*L’Egypte à la croisée des chemins-1

*De nouveau, les Egyptiens occupent la place Tahrir, au Caire…24 morts

L’armée ébranlée a perdu toute crédibilité

Depuis samedi, les Egyptiens occupent la place Tahrir, au Caire, pour obtenir le départ des militaires du pouvoir, à leur tête le maréchal Hussein Tantaoui qui occupe les fonctions de chef de l’Etat depuis le départ de Hosni Moubarak.

Ces manifestations se sont transformées en affrontements avec les forces de la police au Caire et dans plusieurs villes, faisant 24 morts, selon l’AFP citant un bilan officiel, de ces trois jours de protestation, rendu public hier. Appréciée durant la protestation populaire qui a provoqué la chute de Hosni Moubarak, l’armée est aujourd’hui discréditée et n’inspire pas confiance. Elle est accusée par les manifestants d’entraver le processus devant mener à un changement démocratique et de vouloir se maintenir au pouvoir, et de surcroît, de poursuivre la politique de répression de l’ère Moubarak. Les militants, parmi eux les Frères musulmans, la force la plus importante du pays, refusent que les principes de la nouvelle Constitution soient rédigés par le gouvernement actuel, dirigé par l’armée, une tâche qui, selon eux, doit incomber au Parlement dont l’élection débute le 28 novembre.

Une déclaration constitutionnelle est présentée par le gouvernement, qui exemptait en particulier le budget de l’armée de tout contrôle parlementaire. Ce qui a nourri davantage les soupçons des politiques et des manifestants aspirant au changement. A leurs yeux, les militaires veulent perpétuer l’ancien système sans Hosni Moubarak. Pourtant, l’armée s’est engagée à rendre le pouvoir aux civils après l’élection d’un nouveau Président. La date de la présidentielle qui doit suivre les législatives n’est toutefois pas encore connue, ce qui suscite aussi de nombreuses craintes de voir les militaires s’accrocher au pouvoir.

 Démission du ministre de la Culture
De son côté, le ministre égyptien de la Culture, Emad Abou Ghazi, a présenté sa démission pour protester contre la réaction du gouvernement face aux violences entre manifestants et forces de l’ordre, a rapporté hier l’AFP, citant l’agence officielle égyptienne Mena. «J’ai présenté ma démission pour protester contre la manière avec laquelle le gouvernement a traité les derniers événements sur la place Tahrir» au Caire, a-t-il dit après les affrontements meurtriers entre les forces de l’ordre et des manifestants réclamant la fin du pouvoir militaire. Le ministre a précisé qu’il ne reviendrait pas sur sa démission, présentée dimanche soir en Conseil des ministres.

La communauté internationale appelle à la retenue
De leur côté, les Etats-Unis ont appelé «chacun à la retenue» a affirmé hier un porte-parole du Pentagone. «Nous partageons bien sûr l’inquiétude de tout le monde à propos de ces violences et nous appelons chacun à la retenue», a déclaré à la presse le capitaine de vaisseau, John Kirby. Le porte-parole a également confié que le Pentagone est «satisfait de la volonté du Conseil suprême des forces armées (CSFA) d’organiser les élections». A son tour, la France est «vivement préoccupée» par la situation en Egypte, a indiqué le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. «La France est vivement préoccupée par les affrontements de ces derniers jours. Elle condamne les violences qui ont conduit à la mort de plus de 20 manifestants», a déclaré Bernard Valéro. «Elle appelle à l’esprit de responsabilité de tous dans ces jours critiques», a ajouté le porte-parole du Quai d’Orsay, réitérant «son soutien à la poursuite de la transition démocratique en Egypte, qui doit aboutir en 2012 au transfert du pouvoir à des autorités civiles législatives et exécutives élues».

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s’est déclaré pour sa part préoccupé par les violences au Caire, tout en estimant qu’il fallait «rester optimiste sur le Printemps arabe, en dépit des nombreux conflits et difficultés tout au long de la route». Pour W. Hague, «il y a, certes, ces problèmes en Egypte, mais des élections vont avoir lieu et bien sûr». Il a jugé «important» que l’actuel pouvoir militaire au Caire «supervise les prochaines élections» et qu’ensuite «il y ait la transition la plus rapide possible vers un pouvoir démocratique et civil». «Le pouvoir militaire en Egypte a beaucoup de choses à faire», a ajouté le ministre, notamment «mettre fin à l’état d’urgence et à la détention des manifestants». Mais il lui faut aussi «faire preuve d’audace en matière de réformes économiques» et «combattre l’extrémisme et le sectarisme», a-t-il fait valoir. «Il a toutes ces choses à faire, mais je ne pense pas que cela passe par la remise du pouvoir à une autorité non constituée», a-t-il souligné. (El watan-22.11.2011.)

 

 

*Les fils Moubarak : autrefois puissants, aujourd’hui parias

 Gamal, le politique, rêvait de succéder à son père à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe. Alaa, l’homme d’affaires, pensait continuer à s’enrichir.

Les deux fils du président déchu Hosni Moubarak sont aujourd’hui en détention à la prison de Tora, au sud du Caire, attendant comme lui l’ouverture de leur procès demain. Comme leur père, hospitalisé à Charm El Cheikh, sur la mer Rouge, ils ne   sont pas apparus en public depuis le 11 février 2011, date où le raïs a démissionné, conspué par la foule et lâché par l’armée. Les deux hommes se seraient, selon des informations de presse, violemment disputés à la veille de la chute de leur père, Alaa reprochant à Gamal d’avoir poussé le vieux président à adopter une ligne intransigeante qui n’a fait que précipiter sa perte.

Le cadet, Gamal, ex-banquier formé à l’université américaine du Caire, qui incarnait une «nouvelle garde» face aux caciques du régime, est depuis des années la face visible de la fratrie. Cadre dirigeant du Parti national démocrate (PND) autrefois présidé par son père, il s’attache à faire de cette formation une machine de guerre pour accéder un jour à la présidence. Mais cette marche vers la présidence n’a pas été sans écueils. Gamal Moubarak, avec sa garde rapprochée de chefs d’entreprise richissimes, est perçu comme le chef de file d’une élite affairiste, corrompue et très impopulaire.

Une grande partie de l’armée, qui a donné au pays tous ses présidents depuis le renversement de la monarchie en 1952, voit aussi d’un mauvais œil l’arrivée possible d’un président sans passé militaire qui n’a pour seul CV que son passage à la Bank of America International à Londres (1988 à 1994). Laissant à son frère les tribunes politiques, l’aîné, Alaa, a fait une prospère et discrète carrière dans les affaires, notamment l’immobilier, n’apparaissant que rarement en public. Son nom refait désormais surface dans des enquêtes sur des malversations financières ouvertes depuis la chute du régime paternel. Aujourd’hui, l’heure de rendre des comptes semble arrivée autant pour l’un que pour l’autre. (El Watan-02.08.2011.)

 

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*Les jeunes Égyptiens veulent leur révolution

Manifestations hostiles au pouvoir en Egypte, inspirées par la Tunisie

 

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Des milliers de manifestants lançant des slogans hostiles au pouvoir ont défilé mardi en Egypte à l’initiative de mouvements d’opposition s’inspirant de la révolte tunisienne, face à un déploiement policier massif.
Environ 15.000 personnes ont manifesté dans plusieurs quartiers du Caire, notamment aux abords de bâtiments officiels du centre-ville sous forte garde policière, ont indiqué les services de sécurité.
La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour tenter de disperser plusieurs milliers de personnes, en grande partie des jeunes, rassemblées sur la grande place Tahrir et ses environs, à proximité du Parlement et de nombreux ministères.
Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs autres quartiers de la capitale, où 20 à 30.000 policiers étaient mobilisés.
Des rassemblements ont également eu lieu en province, d’Alexandrie (nord) à Assouan (sud), dans le delta du Nil ou dans la péninsule du Sinaï.
Les manifestants, parmi lesquels de très nombreux jeunes, lançaient des slogans en faveur de réformes sociales et politiques.
Certains, comme « La Tunisie est la solution », étaient directement inspirés par les événements tunisiens qui ont conduit à la chute du président Ben Ali après 23 ans de règne.
Des manifestants ont également scandé « à bas Moubarak », en référence au président égyptien, âgé de 82 ans et en place depuis 29 ans.
A Ismaïliya, sur le Canal de Suez, quelque 200 à 250 personnes se sont rassemblées pour scander « Après Ben Ali, à qui le tour? ».
Le ministre de l’Intérieur, Habib al-Adli, a déclaré au journal gouvernemental al-Ahram de mardi que les organisateurs des manifestations étaient « inconscients » et a assuré que leurs appels n’auraient « pas d’impact ».
« Les forces de l’ordre sont capables de faire face à toute menace contre la sécurité de la population, et nous ne prendrons à la légère aucune atteinte aux biens ni aucune infraction à la loi », a-t-il ajouté.
Plusieurs mouvements militant pour la démocratie avaient appelé la population, au Caire et en province, à manifester pour faire de mardi une « journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage ».
Cette journée coïncide avec la « Journée de la police », un jour férié destiné à rendre hommage aux forces de l’ordre.
Cette initiative a été fortement relayée, en particulier auprès des jeunes, sur internet à travers les réseaux sociaux. Plus de 90.000 personnes se sont déclarées sur Facebook prêtes à manifester.
Elle a notamment reçu le soutien de l’opposant Mohamed ElBaradei, ancien responsable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Les Frères musulmans, à la forte capacité de mobilisation, et le Wafd, premier parti d’opposition laïque, ne se sont pas officiellement associés à ce mouvement. Ils ont toutefois indiqué que leurs jeunes militants pourraient se joindre aux cortèges.
Avec plus de 80 millions d’habitants, l’Egypte est le pays le plus peuplé du monde arabe, et plus de 40% de sa population vit en dessous d’un seuil de pauvreté de deux dollars par jour et par personne.
Plusieurs immolations par le feu ont eu lieu ces derniers jours en Egypte, rappelant celle d’un jeune vendeur ambulant tunisien mi-décembre, qui avait déclenché la révolte en Tunisie.
Le pouvoir de son côté a multiplié dernièrement les déclarations assurant que l’Egypte ne présentait pas de risque de contagion à la tunisienne. Les autorités ont toutefois laissé entendre qu’elles prenaient des dispositions pour éviter toute hausse des prix ou pénurie des produits de base, afin de ne pas aggraver le climat social.(AFP-25.01.2011.)

 

 

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Des Égyptiens manifestent suite à l'assassinat de Khaled Saïd, à Alexandrie le 25 juin 2010. (Crédits photo:Amr Nabil/AP)
Des Égyptiens manifestent suite à l’assassinat de Khaled Saïd, à Alexandrie le 25 juin 2010.

 

Lancé sur Facebook, un mot d’ordre de soulèvement à l’occasion de la Fête de la police va passer ce mardi l’épreuve de la rue. 80. 000 internautes ont promis de venir manifester. 

*L'Egypte  à la croisée des chemins-1  coeur- La révolution virtuelle peut-elle devenir réelle? Les Égyptiens auront un début de réponse aujourd’hui, proclamé «jour de la révolution» par les jeunes opposants au régime de Hosni Moubarak. «Nous commencerons à vivre ou à mourir le 25 janvier», proclame l’un des 80.000 internautes qui ont promis de participer aux manifestations. Si la moitié d’entre eux descend effectivement dans la rue, ce serait une mobilisation telle qu’on n’en a pas vu depuis longtemps en Égypte, où les manifestations sont interdites par la loi d’urgence, en vigueur depuis trente ans.

Comme lors de la «grève générale» du 6 avril 2008, qui avait dégénéré en émeutes meurtrières à Mahalla, dans le delta du Nil, le mot d’ordre a été lancé sur Facebook. Plus précisément sur la page «Nous sommes tous Khaled Saïd», un jeune Alexandrin battu à mort par la police alors qu’il sortait d’un cybercafé l’an dernier.

La date retenue est de ce point de vue symbolique, car c’est le jour de la Fête… de la police: le 25 janvier 1952, la police égyptienne s’était soulevée contre les forces britanniques à Ismaïlia. Un soulèvement annonciateur du coup d’État qui renversa la monarchie. «Nous espérons que cette journée va aussi marquer le début d’un mouvement de fond qui pourra balayer le système répressif et corrompu de Hosni Moubarak», explique Adel, un des organisateurs.

L’appel a été endossé par des personnalités comme l’écrivain Alaa el-Aswany, et des opposants comme le Prix Nobel de la paix Mohammed ElBaradei, qui a jugé le changement «inéluctable» en Égypte après la révolution tunisienne. Les Frères musulmans, principale force d’opposition, ont également annoncé que leurs jeunes pourraient participer aux manifestations. «Nous n’appelons pas à manifester en tant que mouvement, mais nous acceptons l’invitation de la Coalition nationale pour le changement», a précisé un porte­parole, Essam el-Erian.

Le succès de la journée dépendra surtout de la capacité de la jeunesse à se mobiliser. Une génération amère et frustrée, qui forme près des deux tiers de la population, n’a connu que Moubarak comme président et fournit 90% des chômeurs. Or, depuis la chute de Ben Ali, en dehors d’une dizaine de tentatives d’immolation par le feu, la contestation n’a concerné que les jeunes éduqués et s’est essentiellement exprimée sur Internet. Les mouvements politiques peinent plus généralement à trouver des relais auprès de la population, largement analphabète et concentrée sur ses soucis du quotidien.

Des Égyptiens manifestent devant l'ambassade de Tunisie, en soutien aux manifestations en Tunisie.(Crédits photo:Ahmed Ali/AP)
Des Égyptiens manifestent devant l’ambassade de Tunisie, en soutien aux manifestations en Tunisie

Rami, 25 ans, qui vit de petits boulots, assure d’ailleurs qu’il restera chez lui. Ses amis, dit-il, feront de même, bien qu’ils aspirent tous à une vie meilleure. «Ce n’est pas qu’on veut rester les bras croisés, mais on a appris depuis tout petit à avoir peur de la police», soupire-t-il. Les organisations des droits de l’homme dénoncent régulièrement les arrestations arbitraires et la torture «systématique» dans les commissariats.

Les analystes égyptiens doutent, dans ce contexte, que le grand jour se transforme en grand soir. «Mais le contexte politique, social et religieux est tellement tendu qu’une étincelle pourrait tout faire exploser», précise un diplomate occidental, rappelant que, en 1977, des émeutes provoquées par la hausse brutale du prix du pain ont fait plus de 70 morts au Caire. «Les autorités doivent faire très attention à éviter un dérapage», estime-t-il. Des milliers de policiers antiémeute seront mobilisés ce mardi face aux manifestants, qui devraient privilégier de multiples points de rassemblement à un cortège unique. Si le ministère de l’Intérieur a promis de les traiter «de manière civilisée», des magasins et des écoles qui devaient ouvrir en ce jour férié ont reçu pour consigne de fermer leurs portes.

Le parti au pouvoir a, lui, prévu d’organiser une contre-manifestation de soutien à Hosni Moubarak. Mais il a tout intérêt à éviter une confrontation qui pourrait dégénérer, alors que la Bourse du Caire a dévissé depuis la révolution tunisienne, que la livre égyptienne est chahutée et que les investisseurs étrangers et le secteur touristique, principal pourvoyeur de devises, s’inquiètent pour la stabilité du pays. (Le Figao-25.01.2011.)

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*UNE MANIFESTATION EST PRÉVUE AUJOURD’HUI
Moubarak face à la grogne de la rue
 

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Les manifestations attendues au Caire sont les premières du genre en Egypte depuis la chute de Ben Ali.

Plusieurs mouvements d’opposition appellent les Egyptiens, en particulier les jeunes, à manifester ce mardi, espérant que l’écho du soulèvement tunisien favorisera la mobilisation pour des réformes économiques et un changement politique en Egypte. Ces manifestations attendues au Caire et en province sont les premières du genre en Egypte depuis la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier, à la suite d’une révolte populaire. Les organisateurs appellent à défiler avec pour slogan «le 25 janvier, je reprends en mains les affaires de mon pays», qui rappelle implicitement ceux des manifestants tunisiens. Cette initiative coïncide avec la très officielle «Journée de la police», un jour férié à l’occasion duquel les dirigeants multiplient depuis dimanche les éloges aux forces de l’ordre et les engagements à maintenir la stabilité. L’idée a été lancée par le «Mouvement du 6 avril», un groupe de militants prodémocratie. Les organisateurs comptent sur l’effet d’entraînement des événements de Tunisie, très commentés notamment par les jeunes Egyptiens ayant accès aux réseaux sociaux sur internet. L’opposant Mohamed El Baradei, ancien haut fonctionnaire international, a exprimé sur sa page Facebook son soutien à «l’appel à manifester contre la répression» et a dénoncé «les menaces d’utiliser la force venant d’un régime qui tremble devant son peuple». «Si les Tunisiens l’ont fait, les Egyptiens devraient y arriver», a également déclaré au magazine allemand Der Spiegel l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), interrogé sur une éventuelle contagion à l’Egypte de la «révolution du jasmin» tunisienne. Son comité de soutien a, dans un communiqué, affirmé que plusieurs de ses partisans avaient été convoqués par les services de sécurité avant ces manifestations. Certains ou des membres de leurs familles auraient fait l’objet d’intimidations, selon un communiqué.
Les manifestations ont reçu l’appui d’autres formations politiques, mais sur un mode relativement prudent.
Les Frères musulmans, à la forte capacité de mobilisation, et le Wafd, premier parti d’opposition laïque, n’ont pas lancé d’appels formels à défiler, mais ont indiqué que leurs jeunes militants pourraient se joindre aux cortèges. L’Egypte connaît des difficultés économiques et un mécontentement social qui présentent de nombreuses similitudes avec la Tunisie du président Ben Ali, réfugié en Arabie saoudite après 23 ans de règne. Plusieurs immolations par le feu ont eu lieu ces derniers jours en Egypte, rappelant celle d’un jeune Tunisien en décembre qui avait déclenché la révolte. Sur le plan politique, le régime est dominé depuis près de trente ans par le président Hosni Moubarak, 82 ans, à la santé incertaine.
Sa succession est au centre d’une sourde rivalité entre son fils Gamal 47 ans, proche des milieux d’affaires, et la «vieille garde» du pouvoir liée au puissant appareil militaro-sécuritaire.
Le pouvoir a démenti ces derniers jours tout risque de contagion entre la Tunisie et l’Egypte, tout en laissant entendre que, pour calmer l’inquiétude sociale, il ne remettrait pas en cause les subventions aux produits de base.
Plusieurs analystes égyptiens ont aussi mis en exergue ces derniers jours les différences entre les deux pays, notamment le fait que le régime égyptien avait su ménager des marges d’expression pour les médias et l’opposition. L’armée égyptienne, dont sont issus tous les présidents depuis 1952, est également jugée davantage loyale envers le pouvoir que l’armée tunisienne ne l’était à l’égard du président déchu. (L’Expression-25.01.2011.)

**Le Changement est « inévitable » en Égypte, selon Mohamed ElBaradei

L’opposant égyptien et ancien haut responsable international Mohamed ElBaradei a jugé « inévitable » un changement de régime en Egypte après le soulèvement populaire qui a provoqué la chute du président Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie. « C’est inévitable. Le changement doit venir », a déclaré M. ElBaradei dans cette interview à l’agence autrichienne APA.

Il fonde de grands espoirs sur la génération des moins de 30 ans, qui représente 60% de la population égyptienne, et « qui n’a pas d’espoir, pas d’avenir, mais pas d’arrière pensées non plus », contrairement à beaucoup de leurs aînés qui, selon lui, se sont arrangés avec le régime ou le craignent.

L’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix a récemment appelé à un boycott de la présidentielle de septembre prochain en Egypte.

Et il rassemble actuellement des signatures pour une pétition dans laquelle il exige une démocratisation du pays, a-t-il souligné dans l’entretien. Un million d’Egyptiens ont déjà signé, selon lui. Plus ils seront nombreux, plus la pression sur le régime augmentera. « Nous lui prendrons alors sa légitimité », a-t-il déclaré. Il a déjà tenté l’an passé de fédérer l’opposition sur un boycott des législatives, mais sans succès.

Le président Hosni Moubarak, 82 ans et au pouvoir depuis trois décennies, n’a pas encore fait savoir personnellement s’il se présenterait cette année, mais son entourage assure qu’il briguera un nouveau mandat. (AFP-18.01.201.)

 

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*Législatives en Égypte le 28 novembre 2010 

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L’opposition égyptienne jette l’éponge

Le régime et les appétits des Moubarak à nu

Comme ça, ça sera un vrai hold-up électoral.

L’opposition égyptienne ne va pas concourir pour le deuxième tour de dimanche. Le geste est symbolique car le parti au pouvoir au Caire, le Parti national démocrate (PND) de Hosni Moubarak, a raflé, sur fond d’abstention massive, près d’un tiers des sièges, soit 170 sur 508, dès le premier tour.

Laminés, les Frères musulmans, qui contrôlaient un cinquième de l’Assemblée sortante, n’ont rien obtenu, pas même un siège, jette l’éponge.
Principal bloc d’opposition dans le Parlement sortant avec 88 élus, cette formation, interdite mais “tolérée”, a vu ses 130 candidats rejetés, et dans ses grands fiefs, 26 sont en ballottage. Les libéraux s’en sont sortis un peu mieux : ils ont glané six sièges. L’opposition laïque, à laquelle Moubarak avait fait miroiter une représentation significative pour la dissuader de répondre à l’appel au boycott du prix Nobel de la paix, Mohamed ElBaradei, chantre d’une démocratisation de l’Égypte, n’a rien eu. Et pour ne pas faire le jeu de Moubarak, elle aussi claque la porte : pas de deuxième tour, comme les libéraux et les islamistes. Passage en force. L’ampleur des fraudes, intimidations et violences au premier tour a ouvert la voie à un Parlement qui sera dominé à plus de 95% par le parti au pouvoir ! Selon les analystes, le PND a besoin plus que du seuil critique des deux tiers, voire des trois quarts des sièges, pour s’assurer la maîtrise totale du processus législatif et constitutionnel, à un an de la présidentielle.
C’est la raison pour laquelle les élections ont été une suite d’irrégularités, de fraudes, d’intimidations et de violences. Trois morts et des centaines de blessés. Le bilan aura été beaucoup plus lourd, si la participation était plus élevée. Défiance populaire. Quatre électeurs sur cinq n’ont pas jugé utile de se rendre aux bureaux de vote dans le pays des Moukhabarates ! Contrairement à la législature précédente, Moubarak, cette-fois, n’a pas voulu de mouches du coche dans son régime, quitte à faire montre de son vrai visage d’autocrate. C’est qu’au-delà du Parlement, ces législatives sont capitales pour la présidentielle de l’année prochaine. Soit le président égyptien, au pouvoir depuis 1978, se représente malgré son état de santé. Cela voudra signifier qu’il n’est pas parvenu à rallier à son rêve dynastique l’armée et la vieille garde. Sinon, c’est la voie lactée pour l’octogénaire : le PND présent son fils Gamal, proche des milieux d’affaires, notamment des nouveaux riches, et qui a justement été élevé pour hériter de l’Égypte. Moubarak, rompu aux jeux politiciens, cherche à établir le rapport de force interne au PND idoine pour décider sans la vieille garde, donc sans l’armée, l’avenir de son régime. En remportant plus de 40% des 508 sièges de l’Assemblée dès le premier tour, le PND est d’ores et déjà  sur orbite. Alors, ça devrait se jouer entre les Moubarak, le père et le fils. L’armée aura tout de même son mot à dire, car elle sait qu’elle devra contenir la rue si le double scénario des Moubarak venait à se concrétiser. Quant aux admonestations internationales, Moubarak a signifié aux Occidentaux qu’il se foutait de ce qu’ils pouvaient dire et penser. Face à l’enjeu du rendez-vous de 2012, Moubarak n’a pas hésité à se débarrasser de la démocratie procédurière dont il s’habillait, à ne pas s’embarrasser de caution pluraliste. Les États-Unis, dont la demande d’observateurs internationaux avait été sèchement rejetée, ont fait part de leur “déception” face au déroulement du scrutin. Mais ces mêmes Occidentaux pourront toujours dire de Moubarak qu’il a effacé de la vie institutionnelle les islamistes ! L’an prochain, la présidentielle se déroulera avec un candidat, un seul, puisque après leur retrait, aucun parti d’opposition ne devrait être en mesure d’y présenter un candidat sans l’aval du PND. Selon la Constitution, ce privilège est réservé aux partis légaux représentés au Parlement et aux indépendants qui recueillent 250 signatures d’élus. (Liberté-04.12.2010.)  

**La participation n’a pas dépassé 5% au second tour.

 Le second tour des élections législatives égyptiennes a connu de fortes perturbations et des dépassements dans plusieurs circonscriptions du pays, et ce, malgré le boycott de l’opposition.

Le Caire (Egypte)
De l’envoyé spécial d’El Watan-

Cette deuxième mi-temps a été fortement boudée par les Egyptiens. «La participation n’a pas dépassé 5%», estiment des commentateurs cairotes.Mis dans l’embarras après le retrait spectaculaire de l’organisation des Frères musulmans et du parti Wafd entre les deux tours et les critiques qui fusent de partout, le régime du Caire a tenté désespérément de sauver la face. Dans certaines circonscriptions électorales, la fraude a été en faveur de certains candidats indépendants et de ceux du parti de Tagamoû (le rassemblement), aux dépens de certains candidats du Parti national démocratique (PND) au pouvoir, mais qui se sont retirés. Ces derniers, qui avaient assuré que le premier tour s’est déroulé «dans de très bonnes conditions», découvrent subitement la fraude.

La lutte a fait rage également dans les circonscriptions où les candidats du PND étaient seuls à pourvoir les sièges. Des batailles rangées ont été enregistrées, notamment à Alexandrie où seuls les candidats du PND étaient en course pour les 14 sièges en jeu.
Il faut rappeler que le parti de Moubarak a présenté 2 à 4 candidats dans de nombreuses circonscriptions. Au second tour, pour 114 parmi les 283 sièges à pourvoir, il n’y avait que des candidats du PND.

Ainsi, le parti au pouvoir est crédité de 323 sièges avant même d’entamer le second tour, sans compter les sièges restants où il est également en course. Les premiers décomptes le créditent de 400 à 450 sièges dans la nouvelle assemblée ; le reste sera réparti entre «des partis microscopiques et quelques indépendants».Par ailleurs, des voix s’élèvent pour exiger l’annulation du scrutin et demandent au président de dissoudre la nouvelle Assemblée. Pour l’ancien président du Conseil d’Etat, Yahia Hammed El Gamal, «le Conseil du peuple (Parlement) est frappé d’une illégitimité constitutionnelle». Il avance trois arguments essentiels : «La cour administrative a jugé que dans de nombreuses circonscriptions, la fraude a été massive, se basant sur les rapports des magistrats chargés de surveiller le scrutin, et elle a exigé l’annulation du vote. Son jugement est effectif et exécutoire dès qu’il sera prononcé.

Ce serait fouler aux pieds la Constitution si on ne dissout pas ce Parlement. Et ajoutez à cela que nous sommes le seul pays au monde où la communauté égyptienne établie à l’étranger ne vote pas. Ce sont plus de 8 millions d’Egyptiens qui sont privés de ce droit à la citoyenneté. Mais le vrai problème qui rend cette élection caduque réside dans le fait qu’elle s’est déroulée sous état d’urgence.»
Au pouvoir depuis trente ans, le PND assure une hégémonie au Parlement. Un pouvoir sans partage. Toutes les autres forces politiques, libérales ou islamistes, sont mises hors du jeu politique en Egypte. Le passage en force du parti au pouvoir lors de cette consultation électorale, la plus controversée de l’histoire du pays, ne sera pas sans conséquence. «Il renforce l’isolement du régime et, dans une certaine mesure, pourrait pousser l’opposition islamiste notamment à se radicaliser», a analysé le politologue Hassan Nafaâ de l’université du Caire, leader de l’Association nationale pour le changement.

Par ailleurs, cette violence avec laquelle le régime a fait gagner son parti dénote d’une velléité de se maintenir au pouvoir. L’élection présidentielle de septembre 2011 devrait se dérouler comme les Moubarak le souhaitent : sans tapage et sans concurrent. Les législatives ne sont qu’une étape dans le scénario présidentiel.Le pire est à craindre durant la période qui précédera la présidentielle.

Mauvais quart d’heure pour El Baradei à l`aéroport du Caire

Les forces d’opposition n’excluent pas que le régime recoure à des méthodes musclées pour faire taire les voix de la résistance. «Dans la panique, le pouvoir pourrait perdre son sang-froid et procéder à des arrestations et réprimer d’éventuelles manifestations de rue», a estimé Abdelhalim Kendil, coordinateur du mouvement Kifaya.
Le rassemblement des militants de l’opposition, hier, à Maidan Ettahrir (place de la Libération), au centre de la capitale, pour dénoncer la fraude, a été violement dispersé par les forces de l’ordre.

Un cadre dirigeant des Frères musulmans a affirmé que «le risque de voir des arrestations massives des cadres dirigeants du mouvement touchant même le guide suprême de la Gamaâ est réel. On a constaté un changement du ton et du vocabulaire chez les responsables du parti au pouvoir depuis notre retrait des élections. Ils ne parlent plus de mouvement interdit, mais d’une organisation hors la loi». Les responsables des Frères musulmans sont en état d’alerte maximum.  Cependant, les islamistes ne sont pas les seuls à être dans le viseur du régime du raïs.

L’opposition libérale risque, elle aussi, de subir les foudres du régime. Le signe a été donné, avant-hier, à l’aéroport du Caire lors du retour de Mohamed El Baradei, leader de l’Association nationale pour le changement et ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique. A son arrivée à l’aéroport, il «a été soumis à des intimidations de la part des officiers de la sécurité de l’aéroport. Pour la première fois, Mohamed El Baradei a été obligé d’attendre un bon moment au contrôle des passeports.

L’officier a saisi son nom sur l’ordinateur pour vérifier l’identité d’El Baradei. Il a soigneusement vérifié les pays que l’ancien directeur général de l’AIEA a visités durant son séjour à l’étranger. Ce qui a mis en colère le leader de l’opposition. Il a réclamé son passeport avant que l’officier lui dise : nous voulons juste vous souhaiter la bienvenue !», nous a affirmé Ali El Baradei, frère de l’ancien responsable de l’AIEA.

Par le passé, Mohamed El Baradei avait un traitement de faveur, avec tous les honneurs. Il passait par le salon d’honneur en tant que haut responsable international, mais également en sa qualité de personnalité nationale qui a bénéficié du Collier du Nil (Kiladat Ennil), une haute distinction dont sont honorés au moins de dix personnalités égyptiennes. Ces «intimidations» s’ajoutent à celles déjà existantes. Le coordinateur de la campagne d’El Baradei pour la présidentielle, Abderrahmane Youssef, a révélé, la semaine passée, «les écoutes téléphoniques du leader du changement installées dans son bureau pour espionner ses mouvements et ses contacts».  
Ce qu’a enduré Mohamed El Baradei est un signe avant-coureur de ce que sera le traitement réservé aux opposants.

L’opposant Hamdine Essebahi a affirmé que «des instructions ont été données pour surveiller étroitement les acteurs politiques éventuellement candidats à l’élection présidentielle, tels Mohamed El Baradei et Ayman Nour». Qu’à cela ne tienne. L’opposition se dit prête à en découdre et appelle à une désobéissance civile jusqu’à imposer des réformes politiques dans le pays.
Le peuple, quant à lui, dont la majorité est écrasée par la misère et la pauvreté, est-il prêt à se soulever ? Tel est le grand dilemme auquel fait face l’opposition égyptienne. (El Watan-07.12.2010.) 

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**Le régime Moubarak veut des élections en vase clos

Le pouvoir égyptien, qui refuse la présence d’observateurs étrangers, ne semble point prêt à lâcher du lest à l’occasion des élections législatives du 28 novembre, d’autant plus que les manifestations s’élargissent même au sein de la minorité copte, comme ce fut le cas hier au Caire, où l’un deux a été tué par la police.

Au risque de s’aliéner les États-Unis, qui ont pressé les autorités égyptiennes d’accepter des observateurs internationaux et estimé que le scrutin devait faire l’objet d’une couverture médiatique libre, L’Égypte refuse toujours toute “ingérence” étrangère dans les élections législatives du 28 novembre. L’annonce a été faite mardi par le gouvernement égyptien, qui a donc réaffirmé son refus d’autoriser la présence d’observateurs internationaux à l’occasion de ce rendez-vous électoral.
En marge d’une visite aux Émirats arabes unis du président Hosni Moubarak, un porte-parole du gouvernement a officiellement déclaré : “Nous ne voulons aucune ingérence dans les affaires nationales de l’Égypte. Ce sont les affaires de l’Égypte.” En prenant cette décision d’interdire la présence d’observateurs étrangers, le régime de Hosni Moubarak prend le risque de voir pleuvoir les critiques, surtout si l’opposition crie à la fraude, d’autant plus que ces élections législatives seront particulièrement observées pour savoir quelle place le régime de Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, accorde à l’opposition. Principale organisation d’opposition, les Frères musulmans, qui sont interdits mais contournent la loi en présentant aux élections des candidats sous l’étiquette d’indépendants, contrôlent un cinquième des sièges au Parlement. Ils disent que le pouvoir les empêchera de conserver ce niveau de représentation lors des élections du 28 novembre. Les nombreuses et régulières arrestations de leurs militants, dont 1 200 avaient été arrêtés et empêchés ainsi de faire campagne, montrent à quel point ils indisposent le clan Moubarak. Ceci étant, un manifestant a été tué et plusieurs autres blessés dans des affrontements au Caire entre la police et des chrétiens coptes protestant contre l’interdiction de construire une église, ont indiqué les services de sécurité égyptiens. La personne tuée est un jeune homme âgé de vingt ans environ, a indiqué la même source, qui a ajouté que plusieurs personnes ont été blessées, sans en préciser leur nombre, et une vingtaine ont été arrêtées. Les affrontements ont éclaté entre des centaines de policiers et quelque 150 manifestants protestant contre l’interdiction de construire une église à Talibiya. Les protestataires ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers, qui ont répondu par des tirs de grenades lacrymogènes. “Les gens du quartier se sentent discriminés. Pourquoi nous empêchent-ils de bâtir une église ? Chaque rue a sa mosquée, et il y a une mosquée à côté de chaque église”, a lancé l’un des manifestants, Samih Rachid. Ces heurts surviennent à quelques jours du premier tour des élections législatives du 28 novembre dans le pays.
Les Coptes, ou chrétiens d’Égypte, constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l’une des plus anciennes. Ils représentent 6 à 10% de la population égyptienne, dans sa grande majorité de confession musulmane sunnite. Ils se plaignent régulièrement d’être marginalisés au sein de leur propre pays, en particulier pour l’accès à la fonction publique.
Ils protestent notamment contre des dispositions légales qui rendent les autorisations pour construire des églises beaucoup plus contraignantes que quand il s’agit de mosquées.
Le 16 novembre dernier, des musulmans ont mis le feu à des habitations appartenant à la famille d’un Copte dans un village à quelque 450 km au sud du Caire, à la suite de rumeurs de flirt avec une musulmane. (Liberté-25.11.2010.)  

**Législatives aujourd’hui en Égypte

Un scrutin verrouillé

Sauf imprévu exceptionnel, le scrutin d’aujourd’hui ne représente aucun danger pour Moubarak et son parti au pouvoir depuis 1978. Divisée, l’opposition a été réprimée et empêchée de faire campagne.

Les élections législatives n’auront pas passionné les Égyptiens, habitués aux fraudes du système et au gel des activités de ses opposants, à la répression sociale, grâce, entre autres, à l’état d’urgence en vigueur depuis près de trente ans. Les Égyptiens, dont une bonne partie vit sous le seuil de la pauvreté, ne se font pas d’illusions. En 2005, Moubarak leur avait juré d’éradiquer la pauvreté !
Cinq années plus tard, il y a plus de pauvres en Égypte. Mais ils ne déserteront pas pour autant les urnes, tenaillés par la peur du pouvoir. Les tentatives de constitution d’un front uni issu des luttes sociales de ces dernières années n’ont pas abouti. C’est pourquoi l’enjeu pour le régime est de démontrer, à une année de l’élection présidentielle, ses capacités à montrer sa solidité et à préserver une image de stabilité, malgré les incertitudes sur la santé et la succession de Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans.
Opéré de la vésicule biliaire et d’un polype du duodénum en mars dernier en Allemagne, l’inamovible président n’a toujours pas dit s’il se représenterait. Son entourage en revanche assure qu’il est prêt pour un nouveau mandat. Son fils Gamal, souvent présenté comme présidentiable, a affirmé ne pas avoir d’ambitions personnelles ! Pour l’opposition, la compétition est, comme d’habitude, entachée d’irrégularités et de violences. Elle n’envisage pas d’alternance et l’enjeu porte notamment sur le score des Frères musulmans, qui redoutent de perdre de nombreux députés élus lors de leur percée de 2005, quand ils avaient raflé un siège sur cinq. La campagne législative a été marquée par de nombreux affrontements entre forces de l’ordre et militants des Frères musulmans.
Première force d’opposition, la confrérie islamiste n’a pas arrêté de dénoncer l’arrestation de plus d’un millier de ses sympathisants à travers le pays ces dernières semaines et l’invalidation abusive de certaines candidatures. Le pouvoir a publiquement indiqué qu’il voulait réduire à la portion congrue la présence des islamistes au Parlement. Bien que le PND et les Frères musulmans soient les seuls acteurs de la scène politique, le reste de l’opposition astreint à ne servir que de décor, les démocrates, morcelés en une vingtaine de partis, espèrent un reflux des islamistes. Mohamed ElBaradei, ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), candidat à la présidentielle de 2012, n’est pas parvenu à convaincre l’opposition de boycotter purement et simplement ce vote qui se tient aujourd’hui malgré que nombre d’organisations non gouvernementales égyptiennes et étrangères l’aient très critiqué. Moubarak a rejeté comme une “ingérence inacceptable” les appels à la présence d’observateurs internationaux, au prix de frictions avec les États-Unis, son grand allié sur la scène internationale. L’élection de 508 députés à l’Assemblée du peuple, la plus importante des deux chambres du Parlement, a lieu sur deux tours, les 28 novembre et 5 décembre. Dix sièges supplémentaires sont pourvus directement par M. Moubarak. Les partis en lice comprennent le PND de Moubarak, le parti Wafd, le parti T005, Agmau (marxiste), le parti nassérien et les Frères musulmans sous l’étiquette indépendante, car les partis religieux sont officiellement interdits mais officieusement tolérés. Liberté-28.11.2010.)

 

**Elections législatives sous haute tension

L’Egypte otage du clan Moubarak 

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Bien que le régime et son parti, le PND, soient plus que certains de remporter une écrasante majorité à l’occasion des élections législatives qui se déroulent aujourd’hui, le prochain Parlement ne saurait être le reflet des courants qui traversent la société égyptienne. Il sera aussi moins crédible, dès lors, que c’est l’écrasante majorité des 40 millions d’électeurs qui bouderont les urnes, de l’avis même des partisans du pouvoir.

 

Le Caire (Egypte).
De l’envoyé spécial d’El Watan.

Le Nil retient sont souffle. Le face-à-face électoral qui oppose le Parti national démocratique (PND) du raïs Moubarak aux Frères musulmans risque bien d’embraser Le Caire. Les batailles ont souvent pris des formes violentes durant la dernière journée de campagne. Dans plusieurs villes du pays, les meetings électoraux ont dégénéré en émeutes et en affrontements. C’est le cas dans la circonscription d’Essayeda Zaineb, au Caire, où le président sortant du Parlement, Fathi Sorrour, se présente. Un rassemblement de militants surexcités de l’organisation des Frères musulmans a dégénéré. Les vitres de nombreux magasins ont été cassées par les manifestants après que la police soit intervenue pour disperser la foule. Le spectacle était le même dans plusieurs régions du pays. Pas moins de 150 militants appartenant à cette organisation ont été arrêtés durant la campagne électorale. Une véritable rafle à la veille du scrutin.

Les médias sont aussi dans le viseur du régime. Avant-hier, la chaîne de télévision BBC en arabe a été empêchée de filmer son émission «L’heure des comptes» couvrant les élection. Une émission-débat où étaient invités des représentants de trois partis. La chaîne a accusé les services de sécurité d’être derrière cette interdiction en raison de la participation des autres partis à l’émission. L’équipe de tournage a décidé donc de rentrer à Londres.
La capitale égyptienne est véritablement sous quadrillage policier. Des camions des forces de sécurité sont placés dans tous les coins et recoins de la ville ; il y a presque autant de policiers que de citoyens. La célèbre place de la Libération (Maïdan Ettahrir), point de départ de toutes les manifestations, est sous étroite surveillance policière.   
C’est donc dans un climat politique des plus violents que les Egyptiens sont appelés à «élire» les 508 députés qui composeront le Conseil du peuple (Parlement). Les candidats représentant tous les partis qui ont pris part à cette élection sont au nombre de 5042 ; seul le parti au pouvoir a réussi à présenter ses candidats dans les 245 circonscriptions.  

Plusieurs partis mettent en garde contre le recours à la violence le jour du scrutin, ce qui pousserait beaucoup d’Egyptiens à bouder les urnes. Le premier responsable du parti El Wafd, Essayd El Badwi, auquel les pronostics accordent la deuxième place après le PND, s’attend à l’utilisation de la violence : «Je prévois que dans de nombreuses circonscriptions des scènes de violence se produiront. Le phénomène baltaguia (voyous) est présent et les candidats du Parti national démocratique persistent à utiliser ces baltaguia pour dissuader les électeurs dans les circonscriptions où il savent qu’ils n’obtiendront pas de bons résultats», a indiqué El Badwi dans une longue interview accordée au journal El Masri El Youm d’hier. Pour lui, «la bataille électorale a été inégale tant que le chef de l’Etat est en même temps président du PND et que l’Etat, avec tous ses moyens colossaux, est mobilisé pour servir le PND. De plus, le Premier ministre, les ministres, les chefs de district, la police et les notables sont au service du parti du raïs», a-t-il ajouté. Il faut souligner que dix ministres du gouvernement actuel se sont présentés sous la casquette du PND, dont le fils de l’ancien secrétaire général des Nations unies, Youssef Boutros Ghali, ministre des Finances et directeur exécutif au sein du FMI. Le seul candidat d’origine chrétienne copte. Une communauté qui représente 10% de la population globale et qui, dans sa majorité, boycotte toute élection.    

Des élections qui s’annoncent donc verrouillées au vu des événements qui ont marqué la campagne électorale. Contrairement aux précédents scrutins, les juges, qui sont une garantie pour la transparence des élections, ont vu leur marge réduite. L’Etat d’urgence aidant, le régime veut une élection fermée. Pas question de laisser émerger une force politique capable de balayer celle qui est déjà en place.
Ainsi, jamais une élection n’a suscité autant de violence et d’affrontements, a commenté la presse cairote, hier. L’enjeu est tel que le parti au pouvoir, le PND, veut s’assurer une majorité au prochain Parlement. «Après avoir laminé tous les courants d’opposition démocratiques, le régime Moubarak ne peut s’offrir mieux que les Frères musulmans comme principale force politique. Il agite à chaque fois cette menace pour se maintenir au pouvoir», a analysé Hassan Nafaî, politologue et bras droit de Mohamed El Baradai. Commentant l’élection d’aujourd’hui, H. Nafaî, dont le mouvement a appelé au boycott des élections, est catégorique : «C’est une élection dont les résultats sont connus d’avance. Le PND remportera la majorité et les quelques sièges restants seront répartis entre les partis d’opposition officielle. Cette opposition qui a refusé de boycotter sera bien évidemment récompensée pour services rendus. Pour ce qui est des Frères musulmans, ils obtiendront un nombre de sièges inférieur au mandat précédent qui était de 88.»

«Tout compte fait, il s’agira plutôt d’un Parlement désigné et non pas élu.» Pour cet opposant, il ne peut y avoir d’élection démocratique dans un pays où l’état d’urgence règne en maître et où les moyens de l’Etat sont mobilisés au profit du seul parti au pouvoir. «Le pouvoir veut donner cette impression d’une confrontation politique sérieuse, mais la réalité est tout autre. Et on le verra le jour du vote. L’écrasante majorité des Egyptiens ne se rendra pas aux urnes. La participation ne dépassera pas les 20%», a assuré Hassan Nafaî dans une déclaration à El Watan. L’élection présidentielle de 2005 a connu officiellement un taux de participation de 23%.

Mais qu’est-ce qui pourrait alors expliquer ce climat tendu entre le pouvoir et les Frères musulmans essentiellement ? De l’avis de Hassan Nafaî, «l’enjeu de ces élections est la préparation de la présidentielle de 2011. L’importance de la présidentielle fait que le parti au pouvoir ne veut laisser aucune possibilité aux potentiels candidats pour la course à la magistrature suprême.
Le système électoral est fait de sorte qu’un candidat à la présidentielle doit avoir un minimum d’élus au sein des assemblées nationales et locales élues. Ce qui veut dire qu’il ne pourrait pas y avoir un candidat indépendant à cette élection. Cela s’appelle une dictature», tonne le bras droit de Mohamed
El Baradai. Le leader du Parti des socialistes révolutionnaires, Hicham Fouad, est du même avis : «Il est impossible d’imaginer une élection libre et démocratique dans un pays qui vit sous état d’urgence depuis 29 ans. Le régime Moubarak ne laisse pas apparaître une autre force politique. Il tue dans l’œuf toute tentative de changement.»

Les Frères musulmans, le monstre du loch Ness

C’est la principale force politique d’opposition au régime Moubarak et la mieux structurée, mais frappée d’une interdiction par «la force de la loi». Elle fait l’objet de toutes les attaques, notamment de la part du PND. Elle a été obligée de présenter ses candidats en tant qu’indépendants.
Depuis le début de la campagne électorale, ses candidats sont accusés d’utilisation de la religion lors des meetings. Le fameux slogan «La religion est la solution» fait peur au pouvoir.
Les candidats de Gamaât El Ikhwan sont obligés de laisser de côté, le temps d’une campagne électorale, ce «dangereux slogan» qui rappelle de mauvais souvenir. Ils doivent recourir à d’autres techniques et subterfuges dans l’élaboration des mots d’ordre de campagne pour ne pas tomber sous le coup de la loi. Mais rien à faire. Le pouvoir est déterminé à les faire perdre en les montrant comme «le péril vert» qui menacerait la République. Pour leur barrer la route, le pouvoir ne met pas de gants. Pas moins de 400 candidats, dont 6 sont députés dans l’actuel Parlement, ont vu leurs dossiers rejetés par l’Autorité supérieure d’organisation des élections. Les dirigeants des Frères musulmans dénoncent «une campagne odieuse qui vise les candidats indépendants sous prétexte qu’ils sont un danger pour la société».

Le docteur Mohamed El Baltagui, dirigeant de l’organisation, nous a indiqué que «les accusations du PND sont infondées. C’est ce parti qui utilise la religion et les mosquées dans sa campagne et il essaie de nous désigner comme ennemi du peuple. Alors que le vrai débat devrait porter sur les conditions de tenue de ces élections». Des conditions qui préparent à une fraude généralisée, selon El Baltagui : «Ces élections se dérouleront en l’absence d’observateurs internationaux ; les juges sont écartés ; les journalistes étrangers sont empêchés de travailler librement ; les représentants des candidats dans les bureaux de vote ne sont pas admis… bref, toutes les conditions sont réunies pour frauder massivement, contrairement aux élections de 2005.» «Le pouvoir veut organiser une élection dans le noir, et c’est dans le noir que les voleurs opèrent», a ajouté le responsable des Frères musulmans, qui accuse le parti au pouvoir de vouloir provoquer la violence pour justifier ensuite l’intervention de la police : «De toute manière toute l’opération de l’organisation des élections est passée entre les mains du ministère de l’Intérieur et de la police.»

A la question «pourquoi participer alors que les garanties d’une élection libre ne sont pas réunies», Mohamed El Baltagui répond : «Effectivement, au départ, il y avait un consensus de toutes les forces politiques d’opposition de ne pas prendre part à ces élections en raison de l’absence de garanties, mais nous, nous avons choisi d’y participer pour montrer et prouver le caractère antidémocratique du régime !»   
En somme, les élections législatives d’aujourd’hui, qui verront sans doute le parti au pouvoir asseoir son hégémonie sur le Parlement, seraient, de l’avis de beaucoup d’observateurs cairotes, déterminantes pour le scrutin présidentiel qui se tiendra l’année prochaine. Le raïs, qui dirige le pays d’une main de fer depuis trente ans, n’est pas près d’abandonner son fauteuil. (El Watan-28.11.2010.)    
 

**le président égyptien s’est déplacé en personne à Doha, pour stopper la machine médiatique qatarie d’El Jazeera

 A l’approche des élection législatives en Egypte prévues pour le 28 novembre, Al Jazeera consacre chaque jour des reportages importants, consacrant une large place à l’électorat et aux candidats islamistes issus du mouvement des Frères musulmans, créé par Hassan El Bana. Al Jazeera a même conçu une page spéciale avec, au générique, l’image du Parlement égyptien. La chaîne qatarie qui dispose d’un bureau important au Caire, avec deux ou trois correspondants permanents et autant de free-lance, a largement couvert les tensions entre les chrétiens coptes et les forces de l’ordre sur la controverse de la construction d’une église au Gizeh. Elle a surtout couvert, au grand mécontentement des autorités locales égyptiennes, la répression des forces contre les candidats islamistes du mouvement des Frères musulmans. Cette couverture des événements politiques en Egypte, a contraint le président égyptien à se déplacer en personne à Doha, pour stopper la machine médiatique qatarie, le 24 novembre dernier. Il était précédé par la visite du ministre d’Etat aux conseils parlementaires, Moufid Chiheb. Les observateurs voient dans ces visites, un certain malaise entre Doha et le Caire et une volonté de discussion sur la politique de la chaîne qatarie Al-Jazeera en matière de couverture des affaires égyptiennes. Yasser Abdelaziz, un spécialiste des médias, indique que les expériences passées montrent que l’amélioration des relations entre le Qatar et les pays de la région influence clairement la nature de la couverture d’Al Jazeera. Il cite la manière dont la chaîne aborde d’ores et déjà les affaires saoudiennes, et aussitôt certains différends entre l’Arabie Saoudite et le Qatar étaient aplanis. La chaîne n’a pas néanmoins changé dans sa couverture des élections parlementaires. Après qu’elle ait invité le président Moubarak, le journaliste Ahmed Mansour a invité le guide général des Frères musulmans, Mohamed Badiî, dans son émission «Sans frontières». Ce dernier a dit du parti national au pouvoir qu’il a développé une «addiction à la falsification», et qu’il ne respecte pas la compétition loyale dans les élections. Pour Samir Omar, chef du bureau d’Al Jazeera au Caire, la couverture de la chaîne n’est pas différente de celle des journaux égyptiens. Ceci au moment où Reporters sans frontières est sans nouvelles de Attia Mohamed Mahmoud Abu-l-Ela, free-lance auprès du bureau international d’Al Jazeera au Caire. Le journaliste a couvert les violences commises par la police et les partisans du Parti national démocrate (PND), à l’encontre de leaders politiques de l’opposition et de leurs militants lors d’un meeting électoral tenu dans la province d’Al-Sharqiya, le 20 novembre dernier. L’organi-sation est très inquiète sur le sort réservé à ce journaliste et demande sa libération immédiate. Les élections législatives en Egypte risquent de connaître une grande percée des Frères musulmans, principal groupe d’opposition au Parlement, avec 88 élus sur 454. Les islamistes bénéficient d’un renfort de taille: «El Gamaa» un feuilleton qui a été diffusé pendant le mois de Ramadhan par la télévision d’Etat. Le feuilleton à qui l’Etat a consacré 3 millions d’euros, devait écorner l’image d’Al Ikhwan en les montrant sous leur pire visage, mais le feuilleton a produit l’effet inverse. Largement suivi par les téléspectateurs égyptiens, la série a remis Al Jamaâ des Frères musulmans au goût du jour. Après la rupture du jeûne, la population ne parlait que des Frères musulmans et de leur combat contre des régimes trop impopulaires. (L’Expression-28.11.2010.)

** scrutin annulé dans 24 régions

La justice a ordonné l’annulation du scrutin législatif de dimanche dans 24 circonscriptions au total à travers l’Egypte, ses demandes de rétablir des candidats invalidés ayant été ignorées.
Des tribunaux administratifs ont décidé selon l’afp, que l’élection ne pourrait se tenir dans douze circonscriptions des gouvernorats de Kafr el-Cheikh et Qalyoubiya, dans le delta du Nil, et dans deux circonscriptions des gouvernorats de Sohag et Assiout, en moyenne-Egypte.
L’Egypte est divisée en 254 circonscriptions, qui comptent deux sièges de députés chacune.
Ces annulations s’ajoutent à celles déjà prononcées mercredi pour dix des onze circonscriptions d’Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays.
Ces décisions de justice vont toutefois probablement être suspendues, en raison de recours de la part du Parti national démocrate (PND) au pouvoir.
Un grand nombre des candidats invalidés par la haute commission électorale sont soutenus par les Frères musulmans ou sont des indépendants. Les Frères musulmans, bête noire du pouvoir, soutiennent 130 candidats au total. Ils dénoncent une vaste campagne d’obstruction et de répression à l’approche du scrutin, avec l’arrestation de plus d’un millier de leurs militants.
Le PND a annoncé jeudi qu’il demandait à la justice d’invalider les candidats soutenus par la confrérie, officiellement interdite, au motif qu’ils se présentent comme des « indépendants » pour pourvoir valider leur candidature.

Les Frères musulmans avaient remporté un cinquième des sièges de députés en 2005. Le PND du président Hosni Moubarak s’apprête à conserver son emprise sur l’Assemblée du peuple lors du scrutin à deux tours, le 28 novembre et le 05 décembre 2010.

*les pauvres attendent les élections entre résignation et frustration

Pour nombre d’Egyptiens, qui se débattent avec un maigre salaire et l’augmentation du coût de la vie, les législatives de dimanche ne sont rien moins qu’une formalité vaine assurant, de toutes les façons, la victoire du parti au pouvoir.
A Boulaa Daqour, un quartier pauvre situé près du centre du Caire, des banderoles politiques sont accrochées dans la rue et les visages des hommes politiques locaux ornent les murs.
Mais la campagne intéresse peu les habitants de ce quartier défavorisé, où des hommes vendent des pommes de terre dans des carrioles tirées par des ânes et où des chiens errants fouillent dans d’énormes tas d’immondices.
« Je n’ai jamais voté parce que les élections ne changent rien » et « vont faire durer le régime », déclare Samir, 42 ans, propriétaire d’un salon de coiffure pour hommes. « Les gens doivent pouvoir vivre, avoir quelque chose à manger. Un kilo de viande coûte environ 70 livres égyptiennes (12 dollars). Un kilo de sucre coûte 6 ou 7 livres. Les gens peuvent vivre sans viande, mais pas sans sucre », se lamente ce père de deux enfants.
« Le salaire mensuel le plus bas est d’à peu près 300 livres (52 dollars). Divisez ça par 30 jours à répartir entre la nourriture, les frais scolaires, l’électricité et tout le reste: ce n’est pas assez ». Les autorités ont récemment décidé de relever le salaire minimum légal, inchangé depuis un quart de siècle.
Mais le nouveau minimum légal de 400 livres (69 dollars) reste loin du compte, dans un pays où l’inflation annuelle frise officiellement les 12%.
Les fortes hausses de prix survenues ces derniers mois sur des produits comme la viande ou les tomates ont aggravé le mécontentement de la population et contribué à provoquer des manifestations sporadiques. Malgré cinq années de réformes économiques, quelque 40% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage, autour de 10% selon les chiffres officiels, est estimé entre 15% et 20%.
Pour l’analyste Emad Gad, du Centre Al-Ahram d’études stratégiques et politiques, une grande partie de la population est résignée face à un système politique figé, qui n’est pas parvenu à bénéficier à l’Egyptien moyen.
« Dans son programme électoral (pour les législatives) en 2005, le (président Hosni) Moubarak parlait de s’attaquer à la pauvreté, d’améliorer la situation économique, etc. ». Mais la pauvreté est encore très répandue, de même que le chômage, et l’inflation reste à un niveau élevé. Si vous regardez le programme du PND (Parti national démocrate, au pouvoir) cette fois, vous verrez une copie conforme (des promesses) des dernières élections », indique M. Gad.
Le pays a été largement épargné par la crise économique mondiale, enregistrant un taux de croissance annuel de 5,1% pour l’année fiscale 2009/2010, mais cette croissance n’a pas profité à l’Egyptien moyen.
Alors que personne n’attend de réels changements avec cette élection, notamment une redistribution plus juste des richesses, certains à Boulaa Daqour espèrent néanmoins qu’un vote en faveur du candidat du PND Amer Zaid leur apportera des avantages matériels. Karim, un chauffeur de taxi de 25 ans, va voter pour M. Zaid, qu’il dit connaître personnellement, « parce qu’il apporte de bonnes choses aux gens ordinaires dans ce quartier ».
Mais d’autres ne partagent pas cet avis. « Nous souffrons de beaucoup de choses. Nous n’avons pas assez d’eau. Nous avons besoin de nouveaux bâtiments. Le prix de la nourriture a augmenté », explique Ahmed Rouchdi, 55 ans, un employé du ministère du Commerce.
« J’avais l’habitude de voter pour le PND, mais maintenant je ne m’embête plus parce que je ne vois aucun changement venir des élections ».(AFP-26.11.2010.) 

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Le régime Moubarak à la croisée des chemins

Des élections législatives se dérouleront en Égypte le 28 novembre. D’ordinaire, il s’agirait d’une simple formalité, même vue de l’étranger. Mais, cette fois, elles sont suivies avec attention, car le pays peut connaître un séisme politique. Son Président, l’octogénaire Hosni Moubarak, qui dirige le pays d’une main de fer depuis près de 30 ans, a atteint ses limites.

Il souffle sur Le Caire comme un vent de changement qui arrive à survivre cette fois aux efforts faits par le régime pour l’étouffer. Ce qui y bruit est d’autant plus examiné à l’extérieur que ce qui va advenir aura, d’une façon ou d’une autre, des conséquences ailleurs dans le monde arabe. L’hypothèse audacieuse d’Ibrahim Eissa n’est pas si farfelue qu’elle en a l’air. Ce journaliste égyptien, figure de proue de l’opposition au régime de Moubarak, reste persuadé que la théorie des dominos est fonctionnelle à partir de son pays. Il a pris pour exemple l’aventure de George W. Bush en Irak où les États-Unis avaient caressé le rêve de voir s’implanter la démocratie qui se serait exportée, ipso facto, dans le monde arabo-musulman. L’Égypte a toujours constitué pour le monde un exemple et demeure, malgré tout, le poids lourd du monde arabe, via la Ligue arabe, par son leadership socioculturel et sa situation géographique, notamment de sa frontière avec Israël et de ses accès à la Méditerranée et à la mer Rouge ! Ce n’est pas sans raison si son pays demeure aujourd’hui encore au premier plan des priorités de nombreux pays, à commencer par les États-Unis qui versent d’ailleurs à cet allié crucial 1,5 milliard de dollars par année. Et ce n’est pas un hasard non plus si le président américain Obama a choisi en 2009 Le Caire pour prononcer son premier grand discours à l’attention du monde musulman. Moubarak a promis, au début du mois de novembre, que ces élections seront “libres et honnêtes”. Mais l’intimidation et les arrestations de candidats de l’opposition ainsi que de leurs partisans ont déjà commencé. Les autorités égyptiennes imposent des restrictions aux militants de l’opposition et restreignent l’accès de la population à l’information avant les élections, dénonce dimanche Amnesty International : les opposants font l’objet d’intimidations et d’interpellations sans inculpation ni jugement en vertu de la législation d’exception en vigueur depuis 1981, souligne l’organisation internationale de défense des droits de l’homme. Par ailleurs, des journaux publiant des articles sur des sujets considérés comme sensibles sont saisis et détruits, et des chaînes de télévision privées fermées. Les islamistes ne se laissent pas pour autant impressionner par les manœuvres du régime, bien qu’ils soient convaincus que le scénario de 2005 est en place. Lors de ce rendez-vous législatif, le Parti national démocrate (PND), de Moubarak, a raflé la majorité en maniant corruption et répressions.
Pour appâter un électorat très peu motivé, Moubarak, faute de démocratie et de transparence, a promis de réserver 64 sièges aux femmes. Mais si le PND est certain de s’emparer, comme par le passé, de la majorité des 508 sièges de la Chambre des députés, pourquoi le rendez-vous du 28 novembre suscite-t-il cette année un intérêt réel ? À la fois au sein de l’opposition et parmi les observateurs de la région aux quatre coins du monde ? Ces législatives sont considérées comme le prélude à une autre élection qui, elle, pourrait provoquer un séisme politique en Égypte et secouer le monde arabe au grand complet : le scrutin présidentiel de 2011. Hosni Moubarak aura alors dirigé le pays pendant trois décennies ! Et même si ses proches ont récemment affirmé qu’il se représenterait, plusieurs pensent qu’il pourrait jeter l’éponge. Peut-être dans le but de passer le flambeau à son fils, Gamal Moubarak. Quoi qu’il en soit, l’incertitude plane autour de la succession du Président, et la pression du régime a grimpé d’un cran. Moubarak veut un retour en arrière, à la situation qui prévalait avant 2004, au règne omnipotent de la pensée unique. Il veut effacer les assouplissements qu’il a concédés. Cette année-là, la palette de l’opposition devait s’enrichir avec le mouvement Kefaya (Assez, assez des Moubarak, Hosni et son fils Gamal) qui réclame une véritable démocratie. Il a organisé plusieurs manifestations publiques, chose inimaginable auparavant. Kefaya, qui s’est même rapproché des Frères musulmans pour raisons tactiques, a fait monter la mayonnaise en début d’année avec son soutien à Mohamed El-Baradei, ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le prix Nobel de la paix, qui avait tenu tête à George W. Bush dans le dossier irakien, a rompu un tabou : défier le régime Moubarak. Accueilli en héros, soutenu également par les Frères musulmans, El-Baradei a même recueilli des millions de signatures pour convaincre le régime de mettre fin à l’état d’urgence et d’instaurer des réformes démocratiques. Les législatives sont cruciales pour l’opposition, car, selon les règles actuelles, El-Baradei ne peut pas être candidat à la présidence s’il n’a pas l’appui de 250 élus, dont une grande partie issue du Parlement. Or, le parti de Moubarak est décidé à contrôler la presque totalité de ses sièges. Il reste que la seule annonce de l’ex-patron de l’AIEA a poussé le régime Moubarak dans le mur et confirmé que l’Égypte est à la croisée des chemins. Et c’est tout dire lorsque le ministre de l’Intérieur de Moubarak dit s’attendre à ce que ces prochaines élections soient passionnées, prévenant que les autorités traiteraient avec fermeté toute personne qui s’écarterait du droit. La couleur a été annoncée par la vague d’arrestations dans les milieux des Frères musulmans, dont le réservoir électoral est immense, malgré la répression. L’autre casse-tête est la pression des États-Unis qui plaident pour des élections libres. Le Caire a rejeté jeudi dernier des demandes “absolument inacceptables” de Washington, notamment l’envoi d’observateurs étrangers, visant à assurer la transparence des élections législatives du 28 novembre. (Liberté-23.11.2010.)

 

***Moubarak contre lui-même

C’est un spectacle indigne de la grandeur de l’Egypte qu’offre au monde le régime de Moubarak qui s’apprête à organiser et, bien sûr, gagner les élections législatives. Sa machine électorale, le Parti national démocratique (PND) – qui rappelle au mauvais souvenir notre RND national à ses années de gloires surfaites – fait feu de tout bois pour s’assurer une bonne partie du «fromage» au soir de ce 28 novembre. Dernière forfaiture en date, il impose aux ONG égyptiennes, chargées de surveiller le scrutin, un blanc-seing de la commission électorale et une autorisation des fonctionnaires des bureaux de vote. En un mot, ceux qui sont censés surveiller la régularité des opérations devront attendre le feu vert des préposés à la fraude avant de pointer le nez dans un bureau de vote ! C’est, poussée jusqu’à la caricature, la transparence, voire la démocratie version Moubarak…Eh oui, du côté du Nil, les vents devraient obligatoirement être favorables au PND, quitte à marcher sur des cadavres. Et des morts, il y en a eu au moins quatre durant la campagne électorale. La terrible machine à broyer les opposants, si bien huilée en Egypte, sous état d’urgence depuis 31 ans – comme chez nous d’ailleurs – ne conçoit pas qu’on se mette en travers. Les Frères musulmans, seule hantise du régime, qui n’ont pas bonne presse en Occident, subissent rafles et arrestations en série alors que leur potentiel électoral (130 candidats sur 508 sièges) est loin de constituer une menace pour le trône du «raïs».Signe que le régime de Moubarak est honni, même le parti libéral Al Wafd, principale formation d’opposition, s’est joint à sa mise à nu. La boucle est bouclée par l’Organisation égyptienne des droits de l’homme (OEDH) qui dénonce une volonté du PND et de sa police politique de refuser la surveillance du scrutin, y compris par la société civile.C’est donc à un simulacre d’élections dans lequel son armée de fonctionnaires sera juge et partie, que le régime de Moubarak invite la classe politique égyptienne. Cela renvoie une pitoyable image d’un pays qui se pose en gardien du temple arabo-musulman et s’impose comme l’unique interlocuteur de l’Occident dans le processus de paix – ou de guerre – au Proche-Orient. Les Etats-Unis ont certes osé un sympathique reproche aux méthodes peu catholiques de leur allié Moubarak, mais la protestation du raïs a été tout aussi orthodoxe. «Ici, c’est mon jardin», semblait répliquer celui qui règne sur l’Egypte depuis 30 ans et plus, si affinités…La France de Sarkozy, qui a intronisé Moubarak à la tête d’une UPM moribonde, ne se permettra pas non plus de heurter la sensibilité  d’un si cher «raïs». Sarkozy, on le devine, n’a pas de leçon de démocratie à donner à l’Egypte, tout comme il n’avait pas de leçon des droits de l’homme à dispenser à son autre ami, Ben Ali. C’est comme cela, Paris et Washington ont une conception flottante des idéaux démocratiques. On défend comme on peut… Ce qui est valable en Corée du Nord, en Iran, au Venezuela et en Birmanie ne l’est pas forcément en Arabie Saoudite, en Tunisie, en Egypte et même chez nous, en Algérie. Combat douteux.(El Watan-23.11.2010.)  **A la veille des législatives en Égypte

Le clan Moubarak perd son sang-froid

 

Même avec sa redoutable machine à frauder et son armée de fonctionnaires zélés, le régime craint pour sa survie.  

Les critiques se sont amplifiées, hier en Egypte, parmi l’opposition et les ONG contre les «trucages», violences et obstructions avant les élections législatives de dimanche prochain, que le pouvoir promet «transparentes» mais sans concessions en matière de sécurité.
Les Frères musulmans, dont plusieurs manifestations ont donné lieu vendredi à des heurts avec les forces de l’ordre, ont dénoncé le «trucage» du scrutin auquel ils présentent 130 candidats pour 508 sièges en lice. La confrérie islamiste, première force d’opposition du pays, a indiqué que depuis l’annonce, début octobre, de sa participation au vote, 1200 de ses militants ont été arrêtés, dont 500 sont toujours détenus.

Les médias ont quant à eux fait état de dizaines d’inculpations sous des motifs divers de membres des Frères musulmans  — une organisation interdite même si elle tolérée dans les faits — après leur arrestation lors de manifestations principalement à Alexandrie et dans le delta du Nil.

Le parti libéral Al Wafd, première formation de l’opposition laïque, a lui aussi déploré un climat de violence et de pressions. «Nous sommes soumis à de nombreuses violences de la part de sbires du Parti national démocrate (PND, au pouvoir) d’Assouan à Alexandrie», a déploré un haut responsable du Wafd, Wafiq Al Ghitani, cité par le quotidien Daily New Egypt.
Des ONG égyptiennes, sollicitées par le pouvoir pour contrôler les opérations de vote et de dépouillement, ont quant à elles menacé de boycotter cette mission en raison d’entraves bureaucratiques à leur travail. «Au moment où le gouvernement refuse la supervision internationale, il refuse également pratiquement la supervision de la société civile», a déclaré Hafez Abou Seada, directeur de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme (OEDH) et membre d’un collectif de 123 ONG égyptiennes.  

Les reproches de l’oncle Sam

Le gouvernement, qui refuse catégoriquement la présence d’observateurs étrangers, fait valoir que la supervision par des ONG locales est suffisante pour garantir la régularité du scrutin. M. Abou Seada a assuré que quatre personnes avaient déjà trouvé la mort au cours de la campagne, sans toutefois donner plus de détails, et prévenu que les violences pourraient s’aggraver.
Les élections égyptiennes ont, par le passé, été ternies par des violences et des accusations de fraude au profit du PND du président Hosni Moubarak, qui dispose de près des trois quarts des députés sortants.

Le Premier ministre égyptien, Ahmed Nazif, est quant a lui monté au créneau pour assurer que le scrutin serait «libre et transparent». «Nous allons prouver au monde que nous sommes capables de gérer le processus électoral d’une manière intègre», a-t-il déclaré. Son ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, a toutefois affirmé que «les forces de sécurité agiront avec toute la fermeté nécessaire» face à quiconque «tenterait de porter atteinte à la stabilité» en période électorale. «Les manifestations ne font pas partie des mécanismes de la campagne électorale et peuvent provoquer des émeutes», a-t-il souligné, en déplorant que certains s’en servent à des fins politiques «qui contredisent les intérêts suprêmes de l’Etat».

Des voix se sont élevées à l’étranger, ces derniers jours — des Etats-Unis et de l’organisation Amnesty International notamment — pour   réclamer un scrutin libre. Ces législatives seront suivies, dans un an, par une élection présidentielle, pour laquelle le président Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis près de 30 ans, n’a pas exprimé ses intentions. Son entourage en revanche assure qu’il se présentera pour un nouveau mandat. (El Watan-23.11.2010.)

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**audiovisuel…rien ne va plus entre les Syriens et les Egyptiens

Décidément rien ne va plus entre les Syriens et les Egyptiens et cela en grande partie à cause des Algériens. En plus de leur rivalité artistique, s’est ajoutée leur rivalité sur le marché audiovisuel arabe. Le gouvernement égyptien, qui a injecté des sommes considérables pour encourager l’audiovisuel et le cinéma égyptien, face à la concurrence des pays du Golfe et à la valeur artistique des productions syriennes et jordaniennes, se retrouve aujourd’hui isolé dans le Monde arabe. Le plus grand coup porté à la production égyptienne c’est bien la défection du célèbre réalisateur syrien Hatem Ali, qui a renoncé à participer à la superproduction égyptienne du Ramadhan 2011 Mohamed Ali. En dépit de sa présence au Caire pour assister aux préparatifs de tournage de la nouvelle série, le cinéaste syrien, a décidé de présenter des excuses indiquant qu’il est pris par d’autres projets.
Il a demandé à la société de production, «King Tut» de reporter la série jusqu’à l’année prochaine en raison de son implication dans l’autre superproduction prévue pour le Ramadhan 2011 Omar Ibn Al-Khattab, financé par les Saoudiens avec le groupe MBC et les Qataris.
Le producteur égyptien, Hicham Chaâbane n’a pas accepté de reporter le projet et a confié la réalisation à Chadi Yahia El Fakhrani, le fils du comédien principal et producteur délégué du feuilleton. Le feuilleton Mohamed Ali c’est l’histoire du prince Mohamed Ali Farouk (né le 5 février 1979 au Caire), fils de l’ancien roi Fouad II d’Égypte. Le prince Mohamed Ali a grandi et a été éduqué entre l’Europe et le Maroc. Il est le successeur au trône d’Égypte (monarchie abolie le 18 juin 1953), après son père le roi Fouad II. Enfin, il faut préciser que le film Mohamed Ali devait se tourner au cinéma avec la société Good News mais faute de budget nécessaire, il a été transformé en feuilleton.
Hatem Ali avait réalisé avec grand succès le feuilleton Malik Farouk (le dernier roi d’Egypte). Il réussit à convaincre surtout, les Egyptiens, que les Syriens sont capables de faire des feuilletons sur des figures historiques égyptiennes. Avec sa défection, c’est tout le projet égyptien qui est mis en péril. Les Egyptiens n’ont pas l’expérience des films historiques. Hatem Ali, a été en fait recruté pour tourner la plus importante oeuvre religieuse après le Messager de Mustapha Akkad, Omar Ibn Al-Khattab. La production saoudienne a mis le paquet pour produire ce feuilleton historique sur l’une des plus importantes figures islamiques après le Prophète Mohamed (Qsssl), Abou Bakr et Ali Ibn Abd Moutalib. Politiquement, le feuilleton créera, sans aucun doute, une nouvelle polémique avec les chiites du Monde arabe et d’Iran qui ont une opinion très négative de Omar et son prédécesseur, Abou Bakr Al-Siddiq. Les chiites affirment que les deux hommes, qui ont dominé le Califat après la mort du Prophète (Qsssl) en 632, avaient menacé de brûler la maison de sa fille (épouse de Ali) Fatima, si elle n’approuvait pas le califat d’Abou Bakr. L’assassinat d’Omar, à l’âge de 58 ans en 644 est une controverse que le feuilleton aura à traiter, car il a été poignardé à la mosquée de Médine par un Persan (Abu Lu’lua) pour se venger de l’invasion et l’occupation de l’Empire perse (Iran actuel). (L’Expression-25.11.2010.)

 

 

 

 

 

 

2 réponses à “*L’Egypte à la croisée des chemins-1”

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