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*Promotion du Gaz Naturel Carburant :

Mise en service du premier modèle de bus algérien en 2018

Promotion du Gaz Naturel Carburant : Mise en service du premier modèle de bus algérien en 2018

Le directeur de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE), Mohamed Salah Bouzriba a annoncé, mardi, que le premier modèle de bus algérien de transport public fonctionnant au gaz naturel carburant (GNC) sera mis en circulation, à partir de 2018, par l’Etablissement public de transport urbain et suburbain d’Alger (ETUSA).

S’exprimant devant la presse en marge de la 9ème édition des portes ouvertes en milieu scolaire sur l’économie de l’énergie, Mohamed Salah Bouzriba a signalé la mise en circulation programmée (en 2018), de ce premier modèle du genre, qui sortira de la Société nationale des véhicules Industriels (SNVI) de Rouiba, avant l’acquisition progressive, par l’ETUSA, d’une vingtaine d’autres modèles similaires.

Il a, par ailleurs, fait part d’une généralisation, à l’avenir, de cette expérience, inscrite au titre du Programme national d’efficacité énergétique visant une économie de la facture énergétique nationale, vers d’autres grandes villes du pays, à l’instar d’Oran, Constantine et Batna, entre autres.

Abordant le projet de conversion d’un million de véhicules au GPL (gaz propane liquéfié), à l’horizon 2030, M.Bouzriba a relevé une réceptivité de la part des citoyens pour le projet, notamment au vue de la hausse intervenue dans les prix du carburant, a-t-il dit, signalant la conversion, en 2017, de 50.000 véhicules vers cette énergie (GPL) économique et amie de l’environnement, comme qualifiée, par lui.*algerie1.com/19 Décembre 2017 |

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*Dr Mustapha Zebdi,

*la farine blanche est très dangereuse pour la santé

Le président de l’Apoce (Association nationale d’orientation et de protection du consommateur), le Dr Mustapha Zebdi, met en exergue la dangerosité de la farine blanche pour la santé et plaide pour une normalisation de toutes les qualités de la farine…

Propos recueillis par
Salima Tlemçani

Le prix de la baguette de pain est devenu un enjeu majeur, alors que la qualité de ce produit de première nécessité est de plus en plus dangereuse pour la santé. N’est-ce pas l’occasion d’imposer un pain plus sain aux consommateurs algériens ?

Il est vrai que le consommateur subit des préjudices en matière de santé, mais aussi de finance. Il faut que vous sachiez que la baguette qui doit se vendre à 8,50 DA, tel que décidé par la loi, est cédée depuis longtemps à 10 DA, voire 15 DA par de nombreux boulangers. Il est vrai que le prix de référence n’est plus possible puisqu’il ne permet plus aux producteurs de pain d’avoir une marge bénéficiaire.

En tant qu’association, nous avons toujours plaidé pour que le problème du pain ne soit pas celui du prix uniquement, mais surtout de la qualité de ce produit largement consommé. Nous avons toujours alerté sur le danger de la farine blanche sur la santé des citoyens et personne n’a réagi. Nous avons demandé aux autorités de faire en sorte que la farine subventionnée soit complétée avec des fibres. Elle est non seulement bénéfique pour la santé, mais aussi pour les boulangers qui s’assurent un poids supplémentaire de 20% de ce produit.

Quels dangers y a-t-il à consommer le pain tel qu’il est fabriqué aujourd’hui ?

Il faut reconnaître que le pain est un aliment essentiel pour les Algériens. La ration consommée quotidiennement est très importante. Ce qui constitue un danger potentiel pour la santé. Vous savez qu’en Algérie est consommée une moyenne de 40 à 50 millions de baguettes par jour. Les spécialistes sont unanimes à dire que la farine blanche est dangereuse pour la santé. Les risques encourus sont connus.

Il n’y a qu’à voir comment le diabète, l’hypertension et les pathologies cardio-vasculaires ont explosé chez nous. La situation est alarmante. Je ne cesserai jamais de répéter que cette farine sans fibre est la source de tous les dangers. Une fois consommée et transformée, il en résulte une production de sucre et de graisse dans le corps humain. Les améliorants sont également dangereux pour la santé. Ce sont des produits chimiques qui rendent le pain croustillant et plus attrayant pour les yeux, mais c’est mauvais pour la santé.

Pourquoi, selon vous, est-il plus facile de revendiquer la hausse du prix de la baguette que l’amélioration de la qualité du pain ?

Le problème du pain est assez délicat pour les pouvoirs publics. Tous les ministres qui se sont succédé à la tête du département du Commerce ont hésité à le prendre en charge. Nous avions appelé les autorités à ouvrir le dossier en nous portant garants pour expliquer aux consommateurs la nécessité de revoir la composante du pain et certainement le prix. Il ne faut pas laisser la situation telle quelle. Aujourd’hui, il y a un fait sur lequel il faut faire une halte. Les boulangers disent que le prix arrêté par la loi ne leur permet pas d’avoir une marge bénéficiaire. La solution existe.    
 **Salima Tlemçani / samedi 23 décembre 2017

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Lancement d’une nouvelle gamme de téléviseurs

Brandt Algérie bouscule les limites de la technologie

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Brandt Algérie a exporté pour 25 millions de dollars à fin septembre 2016. Porté par des ventes record depuis trois années, la marque rachetée par Cevital envisage de mettre le cap sur l’export.

Brandt Algérie met sur le marché le 1er téléviseur ultra slim le plus fin au monde. La marque, rachetée par le groupe Cevital, repousse ainsi un peu plus les limites de l’innovation et bouscule les poids lourds mondiaux de l’électroménager, dans un marché fortement concurrentiel et résolument orienté vers les innovations technologiques.

Hier, à Alger, la filiale du groupe Cevital, spécialisée dans la fabrication de produits électroménagers, a levé le voile sur sa nouvelle gamme 2018 de téléviseurs hautement sophistiqués, dotés, entre autres, de l’Android 6.0, de l’application Brandt Search (recherche de programmes et de contenus sur toutes les chaînes satellitaires), d’un meilleur équipement sonore (Harman/Kardon), d’une option HDR qui permet de restituer le maximum de nuances de luminosité, d’un processeur ultra puissant (hexa core), de trois types de connectivité possible (internet filaire, wifi, 3G et 4G) ainsi que d’une possibilité d’usage d’une multitude d’accessoires plugables…

A ces avancées technologiques s’ajoute la généralisation gratuitement du programme de soutien scolaire Likoul sur toute la gamme TV Brandt, smart et non smart, avec ou sans internet.

Ce packaging de solutions-innovations proposé par le Brandt super ultra slim TV, made in Algeria, est la preuve tangible que la marque «maîtrise totalement le levier technologique», souligne Tahar Bennadji, directeur général de Brandt Algérie, lors d’une cérémonie dédiée à la présentation de la nouvelle gamme télés de son entreprise. Ce dernier-né des Brandt TV se veut un pur exemple d’un exploit technologique que viennent de réussir les compétences algériennes.

Avec le lancement de cette nouvelle gamme de téléviseurs, Brandt Algérie veut damer le pion à ses concurrents en se hissant au point culminant du podium. Très clairement, Brandt Algérie veut conforter sa position sur le marché des téléviseurs en grignotant davantage de parts de marché. Le lancement de cette gamme  de téléviseurs est une réponse aux attentes d’une clientèle de plus en plus friande de nouveautés technologiques et de solutions éducatives, explique le directeur général Algérie de la marque.

Inauguration de l’usine de Sétif début 2018

«Nous sommes très fiers de lancer des produits constituant une réponse étudiée aux besoins du marché dans toute sa composante en alliant intelligence et utilité. Nous sommes d’autant plus heureux et fiers de généraliser le programme Likoul à toute la gamme TV 2018 Brandt et le rendre accessible même sans internet… telle est la promesse tenue l’année passée.

Nous sommes fiers de contribuer à l’éducation des générations futures qui feront l’avenir de la nation», explique M. Bennadji, soulignant sur sa lancée que l’objectif de la marque Brandt était de «viser le leadership sur le marché algérien, le développement de nos activités export et contribuer ainsi à la diversification des exportations hors hydrocarbures de notre pays». Sur cette question, le directeur général de Brandt Algérie a indiqué que l’entreprise a exporté pour 25 millions de dollars à fin septembre de l’exercice en cours.

Porté par des ventes record depuis trois années, Brandt envisage de mettre le cap plein gaz sur l’export. Le lancement dès le 1er trimestre de 2018 de la méga-usine Brandt de Guidjel (Sétif) devrait affermir la vocation vers l’export de la marque. La mise en service de cette plateforme de production permettra la création à terme de 7500 emplois.

Le renforcement des capacités de production, avec un objectif annuel de 8 millions d’appareils électroménagers, permettra un rebond spectaculaire des ventes et, à la marque de briller sur les marchés extérieurs dominés par les colosses asiatiques. Durant ces trois dernières années, Brandt est même allé bousculer chez elles les grosses cylindrées asiatiques, acheminant ses premières marchandises à destination des marchés asiatique, européen ainsi que vers l’Afrique et le Moyen-Orient.

«La nouvelle usine de Sétif permettra de faire évoluer les chaînes de production et les standards de qualité, ainsi que de pénétrer les marchés les plus exigeants, concurrencer les marques mondiales partout, même chez elles», estime le patron de la marque en Algérie. Brandt Algérie signe une année 2017 record et finira l’exercice avec un volume de vente supérieur à 200 000 unités, correspondant à une évolution de 55% par rapport à 2016.

Malgré l’impact des changes et certaines mesures fiscales comprises dans la loi de finances 2017, «Brandt a énormément progressé dans un marché qui était plutôt en déclin», commente Tahar Bennadji, qui s’attend à ce que 2018 soit une année de nouvelles performances, notamment avec le lancement de la nouvelle gamme de télés et l’inauguration de la méga-usine de Sétif. *Ali Titouche/ el watan / mercredi 20 Décembre 2017

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Benghabrit : « Le projet de réforme du bac est fin prêt »

Benghabrit : « Le projet de réforme du bac est fin prêt »

Le projet de réforme de l’examen du baccalauréat, un des chantiers qui tient à cœur à Nouria Benghabrit, est fin prêt et sera soumis en temps opportun au gouvernent pour discussion », a-t-elle déclaré mardi en marge d’une conférence donnée à l’Ecole nationale d’administration (ENA)

 Le projet est la résultante des propositions faites par différentes instances de l’Education, des partenaires sociaux et des organisations des parents d’élèves trout au long des mois de consultations, ponctiuées par des rencontres tous azimuts , ajoute la ministre.

«Au cours des débats, tous les aspects liés à cette réforme sont discutés en profondeur, notamment les différentes matières, les filières, les matières dites secondaires, les types d’examens » explique encore la ministre.

Il sera aussi question, précise Nouria Benghabrit   « du nombre de jours d’examens, du nombre d’examens par jour, de la méthode de correction, de l’élaboration des sujets, du contrôle continu, des coefficients des matières et du rythme de l’application de cette réforme »  

Telle que déclinée, cette réforme, qui a mis du temps avant d’arriver à maturité, est de nature à donner un coup de jeune à ce vieil examen, à la condition que tous les acteurs de la communauté éducative   accordent leurs violons, loin de tous parasitages politiques avec lesquels il faut compter, sachant que l’école est un lieu de cristallisation des querelles idéologiques.

*algerie1.com/  mercredi 20 Décembre 2017

***Les relevés de notes des élèves bientôt transmis par SMS 

La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, a promis depuis Guelma, que les relevés de notes des élèves seront transmis aux parents par SMS «à partir du deuxième trimestre de l’année 2017-2018».

Voilà une nouvelle qui va faire plaisir aux parents qui n’auront plus à se déplacer dans les établissements quand il s’agira de réclamer ou voir un enseignant.

En effet à l’occasion d’une visite d’inspection aux quatre ateliers de la conférence régionale des wilayas de l’Est sur la formation et la gestion, organisée dimanche et lundi, Mme Benghabrit a affirmé que l’envoi des relevés de notes par SMS devait normalement commencer à partir du premier trimestre de l’actuelle année scolaire, précisant que «les préparatifs n’étaient pas préalablement suffisantes pour ce faire».

Une mesure qui s’inscrit d’après la ministre dans l’optique du processus  de numérisation lancé par le secteur de l’éducation depuis plus d’un an.

Pour ce faire, tous les cadres exerçant dans ce domaine sont mobilisés pour mettre à jour toutes les données et entreprendre les mesures nécessaires pour réussir la numérisation, qui est à ses yeux, le «défi majeur du secteur de l’éducation à l’heure actuelle».

Seul bémol, c’est que cette démarche, qui est certes dans l’air du temps, se fera au détriment de cette rencontre d’échange entre parents et enseignants le jour de la remise du bulletin de note.*algerie1.com/19 Décembre 2017 |

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*Près de 900 produits suspendus à l’importation dès janvier 2018

Un décret exécutif sera promulgué pour fixer une liste de marchandises dont l’importation sera provisoirement suspendue.

Instauré en 2015 à l’effet de redresser la balance commerciale du pays, le régime des licences d’importation sera supprimé l’année prochaine, et remplacé par un nouveau dispositif d’encadrement des importations. L’annonce a été faite, hier, par le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, lors d’une rencontre avec les cadres du ministère.

«Ce dispositif a non seulement montré ses limites, mais c’est aussi un système bureaucratique et manquant de transparence, sans compter qu’il a engendré parfois des problèmes d’approvisionnement», a indiqué le ministre. Il a annoncé, à cet effet, l’entrée en vigueur, dès 2018, en application de la loi de finances 2018, de mesures qui permettront «l’amélioration de la compétitivité des produits locaux, par rapport à ceux importés, mais aussi la valorisation des recettes budgétaires sur les opérations d’importation de certains produits de luxe».

Il s’agit de l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation (TIC), au taux de 30%, pour 10 familles de produits finis, ainsi que le relèvement des droits de douane, pouvant atteindre 60%, pour 32 familles de produits finis. Le PLF-2018, dans son article 32, prévoit en effet de soumettre à une taxe de 30% des produits et biens, tels que le saumon, les noix de cajou, les pruneaux, les bonbons, les décodeurs numériques, les bateaux de plaisance et autres.

Aussi, un décret exécutif sera promulgué pour fixer une liste de marchandises dont l’importation sera suspendue provisoirement, selon le cas, sur le court ou moyen terme, a fait savoir le ministre. Cette suspension concerne 45 familles de produits finis, soit 900 produits, «constituées essentiellement de biens et de marchandises qui ne sont pas de large consommation ou de produits pour lesquels les besoins du marché national sont couverts par la production nationale», a-t-il précisé.

Et d’affirmer que son département a pris toutes les dispositions nécessaires pour que l’encadrement du commerce extérieur ne se traduise pas par des pénuries. «Nous avons fait en sorte, d’une manière générale, que les mesures visant à dissuader (les opérateurs) à l’importation ne soient pas traduites par des pénuries», a-t-il dit avant de prévenir que «certains produits importés seront certainement plus chers».

Concernant le secteur automobile, le ministère envisage de mettre en place, pour l’année 2018, un seul contingent quantitatif concernant les véhicules automobiles (transport de marchandises, transport de personnes et véhicules de tourisme) à l’exclusion des collections CKD/SKD destinées au montage et de certains véhicules et engins spéciaux.

Toutefois, selon le ministre, «ce contingent ne sera ouvert qu’en cas de nécessité». S’agissant des contingents tarifaires fixés dans le cadre de l’accord d’association avec l’Union européenne et portant sur certains produits agricoles et agroalimentaires, M. Benmeradi a indiqué qu’ils seront normalement ouverts au cours de l’exercice 2018, précisant que «l’accès à ces contingents se fera par adjudication et en référence au modèle type de cahier des charges fixant les conditions et les modalités d’accès par voie d’enchères au contingent ou à ses tranches». Ce cahier des charges, a-t-il ajouté, «est en cours d’approbation par arrêté conjoint entre les ministères du Commerce et des Finances». 
 *Lyes M.el watan / mercredi 20 Décembre 2017

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*Ils gèrent l’université avec autoritarisme, on les dits castrateurs

Les Recteurs de la République

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le 13.12.17 | el watan

Les Recteurs de la République

Ils sont les régents des établissements du supérieur. Pour certains de simples chargés de mission, celle d’assurer l’ordre public dans un secteur qui compte plus d’un million et demi de jeunes.

Pour d’autres, des despotiques-exécutants zélés. Recteurs d’université, ces profils d’administrateurs suprêmes font aujourd’hui le quasi-consensus de la population universitaire sur leur responsabilité dans la déchéance de ces espaces du savoir.

C’est l’une des principales recommandations du congrès de la Soummam du 20 Août 1956 (la primauté du politique sur le militaire) de l’Algérie en combat, remise au goût de l’enseignement supérieur : la primauté du pouvoir administratif sur celui scientifique. Alors qui sont ces hommes de l’administration ?

Si l’arrêté du ministère de l’Education de 25 septembre 1969 (déjà) établit bien leurs attributions, il est quasiment impossible d’avoir accès aux informations de base les concernant, pas de texte officiel pour cela. Ni Curriculum Vitae, ni parcours scientifique ou politique ne sont aisés à acquérir, l’omerta installée dans ce secteur minutieusement  surveillé rend la tâche encore plus difficile.

En effet, rares sont les enseignants, professeurs ou étudiants aptes à prendre le risque de révéler, à découvert, ce que toute la population universitaire échange au quotidien. Quels sont les critères de désignation de ces «walis» des universités ?

Selon un enseignant, fin connaisseur des rouages, les critères de choix évoluent en fonction des options «retenues» par le pouvoir politique.

Ainsi, dans les années 1970, le pays en pleine construction sous l’ère boumédienne, les compétences scientifiques et intellectuelles étaient requises pour ce poste pour les trois universités existantes à l’époque, «Encadrés (toutefois) par les services de sécurité et le triumvirat qui gouvernent les wilayas».

La décennie suivante, avec le passage en force de l’arabisation, le profil des recteurs se FLNise avec pour qualités requises «l’opportunisme institutionnel, la médiocrité intellectuelle et l’assujettissement au pouvoir», écrit l’enseignant (voir l’encadré).

Dans les années 1990, ces agents de l’administration sont méticuleusement triés par les services de sécurité afin de contribuer à contrer l’islamisme, les modernistes et les berbéristes dans les universités. La raison sécuritaire primant sur toute autre considération. Malgré ces «entraves» à la bonne évolution du champ du savoir, ce sont les années 2000 qui mettront ce secteur à genoux.

Un professeur, jeune retraité de l’enseignement supérieur, classe ainsi les principaux critères de sélection : «Servitude et soumission, plus les gros intérêts liés aux juteux marchés.»

Car, plus que la domination du pouvoir politique qui se manifeste par la mise en place de recteurs en fonction de leurs appartenances partisanes (actuellement, les deux partis du pouvoir FLN-RND), ce sont la logique du partage de la rente, le clientélisme et la corruption qui priment.

Même s’ils ont existé et existent toujours, des recteurs dignes de leurs postes et qui remplissent les conditions scientifiques et de gestion administratives, «ils se comptent actuellement sur les doigts d’une main», comme le précise bien le Pr Abderrezak Dourari, la majorité de ces «fonctionnaires de l’Etat» ont largement fait de l’univers du savoir des bunkers en vase clos. D’après une autre source, avant même sa désignation, un recteur doit accepter d’obéir à la règle des quotas.

«Des personnes influentes dans le système et également des militaires exigent leurs parts dans l’attribution des places de Master, de doctorat ou des stages à l’étranger. C’est une condition décisive pour l’accès au poste», explique-t-il. Et la chose est aisément vérifiable, lorsqu’on constate le nombre d’étudiants inscrits dans des masters et des doctorats (surtout des sciences humaines) «détachés» par la Défense ou le ministère de l’Intérieur ! «Il y a d’abord un partage de la rente.

En termes de marchés et en postes budgétaires, en postes de magistrats et de doctorants à recruter. C’est cela aussi la rente. Les bourses à l’étranger pour les enfants de la nomenklatura se négocient avant nomination. Un exemple, 70% de la restauration des séminaristes atterrissent dans un restaurant tenu par un ancien du DRS. Les traiteurs sont sélectionnés sur instruction et nul ne peut contester la qualité», révèle notre jeune retraité.

Des affirmations certes graves, mais largement connues et rendues publiques par les dénonciations d’abus d’autorité, de triche dans les concours de Master et de doctorat ainsi que le mutisme devant des thèses plagiées permettant l’accès aux postes d’encadreurs et de grade d’enseignants. Si les valeurs universitaires et l’éthique et la déontologie du monde du savoir sont bafouées chaque jour, on ne peut écarter la responsabilité active ou passive des premiers responsables de l’université et de leur tutelle.

Le plus aberrant dans ce constat est que les recteurs les plus zélés ont la longévité la plus impressionnante. Comme l’indique un enseignant d’une université d’Alger, un ex-recteur des sciences islamiques de Constantine, issu du RND est resté 14 ans en poste. Le doyen actuel des sciences politiques d’Alger, est doyen depuis 15 années.

Mais cela est-il choquant, lorsqu’on sait que l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar (FLN), est resté recteur de l’université d’Alger pendant 18 ans ! Beaucoup de recteurs misent sur les services rendus durant leurs mandats infinis pour briguer la députation comme cerise sur le gâteau d’un loyal et discipliné service rendu à leurs mentors. Comme les diplômes de complaisance accordés à des personnalités politiques sans envergure.

Il est donc urgent de revoir les critères de désignation de ces administrateurs. Qu’ils soient élus par leurs populations universitaires sur la base d’un projet d’établissement et de CV, pour des mandatures de 3 à 4 ans renouvelable une fois (comme le préconise l’Unesco).

Mais, là encore, certains récalcitrants pourront faire valoir la jurisprudence…

Samir Azzoug / el watan / mercredi 13 décembre 2017

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Ahmed Rouadjia. Professeur des Universités, Msila. Directeur du Laboratoire d’Études Historiques, Sociologiques et des Changements Sociaux et Économiques

La cooptation, ou la désignation, sont souvent les deux critères qui déterminent la nomination d’un recteur

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le 13.12.17 | 

**La cooptation, ou la désignation, sont souvent les deux critères qui déterminent la nomination d’un recteur .Qu’est-ce qu’un recteur dans l’université algérienne? quels sont ses prérogatives supposées et réelles?

Le recteur est «le patron» réel de l’université en ce qu’il est l’ordonnateur premier, et peut, dans de larges mesures, gérer l’université comme bon lui semble. Il détient son autorité de la tutelle, et donc des lois qui régissent cette dernière. En tant que patron, il ordonne et signe tous les documents relatifs aux recettes et dépenses de l’établissement, au règlement des salaires du personnel de l’université : enseignants, employés et agents, tous confondus, de même qu’il dispose du pouvoir en ce qui concerne l’avancement des carrières en fonction des mérites ou de l’ancienneté.

En tant que tel, il détient le pouvoir de sanctionner ceux qui commettraient de graves entorses aux lois et aux règlements en vigueur. Les plus zélés des recteurs, ou les plus imbus de leur autorité, pourraient, en l’absence même d’infractions ou de fautes graves, entraîner devant les tribunaux enseignants et travailleurs pour des motifs anodins. Les plus intelligents d’entre eux évitent cependant cette option et lui préfèrent le dialogue qui n’exclut point la fermeté…

**Sur quelles bases est désigné un recteur? quels critères véritables?

La cooptation, ou la désignation, sont souvent les deux critères qui déterminent la nomination d’un recteur à la tête d’un établissement universitaire. Ces deux critères obéissent eux-mêmes à plusieurs variables : soit que le recteur promu à cette fonction appartient à «la famille idéologique» de ceux qui l’ont désigné, soit qu’il a été «imposé» ou vivement recommandé par une personnalité «influente» au sein du sérail politique, soit encore il s’est signalé par ses compétences particulières…Il est, en effet, des recteurs qui possèdent des talents de gestionnaires et dont ni le gouvernement ni le ministre ne peuvent se passer. Ceux-là, -mais ils sont peu nombreux, il est vrai- ne doivent ce poste qu’à leurs propres compétences avérées et point à la cooptation…

**Recteur est-il un poste académique, administratif ou politique?

Parfois, le recteur est choisi en fonction de ces trois éléments, mais en règle général, il est retenu surtout en fonction de son aptitude à obéir «aux injonctions» du grand patron.

Théoriquement, ce poste est politique et doit échoir à une personnalité «politisée», mais en pratique, la plupart des recteurs sont «apolitiques», c’est-à-dire dépourvus de culture politique et pour compenser cette lacune regrettable, ils se targuent d’être de vrais «scientifiques», purs et durs, en ce qu’ils manipulent des grandeurs mathématiques, des chiffres et des équations hyper compliqués; qui leur conféreraient rigueur et «rationalité» par rapport à leurs pairs des sciences sociales et humaines, qui seraient moins «rationnels» qu’eux ! Il semble que pour ne pas avoir affaire à une université contestataire, le régime algérien ait opté depuis l’indépendance en faveur de gestionnaires «scientifiques» (physiciens, mathématiciens…) à la tête des universités, plutôt qu’ en faveur des «littéraires», dont l’unique fonction serait de «philosopher»!!!

**Pourquoi certains recteurs occupent leurs postes durant plus d’une décennie?

Oui, certains battent tous les records en matière de longévité à la tête de l’université. L’exemple le plus frappant est celui de l’ex-recteur de Biskra, qui aura passé sans discontinuité près de treize années à la tête de l’établissement de cette ville, où il s’était créé de solides réseaux d’amitié, d’entraide, ainsi que de vrais protégés, parmi lesquels figure le doyen des sciences sociales et humaines, qui trône encore depuis douze ou treize ans à la tête de cette faculté où il fait la pluie et le beau temps…N’était son élection à la députation dans sa circonscription de Souk Ahras sous l’étiquette FLN, cet ex-recteur serait encore recteur de l’université de Biskra et pourrait même se faire reconduire treize années de plus à la tête de l’université…

**Quels sont sur le terrain, les rapports de ces recteurs avec la population universitaire?

Le plus souvent un rapport de distanciation et d’autoritarisme plus que d’autorité. Le dialogue est limité au strict minimum. Leurs réflexes autoritaires proviennent le plus souvent de leur déficit cruel, pour ne pas dire tragique, en matière de communication. Peu en effet savent articuler de manière correcte deux ou trois phrases sans bafouer, et c’est ce handicap lamentable qui poussent certains d’entre eux à régler les différends avec certains de leurs administrés par le recours aux plaintes en justice.

L’unique arme de défense dont disposent certains recteurs pusillanimes et démunis de capacité de réflexion et de gestion intelligente des conflits internes à l’établissement réside donc dans le recours à la justice….La plainte pour diffamation est l’arme par excellence des faibles et des lâches, et parmi ces recteurs, il en est qui le sont bel et bien. Mais, d’autre part, il serait vraiment injuste, faux et contraire à la raison, de mettre tous les recteurs dans le même «panier», car il en est qui se montrent d’une conduite irréprochable tant sur le plan de la gestion humaine que sur celui de la gestion administrative….

**Combien touche un recteur mensuellement?

-Si mes informations sont justes, il perçoit tout juste le salaire d’un professeur, lequel varie mensuellement entre 200 000 et 300 000 dinars…Tout dépend de l’ancienneté…En plus de son salaire, il dispose d’une indemnité …Le seul avantage qu’il a une fois à la retraite, c’est de la conserver complètement, à cent pour cent…
 *Samir Azzoug/ el watan / mercredi 13 décembre 2017

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Chronologie des profils imposés

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le 13.12.17 | el watan

Dans les années 70, les compétences scientifiques et intellectuelles étaient requises pour les trois universités existantes. Mais, ces dernières étaient cadrées par les institutions du despotisme boumedienniste (SM et triumvirat qui gouvernent les wilayas).
Dans les années 80, l’arabisation fln-iste les recteurs (formation et profil FLN, opportunisme institutionnel, médiocrité intellectuelle et assujettissement au pouvoir…).

Dans les années 90, décennie noire, la logique sécuritaire domine. Des sortes de DEC sont nommés pour contrer l’islamisme dans les universités! les services, installés à l’université décident de tout!

Des années 2000 à aujourd’hui, ce qui domine chez les recteurs nommés, ce sont des logiques de carrière, d’ambitions institutionnelles et politiques et l’usage des réseaux et privilèges pour assurer un devenir à leurs enfants. Tous les moyens sont permis : bourses, garantir des passages en master et en doctorat, des recrutements, etc. pour leur enfants. Bref, le réalisme version algérienne!
Quelle que soit la période, les nominations des recteurs passent par une enquête des services. Les recteurs sont souvent parrainés par la nomenklatura politique ou militaire.

De la période 90 à aujourd’hui, la connexion entre la responsabilité et le rapport à l’argent s’est amplifiée (les marchés publics, les privilèges matériels et financiers…) Certains recteurs ont fait des universités et de leurs moyens logistiques et d’impression de véritables plateformes électorales (présidentielles, législatives et même locales).

Le binôme FLN/RND domine dans le profil des recteurs et doyens qui espèrent conclure leur position de responsabilité universitaire par la députation FLN ou RND ! Tout ce processus bénéficie du silence, si ce n’est la complicité, de la tutelle! Il faut clairement noter des exceptions, des scientifiques, des gens intègres qui voulaient faire bouger les choses, mais qui se retrouvent à gérer les statu quo! L’Université, grâce à ses responsables, n’est plus sinistrée seulement… elle est définitivement désintellectualisée!!!
 **Enseignant

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Notes gonflées pour des ministres recalés

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le 13.12.17 |

Un nouveau scandale éclabousse l’administration de l’université Alger 1 Benyoucef Benkhedda et concerne trois personnalités dont : le ministre des Relations avec le Parlement, Tahar Khaoua, l’ex-ministre de la Solidarité nationale, Mounia Meslem, et un procureur adjoint, Mohamed A.

En effet, le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs a émis, le 22 novembre 2017, un jugement en annulant de façon partielle les résultats des délibérations les concernant dans l’un des modules qu’ils étudient dans le cadre d’un Master en droit. Ce qui leur est reproché c’est d’avoir réussi à obtenir leur année de formation théorique dans une classe de Master à la faculté de droit d’Alger, sans jamais avoir assisté à un seul cours. Cette affaire aurait pu passer inaperçue, si ce n’est le courage et l’abnégation d’un enseignant soucieux de rendre des comptes, tout en refusant une complicité passive, dont a fait preuve l’administration de la faculté Benyoucef Benkhedda.

Tout a débuté avec une plainte déposée contre l’administration de l’université Alger 1, l’accusant de favoritisme au profit de ces deux personnalités politiques. Le plaignant, Mahmoud K., a souligné dans sa plainte que ces étudiants ont été propulsés sans qu’ils n’aient assisté à un seul cours du module de droit pénal durant toute l’année.

Par la suite, l’enseignant du module a saisi la justice, en prouvant à la cour que ces étudiants d’un «autre rang» ont bénéficié de l’indulgence de l’administration de la faculté Benyoucef Benkhedda afin de passer en deuxième année de Master. Sans s’inquiéter de l’importance d’assister aux formations préparatoires, essentielles à la conception d’un mémoire.

D’ailleurs, l’enseignant plaignant a accusé l’administration de falsification des listes de délibération en supprimant les noms des deux ministres. Selon lui «La mention “recalé” devait être inscrite devant leurs noms», ce qui n’a pas était le cas. Puisque leurs noms ont été mentionnés dans les listes finales collées sur les tableaux d’affichage. D’après ces listes, les deux personnalités avaient réussi leur année avec des notes surestimées. La cour du tribunal administratif de Bir Mourad Raïs a pu consulter les notes «gonflées» des deux ministres, en ayant la preuve de leurs multiples absences. De nombreuses interrogations ont été émises à propos de leurs résultats dans les autres modules.

*Faten Hayed/ el watan / mercredi 13 décembre 2017

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