*Météo politique 4

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*la cuisine interne du système

* La tendance est à l’immobilisme, à la préservation de l’ordre en place, au refus du «risque démocratique ».

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**QUE FAIRE ?

*Météo politique 4 spacer

Fin de règne ? Positionnement pour une hypothétique succession ? Le fait que quelques politiques – Saïd Sadi, Réda Malek et Sid Ahmed Ghozali –, en orbite géostationnaire du système politique, pointent tous la prééminence des «services» dans le fonctionnement du pouvoir, fait croire à certains analystes que «quelque chose» se trame en coulisses.

 Sur le fond, ces hommes politiques n’innovent pas, d’autres l’ont fait depuis longtemps et avec une constance remarquable. Abdelhamid Mehri a déjà mis en exergue le fait que certains «services de l’Etat» se sont arrogé le droit de gérer le fonctionnement des organisations et des partis, de promouvoir certains de leurs dirigeants et de rectifier leurs lignes politiques.

 Que des hommes politiques, qui se sont accommodés (ou ont même soutenu) à cet état de fait quand ils étaient aux affaires, le critiquent aujourd’hui est, jusqu’à preuve du contraire, davantage un indicateur de désenchantement personnel que l’expression d’une évolution en cours.

 De fins observateurs notent au demeurant que dans un système fermé et soucieux d’éviter des changements qualitatifs, il se «prépare toujours quelque chose». Que ce soit pour les prochaines législatives – cause, semble-t-il, de la poussée de fièvre dans les rangs de l’appareil du FLN – ou pour la présidentielle à venir, les tenants du système veilleront, comme ils l’ont toujours fait, à organiser l’échéance légale de manière à éviter tout bouleversement. La continuité est le maître mot.

 A priori et en dépit de propos amers, les «messages» transmis par les politiques ne tablent pas sur une mobilisation de la société mais s’adressent essentiellement aux tenants du système. Offre de service ? Peut-être. Petit rappel que l’on dispose d’une nuisance médiatique ? Sans doute. Souhait d’être inscrit dans les tablettes de la reconduction du système ? Les sorties publiques des hommes politiques sont aussi mystérieuses que la cuisine interne au système.

 Mais n’excluons pas le fait que ces déclarations expriment, avec un retard substantiel par rapport aux opposants, la conviction que le pays a atteint une limite et que le mode de gestion en vigueur peut faire durer le système tout en aggravant les problèmes de la société. Cependant, les hommes publics qui en arrivent, tardivement, à ce constat connaissent trop bien le «système» pour croire qu’il va concéder une ouverture démocratique. Si des réformateurs politiques existaient au sein du système, on l’aurait su.

 La tendance est donc à l’immobilisme, à la préservation de l’ordre en place, au refus du «risque démocratique ». Les réformateurs ont bien «perdu » en 1991 et avec eux l’Algérie. On pourra toujours réfléchir aux raisons objectives et subjectives de l’échec de la plus importante tentative de réforme interne du système depuis l’indépendance.

 Mais il existe désormais, à moins d’un miraculeux Andropov algérien, la conviction que le système n’est pas réformable de l’intérieur. Normalement, devant ces situations, on s’adresse au pays réel et on essaye de le mobiliser pour créer un rapport de force qui contraindrait le régime à la réforme. Même si le système a anticipé cela en organisant une supervision totale du champ politique, cela ne dispense pas ceux qui croient que la démocratie est vitale pour le pays de chercher les moyens d’organiser le contact avec la société. Les Algériens, en prenant des risques, l’ont fait déjà dans le passé dans des conditions très compliquées.

 On aimerait croire qu’ils n’ont pas renoncé à une démocratie qui reste, avec le Maghreb, notre véritable projet politique. (Le Quotidien d’Oran-21.10.2010.) 
 

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**Sid Ahmed Ghozali : «Nous avons été les harkis du système»

De l’amertume, de la désillusion, du cynisme porté au paroxysme. Dans un entretien-fleuve publié hier par le Quotidien d’Oran, l’«homme au nœud papillon», l’ancien chef de gouvernement, Sid Ahmed Ghozali (juin 1991-1992), a dressé un sévère réquisitoire contre le «système» politique algérien, ses mœurs, ses tares congénitales, son incapacité à se réformer…

La longue traversée du désert de celui qui fut l’enfant prodige du régime Boumediène (il a été PDG de Sonatrach à 29 ans, de 1966 à 1979, et plusieurs fois ministre, sous Chadli et Boudiaf, de l’Energie, des Affaires étrangères et celui des Finances) a désarçonné son homme au point de se qualifier lui-même de «harki du système». «Je n’ai jamais fait partie du système, déclare-t-il. (…)  Il faut parler de système dans le système et identifier celui et ceux qui prennent la décision. Moi et d’autres, nous n’avons jamais pris la décision. Quelque part, je le dis aujourd’hui, nous avons été les «harkis du système».

Nous l’avons servi. De bonne foi, car nous nous croyions commis de l’Etat, d’un Etat. On n’a pas compris que nous n’étions que ses instruments». Candidat malheureux… à la candidature pour la présidentielle de 2004, SAG – dont le parti, le Front démocratique (FD) est interdit d’agrément – livre d’une vision quasi apocalyptique de la scène politique nationale : de l’«inexistence de forces politiques», des pratiques et mœurs politiques dominées par l’impunité, des pouvoirs hégémoniques de «l’armée politique», dépositaire du seul et vrai pouvoir en Algérie.

«L’armée politique, ce sont les “Services”. Et ce n’est pas uniquement les «Services», mais toutes leurs ramifications. (…) Ce n’est pas propre à l’Algérie que les «Services» essayent d’avoir plus et d’abuser (…) Sauf que la différence est que dans d’autres pays, il existe des institutions qui ont des pouvoirs. Chez nous, il n’existe que «les Services» et, en face, des institutions virtuelles.»

Très marqué par le scénario de l’élection de 2004, il qualifiera ce scrutin de «crime parfait». «Ils ont réussi à tromper tout le monde, dit-il, y compris des Etats, sauf les Etats-Unis d’Amérique qui étaient d’accord avec eux (…).» Sid Ahmed Ghozali réfute la thèse selon laquelle la Grande muette a «cessé» de faire de la politique. «Certainement pas. On veut le faire croir. Cela avantage aux yeux de l’opinion internationale. La nature des rapports n’a pas changé. Moi, cela m’amuse quand un haut gradé, qui venait de faire choisir un Président (Ghozali fait sans doute référence aux déclarations de l’ex-chef d’état-major de l’ANP, Mohamed Lamari, ndlr) proclame que l’armée ne fait pas de politique. Dites au moins qu’elle ne va plus en faire.» (El Watan-19.10.2010.) 

**réactions d’internautes d’El watan

*carymes   le 19.10.10 | 15h22  enfin!

Enfin les langues commencent à se délier…le seul pourvoir en Algérie ce sont les services secrets et les militaires ( ce que tout citoyen lambda sait …) Mr Gozali soyez encore plus honêtes et déclare qu’en 1992 ce fut un coup d’état!

makhlouf   le 19.10.10 | 13h12
 Bien curieux nos hommes de pouvoirs!

Ils sont étranges nos hommes de pouvoirs, ils sont au courant de tout ce qui se passe dans le cercle du pouvoir, mais quand ils sont au pouvoir, on dirait qu’ils ont un bandeau dans les yeux, oreilles bouchées dans une salle hermitique et sombre, je ne voudrais pas confondre, n’est-cce pas lui qui avait dit que nous avons un grand pas dans le progrés (il oublie que c’était un pas en arrière et non devant). C’est le parcours du combattant pour les Algeriens et l’Algerie, aujourd’hui encore, on ne s’est pas de quoi sera fait l’avenir, d’intsbilité en instabilté sans qu’un progide sorte de lot pour le bien de sont peuple, nous avons des éminents chercheurs, mais ils brillent surtout à l’étranger et ne font rien pour leurs peuples, encore de l’égoïsme primaire. On a le culte de la personnalité et le complexe de supériorité, ça ne paye pas ça, il faut changer de méthode et ne pas aller chercher des theories merdiques qui nous empoisonnent davantage, on est deja dans la vase et on n’avance pas…

*beniboum   le 19.10.10 | 15h44
 Patéhtique, Mr SONATRACH

Pathétique, M. Sonatrach, ce que vous dites en 2010 est obsolète Ya Oulidi. Vous saviez ce que vous faisiez en temps et heure et vosu n’aviez pas assez de c——- pour le dire au bon moment. Je peux même vous dire que vous saviez que des pétroliers sortaient d’Arzew (les cales chargées de pétrole et de sang de nos martyrs), vers des destinatiosn inconnues. Vous le saviez M. Sonatrach. Alors, venir vous épancher maintenant devant le Peuple, c’est non seulement indigne, indécent, mais aussi drôlement manipulateur.  

*EqbayliDjazayri   le 19.10.10 | 12h47
 Enfin quelqu’un qui avoue !

Oui, ce système prolonge la logique coloniale d’asservissement et de non-partage des ressources.Quand on est dans le système, ou on est colon basané ou on est harki au service du système pour juste de miettes. Le peuple est borné certes mais, cela est voulû par les autorités car, pour en faire des « tartes », il n’y a pas mieux que l’ignorance et la bigoterie.
Mr Ghezali, je vous en veux tout autant que tous les gens du système, mais, vous avez, au moins, le mérite de reconnaitre vôtre tort et c’est à vôtre honneur.  

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***Sid Ahmed Ghozali au Quotidien d’Oran: Les «harkis du système», l’armée politique et les exclus de la vie politique algérienne.
*en plus de la question iranienne !

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Une explication du «Pouvoir», les «Services» , le système et ses «harkis de bonne foi», la démonstration d’un engagement international pour la défense d’un Iran libre comme cause nationale algérienne, des retours brefs sur des épisodes personnels, des analyses sur le «règne Bouteflika», etc.

L’entretien avec Ghozali est donc allé plus loin que le simple sou-ci d’une mise au point à l’un des éditoriaux du Quotidien d’Oran, évoquant «l’oisiveté dangereuse» des exclus de la vie politique algérienne.

Le Quotidien d’Oran : Monsieur Ghozali, commençons par cette fameuse lettre que vous avez adressée au maire de New-York pour lui demander de s’opposer à la venue du Président iranien à l’ONU pour assister à la dernière Assemblé générale : de quoi s’agit-il au juste ? Peut-on demander au maire d’une ville d’interdire au Président d’un pays d’accéder au siège de l’ONU, territoire international par excellence ? N’y a-t-il pas plus urgent à faire en Algérie pour un homme comme vous et pourquoi vous ne vous êtes pas élevé contre l’escale de Ahmadinejad à Alger, juste avant ?

Sid Ahmed Ghozali: J’ai écrit au maire de New York pour lui dire : «Monsieur le Maire, je sais votre attachement aux droits humains. Je sais que le prétendu Président de la République islamique iranienne va venir à l’ONU et que même le Président des Etats-Unis ne pouvait pas l’empêcher d’accéder au siège de l’Organisation et je ne suis pas naïf. Je lui ai dit qu’il faut que vous sachiez, il faut que votre population sache qu’Ahmadinejad et la délégation qui l’accompagne sont les représentants d’un régime coupable de beaucoup de crimes, et par conséquent je vous demande de soutenir les manifestants. Des manifestants iraniens opposants qui étaient au nombre de 20.000 déjà à s’opposer dans les rues. Et j’ai envoyé copie de cette lettre aux cinq plus grandes villes de la France… C’est ce qui fait que je ne m’explique pas la réaction de votre éditorialiste : d’un côté, il dit que j’ai le droit de m’exprimer, et de l’autre, tout de suite après, il me nie ce droit puisqu’il affirme que je joue contre les intérêts nationaux.

Ce que je trouve choquant cependant, ce n’est pas qu’un diplomate réagisse à mes propos, il est dans son rôle et il pouvait se contenter de préciser que la position exprimée par monsieur Ghozali n’a absolument rien à voir avec la position du gouvernement algérien. Sauf qu’un diplomate n’a pas à juger des positions d’autrui et à dire qu’il s’agit d’un traître aux intérêts nationaux. Ce qui me choque cependant, ce n’est pas l’attaque personnelle. Une longue habitude me permet d’éviter ce genre de piège qui fait oublier le fond du problème. Ce qui me choque mais ne m’étonne pas en même temps, c’est que tout ce qui a été dit à propos de cette lettre montre combien, et ça vous le savez, combien nous sommes désinformés sur ce qui se passe en Iran. Si j’interroge n’importe quel Arabe, n’importe quel Algérien, on aboutit vite à un constat : la problématique qui domine la scène médiatique est qu’il s’agit d’un pays musulman « qui veut avoir la bombe atomique » et que les pays occidentaux lui refusent ce droit. C’est ça la compréhension que l’on se fait de la problématique iranienne. C’est cependant tout autre chose.

Q.O.: Mais Monsieur Ghozali, je crois que l’opinion publique a raté un épisode avec l’histoire mystérieuse de ce diplomate que vous êtes le premier à évoquer ? L’essentiel reste cependant la réaction de tous : pourquoi Ghozali réagit au déplacement du Président iranien quand il va à l’ONU, et pas quand il fait escale en Algérie et qu’il est reçu à la Présidence ? Est-ce qu’il est plus facile de réagir quand il s’agit de l’ONU ?

S.A.G.: Non, il ne s’agit pas de ça exactement : cette lettre n’est que le millième du geste qu’il faut faire. Il ne faut pas prendre cet épisode séparément, car moi je suis dans une autre logique : quand on parle de l’Iran, il faut rappeler que cela fait dix ans que je soutiens l’opposition iranienne. Que je prends des positions fortes et que j’agis. Pas par les armes mais sur le plan diplomatique, celui des tribunaux, etc. Donc cela entre dans un autre cadre que celui de vos commentateurs. C’est le fait de réduire le problème à un commentaire ou à une lettre écrite qui révèle, pour certains, qu’on est totalement hors du sujet. Aussi bien au regard des intérêts nationaux que de notre culture. Beaucoup de gens pensent comme vous : pourquoi Ghozali va s’occuper du problème iranien. Il s’agit là d’une négation et d’un rejet aveugle du fond du problème. Les gens s’étonnent alors que je prends position pour les Occidentaux, contre les Iraniens, alors qu’il s’agit de tout autre chose….

 On ne réagit à la question palestinienne généralement que c’est parce que des «juifs tuent des musulmans» dans la conception que l’on s’en fait. On n’y défend pas l’humain agressé, pas le génocide d’un Etat raciste. On oublie aussi que le régime qui tue le plus de musulmans, c’est le régime iranien et on réduit l’équation à celle d’un Occident qui veut empêcher un pays musulman d’avoir la bombe atomique. J’estime, quant à moi, qu’on n’a pas le droit de garder le silence sur cette question quand on se prétend faire partie de l’élite. Je me souviens que certains me répètent que j’ai été chef de gouvernement dans la période la plus atroce de l’histoire récente. Je réponds non : la période la plus noire est celle où j’ai été ministre des AE. C’était la période de la crise du Golfe.

 C’était là où je me suis senti le plus seul. Comment expliquer à la presse, à l’opinion que Saddam n’est pas un héros des Arabes. Que c’est un dictateur qui a le fantasme de réaliser l’unité arabe par l’épée. Et je dis à Saddam que ce n’était pas possible, que cela ne se fait plus au 20e siècle. Et je me souviens qu’il s’étonnait que l’Algérie condamne l’invasion du Koweït alors que je lui répondais qu’il ne connaissait pas l’Algérie et que c’était dans notre culture de refuser les colonisations, pour nous et pour les autres. Je me souviens qu’il frappait sur la table avec son poing, lors des premières réunions devant les chefs et représentants d’Etat qui cherchaient une solution : «Nous avons les masses arabes avec nous». Je lui ai répondu, à un moment, je m’en souviens : «Vous avez raison monsieur le Président : vous avez les masses arabes avec vous, mais qu’est-ce qu’elles vont vous rapporter le jour où les Américains décideront la guerre ?». Envoyer des flottes qu’elles n’ont pas ? Les masses sont agissantes quand elles ont des gouvernements qui tiennent compte de leurs opinions et que ces gouvernements ont des moyens. Pour le moment, elles ne peuvent que prier. Et à l’époque, j’avais sur le dos les journalistes qui m’accusaient de ne pas soutenir Saddam Hussein pour une fois qu’on a un chef arabe capable de détruire les Etats-Unis d’Amérique ! Et c’était dit et soutenu par des élites, des intellectuels, des politiques.

 Et c’est exactement la même chose aujourd’hui. Saddam comme Ahmadinejad ont voulu «libérer» la Palestine. Il ne faut pas se nier la réalité : le régime iranien ne vise qu’à augmenter son pouvoir en augmentant sa capacité de nuisance. Beaucoup de pays cherche à acquérir ce poids nucléaire comme le Brésil ou d’autres, sauf que le régime iranien cherche à le réussir sur la base d’une vision d’empire qui fait qu’il n’y a pas de différence entre les mollahs et le Shah et pas sur base d’une réussite économique et d’une autorité morale.

Q.O.: Donc pour vous, le problème iranien est une priorité ?

S.A.G.: Ah voilà ! Justement. Le dossier iranien est infiniment plus proche de nos propres préoccupations qu’on le laisse croire. Ce n’est pas simplement l’histoire d’une lettre mais d’un crime ignoré qui est accompli avec la complicité des Occidentaux. On me reproche de parler de l’Iran et des Iraniens et pas de ce qui se passe en Arabie Saoudite. Ce sont deux situations totalement différentes. Moi je réagis au drame iranien parce que je suis musulman, algérien et citoyen du monde et sur la base stricte de nos intérêts à nous les Algériens. Et pour expliquer cette relation et cet engagement, il faut qu’il y ait débat. Or en Algérie, il n’y a pas possibilité de débat. Moi je ne pose pas le problème en terme de «nucléaire ou dé-nucléaire», pas du tout, car est-ce que vous croyez qu’il existe un seul gouvernement, y compris le nôtre, qui souhaiterait que l’Iran possède la bombe atomique ? Certainement pas, sauf qu’ils ne le disent pas et là il faut se poser la vraie question: celle du pourquoi de ce silence.

Q.O.: Le problème, lorsqu’on défend des positions comme les vôtres, c’est que cela fait le jeu de positions occidentales encore plus anti-irakiennes. Vos engagements se retrouvent pollués par une propagande occidentale intense qui y trouve son pain béni. Les gens qui ont rendu public, dans nos colonnes, leur soutien à votre position ne sont pas des gens «neutres» : il s’agit de l’ex-patron de la DST française, d’un vice-président de l’Union européenne. Des gens très mal placés pour se faire les avocats d’une cause qui se veut défendable.

S.A.G.: non, non. Justement, on réduit, dans notre esprit, le problème de l’Iran. Il faut parler de l’Iran d’une manière plus globale. Dire aux gens ce qu’est l’Iran d’aujourd’hui. Le long de sa propre histoire. Ce qu’est l’opposition iranienne. Vous savez, ce que je dis maintenant ou depuis dix ans d’engagement, est loin de plaire aux Occidentaux. Sauf que j’entends des Algériens, qui sont des patriotes, répercuter exactement ce que disent les Occidentaux et leurs propagandes. Par exemple, sur ce qu’on croit savoir sur l’opposition iranienne. Par ailleurs, est-ce que vous entendez parler du peuple iranien dans les débats et les polémiques qu’il y a entre les Occidentaux et l’Iran ? Jamais. On débat et on parle comme si le peuple iranien n’existait pas. Or, il faut que les Arabes, que les musulmans sachent que l’Etat qui massacre le plus de musulmans, ce n’est pas le gouvernement sioniste. C’est le régime iranien. C’est un pays où une simple fatwa de Khomeiny a servi à massacrer, en moins de deux mois, 30.000 opposants iraniens. Oui, 30.000 ! Ce ne sont pas des bavures, non : il s’agit de 30.000 prisonniers politiques qui avaient été condamnés par la Justice, emprisonnés, les uns à 3 ans, les autres à 5 ans, 10 ans, etc. Et un beau jour, Khomeiny proclame une fatwa et décide de s’en débarrasser. Est-ce qu’il est indifférent aux Algériens de savoir que, en moins de trois mois, trente mille personnes ont été exécutées, sur un total de 120.000 opposants tués depuis la proclamation de la République islamique ? Est-ce que nous avons le droit de garder le silence, nous en tant que citoyens algériens devant ce crime ?

Q.O.: Mais on retombe toujours dans le même problème : est-ce qu’on ne fait pas ainsi le jeu de la propagande occidentale anti-iranienne ?

S.A.G.: Non. Au contraire. Il faut se poser la question de ce que veulent vraiment les Occidentaux, du moins jusqu’à l’époque de Georges Bush, de cet Iran ? Il existe une sorte de deal dont nous ne voyons que la partie apparente : l’Occident ne veut pas que ce régime possède la bombe atomique. Sauf que dans ce deal, les Occidentaux accordent à l’Iran, en contrepartie de son «désarmement» négocié, toutes les concessions nécessaires que ce régime demande. Et la principale est le démantèlement de la principale organisation d’opposition des Iraniens à l’étranger : l’OMPI (??). Savez-vous que cet Occident qui se proclame ennemi de l’Iran est le même Occident qui a classé l’opposition iranienne comme organisation terroriste depuis 1997 par l’administration Clinton? Et c’est une décision qui a été suivie par 27 Etats européens. Le comble, c’est que les Etats occidentaux expliquent eux-mêmes les raisons de cette décision : pour apaiser le régime iranien. Et là, je le redis aux gouvernants occidentaux : c’est ça la realpolitik ? Vous vous déclarez défenseurs des droits et de la démocratie et vous faites fi de ce principe en ce qui concerne l’opposition iranienne ?

 Aujourd’hui, bien sûr, certains comme Clinton «reviennent» de ce genre de position qui misait sur l’émergence d’une «aile modérée» du régime iranien en accordant des concessions. Une attente qui était d’une naïveté absolument stupide. Et là, on retombe sur la bonne question : qu’est-ce que le régime iranien ? Moi, je veux bien qu’on me dise que le régime iranien, comme tous les régimes arabes qui sont autoritaires ou totalitaires, ne fait pas exception. Sauf que c’est différent.

Q.O.: En quoi c’est différent ?

S.A.G.: C’est très différent. Nous sommes en Algérie, dans un régime autoritaire qui bâillonne la liberté d’expression, mais quand même on ne massacre pas ! Il n’y a pas des atteintes aux droits de l’homme comme cela se fait en Iran ! On me dit pourquoi je ne parle pas de ce qui se passe en Palestine. Sauf que je rappelle que Yves Bonnet ou le vice-président du Parlement européen ont écrit, à eux seuls, plus que vous tous, sur les droits des Palestiniens, journalistes réunis. On ne peut pas faire preuve d’une telle ignorance des choses en ce qui concerne l’engagement de ces gens-là. Et ces gens-là que l’on accuse de ne pas défendre la Palestine, défendent leurs positions dans des pays et des Etats qui ont déclaré, officiellement, l’OMPI organisation terroriste. Sans ces gens-là, pensez-vous que les administrations américaine et européennes accepteraient chez eux une organisation classée «terroriste» ? Il a fallu une bataille juridique de six ans, auprès de la Cour européenne de Justice, pour que l’OMPI soit ôtée de cette liste. Cela va être le cas dans les Etats-Unis dans quelque temps.

 Ce que je veux dire, et je ne suis pas seul : il existe des majorités parlementaires, de droite comme de gauche, en Europe, y compris aux USA, qui soutiennent la résistance iranienne. Alors que leurs gouvernements la déclarent encore «terroriste». Ils la soutiennent non parce qu’ils sont «oisifs», pour reprendre votre édito qui soutient que je prends des positions par oisiveté, même si votre éditorialiste précise que c’est la faute de notre régime qui pousse des gens comme moi à ce genre de position. Donc, et pour revenir à mon propos, je le répète : le régime iranien me révolte en tant que musulman, parce que je sais qu’en Islam, quand on constate quelque chose de grave, un «mounkar», il faut le changer, s’engager contre.

Q.O.: Votre engagement est-il explicable par ce que vous avez vécu durant les années 90 en Algérie ?

S.A.G.: Les années 90 étaient du pipi de chat à côté de ce qui se passe en Iran. C’est rien les années 90 à côté de ce drame. Il faut que vous sachiez qu’en Iran, il existe un régime qui repose sur la «wilayate El-Fakih». Une souveraineté du Fakih. Ahmadinejad n’est pas le patron de ce régime. Il est à l’Iran ce que Bouteflika est à l’Algérie. Il est Président de la République, mais n’allez pas croire que c’est lui le «Pouvoir». Le Pouvoir appartient au Fakih et ses instruments de pouvoir, c’est-à-dire les Bassidji et les Pasdarans. Le régime possède une armée nationale et une police, mais les Pasdarans restent encore le corps le plus important de son idéologie.

Q.O.: Et c’est qui le Fakih chez nous en Algérie ?

S.A.G.: El-Fakih ? C’est un ensemble de gens anonymes. Il ne faut cependant pas faire la confusion : la comparaison est très approximative entre l’Iran et le cas de l’Algérie, mais c’est le meilleur moyen pour expliquer à un Algérien la situation iranienne. Donc, en Iran, El-Fakih est institutionnellement le représentant de Dieu. Et il a plus de pouvoir que le Prophète car, dans cette conception, le Prophète lui-même n’était qu’un avertisseur. C’est dire que lorsqu’on manifeste contre El-Fakih, on manifeste contre Dieu. Et, au nom de la loi du «Mouharib ennemi de Dieu», des personnes sont tuées uniquement parce qu’elles manifestent dans la rue. Et pendant que les Occidentaux se remuent et s’engagent contre ce crime et ce régime, nous on se tait. Je reviens de Paris d’une manifestation contre la peine de mort, qui a rappelé le cas de cette Iranienne condamnée à mort pour avoir photographié des manifestants et parce qu’elle a un parent qui habite la cité d’El-Ashraf. Et là aussi, j’ouvre une parenthèse : qui est au courant du cas et de ce qui se passe à la cité d’El-Ashraf, ville limitrophe des Moujahidine Khalk, en Irak, contre l’Iran ?

Q.O.: Désolé, Monsieur Ghozali, mais on est obligé de revenir à la première question : un homme de votre poids, de votre histoire, qui donne l’impression de se découvrir une sorte de vocation internationale humanitaire ? Pour les Algériens, c’est un peu trop facile cet engagement. Vous répondrez que vos engagements nationaux, votre parti sont bloqués, certes, mais cela n’efface pas cette impression de «facilité».

S.A.G.: Non, mais quel est le plus important pour vous ? Supposons que cela soit vrai et que ce que je fais est une perte de temps. Est-ce que vous, en tant que journaliste et citoyen, cela ne vous intéresse pas de savoir ce qui se passe en Iran ?

Q.O.: Ce qui m’intéresse d’abord, c’est ce qui se passe dans mon pays, en Algérie, bien avant ce qui se passe en Iran.

S.A.G.: Eh bien pour moi, il y a un lien entre ce qui se passe dans les deux pays.

Q.O.: Lequel ?

S.A.G.: Et pourquoi vous vous intéressez à ce qui se passe en Palestine ? Pour quelle raison ?

Q.O.: Par culture. Par solidarité.

S.A.G.: Et pourquoi votre solidarité ne va pas vers le peuple iranien ? Il faut savoir qu’en Algérie, l’opinion publique est complètement désinformée sur la réalité. C’est exactement le parallèle avec le cas de Saddam Hussein. On m’a tellement insulté sur mes positions contre cet homme quand j’étais ministre des Affaires étrangères. On avait bourré la tête aux Arabes à cette époque. Les ennemis de Saddam savaient très bien quels étaient les enjeux de leur engagement contre lui au lendemain de l’invasion du Koweït. Un Américain illustre avait bien expliqué que «nous n’allons pas là-bas, nous n’allons pas envoyer nos GI’s, pour libérer le Koweït qui n’est pas un modèle de démocratie. Ni encore moins pour abattre une dictature. Nous y allons pour défendre nos intérêts vitaux». Les Occidentaux savaient qu’ils y allaient pour le pétrole. Sauf que pour leurs opinions, ils avaient besoin d’un scénario : la propagande s’est chargée de présenter Saddam à la tête de la 4e puissance militaire du monde. Et les Arabes ont cru ce mythe. A l’époque, il était de même incompréhensible de crier dans la rue que l’armée irakienne n’existait même pas. Saddam Hussein lui aussi a joué un jeu malsain : «j’ai envahi le Koweït pour libérer la Palestine». Ben Laden lui aussi dira que j’ai détruit les WTC pour libérer la Palestine. C’est ce que dit aujourd’hui le président iranien Ahmadinejad. Pourquoi encore et toujours cette façon de traiter la question palestinienne ? Pour recruter les «masses». Et si je suis aujourd’hui intéressé par cet engagement, c’est parce que je sais que l’Iran ne vise à rien d’autre qu’à une influence hégémonique sur l’ensemble du monde musulman. Je suis «intéressé» car je ne veux pas que mon pays soit «occupé» par l’Iran et sous son influence.

Q.O.: Est-ce qu’on doit comprendre que cet engagement international très soutenu signifie la mise entre parenthèses de tous vos engagements nationaux ? L’opposition, le Front démocratique, les candidatures cycliques à la Présidence ?

S.A.G.: Absolument pas et au contraire.

Q.O.: Donc vous n’avez pas pris de retraite politique en Algérie ?

S.A.G.: Evidement non. Vous êtes journaliste et je ne vous reproche pas cet avis parce que c’est la faute du Système. Je ne vais jamais en Europe dans un hôtel, dans la rue, sans que je sois accosté par des gens qui me reconnaissent et qui me répètent, tous, la même chose : pourquoi avez-vous abandonné la politique ? Pourquoi vous ne faites rien ?

Q.O.: Et votre réponse ?

S.A.G.: Ma réponse ? Je n’ai pas abandonné. On m’empêche de faire de la politique. Qu’est-ce que c’est, d’après vous, faire de la politique ? Quand on est au Pouvoir, «faire de la politique» c’est prendre des décisions et être en contact avec le peuple, le convaincre, lui communiquer sa politique. Quand on n’est pas au Pouvoir, c’est aussi être en contact avec les gens. Sauf que je suis interdit d’accès à la télévision, à la radio. Et vis-à-vis de la presse dite indépendante, et que j’appelle presse «privée», la situation n’est pas meilleure. Je suis invité partout dans le monde entier et ce n’est pas pour mes beaux yeux. Mais avez-vous vu El Watan ou le Quotidien d’Oran m’inviter pour débattre de tel ou tel sujet ? Avez-vous vu une université algérienne qui m’invite ? Je n’ai jamais refusé.

Q.O.: Mais vous évitez les prises de positions publiques par rapport à des grèves, des dossiers publics, des dossiers chauds. On a cette impression que vous cultivez une position de neutralité absolue. On a l’impression que vous avez accepté votre exclusion ?

S.A.G.: Ah non ! Je n’ai jamais accepté, ô grand jamais accepté. Chaque année, je fais des déclarations mais elles ne sont pas reproduites. Je me rappelle au bon souvenir, par exemple pour le cas de mon parti. Si vous comptez mes entretiens interviews, vous en trouverez plus d’une centaine. Pour la loi de 2005 sur les hydrocarbures par exemple, j’ai été le premier, le seul à avoir pris position. Et j’ai saisi le président de l’Assemblée nationale, les chefs de groupes parlementaires, etc. Mais la presse a étouffé cette position. Et aujourd’hui, vous entendez dire qu’il n’y a qu’une seule personne qui s’est opposée à cette loi : Louiza Hanoune. Et c’est normal : elle est députée et elle a accès à la télévision, etc. Moi, je n’ai jamais abandonné. Ensuite, il faut le préciser : ce n’est pas ça le travail d’un homme public qui n’est pas dans le Pouvoir. Il ne s’agit pas de prendre des positions mais que ces «positions» parviennent à la population. Or, on ne peut pas communiquer avec la population sans faire des meetings, des rencontres, sans aller réunir les citoyens. Je n’ai même pas le droit de réunir mon conseil national. Il me faut une autorisation et lorsque je demande l’autorisation, on me demande l’agrément. Je suis quelqu’un qui est interdit d’activité politique et d’accès à l’opinion. Pas seulement par les médias, encore que les médias c’est selon : il faut la télévision et la radio. Pas la presse écrite. Donnez-moi un quart d’heure de radio ou de télévision par mois, cela vaut trente-six mille entretiens dans le Quotidien d’Oran, El Watan ou El Khabar. Les gens sont dans le piège : on leur fait croire que nous sommes dans un pays où existent le pluralisme, la liberté d’expression, les débats et où on peut créer des partis et où si un homme politique n’apparaît plus, c’est qu’il a abandonné.

 Ensuite, réagir à chaque fois est inutile. J’ai dit ce que j’avais à dire. Je vous défie de trouver quelqu’un qui s’est opposé, aussi longuement et durement, pas à la personne mais à la politique du Président Bouteflika.

Q.O.: Qu’est-ce qui a changé, en deux ou trois phrases, dans votre analyse de la réalité du Pouvoir en Algérie des années 90 et jusqu’à aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous avez révisé en vous ?

S.A.G.: J’ai révisé beaucoup de choses. Pour moi et jusqu’à une date précise, l’action politique consistait à faire prendre conscience aux tenants du Pouvoir qu’il fallait changer le système. Que si on continue de cette façon, on va à l’impasse. Je disais toujours, aux militants et aux autres, que ce changement ne peut pas réussir sans l’armée. Ni encore moins contre l’armée. Tout changement en Algérie ne pourra se faire que par la formule de l’alliance. Et quand j’évoque l’armée, je ne parle pas de l’armée dans sa totalité, mais de «l’armée politique». Parce que l’armée globale, c’est-à-dire les 90% de l’armée, est comme vous et moi du point de vue de leur poids sur la prise de décision. Ni plus, ni moins. Et je concevais ma mission comme une action pour convaincre les tenants du Pouvoir de cette nécessité du changement. Et j’ai toujours eu cette croyance que le Pouvoir allait changer. Une confiance rompue dès l’année 2004.

Q.O.: Avec le rejet de votre seconde candidature à la candidature de la Présidence ?

S.A.G.: Notamment, mais pas seulement. En 2004, on nous a fait croire, pendant une année, que cette fois-ci il allait y avoir au moins un minimum de compétition. Sauf que moi, pour être sincère, je n’y croyais pas trop. J’avais désapprouvé, par exemple, la campagne de Benchicou (ndlr : directeur du journal Le Matin, suspendu) quand, pendant six mois, il publiait quotidiennement des attaques personnelles contre Bouteflika. J’étais toujours convaincu qu’on attaque quelqu’un sur son programme, pas sur sa personne. Et on sait très bien par qui Benchicou, qui est tombé dans un piège, a été alimenté : par ceux qui créaient ce climat précis. Un climat de «confiance». Je me rappelle ce que me disait un ambassadeur convaincu que cette fois-ci ça sera la rupture : «ça ne sera certainement pas Bouteflika», affirmait-il. Je me souviens lui avoir répondu : en politique et en Algérie, rien n’est impossible. Sauf qu’on n’est pas allé jusqu’à la conséquence de cette certitude. Souvenez-vous qu’après mon élimination, j’ai décidé de soutenir Benflis. Je me suis dis : «je vais suivre le menteur jusqu’au pas de sa porte».

 En 2004 donc, on m’a donné la preuve que le régime n’était absolument pas décidé à changer. Et c’est là que j’ai proposé une révision profonde de notre action politique. «Nous nous sommes trompés», ai-je répété. J’avais même qualifié l’opération 2004 comme étant le crime parfait. «Ils» ont réussi à tromper tout le monde, y compris des Etats, sauf les Etats-Unis d’Amérique qui étaient d’accord avec eux. L’action politique devait changer : chacun agissant isolément, nous ne pesons absolument rien. Que chacun oublie qu’il est meilleur et tenant un langage commun pour tirer la sonnette d’alarme. Dire que le choix qui nous reste n’est plus entre changer ou ne pas changer, mais seulement le choix du «comment» nous voulons changer. C’est soit changer dans l’ordre, soit le changement par le désordre. Et je n’ai jamais adhéré aux cycles des rumeurs qui servent comme propagandes indirectes, genre «ça va mal», «c’est la faute de Bouteflika», etc.

Q.O.: Je reviens sur une expression que vous employez souvent : une armée populaire et une armée politique. Vous voulez dire quoi par «armée politique» ? C’est quoi au juste ? C’est qui ?

S.A.G.: Ce sont les «Services». C’est clair. Et ce n’est pas uniquement les «Services», mais toutes leurs ramifications. Ecoutez : ce n’est pas propre à l’Algérie que les «services» essayent d’avoir plus et d’abuser. Vous en avez des exemples même dans les pays les plus démocratiques, avec la CIA, la NSA, le FBI… aux Etats-Unis. Chacun essaye de peser le plus possible sur les décisions politiques. Nous avons ce côté commun avec d’autres pays. Sauf que la différence est que dans d’autres pays, existent des institutions qui ont des pouvoirs. Chez nous, il n’existe que «les Services» et, en face, des institutions virtuelles. Vous croyez que l’Assemblée nationale a des pouvoirs législatifs ? Est-ce que vous le croyez ?

Q.O.: Est-ce qu’un Premier ministre en a ?

S.A.G.: Absolument rien du tout.

Q.O.: Donc il ne peut même pas désigner et choisir ses ministres ?

S.A.G.: oui et il y a une seule exception : moi. Et ce n’est pas pour mes beaux yeux : cela s’explique. Je suis venu en situation insurrectionnelle et donc j’ai rendu service et certains savaient que moi, en rendant service, je ne vais pas confectionner un gouvernement avec des gens qui me seront imposés.

Q.O.: Et cela se fait comment habituellement ? Par quotas ? Par connivences ? Par intérêts bien compris ? Par souci de contrôle de secteur ?

S.A.G.: non, non ! Il faut comprendre qu’à chaque fois que je vous parle de «Services» et de Pouvoir, je n’ai en tête que les gens qui sont les plus sincères et les plus honnêtes entre eux. Dans tout ce qu’ils font, j’exclus toute idée qu’ils le font par intérêt personnel. C’est pire que ça : ils le font par conviction. C’est un groupe, un groupe culturel, car il ne faut pas essayer de mettre des noms dessus. Car chez nous, la substance du système, c’est qu’il faut qu’il soit anonyme. Certains sont convaincus qu’il n’y a qu’eux qui peuvent diriger ce pays. C’est une conviction intime, sauf qu’ils se trompent.

Q.O.: Et c’est une équation qui va perdurer jusqu’à quand ?

S.A.G.: Jusqu’à ce que cela n’ait plus de sens. C’est un régime, et il l’a montré depuis longtemps, qui se tire sur les pieds. Il faut que ce système comprenne qu’il ne peut pas prendre de bonnes décisions parce qu’il repose sur le principe de l’irresponsabilité. C’est-à-dire quand on a l’autorité avec la conviction qu’on n’en rendra jamais compte ; déjà là on est dans l’absurde. La pensée profonde est que «je prends des décisions en ce qui concerne le pouvoir. Quant au reste…». Le choix d’un ministre, dans ce cas, importe peu et c’est pour ça que je n’ai jamais attaqué personnellement des ministres parce qu’ils peuvent être géniaux ; mais dans ce système-là, ils ne servent à rien. Tout ce que l’on demande aux civils ou autres militaires qui ne sont pas dans la politique, c’est une obéissance, le doigt sur la couture du pantalon et surtout une obéissance «larbinique». Moi, lorsque je me suis séparé «d’eux». Je leur ai dit : vous avez besoin de larbins et bien vous m’appellerez quand vous aurez besoin d’alliés. Les civils doivent être vos alliés Pour conduire l’Algérie vers le mieux. Donc, moi je ne m’attarde pas sur ces histoires de corruption, moi je parle des gens les plus convaincus d’entre «eux». Le constat pour moi est qu’ils se trompent. Ils se trompent d’abord au regard des intérêts nationaux, car les intérêts nationaux sont maltraités dans un système où on n’est pas responsable de ses actes. Que penser lorsqu’un ministre, qui est là depuis dix ans, et qui vous répond lorsqu’éclate un scandale chez lui « je ne suis pas au courant, j’ai appris ça par la presse». Comment vous, en tant que journaliste ou en tant que citoyen, vous allez percevoir ce genre de propos ? Je vais vous dire comment moi je les comprends : c’est une marque de mépris. C’est quelqu’un qui a la mentalité de l’impunité. Il est convaincu qu’il n’aura jamais à rendre compte. Il se trompe car il rendra compte au moins à Dieu.

Q.O.: Est-ce que vous pensez, depuis 2004, que la topographie du Pouvoir est toujours la même ?

S.A.G.: Moi, je pars du fait que les forces politiques n’existent pas dans ce pays.

Q.O.: Alors parlons des forces de décisions…

S.A.G.: Vous parlez de Pouvoir. Là, aucun changement. Rien n’a changé. On est dans l’arbitraire et on continue à privilégier la problématique du Pouvoir par rapport aux problèmes du pays.

Q.O.: Soyons plus direct : est-ce que la force de l’armée politique, comme vous la qualifiez, n’a pas été amoindrie depuis 2004 ?

S.A.G.: certainement pas. On veut vous faire croire ça. Cela avantage aux yeux de l’opinion internationale. La nature des rapports n’a pas changé. Moi, cela m’amuse quand un haut gradé, qui venait de faire choisir un Président, proclame que l’armée ne fait pas de politique. Dites au moins qu’elle ne va plus en faire.

Q.O.: C’est l’illusion de beaucoup que de croire pouvoir changer le système quand ils sont dedans…

S.A.G.: Je ne sais pas. Je considère que la seule solution est le changement dans l’ordre, les réformes successives. Je ne demande pas la démocratie car c’est l’accumulation d’une longue expérience. Commençons simplement par appliquer les lois. Car c’est un système qui a énormément de difficulté à entrer dans l’Etat de droit. On est toujours dans l’arbitraire. Dans la vie quotidienne, chacun est confronté à ces cas où la loi est mise en échec par de simples circulaires. Et même mieux: par de simples directives verbales.

Q.O.: Monsieur Ghozali, au regard de votre très long parcours «national», depuis la direction de Sonatrach et jusqu’au dernier portefeuille ministériel, on ne comprend pas comment vous vous expliquez cette position d’être un véritable critique du Pouvoir et d’en avoir été longtemps un acteur, un serviteur et un soutien ?

S.A.G.: Je n’ai jamais fait partie du système. Et je sais que cette affirmation restera longtemps incompréhensible aux yeux de l’opinion. Le système n’a jamais été moi ou beaucoup d’autres. Il faut parler de système dans le système et identifier celui et ceux qui prennent la décision. Moi et d’autres, nous n’avons jamais pris la Décision. Quelque part, je le dis aujourd’hui, nous avons été les «harkis du système». Nous l’avons servi. De bonne foi, car nous nous croyons commis de l’Etat, d’un Etat. On n’a pas compris que nous n’étions que ses instruments. Le système, ce n’est donc pas ce que l’on voit ou croit savoir. Il emploie tout le monde et il nous a employés. (Le Quotidien d’Oran-18.10.2010.)

 

***********************  *Réda Malek au Forum d’Echorouk :  « Si le FIS n’avait pas été dissous hier, Boujerra Soltani et ses semblables n’auraient pas existés aujourd’hui

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Pour Réda Malek, « si Boujerra Soltani et ses semblables existent aujourd’hui, c’est grâce à ce choix précisément. « C’est la politique éradicatrice qui les a fait venir sur la scène politaique algérienne », a-t-il martelé, ironisant encore : « Nous avions arrêter le FIS et les islamistes du genre Soltani ont survécu ».

L’ancien chef du gouvernement et figure de proue de la Révolution, Réda Malek, était l’hôte d’Echorouk dans un Forum qui se voulait vivant, direct, sans détours, ni allusions, un peu à l’image du personnage : fort en gueule, à l’emporte-pièce et tranchant. Les thèmes ne manquaient pas pour cela : le FIS ; l’arrêt du processus électoral, en 1992, Boujerra Soltani, le leader du Msp, les Accords d’Evian, etc. Si Réda Malek est surtout connu pour ses positions anti-islamistes inébranlables, il faut aussi connaître ses positions pour un islam modéré, « réformiste » ; tel qu’initié par des hommes comme Mohamed Abdou ou cheikh Ben Badis, qui tentaient de concilier entre islam, modernité et rationalisme.

Les islamistes existent aujourd’hui grâce à la politique des éradicateurs

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Comme il fallait s’y attendre, Malek ne se fit pas prier pour tirer « à bout portant » sur Boujerra Soltani, le leader du MSP, qui l’avait violemment critiqué, lors de la parution des « bonnes feuilles » de son dernier livre sur les islamistes et le choix d’arrêter le processus électoral. Pour Réda Malek, « si Boujerra Soltani et ses semblables existent aujourd’hui, c’est grâce à ce choix précisément. « C’est la politique éradicatrice qui les a fait venir sur la scène politaique algérienne », a-t-il martelé, ironisant encore : « Nous avions arrêter le FIS et les islamistes du genre Soltani ont survécu ». Reconnaissant quand même à Soltani le droit de porter des jugements sur son livre « la Guerre de Libération et la Révolution démocratique », il précise qu’en matière de religion, il s’y connaît mieux que Soltani, et qu’en matière de pratique « il avait contribué à défendre la religion et la langue arabe avant que Soltani n’existe ».

Le MSP : un parti entre les mains du pouvoir

 

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Expliquant son jargon de l’islam et de l’islamisme, Réda Malek estime que le musulman est celui « qui fait pacte de bonne conduite avec les gens », tandis que l’islamiste est celui « qui utilise la religion à des fins qui n’ont rien à voir avec elle, et le coran est riche en références qui appuient notre rejet d’une charia fondamentaliste et violente ». Revenant aux partis islamistes, il ajoute que la plupart font le jeu de puissances étrangères. Concernant le MSP, il ajoute : « Nous avions fait l’expérience des élections, et nous savons que si tu n’as pas l’appui du pouvoir, tu ne peux aller loin, alors si un parti islamiste est aujourd’hui allié aux autorités, c’est qu’il n’y a pas d’indépendance au parti… »

Alger et la prise d’otage de 1979

Dans un registre de politique étrangère, Réda Malek rappelle que, lors de la prise des 52 otages américains dans leur ambassade à Téhéran, le président américain Jimmy Carter, nous avait demandé de l’aider, en contrepartie de quoi, il soutiendrait notre vision du règlement de la question du Sahara Occidentale. J’étais alors ambassadeur à Washington, et Carter m’a demandé de transmettre à Alger sa volonté qu’elle soit l’intermédiaire dans la négociation pour libérer les otages. Malek affirma qu’il avait rencontré une première fois le président iranien, Mohamed Ali Rajaî, et que celui-ci refusa d’abord l’offre, mais par la suite, finit par approuver l’intercession.

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Le pardon de la France à l’Algérie, une bagatelle…

Réda Malek estime que l’exigence algérienne d’excuses françaises, ainsi que les dédommagements, sont « des paroles vides de sens », pire : elles peuvent faire oublier tous les sacrifices consentis par les Algériens durant 132 années. Le fait de résumé toutes ces années de guerre, de souffrances et de sacrifices dans les dédommagements et les excuses est déjà réducteur. Il affirme que les Accords d’Evian comporte un volet relatif au dédommagement des victimes des éssais nucléaires français dans le sud.

Bio-express

Réda Malek est né le 21 décembre 1931 à Batna. Il débute son enseignement scolaire à Batna puis part à Constantine pour y poursuivre ses études. Il réussit à obtenir son Baccalauréat et s’inscrit en Lettres (Philosophie) à l’Université d’Alger. Il rejoint ensuite l’Université de Paris et décroche une licence en Littérature et Philosophie. Réda Malek est l’un des fondateurs de l’Union des Etudiants Musulmans Algériens. Il intègre les rangs du FLN à Tunis et travaille en 1957 dans le journal El Moudjahid.

Il est chargé de nombreuses missions en Asie par le commandement de la Révolution et participe aux négociations d’Evian ainsi qu’à la rédaction en 1962 du programme de Tripoli. Il est nommé chef du gouvernement algérien le 21 août 1993 jusqu’au 11 avril 1994 puis crée le 5 mai 1995 son parti, l’Alliance Nationale Républicaine (ANR). Il publie plusieurs livres sur l’histoire comme « Histoire Des Négociations Secrètes 1956 1962 », « L’Algérie à Évian » et « Arrêt du processus électoral, enjeux et démocratie ». (Echorouk-30.09.2010.)

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*Mouvement dans le corps diplomatique : risible, la rumeur…ou criminelle ? 

En Algérie, peut-être plus qu’ailleurs, la rumeur, nait, se développe, grandit,  enfle et se répand en quelques minutes, à une vitesse stupéfiante, dans tous les coins et recoins du pays. Enjolivée par les uns, amplifiée par les autres, embellie ou au contraire écornée, la rumeur s’insinue partout, dans les conversations, dans les groupes, dans les esprits, s’introduit dans les pensées…. N’y croient, bien sûr, que ceux qui veulent bien y croire ou qui n’ont pas de discernement…En cette période de rentrée sociale, la rumeur transporte sur ses ailes hideuses les informations les plus fantaisistes. D’illustres inconnus, illettrés de surcroit, vous diront, d’un air docte et entendu, que tel wali est limogé, que tel autre est promus ministre, que cet autre cadre a été arrêté pour malversations, que le cousin de Flen parce que proche de tel haut dignitaire sera – ou plutôt non- a déjà été nommé Directeur Général de telle entreprise, mais il n’en voulait pas… car il est sur le point d’être nommé ministre… Alimentant les rêves des uns, les fantasmes des autres, elle court, la rumeur…Ordinaire, insipide, fuyante, souterraine, insaisissable, voyageant au gré des vents et des humeurs, la rumeur est souvent perverse et pernicieuse. Car certaines officines la créent ou s’en emparent et la façonnent au gré de leurs humeurs, de leurs intérêts, de leurs petites vengeances mesquines, ou, et c’est bien plus grave, s’en servent pour porter atteinte à l’intérêt supérieur de l’Algérie. Faire colporter la rumeur par des journalistes, ou prétendus tels, leur faire écrire que de hauts cadres de l’Etat ont été limogés, rappelés, rétrogradés, humiliés, avec l’intention de porter préjudice, de causer du tort, de perturber la vie sociale et familiale des responsables visés… c’est indigne, c’est malsain, c’est criminel.Criminel aussi dans la mesure où la rumeur porte préjudice à l’Etat, en décrédibilisant, en fragilisant ses cadres et ses institutions. En cela, la rumeur est une haute trahison de l’Algérie, de son passé, de sa place dans le monde…Car, affirmer en cette période particulièrement délicate, où les intérêts de notre pays sont en jeu, que ses diplomates les plus en vue, les plus chevronnés, les plus compétents, les plus capables, sont rappelés, ou sur le point de l’être, c’est les décrédibiliser aux yeux de leurs interlocuteurs étrangers, qui eux aussi, suivent et vivent la rumeur. Cette rumeur, dont ils usent et abusent, eux aussi, car là est leur intérêt… Ils rêvent de déstabiliser nos institutions et croient parfois y parvenir, en alimentant, à leur tour, la rumeur.Mais, ce qui est grave… ce n’est pas tant la rumeur, elle-même… C’est le silence de ceux qui, bien placés, peuvent y mettre fin, d’un mot, et rétablir la sérénité que certains parviennent, hélas, à ébranler chez nous, parfois en nous. Car nous restons toujours, hélas encore une fois, de tradition orale… (TSA-13.09.2010.)*Diplomate

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*la volonté de l’Etat de renforcer son contrôle et son pouvoir de gestion sur l’économie.

 

Les dernières mesures économiques prises dans le cadre de la loi de finances complémentaire (LFC) 2010 confirment la volonté de l’Etat de renforcer son contrôle et son pouvoir de gestion sur l’économie. Ne sont pas seulement visées les entreprises nationales, mais également tous les acteurs économiques, étrangers compris, qui investissent en Algérie. Une politique amorcée en 2009 et qui a pour conséquence de placer le gouvernement en première ligne sur de nombreux dossiers. Et il n’est pas simplement question d’orientations économiques générales. L’Etat a décidé de s’impliquer sur des questions techniques. On peut citer par exemple les négociations pour l’implantation de l’assureur français AXA, les programmes d’investissements d’Emaar ou d’EIIC, ou actuellement le dossier de la vente de Djezzy.Dans le cas d’AXA, le gouvernement a ainsi clairement affiché ses conditions en termes de choix des actionnaires et de répartition du capital dans la filiale que veut créer le groupe français en Algérie. Il souhaite que le principal partenaire algérien d’AXA soit le Fonds national d’investissement et non pas un acteur privé. Concernant Djezzy, le gouvernement algérien est directement impliqué dans les négociations sur la vente de l’opérateur téléphonique à l’Etat.Certes, l’Etat a pleinement son rôle à jouer dans ces dossiers aux enjeux stratégiques pour le pays. Mais il s’y positionne comme l’acteur numéro un, comme le principal responsable. Cette situation l’expose ainsi fortement dans la mesure où tout pas en arrière, tout changement de cap, prend le risque d’être perçu comme une marque d’approximation ou d’erreur, voire d’une faiblesse de l’Etat. Celui-ci, via le gouvernement, doit aussi garder une neutralité, garante d’un traitement équitable de tous les acteurs économiques.Dans de nombreux pays, si l’Etat garde la main dans les mêmes circonstances, il le fait à travers des institutions instaurées pour veiller à cloisonner les responsabilités. Aujourd’hui, il manque en Algérie une sorte d’autorité de la concurrence qui sera chargée de traiter ces dossiers. Elle aura la puissance des textes de loi de son côté et la souplesse nécessaire pour négocier sans mouiller l’Etat. Cette institution pourrait dépendre du premier ministre en permettant une gestion politique si nécessaire, mais elle éviterait au gouvernement une exposition trop directe et risquée. (TSA-14.09.2010.)

 

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*Djilali Hadjadj arrêté à Constantine

 

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Le président de l’Association Algérienne de lutte contre la corruption, Djilali Hadjadj, a été interpellé et arrêté dimanche 05.09.2010. par la police des frontières alors qu’il embarquait sur le vol Constantine-marseille de 19h 25.

Djilali hadjadj, accompagné par sa famille, n’a pas pu franchir la salle d’embarquement de l’aéroport Mohamed Boudiaf de Constantine. Son identité une fois connue, des agents de la Paf l’ont approché et lui ont demandé de les suivre.

Sa femme, contactée par El Watan au moment du f’tour, affirme qu’elle ne sait rien de lui depuis qu’il a été arrêté un peu aux environs de 17h. Ce n’est que vers 22h30 dimanche soir que nous avons appris que Djilali Hadjadj a été finalement emmené au siège du commissariat central de Constantine.

Il devra y passer la nuit avant d’être transféré Lundi matin à Alger où il sera entendu par le procureur de la république près la Cour de Sidi M’hamed. Le président de la AALC fait en effet l’objet d’un mandat d’arrêt national émis contre lui par ce même parquet au mois de mars 2010 pour une affaire de droit commun, apprend-on auprès de Me Zoubir Soudani qui se trouve sur les lieux.

Le président de la Ligue algérienne des Droits de l’Homme (LADH), Me Boudjemâa Ghechir s’est rendu sur les lieux pour voir de près s’il ne s’agit pas d’une atteinte aux droits d’un citoyen connu pour ses positions vis-à-vis du phénomène de la corruption en Algérie. (El Watan-05.09.2010.)

*Djillali Hadjadj remis en liberté

Le président de l’Association algérienne de la lutte contre la corruption, Djillali Hadjadj, a été libéré lundi soir par le tribunal de Sidi M’Hamed d’Alger après un procès en procédure accélérée. Il a été condamné à une peine de six mois de prison avec sursis et au paiement d’une amende. Son épouse, Nadia Hadjadj, a également été condamnée à deux mois de prison avec sursis. Après un réquisitoire assez dur, le procureur de la République avait requis une peine de trois ans de prison ferme. Mais le tribunal n’a pas suivi ce réquisitoire. Le tribunal correctionnel a retenu les chefs d’inculpation de « faux et usage de faux » et de « dilapidation ». Djillali Hadjadj a été poursuivi dans une affaire d’utilisation d’ordonnances médicales de la clinique de Beau-Fraisier à Alger dans ce qui est appelé le dossier de l’Agence des fonctionnaires de la CNAS d’Alger. Dans ce dossier « léger », trois cadres ont été poursuivis, l’un à a été condamné à une peine de prison avec sursis et les deux autres relaxés. Un collectif d’avocats, dont Khaled Bourayou, Mustapha Bouchachi et Miloud Brahimi, a montré devant le tribunal que l’accusation d’usage de faux n’était pas établie puisque l’épouse de Djillali Hadjajd s’est fait soigner en informant la commission médicale de contrôle de la CNAS. Idem pour l’accusation de « dilapidation ». Les avocats ont prouvé que Djillali Hadjadj n’a reçu aucune convocation pour comparaître devant le juge d’instruction. Le président de l’AACC avait été condamné par défaut en mai 2010 sans être convoqué. Il a été arrêté dimanche 05 septembre 2010 à l’aéroport de Constantine alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion vers Marseille. Il a passé la fête de l’Aid El Fitr à la prison de Serkadji à Alger. (TSA-13.09.2010.)

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3*Trois mois après son départ du ministère de l’intérieur

Zerhouni : “j’attends toujours des explications”

Les aveux du vice-Premier ministre aussi brefs qu’ils soient, ont le mérite de confirmer deux choses: Zerhouni n’attendait pas cette nomination et ne voulait surtout pas quitter un département qu’il avait géré pendant les années noires.

Sortie inattendue du vice-Premier ministre, M.Yazid Zerhouni. Jeudi, en marge de l’ouverture de la session d’automne du Parlement, il annonce pour la première fois avoir demandé des explications au Président sur sa nomination au poste de vice-Premier ministre et les raisons de son éviction du département de l’intérieur.
«Je n’ai jamais dit que ma nomination à ce nouveau poste me déplaît. Mais il est vrai que lorsque j’ai appris la décision, j’ai demandé des explications au Président sur ses motivations», a-t-il fini par lâcher devant un groupe de journalistes. Trois mois sont passés depuis sa nomination, le ministre est-il mieux éclairé sur ces motivations? Non, pour la simple raison que Zerhouni n’a pas eu de réponse. Pis, il ignore même ses missions: «J’attends toujours la définition de mes prérogatives par le Président», poursuit-il.
Le décret présidentiel définissant les missions et les prérogatives du vice-Premier ministre n’a toujours pas été publié. Toutefois, si Yazid Zerhouni ne perçoit pas sa nomination comme «une promotion», il défend qu’il est satisfait de son poste actuel: «Je suis bien dans mon nouveau poste» affirme-t-il, sans grande conviction. Il rejette d’emblée les lectures qui évoquent l’intention du Président de lâcher son ancien ministre de l’Intérieur.
Le flou total qui entoure les missions du Premier ministre, a poussé Zerhouni à garder le silence sur bien des questions importantes sur lesquelles il avait pourtant l’habitude de s’étaler devant la presse. Jeudi, le vice-Premier ministre donnait la nette impression qu’il était complètement bloqué, immobilisé même dans son nouveau portefeuille ministériel: «Je m’exprime sur ce que je sais et je ne peux pas parler de ce que je ne connais pas», soutient-il encore.
Les aveux du vice-Premier ministre aussi brefs qu’ils soient, ont le mérite de confirmer deux choses: Zerhouni n’attendait pas cette nomination et ne voulait surtout pas quitter un département qu’il avait géré pendant les années noires de l’Algérie. Autre chose: le poste de vice-Premier n’est pas perçu comme une promotion par l’intéressé.
Beaucoup d’encre a coulé depuis le dernier remaniement ministériel intervenu le 28 mai. Même si l’information circulait avec persistance dans les coulisses politiques, il est vrai que l’attribution du poste de vice-Premier ministre à Yazid Zerhouni a surpris plus d’un. Les spéculations allaient bon train. Certaines évoquaient un froid entre le Président et son ministre, d’autres une mauvaise gestion «des dossiers lourds.»
Des avis qui ne sont pas partagés par tout le monde. Certains observateurs parlaient de promotion. Noureddine Yazid Zerhouni est après tout le premier vice-Premier ministre dans l’histoire de l’Algérie indépendante.
Le président de la République a choisi l’ex-ministre de l’Intérieur pour occuper ce poste, créé à la faveur du dernier réaménagement constitutionnel adopté en 2009. Mais le doute commençait à s’installer après les séries de mesures prises par son successeur, M.Daho Ould Kablia.
La première concerne les allègements apportés aux procédures initiales d’octroi du passeport et de la carte nationale biométriques. Par ailleurs, aussitôt installé, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a annoncé le plan d’action inhérent à son département, contenu dans le programme présidentiel.
Ce dernier comporte en priorité, la finalisation des réformes politiques et institutionnelles liées au secteur. Des réformes lancées par Zerhouni lesquelles n’ont pas été concrétisées sur le terrain.
Ce programme et le plan d’action qui en découle, devant être exécutés «dans les meilleures conditions possibles», a-t-il mis en exergue lors d’une rencontre avec les cadres du secteur. Il s’agit, en premier lieu, de la finalisation des réformes politiques et institutionnelles, avec la révision du Code de la commune, déjà adopté en réunion du gouvernement (et) du Code de la wilaya, en cours d’examen.
Ces réformes concernent, en outre, «la préparation de projets de textes législatifs portant amendement de la loi sur les partis politiques, sur les associations, ou sur le régime électoral.» Dans le même ordre d’urgence, il s’agira de procéder à l’examen et à l’étude des dossiers de gestion administrative pure. Dans ce cadre, il y a le problème crucial de l’état civil. (l’Expression-04.09.2010.)

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**Les monopoles d’Etat sont brisés. Mais c’est loin d’être le cas pour les monopoles privés.

 Et ils menacent la stabilité de l’Etat. Les gouvernants sont conscients de ce problème. Et cela fait longtemps déjà. Une loi sur la concurrence a été promulguée depuis 1995. Elle a été revue depuis et sa dernière révision n’est même pas encore achevée puisque le texte n’est toujours pas validé par le Sénat. L’Etat se devait d’intervenir car il ne peut plus laisser le marché dévorer les citoyens. Dès lors, l’enjeu pour les gouvernants n’est ni plus ni moins que d’affirmer son autorité. Il y va de sa crédibilité. Cet impératif est même inscrit, noir sur blanc, dans l’exposé des motifs de la loi proposée au débat. A la veille du Ramadhan, le minimum que puissent faire les membres du gouvernement est d’envoyer des signaux pour dire toute leur disponibilité à défendre les intérêts des électeurs qui les ont portés au pouvoir. Auparavant, tout le monde, ou presque, fulminait contre la hogra de la part de l’Etat. La menace a changé de camp. Elle provient du privé. Et cela, aucune autorité ne peut le tolérer. Car le phénomène peut avoir pour finalité de saper les fondements de son pouvoir. Il est incontestable que le consommateur ne peut rester longtemps indifférent à des comportements qui tendent à réduire son niveau de vie. Sa colère a toutes les chances d’exploser au grand jour. Et si certains se trouvent en position de jeter de l’huile sur le feu, il n’est pas certain qu’ils seront désignés clairement par les révoltés qui érigent des barricades. Il est plus facile de diriger son mécontentement contre des institutions établies de l’Etat. Ce dernier ne veut pas se mettre à dos une population qui souffre des agissements d’autres parties. Le tout au moment où justement il tente de se pencher davantage sur les problèmes quotidiens des citoyens. Le fossé est tellement grand entre les citoyens et les gouvernants que ceux-ci ne verraient pas d’un bon oeil d’autres grains de sable qui viendraient gripper une mécanique qui n’est plus déjà au mieux de sa forme. Ministres et responsables des partis de la coalition au pouvoir, s’époumonent à séduire une population de plus en plus hésitante à se diriger vers les urnes et ce n’est guère le moment, pour eux, de lui servir sur un plateau, de nouveaux motifs de mécontentement. Le ton est à l’apaisement. Il y a déjà eu des émeutes pour le logement et personne ne veut vivre celles du pain. C’est contre tous ces risques que veut se prémunir l’Etat. Il semble qu’il n’est pas près d’admettre des exceptions en laissant certaines parties venir perturber ses plans. Certains avancent que le gouvernement n’en fait pas assez pour le peuple, mais ce n’est pas une raison pour que d’autres en fassent un peu trop. Le Premier ministre l’a dit en décembre dernier. Il est hors de question que le gouvernement augmente les salaires des travailleurs pour que leur pouvoir d’achat s’amenuise. C’était d’ailleurs à l’issue de la tripartite de décembre dernier que l’annonce a été faite sur la révision des lois régissant le commerce. Promesse tenue. (L’Expression-19.07.2010.)

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5 réponses à “*Météo politique 4”

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