*La police politique au service des régimes dictatoriaux

         «Nécessaire dissolution de la police politique»

 Le département de renseignement et de sécurité … «un Pouvoir réel qui s’exerce dans l’ombre»   

 *Théoriquement dépendant de l’armée, cette institution s’est «dotée» de larges pouvoirs au point de devenir l’armature du régime.

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**Il exerce un contrôle systématique sur la société algérienne   

 Le DRS, l’armature du régime 

«Les services» jouissent de larges pouvoirs qui s’exercent souvent dans l’ombre et sans qu’ils soient soumis à un quelconque contrôle
des instances démocratiquement élues, du reste inexistantes à cet effet. L’omnipotence de cette police politique
rend hypothétique toute possibilité de changement démocratique dans le pays.
 La bataille contre la police politique est assurément l’une des victoires les plus remarquables dans l’effort de construction démocratique à laquelle s’attellent actuellement les pays arabes dont les régimes dictatoriaux viennent d’être disqualifiés par les révoltes populaires. Les régimes de Ben Ali et de Moubarak entraînent dans leur chute le «démantèlement» de redoutables appareils sécuritaires sur lesquels ils ont assis leur autoritarisme. Le gouvernement tunisien a carrément opté pour la dissolution de la fameuse police politique.
En Egypte, en prenant d’assaut les locaux des effroyables moukhabarate, les Cairotes découvrent avec stupéfaction les pratiques d’un appareil qui a semé toute sa terreur à tous les niveaux de la société. Des méthodes dignes de celles de la Stasi du temps de l’Allemagne de l’Est.

Le département de renseignement et de sécurité ou le «Pouvoir réel»

Dans ces deux pays, la nouvelle situation politique nécessite la disparition ou la reconversion de «ses services» qui ont constitué jusque-là le cœur du pouvoir. Une condition sine qua non pour les besoins d’un succès démocratique.
Qu’en est-il de l’Algérie et de ses services de renseignements, le Département de renseignement et de sécurité (DRS) ? Héritier de la sinistre sécurité militaire (SM) dissoute après les évènements d’Octobre 1988, le DRS est publiquement cité par les forces politiques d’oppositions comme étant le «noyau dur du pouvoir», «le pouvoir occulte» ou encore «le pouvoir réel».
En privé, de nombreux responsables politiques proches du pouvoir admettent que «sans l’aval du DRS rien ne peut se faire» dans le pays. Son  empreinte est partout, dans la nomination à de hautes fonctions de l’Etat, dont des ministres, jusqu’à la plus anodine des décisions dont l’intérêt n’est pas avéré pour le commun des mortels. «Les services de renseignement ont empiété sur le champ politique», estime l’ancien officier du DRS, Mohamed Chafik Mesbah (voir l’entretien). Cette institution, qui devait avoir comme mission, la lutte contre toute forme d’espionnage et la garantie de la sécurité du pays, a vu ses «prérogatives» prendre de l’ampleur et de l’influence au fil des années.
Elle est devenue à l’ombre de la crise qu’a connue le pays durant les années 1990 un redoutable instrument de contrôle de la société aux méthodes très contestées notamment par l’opposition.
Elle jouit de larges pouvoirs qui s’exercent souvent dans l’ombre et sans qu’elle ne soit soumise à un quelconque contrôle des instances démocratiquement élues, du reste inexistantes à cet effet justement.

«Nécessaire dissolution de la police politique»

Le Front des forces socialistes (FFS) dont son chef historique évoque régulièrement «le rôle paralysant des services», estime que les pratiques de la police politique «sont incompatibles» avec l’existence d’un Etat de droit. Le premier secrétaire de ce parti, Karim Tabbou a indiqué que «depuis sa fondation, le FFS travaille à libérer le politique de la police politique. La confusion entretenue entre police politique et missions de sécurité nationale doit être levée. Les pratiques de la police politique sont incompatibles avec l’existence d’un Etat de droit».
Selon Tabbou, «ces pratiques empêchent l’exercice de la citoyenneté. Pratiquant le noyautage des partis, des syndicats et des associations, intervenant de manière abusive dans la vie interne des organisations, détournant à des fins manipulatoires les débats essentiels de la vie politique de la société et de la nation. Par la distribution des rôles, elle remplace la diversité réelle des analyses et des positions politiques. Elle procède aussi en accordant une surface médiatique disproportionnée à ceux qui servent ses impostures».
Le premier secrétaire du FFS note aussi qu’«en tout état de cause, la police politique entrave l’émergence d’une conscience politique citoyenne. La fonction politique de cette police est de faire régner un climat de peur et d’insécurité.
Elle travaille à rendre l’Etat otage du régime et la société otage des archaïsmes».

De son côté, le RCD a estimé que «l’Algérie subit les contrecoups de la police politique depuis 1962». Par la voix de son porte-parole, Mohcen Belabes, le RCD considère que «le DRS issu historiquement du MALG est responsable de tous les problèmes qu’a connus le pays depuis son indépendance. Actuellement, c’est cette institution qui détient le pouvoir et c’est le général Toufik (patron du DRS) qui a ramené Bouteflika à la présidence de la République», a ajouté M. Belabes.
Il a indiqué également que «les ministres de souveraineté sont issus de cette police politique tout comme les walis et les chefs de daïra». Si le RCD a estimé que «certes, le pays a besoin des services de renseignements pour défendre les intérêts du pays contre des ennemis extérieurs, il est par ailleurs, fondamental de dissoudre la police politique et mettre toutes les institutions militaires sous le contrôle des autorités civiles», a précisé le porte-parole du RCD. La police politique «est consubstantiellement liée aux régimes autoritaires», a rappelé l’avocat et défenseur des droits de l’homme, Mokrane Aït Larbi. Est-ce le cas de l’Algérie ? L’avocat répond : «Dans un pays où un magistrat est convoqué par un agent de la police politique pour l’interroger sur sa carrière et lui établir une fiche et c’est valable pour beaucoup d’autres domaines, veut tout dire.» Et d’ajouter,  «C’est la justice qui est au service de la police politique et non pas l’inverse». «Il est temps de demander la dissolution de cette police politique», a plaidé l’avocat.

Depuis 20 ans, le général Toufik est patron des services

Les trois lettres (DRS) reviennent régulièrement dans la bouche des Algériens dès qu’il s’agit du politique et du changement.
Ce «Département», qui regroupe en son sein une dizaine de directions qui opèrent dans différents secteurs da la vie nationale, est sous le patronage du général de corps d’armée, Mohamed Mediène dit Toufik, depuis 1990.
L’homme est autant secret que les services qu’il dirige.
Il n’apparaît jamais en public. Sont très rares ceux qui connaissent le visage et la voix de cet homme, cultivant tout un mystère autour de lui.

Théoriquement dépendant de l’armée, cette institution s’est «dotée» de larges pouvoirs au point de devenir l’armature du régime.
Les autres institutions civiles, élues ou désignées, s’effacent devant elle.
L’omnipotence de cette police politique rend hypothétique toute possibilité de changement démocratique dans le pays. Mais est-ce une fatalité ? Pas si sûr. Les autres pays arabes, comme nos voisins la Tunisie ou l’Egypte l’ont déjà bien compris. Aujourd’hui, ils n’en veulent plus et ils le montrent. (El Watan-15.03.2011.)   

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**Mohamed Chafik Mesbah. Ancien officier supérieur des services de renseignements, docteur d’Etat en sciences politiques:

«La reconversion des services de renseignements est inévitable »

- Des «législatives anticipées», une «constituante», une «révision profonde de la Constitution», l’amorce d’une «période de transition»… Certains titres de la presse nationale ont prêté dernièrement au «régime» des velléités de «réformes radicales». Des observateurs ont relevé la concordance entre les annonces faites par la presse nationale (autour de l’hypothétique projet de réformes politiques) et l’initiative de Abdelhamid Mehri soutenue par le FFS. Pensez-vous qu’on soit réellement dans cette perspective ou est-ce juste un leurre, un amuse-gueule ?
**Jusqu’à preuve du contraire, les instances officielles contestent toute dimension politique attachée à l’état d’exaspération populaire. Celle-ci refléterait des revendications économiques et sociales, pas des exigences politiques. A priori, donc, ce scénario, pour s’en tenir à la logique officielle, ne répond pas à une pression populaire. Ce serait alors une initiative souveraine du président de la République lequel, s’appuyant sur les instances et appareils qui l’entourent, aurait décidé de faire évoluer le système politique vers un processus qui pourrait annoncer la transition démocratique tant attendue. Personnellement, je ne crédite pas le régime actuel de la capacité de se réformer de l’intérieur. A imaginer, par exemple, que le président de la République ait recours à une assemblée constituante – revendication emblématique du FFS –, cela équivaudrait pour le système à se faire hara-kiri. Cela paraît improbable comme éventualité.

Mais n’ayant jamais douté du talent tactique de Abdelaziz Bouteflika, je n’exclus pas qu’il souhaite gagner du temps en lançant des signaux plus ou moins convaincants à destination de l’extérieur et en gagnant l’appui de leaders politiques traditionnellement hostiles à l’influence prêtée aux  services de renseignements sur la vie politique du pays et favorables à une réhabilitation plus explicite du mouvement islamiste. Je nourris trop de considération pour Abdelhamid Mehri et Mouloud Hamrouche et autant sinon plus de respect pour Hocine Aït Ahmed, pour que je me permette d’insulter leur intelligence ou de douter de leur conviction patriotique en admettant l’idée qu’ils adhéreraient à un arrangement d’appareils basés sur des visées, plutôt, subjectives – principalement, limoger le chef des services de renseignements et démanteler l’institution – en lieu et place de la solution éminemment politique qui, impliquant toute la société et dépassant les contingences de personnes et de sentiments, conduirait, de manière sûre, vers l’instauration durable du système démocratique.
**Si, sentimentalement, je souhaite pour mon pays qu’une telle transition pacifique puisse se vérifier, la raison m’interpelle aussitôt pour me rappeler que le système algérien, dans sa contexture actuelle, a perdu les ressorts qui lui auraient permis de réaliser cette mutation qualitative que semblent suggérer vos sources.
Le 7 mars, le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé la dissolution du corps de la police politique et de l’appareil de la sécurité d’Etat, corps honni par la société tunisienne.  En Egypte, les bâtiments des moukhabarate ont été également pris d’assaut par des manifestants. Quantité de documents compromettants se sont de ce fait retrouvés sur Internet. Leurs contenus renseignent sur l’ampleur des collusions, l’instrumentalisation systématique des politiques, des hommes d’affaires, des militants des droits de l’homme et sur les méthodes de terreur utilisées par la police politique pour mettre sous coupe réglée la société égyptienne.

 

- Pensez-vous qu’un jour, en Algérie, on verra un scénario similaire se reproduire ? Vous qui étiez dans les services de renseignements, en quoi le maintien de ce «service» est-il utile pour la société algérienne ?
**L’évolution des processus politiques intervenus en Tunisie et en Egypte avec les péripéties  dont vous faites état – dissolution des appareils sécuritaires ou, plus exactement, reconversion – est des plus naturelles. En Europe occidentale déjà – Portugal et Espagne –, dans l’ensemble de l’Europe socialiste même si c’est avec une tonalité différente en Roumanie, dans tous les pays d’Amérique latine passés par la dictature militaire, partout les transitions démocratiques se sont accompagnées d’un repositionnement institutionnel des services de renseignements avec adaptation de leurs missions à des impératifs liés, strictement, à la sécurité nationale, dans l’acception universelle du concept. Pour répondre à la question que vous m’assenez, par voie détournée, je ne me dérobe pas. Le  rôle des services de renseignements consiste à protéger la société, non à la contrôler. Partant, c’est l’évidence qu’il ne saurait exister d’exception algérienne pour les services de renseignements. Sans coup férir, en effet, la configuration actuelle des services de renseignements devra, tôt ou tard, subir les transformations utiles qui mettront l’institution en totale adéquation tant avec les exigences du fonctionnement du système démocratique – à travers notamment l’exercice du contrôle parlementaire sur leurs activités – qu’avec les impératifs de la vie moderne par l’ouverture résolue de ces services vers l’élite parmi l’élite de la nation. Ne vous attendez pas, pour autant, à ce que je tire à boulets rouges sur d’anciens compagnons qui sont loin d’être tous corrompus selon l’image que vous évoquez à propos de l’Egypte. Certains de mes compagnons sont morts, à la fleur de l’âge, pour défendre leur pays, j’ai vu d’autres compagnons pleurer devant le gâchis que leurs activités leur ont permis de constater et hurler de rage, impuissants, face aux actes de grande corruption qu’ils ont contribué à matérialiser.
Si vous voulez à tout prix me pousser dans mes retranchements, je dirais que la reconversion de l’institution en charge des activités de renseignements est inévitable, avant ou après le départ du président Abdelaziz Bouteflika, il faut souhaiter, seulement, qu’elle se déroule dans la sérénité. (El Watan-15.03.2011.)

****Rachid Grim. Politologue et auteur

«Dans la pratique, la police politique existe toujours»

 - Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé, le 7 mars, la dissolution du corps de la police politique et de l’appareil de la sécurité d’Etat. Pourquoi, selon vous, la société civile tunisienne a fortement réclamé cette dissolution ?

**Je crois que la réponse est évidente. La Tunisie de Ben Ali était le type même de l’Etat policier. Je ne sais pas si le chiffre d’un policier pour cinq Tunisiens était vrai, mais tous ceux qui avaient visité ce pays en ces temps-là avaient pu constater de visu combien le peuple tunisien craignait la police sous toutes ses formes. Surtout les policiers en civil qui étaient étiquetés «police politique» ; une police de triste réputation. Cette police politique était le pire symbole du système politique tunisien, avec ses arrestations arbitraires, les disparitions d’opposants (ou seulement soupçonnés d’être des opposants), les tortures systématiques, les assassinats, etc. Il est donc normal que la dissolution du corps de la police politique et de l’appareil de sécurité d’Etat soit l’une des toutes premières revendications de la société civile tunisienne. C’est le symbole même de la rupture avec l’ancien régime.   
 
- Pensez-vous qu’avec cette dissolution, la révolution tunisienne a atteint ses objectifs et que plus rien ne s’oppose à la mise en place d’un système politique démocratique en Tunisie ?

**La dissolution du corps de la police politique est nécessaire, mais pas suffisante pour la mise en place – et la pérennisation – d’un système politique démocratique. La démocratie n’est pas seulement une affaire de police et de droits – individuels et collectifs – des citoyens. Ce sont des institutions adaptées ; les libertés fondamentales reconnues, garanties et défendues ; l’intérêt général qui prime sur les intérêts particuliers ; un système électoral qui permet la représentation de tous les courants politiques ; une société civile forte et active ; et surtout, une justice vraiment indépendante du pouvoir. Tout cela n’est pas encore complètement acquis en Tunisie. Mais l’espoir de voir la démocratie réellement s’installer existe dans ce pays : les acteurs de la Révolution du jasmin semblent toujours vigilants. Ils ont mis les autorités intérimaires sous surveillance et refusent tout ce qui peut leur sembler ramener le pays vers le système passé. Il faut espérer que cette vigilance continuera longtemps et que la révolution ne sera pas récupérée par les uns ou les autres (ce qui reste du système de Ben Ali, ou par d’autres courants politiques de nature totalitaire, comme les islamistes). Ce qui est arrivé en Algérie après Octobre 1988 doit servir de leçon aux révolutionnaires tunisiens, pour ne pas se laisser récupérer.
 

- Quel était vraiment le poids de la police politique en Tunisie et dans le monde arabe ?

**C’était un poids vraiment très lourd. On l’a vu même à l’étranger où les Tunisiens qui voyageaient en groupe se méfiaient les uns des autres et évitaient de parler politique entre eux et, bien entendu, avec des étrangers. Dans le monde arabe aussi, le poids de la police politique est énorme. Tout le monde connaît le pouvoir et la puissance des moukhabarate égyptiennes, d’avant la Révolution de la place Ettahrir. Ailleurs aussi – en Syrie, en Jordanie, au Soudan, au Maroc, en Libye et même dans les pays du Golfe –, la police politique est omniprésente et omnipotente. Pratiquement, tous les pouvoirs arabes gouvernent et se maintiennent, en grande partie, grâce au système de surveillance policière des organisations (partis politiques, syndicats, associations de défense des droits de l’homme et société civile en général) et des populations.
 

- A l’instar de la Tunisie, l’Egypte vient également de vivre une révolution qui a d’ailleurs contraint Moubarak et le patron des services de renseignements à quitter le pouvoir. Est-il possible aussi d’imaginer que la police politique puisse, à moyen terme, être dissoute dans ce pays où les militaires gardent encore la haute main sur les affaires ?

**Le problème de l’Egypte se pose différemment. Le régime Moubarak, continuateur de ses deux prédécesseurs – Nasser et Sadate – est un régime militaire. Il a été mis en place par les militaires pour leur propre service. La révolution de février 2011 n’a pas mis fin au régime militaire. Celui-ci semble avoir sauvé son existence, en sacrifiant Moubarak et quelques-uns de ses affidés les plus compromis. Contrairement à la Tunisie qui essaie d’aller vers un autre système politique – plus démocratique et moins dépendant de clans particuliers – la révolution égyptienne semble avoir gardé confiance en l’armée. C’est elle qui détient la réalité du pouvoir et qui fera tout pour la garder. Même si dans un premier temps, l’armée cédera une partie de celui-ci, cela ne remettra pas en cause le principe que ce sera toujours elle qui en sera la détentrice exclusive. Le régime militaire égyptien occupe une place particulière dans le jeu politique des Etats-Unis au Proche et Moyen-Orient. Il est l’élément indispensable pour la «pacification» du monde arabe au regard du conflit israélo-palestinien. Il est l’un des acteurs principaux de la politique des Etats-Unis dans la région. C’est pour cela qu’ils ont pesé de tout leur poids pour sauver le régime militaire égyptien. Il y aura certainement pendant un temps – encore indéfini – un assouplissement du régime en faveur de plus de liberté et de «démocratie». Mais il ne semble pas que l’armée – et par conséquent sa police politique – cède la place à un régime réellement démocratique.

- D’après vous, la police politique existe-t-elle encore en Algérie ? Qu’est-ce qui vous le fait dire ?

**En théorie, la police politique algérienne n’existe plus. Du moins plus celle connue sous le vocable de «SM». Mais dans la pratique, elle est toujours présente. Elle a seulement changé de support. L’arrivée au pouvoir, en 1999, de l’actuel Président a coïncidé avec une action de déstabilisation de l’armée, en tant que source et unique détentrice du pouvoir politique en Algérie. Le Président, c’est connu, avait consacré son premier mandat à reprendre tout le pouvoir que lui donnait la Constitution, au détriment du pouvoir réel (celui détenu par les généraux). Et il a réussi au-delà des attentes. Le Président avait, dès 1999, exprimé toute son admiration pour le système politique tunisien : peu d’armée et beaucoup de police.
Il a fait en sorte que les activités de police politique exercées jusque-là par l’armée (DRS) passe petit à petit à la DGSN. Les pouvoirs et la puissance de la police ont été très fortement renforcés au détriment de l’armée. Tout le monde a pu se rendre compte de ce qu’est devenue la police depuis le début des années 2000 : un corps suréquipé avec des effectifs démultipliés. Aujourd’hui, on se rend compte que tout passe par elle, y compris l’activité de police politique. Le fait d’avoir nommé un général de l’armée à la tête de la police exprime peut-être un reste de lutte de clans au sommet du pouvoir et une manière qu’a encore l’ANP de peser sur ce dernier. Mais dans les faits, c’est la DGSN qui détient la réalité des pouvoirs de police, y compris politique.    
 

- Cette police politique répond, selon vous, aux ordres de qui ou de quel centre de décision ?

**Pour le moment elle obéit aux ordres du Président ; lequel, quoi qu’en pensent et disent tous les défenseurs «du pouvoir réel» (sous-entendu, celui des généraux), détient la totalité des pouvoirs. Je pense que même son état de santé ne l’empêche pas, pour l’instant, d’être le vrai patron du système politique en place.
Le retour aux manettes de l’armée n’est pourtant pas une vue de l’esprit. Il suffit de peu de choses, par exemple un délabrement de l’état de santé du Président et une passation de pouvoirs à problèmes, pour voir le retour de l’armée qui se comportera alors comme «le gardien du temple». L’armée, en tant que corps, n’a aucun intérêt à revenir directement aux affaires politiques. Elle a trop à perdre à se mettre en avant. Mais si les choses dérapent dans la succession, non encore organisée, de l’actuel Président, elle ne pourra pas faire autrement que de réinvestir, du moins pour un temps, le champ politique.

- Comment est-il possible d’en finir avec ces pratiques chez nous ?

**S’il s’agit de pratiques concernant les activités de la police politique, la seule manière d’y mettre un terme c’est de réaliser une révolution qui consiste tout simplement en l’application de la Constitution actuelle : une séparation réelle des trois pouvoirs ; la primauté du droit sur la force ; la libération réelle du champ politique ; la reconnaissance des syndicats autonomes ; le développement de la société civile, etc. Mais ceci n’est qu’un vœu pieux qui ne se réalisera pas sans l’engagement réel et concret de tous ceux qui croient en la nécessité d’instaurer la démocratie dans le pays, y compris par des manifestations et des marches pacifiques de tous les jours. (El Watan-15.03.2011.)

 

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5 réponses à “*La police politique au service des régimes dictatoriaux”

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