*Futurologie

*Que va-t-il se passer dans les 40 prochaines années?

AVENIR – Un futurologue américain donne ses prédictions… 

Un passant regarde une image de la planète Terre, le 7 décembre 2008 à Poznan

Rangez vos boules de cristal et vos tarots, le futurologue américain Alvin Toffler vient de dévoiler ses prédictions pour les 40 prochaines années. L’homme est connu pour avoir prophétisé l’accélération de l’information, l’avènement des mariages homosexuels ou encore l’accélération du rythme des catastrophes environnementales dans son essai «Choc du futur», publié dans les années 1970. Il avait notamment pronostiqué que la science et la technologie allaient se développer si rapidement que la plupart des gens ne seraient pas capables de digérer l’afflux d’informations et seraient tentés de se déconnecter de la vie réelle. Que nous prévoit-il pour 2050?
 
Les femmes au pouvoir
Ou presque. Elles devraient acquérir un pouvoir inégalé jusqu’ici et occuper des postes importants, assure l’étude de Toffler Associates, le cabinet de consultants mis sur pied par le futurologue.  En même temps, c’est le sens de l’histoire depuis plusieurs décennies.
 
Nouvelle donne mondiale
Selon Toffler, l’heure sera au réveil de la Chine – que les analystes prophétisent depuis les années 1980. Le pays devrait affirmer sa position de puissance économique mondiale majeure, s’allier avec le Brésil et l’Inde pour influencer les taux de change et avec le Venezuela ainsi que certains pays africains pour ses besoins en énergie, estime Toffler. Son émergence aura des répercussions sur les Etats-Unis, qui dépendront de la Chine pour se fournir en métaux rares et indispensables pour fabriquer des biens aussi divers que des éoliennes, des voitures hybrides, des radars et des armes.
 
La fin du pétrole
Le développement de formes alternatives d’énergie va créer des «perdants dans un monde post-hydrocarbures», dont l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak, plusieurs pays du Golfe mais aussi la Russie et le Venezuela, affirme le rapport.
 
Réchauffement
Les changements climatiques vont entraîner des conflits alors que la fonte des calottes glacières va faire découvrir de nouvelles richesses pétrolières et minérales. La montée des eaux va provoquer un déplacement massif de populations vivant le long des côtes.
 
Autarcie
De plus en plus de gens vont faire pousser leurs légumes et produire leur nourriture afin de dépendre de moins en moins des grands producteurs et distributeurs.
 
Travail nomade
L’Internet à haute vitesse sera la norme et les vidéoconférences seront à ce point entrées dans les moeurs qu’elles permettront aux employés de ne plus aller au bureau et de travailler de n’importe quel endroit du monde. (20Minutes-19.10.2010.)
 
Et vous, que pensez-vous de ces prédictions?  

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*le monde basculera d’ici 2050


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INFOGRAPHIE – La crise a accéléré la tendance de fond : la Chine et six pays émergents dépasseront les économies développées avant même 2020, selon PricewaterhouseCooper. La production mondiale devrait tripler d’ici 2050, ajoute HSBC.

coeur- «L’économie mondiale est en train de connaître un véritable séisme». Les économistes de la banque HSBC ne parlent pas de la crise, mais du profond bouleversement qui devrait prendre place d’ici 2050. A savoir l’irrésistible montée en puissance des grands pays émergents, Chine et Inde en tête.Deux rapports ont été publiés ces derniers jours sur le sujet. HSBC et, d’autre part, la société de conseil et d’audit PricewaterhouseCooper (PwC). Cette dernière prédit qu’ensemble, les sept principaux pays émergents, (Chine, Russie, Inde, Brésil, Mexique, Indonésie, Turquie) dépasseront avant 2020 le groupe des économies du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada). Et ce, en mesurant la richesse produite en parité de pouvoir d’achat, c’est-à-dire si les taux de change des monnaies reflétaient parfaitement les niveaux de vie. En comparant simplement les produits intérieurs bruts (PIB), les pays en voie de développement dépasseront les pays développés d’ici 2032, selon PwC.

Richesse multipliée par trois

 

Les économistes de la banque britannique HSBC, dans une note publiée début janvier, arrivent aux mêmes conclusions, à quelques décennies près : en 2050, 19 des 30 plus grandes économies mondiales seront émergentes. Les deux études s’accordent parfaitement sur un point : les Etats-Unis perdront leur première place au profit de la Chine. L’Inde, ajoute HSBC, les talonnera de près. Au total, la richesse produite dans le monde sera multipliée par trois.

La France, pour sa part, devrait reculer de la 8ème à la 11ème place, derrière le Mexique et le Brésil, selon PwC. «La domination notamment de la Chine implique un retour à la situation historique existant avant la Révolution industrielle de la fin des 18e et 19e siècles», observe Bernard Gainnier, responsable du développement chez PwC. «Cette révolution avait été à l’origine d’un transfert du pouvoir économique de l’Asie vers l’Europe et les Etats-Unis.»

A la source des mutations à venir ces quarante prochaines années: une démographie bouillonnante, alliée à une meilleure éducation et à une démocratisation des principaux pays émergents, énumèrent les économistes de HSBC. D’ailleurs, «les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, grâce à des meilleures perspectives démographiques, réussiront avec un certain succès à maintenir leur rang», relèvent-ils. «En revanche, les petits pays d’Europe riches mais vieillissants, comme la Suisse, les Pays-Bas ou la Suède, chuteront dans le classement mondial.»

«L’économie du climat»

 

Guerres militaires ou commerciales, retour du protectionnisme, épidémies…Les auteurs des études, chez HSBC et chez PwC, reconnaissent que leurs prédictions sont entourées d’incertitudes. Le plus grand défi ? L’équilibre écologique et l’exploitation de ressources de plus en plus rares. Dans ce contexte, «l’économie du climat devrait jouer un rôle aussi important que celle du savoir durant le siècle passé», estiment les analystes de HSBC.

«En 2050, le séisme économique n’en sera qu’à son commencement», avertissent également ces derniers. «Bien qu’ayant été multiplié par sept en 40 ans, le niveau de vie d’un Chinois ne représentera que 32% de celui d’un Américain.» Le potentiel de croissance restera encore substantiel. (le Figaro-10.01.2011.)

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*L’AVENIR DES RELATIONS INTERNATIONALES
Où va le monde musulman?
 

La question de la culture et du dialogue des cultures est primordiale pour faire reculer l’ignorance.Après une décennie du nouveau siècle, il est temps de se poser des questions sur l’avenir. De nombreux observateurs à travers le monde se posent la question: où va le monde musulman, composé de 57 pays et plus d’un milliard et demi de musulmans présents aux quatre coins de la planète? Ce monde hétérogène, qui s’étend sur trois continents, semble prendre la figure du dissident face à l’Occident, dont il est proche, et échappe aux grilles de lectures classiques.
Les préjugés à son égard sont tenaces, alors que l’Occident classique a été judéo-islamo-chrétien et gréco-arabe. Les citoyens occidentaux de confession musulmane sont des ponts et des traits d’union pour le vivre-ensemble qu’il faut valoriser. Des intellectuels occidentaux continuent pathologiquement et arbitrairement de faire croire que «la guerre» est à l’origine de l’irruption de l’Islam dans l’histoire et que la violence lui est consubstantielle. La propagande cherche à faire croire que les éléments incompatibles avec le progrès lui sont enracinés. Ces contre-vérités nuisent aux bonnes relations. L’Algérie est le pays pont, trait d’union entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest, le plus apte à apaiser les relations internationales.

Accepter la critique
Le monde musulman apparaît comme le sous-développé politique et en même temps celui qui porte en lui une autre version de l’humain; selon les musulmans, vivante, équilibrée et résistante. Héritier d’une civilisation lumineuse, témoin d’une spiritualité vivace, il est traversé par, d’un côté, l’immobilisme et des courants rétrogrades et, de l’autre, par des mouvements de la dilution et la dépersonnalisation fascinés par l’occidentalisation. Aucun d’eux ne représente l’avenir. Nous sommes confrontés aux extrêmes. C’est un combat entre l’ouverture, la mesure et à l’opposé, la fermeture, la démesure. Nous devons nous impliquer par amour de la patrie et retrouver le goût de la culture et de la créativité.
Le monde musulman se veut la communauté du juste milieu, ni tourner le dos au monde, sous prétexte que l’Au-delà est la vraie vie, ni se laisser aliéner par lui, sous prétexte qu’il faut assouvir nos besoins illimités. L’Algérie, attachée à la notion de souveraineté, ayant payé le prix le plus lourd pour son indépendance, est un des pays ponts qui représentent la ligne médiane, même si son niveau de développement ne correspond pas encore à ses immenses potentialités.
La culture de l’Algérie, un des plus beaux pays au monde, est celle de la dignité, de l’hospitalité et de la résistance. Près de cinquante ans après l’Indépendance qui n’a pas réalisé toutes ses promesses, même si au niveau de la culture, de l’éducation et de l’enseignement elle a évolué de façon considérable du point de vue quantitatif, ces secteurs-clés nécessitent davantage de développement et n’ont pas encore atteint le niveau escompté. L’Algérie de 35 millions d’habitants dispose d’une richesse humaine de 9 millions d’élèves dans les écoles et près de 1,5 million dans les universités. Notre pays est seulement en attente d’une dynamique fondée sur le bond qualitatif, après les efforts louables d’édification. Par la culture et la maîtrise de la science, la voix de l’Algérie, forgée par l’Appel de Novembre, sera encore plus forte, aux côtés d’autres grandes nations.
Le drame sur le plan international réside dans le fait que depuis 1989, la chute du mur de Berlin, le monde musulman est dans l’oeil du cyclone, perçu comme une source de «menaces».
L’instrumentalisation de la religion, les archaïsmes conjoncturels et les dérives apportent de l’eau au moulin à cette propagande injustifiable. C’est intenable. Le monde musulman, les prochaines années, doit sortir de cette situation. D’autant que des expériences crédibles de développement sont visibles, comme en Turquie, et que des positions géostratégiques et des richesses ne sont pas un mirage comme en Algérie.
Le monde dominant, aussi puissant soit-il, est décadent. Ce qui complique la situation du monde musulman confronté ainsi à des défis internes et externes. Des médias et des courants d’opinions en Occident, mal-intentionnés, amplifient la peur pour faire diversion aux problèmes structurels de l’ordre dominant et imposent l’idée de citadelle. L’Islam joue un rôle de révélateur des impasses de notre temps.
Cependant, il nous faut accepter la critique, d’autant que l’horizon semble fermé et la démission est la conduite actuelle. L’opinion publique et des observateurs s’interrogent. Ils se demandent si le phénomène de repli est une lame de fond, ou si la raison et le progrès culturel et scientifique vont l’emporter? Mais ils oublient que le repli est le résultat des manipulations et instrumentalisations, le produit des contradictions de notre temps, une responsabilité partagée.
Le vide culturel interne, la crise de l’Ecole et les injustices, mais aussi les inégalités secrétées par les despotismes et le système mondial, la politique des deux poids, deux mesures et les dérives de la modernité consumériste qui déshumanisent, produisent tous ensemble un malaise moral, des réactions obscurantistes et de la violence sociale. Les deux mondes, Orient-Occident, tellement liés et imbriqués, doivent s’interroger sur les difficultés propres à chacun et sur les problèmes et défis de l’humanité. Nul ne pourra tout seul faire face aux incertitudes.
Au lieu de voir dans le monde musulman «le nouvel ennemi» réfractaire au progrès, il est urgent de changer, de comprendre qu’il est capable de contribuer à la recherche d’une nouvelle civilisation, comme par le passé. Il dispose de valeurs et de richesses. Le Monde arabe, figé, retrouvera son équilibre s’il sait oeuvrer, dialoguer et se faire entendre. Ni imitation d’un mauvais Occident, ni imitation d’un mauvais Orient, mais synthèse et articulation raisonnable entre authenticité et progrès, entre l’autonomie de l’individu et le vivre commun, symbiose entre science et éthique, entre le spécifique et l’universel.

Trois priorités
Le Monde musulman doit assumer trois priorités. Sur le plan scientifique, moderniser l’Ecole, la formation, l’éducation, l’enseignement, la culture, donner la priorité absolue à ces questions, pour progresser et faire reculer le chômage, l’incivisme, la pauvreté et les intégrismes. En conséquence, multiplier les possibilités de cultiver, axer l’aide sur la formation sous toutes ses formes est un chemin incontournable. La jeunesse de nos pays a soif de connaissances.
Sur le plan économique, le poids de la bureaucratie, la faiblesse de la culture de l’entrepreneuriat pour produire des richesses, des instruments de régulation pour protéger les faibles et la division internationale du travail, conception au Nord, exécution partielle au Sud, constituent des problèmes de fond. Il s’agit d’éviter le repli et le libéralisme sauvage.
Au plan politique, l’espérance est réelle, malgré des critiques, il faut rester constructif, car le développement dépend de la bonne gouvernance et du renouvellement des élites, pour sortir de l’usure et liquider la mauvaise gestion. L’urgence c’est l’arrêt de toutes les formes d’incompétence et de remobiliser la jeunesse qui prendra conscience que l’avenir est dans nos pays. Tous les jours, des cadres prouvent leur engagement, leur intégrité et leur compétence. Le potentiel existe.
Sur le plan des relations internationales, les problèmes cruciaux qui retardent le développement sont: la volonté d’hégémonie et de domination du monde fondée sur la loi du plus fort et l’ivresse de la logique unipolaire; la mise en oeuvre d’une idéologie néoconservatrice au service d’intérêts à courte vue, dont le contrôle sur les sources d’énergie est un des aspects; diversion par rapport aux problèmes politiques et économiques du monde.
Face au désordre mondial, à la pérennité de la logique d’un centre qui exploite la périphérie, face aux terrorismes transnationaux et à la pauvreté, nous pouvons diverger sur les méthodes pour les résou-dre, mais nous différons surtout sur l’évaluation des causes et l’identification des responsabilités, car les inégalités et les sources de la pauvreté et de la violence aveugle sont multiples. Sans jamais justifier les dérives, il y a lieu de s’attaquer à leurs causes profondes. La mondialisation est dominée par l’américanisation, même si des puissances nouvelles émergent. Le Monde arabe doit revoir sa relation incontournable avec l’Europe et les USA. Il est important d’insister sur le fait que le peuple américain est un peuple ami et la nation américaine une grande nation. Le monde entier a besoin de la stabilité et de la crédibilité de la première puissance; notre avenir, en partie, en dépend. Les USA, ne l’oublions pas, sont héritiers du siècle des Lumières et attachés aux valeurs de liberté. Ce qui inquiète ce sont des aspects de leur politique étrangère, tant sur le plan des actes unilatéraux que sur celui d’une vision fondée sur le double standard. Notre démarche, par attachement aux principes de la démocratie universelle, est de continuer à dire à nos amis américains: nous souhaitons renforcer nos liens, favoriser la prééminence du droit international, notamment culturelle, commerciale et économique. Ce qui nous ne dispense pas de dire que nous ne sommes pas d’accord sur ce qui se passe en Palestine. Tout comme nous ne cesserons pas de répéter à l’opinion internationale que l’extrémisme est l’anti-Islam. L’heure n’est pas à l’amalgame, mais à l’alliance entre tous les pays et tous les citoyens du monde épris de liberté, de justice et de paix, quelles que soient leurs religions et leurs cultures. La question de la culture et du dialogue des cultures est primordiale pour faire reculer l’ignorance, source de tant de maux. La mondialisation est inégale et contredit toutes les cultures traditionnelles, notamment au vu de l’économisme fondé sur l’exploitation exponentielle de toutes les ressources, sans tenir compte des critères éthiques, culturels et écologiques. Situation qui porte atteinte à l’écosystème et transforme les cultures et traditions en folklores coupés du mouvement de la vie. Même si la complexité de l’époque et le poids de la mondialisation sont immenses et que le monde musulman reste matériellement faible, il résistera encore face à la deshumanisation et aux injustices. Reste à ce que cette résistance soit coopérative et réfléchie et non sauvage et subjective. Le monde musulman, s’il se réforme, favorisera l’humanisme et le pluralisme dans les relations internationales. De source apparente de menaces, il sera enfin compris comme partenaire salutaire.
Il peut former des êtres humains qui ont un sens ouvert de la vie, l’éthique, capable de tenir face au monde désignifié et consumériste, face à la marchandisation, aux remises en cause des fondements de l’humanité. Mais il n’y a pas d’avenir si la créativité, la critique constructive de soi et de l’autre et l’ouverture au changement ne sont pas mises en oeuvre.
La mondialité, la modernité, la mondialisation s’appuient sur des moyens décisifs et incontournables de la science et de la technique; assumons-les, tout en actualisant notre sens de l’éthique et de l’humain. Relever les défis de manière autocritique, logique, permettra de se désenclaver, de corriger nos dérives et celles de notre temps, dans l’échange, le dialogue et le respect de la différence.
Il est vital de réfléchir et travailler ensemble, investir en commun, partager des richesses et montrer que nul n’a le monopole du progrès et de la raison. Il reste un avenir, si on se souvient qu’unité et diversité et paix et justice sont inséparables. Win-Win devrait être le mot d’ordre pour tous nos actes. Le devenir est commun. (L’Expression-30.12.2010.)

Mustapha CHÉRIF (*) Spécialiste du dialogue des civilisations
www.mustapha-cherif.net

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*Errance de l’empire américain

 Est-ce le début du déclin?
 

«Nous serons une grande nation qui aura échoué parce que nous avons perdu le contrôle de notre économie et que nous nous sommes trop agrandis.»
Paul Kennedy (historien américain)
Une publication parue récemment dans le journal Asia Times a attiré mon attention. Pour la première fois, l’auteur, un professeur américain d’une université prestigieuse, décrit et avec moult détails, le déclin de l’empire américain. Avant de lui donner, je crois bon de rappeler au lecteur que cet anathème de la décadence, qui frapperait les Etats-Unis, avait été le crédo de tous ceux qui avaient un «compte à régler» avec l’empire américain, nouveau taghout (Goliath) des temps modernes. Ce fut le cas des régimes arabes qui passèrent et passent leur temps à se lamenter. A ce propos, on raconte que lors d’un raid américain sur Tripoli (Libye) pour mettre au pas El Gueddafi, ce dernier appelle au secours ses «frères» arabes. Réunis en conclave, ces derniers ne purent se mettre d’accord sur la réponse adéquate à faire aux Américains. Chacun ayant peur des sanctions à venir. On dit que parmi eux, un «dirigeant» proposa une idée singulière, résumée d’une façon lumineuse par cette phrase à l’encontre de Reagan: «Nouaklou ‘alihe Al Rabb», «Nous prenons Dieu à témoin pour l’offense qu’il nous a faite».L’impuissance des Arabes et leurs rodomontades sans lendemain étant une donnée fondamentale des relations internationales actuelles.
Plus sérieusement, le déclin avéré de l’Occident et, partant des Etats-Unis, plonge ses fondements dans l’histoire, Ibn Khaldoun le père de la sociologie, avait décrit magistralement l’apogée puis le déclin des civilisations. Pourtant, le XXe siècle a vu le triomphe en définitive, du capitalisme sur le communisme. L’Occident se retrouva sans adversaire. Il fallait en trouver un. Les idéologues du Pentagone de la fin du siècle dernier réunis autour de Richard Perle, Paul Wolkowitz, élaborèrent le Pnac (Programme for New American Century),Programme pour un nouveau siècle américain. Plus rien ne devrait s’opposer à l’hyperpuissance américaine, il fallait lui donner un nouveau souffle, une cause fédératrice, un Satan de rechange devant remplacer «l’Empire du mal» que représentait l’Urss dans la doxa occidentale. Ce sera l’Islam. Pour cela, la nécessité pour l’empire de gouverner le monde est indexée sur sa soif des matières premières, notamment les hydrocarbures. L’Empire sera amené à gérer deux guerres en même temps avec des dépenses de l’ordre de 2 milliards de dollars par jour pour le Pentagone dont une grande partie sert à alimenter le complexe militaro-industriel. Plus rien ne doit s’opposer à l’empire. Fukuyama avec «la fin de l’histoire» et Huntington avec «le choc des civilisations» étaient deux alibis puissants légitimant, en définitive, l’inéluctabilité de la bataille contre l’Asie et contre l’Islam.
Ce sera l’Islam
Mérick Freedy Alagbe écrit à ce propos: «Dans l’euphorie ambiante, Francis Fukuyama publie La fin de l’histoire et le dernier homme qui traduit sa vision d’un monde marqué par la prééminence de la démocratie libérale occidentale. Pour lui, l’humanité a atteint le bout de sa fécondité idéologique et le modèle occidental s’impose comme la forme accomplie de gouvernement des humains. En l’absence d’alternative sérieuse, le monde ne pouvait désormais qu’être homogène. Condescendance ethnocentrique ou angélisme? La fin des idéologies, loin de voir émerger un monde pacifique, avec l’universalisation des valeurs et principes d’organisation politique qu’épouse l’Occident chrétien, ouvre au contraire une nouvelle page de l’histoire, où les prodromes d’un «choc des civilisations» n’ont jamais été aussi prégnants. (…)Elle sera cependant réhabilitée au lendemain des attentats du 11 Septembre 2001 et l’engagement militaire des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak, sous le slogan de «Croisade» contre le terrorisme.»(1)
Quand George Bush montant sur un char en Irak en juin 2003, annonce urbi et orbi que la guerre est finie, les Etats-Unis ne le savaient pas, jamais ils entamaient leur déclin en provoquant la guerre en Irak sous les conseils lancinants des néoconservateurs des lobbys pétroliers et dit-on d’Israël pour qui la guerre avait un double rôle; éliminer un rival dangereux et affaiblir le camp arabe ou ce qu’il en reste, après le Front du refus et après la reddition en rase campagne de Sadate et la vassalisation de Moubarak pour une aumône de 3 petits milliards de dollars par an et l’assurance de faire de son trône une «affaire dynastique» contre la volonté de son peuple.
Cette destinée manifeste de l’Empire américain plonge ses racines dans l’arrogance de l’Homme blanc européen. Kishore Mahboubani en parle: «Il y a plus de 40 ans écrit-il – j’avais alors entre 20 et 30 ans – un ouvrage de l’important historien britannique Victor Kiernan m’avait fortement impressionné: il s’intitulait The Lords of Humankind, European Attitudes to the Outside World in the Imperial Age. Il avait été publié en 1969, lorsque la décolonisation européenne touchait à sa fin, à quelques rares exceptions près. Kiernan brossait le portrait de l’arrogance et du fanatisme traversés par un rayon de lumière exceptionnel. La plupart du temps, cependant, les colonialistes étaient des gens médiocres mais en raison de leur position et, surtout, de leur couleur de peau, ils étaient en mesure de se comporter comme les maîtres de la création. De plus, l’ouvrage de Kiernan me montrait que, même si la politique coloniale européenne touchait à sa fin – les puissances coloniales européennes ne pouvant plus garder leurs colonies – l’attitude colonialiste des Européens subsisterait probablement encore longtemps. En fait, celle-ci reste très vive en ce début du XXIe siècle. Souvent, on est étonné et outré lors de rencontres internationales, quand un représentant européen entonne, plein de superbe, à peu près le refrain suivant: «Ce que les Chinois [ou les Indiens, les Indonésiens ou qui que ce soit] doivent comprendre est que…», suivent les platitudes habituelles et l’énonciation hypocrite de principes que les Européens eux-mêmes n’appliquent jamais. Le complexe de supériorité subsiste. Le fonctionnaire européen contesterait certainement être un colonialiste atavique. C’est là qu’est le problème. Cette tendance européenne à regarder de haut, à mépriser les cultures et les sociétés non européennes, a des racines profondes dans le psychisme européen.»(2)
En effet, dans la présentation synoptique que S. Huntington nous fournit sur les grandes lignes de fracture entre les différentes civilisations, deux grandes entités distinctes que tout semble opposer, retiennent l’attention: l’Occident, imprégné de culture judéo-chrétienne et le Proche-Orient de tradition islamique. Les autres communautés, bouddhiste, taoïste, shintoïste, hindouiste…ayant subi aussi des risques d’anomie face à la montée en puissance de l’Occident chrétien – à la pointe de la technologie – ont su par moments se résigner à cette hégémonie tout en se préservant de la destruction. C’est le cas de la Chine, du Japon, et de l’Inde dont le dynamisme économique durant la décennie fait rêver l’Occident. En effet, entre 1999 et 2009, l’économie mondiale a connu de grands bouleversements. Leur point commun: la vitesse à laquelle ils se sont produits. Dans le même temps, un autre facteur marque tout autant: l’accélération du rythme de ces changements. Accélération tout d’abord chinoise. Avec un taux de croissance annuelle de 10%, la Chine double son produit intérieur brut tous les 7 ans et demi. Il avait fallu 58 ans au Royaume-Uni, pour doubler son revenu par tête à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles; 47 ans aux Etats-Unis, entre 1839 et 1886; 34 ans au Japon entre 1885 et 1919. La Chine l’a fait plus de trois fois depuis 1978. En 1999, elle occupait la 7e place mondiale, derrière l’Italie. elle est numéro deux, derrière les Etats-Unis.(3) On dit qu’elle dépassera les Etats-Unis en 2025
S’agissant justement de ces pays asiatiques qui talonnent l’Occident, selon le professeur Kishore Mahbubani doyen de la Lee Kuan Yew School of Public Policy de Singapour qui en parle dans son ouvrage: «Pendant des siècles, les Asiatiques ont eu le sentiment d’avoir été exclus de l’histoire mondiale. Aujourd’hui, ils sont prêts à devenir des acteurs à part entière, après avoir intégré les «bonnes pratiques» de l’Occident – l’économie de marché, les sciences et les technologies, la méritocratie, l’Etat de droit, le pragmatisme, la culture de la paix et le développement de l’éducation.»(4)
La chute de l’Amérique
Tels sont, selon Kishore Mahbubani, les «sept piliers de la sagesse occidentale» dont se sont inspirés les pays asiatiques pour avancer à grands pas. L’Occident saura-t-il résister à l’ascension économique vertigineuse de l’Asie? L’Asie n’a nulle intention de dominer l’Occident, elle y puise simplement les solutions qui lui permettront de tourner définitivement la page de la pauvreté. Mais elle nous met aussi en garde: l’Occident devra à son tour renoncer à sa domination, notamment sur les institutions internationales. L’Occident deviendra alors une simple «province du monde», avec seulement 9% de la population mondiale en 2025.
Examinons pourquoi: Est-ce le pronostic fatal pour tous les empires comme l’écrit Alfred Mc Coy?: «Un atterrissage en douceur pour les Etats-Unis d’ici quarante ans? N’y pensez pas!(…) une estimation plus réaliste des tendances aux Etats-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé. Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projettent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable: juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les Etats-Unis, à partir de la cruciale année 2003. Les futurs historiens identifieront probablement, l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W.Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. (…) Le Siècle Américain, proclamé si triomphalement au commencement de la Seconde Guerre mondiale, sera réduit à néant et s’éteindra d’ici à 2025, dans sa huitième décennie, et pourrait être relégué définitivement au passé d’ici 2030. Fait révélateur, en 2008, la Commission nationale américaine des Renseignements [US National Intelligence Council] a admis pour la première fois que la puissance globale des Etats-Unis suivait vraiment une trajectoire déclinante. (…) Selon les projections actuelles, les Etats-Unis se retrouveront en deuxième position derrière la Chine (déjà deuxième économie mondiale) en termes de production économique, aux alentours de 2026, et derrière l’Inde d’ici à 2050. (…)»(5)
Est-ce que les Américains accepteront cela sans broncher? Mc Coy nous donne la réponse: «D’ici 2020, selon les prévisions actuelles, le Pentagone se lancera dans un va-tout militaire d’un empire mourant. Il lancera une triple couverture spatiale létale, constituée de robotique avancée et qui représente le dernier meilleur espoir de Washington de maintenir son statut de puissance mondiale, malgré son influence économique déclinante. Toutefois, dès cette année-là, le réseau mondial de satellites de communication de la Chine, soutenu par les superordinateurs les plus puissants du monde, sera également entièrement opérationnel, procurant à Pékin une plate-forme indépendante pour la militarisation de l’espace et un puissant système de communication pour ses missiles – ou attaques cybernétiques – dans tous les endroits de la planète. Les Américains ordinaires, voyant leurs emplois se délocaliser à l’étranger, ont une vision plus réaliste que leurs dirigeants qui, eux, sont bien protégés. Un sondage d’opinion d’août 2010 a mis en évidence que 65% des Américains pensaient que leur pays était désormais «en état de déclin».
«D’un point de vue historique, la question n’est pas de savoir si les Etats-Unis perdront leur puissance globale incontestée, mais juste à quelle vitesse et avec quelle brutalité se produira leur déclin.(…) Ces scénarios futuristes comprennent: le déclin économique, le choc pétrolier, la mésaventure militaire et la Troisième Guerre mondiale. Même si ces scénarios sont loin d’être les seules possibilités en matière de déclin – voire même d’effondrement – américain, ils offrent une fenêtre sur un futur qui arrive au pas de charge. (…)D’ici 2025, la Russie et l’Iran contrôleront près de la moitié des réserves mondiales de gaz naturel, ce qui leur octroiera potentiellement un énorme effet de levier sur une Europe affamée d’énergie. A travers les âges, les empires assaillis souffrent d’une arrogance qui les conduit à plonger encore plus profond dans les mésaventures militaires, jusqu’à ce que la défaite devienne une débâcle. En 413 av. J.-C., Athènes, affaiblie, envoya 200 vaisseaux se faire massacrer en Sicile. En 1921, l’Espagne impériale mourante envoya 20.000 soldats se faire massacrer par les guérillas berbères au Maroc. En 1956, l’Empire britannique déclinant détruisit son prestige en attaquant Suez. Et, en 2001 et en 2003, les Etats-Unis ont occupé l’Afghanistan et envahi l’Irak. Avec la prétention démesurée qui marque les empires au fil des millénaires, Washington a augmenté à 100.000 le nombre de ses soldats en Afghanistan, étendu la guerre au Pakistan.»(5)
Il vient que la leçon que donne la Chine et à un degré moindre l’Inde, montre que le centre de gravité du monde a basculé vers l’Asie. Les Etats-Unis ont perdu leur magister moral qu’ils avaient du temps d’Eisenhower qui, lors de son discours d’adieu, avait mis en garde contre le complexe militaro-industriel, magister moral qu’ils avaient sous Kennedy qui, rappelons-le, fut l’un des sénateurs à défendre au nom de la liberté, la cause algérienne aux Nations unies. L’Amérique d’Armstrong, celle de l’American way of life qui nous a tant fait rêver est devenue au fil des ans, de plus en plus intolérante et, par la force des choses, c’est celle de l’American way of war (la façon américaine de faire la guerre). Obama avait donné l’illusion d’un redressement de l’Amérique mais ses atermoiements sur le climat et son «abdication» devant une poignée de colons risque de précipiter encore plus ce déclin par les prémisses d’un choc des civilisations au Moyen-Orient que Samuel Huntington avait appelé de ses voeux. C’est cette incapacité à exercer convenablement un leadership juste et moral qui fait que les Etats-Unis seraient sur le déclin.

Pr Chems Eddine CHITOUR (*) Ecole nationale polytechnique

1.Mérick Freedy Alagbe: L’impensé du Choc des civilisations.Agoravox 2 janvier 2010
2.Kishore Mahbubani: Le Défi asiatique. Editions Fayard 2008
3.Frédéric Lelièvre: Accélération, mot-clé de la décennie. LeTemps.ch. 23 décembre 2009
4.Kishore Mahbuani: The Irresistible Shift of Global Power to the East. 2008.
5.Alfred W.McCoy: La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale ou la fin du «Siècle Américain» Mondialisation.ca, le 9 décembre 2010

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32 réponses à “*Futurologie”

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