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*L’Algérien est décidé d’arracher le statut de citoyen libre,

malgré des forces hostiles intérieures et extérieures qui tentent d’empêcher le peuple algérien d’accéder à ce statut

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*Les Algériens refusent les élections traficotées par un pouvoir non-légitime

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* le président venu dans ces conditions, n’aura aucune crédibilité sérieuse

*À un mois de la date du 12 décembre, comment la situation politique se présente-t-elle ?

Cherif Dris politologue : Il y a deux logiques contradictoires. La première est celle du pouvoir qui maintient sa feuille de route d’aller vers les élections présidentielles dans les délais fixés, à savoir le 12 décembre 2019. D’un autre côté, il y a une majorité d’Algériens qui refusent les élections, non pas sur le principe, mais refusent les conditions dans lesquelles ces élections vont se dérouler. Ces Algériens clament haut et fort leur rejet des élections dans les conditions actuelles, et plus important encore, on assiste à l’émergence de certaines revendications assez claires. C’est-à-dire, on sort un peu de l’émotion et on va vers des revendications et des slogans assez clairs.

 **Les Algériens iront-ils voter en masse ?

D’un côté, vous avez un pouvoir qui martèle que les élections se tiendront dans ces conditions mais qui d’un autre côté ne fait pratiquement rien pour que les gens aillent voter. Le plus important dans une élection, ce n’est pas tant le candidat qui gagnera mais plutôt le taux de participation. À cet effet, le pouvoir est-il capable de rassurer les Algériens pour aller voter ? Voter est un acte volontaire, on ne peut pas forcer la main à un Algérien pour aller voter. Pour ce faire, il doit y avoir les conditions idoines de façon à ce que l’électeur algérien puisse exprimer sa voix et que celle-ci ne soit pas spoliée. Telles que les conditions se présentent, il est très difficile de s’attendre à ce qu’il y ait un taux de participation assez élevé.

Je doute fort qu’une très forte participation soit celle que recherche le pouvoir. Au demeurant est-elle dans son intérêt ? D’un autre côté, un taux très faible n’arrange pas son intérêt. Mais je pense que le taux sur lequel le pouvoir parierait, en l’absence de données pour pouvoir préjuger de ce qui se passera le 12 décembre, est celui de 35% de taux de participation. Rappelez-vous que durant les dernières législatives le taux variait entre 35 et 38%. Je reste prudent, mais je pense que le pouvoir peut même accepter d’aller vers un taux de participation à 35%. Mais le problème n’est pas là. Un faible taux de participation va décrédibiliser et l’élection et le président qui sera élu. Ça va être une élection bancale pour un président. Encore une fois sans préjuger de ce qui se passera. Il reste qu’avec un taux de participation assez faible, il est clair que c’est le président qui en pâtira du fait qu’il sera un président faible pour ne pas dire mal élu.

**Et qui sera confronté à une rue de plus en plus mécontente…

Le prochain président devra faire face à une multitude de problèmes sur les plans économique, social, politique, et géostratégique, d’une part, et à un mouvement de contestation qui s’installe dans la durée. Depuis le 22 février, la situation ne sera plus la même pour les Algériens qui ont réussi à briser le mur de la peur, et cette contestation ne sera pas, à mon sens, un épiphénomène dont on pourra facilement tourner la page. Un président très mal élu aura vraiment du mal à contenir un mouvement de contestation et à faire face aux défis qui s’annonceront à l’avenir.

**De nombreux détenus d’opinion croupissent en prison. Que pensez-vous de ces arrestations ?

Ces arrestations ne contribuent pas à apaiser et à rassurer les Algériens pour les inciter à aller voter. Nous sommes à 4 semaines des présidentielles, on se demande s’il y a une réelle volonté du pouvoir politique de créer l’environnement idoine pour que ces élections se déroulent dans de très bonnes conditions.*tsa- mardi 12 novembre 2019

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Les élections algériennes, « c’est de la foutaise »

La campagne électorale pour la présidentielle en Algérie a débuté dimanche, sept mois après la démission d’Abdelaziz Bouteflika. L’écrivain Mohamed Kacimi pense que ce scrutin, qu’il juge illégitime, sera boycotté par les manifestants.

À moins d’un mois du vote, la campagne électorale pour l’élection présidentielle en Algérie a officiellement débuté dimanche 17 novembre. À cette occasion, l’écrivain et dramaturge algérien Mohamed Kacimi s’est exprimé sur l’antenne de France 24 pour contester la tenue de ce scrutin. « Il y a une très belle expression des marins d’Alger quand ils remontent dans leur filet non pas du poisson, mais des algues. Ils disent que c’est de la foutaise. Ces élections, telles qu’elles se présentent aujourd’hui, c’est à la fois, une mascarade, un grand guignol et de la foutaise », résume l’auteur de « Dissidences, chroniques du Hirak », (éditions Frantz Fanon).

« Un écart générationnel extraordinaire »

Mohamed Kacimi, comme une bonne partie de la population, vilipende les cinq candidats en lice qui ont tous participé ou soutenu les deux décennies de présidence d’Abdelaziz Bouteflika: « Vous avez un régime finissant qui sort de sa poche une quinte flush avec cinq figures, toutes issues de l’ancien sérail et toutes impliquées jusqu’au cou dans les magouilles de l’ancien régime. Il y a surtout un écart générationnel extraordinaire. Le plus ancien est né à la veille de la bataille de Monte Cassino et le plus jeune date de la bataille de Diên Biên Phu« .

Parmi eux, les ex-Premiers ministres Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, des septuagénaires, font figure de favoris. Les autres candidats sont Azzedine Mihoubi, Abdelaziz Belaid et Abdelkader Bengrina.

Pour ces cinq hommes, la campagne, qui se terminera le 8 décembre à minuit, trois jours avant le scrutin, a débuté dans une relative discrétion. Dimanche, aucun candidat n’avait organisé de meeting à Alger ou dans une des grandes villes du nord, où le refus du scrutin est clamé chaque semaine.

Abdelkader Bengrina avait planifié une tournée dans la capitale avec la presse, tout en refusant d’indiquer à l’avance les endroits où il se rendrait. Selon des médias locaux, le meeting d’Ali Benflis a quant à lui été chahuté à Tlemcen. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la salle où le candidat devait animer un meeting et ont scandé « Benflis dégage », d’après les mêmes sources.

Selon l’écrivain Mohamed Kacimi, ces réactions montrent que le scrutin va être boycotté par une partie de la population : « Nous voyons aujourd’hui que ces candidats auto désignés ou désignés par l’armée ou par ce général à la retraite (Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’armée, nouvel homme fort du pays, NDLR) se font caillasser à chaque fois qu’ils montrent le bout du nez ».

« Ces candidats ne sont pas légitimes, l’autorité qui les a intronisés n’est pas légitime et l’homme, le chef d’orchestre, qui s’est intronisé chef de ce pays, le général Gaïd Salah, n’a aucune légitimité, ni constitutionnelle ni politique ni historique et encore moins intellectuelle », poursuit le dramaturge.

« Passer à un autre stade »

Le Hirak, mouvement de contestation inédit apparu en février, ne faiblit pas. Les manifestations massives continuent chaque semaine. Les participants à ce mouvement refusent plus que jamais la tenue d’une présidentielle. Après avoir obtenu en avril le départ d’Abdelaziz Bouteflika, les contestataires s’étaient déjà opposésà une élection prévue le 4 juillet, qui avait été annulée faute de candidats.

« Le mouvement Hirak a été une extraordinaire et une magnifique force d’opposition pacifique comme on l’a vu. Il serait temps aujourd’hui qu’il passe à un autre stade », note cependant Mohamed Kacimi. L’écrivain plaide pour qu’il devienne une force de proposition d’où émergeraient de nouvelles figures issues de cette nouvelle génération « pour aller à la constitution d’un comité de salut public et bien sûr préparer de vraies élections démocratiques cette fois-ci », ajoute-t-il.

« L’Algérie n’est pas une caserne »

Mais le général Ahmed Gaïd Salah et le haut commandement militaire refusent tout autre scénario de sortie de crise qu’une élection présidentielle. Ils rejettent la mise en place d’institutions de transition comme réclamé par les manifestants. Samedi soir, le haut commandement a lancé un appel aux Algériens pour les « exhorter » à « participer activement aux côtés des forces » de sécurité afin d’ »assurer la réussite de ce rendez-vous crucial pour l’avenir du pays ».

A contrario, Mohamed Kacimi souligne que la répression s’est durcie à l’approche des élections : « Le problème de Gaïd Salah, c’est qu’il entend régenter l’Algérie comme il pourrait diriger un régiment de troufions ou un bataillon de corvées spéciales. L’Algérie n’est pas une caserne ».

Près d’une centaine de manifestants du Hirak sont en effet détenus et/ou sont poursuivis en Algérie, selon le comité national de libération des détenus (CNLD). »Aujourd’hui, les grandes figures qui sont nées de ce mouvement ont toutes été incarcérées. Au lieu d’ouvrir le jeu, ce régime autiste et même atteint d’Alzheimer, a complètement fermé le jeu et il en paiera les conséquences », conclut Mohamed Kacimi.*france24 – lundi 18 novembre 2019

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Quel avenir pour le mouvement populaire ?

*le peuple veut retrouver toute sa souveraineté

**et  garantir le passage définitif à l’Etat de droit et à la démocratie

Ce 22 novembre, un vendredi d’ailleurs, le mouvement populaire aura 9 mois d’existence. Celui-ci aura suscité autant l’admiration que l’espoir de tout un peuple. Splendide, fabuleux, extraordinaire… et d’autres qualificatifs tout aussi élogieux reviennent le plus souvent pour décrire le hirak. Et, incontestablement, c’est mérité !

Personne n’avait imaginé que les Algériennes et les Algériens allaient se mobiliser avec une telle envergure et dans cet élan unitaire hors du commun. En plus de leur portée politique, les manifestations massives, d’un pacifisme admirable, ont donné une esthétique et une image d’une séduisante beauté.

Dès le 22 février, les Algériens eux-mêmes, puis le monde entier, ont découvert un peuple revigoré, guéri de ses blessures anciennes, mettant en avant une jeunesse d’une grande conscience politique et d’une vitalité surprenante dans une ambiance de fraternité et de solidarité insoupçonnées.

Du vendredi au mardi et d’une semaine à l’autre, le peuple a réitéré, inlassablement, en battant le bitume, sa volonté d’un changement profond du système de gouvernance qui lui a été imposé depuis trop longtemps et de voir enfin, émerger une nouvelle classe dirigeante et une gouvernance en phase avec lui.

Déstabilisé, le pouvoir consentit alors des gestes inimaginables auparavant. Un nombre incalculable de hauts dignitaires du régime se retrouvent derrière les barreaux et un air révolutionnaire plana au-dessus du pays. Victimes de leurs propres dérives, nombre des promoteurs du pouvoir de l’innommable ex-Président se retrouvent aujourd’hui neutralisés et le régime politique totalement effondré.

Dans cette première manche, le mouvement populaire sort incontestablement grand vainqueur ! En effet, le 5e mandat qui semblait irréversible a été balayé, ainsi d’ailleurs que les tentatives de prolongations du 4e. Et si le dernier gouvernement est toujours en fonction, il n’y a pas de doute que son espérance de vie a été déjà consommée. Les principaux noyaux durs de l’ex-régime sont sous les verrous et les futurs procès promettent d’être ravageurs.

Comme chacun le sait, l’appétit vient en mangeant et le mouvement populaire ne veut pas s’arrêter en si bon chemin pour obtenir sa nouvelle République. Débarrassé d’un régime putride, le peuple voit grand : retrouver toute sa souveraineté.

Il faut donc applaudir cette prouesse historique du peuple algérien… et ne pas s’arrêter là !

Une fois la déconstruction de l’ancien système de gouvernance suffisamment avancée, la question du «que faire» pour garantir le passage définitif à l’Etat de droit et à la démocratie, se pose maintenant avec acuité. En effet, le mouvement populaire a atteint un seuil critique qui interpelle dorénavant toute la société politique.

Dans une situation aussi complexe que celle du pays, il ne peut y avoir de réponse unique aux préoccupations légitimes d’une société à la recherche de son avenir.

Il n’y a pas de doute qu’un nouvel état d’esprit règne sur le pays. Les Algériens ont ôté les oripeaux de la peur et exigent l’Etat de droit et la démocratie. Or, une fois ainsi formulée, cette volonté va imposer d’elle-même et naturellement la logique politique qui devrait la réaliser.

**Structurer le hirak ?

Nombreux sont celles et ceux qui ont considéré que la structuration du hirak, depuis la base, serait la solution idoine pour continuer à mener le combat, face à un pouvoir réfractaire à tout changement fondamental. Pour ses promoteurs, cette solution permettrait d’unir le peuple et de lui offrir une «direction» légitime pour parler et éventuellement manager une transition en son nom.

Pourtant, malgré des appels incessants, cette «structuration» ne s’est pas produite.

La raison en est simple : structurer le hirak, qui représente le peuple, en un mouvement unique est une aberration conceptuelle car elle nie tout simplement la demande populaire de la démocratie. Le peuple veut la liberté ? On lui propose un embrigadement par devers les convictions, les affinités et les croyances !

Comment peut-on vouloir la démocratie et organiser en même temps un peuple au sein d’une même structure en lui déniant, ce faisant, le droit à la pluralité ? Comment peut-on désigner des représentants d’un peuple pour les cantonner dans la position d’un interlocuteur face à un pouvoir d’Etat ? Le peuple élit des dirigeants d’un pays et non pas des porte-parole pour quémander des droits.

Si au plan philosophique, la contradiction est flagrante, le terrain lui-même confirme ces appréhensions. A moins d’avoir les moyens de l’ex-zaïm libyen qui avait rêvé de structurer l’ensemble du peuple dans sa «djamahiriya» ou, de façon plus rationaliste, reprendre l’expérience du parti unique, il est évident que ces solutions sont illusoires. Les Algériens n’accepteront jamais de revenir à l’ère de la pensée unique qui ne tarderait pas à émerger, sans l’ombre d’un doute, d’une telle tentative.

**Revenir au réel

En Algérie, depuis des décennies, des hommes et des femmes se sont engagés dans l’action politique d’opposition. Dès la première ouverture au multipartisme, des courants politiques et parfois idéologiques ont vite cristallisé les convictions. Cependant, les vicissitudes de l’histoire et surtout les manigances du pouvoir ont fait que le multipartisme est resté stérile et une forme de discrédit populaire s’est abattue sur l’ensemble de la classe politique. Brimés, manipulés, «redressés», interdits… les partis politiques ont souvent fini par succomber à la logique de l’allégeance ou de la survie.

Les autres organisations de la société civile, syndicats et associations ont également, de guerre lasse, fini par s’adapter à un environnement hostile à la liberté et à l’initiative.

Cependant, malgré son échec relatif, la société politique a tout de même maintenu la diversité, le débat et une forme de militantisme indéniable. Malheureusement, dans ce qui s’apparente aujourd’hui à l’opposition, les fractures y sont profondes et les contradictions à fleur de peau.

Combien de réunions de partis, d’associations, d’organisations et autres se sont tenues sans jamais aboutir à un consensus ? Ceux qui ont pu réunir un collectif ont investi tout leur savoir-faire et leur énergie. Pour quel résultat ?

Ce n’est donc ni l’intelligence ni la volonté des uns ou des autres qui sont en cause. L’équation a été mal posée et donc son développement sera sans issue.

**Faire aboutir la dynamique du mouvement populaire

L’exceptionnelle prise de conscience des Algériens et leur engagement dans un acte de citoyenneté à travers le hirak doivent être fructifiés par la société. Se sentir Algérien et fier de l’être, avoir le sentiment de responsabilité personnelle sur la suite des évènements, être solidaire dans l’espace public, voilà de quoi construire une citoyenneté en devenir.

L’Etat de droit et la démocratie ne peuvent être que la traduction dans les règles de droit d’un état d’esprit où fraternité, échange, reconnaissance de l’autre et engagement de conviction sont les valeurs qui fondent l’action de chacun. Cela signifie aussi le refus de l’exclusion, la fin des ostracismes, la dissolution des idéologies hégémonistes ou plus simplement des comportements de castes.

 Le peuple, réuni dans des valeurs constructives – et c’est le cas aujourd’hui – doit pouvoir se muer, le moment venu, en corps électoral pour signifier ses choix.
**L’enjeu actuel

Pour concrétiser l’objectif de l’Etat de droit, il est nécessaire d’établir de vraies règles de la pratique démocratique (les superstructures de l’action-le contenant) et réussir la mise en place de partis politiques pertinents (le contenu de la démocratie).

Les deux éléments sont en cours de genèse. Il y a en effet un bouillonnement politique, prémisses virtuelles d’une agglomération d’élites éparses en courants politiques porteurs de projet de société.

Par ailleurs, les options pour les premières superstructures, bien qu’encore incertaines et fragiles, font consensus à l’intérieur de la société politique. Une vision globale et partagée sur les règles du jeu politique a d’ores et déjà mûri en son sein. Dans l’immédiat, une dynamique de dialogue, dirigée par la société civile et incluant l’ensemble des partenaires politiques, pourrait en être la pierre angulaire. Evitant la confrontation des «contenus politiques», les participants pourraient se mettre d’accord sur le «contenant démocratique», sous l’égide de partenaires neutres. Un accord général sur des règles du jeu démocratique au sein de l’opposition dans son sens le plus large pourrait devenir un instrument de négociation efficace face au pouvoir en place.

Cette opération a même été possible durant les mois de mai et juin passés, qui avaient offert une fenêtre de tir, qui s’est malheureusement refermée rapidement dès l’été. La société politique s’étant empêtrée dans un comportement nihiliste et jusqu’au-boutiste, une partie d’entre elle avait vigoureusement refusé tout processus de concertation.

Une autre fenêtre de tir se représentera bientôt, par la force de la dynamique historique. Les femmes et les hommes politiques sauront-ils la saisir ?

Les partis politiques, l’échine de la démocratie

Si le premier terme de l’équation peut être résolu – soit la structure de la démocratie – encore faudrait-il lui donner un contenu politique conséquent.

En effet, pour animer une démocratie, il est nécessaire d’avoir des hommes et des femmes politiques capables d’assumer leur rôle. Etre politique est un métier qui ne peut s’improviser au pied levé. Il faut sortir de ce populisme intéressé où l’action organisée est réfutée systématiquement et où les «atomes libres», comme ils se désignent eux-mêmes, écument l’espace médiatique, donnant des leçons aux uns et aux autres, jugeant et se déjugeant à longueur de bavardages aussi bruyants qu’inutiles.

A part quelques personnalités «indépendantes» dont la compétence ne peut être mise en doute, une noria de petits égos qui, sous l’étiquette d’universitaires, d’experts, d’analystes politiques ou de journalistes, écument les plateaux et les réseaux sociaux. Ils mélangent concepts politiques, ambition et ressentiment, tombant même dans le ridicule et la diffamation, contribuant ainsi à la confusion générale.

Le pouvoir en place les a toujours encouragés, car dans leur suffisance, ils troublent les consciences, voilent les vérités et quelquefois déroutent les auditeurs. Ils empêchent toute structuration sérieuse de l’action politique à long terme. Ils peuvent avoir le verbe haut et parfois la brillance du novice, mais ne construisent rien. La politique n’est alors que paroles en l’air et verbiage stérile ou, le cas échéant, toxique.

Si le mouvement populaire veut concrétiser un projet d’Etat de droit et de démocratie, il doit s’en donner les moyens. Il faut envisager l’avenir en cohérence avec ses objectifs stratégiques et non pas dans une cacophonie qui finira par lasser tout le monde.

La démocratie veut que chacun puisse s’exprimer, s’organiser et travailler pour ses convictions. Les peuples ne sont pas monolithiques. Les intérêts sont souvent divergents entre les citoyens, mais toujours légitimes.

La nation forte est celle qui a confiance en elle-même, qui a stabilisé une large partie de ses valeurs de base et qui arrive à organiser en son sein des débats sereins, qui se concluent par l’expression du suffrage.

En ce sens, les grandes idées qui agitent l’élite doivent s’organiser en courants politiques que des partis incarneront avec plus ou moins de bonheur, en présentant des projets de société réalistes.

Tant que les humains n’ont pas encore inventé un autre système de gouvernance qui s’harmonise avec le besoin inné de liberté, la démocratie multipartisane restera le modèle le plus accessible et le mieux éprouvé.

*Couronner le mouvement populaire

Le moment est donc venu pour que les Algériens s’engagent en politique en tant que citoyens recherchant le bien commun. La dynamique populaire est si puissante qu’une élite doit pouvoir émerger de son sein. C’est le moment pour l’élite de réfléchir comment construire l’avenir et non pas seulement comment empêcher tel ou tel événement particulier de se produire.

A force de se donner des défis dans des limites temporelles étriquées, face à un pouvoir maître du pays, le mouvement risque de perdre à chaque tentative et, en bout de course, se démotiver.

Il faut au contraire intégrer tous les atouts dont dispose notre société pour les déployer en un laps de temps raisonnable et concrétiser enfin les changements de fond auxquels chacun aspire. Il est temps que nos concitoyens s’organisent politiquement, ne laissent plus le vide dans l’espace de l’action publique, rapidement occupé par les plus médiocres. Il faut construire de véritables partis politiques dignes de représenter, chacun, une partie de la volonté populaire.

De nouveaux partis politiques doivent s’épanouir, ceux existants pourraient également être renforcés par l’apport d’une jeunesse éduquée, consciente et responsable. Les partis politiques à leur tour doivent s’ouvrir, encadrer et former les nouveaux militants. Il ne peut y avoir de succès dans l’éphémère.

Que celles et ceux qui aspirent à servir leur pays s’impliquent avec sérieux et continuité dans une œuvre de vie. 

**Par  Soufiane Djilali ,   Président de Jil Jadid

*publié dans elwatan- 21 novembre 2019

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         *une situation inédite 

C’est une situation inédite à laquelle font face les candidats à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain, à l’occasion d’un scrutin peu anodin, puisque massivement rejeté par le peuple. Les cinq postulants à la magistrature suprême, qui ont déjà eu à vérifier par eux-mêmes l’hostilité populaire envers cette échéance électorale, eu égard aux conditions particulières de sa tenue, ont constaté de visu hier, au premier jour de la campagne, l’ampleur du fossé qui les sépare des Algériens. D’abord parce que l’élection en question entre dans une feuille de route, celle du pouvoir en place, qui fait table rase de toutes les revendications du mouvement populaire, à commencer par celle liée à la mise en place d’une transition politique sans les figures du système. Et le fait, ensuite, que tous les prétendants retenus pour cette compétition soient issus de ce même système honni par les Algériens, cela ne fait, en effet, qu’achever de disqualifier, définitivement, aux yeux de ces derniers, ce rendez-vous électoral. Les candidats ont eu, hier, à le vérifier à leurs dépens. Même ceux qui ont fait le choix de débuter leur campagne par le sud du pays ont été surpris de voir que les populations de ces régions, traditionnellement foncièrement pacifistes, ont finalement compris le sens que le régime veut donner à cette élection. Aveuglés, visiblement, par l’ambition, démesurée pour certains d’entre eux, de briguer la fonction présidentielle, ces prétendants à la magistrature suprême ne mesurent peut-être pas le niveau de prise de conscience de pans importants du peuple, y compris dans les régions qu’on avait tendance, jusqu’à un passé récent, à considérer comme réfractaires à la revendication politique. La première journée de la campagne électorale a été pour le moins houleuse, notamment dans les villes où les candidats ont programmé des activités. Et vu le degré de rejet de ce scrutin par une grande majorité de la population, il faut certainement s’attendre à ce que cette hostilité contre les candidats prenne des proportions plus importantes dans les jours à venir. Les prétendants seront amenés, comme ils l’ont fait hier, à mener leur campagne presque en vase clos avec leurs partisans respectifs et, surtout, sous haute sécurité. Ce sera, selon toute vraisemblance, une campagne sans le public visé par toute action de sensibilisation électorale, c’est-à-dire le peuple. Et c’est aussi en cela que la présidentielle du 12 décembre est inédite.*par Hamid SAIDANI – Liberté/ lundi 18 novembre 2019 -

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Djamila Bouhired à la marche à Alger

**Une information mensongère a circulé sur les réseaux sociaux depuis ce samedi matin, et reprise par des individus, fait état d’un placement en résidence surveillée de Djamila Bouhired à Alger. Arezki Aït Larbi, éditeur et a proche de l’ancienne moudjahida, nous a confié qu’elle est libre de ses mouvements. « Je viens de l’avoir au téléphone, je démens cette information c’est de l’intox auquel il faut faire attention ».Le Matin d’Algérie / 23 novembre 2019

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Rien ne pourra arrêter notre hirak

Les marches nocturnes de mercredi et de jeudi ont galvanisé les marcheurs puisque les Algérois à l’instar des millions d’Algériens à travers le territoire national, ont affiché leur résolution à poursuivre le mouvement.

Pour ce 40e acte de contestation populaire, les Algérois n’ont pas dérogé à la règle. Ils étaient aussi nombreux que les premiers vendredis qui ont suivi le début du hirak. Le refrain “Allah Akbar makach el vote”, a bien résonné ce vendredi, dans les rues de la capitale. Les avenues habituelles de la mobilisation au centre d’Alger étaient noires de monde. En somme, tout était réuni pour bien entamer le 10e mois de la révolution citoyenne et continuer à opposer inlassablement un bras de fer aux “valets d’el-îssabate”.

Les marches nocturnes de mercredi et de jeudi ont, semble-t-il, galvanisé les marcheurs puisque, les Algérois à l’instar des millions d’Algériens à travers le territoire national, ont affiché leur résolution à poursuivre le mouvement jusqu’à ce que le “régime tombe”, en passant par une véritable période de transition. De nouveaux slogans adaptés à la campagne électorale ont été ainsi scandés par des dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé dans les grandes artères.

Le mouvement populaire a réglé aussi son horloge sur le sixième jour de la campagne électorale des “cinq marionnettes du pouvoir” pour commenter leurs sorties ratées. Les cinq prétendants au palais d’El-Mouradia étaient la cible particulière des manifestants. “Les candidats font des campagnes à huis clos, sans aucun contact direct avec le peuple. Les organisateurs de cette mascarade partent chercher des vieux et des vieilles des douars pour remplir difficilement des petites salles de cinéma.

Qu’ils arrêtent leur pièce théâtrale et qu’ils rentrent chez eux”, a commenté un groupe de manifestants. Un autre cortège a déployé pour la circonstance sur la rue Didouche-Mourad une grande banderole qui rappelle que “cette génération ne fera jamais marche arrière” ou “il n’y aura pas de vote, nous sommes là, vous partirez tôt ou tard, vive le hirak”.

Ils enchaînent sur la nouvelle revendication phare des hirakistes, l’annulation du scrutin du 12 décembre, et ce, en répétant à l’unisson, un nouveau slogan qui a fait son entrée hier : “L’Algérie était pendant 57 ans pro-française, aujourd’hui on la veut tout simplement algérienne, ça y est nous avons démarré, rien ne pourra arrêter notre hirak et il n’y aura jamais de vote.”

L’ambiance revendicative a pris d’autres couleurs à partir de 14h30 avec l’arrivée des premiers cortèges de manifestants venant de Bab El-Oued pour rallier la place Audin et le jardin Mohamed-Khemisti. D’ailleurs, il fallait jouer des coudes pour se frayer un passage afin d’atteindre ces places de ralliement. D’autres processions arrivent de Belcourt et d’El-Harrach pour se rassembler sur l’esplanade des boutiques abandonnées du jardin Mohamed-Khemisti.

Le contingent des habitants d’El-Harrach a battu le pavé de la rue Hassiba-Ben Bouali et du boulevard Amirouche après une longue halte place du 1er-Mai où les jeunes ont admirablement entonné les chants résumant les revendications du peuple. Signalons enfin que le décor sécuritaire planté hier dans les rues qu’a empruntées le hirak ne diffère aucunement de celui des précédentes manifestations populaires, puisque les policiers ont procédé à plusieurs arrestations.- Par Hanafi HATTOU - Liberté / 23 novembre 2019

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*L’attitude agressive du pouvoir a eu l’effet inverse

La campagne électorale pour l’élection présidentielle se transforme peu à peu en une campagne d’arrestations massives de toutes les personnes qui peuvent se trouver, parfois même par un simple hasard, sur le chemin d’un des prétendants à la magistrature suprême. Beaucoup d’entre eux ont pu le vérifier à leurs dépens et se sont retrouvés subitement dans les geôles d’un commissariat de police ou d’une brigade de gendarmerie. D’autres ont connu le même sort pour avoir conspué les convois des candidats. Toutes les actions effectuées jusque-là par les citoyens pour dénoncer une parodie de scrutin étaient pacifiques, et on n’a recensé aucun acte de violence ou même d’agressivité envers les concernés. Mais cette attitude citoyenne semble avoir profondément dérangé les tenants du pouvoir qui conçoivent le rendez-vous du 12 décembre, non pas comme une échéance politique devant permettre au pays de renouer avec la légalité et la légitimité de l’Exécutif, mais plutôt comme une bouée de sauvetage pour un système moribond. Et c’est ce qui explique la réaction pour le moins brutale des forces de l’ordre chargées de “sécuriser” les sorties des candidats sur le terrain. Ce qui était censé être une campagne électorale, c’est-à-dire une opération de sensibilisation des électeurs à l’acte de vote et au choix des candidats, vire peu à peu à une expédition punitive à l’encontre de tous ceux qui pourraient être tentés de contester sa feuille de route. Les tenants du système pensent peut-être que c’est ainsi qu’ils vont refroidir les ardeurs des protestataires qui sont ramassés à la pelle, par dizaines, à chaque passage d’un candidat, et embarqués dans les fameux “paniers à salade” des services de sécurité. Et si certains sont relâchés sous la pression des citoyens qui ont appris à se regrouper pacifiquement devant les commissariats de police pour réclamer la libération de leurs camarades arrêtés, d’autres, malheureusement, sont rapidement condamnés, et à de lourdes peines. En agissant ainsi, le pouvoir tente, comme à son habitude, d’user des outils répressifs dont il dispose pour faire taire les voix réfractaires à sa démarche. Mais tout compte fait, comme on l’a encore vu hier à travers plusieurs régions du pays, cette attitude agressive du pouvoir, qui commence à faire jaser, est loin de dissuader les activistes du mouvement populaire et les citoyens de façon générale de continuer à contrarier ses plans. *par Hamid SAIDANI -  Liberté / lundi 25 novembre 2019

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Le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) dénonce l’«acharnement» contre l’association et ses militants. «Encore une fois, le RAJ est la cible préférée d’un pouvoir aux abois, en interpellant deux de ses militants, en l’occurrence Fouad Ouicher, secrétaire général de l’association, et Saïda Deffeur, militante du comité de Tizi Ouzou.

Au retour de la marche (du vendredi 23 novembre, ndlr) et au moment où les militants ont rejoint le siège, des agents en civil étaient postés à l’entrée de l’immeuble, ils ont procédé à l’interpellation des deux camarades», signale un communiqué rendu public par bureau national de l’association.

Le RAJ dénonce «la volonté manifeste du régime de mettre à genoux l’association et à travers elle la société». Les «enRAJés» affirment que rien ne pourra arrêter «notre marche et rien ne pourra fléchir nos convictions». «Nous sommes et nous resterons fidèles à nos engagements. Notre soutien sera toujours indéfectible à la lutte populaire pour le changement démocratique et pacifique du régime et l’avènement de l’Etat des droits et des libertés», note l’organisation, qui appelle à poursuivre la mobilisation et la solidarité citoyenne «pour venir à bout d’un régime autiste et autoritaire».

Des compagnons du RAJ dénoncent «l’acharnement manifeste» des autorités contre une association agréée et dont le siège est situé en plein centre de la capitale. «Il y a un acharnement manifeste contre l’association RAJ. C’est injustifié et incompréhensible. Le RAJ est une association de jeunes qui a été un des maillons forts de la dynamique de la société civile à nos côtés.

Elle n’a ménagé aucun effort pour faire des propositions, des médiations dès le mois de mars pour une solution politique consensuelle et pacifique. S’attaquer au Raj, c’est s’attaquer à la société civile et à toutes les voix qui œuvrent pour une sortie de crise. S’attaquer au RAJ, c’est compromettre ces efforts et pousser au pourrissement, cet acharnement contre des jeunes militant(e)s doit cesser. Fouad Ouicher est arrêté car il a tenté de relancer les activités du RAJ. Veut-on la mort de l’association ? Que reprochent-ils à l’association ?» s’interroge Saïd Salhi, vice-président de la LADDH.

«Le RAJ a choisi son camp»

Les «enRAJés» ont été la cible de plusieurs arrestations. Sept militants du mouvement ont été placés sous mandat de dépôt après leur arrestation, le 4 octobre dernier, par des policiers en civil, à l’issue de la 33e manifestation hebdomadaire. Hakim Addad, un des membres fondateurs de l’organisation, Massinissa Aissous, Djalal Mokrani, Bouider Ahmed et Kamel Ould Ouali ont été présentés devant le juge d’instruction, qui les a placés en détention provisoire pour «incitation à attroupement» et «atteinte à l’intégrité et l’unité du territoire».

Les services de lpolice n’ont pas épargné le président de l’association, Abdelouhab Fersaoui, arrêté le 10 octobre par des agents en civil à quelques mètres du tribunal Abane Ramdane (Sidi M’hamed), où il participait à un sit-in de soutien aux détenus. Dans une interview à El Watan au lendemain des arrestations «ciblées», Fersaoui était catégorique : «Le RAJ a choisi son camp, qui est celui du peuple qui réclame le changement du système d’une manière solennelle depuis plus de 8 mois.

Ce sont donc les positions, les actions et les initiatives du RAJ qui dérangent. Le pouvoir vise à casser et à affaiblir l’association et, à travers elle, toutes les dynamiques et les militants qui portent haut et fort les revendications du peuple sans prétendre le représenter, car le mouvement n’a pas besoin de représentants. Mais le pouvoir se trompe s’il croit affaiblir et casser le mouvement par la répression.»*elwatan- 24 novembre 2019

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Le Comité national pour la libération des détenus d’opinion appelle à une grève générale

L’Algérie traverse ces derniers jours une vague d’arrestations contre des manifestants pacifiques, à travers plusieurs wilayas du pays, avec violence et acharnement policier, notamment contre des citoyens opposants à la mascarade électorale du 12 décembre prochain, rejetée et disqualifiée par l’écrasante majorité des Algériens.

Cette situation inédite d’un pouvoir aux abois est une preuve que les décideurs, déboussolés et en perte de vitesse, cherchent à imposer un passage en force pour imposer une dictature militaire au moment où les millions d’Algériennes et d’Algériens ne cessent de réclamer quotidiennement un Etat civil et une Algérie libre et démocratique, depuis neuf mois d’une révolution pacifique qui a émerveillée le monde entier.

Depuis quelques semaines, une dizaine d’innocents, arbitrairement incarcérés et pris en otages par le pouvoir en place, ont été jugés et condamnés par une justice soumise qui peine à se libérer.

Un hommage particulier à l’ensemble des avocats de la défense qui continuent à honorer leur noble mission, bénévolement et sans relâche, depuis plusieurs mois.

Les portraits des détenus d’opinion et politiques ont été portés à travers tout le territoire national et même à l’étranger, à chaque marche ou action, par les Algériens qui réclament la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.

Les familles des détenus d’opinion et politiques, comme le CNLD, ne sont pas indifférents devant cette solidarité exemplaire et exceptionnelle qui confirme aussi l’union des Algériens dans ce mouvement pacifique.

Le CNLD, fidèle à ses engagements et missions, réuni samedi 23 novembre à Alger pour évaluation de la situation, appelle l’ensemble des Algériennes et Algériens, toutes les forces vives du pays, à une grève générale, dans tous les secteurs à travers le territoire national, pour la journée du jeudi 28 novembre.

Le CNLD appelle la société civile à rejoindre massivement le rassemblement des mamans et des familles de détenus, le même jour du jeudi 28 novembre à 14 heures, à la place Maurice Audin (Alger) pour exiger la libération de tous les détenus de la révolution et l’arrêt immédiat de cette répression judiciaire.

A cet effet et pour la réussite de cette grève générale, le CNLD appelle l’ensemble des syndicats autonomes au niveau national à adhérer massivement à cette action en soutien aux détenus politiques et d’opinion ainsi que leurs familles, en attendant d’autres actions communes à engager début mois décembre.

L’union fait la force et la différence.
Alger, le 24 novembre 2019 ;
Le CNLD.

*Le Matin d’Algérie / 24 novembre 2019

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Le mouvement citoyen se redynamise

Des manifestations imposantes contre le régime ont eu lieu, vendredi, dans quarante-six wilayas. C’est un rebond significatif de la mobilisation à la veille de la campagne électorale.

Depuis quelques jours, les chaînes de télévision publiques et privées diffusent abondamment des couvertures de marches de soutien au scrutin du 12 décembre prochain en plans serrés, afin de produire une illusion d’optique d’un nombre élevé de manifestants.  En parallèle, les forces de sécurité s’échinent à interpeller des citoyens, parfois de manière musclée (arrestation d’une cinquantaine de protestataires à Annaba et à Constantine à la fin de la semaine écoulée et hier à Oran et à Bordj Bou-Arréridj). 

Ces actions propagandistes visent assurément à faire l’illusion d’une adhésion populaire autour de l’élection présidentielle. Sur le terrain et surtout sur l’opinion publique, la démarche n’a pas eu l’effet escompté.  Ce vendredi, la mobilisation contre le régime et son agenda électoral a connu un rebond significatif, par l’importance de la masse populaire ayant investi les rues, malgré le froid, la pluie et la grêle, et par son étendue géographique plus large.

Les Algériens ont marqué le 39e épisode de la révolution citoyenne en manifestant, par dizaines de milliers, dans quarante-six wilayas. C’est un record. Les vues aériennes, prises essentiellement des balcons, ont montré des déferlantes dans des villes ordinairement calmes les vendredis : Tiaret, Ouargla, Laghouat, Oum El-Bouaghi, Adrar, Biskra, Béchar, Djelfa, Médéa, Blida, El-Bayadh, Illizi, El-Oued, Tipasa, Nâama, etc. L’approche de la date de la présidentielle dynamise certes le hirak. Dans certaines régions, les Algériens sont aussi sortis pour démentir les partisans du régime qui ont de plus en plus tendance à parler en leur nom, devant les micros des médias audiovisuels notamment. 

Ces réactions citoyennes, spontanées et récurrentes, aux tentatives du pouvoir d’imposer, à travers ses relais et souvent par la force, sa feuille de route, couplées aux deux marches hebdomadaires de plus en plus imposantes, rendent de jour en jour le scrutin présidentiel hypothétique. D’autant que le peuple ne semble pas céder à la fatalité, ni renoncer à ses revendications de base, à savoir le départ de tous les représentants du régime, malgré les arrestations, les menaces dans les discours des autorités nationales et le black-out médiatique.

Le rejet de l’élection est d’ailleurs exprimé de manière édifiante : des sacs-poubelles sont accrochés sur les espaces réservés aux affiches électorales des candidats, à certains endroits, dans d’autres, ces derniers portent le graffiti “Makanch l’vote mâa l’îssabat” (Pas de vote avec le gang). À Oued-Souf, des citoyens ont piétiné les portraits des cinq candidats officiels à la magistrature suprême.

Deux d’entre eux, Ali Benflis et Abdelkader Bengrina, ont été particulièrement malmenés dans des apparitions publiques. C’est dire la difficulté d’Abdelmadjid Tebboune et de ses rivaux à animer la campagne électorale, qui démarre aujourd’hui. Nacer Djabi, universitaire sociologue, a déclaré à un site électronique que les candidats se focaliseront sur des débats télévisés et des rencontres en vase clos, car ils ne pourront pas aller à la rencontre directe des électeurs. *Par Souhila HAMMADI - Liberté- dimanche 17 novembre 2019

********* 39e marche des étudiants contre le système

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*vidéo: 39e marche des étudiants 

C’est par milliers que les étudiants, appuyés par des citoyens de tous bords, ont entamé, ce mardi,  leur 39e marche contre le système, à partir de la Place des Martyrs, à Alger. Ils scandent «Il n’y’ aura pas de vote avec les bandes mafieuses»

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**CANDIDATS ET FORCES DE L’ORDRE À RUDE ÉPREUVE FACE AU REJET DE L’ÉLECTION

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RCD : “Le rendez-vous du 12 décembre est déjà disqualifié”

La Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a réitéré son rejet de la présidentielle du 12 décembre, dans un communiqué rendu public hier à l’issue d’une session mensuelle de son secrétariat national, qui s’est réuni vendredi. “Le rendez-vous du 12 décembre est déjà disqualifié”, affirme le RCD, estimant que le parti “est plus que jamais convaincu de la nécessité d’œuvrer à consolider et à élargir la construction de l’alternative démocratique portée par le mouvement populaire”, qui avait commencé par dénoncer un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, avant de revendiquer le départ des figures qui ont incarné le système depuis l’indépendance.

“Près de neuf mois après le 22 février, la décantation se précise”, ajoute le RCD, précisant que, “d’une part, il y a ceux qui, sans calcul, ont pris à bras-le-corps et répercutent les exigences du peuple algérien, en lutte pour le recouvrement de sa souveraineté entière” et, “d’autre part, il y a ceux qui ont choisi, pour des raisons diverses, de se mettre sous le giron d’un chef d’état-major hors temps”, en participant à “une mascarade électorale dont les résultats sont connus d’avance”.

“Que ces derniers ne portent aucun projet en eux-mêmes ou qu’ils estiment que leur heure est venue pour corroborer l’imposture qui consiste à réduire la faillite du système politique au seul choix de ‘bonnes personnes’ à investir dans la fonction présidentielle importe peu. C’est désormais un slogan passé de mode”, lit-on encore dans le communiqué.

Pour le RCD, “devant la détermination citoyenne d’aller jusqu’au bout pour en finir avec une gouvernance qui a privé l’Algérie d’un projet de développement à notre portée, le plus important, aujourd’hui, est de consolider la seule alternative viable : la transition démocratique et pacifique contre la tentation de restauration du système politique par une mascarade électorale dont les résultats sont connus d’avance”.

Et de dénoncer encore ce qu’il qualifie de “contre-révolution : menées subversives contre l’unité de la nation, encerclement de la capitale, arrestations et détentions arbitraires, chantages en tous genres (…), intervention auprès de gouvernements étrangers pour entraver les médias qui couvrent les activités du hirak sont parmi les armes des laboratoires d’un pouvoir de fait pris de panique et agonisant”.

Le RCD a dénoncé également “les verdicts de condamnation à des peines de prison de citoyens innocents  arrêtés lors de marches pacifiques, à Alger, pour possession de l’étendard amazigh ou pour de simples motifs de présence répétée dans ces marches populaires (qui) déshonorent leurs auteurs”.

Si le RCD, dont de nombreux militants sont en prison, dénonce les pressions exercées sur le Syndicat des magistrats pour faire cesser sa récente grève, il ne manque, toutefois, pas de dénoncer que “cette soumission avilissante de cette justice aux ordres est sans appel et ses inconséquences sont flagrantes”, expliquant que “pour les mêmes griefs, les autres juridictions du pays n’ont pas trouvé motif à prononcer des condamnations”.

Évoquant le vote par l’APN des projets de loi de finances 2020 et de la loi sur les hydrocarbures, le RCD estime qu’“au-delà de l’illégitimité de ce pouvoir de fait à légiférer sur le devenir du pays, la place des hydrocarbures dans le modèle énergétique du pays et la part que le secteur doit prendre dans un plan de développement du pays nécessitent un large débat qui passe obligatoirement par l’instauration d’institutions crédibles et légitimes”.

Autrement dit, “il faut d’abord mettre le pays sur le chemin de la croissance”, a expliqué le parti dirigé par Mohcine Belabbas. “Pour ce faire, la légitimité et la crédibilité des institutions du pays sont des prérequis incontournables. On en est loin”, a-t-il encore insisté. *Lyès Menacer - Liberté- dimanche 17 novembre 2019

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Lahouari Addi : la souveraineté appartient à l’électorat et non à la hiérarchie militaire

Pour Lahouari Addi, le mouvement populaire en cours ne « s’arrêtera pas jusqu’à » ce que la souveraineté exercée actuellement par la hiérarchie militaire revienne à l’électorat.

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« Le hirak ne s’arrêtera pas jusqu’à obtenir la transition par laquelle la hiérarchie militaire cessera d’exercer la prérogative de la souveraineté qui appartient à l’électorat », écrit Lahouari Addi dans une contribution que nous publions ci-dessous.

obtenir la transition par laquelle la hiérarchie militaire cessera d’exercer la prérogative de la souveraineté qui appartient à l’électorat.

Le 39e vendredi a été aussi historique que les précédents. Malgré la pluie, les Algérois sont sortis en masse pour crier leur amour du pays, à l’unisson avec les autres wilayas.

Ceux qui pensent pouvoir organiser une élection présidentielle en ignorant l’opinion de la majorité des électeurs potentiels ont perdu tout contact avec la réalité. Ils vivent dans un autre monde.

Et que dire de ces candidats qui, toute honte bue, attendent d’être désignés contre la volonté de la majorité de la population ?

La détermination des Algériens est telle que l’élection du 12 décembre n’aura pas lieu. « Maranach habsine, makach el vote » (On ne s’arrêtera pas et il n’y aura pas de vote, ndlr), disent les manifestants.

Il est probable que le ministère de l’Intérieur proclame le vendredi 13, sur instruction des généraux, Tebboune ou son acolyte Benflis, préposé aux fonctions de président de la République.

Mais cela ne changera rien, puisque les manifestants demanderont la démission du président désigné.

Les ministres ne pourront pas sortir sur le terrain, ni les walis tant que la demande de la population n’est pas satisfaite et reconnue comme légitime.

Le hirak ne s’arrêtera pas jusqu’à obtenir la transition par laquelle la hiérarchie militaire cessera d’exercer la prérogative de la souveraineté qui appartient à l’électorat.

Lahouari Addi

*dzvid.com -  15 novembre 2019

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La Laddh appelle à l’annulation de la présidentielle

La ligue de défense des droits de l’homme (LADDH) rejette la présidentielle et se fait l’écho de ces millions de manifestants qui exigent aussi la libération des détenus et un changement radical du régime.

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Pour la Laddh, il y a urgence de reporter la présidentielle et que le pouvoir arrête les provocations. La Ligue de Défense des droits de l’homme dénonce les arrestations massives de militants du Hirak.

Lisez le communiqué

« Non aux élections qui portent atteinte à l’unité et à la cohésion nationales. Au lendemain de la marche historique d’hier qui a vu défiler massivement 46 wilayas, le pouvoir ne semble pas reculer, au contraire, il maintient son coup de force, et multilplie la provocation au risque d’aller à une confrontation certaine avec la population qui est elle aussi résolue, à défendre pacifiquement, sa révolution pacifique.

Alors, un bras de fer dangereux s’annonce et c’est l’escalade, chaque jour on assistent presque impuissants à des affrontements entre les partisans des élections appuyés et encadrés par les services de sécurité et les médias du pouvoir contre la population pacifique qui résistent au coup de force. Après AnnabaConstantine, aujourd’hui c’est à Oran.

Le bilan est toujours le même, visiblement, la répression à pour cible Hirak : des arrestations massives, de l’utilisation abusive de la force, toujours contre les militants et partisans du Hirak qui après 09 mois , n’a rien a démontrer de son pacifisme.

Le pouvoir joue avec du feu, ces élections présidentielles sont dangereuses pour le pays, elle vont approfondir la crise, au risque de diviser le peuple , attenter à la cohésion de l’état et de l’armée, attenter à la cohésion et à l’unité nationales. Dans l’intérêt suprême du pays, cette élection doit être annulée en urgence.

**Saïd Salhi vice président de la LADDH Algérie.

*dzvid.com -  16 novembre 2019

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**Le Comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD) a rendu publique la liste des détenus d’opinion qui passeront devant les juges lundi 18 novembre 2019.

Il s’agit des quatre dossiers suivant :

Le dossier des vendeurs de pins (4 détenus « Ghimouz Akram, Abdelkader Toufik Bacha, Khiredine Benzine, Fazil Dechicha » et 6 contrôle judiciaire);
Le dossier de « Saradouni Lyes et Ammad Djilali » (Contrôle judiciaire);
Le dossier des détenus « Derouiche Alaa, Agouazi Mohamed, Azoug Arezki, Batlis Bakir et Bareche Hafid ».

Le dossier de l’étudiante Dahmani Nour Elhouda Yasmine (détenue) et de Belaifa Fatiha (contrôle judiciaire).

Au total ils sont 20 sur les 42 programmés pour lundi 11 novembre, à savoir: 10 détenus et 9 sous contrôle judiciaire et Maati Salah toujours à Frantz Fanon depuis le 20 octobre).

Soyons nombreux ce lundi 18 Novembre pour le sit in devant le tribunal de Sidi M’hamed pour soutenir les détenus et leurs familles.

*dzvid.com -  16 novembre 2019

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Colère après la condamnation des détenus d’opinion par le tribunal de Sidi M’hamed

*Les  étudiants  dénoncent le verdict contre des détenus d’opinion

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**vidéos: La marche des étudiants à la 38e semaine

** Le peule algérien réclame une rupture avec l’ancien système » Zoubida Assoul

* les étudiants rejettent les candidats à l’élection

*le verdict d’une justice aux ordres 

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Les  étudiants ont pour la 38e semaine consécutive défilé dans la capitale Alger, réitérant leur rejet de la présidentielle du 12 décembre et dénonçant la peine prononcée vers 2h du matin  à l’encontre des détenus d’opinion. Des slogans visant les cinq candidats à l’élection présidentielle du 12 décembre ont également été entonnés tout au long de la marche. Accompagnés de citoyens, les étudiants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir et à la justice, tout en réclamant sa « libération ». « Adalate etilifoune » (justice du téléphone), « Qodhate sidi mhamed ya3abdou fel Gaid » (les juges de Sidi M’hamed vénèrent Gaid), sont autant de slogans clamés par les étudiants.

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Le naufrage moral de certains magistrats et de l’appareil judiciaire

Entre le peuple qui les appelle à se libérer de l’emprise de l’Exécutif et le régime qui tend à en faire un de ses bras répressifs contre la société, les magistrats du tribunal de Sidi M’hamed, qui ne cesse de défrayer la chronique, semblent avoir définitivement fait leur choix : celui de la soumission. La soumission non pas au peuple au nom de qui les jugements sont rendus, tel qu’énoncé dans la Constitution et les lois de la République, mais au pouvoir politique qui continue d’outrepasser impunément ses attributs constitutionnels. 

Certains observateurs pensaient, peut-être par naïveté ou par calcul, qu’à travers le mouvement de protestation qu’ils avaient lancé fin octobre et qui avait duré une dizaine de jours, les magistrats étaient décidés à se soustraire à l’emprise du pouvoir exécutif dont ils se plaignaient tant. 
Tout compte fait, ceux qu’on aurait pu qualifier de rebelles, à tort ou à raison, se sont révélés d’insignifiants poltrons qui ont vite fait de regagner leur place au sein d’un régime qui continuera d’user et d’abuser comme bon lui semble dans sa bataille d’assujettissement de la société.

Le verdict rendu dans la nuit de lundi à mardi rappelle de bien mauvais souvenirs qui collent à l’appareil judiciaire, en général, et au tribunal de Sidi M’hamed, en particulier : la justice, qui n’a pas voulu se libérer des interférences politiques, continuera de porter en elle le déshonneur de la trahison de la “révolution du sourire”, qui n’est autre qu’une insurrection citoyenne pacifique par laquelle le peuple algérien aspire à donner corps au serment fait aux martyrs morts pour que les souffrances et les abus subis durant la période de la colonisation disparaissent à jamais sur cette terre. Et lorsque les manifestants, qui battent le pavé depuis presque neuf mois, dénoncent “la justice du téléphone”, comme l’ont encore fait hier les étudiants dans leurs marches à travers le pays, leur clameur n’est pas vaine. Les citoyens ont pris conscience qu’il ne peut y avoir d’indépendance de la justice sans État de droit. 

Le président du Syndicat national des magistrats l’avait lui-même martelé lors de la dernière protestation des magistrats : “L’appareil judiciaire n’a jamais été indépendant depuis 1962.” Et son constat est d’autant plus précieux qu’il émane d’un témoin important de la réalité du système judiciaire et surtout de la faillite et de l’effondrement moral d’un appareil censé rendre la justice.* par Hamid SAIDAN- Liberté- mercredi 13 novembre 2019

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*Le comité anti-répression d’Oran et des acteurs du hirak manifestent pour libérer les détenus de la révolution et l’indépendance de la justice.

           “Magistrats, libérez-vous !”

Le comité antirépression d’Oran et des acteurs du hirak continuent de se battre pour l’élargissement des détenus de la révolution et l’indépendance de la justice. Hier, ils ont organisé leur rassemblement de protestation hebdomadaire en face du tribunal correctionnel de Cité Djamel pour appeler, encore et encore, à la libération des détenus du hirak et exhorter les magistrats à s’affranchir de leur assujettissement au pouvoir exécutif. 

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“Ya koudhat, harrirou anfousakoum” (Juges, libérez-vous !), ont-ils scandé inlassablement, tout en s’attelant à leurs revendications en dépit de la désillusion provoquée, la semaine dernière, par la “reddition” des magistrats et la condamnation prononcée par le tribunal de Sidi-M’hamed contre les porteurs de drapeaux. “L’indépendance de la justice est une des revendications majeures du hirak et elle passe par l’émancipation des juges.

Il faut continuer de lutter envers et contre tout !”, a expliqué un manifestant à un passant qui s’étonne que les protestataires continuent d’encourager les magistrats à se libérer.  Le sit-in d’hier avait également pour objet d’interpeller les autorités sur la situation du détenu Ibrahim Daouadji, activiste de Mostaganem, dont l’état de santé s’est sérieusement dégradé en raison d’une grève de la faim de 31 jours qu’il a observée pour dénoncer sa détention arbitraire.

Selon des informations émanant du comité antirépression d’Oran, le jeune homme a été admis en réanimation à l’hôpital de Mostaganem il y a trois jours. Les manifestants s’inquiètent également des conditions de détention d’Issam Sayeh, emprisonné à Tlemcen, qui refuse de se nourrir depuis le 8 novembre dernier.

Les manifestants ont, par ailleurs, scandé des slogans hostiles au pouvoir et réitéré leur rejet de l’élection présidentielle. Ils ont plaidé pour un État civil, fondé sur le droit, la justice sociale et le respect des libertés : liberté d’exprimer ses opinions et de brandir l’emblème amazigh sans craindre les foudres d’une justice aux ordres.

“Tamazight est également langue nationale et officielle, selon la Constitution, des édifices officiels portent des enseignes en tamazight. Yennayer est consacré fête nationale et on vient aujourd’hui nous dire que le port de l’emblème berbère est une atteinte à l’intégrité territoriale ? C’est clairement une décision politique !”, a pesté un enseignant encore sous le choc de la sentence prononcée par tribunal algérois contre les 22 jeunes du hirak. 
 **S. Ould Ali - Liberté- jeudi 14 novembre 2019

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*Le pouvoir coupé de la réalité, se retrouve dans une logique suicidaire

Le pouvoir en place est tellement enfermé dans sa propre bulle et s’est tellement coupé de la réalité qu’il ne sait plus défendre ses propres intérêts, ni comment faire pour assurer sa propre survie. Il est dans une logique suicidaire qui peut, donc, être dangereuse pour le pays.

Incapable d’initier la moindre mesure d’apaisement, à quelques jours du coup d’envoi officiel d’une campagne électorale sur laquelle il a pourtant tout misé, le pouvoir s’enfonce et pousse ses propres partisans à se détourner de la mascarade électorale qu’il leur a promis. La vague de défections qui se poursuit dans les rangs des animateurs des différentes directions de campagne en est un signe.

L’ébullition qui a accompagné, lundi, le procès des 42 manifestants détenus pour déploiement du drapeau amazigh devant le tribunal de Sidi M’hamed et l’hospitalisation scandaleuse du moudjahid Lakhdar Bouregâa, le doyen des détenus d’opinion, il y a quelques jours, montrent dans quel esprit cet événement, décrit comme salutaire pour le pays, est préparé.

Le danger est que ce jusqu’auboutisme assumé du pouvoir trouvera certainement en face une détermination inébranlable qui, sans se transformer en nihilisme, peut prendre des formes insoupçonnées si le pouvoir continue à se claquemurer dans sa logique hostile à tout changement.

Des risques d’affrontements violents ne sont pas du tout à écarter, déjà pendant la campagne électorale. Un piège qu’il appartiendra aux animateurs du Hirak d’éviter à tout prix et de maintenir la dynamique pacifique… jusqu’au bout.

*Par Mohamed K -médias+ babalweb.net-mardi 12 novembre 2019

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Engrenage

*Un jeu dangereux et irresponsable

Outre le sentiment d’inquiétude qu’inspirent les marches des éternels soutiens du système – dont on pensait un peu hâtivement qu’ils avaient bien médité les leçons de l’histoire pour se laisser de nouveau abuser aussi facilement par le nouveau pouvoir –, le rappel de ces inconditionnels réservistes en ce moment crucial, à quelques semaines du scrutin controversé du 12 décembre, moment crucial porte en lui les germes d’une grave menace sur l’unité nationale et la paix civile.

Le ton et l’ambiance frisant l’hystérie qui animent ces marches de soutien à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain sont largement relayées par la télévision publique, pour ne pas suspecter la main du pouvoir d’être derrière cette mobilisation sous le sceau de l’urgence d’un défi majeur à relever face à une adversité de plus en plus pesante, incarnée par cet ennemi virtuel, inventé de toutes pièces pour légitimer un processus politique et l’équipe au pouvoir qui le porte. Les mêmes slogans d’hier d’allégeance au régime sont remis au goût du jour. Seuls changent les acteurs et le segment du pouvoir qui est à la manœuvre. Les appels à l’excommunication des «enfants de la France» (allusion aux manifestants du hirak) rappellent, à bien des égards, les condamnations sans appel des gardiens autoproclamés de l’islam contre les «laïco-assimilationistes», les «apostats» durant la décennie noire, pour ne pas craindre de nouveaux dérapages que l’on n’ose même pas imaginer, tant les traumatismes du passé sont encore vivaces dans les esprits.

L’ambiance de ces marches encadrées par l’administration sous le couvert de la société civile inquiète par son caractère improvisé, désordonné, agressif, belliqueux, dépourvu de tout contenu programmatique. Le conditionnement des foules est une porte ouverte à tous les dérapages. Durant des années et de manière plus insistante depuis ces derniers mois, les appels à la vigilance et à la mobilisation populaire contre le péril extérieur avaient rythmé le discours officiel pour mieux masquer l’échec de la gouvernance politique du pays. On surveillait nos avant-postes de combat et nos arrières, et voilà que l’on demande soudainement aux Algériens, à la veille du scrutin présidentiel contesté du 12 décembre, de consolider le front national contre… l’ennemi intérieur (imaginaire).

Si le calme et la sécurité publique ont pu être préservés tout au long de ces 9 mois de hirak, où l’on n’a déploré, fort heureusement, aucun acte de violence contre les biens et les personnes, aucun acte de vengeance ni de représailles contre les symboles du système – chose pourtant difficile à éviter et à contenir dans un mouvement populaire de l’ampleur de celui du 22 février, comme on l’a vu sous d’autres cieux –, l’initiative du pouvoir de faire sortir dans la rue des citoyens, en réaction au hirak et en soutien à l’option de la présidentielle et à l’armée, peut réveiller les vieux démons de l’instabilité et engager le pays dans un engrenage de violence interne incontrôlable.

Ce jeu particulièrement dangereux et irresponsable, qui consiste à vouloir chercher à opposer les Algériens entre eux, dans une ultime bataille, celle de la confrontation de la rue, en encourageant l’organisation de contre-marches au hirak pour tenter de dépasser l’impasse politique dans laquelle se trouve le pouvoir et imposer le fait accompli de l’élection présidentielle du 12 décembre, doit être dénoncé et combattu énergiquement par les esprits sages et clairvoyants dans et en dehors du pouvoir. D’autres voies de règlement de la crise politique préservant la paix civile et favorisant la recherche d’un large consensus national, dans la sérénité, existent et doivent être explorées pour ne pas rater le rendez-vous de l’histoire de la construction de la nouvelle Algérie de demain qui ne sera forte et prospère qu’avec tous ses enfants.* OMAR BERBICHE – elwatan-  mercredi 13 novembre 2019

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*Vidéo: Les Algériens sans frontières, sèment le doute chez le pouvoir

**Algériens sans frontières a organisé le 9 et 10 novembre 2019 une conférence à Genève ( Suisse) dans le but de permettre à des experts, à des personnalités politiques connues et à des représentants de collectif d’algériens venus d’Algérie, d’Europe et des Etats Unis de se réunir et de débattre de leurs propositions de sortie de crise multidimensionnelle que vit le pays depuis le 22 février 2019.

La conférence algérienne de Genève a été organisée « dans le but de converger vers une solution de transition réaliste, émanant d’algériennes et d’algériens et par conséquent basée sur les critères et les caractéristiques relatifs uniquement à la société algérienne, à son histoire millénaire et à sa richesse culturelle”, nous a déclaré Mr. Lachemi Belhocine, le président de Algériens sans frontières. Chafik Ben Guesmia et Rym Bourezak respectivement Vice président et administratrice de Algériens sans frontières ont quant à eux tous deux insisté sur le caractère pacifique du hirak et de la solution de transition qui devrait être implémentée également “ dans la paix, le calme et la sérénité et répondre complètement et sans failles aux exprimées par le peuple algériens depuis le 22 février”. « La date du 12 décembre doit absolument être considérée comme une date déterminante et non pas une date butoir”, nous a souligné également Mr. Chafik Ben Guesmia. La conférence qui a réuni plus de 60 personnes a aussi compté parmi ses imminents intervenants universitaires, Mr. Belaid Abane le neveu du Chahid Abane Ramdan, Mr. Ahmed Benbitour, ancien premier ministre et expert en économie et le professeur en science politique Hosni Abidi, de l’université de Genève. Une déclaration comportant les conclusions des travaux de la conférence sera publiée dans les prochaines jours, nous a informé Mme. Rym Bourezak*mis à jour-  mercredi 13 novembre 2019

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