Cinéma

**Journées du film méditerranéen RIAD EL FETH-Alger

Terraferma projeté à la salle Cosmos où il a fait sensation.

 Grand Prix du jury à la Mostra de Venise en 2011, Terraferma, du réalisateur italien Emanuele Crisalese, a été projeté jeudi soir à la salle Cosmos où il a fait sensation.

«Roma oula ntouma...»

Le film ne pouvait laisser indifférent. Et pour cause, le thème de l’émigration clandestine est un sujet bien délicat, mais hélas, ô combien connu par nous Algériens, souvent présupposés à la harga. Après Respiro et Golden Door, le réalisateur italien signe un «film moins bon» d’après le critique de cinéma italien qui a accompagné le film lors de ces Journées du film méditerranéen, mais bien intéressant quand même.
L’histoire de Terraferma ou terre ferme se passe dans une petite île au large de la Sicile. Filippo, 20 ans, sa mère et son grand-père n’arrivent plus à vivre de la pêche. L’été, ils louent leur maison aux touristes, de plus en plus nombreux. Un jour, le jeune garçon et son grand père sauvent des flots des clandestins africains. Commencent alors les ennuis. Les temps durs. Le bateau qui sert aussi à transporter les touristes est scellé, confisqué par la police. Alors que le grand frère ne pense qu’à la mauvaise publicité que peut engendrer cette arrivée des clandestins sur cette île et le dérangement qu’ils peuvent provoquer quant à la tranquillité des touristes, le grand-père ne voit pas cela du même oeil. A la loi des hommes, le grand-père brandit la lois de la mer, celle qui lui dicte de sauver quiconque en danger de noyade fusse-t-il noir de peau et sans papier. Des films sur le sujet des harraga on en a vus. Mais jamais, ou pas assez partant du regard de l’autre. L’intérêt de ce long métrage réside dans ce regard que porte l’Occident qui «subit» contre son gré ce phénomène de l’émigration clandestine et son double sentiment fait d’altérité et de culpabilité. Ici, il n’est pas question de départ, mais d’arrivée vers cet ailleurs qualifié d’eldorado. Existe-t-il vraiment? Souvent les trois quarts de ces gens n’arrivent jamais à bon port et leur cadavres échouent sur la plage s’ils ne sont pas repêchés par les gardiens portuaires ou les pêcheurs. Parmi les quatre personnes que le grand-père va sauver de la noyade il y aura une femme. Enceinte! Celle-ci accouche à la maison aidée par cette famille qui l’a accueillie. Les deux femmes se parlent. Elles ont quasiment le même âge mais issues de conditions sociales nettement différentes. L’Africaine a fui les prisons de la Libye et tenté l’aventure jusqu’en Italie dans le but de rejoindre son mari qui travaille à Turin. Folle idée que de braver les vagues dans cet état pour aller rejoindre l’autre bout de la planète. «Roma oula ntouma» dit ce fameux adage algérien. L’émigration clandestine est là, mise à nue. La rencontre entre les deux femmes est touchante. Terraferma met en parallèle deux mondes qui ne sont pas censés se rencontrer jusqu’à cette fêlure affective où l’homme, de par son instinct protecteur, va vers l’autre au lieu de le rejeter. Mais combien d’entre nous sont capables de cette prouesse-là? Humaniste certes, Terraferma pêche cependant par une certaine démesure dans sa tentation de montrer et de plaire. Dans l’empathie, il y a de la compassion effectivement mais poussée à un degré où certains plans finalement n’arrivent plus à exprimer que cette scène de plaisance ou des jeunes se jettent à la mer pour nager en plein milieu de l’océan. Une scène certes sympathique, esthétiquement belle et ayant même fait l’objet de l’affiche du film mais qui reste quasiment dénuée d’intérêt. La démesure sera surtout dans cette scène choc où Filippo sera amené à taper sur cette nuée de clandestins qui s’accrochent à sa chaloupe, en pleine nuit, pour sauver sa peau. Terrible! On se dit que c’est un peu exagéré. Une scène gratuite et peut-être inutile. De la violence humaine et bestiale qui reprend le dessus. Bien que l’instinct protecteur c’est aussi cela. Après avoir commis ce forfait, le jeune frère voudra se racheter à la fin…Une belle leçon de tolérance en plein milieu de cet univers bourré de requins. «Au-delà de l’émigration, le problème soulevé est celui des frontières», dira ce critique de cinéma italien présent lors du débat. Touchant, ce film laisse à voir en tout cas des plans qui se passent de commentaires. La scène finale du bateau, comme une mouche en plein milieu de l’océan, laisse entrevoir une belle image d’espoir dans cet horizon pourtant incertain. (L’Expression-07.04.2012.)

**Balle perdue…un film libanais des plus émouvants.

A qui la faute?

Lundi soir le public a été surpris de voir un film libanais des plus émouvants. Une gifle qui nous a fait rappeler les propos d’un certain Ghassan Salhab ayant fait l’objet l’été dernier d’une carte blanche aux rencontres cinématographiques de Béjaïa. Ghassan avait amplement raison. Ses propos résonnaient encore en moi tout au long du film. Oui, on peut parler d’amour en temps de guerre et faire un film sur ce sujet avec délicatesse et comme arrière fond justement la guerre au Liban.
Balle perdue c’est exactement ça. Qui de la guerre ou l’amour impossible est le thème principal du film ou le prétexte de l’autre? qu’importe! Avec dans le rôle principal la célèbre et plantureuse Nadine Labaki, le film prenait une tournure plutôt mélodramatique bien assumée par l’auteur du film Goerge Hachem qui a voulu avant parler tout de «tragédie».
Tragédie humaine qui prend sa force dans la mise en place d’une narration sans trop de fioritures, encore moins de jugement. Le réalisateur donne à écouter certes des diatribes, quelques complaintes, fait confronter les idées sans pour autant trancher.
L’action de Balle perdue se déroule en 1976, au Liban durant toute une journée dans la vie de Noha, à deux semaines de la date de son mariage. Une journée quasi ordinaire qui finit par devenir cruciale, bouleversant de fond en comble le cours de sa vie. Noha décide de voir une derrière fois son ex. Peut-être finira t-il par l’empêcher de se marier et lui faire sa déclaration.
Dans la forêt, il se retrouve confronté à une terrible aventure. Alors que Noha échappe à une exécution, son amoureux est découvert par les ravisseurs. La fille de cette bande de malfaiteurs n’est autre que sa future belle-soeur. Son frère découvrant le pot au rose en fin de journée, non pas celui-ci mais que sa soeur ait rejoint son ex, le rend fou furieux et commence à battre sa soeur pour finir par la chasser de la maison. Noha sort errer dans la rue. Sa mère veut la rattraper et lui apporter son sac mais reçoit une balle perdue. Noha sombre dans la dépression…
«Il y a des histoires qui vous accompagnent et s’imposent à vous. Cétait celle-ci et pas une autre que je voulais réaliser c’est pourquoi j’ai tenu à être indépendant financièrement pour faire ce film et ne pas vendre mon âme au diable», a tenu à expliquer en préambule le réalisateur. Pour ce dernier, il était important de situer son film dans les années 1970 (il se déroule pendant les moments de trêves ou les «deux ans d’événements» où les gens commençaient à se réveiller, reprendre goût à la vie avant que ne recommence la guerre) pour comprendre le présent.
«Dans tout le cinéma au Liban, il y a très peu de films sur la mémoire. Or, il faut voir les racines des choses pour reconstituer notre mosaïque de vie, notre identité et comprendre ce Printemps arabe dont on parle aujourd’hui. Ce passé répond à notre présent. J’ai essayé de combler ces trous de mémoire modestement. Et ce qui est important est de revenir à sa propre mémoire.»
Et de renchérir: «Faux, les guerres ne se ressemblent pas. Elles diffèrent d’un pays à l’autre. J’ai voulu piocher dans mes propres souvenirs d’enfance car c’est à nous les cinéastes de faire ce devoir de mémoire sans pour autant endosser la responsabilité de devenir des politiciens, ou journaliste».
Le réalisateur en brossant le portrait de divers personnages entend en effet à faire revivre ces fantômes du passé, leur donner une existence pour mieux cerner ce qui se passe aujourd’hui.
Notons que l’histoire se passe exclusivement chez une famille chrétienne. «Bien sur que la communauté musulmane ne dormait pas mais la meilleure façon de se dire les choses est de montrer ce qu’on connaît le mieux sans trop se disperser. Ce film ne parle pas de la guerre au Liban, mais des liens entre personnes au passé, donc on est resté fidèles au temps et aux lieux», a fait savoir aussi le réalisateur lors du débat.
Sans trop tomber dans la patos, George Hachem a choisi volontairement de faire appel à une forme de distanciation en faisant intervenir des éléments qui participent à la tragédie «une lune angoissante, des chiens courant dans la forêt, le voile, la robe blanche immaculée, une route lumineuse, sans oublier cette musique de choeur antique qui finit par installer une sorte d’aura merveilleuse dans le réel pour la sublimer.
Des effets esthétiques qui rappellent que le cinéma est avant tout un ensemble de langages visuels qui tendent à traduire une émotion Et c’est réussi. On en sort bouleversé et à notre tour on est tombé dans un silence rêveur oppressant. Mais sans tarder à retrouver le sourire comme Noha qui fini par retrouver la mémoire symbolique et se confier enfin pour exorciser son chagrin…(L’Expression-04.04.2012.)

**Cairo exit..un film égyptien qui a défrayé la chronique

 Dans ce long métrage qui suinte le marasme mais le courage quand même, tout le monde veut partir ou fuir la morosité de son quotidien. L’un, le pays,  l’autre, la maison.

Scène du film

La veille de la clôture de la première édition des Journées du film méditerranéen, la salle Cosmos a accueilli un bon film égyptien qui a défrayé récemment la chronique en Egypte. Et pour cause! ce film a été interdit de sortie en salle et marqué du saut de la censure. L’Égypte puritaine n’a pu tolérer de voir la réalité en face.
Cairo exit, qui devait aussi être projeté au Festival de Louxor du film africain, au mois de février dernier, a également été interdit de visionnage auprès du jury, provoquant un grand scandale lors de sa première édition dont les invités se souviendront longtemps. La censure n’a, en fait, pas donné l’autorisation de le projeter. Les organisateurs du festival ont demandé l’autorisation de projeter le film en petit comité, devant les membres du jury. Ils n’ont pas eu de réponse.
Cairo exit raconte l’histoire d’une jeune Copte, Amal, et d’un jeune musulman, Tarek, qui s’aiment. Tout deux sont issus de familles pauvres. Mais ce qui est plus grave est que pour la famille de Tarek, les Coptes sont considérés comme des sous-hommes.
Cairo exit est une sorte d’antithèse de Roméo et Juliette où le romantisme n’a pas trop droit de cité. Quoique les scènes romantiques sont diluées à petites doses et ne font pas le poids devant la misère sociale de cette Egypte populaire loin des Zamalek et autre bachmouhandès! Tarek décide d’émigrer clandestinement vers l’eldorado européen, mais Amal est enceinte ou lui fait croire qu’elle l’est pour qu’il reste à ses côtés… Tarek met Amal devant le fait accompli: l’accompagner ou avorter. Amal ne veut pas partir, et elle ne veut pas avorter. Son regard est souvent tourné vers la Sainte Vierge.
A côté de ça, Amal a une amie (l’actrice marocaine Sanaâ Mouziane découverte dans le film Les Jardins de Samira qui a besoin d’argent pour se refaire une virginité et trouver un mari. Et puis, il y a en filigrane ce collègue bien discret d’Amal, amoureux d’elle en cachette… Amal est forte. Elle subit le poids de sa famille. Elle multiplie les boulots. Sa soeur se prostitue pour amasser le plus d’argent possible afin d’ assurer l’avenir de son gosse. Dans Cairo exit tout le monde veut partir ou fuir la morosité de son quotidien. L’un, le pays, l’autre, la maison.
Né en Egypte, Heshman Issawi le réalisateur a étudié l’anthropologie puis la photo et le cinéma aux USA. Le réalisateur, également scéanriste et producteur, est l’auteur de courts métrages talentueux et de deux longs métrages de fiction, Amercian East (2007) et Cairo exit.
De retour en Egypte en 2010 il a découvert, après plusieurs années, le nouveau visage de l’Egypte. Une Egypte qui étouffe et il décide donc de tourner ce film. Mais son scénario est rejeté par le comité de lecture.
On lui reproche trop de références à la religion chrétienne. Après maintes péripéties et sans autorisation, il réalisera quand même ce film malgré l’interdiction de Moubarak.
Cairo exit montre la véritable image de l’Egypte qui se bat pour gagner sa vie, qui se sacrifice et trouve toujours une solution pour s’en sortir. Une Egypte bouillonnante, plongée dans le marasme et la désillusion mais qui cherche une roue de secours en s’accrochant à la vie malgré tout. (L’Expression-08.04.2012.)

**    «L’amour et rien d’autre».

 A la recherche de l’amour perdu

Image extraite du film «L'amour et rien d'autre», de Jan Schomburg.

Le premier long du court métragiste allemand Jan Schomburg sort dans les salles..

Une jeune femme inconsolable après la mort de son époux le cherche à cœur, puis à corps perdu. L’Amour et rien d’autre, premier long du court métragiste allemand Jan Schomburg, fascine, agace, trouble et énerve. Sans jamais provoquer l’indifférence. Il y a du cinéma dans cette histoire de passion à la limite du fantastique. Le maniérisme de la mise en scène ne détruit pas l’émotion brute que parvient à communiquer la merveilleuse Sandra Hüller.

 

Femme désespérée découvrant que son défunt mari lui était un parfait inconnu ou maîtresse happée par une passion physique dévorante, elle maintient l’intérêt du spectateur en éveil en le promenant dans les méandres d’un scénario inutilement tarabiscoté. La sobriété remarquable de son jeu dans les situations les plus extrêmes démontre le talent d’une grande comédienne, dont il semble évident qu’on entendra beaucoup parler. Remercions Jan Schomburg d’avoir eu le nez de la débusquer, et le talent de la révéler. (20minutes-18.04.2012.)

** Pain noir ..le film du réalisateur espagnol Agust Villaronga a subjugué le public

 «Voyant mon film, je peux dire qu’il y a de la compassion et beaucoup d’humanité», a indiqué le réalisateur.

L'idéal bafoué

Couronné du Prix de la meilleure actrice au festival de San Sébastian en 2010 et de 9 Goyas dont le Prix du meilleur réalisateur et meilleur film en 2011, le film Pain noir du réalisateur espagnol Agust Villaronga a subjugué le public mardi soir à la salle Cosmos dans le cadre des Journées du film méditerranéen baptisées MediterraCiné. Dans les années qui ont suivi la guerre civile en Espagne, un meurtre commis dans un petit village de catalogne, remue de terribles secrets. Un homme est injustement accusé et son jeune garçon, Andrieu, décide alors de trouver les tueurs pour disculper son père. Habitué aux films fantastiques, dans Pain noir, le réalisateur dresse un tableau plutôt sombre de la vie et de ce village ponctué de traîtrise, de misère et d’amertume.
La violence la dispute à la naïveté de l’enfance qui est confrontée malgré elle à la diablerie des hommes, leur bestialité, leurs vilénie et cruauté. Pain noir renvoie à la noirceur de l’existence de ces personnages, perdus entre mensonge et vérité bafouée. Qui dit vrai? La nature humaine est ici perfide et terrible.
Le faible est puni. Les enfants sont même délestés de leurs ailes d’ange très tôt face à la mocheté de la vie, de leurs maisons, la tristesse de leurs parents. Seule reste la beauté des paysages et ce jeune éphèbe pas complètement comme les autres et donc banni de la communauté. Etrangement, ce titre du film, Pain noir fait écho dans notre tête et nous renvoie à ce film, Pain nu du réalisateur algérien Rachid Benhadj et dont l’histoire, adaptée du roman de Mohamed Choukri est aussi celle d’un garçon sans pain, sans tendresse, qui transforme son destin grâce au pouvoir de l’écriture. Ici dans Pain noir il est aussi question à la fin d’enfant recueilli par une richissime femme. Il est en quelque sorte sauvé en entrant à l’école pour suivre des études et échapper à une condition certaine d’ouvrier ou de paysan. Un garçon dont le visage ne peut laisser indifférent. Tout comme celui des autres acteurs qui crèvent l’écran. Mais la violence sous-jacente ou directe est là immanquablement, car faisant face à la bonté d’une maman au grand coeur, au sacrifice du père et à l’innocence du petit qui deviendra grand bien malgré lui. Violence physique ou sociale, elle traverse le film et c’est ce qui le rend irrésistiblement et impuissamment beau et poétique car décrivant une souffrance souvent pointue et viscérale, accompagnée de tragédie et frustration infantile. «J’essaye de montrer ce qu’il y a de mauvais dans la guerre. Ce n’est pas amusant. Voyant mon film, je peux dire qu’il y a de la compassion et beaucoup d’humanité dans le film» a indiqué le réalisateur lors du débat, estimant auparavant qu’il «n’y a pas de héros dans ce film. Il y a des gens, bien que le père le devient à la fin.. C’est pour cela que j’ai voulu le faire. Lidée du film est que tu peux perdre ta maison, tes parents, mais le pire est de perdre son idéal…». très labyrinthique comme récit, Pain nu nous plonge en effet dans les dédales de l’enfance qui découvre le monde des adultes à la fois avec consternation et dégoût. A propos de la violence dans ce film, Agust Villaronga avouera que le film commence réellement suite à cette scène d’émasculation. «C’est là le début du film. Après, on est emporté dans une spirale de violence». Côté écriture, le réalisateur fera remarquer que le scénario a été écrit à Cuba, d’où cette forte inspiration par la misère. Le tournage, quant à lui, a duré huit semaines. Long métrage fabuleux inspiré de romans, Pain noir nous renvoie à notre propre nature humaine parfois sadique ou conciliatrice, bonne ou mauvaise. Une belle prouesse cinématographique qui met de côté la guerre pour s’intéresser de plus près des gens. (L’Expression-05.04.2012.)

 **Le film espagnol pain noir de Agusti Villaronga projeté à Alger

Quand la guerre prend les habits de la paix et du mensonge

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Francesc Colomer (&agrave; gauche) et Roger Casamajor dans le film Pain Noir.<br />
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<p><span style=La fiction Pain noir revient sur les ravages de l’après-guerre et sur le monde pradoxal des adultes.

La guerre a toujours «fasciné» les cinéastes, les hommes de Lettres, les dramaturges et les plasticiens. Le sujet ne sera jamais épuisé tant que les humains se livreront à cet art de la bêtise pour «savourer» la victoire et «célébrer» la violence. Les Epagnols ont souffert de la guerre civile, comme l’Europe de «la guerre mondiale». A sa manière, le cinéaste Agusti Villaronga est revenu sur le mal profond de la guerre sans la montrer. Sa fiction, Pain noir («Pa negré» en catalan), projetée mardi soir à la salle Cosmos à Alger à la faveur des Journées du film méditerranéen, concentre toute la magie du septième art. Le drame d’une famille exprime celui d’une nation tourmentée, le tout raconté à travers le regard d’un enfant. Un enfant qui ne se suffit pas de la réalité crue, mais fait appel à l’imagination et fait voyager ses yeux dans tous les sens. Pain noir commence comme un fiction d’épouvante : un homme traînant une charrette est attaqué en pleine forêt par un tueur portant une capuche cachant le visage. Plus loin, l’agresseur fait basculer la charrette avec l’homme assassiné et son fils encore en vie dans le vide. Quand le village voisin découvre l’horreur, tous les démons ressortent du grenier. Andreu (Francesc Colomer), le garçon qui informe les villageois, veut lui aussi comprendre ce qui se passe. Petit à petit, il se rend compte que son père était un «rojo» (rouge) qui n’aime pas l’ordre établi après la guerre civile. «Les rouges» étaient les républicains espagnols, regroupant des militants gauchistes et anarchistes, qui s’étaient opposés aux nationalistes fascistes dans les années 1930.

Les républicains avaient échoué dans leur guerre permettant à Francisco Franco d’instaurer une dictature qui a étouffé l’Espagne pendant 36 ans. Franco avait été aidé par l’Eglise catholique qui n’avait pas hésité à s’allier avec la bourgeoisie. Cela est largement évoqué dans la fiction de Agusti Villaronga (inspiré d’un roman d’Emili Teixidor) à travers la haine qu’a le père d’Andreux (Roger Casamajor) pour les curés. Le commissaire (Sergi Lopez) symbolise aussi dans ce film la persécution contre les républicains menée par la Guardia civile durant les années 1940. Le commissaire fera tout pour trouver le père d’Andreu et le faire condamner pour le meurtre de l’homme à la charrette grâce à une justice aux ordres. L’Eglise refuse de faire la prière après l’exécution du militant républicain. «Vous n’êtes qu’un paquet de 120 kg de graisse», lance la mère d’Andreu à l’adresse du curé du village, obèse et arrogant. Dans cet univers intrigant, Andreu, qui se rend compte à peine de la misère qui l’entoure, s’adonne à des jeux avec sa cousine, une précoce qui connaît déjà les vices de la vie, mais ne cesse de chercher la vérité. Il a cru pour un temps au discours de son père d’après lequel le danger de la guerre n’est pas la perte de la vie ou la peur, mais l’évaporation des idéaux. A l’école, un enseignant alcoolique ami des riches lui enseigne que «l’Histoire est écrite par les vainqueurs» et que «les perdants n’ont pas droit à la vie».

Le régime franquiste ne s’était pas contenté de la complicité de l’Eglise, mais avait embrigadé l’école aussi. Un jeune tuberculeux, affamé et vivant chez des moines qui n’hésitent pas à l’exploiter, devient l’ami d’Andreu. C’est presque la seule personne à qui le gamin fait confiance. Cela est-il dû au fait qu’il sait qu’il est condamné ? Mais le jeune malade, tout le temps habillé en blanc, parfois dénudé, ressemble déjà à un personnage imaginaire que l’esprit fertile de l’enfant conçoit. Un autre monde est-il possible ? Agusti Villaronga n’a pas suivi l’histoire dans une linéarité qui aurait pu aboutir à un règlement de compte du franquisme. Non, le cinéaste a choisi une autre voie pour dire tout le dégoût qu’il a de la guerre et des traumatismes qu’elle provoque. Il a puisé dans deux autres romans d’Emili Teixidor pour élaborer un scénario écrit à Cuba.

On peut y trouver une ressemblance assez vague avec le long métrage de Guillermo del Toro, Labyrinthe de Pan. Les images presque dessinées à la main d’Antonio Riestra et la musique philosophique de José Manuel Pagan ont soutenu la quête artistique d’un cinéaste qui a voulu, au-delà de la forme académique, dénoncer aussi la crise morale d’une Espagne malade de ses paradoxes. «J’avais hésité avant de faire ce film, car il y a beaucoup de longs métrages sur la guerre civile espagnole. Mais après avoir lu les autres livres d’Emili Teixidor, j’ai décidé de me lancer dans le projet», a expliqué Agusti Villaronga, lors du débat qui a suivi la projection du film. Il a revendiqué une part du fantastique dans le long métrage sans que cela soit le plat de résistance, comme il a reconnu que Pain noir ne peut pas avoir une seule piste de lecture. Oui, cette fiction qui a bouleversé l’Espagne et qui invite à la réflexion est un magma d’idées, de sensations, de poésies, et d’humanisme. Le cinéaste a réussi aussi à imposer que dans cette histoire multiple il y a toujours quelque chose de caché, de non dit… Toutes les vérités sont finalement relatives. «Dès le début du film, il y a une castration. Après, c’est une spirale de violences. A Los Angeles, le public m’a confié être choqué par la scène de la charrette et le cheval qui tombent dans le ravin et par celle de la cousine d’Andeu qui lui demande de poser sa main sur elle. Or, parfois, il faut bien montrer la violence à l’écran, dire ce qu’elle est», a ajouté le cinéaste. Agusti Villaronga, 59 ans, a réalisé d’autres films à succès comme L’enfant de la lune, Prison de cristal et La mer.(El Watan-05.04.2012.)

**Projection de Fish n’ chips

Voilà un bel exemple qui respire la Méditerranée au sens géographique et culturel du terme. Car décortiquant le vécu de ces communautés mixtes avec ce qu’il y a de bon, d’enrichissant et de compliqué dans ces situations là. Fish n’chips du réalisateur Elias Demetriou laisse à réfléchir et à penser sur le mode de vie d’un immigrant qui tente de rebondir en rentrant dans son pays natal sans calculer le risque de se perdre. Un sujet universel car le thème de l’immigration ou l’identité hybride pourrait facilement s’accommoder à un Algérien si on ouvrait un peu plus notre esprit. Film intéressant, attachant, circulaire et poétique Fish n’chips met en scène un immigrant chypriote, Andy, qui travaille dur à Londres, décide de retourner dans son pays natal sur insistance de sa mère qui veut revoir son ancienne maison et sa terre avant de mourir. Andy est accompagné aussi de sa compagne allemande et sa fille, un peu junky; ils partent à l’aventure. Là bas, ils iront s’installer chez son frère marié avec une petite fille. La jeune fille s’amourache d’un jeune Pakistanais. Ils décident douvrir une boutique au bord de la mer mais le commerce du poisson/frites est un flop total. Les deux familles commencent à se détester. La tension monte. Les problèmes de Andy rejaillissent sur son frère. Le couple de ce dernier bat de l’aile. De complication en complication, rien ne va plus. Andy décide de rentrer à Londres, sa mère décède dans la voiture. Son frère, lui, apprend que son père, un Turc, n’est pas mort mais bel et bien vivant et c’est lui-même qui tient le resto de Londres qu’il avait auparavant quitté. Un long métrage qui se décline comme le cycle de la vie avec ses moments aigres-doux, mi-figue mi-raisin. «J’aime les cycles c’est comme l’amour, cela ne finit pas. C’est toujours un cercle et c’est présent dans tous mes films», a expliqué le réalisateur lors du débat, lui-même sait très bien ce qu’est être confronté à plusieurs nationalités et obligé de jongler avec. En effet, né à Chypre, Elias Demetriou a les nationalités chypriote, grecque et anglaise. Une belle leçon d’humanisme et de tolérance en tout cas….(L’Expression-03.04.2012.)

**Il était une fois en Anatolie… film turc de Nuri Bilge Ceylan

Couronné du Grand Prix l’an dernier au Festival de Cannes, le film du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan, Il était une fois en Anatolie, a fait l’ouverture samedi des Journées du film méditerranéen.

 

Scène du film

Un film pour le moins atmosphérique où le trois quarts de son temps se passent la nuit, un film où le temps s’allonge, on prend son temps justement pour poser ses armes, construire sa narration et modeler ses personnages. Lumière qui dessine des sillons au milieu d’un no man’s land, des spectres nocturnes, un dîner éclairé au quinquet, des paysages panoramiques et des plans fixes, tels sont les ingrédients esthétiques qui font le film Il était une fois en Anatolie du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan. Un film qui a reçu l’an dernier le Grand Prix à Cannes, ex æquo avec Le Gamin au vélo des frères Dardenne. L’histoire de ce film se passe au coeur des steppes d’Anatolie, un meurtrier tente de guider une équipe de policiers vers l’endroit où il a enterré le corps de sa victime. Au cours de ce périple macabre, une série d’indices sur ce qui s’est vraiment déroulé fait progressivement surface. Autour de cette histoire centrale gravitent les histoires personnelles du commissaire ou encore du médecin assez taciturne et renfermé. A l’ambiance macabre s’ajoutent quelques petites pointes d’humeur parsemées ici et là pour alléger un peu de la lourdeur du film bien ressentie durant 1 heure 57 mn que dure cet étrange long métrage. Il est assez incongru toutefois de dire à l’inspecteur de police en pleine fouille de cadavre, qu’il ressemble à Clark Gable. Mais la mort rode immanquablement et une autre histoire se dessine à côté et que les deux principaux protagonistes du film, flic et médecin, vont tenter d’élucider. Il s’agit de la mort d’une femme ou son suicide après son accouchement. Le motif présumé, l’infidélité de son mari. «Une satisfaction quand même: il nous fait oublier les feuilletons turcs!», dira ce spectateur qui s’est un peu ennuyé durant la projection de ce long métrage.
Un film en tout cas qui ne laisse pas indifférent. Une entrée en matière de ce que peut représenter la quintessence du cinéma méditerranéen aujourd’hui et plus particulièrement turc..Mais pas que ça puisque ceci n’est qu’un échantillon sur les 18 films que compte le programme MéditerraCiné étrenné samedi soir à la salle Cosmos en ouverture donc des Journées du film méditerranéen qu’organise l’Aarc (l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel), et ce jusqu’au 7 avril.
Animant hier matin un master-class à Dar Abdellatif, le réalisateur a avoué que son scénarii a été coécrit avec sa femme et un ami médecin. Ce dernier lui avait déjà raconté pas mal d’anecdotes sur des histoires similaires rencontrées de par sa profession. D’ailleurs, dans le film, nous plongeons dans le travail du médecin légiste en pleine autopsie et faisons connaissance avec son vocabulaire non sans une certaine froideur et rigidité dans le regard de ce médecin qui épouse parfaitement le tempérament du film.
Lors du master-class a été abordé le thème du temps qui est souvent réccurent dans la filmographie de Nuri Bilge Ceylan. Il fera remarquer à juste titre que le temps est important dans le cinéma car cela lui permet de sonder les caractères de ses personnages comme dans la vie réelle. Le temps est en effet très dilaté de manière à ce que le spectateur puisse se l’approprier et comprendre ainsi le récit c’est pourquoi la plupart de ses films sont lents. Si le temps n’en finit pas, la vie, elle, paradoxalement trouve toujours une fin en venant mettre une fin à son cycle infernal, une fin parfois heureuse ou terrifiante, choisie ou imposée.
Des sujets déroutants comme l’est le titre du film qui s’inspire d’une de ses séquences qui ferait dire à un des comédiens, qu’il aurait vécu un jour comme dans un conte…
Enfin, Nuri Bilge Ceylan a indiqué être contre le story board et ne pas improviser sur le tournage, par contre ses films ou plans sont très découpés. Bien riche le programme de MéditerraCiné promet plein de bonnes choses. De la découverte, de l’évasion et surtout de l’émotion. Bref du cinéma! ….(L’Expression-02.04.2012.)

**journées du Film méditerranéen d’Alger…avec 18 longs métrages

 

Il se tiendra du 31 mars au 7 avril à Alger et constituera incontestablement l’événement culturel du printemps. Pour en savoir plus, la chargée de la programmation Nabila Rezaig, responsable du département cinéma au sein de l’Aarc (Agence algérienne pour le rayonnement culturel) a animé hier matin à Dar Abdeltatif une conférence de presse afin de dévoiler le programme entrant dans le cadre des premières journées du Film méditerranéen d’Alger, baptisées MediterraCiné. Berceau de plusieurs grandes civilisations, la Méditerranée est aussi celui du cinématographe créé en 1895 par les frères Lumière.
Dans le cinéma mondial actuel, les pays méditerranéens apportent une contribution de plus en plus importante et leurs metteurs en scène, comédiens et autres professionnels du 7e art se distinguent régulièrement. Ces éléments justifient l’existence de plusieurs festivals méditerranéens de cinéma sur les rives Nord et Sud. Mais, jusque-là, les cinéastes et cinéphiles algériens n’avaient pas accès aux productions entrant dans ce cadre géoculturel. Autant de raisons qui ont poussé l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel, en partenariat avec la société de diffusion et de production, MDciné, à mettre en oeuvre les Journées du film méditerranéen d’Alger. Ce rendez-vous du cinéma méditerranéen se propose de faire découvrir aux cinéphiles algériens des longs métrages de fiction récents et de qualité exprimant de diverses manières, les talents, les styles et les tendances du cinéma méditerranéen.
MediterraCiné se veut également nous apprend-on un espace d’échanges professionnels et conviviaux entre les cinéastes du Bassin méditerranéen et le creuset d’éventuels projets de partenariat, de coproduction, de diffusion, etc. Au menu, 18 films représentant chacun un pays sur les 21 que compte le littoral méditerranéen seront projetés dans les deux salles Alpha et Beta du cinéma Cosmos de Riad El Feth. Le grand réalisateur turc, Nuri Bilge Ceylan, quatre fois primé à Cannes (2003, 2006, 2008 et 2011), viendra présenter à l’ouverture Il était une fois en Anatolie, le 31 mars prochain à partir de 18h, tandis que le célèbre film de Michel Hazanavicius, The Artist, titulaire de 52 prix dont 6 Oscars 2012 clôturera en apothéose, sans aucun doute, cet événement cinématographique, hélas, sans la présence du réalisateur ni de ses acteurs fétiches et encore moins du chien.
Le public aura le plaisir de découvrir Pa Negre, le film d’Agustí Villaronga qui a raflé en 2011 tous les prix de cinéma en Espagne. Parmi les films arabes que compte le programme, on notera Normal de Merzak Allouache, Andalousie avec mon amour de Mohamed Abdulaziz, Andalousie mon amour! du Marocain Mohamed Nadif, Always Brando du Tunisien Ridha behi, Habbib Rassek Khairban de la Palestinienne Suzane Youssef.
Des films, note-t-on, qui ont déjà été projetés dans le cadre du dernier Festival arabe du film d’Oran. La rencontre abritera également un cycle Ettore Scola, organisé en partenariat avec l’Institut culturel italien d’Alger. Auteur de Nous nous sommes tant aimés (1974), Affreux, sales et méchants (1976) et Une Journée particulière (1977), parmi une trentaine de films réalisés, ce monument du cinéma mondial a, de plus, marqué toute une génération de spectateurs algériens. Au programme aussi des master-class avec les quelques réalisateurs qui évoqueront avec nous le lendemain leurs films diffusés la veille. On citera le Turc Nuri Bilge Ceylan, Ridha Behi de Tunisie, le Libanais George Hachem pour son film Balle perdue, l’Espagnol Agusti Villaronga pour son film Pain noir et enfin le producteur français Marc Bashet. En plus de ces réalisateurs, le film italien Terra Ferma de Emmanuelle Crialese sera accompagné d’un critique cinéma pour sa présentation. Le film chypriote Fish n’chips sera projeté en présence de son réalisateur Elia Demetriou. Pour les masters-class, l’Aarc qui a d’ores et déjà invité les réalisateurs algériens à y participer, a privilégié aussi les étudiants de l’Inad de Borj El Kiffan et l’école audiovisuelle de Ouled Fayet. Le film algérien Normal sera représenté par le comédien Nadjib Oulebsir. Les projections auront lieu à 13h30, 15h, 15h30 et 18h. (L’Expression-27.03.2012.)

 

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*Quand «La Bataille d’Alger» inspire le Pentagone

Quand «La Bataille d'Alger» inspire le Pentagone

La guerre d’Algérie, ou plus exactement La Bataille d’Alger, fait encore parler d’elle. Cet épisode de la révolution algérienne trouve enfin sa place dans l’histoire, loin des désinformations post-coloniales. Il n’est plus question de parler de «terrorisme» comme le voulaient les défenseurs de l’Algérie dite «française», mais de «guerre de libération nationale». Coups, étranglements, ongles arrachés, yeux crevés, brûlures, gégène, baignoire. Dans cette «violence extrême» faite à des Algériens, Claude Juin inclut «brimades, humiliations, les viols de femmes, exécutions sommaires». Cette torture en ville ou dans le djebel a touché, selon l’historien Pierre Vidal-Naquet, des centaines de milliers d’Algériens. Elle «n’a pas été seulement, assure Benjamin Stora, le fait de quelques militaires isolés». «La torture a, selon Raphaëlle Branche, atteint une dimension inégalée». Auteure de «La torture et l’armée pendant la Guerre d’Algérie» (2001, Gallimard), elle la qualifie d’ «arme-clé» de cette guerre, longtemps qualifiée «d’opérations de maintien de l’ordre». Mais cette reconnaissance n’est pas tout à fait conquise. Effectivement, à l’aube du XXIe siècle, on parle toujours de «terrorisme» en faisant allusion aux opérations menées par les Algériens à la quête de leur libération nationale. Désolant est de constater que «la puissance mondiale», à savoir les Etats-Unis d’Amérique, utilisent toujours ce vocabulaire. Un pays qui se veut gardien de la démocratie et des droits de l’homme, à cheval (théoriquement) sur l’application des principes du droit international, et plus précisément du droit international humanitaire. «Comment gagner une bataille contre le terrorisme et perdre la guerre des idées. Des enfants tirent sur des soldats à bout portant, des femmes posent des bombes dans des cafés. Rapidement l’ensemble de la population arabe s’enflamme. Ca vous rappelle quelque chose?» proclamait l’affiche placardée dans les couloirs du Pentagone, en août 2003, pour annoncer la projection de «La Bataille d’Alger». C’est dire que les Américains n’ont rien compris à la Guerre d’Algérie et encore moins à la lutte contre le terrorisme. Preuve en est: ils ont perdu la guerre en Irak. Le film de Gillo Pontecorvo réalisé en 1966 retrace les opérations menées en 1957 dans la Casbah d’Alger et dénonce le recours à la torture par les Français. Du djebel algérien aux sables d’Irak et montagnes d’Afghanistan, l’expérience de l’armée française, il y a un demi-siècle, face aux maquisards algériens a profondément influencé la pensée stratégique et les officiers américains dans le combat insurrectionnel. Encore une fois, les Américains interprètent et instrumentalisent les faits selon leurs intérêts. Est-il nécessaire de rappeler l’apologie du film de Gillo Pontecorvo? Le but de l’oeuvre était de glorifier la bataille d’Alger, et non de servir à enrichir les manuels de guerre des Américains. Terrible mais de mise, le Pentagone lui, utilise le scénario du film pour développer et mettre en place une stratégie pour réprimer et éliminer, à titre d’exemple, l’émergence d’une insurrection irakienne, tandis qu’en Afghanistan, les infiltrations de combattants taliban reprenaient, à l’époque de sa projection, peu à peu. Un film historique qui met en avant la cruauté de la violence ainsi que son impact sur toute une société, sorti de son contexte par les dompteurs de la démocratie.
Au lieu de prendre en considération la morale de ce chef-d’oeuvre, les Etats-Unis l’ont réduit en une maquette pernicieuse. La redécouverte de la doctrine anti-insurrectionnelle française s’est faite pas à pas, encouragée par des officiers supérieurs comme le général David Petraeus, qui a dirigé la coalition militaire en Irak puis en Afghanistan. Admirateur du général Marcel Bigeard, avec qui il a correspondu pendant trente ans, le général Petraeus a dirigé la rédaction du Field Manuel 3-24 publié fin 2006 qui expose la doctrine américaine en matière de lutte antiguérilla. Voilà la leçon retenue par les Américains: comment vaincre une guérilla en milieu urbain? Comment briser une résistance? Ratissage urbain, quadrillage du territoire, population isolée des insurgés, formation de forces locales et recours massif au renseignement pour identifier les composantes et motivations de la rébellion. Les enseignements de Galula ont été largement mis en oeuvre en Irak comme en Afghanistan où le général Stanley McChrystal, éphémère commandant des forces internationales, en appelait à «revenir aux leçons» du théoricien français. Une initiative fièrement médiatisée, mais qui n’a rien de glorieux. (L’Expression-12.03.2012.)

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*L’Acteur Peter Falk est mort.

Cinéma

*Peter Falk, qui a incarné l’inspecteur « Columbo » à la télévision, serait mort à l’âge de 83 ans, a annoncé aujourd’hui un membre de la famille sur la radio californienne KNX. (24.06.2011.)

 **Un film algérien au festival de Cannes 

Jenjer (Maquillage), réalisé par Abdelmalek Saïfi, vient d’être sélectionné à la compétition officielle des courts métrages au 64ème festival de Cannes qui se tiendra du 11 au 22 mai 2011…

 filmmaquillagealg.jpgJenjer, l’unique court métrage de toute l’Afrique du nord, est retenu parmi d’autres courts métrages comme « Je voulais vous dire » de Romain Delange (France), « Jesus Saves » de De Souza Ramos (Brésil et Royaume-Unis), « Jeremy » de Brian Faye » (Etats Unis), « Je te survivrai » de Mathias Gomis (France)…etc. tous inscrits dans les programmes thématiques «Short film corner». Jenjer ou Maquillage, court métrage d’une durée de 20 mn, est produit en janvier 2011. Le film de Abdelmalek Saïfi tourné en DV, est un drame de jeunesse projeté dans la fiction. Mohammed Thichradh , jeune dessinateur, passe et réussit le concours d’entrée des beaux arts. Il commence à étudier mais au bout d’un moment il s’ennuie. Il décide alors de s’improviser un atelier chez lui.Le film débute par un gros plan sur les yeux. Dans sa chambre transformée en atelier, Mohammed Tichradh, passent sept (7) minutes entières dans un film qui n’en compte que vingt (20), pour reproduire une œuvre qui n’est en réalité qu’une toile blanche. L’auteur insiste sur les difficultés du métier Lors d’une exposition de tableaux, tout le mal donnée pour cette œuvre est dominée par le croisement des regards, ceux d’un jeune homme et d’une jeune fille qui symbolisent la fécondité. Mohand Saïdani, Nassima Merzoug et Axelle Nebout tiennent les principaux rôles dans ce court métrage qui sera en compétition au prochain festival de Cannes. Ce festival est une opportunité pour les jeunes cinéastes de se faire connaître et de promouvoir le cinéma comme une valeur culturelle importante. (El Watan-02.05.2011.)
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LE COMÉDIEN français d’origine algérienne À LIBERTÉ

   **Samy Naceri : “Je prépare mon retour !”

1À la sortie d’une projection, samedi dernier, nous flânons sur la Croisette grouillante de monde. Nous tombons nez à nez sur Sami Naceri qui ne cesse de parler de lui. Le jour même, M6 lui consacre un reportage et l’AFP publie une dépêche annonçant son arrestation à Cannes. Nous l’avions approché et a eu la gentillesse de répondre à quelques questions. Cette interview improvisée a provoqué un attroupement impressionnant.
 

*Liberté : Bonjour Monsieur Naceri. Pourrions-nous prendre une photo avec vous ?
 Samy Naceri : Bonjour ! Oui. Je vous demande 50 euros.
 
*Nous sommes Algériens et votre prix est trop élevé pour nous…
C’est gratuit pour les Algériens. (Rire !)
 
*Que fais Sami à Cannes ?
Je ne suis pas à Cannes pour faire de l’agitation comme le rapporte une certaine presse racoleuse. Je suis venu avec ma femme, ma fille et mon fils pour prendre du bon temps. J’ai envie de protéger ma famille. Je suis aussi là pour chercher des partenaires pour mes projets et soutenir mon associé qui gère notre boîte de transport Azur Moto Express.

*La presse a rapporté que vous avez été interpellé. Que s’est-t-il passé exactement ?
J’ai eu une altercation avec un idiot de vigile à l’entrée d’une soirée privée. J’ai revu Luc Besson. Je l’ai pris dans mes bras. J’ai pleuré. Je me suis rendu dans une soirée avec des invitations en bonne et due forme. Un idiot d’agent de sécurité n’a pas voulu me laisser entrer. Je ne me suis pas laissé faire. J’ai été relâché très vite après mon audition.
 
*Vous êtes en période de reconstruction. Quels sont vos projets en cours ?
J’ai été en prison. J’ai payé ma dette. On a voulu me faire payer autre chose. Je le refuse et je résiste. Je prépare mon retour. Je reçois tout le temps des propositions et je travaille dessus avec ma famille. Je gagne ma vie très bien. J’ai monté une boîte de transport. Quand j’arrive à aider les nécessiteux en Algérie, je le fais avec plaisir. Les Algériens sont mes frères. Mon père s’appelle Jillali Naceri. On est de Tiaret. Aider les Algériens est un devoir pour moi.

*Avez-vous reçu des propositions de la part de cinéastes algériens ?  
Non. Pourtant, il paraît que le cinéma algérien est en train d’évoluer. Je vais bientôt tourner avec Alexandre Arcady qui adapte le roman Ce que le jour doit à la nuit du romancier algérien Yasmina Khadra. En revanche, on va tourner en Tunisie. Je ne sais pas pourquoi. Il semble qu’il ait des problèmes en Algérie. Cela ne me concerne pas. Je ne fais pas de politique. Je suis acteur.
 
*As-tu vu le film La Source des femmes de Radu Mihaileanu en Compétition à Cannes cette année ?
 Non. Il va passer tout à l’heure. J’adore Leïla Bekhti. Je suis sûr que je vais l’aimer !
 
*Vous avez été primé à Cannes…
Oui. Avec Indigènes. C’est fort. C’est quelque chose ! Personne ne croyait au film. Mais nous avons travaillé durement. Et nous avons réussi. Nos ancêtres ont défendu la France, et bien avant la résistance. Mon père a vendu des fleurs dans les Halles et a peint la tour Eiffel.Après, il a choisi de rentrer en Algérie où il se sent très bien. Nous, enfants des générations suivantes, avons aussi défendu – et défendons – la France. Il ne faut pas que Marie Le Pen vienne nous raconter des salades aujourd’hui ! (Liberté.25.05.2011.)
 
*Un dernier mot ?
Vive l’Algérie ! Vivre la France ! Vive Paris ! Et à bas Marie Le Pen et tous les fascistes.

(*) Dimanche après-midi, devant l’hôtel Martinez sur la Croisette, le comédien a été arrêté pour exhibitionnisme. Il a été relâché 24 heures plus tard.

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*Le Discours d’un roi, grand gagnant des Oscars 2011

Colin Firth, George VI dans le Discours d'un roi, et son réalisateur Tom Hooper.
Colin Firth, George VI dans le Discours d’un roi, et son réalisateur Tom Hooper. 

Le film sur le bégaiement du roi George VI a raflé dimanche quatre récompenses majeures : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur scénario original.

coeur- Le discours d’un roi du Britannique Tom Hooper a régné en monarque absolu dimanche soir à la 83e cérémonie des Oscars, à Hollywood, en remportant quatre statuettes, dont celle du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur scénario original.

Son rival The social network a dû se contenter des meilleurs montage, scénario adapté (pour Aaron Sorkin) et musique. L’autre favori True grit des frères Coen, malgré ses dix nominations, est reparti les mains vides.

Côté interprétation, les vainqueurs ont confirmé tous les pronostics. Natalie Portman a remporté la statuette de la meilleure actrice pour son rôle de danseuse paranoïaque dans Black swan - le seul Oscar décroché par le film. Vêtue d’un robe drapée couleur prune, et escortée jusqu’à la scène par son compagnon, le danseur français Benjamin Millepied, l’actrice s’est déclarée «très chanceuse d’exercer le métier d’actrice et d’avoir fait ce film».

Colin Firth, sacré meilleur acteur pour son incarnation du roi bègue George VI dans Le discours d’un roi, a assuré pour sa part «avoir la sensation que (sa) carrière avait atteint un sommet» . Les seconds rôles, Melissa Leo et Christian Bale, se sont tous les deux illustrés dans Fighter de David O. Russell. (Le Figaro-28.02.2011.)

Les vainqueurs dans les principales catégories aux Oscars 2011

MEILLEUR FILM

- Le discours d’un roi

MEILLEUR REALISATEUR

- Tom Hooper pour Le discours d’un roi

MEILLEUR ACTEUR

- Colin Firth (Le discours d’un roi)

MEILLEURE ACTRICE

- Natalie Portman (Black swan)

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE

- Christian Bale (Fighter)

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE

- Melissa Leo (Fighter)

MEILLEUR FILM D’ANIMATION

- Toy story 3

MEILLEUR FILM ETRANGER

- Revenge (Haevnen, Danemark)

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*Le film Hors-la-loi présenté à l’ONU

 Le réalisateur franco-algérien, Rachid Bouchareb, a rendez-vous avec l’histoire, puisque le film Hors-la-loi, est en passe de décrocher, ce soir à Los Angeles, l’Oscar du meilleur film étranger. Le film a déjà donné lieu à une grande campagne de promotion aux Etats-Unis, puisqu’il a été présenté au siège de l’ONU devant plus de 500 personnes, en majorité des diplomates, des journalistes et des fonctionnaires internationaux.
Le film a été longuement applaudi et a captivé les spectateurs. Ahmed Bedjaoui, conseiller auprès du ministère de la Culture et chef d’orchestre de la campagne de promotion du film Hors-la-loi en Amérique a, dans une introduction, faite dans la langue de Shakespeare, rappelé qu’il y a un peu plus de 50 ans, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait la résolution 15-14, encourageant l’indépendance et l’émancipation des peuples encore sous le joug colonial.
Il saisit donc cette occasion pour rendre hommage à M’hamed Yazid, premier représentant de l’Algérie à l’ONU et le premier ministre du Gpra à avoir présenté deux films algériens issus de la lutte de libération nationale à l’ONU, alors que la guerre faisait encore rage dans le pays. Bedjaoui avait, notamment lancé cette phrase en anglais: «Fifty years later, I said Algeria is back with its cinema». (50 ans après, l’Algérie revient avec son cinéma).
Le film a été projeté également à Washington dans deux universités, Columbia et Howard Universities avec un débat. Dimanche dernier, la délégation algérienne avait participé au Smithsonian Museum de Washington à un symposium intitulé «Algeria To-day» avec Dany Glover, Manthia Diawara, Kathleen Cleaver et Mbaye Cham. Il a été question de cinéma algérien surtout, et du Panaf 1969. 200 personnes environ ont suivi le symposium qui a été suivi de la projection de Africa is Back de Salem Brahimi et Chergui Kharroubi. Les spectateurs ont beaucoup apprécié et applaudi ce film qui a été présenté dans sa version anglaise. Hier, Bedjaoui a rejoint Rachid Bouchareb pour le dernier sprint avant la cérémonie des Oscars prévue pour aujourd’hui. Il a animé, avec Rachid Bouchareb un symposium à Hollywoood sur Hors-la-loi devant un public d’invités. Le 26 février a été la journée de The Algerian Entry avec un diner offert par Sonatrach. La Compagnie nationale des hydrocarbures a été d’un grand apport dans la campagne de promotion pour Hors-la-loi à Hollywood.
Elle aurait investi plus de 350.000 dollars pour cette campagne, qui a abouti à la sélection dans le carré final du film pour l’Oscar du film algérien dans une compétition cinématographique très serrée.
Les chargés de la promotion de Hors-la-loi ont fait campagne en plaçant des encarts publicitaires dans la presse professionnelle et dans le prestigieux Los Angeles Times pour annoncer les projections organisées à Los Angeles et New York pour les membres de l’Académie.
Les votants doivent apporter la preuve qu’ils ont visionné les cinq films en compétition, soit dans une salle de cinéma, soit lors d’une projection officielle de l’Académie. Les restrictions imposées récemment interdisent de voir le film en DVD. S’exprimant dans les colonnes du quotidien Le Monde, Rachid Bouchareb a déclaré: «En Algérie, la nomination de Hors-la-loi est très importante pour le cinéma, en général, et aussi pour dire qu’il est un outil de rayonnement international». Saisissant le contexte historique dans le Monde arabe, il ajoute: «C’est un moment historique. On avait oublié qu’une révolution, ça peut se gagner. Le Monde arabe prouve que oui.». L’Algérie a déjà été nominée quatre fois et a remporté l’Oscar du meilleur film étranger en 1969 avec Z, thriller politique de Costa-Gavras. «Cette fois, l’enjeu est plus fort parce que c’est un Algérien d’origine», explique le producteur français du film, Jean Bréhat.
C’est la troisième nomination pour Bouchareb, qui a été déjà nominé par l’Académie en 1995 avec Poussières de vie et en 2006 avec Indigènes, toujours sous la bannière de l’Algérie. «La première fois, on a vraiment envie de gagner, mais après…», relativise le réalisateur, qui est arrivé à Los Angeles le 21 février, à la veille de la clôture du scrutin pour les 6000 membres de l’Académie. «Martin Scorsese a été nominé six fois avant de gagner», rappelle-t-il, non sans humour. Dans la soirée de samedi à dimanche, l’Algérie a une nouvelle fois, rendez-vous avec l’histoire, en cas de victoire de Hors-la-loi, cela risque d’être le plus important événement planétaire de l’Algérie après la qualification de l’EN en Coupe du Monde en Afrique du Sud. (L’Expression-27.02.2011.)

**Cycle de cinéma andalou
 à l’Instituto Cervantes d’Alger…. du 1er au 3 mars 2011 à la salle El Mougar

L’Instituto Cervantes d’Alger, en collaboration avec l’ambassade d’Espagne en Algérie et l’Office national de la culture et de l’Information organise des projections de films andalous et ce, du 1er au 3 mars 2011 à la salle El Mougar. Ces projections débuteront par le film Sevilla City (Séville City) du réalisateurs Juan José Ponce, dont la première diffusion sera le 1er mars à 18h. Ce cycle se clôturera le jeudi 3 mars par la projection de cinq courts métrages et ce, à partir de 14h. Tous ces films et courts métrages, qui font partie de la nouvelle génération du cinéma andalou, seront projetés en version original, sous-titrés en français.

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*FESPACO 2011

Treize films algériens en sélection officielle

Voyage à Alger, d’Abdelkrim Bahloul, et Essaha, de Dahmane Ouzid, ont été retenus  dans la compétition long métrage pour l’Étalon d’or de Yennenga.

Treize film algériens sur un total de 111 font partie de la sélection officielle de la biennale de Ouagadougou, a annoncé, hier matin à Alger, Michel Ouédraogo, délégué général du Fespaco. En effet, après Bruxelles, Paris et Tanger, Michel Ouédraogo et Ardiouma Soma, directeur artistique du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, ont fait escale à Alger et tenu une conférence de presse à la Cinémathèque d’Alger pour annoncer les grandes lignes du programme du Fespaco 2011, prévu du 26 février au 5 mars prochain. “Sur une prévision attendue de 300 films, le Fespaco a enregistré, le
31 octobre 2011, date officielle de clôture des inscriptions, 475 films. Donc, la production cinématographique africaine connaît un développement”, a déclaré M. Ouédraogo. Parmi les 475 films inscrits, 111 ont été retenus et sont répartis en six catégories : long métrage (18 pour l’Étalon de Yennenga dont 6 premières mondiales), court métrage (13 pour le Poulin d’Or), écoles de cinéma
(la grande nouveauté de cette édition. Cette catégorie comprendra 11 films), documentaires (22), films TV et vidéo (37) et films de la diaspora (10). Ardiouma Soma a estimé que les films choisis “reflètent un continent en pleine mutation”, tout en signalant “une prédominance des cinémas du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest”.
Il a également souligné que les thèmes qui sont traités dans les films ont trait aux “luttes pour la survie dans les zones rurales et urbaines, la démocratie et le patrimoine, ainsi que la persistance du thème de l’émigration”. Le jury long métrage, présidé par Cham M’Bye (Sénégal), visionnera dix-huit films dont deux productions algériennes : Voyage à Alger, d’Abdelkrim Bahloul, et Essaha, de Dahmane Ouzid. De son côté, le jury court métrage, présidé par Newton Aduka (Nigeria), visionnera parmi les treize films inscrits dans la compétition, deux courts métrages algériens : Khouya, de Yanis Koussim, et Garagouz, d’Abdenour Zahzah. Deux documentaires algériens seront présentés et jugés : Dans le silence, je sens rouler la terre, de Mohamed Lakhdar Tati, et Le Docker noir, Sembene Ousmane, de Fatma-Zohra Zamoum.
Le Dernier Safar, de Djamel Azizi, sera inscrit dans la compétition TV/Vidéo dont la présidence du jury sera assurée par François L. Woukoache (Cameroun). En hors compétition, et dans la catégorie Panorama des cinémas d’Afrique et des Caraïbes, deux documentaires algériens seront projetés : Africa is back, de Salem Brahimi et Chergui Kharroubi, et l’Afrique fait son cinéma à Alger, de Hadj Mohamed Fifas. Trois longs métrages seront programmés dans le cadre des projections spéciales du Fespaco : l’Afrique vue par…, ainsi que London river et Hors-la-loi de Rachid Bouchareb. Par ailleurs, le festival rendra hommage à plusieurs personnalités africaines du 7e art, notamment Sotigui Kouyaté Tahar Chériaa. Les projections du Fespaco seront réparties sur treize salles, dont huit sont situées au centre-ville et cinq salles périphériques. Michel Ouédraogo a expliqué l’importance des salles périphériques tout en revenant sur le problème des salles de cinéma en Afrique. “Chaque salle qui ferme en Afrique est un poignard dans le dos du cinéma africain. Les salles de cinéma sont un espace de formation et d’éducation, et l’Afrique ne peut pas faire son cinéma si elle n’a pas les espaces pour qu’ils soient vus”, a-t-il expliqué. À moins d’un mois de cet important événement, tout semble au point pour la grande fête du cinéma africain. (Liberté-31.01.2011.)

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*Le film « Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb nominé aux Oscars 2011

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Le film « Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb a été  nominé mardi 25 janvier aux Oscars 2011 dans la catégorie des meilleurs films en langue  étrangère, a annoncé l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

La liste a été dévoilée mardi au Samuel Goldwyn Theater (Los Angeles) dont l’annonce a été diffusée en direct par la chaîne de télévision CNN. Les 4 autres films en langue étrangère en compétition avec le film de  Rachid Bouchareb sont ôBiutifulö (Mexique), « Dogtooth » (Grèce), « In a Better  World » (Danemark) et « Incendies » (Canada).

Les lauréats seront connus lors de la cérémonie organisée le 27 février au Kodak Theatre à Hollywood pour la 83e cérémonie des Oscars. 

Il est à rappeler que l’Algérie a lancé, en décembre dernier, la campagne  pour le soutien du film de Rachid Bouchareb aux Oscars 2011 dans l’une des salles  de cinéma de Los Angeles, avec le soutien financier de la compagnie nationale Sonatrach en partenariat avec le ministère de la Culture. Pour le financement du film « Hors-la-loi », l’Etat algérien est intervenu  à hauteur de 24% du budget total, tandis que les financements publics français se sont limités à 15%, le reste du budget provient de partenaires privés dont  Studio Canal et de coproducteurs belges et tunisiens.

Le règlement des Oscars stipule qu’un film peut être proposé au vote des membres de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS) s’il est  sorti en salle dans le comté de Los Angeles durant l’année précédant la cérémonie.

Le trophée est constitué de britannium plaqué d’or et a été dessiné par Cedric Gibbons, cofondateur de l’AMPAS, et responsable artistique de la  Metro Goldwyn Mayer (MGM) entre 1924 et 1956. D’une hauteur de 34 centimètres  pour un poids de 3 kg, il a été sculpté par George Stanley et réalisé par la  société R. S. Owens & Company à Chicago.

Désigné officiellement sous le terme d’Academy Award, il est surnommé  « Oscar » depuis 1934. (El Watan-25.01.2011.)

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 *FESTIVAL DU COURT MÉTRAGE DE VAULX-EN-VELIN (FRANCE)
Garagouz de Abdenour Zahzah décroche le grand prix
 Une historie de marionnettes qui nous donne bien des leçons dans ce conte pour adultes.

Et un de plus! le court métrage Garagouz du réalisateur algérien Abdenour Zahzah a reçu le Grand Prix du 11e Festival du court métrage de Vaulx-en-Velin (France) qui s’est tenu du 15 au 22 janvier. Le film capitalise ainsi, en à peine quelques mois, son 7e prix international. Pour cette 11e édition, le Festival a proposé la programmation d’une centaine de films – choisis parmi plus de 750 films reçus en présélection – dont 81 étaient en compétition, tous jurys confondus.
L’Algérie concourait ainsi, notamment aux côtés de la France, la Belgique, la Suisse, le Burkina Faso, le Canada, l’Algérie, le Togo, la Tunisie, le Mali, le Bénin… Ce nouveau prix qui distingue le réalisateur algérien vient s’ajouter d’autres récompenses amplement méritées.
On peut citer le Prix du public et le Prix du jury jeune glané au 28e Festival Tout court d’Aix en Provence, le Prix du public du Midi Libre lors de la 32e édition du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier en octobre dernier, ainsi que le prix du meilleur court métrage aux æquo aux côtés de Linge sale à la 4e édition du Festival international du film arabe.
Le film Garagouz, d’une durée de 24 minutes, produit en septembre 2010, raconte l’histoire d’un père marionnettiste et de son fils apprenti qui sillonnent les villages algériens pour y apporter un peu de joie et de rêve.
Ce film montre, si besoin est, que la lutte du savoir contre l’obscurantisme et la bêtise humaine doivent continuer…la façon de raconter cette histoire est très intelligente et rend le film très touchant. Une belle petite histoire de marionnettes. Celle-ci nous assène bien des leçons dans ce joli conte pour adultes. Le Festival du film court francophone de Vaulx-en-Velin est devenu un rendez-vous incontournable sur Lyon et la région Rhône-Alpes, nous apprend-on. Il propose une sélection de films courts placés sous le signe de la francophonie et de l’engagement avec des réalisations qui soulèvent les débats et bousculent les mentalités.
Fictions, documentaires, animations, le Ffcf met en avant la diversité des oeuvres cinématographiques et devient, l’espace d’une semaine, un lieu de rencontres et d’échanges entre les réalisateurs et les festivaliers. L’occasion de découvrir des oeuvres pleines de réflexion, d’émotions, souvent méconnues du public européen. Le festival du film court francophone s’est donc inscrit dans cette générosité qui donne à voir et comprendre le monde. Fort de cette réussite, Garagouz sera en compétition également au prochain Fespaco (Ouaga dougou) qui aura lieu du 26 février au 05 mars. Souhaitons-lui encore plus de victoires.(L’Expression-25.01.2011.)

*FESTIVAL «REGARD SUR LE CINÉMA ALGÉRIEN» À MONTPELLIER
L’Algérie en force dans l’Hexagone
 

Ce festival se tiendra du 27 janvier au 30 mars et réunira une pléthore de films algériens toutes catégories confondues.

Le cinéma algérien continue de susciter des interrogations et à intriguer les cinéphiles d’outre-mer. Mieux, à susciter l’admiration chez certains, c’est selon. Un phénomène qui s’expliquerait par le manque d’images en provenance d’Algérie. Faire un film dans les pays de l’Afrique du Nord s’apparente à un exploit.
Un défi. Un combat au quotidien. Le cinéma algérien nécessiterait-il qu’on se penche sur lui pour le décortiquer? Certaine-ment. Certains s’y attellent actuellement et on attend ce livre avec impatience! Le cinéma d’Algérie réalisé par des cinéastes d’ici et d’ailleurs est-il représentatif de la société algérienne? Pour la nouvelle génération de cinéastes, à l’instar de Tarig Teguia, Lyès Salem, Rabah Ameur Zaïmèche et consors, leur filmographie se veut comme teintée d’une forme de désenchantement, avec une certaine distanciation dans le regard, note-t-on, due sans doute à l’appel du traitement esthétique de leurs films. La filmographie algérienne de ces dix dernières années prend de plus en plus ancrage dans la réalité sociopolitique tout en la contournant tel Mascarades ou mieux, In land. Mais il faudra beaucoup plus de temps pour que les Algériens reprennent confiance en leur cinéma tant celui-ci manque souvent d’authenticité, en général. S’intéresse-t-on ailleurs plus à notre cinématographie qu’ici? Sans doute. La ville française Montpellier a choisi de consacrer le regard de son Festival régional au 7e art algérien. C’est bien, tant mieux. On ne peut que s’en réjouir. L’inauguration de cette nouvelle édition «Regards sur le cinéma algérien» aura lieu le 27 janvier à l’espace Martin Luther King avec le vernissage de l’exposition «Peinture et Cinéma» du grand peintre algérien, Tayeb Arab.
Une expo qui se déclinera entre toiles, caricatures et aquarelles. Elle sera suivie de la projection du film Machaho (1995) de Belkacem Hadjadj (en présence du réalisateur). Arezki, un paysan des montagnes de Kabylie, recueille un jeune homme, Larbi, trouvé inanimé dans un sous-bois enneigé. Soigné par la femme et la fille d’Arezki, Larbi se rétablit. Il noue une liaison avec la fille du paysan et part. Le père découvrant que sa fille est enceinte veut laver son honneur dans le sang du jeune étranger.
Ce film est, en fait un hommage rendu aux femmes algériennes. Il est bon de savoir qu’il est l’un des premiers films algériens à être tourné en langue kabyle. Un choix audacieux pour cette époque. Toujours dans le cadre du festival «Regards sur le cinéma algérien», la médiathèque William Shakespeare de Montpellier convie les cinéphiles du 3 au 25 février à la projection d’une série de films algériens des plus intéressants. Au programme Harragas, le dernier film de Merzak Allouache (fiction de 2009, 90’). Comme son nom l’indique, ce film met en scène la tentative d’évasion clandestine à 200 km des côtes algériennes d’un groupe de jeunes vers l’Espagne.
Un film moyen qui manque d’émotion. Mimezrane, la fille aux tresses de Ali Mouzaoui (fiction de 2008, 101’) est tiré d’un conte kabyle. Le film relate une très belle histoire d’amour, celle de la belle Mimezrane et de Hennouche, qui vécurent ensemble une enfance insouciante. Mascarades de Lyès Salem (fiction de 2008, 92’) est une belle satire de la société algérienne qui peine à ouvrir ses yeux sur ses problèmes, et que le réalisateur tente de soigner avec de l’humour.
Tout le monde se moque de la soeur de Mounir atteinte de necroleptie. Mounir annonce un jour qu’elle va se marier à un riche homme d’affaires étranger. S’ensuivent des quiproquos à la chaîne. La belle au bois dormant sort enfin de sa torpeur…Enfin, Malek Bensmaïl est présent via ses deux films documentaires, Aliénations (Algérie – France, 2003, 105’) et La Chine est encore loin (2008, 120’).
Dans le premier, le réalisateur s’intéresse aux malades mentaux d’Algérie et va tourner dans l’hôpital psychiatrique de Constantine. L’auteur dédie ce film à son père, l’un des fondateurs de la psychiatrie algérienne. Et si la folie était le summum de la sagesse? semble désigner du doigt ce film bien abouti. Dans le second, Malek Bensmaïl revient dans son village cinquante ans après la guerre de sept ans qui mènera l’Algérie à l’indépendance. Il y filme les habitants, entre présent et mémoire. Le rôle du savoir y est dominant à travers le filmage de ces enfants dans un coin reculé de l’Algérie. L’ignorance où cela nous mène….L’un comme l’autre, tentent de sonder la crise culturelle et politique de l’Algérie. Au menu également, Esssaha (la place) de Dahmane Ouzid. Dans la catégorie court métrage, on retrouve Khoya et Khti de Yanis Koussuim, Les Baies d’Alger de Hassan Ferhani, El Djinn de Yasmine Chouikh (2010-20’) et Le Dernier passager de Mounès Khemmar (2010-7’). Le but de ce festival est donc de favoriser la diffusion du 7e art algérien, trop souvent méconnu. ( L’Exxpression-23.01.2011.)

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*Le western au féminin 

Dans Rivière sans retour (1954), d'Otto Preminger, Marilyn Monroe abandonne ses escarpins rouges de chanteusede saloon pour suivre Robert Mitchum.
Dans Rivière sans retour (1954), d’Otto Preminger, Marilyn Monroe abandonne ses escarpins rouges de chanteusede saloon pour suivre Robert Mitchum.

Traditionnellement macho, avec un brin de misogynie, le cinéma western trouve un nouvel élan féministe avec la sortie en salles de True Grit et Meek’s Cutoff.

coeur- «On ajoute toujours une femme dans la ballade parce que, sans femme, le western ne marcherait pas», disait Anthony Mann. De fait, elles sont rares les héroïnes à l’image de la Mattie Ross de True Grit, le western très féministe des frères Coen. L’Ouest, le vrai, est masculin et le western se doit de raconter les amitiés viriles. Si la femme fait partie du paysage, elle est le faire-valoir, qu’elle soit la fiancée, l’épouse, la mère ou bien la prostituée.

Le western n’hésite pas à afficher machisme et misogynie. Le Banni, de Howard Hughes, en est le parfait exemple. Malgré ses décolletés vertigineux, Jane Russell dans le rôle de l’érotique Rio, n’arrive pas à séduire Doc Holiday et Billy the Kid. Pour les deux hommes à l’homosexualité latente, une femme vaut moins qu’un cheval. Dans Rio Bravo, de Howard Hawks, Angie Dickinson en joueuse professionnelle amoureuse du shérif interprété par John Wayne montre ses jolies gambettes, élues «plus belles jambes de l’Amérique» et assurées par la compagnie Lloyd’s de Londres. Marilyn Monroe, dans Rivière sans retour, de Preminger, est chanteuse dans un saloon. Elle abandonnera ses escarpins rouges dans la poussière de l’Ouest pour monter dans le chariot conduit par Robert Mitchum.

Duel entre femmes 

Dans sa «trilogie du dollar», Sergio Leone se refusait à envisager la présence d’une héroïne. «Même dans un chef-d’œuvre comme O.K. Corral, la présence d’une femme – en l’occurrence Rhonda Fleming – arrête l’action, coupe le rythme, expliquait-il. Dans le désert, le problème essentiel, c’est survivre. La femme est un obstacle à la survie ! Le plus souvent, non seulement elle bloque l’histoire, mais elle n’a ni épaisseur ni réalité. C’est un symbole. Sa vraie place est à l’arrière-plan.» Il a fini par changer d’avis en donnant un rôle de premier plan à Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l’Ouest.

Les quelques westerns dans lesquels la femme tient les rênes et a des responsabilités sont interprétés par des stars au caractère bien trempé : Marlene Dietrich, propriétaire d’un ranch dans L’Ange des maudits, de Fritz Lang, Barbara Stanwyck dans La Reine de la prairie, d’Allan Dwan, et dans Quarante tueurs, de Samuel Fuller. Et, surtout, Joan Crawford, tenancière de saloon dans Johnny Guitar, de Nicholas Ray. Le film met en relief sa rivalité avec une riche héritière et s’achève par un duel entre les femmes. Un grand classique, en dehors des clichés du genre, malgré quelques répliques machistes : «De quoi a besoin un homme ?, s’interroge Johnny Guitar (Sterling Hayden). De tabac et d’une tasse de café.»

Lorsqu’il ne fait pas la part belle aux personnages historiques comme Calamity Jane, Annie Oakley ou Belle Starr, le western féminin penche du côté de la comédie: Les Pétroleuses, de Christian-Jaque, avec Brigitte Bardot et Claudia Cardinale; Cat Ballou, d’Elliot Silverstein, avec Jane Fonda; Le Ranch de l’injustice, d’Andrew McLaglen, avec Doris Day; Sierra Torride, de Don Siegel, avec Shirley MacLaine.

True Grit montre que les temps changent. La sortie prochaine de Meek’s Cutoff, autre western féministe avec Michelle Williams, confirme la tendance. (Le Figaro-23.02.2011.)

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* Hors-la-loi et Voyage à Alger écartés du Festival de Marrakech


«La solitude, c’est promener son chien.»
Aziz Chouaki « Extrait de Arobase »
Après la mise à l’écart, l’année dernière, de Mascarades de Lyes Salem, le film arabe et africain le plus primé en 2009, la Fondation du Festival international du film de Marrakech, (Fifm), n’a sélectionné cette année aucun film algérien. Deux films les plus en vue ces dernières semaines, ont été écartés du Festival de Marrakech Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, doublement primé au Festival de Damas et Voyage à Alger de Abdelkrim Bahloul, Tanit d’argent au JCC de Carthage, ne figurent pas dans la sélection. Les responsables du Festival de Marrakech ont préféré les écarter de la compétition pour ne pas les récompenser. Parmi les 15 films sélectionnés pour la compétition officielle, aucune oeuvre connue ou célèbre. Dix d’entre eux sont même des oeuvres inédites. Le festival que dirige Mélita, la femme du président défunt d’Unifrance Toscan Du Plantier, se veut avant tout comme un festival d’avant-garde, découvreur de talent et pas comme Carthage ou Ouaga, des festivals aux commandes de la Francophonie et de l’Africanité. Le Festival de Marrakech est, avant tout, une manifestation high light, où sont associés plusieurs secteurs du gouvernement chérifien comme les Finances, la Culture, la Communication et surtout le Tourisme, le tout sous la direction du numéro 2 du Royaume, le prince Moulay Rachid, qui a été intronisé comme le président de la Fondation du Festival international du film de Marrakech. Contrairement à Mascarades, la non-sélection du film de Rachid Bouchareb est avant tout une histoire de frontière artistique. Rachid Bouchareb, qui avait collaboré avec le Maroc, pour la production de Indigènes en 2006, avait décidé en 2007, d’inscrire le film aux Oscars au nom de l’Algérie, alors que le pays d’origine de Bouchareb, n’avait mis aucun centime. Une décision qui a été mal perçue par les Marocains, qui ont décidé de ne pas participer à la production du film Hors-la-loi, laissant le champ cette fois aux Tunisiens qui n’avaient pas, eux, participé à la production de Indigènes. Il faut dire que Rachid Bouchareb, maitrise à la perfection, grâce à son talent et sa réussite, le processus de production, très lourd en Europe et surtout inexistant dans les pays du Maghreb. Ce n’est pas le cas à Hollywood, où les studios et les majors subissent seuls le coût de la production, sans l’apport des financements publics ou des chaînes de télévision. Si Hors-la-loi, n’a pas été sélectionné à Marrakech, ce n’est pas en raison des tensions politiques qui touchent actuellement le Maroc et l’Algérie, mais serait bien la décision dictée notamment par la puissante Mélita Toscan Du Plantier. La présidente du Fifm, qui représente les intérêts français au Festival de Marrakech, ne souhaiterait pas qu’un film produit majoritairement par la France, mais qui est soutenu dans les festivals, par l’Etat algérien à travers ses puissantes institutions publiques, comme le ministère de la Culture, le ministère des Moudjahidine l’ARC et surtout sponsorisé par la plus importante compagnie des hydrocarbures d’Afrique, la Sonatrach, soit sélectionné en compétition à Marrakech, sachant pertinemment que devant le niveau des films sélectionné, le film de Bouchareb est capable de décrocher le Grand Prix du Festival. Quand à Voyage à Alger¸ c’est la mise en vedette dans le film de Boumediene, considéré comme l’homme qui a tenu tête à Hassen II, qui irrite les Marocains et sa présentation risquerait de réveiller de vieilles querelles politiques.(L’Expression-24.11.2010.)

* Hors-la-loi médaillé d’or au Festival de Damas 

 L’accueil populaire réservé au dernier long métrage de Rachid Bouchareb, Hors-la-loi, au 18e Festival international cinématographique de Damas, a été, selon l’agence syrienne Sana, couronné par la médaille d’or et le Grand prix du film arabe.

Les comédiens Chafia Boudrâa et Slimane Benaïssa ont reçu la distinction à la place du réalisateur qui n’a pas pu faire le déplacement en Syrie.C’est la plus grande consécration de ce film qui a soulevé tant de passions et tant de rancunes depuis sa sortie en France, puis en Algérie, à l’été 2010.Snobé par le jury de la 23e édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) en Tunisie, qui a eu lieu fin octobre 2010, le film algérien s’est détaché à Damas parmi les 24 longs métrages en compétition officielle.

En tout, 222 films, longs et courts, ont été projetés au Festival de Damas avec ses multiples manifestations.Mardi 9 novembre, la projection du film, deux jours après le début du Festival, il a été suivi d’un débat intense.
Le public damascène voulait savoir les raisons de la polémique soulevée par les milieux d’extrême droite et de pieds-noirs français après la sortie du film et après sa participation au Festival de Cannes.

A Damas, la médaille d’argent est allée au film iranien  SVP ne pas déranger de Mohsen Abdelwahab et la médaille de bronze au film syrien La Pluie de septembre de Abdellatif Abdelhamid.Le Turc Reha Irdem a remporté le prix Mustapha Akkad pour son film  Cozmos.
Le long métrage italien Notre vie de Daniel Lucitti a reçu le Prix du jury.
Le prix du Meilleur acteur a été attribué à George Pesternu pour son rôle dans le film Si je veux siffler, je le fais, alors que l’actrice allemande Gabrielle Maria a reçu la distinction de la Meilleure actrice pour son rôle dans le film, La coiffeuse. Le jury a aussi adressé une motion d’encouragement au jeune réalisateur syrien, Samir Zikra, pour avoir adapté un roman au grand écran.

Pour ce qui est du Concours des courts métrages, la médaille d’or est revenue au Belge Christophe Hermans pour La Balançoire. La médaille d’argent est allée au film slovaque Pierre de Catarina Kaprikesova, alors que la médaille de bronze a été attribuée au film tunisien Vague de Mohamed Attiya. Par ailleurs, l’actrice égyptienne Nabila Abid et le réalisateur géorgien Utar Eusliani ont reçu les hommages du Festival pour l’ensemble de leur carrière.

Selon Sana, le directeur du Festival, Mohamed Al-Ahmed, a souhaité un prompt rétablissement aux artistes Marcel Khalifé et Firas Ibrahim qui ont eu un accident de la route en revenant d’Amman (Jordanie). Bien accueilli par la presse, Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb, a été, pour bon nombre d’observateurs, «le clou» des dernières JCC en Tunisie. «Film de l’identité et de la mémoire, film politique, film dérangeant, Hors-la-loi  n’a pas fini de défrayer la chronique, en Hexagone plus qu’ailleurs. Il remue le scalpel dans des plaies encore ouvertes, béantes comme un grand mystère. Rachid Bouchareb ose. Il défonce les illusoires murailles de la fausse conscience», a écrit Soufiane Ben Farhat dans le quotidien tunisien, La Presse. (El Watan-15.11.2010.)

*LES HARKIS ET LES PIEDS-NOIRS MENACENT DE SABOTER LA SORTIE DU FILM LE 22 SEPTEMBRE 2010
Hors-la-loi réveille les vieux démons
 

Le collectif des pieds-noirs français, «Une main devant, une main derrière» appelle à inonder de boules puantes les salles où sera projeté le film.

La sortie, le 22 septembre prochain dans 400 salles françaises du film, Hors-la-loi, a réveillé les perdants de la guerre d’Algérie: les pieds-noirs et les harkis. En effet, des actions de protestation se préparent pour perturber la sortie, en France, de cette oeuvre cinématographique qui a alimenté les médias durant plus d’un mois lors de sa présentation au Festival du film à Cannes. Le collectif des pieds-noirs français, «Une main devant, une main derrière», dirigé par un certain Roger d’Alger, a appelé sur le réseau social Facebook à inonder de boules puantes les salles qui diffuseront le film Hors-la-loi. Une action spectaculaire, qui vise notamment à empêcher les gens d’aller voir ce film qui glorifie l’action du FLN en France. Sur le forum de cette page, «inonder de boules puantes les salles qui diffuseront le film Hors-la-loi, le ton est donné et les messages affluent. Les intervenants, pour la plupart des pieds-noirs (aux noms hispaniques) et des anciens militaires de la Guerre d’Algérie, se donnent rendez-vous dans les salles de la capitale française. D’autres donnent des noms et les adresses des salles où est prévue la projection du film, le 22 septembre prochain. Ils sont rejoints dans leur action par des harkis, qui comptent manifester, eux aussi, en appelant au boycott du film et à perturber avec tous les moyens sa sortie en France. Des Algériens interviennent de tant à autre pour répondre aux messages belliqueux et haineux des administrateurs de cette page, qui alimente la haine et la violence. Le collectif «Une main devant, une main derrière» s’engage à défendre les anciens Français vivant en Algérie, en difficulté, lorsque ceux-ci sont menacés de saisie, de vente ou d’expulsion. Le 23 mai dernier, ils étaient déjà 1000 partisans de l’Algérie française à manifester à Cannes, contre la présentation sur la Croisette du film de Rachid Bouchareb, suite à l’appel lancé par le député de droite, Lionel Luca. Bouchareb qui est resté silencieux durant la polémique, a répondu lors de la présentation de Hors-la-loi:
«Le film n’est pas un champ de bataille, il n’est pas fait pour provoquer des affrontements, il a été fait pour ouvrir un débat dans la sérénité», tout en appelant à voir Hors-la-loi comme un «simple film de cinéma» au propos universel alors que certains, sans avoir vu son long métrage, l’ont accusé de «falsifier» l’histoire. «Chacun a sa petite histoire, ses blessures dans la grande histoire. Alors effectivement, on filme dans Hors-la-loi du côté de personnages algériens. C’est mon choix, mais c’est universel. On a tous une mère, on a tous une famille, on a tous vécu l’injustice, elle n’est pas qu’algérienne, elle n’est pas que française, elle est valable pour tout le monde», a déclaré, entre autres, Rachid Bouchareb. «Je n’ai pas à prendre en charge toute l’histoire, je fais du cinéma (…). Mais les politiques ont un énorme travail à faire: qu’ils le fassent maintenant, mais qu’on tourne une page définitivement et dans la sérénité», a encore affirmé le réalisateur. Ce n’est pas la première fois que des ultras du Front National, des harkis et des pieds. noirs se rassemblent pour étouffer la mémoire. Surtout pour censurer une page d’histoire méconnue par les Français, notamment des massacres de Mai 1945 en Algérie perpétrés par un colonialisme ingrat et sauvage. Et ce n’est pas la première fois que des attaques, des intimidations sont proférées et organisées de manière systématique pour brider tout ce qui rappelle des vérités historiques à ceux qui refusent de guérir de la France coloniale. Le film de Rachid Bouchareb, qui reste après tout une oeuvre artistique produite au pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression, a véritablement réveillé les vieux démons. (L’Expression-16.09.2010.)

*« On ne mourra pas » de Amal Kateb primée en France 

Le film « On ne mourra pas » de l’Algérienne Amal Kateb vient de remporter mercredi 10 novembre le Premier prix du court métrage au Festival des Cinémas d’Afrique à Apt dans Vaucluse (France).

Une nouvelle récompense pour cette production qui depuis sa réalisation cette année a été programmée dans de nombreux festivals en France, dans plusieurs pays (Irlande, Dubaï, Turquie) et en Algérie au 5ème Panorama du Cinéma algérien.

Le film avait déjà obtenu le prix de la Meilleure Réalisatrice au Festival du Film Romantique de Cabourg 2010, le Prix d’excellence Università di Corsica : Nuits Méditerranéennes du Court Métrage, Corte 2010 (Corse), mention spéciale du jury : Festival du Court Métrage Méditerranéen de Tanger (Maroc) et une mention spéciale du jeune public : Festival international du cinéma méditerranéen de Montpellier, 2010.

D’une durée de 20 minutes, jouée par la réalisatrice avec Kader Fares AFFAK, l’histoire se déroule à Oran, en été 1994. Après un reportage à Kaboul, Salim revient dans sa ville à l’heure de la prière. Il retrouve Houria, la femme qu’il aime, cachée dans un appartement clandestin. Pour fêter leurs retrouvailles, Salim sort une bouteille de vin, dénichée en Afghanistan.

Seulement voilà, Houria n’a pas de tire-bouchon… Amal Kateb grandit en Algérie. Arrivée en France, elle étudie la psychologie puis choisit le théâtre. Passionnée de chant, d’écriture et de cinéma, la réalisation lui devient vitale. « Ghorba-Légende » réalisé dans le cadre des Ateliers Varan est son premier film documentaire. « On ne mourra pas « , né après 10 ans d’élaboration, est sa première fiction.(El Watan-12.11.2010.)
 

*Un documentaire sur les harkis sur France 3 pour perturber Hors-la-loi
 
«Le monde a deux histoires: l’histoire de ses actes, celle que l’on grave dans le bronze, et l’histoire de ses pensées…»
Georges Duhamel
Après le MNA, voila que France 3 s’intéresse aux harkis et la programmation le 20 septembre prochain, du premier documentaire consacré aux supplétifs de l’armée française, n’est pas étranger à cette campagne visant à perturber la sortie du film de Rachid Bouchareb Hors-la-loi et par ricochet, s’attaquer à l’action du FLN durant la guerre d’Algérie. Mis à part Harkis, une fiction diffusée sur ARTE le 21 mars 2008, avec dans le rôle principal Smaïn et Leïla Bekhti qui incarneront un père harki et sa fille, dont l’accueil en France dès 1962 fut particulièrement difficile, la télévision française n’avait jamais voulu évoquer la question de Harkis. Il fallait attendre la sortie du film de Rachid Bouchareb en salle, le 22 septembre, pour justement s’attaquer à ce dossier et tirer à coups d’images sur l’action révolutionnaire du FLN. A cette occasion (peut-être unique) France 3 programme, pour la première fois à la télévision française, un documentaire sur l’histoire des 200.000 «supplétifs musulmans» recrutés par la France pendant la Guerre d’Algérie et dont certains ont été massacrés après 1962. Pour ce faire, France 3 a mis les moyens pour recruter les meilleurs du documentaire historique en France: les auteurs à succès de Apocalypse, Daniel Costelle et Isabelle Clarke. Trois ans de recherche d’images d’archives en France, en Egypte et en Tunisie, de collecte de témoignages d’ex-harkis et militaires français, ont contribué à la réalisation de ce doc. Seule déception pour les auteurs du célèbre documentaire sur la Seconde Guerre mondiale Le monde en guerre, c’est l’absence de témoignages et de ne pas pouvoir faire de reportage en Algérie. Pour Isabelle Clarke, les blessures sont toujours profondes. Elle souhaite que ce film soit diffusé aussi en Algérie. Ce qui peut-être exclu, mais ce qui est sûr, c’est que le doc sera bien suivi en Algérie. Dans ce documentaire, un intervenant habituel sur ce thème, Benjamin Stora, grand spécialiste de la Guerre d’Algérie indique que le problème harki «touche la question de l’identité nationale algérienne», fondée sur une «mythologie résistantialiste», comme dans la France d’après la Seconde Guerre mondiale. Faute de témoignages, quelques textes sont lus par le comédien marocain Saïd Taghmaoui, révélé dans La Haine et qui comme Mathieu Kassovitz – qui prêta sa voix à Apocalypse, servira de porte-voix à ce documentaire invraisemblablement anti-FLN. L’affaire Melouza, les massacres d’Oran et d’Alger, des photos d’une rare atrocité liées à des Algériens qui avaient choisi le mauvais camp vont être ressorties pour mieux salir la réputation déjà rouge d’une guerre qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Avec le documentaire sur La Guerre secrète du FLN en France, prenant la défense du MNA, réalisé par un réalisateur qui a déjà choisi son camp, après ce documentaire sur les harkis, programmé dans la même semaine que la sortie du film de Bouchareb, il est plus que certain qu’on veut délibérément combattre la sortie, en France, du film Hors-la-loi non pas par les écrits, mais par l’image et le documentaire de propagande.(L’Expression-18.09.2010.)
**Incidents et insultes racistes à l’avant-première de « Hors-la-loi »

Ce lundi à Marseille, près de 70 personnes -pieds-noirs, élus et militants FN- ont manifesté contre le film de Rachid Bouchareb,  devant le cinéma Pathé Madeleine à Marseille, dans le IVe arrondissement.

 Rassemblés sous une banderole « Financement français pour film anti-Français », pieds-noirs et militants d’extrême droite -dont six élus locaux du Front national- ont manifesté contre l’avant-première nationale du film de Rachid Bouchareb « Hors-la-loi », à l’aide de drapeaux tricolores et de pancartes.Mais c’était sans compter la participation surprise du Parti des Indigènes de la République (PIR), la seule organisation ayant décidé de contremanifester et de brandir les affiches « France libérée, Algérie massacrée » en référence au massacre de Sétif, mais aussi « Coloniser = Exterminer ». Provoquant l’ire et les sifflets des anti-Bouchareb, ces derniers ont alors fondu sur les militants du PIR en provoquant bousculades et invectives musclées.Commencent alors cinq minutes surréalistes à l’ambiance de pogrom, durant lesquelles la dizaine de policiers gardant l’entrée du cinéma s’interpose entre les groupes afin de maîtriser la situation. Puis la foule scande « OAS ! OAS ! » et « FLN, assassins ». Et d’autres renforts de police arrivent.À cet instant, la petite rue du Bosquet incarne à elle seule la plaie mémorielle béante de la guerre d’Algérie. « Regardez ce qu’on nourrit », lâche dédaigneusement une vieille femme peroxydée portant une pancarte autour du coup sur laquelle sont imprimées d’atroces photos de tortures du FLN, en pointant un militant du PIR.« Ce ne sont que des Français de papier », dit Stéphane Ravier, conseiller municipal FN de la ville de Marseille. « Sans les policiers, on les aurait bousillés », se vante encore un militant du Bloc identitaire auprès de ses camarades.Dans le groupe, les propos racistes s’enchaînent, avant que ne soit entonné « Le Chant des Africains ».Tarek Klabi, porte-parole marseillais du PIR, s’explique :

« Nous étions déjà venus pacifiquement à Cannes alors que des membres de l’UMP défilaient avec ceux du FN. Nous sommes revenus pour soutenir ce film. Ce sont les partisans de l’Algérie française qui sont venus nous charger et nous insulter en premiers.

Tout ce que nous voulons, c’est que les faits historiques réels soient la seule base d’échange et non pas les interprétations politiques. Nous sommes un parti anticolonialiste et nous nous devions d’être là. »

 

L’événement avait été annoncé et organisé par Patrick Mennucci, vice-président PS de la région Paca, délégué à la culture.

Mennucci à un pied-noir ultra : » Je vous emmerde »

C’est l’arrivée de l’ancien directeur adjoint de la campagne de Ségolène Royal qui provoquera la deuxième vague d’agitation. Accueilli sous les cris de « Mennucci, fellagha », il se retrouve, à l’entrée du cinéma, face à Hervé Lacolonge-Naas, un ancien détenu de l’OAS affirmant avoir connu, avec Jean Bastien-Thiry et Roger Degueldre, les couloirs de la mort.

Le pied-noir ultra interpelle le socialiste. Patrick Mennucci lui répond : « Je vous emmerde. » Il est à noter que, sur place, Marie-Claude Aucouturier, Elisabeth Philippe et Hubert de Mesmay, trois conseillers régionaux FN, ont été unanimes pour condamner durement le film. Mais ils ont également déclaré tous trois… ne l’avoir jamais vu.

Un contremanifestant isolé n’appartenant pas au PIR conclut :

« Moi, tout ce que je souhaite, c’est qu’en France on puisse librement aller voir un film au cinéma, qu’il soit bon ou mauvais. »

 (Rue89-21.09.2010.)

 

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*Cinéma. 35ème Festival de Toronto (Canada)

300 films, 10 jours, 30 salles

Sur les rives du lac Ontario, Toronto accueille du 9 au 19 septembre son 35e Festival international du film. A l’affiche, 300 films en 10 jours dans 30 salles.

Toronto (Canada)
De l’envoyé spécial d’El Watan-

Traversée de l’Atlantique, cette fois le festival est à l’enseigne de Toronto, cité fervente et cosmopolite où à force de le vouloir, c’est arrivé : le festival s’offre cette année des habits neufs, un siège permanent ultramoderne The Bell Lightbox, situé downtown en plein quartier des artistes, au coin de King et John street. Elégant complexe de 5 étages avec cinq salles de projection, des galeries d’exposition, des studios de visionnage, une centre de recherches pour les historiens qui étudient les classiques du cinéma mondial. The Bell Lightbox a été créé grâce uniquement aux dons privés de Canadiens riches et de sociétés commerciales, dans la tradition de ce pays libéral et anglo-saxon. Une fois la grande fête de l’inauguration terminée, les projections ont commencé.

Présence importante d’auteurs à Toronto, parmi lesquels Clint Eastwood, Raoul Ruiz, Robert Redford, Jerzy Skolimovski, Patricio Guzman… Et de centaines d’autres cinéastes dont les films sont répartis entre les sections Masters, Gala presentation, Visions, Discovery, etc. Il n’ y a pas de compétition au festival de Toronto. Robert Redford a fait  The Conspirator sur la guerre de Sécession et l’assassinat du président Abraham Lincoln en 1865 par un certain John Wikes Booth, un acteur sudiste fanatique.

Le Chilien Raoul Ruiz a adapté un roman portugais du XIXe siècle dans Les Mystères de Lisbonne, une saga de 270 minutes, 4h30 de projection ininterrompue, histoire de trois personnages, une comtesse, un businessman et un orphelin dont la vie finit par entremêler les destins. Essential Killings, du Polonais Jerzy Skolimovski, c’est sur le transfert secret par la CIA de prisonniers afghans vers les prisons d’ Europe de l’Est, du Maroc et d’Egypte où ils sont torturés et souvent achevés. Mais le personnage de cette histoire réussit à s’échapper, probablement à Sofia en Bulgarie, et c’est la galère de la survie d’un Afghan musulman dans un environnement très hostile. Le directeur du festival de Toronto, Piers Handling, a sélectionné personnellement beaucoup de films (il est aussi le directeur de la très prestigieuse cinémathèque de l’Ontario) dont celui de l’Américain John Sayles , Amigo, sur l’occupation coloniale américaine des Philippines au début du siècle dernier.

Causes et films

Les violences urbaines en Afrique du Sud sont au coeur de State of Violence du réalisateur K. Matabane, tandis que la question de l’alphabétisation en Afrique est traitée dans une production de la BBC par Justin Chadwick dans The First Grader : un programme de scolarisation au Kenya, pays où les écoles manquent, voit arriver des centaines de jeunes,  même de très jeunes postulants pauvres, et aussi d’un vétéran de la guerre de libération (Mau Mau) de 80 ans qui veut apprendre à lire… Chroniques de la vie quotidienne de cités majeures : Breaking Club sur Hong Kong filmé par Barbara Wong et Mumbai Daily, de Kiran Rao : Bombay est devenue Mumbai mais elle est restée l’inexpugnable capitale du cinéma indien.Viva Riva, joyeux portrait de la capitale congolaise Kinshasa est la première œuvre du jeune cinéaste Djo Tunda Munga.

Dans la section City to City, c’est Istanbul qui a été choisie, avec dix films turcs qui sont en passe de conquérir une audience internationale. Ainsi le festival de Toronto se paye le luxe de prendre la tête de tous les festivals d’Amérique du Nord grâce à l’étendue et à la richesse de son programme. La frontière avec les Etats-Unis est toute proche d’ici, aux chutes du Niagara. Les touristes américains trouvent Toronto très accueillante et viennent de l’Illinois, de l’Ohio ou du Michigan. Comme les producteurs de films et de séries de télévision américains qui travaillent ici à longueur d’année, le Canada leur revient beaucoup moins cher. Le producteur de Naked Lunch, de David Cronenberg, tiré du roman de William Burrough, a aussi préféré tourner à Toronto une histoire censée se passer à Tanger… (El Watan-15.09.2010.)
 

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26 réponses à “Cinéma”

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