l’année 2009 en Algérie

**L’Algérie a déjoué la crise mondiale

L’économie de l’Algérie enregistre un taux de croissance de 10% hors hydrocarbures, signe qu’elle a déjoué les effets négatifs de la crise mondiale.

L’événement à retenir pour l’année qui s’achève, est l’adoption de la loi de finances complémentaire. A travers ce texte, le gouvernement s’est donné comme ambition le recadrage du commerce extérieur et des investissements étrangers. Les patrons étaient opposés à la suppression des autres moyens de paiement extérieurs, à l’exception de celui du crédit documentaire.
L’une des conséquences prévisibles a été la baisse des importations. Elles ont atteint 35,27 milliards de dollars durant les onze premiers mois de l’année en cours contre 36,05 milliards de dollars réalisés à la même période de 2008, en baisse de 2,17%.
Le pays n’a pas d’autre choix pour compenser la chute des recettes d’exportation des hydrocarbures de moitié que de réduire le transfert des devises à l’étranger pour éviter de sombrer dans l’endettement extérieur. Les prix des hydrocarbures commencent à se stabiliser à hauteur de 75 dollars le baril, ce qui est suffisant pour l’Algérie afin de continuer à financer ses projets de développement. En plus d’investir, les entreprises ont besoin de payer leurs travailleurs à chaque fin de mois. Mais les maigres émoluments sont loin de satisfaire toutes les demandes des travailleurs et de leurs familles. Les prix ne font qu’augmenter. Et c’est cette spirale que le gouvernement veut combattre. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a trouvé la parade: le Code de commerce sera amendé pour fixer un plafond des marges des commerçants. Les prix des produits agricoles sont ceux qui évoluent le plus vite. Mais ce n’est pas pour autant que les produits manufacturés échappent au phénomène. En dehors du prix, qui est une donne liée à la consommation, c’est surtout la production qui est mise à mal.
La part de l’industrie dans l’économie de l’Algérie ne cesse de régresser pour ne plus être qu’à hauteur de 5% du produit intérieur brut. C’est un signe de faiblesse de ce secteur qui peine à redémarrer. Le constat s’applique aussi bien au secteur public que privé. Ils sont moins de 500.000 travailleurs à évoluer dans les deux secteurs. Ces faiblesses sont abordées à plusieurs reprises aussi bien par le gouvernement que par les patrons. Les deux sont d’accord pour relancer la machine économique.
Le gouvernement pense qu’il est plus que temps de se débarrasser du poids écrasant des hydrocarbures dans l’économie nationale. Le seul hic est que les investisseurs continuent à penser que le climat des affaires n’est pas tout à fait au point pour ce genre d’initiatives. Ce constat est partagé par les étrangers. Mais ils doivent désormais associer les locaux à hauteur de 51% dans leurs projets d’investissements en Algérie.
C’est la condition pour pouvoir profiter de la manne de plus de 150 milliards de dollars. Ce ne sont pas les projets qui manquent. Et ils sont à forte concentration de main-d’oeuvre. Les autoroutes, les barrages et le logement sont parmi ceux-là.
Ces projets vont se poursuivre en 2010. Ils le seront même jusqu’en 2014. Dans cette perspective, plus de 150 milliards de dollars seront investis. La loi de finances de 2010 sera signée incessamment et les affectations budgétaires pourront commencer. L’accent sera mis sur la gouvernance.
Le gouvernement ne va plus tolérer des rallonges budgétaires de plus de 15%.
Les entreprises de réalisation doivent même concevoir et élaborer leur comptabilité sur de nouvelles bases. C’est la conséquence de l’entrée en vigueur à partir du 1er janvier du nouveau Plan comptable national. Soit en même temps que le nouveau Salaire national minimum garanti (Snmg).
Cette année qui s’achève a aussi été un prélude pour la reconduction du Pacte économique et social. Il aura pour ainsi dire, une nouvelle validité de quatre ans. (L’Expression-27.12.09.)

******Acquis et ratages…

La scène politique nationale a connu des événements d’une grande importance, tandis que d’autres annoncés ont été renvoyés aux calendes grecques.

Acquis et ratages. C’est ainsi qu’on peut définir la scène politique nationale durant les 12 mois de l’année qui s’achève. Le calendrier 2009 sera totalement coché dans quelques jours avec un agenda politique plus au moins mouvementé. A l’instar des autres volets, économique, social et sécuritaire, la scène politique nationale a connu des événements d’une grande importance, tandis que d’autres annoncés, ont été renvoyés aux calendes grecques.
L’événement majeur qu’a connu l’Algérie en 2009 est incontestablement l’élection présidentielle du mois d’avril dernier. Depuis la révision de la Constitution en novembre 2008, l’Algérie s’est mise dans une ambiance électoraliste. Le challenge est d’une grande importance aussi bien pour les candidats que pour l’Algérie. En effet, la réélection du Président Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat à la tête du pays a permis à l’Algérie d’élire son deuxième président dans un système pluraliste, après le président Liamine Zeroual en 1995. Comme en 2004, en 2009 les Algériens ont opté pour la stabilité et la continuité. Une fois élu, le président de la République a procédé à un changement technique de son gouvernement, avec la nomination d’un Premier ministre à la place du chef du gouvernement comme le stipule la nouvelle Constitution, modifiée et adoptée par le Parlement. Concernant le changement au sein du gouvernement, le Président a reconduit, pratiquement, la même équipe avec quelques permutations à la main. Il s’agit du ministre Saïd Barkat, qui a quitté le ministère de l’Agriculture pour remplacer Amar Tou à la tête du ministère de la Santé, alors que ce dernier a été rappelé au secteur des transports.
Lors de ce «mini remaniement», le gouvernement a connu l’arrivée d’un nouveau ministre, en l’occurrence Hamid Bessalah, nommé à la tête du secteur de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication en remplacement de Boudjemaâ Haïchour. Celui-ci et le défunt Mohamed Maghlaoui avaient, alors, quitté le gouvernement. L’autre événement politique marquant l’année 2009 est le renouvellement partiel du Conseil de la Nation, prévu ce mardi.
Les partis politiques s’adonnent au jeu des alliances. Les uns pour préserver leur place, les autres pour renforcer leur poids au sein de la chambre haute du Parlement. Ce sont des élections qui suscitent l’enthousiasme des politiques, mais non celui des citoyens. Outre ces événements, le début de l’année s’ annonce chargé en échéances politiques selon l’agenda. De nombreux dossiers d’actualité politique ont été annoncés.
Le remaniement du gouvernement était l’un des sujets annoncés durant cette année. Depuis l’été dernier, la presse nationale et même des politiciens avaient annoncé un remaniement imminent. On a annoncé des départs, des arrivées et même de nouvelles nominations.
Les hommes politiques et les observateurs avaient jugé «urgent» un remaniement pour pouvoir mettre en oeuvre le programme dans lequel s’est engagé le président de la République Abdelaziz Bouteflika. Même des chefs de partis proches du pouvoir avaient annoncé, sous l’anonymat, que le Président Abdelaziz Bouteflika aurait envisagé d’apporter une refonte totale à son équipe gouvernementale. Mais ce remaniement tarde toujours à voir le jour. Un autre dossier qui a occupé le devant de la scène politique est le nouveau découpage administratif. Il s’agit d’un dossier totalement raté. Concernant ce dossier, de beaux jours l’attendent encore dans les tiroirs au même titre que les nouveaux Code communal et de wilaya annoncés pour 2009. A en croire les responsables chargés du dossier, ce nouveau Code est prêt et il sera présenté incessamment au Conseil des ministres. En dépit d’importantes échéances politiques inscrites dans l’agenda de 2010, l’année s’achève comme elle a commencé. (L’Expression-27.12.09.)

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SAIGNÉE DANS LES RANGS DU GSPC
33 émirs éliminés en deux ans

Même si le terrorisme n’est pas définitivement anéanti, il n’en demeure pas moins que de grandes avancées ont été réalisées dans ce sens.
Ses derniers soubresauts ont carrément mis à nu les limites d’une organisation terroriste affaiblie. Le Gspc est de plus en plus versé dans une logique de «gang» et son extinction en Algérie n’est plus qu’une question de temps.
Ses échecs annoncent sa fin prochaine. Sa restructuration serait presque impossible, selon des sources très au fait du contexte sécuritaire. Le butin amassé au détriment des citoyens ne cesse d’attiser les convoitises des émirs autoproclamés et à provoquer des déchirements.
Les terroristes encore au maquis ne se sentent plus obligés d’obéir aux directives du prétendu numéro un de cette organisation. Le Gspc a sombré dans l’autodestruction. Un espoir que caressent tout les Algériens.
L’organisation qui a fait allégeance à la nébuleuse Al Qaîda aura perdu durant l’année 2009 ses principaux dirigeants qui commanditaient les attentats, à l’image de Bouderbala Fatah, alias Abou El Bassir. Saâdaoui Abd El Hamid alias Yahia Abou El Haïthem, Sofiane Fassila alias Zouheir Harek, Ali Driss alias Abou Toureb et bien d’autres ont aussi disparu.
Pas moins de 25 émirs parmi les plus influents au sein du Gspc ont été mis hors d’état de nuire depuis 2008 alors que huit autres connaîtront le même sort en 2009.
Le bilan des forces de sécurité fait état également de la neutralisation de près de 300 terroristes en 2009 et plus d’une cinquantaine de cellules de soutien démantelées durant cette même année, grâce à des opérations de l’ANP. Tel est le résultat d’une lutte antiterroriste pilotée par les forces de sécurité, tous corps confondus, avec une stratégie basée sur l’exploitation du renseignement. Mais c’est aussi l’engagement des citoyens, notamment en Kabylie où se loge le noyau dur du Gspc. La population a, en effet, largement contribué à acculer le Gspc dans ses derniers retranchements en dénonçant le moindre mouvement suspect.
Pour tenter de sauver la face, cette organisation cherchera à masquer sa défaite par des actes au-delà des frontières algériennes en perpétrant des opérations de kidnapping dans des pays à faible résistance sur le plan militaire, comme au Mali et en Mauritanie.
L’enjeu est de déstabiliser davantage ces régions, qui connaissent des crises politiques et sécuritaires. Cela paraît comme une solution pour le Gspc qui aura finalement agi dans la précipitation. D’abord parce que le premier objectif, celui de susciter un écho médiatique au niveau international, n’aura pas été atteint puisque, ce qui se passe au Yémen et en Somalie où Al Qaîda mise pour son avenir, est beaucoup plus impressionnant.
Ensuite, le Gspc compte sur la propagande islamiste dans une tentative de faire parler de lui mais il sera confronté à une contre-offensive des Occiden-taux. Ces derniers réfléchiront à deux fois avant de céder aux exigences de la bête immonde, puisque l’ONU veut interdire le paiement de rançons pour la libération des otages du fait que cela encourage les actes terroristes.
Même si l’Algérie a décidé de ne pas intervenir hors de son territoire, elle est cependant disposée à collaborer et à coordonner ses actions avec échange de renseignements. L’Etat algérien est prêt à partager son expérience avec les pays voisins touchés par ce phénomène de nature nihiliste.
En fin de compte, même après un ralliement à Al Qaîda, le Gspc n’arrive pas à sortir de son isolement. Ses actes sont perpétrés sur d’autres territoires. Preuve que le glas du terrorisme a sonné en Algérie. (L’Expression-27.12.09.)

***********MÉTRO, TRAMWAY, AUTOROUTE, VACCINATION
Les ratages de 2009

Les citoyens se sont nourris de promesses tout au long de l’année.

L’Algérien ne croit plus aux promesses. Et pourtant, il y en a eu en 2009. C’était l’année de l’élection présidentielle.
Nombreuses sont celles qui n’ont pas été réalisées. Parmi elles, figure le projet du métro d’Alger, le premier en Algérie. Son inauguration avait été pourtant promise pour l’été 2009. C’était Amar Tou, ministre des Transports qui l’annonçait en octobre 2008 lors de la réception de la première rame du métro d’Alger.
Ce projet n’est pas banal et il ne ressemble à aucun autre. Il tient une place particulière dans l’esprit des citoyens. Ils veulent à tout prix que la capitale ressemble à celles des pays développés. Phillipe Sauvard, directeur du projet métro d’Alger, avait également affirmé que sa mise en service en 2009 était son objectif. Un voeu pieux! Ce sera donc en 2010, en 2011, voire en 2014. De son côté, le tramway d’Alger ne sera installé définitivement sur les rails que vers le mois de mai 2011, avait confié à L’Expression un responsable du projet.
Promis initialement pour 2009, ce projet est toujours en cours de réalisation. Il a été lancé en 2006 par le ministère des Transports et mené par l’Entreprise du métro d’Alger. On peut également citer le projet Ousratic (un micro-ordinateur pour chaque famille) un autre point auquel est attaché le citoyen algérien. Il devait être relancé en 2009, mais la tentative a échoué.
L’autre promesse est celle de Amar Ghoul, ministre des Transports, à propos de la date de livraison de l’autoroute Est-Ouest. Il avait soutenu que ses travaux ont débuté en 2007 et le délai imparti pour sa réalisation a été fixé à juillet 2010. Il a récemment affirmé devant l’Assemblée populaire nationale, que la majeure partie du projet sera réceptionnée d’ici la fin 2009. Parmi les ratages de cette année, on peut aussi citer celui relatif à la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1. Promise imminente par Saïd Barkat, ministre de la Santé, elle a peu de chance d’avoir lieu au cours de ces derniers quatre jours de l’année 2009.(L’Expression-27.12.09.)

**************SANTÉ, ÉDUCATION, EMPLOI, LOGEMENT

Mention «peut mieux faire»

La situation de certains secteurs considérés comme des paramètres du développement n’est guère reluisante.

Secteur des plus vitaux pour les citoyens, la santé se trouve dans un état qui donne froid dans le dos. Les grèves du personnel, (spécialistes, médecins et paramédicaux) en sont le témoignage le plus visible. 200.000 médecins revendiquent un statut particulier et un salaire digne de leur profession.
Leurs revendications attendent toujours d’être concrétisées. Les syndicalistes ajoutent que des milliers de médecins songent à changer carrément de métier. Tout cela intervient au moment où la propagation du virus H1N1 bat son plein. La gestion de ce dernier dossier ne répondrait pas aux normes internationales. Alors que la pandémie continue de sévir, la campagne de vaccination n’est toujours pas entamée. Sur 900.000 doses prévues, seulement 450.000 doses ont été importées dans un premier temps. Le premier responsable du secteur se contente seulement de discours où il est émis tour à tour assurances et contradictions notamment à propos du nombre de victimes du virus H1N1. En dehors des périodes de pandémie, plusieurs citoyens sont privés d’une simple consultation médicale. C’est un luxe pour nombre d’entre eux.
Concernant le secteur de l’éducation, les grèves récurrentes renseignent sur la situation de délabrement dans lequel il se trouve.
Le secteur a été paralysé par une grève de trois semaines. Les enseignants revendiquent une hausse des salaires et l’amélioration des conditions de travail. Les solutions proposées ne sont pas satisfaisantes. Selon les déclarations des syndicats, tout n’est que promesses. Le retour à la grève n’est pas exclu. Les enseignants attendent toujours l’application des engagements du premier responsable du secteur de l’éducation nationale. Les élèves paient un lourd tribut en raison de cette situation qui ronge le secteur. Les solutions définitives tardent à voir le jour.
Au sujet de l’emploi, la situation ne semble pas du tout satisfaisante. La précarité est l’une des caractéristiques du marché de l’emploi. Des citoyens, diplômés ou non, sont otages des contrats pré-emlpoi. C’est la conséquence de la contractualisation. Près de 3000 enseignants contractuels demandent l’intégration depuis plusieurs années. Aucune solution n’a été dégagée par les responsables.
La situation se corse davantage pour d’autres catégories de la population. Des harraga sont signalés quotidiennement par les gardes-côtes. Les harraga tentent de gagner l’autre rive de la Méditerranée. L’espoir ne sera qu’illusoire. Le chômage est la cause principale de cet exode. A l’intérieur du pays, il y a même des manifestations au cours desquelles les contestataires ont exigé un emploi stable. Les revendications concernent aussi le logement. Des émeutes ont éclaté dernièrement à Diar Echems et aux Eucalyptus. Elles renseignent sur la gravité de la situation. Les citoyens contestataires demandent un logement décent. Les responsables comme à l’accoutumée tentent de calmer les esprits en se lançant dans des promesses.
A cela s’ajoute la contestation après chaque affichage des listes des bénéficiaires des logements sociaux. L’accès au logement n’est pas facile et ce, en dépit des efforts consentis par l’Etat.
Le citoyen souffre aussi des problèmes sécuritaires et de banditisme. Les bilans des services du sécurité ne sont guère reluisants et n’augurent rien de bon. Les trafics en tous genres, armes, drogue, prennent une ampleur alarmante.(L’Expression-27.12.09.)

**************Le Panaf, le Sila et… un goût d’inachevé

Si l’Algérie a pu organiser 120 festivals institutionnalisés, le secteur culturel, en devenir, souffre encore de remue-ménage et autre bricolage.

La scène culturelle nationale a été fructueuse pour certains qui ont vu le fruit de leur effort récompensé, à l’instar du réalisateur algérien installé en France, Lyès Salem, qui a raflé la mise avec son film Mascarades en obtenant prix sur prix. Ce fut incontestablement l’année de la consécration. 2009 marquera aussi et sans aucun doute le retour, après 40 ans d’absence, du Festival culturel panafricain dans sa deuxième édition.
Un festival auquel ont pris part plus de 50 pays et 8000 invités et artistes. Pour ce faire, l’Etat a dû débourser 80 millions d’euros.
Un montant jugé excessif dès son annonce, mais défendu par la ministre de la Culture, Khalida Toumi, arguant du fait qu’il correspond à la moitié du budget d’une grosse production cinématographique américaine, comme le dernier Batman. Quoi qu’il en soit, les Algériens ont renoué avec les veillées nocturnes, une quinzaine de jours durant -nonobstant le mois de Ramadhan.
Les promesses de Khalida Toumi, en tout cas, n’en finissent pas. Si l’Algérie a pu atteindre les 120 festivals institutionnalisés, le secteur culturel en gestation, par contre, semble-t-il, souffre encore de remue-ménage et autre bricolage, témoins d’une médiocrité certaine de la part de nombreux dirigeants. En effet, la réalisation d’une bibliothèque arabo-sud-américaine, un centre arabe d’archéologie, et notamment une salle de spectacle d’un millier de places, sont restés dans les limbes. Un projet en étude, dit-on…vieux de plusieurs années.
Le secteur du livre a connu, lui, en cette année 2009, sa part belle de désagréments. En raison de la loi de finances complémentaire et la délocalisation du Sila, le livre a fait l’objet, cette année, d’un conflit sans précédent, en étant l’otage non avoué du bras de fer qui a opposé le Snel (Syndicat national des éditeurs) au Spel (Syndicat des professionnels du livre). On se souvient du coup de gueule de Smaïl Ameziane, commissaire du 14e Sila qui, insatisfait par l’édition de cette année – qui a pourtant connu un record de fréquentation de 150.000 visiteurs/jour – a lâché lors d’une conférence de presse: «Alger doit disposer de son Palais des expositions, car l’espace de la Safex n’est pas digne d’une capitale!». Depuis, un nouveau syndicat du livre, le Fored, a vu le jour. Côté cinéma, Alger s’est dotée enfin de ses Journées internationales du film à l’instar de Carthage (Tunisie) ou encore Béjaïa grâce à la dynamique association «A nous les écrans». Le monde du 7e art algérien aura connu hélas, de mauvaises nouvelles avec la disparition du réalisateur et moudjahid Ahmed Lallem, auteur entre autres, des films tels que Elles, Zone interdite, Barrières et Les Algériennes, trente ans après. L’Algérie aura célébré, une fois n’est pas coutume, son fils Kateb Yacine à l’occasion des 20 ans de sa disparition.
Un hommage tardif, timide mais qualifié de belle reconnaissance à l’incommensurable oeuvre de cet artiste, écrivain de génie dont l’oeuvre a été revisitée sur tous les plans. Si le passé est évoqué, l’avenir culturel national reste encore incertain et le sort du Parc des cinémathèques tant attendu, demeure flou. (L’Expression-27.12.09.)

*****RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES
L’année de la discorde

Nombreux sont les points de divergence entre les deux capitales.

Jamais, ou presque jamais, un climat aussi froid et tendu n’a caractérisé les relations algéro-françaises. Il est certain que «l’amitié» algéro-française a évolué avec le sentiment «je t’aime, moi non plus». Mais cette année, de nombreux événements et questions ont remis sur le tapis la question de la détérioration de l’amitié algéro-française. Le langage diplomatique a cédé le pas aux désaccords. Nombreux sont les points de divergence entre les deux capitales ayant partagé tant de choses. L’Elysée n’hésite à aucun moment à afficher ses positions politiques sur certains dossiers internes à l’Algérie.
L’acharnement français contre l’Algérie remonte à l’affaire du diplomate Hasseni, arrêté à l’aéroport de Marignane (Bouches-du-Rhône). Depuis, le Quai d’Orsay fait la sourde oreille aux appels diplomatiques de l’Algérie en vue de la libération du diplomate.
Dans cette crise diplomatique entre Paris et Alger, le Quai d’Orsay ainsi que l’Elysée avaient estimé que cette affaire relevait de la Justice. Les hauts dirigeants français ont soutenu que le «pouvoir judiciaire est libre et indépendant en France», et que le pouvoir exécutif ne peut faire pression sur la justice dans le traitement des affaires. Or, l’Elysée adopte la politique du deux poids, deux mesures.
En effet, la France officielle s’est déjugée en 24 heures dans l’affaire de l’opposant marocain, Mehdi Ben Barka. La justice française avait donné son feu vert à Interpol pour lancer des mandats d’arrêt contre de hauts responsables marocains qui seraient impliqués dans l’assassinat de cet opposant au Roi Hassan II.
Paris a même fait une volte-face au point que le parquet de Paris a demandé la suppression de ces mandats d’arrêt. Qui a osé parler de «l’indépendance» du pouvoir judiciaire en France?
L’autre exemple illustrant la contradiction dans la position française est celui lié à la jeune étudiante française, Clotilde Reiss, inculpée d’espionnage en Iran. Même si l’enquête se poursuit dans les tribunaux iraniens, la France demande sans cesse sa libération sans condition. Or, il s’agit d’une affaire purement judiciaire.
La France qui donne des leçons à l’Algérie en matière de séparation des pouvoirs, devrait commencer d’abord par donner l’exemple en respectant les décisions de la justice iranienne. Mais le dossier ayant refroidi les relations entre Alger et Paris demeure la mort de moines de Tibhirine.
Le président français et ses ministres de la Défense, de la Justice et même de l’Intérieur, avaient ordonné la levée du secret-défense sur tous les documents classés secrets liés à l’assassinat, en 1996, des sept moines à Médéa.
Le président français était allé loin dans cette politique. Interpellé par la presse de son pays sur cette question, Nicolas Sarkozy avait ajouté de l’huile sur le feu en déclarant que «les relations entre les grands pays, elles s’établissent sur la vérité et non pas sur le mensonge».
Le report sine die de la visite du président Abdelaziz Bouteflika en France, annoncée par Nicolas Sarkozy, lui-même, confirme le froid caractérisant les relations entre les deux pays. Annoncée à maintes reprises pour l’année en cours, cette visite n’a toujours pas eu lieu.
Sur le plan régional, la position de la France par rapport au conflit du Sahara occidental laisse à désirer.
La France n’a pas usé de ses relations avec le Maroc dans l’affaire de Aminatou Haïdar. Sur le plan économique, les patrons français n’ont pas apprécié les mesures adoptées par le gouvernement algérien dans le cadre de la loi de finances 2009.
Les chefs d’entreprises françaises ont tenté de mettre la pression sur l’Algérie, avant de se montrer «compréhensifs» en promettant une intention d’investissement de 5 milliards d’euros.
A la lumière de ces données, il est plus évident que les relations entre les deux pays ont traversé en 2009 plusieurs zones de turbulences. L’année 2010 apportera-t-elle des solutions aux problèmes posés, ou bien les responsables de l’Hexagone enfonceront-ils encore les portes déjà grandes ouvertes? (L’Expression-27.12.09.)

***ALORS QUE LES FRICTIONS SE MULTIPLIENT AVEC LA FRANCE
Alger recentre ses intérêts

La dernière instruction du ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, plaçant l’Algérie dans la liste des pays à risque au même titre que le Yémen et l’Afghanistan, n’est pas faite pour dégeler le climat de tension.

Annoncée par le président français, Nicolas Sarkozy, vers la fin 2008, la visite du Président Abdelaziz Bouteflika à Paris n’a toujours pas eu lieu. Pour le moment, rien ne présage un prochain déplacement du chef de l’Etat en l’Hexagone, en dépit des dernières affirmations de l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, qui a laissé récemment entendre que «Paris attend toujours la visite du Président Bouteflika». Malgré cela, les sujets de discussion ne manquent pas entre Alger et Paris. Les malentendus aussi: l’affaire des moines de Tibhirine, l’arrestation à Marseille du diplomate algérien Hasseni, l’avenir des investissements français, les contrats militaires et infrastructurels, la question sahraouie et la curieuse position de Paris sur un dossier relevant de la décolonisation comme clairement prôné par l’ONU, l’immigration et l’avenir de l’Union pour la Méditerranée (UPM) que Paris souhaite relancer et, bien sûr, last but not least, la visite annoncée mais à chaque fois reportée du Président Bouteflika à Paris. Pour les deux pays qui ont beaucoup de choses à se partager, sinon à se dire, l’année écoulée a été un ratage total. Ainsi, le report de la visite à Paris du chef de l’Etat, moult fois annoncée, prouve que le froid entre les deux capitales s’est installée dans la durée. Depuis quelques mois, les relations bilatérales traversent une nouvelle période de tensions. Malgré les démentis et les usages diplomatiques, afin de ne pas trop envenimer les relations entre les deux pays, les sujets de friction se multiplient entre Alger et Paris. Les deux capitales entretenaient déjà depuis plusieurs années des relations conflictuelles malgré toutes les tentatives de rapprochement en raison, notamment, des questions liées à la mémoire, la circulation des personnes et le Sahara occidental.
Alger et Paris éprouvent des difficultés à relancer leur relation et la dernière instruction du ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, plaçant l’Algérie dans la liste des pays à risque au même titre que le Yémen et l’Afghanistan, n’est pas faite pour dégeler le climat de tension. En outre, la «trahison» de la France, qui avait négocié des contrats avec l’Algérie mais qu’elle a signés avec d’autres pays, n’est toujours pas digérée par Alger. En effet, jusqu’à présent, les opérations des entreprises françaises en Algérie restent très limitées. Ayant compris les fausses intentions des opérateurs français, Alger a décidé de recentrer ses intérêts en s’éloignant de plus en plus de Paris et de ses illusions. C’est ainsi que le gouvernement algérien a décidé de mettre de l’ordre dans l’investissement étranger en l’orientant vers des secteurs dont l’Algérie a besoin et casser l’image que l’on se fait d’elle de simple marché pour écouler la marchandise des autres. En effet, le Président Bouteflika a accepté l’invitation du Roi d’Espagne, Juan Carlos. La visite est prévue pour jeudi. Nul doute que Bouteflika se tourne vers Madrid. Au cours de son séjour ibérique, le Président Bouteflika évoquera avec le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, plusieurs dossiers d’actualité et d’intérêt commun, notamment la lutte antiterroriste et la coopération énergétique. Mettant à profit son excellente santé financière, Alger explore toutes les possibilités d’un partenariat renforcé et mutuel. Pour les Espagnols, la sécurité énergétique de l’Europe, dont ils assurent actuellement la présidence de l’Union européenne, dépend en partie de la stabilité et du développement de l’Algérie – cinquième producteur mondial de gaz – et Alger, en raison de la place stratégique qu’elle occupe dans le Bassin méditerranéen, veut jouer un rôle en équivalence. En outre, la relance de la coopération financière et commerciale algéro-américaine, qui s’est traduite par la signature de plusieurs accords-cadres prévoyant de doubler le volume des échanges entre les deux pays, à 8 milliards de dollars, dans les prochaines années, n’est pas pour plaire à Paris.
D’autant que le Président Bouteflika avait indiqué, lors de son voyage à Washington en 2001, que «l’Algérie ne concéderait aucun privilège particulier à qui que ce soit». Un langage très apprécié, alors, dans la capitale fédérale où l’on ne se fait pas prier pour pourfendre le supposé «précarré» français en Afrique et au Maghreb. De ce fait, en tentant d’instrumentaliser la particularité des relations algéro-francaises, Nicolas Sarkzoy aura fait tout faux et mis à sec ces relations en pleine incertitude. C’est un peu, l’arroseur arrosé. (L’Expression-04.01.2010.)

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* 2ème Festival panafricain du 5 au 20 juillet 2009….

Une quarantaine de délégations venues des pays d’Afrique et même au-delà étaient présentes en Algérie pendant les quinze jours qu’a duré le festival. Tous ont fait fort de présenter ce patrimoine particulier, mais commun aux Africains. Le défi de cette seconde édition, très importante, n’a été relevé pourtant qu’en partie. Des imperfections ont été relevées par les organisateurs et le nombreux public qui s’est déplacé dans les différents espaces où ont été organisées les manifestations. En plus de l’exclusion de tous les artistes mal-aimés dans leurs pays comme ce fut le cas de l’écrivaine et cantatrice Taos Amrouche en 1969, des artistes ont été « parqués » au village qui leur fut construit à Zéralda (Alger) alors que d’autres furent victimes d’incidents regrettables à Alger et ailleurs.

« Il ne faut pas faire les rabat-joie. Cela arrive dans n’importe quel événement de cette ampleur », s’empresseront d’expliquer certains organisateurs qui assurent que les journées se sont déroulées sans grands accrocs : la sécurité a été parfaitement assurée et le public sevré de ce genre d’événement a beaucoup apprécié. L’édition de 2009, qui fait écho à celle organisée quarante ans plus tôt, a été axée, expliquait ses promoteurs, à leur tête la ministre de la Culture, Khalida Toumi, sur la diffusion d’œuvres d’artistes africains à travers l’organisation de rencontres, colloques, en plus de la publication d’ouvrages. Mais le Panaf’ doit être apprécié à partir des résultats qui devraient être connus après le baisser de rideau…… Le prochain Panaf’, c’est pour quand ? (El Watan-22.12.09.)

*Lire aussi….*Les personnalités de l’année 2009 en Algérie 

**Une décennie s’achève,une autre commence

**principaux événements 2009

**Retour sur l’année 2009 dans le monde

**2000-2010.Rétrospective environnement

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**SITUATION SOCIOÉCONOMIQUE DE L’ALGÉRIE EN 2009 

 Quand le CNES élude des problèmes cruciaux !

Faiblesse de l’attractivité des investissements directs étrangers, production industrielle en deçà des projections avancées, signaux moins favorables en ce qui concerne les indicateurs de la balance des paiements, recul de plus de 35% de la fiscalité pétrolière, appréciations du pacte économique mitigées ainsi qu’une inflation de 5,7%. Parallèlement, une croissance, hors hydrocarbures, entre 10,5 et 11%, une baisse des importations de plus de 2,17%, hausse de plus de 20% de la fiscalité ordinaire ainsi que de bonnes performances pour les secteurs de l’habitat, le tourisme, l’hydraulique ainsi que l’agriculture. Ce sont en somme et respectivement les bons et les mauvais indicateurs enregistrés, par l’Algérie, durant l’année en cours, selon le rapport du CNES, présenté, jeudi à Alger, concernant l’état économique et social du pays pour 2008 et les perspectives de 2009. Accusant un retard d’une année, le Conseil national économique et social a fait abstraction de plusieurs aléas qui entravent l’essor de l’économie nationale. Des fléaux cruciaux qui gangrènent notre société n’ont pas été cités. À ce titre, le CNES s’est abstenu de mettre des chiffres concernant l’économie informelle. Le mot d’ailleurs n’y figure même pas. Alors que le phénomène ne cesse de nuire à l’économie nationale et a pris une ampleur des plus spectaculaires. Un revenu net, estimé par le FCE, à plus de 6 milliards d’euros annuel et un manque à gagner avoisinant les 180 milliards de dollars pour l’État. Le phénomène des harraga, le travail des enfants, la pauvreté, le nombre accru des sans-logis, sont tous des sujets que le CNES s’est dispensé de traiter. En outre, il a dressé tout un tableau sur la politique nationale de lutte contre le chômage, cependant rien n’à été signalé en ce qui concerne les postes d’emploi supprimés conséquence d’une mort précoce qui a ciblé bon nombre de PME, faute de financement. Par ailleurs, aucun bilan relatif aux incidences de la mise en oeuvre du Crédoc comme seul moyen de paiement du commerce extérieur n’a été établi par le Conseil. Surtout lorsqu’on sait que plusieurs entreprises algériennes ont affiché une certaine incapacité de s’adapter à cette nouvelle procédure. Un certain nombre d’entre-elles souffrent d’un manque flagrant de matières premières et par ricochet constituant un frein à la productivité ce qui pourrait se traduire par la mise à l’arrêt de ces entreprises. En ce qui concerne les aspects socioéconomiques de l’Algérie, étudiés par le CNES, il convient de citer que le rapport souligne qu’en dépit de la forte chute des prix des hydrocarbures, «le financement public en 2009 demeure soutenu grâce à une forte accumulation des réserves financières durant les années précédentes représentant 40% du produit intérieur brut en 2009,» a souligné le Conseil. À cet effet, l’évolution des dépenses budgétaires au cours du premier semestre 2009, qui représentent plus de 2 160 milliards de dinars, en hausse de 9,7% par rapport à la même période de 2008, ‘’atteste de l’effort visant à maintenir le rythme accéléré dans l’achèvement des programmes d’investissement de base’’. De même, les fortes capacités de financement interne ont permis de mettre la sphère financière ainsi que l’économie réelle à l’abri des contraintes de liquidité qui caractérisent l’économie mondiale et un bon nombre de pays en difficulté de financement en raison de la crise internationale, a fait valoir le rapport. En parallèle, les disponibilités du Fonds de régulation des recettes (4 280 milliards de dinars à fin juin 2009), représentant plus de deux années d’importations, ont permis de maintenir le déficit global du Trésor dans des niveaux soutenables. Le CNES a, cependant, prédit des ‘’signaux moins favorables’’ qui marquent l’économie algérienne en 2009, particulièrement, en ce qui concerne les indicateurs de la balance des paiements qui ‘’devrait supporter le poids des baisses au niveau du solde commercial et courant. Citant des chiffres officiels ainsi que des prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le CNES prévoit , à cet effet, un déficit courant de 2,08 milliards de dollars au premier semestre 2009 et un déficit annuel de 3% du PIB. D’autre part, le recul de plus de 35% de la fiscalité pétrolière, induit par la chute des prix mondiaux de pétrole, a pu être partiellement compensé par la fiscalité ordinaire qui a connu une évolution de plus de 20% sur les 11 premiers mois de 2009. Sur un autre plan, le CNES relève que le niveau de l’inflation s’est maintenu à 5,7% en moyenne au cours de l’année 2009. Une production industrielle en deçà des attentes Le taux de croissance, hors hydrocarbures, entre 10,5 et 11%, réalisé par l’Algérie durant l’année 2009, «est appréciable», a estimé le CNES, tout en précisant que»cette croissance continue d’être tirée par les dépenses publiques massives et le secteur du bâtiment et travaux publics». En terme de bilan, le CNES souligne que la production de l’industrie reste «tout juste moyenne» et ce en dépit de la forte croissance de la demande interne. Il estime que le secteur de l’industrie «ne profite pas assez des avantages que lui offre le marché local», faisant remarquer que son niveau de production demeure «en deçà des projections avancées ces dernières années par les responsables du secteur». Toutefois, le CNES reconnaît que «des segments de notre industrie semblent connaître un début de reprise, dont on attend la confirmation comme tendance durable». À ce titre, le rapport met en relief la production industrielle du secteur public qui enregistre une croissance de l’ordre de 3,5 % à fin novembre 2009, ainsi que le secteur du textile qui enregistre une croissance de plus de 4,3%. Cependant, les secteurs de l’habitat, le tourisme, l’hydraulique ainsi que l’agriculture ont enregistré, selon le CNES, des résultats très satisfaisants. Ainsi, le secteur agricole a connu, pour sa part, une bonne croissance pour la campagne agricole 2008/2009 grâce à une production céréalière qui a atteint 61,2 millions de quintaux. Pour ce qui est de la mobilisation des ressources en eau, le Conseil estime que celle-ci «est en croissance constante». «D’importantes infrastructures ont vu le jour», souligne-t-il, relevant que le nombre de barrages exploités au niveau national devra passer de 61 à 71 barrages en 2009. Pour le secteur de l’habitat, plus d’un million de logements auraient été réalisés à la fin de l’année 2009. Le secteur des transports a enregistré également une «croissance remarquable » en 2009, au niveau des réseaux aérien, ferroviaire et routier avec la réalisation et le lancement de plusieurs projets durant cette année. En revanche, le secteur du transport maritime et l’activité portuaire ont enregistré une baisse de 0,11% par rapport au deuxième trimestre 2008», est-il indiqué.

Climat d’affaires : l’Algérie continue de reculer
En dépit des efforts soutenus et continus des pouvoirs publics pour insérer l’Algérie dans l’économie mondiale et améliorer son attractivité pour les investissements directs étrangers (IDE), le CNES fait remarquer que l’Algérie «continue de reculer» en termes de classement, en ce qui concerne le climat des affaires. Il estime, dans ce contexte, que la part des IDE dans l’ensemble des investissements réalisés en Algérie durant la période allant de janvier à fin juin 2009 reste «très marginale», signalant que la part des investissements financés par le budget d’équipement de l’État au terme du semestre précité sont de l’ordre de 909,2 milliards de dinars (78%) sur le total des investissements réalisés dont le montant est de 1.163,6 milliards de dinars. En ce qui concerne l’investissement étranger réalisé au titre de l’ANDI, ce dernier, s’élève à 12,6 milliards de dinars, alors que le privé national a réalisé un montant de 173,7 milliards de dinars du total investi. Taux de chômage entre 10,9 et 11% Par ailleurs, le CNES a abordé les volets emploi et chômage, soulignant que la tendance à la baisse du chômage «s’est poursuivie en 2009 avec un taux qui devrait se situer entre 10,9 et 11%, contre 11,3% en 2008». Le Conseil explique cette baisse essentiellement par «les performances des activités hors hydrocarbures, dont le taux de croissance pourrait atteindre 11%» mais aussi par la poursuite des programmes de soutien à l’emploi initiés par l’État depuis 2009. Le rapport du CNES relève, par ailleurs, que la création d’emplois durant le premier semestre de l’année en cours «reste dominée par les emplois d’attente» et qu’une «certaine amélioration» a été constatée dans la participation des entreprises publiques, «fait à relier avec la reprise de la production hors hydrocarbures dans le secteur public (5,1%)».

Les importations en baisse de 2,17% en 2009
En marge de la présentation du rapport du CNES, le ministre des Finances a indiqué que les mesures prises par les pouvoirs publics dans la loi de finances complémentaire (LFC 2009) ont freiné le mouvement des importations. «Le taux global de baisse des importations est de 2,17 % en 2009». En novembre, les achats à l’extérieur ont enregistré un fort recul (- 13 %), selon le ministre. « Cela dit, l’importation des biens d’équipements a augmenté car ils accompagnent le programme d’équipements qu’il soit d’investissement privé ou public», a-t-il déclaré. Les exportations ont, elles aussi, connu une tendance à la baisse estimée à plus de 40 % pour 2009. Mais ce recul des ventes à l’export ne va pas empêcher le gouvernement de continuer le programme d’équipements pour 2010. (Le Courrier d’Algérie-26.12.09.)

************LE SPORT AFRICAIN EN 2009
Retour du football algérien au premier plan

La qualification des Verts en Coupe du Monde reste incontestablement le fait marquant de cette année 2009.

Marqué incontestablement par le retour retentissant du football algérien sur la scène internationale, le sport africain a eu ses moments de gloire, notamment en athlétisme, en 2009, année charnière à deux grands rendez-vous de la balle ronde que sont la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2010) prévue en Angola, et le Mondial qu’abritera l’Afrique du Sud en juin prochain. L’ascension de la sélection algérienne qui a achevé l’année à la 26e place dans le classement Fifa, a ouvert grandement les portes aux coéquipiers de Antar Yahia au premier Mondial organisé en terre africaine. Le sélectionneur Rabah Saâdane a réussi un «gros coup» là où beaucoup de monde ne l’attendait pas d’autant plus que les Fennecs avaient raté les deux dernières éditions de la CAN en 2006 et en 2008. Les Algériens seront aux côtés de l’Afrique du Sud, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou le Nigeria, les porte-drapeaux du football africain lors de la grande messe du football mondial en juin prochain. En outre, l’année 2009 qui tire à sa fin a enregistré la belle moisson réalisée par l’Afrique lors des 12e championnats du monde d’athlétisme de Berlin (Allemagne), totalisant 23 médailles (dont 8 en or). Le Kenya, auteur de 11 distinctions (dont 4 en or), a constitué la locomotive du continent dans cette discipline. Classé troisième au tableau des médailles, derrière les Etats-Unis (1ers avec 22 médailles dont 10 en or) et la Jamaïque (2e avec 13 médailles dont 7 en or), le Kenya (4 or, 5 argent et 2 bronze) est de loin le pays africain ayant remporté le plus de titres mis en jeux. Il a été suivi, au terme de ces joutes, des pays de l’Afrique de l’Est, l’Ethiopie (8 médailles, dont 2 en or) et l’Erythrée (1 médaille d’argent).
Au plan individuel, l’Ethiopien Kenenisa Bekele a encore placé la barre très haut avec un doublé sur le 5000 et le 10.000 m. A 27 ans, l’Ethiopien s’est distingué et continue de faire parler de lui en cross, aux épreuves en salle et sur la piste. Il est vrai que ce triomphe du coureur de fond éthiopien a été quelque peu terni par l’affaire Caster Semenya du nom de l’athlète sud-africaine, championne du monde du 800 m, accusée d’être un hermaphrodite (possédant des organes génitaux féminins et masculins).
S’agissant d’un cas médical et non de dopage, comme l’a affirmé la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), l’athlète sud-africaine a conservé sa médaille.La participation sud-africaine à ces Mondiaux ne s’est pas résumée à cet épisode puisque le pays de Nelson Mandela s’est également paré d’or avec la victoire sur la même distance de Mbulaeni Mulaudzi et la médaille d’argent du saut en longueur avec Godfrey Khotso Mokoena. Les grands absents sur ce tableau des médailles ont été les pays d’Afrique du Nord qui, jusqu’à une période récente, s’affirmaient régulièrement, notamment sur le demi-fond (1500 m particulièrement).
D’autres athlètes africains ont brillé sur la scène mondiale dans d’autres disciplines, dont le Malien, Daba Modibo Keïta qui a remporté le titre mondial de taekwondo chez les lourds (87 kg). Lors des championnats du monde de judo (Pays-Bas), le continent africain s’est contenté de trois médailles de bronze gagnées par la Tunisienne Houda Miled (70kg dames) et deux autres Egyptiens, Ramadan Darwish et Hesham Mesbah. Enfin, parler des performances du sport africain durant l’année 2009 ne va pas sans évoquer la deuxième place enlevée par la sélection nigériane lors de la coupe du monde de football U-17. Forts d’un bon parcours apprécié positivement par les techniciens lors de cette édition, les Aiglons, double détenteurs du titre (1985 et 2007), ne sont pas parvenus, face à la Suisse, à égaler au palmarès le Brésil, triple vainqueur dans cette compétition (1997, 1999 et 2003). (L’Expression-27.12.09.)

***Qualifiée pour le Mondial 2010 : 1, 2, 3 Viva l’Algérie

C’est évidemment le tube de l’année de Sonia, une chanson dédiée aux héros de Khartoum. 1, 2, 3 viva l’Algérie c’est aussi le perpétuel refrain répété par tous les jeunes Algériens, toutes générations confondues, après chaque performance de l’équipe nationale de football.

La qualification des Verts au Mondial 2010, 24 ans après Mexico, ayant fait sortir dans les rues hommes, femmes, vieux, jeunes et moins jeunes, comme un essaim d’abeilles, constitue sans doute l’exploit de l’année 2009. Les hommes de Saâdane ont mis du baume au cœur de tous les Algériens au détour d’une victoire historique sur l’Egypte à Omdurman (Soudan). Les coéquipiers de Ziani, dont personne ne donnait cher de leur peau au début de la compétition, ont réussi à chambouler la hiérarchie et à confirmer qu’ils méritaient amplement leur participation au Mondial sud-africain au détriment du double champion d’Afrique, l’Egypte, présenté comme le grand favori du groupe C.

L’arrivée du président Mohamed Raouraoua à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF) a complètement bouleversé les données et galvanisé l’équipe qui a ensuite revue à la hausse ses objectifs. Tout a commencé par une victoire contre l’Egypte à Blida sur le sacré score de 3 à 1, suivi d’un exploit en Zambie (0-2). Saâdane, le sélectionneur, dira : « C’est à partir de là que j’ai senti que le coup est jouable. » A ce moment-là, l’Algérie avait déjà assuré sa qualification à la CAN 2010 en Angola, après deux éditions ratées (2006 et 2008). « L’appétit vient en mangeant », dit l’adage. Les joueurs et le staff technique ont décidé de ne pas lâcher prise pour deux raisons : le calendrier favorable et un concurrent (l’Egypte) miné par des clans internes paraissant même épuisé devant la détermination et la motivation des Fennecs.

Ils ont réussi à faire le plein à domicile, mais les Pharaons sont toujours dans le rétroviseur. Un dernier match au Caire a tourné au drame après le caillassage du bus des Verts le jour de leur arrivée. Traumatisés par le guet-apens, les joueurs n’ont pu préserver leur avance de deux buts et se voient contraints de disputer un match barrage au Soudan quatre jours plus tard. La décision du président de la République d’envoyer plus de 10 000 supporters au Soudan constitue l’autre grand événement dans la course pour décrocher le sésame. La peur a soudainement changé de camp. Les joueurs algériens ne se sentaient plus seuls, et là, dans des conditions plus favorable, la victoire ne pouvait leur échapper. Antar Yahia, l’auteur de l’unique but, propulsera les Verts au Mondial sud-africain. 1, 2, 3 viva l’Algérie. Bravo les Verts ! (El Watan-31.12.09.)

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*Qualification de l’équipe nationale au mondial

Ni miracle ni effet de hasard

Par : Hachemi Djiar (*)

L’exploit réalisé à Khartoum par l’équipe nationale de football a brusquement émancipé l’esprit des gens des cris et plaintes résiduels qui montaient encore de cette époque tourmentée des années 1990 marquée par la tragédie nationale.
Il venait tout d’un coup, tel un puissant rayon de soleil, déchirer le nuage épais qui obstruait de sa tristesse la perspective d’un espoir renaissant, induit par le processus de reconstruction mis en œuvre depuis une décennie.

Et au milieu des provocations et des reproches infondés émanant d’un coin du monde où la victoire des Verts a été ressentie, à tort, comme une offense, s’est imposé d’instinct, en Algérie, un hymne de fierté. Cet hymne s’est élevé comme pour refermer le cycle tragique ouvert en 1988-1990 et pour ramener les consciences à cette authenticité inaltérable qui, en réalité, n’a pas cessé d’agir au plus profond de l’âme nationale, à laquelle elle a évité de rompre avec ses sources de dignité, de courage et de mouvement qui forcent le respect. Il rappelle les effluves sonores des périodes lyriques ayant marqué dans notre pays le troisième quart du siècle écoulé, ainsi que les générations qui ont baigné dans leurs harmonies,  avant que n’advienne, au crépuscule de ce siècle, la crise nationale et son cortège de deuils.
En fait, c’est un double exploit que notre équipe nationale a réalisé. D’abord, un exploit sportif qui a ouvert la voie de la CAN et de la Coupe du monde. Ensuite, un exploit moral qui a fait réouvrir à la nation les yeux sur elle-même, ainsi que sur le sentiment d’une originalité que toute comparaison renforce d’une valeur inaliénable et d’un génie que les malheurs, les fautes, les querelles et les passions d’une fin de siècle agitée n’ont pas réussi à effacer.
Mais ce n’est pas à ce seul constat qu’il faut se limiter. Car par-delà l’euphorie momentanée de la victoire et les fortes émotions que celle-ci a fait naître, c’est aussi l’occasion d’une halte propice à la méditation et à la réflexion objectives sur la gestion du sport en général et du football de haut niveau en particulier dans notre pays.
D’abord, comment notre équipe nationale en est-elle arrivée là ?
Ce n’est ni un miracle ni un effet du hasard. C’est par les dispositions appropriées prises conjointement à l’automne 2007, par le ministère de la Jeunesse et des Sports et la Fédération algérienne de football, au lendemain de la défaite contre la Guinée, que le sursaut a eu lieu. C’est aussi par un travail patient et un effort soutenu de préparation accomplis par les joueurs et leur encadrement depuis cette date que l’exploit est devenu possible. Que ce soit, le plus souvent, dans leurs clubs respectifs ou bien lors des regroupements pour les stages à la veille des compétitions, les joueurs ont fait preuve d’une application et d’un sérieux tout à fait louables. Ils avaient parfaitement compris que le résultat est au bout du travail et de l’effort. Aussi, c’est l’occasion ici de rendre un hommage appuyé aux clubs qui ont fait confiance au talent de ces joueurs, permettant ainsi leur sélection en équipe nationale.
De rendre également un hommage appuyé au staff technique de cette équipe ainsi qu’aux dirigeants et à toutes les personnes qui se sont mobilisés, depuis si longtemps dans l’anonymat, pour accomplir leur part de la tâche. Que ce soit au niveau du ministère, de la fédération ou de toutes les autres structures, chacun a donné le meilleur de lui-même, sans interruption, pendant plus de deux ans. En célébrant aujourd’hui les mérites des Verts qui ont offert généreusement à la nation et à sa jeunesse l’opportunité de retrouver leurs repères afin de mieux chercher leur route dans un monde incertain, sans jamais se laisser décourager ni abattre, les Algériens, par dizaines de millions, ont parfaitement pris la pleine mesure de l’effort accompli en commun pour aider ces joueurs talentueux à aller le plus loin possible.
Et c’est donc, aussi, la célébration de cette collaboration féconde, venue à point nommé transcender les divergences d’opinions, les incompatibilités de tempéraments, ainsi que les clivages idéologiques, politiques et sociologiques qui ont nourri les tensions et opposé violemment, durant toute une décennie, les enfants de ce pays rompu à toutes sortes de défis qu’il a eu à relever au cours d’une histoire millénaire.
Il y a une puissance significative dans une telle mobilisation autour de l’équipe nationale de football. L’État, sous l’impulsion de son chef, le pays et sa jeunesse attentifs au déroulement de chaque compétition ont fourni à cette équipe palpitante de volonté, ainsi qu’à son encadrement, les ressources matérielles et morales qui leur ont permis de commencer à gravir les marches d’une gloire renaissante. Et pour un pays comme le nôtre, dont la principale richesse est la qualité de sa jeunesse et la cohésion de son peuple, rien ne doit compter davantage aujourd’hui que la culture méthodique du travail collectif sans lequel aucun progrès n’est possible. Car, dans le monde actuel, les enjeux ne manquent pas, quel que soit le domaine.
C’est le cas, par exemple, en matière de sport de haut niveau où les enjeux sont  considérables.Au niveau mondial, et à l’instar du segment économique, le sport de haut niveau tend, en effet, à se dégager de plus en plus de la sphère étatique pour s’incorporer à une logique de marché et s’inscrire fatalement dans la mondialisation. Aussi, les grandes compétitions de référence sont devenues des enjeux économiques gigantesques.
Les sociétés multinationales utilisent ces compétitions pour s’ouvrir des marchés à l’échelle planétaire et conférer au sport le statut d’une société du grand spectacle, adossée à une marchandisation universelle des élites sportives. Ce qui induit une démultiplication des allures que prend l’image du sport : sport-exploit, sport-spectacle, sport-loisir ou sport-épanouissement personnel. Ce qui induit aussi une réalité tangible, à savoir que des groupes d’intérêt et des lobbies puissants sont désormais susceptibles, sinon de contrecarrer, du moins d’influencer des politiques publiques censées, elles, veiller à ce que l’activité sportive ne se déconnecte pas de l’intérêt général.
Dans ce contexte, les sportifs de haut niveau sont donc exposés au risque bien réel de devenir de simples produits marchands sur un marché mondialisé, et à n’être ainsi assimilés qu’aux exploits réalisés. Ce qui apparaît déjà à travers, notamment, les surenchères des droits de retransmission télévisuelle, la disparition des écrans de certaines disciplines sportives et l’adaptation des règles du jeu aux intérêts des fabricants d’articles et équipements sportifs.
Si elle offre de réels avantages, cette logique du tout économique ultralibéral n’est pas moins de nature à constituer une menace pour l’équilibre indispensable à opérer entre les règles du marché, qui régissent désormais le sport de haut niveau, avec leur corollaire qu’est l’autonomie revendiquée par le Mouvement sportif international, et la régulation des activités sportives qui, elles, ne doivent pas cesser de participer pleinement de l’intérêt public incarné par l’État. C’est là, en vérité, le fond d’un débat interminable entre les pouvoirs publics et le Mouvement sportif dans presque tous les pays.
En Algérie, si les enjeux ne sont pas de la même échelle que ceux qui viennent d’être rappelés, il n’y a pas moins un enjeu majeur. Cet enjeu est celui d’une relance du sport qui soit capable de lui assurer un développement pérenne. Cet enjeu est devenu aujourd’hui l’une des préoccupations essentielles des pouvoirs publics.
Cela concerne toutes les disciplines, notamment la plus populaire d’entre elles : le football.En effet, la percée réalisée par l’équipe nationale au prix d’un effort soutenu de plus de deux ans et le succès de l’Entente de Sétif à l’échelle nord-africaine ne doivent pas masquer une réalité amère qui est que le football algérien n’est pas au meilleur de sa forme.
L’espace forcément limité imparti à
cette préface ne permet pas d’étaler dans le détail les causes multiples d’une crise qui perdure depuis près d’un quart de siècle. Il suffit d’en signaler deux parmi les plus déterminantes, à savoir : d’une part, une rupture brutale, car non préparée, avec le système établi par la réforme de 1976-1977, d’autre part, les contextes tragiques qu’a vécus le pays au cours de la dernière décennie du siècle écoulé, et dont les retombées destructrices n’ont épargné aucun domaine de la vie nationale, y compris donc le domaine sportif.
Cette situation nous a imposé en tout cas de réagir, à la faveur de la sonnette d’alarme tirée au plus haut niveau de l’État par le président de la République lui-même. Un vaste chantier fut ainsi ouvert visant à établir une stratégie de relance dans le cadre d’une politique publique cohérente dédiée au sport.
Un Rapport intitulé “Politique nationale du sport” a été alors élaboré suite à un diagnostic stratégique et à une large concertation amorcée en juin 2008, juste après la finalisation d’un premier rapport intitulé “Politique nationale de la jeunesse” qui a été soumis au gouvernement en date du 31 mai 2008. La “Politique nationale du sport” a fait à son tour l’objet d’examen par le gouvernement en date du 29 septembre 2009, avant d’être ensuite soumise au Conseil des ministres en sa réunion du 30 décembre 2009. Et le premier dossier opérationnel décliné de cette “Politique nationale du sport” est précisément celui du football, lequel a été préparé en étroite collaboration avec la fédération concernée.
S’agissant d’abord de la Politique nationale du sport, elle s’articule sur dix programmes conçus pour être complémentaires et donc d’une égale priorité comme les murs porteurs d’un édifice. Cela concerne tous les facteurs de la relance. Depuis la gouvernance du système sportif national jusqu’au travail intersectoriel, en passant par la généralisation de la pratique, le système de financement des activités sportives, les infrastructures, l’indispensable formation des jeunes talents, le sport en milieux d’éducation et de formation, la recherche en sciences du sport, la médecine sportive, l’éthique sportive, la lutte contre la violence dans les stades, la lutte antidopage et autres aspects, rien n’est laissé au hasard. La mise en œuvre de ces programmes, par un travail articulé sur la persévérance dans l’effort, est de nature à mettre le sport algérien en position ascendante et en situation d’assumer ses fonctions multiples, essentielles pour la cohésion de la société, la préservation de l’ordre public, ainsi que pour la santé physique et morale de la jeunesse.
S’agissant ensuite du football, l’option stratégique qui est à l’étude consiste à assurer, à terme, une nette séparation entre l’amateurisme qui est, par sa nature, avant tout un loisir, un facteur d’éducation, de santé et d’épanouissement personnel pour ceux qui le pratiquent et le professionnalisme qui constitue, pour ceux qui en suivent la voie, un vrai métier, avec ses règles propres et sa finalité qui est de produire de la performance, du spectacle et des revenus au plus haut niveau de la compétition. Que ce soit pour la “Politique nationale du sport” ou bien pour ce premier dossier du football qui en est décliné, ainsi que pour les autres dossiers, le souci majeur qui en guide l’élaboration est celui de la mise en œuvre effective sur le terrain, selon la perspective d’une action continue sur le moyen et le long termes, sans laquelle rien de durable et de solide ne pourra être édifié.
Une mise en œuvre qui ne peut, en outre, s’opérer sans une réelle conjugaison des efforts et une parfaite harmonie entre les intervenants publics et associatifs, dans le cadre d’un partenariat “public-public” et “public-privé”. À cet égard, et concernant le football, la question de la transformation des clubs de l’élite par exemple, en clubs professionnels, sera examinée incessamment, à la lumière des conditions posées par la FIFA pour toute participation future aux compétitions internationales, ainsi que du fait que la haute performance demande un investissement considérable, programmé et constant, qui ne peut en aucune manière relever de l’amateurisme. Elle se mesure par des critères objectifs et rationnalisés. Elle nécessite une détection précoce, un entraînement régulier et intensif impliquant une formation permanente et une planification à court, moyen et long termes, sans oublier la reconversion sociale post-compétitive des sportifs et même de leurs entraîneurs. On voit bien qu’il y a encore un chemin laborieux à parcourir pour entrer dans cette logique et hisser ainsi notre pays dans le peloton de tête des grandes nations du football.Les joueurs de l’équipe nationale et, à un degré moindre, ceux de l’Entente de Sétif, viennent de nous démontrer que rien n’est impossible. Mais nous ne pouvons développer et pérenniser notre présence au plus haut niveau de la compétition que si ce grand sport populaire est conçu, à ce niveau, comme un vrai métier, et si les performances deviennent des fruits naturels du championnat local.
Mais cela ne signifie nullement que les joueurs qui évoluent à l’étranger n’ont pas un ancrage en Algérie. En fait, leur ancrage est bien réel. Il a été traduit à travers l’amour viscéral exprimé, à maintes occasions, par ces joueurs pour leur pays d’origine. Leur entrée dans chaque foyer où ils ont apporté l’espoir, le rêve et la joie aux familles, à la faveur des différents matches et à travers la télévision nationale, a consacré les liens indissolubles qui les rattachent à leur peuple. C’est, en tout cas, à raison des éléments qui viennent d’être succinctement exposés que se précisent les contextes dans lesquels doit s’opérer l’analyse des retombées de l’exploit du 18 novembre 2009 à Khartoum, et que nos perspectives d’action et nos espérances doivent s’établir. Et, derrière l’arbre d’une victoire, il y a, pour ainsi dire, l’immense forêt des problèmes à résoudre et des efforts immenses qui restent à accomplir. Il y a la réalité crue d’un système footballistique opaque et obsolète qui exclut tout progrès si les différents acteurs concernés, notamment au niveau des clubs, ne font rien, conjointement, solidairement et sérieusement pour l’améliorer.
Dans cette perspective, l’exploit de Khartoum est d’autant plus appréciable que son impact psychologique et moral exceptionnel ne doit avoir d’égal que l’humilité à toute épreuve qu’il doit nous inspirer, si nous ne voulons pas donner de fausses illusions à notre jeunesse. Nous devons prendre garde à ce que l’euphorie de la victoire remportée au Soudan ne nous fasse pas oublier que dans la cour des grands où notre équipe a été propulsée grâce au talent de ses membres et de son encadrement, mais aussi grâce au soutien inconditionnel de leurs supporters et à l’accompagnement décisif du chef de l’État, le plus dur reste à accomplir. Nous devons rester d’autant plus modestes et déterminés, que les dures lois du sport font que chaque étape de l’escalade vers le sommet est fatalement plus exigeante que la précédente, en termes d’effort, de travail et de sacrifices.
En bref, nous devons continuer à travailler dur, en bannissant tout scepticisme, en maintenant notre mobilisation et notre confiance à l’endroit des Verts et en continuant à les accompagner par tous les moyens, dans la sérénité qui sied à ces moments graves du parcours, pour d’autres victoires qui, à ces conditions, sont tout à fait possibles dans le futur, en Angola, en Afrique du Sud ou ailleurs. Nous devons également nous atteler à la mise en œuvre de la matrice des actions figurant dans le “Dossier football” décliné de la “Politique nationale du sport”, dès consolidation de ce dossier, afin de préparer, dans le calme et la concentration, l’avenir qui va bien au-delà de janvier et de juin 2010. Car, et comme le recommandent tous les footballeurs avertis, c’est dès aujourd’hui qu’il faut travailler aux CAN 2012 et 2014 ainsi qu’aux Coupe du monde 2014 et 2018 notamment.Avant de terminer, je ne me déroberai pas au devoir naturel de saisir l’occasion de l’avènement de la nouvelle année pour souhaiter aux membres de notre équipe nationale, à chacun de ses supporters, en Algérie et à l’étranger, ainsi qu’à toute la famille du sport algérien, santé, bonheur et toujours plus de succès.
Au public sportif de Khartoum, à l’âme si élevée et à l’attitude si généreuse, qui a créé les meilleures conditions d’une compétition loyale entre les équipes concurrentes, tout en nous manifestant une hospitalité fraternelle qui le grandit et l’honore, je tiens aussi à adresser, au nom de l’ensemble des supporters de l’équipe nationale de football, nos sincères remerciements ainsi que nos meilleurs vœux de prospérité.(Liberté-03.01.2010.)H. D.(*)

Ministre de la Jeunesse  et des Sports

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*Les personnalités de l’année 2009 en Algérie

* Bouteflika,  Raouraoua, Rabah Saâdane et le bourreau des Egyptiens à Khartoum, Antar Yahia, élus comme personnalités de l’année 2009 en Algérie.

Le président de la République a été plébiscité et distingué première personnalité de l’année.

A travers un sondage effectué par l’Association La Radieuse, les Algériens ont choisi le président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, celui de la FAF, M.Mohamed Raouraoua, l’entraîneur national, M.Rabah Saâdane et le bourreau des Egyptiens à Khartoum, Antar Yahia comme personnalités de l’année 2009
Pour information, La Radieuse avait lancé son sondage à travers son site Internet où des milliers d’Algériens ont donné leur avis. Un sondage qui s’est effectué sous la surveillance de plusieurs figures emblématiques du football algérien, à l’instar de Belloumi, Kouici, Megharia, l’arbitre Mohamed Hansal, et le président de la Ligue nationale de football, Mohamed Mechrara. Ainsi, qua-tre personnalités ont été choisies parmi une longue liste de 30 noms.
Le président de la République a été plébiscité et reconnu comme la première personnalité de l’année. Lakhdar Belloumi résume les avis des votants: «M.Abdelaziz Bouteflika, qui est entré dans l’histoire par la grande porte depuis les années 60, a été choisi à l’unanimité par les votants qui trouvent qu’il a beaucoup fait pour la résurrection du sport national. Je me rappellerai toujours de ce qu’il nous avait dit, l’année dernière, au cours d’un meeting à Sidi Bel Abbès, qu’il était sûr que l’Equipe nationale de football allait avoir une place de choix dans le concert des nations et qu’elle se qualifiera à la Coupe du Monde», a-t-il indiqué.
Et d’ajouter: «Il ne faut pas oublier aussi, sa décision historique en envoyant plus de 15.000 supporters algériens à Khartoum pour soutenir les Verts face à l’Egypte.»
La deuxième personnalité de l’année choisie par les internautes, n’est autre, que le patron de la FAF, Mohamed Raouraoua qui a vraiment sorti le grand jeu depuis son retour à la tête de l’instance fédérale.
L’entraîneur national, Rabah Saâdane, celui qui est devenu une véritable icône après avoir réussi avec brio la qualification de l’Algérie au prochain Mondial après 24 ans d’absence
Enfin, le défenseur Antar Yahia, qui a mis du baume au coeur des millions d’Algériens à travers le monde entier par son but d’anthologie face à l’Egypte au Soudan, mérite amplement une place parmi ces quatre lauréats tout comme les autres joueurs qui méritent au même titre cette distinction. Les responsables de La Radieuse fixeront prochainement une date pour remettre les quatre trophées aux quatre lauréats. Par ailleurs, le jeune Saïd Abderrahmane (13 ans) qui a perdu l’usage de ses jambes dans l’euphorie qui avait suivi la victoire des Verts, sera également récompensé par la meilleure des façons. (L’Expression-21.12.09.)

 

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Les personnalités de l’année 2009 en Algérie dans actualité

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