…) Car c’est l’Arabie Saoudite qui fait barrage aux demandes de chute du régime. Elle ne veut pas que les Yéménites réussissent leur transition démocratique, de peur de perdre son influence sur le pays voisin, qu’elle considère comme son arrière-cour.(1)
Mieux encore, les dépêches en provenance de Bahreïn [ où il y eut une répression avec l’aide de l’Arabie Saoudite] révèlent que les forces de sécurité continuent de violer la Convention de Genève en torturant les protestataires qui participent aux manifestations.»

Humanitaire à géométrie variable
On est en droit de se demander pourquoi l’Occident (les Etats-Unis et leurs alliés français et anglais) ont une conception de l’ingérence humanitaire à géométrie variable. Les Bahreinis ne sont-ils pas des humains au même titre que les Libyens? Quarante-deux ans d’un pouvoir exécrable ne tolèrent, écrit certes, nulle indulgence. Mais l’argumentaire occidental, «la protection des populations», une version réactualisée de l’ingérence humanitaire, gagnerait toutefois en crédibilité si une telle mesure s’était appliquée également aux pays en proie à la même contestation populaire, périphérique de l’Arabie Saoudite, particulièrement Bahreïn et le Yémen, où la répression a atteint le même degré de férocité qu’en Libye. L’imposition de cette mesure, le 18 mars 2011, révèle la duplicité de la diplomatie occidentale dans le traitement des grands problèmes internationaux, particulièrement en ce qui concerne la gestion des conflits du tiers-monde. Les tergiversations occidentales à l’égard de cette mesure masquent mal les compromissions de l’Europe avec le gouvernement du colonel El Gueddafi et s’expliquent par l’importance que revêt le marché libyen aux yeux des divers protagonistes, notamment au niveau des transactions militaires: quatorze des vingt-sept pays membres de l’Union européenne exportent des armes vers la Libye, pour un montant de 844 millions de dollars, alors qu’un embargo «de facto» sur les livraisons d’armes est désormais en vigueur. L’empressement de la France de prendre la tête de cette nouvelle «croisade», selon l’expression de son ministre de l’Intérieur Claude Guéant, répond au souci de Nicolas Sarkozy de gommer de la mémoire l’accueil triomphal réservé à El Gueddafi, en décembre 2007, avec l’installation de sa tente dans le périmètre de l’Elysée, en même temps que de se dédouaner de sa complaisance ancienne avec les dictateurs arabes. http://www.renenaba.com/libye-le-zele-de-la-france-en-suspicion/ 25.04.201.
Pour Manlio Dinucci, l’objectif de la guerre en Libye est double. «Il n’est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1500 milliards de m3. Dans le viseur des «volontaires» de l’opération «Protecteur unifié» il y a aussi les fonds souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger. Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres organismes. (…) Selon les déclarations officielles, c’est «la plus grosse somme d’argent jamais bloquée aux Etats-Unis», que Washington garde «en dépôt pour l’avenir de la Libye». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne a «gelé» 45 milliards d’euros de fonds libyens».(2)
Abdelatif Kerzabi explique cela par l’autoritarisme. Ecoutons-le: «L’autoritarisme (G. Hermet, 1985) est un rapport gouvernants-gouvernés reposant de manière suffisamment permanente sur la force plutôt que sur la persuasion. L’autoritarisme se manifeste par: l’absence de respect des droits de l’homme, l’embrigadement de la société par la réglementation de tous les aspects de la vie sociale, la persécution de l’opposition, la restriction des libertés d’association, d’expression et d’opinion, le recrutement de l’élite politique relève de la cooptation, enfin, les élections ne sont qu’une apparence démocratique et visent à légitimer le système politique aux yeux du monde. Voilà ce qui s’apparente aux régimes politiques dans le Monde arabe». C’est contre ces régimes que la rue arabe explose. (…) Ils se font appeler Zaïms (leaders charismatiques) après les indépendances des pays arabes, et centralisent tout le pouvoir politique. C’est l’euphorie des peuples arabes qui viennent de se libérer du colonialisme. (…) Armés de leur légitimité historique, les Etats arabes ont imposé leur domination sur la société par la concentration des pouvoirs. Les pouvoirs en place n’admettent pas les voix discordantes. Ils se considèrent investis d’un message divin que les autres n’ont pas le droit de discuter. Ici et là, l’opposition est considérée comme une agression au Watan (la nation). Les opposants sont des Khaouana (traîtres à la nation). Dans les années quatre-vingt, alors que la démocratie se met en place en Europe de l’Est, les pays arabes font foi d’une certaine réticence dans un monde où la liberté des peuples apparaît comme une norme universelle (…) La démocratie libérale et le libre marché constituent désormais l’horizon indépassable pour toutes les sociétés nous dit le philosophe américain F. Fukuyama. Les Constitutions sont révisées pour ouvrir le champ politique à la société mais surtout pour pérenniser les pouvoirs en place. Les pays arabes ont réussi à mettre en place des institutions «démocratiques» tout en les vidant de leur substance. Invoquant l’ordre sécuritaire et l’ordre public, le législateur arabe privilégie le contrôle sur toute la société. Ainsi, les médias se transforment en porte-parole du régime, les libertés violées, le Parlement ligoté, etc.
Depuis la chute de l’Empire ottoman, l’économie de rente dans les pays arabes est restée prépondérante même si elle a changé de forme. On ne peut pas dire que le Monde arabe a réussi son développement. Selon le Pnud, environ 40% de la population des pays arabes, soit 140 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté. (…)Nous pensons que le calme qui a régné dans la rue arabe est dû en grande partie à la fermeture des espaces publics qui n’a pas permis le passage de l’indignation individuelle poussée jusqu’au suicide, à l’indignation collective. Ce sont les télévisions satellitaires et l’Internet qui vont faire ce que l’imprimerie (encore une découverte arabe) a fait pour la révolution française. Internet avec ses réseaux sociaux ainsi que les chaînes satellitaires (Al Jazeera, Al Arabia, BBC, France24…) ont bouleversé le paysage médiatique dans le Monde arabe. L’enfermement médiatique et culturel des pays arabes ne résiste pas à ce déferlement des médias portés par les nouvelles technologies. Désormais, on informe et on s’informe, on sait ce qui se passe ailleurs, on lit les ouvrages interdits, on discute…Bref, le peuple arabe s’émancipe et saute les verrous de la censure. Face aux intellectuels nationalisés qui courtisent le prince, des jeunes internautes animent le débat public. A défaut d’espaces publics, la génération «Facebook et Sms» a créé un espace virtuel où chacun profiterait de sa liberté. L’alibi culturel qui fait que les peuples arabes sont réfractaires à la démocratie et aux valeurs universelles, est contredit par la rue arabe. Pis encore, c’est le manque de liberté qui les a conduits à se réfugier dans l’Islam pour l’utiliser à des fins libératrices. La radicalisation de cet islamisme dans sa forme violente au nom de la «guerre sainte» a donné aux pouvoirs totalitaires une raison de plus pour maintenir sous contrôle les sociétés arabes.»(3)
Pour l’universitaire, Olivier Roy Directeur du programme méditerranéen de l’Institut universitaire européen de Florence. «L’avenir du mouvement démocratique dans le Monde arabe se jouera sur une longue durée, comme les révolutions du XIXe siècle Ce mouvement des Jeunes, un mouvement générationnel de jeunes modernistes, à la fois par leur technique de communication, leur comportement et leurs demandes: démocratie, liberté, fin de la corruption, dignité, respect. Ce sont des révoltes indigènes dans un espace politique où la dimension idéologique est absente. Les référents idéologiques qui ont dominé le Monde arabe pendant soixante ans – nationalisme, panarabisme, panislamisme, antisionisme, anti-impérialisme – sont taris. On demande la liberté de créer des partis politiques, un Parlement, une Constitution. En ce sens, du point de vue politique, c’est une révolte libérale.
Les acteurs politiques traditionnels (les Frères musulmans et l’armée) ont compris que les règles du jeu avaient changé et admis la nécessité des réformes. (…) Le mouvement somme les acteurs politiques traditionnels de mettre en place un espace politique démocratique.(4)

Quel est le logiciel occidental de redécoupage du Monde arabe?
Après l’échec de la démocratie aéroportée en Irak et dans le bourbier afghan, les puissances occidentales essaient d’arriver à la même finalité en mettant en oeuvre une autre tactique celle de miner le Monde arabe de l’intérieur. il faut dire qu’ils ont la partie facile tant les gouvernants qui cultivent le culte de la personnalité voire du sauveur «El Mahdi» ont tout fait pour installer leur peuple dans les temps morts, chacun utilisant une légitimité soit révolutionnaire, soit religieuse, soit divine…L’essentiel est de garder le pouvoir même au prix du désespoir de chacun (harraga, kamikaze…). Selon une étude de la Rand Corporation de 2005 on apprend que l’Amérique essaie de subdiviser l’Oumma musulmane en divers camps. Elle donne la recette à adopter ou adapter selon qu’elle a affaire aux fondamentalistes, aux traditionalistes, aux modernistes, et carrément aux séculiers. Dans le même esprit, Gilles Munier cite nommément Israël et les Etats-Unis comme des catalyseurs de la fitna syro-syrienne. «Les manifestations qui ont lieu en Syrie font le bonheur des dirigeants israéliens. Bien que les contestataires syriens affirment être tous attachés à l’unité de la Syrie, le vieux rêve sioniste de partition du pays en quatre Etats -sunnite, druze, alaouite, kurde – leur semble à portée de main. Invité aux Etats-Unis par le Centre S. Daniel Abraham pour la paix au Moyen-Orient, Shimon Peres a été reçu, le 5 avril dernier, à l’USIP – United States Institute for Peace – un think tank créé par le Congrès américain en 1984 pour «prévenir et résoudre les conflits dans le monde». Il a appelé la «Communauté internationale» a soutenir la «transition en Syrie»(…) Il a offert de restituer à la Syrie le Golan, occupé en 1967 puis annexé en 1981. (…) Shimon Peres a posé trois conditions: que la Syrie «divorce» d’avec l’Iran et le Hezbollah, que le plateau soit démilitarisé, que le retrait israélien s’effectue dans le cadre d’un traité de paix. Il s’en est ensuite pris aux Frères musulmans égyptiens, incapables, selon lui, de faire reculer la pauvreté («Le problème de l’Egypte», a-t-il déclaré, «n’est pas de prier dix fois par jour…»).»(5)
En définitive, est-ce que ce qui se passe dans les pays arabes augure d’un printemps ou est- ce un mirage? Pour Kurtz «Les révolutions suscitent l’étonnement, l’admiration, l’espoir mais aussi la compassion quant à la férocité de la répression des régimes en place. La Tunisie, l’Egypte, le Yemen, la Libye et la Syrie vivent avec plus ou moins de violence ces ´´printemps arabes´´. Je crains que dans ces deux pays [Tunisie et Egypte], la révolution ait été confisquée par les caciques des régimes antérieurement en place sous l’influence de l’ami états-unien et français. Il en ira probablement de même du Yémen. Quant à la Libye, détentrice de richesses pétrolières, c’est une autre paire de manches. L’impérialisme n’est pas mort et pourrait instaurer le chaos. La Syrie ne présente aucun intérêt sauf pour le complexe militaro-industriel des EU, mais un enjeu géopolitique. Son alliance avec l’Iran et le Hezbollah libanais, ses frontières avec Israël en font un enjeu non négligeable si l’on considère que l’Irak conquise, la Jordanie et la Turquie pro-occidentales font de ce pays enclavé une proie que l’impérialisme EU cherchera par tous les moyens à domestiquer. Je le dis, ces printemps arabes ne doivent pas faire illusion, noyautés par des pays étrangers aux intérêts des justes revendications de ces peuples, participent à la mise en place d’une stratégie du chaos dont les objectifs visés ne sont pas la démocratie mais l’accaparement des richesses des uns et l’instauration d’une pax américaine dans le croissant fertile au profit d’Israël».(6) Les peuples arabes ne veulent plus se situer «ni contre l’Occident ni à son service Ils veulent être libres et aspirent à la paix. Les gouvernants doivent comprendre la nécessité rapide de mutations pour qu’elles ne soient pas imposées de l’extérieur». L’Occident continue sa rapine et propose une démocratie du ´´panem et circens´´, pain et jeux de la Rome antique. C’est une politique sûre et ancienne que d’y laisser le peuple s’endormir dans les fêtes et dans les spectacles, dans le luxe et dans le faste, dans les plaisirs, dans la vanité et la mollesse ce que nous appelons les soporifiques au lieu de le conduire sur le dur chemin du travail, de la sueur et du mérite. Pour cela, les chefs doivent donner l’exemple…(L’Expression-28.04.2011.)

 

Pr Chems Eddine CHITOUR (*) Ecole nationale polytechnique

1.Ahmad Al-Zorqa. Un plan saoudien loin des revendications populaires. Mareb Press 26.04.2011
2.Manlio Dinucci. La rapine financière du siècle Mondialisation 25 avril 2011
3.Abdelatif Kerzabi http://www.alterinfo. net/La-fin-de-l-autoritarisme-dans-le-monde-arabe_a56744.html 26 Mars 2011
4.François d’Alançon Olivier Roy: «Une révolte moderniste» La Croix 13/04/2011, 18
5. Gilles Munier. Syrie: Israël et les Etats-Unis jettent de l’huile sur le feu. Mondialisation.ca, 21.04.2011
6.Kurts: Le destin des printemps arabes http://bellaciao.org/fr/spip.php?article1164702504 11

 

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**Les Occidentaux ouvrent les portes du chaos

 

 Al Qaîda, les Etats-Unis d’Amérique, la Turquie ou encore Israël sont perplexes lorsqu’il s’agit d’adopter une position ferme vis-à-vis des révolutions arabes. Assister à un basculement de 21 pays de plusieurs millions d’habitants, de surcroît riches en pétrole et autres ressources naturelles, ne laisse pas indifférents les stratèges et les hommes politiques.
Des forces militaires de différentes nationalités ont aussi installé leurs bases dans certains de ces pays. La France et les Etats-Unis sont de celles-là. Ces deux puissances comptent de nombreux alliés dans la région. Qui est le nid de nombreux conflits lorsqu’elle n’est pas à la lisière de nombreux autres foyers de tension. Sahel et guerre en Afghanistan attestent de cette réalité.
De cette région, l’Occident en fait même un rempart contre l’avancée de l’Iran et les incursions d’Al Qaîda. Sauf qu’à trop miser sur la chute des régimes en place, c’est tout le contraire qui est en train de se produire. Al Qaîda ne cesse de se renforcer au Sahel et dispose même d’armes lourdes récupérées des arsenaux libyens. Voilà un premier bénéficiaire des révoltes arabes, au risque d’avoir des conséquences désastreuses sur les pays limitrophes dont l’Algérie.
La France, a-t-elle à ce point intérêt à déstabiliser deux pays à la fois? C’est la voie sur laquelle elle s’est engagée en s’abstenant de solliciter l’avis de l’Algérie qui est pourtant un pays central dans l’engagement dans la lute antiterroriste. Est-ce le retour à un réflexe purement colonial ou une tentative de rachat après la forfaiture en Tunisie et qui a dérapé? Plus à l’est, ce sont les chiites iraniens qui auront la chance d’engranger des points s’ils arrivent à placer leurs hommes à la place d’Al Assad en Syrie. Pour compliquer davantage la donne, ces révoltes coïncident avec la perte du meilleur ennemi d’Obama en la personne de Ben Laden. Aqmi clame déjà que les révoltes dans les pays arabes étaient une victoire d’Al Qaîda. Elle va même jusqu’à proclamer que ces événements ne sont que le fruit du djihad dans lequel Ben Laden aurait joué un rôle de premier plan.
En Tunisie, au Maroc, en Libye et en Egypte, Al Qaîda où ses supplétifs menacent. C’est suffisant pour faire intervenir un nouvel acteur dans la bataille: Israël.
Ses dirigeants connaissaient bien Moubarak qui n’avait aucune envie de remettre en cause le traité de paix. «Nous savions qu’ils étaient hostiles à l’Iran, vigilants avec le Hamas. Qu’en sera-t-il demain? Quel poids auront les Frères musulmans dans le régime?», s’interroge un officiel israélien approché par les médias français. Pour la Syrie, c’est pire. «Imaginez une Syrie sans Assad, livrée à l’influence de l’Iran et du Hezbollah», s’inquiète la même source. Le risque du chaos est réel mais l’enjeu est capital pour les démocrates qui n’en peuvent plus à force de croupir dans les geôles des dictateurs arabes. Ces démocrates sont certes, pris entre le marteau et l’enclume mais ils tiennent bon. En Tunisie, il y a même des associations qui se sont alliées pour empêcher Ennahda de noyauter les futures instances élues. Elles ont sûrement en souvenir le premier tour des élections législatives en Algérie dans les années 1990 avec le bain de sang qui s’en est suivi. Obama et Sarkozy ont raison de combattre des terroristes, même des islamistes, mais allez savoir pourquoi ils s’en prennent à des laïcs? Ils ne font qu’affaiblir les remparts contre ce même terrorisme et ce même islamisme. L’Irak en est la preuve.
Damas, Le Caire et Tripoli en perte de vitesse au niveau régional, et voilà que d’autres acteurs régionaux se bousculent au portillon pour se positionner en tant que puissances régionales comme c’est le cas non seulement pour l’Iran mais aussi pour la Turquie. C’est un point de plus dans l’escarcelle des Etats-Unis qui n’abandonnent pas leur projet du Grand Moyen-Orient guidé par des nations non-arabes. Ils sont aidés par Sarkozy qui a tendance à nier tout rôle pivot de l’Algérie au Maghreb et dans le Monde arabe.
Les troubles qui ébranlent les pays arabes ont alors des conséquences sur les relations extérieures. Ils ne manqueront pas d’avoir des répercussions profondes sur la configuration de la mappemonde. Pourvu que cela ne se passe pas sans la contribution des premiers concernés: les citoyens arabes. Et que cela n’ouvre pas les portes du chaos avec la bénédiction des Occidentaux. (L’Expression-10.05.2011.)

 

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 **complots !

 Comme le XXe siècle a été celui de la communication, il est tout à fait normal que le XXIe lui emboîte fidèlement le pas. Depuis leur fiasco au Vietnam, les Etats-Unis ont rectifié le tir et mettent autant de soin à soigner leur propagande qu’à perfectionner leurs armements. Cependant, tout conflit suscite évidemment, puisqu’il met en jeu des intérêts opposés, des lobbies antagonistes, des thèses contraires qui, confrontées à une opinion publique réceptive aux arguments puisés dans le fonds de la mémoire collective, dans des études spécialisées ou dans des événements qui semblent avoir une relation avec le thème en question, entraînent des spéculations infinies.
Ainsi, Hitler avait exhumé, pour étayer sa cause, la vieille théorie du complot juif sur la base du fameux Protocole des Sages de Sion: le peuplement des plateaux télé européens pourrait lui donner raison… Le meurtre de Kennedy semble accréditer la même théorie puisque les dernières enquêtes faites laissent apparaître la main criminelle du lobby pétrolier texan qui aurait actionné la machine infernale, avec le consentement du vice-président d’alors…Les attentats du 11 septembre n’auront pas dérogé à la règle puisqu’ils ont donné naissance à une abondante littérature stimulée par le foisonnement d’Internet, qui a relevé toutes les anomalies que contenait la thèse officielle: présence d’explosifs dans les fondations du WTC, absence de crash d’avion sur le Pentagone, explosion en plein vol de l’avion en Pennsylvanie. Ces théories du complot sont d’ailleurs confortées par la tradition du travail souterrain d’une diplomatie scélérate qui ne s’embarrasse pas de scrupules pour servir les intérêts égoïstes et cyniques de l’Amérique. On pourrait même extrapoler et dire que dans ce Printemps arabe, il faudrait voir la main de la CIA…
L’annonce et les circonstances de l’exécution de Ben Laden n’ont fait que renforcer cette vieille théorie du complot: outre l’escamotage du cadavre du premier terroriste du monde, après George Bush, bien sûr, il y a lieu de considérer attentivement le lieu de résidence: un véritable camp retranché avec un haut mur d’enceinte entouré de trois rangées de fil barbelé au milieu de somptueuses villas de fonctionnaires en retraite de l’armée la plus secrète du continent…C’est une construction qui aurait attiré l’attention d’un aveugle.
La date choisie pour l’annonce de la mort de Ben Laden, n’est pas fortuite, non plus: elle survient après des mois d’intenses négociations entre le gouvernement fantoche de Kaboul et les taliban sur un cessez-le feu qui verrait la participation aux affaires des plus modérés des factions intégristes. Cette éventualité a été présentée depuis longtemps par la première puissance mondiale qui n’est pas arrivée à éteindre tous les feux qu’elle avait allumés. La guerre en Afghanistan, après les attentats du 11 septembre, n’était qu’un prétexte pour envahir l’Irak, exécuter Saddam et mettre la main sur des ressources pétrolières importantes, avec la bénédiction des pompistes arabes du Moyen-Orient. Il semblerait que le redéploiement de la diplomatie américaine est en train de s’effectuer: renforcement de sa position au Moyen-Orient après un abandon de l’Afghanistan à son triste destin.
Il est fort probable que la Libye puis l’Iran soient ou seront les prochaines cibles de l’Otan et que les communicants de cette organisation sont en train de mijoter aux petits oignons de nouvelles moutures de droits de l’homme et que les musulmans en général et les Arabes en particulier, ces nouveaux Indiens des terres riches, ne sont pas au bout de leurs surprises.

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 *Prétextant la menace islamiste…les régimes arabes répriment leurs peuples

 

Les révolutions arabes ont mis à nu l’épouvantail islamiste brandi par les régimes pour se maintenir au pouvoir.

Les régimes arabes qui s’éternisent au pouvoir et refusent d’ouvrir des voies pour des changements politiques et démocratiques, ont la peau dure. Avançant la menace islamiste, les dirigeants arabes actionnent leurs appareils répressifs et étouffent dans le sang des mouvements populaires pacifiques.
Dimanche dernier, le Maroc a suivi cette voie. Des dizaines de jeunes Marocains ont été réprimés pour avoir osé sortir dans la rue et réclamer du travail. La répression qui s’est abattue sur la manifestation organisée par des jeunes appartenant au Mouvement du 20 février, s’est soldée par plusieurs dizaines de blessés. Et pour justifier la répression, opérée à grande échelle notamment à Tanger, dans le nord du Maroc, on a soutenu que le Mouvement qui demande des changements politiques et démocratiques est manipulé par les islamistes.
«Le Mouvement du 20 février qui réclame des changements politiques et démocratiques est phagocyté par les islamistes et les mouvements de gauche», a déclaré le ministre marocain de la Communication, Khalid Naciri.
Pourtant, les jeunes n’évoquaient ni l’application de la charia ni la mise en place d’un gouvernement religieux. D’autres dirigeants n’ont pas échappé à la règle en collant l’étiquette islamiste à tous ceux qui osent contester l’ordre établi.
Unanimes et catégoriques, les dictateurs arabes mettent l’accent sur le fait que les mouvements islamistes seraient l’unique force d’encadrement mobilisatrice des masses populaires. Ils s’autoproclament comme ultime rempart face à l’islamisme au moindre frémissement des vents de changement. Les sociétés arabes ont toujours été perçues par leurs chefs comme étant aliénées, sous l’emprise des islamistes et incapables de se soulever et d’imposer leurs revendications. Les exemples sont nombreux et ne datent pas d’hier.
Les discours du président du Yémen Ali Abdallah Saleh, Bachar Al-Assad de la Syrie et Mouamaâr El Gueddafi de la Libye, et bien avant, Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Egypte, ont tous brandi la menace islamiste, voire le risque de contrôle de leurs pays respectifs par Al Qaîda, si leurs régimes tombent.
De tels arguments vides de substance sont une parfaite illustration de l’usage de l’épouvantail islamiste et terroriste par les dictatures et royaumes dans le Monde arabe. La nature des révolutions qui ont balayé les régimes de Ben Ali et de Moubarak a battu en brèche l’épouvantail islamiste derrière lequel se cachaient les régimes arabes. Les jeunes arabes épris de changement ne veulent plus continuer à exonérer leurs dirigeants, source de leurs malheurs et du sous-développement.
Par leur courage et leur maturité politique, les jeunes arabes révoltés contre les dictatures, ont même convaincu l’opinion internationale que le mythe de «la menace islamiste» sert d’alibi pour les dirigeants dont le seul et l’unique souci est, sans nul doute, de demeurer éternellement au pouvoir, sans pour autant accepter d’ouvrir des voies sur de nouveaux horizons.
Et pour paraphraser l’intellectuel égyptien Tarek Haggy: «depuis des années, la menace islamiste a trop servi de prétexte pour justifier les répressions. Et depuis les années 1970, ce sont les dictateurs «anti-islamistes» (Nasser et ses successeurs Anouar El-Sadate et Moubarak en Egypte; Hafez al-Assad et son fils Bachar en Syrie, qui ont re-islamisé radicalement leur pays, fait de la charia la source des lois, sponsorisé avec des pétrodollars saoudiens des écoles et centres, distillant un Islam rétrograde, puis anéanti la liberté religieuse et rendu impossible la vie des non-musulmans ou des laïcs. Ils récoltent aujourd’hui ce qu’ils ont semé.»
Ces constats ne sont pas partagés par les autres observateurs. Le réarmement d’Al Qaïda grâce au pillage des stocks d’armes libyens donne un nouveau souffle à ses actions terroristes au Sahel. Voilà un curieux dilemme pour tous les stratèges. (L’Expression-25.05.2011.)

Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE

 

 

 

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2 réponses à “Le chaos arabe”

  1. 7 08 2011
    fieldrunners hd (23:31:25) :

    I agree with your Le chaos arabe at ElAyam.5, great post.

  2. 7 11 2011
    a4138971 (17:25:54) :

    I’ve said that least 4138971 times. The problem this like that is they are just too compilcated for the average bird, if you know what I mean




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