La situation sécuritaire.3

**Attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine à In Aménas-Algérie

32 terroristes éliminés dont quatre dangereux émirs

Cinq terroristes faits prisonniers

650 otages libérés, parmi eux 100 otages étrangers

Les forces spéciales algériennes ont libéré quelque 100 otages étrangers, mais 30 autres sont toujours portés disparus, rapporte désormais l’agence APS.

Une multinationale terroriste composée de plusieurs nationalités avec des moyens colossaux

Le commando terroriste était composé d’Egyptiens, Syriens, Tunisiens, Maliens, Nigériens, Mauritaniens, Algériens, un Français et un Canadien qui ont été éliminés..

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*Mokhtar Belmokhtar avait confié la prise d’otages d’In Amenas à ses plus précieux lieutenants

Mokhtar Belmokhtar, qui a revendiqué dimanche, dans une vidéo, l’attaque du site gazier d’In Amenas, pensait sans doute réussir son opération. Sinon, il n’aurait pas envoyé ses meilleurs éléments se faire tuer dans cette gigantesque prise d’otages, à laquelle l’armée algérienne a mis fin lors de trois assauts – le premier jeudi, contre la base de vie, les deux autres, vendredi soir, puis samedi matin, contre le site gazier.

Selon un bilan provisoire, fourni par une source proche des services de sécurité algériens, 48 otages auraient perdu la vie lors de cette attaque. Parmi les 32 terroristes tués – 5 autres auraient été arrêtés vivants et 3 seraient encore en fuite – figurent les plus précieux lieutenants de Mokhtar Belmokhtar. À commencer par le chef de l’expédition, Abderrahman el-Nigiri, qui a pris d’assaut l’usine.

«Ce Maure du Niger faisait partie du commando qui mena l’attaque contre la caserne militaire de Lemgheity, au nord de la Mauritanie», relève Atmane Tazaghart, auteur d’Aqmi. Enquête sur les héritiers de Ben Laden au Maghreb et en ­Europe. C’était en 2005 et, ensuite, Abderrahman el-Nigiri ne quittera plus Mokhtar Belmokhtar, lequel revendique l’offensive d’alors au nom du GSPC – qui n’est pas encore Aqmi. Selon la sulfureuse agence mauritanienne Nouakchott Information, par laquelle les ­terroristes ont trouvé un canal de communication, Abderrahman el-Nigiri serait «connu pour être l’homme des missions difficiles». Il aurait participé «à des missions importantes en Mauritanie, au Mali et au Niger».

De cette époque, l’émir du Sahel Mokhtar Belmokhtar, connu sous son nom de guerre de Belaouar, compte de nombreux fidèles, comme le Mauritanien Abdallahi Ould Hmeida. Lui aussi a participé à l’attaque contre Lemgheity, mais il aurait surtout joué un rôle important dans l’assassinat de deux touristes français dans le sud de la Mauritanie en 2010. Dans les rangs d’al-Qaida depuis l’âge de 14 ans, celui que l’on surnomme le «Zarqaoui mauritanien» a rejoint son frère Ibrahim Ould Hmeida, emprisonné après l’attentat suicide perpétré contre l’ambassade de France à Nouakchott, le 8 août 2009. Libéré, il a aussitôt regagné la katiba de Mokhtar Belmokhtar.

«Deux Algériens dans le groupe»

Dans le groupe ayant conduit l’attaque contre le site gazier d’In Amenas apparaissent aussi les noms de deux Algériens: Abou al-Baraa al-Djazaïri, qui menait les preneurs d’otages de la base de vie. De lui, on sait pour l’instant peu de chose, car de nombreux salafistes algériens se sont attribué le même nom. L’autre s’appelle Lamine Bencheneb. «C’est vraiment la grande surprise de ce casting, ironise un cadre de la lutte antiterroriste, car nous l’avions identifié comme un terroriste, mais pas comme un islamiste.»

Sur son CV figure l’attaque de l’aéroport de Djanet (au sud d’In Amenas) en 2009, revendiqué par le Mouvement des enfants du Sud, un groupe de jeunes qui réclament plus de droits et de justice sociale pour les Algériens du Sud. «Depuis, le groupe a été démantelé par les Algériens, poursuit le spécialiste, mais des éléments de la nébuleuse se seraient rassemblés dans un nouveau Mouvement des fils du Sahara pour la justice islamique.» Lamine Bencheneb serait aussi lié indirectement au rapt du wali (préfet) d’Illizi, Mohammed Laïd Khelfi, enlevé en janvier 2012, et remis à Alger par les autorités libyennes quelques jours plus tard. Si les nationalités des assaillants ne sont pas encore claires – il y aurait notamment un Canadien -, l’origine de leurs armes ne fait aucun doute. «On a trouvé parmi leurs kalachnikovs un modèle typiquement ­libyen, l’AK104, confie une source proche des militaires. Mais aussi des roquettes F5, petits modèles apparus pendant la guerre en Libye. Les rebelles avaient modifié des lance-roquettes d’avion pour en fabriquer des modèles ­artisanaux.»

Leurs tenues aussi venaient de Libye. «Il s’agit de celles données par le Qatar aux rebelles du CNT (le Conseil national de transition, NDLR), reconnaissables à leur couleur. Les gilets pare-balles sont jaunes avec des taches marron aux dessins très spécifiques», poursuit notre source. Des copies de ceux que portaient les Américains pendant la guerre du Golfe. Et aussi des vestes et des pantalons d’un vert très reconnaissable. Enfin, «ils avaient du mortier à calibre 60, particulier à la France, dont se servaient aussi les rebelles en Libye.» Le Figaro-21.01.2013.

**Prise d’otages: Acte terroriste.. acte de guerre, et même crime de guerre, puisque les terroristes ont choisi délibérément de s’en prendre à des civils et non à un objectif militaire.

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**AL-QAIDA DANS LA RÉGION DU SAHEL
Radiographie d’une nébuleuse

Au lendemain de sa création, Al-Qaïda au Maghreb islamique ou AQMI a hérité du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) de sa structure et de son organigramme. Selon des spécialistes de la question
sécuritaire, la structure hiérarchique de l’organisation actuelle est une copie conforme du mouvement mère. Autopsie d’une nébuleuse. **Abder Bettache – Alger (Le Soir) –

Le corps structurel du GSPC dirigé au lendemain de sa création par
Hassan Hattab était composé de neuf zones. La région du Sud, la neuvième dans
l’organigramme de cette organisation terroriste, était dirigée par Mokhtar
Belmokhtar. Ce dernier était également connu sous le sobriquet de «Belaouar»
(borgne) ou encore Khaled Abou Al Abass. Une appellation qu’il a héritée lors de
son séjour en Afghanistan à la fin des années 80. Selon plusieurs sources
sécuritaires, la zone du désert qui constitue la neuvième région du commandement
de l’ex-GSPC a connu plusieurs dénominations. De l’Émirat du désert, à Katibat
El Moulathamoune (la phalange des enturbannés), avant que la région porte la
dénomination de la Zone sud d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Les mêmes
sources ajoutent que «l’organigramme de l’organisation est constitué d’un
conseil des notables, qui est l’organe suprême de l’organisation ». Ce conseil
regroupe les «émirs» des différentes régions, des notables choisis au niveau de
chaque phalange. Les pouvoirs décisionnels et la nomination de l’«émir» général
reviennent à ce conseil. «L’idée de ce conseil a germé durant les années du GSPC
pour éradiquer les querelles intestines et réduire la vague de désertions qui
ont secoué l’organisation à l’époque», ajoute-ton. Selon des révélations faites
par un membre du GSPC à l’agence mauritanienne ANI, «la région du Sud est
composée de deux katibats (phalanges) et deux sariyats (compagnies militaires),
selon la structure administrative de l’organisation. Mais la diversité des zones
de contrôle impose parfois la création de nouvelles compagnies militaires pour
sécuriser et assurer la patrouille des régions sous contrôle. Ceci a permis la
mise en place de sariyat Al Forquan, dont le commandement a été confié à
l’Algérien Yahya Abou Hamam (Jamal Oukacha)».
Deux grandes katibates dirigées par Belmokhtar et Abou Zeid
Les mêmes circonstances ont été également derrière la création d’un autre sariyat dirigée par Malik Abou Abdel
Karim, un jeune djihadiste touareg. Quant aux deux grandes katibats : El Moulathamoune et Tarek Ben Ziyad de la région sud, elles sont dirigées respectivement par Mokhtar Belmokhtar, alias Belaouar, et Abdel Hamid Abou Zeid.
Toutefois, il est important de noter que la région du Sahel a vu l’émergence
d’un grand nombre de chefs terroristes. Parmi ces derniers, on peut citer,
notamment, Moussa Abou Daoud, Nabil Makhloufi alias Nabil Abou Alqama, Abdel
Hamid Abou Zeid ou encore Jamal Oukacha alias Yahya Abou Alhamam et Yahya Jawadi
alias Abou Amar. Ancien lieutenant du GSPC, connu pour être très proche
d’Abdelmalek Droukdel, Moussa Abou Daoud a été nommé récemment par l’«émir»
général d’AQMI pour commander la région du Sud où il vient remplacer l’ancien
«émir» de cette zone, Yahya Jawadi. Mais pour des raisons liées à sa sécurité,
le nouvel «émir» n’a pu se mettre au travail, car sa sortie de l’Algérie
l’expose au risque de son arrestation. Yahya Jawadi alias Abou Amar est
également considéré, comme le commandant de l’Emirat du désert. Selon ces mêmes
analystes, Jawadi jouit «d’une bonne réputation et d’une grande confiance au
sein de la nébuleuse». Il est également algérien, à l’image d’Abdelhamid Abou
Zeid. Ce dernier est présenté comme le lieutenant de la katibat de Tarek Ben
Ziyad. De son vrai nom Khadir Mahmoud, il est né en 1957 et est considéré comme
le «doyen des djihadistes» du désert au vu de son âge.
Des «alliances» de conjoncture
Outre son mode organisationnel très particulier, la nébuleuse d’Al-Qaïda «entretient» des relations «complémentaires » avec plusieurs groupes armés activant dans la région du Sahel. A ce titre, on cite le
mouvement d’Ansar Edine. Un mouvement armé d’obédience salafiste, fondé par
l’ancien rebelle touareg, Iyad ag Ghali. Ce dernier était à la tête du Mouvement
populaire de l’Azawad (MPA) pendant les années 1990. Il avait également occupé
des postes de haut rang dans l’administration malienne, avant de rompre les
contacts avec les autorités de Bamako pour créer son propre mouvement (Ansar
Edine) l’année passée. Le chef d’Ansar Edine avait bénéficié de ses références
idéologiques pour tisser des liens très «étroits» avec AQMI. Ceci a poussé
certains à dire qu’Ansar Edine n’est qu’une vitrine derrière laquelle se cache
AQMI. Il brandit comme projet de société, l’instauration de la charia sur
l’ensemble du territoire malien. Ancien diplomate, il refuse de reconnaître la
légitimé internationale. Un point de désaccord entre lui et le Mouvement
national pour la libération de Azawad qui se bat pour un Etat civil. L’autre
mouvement avec lequel Al-Qaïda entretient des relations, est celui du Mouvement
pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Un groupe islamiste
armé créé en octobre 2011 par des djihadistes arabes. Ce mouvement est l’auteur
du rapt de six diplomates algériens, le 5 avril, dans le nord du Mali. Mais
avant ce coup médiatique, le Mujao s’est distingué par le rapt de trois
occidentaux, deux Espagnoles et une Italienne. Enfin, l’autre mouvement avec qui
Al-Qaïda a «conclu» une alliance est celui du Mouvement des fils du sahara pour
la justice islamique (MSJI). La proclamation de ce mouvement remonte au 17
octobre 2007. Le mouvement a perpétré plusieurs attentats, qui ont ciblé une
société pétrolière algérienne installée dans la zone d’In Aménas. L’un de ces
clans a rejoint Aqmi pour «participer aux efforts de l’instauration de la
justice islamique en Algérie». *Le Soir d’Algérie-20.01.2013.

L'assaut de l'armée algérienne contre les terroristes à In Aménas dans actualité 20130117PHOWWW00669

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Soulagement des otages libérés 

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Liberation des otages à In Amenas

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**De sources officielles, l’opération de libération des otages a pris fin. Les otages au nombre de sept ont été exécutés par les ravisseurs. Tandis que les forces spéciales de l’ANP ont éliminé les 11 terroristes. Selon les sources, les terroristes avaient tenté durant la soirée du vendredi de saboter les installations en mettant le feu. Mais, l’incendie qui s est déclaré dans l’une des canalisation a été vite maîtrisé. Dans la matinée de ce samedi, les terroristes ayant perdus tout espoir de quitter les lieux avec les sept derniers otages, ont commencé à exécuter certains d entre eux, poussant les forces spéciales de l’ANP à intervenir. En fait, les terroristes se préparaient à un acte suicidaire collectif. L’intervention des éléments de l’ANP a permis leur neutralisation. Malheureusement les otages étaient déjà exécutés. Sur les 29 terroristes éliminés lors de l’assaut qu’ont lancé les forces spéciales de l’ANP depuis jeudi matin sur le site gazier de In Amenas, quatre sont de dangereux émirs.

Il s’agit de Abderahman el Nigiri (le nigérien), du chef «des fils du Sahara pour la justice islamique », Lamine Moucheneb, alias Taher, de Abou Albaraa Aljzairi et le mauritanien Abdallahi Ould Hmeida. Une trentaine de terroristes de différentes nationités ont attaqué mercredi tôt dans la matinée le site gazier de In Amenas en prenant en otage des centaines de travailleurs algériens et étrangers.*El Watan-19.01.2013.

**La télévision algérienne a diffusé vendredi un long reportage sur les otages désormais libres du site pétrolier. Plusieurs employés de différentes nationalités, en bonne santé ou blessés, sont interrogés (en arabe et en anglais) sur ce qu’ils ont vécu.La plupart remercient l’armée algérienne « pour son incroyable travail ». Plusieurs témoignages de rescapés de la prise d’otage attestent que le commando islamiste cherchait en priorité les salariés étrangers de la base pétrolière. « Ils sont entrés dans les chambres, ils ont cassé les portes tout en criant: on ne cherche que les expatriés, les Algériens vous pouvez partir! », explique un ingénieur algérien sur France Info. « Ils ont récupéré les expats, ils les ont encerclés, ils les ont attachés. Ils se sont regroupés du côté du restaurant ».Lors de l’opération militaire, « ils (les ravisseurs) ont pris la fuite », selon lui. « Maintenant, on est sans nouvelle de nos collègues expats qui travaillent avec nous. C’est eux qu’ils ont pris pour bouclier ».*Le Figaro-18.01.2013.

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**Près de 650 otages de l’attaque perpétrée mercredi  par le groupe terroriste sur le site gazier d’In Amenas (wilaya d’Illizi), dont  573 Algériens et « plus de la moitié des 132 otages étrangers » ont été libérés,  pendant que l’opération de délogement d’un groupe retranché dans l’installation  gazière se poursuivait, selon un bilan provisoire établi vendredi en fin de  matinée. Les forces spéciales de l’Armée nationale populaire (ANP), a indiqué  à l’APS une source sécuritaire, tentent encore de parvenir à un « dénouement  pacifique » avant de neutraliser le groupe terroriste qui s’est retranché dans  la raffinerie et libérer un groupe d’otages encore détenu.  Le bilan exhaustif n’est pas encore établi et certains travailleurs  étrangers du site gazier s’étaient mis aux abris dans divers points du site,  ajoute-t-on de même source. D’autre part, l’installation gazière a été mise hors service pour éviter  les risques d’explosion.Des éléments du Groupement d’intervention spéciale (GIS) ont réussi à capturer un terroriste parmi les ravisseurs lors de l’assaut, apprend El Watan aujourd’hui de sources sécuritaires qui n’ont pas précisé sa nationalité. Lors d’un interrogatoire poussé, il a déclaré que son groupe est composé de 32 individus. Il a confirmé qu’ils appartiennent aux « signataires par le sang » affiliés à Katibat El Moulathamine (Enturbannés) de Mokhtar Ben Mokhtar, dit Belawer (Le Borgne). Par ailleurs, la couverture aérienne de l’assaut terrestre des éléments du GIS est assurée par sept hélicoptères, selon des sources sécuritaires. Ils survolent le site gazier à la recherche du reste des travailleurs étrangers qui s’étaient mis aux abris un peu partout.*APS*El Watan-18.01.2013.

**L’intervention des forces spéciales algériennes contre les terroristes auteurs de la prise d’otages,, au site pétrolier de Tinguetourine a surpris tout le monde par sa rapidité. Les premiers qui ont manifesté leur stupéfaction sont les Occidentaux, personnalités, politiques, responsables sécuritaires et journalistes. Une multitude de réactions est venue de Washington, Paris, Londres et Tokyo, mais aucune voix ne s’est élevée pour saluer la détermination des Algériens ou leur intransigeance face au chantage odieux des terroristes. Bien au contraire, il s’est trouvé des esprits «éclairés» pour critiquer la manière un peu «trop forte à leur goût» des forces spéciales algériennes. Charles Pellegrini, ancien chef de la cellule antiterroriste de l’Elysée, évoque sans rire l’«appétence» par la force, des responsables de l’armée algérienne et regrette presque le fait que ces derniers n’offrent aucune issue de secours à des ravisseurs lourdement armés.
Le Premier ministre japonais proteste et demande l’arrêt immédiat de l’opération et des journaux français parlent d’un bain de sang, mais personne n’a essayé de mettre en relief l’armement lourd et sophistiqué utilisé par les terroristes provenant des arsenaux libyens mis gracieusement à leur disposition par l’Otan. Même l’assaut donné par les forces spéciales contre un groupe armé tchétchène qui avait pris des spectateurs d’un théâtre en otage, en octobre 2002 et qui s’était soldé par 130 morts lors de l’opération, n’a pas suscité autant de critiques. Idem pour l’assaut donné par l’armée russe contre une prise d’otages de 1127 personnes dans une école de Beslan en 2004 engendrant la perte de 331 personnes n’aura pas produit autant de réactions. Au Pakistan, dont l’assaut déclenché contre des islamistes qui avaient pris des otages au quartier général de l’armée à Rawalpindi a fait 19 morts. Les Etats-Unis avaient, en 1992, vécu une scène presque similaire quand une secte connue sous le nom de Waco a été à l’origine de la mort de dizaines de personnes, après qu’un jeune Américain se faisant passer pour Jésus ait fait exploser le siège avec toutes les personnes qui l’occupait plutôt que de se rendre. Il y a également l’affaire Merah qui avait défrayé la chronique et au cours de laquelle les forces de sécurité françaises avaient «géré» ce dossier dans une opacité totale. C’est dire que l’intention de dévaloriser l’intervention des forces spéciales algériennes est flagrante. L’Algérie a agi en toute souveraineté et avec sérénité. Le message est pourtant facile à décrypter pour ceux qui veulent comprendre: l’Etat ne négocie pas avec les terroristes et ses sous-traitants.*L’Expression-19.01.2013.

** Réactions des Algériens sur le Web

  « Nous sommes fiers de notre armée »

Le Web a été pris d’assaut par les Algériens pour suivre l’évolution de la prise d’otages à In Aménas.

«A tous mes compatriotes. Nous sommes en guerre. Nous devons être solidaires dans ce genre de situation en soutenant notre armée. Copiez et collez ce message sur votre mur s’il vous plait.» Voilà l’appel à la solidarité nationale lancé sur Facebook par Krimo, un jeune internaute algérien, suite à la prise d’otages à In Aménas. Ce message lourd de sens n’a pas fait exception à travers la Toile. Au moment où nos militaires se préparent à prendre d’assaut la base de In Aménas les internautes eux, ont pris d’assaut la blogosphère pour s’enquérir de la situation mais surtout pour exprimer leur avis sur cette prise d’otages. «Le Printemps arabe a échoué, ce mercredi, ils ont trouvé un nouveau moyen pour nous déstabiliser», poste Manel sur son mur Facebbok, avant de demander à ses amis virtuels des informations sur cette prise d’otages. Hakim, lui, s’indigne sur son compte twitter du fait que l’Algérie soit impliquée de la sorte dans une guerre (celle du Mali, Ndlr) alors «qu’elle a refusé d’y participer». «J’espère que cette attaque ne nous fera pas revivre les années noires», s’inquiète un autre internaute sur le sort de son pays.
La Toile était donc en effervescence. Chacun y est allé de son commentaire. «Il y a du nouveau sur la prise d’otages?Qui sont ces otages? Ils veulent encore nous déstabiliser», ce sont les questions qui reviennent le plus sur les réseaux sociaux avant l’assaut. Badou, un autre internaute explique qu’il s’agissait surtout de contrecarrer «la désinformation des chaînes de télévisions occidentales et arabes qui n’ont pas cessé d’attaquer l’Algérie». «J’ai été dégoûté de voir comment ils ont essayé de rendre l’Algérie coupable de tous les maux, alors qu’elle n’a fait que se protéger contre des attaques terroristes», explique t-il sur son mur Facebook. «Que doit-on faire quand des terroristes prennent en otage nos compatriotes? Attendre gentiment et leur donner des bonbons?», lui répond ironiquement l’un de ses amis.
Un débat s’ensuit avec d’autres amis qui se demandent comment les nations qui sont en train de nous critiquer auraient-elles réagi face à ce genre de situation. «Dans toutes les prises d’otages du monde, l’assaut est nécessaire et des pertes humaines sont malheureusement à déplorer», leur répond un autre ami. «Oui, oui Bravo à nos soldats! Bravo à notre armée qui a su réagir avant que cette pourriture ne gangrène tout le reste…», répliquent d’autres membres de la communauté Facebook.
Ce ne sont pas les seuls à exprimer leur fierté et leur approbation à l’assaut donné par les militaires. Les «vive l’Algérie, vive l’ANP» ont fait fureur. La majorité des internautes algériens voient en cet assaut «une bonne réactivité de nos forces armées mais surtout un message à faire passer aux autres terroristes qui s’aventureraient à nous attaquer».
Ils estiment que l’Algérie a montré qu’elle ne cèdera jamais au chantage des terroristes. D’ailleurs, le Tweet de Kahina princesse résume, à lui seul, ce message.
«Les terrorises islamistes ont voulu jouer avec l’Algérie, l’armée algérienne leur a éclaté la g***. C’est une leçon que cette pourriture de terroristes n’est pas prêt d’oublier».
Le groupe Envoyés Spéciaux Algériens, qui est connu sur la Toile pour être d’opposition, a tenu à exprimer ses respects à l’institution militaire qui a prouvé sa force. «Envoyés Spéciaux Algériens rend hommage à l’Armée populaire nationale et à tous ceux qui font tout pour défendre l’unité nationale contre les menaces terroristes dans le Sud algérien», ont-ils posté hier sur leur mur.
Ce qui n’a pas été sans susciter des centaines de réactions qui ont été postées en quelques minutes. «Dieu bénisse et protège, l’Algérie et les Algériens. Et un grand message d’encouragement à notre armée, qui a tout simplement fait son job, en faisant fi de la main étrangère», est l’un des nombreux commentaires à ce poste.
La communauté Internet du pays, qui est le baromètre de ce que pensent les jeunes et qui est leur seul moyen d’expression, est donc fière de son armés. «Elle nous a sauvés pendant la décennie noire, elle le fait encore maintenant. Rabi yahfadhelna», est un message posté par Momo-Milito qui résume parfaitement l’ambiance du Web pendant cette prise d’otages. La Toile a ainsi levé le «voile»…*L’Expression-19.01.2013.

**Trois unités d’élite de l’Armée nationale populaire ont évité le pire

Trois unités d’élite de l’Armée nationale populaire (ANP) étaient engagées sur le terrain à Tiguentourine depuis le 16 janvier et font partie de l’élite des services de sécurité algériens. Deux groupes
d’interventions ont été principalement affectés aux opérations, appuyés par des
unités de commandos parachutistes. Il s’agit du GIS (Groupement d’intervention
spéciale) et du DSI (Détachement spécial d’intervention) et les commandos
parachutistes.
Abder Bettache – Alger (Le Soir) – 20.01.2013.

Le GIS est considéré comme une unité spéciale d’intervention rattachée au DRS (Département du Renseignement
et de la Sécurité). Composée de trois cents éléments, cette structure d’élite de l’ANP a été créée à la fin des années 1980. La première intervention publique des éléments du groupement d’intervention spéciale remonte à 1998, lors du grand ratissage des forces de l’ANP effectué dans la localité d’Ouled Allel dans la
région de Sidi Moussa. Une localité réputée pour être le fief des éléments
terroristes du GIA. D’ailleurs, les éléments du GIS, qui disposait d’une section
de démineurs (artificiers) équipés de robots, avait réussi lors de cette grande
opération de ratissage à désamorcer des centaines de bombes. Ainsi, depuis 1992,
le GIS s’est particulièrement distingué en menant une lutte implacable contre
les terroristes du GIA, ceux de l’AIS et du GSPC. Selon des spécialistes, cette
longue expérience dans la lutte antiterroriste lui a valu une reconnaissance de
toutes les unités d’intervention dans le monde. Les Américains de l’USSOCOM
vantent son efficacité et son expérience et les recommandent pour mener des
formations aux unités similaires de plusieurs pays arabes, africains, mais
également européens. Selon les mêmes sources, «les hommes du GIS sont initiés
aux techniques de combat les plus extrêmes et peuvent intervenir en tous lieux
et en tous temps pour n’importe quelle situation». L’autre unité ayant participé
au dénouement de l’affaire d’In Amenas, est le DSI (Détachement spécial
d’intervention). Créé par décret présidentiel, en date du 27 août 1989 et sous
la direction directe du commandement de la Gendarmerie nationale, le DSI est
composé de l’unité d’élite de cette dernière, à l’image du GIGN en France.
Depuis sa création, le DSI/GN n’a cessé, de prendre de l’ampleur de par la
multitude des missions qui lui sont confiées. Il a observé une mutation dans ses
effectifs et son personnel spécialisé. La lutte antiterroriste et libération
d’otages, la neutralisation de forcenés ou de malfaiteurs dangereux, la
participation à des opérations de police judiciaire, l’escorte et le transfert
de détenus dangereux, la protection rapprochée et l’escorte de hautes
personnalités constituent les principales missions de cette unité d’élite.
L’autre unité ayant pris part à cette opération est, les commandos
parachutistes. Il s’agit de la 17e division parachutiste de l’ANP. Une unité à
dominante infanterie créée en 1991 par décret présidentiel. Elle est spécialisée
dans le combat aéroporté et l’assaut par air. «Sa vocation prioritaire est la
projection dans l’urgence afin de fournir une première réponse à une situation
de crise. Réactifs et légers, ses régiments sont à même d’être projetés
rapidement en précurseurs d’une force plus étoffée», ajoutent des sources sécuritaires.*  (Le Soir) – 20.01.2013.

**Les résultats de l’assaut ont donné raison à l’Armée algérienne qui a fait réviser la position des Occidentaux. Seule la presse étrangère continue de déverser son venin contre l’Algérie.

Garde-à-vous! L’Armée algérienne a réussi son assaut contre les preneurs d’otages d’In Amenas. Un groupe terroriste multinational bien préparé et doté d’un véritable arsenal de guerre, missiles, lance-roquettes, grenades, fusils-mitrailleurs et fusils d’assaut. Malgré les conditions extrêmement complexes dans lesquelles les forces spéciales de l’ANP ont donné cet assaut, le premier bilan fait état d’une centaine d’otages libérés et 19 pertes. On est donc loin du carnage que les médias étrangers avaient annoncé. On peut dire que l’ANP a évité un véritable désastre qui aurait provoqué des dégâts humains et matériels incommensurables. Le commandement de l’ANP savait ce qu’il faisait. Malgré les pressions internationales, il a pris ses responsabilités au bon moment pour éviter une boucherie. Afin de protéger les otages, l’ANP n’est pas tombée dans le jeu de la propagande médiatique menée contre elle lors de l’assaut. Elle s’est contentée de faire son job qui est de sauver le maximum d’otages. C’est ce qui a été fait et brillamment. Les otages libérés ont d’ailleurs tenu à le souligner. Ils n’ont pas hésité à remercier l’Armée algérienne pour «son travail fantastique». «Ils nous ont sauvé la vie», a déclaré la majorité des otages étrangers après leur libération par les forces spéciales de l’ANP. «Je remercie les forces spéciales de l’Armée algérienne pour le travail fantastique qu’elles ont fait pour nous libérer», a salué un ressortissant turc travaillant pour une compagnie française qui opère sur le site gazier d’In Amenas. «Nous avons de la chance d’être encore en vie et c’est grâce à l’Armée algérienne», a-t-il ajouté aux caméras de la Télévision nationale.
«Fantastique», c’est l’adjectif qu’a utilisé un expatrié britannique pour qualifier l’intervention des troupes spéciales algériennes. «Nous sommes soulagés et nous nous sentons en sécurité après l’opération exceptionnelle et fantastique menée par l’Armée algérienne pour nous libérer», a-t-il insisté avec un sourire qui en dit long sur son soulagement.

Les otages remercient l’ANP
Un travailleur philippin a aussi tenu à saluer «l’efficacité» des forces algériennes. Même constat fait par les otages algériens qui ont affirmé que l’opération menée par l’ANP les a aidés à s’enfuir de la base investie par les terroristes. «L’opération militaire nous a permis de nous enfuir. Nous avons la vie sauve et je veux remercier les forces de l’ANP», a soutenu un travailleur algérien exfiltré dès le début de l’attaque des forces spéciales. «La fuite de la base a eu lieu suite à un signal donné par les forces de l’Armée algérienne», a rapporté un autre otage algérien, travaillant pour une compagnie américaine. «Après avoir vérifié nos identités, les éléments de l’ANP nous ont pris en charge. Nous étions préoccupés pour nos collègues qui étaient encore détenus dans la base, mais l’intervention militaire a permis de libérer d’autres otages», a-t-il précisé. Les premiers témoignages des otages ont donc fait tomber les masques qui ont voulu accabler l’ANP. Les otages, qui étaient dans l’action ont salué l’assaut donné. Ce qui a contraint les puissances occidentales à réviser leurs positions. Elles qui, au début, avaient critiqué l’assaut, ont carrément changé de cap. La France, dont le président, François Hollande, avait affirmé que la crise «semblait se dénouer dans des conditions dramatiques», est revenue à de meilleurs sentiments. «Quand on est confronté au terrorisme, quand on le combat ensemble, j’invite à la prudence sur les critiques, parce que ce sont des Algériens qui sont concernés, avec évidemment les Occidentaux, mais ce sont d’abord les Algériens qui ont connu des dizaines de milliers de morts pendant les années noires», a déclaré le ministre français de l’Intérieur, Manuel Vals. Un autre communiqué du Quai d’Orsay est venu soutenir la position algérienne. Même tempo du côté de la Maison-Blanche qui, au début, avait demandé des «éclaircissements» du gouvernement algérien, pour ensuite exprimer le soutien du ministre de la Défense, Leon Panetta, qui a menacé les terroristes, rappelant la «nécessité de lutter fortement» contre le terrorisme.

Après les critiques, le soutien!
Le Premier ministre britannique, David Cameron, a fait de même. Devant les députés, le Premier ministre britannique a déclaré que «les responsables de cette situation dramatique sont les terroristes», appelant à une coalition internationale contre ce fléau qui menace la sécurité mondiale. De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères a condamné fermement cet «acte délibéré de terrorisme perpétré contre les travailleurs en Algérie dont la responsabilité incombe entièrement aux terroristes». Le chef de la diplomatie norvégienne, Espen Barth Eide qui avait demandé des éclaircissements, s’est rattrapé en s’abstenant de critiquer Alger. «C’est facile d’être un expert à longue distance, mais c’est beaucoup plus difficile de gérer ce genre de situation d’urgence», a-t-il dit. Le Japon, qui avait eu la réaction la plus violente en sommant Alger d’arrêter son assaut, s’est vite rétracté en reconnaissant que «l’Algérie a sa propre longue histoire dans la lutte contre le terrorisme et la décision d’employer la force a été prise dans ce contexte». Bien qu’elle n’ait pas de ressortissants parmi les otages, l’Italie a condamné «fermement» l’attaque terroriste, qualifiant cela d’«ignoble acte de terrorisme». Même le Conseil de sécurité de l’ONU a apporté son soutien à l’Algérie en condamnant cette attaque qu’il qualifie de «haineuse». «Le Conseil de sécurité condamne dans les termes les plus fermes l’attaque terroriste contre le site d’In Amenas, en Algérie», est-il écrit dans un communiqué approuvé par les 15 membres de l’instance. Après avoir prouvé sa force sur le terrain, l’Algérie a donc imposé le soutien des forces occidentales. Celles-ci se sont rendues à l’évidence que le choix de l’assaut était inévitable. Seule la presse étrangère continue de déverser son venin contre l’Algérie. Les plateaux des chaînes de télé continuent de faire défiler des pseudos «spécialistes», mais surtout algériens qui sont plus royalistes que le roi… Bref, des spécialistes en tout genre qui nous font amèrement penser au fameux et nauséabond «qui tue qui». La presse étrangère n’a donc pas voulu faire son mea-culpa. Elle continue dans sa propagande anti-Algérie à l’image de la Une d’hier de Libération qui a choqué tous les Algériens. Libération a ouvert avec l’image de l’otage philippin blessé en titrant «Assaut meurtrier: le choix d’Alger. Alors que la réalité du terrain a montré que l’Armée a fait le bon choix. Bravo soldats…*L’Expression-20.01.2013.

**L’assaut qui a permis d’éviter le pire

L’assaut mené par les unités d’élite de l’Armée populaire nationale à Tigantourine a permis de sauver la vie de centaines de personnes. Surarmés, les terroristes étaient décidés à commettre un carnage si les autorités algériennes ne leur avaient pas permis de quitter le territoire avec des otages étrangers. L’opération de nettoyage du site se poursuivait encore hier soir.

Opération salvatrice. En intervenant, dès jeudi, dans le complexe gazier de Tigantourine, les unités d’élite de l’ANP (Groupe d’intervention spéciale, Détachement d’intervention spéciale et Paracommandos) ont permis de sauver d’une mort certaine plusieurs centaines de personnes détenues par un groupe terroriste affilié à Al- Qaïda. Un groupe «très lourdement armé, y compris de missiles, de lance-roquettes et autres armes de guerre», a rapporté une source sécuritaire citée par l’agence APS.

Jusqu’à hier, une centaine de ressortissants étrangers et 573 Algériens ont réussi à être libérés. Le dernier bilan, bien que provisoire, fait état du décès de 12 personnes «des Algériens et étrangers», ainsi que de l’élimination de 18 terroristes. Il est certain que nous sommes très loin du scénario catastrophe annoncé par des personnalités politiques occidentales et relayé durant plus de 48 heures par de nombreux médias étrangers. «Dramatique», «sanglant», «catastrophique», «brutal»… l’action des forces de sécurité algériennes a été vivement critiquée dès le début de son lancement.

Pourtant, tous les commentateurs —spécialisés ou improvisés — se sont basés sur des informations provenant «d’agences de presse» mauritaniennes. Ces sites internet sont en fait les relais médiatiques des groupes terroristes qui activent dans la région du Sahel. Jeudi, en début d’après-midi, soit quelques heures après l’assaut des unités d’élite, un de ces sites met en ligne une dépêche dans laquelle il est fait état d’un bombardement aérien contre le site industriel. Une information qui donne lieu immédiatement à une levée de boucliers contre l’Algérie qui se trouve accusée de tirer à l’arme lourde, sans faire de distinction entre les otages et les terroristes.

Il est cependant important de revenir à la journée de jeudi pour tenter de comprendre ce qui s’est produit. Le groupe terroriste a tenté, durant toute la matinée, de quitter le site à bord de véhicules tout-terrains. Objectif : sortir du territoire algérien avec un maximum d’otages étrangers. Une option rejetée par le gouvernement algérien, mais aussi par l’ensemble des pays ayant des ressortissants sur place. Incapables de sortir, les terroristes auraient menacé de faire sauter le site industriel. C’est à ce moment précis que l’armée décide d’intervenir.

Les fameux «bombardements aériens» dont faisaient état les sites mauritaniens étaient en fait les «tirs de saturation» d’hélicoptères anti-char Mi 24. «Les tirs de saturation ont plusieurs objectifs : ils obligent les terroristes à se terrer et ont un effet psychologique important du fait de la puissance de feu. Ils permettent aussi aux éclaireurs d’avancer et de se positionner à l’intérieur du site», explique un ancien membre des forces spéciales algériennes. L’opération s’est ensuite déroulée dans plusieurs points du complexe : l’unité de traitement de gaz et les bases de vie. Hier soir, les militaires algériens poursuivaient encore les actions de sauvetage et de nettoyage. Elles ne prendront fin que lorsque l’ensemble de Tigantourine sera totalement sécurisé.*19.01.2013.

**Mohamed Amine Lahmar.31 ans-Il a été la première victime sur le site gazier d’In Amenas

Mohamed Amine Lahmar inhumé hier à Mahdia (Tiaret) Lahmar Mohamed Amine, 31 ans, agent de sécurité originaire de Mahdia, à 50 km à l’est du chef-lieu de wilaya de Tiaret, a été la première victime de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas.

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photo: Lahmar Mohamed Amine mort en héro…en martyr, avec honneur

Il travaillait à la base-vie du complexe de Tigantourine, à quelques encablures d’In Amenas, dans la wilaya d’Illizi. Il a été tué d’une balle dans la tête parce qu’il refusait d’ouvrir la porte du site au groupe terroriste armé, mercredi à l’aube.
Dans sa ville natale, notamment chez ses proches et amis du quartier Edderb, c’est la consternation. Devant le domicile mortuaire, une tente est dressée pour accueillir les nombreux visiteurs qui affluent pour présenter leurs condoléances à la famille. La dépouille de la victime est arrivée hier après-midi, par avion affrété par Sonatrach. Hier à Mahdia, beaucoup de gens, dont Saâd le père de la victime, sont partis attendre la dépouille mortelle à l’aéroport Abdelhafidh Boussouf de Aïn Bouchekif, à  20 km de là.

A 14h45, une ambulance escortée de véhicules de gendarmerie, fait son apparition. La dépouille est drapée de l’emblème national. Les proches ne cessent de pleurer. Houari, le frère aîné, nous informe que le défunt travaillait à Sonatrach depuis deux années et qu’auparavant, il exerçait dans le commerce et  faisait divers métiers. La famille Lahmar est composée de huit membres, dont trois filles et trois garçons. Ses amis avouent qu’Amine était gentil ; il aimait jouer au football. Amine était marié. Son frère cadet, Lakhdar, s’est occupé des formalités pour rapatrier le corps à la morgue de l’hôpital d’In Amenas, où le médecin légiste dépêché de Ouargla a délivré le certificat de décès après autopsie. Lahmar Mohamed Amine repose désormais au cimetière distant de quelque 600 mètres du domicile familial. Une foule nombreuse l’a accompagné à sa dernière demeure.

L’un des membres du groupe terroriste qui a perpétré la prise d’otages à Tigantourine, l’émir Derouiche Abdelkader alias Abou El Bara, est natif lui aussi de Tiaret. Il a étudié à Takhmaret, 100 km du chef-lieu de wilaya, mais a déménagé par la suite avec sa famille, il y a 22 ans, à Oran. Abou El Bara a intégré les groupes terroristes lors de la décennie noire que l’Algérie a vécue. *El Watan-20.01.2013.

**Des otages  étrangers libérés saluent le travail « fantastique » des forces spéciales algériennes

Des otages étrangers pris dans l’attaque perpétrée mercredi par un groupe terroriste sur le site gazier d’In Amenas et libérés par les forces spéciales de l’Armée nationale populaire (ANP) ont salué vendredi « le travail fantastique » de l’Armée algérienne qui a permis de sauver leur vie. « Je remercie les forces spéciales de l’Armée algérienne pour le travail fantastique qu’elles ont fait pour nous libérer », a déclaré un ressortissant turc travaillant pour une compagnie française qui opère dans le site gazier d’In Amenas dans la wilaya d’Illizi.  « Nous avons de la chance d’être encore en vie et c’est grâce à l’Armée algérienne », a-t-il dit à des journalistes.  Un expatrié britannique a également qualifié de « fantastique » l’intervention des forces spéciales algérienne qui a permis jusqu’à présent de libérer plus de 600 otages dont une centaine d’étrangers. « Nous sommes soulagés et nous nous sentons en sécurité après l’opération exceptionnelle et fantastique menée par l’Armée algérienne pour nous libérer », a-t-il répété.

Un travailleur philippin qui a été blessé lors de l’assaut des éléments des forces spéciales a, quant à lui, indiqué  que cela s’est passé très vite », saluant, tout de même, « l’efficacité » des forces algériennes. En outre, des otages algériens libérés ont affirmé de leur côté que l’opération menée par l’ANP les a aidé à s’enfuir de la base prise par les terroristes.   « Nous étions regroupés (par les terroristes) dans une salle lorsque l’opération a débuté. Quand les avions avaient commencé à bombarder le site nous nous sommes évadés par une porte arrière de la base dont les terroristes ignoraient l’existence », raconte un des travailleurs algériens libérés. « A notre sortie, nous avons constaté qu’un sniper (du groupe terroriste) positionné sur la terrasse de la clinique a été tué dès le début du bombardement, alors qu’un travailleur algérien a été blessé », a-t-il ajouté. « L’opération militaire nous a permis de nous enfuir. Nous avons la vie saine et je veux remercier les forces de l’ANP », a affirmé un autre travailleur algérien évadé dès le début de l’attaque des forces spéciales. Un troisième otage algérien, disant travailler pour une compagnie américaine, a, quant à lui, précisé que l’évasion de la base a eu lieu « suite à un signal donné par les forces de l’Armée algérienne ».  « Après avoir vérifié nos identités, les éléments de l’ANP nous ont pris en charge. Nous étions préoccupés pour nos collègues qui étaient encore détenus dans la base, mais l’intervention militaire a permis de libérer d’autres otages », a-t-il dit. (APS)

**un petit rappel

A l’intention de M. le Premier ministre japonais, cette liste macabre non exhaustive, juste pour lui rafraîchir la mémoire :
- 5-6 septembre 1972 : Allemagne : 9 otages sur 11 sont tués lors de fusillades déclenchées par la police allemande.
- 6-7 novembre 1985 : Colombie : une centaine de morts dans l’assaut des forces de sécurité.
- 14-20 juin 1995 : Russie : près de 150 otages sont tués.
- 9-24 janvier 1996 : Russie : entre 50 et 100 otages sont morts dans l’assaut d’un bus par les forces russes.
- 23-26 octobre 2002 : Russie : 130 otages sont tués.
- 1-3 septembre 2004 : Russie : mort de 331 personnes.
- 26-29 novembre 2008 : Inde : 166 morts dans une prise d’otages.
Ça, c’est la réalité. Maintenant, si M. Shinzÿ Abe est un grand amateur des films hollywoodiens, on peut rajouter une ligne à son intention :
- Date indéfinie, GRAND STUDIO : tous les otages libérés, tous les méchants tués. L’héroïne embrasse le héros légèrement blessé. Musique en fanfare…*Par Maamar Farah- Le Soir-20.01.2013.
maamarfarah20@yahoo.fr
«Tonton Lekhmissi adore ce dicton qu’il a inventé lui-même : “A quoi bon remettre à demain si l’on peut remettre à plus tard ?”»

**Un cadre algérien d’une compagnie pétrolière européenne raconte:

Il est algérien, cadre à Alger dans une compagnie pétrolière européenne, venu là pour quelques jours de travail. Il dormait dans sa chambre à la base-vie jouxtant le complexe gazier ce mercredi 16 janvier à l’aube, lorsque tout a commencé.

« Le plus dur a été pour moi l’attente des deux premières heures. J’ai été réveillé vers 5h30 du matin par des tirs d’armes automatiques. On entendait partout des cris d’Allah Akbar.  J’ai souffert dans le doute, seul, dans ma chambre sans savoir ce qui se passait exactement. Pour moi il y avait une bataille dehors et les militaires étaient en train de pourchasser les assaillants. En fait non. Les terroristes étaient seuls. Vers 7h 30 l’un d’entre eux a défoncé la porte de ma chambre. Il avait une tenue militaire. Il était lourdement armé. Il avait un accent égyptien. Pour moi il n’y a pas de doute, c’était un Egyptien. Il m’a obligé à le suivre mais dehors nous étions très nombreux. Dans un moment de confusion je me suis enfui entre les bâtiments. Je me suis caché derrière des containers pendant un instant et j’ai joint mon collègue au téléphone. Il était avec un groupe de travailleurs qui avait réussi à fausser compagnie aux ravisseurs. Il m’a aidé au téléphone à m’orienter vers eux. Ils avaient réussi à couper une clôture. J’ai retrouvé ce point de sortie et je l’ai rejoint à une cinquantaine de mètres à l’extérieur.

A cet endroit, nous étions une vingtaine, tous des Algériens, à ne pas être entre les mains des terroristes. Mais pour aller plus loin il fallait avancer à découvert. Les terroristes pouvaient nous repérer et nous tirer dessus. De l’autre côté, il y avait aussi le risque que  les forces de sécurité, qui étaient arrivées, nous prennent pour cible dans cette situation confuse. En fait, il fallait faire silence et rester sur place en attendant d’être recueillis par l’armée. L’un d’entre nous a même réussi à donner notre position à un officier de la gendarmerie au téléphone. Mais l’attente a trop duré. Les femmes se sont mises à pleurer. Des hommes perdaient patience. Quelques-uns, qui étaient en contact au téléphone avec d’autres travailleurs restés à l’intérieur du site, ont commencé à dire que les assaillants n’en voulaient pas aux musulmans et qu’il n’y avait pas de risques à revenir à l’intérieur. Il y en a même qui ont fait circuler l’information que les Algériens étaient libérés par groupes de dix.

La tension était énorme. Le groupe devenait intenable. Au bout d’un moment une grande partie a décidé, sans prévenir, de revenir vers l’intérieur. Nous sommes restés une petite minorité sur place, persuadés que ce n’était pas la bonne solution. J’ai choisi de ne pas bouger de là.  Mais nous aussi, à quatre ou cinq, nous avons eu peur que ceux qui étaient repartis vers l’intérieur donnent notre cachette aux terroristes. On a fini par les rejoindre. C’était une grosse erreur. Aussitôt arrivés devant les barbus, nous avons été parqués dans un grand foyer. Et nous y sommes restés détenus 28 heures ».

Seuls les occidentaux les intéressaient

« J’étais, bien sûr, à mille lieues de penser que je pouvais me retrouver otage dans une telle situation à In Amenas. La sécurité dans la zone où se trouve la base-vie et le périmètre du complexe gazier de Tiguentourine est assurée par l’armée.  C’est une surveillance à distance. Les abords de la base-vie ne sont pas gardés. Je ne sais pas ce qui s’est passé ce mercredi à l’aube. Je pense que les terroristes n’avaient pas pour but de s’emparer de ce site, trop grand, et qu’ils ne connaissaient visiblement pas. Je pense que c’est parce que l’attaque du bus qui allait à l’aéroport a échoué qu’ils se sont rabattus vers Tiguentourine. Ils n’avaient pas réussi à prendre des otages là-bas. Ils n’ont jamais vraiment contrôlé la base. Il y avait des recoins partout et cela les rendaient très nerveux.

Au début, nous pouvions circuler dans l’espace du foyer et même dans une rotonde à côté. Les terroristes ne s’occupaient pas beaucoup de nous. Nous avons gardé nos téléphones et beaucoup étaient en contact avec leurs familles. Nous pouvions même apercevoir, au loin, de l’autre côté d’une esplanade, une partie du groupe d’otages expatriés. Ils étaient au sol avec des couvertures qui les cachaient. Impossible pour nous de savoir qui avait été pris par les terroristes et qui avait échappé. Nous étions très inquiets pour nos collègues étrangers. Certains étaient là pour quelques jours seulement. C’était très pesant de savoir qu’eux risquaient à tout instant de mourir.

Le chef du groupe, un certain Hadj Tahar, a pris la parole deux ou trois fois pour nous dire qui ils étaient et pourquoi ils faisaient cela. Il a parlé de Katibat El Moulathimine, s’en est pris aux croisés et aux juifs et a parlé de leur agression au Mali. Il y avait  plusieurs pick-up visibles à partir du foyer. Sept ou huit. Parmi les terroristes qui venaient de notre côté un ou deux avaient l’accent tunisien, un autre parlait comme les Syriens. Le premier jour, ils se voulaient rassurants avec nous en nous répétant que seuls les kouffar occidentaux les intéressaient ».

« A la levée du jour jeudi, les terroristes étaient en colère. Ils nous ont dit qu’ils avaient appris qu’ils y avaient des infiltrés parmi nous qui ont donné des informations à l’extérieur.  Cela a accentué l’effroi dans le foyer. J’avais au fur et à mesure effacé tous les mails que j’avais envoyés la veille. Mais personne n’était vraiment à l’abri. J’ai même commencé à entendre autour de moi des discours très bienveillants avec les salafistes. La situation s’était tendue. Depuis la fin de l’après-midi de la veille déjà, nous n’avions plus le droit de circuler dans le foyer. Nous étions surveillés pour aller aux toilettes. Et surtout, il était interdit de parler au téléphone. Le contact avec nos familles s’était coupé. La tension était montée de plusieurs crans.

Lorsque nous avons entendu des détonations très fortes de l’autre côté du complexe nous nous sommes mis à casser la porte de derrière du foyer. Nous sommes tous sortis par là et nous avons couru en sens opposé du lieu des tirs. Nous n’étions pas au bout de notre terreur car les militaires nous mettaient en joue de peur que des terroristes se soient infiltrés parmi nous. De ce que j’ai appris dans les minutes suivantes, c’est que cinq pick-up avaient tenté de sortir alors avec les otages à bord. J’ai entendu le bruit des hélicoptères mais je ne sais pas si ce sont eux qui ont tiré. Un gendarme m’a donné son téléphone pour que j’appelle mon épouse et ma mère. »*Mq=aghreb.Émergent-19.01.2013.

**L’Algérie a fait preuve d’une détermination sans faille face à la prise d’otages d’In Amenas

L’assaut a été donné jeudi après-midi à In Amenas, pour mettre fin à une prise d’otages lancée par un groupe terroriste fortement armé contre un site gazier au c’ur du Sahara. Alors que le bilan définitif de l’opération n’était pas encore connu, une certitude s’impose : l’Algérie a fait preuve d’une détermination sans faille. Elle n’a, à aucun moment envisagé de négocier, et a imposé un black-out, faisant fi des critiques externes.
L’Algérie a fait preuve d’une rare fermeté face à la prise d’otages d’In-Amenas, maintenant une ligne de conduite intransigeante jusqu’au dénouement de la crise. Malgré les critiques, les risques encourus en cas de dérapage, et les pressions, voire la méfiance de certains pays occidentaux, qui mettaient en doute les capacités de l’armée algérienne de mener une opération aussi complexe, les dirigeants algériens n’ont pas varié leur attitude d’un pouce. Comme enfermés dans leur bulle, déterminés à en découdre, ils ont mené l’opération selon leur propre démarche, alors que les dirigeants occidentaux multipliaient les déclarations critiques, dans un souci de se préserver auprès de leurs opinions publiques respectives.
L’Algérie a annoncé la couleur dès le début de la prise d’otages, qui a eu lieu mercredi dans un site gazier situé à Teguentourine, près d’In-Amenas, en plein Sahara, à 1.300 kms d’Alger. Le ministre de l’intérieur Daho Ould Kablia, qui a fait ses classes dans les services spéciaux pendant la guerre de libération, il y a plus d’un demi-siècle, a fixé la ligne de conduite officielle : pas de dialogue, pas question d’accepter les revendications des preneurs d’otages, pas question même de les écouter ou de négocier avec eux. Cette démarche ne serait pas abandonnée, quel qu’en soit le prix. Les terroristes n’avaient pas d’alternative : ils devaient se rendre, sans condition.
Jeudi soir, alors que le bilan de l’assaut lancé pour libérer les otages n’était pas encore connu, le ministre de la communication, M. Mohamed Saïd, rappelait, avec la même fermeté, la ligne de conduite du gouvernement algérien. « Face au terrorisme, hier, comme aujourd’hui, comme demain, il n’y aura ni négociation, ni chantage, ni répit », a-t-il déclaré. Les terroristes « ne réussiront pas à atteindre leurs objectifs », et les forces de l’ANP « sont là pour défendre les frontières terrestres du pays, sans aucun répit ». Pour M. Mohamed Saïd, « il serait illusoire de croire que l’Algérie va céder ou négocier» avec les preneurs d’otages.
Le risque était grand, mais il était à la mesure de l’enjeu. Les dirigeants algériens se sentaient en effet défiés par un groupe qui avait pris en otage des centaines d’employés, dont plusieurs dizaines d’étrangers, dans une zone supposée hautement sécurisée. De plus, le groupe de preneurs d’otages était venait visiblement de pays voisins, après avoir parcouru des centaines de kilomètres, alors que l’Algérie venait d’annoncer la fermeture de sa frontière avec le Mali. Enfin, le groupe s’en prenait à une installation de gaz, dans un pays qui ne tient, sur le plan économique, que grâce aux hydrocarbures.
Refus de payer les rançons
Le ton martial des rares dirigeants algériens à s’exprimer a frappé les esprits. Il s’adressait aux preneurs d’otage, mais aussi à l’opinion algérienne et aux partenaires du pays. Il donnait une idée précise de ce qui allait se passer. Car pour les dirigeants algériens, le défi imposait une réponse qui marquerait les esprits. Ils se trouvaient contraints de délivrer un message sans ambigüité : personne ne peut s’en prendre à l’Algérie de la sorte. D’autant plus que l’intervention française au Mali vient à peine de commencer, et que personne ne sait comment le conflit peut évoluer, ni vers quelles éventualités il risque d’entrainer l’Algérie.
De plus, l’Algérie mène, depuis des années, une campagne internationale pour « criminaliser » le paiement des rançons. Elle considère en effet que le paiement de rançons à des groupes terroristes du Sahel a fini pat transformer les enlèvements d’occidentaux en une véritable industrie, qui enrichit des groupes vivant entre le terrorisme islamiste, la contrebande, le trafic de drogue et les enlèvements d’otages. Déjà confrontée à l’enlèvement de six employés consulaires à Gao, au nord du Mali, toujours détenus par le MUJAO (Mouvement pour l’Unité du Jihad en Afrique de l’Ouest), elle se devait de se montrer intransigeante quand elle serait à son tour confrontée à la même menace.
D’autre part, la scène politique algérienne s’est totalement figée depuis le début de la prise d’otages. A l’exception de ceux qui sont impliqués dans la gestion du dossier, les ministres se tiennent prudemment à distance. Les dirigeants de partis offrent leurs services, mais sans insister. Il est visible que tout se décide dans l’ombre, au sein de l’armée et des appareils de sécurité, forces spéciales et GIS, qui agissent, pour une fois, sur un terrain où ils sont légitimes.
Black-out total
Les dirigeants algériens n’ont pas tenté d’entrer sur le terrain de la communication, qu’ils ne maitrisent pas. Bien au contraire. Ils ont appliqué la méthode qu’ils maitrisent le mieux : le black-out. Alors que la prise d’otages d’In-Amenas était l’évènement le plus suivi dans le monde pendant au moins vingt-quatre heures, il n’y a pas eu une seule image. Les télévisions du monde entier, malgré leurs moyens impressionnants, se sont trouvées contraintes à recourir aux mêmes méthodes : passer en boucle d’anciennes images du site d’In-Amenas, tout en organisant des débats avec des spécialistes qui ne savaient de l’opération elle-même. Aucun journaliste n’a pu approcher à moins de 200 kilomètres du site d’In Amenas. Alain Marsaud, député français, ancien juge antiterroriste, a parfaitement résumé cette situation : « on ne sait rien » de ce qui se passe, et les Algériens sont « les rois de la dissimulation », a-t-il reconnu.
Cette frustration a suscité quelques commentaires acerbes, mais les dirigeants algériens n’en ont pas tenu compte. Pour une raison simple : c’est la seule méthode qu’ils connaissent. Ils ne savent pas faire autrement. Ils ne savent pas gérer des images qui risquent d’être déplaisantes ; alors, pas d’image.
Cette attitude tranche avec celles des pays occidentaux, qui ont tenté, de manière plus ou moins discrète, d’influer sur la position algérienne. Le président François Hollande a déploré, la mine abattue, que le dénouement de la prise d’otages ait lieu dans un climat « dramatique », alors que le premier ministre britannique a regretté que les autorités algériennes ne l’aient pas informé au préalable de l’assaut. Quant au Japon, il a, par la voix de son premier ministre, Shinzo Abe, exprimé « sa profonde préoccupation » et demandé au gouvernement algérien de mettre fin à l’assaut final lancé pour libérer les otages.
Ce n’est que jeudi, quand la pression était devenu très forte, que le ministre algérien de la communication a brièvement évoqué cet aspect de la crise, en annonçant que le gouvernement algérien était en « contact permanent » avec les pays dont des ressortissants étaient entre les mains des terroristes, pour les « tenir informés » de l’évolution de la situation. Mais à ce moment-là, l’opération était terminée. Il restait à en gérer les suites. Mais c’est déjà une autre affaire.**maghrebemergent.info.18.01.2013.

**l’Algérie a envoyé un « signal clair » aux terroristes

Le mode opératoire pour lequel l’Algérie a opté  pour mettre fin à la prise d’otages du site gazier de Tiguentourine (In Amenas)  a envoyé un « signal clair » aux terroristes que leur nouvelle tactique « ne réussira  pas », a souligné dimanche la revue américaine Foreign Policy.

L’opération menée par l’Armée algérienne a été « non seulement une réponse  à une crise particulière, mais un signal pour l’avenir », souligne cette prestigieuse  revue dépendant du groupe Washington Post.

« Si cette attaque terroriste a été conçue comme un changement dans le jeu  des terroristes et destinée à annoncer de futures attaques, l’Algérie a envoyé  un signal clair que cette nouvelle tactique ne réussira pas », analyse-t-elle.

A ce propos, elle souligne que face à certaines critiques quant à la gestion  de cette crise, « l’Algérie devrait rétorquer à ses détracteurs que la crise  était le résultat direct de l’ingérence étrangère en Afrique du Nord et au Sahel ».

L’Algérie, rappelle le magazine, avait averti en 2011, que « l’intervention  de l’OTAN en Libye conduirait à l’effondrement de l’Etat libyen et que le flux  d’armes tombées entre les mains des terroristes pourrait déstabiliser le région ».

En outre, poursuit la revue, Alger « a également averti que toute approche  militaire face à l’instabilité dans le nord du Mali présente le risque d’une  escalade du conflit et augmente la probabilité d’attaques terroristes islamistes  en Algérie ». Par conséquent, souligne la même source, la communauté internationale  « est indirectement responsable de ce qui s’est passé (dans le site gazier de  Tiguentourine) et elle est mal placée pour dicter à l’Algérie comment elle aurait  dû agir ».*El Watan avec APS-20.01.2013.

**Les donneurs de leçon et ceux qui cherchent toujours a nuire à l’Algérie

Certains médias conseillaient même de laisser les terroristes repartir tranquillement avec des otages aprés en avoir tuer un certain nombre ! et plier devant un vulgaire contrebandier télécommandé

Des Algériens aussi étaient pris dans le piège des terroristes islamistes.

Les médias français et autres qui ont «couvert» en boucle le sujet depuis jeudi dernier, donnaient des informations infondées provenant toujours de sources à la gloire des terroristes. Les uns par manque de professionnalisme, pour d’autres, le souci affiché de nuire à l’Algérie devient chez eux une forte addiction. Ils ne leur restait qu’un petit peu, pour pleurnicher avec les  »pauves terroristes » sanguinaires surpris par la détermination des forces de sécurité algériennes.. A une exception près, celle du grand journaliste de Bfmtv et de RMC, Jean-Jacques Bourdin, qui a refusé publiquement et courageusement de ne pas se laisser instrumentaliser par les sources anonymes. Les unités spéciales de l’armée algérienne ont fait preuve de la plus grande expertise, reconnue d’ailleurs par les plus grands spécialistes en la matière, comme Christian Prouteau, le fondateur du Gign français. Nonobstant que la règle d’or face à une agression terroriste qui est, comme l’ont rappelé nos ministres de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, et de la Communication, Mohamed Saïd, «face au terrorisme, hier comme aujourd’hui et demain il n’y aura ni négociation (avec les terroristes), ni chantage, ni répit dans la lutte contre le terrorisme». Nous n’en avons, cependant pas la paternité. On pourrait l’attribuer, sans se tromper, à Mme Golda Meir, qui en 1972 et alors qu’elle était Premier ministre d’Israël, avait refusé toute négociation avec les preneurs d’otages des 11 athlètes israéliens aux Jeux olympiques de 1972 à Munich. Un refus qui s’est soldé par la mort de tous les otages. Cette attitude a, néanmoins, remis en cause toutes les procédures antiterroristes appliquées jusqu’alors. Plus grave encore, à In Aménas il n’y avait rien à négocier. Il faut relever, au passage, qu’il n’y a eu à aucun moment de demande de rançon de la part des terroristes. Juste au passage, car la position de l’Algérie, qui est celle de toute la communauté internationale, est résolument contre tout paiement de rançon. Pas même avec l’argent de «donateurs» comme l’avait fait la France sous Sarkozy. Alors que restait-il? Laisser les terroristes repartir tranquillement avec des otages? Existe-t-il un seul Etat au monde pour accepter une telle absurdité? Il s’agit de souveraineté, d’indépendance, d’un Etat face à des voyous. Des contrebandiers envoyés au casse-pipe par des officines bien à l’abri à l’étranger. La seule alternative qui restait aux terroristes était de se rendre pour avoir la vie sauve sachant que la peine capitale n’est plus appliquée chez nous. Le contrat qui lie ces terroristes à la multinationale du crime qui les emploie, ne leur permet aucune voie de salut. Comment a eu lieu l’assaut? Les terroristes ont pu croire un instant que les soldats algériens hésiteraient à tirer. Un groupe des preneurs d’otages a tenté une sortie du site en prenant comme bouclier des otages à bord de véhicules. Ils ont dû replier très vite et retourner à la base vie devant la riposte des forces militaires algériennes. Puis tout s’enchaîna. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la base vie a été débarrassée des terroristes. Reste la zone d’exploitation distante de 4 km où sont encore retranchés une dizaine de terroristes. Aucun bilan définitif de cette agression n’a donc été publié. A ceux qui s’égosillent en déterrant l’affaire du détournement de l’airbus d’Air France à Alger en 1994 pour médire sur nos forces spéciales nous rappellerons deux choses. La première est qu’à l’époque, le terrorisme était à ses débuts dans notre pays, notre expérience contre ce fléau était à ses premiers balbutiements. Aujourd’hui et après deux décennies de dur combat antiterroriste, l’armée algérienne est capable de former bien des armées en butte au phénomène. La deuxième chose est qu’ils feraient bien de se taire pour ne pas raviver des souvenirs qui pourraient bien se retourner contre eux. A ce jour, cette affaire n’a pas livré tous ses secrets. Et il y en a! Pourquoi par exemple le commandant de bord, Bernard Delhemme, est la seule personne que personne n’a jamais vue ni entendue? Pourtant l’hebdomadaire français L’Express rapporte dans son édition du 29 décembre 1994, sous la plume de Hugeux Vincent que «c’est par l’entremise du commandant de bord,, que les terroristes formulent leurs exigences». Pourquoi se cache-t-il? On vous laisse deviner à quelles déductions, ce genre de silence peut mener. Si certains veulent rouvrir ce dossier, ils seront servis. On pourrait même, par la même occasion, reparler de la prise d’otages à Ouvéa en Nouvelle-Calédonie en 1988 et donner le bilan du massacre après l’assaut de la grotte ordonné par Mitterrand.

Une première mondiale
Dans la foulée on pourrait discuter avec ces voix qui en France font état de la vigilance qui aurait manqué à nos forces de sécurité pour justifier l’agression de In Aménas. A ces faux naïfs du risque zéro, nous dirons d’aller poser la question à Greenpeace dont les activistes, malgré la surveillance radar, l’espace aérien interdit au-dessus des installations, malgré une double clôture électrifiée et la vidéosurveillance continue, ont pu facilement pénétrer, en décembre 2011, dans la centrale nucléaire de Cruas dans la Drome en France. Ou celle de Bugey dans l’Ain en mai 2012. On ne dit pas que c’est sale chez le voisin avant de balayer devant sa porte. A vrai dire, peut nous importe tout ce fiel déversé contre l’Algérie et les Algériens. Nous préférons retenir la lucidité et la sagesse du président français, François Hollande, qui a, à plusieurs reprises répété qu’il «faisait une confiance totale» aux dirigeants algériens dans la gestion de cette attaque terroriste qui est une première dans son genre dans le monde. En effet, aucune installation pétrolière n’a été, nulle part ailleurs, ciblée par le terrorisme international avant celle de In Amenas jeudi dernier. En matière de terrorisme nous sommes, malheureusement, toujours les premiers à en subir la sauvagerie. Comme hier, lors de la décennie noire des années 1990, comme aujourd’hui à In Aménas, nos forces spéciales, notre armée et l’ensemble de nos forces de sécurité sont toute notre fierté. Ils ont droit à notre hommage pour leur professionnalisme et le sacrifice qu’il implique forcément pour la défense du pays. Hier, aujourd’hui et demain. Ils ont fait ce qu’ils devaient faire. Nous n’avons pas sacrifié un million et demi de martyrs pour libérer le pays et plier devant un vulgaire contrebandier télécommandé. Qu’on se le dise! *L’Expression-19.01.2013.

** folie médiatique généralisée

Des chaines de Télé et des analystes se sont défoulés 

Chiffres, médias, intox et manip

Dans cette folie médiatique généralisée, une petite agence mauritanienne inconnue a voulu jouer à la CNN du Sahel.

Depuis mercredi dernier, quand un groupe islamiste armé a revendiqué la prise d’otages massive sur le site gazier de In Aménas au sud du pays, des informations invraisemblables sont relayées à satiété par les médias occidentaux. Toutes les chaînes de télévision du monde étaient collées à l’événement et chaque chaîne y allait dans de son propre commentaires, de sa propre supputation. C’est la course aux faux scoops, aux mauvais scoops. Une totale confusion régnait sur le nombre d’otages, leur nationalité, l’identité des terroristes, le nombre de morts et de blessés.
Dans cette folie médiatique généralisée, une petite agence mauritanienne, Alakhbar, inconnue, a voulu jouer à la CNN du Sahel. Elle s’est faite boîte postale des organisations terroristes. Elle reçoit des SMS de ces organisations pour ensuite les essaimer comme des virus qui infectent la Toile entière par de faux scoops. Première salve, Alakhbar publie un communiqué des jihadistes qui ont attaqué le site gazier: «Nous affirmons que les otages sont plus de 40 Croisés, dont sept Américains et deux Britanniques, parmi d’autres nationalités». Les télévisons du monde en raffolent. Deux autres sites d’information mauritaniens balancent «le scoop recherché».
Tour à tour, Agence Nouakchott information et Sahara Medias annoncent sans vérification, sans citer de source, que 150 employés algériens du groupe français CIS Catering (hôtellerie) sont retenus sur le site gazier de BP dans l’est de l’Algérie, après l’attaque d’une «soixantaine» d’assaillants venus de pays voisins. Ces agences ajoutent, au bonheur des télé chasseurs de scoops, que 41 «Occidentaux», «dont sept Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais», ont été pris en otage.
Al Jazeera prend le relais et annonce, elle aussi, que le nombre des otages étrangers tournait «autour de 41». Ainsi, le monde est inondé de fausses informations «enveloppées» dans du conditionnel. On annonce 18 morts, puis 35, puis 55 et chaque télévision porte les chiffres à la hausse. On annonce également des évadés. Parfois on avance que c’est un couple de Britanniques, parfois 15 et parfois 17, c’est selon. Dans les feux nourris de ces informations claironnées au conditionnel, certains médias sont allés jusqu’à annoncer que l’Armée algérienne a bombardé le site gazier de In Aménas (sic).
Comment est-ce possible pour un média de diffuser une ineptie pareille? Est-il possible d’admettre qu’on largue des bombes sur un site gazier? Le fait est que l’armée algérienne a utilisé des hélicoptères du type Mi24 avec lesquels elle a effectué des tirs appelés «de saturation» dans le jargon militaire. Le but de ces tirs à blanc était de couvrir et camoufler l’opération menée au sol. C’est ce que certains médias appellent bombarder! De nombreux et autres analystes sont tombés à bras raccourcis sur l’Algérie à qui ils reprochent toutes sortes de laisser-aller et de relâchement sécuritaire dans un site aussi stratégique qu’est le bassin gazier de In Aménas. Soit, mais a-t-on oublié que même la superpuissance américaine a été frappée en plein coeur par la même organisation? En 2001, Al Qaîda a bien attaqué les tours jumelles à New York et même le Pentagone.
A-t-on oublié l’affaire du terroriste Mohammed Merah qui a ridiculisé tous les services de la Dcre française. Merah soi-disant surveillé par les services secrets français, circulait librement entre Lahore et Peshawar avant de se permettre le luxe d’abattre des soldats français. Il y a à peine sept jours, les forces spéciales françaises ont subi un véritable camouflet en Somalie. Les forces françaises n’ont pas réussi, en effet, à libérer un agent secret pris en otage dans le sud de la Somalie dans la nuit du 12 janvier. Les autorités françaises n’ont pas commenté ces informations.
Il est établi que dans ce genre d’opérations très complexes, on délivre des informations au compte-gouttes. Il ne s’agit pas de disculper le déficit médiatique des autorités algériennes, loin s’en faut. Mais il faut reconnaître que la mission est périlleuse. Les analystes ont reconnu la complexité de la tâche. Il y avait plus de dix nationalités à sauver. Les ressortissants pris en otages sont de Norvège, de France, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de la Roumanie, de la Colombie, de la Thaïlande, des Philippines, d’Irlande, du Japon et d’Allemagne.
Etat souverain, l’Algérie a pris les meures qu’elle a jugé nécessaires pour sauver les otages des griffes des terroristes. Les affaires de souveraineté nationale chatouillent au plus haut point les Algériens. Il faut rappeler, dans ce cas, l’affaire de l’Airbus d’Air France qui a été pris en otage en 1995. L’Algérie a préféré le laisser voler vers la France, à Marseille, pour que des Gign français puissent intervenir en France et non sur le sol algérien.L’Expression-19.01.2013.

**la prise d’otages d’In Amenas a fait tomber bien des masques. Ceux, notamment de certaines capitales arabes à l’exception de la Tunisie et de l’Egypte – qui se sont confinées dans leur attitude passive habituelle. Côté médiatique, les chaînes du Golfe, à l’image d’Al Jazeera et d’Al Arabiya, avaient cru trouver un nouveau foyer de tensions pour justifier les salaires mirobolants de leurs journalistes. D’ailleurs, la chaîne qatarie qui, il y a quelques années, servait de boîte aux lettres aux groupes terroristes algériens, a dès l’annonce de l’assaut des forces de l’ANP, commencé à faire monter en épingle une marche organisée vendredi dernier par le n° 2 de l’ex-FIS, allant jusqu’à annoncer des «marches en Algérie contre l’intervention militaire au Mali». Ce sont là autant d’indices qui montrent que l’Algérie n’est pas seulement confrontée au danger terroriste, mais surtout à la campagne d’intox menée par les mentors politiques et médiatiques de cette nébuleuse.**

**Des réactions chauvines

Dans leurs commentaires et analyses, les médias occidentaux ne s’étaient préoccupés que du sort de leurs ressortissants, oubliant les 600 Algériens qui faisaient partie des otages eux aussi .

Les télévisions étrangères se sont donné à coeur joie dans cette affaire de prise d'otages

Le moins que l’on puisse dire est que les médias occidentaux dans leurs analyses et commentaires de jeudi et vendredi, après le raid des forces spéciales algériennes pour libérer les travailleurs qui étaient retenus en otage par un important groupe terroriste qui s’était emparé du site gazier de Tiguertourine, ont fait preuve d’un parti pris et d’un chauvinisme qui ont irrité les téléspectateurs, les Algériens plus particulièrement. Alors que le nombre des travailleurs algériens qui étaient retenus en otage, était nettement supérieur, les journalistes et autres spécialistes en politique, invités à donner leur appréciation suite à l’intervention des forces spéciales de l’armée algérienne, ne s’étaient préoccupés que du sort des otages occidentaux et ne se sont, à aucun moment, soucié des Algériens.
Selon eux, les travailleurs algériens auraient bénéficié d’un régime de faveur: ils étaient libres de leurs mouvements et pouvaient circuler à leur guise à l’intérieur de la base contrairement aux captifs des autres pays qui étaient, eux, ligotés et étroitement surveillés. Oubliant que les premiers à être visés par cette attaque terroriste, c’étaient les Algériens et que sans le courage admirable dont ils avaient fait preuve, beaucoup de leurs camarades étrangers qui étaient recherchés par les ravisseurs, n’auraient pas eu la vie sauve, ces médias sont allés jusqu’à douter de l’armée algérienne et de ses capacités à gérer pareille situation.
Refusant d’admettre que c’était l’Algérie qui était attaquée et que l’opération terroriste visait un site hautement stratégique et que, par conséquent, il était hors de question de céder au chantage des terroristes ou de négocier avec eux, en les laissant partir avec des otages quelle que soit leur nationalité, les analystes ont fait preuve de beaucoup de légèreté et n’ont à aucun moment cherché à éclairer l’opinion, en lui distillant des informations à la fois rassurantes et objectives.
Alors que des centaines d’otages parmi lesquels de nombreux étrangers avaient pu être libérés grâce précisément à l’intervention des forces spéciales de l’armée algérienne, les présents sur les plateaux de télévision continuaient de faire la moue, faisant une fixation sur les 35 otages qui auraient été tués lors de l’opération. Sur le plan diplomatique, l’intervention de l’armée algérienne pour libérer les otages est saluée partout et considérée comme un acte légitime, hormis certains pays qui critiquent cette intervention et auraient souhaité en être informés. L’Algérie est un Etat souverain et n’a pas à solliciter, par conséquent, l’autorisation de quelque puissance que ce soit, surtout lorsqu’il s’agit de terrorisme et que ce sont ses usines et leurs travailleurs qui sont pris en otages. Ceux qui pensent que l’Algérie a agi dans la précipitation et qu’elle aurait mieux fait de négocier, se trompent et ignorent tout du terrorisme et de ses motivations. D’ailleurs, rien ne sert de discourir tant que l’opération n’est pas totalement terminée et qu’un bilan définitif n’est pas établi.L’Expression-19.01.2013.

**La mauvaise communication: le maillon faible des autorités algériennes

«Les dirigeants français ont «une lourde responsabilité» dans l’armement des islamistes au Sahel.» a déclaré Marine Le Pen, invitée de France Info.

Il est 15h30 samedi 19.01.2013, l’assaut des forces spéciales est enfin terminé. Ce qu’on retiendra de cette opération, c’est l’urgence d’avoir des télévisions privées en Algérie ou des communicants hors pair. La communication a été l’un des maillons faibles dans cette affaire, contrairement à l’armée et à ses forces spéciales. L’absence de porte-parole du gouvernement, d’un ministre de la Communication efficace face aux critiques des télévisions étrangères a grandement noirci l’image de l’Algérie. Face à la campagne de dénigrement des médias français, trop occupés à critiquer la gestion algérienne de la crise, les autorités n’ont su communiquer comme d’habitude. La communication de crise est l’une des gestions les plus sensibles de nos jours. Pour envoyer un ministre ou responsable au charbon, il faut qu’il soit capable de donner les réponses adéquates au degré qu’il faut. Quatre jours après le début de l’assaut, aucun ministre n’a tenu le perchoir pour répondre aux critiques des experts occidentaux sur la méthode algérienne. Aucune émission n’a été programmée à la télévision pour justement donner la parole à des experts ou des analystes algériens et répondre aux analyses fantaisistes des experts occidentaux et plus particulièrement français. Il a fallu attendre que Marine Le Pen, la patronne du FN, et symbole de l’extrême droite française intervienne pour défendre la position algérienne. Un «comble médiatique» qui a été très vite récupéré par les facebookers qui n’ont pas hésité à saluer le courage de la femme la plus à droite de France.* source:L’Expresion et* (20.01.2013.)

**La leçon de la presse algérienne…A sa collection des ratages médiatiques, le gouvernement algérien vient de rajouter un autre type d’échec: mauvais élève, zéro point en communication!

Le fait mérite d’être souligné. Face à la déferlante médiatique internationale, la digue a été érigée par la «presse privée algérienne». Au sol c’était la bataille contre les terroristes d’Al Qaîda.
Les forces de l’ANP l’ont bien prise en charge. Au ciel, la guerre médiatique faisait rage. En pareilles circonstances, nul besoin de mot d’ordre, de concertation ou d’orientation venant d’une quelconque officine. C’est avec des éditoriaux, des analyses, des contributions et des articles trempés dans l’encre du patriotisme que la presse privée algérienne a réagi.
Un patriotisme quasi unanime dans des moments aussi cruciaux. C’est parce qu’on ne peut pas trouver des circonstances atténuantes aux terroristes ni à leur soutien. L’audace et le courage des militaires algériens ont été soulignés avec fierté par tous les titres même si les défaillances sécuritaires ont été relevées. «(…) à ce qu’on sache, l’Algérie n’est pas une République bananière, à laquelle on peut intimer des ordres ou demander des comptes sur son action pour se protéger et protéger ses nationaux», note le quotidien L’Expression dans son éditorial rappelant que «la question du terrorisme islamiste se pose depuis deux décennies quand des chefs terroristes on pu bénéficier du laxisme de ces mêmes capitales occidentales qui, aujourd’hui, font mine de s’offusquer de l’action de l’Algérie contre les preneurs d’otages.» Et au même journal de trancher: «L’Algérie ne négocie pas avec les terroristes, principe réitéré à maintes reprises par les autorités du pays.» Le confrère El Watan souligne que «contre un ennemi déterminé et fanatique, il fallait de la fermeté et du courage». L’assaut donné, samedi 19 janvier, contre le site de l’usine «doit être perçu comme une réponse ferme et sans appel de l’Etat algérien à tous les groupes terroristes qui sévissent dans la région du Sahel, qui seraient tentés de rééditer ce genre d’opération sur le sol algérien», avertit le même journal. «A In Amenas, l’Algérie vient de faire l’éclatante démonstration de son courage face au terrorisme» écrit le quotidien Liberté avant de signifier une halte aux jérémiades de certains dirigeants étrangers sur la gestion de la crise par Alger. Le journal les qualifie de «cris d’effroi de certaines vierges effarouchées et de commentaire à la carte des professionnels de l’indignation». En revanche, la concession que refuse de faire cette même presse privée aux autorités algériennes concerne son mutisme face à ce drame. Mauvais élève! Zéro point en communication. A sa collection des ratages médiatiques, le gouvernement algérien vient de rajouter un autre type d’échec. Encore une fois, l’Algérie a lamentablement perdu la bataille médiatique. L’attitude jubilatoire qu’affichent les autorités algériennes face au retentissant exploit réalisé par les forces spéciales lors de l’assaut donné sur le site gazier d’In Amenas, ne peut cacher cette réalité cruciale d’une sécheresse de communication inexpliquée. Quatre jours après l’occupation du site par les terroristes, 48 heures après l’assaut final, aucun point de presse n’a été organisé par les responsables algériens. Ni le ministre de l’Intérieur, ni le ministre de la Communication, ni le ministre des Affaires étrangères n’ont daigné s’exprimer pour rassurer les familles algériennes et étrangères des travailleurs sur le site d’In Amenas. Et ce n’est pas la pitoyable prestation de Mohamed Saïd, confiné dans un rôle de ministre de la presse publique, qui pourra contrecarrer les assauts médiatiques étrangers. Le comportement de la presse privée vient de rappeler que si nos gouvernants ont le monopole du pouvoir, le monopole sur la rente pétrolière, ils n’ont pas le monopole du patriotisme. Mais ce patriotisme peut-il faire vivre cette presse sans tutelle, statut et sans protection?L’Expresion * (21.01.2013.)

**Ennahar TV gagne la bataille médiatique contre Al Jazeera

«L’Algérie suit depuis longtemps une stratégie qui consiste à ne laisser aucune chance au terrorisme», stratégie qui «a finalement marché» même si elle «surprend en Occident». L’objectif politique» des forces algériennes «est avant tout de neutraliser les terroristes, quand chez nous, la mission prioritaire, c’est de sauver la vie des otages.» Frédéric Gallois, ex-patron du GIGN

Dans cette opération de libération des otages d’In Amenas, on retiendra deux faits importants. D’un côté, la démonstration de force de l’Armée algérienne face à la menace terroriste, et d’un autre coté, l’émergence sur le plan international d’une télévision algérienne privée, Ennahar TV. Face à l’absence d’image sur l’Entv et l’interdiction de filmer des équipes de télévisions françaises envoyées sur Alger, c’est elle qui a alimenté durant plusieurs jours les télévisions d’info en continu françaises: I télé, BFM tv et LCI, en images du site algérien. C’est à travers elles que les télévisions privées françaises ont récupéré des images d’entraînement des forces spéciales algériennes.
Pour la première fois depuis l’histoire de la médiatisation du terrorisme en Algérie, le logo d’une télévision algérienne apparaît sur les télévisions françaises. Certaines comme BFM tv, reprennent aussi des informations sur la télévision d’Anis Rahmani. Pour la première fois depuis longtemps les télévisions françaises n’ont pas fait leurs courses d’info chez Al jazeera. Et pourtant la télévision Qatarie n’a pas hésité à faire dans la désinformation en affirmant dés le départ que 35 otages étrangers sont morts. Les chiffres de l’APS, et surtout les images des otages libérés, a démenti le chiffre avancé par la télévision qatarie qui servait plus les intérêts des terroristes que l’information au bénéfice des familles des otages étrangers. Depuis le début de cette affaire, Al Jazeera a voulu offrir un tableau noir de l’intervention algérienne à In Amenas. C’est notamment cette télévision au service du terrorisme qui a présenté les enregistrements sonores des otages étrangers qui se sont relayés sur Al Jazeera pour réclamer le retrait des militaires algériens qui encerclaient le site gazier où ils étaient détenus. Les trois hommes, qui se sont exprimés au téléphone offert par un des ravisseurs, ont tour à tour insisté pour que les militaires cessent les tirs contre leur lieu de détention pour préserver leur vie et favoriser la négociation. Comment, une télévision qui se dit au service de l’information et de la déontologie, sert de tribune aux revendications des terroristes. Elle a fait passer un message sonore des terroristes pour tenter de faire reculer les forces spéciales et sortir indemne de cette situation, et surtout faire pression sur l’opinion internationale. Mais c’était sans compter sur Ennahar TV, qui, à travers ses relations et ses connaissances, était plus crédible que la télévision Qatarie qui faisait plus dans la propagande que dans l’information. Ennahar tv n’a pas cessé d’alimenter en images, en témoignages et surtout en enregistrements sonores entre les forces spéciales et le chef des terroristes, démontrant la faiblesse de la propagande islamiste.L’Expresion  (21.01.2013.)

****Jeudi a été marqué par un suspense dramatique sur le site gazier de In Aménas où des terroristes islamistes avaient pris en otages, mercredi à l’aube, des centaines de travailleurs algériens et étrangers de plusieurs nationalités. Les informations étaient contradict oires et tombaient au compte-gouttes. En fait, ce sont les réactions outrées des pays ayant des ressortissants à In Aménas qui retiennent l’attention singulièrement par la manière peu diplomatique par laquelle certaines capitales avaient tancé Alger. Ainsi, Tokyo sommait l’Algérie de «cesser immédiatement son opération militaire». Le Premier ministre britannique, qui serait entré dans «une noire colère», a regretté de «n’avoir pas été prévenu de l’opération militaire» algérienne. Pour sa part, la Maison-Blanche voulait obtenir des «éclaircissements» de la part des autorités algériennes. On comprend l’inquiétude de ces capitales pour la sécurité de leurs ressortissants, nous étions également inquiets pour nos compatriotes pris aussi dans le piège des terroristes islamistes. Toute chose égale, par ailleurs, il y avait néanmoins des manières avec lesquelles ces partenaires étrangers pouvaient, légitimement, s’informer sur le développement de la situation sur le terrain. Mais, à ce qu’on sache, l’Algérie n’est pas une République bananière, à laquelle on peut intimer des ordres ou demander des com-ptes sur son action pour se protéger et protéger ses nationaux.
La question du terrorisme islamiste se pose depuis deux décennies quand des chefs terroristes on pu bénéficier du laxisme de ces mêmes capitales occidentales qui, aujourd’hui, font mine de s’offusquer de l’action de l’Algérie contre les preneurs d’otages. L’Algérie ne négocie pas avec les terroristes, principe réitéré à maintes reprises par les autorités du pays. Il fallut, en fait, la tragédie américaine de septembre 2001, pour que ladite «communauté internationale» évalue à sa juste dimension la nocivité de groupes criminels qui, se voilant de l’étendard de l’Islam, terrorisaient ou voulaient terroriser le monde. Après ça, plus personne ne pouvait minimiser les nuisances du terrorisme qui s’est répandu aux quatre coins de la planète. Mais cela aurait-il pu se faire si, quelque part, il n’y avait pas eu indulgence, sinon volonté, de faire monter l’enchère terroriste pour des besoins ou des objectifs que seuls ceux qui – durant de longues années – ont hébergé des terroristes – notamment algériens – connaissent. Faut-il rappeler que des chefs terroristes algériens ont toujours pignon sur rue, trouvant gîte et couvert à Washington, Londres, Berlin ou Paris? Aussi, compte tenu de l’invasion en 2003 de l’Irak par le coalition anglo-américaine, l’intervention de l’Otan, sous l’égide américaine, depuis 2001, en Afghanistan et dans divers lieux «chauds» à travers le monde, ces pays peuvent-ils affirmer qu’ils n’étaient pas avertis et préparés à toutes les éventualités y compris à des prises d’otages massives, comme celle qui eut lieu mercredi dernier à
In Aménas? Le terrorisme, cela fait des années que des pays comme l’Algérie – qui a pris sur elle de livrer une guerre sans merci, et avec ses seuls moyens, contre la terreur verte – ont vainement tenté d’en faire comprendre la dangerosité à une «communauté internationale» qui s’en tenait à sa seule lecture d’un phénomène qui, au fil des ans, prit une périlleuse ampleur dans l’ombre de la permissivité de ces mêmes pays qui nous assènent aujourd’hui des leçons. Durant des années, les Algériens prêchèrent dans le désert, car les décideurs du monde n’étaient ni prêts ni préparés à prendre au sérieux ces appels à la solidarité internationale.
De fait, Londres, par exemple, où la nébuleuse islamique internationale trouva refuge, a toujours fait la sourde oreille aux demandes d’extradition (de terroristes) faites par l’Algérie et d’autres pays victimes du terrorisme, car les Britanniques estimaient être à l’abri d’un tel fléau, jusqu’au jour où ils subirent, à leur tour, (en 2007) les assauts des hordes barbares. Oui, dans les années de braise, l’Algérie s’est battue seule contre le terrorisme, l’Occident ayant même refusé de vendre à Alger des armes appropriées qui lui auraient permis d’écourter le calvaire que vivait la population sous les menaces des égorgeurs jihadistes. Si lutter, aujourd’hui, par tous les moyens disponibles, contre le terrorisme est un devoir universel, il n’en demeure pas moins que la responsabilité de l’Occident dans son financement, son armement, dans la formation de ses tout premiers éléments subversifs, et en corollaire, son expansion, est fortement engagée. Le chaos, mode d’emploi!? C’est à cela qu’a abouti la compréhension coupable dont firent montre des nations qui n’hésitèrent pas à héberger des hommes recherchés pour terrorisme par leur pays d’origine. Faut-il, encore une fois, relever qu’Al Qaîda et ses «filiales» de par le monde, c’est d’abord une création des puissances occidentales – qui poussent aujourd’hui des cris d’orfraie – qui voulaient maintenir un abcès de fixation qui entretienne des «guerres de basse intensité» propice à leurs intérêts et à leur stratégie de contrôle des richesses du monde.
L’occupation du nord du Mali par des jihadistes islamistes, l’attaque contre In Aménas – où près de 800 travailleurs algériens étaient pris en otages – ne sont que la résultante et l’une des retombées de la politique hasardeuse des grandes puissances. In Aménas aurait pu être évitée si ceux-là qui sont choqués par la fermeté d’Alger face aux terroristes ne leur avaient pas donné les moyens et le temps pour asseoir leurs forces et amplifier leurs nuisances. Cqfd! *L’Expression-19.01.2013.

Attaque terroriste à In Aménas-Algérie :

Fin de l’opération militaire d’In Amenas

L’assaut mené jeudi par les forces spéciales de l’Armée nationale populaire (ANP) pour libérer les travailleurs algériens et étrangers, retenues en otage depuis mercredi au site gazier de Tiguentourine (40 km d’In Amenas), dans la wilaya d’Illizi, a pris fin jeudi soir, a appris l’APS auprès des services de la wilaya.

Le site gazier d'In Amenas, en Algérie. (KJETIL ALSVIK / STATOIL / AFP)

photo:Le site gazier d’In Amenas, en Algérie

Aucun bilan sur cette opération n’a été donné pour le moment. L’assaut mené par les forces spéciales de l’ANP, dans une action terrestre, a permis de libérer près de 600 travailleurs algériens et quatre ressortissants étrangers (2 Ecossais, un Kenyan et un Français), selon des sources locales.

Dans la matinée, 30 travailleurs algériens étaient parvenus à s’échapper, et ont été récupérés par des hélicoptères de l’ANP qui survolaient le site gazier, selon les mêmes sources. D’autres sources sur place évoquent la libération de “la moitié” des otages étrangers sans donner de précision.

Le ministre de la Communication, M. Mohamed Saïd, a indiqué jeudi soir à la télévision nationale qu’un nombre “important” de terroristes a été neutralisé par les forces terrestres de l’ANP au cours de l’assaut. Il a rappelé que toutes les dispositions ont été prises dans le souci de préserver les vies humaines et d’aboutir à un dénouement heureux mais, a-t-il dit, “le jusqu’au-boutisme des terroristes” a conduit à cette opération militaire.

“Ni négociation (avec les terroristes), ni chantage, ni répit” dans la lutte antiterroriste. M. Mohamed Saïd a affirmé, dans ce contexte, qu’il n’y aura aucun répit dans la lutte contre le terrorisme. “Nous disons que face au terrorisme, hier comme aujourd’hui et demain il n’y aura ni négociation (avec les terroristes), ni chantage, ni répit dans la lutte contre le terrorisme”, a-t-il déclaré, rappelant qu’il “s’agit d’une position algérienne connue depuis longtemps”.

Le ministre a qualifié l’attentat terroriste contre le site gazier de Tiguentourine, suivi par une prise d’otages de travailleurs algériens et étrangers, de “nouvelle épreuve qui frappe le peuple algérien”. “Mais, cette épreuve est, cette fois-ci, de nature nouvelle. C’est une agression d’une multinationale terroriste contre le peuple et l’Etat algériens”, a-t-il fait remarquer.

Il a précisé que les objectifs de cet attentat “étaient clairs”, à savoir déstabiliser l’Algérie et l’impliquer directement dans la guerre qui se déroule actuellement au Mali. “Ils ne réussiront pas à atteindre leurs objectifs”, a affirmé le ministre, assurant que les forces de l’ANP “sont là pour défendre les frontières terrestres du pays sans aucun répit”.*El Watan avec APS-17.01.2013.

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Le site gazier d'In Amenas, dans le centre-est de l'Algérie, près de la frontière libyenne, est exploité par le groupe britannique BP, le norvégien Statoil et l'algérien Sonatrach.

**Une trentaine d’autres corps découverts sur le site gazier d’In Amenas

Une trentaine d’autres corps d’otages étrangers, algériens et de soldats de l’ANP ont été découverts par les forces spéciales de l’armée algérienne sur le complexe gazier de In Amenas qui a été attaqué mercredi dernier tôt dans la matinée par une trentaine de terroristes, selon des sources sécuritaires qui se sont confiées à el watan.

Ce qui confirme les propos du ministre de la Communication, Mohamed Saïd, qui a déclaré ce dimanche sur les ondes de la chaîne III, (radio nationale) que le bilan des victimes de cette attaque contre le complexe gazier risquait d’être revu à la hausse, après un premier bilan provisoire officiel de 23 morts et 32 assaillants tués.

« Je crains fort hélas que ce bilan soit, malheureusement, revu à la  hausse », a regretté ce dimanche le ministre de la Communication, Mohamed Said qui a précisé que « le bilan définitif sera connu dans les heures qui viennent », a notamment indiqué le ministre.

Une opération de déménage des installations de production de l’usine de gaz de Tiguentourine a été lancée depuis samedi après la neutralisation par des forces spéciales de l’ANP des terroristes.*El Watan-20.01.2013.

Le site gazier à Tigantourine où à eu lieu l'attaque mercredi (BP PETROLEUM COMPANY/AFP)

***L’avis d’un expert, selon le Nouvel-Obs.

Frédéric Gallois, 45 ans, a été membre du GIGN de 1994 à 2009, et l’a commandé pendant 5 ans. Il gère aujourd’hui la société Gallice Sécurité, spécialisée en formation d’unités spéciales à l’étranger et en sécurité des sociétés françaises en zones à risques. « Le Nouvel Observateur » l’a questionné.

Quand la vie des otages est immédiatement menacée, l’assaut est lancé, on n’a pas le choix.

l’option d’une très grande fermeté des Algériens vis-à-vis du terrorisme. C’est une vraie stratégie.

Les unités du Groupement d’Intervention Spécial algérien sont d’un très bon niveau sur un plan de l’anti-terrorisme militaire : contre-guérilla, chasse au terrorisme dans des zones complexes et hostiles,… Ce sont des unités très aguerries, de vrais professionnels dans les forces de sécurité, déterminés, qu’il ne faut pas sous-estimer.

*Selon un journaliste contacté à Alger, et même si rien n’est sûr, l’assaut pourrait avoir été lancé après une tentative de sortie du site des preneurs d’otages avec des otages.

- Cela n’est pas impossible. L’assaut peut être lancé selon deux configurations. Un plan d’urgence peut être déclenché à tout instant s’il y a un changement dans la situation, qui peut être de deux ordres : la vie des otages est immédiatement menacée, on n’a pas le choix. Ou en cas de changement dans la configuration, comme une tentative de sortie en force. Si cela s’est passé ainsi, on pourrait alors comprendre qu’ils aient agi de manière un peu désordonnée. Un peu comme à Beslan (332 personnes, dont 186 enfants avaient été tués lors d’une prise d’otages dans l’école russe de Beslan, en Ossétie du Nord, en septembre 2004). L’assaut avait été déclenché car il y a eu un désordre, à un moment donné, sur la scène de crime. Les forces d’assaut n’étaient pas prêtes, mais elles ont été aspirées dans l’intervention lors d’un déclenchement incontrôlé.

Quelle a été votre première réaction quand vous avez eu connaissance de la prise d’otages ?

J’ai été d’un côté surpris, d’un autre non. J’ai d’abord été un peu surpris par la posture immédiate des autorités algériennes. En tant qu’expert de la gestion de situations de prises d’otages, lorsque les autorités s’interdisent d’emblée toute négociation, cela signifie qu’on prend une option très forte de partir uniquement sur la gestion en force de l’événement. Mais j’ai été moins surpris connaissant la sensibilité et le prisme algérien face à la lutte contre le terrorisme. On sait qu’ils ont, depuis des années, pris l’option d’une très grande fermeté vis-à-vis du terrorisme. C’est une vraie stratégie. L’idée est, en somme, d’intimider ceux qui veulent terroriser. Avec toutes les précautions nécessaires, la suite des événements aujourd’hui est finalement assez logique : une volonté d’agir très rapidement, en force, et quel que soit le prix à payer en terme de dégâts collatéraux.

Que savez-vous du Groupement d’Intervention Spécial (GIS), « pendant » algérien du GIGN ?

- Nous collaborons très peu, mais nous savons à peu près comment ils fonctionnent. Ce sont des unités d’un très bon niveau sur un plan de l’anti-terrorisme militaire : contre-guérilla, chasse au terrorisme dans des zones complexes et hostiles,… Ce sont des unités très aguerries, de vrais professionnels dans les forces de sécurité, déterminés, qu’il ne faut pas sous-estimer. Mais, encore une fois, dans une optique extrêmement offensive qui ne correspond pas à l’état d’esprit européen de la manière de gérer des crises -même si on n’a pas été confrontés à la même situation. Leurs options, tactiques et stratégiques, sont essentiellement liées à une volonté de force. Il faut neutraliser les preneurs d’otages et envoyer un signal très fort. Si tous les otages sont tués lors de l’opération, ce n’est à la rigueur pas une préoccupation majeure, c’est le risque de la guerre. Ils sont en guerre.

Qu’est-ce qui caractérise une prise d’otages massive comme celle-ci ?

- On passe un seuil de complexité. On sort des prises d’otages qu’on gère en général avec trois ou quatre preneurs d’otages au maximum, et au maximum quelques dizaines d’otages. Avec un paramètre nouveau depuis le 11 septembre : la dimension suicidaire des preneurs d’otages, typique du terrorisme islamiste. La configuration est automatiquement très particulière, vous allez avoir très peu de marges d’action tactiques. Les preneurs d’otages savent qu’un assaut peut être donné à tout moment. Ils se seront mis dans une telle posture que, s’il se passe quelque chose, ils seront piégés, vont tuer tout le monde et se tuer. Cette complexité a d’ailleurs justifié la réorganisation du GIGN en 2007. Quand on pense au théâtre de Moscou (un commando tchétchène avait pris 800 personnes en otages, du 23 au 26 octobre 2002 ndlr), une intervention sur laquelle j’ai beaucoup travaillé avec les collègues russes, on est dans une configuration où il y a très peu de choix tactiques et où personne n’a de baguette magique pour sauver les otages.

Qu’entendez-vous par là ?

- On peut penser que c’est terrible, qu’il y a eu 140 morts dans le théâtre, mais il y avait plus de 750 otages. Il n’y avait pas de solution, vingt-deux femmes martyres étaient prêtes à faire exploser leurs ceintures d’explosifs à tout moment. Mais l’utilisation d’un moyen technique extrêmement novateur, les gaz anesthésiants, a finalement permis de sauver 600 personnes. Les Russes se sont mis en posture de gestion de crise, qui a duré plusieurs jours. La négociation a été longue, des otages ont été libérés, les revendications ont été multiples, on était vraiment dans la gestion d’une prise d’otage. Ce qui ne semble pas le cas en Algérie, où on est dans une gestion militaire de la crise.

Quelles difficultés particulières présente le site gazier d’In Amenas ?

- On est dans une zone assez plate et désertique, avec un site industriel laissant peu de place à l’approche. Les preneurs d’otages ont, si j’ai bien compris, un avantage tactique : une capacité d’observation assez importante. Ils peuvent notamment observer les mouvements de force, ce qui est nécessairement avantageux. Or, les assaillants, ceux qui veulent intervenir, doivent pouvoir approcher sans se faire voir. A Moscou les preneurs d’otages se trouvaient dans un environnement urbain : souterrains, étages,… Là c’est plus facile. Par ailleurs, le site est gazier, il faut donc aussi ajouter la problématique du milieu qui peut éventuellement gêner. Mais pour avoir travaillé sur des méthaniers, des navires extrêmement sensibles, il faut prendre en compte le danger du milieu. Est-ce que sur certaines zones l’emploi des armes peut avoir des conséquences dramatiques ? Il y a une analyse tactique à faire. Cela dépend du lieu où se trouvent les otages et les preneurs d’otages. *le Nouvel-Obs-17.01.2013.

**Pourquoi la guerre au Mali entraîne une prise d’otages en Algérie

Aujourd’hui, on assiste à un phénomène en mutation

les djihadistes ont perdu de leur poids dans la population

Mathieu Guidère, spécialiste des mouvements islamistes, professeur à l’Université Toulouse 2, auteur du livre « Les Nouveaux Terroristes », explique au « Nouvel Observateur » pourquoi c’est toute la zone sub-saharienne qui est concernée au travers de la prise d’otages d’In Amenas.

On sait aujourd’hui en recoupant les informations des autorités algériennes, des ravisseurs eux-mêmes et des otages – certains ont pu être joints au téléphone – et en recoupant les informations des médias arabes, que l’action a été menée par un groupe dissident d’Aqmi qui porte le nom de « Signataires du sang ». Groupe dirigé par un vétéran  du terrorisme Mokhtar BelMokhtar.Les brigades dont nous parlons et en particulier celle-ci sont composées essentiellement d’arabes de la région : il y a des Algériens, des Tunisiens, des Mauritaniens, des Libyens, des Maliens…En réalité, aujourd’hui, on assiste à un phénomène en mutation car avec le printemps arabe en Tunisie, en Libye, en Egypte et au Maroc, des gouvernements islamistes sont arrivés au pouvoir. Et lorsque le champ politique a été constitué autour des islamistes, les djihadistes de ces pays là ont perdu de leur poids dans la population. La plupart d’entre eux s’est donc déplacée dans le sud puisque leur opposition au gouvernement n’avait plus lieu d’être, étant lui-même islamiste. Il y a une dynamique djihadiste dans toute la zone subsaharienne, et en particulier au Sahel, qui reflète cette mutation du djihadisme. Il y a un déplacement de son centre de gravité des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient vers le Sahel. Depuis le conflit libyen et l’occupation du Nord du Mali par les islamistes, des trafiquants libyens, maliens, nigériens, tchadiens, burkinabés se sont mis sur ce marché. On sait qu’il y a un certain nombre d’armes qui circulent. En particulier depuis l’annonce d’une possible intervention militaire au Mali : l’ensemble de ces groupes a commencé alors à se préparer à cette intervention. La semaine dernière, une réunion sécuritaire a eu lieu entre les ministres de l’Intérieur algérien, libyen et tunisien. Ces pays peuvent-ils lutter contre ces trafics des djihadistes ? cette réunion était nécessaire car toute la région est instable, lieu de trafics d’armes notamment. Cette réunion a abouti à la décision de ces pays de renforcer les contrôles aux frontières, de fermer les frontières, de déclarer comme zone militaire la quasi-totalité de la région. Mais ce sont des décisions formelles plus qu’autre chose car nous sommes en plein désert et il n’y a pas vraiment de frontière. Mais cette réunion soulève la différence d’approche qui existe entre la Libye et la Tunisie d’une part et l’Algérie d’autre part. Les gouvernements islamistes des deux premiers pays ne considèrent pas les salafistes comme des terroristes au contraire de l’Algérie. Il y a donc une différence d’approche et le contexte géographique et politique ne permet pas aujourd’hui de véritablement contrôler toutes ces zones et d’assurer la tranquillité dans ces zones-là. L’intervention au Mali aura dans l’immédiat deux conséquences. La première, c’est le changement de perception de la France qui va apparaître de nouveau comme une puissance interventionniste qui s’ingère dans les pays de la région. On entend déjà sur place des accusations de néocolonialisme. Ce changement de perception va donc se faire dans les semaines qui viennent dans un sens négatif pour les intérêts français. Deuxièmement, on va voir se mettre en place une dynamique djihadiste sur l’ensemble de la partie centrale de l’Afrique, c’est-à-dire de la Somalie au Sénégal. Et cette dynamique risque de nuire aux intérêts économiques de l’ensemble des partenaires occidentaux dans la région.*source:Le Nouvel Observateur-18.01.2013.

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****Une attaque terroriste perpétré tôt dans la matinée de mercredi 16 janvier 2013 dans la base vie de l’association Sonatrach-BP-Statoil, à Tiguentourine (In Aménas), dans la wilaya d’Illizi, a fait deux mort et six blessés parmi les employé de cette société.  Les terroristes de la katiba des Moulathamine «les signataires par le sang », auteur de cette attaque, ont investi la base vie de Sonatrach et ont pris en otage, selon une source sécuritaire contacté par elwatan.com, 41 ressortissants étrangers dont 7 américains, 2 français, des britanniques et des japonais…Le ministère de l’Interieur , de son coté, qui confirme l’attaque, ne donne pas le nombre d’otages des terroristes lors de cette attaque.  « Le groupe terroriste, après cette tentative avortée, s’est dirigé vers  la base-vie dont il a investi une partie et y a pris en otage un nombre indéterminé  de travailleurs, dont des ressortissants étrangers », selon un communiqué du ministère de l’interieur et des Collectivités locales. Mais, note que « les forces de l’Armée nationale populaire (ANP) et des services de  sécurité sont arrivées sur les lieux et ont pris aussitôt toutes les mesures  afin de sécuriser la région et trouver un dénouement rapide à cette situation qui reste suivie de très près par les autorités du pays ».  Divers médias+ El Watan-16.01.2013.

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*La Tunisie remercie l’Algérie

«La Tunisie, qui exprime son soutien total à l’Algérie dans la protection de son territoire et la sécurité de ses citoyens, fait part de ses remerciements aux autorités algériennes qui se soucient de garantir la sécurité de la colonie tunisienne en Algérie», a indiqué le porte-parole de la Présidence tunisienne.

Cette déclaration rapportée aujourd’hui par la presse tunisienne fait suite à la libération par l’armée algérienne d’un ressortissant tunisien Rachid Neili, détenu parmi les otages du groupe armé au complexe gazier de In Amenas, en Algérie. Le porte-parole officiel de la présidence de la République a affirmé, dans une déclaration rapportée par la même source, que : « le ressortissant tunisien est en bonne santé, ne souffre d’aucune blessure et est arrivé au siège de la société qui l’emploie à la capitale Alger ».*El Watan-20.01.2013.

**Au-delà de l’impact médiatique recherché

L’attaque perpétrée hier matin, contre une base pétrolière à Tinguentourin, dans la région de In Aménas près de la frontière libyenne, intervient dans un contexte de guerre au sens propre du mot. Elle a eu lieu au moment où au nord du Mali, les forces aériennes françaises sont en opération, cela d’une part, d’autre part, elle coïncide avec l’attaque terrestre. Au-delà du bilan, de l’impact médiatique recherché – obtenu – et des implications sécuritaires, cette attaque rappelle certaines vérités. Il faut se rendre à l’évidence que la sécurisation des très vastes territoires désertiques algériens est quasi impossible. Avec 7.800 km de frontières à sécuriser, il faut dire que même l’armée chinoise trouverait des difficultés dans cette immense tâche. Cependant, cela n’empêche pas de la fermeté de la part des services de sécurité algériens. Intervenant samedi dernier lors de la rencontre tripartite à Ghadamès (Libye) avec les chefs du gouvernement tunisien et libyen, respectivement MM.Hamadi Jebali et Ali Zidane, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a affirmé qu’«en cas d’atteinte à notre sécurité, nous sommes appelés à être fermes». Il a rappelé que «la position de l’Algérie est connue concernant la situation au Sahel. Nous avons soutenu au maximum le dialogue et continuerons à le faire, mais en cas d’atteinte à la sécurité et l’utilisation d’autres moyens, nous sommes appelés à être fermes». De même qu’il a souligné que la crise malienne aura «un impact direct» (sur la région), mettant en garde contre la circulation des armes. A ce gisement d’armes libyennes, les terroristes d’Aqmi bénéficient d’un avantage certain sur les vastes territoires du Sud. Il connaissent le moindre recoin, la moindre cache et la moindre grotte pouvant les prémunir contre d’éventuels bombardements. Ces sites, ces caches ont été d’ailleurs utilisés par les éléments de l’ANP durant la guerre de Libération pour transférer des armées du Fezzan libyen vers les territoires algériens.
Cette faculté de maîtrise d’un terrain hostile, leur donne une terrible capacité de nuisance. Des observateurs se demandent déjà si les autorités algériennes ne changeraient pas de position quant à la guerre contre les terroristes au nord du Mali. On se pose la question si l’armée algériennes n’allait pas attaquer certaines positions terroristes connues et identifiées à sa frontière avec le Mali. L’autre vérité qui se dégage est la double interprétation que revêt cette attaque. Au plan interne, c’est le deuxième poumon énergétique algérien qui a été attaqué. In Aménas est le plus grand bassin gazier du pays et l’un des plus importants, dans le monde. Au plan international, ce sont des étrangers qui ont été tués et pris en otages. Si les terroristes recherchaient d’abord un impact médiatique, il faut dire que l’objectif a été très largement atteint par cette attaque. La troisième vérité est que désormais, la guerre que mène François Hollande trouve toute sa justification et sa raison d’être. Explication: l’Algérie, un pays qui jouit d’une grande expérience dans la lutte contre le terrorisme, doté d’une armée aguerrie et de moyens de lutte conséquents subit une pareille attaque sur un site stratégique. Qu’en sera-t-il du pauvre Mali dont l’armée est sous-équipée, inexpérimentée et mal formée face à des terroristes armés jusqu’aux dents. Ces derniers ne feraient qu’une bouchée de l’armée malienne pour aller installer un émirat islamiste à Bamako.
Une autre vérité à prendre en considération, est que cela renseigne sur la tâche qui attend les forces françaises dans un conflit qui risque de durer plus longtemps que prévu.
Enfin, la dernière vérité à retenir et pas des moindres, est que cette attaque repose de manière, cruciale la question de la sécurisation des sites pétroliers algériens.
Le débat est aussi vieux que la découverte du pétrole en Algérie. Il a refait surface durant la tragédie nationale quand l’Etat algérien avait imposé, au début des années 1990, un laissez-passer pour rentrer dans la ville de Hassi Messaoud, il a été reposé en mars 2012 lors de l’attaque kamikaze commise par le Mujao dans la wilaya de Tamanrasset, reposé une troisième fois, en juin dernier, lors de l’attentat contre le siège de la gendarmerie à Ouargla et l’attaque d’hier vient nous rappeler que l’optimisation de la surveillance des sites pétroliers par les services de sécurité est plus que jamais d’actualité.*L’Expression-17.01.2013.

**Mokhtar Benmokhtar a orchestré l’attentat d’ In Aminas

Les ravisseurs qui ont demandé de sortir avec les otages, une revendication soumise aux autorités algériennes qui refusent de mener les négociations avec les terroristes, « semblent attendre les instructions de leur émir, Mokhtar Benmokhtar », a indiqué hier le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Ould Kablia à une journaliste de l’ENTV.  Le ministre a affirmé également que le groupe terroriste qui a attaqué la base de vie pétrolière de Tiguentourine à In Amenas (Illizi) n’est entré ni du Mali, ni de Libye, ni d’un quelconque autre pays voisin.

« Le groupe terroriste qui a attaqué la base de vie n’est entré ni du Mali, ni de Libye, a souligné M. Ould Kablia dans une déclaration à la Télévision algérienne, précisant qu’il s’agissait d’un groupe d’une vingtaine de terroristes issus de la région.  Les forces de sécurité ont encerclé les lieux et cerné le groupe terroriste qui se trouve actuellement dans une aile de la base de vie, a-t-il ajouté.*17-01.2013

Mokhtar Belmokhtar,

Les assaillants terroristes ont dit être sous les ordres de Mokhtar Belmokhtar, dit « Le Borgne », un des chefs historiques d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qu’il a introduit dans le nord du Mali. « Le Borgne » a cependant été récemment écarté du groupe djihadiste et a créé sa propre katiba (unité combattante). El-Aouar (« le borgne »), 41 ans, plus connu, en Algérie, comme un contrebandier mangeant à tous les râteliers que comme un salafiste djihadiste pur et dur, aurait monté sa propre phalange (katiba) dans le Sahara, « les signataires par le sang ». Cela faisait plusieurs semaines que la rumeur courait : le Borgne avait pris ses distances avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), autoproclamé Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)…Bel Mokhtar écume le désert depuis 23 ans. Il est aussi connu sous le surnom de « Mister Marlboro », tant il est réputé avoir le monopole de la fameuse cigarette dans tout le Sahara. A 17 ans, en 1989, sous prétexte de faire le petit pèlerinage (omra), il s’envole pour l’Arabie Saoudite, puis gagne l’Afghanistan où il reçoit une formation militaire pendant un an. Originaire du Sud algérien, le Borgne n’adhère pas au Front Islamique du Salut (FIS) et ne s’engage pas non plus dans les groupes armés islamiques créés depuis janvier 1992. Bel Mokhtar, lui, met son stage de guérilléro au service de divers trafics…Selon un salafiste mauritanien ayant travaillé avec le Borgne, ce dernier aurait essayé de convaincre l’islamopathe Abid Hammadou, dit Abou Zeïd, le preneur d’otages occidentaux qui contrôle la katiba du Nord-Mali, d’arrêter les kidnappings qui nuisent au business. Et de mettre sa phalange au service des narcos. Toujours selon le Mauritanien, Abou Zeïd aurait accepté de travailler avec les Colombiens, tout en continuant la traite des hommes, pour donner une couleur « islamique » à sa dérive délinquante.*source:Le Nouvel Observateur-17.01.2013.

**Qui est Mokhtar Belmokhtar?

Une nouvelle fois, le nom du sinistre Mokhtar Belmokhtar, alias Abou El-Abbas, est lié à une œuvre terroriste. Pour la première fois dans l’histoire de l’activité terroriste, le nom de ce sinistre chef d’El-Qaïda a été même cité par le ministre de l’Intérieur, Daho Ould-Kablia qui affirme que les preneurs d’otage de In Amenas disent avoir travaillé sous les ordres de Ben-Mokhtar.

Mais qui est ce chef terroriste ? Né en 1972 à Ghardaïa Mokhtar Belmokhtar rejoint des groupes islamistes en Afghanistan à l’âge de 19 ans. Lors de sa formation de combattant dans ce qui allait plus tard devenir Al-Qaïda, il noue des contacts avec des djihadistes du monde entier et combat les soldats russes, affirme-t-il dans une de ses rares interviews. Lors d’un combat, il perd un œil et gagne l’un de ses nombreux surnoms : « Laouar », le borgne. De retour en Algérie en 1993, après l’annulation par le régime des élections que s’apprêtait à remporter le Front islamique du salut (FIS), il devient rapidement l’un des chefs militaires du Groupe islamique armé (GIA).

Après une scission au sein du groupe, en 1998, le GIA se transforme en Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) devenu en 2007 Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Mokhtar Belmokhtar prend alors la tête de l’une des deux katibates les plus importantes d’Aqmi. Retranché dans le Sud du pays, Mokhtar Belmokhtar est spécialisé dans le rapt des ressortissants étrangers et la contrebande. Il est derrière le kidnapping de plusieurs étrangers. Il a ensuite étendu ses activités au Nord du Mali où il peut désormais activer librement, notamment après le retrait des troupes maliennes.

En rupture de banc avec El-Qaïda, il a créé récemment le groupe appelé les « signataires par le sang ». Le groupe commet des actes dans le Sahel. C’est ce groupe qui a également revendiqué l’acte de In Amenas.*Algérie-Focus.17.01.2013.

**La prise d’otages algériens et occidentaux, dont des Britanniques, a été préparée minutieusement et de longue date, a estimé jeudi le gouvernement de Londres. Le Royaume-Uni estime que la meilleure stratégie est de continuer à travailler par l’intermédiaire des autorités algériennes plutôt que d’agir unilatéralement, a précisé le porte-parole du premier ministre, David Cameron.17-01.2013

**L’attaque du site gazier d’In Amenas a été préparée depuis deux mois. Deux Canadiens étaient parmi les membres du 7èmecommando qui ont agi suivant les plans prévus. Ils connaissaient très bien la région. C’est ce qui ressort des déclarations faites à son correspondant au Sahel, par Joulaybib, porte-parole du groupe « Signataires par le sang », auteur de la prise d’otages, a rapporté la Tribune De Genève (TDG).

Joint au téléphone vendredi matin, selon le journal suisse, le « djihadiste », de son vrai nom Hacen Ould Khalil, a revendiqué et réitéré son allégeance à El Qaïda.

La fin de l’intervention militaire au Nord du Mali et la libération  de deux membres d’Al Qaida, un homme et une femme détenus au Etats-Unis, étaient les deux conditions posées par le commando pour libérer les otages, toujours d’après TDG.

Les assaillants du site gazier d’In Amenas ont, selon Joulaybib,« fait savoir aux Français qu’ils étaient prêts à négocier directement en garantissant la sécurité des envoyés français et qu’une personnalité de la sous-région du Sahel aurait servi de médiateur avec Paris au cours de négociations », a rapporté le quotidien genevois, ajoutant que le porte parole de «Signataires par le sang », a par ailleurs, annoncé que Paris devrait s’attendre à subir une attaque pire que celle de Khaled Kelkal ou Mohamed Merah. «Nous avons des centaines de combattants prêts et signé un pacte pour mourir en martyre », aurait déclaré au correspondant de TDG, Joulaybib, le numéro 2 du sinistre « Signataires par le sang », qui a tenu à souligner que ses acolytes « étaient tous prêts au martyr et ont défié l’armée la plus puissante de la région, celle de l’Algérie ».*El Watan-20.01.2013.

***Le ravisseurs d’In Amenas ont séjourné en Libye

Le commando terroriste a rejoint le territoire algérien à partir des frontières libyennes. Les terroristes ont séjourné quelque temps en Libye. Selon une source sécuritaire sûre, les terroristes, au nombre de plus d’une trentaine de membres, ont été hébergés par certains ex-combattants du GICL (Groupe islamique des combattants libyens), avec qui ils ont bâti de sérieuses relations.

Les premières révélations sur les origines du commando qui est derrière l’attaque du site gazier d’In Amenas commencent à se dévoiler.

En attendant les résultats du grand travail qui se fait actuellement par les gendarmes de l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) de Bouchaoui pour identifier les noms des terroristes, leurs âges et leurs nationalités, nous avons pu avoir quelques informations sur le séjour de ces terroristes en Libye. En effet, le commando terroriste, auteur de l’attaque puis de la prise d’otages au complexe gazier d’In Amenas, a quittéle Nord-Mali quatre jours avant l’attaque sur le sol algérien.

Le groupe terroriste en question, commandité par un chef terroriste algérien surnommé Abou Albara Aljazaïri, qui, lui aussi, obéit aux ordres de Mokhtar Belmokhtar, a marché sur les pistes du grand désert du Sahel pendant deux jours et ce, afin d’éviter les représailles des services de sécurité nigériens et algériens.

C’est en entrant au Niger, après avoir débarqué du Mali, que le commando a pu rejoindre la Libye (lieu de préparation des dernières retouches avant l’attaque). Ici, les djihadistes, au nombre dépassant la trentaine, de différentes nationalités, ont resté 48 heures, apprend-on de la même source.

Durant ces deux jours « nécessaires » pour préparer leurs arsenaux de guerre et affiner les dernières retouches de leur plan (qui a été déjà planifié à Gao, au Nord-Mali), les terroristes restaient tout de même en contact avec leur chef « spirituel » Belmokhtar.

En effet, le chef de la phalange les « Signataires du sang » Mokhtar Belmokhtar, alias Khaled Abou El Abbès, aurait contacté, une fois, le chef du commando, en l’occurrence Abou Albara Aljazaïri, afin de s’acquérir de l’état de santé du groupe et surtout de voir si le groupe n’a pas eu de problèmes en Libye.

Toujours selon notre source qui a réussi, durant ces derniers jours, à collecter des informations sur les préparatifs de ce commando, des djihadistes libyens, parmi le groupe ayant pris en otage les employés étrangers et algériens du site gazier d’In Amenas, auraient préparé le séjour des terroristes en Libye, du fait qu’ils connaissaient des personnes la-bas, cela avant de rallier le territoire algérien pour passer à l’attaque du bassin gazier.

Cette nouvelle révélation sur le parcours qu’avait pris les preneurs d’otages d’In Amenas confirme, aujourd’hui, la grande relation qui relie l’Aqmi aux djihadistes libyens. Une relation qui est devenue très solide au fil des années et qui, toutefois, se confirme aujourd’hui et se développe chaque jour.

L’attentat contre l’ambassade US à Benghazi, le démantèlement d’une cellule « Okba Ibn Nafaâ » en Tunisie et l’attaque contre le site gazier d’In Amenas prouvent que la présence d’Aqmi s’élargit au Maghreb

Surpris par la chute des régimes Ben Ali et Kadhafi, le chef d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdel Malek Droukdel, a tenté de se rattraper en diffusant en janvier 2012 un vibrant «message aux jeunesses tunisienne et libyenne» qui est resté, néanmoins, sans effet.

Mais l’organisation entend bien profiter de la détérioration de la situation sécuritaire dans les pays maghrébins en envoyant des commandos d’éclaireurs et en tentant d’implanter des cellules terroristes. De ce fait, les infiltrations de groupes armés affiliés à Aqmi se sont multipliées au cours des derniers mois.

Ainsi, début mai 2011, les services de sécurité tunisiens ont arrêté dans le sud du pays deux combattants : un Algérien et un Libyen. Le 18 mai 2011, ils ont abattu à Rouiha, dans le centre-ouest du pays, deux kamikazes qui portaient des ceintures d’explosifs. Un colonel de l’armée et deux soldats ont été tués au cours de cette opération. Des opérations de ratissage ont été organisées dans la région pour retrouver d’autres combattants infiltrés d’Aqmi.

En vain. Car la Tunisie n’est pour l’heure qu’une zone de transit pour les combattants de l’organisation qui s’intéressent davantage aux événements en Libye et veulent à tout prix installer un Emirat afin d’élargir leurs champs d’activités. C’est d’ailleurs à partir de là que les terroristes avaient réussi, le 12 septembre 2012, d’assassiner l’ambassadeur américain J. Christopher Stevens lors d’une attaque armée contre le siège de l’ambassade US à Benghazi.

Il y a quelques semaines, le ministre de l’Intérieur tunisien, Ali Lârayedh,  avait annoncé le démantèlement d’une cellule d’Aqmi en Tunisie. Baptisée « Okba Ibn Nafaâ », la Cellule dormante de la nébuleuse Aqmi est composée de 34 djihadistes, dont 16 ont été arrêtés par les forces spéciales tunisiennes et 18 autres sont toujours recherchés.

Parmi les terroristes interpellés, des Libyens, des Algériens et bien entendu des Tunisiens. Quant aux armes découvertes par les services de sécurité tunisiens, il s’agit d’armes de guerre réceptionnées depuis la frontière tuniso-libyenne.

Droukdel, Abou Al Layth Al Liby et Al Zawahiri

Pour tenter de gagner la confiance des Libyens, surtout les islamistes radicaux qui faisaient partie de l’ex-GICL, le chef d’Aqmi a émis, début avril 2011, deux messages dans lesquels il affirmait son soutien aux «frères libyens» à qui il promettait une aide pour chasser à la fois les Kadhafistes et les Occidentaux.

Dans cette optique, l’organisation terroriste a mis en œuvre une stratégie à trois volets : d’abord, encourager ses combattants d’origine libyenne à regagner leur pays pour combattre aux côtés de leurs «frères» (plusieurs groupes se seraient ainsi constitués depuis avril 2011) ; ensuite, récupérer des mains des trafiquants libyens le maximum d’armes (Missiles sol-air SAM 7, AK 47, RPG 7) et de matériels (pick-up et camions) dans les dépôts de Kadhafi et, enfin, réactiver les anciens réseaux de l’organisation en Libye, en faisant appel aux membres du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) et aux djihadistes revenus d’Irak.

Cet activisme d’Aqmi à l’égard de la question libyenne inquiète au plus haut point les responsables occidentaux parce qu’il brouille les cartes en Libye et fait craindre une implantation durable de l’organisation dans le pays.

Début 2007, l’un des plus importants chefs libyens d’Al Qaïda, Abou Layth Al Liby, avait dénoncé le revirement de Kadhafi et appelé au djihad contre lui : «Kadhafi c’est la tyrannie en Libye.

Et voici qu’après tant d’années à s’opposer aux Etats-Unis, il découvre soudain que l’Amérique n’est pas un ennemi et transforme la Libye en une nouvelle base pour les croisés.» Dès lors, le même Abou Al Layth Al Liby, juste avant d’être tué lors d’un raid américain dans la province du Waziristan au Pakistan en 2008, s’est déclaré favorable à une alliance entre son groupe d’origine (GICL) et la nouvelle branche d’Al Qaïda (Aqmi).

Le 11 novembre 2007, l’Égyptien Ayman Al Zawahiri, alors numéro deux d’Al Qaïda (actuellement N°1 d’Al Qaida après l’élimination d’Oussama Ben Laden), annonce dans un enregistrement audio que le GICL a rejoint Aqmi: «Ô Nation de l’islam au Maghreb, nation de la résistance et du djihad, voici que vos enfants s’unissent sous la bannière de l’islam et du djihad contre les Etats-Unis, la France et l’Espagne […] pour nettoyer nos terres de leurs esclaves : Mouammar Kadhafi, Zine al-Abidine Ben Ali, Abdelaziz Bouteflika et Mohammed VI.» Cette annonce vient confirmer l’intégration massive des djihadistes libyens au sein d’Aqmi en l’absence de perspective de lutte à l’intérieur de la Libye.*21 Janvier 2013-Le Midi Libre

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Failles ou complicités ?

Le fait que l’Algérie, de par sa proximité avec un Mali en guerre, soit concernée par la lutte antiterroriste n’est plus à prouver. L’attaque du site gazier à In Amenas incite l’Algérie à plus de précautions et de vigilance, surtout qu’on connaît la haine de certains groupes terroristes à son égard.

Cette attaque mènera aussi les autorités à revoir le mode de sécurisation des infrastructures pétrolières et gazières, les « mamelles » de l’économie algérienne.

Le fait que les terrorises aient pu, selon des témoins, pénétrer dans la base de vie et l’usine, avec une facilité déconcertante, nous incite à nous poser moult questions auxquelles, seule une enquête diligentée est en mesure d’éclaircir.

Mais des éléments de réponses collectées par-ci et par-là, révèlent des failles et des négligences auxquelles, il faut y remédier non seulement sur le site d’In Amenas, mais aussi dans les autres sites implantés au Sud algérien.

La négligence la plus flagrante est certainement que la sécurité ne soit pas renforcée en dépit de la menace qui visait l’Algérie et qui a été confirmée. Là-dessus, un responsable à la Sonatrach a révélé à la presse nationale que la responsabilité des autorités algériennes n’est pas aussi grande qu’on a tendance à le croire.

La sécurité interne du site qui, selon le contrat qui lie Sonatrach et British petroleum, devait être assurée par les britanniques, ce qui n’a pas été le cas. La source aurait affirmé que les services de sécurité de la wilaya d’Illizi avaient proposé à la société en charge de la sécurité, de renforcer le dispositif par des éléments algériens.

Le responsable aurait refusé arguant que la sécurité interne et bien assurée. Or nous savons de sources sûres que les gendarmes ont pu faire face à l’attaque des terroristes contre le bus transportant des ressortissants étrangers. Les assaillants n’auraient pas pensé à occuper la base de vie, qu’après l’échec de leur première entreprise.

De ce fait, l’Algérie qui a fait face seule à cette attaque en prenant le risque de s’attirer les foudres des capitales du monde -le cas du Japon est significatif-, devrait penser à imposer ses procédés et ses visions en matière de sécurité, puisque il y va de sa sécurité ainsi que de son économie.

L’autre fait, aussi rapporté par la presse, en citant des témoins et des travailleurs algériens et étrangers, est la complicité de quelques personnes exerçant sur le site gazier dans cette attaque terroriste.

Des otages libérés ont exprimé tout leur étonnement quant à la maîtrise de la géographie du site que possédaient les assaillants. Les déplacements d’un point à un autre de ces derniers, se faisaient en toute assurance et tranquillité. Une donne qui ne sera sûrement pas mentionnée dans le rapport des enquêteurs.

Les armes dont disposaient les groupes terroristes qui jurent par tous les dieux à desta-     biliser l’Algérie, incitent également les autorités algériennes a doubler d’efforts pour contrecarrer ce genre d’attaque. En effet, dans l’attaque d’In Amenas, les forces de sécurités, la presse et tous ceux qui ont suivi de près ou de loin les opérations, on été surpris par la technologie et l’armement sophistiqué.

Les terroristes ont même utilisé des colliers explosifs qu’ils ont fait porter aux otages. Rappelons que le site a été également miné, ce qui dénote une force de frappe et une détermination assez redoutables des groupes terroristes.L’attaque d’In Amenas est, c’est vrai, un épisode noir dans l’histoire de l’Algérie, mais elle a amené, c’est aussi vrai, son lot de leçons.* 21 Janvier 2013-Les Débats

**Quatre sociétés privées étrangères  chargées de la Sécurité des sites pétroliers en Algérie

L’attaque perpétrée par les terroristes contre le complexe de Tiguentourine à In Aménas a mis à nu tout le système de sécurité imposé par les sociétés étrangères et les négligences de la Sonatrach sur les questions de protection des sites. Dans ce magma de sécurité des installations pétrolières, les intérêts financiers se mêlent souvent à la corruption et surtout à l’espionnage

Dans le cas particulier de l’association avec la compagnie britannique BP et la norvégienne Statoil, la Sonatrach a fait preuve d’absence de stratégie en matière de sécurité.

Pendant des années, la conception de la sécurité de l’association était assurée exclusivement par une société britannique, Stirling. Constituée d’experts en stratégie et de sécurité, Stirling a obtenu de nombreux contrats en Algérie pour des millions de dollars sans pour autant livrer des prestations supérieures à celle que pourraient proposer des sociétés algériennes.

Il aura fallu attendre les nombreux scandales qui ont ébranlé la Sonatrach, pour voir Stirling changer de stratégie, car les associations de droit algérien ne pouvaient plus s’offrir des prestations sur le territoire national, rémunérées en devises.

C’est alors qu’est née la société Algerian Facilities Management Company (AFMC). Elle est le fruit d’un partenariat entre Stirling et une Société Algérienne de Services, utilisant l’image de notoriété du fils d’un ancien président de la République. Mais dans les relations entre BP et Stirling, il n’y a pas que les bonnes affaires.

On trouve surtout des aberrations souvent tolérées par la Sonatrach sous le prétexte que les normes britanniques sont les meilleures dans les activités HSE (hygiène, sécurité et environnement). Cette situation a fait que le transport routier de BP soit assuré pendant des années par le frère de Abou Zeid, l’émir de la zone de l’Aqmi.

C’est également, en prenant le contrôle des activités HSE que BP a pu opérer un véritable massacre sur les puits d’In Salah et provoqué une déplétion précipitée du réservoir. Avec cette même logique, les normes de sécurité ont été bafouées sur les sites d’In Aménas, situés pourtant à quelques dizaines de kilomètres de la Libye qui vit depuis 2010 des tensions d’ordre sécuritaire.

Au lieu de confier la protection des sites à une société de gardiennage et de sécurité dont les employés sont suffisamment armés, on s’est contenté d’engager de simples agents de sécurité, démunis de moyens conséquents et manquant surtout d’expérience. La logique britannique a même fait en sorte que le détachement militaire soit installé en dehors du complexe. La mauvaise évaluation du risque a fait le reste ensuite.

Situation de monopole

En Algérie, ce sont quatre sociétés étrangères de sécurité qui dominent le secteur pétrolier. Deux d’entre elles, Stirling et Control Risks, sont de droit britannique. Leurs concurrentes, GEOS et Amarante, sont françaises.

La société Amarante est dirigée par Pierre- Antoine Lorenzi, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, et Alexandre Hollander, ancien officier supérieur des forces spéciales et du renseignement. GEOS, quant à elle, est dirigée par un général de corps d’armée, Jean Heinrich dont la fonction officielle est celle de président du directoire.

Le général Jean Heinrich a fait sa carrière dans les opérations spéciales et le renseignement. Il a notamment dirigé le Service Action puis la Direction des opérations de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), avant de fonder la Direction du renseignement militaire (DRM). Ces deux sociétés de sécurité disputent les gros contrats algériens avec la célèbre compagnie britannique Control Risks, connue pour ses capacités à gérer les affaires de sécurité dans les environnements complexes et hostiles.

On lui attribue même les capacités à gérer des coups d’Etat à travers ses 33 bureaux implantés sur les cinq continents. Pourtant, sur l’échiquier algérien, figurent de nombreuses sociétés de sécurité où activent d’anciens cadres très compétents de l’armée.

Ces officiers et généraux ont prouvé leur capacité à gérer les situations sécuritaires les plus complexes dans la lutte contre le terrorisme. La Sonatrach n’a jamais tenté d’imposer ces compétences algériennes dans ses associations avec les compagnies étrangères.*21 Janvier 2013-Le Soir d’Algérie

**Un complot contre l’Algérie

A mesure que les pièces du puzzle de ce drame commencent à prendre leur place, il apparaît de plus en plus clairement que cette attaque a été menée par de puissants cercles, dotés de moyens humains et matériels impressionnants, et que les objectifs recherchés étaient d’impliquer l’Algérie, de manière directe, dans l’actuelle guerre au Mali, tout en tendant à la déstabiliser, et de permettre aux soldats occidentaux de mettre le pied dessus son riche et si convoité Sahara. Notre pays donne bel et bien l’air d’avoir échappé au pire. Il ne fait pas de doute non plus que le complot n’en est qu’à ses débuts et que la vigilance doit être de mise, aujourd’hui, plus que jamais…

Tout est bien qui finit bien, serait-on tentés de dire. L’assaut final a été donné ce samedi par les forces spéciales algériennes, finissant de libérer les derniers otages retenus depuis mercredi passé au niveau du site gazier de Tiguentourine.

Une lente opération de déminage a par la suite été entreprise, puisque les terroristes avaient piégé les lieux, ainsi que tous les édifices, dans le but manifeste de tout faire sauter. Le moins que l’on puisse dire dès lors c’est que le pire a été évité, grâce à l’efficacité et la célérité des services de sécurité algériens. Le bilan de cette odieuse prise d’otages s’élève, hélas, à 23 otages tués, dont 16 expatriés.

Celui-ci risque, cependant, d’être revu à la hausse, sachant que les recherches se poursuivaient toujours hier et que des victimes, vivantes, mortes ou blessées, pouvaient encore être découvertes, d’autant que plusieurs capitales étrangères ont annoncé que certains de leurs ressortissants manquaient à l’appel. En outre, les 32 membres du commando de terroristes responsables de ce spectaculaire attentat ont également été éliminés.

Les forces de sécurité algériennes, qui ont accompli un travail remarquable, salué (hélas, après coup) par toutes les chancelleries de la planète, ont réussi à sauver la vie à pas moins de 107 otages expatriés et 685 autres de nationalité algérienne, en les délivrant des griffes de ces criminels sanguinaires. François Hollande, le président français, a ainsi déclaré que l’Algérie a eu «les réponses adaptées».

«L’Algérie a eu les réponses adaptées lors de la prise d’otages sur un site gazier car les négociations n’étaient pas possibles», a-t-il déclaré. «(…) Quand il y a une prise d’otages avec autant de personnes concernées, et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner -ce qu’ils ont fait- leurs otages, un pays comme l’Algérie a les réponses qui paraissent, à mes yeux, les plus adaptées car il ne pouvait pas y avoir de négociations», at- il dit.

Un hommage tardif

Selon plusieurs agences mauritaniennes, citées samedi par l’institut SITE, le chef de file des assaillants était un Nigérien, Abdoul Rahman al- Nigeri, un proche de Mokhtar Belmokhtar, le cerveau de la prise d’otages, qui ne semble pas avoir participé directement à cette opération.

Le terroriste nigérien a rejoint en 2005 le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), lié au réseau Al- Qaïda, et a notamment été impliqué la même année dans une attaque qui a tué 17 soldats mauritaniens à Lemghiti. Il a également été actif au Mali et au Niger.

L’agence mauritanienne Ani, en lien étroit avec les preneurs d’otages, depuis l’attaque de mercredi, affirme en outre qu’un autre meneur, Abou al-Baraâ al-Djazaïri, a été tué lors de l’assaut algérien de jeudi contre la partie résidentielle du site.

Pour des responsables algériens, la facilité apparente avec laquelle les islamistes ont fondu sur le site laisse penser qu’ils auraient bénéficié de complicités parmi des ouvriers algériens. Une instruction aurait du reste été ouverte par les services compétents concernant 4 Algériens et 2 expatriés, après la découverte de plusieurs appels suspects donnés et/ou reçus durant les quelques mois qui ont précédé cet attentat.

On ignore encore quand l’activité reprendra à Tiguentourine, qui fournit 10 % du gaz naturel produit par l’Algérie. La fermeture du site a provoqué des pertes de 11 millions de dollars par jour, selon la Sonatrach. Par ailleurs, les derniers otages étrangers libérés à In Amenas ont salué le rôle des forces spéciales de l’ANP pour leur libération, mettant en avant leur détermination à retourner travailler en Algérie.

Dans une déclaration à la Télévision algérienne, l’otage britannique qui occupe le poste de chef d’unité de la compagnie «British Petroleum », à In Amenas, a «déploré ce qui se passe», réitérant sa détermination à retourner travailler en Algérie, où, a-t-il dit, les conditions de travail étaient «excellentes». Il a rendu en outre hommage au peuple algérien le qualifiant d’«hospitalier et sincère».

Un otage roumain a salué, lui aussi, les efforts de l’ANP qui s’est pleinement investie pour sa libération et la libération de ses collègues, soulignant en même temps la dure épreuve qu’il a vécue, alors qu’il était retenu par les terroristes. Il a relevé également la «bonne prise en charge» par les autorités algériennes, après sa libération.*21 Janvier 2013-Le Courrier d’Algérie

**Les leçons de l’attaque de In Amenas

L’assaut donné par les forces spéciales de l’ANP pour libérer les otages détenus par un groupe terroriste au niveau du site gazier de Tiguentourine à In Amenas s’est soldé par l’élimination de 32 terroristes et le décès de 23 victimes, selon un bilan provisoire établi par le ministère de l’Intérieur. Le ministre de la Communication Mohamed Saïd a déclaré hier que le nombre de victimes risquait d’être «revu à la hausse». Le Premier ministre animera une conférence de presse pour un point de situation.

Le ministre de la Communication Mohamed Saïd a affirmé hier que l’Algérie était prête «à faire face à toute agression», au lendemain du dénouement sanglant de la prise d’otages terroriste dans un complexe gazier à In Amenas.

«Nous sommes prêts à faire face à toute agression», a-t-il dit à la Radio nationale, Chaîne III, dans une première réaction à cette attaque qui s’est soldée par la mort de 23 personnes, dont des étrangers, selon un bilan provisoire du ministère de l’Intérieur. En outre, 32 assaillants ont été abattus par les forces spéciales de l’ANP qui ont donné l’assaut contre le site d’In Amenas, où ils étaient retranchés.

L’opération a permis également la libération de 685 travailleurs algériens et 107 étrangers détenus par le groupe terroriste.

Le ministre de la Communication Mohamed Saïd a déclaré un peu plus tôt que le nombre de victimes risquait d’être «revu à la hausse». «Je crains fort, hélas, que ce bilan ne soit revu à la hausse», a averti le ministre. Dans la matinée d’hier, plusieurs sources sécuritaires ont fait état d’une trentaine de corps d’otages découverts par les forces spéciales qui sécurisaient le site gazier.

«Les forces spéciales continuent de sécuriser le site gazier de Tiguentourine à la recherche d’éventuelles autres victimes, puisque le bilan donné jusque-là par le ministère de l’Intérieur est provisoire», a-t-il dit. «Le bilan définitif sera connu dans les heures qui viennent», a-t-il précisé. Selon lui, les terroristes qui ont attaqué le site gazier de In Amenas sont issus d’au moins six nationalités et originaires de pays arabes, africains et non africains.

A propos de l’assaut décidé par les autorités algériennes, le ministre a indiqué que «devant le refus de ces groupes terroristes d’obtempérer et devant leur intention affichée de fuir en emmenant les otages, il n’y avait pas d’autres moyens que de passer à l’action». «Les terroristes étaient décidés soit à réussir leur opération comme ils l’avaient planifiée, soit à faire exploser tout le complexe gazier et exécuter tous les otages», a-t-il ajouté.

Une armée de 38 millions d’Algériens !

«Face à cette tentative de déstabilisation contre l’Algérie, nous répondons que nous avons une armée de 38 millions d’Algériens», a ajouté Mohamed Saïd en se référant à la population totale algérienne. En réponse à une question sur la poursuite d’attaques terroristes dans le pays, il a ajouté : «c’est une situation qui nous est imposée et nous y faisons face avec détermination et sans relâche».

Pour Mohamed Saïd, l’attaque lancée mercredi prouve qu’«il s’agit d’une agression contre l’Algérie, contre l’économie algérienne, contre la stabilité politique de l’Algérie, contre le rôle de l’Algérie dans cette région». En évoquant l’autorisation accordée par Alger au survol de son territoire par des avions de chasse français en route pour le Mali, le ministre a cependant mis l’accent sur une solution politique dans ce pays.

«S’il en a été décidé autrement, je ne pense pas qu’il y ait d’autre solution à ce pays que celle politique», a-t-il. Les ravisseurs avaient affirmé que leur prise d’otages avait été menée notamment en représailles à l’intervention militaire française au Mali, qui a bénéficié d’un soutien logistique d’Alger en dépit de ses réticences initiales à une intervention militaire.

En plus du renforcement du dispositif sécuritaire dans le Sud algérien, notamment autour des zones pétrolières, cette énième attaque devrait renforcer la détermination de l’Algérie à éradiquer les derniers foyers du terrorisme. Car, à la vigilance qui reste très élevée, la menace terroriste s’accentue, surtout après l’intervention militaire française au Mali. Au Maroc, une importante cellule terroriste a été démantelée avant-hier. La guerre au Mali risque d’embraser toute la région du Maghreb.

Un véritable arsenal de guerre

L’assaut donné par les forces spéciales s’est soldé par la libération de 685 travailleurs algériens et 107 étrangers, 32 terroristes éliminés et le décès de 23 victimes, mais aussi d’énormes quantités d’armes récupérées.

L’armement récupéré est composé de 6 fusils-mitrailleurs (FMPK), 21 fusils PMAK, deux fusils à lunettes, 2 mortiers 60mm avec roquettes, 6 missiles de type C5 60mm avec rampes de lancement, 2 RPG7 avec 8 roquettes, 10 grenades disposées en ceintures explosives, selon les premières images diffusés avant-hier par la télévision algérienne. L’opération a permis la récupération de «tenues militaires étrangères et d’un stock de munitions et d’explosifs».

La volte-face de la communauté internationale

Après les critiques formulées à l’égard de l’Algérie et l’assaut donné à In Amenas par les forces spéciales, plusieurs pays ont fini par revenir à de meilleurs sentiments.

C’est le cas du Premier ministre britannique, qui a eu quelques «états d’âme» après la décision de porter l’assaut, notamment le fait de n’avoir pas été informé au préalable, a fini par tempérer son jugement. Hier, il a estimé que la responsabilité du dénouement sanglant de la prise d’otages incombait «totalement aux terroristes».

«Maintenant, bien sûr, les gens vont s’interroger sur la réponse des Algériens à ces événements », mais «quand vous devez faire face à un acte terroriste de cette ampleur, avec une trentaine de terroristes impliqués, il est extrêmement difficile d’y répondre et d’être bon sur toute la ligne», a-t-il expliqué.

Pour James Cameron, cette prise d’otages constitue un «dur rappel » de la menace du terrorisme international. La communauté internationale a besoin de «s’unir pour lutter contre cette menace en Afrique du Nord», comme cela s’est passé au Pakistan et en Afghanistan, a-t-il jugé.

Puis de souhaiter enfin de mettre la question de la lutte contre le terrorisme «tout en haut de l’agenda » du G8, dont le Royaume-Uni assure la présidence en 2013. Même son de cloche chez le ministre français des Affaires étrangères qui a déclaré hier que «face au terrorisme, il faut être implacable». «Ce sont des tueurs, ils pillent, ils violent, ils saccagent», a-t-il déclaré sur Europe 1.

Le ministre français, s’est dit «heurté» «qu’on ait le sentiment» que «ce sont les Algériens qui sont mis en cause, alors que ce sont les terroristes» qui doivent l’être. «Les Algériens mesurent à quel point le terrorisme est un mal absolu», a insisté le ministre. L’ancien ministre de l’Intérieur français, Claude Guéant, partage la même analyse en soulignant que l’Algérie «a fait face à un problème d’une ampleur exceptionnelle», lors de la prise d’otages.

La veille, le président François Hollande avait déclaré que «quand il y a une prise d’otages avec autant de personnes concernées et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner leurs otages – ce qu’ils ont fait – un pays comme l’Algérie a les réponses qui paraissent à mes yeux les plus adaptées car il ne pouvait y avoir de négociation» avec les ravisseurs.

La présidente de la commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini- Zuma, a qualifié cet acte terroriste de «haineux que rien ne peut justifier» et a réaffirmé sa préoccupation face à l’aggravation du terrorisme dans la région sahélosaharienne. Elle a, par là même, rendu un hommage «particulièrement mérité» aux Forces armées algériennes.

Obama : la responsabilité de la tragédie incombe aux terroristes

Le président américain Barack Obama a condamné hier l’attaque terroriste en Algérie, qui a entraîné la mort de plusieurs otages, dont un Américain, en la décrivant comme une piqûre de rappel de la menace présentée par Al-Qaïda et d’autres groupes extrémistes violents en Afrique du Nord.

«La responsabilité de cette tragédie incombe aux terroristes, et les Etats-Unis condamnent leurs actions dans les termes les plus forts possibles», a déclaré Obama dans un communiqué publié par la Maison- Blanche.

Il s’agit de la première réaction publique du président américain à la crise des otages en Algérie. Barack Obama a également indiqué que le gouvernement américain était en contact permanent avec les autorités algériennes et s’engageait à «se tenir prêt à fournir toute assistance requise dans le sillage de cette attaque».

«Dans les prochains jours, nous resterons en contact étroit avec le gouvernement algérien pour avoir une meilleure idée de ce qui s’est passé afin de travailler ensemble pour prévenir d’autres tragédies de ce type dans l’avenir», a poursuivi le président des Etats-Unis.*21 Janvier 2013-Le jour d’Algérie

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Le gisement d’In Amenas: représente 18% des exportations de gaz

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Le site du groupement Sonatrach-BP-Statoil qui a été attaqué mercredi 16 janvier 2013 est une exploitation des gisements gaziers située à Tigantourine, près d’In Amenas, dans la région d’Illizi, à 1500 km au sud-est d’Alger, près de la frontière libyenne. Outre les installations professionnelles, le site abrite également une « base de vie », c’est-à-dire un village pour expatriés sous haute surveillance. Plusieurs centaines de personnes travaillent sur le site dont de nombreux étrangers.Selon un journaliste algérien joint sur place, les lieux bénéficient d’une très haute protection, tant par la gendarmerie algérienne que par des agents de sécurité britanniques.Les trois entreprises qui exploitent le gisement ont signé en 2011 un contrat avec la société japonaise d’ingénierie JGC, ce qui explique la présence évoquée de ressortissants japonais sur le site. En plus des travailleurs algériens sur le site, il y a des ressortissants étrangers, de diverses nationalités notamment de Norvège, France, Etats-Unis, Grande-Bretagne et Japon.*le Nouvel-Obs-17.01.2013

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*******En 1998, Sonatrach et BP ont signé un contrat de partage de production du bassin d’In Amenas. En 2003, BP a vendu 50% de ses parts à la compagnie norvégienne Statoil.

C’est en juin 2006 que le gisement gazier humide d’In Amenas est entré en production. Les capacités de cet important gisement sont de 9 milliards de mètres cubes par an pour le gaz et 50 à 60 000 barils de liquides par jour, entre le condensat et le GPL.
Dans ce gisement, Sonatrach est associée au groupe BP et à la compagnie norvégienne Statoil. Les trois compagnies sont aussi partenaires dans le gisement de gaz sec d’In Salah. La production se fait à partir de quatre gisements.
Le premier train de l’usine a démarré en mai 2006. Le plateau de production de 9 milliards de mètres cubes/an (environ 26 millions de mètres cubes/jour) et 50-60 000 barils/jour de liquides a été atteint quelques mois après.

C’est en 1998 que Sonatrach et BP ont signé un contrat de partage de production du bassin d’In Amenas. En 2003, BP a vendu 50% de ses parts à la compagnie norvégienne Statoil, qui est devenue partenaire dans le gisement. En 2004, le gouvernement a approuvé la cession par BP à Statoil d’une partie des intérêts (50%) que la compagnie détenait sur le projet gazier d’In Amenas. Sonatrach avait donné son agrément et signé un accord avec BP et Statoil le 3 avril 2004 sous la forme d’un avenant au contrat de partage de production qui avait été conclu entre Sonatrach et BP Amoco le 29 juin 1998.

La présence des Japonais sur le gisement s’explique par le contrat que les trois partenaires avaient signé, à Alger, avec la compagnie japonaise JGC au mois de mai 2011 pour le projet boosting. Le contrat de type EPC portait sur la construction d’un centre de compression sur le gisement de Tigantourine. La durée du contrat est de 28 mois. La réception complète du projet est prévue pour août 2013.
Il consiste en la construction de deux trains de compression d’une capacité de 29,7 millions de mètres cubes de gaz par jour ainsi que d’équipements auxiliaires. L’installation doit contribuer à maintenir le plateau contractuel de production de 9 milliards de mètres cubes par an et de 24 000 barils par jour de condensat et 24 000 barils par jour de GPL jusqu’en 2018, selon les termes du contrat.

Le projet gazier d’In Amenas est composé de quatre gisements (Tigantourine, Hassi Farida, Hassi Ouan Abechu et Ouan Taredert).
La production du gisement d’In Amenas représente environ 15% du volume de gaz naturel qui est exporté traditionnellement, si on prend en compte le niveau des 60 milliards de mètres cubes par an.
Le centre de compression, tout en permettant de rehausser le niveau de pression dans les gisements doit aussi faire produire les trois autres gisements satellites de Hassi Farida, Hassi Abecheu et Ouan Taredert.

La compagnie japonaise JGC avait déjà participé à la construction des installations qui ont permis le démarrage de la production. Au mois de novembre 2002, Sonatrach et BP Amoco avaient signé le contrat pour la réalisation de l’usine de traitement et des infrastructures d’évacuation de gaz avec le consortium composé de la compagnie américaine KBR et la japonaise JGC pour le développement du projet gazier de In Amenas.*El Watan-17.01.2013.

***La presse anglo-saxonne s’inquiète de l’élargissement du conflit malien qui commence à prendre une dimension internationale

Au lendemain de la prise d’otages en Algérie d’au moins une centaine de personnes, la presse anglo-saxonne s’accorde à dire que le conflit malien commence à prendre une dimension internationale. Le quotidien britannique The Independent va jusqu’à évoquer « la peur que le conflit malien puisse déclencher une guerre contre l’Occident dans le désert nord-africain ».

Pour le quotidien britannique The Guardian, « l’attaque du site gazier en Algérie laisse craindre que le conflit au Mali ne devienne une bataille internationale se diffusant à travers les frontières poreuses du Sahel et de la région saharienne« . Pour étayer ses propos, le journal cite également Jon Marks, un des associés du think tank britannique Chatham House : « Même dans la sanglante histoire de l’Algérie, c’est la première fois qu’il y a une attaque de cette ampleur dans une installation d’hydrocarbures. Cela montre à quel point les événements au Mali sont un problème sahélien et saharien. Ces preneurs d’otages sont internationaux, incluant des Maliens, des personnes issues du conflit libyen, mais aussi d’Algérie et de Mauritanie. »

Dans un article du New York Times, les journalistes Adam Nossiter and Scott Sayar renchérissent : la prise d’otages a mis au jour la menace qui pèse sur les expatriés de tous les pays qui travaillent dans cette région d’Afrique. « La prise d’otages diffuse potentiellement ce conflit au-delà des frontières maliennes et accentue la possibilité d’impliquer directement un nombre grandissant de pays étrangers », soulignent les journalistes, évoquant surtout que « les expatriés [qui] deviennent des cibles ». « Cela double également, au moins, le nombre d’otages non africains que les islamistes du nord et l’ouest de l’Afrique ont utilisés comme monnaie d’échange pour financer leurs actions ces dernières années grâce aux millions de dollars amassés par leurs rançons », écrivent-ils.

« MENACE POUR LES ÉTATS-UNIS »

L’analyse menée par les journalistes Mark Mazzetti et Eric Schmitt dans le même New York Times évoque le bouleversement de la position des Etats-Unis qu’a entraîné cette prise d’otages. En effet, pour le journal, avant l’intervention française, les autorités américaine, française et africaine s’accordaient sur un point : « Ce sont les troupes africaines, pas américaines ni européennes, qui vont mener l’opération au Mali. » Selon eux, l’assaut lancé par la France vendredi 11 janvier « a bouleversé ces plans et amorcé une série d’événements qui a culminé mercredi avec le raid de militants [islamistes] sur un site gazier en Algérie. Cette attaque menace d’élargir la violence dans une région appauvrie, et d’embourber les gouvernements occidentaux dans l’insurrection naissante. »

Quelques journaux posent la question de la position que vont prendre les Etats-Unis dans le conflit. « Jusque-là, la précipitation des événements a masqué le fait que les autorités américaines n’ont toujours qu’une compréhension très impressionniste des groupes militants qui ont établi leur refuge au Mali, et sont divisées sur la question de savoir si ces groupes représentent une menace pour les Etats-Unis », peut-on lire dans le New York Times. Une citation reprise par le Financial Times, pour qui la France a eu raison de lancer une opération militaire au Mali, afin de stopper l’avancée des djihadistes maliens. Pour le journaliste James Blitz, « la prise d’otages en Algérie montre clairement la menace que représentent les djihadistes », pour ceux qui se posaient encore la question, notamment parmi les hauts responsables américains.

« LA FRANCE A REDYNAMISÉ  AL-QAIDA »

The New York Times commence à envisager que les Etats-Unis puissent devenir directement la cible des djihadistes maliens. « La prise d’otages au Mali n’a fait que rehausser les craintes qu’une intervention militaire occidentale puisse transformer des groupes militants avec un but uniquement régional en ennemis des Etats-Unis – en d’autres mots, que la réaction n’empire la menace originale », peut-on lire dans le journal. Une inquiétude que Time ne reprend pas à son compte, puisque le journal affirme qu’après le lancement surprise de son opération militaire, « la France a remplacé les Etats-Unis à la première place de la liste des cibles des terroristes ».

Le quotidien californien Los Angeles Times n’hésite pas, lui, à accuser « l’action précipitée de la France », d’avoir « peut-être élargi le conflit et redynamisé Al-Qaida ». Une mise en cause directe du choix du président Hollande d’intervenir au Mali en prenant quelques libertés avec la résolution 2085 de l’ONU qui prévoyait un soutien occidental à une intervention menée exclusivement par des troupes africaines.*Delphine Roucaute-Le Monde.17.01.2013.

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*L’attentat terroriste qui a ciblé mercredi tôt le  matin, une base-vie de la compagnie pétrolière Sonatrach, s’est soldé par le  décès d’un ressortissant étranger et de six blessés, indique un communiqué du  ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.

« Un groupe de terroristes, fortement armé, arrivé à bord de trois véhicules, a investi mercredi à 5h00, la base-vie de Sonatrach à Tigantourine, à proximité  d’In Amenas, à une centaine de km de la frontière algéro-libyenne », a précisé  le communiqué.   « L’attaque a porté d’abord sur un bus qui quittait cette base transportant  des étrangers vers l’aéroport d’In Amenas », a ajouté la même source.

Un ressortissant étranger est décédé lors de cette attaque, qui a été  repoussée par les unités d’escorte, alors que six personnes (deux étrangers,  deux gendarmes et deux agents de sécurité) ont été blessées, note le communiqué,  soulignant que « le bus et les personnes blessées sont arrivées à In Amenas et ont été prises en charge par les autorités locales ».  « Le groupe terroriste, après cette tentative avortée, s’est dirigé vers la base-vie dont il a investi une partie et y a pris en otage un nombre indéterminé de travailleurs, dont des ressortissants étrangers », a ajouté la même source.  « Les forces de l’Armée nationale populaire (ANP) et des services de sécurité sont arrivées sur les lieux et ont pris aussitôt toutes les mesures afin de sécuriser la région et trouver un dénouement rapide à cette situation qui reste suivie de très près par les autorités du pays », conclut le communiqué.*El Watan avec APS-16.01.2013.*

**Des travailleurs algériens, retenus par le groupe  terroriste ayant attaqué mercredi matin une installation de traitement de gaz à Tigantourine (40 km d’In Amenas), ont été relâchés, par petits groupes, par leurs ravisseurs, a-t-on appris des services de la wilaya d’Illizi. 

Le nombre de ces travailleurs n’a pas été précisé. Le groupe terroriste retient encore des otages, dont des ressortissants étrangers, de diverses nationalités (Norvège, France, Etats-Unis, Grande-Bretagne et Japon), a-t-on ajouté.

L’attaque terroriste, perpétrée mercredi tôt le matin, à Tigantourine,  dans la wilaya d’Illizi (1.600 km au sud-est d’Alger), a fait deux morts dont un Britannique et six blessés dont deux étrangers, travaillant dans une installation de traitement de gaz, exploitée par l’entreprise nationale Sonatrach avec des  compagnies étrangères (British Petroleum et Statoil) sur ce site de Tigantourine.

L’attentat terroriste, qui a ciblé une base-vie de la compagnie pétrolière Sonatrach, a été perpétré par « un groupe de terroristes, fortement armé, arrivé à bord de trois véhicules, qui a investi mercredi à 5h00, la base-vie de Sonatrach à Tigantourine, à proximité d’In Amenas, à une centaine de km de la frontière  algéro-libyenne », a indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. « L’attaque a porté d’abord sur un bus qui quittait cette base transportant des étrangers vers l’aéroport d’In Amenas », a ajouté la même source.

Un ressortissant étranger, dont on ignore la nationalité, est décédé  lors de cette attaque, qui a été repoussée par les unités d’escorte, alors que  six personnes (deux étrangers, deux gendarmes et deux agents de sécurité) ont  été blessées.

Après cette tentative avortée, le groupe terroriste a investi une partie de la base-vie et pris en otage un nombre indéterminé de travailleurs, dont  des ressortissants étrangers.

Les forces de l’Armée nationale populaire (ANP) et des services de sécurité « ont pris toutes les mesures afin de sécuriser la région et trouver un dénouement rapide à cette situation qui reste suivie de très près par les autorités du pays », a indiqué le communiqué. Une cellule de crise, présidée par le wali d’Illizi, M. Mohamed Laïd  Khelfi, a été installée à cet effet.*El Watan avec APS-16.01.2013.*

***selon différentes sources et un à plusieurs ressortissants Japonais auraient été enlevés mercredi matin dans le sud de l’Algérie, sur un site pétrolier proche de In Amenas. Une prise d’otage sur une usine BP a bien été confirmée par une source diplomatique à l’AFP, tandis que le Quai d’Orsay s’est pour l’instant refusé à tout commentaire. Le groupe pétrolier BP, qui exploite un gisement dans la région avec le groupe norvégien Statoil et l’algérien Sonatrach, confirme, de son côté, avoir connu un « incident dans le domaine de la sécurité » mercredi, sans toutefois fournir plus d’informations. En milieu de matinée mercredi, Reuters, citant des sources locales et diplomatiques, rapportait l’enlèvement de cinq Japonais et un Français. Les ravisseurs seraient des islamistes. Cet enlèvement interviendrait alors que la France mène une opération militaire au Mali, frontalier de l’Algérie…*Divers médias-16.01.2013.

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***Des islamistes disant venir du Mali ont attaqué mercredi un site de British Petroleum en Algérie et pris en otage plusieurs employés, dont des Japonais et un Irlandais, selon des sources concordantes, l’agence algérienne APS faisant état de deux morts et six blessés. La confusion régnait sur la nationalité des autres otages, dont le nombre n’était pas clair. Des sources diplomatiques occidentales à Alger ont fait état de ressortissants britannique, norvégien et japonais, tandis qu’un député algérien de la région de Tamanrasset dans le sud de l’Algérie, Mahmoud Guemama, évoquait un Français et quatre Japonais pris en otages. Deux personnes ont été tuées et six autres blessées, dont deux étrangers, lors de l’attaque menée par les islamistes mercredi matin dans la région d’In Aménas, dans le sud-est de l’Algérie, non loin de la frontière libyenne, a indiqué l’APS. Un terroriste joint par téléphone par l’AFP a affirmé que les attaquants étaient des membres d’al-Qaïda, venus du Mali. « Nous sommes des membres d’al-Qaïda et nous sommes venus du nord du Mali. Nous appartenons à la brigade Khaled Aboul Abbas, Mokhtar Belmokhtar », a-t-il ajouté, en rappelant que Belmokhtar avait « menacé de riposter à toute intervention militaire au Mali ».* Source: belga.be-16.01.2013.

**pas de négociations avec les terroristes, selon Ould Kablia

Les autorités algériennes ne négocieront pas avec  les terroristes qui ont attaqué mercredi matin une base pétrolière dans la région  de Tiguentourine à In-Amenas (W. Illizi), et tiennent en otages un nombre de  ressortissants étrangers, a affirmé le ministre de l’intérieur et des collectivités  locales, M. Daho Ould Kablia.

Intervenant à la télévision nationale algérienne, le ministre a précisé que les  autorités algériennes « ne répondront pas aux revendications des terroristes  et refusent toute négociation ». 

Le nombre de ressortissants étrangers, retenus en otage par un groupe terroriste, dans la base-vie d’une installation énergétique à Tigantourine (40 km d’In Amenas), est estimé à « un peu plus d’une vingtaine de personnes », a appris l’APS de la wilaya d’Illizi.

Ces ressortissants, de différentes nationalités étrangères (Norvège, Grande-Bretagne, Etats-Unis, France et Japon), travaillent au sein de cette installation de traitement de gaz, exploitée par l’entreprise nationale Sonatrach avec des compagnies étrangères (British Petroleum et Statoil), a-t-on précisé.

Des travailleurs algériens ont été relâchés, par petits groupes, par leurs ravisseurs, selon la même source.

L’attaque terroriste, perpétrée mercredi tôt le matin, à Tigantourine, dans la wilaya d’Illizi (1.600 km au sud-est d’Alger), a fait deux morts dont un Britannique et six blessés dont deux étrangers.

Cet attentat terroriste, qui a ciblé une base-vie de la compagnie pétrolière Sonatrach, a été perpétré par un groupe de terroristes, fortement armé, arrivé à bord de trois véhicules, qui a investi mercredi à 5h00, la base-vie de Sonatrach à Tigantourine, à proximité d’In Amenas, à une centaine de km de la frontière algéro-libyenne », a indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.

Les forces de l’Armée nationale populaire (ANP) et des services de sécurité « ont pris toutes les mesures afin de sécuriser la région et trouver un dénouement rapide à cette situation qui reste suivie de très près par les autorités du pays », a ajouté le communiqué. Une cellule de crise, présidée par le wali d’Illizi, M. Mohamed Laïd Khelfi, a été installée à cet effet.*El Watan avec APS-16.01.2013.*

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D’autres articles sur le sujet.cliquer ici:  La situation sécuritaire.2

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Le groupe Ançar Eddine s’est totalement disqualifié en s’associant avec les groupes terroristes

Ançar Eddine, le groupe islamiste touareg dirigé par Iyad Ag Ghali, impliqué aux côtés des terroristes d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) et du Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) dans l’attaque, jeudi dernier, de la ville malienne de Konna, a perdu toute grâce aux yeux des autorités algériennes.

«Pour nous, en tombant sous l’emprise de son aile djihadiste, Ançar Eddine s’est totalement disqualifié. En s’associant avec les groupes terroristes qui ont attaqué la ville de Konna, il a franchi le Rubicon en choisissant clairement le camp des terroristes. Nous le considérons désormais comme tel, au même titre qu’AQMI et le Mujao», a expliqué une source diplomatique algérienne. Celle-ci a, par ailleurs, tenu à rappeler que la partie algérienne l’avait «pourtant maintes fois sommé de se déterminer clairement en rompant, sans ambiguïté aucune, avec les groupes terroristes et les narcotrafiquants afin qu’il puisse faire partie de la solution à la crise malienne».  Il n’y a donc pas l’ombre d’un doute : l’expédition coordonnée le 11 janvier dernier avec des groupes terroristes contre la ville de Konna constitue pour Alger «un point de rupture définitive». Des sources proches du dossier assurent même que l’Algérie pèsera de tout son poids pour que les chefs d’Ançar Eddine soient, à l’avenir, tenus à l’écart des tractations qui auront lieu entre le gouvernement malien et les représentants des populations du Nord-Mali sur l’avenir de l’Azawad. «Au même titre que la représentation des autres communautés du nord du Mali (Barabiches, Songhaïs, etc.), d’autres représentants plus qualifiés auront vocation à parler au nom de la grande famille des Ifoghas en vue de trouver, à travers le dialogue, une solution durable aux revendications légitimes de ces populations sur la base du strict respect de l’intégrité territoriale du Mali», expliqué notre source.

Konna marque une rupture définitive

Les Algériens s’attendaient-ils à ce que les chefs d’Ançar Eddine trahissent leur confiance et retournent aussi facilement leur veste ? A Alger, on soutient que l’on n’avait pas sous-estimé l’influence et l’attraction exercées par AQMI et le Mujao sur les «cadres» de ce groupe. Néanmoins, on avait misé sur l’aile modérée d’Ançar Eddine et, surtout, espéré que celle-ci finisse par prendre le dessus sur le clan radical. L’évolution du rapport de force entre les deux parties explique d’ailleurs la duplicité du discours d’Ançar Eddine. Et c’est justement après un forcing des «modérés» que le groupe créé par Iyad Ag Ghali avait accepté la plateforme d’Alger et s’était engagé non seulement à dénoncer le terrorisme mais aussi à le combattre.

La prise de pouvoir par les partisans du dialogue aura toutefois été très brève. Elle n’a duré en tout et pour tout qu’une petite quinzaine de jours, puisque Ançar Eddine finira , le 3 janvier dernier, par tomber dans l’escarcelle d’AQMI, du Mujao et qui sait peut-être même dans celle d’un des nombreux services de renseignements étrangers qui grenouillent dans la région. Formellement, le changement de cap du groupe islamiste touareg s’est traduit par sa décision de geler l’accord d’Alger sur la cessation des hostilités dans le nord du Mali signé le 21 décembre 2012. Une décision justifiée par le peu d’engouement affiché par le gouvernement malien de transition à trouver une solution politique à la crise. Mais personne n’a vraiment pris au sérieux l’argument avancé par le groupe djihadiste.

Les radicaux prennent le pouvoir

Se peut-il que la volte-face d’Ançar Eddine renvoie à une volonté d’écarter l’Algérie de l’échiquier malien ? Plusieurs anciens officiers supérieurs de l’armée algérienne le pensent. Une chose est certaine : au moment même où les Algériens disent avoir définitivement tourné la page d’Ançar Eddine, le Qatar – dont le gouvernement a été régulièrement accusé ces derniers mois par des services secrets occidentaux de financer les groupes terroristes au Sahel – a estimé, mardi, que le recours à la force au Mali ne règlerait pas le problème, appelant au dialogue. «Bien sûr que nous espérons que ce problème puisse être réglé par le dialogue. Je pense que le dialogue politique est important et nécessaire. Je ne pense pas que la force réglera le problème », avait déclaré à des journalistes à Doha le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Bin Jassem Al Thani.

«La question malienne devrait «être discutée entre les pays voisins, l’Union africaine et le Conseil de sécurité» de l’ONU, a-t-il ajouté, soulignant que son pays était prêt à contribuer à une médiation en vue d’un règlement. «Si quelqu’un demande notre aide (…), nous ferons partie de la solution (mais) nous ne serons pas le seul médiateur», a-t-il dit. Cheikh Hamad Bin Jassem Al Thani a toutefois omis de dire à quel titre il viendra au Sahel, une région qui se trouve à des milliers de kilomètres de chez lui, et surtout avec qui il faudra négocier. Fait-il allusion à Ançar Eddine ? Il y a de grandes chances que cela soit le cas. Quoi qu’il en soit, la question mériterait une réponse claire.*El Watan-17.01.2013.

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