*Météo politique 2

**EMEUTES DU SUCRE ET DE L’HUILE
Qui paiera la facture? 

Spéculateurs et manifestants ont causé d’énormes dégâts…

Certains lobbies et autres adeptes de la formule «Laissez faire, laissez passer» ont, le temps d’une révolte passagère, caressé l’espoir de voir le gouvernement réviser sa composante. Ces tenants du capitalisme pur et dur croyaient qu’avec une bonbonne d’huile l’on pouvait créer un séisme politique, un Watergate à l’algérienne. Pure prétention! Certes, des capitalistes aux crocs acérés ont, au péril de la stabilité sociale, osé proposer des produits de première nécessité comme l’huile ou le sucre à des prix qui défient la raison. Ils ont attisé le feu. Un bidon d’huile à 950 DA a fini par exacerber la mouise des citoyens au maigre pouvoir d’achat. Cette audace, ou plutôt l’inconscience de certains producteurs, a tout simplement provoqué l’incendie dans un pays déjà à cran. Même si l’Etat aura été, un moment, démissionnaire faute de n’avoir suffisamment pas imposé les moyens de contrôle qui relèvent de ses prérogatives, fort heureusement, la dérive n’a pas eu lieu.
Les desseins machiavéliques des apôtres du crime économique n’auront pas abouti. Ces affameurs de peuple avaient pourtant tenté de justifier leur démarche en avançant moult prétextes comme le fallacieux argument de la flambée des cours des matières premières sur le marché mondial. Il faut dire que ces pêcheurs en eaux troubles ont bien trouvé leur compte dans un environnement économique où ils ont accaparé quelque 80% de la production nationale. Ce qui est particulièrement vrai pour un groupe industriel que l’on ne connaît que trop bien. Mais, et fort heureusement, encore une fois, ce n’est pas une vulgaire histoire d’huile de table qui aura eu raison de l’assise du gouvernement. Ce dernier a, en effet, réussi à maîtriser, in extremis, la situation.
Cette réaction salutaire du staff gouvernemental a au moins le mérite de démontrer que nos gouvernants ne sont pas à la solde de ces groupes de pression. Mieux, nos décideurs démontrent, l’on ne peut mieux, en préservant avant tout l’intérêt des citoyens, qu’aucune complicité douteuse ne mine la décision au sommet de l’Etat.
En revenant à de «meilleurs sentiments», la rue semble avoir compris cette réalité dans une Algérie où tout reste encore à construire, sinon à parfaire après que l’Etat ait engagé, au cours de ces dernières années, de titanesques projets de développement.
Ce retour au calme est à lui seul un gage de confiance entre gouvernants et gouvernés. Tout le reste est chahut. Or, ce blanc-seing qu’offre le peuple à l’Exécutif, doit absolument porter ses fruits, car nos ministres n’ont que quelques mois seulement pour sceller définitivement ce pacte social. Cette course contre la montre qui est engagée, n’est, du moins, pas en leur faveur. Ramener les prix du kilo de sucre et de cinq litres d’huile à respectivement 90 DA et 600 DA, est en soi une mesure fort digne. Néanmoins, cette dernière reste très aléatoire surtout que le temps ne manquera pas d’éroder l’effet immédiat de cette disposition.
«Que se passera-t-il dans huit mois?» se demande derechef, le commun des citoyens qui aura à affronter alors bien des occasions de dépenses, comme l’Aïd ou la rentrée scolaire après avoir consommé un mois sacré, réputé pour être budgétivore.
Bien des observateurs estiment, par ailleurs, que le délai de huit mois que s’impose le gouvernement pour gérer le marché des produits de première nécessité est peu convaincant. «La suppression des taxes durera huit mois, que se passera-t-il après?» s’interroge-t-on.
Aussi, serait-t-il plus judicieux de communiquer en langage franc avec les Algériens et leur décrire des plans autrement plus à même de juguler d’éventuelles crises à venir. En demeurant laconique dans ses communiqués, le gouvernement ne fait que prêter le flanc aux propagandistes et aux manipulateurs, voire aux spéculateurs de tout poil.
Mais même avant l’arrivée du Ramadhan, il faut s’interroger sur la partie qui devra payer la facture. Aucune estimation précise des dégâts n’est encore établie à ce jour, mais les pertes s’élèveraient à des centaines de milliards de dinars. Les entreprises et les particuliers qui sont assurés contre les dégâts causés par des émeutes sont les plus chanceux. Pour tous le autres, il faudra mettre la main à la poche. Tous les instigateurs et les acteurs des hausses inconsidérées des prix sont aussi au box des accusés et doivent rendre des comptes. Même au plan politique, le gouvernement ne peut pas faire l’économie de quelques délestages. Un remaniement s’impose. La question est de savoir quand il interviendra. (L’Expression-11.01.2011.)

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**La politique de l’autruche

Où va notre pays ? Vers quelles zones de turbulences politiques dangereuses chemine-t-il à présent ? Avec les émeutes urbaines quasi récurrentes- spontanées ou provoquées ?- qui le secouent depuis quelques années ne risque-t-il pas de renouer avec les démons de la décennie noire dont les souvenirs douloureux hantent encore l’imaginaire populaire ?

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Les mécontentements et les révoltes qui sourdent de partout ne traduisent-ils pas d’immenses frustrations de larges pans de la société et ne reflètent-ils pas un signe évident d’un sentiment d’abandon et de déréliction générale de la population de la part de ses dirigeants qui semblent peu soucieux des cris de détresse d’un peuple dont ils prétendent être les représentants légitimes et l’incarnation vivante de ses intérêts ?

Si la cherté de la vie, notamment celle des denrées de première nécessité ( sucres, café, huiles…) n’est pas étrangère à la grogne générale qui s’est emparée de larges couches démunies de la société algérienne, elle n’explique pas à elle seule les causes profondes du malaise social dont les signes les plus manifestes sont la défiance du peuple envers le pouvoir d’Etat, ainsi que le peu de crédit que ce même peuple naguère hissé au rang d’un mythe, accorde à ses pseudo-représentants dont l’hypatrophie du moi et la manie des grandeurs qui se doublent d’un mépris à peine voilé envers « la populace » ont achevé de supprimer chez eux les facultés de raisonnement, le sens de la responsabilité, de l’évaluation politique, et de l’ anticipation de l’avenir.

Obnubilés par le pouvoir qu’ils détiennent, du prestige et des intérêts strictement matériels qu’ils en retirent, ces représentants autoproclamés du peuple se crispent sur leurs grasses prébendes et oublient jusqu’au souvenir ce pourquoi ils ont été « élus » ou désignés pour gérer les affaires de la nation.

Quand la politique d’improvisation conjugue ses effets à l’autoritarisme

Dire que Le pouvoir n’est pas en phase avec son peuple relève d’une lapalissade. Cela s’observe à tous les niveaux des instances politiques : l’exécutif comme les députés ne tournent pas seulement le dos au peuple, mais ils le méprisent et le tiennent sciemment à l’écart de toute consultation touchant aux grands enjeux de la société et de l’Etat.

En fait, ils considèrent ce peuple comme quantité négligeable et méprisable, et c’est pourquoi ils ne lui accordent aucune confiance ou once de crédit pour prendre part aux affaires de la nation et de l’Etat.

La politique d’improvisation, l’exercice d’un pouvoir autoritaire et sans contrepoids, le culte inconsidéré de la force saisie comme mode unique de gestion politique ou « sécuritaire », le refus de l’écoute et de la délibération, la répulsion envers tout ce qui sort de biais, de la « ligne idoine » tracée et fixée une fois pour toute par l’Exécutif ou le grand chef de celui-ci, voilà qui constitue le trait caractéristique, presque immuable, de ce régime dont le caractère autant « atypique » que rigide constitue un obstacle majeur à toute réforme salutaire de la société civile et politique algériennes.

Un pouvoir qui méprise l’intelligence, qui répugne au débat contradictoire, qui abjure le credo de l’esprit démocratique et qui se laisse guider par le culte quasi exclusif de ses instincts autoritaires sera évidemment voué tôt ou tard à disparaître de la scène politique de l’histoire. Et déjà, les signes du dépérissement de notre régime politique s’affichent en filigrane à travers toutes nos institutions sclérosées, gangrenées soit par l’incompétence et la corruption, soit par l’indifférence ou le laisser-aller ou le laisser-faire.

Lorsque un régime ne sait pas dialoguer et s’adresser à ses administrés avec un langage lisible et audible, comme ces ministres et ces députés qui, dans les périodes de graves troubles politiques et sociaux, se font tragiquement silencieux ou muets, il finit inexorablement par laisser la voie ouverte à toutes les dérives dangereuses qui pourraient l’emporter par surprise, sans crier gare.Le point zéro de la communication politiqueL’aphasie dont font preuve en ce moment nos « hommes politiques »-ceux de l’Exécutif-, tout comme les députés grassement rémunérés sans rien faire d’autre que d’applaudir piteusement et frénétiquement, dans l’hémicycle de l’Assemblée, la gestion du gouvernement dont ils sont censés contrôler l’action en lui demandant des comptes, témoigne si besoin est, de cette grave carence en matière de communication politique et qui ne s’explique autrement que par l’incompétence, mais aussi et surtout par ces réflexes conditionnés consistant à ne pas prendre ses responsabilités et à éviter soigneusement de ne pas se « mouiller les doigts » au risque d’attirer le courroux du Grand Chef. Depuis des mois, voire depuis des années, aucun ministre ni aucun député, n’a osé faire entendre sa voix ou émettre une analyse critique sur les causes des émeutes urbaines, provoquées souvent par la flambée des prix ou par la crise aigue que vivent les milliers, voire les millions de citoyens sans abri. Que dénote ce silence étrange de nos dirigeants ? Mépris à l’égard du peuple ou incapacité de se faire entendre de lui ? La peur de rompre l’ « harmonieux consensus » gouvernemental, et le refus têtu de reconnaître que le gouvernement puisse se tromper « en politique », conduit chacun à observer ce silence complice sur l’état lamentable de la nation…Aujourd’hui, et alors que bien des quartiers de nos villes sont saccagées par des foules de jeunes gens désespérés, et que d’autres villes enflent de rumeurs de toutes sortes, nos dirigeants politiques qui ne manquent pourtant pas de lourds moyens de communication, comme l’ENTV, n’ont pas essayé de venir nous expliquer sur le plateau le pourquoi et le comment de ces révoltes, ni quelle action ils comptent mener pour répondre aux besoins et aux attentes de ces populations qui se sentent abandonnées, laissées en déshérence par l’Etat. Envoyer les policiers et les gendarmes pour contenir ces manifestations, ne suffit pas à ramener l’ordre et la sécurité publique durables. Les forces de sécurité ne devraient être sollicitées qu’en dernier ressort, et si seulement lorsque toutes les autres voies de recours ont été épuisées, et parmi celles-ci le dialogue, l’écoute et la concertation.L’éloge de la médiocrité placé au rang des vertus…officiellesOr, nos dirigeants dont la communication politique ne semble pas être leur fort, préfèrent se décharger sur les services de sécurité pour ramener l’ordre et le calme dans nos villes troublées par des émeutiers frustrés par tant de manques et de besoins urgents à satisfaire. A défaut de savoir manier l’art de communiquer et de persuader eux-mêmes ces révoltés incompris, ces dirigeants politiques entichés pourtant de modernisme et de « progressisme » ne feraient-ils pas mieux de laisser accès libre à l’ENTV à ces élites intellectuelles non « organiques », à ces experts nationaux indépendants d’esprit que sont les universitaires, les juristes, les politologues, les journalistes talentueux et Dieu sait qu’ils sont nombreux dans notre pays, et qui pourraient par leur savoir faire et dire éclairer les politiques et aider aux bonnes décisions de l’Etat. L’ENTV, comme dans ces cabinets ministériels investis par des fonctionnaires guindés, se trouve parasitée elle aussi par une foule de speaker et de pseudo-experts compassés, et si triés sur le volet qu’ils ne semblent posséder d’autre compétence que cette incroyable aptitude à pouvoir sans vergogne célébrer les gestes et les paroles du Prince, et à faire l’éloge de la médiocrité intellectuelle et politique ambiantes. Fades, ternes et desséchés, parfois fort prétentieux, ces journalistes et ces experts agrées débitent à longueur des débats sur le plateau des propos déconnectés de la réalité du pays, de ses attentes et aspirations. Ils esquivent les problèmes réels auxquels sont confrontés les Algériens et les Algériennes et s’évertuent à enjoliver la réalité en donnant à voir et à lire une image lisse et douce, sans aspérités, d’un pays qui serait le plus heureux du monde où il ferait bon vivre… C’est ce mode de communication journalistique qui double et reproduit presque à l’identique le discours politique qui fait que notre ENTV sert d’un véritable repoussoir par rapport aux chaînes de télévisions étrangères captées en Algérie…Cela explique aussi que notre télévision est désertée par les téléspectateurs nationaux au profit des chaînes satellitaires de l’Occident et du Moyen Orient.
Comment faire aimer son pays quand la télévision abreuve ses téléspectateurs d’informations indigentes et leur donne une image fallacieuse de la réalité ? Comment peut-on prétendre à la crédibilité quand les programmes sont d’une qualité médiocre, et surtout fondés sur l’apologie ou le culte de Son Excellence le Président de la République, le Ministre, le Premier Ministre, et j’en passe ?
Augmentations des salaires, suivies d’émeutes et de ras-le-bol : un paradoxe ?
On a salué comme une conquête les récentes augmentations de salaires des enseignants de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la santé. Il faut ajouter aussi celles des députés et des militaires. Mais on a oublié ceux qui n’ont pas eu un centime d’augmentation et dont les maigres traitements sont continuellement érodées par l’enchérissement des produits de première nécessité : les petits fonctionnaires et employés, toutes catégories professionnelles confondues, les travailleurs de beaucoup d’entreprises, privées et publiques, sans oublier évidemment les retraités aux modestes bourses. Il y a également les « chômeurs » qu’il faut ajouter à la liste de la masse des précaires.

Les chômeurs ou les désœuvrés est un nom impropre, mais qui permet de désigner ceux qui n’ont jamais travaillé de leur vie et qui vivent au crochet de la solidarité familiale ou institutionnelle. Ils comptent par millions et aucune statistique officielle ne saurait masquer la réalité.

C’est parmi cette masse d’individus aux revenus fort faibles ou qui en sont complètement dépourvus que « sortent »  les émeutiers  qui défraient les chroniques de ces dernières années.

Les émeutiers de ces dernières semaines recouvrent un large profil social : ils comprennent des jeunes désœuvrés, des délinquants en rupture de ban, des mal-logés, des pauvres en déroute, mais aussi de pères de familles respectables, qui n’en peuvent mais.

Tous ces gens se savent être les laissés-pour-compte. Ils revendiquent leur droit au travail et à la protection sociale. Pour faire entendre leur voix aux autorités, et au –delà, à l’opinion publique, ils se révoltent non pas pacifiquement, il est vrai, mais violemment contre un ordre qu’ils jugent injuste.

Les augmentations de salaires accordées à certaines catégories de fonctionnaires déjà cités ont aggravé leur frustrations et le sentiment d’injustice dont ils se sentent victimes.

En effet ce n’est pas l’UGTA, et moins encore les députés de l’APN qui perçoivent mensuellement 300 000,00 DA net chacun qui vont défendre les intérêts moraux et matériels de cette masse de paupérisés, de désœuvrés et, d’exclus. Ce ne sont pas non plus les enseignants universitaires qui vont se soucier de ces révoltés, de ces écorchés vifs.

Ces enseignants dont certains ne méritent pas les augmentations obtenues tant ils s’avèrent stériles, improductifs, n’éprouvent aucun sentiment de solidarité à l’égard de ces exclus et de ces démunis.Le temps du bricolage politique est-il révolu ?En favorisant certaines catégories de fonctionnaires et de travailleurs au détriment d’autres catégories sociales, le gouvernement a contribué de fait à créer des divisions et des clivages au sein de la société algérienne. Ce faisant, il a creusé un fossé béant entre les différentes catégories socioprofessionnelles de manière à rendre impossible la solidarité entre elles. Cette politique qui reprend à son compte le fameux adage « diviser pour mieux régner » est non seulement réactionnaire, mais absurde, dangereuse et s’apparente à une fuite en avant. Elle ne manquera pas de faire l’effet d’un boomerang. Cette politique de l’autruche qui fait mine de ne pas voir les choses tout en agissant comme si de rien n’était conduit immanquablement le pays à l’impasse et pourrait se traduire, si elle continuait sur ce rythme , à l’implosion du système dont les failles se font déjà partout visible à l’œil nu.

Le « bricolage » politique qui consiste à gérer de manière chaotique, au jour le jour, les affaires du pays, sans vision ni plan déterminés, ne garantit pas la pérennité des institutions de l’Etat dont la solidité et la crédibilité dépendent de la cohérence qu’il se donne en matière d’évaluation, d’anticipation, de prévision et de prospective. Il en est beaucoup de nos projets économiques, sociaux, culturels et éducatifs qui ressortent en effet du bricolage et du remplissage.

Ainsi en est-il de notre système industriel « restructuré » et de notre système monétaire sclérosé en dépit de notre prétendue entrée dans l’économie de marché. Ainsi en est-il de notre politique d’environnement et du tourisme, de celui de la culture, de l’éducation et de l’enseignement supérieur, qui, en recopiant plutôt mal que bien le LMD européen et en le transposant comme « modèle » d’enseignement « adapté » à l’Algérie, on a fini par susciter une grande confusion dans les esprits de nos étudiants dont la fronde contre ce système importé et plaqué ne fait que commencer.

La fronde étudiante contre le LMD et les émeutes urbaines en cours contre la cherté de la vie, la crise du logement et les sentiments d’injustice sont étroitement liés à cette politique de rafistolage conduite à « la petite semaine » par un gouvernement en mal d’imagination, de cohérence et de plan savamment agencé.

Que conclure ? Que le pire est à venir. Notre pays chemine vers un avenir incertain, et ce n’est pas être forcément pessimiste que de prédire, en se basant sur des indices concrets, des périodes de hautes tensions sociale et politique….(Publié dans le site Algérie-Focus) 

(*)Par  Ahmed Rouadjia est Chercheur et Maître de Conférences, Université de Msila

** une loi de finances qui aura vécu moins de 72 heures

Inaugurée par les graves émeutes déclenchées à cause de la flambée des prix de l’huile et du sucre, l’année 2011 est également marquée par un autre fait. En effet, c’est pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante qu’une loi de finances aura vécu moins de 72 heures. Un triste record, hélas! La disposition de la loi de finances obligeant les opérateurs à recourir impérativement au chèque pour les paiements dépassant les 500.000 DA, n’est plus de rigueur, du moins pas avant huit mois. C’est ce qu’on appelle déshabiller Paul pour habiller Pierre. En fait, si cette mesure a été prise dans le but de juguler la flambée des prix et calmer la colère de la rue, elle cause au passage, un grave préjudice économique dans la mesure où elle constitue une aubaine certaine pour l’activité de commerce illicite.
Pas de traçabilité, donc pas de paiement d’impôts et voilà l’informel qui renaît des décombres des émeutes et avec la bénédiction du gouvernement! Les chiffres du marché informel en Algérie, sont terribles. Son montant représente près de 45% de la masse monétaire en circulation hors banques. «Un million d’opérateurs ne déclarent pas leurs activités d’une manière ou d’une autre», a ainsi révélé hier, Salah Djenouhat, secrétaire national de l’Ugta, invité de la Chaîne III de la Radio nationale. Se basant sur les travaux d’un expert, M.Djenouhat, qui regrette que cette activité commerciale, non déclarée, affaiblisse le potentiel de trois caisses de sécurité sociale, confirme le fait que «le système de solidarité nationale est mis en danger». Plus grave encore, ce n est pas seulement le Trésor public qui en pâtit, bien plus, ce recul flagrant de l’Etat concernant des mesures avalisées par la République, pose la problématique de la sacralité des lois et de l’autorité de l’Etat au sens noble du terme. Mais à bien observer, cette frilosité conjoncturelle n’est en fait que la réplique, en miniature, d’une culture de gestion «à reculons» qui a fini par s’imposer en tant que telle. Sinon, comment expliquer le recul de l’Etat sur le dossier de la loi sur les hydrocarbures? Quel sens donner au recul sur le dossier des privatisations et l’abandon de la «stratégie industrielle»? Qu’est-il arrivé à la décision économique selon laquelle les sociétés de commerce étrangères doivent s’associer avec les entreprises algériennes à hauteur de 30% avec effet rétroactif? Qu’en est-il alors de toutes ces conventions signées en toute souveraineté et sans contrainte par l’Etat algérien postulant la libéralisation de l’économie? Le gouvernement n’est-il pas sur le point de revoir l’Accord d’association avec l’UE? Le gouvernement ne marque-t-il pas le pas également dans le dossier d’adhésion à l’OMC? A titre comparatif, pourquoi par exemple, le même Accord d’association a eu un effet positif en Tunisie où il a créé une relative dynamique au sein des entreprises? Ce terrible mouvement régressif amène à poser sérieusement le problème de gouvernance, de vision sociale et de stratégie économique en Algérie. Seule une solution à ce problème de fond pourra décrypter les cris de la rue qui ne sauraient être assimilés à ceux d’une jacquerie juvénile. (L’Expression-11.01.2011.)

**Emeutes: y a-t-il eu manipulation ou pas ?

 Le docteur Rachid Tlemçani, professeur à l’université d’Alger, a exercé en tant qu’enseignant-chercheur dans plusieurs centres de recherche universitaires, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis (Harvard, Georgetown University…).
Il a à son actif plusieurs publications dans des revues spécialisées. Elections et Elites en Algérie est son dernier ouvrage, publié par les éditions Chihab (Alger). Dans cet entretien, il nous fait part de son éclairage sur les émeutes du 5 janvier 2011 et leurs enjeux politiques et électoraux.

-Peut-on faire des analogies entre les émeutes d’octobre 1988 et celles de janvier 2011 ?

Les émeutes de janvier 2011 nous rappellent à plus d’un titre, étrangement, celles d’octobre 1988. La lutte de clans des années 1980 a trouvé son épilogue dans la rue au détriment de l’intérêt national. Une infitah tous azimuts au lendemain de ces événements fut rapidement mise en branle. La dynamique de ce mouvement fut rapidement interrompue une fois qu’il a été jugé incontrôlable. Les blessures de ces événements ne se sont pas cicatrisées complètement qu’apparaissent de nouvelles, plus béantes que les précédentes. Comme en octobre 1988, l’on assiste aujourd’hui à une révolte de la jeunesse qui en a ras-le-bol de tout le monde et souhaite fuir par tous les moyens ce pays.

La situation sociale d’aujourd’hui est en effet comparable à celle de 1988. A la différence, les caisses de l’Etat sont bien pleines aujourd’hui par rapport à 1988. Autre fait marquant : les cliques politiques qui gèrent la manne pétrolière par la soumission des élites politiques restent les mêmes. Certains sont au pouvoir avant même la naissance du président Barack Obama alors que plus de 80% de la population est née dans la période post-coloniale. Les Algériens sont devenus «un peuple malheureux» alors que le Pouvoir est incapable de dépenser rationnellement et intelligemment les deniers publics.

-Le mécontentement populaire a pris une nouvelle dimension en ce début d’année 2011. Quelle est votre première analyse de la situation ?

Les dernières augmentations des prix des produits de première nécessité ont fait sortir brutalement la jeunesse dans la rue, plus particulièrement la génération post-octobre. Très étrange, les pouvoirs n’ont cessé, depuis les derniers mois de l’année passée, de mettre en garde les Algériens sur l’augmentation des prix des produits de large consommation. Dans cette perspective, on décide brutalement d’imposer de nouvelles taxes aux grossistes et d’éliminer le commerce informel faisant vivre plus de 40% de la population. Des pénuries de produits alimentaires (pain, lait, huile..) ont apparu du jour au lendemain, comme ce fut le cas dans le passé lors de la gestion de la chose publique par la pénurie. Sans crier garde, on est passé d’une économie de marché à une économie administrée. Comme prévu, les prix flambent en effet le lendemain du nouvel an 2011, dans un climat social déjà en ébullition par un mouvement de protestation, unique dans l’histoire politique du pays. Selon le quotidien Liberté, 112 878 interventions de maintien de l’ordre, soit presque 900 émeutes et troubles par mois, ont jalonné l’année 2010. Etrange coïncidence, prévue de longue date, l’augmentation des salaires des forces de sécurité est annoncée pour ce début d’année.

-Pour faire sortir spontanément la jeunesse à travers le territoire national pour crier son ras-le-bol, y a-t-il eu manipulation comme en octobre 1988 ?

Il est très difficile d’expliquer la dimension nationale de ces émeutes dans un pays caractérisé par l’interdiction des manifestations publiques mise en place par l’état d’urgence depuis 1992. Dans un tel contexte, un peuple brimé ne peut pas sortir dans la rue spontanément. L’hypothèse de la manipulation prend donc toute sa signification. La manipulation est le propre de tout régime politique caractérisé par l’absence d’une société civile forte et active. Le problème, avec cet engineering, c’est lorsqu’elle se fait au détriment de l’intérêt national. En 1988, cette lutte s’était focalisée entre les conservateurs et les réformateurs dans les arcanes du pouvoir. Aujourd’hui, le conflit oppose le camp présidentiel à «la main invisible» du pouvoir que la politique «du tout sécuritaire» lui a permis à se redéployer horizontalement et verticalement au détriment de la promotion de la société civile et de l’Etat de droit.

La maladie du président de la République a exacerbé cette lutte, dont sa succession a commencé avant même le début troisième mandat, mandat remporté à la suite de la révision constitutionnelle et d’une parodie électorale à l’image des républiques bananières. Le calcul fait à ce moment-là est qu’il ne sera pas en mesure de terminer son mandat pour incapacité physique et, par conséquent, la course à la présidence serait moins fermée que les précédentes. Les prétendions réelles ou supposées de Said Bouteflika à vouloir «hériter» de son frère la magistrature suprême du pays a rendu la lutte des clans plus problématique. La première étape à remporter, ce sont les législatives de 2012 donnant accès à une légitimité présidentiable. La sortie médiatique de Sid Ahmed Al Ayachi, prétendu président d’un parti politique non agréé, ayant récolté 2 millions de signatures pour la candidature de Saïd Bouteflika, a relancé de plus belle la course au pouvoir.

La crise interne qui secoue le FLN depuis l’été 2010 s’inscrit aussi dans ce cadre. Cette crise a trouvé rapidement son épilogue lorsque son secrétaire général a fait une mise au point au comité central. Il a en effet déclaré : «Le président Abdelaziz Bouteflika serait le candidat du FLN en 2014, si Dieu le veut.» En faisant cette mise au point, le secrétaire général de l’ex-parti unique s’exclut de cette course, du moins pour le moment.

-Ce mouvement est-il une éruption de colère sans lendemain ou s’inscrit-il dans la durée ?

La grogne populaire en Algérie risque de perdurer dans la configuration politique actuelle. Les émeutes qui ont lieu dans plus de 20 villes nous laissent croire que ce mouvement violent risquerait de se durcir avec le temps. En lieu et place de revendications par la voie pacifique, qui auraient interpellé le pouvoir, les sorties dans la rue se sont transformées en «descentes» pour piller et saccager les biens de la collectivité et des personnes. Le pillage a pris le pas sur les signes de mécontentement. Lorsque le lien politique n’existe pas, la violence remplace souvent l’expression politique. Les émeutes ne sont pas seulement des éruptions de colère ou des réactions spontanées, elles sont aussi un instrument particulier de négociation avec ceux qui détiennent le pouvoir. Ce qui est extraordinaire, c’est que l’opinion publique croit dur comme fer que seule la violence paie dans un pays où les institutions électives mises en place à coups de milliards de dinars sont des coquilles vides et ne servent qu’à légitimer des prébendes.

Au regard de la modernisation de l’appareil sécuritaire au détriment de l’institutionnalisation du politique et du respect des droits de l’homme et du citoyen, il semble que le pouvoir s’est enfermé dans un engrenage intenable. La normalisation sécuritaire mise en place avec la bénédiction des islamistes modérés et des démocrates, idéologiquement, a atteint ses limites congénitales.
Le gouvernement tente d’engranger les dividendes de ce mouvement de mécontentement, qualifié à dessein de mouvement social et vidé sciemment de son contenu politique pourtant évident. Les partis ont préféré suivre les événements sur les chaînes satellitaires au lieu de descendre dans la rue pour encadrer le mouvement. Cette fois, le pouvoir a pris de vitesse ces partis, il a tenté d’occupe le terrain. Il a envoyé ses émissaires et représentants rencontrer les jeunes dans les rues. Il a promis des prébendes aux acteurs et annoncé des programmes de prise en charge des revendications de la jeunesse. Une fois encore, on tente de prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.

-Tout compte fait, les institutions électives et les partis politiques ne jouent pas leurs fonctions…

Ces institutions n’ont pas permis l’émergence d’un pouvoir intermédiaire entre gouvernement et gouvernés et entre Etat et peuple. Bien au contraire, elles ont consolidé l’Etat sécuritaire qui commence à sérieusement s’essouffler. On a une situation bizarre. D’un côté, il y a un front social en ébullition, des émeutes partout à travers le territoire national. De l’autre côté, ces luttes ne sont pas traduites au niveau politique. L’on constate que même l’opposition institutionnalisée n’a pas de projet de société, elle est déconnectée de la réalité de ses militants et sympathisants. Dans une telle configuration politique, l’émeute s’inscrit dans la durée et devient un élément structurant de l’alternance politique.

-Attribuez-vous la crise actuelle au verrouillage politique et médiatique du pays ?

En effet, le jeu politique a été fermé de tout temps, c’est pourquoi la crise de légitimité perdure ; plus grave encore, cette crise a produit un immobilisme dévastateur pour l’intérêt national. Les éléments structurants de la crise sont non seulement encore présents dans la configuration politique actuelle, mais plus grave encore, la crise est devenue plus déstabilisante qu’avant. L’ouverture démocratique a été rapidement fermée une fois que l’opposition a été récupérée dans la lutte des clans. Le pouvoir a créé autour de lui un vide presque absolu, sans interlocuteurs légitimes. Comme durant les années de plomb, il considère tout conflit (social, politique ou culturel) comme nuisible à l’état de santé du pays et à l’unité nationale.

Les émeutes se multiplient sans que cela suscite un débat public à l’Assemblée nationale ou dans une autre institution. En effet nul autre pays, quel que soit le régime politique, ne semble vivre la fréquence et l’intensité de ces émeutes. L’émeute est quasi quotidienne, presque banalisée, et n’intéresse même plus les dirigeants. La classe politique, toutes tendances confondues, ne pense qu’à la présidentielle de 2014. Les élites passent le plus clair de leur temps à échafauder des scénarios et des complots pour garder le pouvoir et se partager la rente, au lieu d’encadrer le mouvement social et de gagner ainsi de crédibilité.

-Pensez-vous que Saïd Bouteflika, une personnalité qui manque de charisme avéré, a beaucoup de chances de succéder à son frère en 2014 ?

Je pense qu’il est encore trop tôt de parler de la présidentielle de 2014. Le réalignement des forces au sein des lobbies de l’économie nationale n’a pas encore dévoilé tous ses secrets. Les grands dossiers de corruption viennent juste d’être ouverts. Il faut attendre pour voir comment les choses évolueront au sein du secteur des hydrocarbures ; elles viennent de se compliquer avec la question du partenaire dans le grand projet des énergies renouvelables.

Dans un pays où la politique n’est pas institutionnalisée en dépit de l’installation régulière d’institutions électives, tout Algérien peut être présidentiable. Chadli Bendjedid, un obscur colonel d’une Région militaire, fut bien intronisé président de la République pendant 13 longues années. Lorsqu’un groupe d’individus, déconnecté de la réalité locale et des nouveaux enjeux mondiaux, décide de l’avenir de tout un pays, histoire et peuple, c’est qu’il y a un problème quelque part dans la machine. L’enjeu véritable n’est pas vraiment de savoir qui sera le prochain chef d’Etat, mais c’est plutôt si ce scrutin permettrait une ouverture réelle du champ politique pour pouvoir amorcer la transition démocratique.

L’Etat sécuritaire va-t-il faire sa mue afin de permettre à la génération post-Octobre de prendre la relève ? Si le jeu démocratique est ouvert à tous les acteurs, tout le monde serait gagnant-gagnant. Par contre, si on continue à faire de la «boulitik», je pense que le pays ratera une fois encore sa rencontre avec l’histoire. Tout compte fait, le candidat de l’Etat sécuritaire, connu ou non de l’opinion publique, sera intronisé à la magistrature suprême du pays. A cette fin, un mouvement de moubayaâ, comme ce fut le cas en 2009, sera organisé en grand tintamarre pour formaliser la décision prise sous d’autres cieux. Certes, des voix discordantes vont crier à la «fraude massive». Certaines personnalités feront, selon toute vraisemblance, appel à la communauté internationale pour changer l’ordre des choses. Mais en vain.

L’Etat Algérien des années 2000 n’est plus l’Etat failli des années 1980 et 1990 ; il est devenu un Etat fort tant sur le plan sécuritaire que sur le plan financier. La société militaire est devenue plus forte que la société civile. Une certaine stabilité politique au détriment de la promotion de la société civile et de démocratisation institutionnelle est soutenue par les partenaires commerciaux, comme l’ont révélé les câbles diplomatiques de WikiLeaks. Faire du business avec un pouvoir vertical est plus profitable qu’avec un pouvoir légitime. La normalisation de l’Algérie au sein du concert des nations ne s’est pas faite par la démocratisation mais par la mise en place du modèle de l’alternance politique préexistant dans les autres pays arabes. Ce que les kleptomanes ont de difficultés sérieuses à admettre, c’est que le règne du burnous, du turban ou du képi est bien terminé. The game is over. C’est une affaire de temps ! (El Watan-10.01.2011.)

 

** L’impression de déjà vu

 Une succession de fausses élections, une subversion armée et un règne de prédation après, nous revoilà de nouveau dans les convulsions émeutières de 1988, dans la case de départ d’un sordide jeu de l’oie.

L’explosion de la rue, que tout le monde pressentait depuis quelques années, est finalement survenue. L’impression de déjà vu, de bégaiement de l’histoire, de gâchis avéré suscite des sentiments de dégoût, de lassitude et de colère, ingrédients détonants dans une réalité en déréliction.
Tout le monde perçoit plus ou moins les raisons immédiates de la colère. La cherté de la vie, le chômage endémique, l’injustice sociale, l’empilement en couches géologiques des problèmes jamais résolus et des questions toujours en suspens. C’est aussi ces scandales gargantuesques qui provoquent la nausée, ces trahisons d’une certaine élite, ces lâchetés multiples, ce cancer de la corruption qui a gangrené le corps entier de la société et beaucoup d’autres choses encore qui sont venues à bout de la patience d’un peuple en déshérence.

Mais c’est aussi cette incroyable arrogance de l’incompétence économique qui a réduit la gouvernance des richesses du pays à du tripotage des lois où les fausses promesses, les mauvais choix et l’absence de toute vision font office de programmes incohérents et parfois absurdes ! Après les dépenses de centaines de milliards de dollars en dix ans –argent faut-il le préciser, provenant d’une manne naturelle – nous en sommes toujours au même point : 99% de nos devises sont assurées par le pétrole ! Comme le disait Alberto Moravia, «pour gagner de l’argent, il faut une compétence, pour le dépenser, il faut une culture». Il est clair que la compétence n’était pas au rendez-vous, l’Algérie ne gagnant rien par ses propres efforts. Quant au deuxième terme de la sentence, chacun peut se faire son idée. De tous les bouts par lesquels nous pouvons prendre le problème, la responsabilité remonte au président de la République. Si les jeunes s’expriment dans la violence et le nihilisme, détruisant au passage autant les biens publics que privés, ils se mettent également eux-mêmes en grand danger.

A l’heure où ces lignes sont rédigées, deux de nos concitoyens sont décédés (que leurs parents et proches acceptent nos sincères condoléances). Espérons que cette liste s’arrêtera. Et contrairement à ce qu’a pu dire l’un des membres de ce gouvernement, ces jeunes n’avaient aucun autre moyen pour dire leur souffrance. La vie politique est pratiquement sous scellés, les syndicats indépendants muselés, la presse surveillée, les manifestations pacifiques interdites… Même la «harga» a été traitée par les autorités soit par le mépris (qualifiée de «mode») soit par la répression.
En s’asseyant sur le trône, Monsieur Bouteflika a immédiatement informé qu’il ne sera pas un trois quarts de président en assumant tous les pouvoirs, ceux, régaliens, de l’Etat mais aussi ceux de l’économie, de l’APS et de tous les autres démembrements de l’Etat. Rien ne devait faire obstacle à sa volonté, ni celle du peuple ni celle d’aucune institution, la Constitution n’étant là que pour se plier à ses propres désidératas.

Aujourd’hui, Monsieur Bouteflika doit tirer les conséquences de sa politique. L’Algérie doit faire repentance en revenant à tous ses enfants. La vie politique doit être permise à tous les citoyens dans le cadre de lois démocratiques. Organiser le débat politique, la saine compétition des compétences dans le cadre de l’Etat de droit reste l’unique solution structurelle pour le pays. Construire de vraies institutions et un vrai Etat, voilà de nobles objectifs.
En attendant, pour tous ces jeunes qui ne croient plus en rien, il faut un message vrai. Il faut immédiatement réorienter la politique économique vers la production tous azimuts en assurant une couverture sociale réaliste mais juste. Il faut ouvrir un vrai horizon d’espoir. L’argent existe largement pour cela. Il est préférable de le «risquer» dans une telle entreprise que de le condamner en pure perte au profit des puissances étrangères qui ne pourront rien, de toutes les façons, pour maintenir ce régime.
L’Algérie a besoin d’un vrai acte de patriotisme. C’est à cette aune que l’histoire retient ses héros. (El Watan-11.01.2011.)

 

**L’arbitraire a fini par désabuser la population

 Pour la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH), les émeutes qui secouent le pays depuis quelques jours sont l’expression d’un marasme social et politique profond.

Dans une déclaration parvenue, hier, à notre rédaction, la Ligue de maître Boudjemaâ Ghechir estime que «l’état de délabrement moral et politique d’un pays qui vit au rythme des émeutes et de la répression au quotidien est porteur de tous les dangers d’implosion». Regrettant les dégâts humains et matériels engendrés par les émeutes, la LADH désigne le pouvoir comme responsable de la dépolitisation des Algériens et du dérapage, conséquence directe, selon le document, du laminage de la société civile, des syndicats et partis politiques, cadres légaux et légitimes pour l’exercice de la citoyenneté et l’éducation à la démocratie.

Le pouvoir est tenu aussi responsable parce qu’il a livré l’économie et le commerce aux barons de l’informel qui imposent leur loi sur le marché, et pour sa politique caractérisée par le manque de visibilité et de transparence, et l’absence flagrante d’engagement dans la bataille contre la corruption. «L’arbitraire a fini par désabuser la population à l’égard des lois ; les citoyens se sentent complètement délaissés et expriment de plus en plus violemment leur désespoir», lit-on encore dans la déclaration. Sur la base de ce constat, la Ligue dénonce «les dérives et les carences de l’information», déplore «la défaillance totale des médias officiels» et condamne «l’utilisation des armes à feu avec des balles réelles contre les manifestants et les arrestations arbitraires et aveugles des jeunes».

Le document appelle aussi les autorités à procéder immédiatement à la levée de l’état d’urgence, à ouvrir le champ politique et à ratifier le protocole additionnel au pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 2008. La LADH, pour laquelle la recherche d’une sortie de crise appelle un renversement significatif des approches et des pratiques, appelle aussi à procéder à la libération des personnes détenues, à mener une enquête impartiale pour faire toute la lumière sur l’utilisation des armes à feu avec des balles réelles par des agents de l’ordre contre les manifestants, et à garantir les libertés individuelles et collectives, dont le droit à l’information et le droit de manifester pacifiquement. (El Watan-11.01.2011.)

*La démocratie en Algérie, est-ce un rêve inaccessible?

 Certes, le monde ne va pas bien partout, apprend-t-on, et beaucoup de gens se trouvent mal, là où ils sont, essentiellement dans les pays du tiers-monde, et plus particulièrement en Afrique et en terre musulmane.Chez les Algériens, ce sentiment frôle le paroxysme. Et pour cause. Rien ne va plus dans leur vie, tant le pays se porte mal. Le pire c’est que tout le monde le sait et que la majorité est convaincue que cela ne changera jamais et que de toute façon, pensent-ils, les pays du tiers-monde sont condamnés à l’exploitation et au sous-développement.Pourtant, rien n’est moins sûr que cette affirmation grossière. Bien qu’appartenant au tiers-monde, et étant sous-développé, comme il n’est pas permis, l’Algérie est capable d’offrir aux Algériens une dignité citoyenne et une bonne qualité de vie. C’est une certitude que nous enseigne l’exil en nous permettant un autre regard sur ce qui semble insurmontable, vu de l’intérieur.La 1ère condition de changement est de faire le ménage dans les esprits pour en finir avec le fatalisme et la résignation de soumission au dictat du pouvoir : cesser de le croire invincible. Le peuple est toujours plus fort quand il décide d’arracher ses droits.

La 2e (plutôt une certitude) qui veut que les plus beaux pays du monde ont commencé par la friche.

La 3e (autre certitude) veut que les plus développés des peuples ont commencé ignorants.

Par la friche, j’entends le territoire physique : des espaces vides et désolés aux grandes villes qui font rêver, et où la qualité de vie s’affiche autant sur le visage de leurs habitants que dans les merveilleux paysages de cartes postale où l’architecture se confond intelligemment avec l’art pour attirer et retenir les regards et en bout de ligne afficher la fierté des gens.

Tandis que « peuples ignorants » renvoie aux populations qui n’avaient pas encore acquis le savoir qui permet la liberté et le droit à la dignité. C’était le cas des occidentaux, il y a à peine 2 siècles. Aujourd’hui, ce sont des modèles de « développement » les plus en vue, et beaucoup de peuples,  à travers le monde, aspirent accéder à leur bien-être. Ils jouissent de cette démocratie et de cette précieuse liberté qui font défaut dans le tiers-monde. La démocratie et la liberté! Voilà à quoi rêvent les Algériens, aujourd’hui comprimés par l’état d’urgence, la hogra et la mauvaise gouvernance.

Mais faudra-t-il vraiment 2 siècles pour réaliser ce rêve? Cela n’aurait pas de sens. Le savoir, si rare autrefois pour les occidentaux, est à la portée de tous les peuples en l’an 2000. À plus forte raison, quand ils sont aussi bien nantis que les Algériens. Jugeons-en :

  • Peuple jeune;
  • Héritier d’une remarquable révolution et d’un pays au potentiel extraordinaire;
  • Formé de centaines de milliers de lettrés (médecins, avocats, journalistes, professeurs, écrivains, artistes, militants, etc.);
  • Disposant d’énormes richesses naturelles;
  • Capable d’évaluer sa condition en se regardant dans le vaste miroir du monde;

Voilà qui montre bien que le peuple algérien dispose du SAVOIR et des MOYENS nécessaires pour changer sa condition actuelle d’opprimé, et atteindre le rivage des États de droits, où la liberté, la justice et la dignité sont les mots clés du bien-être collectif.

Certes, il ne suffit pas d’un arsenal de moyens pour bouleverser l’ordre des choses, il faut un collectif d’âmes pour produire cette étincelle d’un MOI collectif, capable d’en découdre avec l’asservissement. La liberté ne se donne pas, dit-on, elle s’arrache. Le peuple algérien devrait le savoir, lui qui avait arraché la sienne de haute lutte à l’odieux colonialisme, alors qu’il n’avait ni SAVOIR, ni MOYENS. Il n’appartient qu’à lui, à ses enfants intègres et à sa jeunesse, d’arracher encore une fois, son coin de pays à l’obscurité pour l’amarrer aux rivages de ces pays où il fait bon de vivre, et qui font rêver les gens du tiers-monde. Le pari ne semble pas risqué en cette nouvelle année 2011, laquelle dit-on, sera l’année de tous les possibles! Chiches aux Algériens de briser leurs chaînes, à commencer par l’état d’urgence! (Le Quotidien d’Algérie-28.12.2010.)

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*Tayeb Bélaiz accuse ses détracteurs : « Les barons que j’ai muselé cherchent à régler leurs comptes avec moi ! »

En marge d’une séance au Conseil de la Nation, et répondant à une question concernant l’implication de son fils dans une grave affaire de drogue dans laquelle, selon un quotidien francophone, il a été un membre à la fois actif et important, le ministre de la Justice Garde des Sceaux n’a pas été avec le dos de la cuillère.  « Ceux qui cherchent à salir mon nom, cherchent à salir tous les commis de l’Etat », a-t-il dit d’emblée. Pour lui, il s’agit là d’un coup qui porte la marque distincte de ceux parmi « les barons », qu’il a muselé et dont il a « réduit l’immunité à néant ». Bélaiz a exigé des parties qui ont diffusé l’information de présenter leurs excuses, parce qu’il n’est pas sain, ni correct d’attenter ainsi à la vie des gens, sans preuve et avec légèreté. Préjugeant qu’il peut s’agir d’un plan préparé d’avance, il affirme que le jour ou il a accepté d’être ministre de la Justice, il était certain que, touchant certains cercles d’ « intouchables », il allait remettre en question leurs privilèges et leurs intérêts, et que de ce fait, « ils n’allaient pas tarder à réagir ». Concernant les accusations proprement dites touchant son fils, il dit « qu’il fallait être circonspect et ne pas se jeter sur les rumeurs avant d’avoir enquêté dessus minutieusement ». « La famille Bélaiz est grande, elle est présente à Sétif, à Maghnia et dans tout l’ouest algérien. Est-il juste à ce propos que tout ce qui porte mon nom est mon fils ? », apostrophe le ministre, exigeant « les excuses nécessaires » de la part de ceux qui ont diffusé l’information.(Echorouk-21.07.2010.) *L’avis d’un internaute: Si certains pas tous juges, étaient juste, peut-être le criminel ne serait pas coupable.Il y a deux sortes de justice : vous avez l’avocat qui connaît bien la loi, et l’avocat qui connaît bien le juge !
Quelle que soit la ville où se trouve la juridiction, l’image qu’elle reflète est partout la même. Des salles exiguës où s’entassent les justiciables attendant désespérément, dans une ambiance suffocante, que le magistrat submergé par les dossiers les appelle enfin à la barre. Et même dans ces conditions inhumaines et dégradantes, le citoyen est souvent sommé de revenir un autre jour, soit parce qu’une des affaires inscrites au rôle demande du temps, soit parce qu’une des parties au conflit ne daigne pas se présenter devant le juge. Ce spectacle désolant donne une mauvaise image de la justice et amoindrit fortement les chances d’un procès de qualité parce que les conditions de sérénité et de concentration nécessaires à un bon procès ne sont pas réunies.
Ce qui se traduit non seulement par une remise en cause systématique des décisions de justice, mais aussi par une méfiance flagrante à l’égard de la justice. Les nombreuses lettres adressées à la chancellerie et aux différentes rédactions des journaux privés ont de tout temps concerné les plaintes des citoyens relatives surtout à la non-application des décisions de justice, mais aussi aux comportements indélicats de certains magistrats. Les affaires de juges déférés devant les tribunaux pour corruption, fautes professionnelles ou détournement sont devenues presque courantes au point où certaines juridictions ont fini par avoir la réputation d’être à la solde des gros bonnets de l’argent sale.« les plaideurs et les citoyens se plaignent toujours de la justice et continuent d’avoir peur d’elle.
Une justice crainte est un très mauvais signe, parce qu’une bonne justice est celle qui instaure la confiance avec les gens » Mr Le Ministre nous savons que votre Fils n’est pas coupables de ces accusations qui ont été faites par ces Barrons corrupteurs qui veulent salir votre Famille et Spécialement notre Justice Algérienne .Ne fuyez pas ! Prenez votre courage à deux mains et affrontez la vérité : soyez brave et téméraire !
Le courage est cette qualité supérieure qui nous permet de faire face d’un cœur égal aux multiples désagréments de la vie. Aller de l’avant, ne jamais reculer devant les difficultés, voilà le courage véritable. (HADJ – MESSAR ( ESPAGNE ) : Algerie )


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*FLAMBÉE SANS PRÉCÉDENT DES PRIX DU SUCRE ET DE L’HUILE
Qui veut déstabiliser l’Etat?

 
De nombreux indices convergent pour conforter le gouvernement dans sa volonté de s’attaquer aux monopoles dans le commerce.

La tendance haussière des prix de l’huile et du sucre sur le marché national vient d’être confirmée par l’Office national des statistiques. Dans son dernier rapport, celui-ci précise que le prix des biens alimentaires s’est caractérisé, durant les six premiers mois de l’année en cours, par des hausses dont la plus prononcée a touché le sucre et les produits sucrés (+42,27%). Cette tendance haussière a également concerné les huiles et graisses avec plus de 7,72%. Pourtant, sur le marché mondial, le prix du sucre a connu une importante baisse.
La flambée des prix a toujours été justifiée par leur augmentation au niveau de la Bourse mondiale. Mais la baisse des prix au niveau mondial n’est jamais répercutée au niveau du marché national.
Cette situation pèse lourd sur le budget des ménages. Surtout que ces produits de large consommation sont très demandés pendant le mois sacré du Ramadhan. Pour justement assurer un contrôle rigoureux du marché des produits alimentaires, le ministère du Commerce lance une enquête sur le monopole sur le marché local, notamment sur celui des aliments de base comme l’huile, le sucre et la farine.
«Il ne s’agit pas là d’une démonstration de force à la veille du mois de Ramadhan, mais la démarche s’inscrit dans une série de mesures initiées par l’Exécutif pour libérer le marché des spéculateurs qui font la loi et déterminent les prix, souvent au détriment du pouvoir d’achat des citoyens pris au piège», avait affirmé Mustapha Benbada, ministre du Commerce.
Ces déclarations ont été faites à l’APN à l’occasion de la présentation de deux projets de loi modifiant celles déjà existantes portant sur les pratiques commerciales et sur la concurrence pour ne plus laisser subsister un quelconque monopole.
On a même appris, de source sûre, que les services fiscaux ont ouvert une enquête sur le même dossier. Elle concerne un groupe ayant pignon sur rue en ce qui concerne le marché de ces produits.
Les décisions du gouvernement sont destinées à apporter les correctifs nécessaires aux dérèglements observés sur le marché, notamment les pratiques spéculatives sur les prix, au détriment des consommateurs. La loi permet aux autorités d’intervenir pour définir la marge bénéficiaire appliquée aux produits convoités par les spéculateurs à chaque fois qu’un dépassement est constaté. C’est que les hausses de prix ne grèvent pas seulement le portefeuille du consommateur mais menacent également la paix sociale et il n’est nullement souhaitable de jeter de l’huile sur le feu.
Par ailleurs, l’ONS indique que l’indice des prix à la consommation a connu une variation de +4,62% durant les six premiers mois de l’année en cours, induite essentiellement par la hausse des prix des biens alimentaires qui ont augmenté de 6,46% par rapport à la même période de l’année 2009, dont les produits agricoles frais (+6,12%) et les produits alimentaires industriels (+6,75%).
La baisse n’a concerné que les prix de la pomme de terre (-14,25%), les oeufs (-11,63%) et la viande de poulet (-6,82%). Le reste des produits, outre le sucre, s’est caractérisé par des hausses des fruits frais (+40,63%), précise l’organisme des statistiques. Cette tendance haussière a également concerné, outre les huiles, les poissons frais avec +16,79%, les viandes de boeuf (+13,36%), les boissons non alcoolisées (+17,76%), les viandes de mouton (+8,56%). L’indice des prix a aussi augmenté pour les biens manufacturés à 3,32% et pour les services à 2,67% durant les six premiers mois de 2010 par rapport à la même période de 2009, relève l’ONS.
De janvier à juin derniers, tous les produits de consommation du panier, représentatifs de la consommation des ménages, ont enregistré des hausses.
Par ailleurs, pour le seul mois de juin, l’indice des prix à la consommation a connu une légère croissance de 0,2%, comparativement au mois de mai 2010 qui a connu une hausse de 1,4%, soit une variation proche de celle relevée en juin 2009 (+0,3%), précise l’Office national des statistiques. Les prix des biens alimentaires ont connu une croissance de 0,3%, due essentiellement au relèvement des prix des produits agricoles frais (1%) en juin dernier et par rapport au mois précédent.
En revanche, les prix des produits alimentaires industriels ont enregistré une légère baisse (0,4%), au moment où les biens manufacturés ont augmenté de 0,1% et les services ont stagné, détaille l’ONS. (L’Expression-19.07.2010.)

***Les monopoles d’Etat sont brisés. Mais c’est loin d’être le cas pour les monopoles privés.

 Et ils menacent la stabilité de l’Etat. Les gouvernants sont conscients de ce problème. Et cela fait longtemps déjà. Une loi sur la concurrence a été promulguée depuis 1995. Elle a été revue depuis et sa dernière révision n’est même pas encore achevée puisque le texte n’est toujours pas validé par le Sénat. L’Etat se devait d’intervenir car il ne peut plus laisser le marché dévorer les citoyens. Dès lors, l’enjeu pour les gouvernants n’est ni plus ni moins que d’affirmer son autorité. Il y va de sa crédibilité. Cet impératif est même inscrit, noir sur blanc, dans l’exposé des motifs de la loi proposée au débat. A la veille du Ramadhan, le minimum que puissent faire les membres du gouvernement est d’envoyer des signaux pour dire toute leur disponibilité à défendre les intérêts des électeurs qui les ont portés au pouvoir. Auparavant, tout le monde, ou presque, fulminait contre la hogra de la part de l’Etat. La menace a changé de camp. Elle provient du privé. Et cela, aucune autorité ne peut le tolérer. Car le phénomène peut avoir pour finalité de saper les fondements de son pouvoir. Il est incontestable que le consommateur ne peut rester longtemps indifférent à des comportements qui tendent à réduire son niveau de vie. Sa colère a toutes les chances d’exploser au grand jour. Et si certains se trouvent en position de jeter de l’huile sur le feu, il n’est pas certain qu’ils seront désignés clairement par les révoltés qui érigent des barricades. Il est plus facile de diriger son mécontentement contre des institutions établies de l’Etat. Ce dernier ne veut pas se mettre à dos une population qui souffre des agissements d’autres parties. Le tout au moment où justement il tente de se pencher davantage sur les problèmes quotidiens des citoyens. Le fossé est tellement grand entre les citoyens et les gouvernants que ceux-ci ne verraient pas d’un bon oeil d’autres grains de sable qui viendraient gripper une mécanique qui n’est plus déjà au mieux de sa forme. Ministres et responsables des partis de la coalition au pouvoir, s’époumonent à séduire une population de plus en plus hésitante à se diriger vers les urnes et ce n’est guère le moment, pour eux, de lui servir sur un plateau, de nouveaux motifs de mécontentement. Le ton est à l’apaisement. Il y a déjà eu des émeutes pour le logement et personne ne veut vivre celles du pain. C’est contre tous ces risques que veut se prémunir l’Etat. Il semble qu’il n’est pas près d’admettre des exceptions en laissant certaines parties venir perturber ses plans. Certains avancent que le gouvernement n’en fait pas assez pour le peuple, mais ce n’est pas une raison pour que d’autres en fassent un peu trop. Le Premier ministre l’a dit en décembre dernier. Il est hors de question que le gouvernement augmente les salaires des travailleurs pour que leur pouvoir d’achat s’amenuise. C’était d’ailleurs à l’issue de la tripartite de décembre dernier que l’annonce a été faite sur la révision des lois régissant le commerce. Promesse tenue. (L’Expression-19.07.2010.)

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*NOMINATION DES MINISTRES
La fin de la politique des quotas
 

Sur les 39 postes ministériels qui composent le gouvernement, 16 sont occupés par des technocrates.

Changement éphémère de vision? Ou l’amorce d’une nouvelle stratégie dans la gestion des affaires de l’Etat? La casquette politique n’est plus un gage, encore moins un quitus pour mettre les deux pieds au gouvernement. Pis, elle pourrait même constituer un sérieux frein aux ambitions légitimes ou pas, des uns et des autres.
Un gouvernement technocrate; cette formule est souvent reproduite par la presse pour désigner le prochain gouvernement à la veille de chaque remaniement annoncé dans les coulisses politiques. Un principe adopté doucement mais sûrement par le président de la République, qui est constitutionnellement, le seul à pouvoir arrêter la liste définitive du gouvernement. Excepté le poste du chef de l’Exécutif qui balance entre deux formations, le FLN et le RND, les postes clés au sein du gouvernement sont occupés par des «hommes apolitiques».
La liste s’élargit au fur et à mesure. Sur les 39 postes ministériels qui composent le gouvernement, 16 sont occupés par des technocrates qui ont fait leurs preuves non pas dans les laboratoires politiques mais dans les lieux professionnels dans lesquels ils ont évolué pendant une longue période. On commencera par la tête du gouvernement.
M.Noureddine Yazid Zerhouni, assiste désormais le Premier ministre dans ses missions. Le choix d’un homme sans casquette politique à ce poste sensible a mis fin, dans un premier temps, à cette dualité surprenante entre les deux formations politiques FLN, RND pour le poste de Premier ministre au nom de la majorité ou de celui de la loyauté. Ce qui a pesé en faveur de Zerhouni, c’est certainement son background, une présence longue dans les rouages du pouvoir, mais aussi et surtout une confiance du Président.
A côté de Zerhouni, l’on retrouvera d’autres noms souvent inconnus, du moins du grand public avant leur nomination au gouvernement. Karim Djoudi, ministre des Finances, M.Mohamed Benmeradi, ministre de l’Industrie, de la Petite et moyenne entreprise et de la Promotion de l’investissement, Nacer Mehal, ministre de la Communication, Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, Rachid Benaïssa, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, M.Moussa Benhamadi, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication. Cette longue liste témoigne d’une volonté de passer à un autre cap.
L’enjeu est de taille. L’Algérie est riche: 286 milliards de dollars injectés dans le plan de développement 2010-2014. Une cagnotte à mettre à l’abri des surenchères des politiques. Souvent les tiraillements entre les partis politiques, notamment ceux de l’Alliance stratégique ont empoisonné le climat au sein du gouvernement.
L’on se souviendra bien évidemment, du fameux épisode qui a marqué l’été 2007 avec la démission de Ouyahia suite à des pressions exercées contre lui par les députés du FLN qui l’ont empêché de présenter son bilan, le menaçant de jouer la carte de la motion de censure. Trois ans après, on ne semble plus être dans ce schéma. Conjoncture internationale oblige.
L’Algérie qui s’ouvre sur le monde et qui ouvre ses marchés aux multinationales n’a plus le droit de rester à la traîne. Les défis auxquels devra faire face l’Algérie ne pardonnent ni complaisance ni échec. Au niveau de la classe politique, notamment les partis de l’Alliance stratégique, ces derniers misent désormais sur la compétence et sur les jeunes. Le RND est parmi les premiers partis ayant saisi le message. Cette semaine, il a procédé à la création d’une «commission nationale pour la jeunesse».
Le FLN tente, tant bien que mal, de briser un tabou en accordant plus de sièges aux jeunes dans les différentes commissions du parti.
Le MSP, à travers son organisation estudiantine, active au niveau des universités pour repérer les compétences. Une nouvelle vision qui portera à coup sûr ses fruits dans les prochaines années. L’on commence déjà à sentir les prémices de ces changements dans plusieurs secteurs tels que les finances et l’agriculture. (L’Expression-21.06.2010.)

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**Remaniement du gouvernement et plan quinquennal 2010-2014 

 La fin de l’immobilisme ?

La météo politique nationale est-elle revenue à la normale à la faveur du tant attendu remaniement ministériel ? La bourrasque des scandales de corruption qui a soufflé sur le microcosme politique algérois est-elle derrière nous ? Selon toute vraisemblance, la réorganisation du gouvernement devrait être justement l’expression d’une situation politique « débloquée » au sens où serait rompu l’immobilisme qui a fortement marqué l’action de l’Exécutif des mois durant. Le réaménagement en profondeur de l’Exécutif est très indicatif des nouveaux équilibres politiques en présence. D’emblée, le remaniement de l’équipe gouvernementale a effacé du devant de la scène les hommes les plus proches du Président, occupant jusque-là des postes-clés.Chakib Khelil, le tout-puissant ministre de l’Energie depuis 1999, devenu très encombrant depuis l’affaire BRC, quitte définitivement le navire. Le scandale de Sonatrach lui a été fatal. Abdelhamid Temmar, autre appui fort du chef de l’Etat, qui a eu à gérer le dossier de l’industrie et de l’investissement pendant de longues années, est conduit à la périphérie du cercle de la décision économique. Désormais, il a la charge de s’investir dans la prospective et l’information statistique. Mais le changement le plus spectaculaire et non moins énigmatique concerne l’homme de confiance de Bouteflika, Nourredine Yazid Zerhouni.Son départ de l’Intérieur illustre parfaitement que les lignes ont bougé au sommet, car il ne s’agit pas d’un simple changement. Zerhouni, en tant que ministre de l’Intérieur, a concentré au sein de son département d’importants pouvoirs, notamment en matière de sécurité, de contrôle de la police et de l’administration. Son départ ne sera pas sans conséquences politiques au sein de l’architecture du pouvoir.

Sa nomination inattendue au poste de vice-Premier ministre est commentée plus que le remaniement lui-même. S’agit-il d’une promotion ou plutôt d’une retraite anticipée ? Les avis divergent à ce sujet. Un poste pour qui la Constitution ne prévoit pas d’attributions précises. Si certains commentateurs estiment que Zerhouni a gagné en « grade » en devenant le second du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, d’autres pensent tout le contraire. « C’est le début de la mise à l’écart », a commenté le politologue, Rachid Grim. « Il passe du poste de ministre de l’Intérieur avec tout ce que cela suppose comme pouvoir et influence à un poste de vice-Premier ministre sans attributions claires. Je ne vois pas ce qu’il va faire, d’autant plus qu’il aura en face de lui un Ouyahia fort et qui ne se laisse pas faire. A première vue, au lieu de quitter définitivement le gouvernement, on a préféré le mettre sur un départ progressif. De toute manière, nous devons attendre le décret de nomination pour savoir s’il sera chargé d’une mission précise », a ajouté Grim. Il va sans dire que le remaniement exprime « la perte de l’influence du président Bouteflika. Ses hommes sont écartés », a présumé Grim. Zerhouni ne sera plus celui qui va préparer et organiser les prochaines échéances électorales. Il n’aura plus sous son contrôle l’administration. Idem pour l’appareil policier. Tous ces dossiers lourds sont désormais concentrés entre les mains de Dahou Ould Kablia.

Un ministre qui, faut-il le mentionner, a adopté un ton pour le moins dissonant à la limite de la contradiction avec son prédécesseur dans l’affaire de l’assassinat de Ali Tounsi. Cependant, Rachid Grim n’a pas manqué de relever que cette nomination n’est pas sans intérêt politique. « Au regard du système politique qui fonctionne avec des cercles et des clans, Zerhouni, qui est supposé être du premier cercle du Président, est nommé à ce poste pour surveiller de près le Premier ministre. » Un marquage individuel !Entre Ouyahia et Zerhouni, ce n’est pas « la guerre » mais ce n’est pas l’entente parfaite aussi. S’ils partagent la même conception, quant à la gestion de l’islamisme politique, le maintien de l’état d’urgence et la doctrine autoritariste de l’Etat, il reste que le Premier ministre et son désormais second divergent sur les perspectives politiques à donner au pays. Les deux personnages cristallisent les lignes de partage au sein du système. Vont-ils alors faire bon ménage et réussiront-ils ainsi à « débloquer » une situation politique tétanisée par une avalanche de scandales de corruption qui ont rythmé la vie politique nationale ? En tout état de cause, à travers ce remaniement qui s’apparente beaucoup plus à un compromis entre les forces en présence, il semble se dessiner un nouvel échiquier qui traduit l’évolution des rapports de forces au sommet du pouvoir. (El Watan-30.05.2010.)

**Ouyahia confirme sa réputation d’homme d’Etat

En plus de sa maîtrise des dossiers, le Premier ministre a prouvé sa capacité à surmonter toutes les contraintes.

Il est connu pour être l’homme des dossiers. Lui, c’est Ahmed Ouyahia. Le Premier ministre a été reconduit à la tête de l’Exécutif. Alors que certains l’annonçaient parmi les partants, M.Ouyahia est toujours à la tête du gouvernement.
Pourquoi? Sa reconduction est-elle un cadeau? Loin de là. Dans le monde politique, un tel poste se mérite par des critères bien précis, entre autres la compétence. Tout le monde lui reconnaît cette qualité. Ses positions fermes sur la défense de l’économie nationale traduisent parfaitement que l’intérêt du pays est son seul souci. Malgré le forcing des diplomaties étrangères sur la loi de finances complémentaire 2009, Ahmed Ouyahia a su tenir bon. Ce n’est pas tout. Fin diplomate, orateur accompli et polyglotte, il garde un oeil sur tout et rien ne lui échappe. L’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux maîtrise parfaitement ses dossiers. Il est l’un des rares si ce n’est le seul à pouvoir faire face aux situations complexes, d’où sa qualification d’homme des situations difficiles. La crise des aârouch, la gestion de l’économie, la lutte contre la corruption et la régulation du secteur bancaire sont autant de tâches difficiles qu’il a eues à gérer avec tact. Cartésien et très pointilleux dans son travail, il sait convaincre ses interlocuteurs. La nomination de M.Zerhouni au poste de vice-Premier ministre est loin d’être une limitation de ses prérogatives. Bien au contraire. Avec cette décision, M.Ouyahia se sentira épaulé dans sa mission. Vu les dossiers importants dont il a la charge, le patron de l’Exécutif va pouvoir trouver un appui inestimable. Le choix porté sur M.Zerhouni est loin d’être fortuit. Cette décision obéit bien à une volonté politique visant à aller loin dans l’assainissement des dossiers complexes et la lutte contre la corruption. Voulant lancer une bataille sans merci contre ce phénomène, le chef de l’Etat a fait appel à un homme expérimenté pour assister Ouyahia. Ayant le sens de la responsabilité et s’entendant parfaitement, les deux hommes auront du pain sur la planche. La lutte contre la corruption, l’éradication du terrorisme et le rétablissement du rôle de l’Etat sont les missions à accomplir. Avec les affaires de corruption apparues dernièrement, le gouvernement Ouyahia fera de ce dossier son cheval de bataille. En plus de la bataille contre la corruption, Ouyahia et Zerhouni vont veiller à la bonne gestion des 286 milliards de dollars injectés dans le programme de développement 2010/2014. (L’Expression-30.05.2010.)

**LE PRÉSIDENT A CRÉÉ LE POSTE DE VICE-PREMIER MINISTRE POUR LUI
Les raisons de la nomination de Zerhouni
 

Ouyahia et Zerhouni, deux hommes charismatiques, constitueront un duo, deux partenaires qui oeuvreront pour le même objectif.

L’information circulait avec persistance dans les coulisses politiques. Elle est confirmée vendredi soir, par un communiqué de la présidence. M.Noureddine Yazid Zerhouni est le premier vice-Premier ministre dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Le président de la République a choisi l’ex-ministre de l’Intérieur pour occuper ce poste, créé grâce au dernier réaménagement constitutionnel adopté en 2009. L’article 77 de la Constitution permet, en effet, au premier magistrat du pays de nommer un ou plusieurs vice-Premiers ministres. Quel sera le rôle de Zerhouni? Aurons-nous deux chefs de l’Exécutif? Et surtout pourquoi un poste de vice-Premier ministre? Des questions qui taraudent les esprits de beaucoup d’Algériens. On retrouvera une partie de la réponse dans la Constitution algérienne.
L’article 77 définit brièvement la mission de Zerhouni qui doit, lit-on, «assister le Premier ministre dans l’exercice de ses fonctions». Nous retenons donc le mot assistance, à qui on peut ajouter d’autres synonymes forts dans le dictionnaire des moeurs politiques tels que «appui, soutien, aide». L’article 77 est certes très bref mais reste très clair et sans la moindre équivoque sur les intentions des législateurs algériens. Nous ne sommes plus dans l’esprit du duel politique. Ouyahia et Zerhouni, deux hommes charismatiques constitueront un duo, deux partenaires qui oeuvreront pour le même objectif: appliquer le programme du président de la République.
Le choix de Bouteflika est loin d’être un simple fait du hasard, le Président a tenu à préserver une cohésion à la tête du gouvernement. Pour preuve, il choisira une personnalité apolitique dont la vision globale est en parfaite synergie avec les convictions du Premier ministre. Nul besoin de rappeler les positions des deux hommes sur le dossier sécuritaire et la lutte contre «les résidus du terrorisme».
Ouyahia et Zerhouni ont mené, chacun de son côté, une lutte sans merci contre les terroristes durant la tragédie nationale.
Les deux hommes ont soutenu sans ambages le projet de réconciliation nationale. Au moment où certaines voix à l’intérieur même du gouvernement plaidaient pour l’amnistie générale, Ouyahia et Zerhouni sont sortis de leur mutisme pour couper court aux spéculations. Le premier a fait savoir que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale «ne comporte pas une amnistie générale» et que «celui qui parle d’amnistie générale est responsable de ses propos». Zerhouni annoncera que l’Etat «ne pense pas actuellement à cette étape».
L’expérience acquise par l’homme dès son jeune âge, a pesé de tout son poids dans la guerre menée par l’Algérie contre l’extrémisme islamiste. Zerhouni, pour ceux qui l’ignorent, est l’un des fondateurs des services secrets algériens. Il passera la plus grande partie de sa carrière dans l’univers du contre-espionnage. Il a d’abord été recruté à l’âge de vingt-ans par le Ministère de l’armement et des liaisons générales (Malg) qui était le service de renseignement de l’ALN. Il devient rapidement, par son efficacité, une des personnes incontournables du contre-espionnage algérien, et il devient responsable dès l’indépendance de l’Algérie des «services opérationnels» de la Sécurité militaire.
Au milieu des années 1970, il est nommé collaborateur direct de Kasdi Merbah, patron des services secrets algériens. Il supervise les différents appareils de la Sécurité militaire. Il entamera ensuite une carrière de diplomate. Le président Chadli le nomme ambassadeur aux Etats Unis, au Panama, au Japon, puis enfin au Mexique.
Après l’accession à la Présidence de la République de M.Abdelaziz Bouteflika, il le nomme ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, poste qu’il occupe pendant onze ans. Par ailleurs, rappelons que la nomination du vice-Premier ministre intervient à quelques jours seulement de l’adoption du plan quinquennal de développement auquel l’Etat a consacré une enveloppe de près de 300 milliards de dollars. Un ambitieux programme nécessitant l’implication de tout le monde.
Yazid Zerhouni, à côté de Ahmed Ouyahia, apportera à coup sûr son savoir-faire et son expérience. De grands chantiers sont lancés par le gouvernement. L’on citera notamment la réforme de l’administration publique, à travers l’élaboration de nouveaux codes pour les wilayas et les communes. Un projet initié par Zerhouni et dont il ne manquera pas de veiller à son application rapide. Mais le grand défi du duo Ouyahia – Zerhouni reste la lutte contre la corruption. Les scandales qui ont éclaboussé plusieurs secteurs ont sérieusement affaibli l’Exécutif. Des orientations ont été données par le président de la République au staff gouvernemental pour faire barrage à ce phénomène.
Désormais, chaque ministre devra rendre compte de son bilan chaque année. Fini le gaspillage, fini l’impunité, l’Etat se lance dans une véritable guerre contre ceux qui nuisent à l’économie nationale. Zerhouni, qui bénéficie d’une grande crédibilité et d’un fort réseau d’informations et de prospection, fera certainement la différence dans cette nouvelle bataille. Les fruits de cette coopération entre les deux hommes forts de l’Etat seront, à coup sûr, bénéfiques. (L’Expression-30.05.2010.)

**Les messages codés du président de la République

 Les premières lectures du remaniement opéré par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ont été diverses et s’étalaient sur de larges gammes de commentaires et d’analyses allant du simple au complexe, et du blanc au noir et de la chose à son contraire.Les messages du président peuvent être simples et clairs : celui qui a été limogé a été puni de sa gestion défectueuse. Celui qui a été installé nouvellement vient d’avoir accès à une période d’essai. Celui qui été permuté, une chance lui a été donnée pour « prouver ailleurs ». L’exception de tout cela s’appelle Yazid Noureddine Zerhouni, nommé vice-Premier ministre, et dont la nomination a été diversement appréciée. Si pour certains, il s’agit d’un poste-vigie, et par ce biais, le président à placé au cœur de l’Exécutif un de ses plus surs lieutenants, pour d’autres ce poste, du reste prévu par la Constitution, vient palier un manque, car le premier ministre aura fort à faire quotidiennement face à une quarantaine de ministres. En effet, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a procédé à un remaniement ministériel, attendu, et qualifié de partiel, mais qui a été important, et sous certains angles “cinglant”, et qui confirme Ahmed Ouyahia au poste de Premier ministre, mais exclut l’ancien ministre de l’Energie et des mines Chakib Khelil, « appelé à d’autres fonctions », indique le communiqué. La plupart des grands ministères conservent leurs anciens titulaires, selon la liste révélée par le communiqué de la présidence. Mais l’ancien ministre de l’Intérieur et des collectivités locales Nourredine Zerhouni est nommé vice-Premier ministre. Il est remplacé par Dahou Ould Kablia, qui était jusqu’à présent ministre délégué auprès de Zerhouni. Khelil, dont les futures fonctions ne sont pas précisées, est remplacé par Youcef Yousfi, qui a déjà occupé ce poste ainsi que des fonctions diplomatiques. Mourad Medelci et Karim Djoudi conservent respectivement le portefeuille des Affaires étrangères et des Finances. Abdelhamid Temmar, ancien ministre de l’Industrie et de la promotion de l’investissement, est aujourd’hui à la tête du ministère de la Prospective et des statistiques. Enfin, Mustapha Benbada est nommé à la tête du Commerce, en remplacement de Hachemi Djaâboub, lui aussi appelé à d’autres fonctions. Le dernier remaniement ministériel date du 15 novembre 2009, lorsque Bouteflika, réélu en avril pour un troisième mandat, avait déjà reconduit Ouyahia comme Premier ministre et conservé la quasi totalité des ministres du précédent gouvernement. On annonçait régulièrement ce nouveau remaniement, principalement depuis le scandale qui a décapité la direction du groupe public d’hydrocarbures Sonatrach. Plusieurs cadres dirigeants – dont le P-dg Mohamed Meziane et trois vice-présidents – impliqués dans des affaires de présumées malversations concernant des marchés de gré-à-gré avaient alors été inculpés.(Echorouk-30.05.2010.) **Youcef Yousfi, un ami de Bouteflika pour désamorcer les bombes de Sonatrach .imageChakib Khelil, qui était ministre de l’énergie depuis 1999, a été appelé à d’autres fonctions. Il a essayé, pendant une décennie de « restructurer » le secteur de l’énergie et des mines en se focalisant sur plus de libéralisation du secteur et l’augmentation de la production pétrolière et gazière algérienne, avant que tout le monde ne se rendu compte que cette stratégie n’était la bonne eu égard aux réserves, pétrolière et gazière, qui sont limitées ainsi que l’échec dans la découverte d’importantes réserves durant la première décennie du siècle en cours.En plus, la série de scandales sur la corruption relatifs à la méthode de gestion de Khelil.

Le départ de Chakib a été décidé après avoir confirmé que plus personne ne peut le défendre vis-à-vis de qui que ce soit, et ce à cause des affaires de corruption qui ont secoué le secteur, provoquant même la fuite d’un de ses proches vers la Suisse à savoir Réda Hameche.

Si Chakib n’est pas désigné comme diplomate à l’étranger ou bien n’occupe pas un poste supérieur en Algérie,  alors il n’aura aucune alternative autre que celle de comparaître devant les tribunaux pour se défendre vis-à-vis des affaires de corruption qui ont frappé de plein fouet le groupe « Sonatrach » dont il était le premier responsable, en plus il était à la tête du ministère de l’Energie et des Mines, où de nombreuses personnes, parmi celles qui étaient interrogées dans le cadre de ladite affaire, avaient affirmé qu’ils recevaient directement de la part du ministre des ordres verbaux.

Ces bombes à retardements ne peuvent être désamorcées que par une personne de la trempe de Youcef Yousfi, et ce à raison des bons rapports qu’il entretient avec le président Bouteflika depuis longtemps. Cette relation remonte à la période où Yousfi occupait le poste de conseiller du ministre du pétrole Emirati aux Etats Arabes Unis. Il a occupé ce poste pendant des années avant qu’il soit convoqué par l’ancien président Liamine Zeroual pour le nommer comme chef de cabinet au palais d’El Mouradia. En 1997, il a été nommé Ministre de l’Energie et des Mines avant de devenir ministre des Affaires Etrangères.

Youcef Yousfi connaît bien les rouages du secteur de l’énergie et des mines, puisqu’il avait occupé le poste de directeur des affaires du pétrole au sein du Ministère de l’Industrie et de l’Energie jusqu’à 1985, année de sa désignation à la tête de Sonatrach.

Pour sa part, il était prévu que le ministre du commerce Hachemi Djaâboub assume les conséquences des spéculateurs et les barons du réseau de l’économie parallèle et les réseaux de l’importation. Il a vainement essayé d’y faire face à travers des multiples amendements de loi et des mesures draconiennes en terme de contrôle sur les opérations de l’importation. Cela a poussé plusieurs lobbies à coordonner leurs efforts pour renverser les plans du gouvernement dans le secteur commercial, au point que l’absence de l’Etat était visible dans le secteur du commerce. Chose que le président n’a pas acceptée. Il a critiqué les responsables du secteur qui n’a pas avancé tel que le secteur de la poste et de la technologie de communication.

La nomination de Temmar à la tête du Ministère de Ministre de la Prospective et des statistiques n’est pas considérée comme un accomplissement vu son bilan « catastrophique » enregistré dans le dossier de la privatisation et de l’industrie. Ce ministère sera, pour lui, une occasion pour se consacrer au volet théorique, un volet qu’il maîtrise, qu’au volet pratique. Ce dernier sera confié à Sid Ali Boukrami. (Echorouk-30.05.2010.)  

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**La liste du nouvel Exécutif
 

Conformément aux articles 77-7 et 79de la Constitution, Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, a procédé hier à un remaniement du Gouvernement.
A l’issue de ce remaniement, la composition du Gouvernement se présente comme suit:Ahmed Ouyahia: Premier Ministre,
Nourredine Zerhouni dit Yazid: Vice-Premier Ministre,
Abdelaziz Belkhadem: Ministre d’Etat, Représentant personnel du Chef de l’Etat,
Abdelmalek Guenaïzia: Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense Nationale,
Dahou Ould Kablia: Ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales,
Mourad Medelci: Ministre des Affaires étrangères,
Tayeb Belaïz: Ministre de la Justice, garde des Sceaux,
Karim Djoudi: Ministre des Finances,
Youcef Yousfi: Ministre de l’Energie et des Mines, en remplacement de Chakib Khelil, appelé à d’autres fonctions,
Abdelmalek Sellal: Ministre des Ressources en eau,
Abdelhamid Temmar: Ministre de la Prospective et des statistiques,
Bouabdallah Ghlamallah: Ministre des Affaires religieuses et des Wakfs,
Mohamed Chérif Abbès: Ministre des Moudjahidine,
Chérif Rahmani: Ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement,
Amar Tou: Ministre des Transports,
Boubekeur Benbouzid: Ministre de l’Education nationale,
Rachid Benaïssa: Ministre de l’Agriculture et du Développement rural,
Amar Ghoul: Ministre des Travaux publics,
Saïd Barkat: Ministre de la Solidarité nationale et de la famille,
Mme Khalida Toumi: Ministre de la Culture,
Mustapha Benbada: Ministre du Commerce, en remplacement de M.Hachemi Djaâboub appelé à d’autres fonctions,
Rachid Harraoubia: Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,
Mahmoud Khedri: Ministre des Relations avec le Parlement,
El Hadi Khaldi: Ministre de l’Enseignement et de la Formation professionnels,
Nourredine Moussa: Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme,
Tayeb Louh: Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale,
Djamel Ould Abbès: Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière,
Smaïl Mimoune: Ministre du Tourisme et de l’Artisanat,
Hachemi Djiar: Ministre de la Jeunesse et des Sports,
Mohamed Benmeradi: Ministre de l’Industrie, de la Petite et moyenne entreprise et de la Promotion de l’investissement,
Moussa Benhamadi: Ministre de la Poste et des Technologies de la communication et de l’information, en remplacement de M.Hamid Bessalah, appelé à d’autres fonctions,
Abdallah Khanafou: Ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques,
Nacer Mehal: Ministre de la Communication, en remplacement de M.Azzedine Mihoubi, appelé à d’autres fonctions,
Abdelkader Messahel: Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines et maghrébines,
Mme Nouara Saâdia Djaafar: Ministre délégué auprès du Ministre de la Solidarité nationale et de la famille, chargée de la famille et de la condition féminine,
Mme Souad Bendjaballah: Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargée de la Recherche scientifique,
Ali Boukrami: Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Prospective et de la statistique, chargé de la Statistique,
Hali Benatallah: Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger.
Par ailleurs, en application de l’article 78 de la Constitution, le Président de la République a reconduit M.Ahmed Noui aux fonctions de Secrétaire général du Gouvernement. (L’Expression-29.05.2010.)

**** Changement ?

Les nouveaux venus, appelés à renforcer l’équipe Ouyahia, sont tous des professionnels, chacun dans son secteur. Ils n’ont pas été parrainés par des partis mais choisis sur la base de leurs compétences.

Longtemps attendu, le remaniement ministériel est enfin tombé, mettant fin aux supputations. Ce qui est à retenir est la suite du mandat d’Ouyahia à la tête de la nouvelle équipe. Même s’il se voit assisté par un vice-Premier ministre, en la personne du désormais ex-ministre de l’Intérieur, Ouyahia a la préférence du Président qui voit en lui le technicien parfait pour mener à bon port les réformes et avoir l’œil sur le faramineux budget dégagé pour le prochain programme quinquennal. La présence de Yazid Zerhouni à ses côtés ne peut que le réconforter et alléger la masse de dossiers s’il venait à lui confier ceux relevant de la politique intérieure et la lutte antiterroriste. C’est une lecture parmi d’autres.
Les grands perdants des partis de l’alliance présidentielle sont le FLN et le MSP. Le premier n’a pas été retenu pour reprendre le relais comme on y avait été habitués. Le second, en perte de vitesse, laisse sur le carreau un de ses ministres.
Le départ de Chakib Khelil, “appelé à d’autres fonctions”, selon l’euphémisme habituel, démontre on ne peut mieux l’ampleur et la gravité de la corruption à Sonatrach, entreprise dont il était le véritable patron. Son collègue Temmar, hier, véritable tête pensante du Président, se voit relégué à un poste où il aura tout le loisir de faire de la prospective et de tenir le fichier de la statistique. Ses hésitations et ses volte-face, quand le pays avait un besoin urgent de prises de décisions économiques, ont fini par le décrédibiliser aux yeux de ses interlocuteurs étrangers.
Les nouveaux venus, appelés à renforcer l’équipe Ouyahia, sont tous des professionnels, chacun dans son secteur. Ils n’ont pas été parrainés par des partis mais choisis sur la base de leurs compétences. Le nouveau ministre des Technologies de l’information est un technicien qui connaît son métier et qui a maintenant carte blanche pour réaliser son programme, banaliser le conflit avec Djezzy, dont son prédécesseur avait fait une affaire d’État quand le souci de la rentabilité et la raison auraient largement suffi.
L’importance redonnée au département de la Communication par l’érection d’un ministère au lieu d’un secrétariat d’État, sans véritable pouvoir, et le choix d’un professionnel promettent que ce secteur connaîtra bientôt un nouveau souffle et que des passerelles seront jetées entre les journalistes et le nouveau ministre, avant tout journaliste jusqu’au bout des ongles.
Ceci reste à prouver sur le terrain sur la base d’une feuille de route pour chacun. (Liberté-29.05.2010.)

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**LE REMANIEMENT MINISTÉRIEL EST IMMINENT
Sellal et Zerhouni pressentis aux postes de vice-Premiers ministres
 

Le Président Abdelaziz Bouteflika a décidé d’appliquer l’article 77 de la Constitution, révisée le 15 novembre 2008.

Ahmed Ouyahia ne sera pas seul à la barre. Il a le droit d’être assisté par deux ténors de la politique. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décidé d’appliquer l’article 77 de la Constitution révisée le 15 novembre 2008 permettant la nomination d’un ou de plusieurs vice-Premiers ministres.
Et Bouteflika est bien décidé à appliquer l’alinéa 7 du même article. Même les titulaires des deux fauteuils sont désignés. Il s’agirait de deux ministres actuels, très proches de Abdelaziz Bouteflika.
Noureddine-Yazid Zerhouni et Abdelmalek Sellal ont toutes les chances de décrocher le poste. Leur mission est claire: ils sont appelés à assister le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, dans l’exercice de ses fonctions. Il est stipulé qu’«outre les pouvoirs que lui confèrent expressément d’autres dispositions de la Constitution, le président de la République jouit des pouvoirs et prérogatives» qui lui permettent de nommer des vice-Premiers ministres et de mettre fin à leurs fonctions.
Le chef de l’Etat a ainsi décidé d’user de ce droit de nommer deux vice-Premiers ministres lors du prochain remaniement gouvernemental, qu’on annonce imminent. L’objectif de toutes ces démarchés consistant à désigner des assistants au Premier ministre et à remanier l’Exécutif vise à insuffler une plus grande efficacité aux actions de l’Etat. Qui regagnerait en crédibilité par la même occasion. Il est donc certain que cette initiative intervient dans le cadre d’un remaniement ministériel plus global attendu depuis plus d’un an, à savoir depuis la réélection du Président Bouteflika à un troisième mandat. Le remaniement a été annoncé à maintes reprises avant d’être reporté. Avec la nouveauté introduite par l’article 77, il s’agira d’abord de pourvoir à ces postes.
En seconde position, il y a lieu de trouver de nouveaux titulaires des ministères des Ressources en eau et de l’Intérieur occupés respectivement par Sellal et Zerhouni. Mais la liste des postes à pourvoir serait beaucoup plus longue.
Des ministres seraient sur le départ. Pas pour handicaper l’action du gouvernement. Les nouvelles figures seraient appelées à renforcer l’équipe aux affaires pour démarrer sous de meilleurs auspices le nouveau plan d’investissements publics de 286 milliards de dollars, annoncé depuis quelques jours.
Deux vice-Premiers ministres ne seraient pas de trop, devant l’ampleur de la tâche. Il reste pourtant à savoir si les plus hautes fonctions de l’Etat seraient les seules à être touchées par les changements pour mener à bien ce plan ou si les fonctions d’exécution seraient tout aussi bien concernées.
L’initiative de Bouteflika ne vise pas à dupliquer inutilement des postes de souveraineté. Il s’agirait plutôt d’une redistribution des tâches pour alléger le fardeau qui pèse sur le Premier ministre. Les deux titulaires des nouveaux postes seront tout, sauf des ministres sans portefeuille. Leur implication dans la conduite de la politique du gouvernement sera forte. Ils laisseront leur empreinte dans les actions entreprises en Algérie durant les quatre années qui ne sont pas encore consommées par l’actuel quinquennat. La personnalité des deux figures politiques choisies par le chef de l’Etat est déjà en soi un signe fort et assez explicite sur ce qui est attendu par lui.
Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne seront pas là uniquement pour des questions de protocole. L’un d’entre eux jouit d’une telle confiance du Président qu’il a été choisi pour être à ses côtés lors de la dernière campagne électorale comme lors d’autres rendez-vous électoraux antérieurs. Il était même donné Premier ministre. Le second occupe une lourde fonction, celle d’être responsable de la sécurité de plusieurs millions d’Algériens. Et de superviser les élections, ce qui le destine à suivre en fin connaisseur la vie politique. (L’Expression-27.05.2010.)

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**PLAN QUINQUENNAL 2010-2014
Bouteflika réunit ses ministres ce lundi


Afin de vulgariser le contenu de ce programme, une conférence des cadres de la Nation se tiendra prochainement au Club des Pins, au plus tard au courant du mois de juin.

Le gouvernement est de nouveau convoqué au Palais d’El-Mouradia. Un Conseil des ministres est prévu après- demain, lundi, sous la présidence du chef de l’Etat, a appris L’Expression d’une source gouvernementale. M.Ouyahia conduira, pour la deuxième fois consécutive et en l’espace de douze jours, son équipe à la Présidence. Cette réunion s’annonce très importante et même décisive dans le contexte actuel du pays. Au menu: on annonce l’examen du Plan d’action du programme quinquennal 2010/2014.
Le gouvernement, avec ses 35 membres, sera appelé à développer les détails de ce programme. Comme il présentera un schéma du montage financier de ce programme. L’équipe Ouyahia, qui a veillé à la confection du Plan d’action, aura donc, pour mission de présenter la feuille de route dans sa version finale avec des estimations au centime près. Ce programme, cher au Président, sera doté d’une enveloppe budgétaire de 150 milliards de dollars qui pourrait aller jusqu’à 288 milliards de dollars pour prendre en charge les programmes en cours. Voulant comptabiliser au centime près l’argent du Trésor, le président de la République a chargé le gouvernement d’élaborer les études de faisabilité d’abord avant de débloquer le moindre sou. Vu les rallonges budgétaires effectuées dernièrement pour nombre de projets, le chef de l’Etat veut en finir avec ce phénomène. «Fini l’ère des vaches grasses», a-t-il réitéré lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2009. Avec la crise financière et les affaires de corruption, le chef de l’Etat mettra sans doute en garde le gouvernement contre toute mauvaise gestion. La réunion de lundi ne se limitera pas à la présentation du programme 2010/2014.
Conscient des enjeux, le locataire d’El-Mouradia va saisir l’occasion pour donner les nouvelles orientations à suivre pour la concrétisation de ce programme. Finalisé depuis plus d’un mois, le programme d’action en question attend juste d’avoir l’aval de son promoteur pour son entrée en application. Or, les ministres n’ont pas perdu leur temps.
En attendant ce rendez-vous, les membres du gouvernement se sont attelés à faire la promotion du nouveau programme quinquennal. Pour mieux baliser le terrain et rendre l’Algérie plus attractive, des rencontres ont ainsi été organisées même à l’étranger.
Afin de vulgariser le contenu de ce programme, une conférence des cadres de la nation se tiendra prochainement au Club des Pins. Le chef de l’Etat dévoilera, à cette occasion, les grandes lignes du programme 2010/2014 devant les hauts cadres de la nation. Il reste à savoir si ce plan de développement serait l’élément qui mettra un terme au mystère entourant le remaniement ministériel, annoncé et reporté à plusieurs reprises.
Les observateurs de la scène politique nationale voient en ce programme 2010/2014 comme un signe avant-coureur du changement attendu dans le fonctionnement des institutions. (L’Expression-22.05.2010.)

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********************Pour sauver Insudal de Saidal : Les importations d’insuline bloquées

Les importateurs sont conviés à surseoir à ces programmes en attendant les nouvelles directives. La raison de l’annulation de ces commandes est motivée par le souci d’écouler le surstock de l’insuline Insudal fabriquée par le groupe pharmaceutique Saidal.Un produit « boycotté », semble-t-il, depuis sa mise sur le marché en avril 2006. Une situation qui a sérieusement affecté le groupe Saidal, alors qu’une insuline marocaine Insulet est enregistrée sous ses trois formes (Mix 30, Rapid et NPH) par le ministère de la Santé. La décision d’enregistrement date du 4 octobre 2009 et porte les numéro 353/142 192/09, 193/09, 197/09. Le produit en question n’est pour le moment pas encore sur le marché national. D’aucuns s’interrogent sur les objectifs qui ont motivé cet enregistrement surtout que le Maroc n’a délivré aucune autorisation d’enregistrement d’un produit algérien. Pour l’année 2009, le groupe Saidal n’a pu commercialiser que 337 937 unités d’Insudal dont 163 519 Insudal Basal, 111 907 Rapid et 625 11 Combine. Les deux grandes firmes pharmaceutiques Sanofi Aventis et Novo Nordisk ont, quant à elles, vendu respectivement 415 393 et 2 913 497 unités toutes formes confondues d’insulines. Les plus grandes ventes de ces deux grands laboratoires se font avec les insulines analogues comme le montrent les statistiques de 2009.

Le nombre d’unités vendues des analogues de l’insuline lente des deux firmes Levemir de Novo Nordisk et Lantus de Sanofi Aventis sont respectivement de 108 623 et 372 870 unités. Ce qui signifie que la consommation de ce type d’insuline est plus important que l’insuline humaine. Le marché national des antidiabétiques est près de 13 milliards de dinars, ce qui représente plus de 60% des insulines et 40% des antidiabétiques oraux. Selon des diabétologues, il y a effectivement une évolution fulgurante des insulines analogues. « Elles représentent d’ailleurs en valeur près de 90 millions de dollars du marché des antidiabétiques contrairement au marché des conventionnelles qui est de 25 millions de dollars », affirme une source proche du dossier. L’insuline humaine reste quand même très demandée, expliquent les praticiens en raison de son prix abordable et son remboursement par la sécurité sociale. Au rythme des ventes du marché, le stock de Saidal peut couvrir, a-t-on ajouté, une période allant de 5 à 6 mois. La Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) reste le principal organisme acheteur d’Insudal qui a constitué son stock auprès de Saidal qui est le fournisseur potentiel des hôpitaux.

Mais l’ouverture opérée par l’instruction ministérielle, alors que Amar Tou était ministre de la Santé, pour le choix de son fournisseur, n’a pas beaucoup arrangé le premier producteur public des médicaments génériques. Les hôpitaux et les secteurs sanitaires préfèrent s’approvisionner auprès d’autres fournisseurs. Pour rappel, le groupe pharmaceutique Saidal et son homologue français Aventis ont signé, en 2003, une convention portant sur la production d’insuline. Selon les clauses de cet accord, Aventis mettra à la disposition de Saidal, durant 5 ans, les matières premières nécessaires à la production d’insuline, laquelle fabriquée par l’usine Saidal de Constantine pour une capacité de production de 3 millions de flacons par an. Un projet qui a vu difficilement le jour et qui continue de subir le diktat du marché. D’ailleurs, le marché de l’insuline de la PCH pour l’année 2010 a été attribué à un laboratoire étranger après une sélection suite à l’appel d’offres lancé. (El watan-17.05.2010.)

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**«L’Etat est décidé à racheter Djezzy»
 

Jusqu’à présent, l’opérateur égyptien n’a formulé aucune intention de vente.

La décision est prise. «L’Etat algérien n’a pas seulement l’intention de racheter Djezzy, mais il y a une décision dans ce sens puisque c’est Orascom Télécom Algérie qui veut vendre», a déclaré à la presse Hamid Bessalah, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, à l’occasion de la cérémonie de remise des prix à trois start-up.
Et Hamid Bessalah d’annoncer que «l’Etat est prêt à acheter 100% des actions de Djezzy». Le ministre a également affirmé l’existence de négociations avec les propriétaires de Djezzy, relevant à ce propos qu’OTA est une entreprise de «droit algérien» et que c’est aux actionnaires de «compter leurs derniers jours».
«Les négociations durent, mais je crois que la situation du holding est telle qu’ils vont accélérer le processus de vente et j’insiste à dire que c’est eux qui ont décidé de vendre», a-t-il déclaré. Récemment, Hamid Bessalah avait indiqué que l’Algérie appliquerait le droit de préemption et les dispositions du cahier des charges qui prévoient que tout changement de propriétaire en matière de licence soit fait avec l’autorisation de l’Arpt (Autorité de régulation de la poste et des télécommunications) et les pouvoirs publics, après que les propriétaires d’OTA aient décidé de céder l’entreprise à une société sud-africaine (MTN). Toute transaction concernant donc OTA sera «nulle et non avenue», et pourrait aboutir au retrait de la licence de téléphonie concédée à cette entreprise de droit algérien, avait averti un communiqué du ministère.
Dans la matinée, le ministre des Finances, Karim Djoudi, avait affirmé, en marge des travaux de l’Assemblée populaire nationale (APN), que l’Algérie attend l’offre de Djezzy concernant la vente de ses actions, mais l’opérateur égyptien ne semble pas pressé. Karim Djoudi a ajouté qu’Orascom Télécom Algérie doit exprimer clairement au gouvernement algérien son intention de lui vendre sa filiale algérienne Orascom Télécom Algérie (OTA). «Il faut que la société Orascom Télécom exprime de façon très claire son intention de vendre Djezzy et de la vendre, bien sûr, à l’Etat algérien», a déclaré le ministre.
Interrogé si le groupe égyptien a présenté au gouvernement algérien des propositions sur cette transaction, le ministre a répondu: «Pas à ma connaissance.» M.Djoudi a rappelé qu’en matière de cession de participations des sociétés étrangères en activité en Algérie, celles-ci «doivent se plier aux lois et aux règlements algériens» en ajoutant que pour le cas de Djezzy, «l’Etat algérien affiche sa volonté d’exercer son droit de préemption et de reprendre à 100% son capital».
A la question de savoir si le gouvernement algérien a formulé une offre financière à l’opérateur égyptien, le ministre a répondu que «le principe est qu’à partir du moment où l’on entre en discussions, chaque partie aura à prendre un conseiller pour pouvoir évaluer la valeur nominale de la société. A partir de ce moment-là, il y aura des débats pour définir la bonne valeur qui fera l’objet de la transaction, et la production des documents qui vont contractualiser la relation entre les deux parties», a-t-il expliqué. A ce jour, OTA tergiverse. Une situation qui semble déplaire au gouvernement algérien.
D’ailleurs, la réunion tenue la semaine précédente entre le ministre des Finances et le responsable de Djezzy n’a pas aplani les différends. Répondant à la question de savoir s’il y avait un consensus entre l’Etat algérien et Orascom Télécom au sujet de la vente de Djezzy, il a répondu: «Non, nous n’avons pas parlé de consensus.» Cela renseigne sur la tension qui règne entre les deux parties. A l’heure actuelle, Djezzy semble hésiter à vendre la totalité de ses actions à l’Etat algérien.
Dans un autre chapitre, le ministre des Finances est revenu sur le plan quinquennal 2010/2015. Pour lui «les projets de développement ne sont pas bloqués. Le programme quinquennal 2010/2015 avance à un rythme normal», a assuré M.Karim Djoudi.
Interrogé sur les informations faisant état du gel de certains grands projets, d’autant plus que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, l’initiateur du projet, n’a pas encore dévoilé les détails de son programme, Karim Djoudi dira que «certains budgets sont prévus dans la loi de finances 2010, le reste sera pris en charge au fur et à mesure. Mais rassurez- vous, il n’y a aucun blocage». Rappelons que le gouvernement est en phase de finaliser l’avant-projet portant loi de finances complémentaire 2010. Par ailleurs, l’Assemblée populaire nationale a adopté hier le projet de loi relatif aux professions d’expert comptable, commissaire aux comptes et comptable agréé. Le texte, présenté fin avril dernier à l’APN, vise une réorganisation de ces professions. Plus de 30 amendements ont été approuvés par la commission des finances et du budget.
Avant cela, l’APN a adopté le projet de loi portant Plan national d’aménagement du territoire et le rapport complémentaire y afférent.
Le rapport complémentaire adopté également en séance plénière comprend l’article 1bis de la loi sus-évoquée qui oblige tous les ministères, les collectivités locales, les institutions nationales et locales à respecter les critères et règles du Plan national d’aménagement du territoire et à s’y référer dans l’élaboration de tous leurs projets et plans. M.Chérif Rahmani a, dans ce cadre, relevé l’importance de l’adoption de ce plan qui vient, a-t-il dit, organiser le territoire et rectifier les dysfonctionnements et les insuffisances qui constituent un obstacle au développement durable. (L’Expression-17.05.2010.)

***************** *” les Algériens ont le droit d’aspirer à une vie descente”….

Le parti des travailleurs ne semble pas prêt à baisser les bras à propos de son «projet» de dissolution de l’APN. Sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, insiste toujours sur la revendication majeure de sa formation à savoir l’organisation d’élections législatives anticipées. De la bibliothèque communale de Belfort à Alger, où elle a animé, hier, une conférence de presse pour présenter le bilan d’activités de son parti, Mme Hanoune a estimé que le renouvellement de l’APN devrait permettre de mieux «s’adapter à la conjoncture politique et économique actuelle». «Cette institution selon elle, a perdu de sa crédibilité et elle est pleine de contradictions». «Les mêmes parties qui avaient voté pour la privatisation des entreprises publiques ont voté oui pour la loi de finances complémentaire 2009», fait elle remarquer en guise d’exemple sur ses contradictions. Pour Louisa Hanoune, il est temps de se débarrasser définitivement «des restes de l’ancien système et de construire une Assemblée à même de répondre aux exigences du peuple algérien et pouvant faire face avec courage aux défis et intrusions venant même de certains partis du pouvoir». Maintenant que la vie normale est rétablie et que l’Algérie a tourné la page de la décennie noire, les Algériens ont le droit d’aspirer à une vie descente. À ce propos, La SG du PT a appelé le ministre de la Santé et de la Population et de la Reforme hospitalière, à s’occuper sérieusement du dossier des praticiens de la santé et «qu’on ne déclare pas une guerre aux médecins, au moment où eux même déclarent une autre guerre contre le cancer », avant de poursuivre, «j’invite Barkat à passer 24 heures au CPMC, il saura ainsi les conditions dures dans lesquelles les praticiens exercent leur métier avec des salaires dérisoires», souligne t-elle. La responsable du PT a émis le souhait de «parvenir à un bond qualitatif et un règlement de tous les problèmes qui se posent quotidiennement, au-delà de toute forme de course aux postes et aux privilèges». L’ancienne candidate aux élections présidentielles a annoncé que son parti a pris l’engagement de poursuivre dans cette voie jusqu’à l’obtention finale de cette revendication. La SG du PT s’est montrée confiante quant à l’aboutissement de sa revendication considérant qu’un quotidien national a massivement adhéré à sa position. Rappelons le, d’après ce quotidien, 97,11 de la population estiment que l’APN ne répond pas aux aspirations du peuple. L’actuelle situation économique et sociale rend nécessaire et urgente la définition d’un plan sectoriel et son ancrage législatif, selon la présidente du PT. Elle a estimé que «la rupture consiste à renationaliser les entreprises, celle d’El Hadjar n’est pas à exclure», «il est temps de procéder à de véritables réformes pour construire une économie fiable», en réitérant son appel à renoncer à l’accord d’association avec l’UE ainsi que le gel de la levée des barrières douanières qui font perdre à l’Algérie 2,2 milliards de dollars. Concernant le passeport et la carte nationale biométriques, la question ne pose pas problème à Louisa Hanoune, « ce qui m’interpelle ce sont des questions d’ordre économique et social ainsi que la souveraineté nationale ». Il s’agit, pour Hanoune d’une minorité qui détourne l’opinion publique au détriment des questions prioritaires tels que la souveraineté, le Code de la famille, et la sécurité… (Le Courrier d’Algérie-10.04.2010.)

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INVESTISSEMENTS DE L’EU EN ALGÉRIE

  «Des chiffres en-deçà des attentes», déclare le ministre des Finances

L’Algérie par le biais de son ministre des Finances a exprimé sa déception quant au volume des investissements de l’UE en Algérie. Karim Djoudi a évoqué également une perte de 3, 5 milliards de dollars pour l’Algérie à l’horizon 2017. Faisant un premier bilan des retombées de l’accord d’association Algérie- Union Européenne qui, «fondamentalement, était là pour permettre à l’Algérie d’assurer une mise à niveau rapide de son économie par les investissements ou par une assistance notamment », le ministre des Finances constatera une baisse des recettes fiscales, donc, moins de revenus pour l’État, une absence d’investissements significatifs de l’UE qui n’excèdent pas les 500 millions de dollars par an, et un doublement des importations en provenance de l’UE. Après prés de cinq années de l’application de l’Accord d’association Algérie – UE, «les flux d’investissements européens sont en-deçà des attentes de l’Algérie», a estimé Karim Djoudi. «Je considère, après près de cinq années d’application de l’Accord, que les flux d’investissements européens sont endeçà des attentes de l’Algérie, en particulier ceux destinés à promouvoir la diversification de son économie et de ses exportations alors que cet Accord a pour objectif de bâtir une relation globale et un partenariat gagnant – gagnant devant se traduire, notamment par l’accroissement des investissements directs européens en Algérie», a-t-il déclaré dans un discours prononcé au Forum de Crans Montana à Bruxelles sur «l’Afrique après le G20 de Pittsburgh et Londre : les nouveaux paramètres économiques». Chiffres à l’appui, le ministre soutiendra que sur le plan commercial, les données sur la période 2005-2009 indiquent qu’en valeur absolue, les importations de marchandises sont en croissance continue et ont pratiquement doublé, alors que sur la période considérée, les exportations sont fluctuantes et constituées essentiellement de produits énergétiques ». «Les exportations hors-hydrocarbures demeurent très marginales et sont souvent soumises à des obstacles non tarifaires», a-t-il insisté. Il révèlera, à cet égard, que «le démantèlement tarifaire retenu dans l’accord d’association s’est traduit au plan du budget de l’État par un manque à gagner évalué à 2,2 milliards de dollars, et cela en contexte de forte sollicitation de la ressource publique pour la couverture financière du budget de l’État». «Corrélativement, ce contexte a accru la propension à importer en biens et services au titre des dépenses d’investissements», a-t-il souligné. Un manque à gagner de 3,5 milliards de dollars pour l’Algérie Évoquant les perspectives de la coopération bilatérale, il indiquera qu’en 2017, «la fin du processus de démantèlement tarifaire et l’entrée effective en zone de libre échange entre l’UE et l’Algérie se traduiront par un manque à gagner estimé à près de 3,5 milliards de dollars». «En dernière instance, c’est moins de ressources fiscales, peu d’investissements, peu d’exportations horshydrocarbures, et une économie qui pourrait privilégier l’acte de commercer à celui de produire», a-t-il encore constaté. Partant de cela, pour l’Algérie, «l’enjeu n’est pas dans la perte des ressources immédiates mais dans l’instauration d’une dynamique d’investissement et de croissance, de mise à niveau et de renforcement de la compétitivité», a soutenu le ministre algérien, qui rappellera que «c’est un moment particulier pour l’économie algérienne pour évaluer et affiner les relations avec les institutions européennes», et ce, à la veille d’un nouveau programme quinquennal de développement des infrastructures qui sera lancé au cours de cette année. Ce programme, auquel sera consacré une enveloppe de 300 milliards de dollars, rappelle Karim Djoudi, porte sur de nombreux projets dans les secteurs des transports, de l’eau, des travaux publics, du logement ainsi que sur des projets du développement humain dont l’éducation – formation professionnelle et santé. L’Algérie a signé un Accord d’association avec l’UE en 2002, qui est entré en vigueur en 2005, avec, à l’échéance de 2017, l’établissement d’une zone totale de libre échange qui devrait se traduire par un démantèlement tarifaire et une liberté d’investir. (Le Courrier d’Algérie-10.04.2010.)

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*à la recherche de personnes intègres pour diriger le…

Misère morale et pénurie d’intégrité 

Le journal en ligne TSA rapportait, il y a quelques jours, une déclaration de Tayeb Belaïz, selon laquelle Bouteflika “peine à trouver six personnes intègres pour diriger l’organe de lutte contre la corruption prévu par la convention des Nations unies, ratifiée par l’Algérie”.
La loi relative à la prévention et la lutte contre la corruption, inspirée par la Convention internationale, a été promulguée en février 2006. Mais quatre ans plus tard, le gouvernement ne l’a toujours pas mise en œuvre.
En toute logique, le projet d’un observatoire de la corruption “avec pouvoir répressif” que Ouyahia a annoncé met fin à un projet mort-né depuis quatre ans.
Le ministre de la Justice, qui nous fait la révélation sur la difficulté rencontrée par le président de la République dans sa quête d’hommes probes, ne nous dit pas quand ni où le Président a cherché ces “messieurs propres”.
Pas moyen donc de détecter six incorruptibles parmi des millions en quatre ans ? C’est vrai que les représentants de la race des justes se font rares dans le paysage public, mais ce n’est pas une raison pour que la “minorité visible” d’intrigants et d’aigrefins dissimule à notre vue l’immense majorité des citoyens honnêtes. Si, donc, on ne désespère pas du potentiel national d’intégrité, c’est du côté de la méthode et des instruments de prospection qu’il faut chercher le défaut.
Après tout, pourquoi ne faut-il que six personnes intègres, alors que toutes les institutions publiques méritent d’être pourvues de personnels loyaux envers la Fonction publique ? Osons donc espérer que l’exigence de scrupules concerne l’ensemble des fonctions pourvues par la procédure de nomination ! Car, si l’on prend la déclaration de Belaïz à la lettre, on n’aura pas été, jusqu’ici, exigeant sur la qualité morale des nominés, de sorte que l’intégrité, pour une fois posée comme critère premier de choix, devienne une entrave à la dotation en ressources humaines d’une institution.
C’est vrai que la banalisation des traficotages et de la concussion peut, au point où elle est, désenchanter le plus optimiste des chasseurs de consciences. Mais qu’a-t-on fait pour éloigner les candidatures véreuses et attirer les plus probes ?
Si vraiment la mise en activité de l’organe prévu par la loi du 20 février 2006 a été empêchée par la pénurie d’hommes “intègres”, le fait doit d’abord interpeller le pouvoir qui édicte les critères d’accès aux fonctions officielles et conduit leur application. Or, en l’état actuel de la morale de gestion, il serait inconvenant de prétendre que la prolifération de la corruption profite de la seule absence ou de la carence d’organes de contrôle, d’observation ou de répression. C’est une activité constitutive du système politico-économique national. Loin de dépendre de la qualité éthique du personnel de gestion, c’est elle qui trace le profil de candidat type aux fonctions de gestion. De ce point de vue, il n’est pas étonnant que la prospection d’individualités irréprochables devienne délicate. On sait que beaucoup de cadres approchés pour telle ou telle responsabilité déclinent parfois l’offre, pourtant a priori valorisante, parce que “le contexte” ne les encourage pas à l’aventure….(Liberté-24.03.2010.)
 

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 *Il a fait éclater le scandale des magistrats faussaires

Mellouk : L’acharnement de la justice

Renvoyé une première fois, à la suite d’incidents, le verdict concernant le procès qui oppose les deux anciens ministres de l’Intérieur, Mostefa Mohammedi, et des Moudjahidine, Mohamed Djeghaba, à Benyoucef Mellouk, depuis… 18 ans, est finalement tombé, hier, comme un couperet. La cour a confirmé la peine de 4 mois de prison ferme, prononcée en première instance. C’était le choc dans la salle. Une foule nombreuse, composée surtout de membres de l’ALN, notamment des Wilayas historiques I et II, d’anciennes condamnées à mort, de familles de victimes du terrorisme, de syndicalistes et de militants des droits de l’homme, est venue, dès 9h, apporter son soutien et exprimer sa solidarité avec celui qui se bat contre ceux qui ont perverti l’histoire du pays. Toutes ces femmes suivaient silencieusement, pendant près d’une heure, la lecture des décisions par la présidente du tribunal, Mme Latifa Kesanti, jusqu’à ce que celle-ci termine avec l’affaire Mellouk.L’avocat de Mellouk, Me Mokrane Aït Larbi, va introduire un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême. Il annonce la création d’un comité pour la vérité sur Mellouk et d’une campagne de soutien à ce dernier. Confirmation de la décision prononcée par le tribunal », dit-elle d’une voix inaudible, avant de se lever et de lever l’audience, devant une salle restée ébahie. « C’est une honte. Vous ne pouvez pas condamner un vrai moudjahid pour sauver un traître. De cette façon, la justice devient complice », lance Mme Fattouma Ouzgane, ancienne membre de l’ALN. A côté d’elle, Djamila Bouhired, une autre figure de la Révolution, est choquée, tout comme Djoheir Akrour ou Mme Koreichi et tant d’autres présentes dans la salle d’audience. Pris de colère, Mellouk déclare : « Regardez ce qui arrive à ceux qui disent la vérité dans notre pays. Les magistrats faussaires sont encore dans les rouages de la justice, ce sont eux qui veulent que ma voix se taise à jamais. Les vrais combattants de la Révolution sont là aujourd’hui, ce qui prouve que mon combat est le leur. Je n’ai dit que la vérité et rien que la vérité. »

L’anarchie s’empare de la salle. Contrairement à l’audience précédente, les policiers n’ont pas fait dans la provocation. Ils ont laissé faire. Me Mokrane Aït Larbi, l’avocat de Mellouk, est assailli par les femmes présentes. « Il faut marcher dans la rue pour protester contre ce verdict. Il faut aller ramener tous les vrais moudjahidine pour dénoncer les traîtres », lance Mme Ouzgane, avant d’être interrompue par Me Aït Larbi. « Nous allons introduire un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême, créer un comité de vérité sur l’affaire des magistrats faussaires et en même temps organiser une campagne de solidarité avec Mellouk… », dit-il aux nombreuses personnes qui voulaient à tout prix occuper la rue pour exprimer leur colère.

« Nous sommes tous des Mellouk »

La sœur de Mellouk éclate en sanglots. « Que veulent-ils faire de nous. Ils ont brisé toute une famille, spolié nos biens et maintenant, ils veulent mettre Benyoucef en prison. Qu’avons-nous fait pour mériter ce sort ? Avons-nous tué, volé ou pillé l’argent du peuple ? Rien de tout ça. Notre famille compte parmi ses enfants de nombreux combattants de l’ALN. Ceux qui nous poursuivent sont parmi ceux qui ont trahi le pays, comment se fait-il que la justice leur donne raison ? », s’offusque-t-elle. Son frère, tente de la calmer, mais en vain. Il sort de son cartable un gros dossier et le remet à Djamila Bouhired. « Je vous confie la bombe que j’ai entre les mains depuis des années. Si vous avez le courage de lire ce qu’il y a à l’intérieur, faites-le et informez-en le peuple que vous toutes avez libéré », lui dit-il les larmes aux yeux.

Mme Bouhired prend le dossier, essuie ses larmes et lui rétorque : « Nous ne trahirons jamais l’Algérie. Nous ferons tout pour que la vérité soit connue. Nous sommes toutes avec toi. » Mme Ouzgane lui emboîte le pas : « C’est en 1960 qu’ils ont décidé d’écarter les vrais membres de l’ALN, mais à l’époque, nous étions naïfs de croire que les faux moudjahidine et les harkis allaient envahir l’Etat. Nous allons les dévoiler et les démasquer tous, parce que nous sommes tous des Mellouk et personne ne peut nous arrêter. » Des propos qui résonnent très fort dans le hall de la cour, mais pas dans les oreilles des magistrats. Lourde, la peine de 4 mois de prison ferme n’est pas prononcée uniquement contre Mellouk, mais aussi contre tous ceux qui oseront, à l’avenir, révéler une vérité autre que celle détenue par les dignitaires du système. La pétition lancée par les anciennes combattantes de l’ALN, pour réclamer « la vérité » et exprimer le soutien à Mellouk, est déjà signée par des centaines de citoyens en attendant que le comité de vérité soit mis en place dans les jours à venir pour réfléchir à des actions sur le terrain.(El Watan-23.03.2010.)

***Le procès le plus long ….vient de connaître son épilogue. Depuis dix-huit ans, Benyoucef Mellouk, ancien fonctionnaire du ministère de la Justice, va de procédure en procédure, pour avoir divulgué des résultats d’une enquête officielle sur l’existence de faux moudjahidine parmi le corps de magistrats. Mellouk s’est épuisé à épuiser tous les recours, mais, hier, la cour a confirmé, en appel, la peine de quatre mois de prison ferme à son encontre.
Selon les chroniques judiciaires, l’inculpé à dû répondre d’abord d’une accusation de divulgation de secrets professionnels et de vols de documents confidentiels, puis d’une simple plainte pour diffamation, émanant de ministres de l’époque. Mais, au-delà du procès, l’affaire est significative de l’intangibilité des faits officiellement établis autour de la conduite de la lutte armée et des implications individuelles liées au rôle des personnes dans cet évènement.
D’une part, tout le dispositif de légitimation du système de pouvoir est bâti sur l’authenticité du passé révolutionnaire des personnels politiques. D’autre part, le destin individuel et celui des « ayants-droits » sont liés aux droits et privilèges que procure ce passé.
La question de savoir qui est chahid et qui ne l’est pas et qui est ancien moudjahid et qui ne l’est pas est une question éminemment politique. Même si on fait comme si l’identification des uns et des autres relèvent d’une simple procédure administrative, mécanique et impersonnelle, les critères liés à la reconnaissance de tels statuts, et la manière de les établir, ont nécessairement été formulés à partir de considérations politiques. Bien sûr, la démarche est surtout décisive quand il s’agit de connaître des cas où le rôle révolutionnaire n’est pas évident.
Mellouk déclare avoir divulgué des informations sur les faux moudjahidine parce que l’existence de cette pratique, à l’échelle où il l’a constaté, lui paraissait appeler un traitement plus approfondi. Cela aurait du motiver l’organisation même des Moudjahidine, un peu pour avoir le cœur net, et un peu pour « assainir ses rangs », comme on dit dans la langue de bois.
L’importance de l’enjeu et, par conséquent, la sensibilité de la question, sont donc évidentes. Il n’est, de ce fait, pas aisé de souffrir la remise en cause d’un édifice qui soutient la logique même du système. Le système seul peut dire qui est qui. Avec d’ailleurs quelques variations en fonction des aléas politiques qui accompagnent les luttes de pouvoir. C’est ainsi, par exemple, que Nahnah a pu être candidat à la présidentielle en 1995 mais pas en 1999.
C’est peut-être pour cela que parler de faux-moudjahidine, ce n’est pas comme parler de faux-officiers ou de faux-médecins. Cela ne prend pas l’allure d’une diffamation de personnes ou d’une dénonciation d’impostures individuelles, mais celle d’un statut générique. Dénoncer un faux moudjahid, à tort ou à raison, c’est le préambule à la problématique générale d’éventuels faux moudjahidine.
Le système ne peut envisager la remise en cause d’un fondement légitimant la sociologie apparente du pouvoir en place. L’idée même d’en discuter est apparentée à un révisionnisme, ici conçu comme l’atteinte à la sacralité entendue des éléments d’historiographie. (Liberté-23.03.2010.)

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*Ouyahia remet les pendules à l’heure …

Ahmed Ouyahia fait taire la polémique. Le Premier ministre écarte toute crise de clans au sein du régime. «J’entends dire qu’il y a une bataille au sein du pouvoir. On parle d’une lutte de clans au sein du régime. Je confirme aujourd’hui, qu’il n’y a rien de cela», a déclaré le secrétaire général du RND qui s’exprimait également en sa qualité de Premier ministre. En effet, lors d’une conférence de presse tenue à Zéralda, à l’issue de la clôture des travaux de la 3e session ordinaire du conseil national du Rassemblement national démocratique, Ahmed Ouyahia a longuement abordé l’actualité de la scène nationale caractérisée par les scandales de la corruption et les mouvements de protestation. Pour M.Ouyahia, les scandales de la corruption, révélés ces derniers temps, s’inscrivent dans le cadre de l’application de la loi. «Il y a une situation qui ressemble un peu à un pot-pourri à travers les différents commentaires. On raconte qu’il s’agit d’une lutte de clans au pouvoir. On crée une atmosphère à travers laquelle on veut faire croire à une situation de crise, alors qu’on ne fait qu’appliquer la loi», a-t-il expliqué. Et de préciser encore: «Je crois que dans un Etat de droit il y a des lois qui s’appliquent, laissons, donc, la justice faire son travail. Cette dernière dispose des droits souverains de décision». Le Premier ministre estime que «les résultats obtenus» à la faveur de cette campagne de lutte contre la corruption sont le fruit d’un combat mené par les appareils de la République et les directives du chef de l’Etat. Il souligne que cette dynamisation a donné des résultats satisfaisants. «Si le travail n’avait pas été fait, on n’aurait jamais eu vent» de ces dossiers de la corruption, a-t-il indiqué, en qualifiant ce phénomène «de crime que l’on combat». Pour étayer ses dires, il explique que pour mener à terme «cette opération, l’Etat n’a besoin de l’aide de personne. Les services n’ont qu’ à faire leur boulot et la Justice fera le sien en toute indépendance». Interpellé sur les déclarations de patrimoine, le Premier ministre soulignera que «nous avons des institutions, chargées des déclarations du patrimoine. Pour les membres du gouvernement et les parlementaires, c’est la Cour suprême qui en est chargée. Les déclarations sur le patrimoine sont faites. C’est un dossier définitivement terminé». Et d’annoncer la nomination prochaine du directeur de l’Observatoire de la lutte contre la corruption sans pour cela avancer le moindre nom. «C’est une affaire de quelques semaines», a t-il révélé.L’éducation, la santé et la force de la loi
Questionné sur la grève de l’éducation, Ahmed Ouyahia rejette la notion de «solution par la force». «La démocratie est encore jeune en Algérie. La pratique des libertés est en train de s’apprendre. Pour ce qui est de la solution par la force, je réponds que la Constitution garantit, certes, le droit de grève, mais elle mentionne que le droit à l’enseignement est un droit constitutionnel. Je réponds également par la décision de justice», qui a jugé illégale la grève. Pour étayer ses propos, le secrétaire général du RND citera deux pays qui veillent, par la force de loi, au respect de certains secteurs sensibles. «Un pays a mobilisé des soldats pour assurer la continuité du service public. Au Canada, une grève est condamnée à 5000 dollars. Pour la simple raison que dans ces pays, il y a la notion de service public.» Pour ce qui est du statut particulier de la Fonction publique, Ahmed Ouyahia annonce que ce dernier n’est pas «un costume sur mesure. Mais, c’est un statut qui doit répondre aux normes fixées par la loi. Je ne suis pas en train de chipoter et dire que les enseignants sont bien payés. Je ne fais que dire des réalités.» Quant à la grève paralysant le secteur de la santé, le Premier ministre qualifie, encore une autre fois, «d’anormale une grève qui dure plus de trois mois», avant d’accuser les médecins d‘«hypocrites» car, selon lui, les médecins mènent une grève pour soigner les malades dans des établissements privés. A ce sujet, il n’écarte pas la possibilité de licencier les médecins s’ils persistent dans leur logique de protestation. «Pour les travailleurs de l’éducation nous n’avons fait qu’appliquer la loi. Ce n’est pas une décision individuelle. Il viendra le jour où on appliquera la loi» aux médecins grévistes.
Ouyahia tire sur les partis
Au plan politique, Ahmed Ouyahia a écarté l’existence de conflit au sein de l’Alliance présidentielle. «Nous faisons chemin ensemble dans un cadre bien déterminé qui est le soutien au programme du chef de l’Etat. L’Alliance est un avion qui vole, cela fait sept ans qu’il vole et qu’on annonce son crash, mais il n’ a pas chuté. L’Alliance présidentielle se porte bien.» Ce langage «diplomatique» n’a pas empêché M.Ouyahia de tirer à boulets rouges sur certaines formations politiques, notamment ses alliés de la coalition, qui ont reçu et apporté leur soutien aux grévistes. Il estime que cette tâche n’est pas la mission des partis politiques. «Le RND ne fait pas dans l’exploitation de situation. C’est un tort peut-être, mais notre parti ne mange pas de cette viande. On refuse de se faire une crédibilité et une popularité sur le dos de la République», a t-il lancé en direction des autres chefs de parti auxquels il fait rappeler qu’il «y a un ministre de la Santé» qui est le premier responsable du secteur. Evoquant le pacte politique contracté avec le Parti des travailleurs, Ahmed Ouyahia soulignera: «Nous ne sommes pas les seuls à faire ce genre d’alliances. Mais nous, nous avons le mérite de le faire en toute clarté et par écrit.» Le différend avec les autres formations, le FLN, notamment, est de taille.
Le FMI n’a plus d’oukase à donner
Apostrophé sur un éventuel retour du crédit à la consommation, Ahmed Ouyahia affirme que l’Algérie ne renoncera pas à sa politique économique qui s’inscrit dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2009. «Nous n’avons plus d’oukase à recevoir. Je le dis, en ma qualité de Premier ministre, il n’y aura ni reprise du crédit à la consommation ni annulation du crédit documentaire. Ceux qui veulent travailler, qu’ils travaillent selon les lois algériennes», a t-il dit. Et d’avertir: «L’Algérie d’aujourd’hui n’est plus celle des années 90. Aucun cadeau ne nous sera fait. C’est un monde glacial.» Sur le même volet, le Premier ministre s’est penché sur la lutte contre la spéculation. Il révèle qu’il y a un projet de texte qui sera soumis au Parlement. «Nous avons un ballet de textes, car une remise en ordre est nécessaire.» A propos des dispositions prises pour le Ramadhan, M.Ouyahia a fait savoir que l’Algérie importera 10.000 tonnes de viande fraîche et 10.000 tonnes de viande congelée ainsi qu’un millier de tonnes de citron. «Nous n’avons pas une double âme, pas un double comportement. Nous ne sommes pas en train de nous battre pour réduire la facture de l’importation pour aller avec un grand plaisir à l’importation», a-t-il ajouté. Et d’expliquer ce fait par l’égoïsme de «notre souk». «Notre souk est fait d’égoïsme. Nos éleveurs, dans une situation de faillite, ont trouvé l’Etat à leurs côtés, mais lorsqu’il y a eu une meilleure situation ils ont fait flamber les prix. C’est un pis-aller.» Le Premier ministre a fait savoir, également, que l’Algérie sera prioritaire pour racheter Orascom dans le cas où ses responsables souhaiteraient la céder. «Toute vente à un autre opérateur étranger sera annulée.»
Il faut arrêter la surenchère politique
Sur l’avant-projet de loi criminalisant le colonialisme, le patron du RND a vilipendé les initiateurs,-députés du FLN-, de ce texte. Ahmed Ouyahia s’est interrogé sur «le réveil subitement» de ses initiateurs. «Les initiateurs du projet sont-ils plus conscients que les différents présidents qui ont succédé à la tête du pays? Ces derniers étaient-ils moins conscients que les initiateurs du projet? Etaient-ils endormis? Les initiateurs du projets sont-ils plus conscients?», s’est-il interrogé. Et d’appeler les députés «d’arrêter leurs surenchères; où étaient ces gens lors de l’adoption de la loi du 23 février? Il a fallu attendre la réaction du président de la République pour que le reste suive.»
En ce qui concerne la scène nationale, le Premier ministre a évoqué aussi bien le volet politique que les volets économique, social et sécuritaire. Concernant les questions internationales liées à l’Algérie, M.Ouyahia est revenu sur les relations avec la France et le Mali. D’emblée, le conférencier a laissé entendre que l’Algérie est ciblée de l’extérieur. Il a qualifié d’anormaux les mouvements de protestation qui coïncident avec «les tirs» de la France qui déterre le dossier «des moines de Tibhirine et la fameuse liste noire».
Paris, Bamako et Le Pen
Les relations algéro-françaises ont été évoquées à cette occasion. En guise de réponse au ministre français des Affaires étrangères, qui a remis en question le patriotisme de la génération post-indépendance, Ahmed Ouyahia a tenu à rappeler au chef de la diplomatie française: «Je fais partie de la génération post-indépendance. Ma position concernant le message de Novembre et mon patriotisme sont ceux que partagent les générations que je dépasse de 20 à 30 ans.» Ahmed Ouyahia a réitéré que la France est appelée à se repentir de ses crimes commis en Algérie. «Il y a la question de mémoire qui doit faire objet de reconnaissance de la part de la France. Il y a, également, la question de l’égalité dans les relations. Je parle des intérêts», a-t-il résumé.
A propos du rappel de l’ambassadeur d’Algerie au Mali après que ce pays ait libéré, sous pression de Paris, les terroristes recherchés par Alger, le Premier ministre a eu cette explication. «Ne pensez pas que nous sommes entrés en guerre contre le Mali qui est un pays avec lequel nous avons des relations très anciennes, très importantes, à commencer par le voisinage. Le problème avec le Mali, est le fait que deux terroristes arrêtés par ce pays et qui ont été demandés par l’Algérie, ont été libérés. Le Mali a signé une convention de coopération judiciaire avec l’Algérie sur cette question. Malheureusement, nous n’avons pas eu de réponse comme promis. C’est pour cela que le Mali s’est trouvé dans cette situation. Maintenant, pourquoi l’Algérie n’a pas réagi à l’égard de la France, je dirais qu’il ne faut pas penser que les affaires internationales sont des affaires de coquetterie ou une affaire de comparaison de situations».
La dernière question à laquelle le Premier ministre a répondu est liée aux affiches à scandale placardées par le leader de l’extrême droite en France, Jean-Marie Le Pen.
«Il ne faut pas s’en étonner. Qu’attendez-vous de plus d’un criminel et d’un tortionnaire? C’était un ancien officier de l’armée française en Algérie qui se trouve aujourd’hui dans une situation de rejet par les siens. Vous croyez qu’il y de quoi être scandalisé?», s’est-il encore interrogé. Pour conclure, Ahmed Ouyahia estime qu’on doit se faire respecter entre nous et imposer notre respect aux autres, car «le monde est impitoyable. Il ne fait pas de cadeau. N’attendez de cadeau de personne».(L’Expression-13.03.2010.)

***ZERHOUNI REND HOMMAGE À ALI TOUNSI

M.Zerhouni a rappelé le parcours de 35 ans qu’il a effectué avec le défunt.

La disparition de Ali Tounsi, ancien directeur général de la Sûreté nationale, continue de susciter des réactions dans les plus hautes sphères de l’Etat. Jeudi à Alger, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M.Noureddine Yazid Zerhouni, a rendu un vibrant hommage au défunt.
«Ali Tounsi a accepté, durant les années 1990, la lourde responsabilité de diriger la Dgsn dans des conditions très difficiles au moment où certaines personnes fuyaient la responsabilité», a rappelé M.Zerhouni, à l’occasion de la cérémonie de clôture d’une session de formation des chefs de sûreté de daïra. Laquelle session s’est tenue à l’Ecole supérieure de police de Chateauneuf. Homme fort de l’Etat, Yazid Zerhouni a donné la mesure de la perte que constitue la mort de Ali Tounsi. «Le défunt frère nous a été ravi d’une manière subite et inattendue», a regretté le ministre. Pour la circonstance, il a choisi le moment et le lieu.
En effet, l’Ecole supérieure de Chateauneuf constitue un symbole fort. Elle représente la phase de modernisation irréversible dans laquelle est inscrite la Police nationale. Cette modernisation a été imprimée par Si El Ghaouti. «Frère d’armes», c’est ainsi que M.Zerhouni a qualifié l’ex-Dgsn. Ce dernier a retracé le long chemin qu’ils ont effectué ensemble. «Nous avons, Si El Ghouti et moi rejoint l’Armée de libération nationale (ALN) le même jour. Nous nous connaissions depuis 35 ans. Nous avons eu une seule préoccupation: l’intérêt et la défense de la nation», a affirmé M.Zerhouni. Pour faire le point, il a fait une digression sur l’Histoire. Et celle récente de l’Algérie ne manque pas d’enseignements. Sur ce plan, le ministre de l’Intérieur a retracé le long combat du peuple algérien pour l’indépendance. C’est dans ce chapitre qu’il a inscrit le parcours effectué par Ali Tounsi.
«Notre seul but était l’indépendance de l’Algérie pendant la Révolution avant que nous nous attelions l’un et l’autre à l’édification du pays», a-t-il affirmé. Dans cette optique, Si El Ghaouti s’est consacré à adapter le fonctionnement de la police aux normes internationales. Nommé Dgsn en 1994, Ali Tounsi a joué un rôle prépondérant dans la réinstallation de la sécurité, notamment, dans les milieux urbains.
Pour maintenir cette dynamique, le ministre a exhorté les hauts responsables de la Sûreté à s’inspirer de l’exemple du défunt dans l’exercice de leurs fonctions. «Les services de police se présentent parmi les premières façades de l’Etat exposées à l’opinion publique et l’ensemble de l’Etat peut être jugé sur la manière dont vous assumez votre responsabilité», a-t-il lancé à l’adresse de l’assistance. Cette dernière était composée de hauts responsables de la Sûreté nationale, ainsi que du Dgsn par intérim, le commissaire divisionnaire de police, M.El Affani Aziz. Pour rappel, M.El Affani a été nommé Dgsn par intérim quelques jours après le décès de Ali Tounsi. Agé de 55 ans, l’intérimaire est titulaire d’une licence en droit et d’une post-graduation en droit pénal. Il cumule une longue expérience dans les rangs de la Sûreté. Sa nomination vient couronner 28 ans de service. Durant sa longue carrière, il a exercé pendant 20 années comme responsable dans les services opérationnels. De 1995 à 2002, il s’est distingué dans la lutte antiterroriste. Ainsi, il a gagné ses galons dans des zones où culminait le terrorisme.
Les groupes terroristes occupaient des régions sensibles telles qu’Alger, Jijel et Boumerdès. Sa nomination répond au souci de maintenir la cohésion dans les rangs de la police. L’assassinat de Ali Tounsi le 25 février dernier a fait l’effet d’un séisme.
Hauts responsables, partis politiques, organisations associatives et anciens compagnons de lutte se sont succédé pour rendre hommage à Si El Ghaouti. «Le décès de M. Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté nationale, est survenu lors d’une séance de travail, au cours de laquelle un cadre de la police, apparemment pris d’une crise de démence, a utilisé son arme et a blessé mortellement le colonel Ali Tounsi», a indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur, publié le 27 févier, soit deux jours après le drame. Cette version a suscité une grande polémique.
Pour lever toute équivoque, M.Noureddine Yazid Zerhouni a précisé que le décès de l’ancien Dgsn constitue une énorme perte pour l’Etat.(L’Expression-13.03.2010.)

****«Oultache sera poursuivi pour homicide volontaire»

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux M.Tayeb Belaïz, a affirmé jeudi à Alger que l’auteur du meurtre, le 25 février dernier, du directeur général de la Sûreté nationale le défunt Ali Tounsi, est «poursuivi pour homicide volontaire avec préméditation» et qu’il a été placé «sous mandat de dépôt».
Dans une déclaration en marge de la séance consacrée aux questions orales au Conseil de la nation, le ministre a précisé que «l’affaire est entre les mains de la justice» et que «l’enquête judiciaire a été ouverte».
Après avoir précisé que l’auteur du crime «est actuellement en détention préventive», le ministre a ajouté que l’affaire était désormais du ressort du juge d’instruction qui «désignera sans doute un expert». «La décision appartient au magistrat instructeur. Mais, il est sûr qu’un expert psychiatrique sera désigné pour Oultache et aura à établir un rapport», a souligné le garde des Sceaux.
La désignation d’un psychiatre est une procédure normale devant prouver que l’auteur du crime était pris par une «crise de démence» au moment du drame. Si une telle éventualité se confirmait, le présumé assassin pourrait bénéficier de circonstances atténuantes lors du jugement.
Dans le cas contraire, il sera tenu entièrement responsable de son forfait.
Ali Tounsi a été assassiné le 25 février par M.Oultache qui a ensuite retourné son arme contre lui lors d’une réunion au siège de la direction générale de la Sûreté nationale à Alger, avait annoncé le ministère de l’Intérieur peu après le meurtre.
Selon le ministère, la mort de Tounsi «est survenue lors d’une séance de travail durant laquelle un cadre de la police, apparemment pris d’une crise de démence, a ouvert le feu sur le chef de la police avec son arme de service». M.Zerhouni a précisé le 2 mars que l’assassinat du chef de la police était un «crime sans témoins». (L’Expression-13.03.2010.)

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*Les praticiens de la santé publique reçus à la Présidence…

Comme prévu, les praticiens de la santé ont «tenu», hier, leur rassemblement devant la présidence de la République. Objectif : interpeller le président de la République, en sa qualité de premier magistrat du pays quant à la prise en charge de leurs revendications. Il va sans dire que les praticiens sont en grève depuis le 21 décembre dernier pour ceux affiliés au Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp) et depuis le 4 janvier écoulé pour ceux du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp). I l faut dire, aussi, que toutes les sollicitations de ces derniers sont restées lettre morte auprès des responsables en charge du secteur et autres partis politiques, toutes tendances confondues. Même les institutions de l’État, à l’image de l’Assemblée nationale populaire (APN), interpellée via sa commission n’ont pas été oubliées, sans pour autant arriver à trouver une quelconque solution et par ricochet mettre fin à ce litige. Hier, et c’était une première pour les partenaires sociaux, l’Intersyndicale de la santé a été reçue par un responsable de la présidence chargé des affaires sociales. Et place «aux promesses» et aux «engagements» : «La présidence s’est engagée à prendre en charge d’une manière concrète, nos doléances», dira Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique. Quand ? Le même responsable fera savoir qu’aucune date n’a été avancée dans ce sens. Toutefois, «ils nous ont rassurés que cela interviendra dans les plus brefs délais», soutient-t-il. D’ici, là, la grève, annonce de son côté, le président de Syndicat national des praticiens de la santé publique, Lyes Merabet, continue jusqu’à la satisfaction entière des revendications des praticiens. «Le mouvement de protestations se poursuivra selon sa forme actuelle tant que rien de concret n’est fait. Nous sommes plus que jamais décidés d’aller au bout de notre action. La balle est dans le camps des pouvoirs publics», tonnera Yousfi. Et pour cela, la même voix a exhorté les manifestants à rester vigilants mais surtout déterminés, car seule «la mobilisation pourrait faire aboutir nos doléances à caractère purement «socioprofessionnel.» De son côté, Lyes Merabet soutient, mordicus, que l’Intersyndicale de la santé est pour un véritable dialogue, serein et responsable, avec des mesures concrètes et fiables. Ainsi, donc, les praticiens ont été reçus à la présidence. L’espoir est plus que jamais permis pour une solution finale à ce bras de fer qui n’a que trop duré même si avant d’être reçus à la présidence, les praticiens ont eu un tout autre traitement :

 LA RÉPRESSION

La scène est bel et bien désolante. Les images en témoignent. Les praticiens de la santé publique, qui ont tenu, hier, leur rassemblement ont été malmenés, secoués par les forces de l’ordre dépêchées en grand nombre sur les lieux. Les instructions ont été claires : empêcher à tout prix les manifestants d’avancer vers le siège de la présidence… même en usant de la matraque. C’est ainsi qu’ils (praticiens) ont été cantonnés sur le chemin Ali Hadad près de l’APC d’El Mouradia. La première tentative de rentrer en contact avec les services de la présidence s’est avérée vaine, et … c’était la goutte qui a fait déborder le vase. Résultat : les praticiens, visiblement touchés dans leur amour propre, après ce premier refus, commençaient à scander: «à bas la répression», «nous sommes des praticiens et pas des terroristes», «où va la santé ?» ou autre : «Après Zizou, c’est nous», allusion faite à l’accueil réservé dernièrement par le président de la République à la star footballistique mondiale Zidane. Dès lors, la tension monte d’un cran. Les praticiens voulaient avancer vers la présidence, mais en vain. Les policiers n’ont pas quitté leurs places d’un iota. Un cordon sécuritaire des plus impressionnants a été mis en place empêchant toute avancée possible. Rien à espérer. Des médecins dont des femmes évanouies… bref, un climat de peur y a régné. Avant que les choses reviennent à la normale avec cette décision des responsables de la présidence de recevoir les deux présidents des syndicats, en l’occurrence, Lyes Merabet et Mohamed Yousfi. Reste à savoir, maintenant, la suite qui sera donnée à ces doléances qui déterminera la suite à donner à ce litige qui dure depuis presque 3 mois. (le Courrier d’Algérie-11.03.2010.)

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* L’article ci-dessous est tiré de la presse française, paru dans le journal La Croix.

**Atmosphère de fin de règne…

Alger vit au rythme des informations sur la lutte de clans au sein du pouvoir. Mercredi dernier, Zinedine Zidane a dénoué à son insu une rumeur qui courait en Algérie : « Le président est mort. Les autorités attendent la fin du match amical Algérie-Serbie ce soir pour l’annoncer. » L’ancien footballeur français était arrivé avec l’équipe championne du monde 1998 pour un tournoi. Sa présence en famille a offert l’occasion à Abdelaziz Bouteflika, 73 ans, de se montrer, lui aussi, en famille. Le président de la République, qui a entamé il y a près d’un an son troisième mandat, avait disparu depuis plus d’un mois des écrans.Un point d’information exceptionnellement avancé à 17 heures a diffusé des images. À peine audible mais souriant, l’œil malicieux, Abdelaziz Bouteflika en a profité pour envoyer un message fort à tous ceux qui tablaient sur le déclin de son clan. Il était flanqué de son frère médecin, Mustapha, malade depuis plusieurs mois d’un cancer, dont la « nouvelle » de la mort se confondait parfois avec celle du président.Blouson et cravate bariolée, Saïd… était aussi présent. Homme fort de la présidence de la République, il a été contraint de prendre du recul depuis deux mois en raison d’un amoncellement de dossiers de corruption le visant, disent les uns ; pour aller au chevet de Mustapha en Suisse disent les autres.pix_transpix_transL’absence, le 26 février, du président de la République aux funérailles d’État d’Ali Tounsi, directeur général de la sûreté nationale (DGSN), avait alimenté la rumeur sur sa rechute. En poste depuis 1995, Ali Tounsi, 73 ans, a été assassiné par son plus proche collaborateur, le colonel Chouheib Oultach.Un fait divers « sans témoins », comme tente de le vendre le ministre de l’intérieur, Nourredine Zerhouni, fidèle du président…. Il était pour sa part un protégé du général Mediène Toufik, patron de la sécurité militaire (DRS), homme fort du régime. Le colonel Oultach allait être suspendu pour des accusations de malversations. La fuite de cette information dans le quotidien Ennahar l’avait mis hors de lui.Pour Mohamed Chaicha, politologue, « le règlement de compte à coups de Smith & Wesson a choqué, car il dit la vérité du régime: les militaires veulent reprendre la main. Ils ne sont pas loin de considérer Abdelaziz Bouteflika et son clan comme un risque politique. Le président est immobile face à un pays qui bouillonne. Pendant ce temps, ses proches –pas seulement eux– rackettent les marchés publics. Le trafic d’influence est devenu de loin supérieur au service politique rendu. C’est la crise en haut lieu. »pix_trans pix_transLes « affaires » ont rendu le climat délétère. Il y a eu d’abord le gargantuesque pot-de-vin – au moins 200 millions d’euros – des Chinois pour l’obtention de deux tronçons de l’autoroute est-ouest. Tout le staff du ministre des travaux publics est en détention préventive. Puis, au début de l’année, le méga-scandale de malversations dans la passation de marché de la société pétrolifère d’État, la Sonatrach. Le PDG, Mohamed Meziane, est sous contrôle judiciaire, ses deux fils en prison, ainsi que deux vice-présidents de la Sonatrach. Un séisme.Trait commun entre les deux affaires : la DRS qui a mené l’enquête. Dans les deux cas, les fils conduisent à l’entourage présidentiel. De manière quasi évidente dans le cas de la Sonatrach : rien ne s’y décide sans l’avis de Chakib Khelil, ministre omnipotent de l’énergie, autre fidèle du président.« Le président subit plus qu’il ne contrôle. Des médias proches de lui ont suggéré qu’il est à la tête de cette opération mains propres contre le fléau de la corruption. Il a laissé les enquêtes se poursuivre, parce que, politiquement, c’est devenu plus dangereux de les stopper », estime un ancien PDG de la Sonatrach. L’Algérie a passé pour plus de 100 milliards de contrats avec l’étranger ces quatre dernières années. Cela a fait bouger les lignes du pouvoir. Le clan présidentiel est mis sous pression. Simple réajustement ou accélération de la fin de règne? (La Croix-09.03.2010.)  

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ecolemanifcaric.jpg*Reprise dans les établissements scolaires…L’après-grève, l’autre épreuve difficile pour Benbouzid…

* vers la réduction des vacances scolaires

L’Union nationale des professeurs de l’éducation et de la formation (Unpef) a décidé de mettre fin à son mouvement de protestation entamé depuis deux semaines. Le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) réunira, aujourd’hui, son Conseil national pour décider de la suite à donner à son action. Tout porte à croire que celui-ci penchera sur une reprise des cours.Tout ça pour dire que le secteur de l’éducation nationale trouvera, à la faveur de cette décision, ses anciennes habitudes : Les élèves retrouvent, après un repos forcé, les bancs de l’école, au grand bonheur de leurs parents qui n’ont pas cessé d’appeler à la reprise des cours et par voie de conséquences éviter une année banche. Maintenant c’est fait… l’année scolaire est sauvée. Mais pas à n’importe quel prix. La séquelle, c’en est une, d’un tel mouvement est là : retard considérable dans l’achèvement des programmes. Même si une estimation exacte est difficile à donner, il n’en demeure pas moins que pour certains pédagogues, le retard avoisine les 50%. Est-t-il possible de rattraper le temps perdu, mais surtout comment y parvenir ? Ce sont là les questions du jour et des enseignants, des élèves et de leurs parents. Pour y répondre, les pédagogues sont partagés. Chacun y va de son raisonnement pour mettre en évidence ses propositions. Si pour certains, c’est déjà trop tard pour y remédier de par l’ampleur du retard, d’autres, par contre, feront savoir qu’il en existe tout de même un champ de manoeuvre « pour peu qu’il y ait une volonté de l’État mais aussi de tout un chacun, enseignants et élèves qui devaient en faire des concessions. C’est ce qu’a indiqué Meziane Meriane, enseignant et coordinateur du Syndicat autonome des professeurs d’enseignants secondaire et technique (Snapest). Plus explicite, notre interlocuteur propose l’impérieuse nécessité de prolonger d’une demi-heure les journées des cours. Une procédure somme toute possible à partir de mois du mai prochain, profitant de la « clarté des jours », soutient- t-il. Meziane Meriane mise sur l’utilisation de la première semaine des vacances du printemps prévues pour ce 17 mars pour lancer un plan de rattrapage au profit des élèves. Notre interlocuteur indiquera également que la démarche reste faisable et ça nécessite uniquement la compréhension des élèves et des enseignants. Pour lui, il est important, qu’il y ait des concessions de part et d’autre. Certains éducateurs estiment, en revanche, qu’il n’existe aucun moyen permettant de gérer, dans les normes pédagogiques, l’après-grève. Autrement dit, il n’y a aucun dispositif qui permettra, de par l’ampleur du retard enregistré, de rattraper les cours perdus. Un retard qui touche, aussi bien, les classes d’examens que les autres niveaux. Achour Idir du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) fera savoir que l’année scolaire est bel et bien perturbée et que personne ne peut soutenir le contraire. Deux éléments aux yeux de cet enseignant, rendent ce rattrapage difficile pour ne pas dire impossible : l’emploi du temps déjà insupportable et un programme des plus chargés. Sauf que cela ne veut pas dire qu’il n’existe aucune solution. Bien au contraire, celle-ci réside en « la limitation des programmes par filière», tonnera la même voix, avant de mettre en garde le département de Benbouzid quant à toute procédure hâtive qui ne résoudra point le problème. Il faut souligner que le ministre de l’Éducation nationale n’a pas mis en place jusque-là, aucune stratégie pour venir à bout de cette situation on ne peut plus épineuse. (Le Courrier d’Algérie-07.03.2010.)  

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*L’école au bord du précipice

Le Cnapest persiste et signe. La grève se poursuivra malgré les menaces du ministère.

Il ne reste plus que trois mois avant les vacances scolaires et les élèves ne sont toujours pas fixés sur le déroulement de ce dernier trimestre d’études. La préparation des examens est compromise et c’est tout le système qui est menacé de déliquescence. C’est dans ce contexte que le gouvernement s’est engagé dans une escalade avec les syndicats. Réponse du Cnapest: seul le conseil extraordinaire du syndicat peut décider de la poursuite ou non de la grève. Les griefs retenus sont tenaces. Règlement des dossiers de la médecine du travail, des oeuvres sociales et du régime indemnitaire.
Du côté du gouvernement, on estime que tout a été fait étant donné que de nouvelles augmentations ont été consenties. Mieux encore, la justice a été sollicitée pour légitimer, a priori, les actions administratives décidées par le ministère de l’Education nationale.
Les 400.000 enseignants sont menacés de radiation de la Fonction publique. La tentation est grande de faire appel à des chômeurs sans expérience. Mais le ministère a déjà des problèmes avec ses contractuels qu’il ne veut pas régulariser. Ensuite, il n’y a rien qui garantit que les nouvelles recrues n’auront pas à élaborer des plates-formes de revendication.
Mais tous ces arguments n’empêchent pas le gouvernement de vouloir mettre fin au mouvement de protestation par la plus forte des manières. Après la justice, ce sont les partis, l’Ugta et les parents d’élèves qui sont mobilisés. L’Alliance présidentielle fait corps avec le ministre du secteur. Même si c’est en retard.
Le FLN et le MSP avaient préféré, dans un premier temps, soutenir les grévistes. L’Ugta est déjà bien débordée pour ne pas se laisser dépasser par des revendications auxquelles elle n’adhère pas. Ce sont 80% des enseignants qui ne fréquentent plus les classes de cours.
Et la menace de radiation risque de produire l’effet contraire à celui escompté. Non seulement, les grévistes sont à même de reconduire leur mouvement, mais les autres syndicats pourraient bien les rejoindre.
Pire, ce mouvement pourrait s’élargir à toute la Fonction publique. Le gouvernement a pris beaucoup de temps avant de décider à se pencher sur les problèmes des 1,6 million de fonctionnaires. Il a trop misé sur l’essoufflement des mouvements de protestation, qui ne sont pourtant pas nouveaux. La conséquence logique en a été l’immobilisme et il a fallu n’être plus qu’à trois mois de la clôture de l’année scolaire pour qu’enfin il soit pris conscience de l’ampleur du mouvement.
Cette même ampleur a permis aux syndicats d’arracher pas mal de revendications. Conscients de leur poids, ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Cette détermination vise à faire reculer le gouvernement et le pousser à renoncer à ses sanctions ajoutant à leur palmarès une nouvelle victoire.
Désormais, les syndicats sont devenus des acteurs importants sur la scène et ils ne servent pas qu’à célébrer des dates historiques. Les enseignants ne sont pas du tout tentés par l’aventure mais ils y sont allés armés de revendications concrètes qui se sont soldées par des acquis tout aussi palpables. Ils espèrent surfer sur cette vague qui leur est favorable pour faire plier encore une fois le gouvernement. Ils sentent que leurs revendications sont d’autant plus légitimes qu’ils sont censés représenter la classe moyenne et la frange instruite de la société.
Cette levée de boucliers de la classe moyenne est confirmée par la montée au créneau d’autres catégories de fonctionnaires que sont les médecins. Les autres agents des mêmes corps comme les sages-femmes et les adjoints d’éducation ne sont pas en reste.
Or, la grandeur d’une nation se mesure par la fiabilité de son système de santé et d’éducation. Néanmoins, il se trouve que ces secteurs vont mal, traduisant un malaise dans la société. En se heurtant de front avec les enseignants, le gouvernement a fait preuve de précipitation au lieu de continuer le dialogue et au lieu de commencer cette démarche beaucoup plus tôt. ç’eut été une bonne démarche pour sauver l’année scolaire au lieu d’attendre les derniers mois pour tenter une sortie de crise.
Comme lors des années précédentes, le constat est que les élèves ne sont plus pris en charge correctement. Ils n’ont acquis que quelques bribes du programme prévu.
C’est avec ces maigres connaissances qu’ils iront affronter le baccalauréat. Déjà, lors de la session précédente, les examens n’ont porté que sur quelques cours et l’on s’achemine à nouveau vers cette solution qui n’en est pas une.(L’Expression-06.03.2010.)

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*Benbouzid menace de licencier les enseignants
 

Après les menaces, le ministère de l’Education passe à l’acte. A partir du 7 mars prochain, tout enseignant ne se présentant pas à son poste de travail risque un licenciement. Le département de Benbouzid a décidé de «la mise en oeuvre de la radiation des effectifs de la Fonction publique conformément à la réglementation en vigueur», a indiqué, hier, un communiqué du ministère. Cette mesure fait suite à la constatation de l’abandon de poste appliquée pour toute absence enregistrée. Pour suppléer les postes vacants, la tutelle a instruit les directeurs de l’éducation de wilaya de prospecter parmi les demandes d’emploi en leur possession. Aussi, des ponctions sur salaire seront appliquées si la grève persiste. Le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) et l’Union nationale des professionnels de l’éducation et de la formation (Unpef) ont trois jours pour convaincre les enseignants de reprendre le travail. Au delà, les sanctions tomberont. Les résolutions du ministère font suite au verdict prononcé par la Justice sur cette affaire. Le 1er mars dernier, la chambre administrative de la Cour d’Alger a ordonné l’arrêt immédiat de la grève. Cependant, l’Unpef et le Cnapest ont assuré qu’ils n’ont pas reçu de copies de cette décision.
Pour sa part, le ministère a qualifié le mouvement contestataire des enseignants d’«attitudes regrettables». Entre les deux parties, le bras de fer continue. (L’Expression-04.03.2010.)

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*DEVANT LA PERSISTANCE DE LA GRÈVE  Incertitude sur l’année scolaire

La grève de l’éducation nationale entamée à l’initiative de deux syndicats autonomes à savoir le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST) et l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF) se poursuit et se durcit au fil des jours. La mobilisation n’a pas baissé d’un iota. Le taux de suivi avoisine les 90%. C’est-àdire, l’arrêt du travail est total. C’est la paralysie. Une situation qualifiée de paradoxale par les observateurs. Et ce, pour la bonne et simple raison que l’Etat, selon eux, a fait des concessions en procédant bel et bien aux augmentations salariales. Mais voila que cette décision n’a pas pu convaincre les partenaires sociaux. Ceux-ci maintiennent leur mouvement mais surtout ne comptent pas mettre fin à leur action, jusqu’à la satisfaction entière de leurs doléances.

SYNDICAT ET MINISTÈRE… PAROLES, PAROLES
Ils jugent que la tutelle n’a pas répondu de la manière la plus claire et concrète à leurs réclamations portant sur trois dossiers : le régime indemnitaire, les oeuvres sociales et la médecine du travail. Selon, le coordinateur du CNAPEST, Nouar Larbi, le ministère n’a pas tenu ses engagements quant à la revalorisation de pas moins de quatre primes. Dans cette optique, il réclame rien moins que la mise en oeuvre de deux nouvelles primes, sans pour autant en préciser leurs natures. Il fera savoir que la tutelle a «gonflé» les supposés salaires du personnel enseignant en intégrant la prime de rendement (PRI) estimée à 40%. Reste que pour lui, la goutte qui a fait déborder le vase est la publication par Benbouzid des fiches de paies des enseignants. Aux yeux du même responsable, cet acte est mal vu par les enseignants qui se sont sentis touchés dans leur amour propre. En somme, pour ces deux syndicats (UNPEF et Cnapest), les dernières augmentations décidées par les pouvoirs publics ne sont que de la poudre aux yeux. Ils expliquent que l’augmentation nette du régime indemnitaire ne dépasse pas les 10%. Ils reprochent, également à la tutelle la non prise en charge de leurs revendications concernant les oeuvres sociales et la médecine du travail. Qu’en est-il maintenant de l’avis du département de Benbouzid ? Abdelhakim Belaâbed, représentant du ministère de l’Éducation nationale estimera que la grève est «injustifiée», tant que «les revendications des syndicats ont été satisfaites y compris la revalorisation des primes telles qu’elles sont réclamées par les enseignants». La même voix indiquera que l’application effective de la nouvelle grille de salaires sera effective à partir du mois courant. Certes, ces déclarations ont trouvé de l’écho auprès des deux structures syndicales en l’occurrence le Syndicat des professeurs d’enseignants secondaire et technique (SNAPEST) et le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) mais sans pourtant arriver à stopper le mouvement de protestation dans le secteur.

PARENTS D’ÉLÈVES… NON À L’ANNÉE BLANCHE
Entre temps, les parents d’élèves sont inquiets. Un sentiment des plus logiques. Il y va de l’avenir de leurs enfants. Il ne faut pas perdre de vue que les examens se profilent d’ores et déjà à l’horizon, notamment pour les élèves des classes terminales. Le spectre de l’année blanche plane de nouveau et menace la scolarité des écoliers, tous secteurs confondus. Le retard dans l’avancement des programmes est considérable. Le rattrapage des cours n’est pas une mince affaire pour ne pas dire impossible. C’est en tout cas l’avis des pédagogues et autres enseignants. C’est pourquoi, d’aucuns préconisent, comme seule et unique solution afin de récupérer le temps perdu, la limitation des programmes. Il faut dire aujourd’hui que les élèves sont les seules victimes de ce bras de fer. La responsabilité incombe à la fois au ministère et aux syndicats autonomes qui auraient pu, avec un minimum de sens de responsabilité, éviter un tel état de fait. Mais rien de cela n’a été fait sur le terrain où l’entêtement l’a emporté sur le bon sens, hélas. Résultat : la grève se poursuit. Le retour à la normal est renvoyé aux calendes grecques… et le retard s’accumule, au grand dam des collégiens. Et les réactions n’ont pas tardé à se faire entendre : Djamila Khiar, vice-présidente de la Fédération nationale des parents d’élèves crie, à qui veut l’entendre : «non à l’année blanche», «non à ce que les élèves soient pris en otage dans ce litige qui ne dit pas son nom». S’exprimant, hier, sur les ondes de la Radio nationale, celle-ci plaide pour une solution rapide du problème dans un cadre légal qui prend en compte l’intérêt des élèves.

«L’APRÈS GRÈVE», QUE FERA BENBOUZID ?
Si demain les syndicats décident de mettre fin à leur mouvement de protestation, la question qui serait posée est de savoir comment le premier responsable en charge de secteur procédera afin de combler tout ce retard dans la mise en oeuvre des programmes. «Les choses ne seraient pas faciles », c’est du moins ce qu’a indiqué Abdelhakim Belaâbed. Le représentant du ministre de l’Éducation n’a pas soufflé mot sur la stratégie à suivre se contentant uniquement de souligner que la situation est compliquée. Les enseignants, quant à eux, soutiennent que si les choses restent en l’état, c’est-à-dire au cas où la tutelle ne répond pas dans les plus bref délais à leur doléance, le rattrapage des cours serait impossible du point de vue pédagogique. À y regarder de près, aucun plan officiel n’a été mis en place, jusquelà, par la tutelle afin de venir au bout de cet état de fait née de la grève des syndicats. Il a eu, certes, l’éventualité de supprimer les vacances de printemps prévues pour ce 17 mars. Mais cette option a été vite rejetée par les enseignants mais aussi par les élèves. (Le Courrier d’Algérie-03.03.2010.)

***ZERHOUNI AU SUJET DE L’ASSASSINAT DE ALI TOUNSI :

  «La justice y planche déjà»…

Donné pour mort par certains alors que d’autres parlent de son audition dans les tout prochains jours, l’assassin du Premier policier du pays, jeudi dernier, est hors de danger et poursuit sa convalescence. C’est le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales qui vient de battre en brèche toutes les supputations et spéculations au sujet de l’état de santé du colonel et chef de la division héliportée de la police nationale, Chouaib Oultache. Interrogé à ce sujet, hier, en marge de l’ouverture de la session de printemps du Conseil de la Nation,Yazid Zerhouni n’a pas laissé les journalistes sur leur faim en distillant des éléments sur ce malheureux épisode. Promettant de prime abord une transparence totale dans le traitement de l’affaire, il confirmera que Chouaib Oultache est encore vivant, se permettant une digression en invitant son auditoire à « le laisser (l’assassin, ndlr) récupérer ». Déclarant qu’il n’y avait pas de témoins directs du crime, Zerhouni dira que la justice, qui a déjà entamé son travail, traitera le dossier dans le moindre détail. À propos du successeur de feu Ali Tounsi, Zerhouni affirme avoir fait plusieurs propositions au président de la République. Par ailleurs et au sujet des Codes de la commune et de wilaya qui, décidément, se font désirer tant ils ont été annoncés à maintes reprises, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales dira que leur étude n’est pas encore achevée. «Il faudra qu’ils passent en Conseil des ministres avant sa présentation à l’appréciation des députés et des membres du Conseil de la Nation», soulignera-t-il à ce sujet. Actualité oblige faite de scandales de corruption touchant les plus gros bras de l’économie nationale et bien d’institutions Étatiques, le ministre de l’Intérieur inscrira l’amendement, il y a un peu plus d’une année, du Code des marchés publics dans le cadre de la lutte contre le fléau de la corruption. À ce propos, le représentant du gouvernement n’a pas fait dans la litote : « Il est nécessaire, il faut le respecter car il constitue une garantie du bon usage des deniers publics », affirmera le ministre. Dans une précédente déclaration, Yazid Zerhouni avait indiqué qu’avec le nouveau Code communal, des solutions seront apportées aux problèmes que connaissent certaines Assemblées populaires communales (APC), lesquelles sont actuellement dans «l’impasse», précisant que le nombre de ces APC ne dépasse pas la dizaine. (Le Courrier d’Algérie-03.03.2010.)

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KARIM DJOUDI À PROPOS DE LA LUTE CONTRE LA CORRUPTION :

  «Le gouvernement fera son devoir»..

«Le gouvernement algérien remplira son devoir et s’acquittera de sa tâche et du rôle qui lui est assigné en matière de lutte contre la corruption ». C’est du moins ce qu’a indiqué, hier à Alger, le ministre des Finances, Karim Djoudi, en marge de la cérémonie d’ouverture de la session de printemps de l’Assemblée populaire nationale (APN). Répondant à une question ayant trait au renforcement des mécanismes de contrôle et de lutte contre la corruption, le premier argentier du pays a précisé que « le gouvernement s’est engagé ces dernières années de manière considérable à lutter contre la corruption et a mis des mécanismes de contrôle pour lutter contre ce fléau. Ces derniers seront foncièrement renforcés et modernisés davantage ». Il a réitéré dans le même sillage que son département à un rôle de contrôle à travers notamment l’Inspection générale des finances (IGF), cependant en ce qui concerne le suivi et la gestion des dossiers de corruption ainsi que le nombre de personnes impliquées dans des affaires douteuses dépendent d’autres secteurs. Questionné, par ailleurs, sur l’augmentation des salaires, le ministre a affirmé que « toutes les décisions en matière des augmentations salariales, s’agissant des statuts particuliers ou des régimes indemnitaires sont prises en charge dans le cadre du budget de l’État ». En ce qui concerne la dernière correspondance du Fonds monétaire international (FMI), dans lequel cette instance a sommé l’Algérie de lever l’interdiction sur les crédits à la consommation, le ministre, sans vouloir s’étaler trop longtemps sur le sujet, a indiqué qu’ «à l’heure actuelle aucune décision n’a été prise». Il est à rappeler dans ce contexte que dans une note d’information publiée, le 25 février dernier, par le Conseil d’administration du FMI, il est indiqué que les administrateurs de l’institution de Bretton Woods « sont d’avis que l’interdiction des prêts à la consommation (à l’exception du crédit immobilier) constitue un obstacle potentiel au développement du secteur financier et suggèrent de lever cette interdiction lorsque la Centrale des risques liée aux crédits aux particuliers deviendra opérationnelle ». À une question relative à la dette fiscale d’un opérateur de téléphonie mobile, Karim Djoudi a indiqué qu’ « en tant que ministère des Finances, nous avons une mission de contrôle de l’ensemble des personnes morales et physiques qui interviennent sur le marché économique », tout en faisant observer que son département «ne fait pas de distinction entre les opérateurs». «Nous respectons les droits et les obligations de l’ensemble des opérateurs, et parmi ces obligations il y a celles consistant à payer les impôts », a-t-il ajouté. Dans ce sens, il a soutenu que « nous sommes dans un État de droit et nous faisons en sorte que ces obligations soient payées ». Concernant la modification du Code des marchés publics, le ministre dira que « le décret régissant ces derniers, publié dans le Journal officiel, en 2008, fait l’objet d’une discussion par un comité au niveau du Premier ministre », a-t-il conclu.(Le Courrier d’Algérie-03.03.2010.)

**Pour que la presse ne parle plus de corruption, il faudrait que les gens arrêtent de voler.

La presse ne crée pas l’événement, elle le rapporte. Pour que la presse ne parle plus de corruption, il faudrait que les gens arrêtent de voler. Et l’image de l’Algérie n’en serait que meilleure.

Il était certain que les derniers scandales liés à des affaires de corruption allaient s’inviter aux débats du Parlement, pour l’ouverture de sa session de printemps. Maigre consolation puisqu’il ne s’agit que d’un survol d’un fait important qui a ébranlé la société d’une part, et par le fait que les organismes incriminés sont ceux qui brassent des millions en devises, d’autre part. Il ne s’agit pas de la petite corruption où la tentation est “justifiée” par une érosion du pouvoir d’achat.
La sortie maladroite du deuxième personnage  de  l’État sur cette question étonne : au lieu d’appeler à la constitution, avec son collègue de l’Assemblée, d’une commission d’enquête sur ces dilapidations, il se résigne à pointer du doigt la presse, devenue bouc émissaire expiatoire et responsable des maux du pays et d’en noircir l’image. À ce stade d’accusations, le courage serait d’intimer l’ordre aux services de sécurité de ne plus diligenter d’enquêtes. La presse ne crée pas l’événement, elle le rapporte. Pour que la presse ne parle plus de corruption, il faudrait que les gens arrêtent de voler. Et l’image de l’Algérie n’en serait que meilleure.
Enlisée dans ce débat, la consolidation de l’État de droit a encore beaucoup de chemin à faire avec cette sorte de discours d’élus qui évitent d’être, par peur de représailles multiples, des précurseurs et des réveilleurs de conscience. Ils se contentent de remplir un mandat sans heurt pour le bonheur d’une retraite dorée et le plaisir d’exhiber une carte de visite aux armoiries du Parlement.
Le phénomène de la corruption n’est pas spécifique à notre pays. Il sévit partout avec des traitements et une prise en charge différents. Il faut juste avoir le courage de le reconnaître, de la combattre et n’être pas le dernier de la classe pour son éradication. (Liberté-03.03.2010.)

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*Le Cnapest et l’Unpef parlent de «supercherie» Les nouveaux «vrais salaires» des enseignants…

Les deux syndicats autonomes du Cnapest et de l’Unpef ont repris hier le chemin de la contestation.La grève d’une semaine reconductible a bien eu lieu dans les écoles primaires et les collèges. Les appels à la sagesse lancés ces derniers jours par la tutelle n’ont pas réussi à dissuader les deux organisations syndicales qui semblent opter pour l’escalade. Les deux syndicats autonomes promettent d’ores et déjà une radicalisation du mouvement de contestation dans les jours à venir. Ils dénoncent, selon leurs propos, la «supercherie» orchestrée par la tutelle pour «enjôler le personnel enseignant et pour berner l’opinion publique». Premier reproche émis par les deux syndicats autonomes est la mise à nu par le ministère des nouvelles «fausses» hausses des salaires des enseignants. Les syndicalistes accusent ouvertement la tutelle de se livrer à un «dangereux jeu de manipulation de l’opinion publique contre la corporation des enseignants». Ils affirment que la tutelle a délibérément «gonflé» les supposés salaires du personnel enseignant en intégrant la prime de rendement (PRI) estimée à 40% dans l’augmentation globale des salaires. Les majorations, pouvant atteindre les 10.000 dinars pour un enseignant du secondaire, annoncées par la tutelle, ne seraient finalement que du vent, regrettent les syndicalistes. «Les vraies hausses des salaires ne dépasseront pas les 4.800 dinars au maximum pour un professeur du secondaire», lance en colère ce syndicaliste de l’Unpef. Les syndicats ont pris pour référence les salaires du mois d’avril prochain pour conclure sur le fait que les hausses des salaires annoncées par le ministère de l’Education étaient tout simplement «fausses». Un enseignant du secondaire touchera un salaire de 39.840 dinars, contre 34.600 dinars pour un enseignant du moyen et 32.294 dinars pour celui du primaire. On est loin ainsi des «grosses» hausses annoncées le 20 février par la tutelle. Le ministère avait, en effet, révélé dans son communiqué que le salaire du professeur de secondaire, échelon 6 soit près de 20 ans d’expérience professionnelle, progressera de 30.017 dinars à 48.452 dinars soit un plus de 7.530 dinars à compter du 1er janvier 2008 et un plus de 10.905 dinars à partir du 1er mars 2010. Le salaire du professeur d’enseignement fondamental devrait passer, selon la tutelle, de 25.117 dinars à 42.010 dinars (+9.533 dinars à compter du 1er mars prochain). L’instituteur du primaire verra aussi son salaire évoluer pour passer de 23.989 dinars à 39.050 dinars. Sur les fiches de paie la réalité est autre, estiment les syndicalistes. «Les proviseurs des lycées seront les seuls à toucher des salaires au-dessus de 42.000 dinars. Ils ont bénéficié d’une hausse réelle de 5.400 dinars», confient les syndicalistes. Ces derniers s’interrogent encore sur le sort des deux nouvelles indemnités à savoir l’indemnité d’amélioration des performances pédagogiques (IAPP) et de celle de l’expérience professionnelle (IEPP). Pour revenir à la première journée de cette grève d’une semaine reconductible, le mot d’ordre a été largement suivi, selon les deux syndicats autonomes, dans les établissements scolaires. A Oran, les syndicalistes et l’académie se sont livrés à une nouvelle bataille à fleurets mouchetés sur les taux de suivi de débrayage dans les écoles. L’Unpef avance un taux de suivi de 80% dans le cycle moyen et entre 50 et 70% dans les écoles primaires. Ce syndicat autonome a réussi à collecter 1.700 signatures d’enseignants pour la poursuite de la grève durant la seule matinée d’hier. Du côté de l’académie, les responsables assurent que la grève a été peu suivie à Oran et en particulier dans le secondaire.(Quotidien d’Oran-25.02.2010.) 


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****AUGMENTATION DES PRIX DES DENRÉES ALIMENTAIRES
Qui veut mettre le feu aux poudres?
 De visu, les fermes de l’ouest et du centre-ouest du pays assurent l’abondance de la production.

A quelques jours de la célébration du Mawlid Ennabaoui (naissance du Prophète Qsssl), les marchés d’Oran vivent au rythme d’une vague infernale d’augmentations des prix de produits de première nécessité. En effet, ceux de plusieurs denrées alimentaires ont été revus à la hausse. «La conjoncture l’impose», ironise-t-on. Ainsi, la pomme de terre qui était cédée, il y a quelques jours, entre 30 et 35 DA, a atteint le pic de 50 DA/kg. Idem pour les carottes, les haricots, les navets, les oignons et les tomates qui ont grimpé de plusieurs dizaines de dinars. Ce n’est pas là une crise latente, ces hausses sont expliquées par les faits mêmes.
«Il a fallu que la petite augmentation de salaire soit décidée pour que la spéculation se substitue à la raison, si au moins cette augmentation du Snmg était effective», déplore-t-on. «La hausse des prix est depuis de longues années, injectée jusqu’à l’overdose qui ne fait plus mal; les prix n’ont jamais baissé» regrette-t-on. Le sucre dont les prix ont pris une envolée importante, est suivi par les légumes, les fruits et les viandes; les chefs de famille attendent la concrétisation effective des engagements du gouvernement quant à la régulation du marché. «Tant pis si cette augmentation persiste!», se consolent les Oranais.
L’annonce de la mise en place d’un dispositif de protection du consommateur a été faite dans un passé très récent. Il est encore très loin le temps de juguler le phénomène des augmentations, souvent décidées de manière unilatérale et dissimulée. La cartographie de la hausse est établie: marchés de la Bastille, El Hamri, Mdina Jdida, Usto et Gambetta. Le même discours revient comme un leitmotiv. «A prendre ou à laisser, ce n’est pas notre faute si les prix ont augmenté» se disculpent les commerçants de détail expliquant que, eux aussi, subissent les foudres de cette décision.
Un petit tour au marché de gros d’Oran: là encore, les grossistes se raffermissent davantage sur leurs positions inébranlables en renvoyant la balle. «Il faut voir du côté du premier fournisseur», justifie un grossiste. «J’ai dû payer gros auprès de l’agriculteur», lui emboîte le pas un autre. Autant d’explications sont avancées pêle-mêle comme l’austérité, cette année, de la terre, le déficit des agriculteurs, les taxes fiscales lourdes,…etc.
Comme un leitmotiv, tous les membres composant la chaîne de distribution semblent bien avoir appris la leçon et le discours à tenir lors des moments cruciaux en désignant des tierces personnes fantoches. Pour se blanchir de tout reproche, selon ces commerçants de gros, la spéculation et les hausse des prix, qui ne sont pas de leur ressort, ont commencé avant même la hausse du Snmg annoncée dernièrement par l’Etat. Elles ont été déclenchées à la source, c’est-à-dire à partir des fermes mêmes. Là encore, ces justificatifs ne peuvent être convaincants vu que ce sont ces mêmes commerçants de gros qui accaparent de grands champs de légumes et de fruits avant même la cueillette. La bonne affaire est réalisée avant que les légumes et les fruits n’arrivent à maturité. Cette chaîne semble bien organisée. Elle est conduite par les futés laissant les fellahs se débattre dans leurs déficits et périr sous le poids de leurs dettes vis-à-vis des banques tandis que le citoyen souffre de la hausse. Peut-on remonter cette filière à la fois spéculatrice et imprévisible? Les plus aux faits de la chose sont unanimes à dire que le marché algérien échappe à toute gestion faute de mécanismes rigoureux de contrôle et de suivi. Pourtant, les choses sont simples. De visu, les fermes de l’ouest et du centre-ouest du pays assurent l’abondance de la production fruitière et légumière. La wilaya de Aïn Defla est bien connue pour ses pommes et poires tandis que celle de Mostaganem est réputée pour la culture d’oignons, de pommes de terre, navets, carottes. Les champs de Attatba et ceux de la Mitidja peuvent peser lourdement sur les marchés des tomates.
En dehors de la traditionnelle surenchère, rien ne se fait. Du côté des boucheries, un autre guet-apens attend de pied ferme le petit consommateur. Là encore, les explications incohérentes sont multiples. Les bouchers s’ingénient à défendre l’indéfendable en accusant parfois leurs fournisseurs d’être à l’origine de l’envolée des prix de la viande blanche, et se disculpant tantôt, en argumentant de la cherté et de la rareté des aliments de volaille. (L’Expression-22.02.2010.)

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LES CONFLITS SOCIAUX DANS LE SECTEUR ÉCONOMIQUE

Faire la part des choses

1De tous les conflits sociaux qui ont agité ces  trois ou quatre dernières années le secteur économique, les grèves qui ont eu lieu à la SNVI Rouiba et à Mittal Steel Annaba ont été les plus marquantes de par la mobilisation qu’elles ont suscitée au sein des travailleurs et de l’impact qu’elles ont eu sur l’opinion publique nationale.

Ces grèves ont été aussi les plus significatives  de la capacité du mouvement syndical à se poser et à s’affirmer en partenaire social incontournable dans la résolution des grands problèmes, auxquels sont confrontés à la fois le monde du travail et celui de l’entreprise. Elles   ont été enfin les plus sensibles parce qu’elles  ont concerné deux anciens fleurons de l’industrie lourde algérienne des années 1970, confrontés  aujourd’hui, et dans le même temps, à des bouleversements stratégiques du contexte économique international et aux nécessaires mutations structurelles internes de l’appareil de production nationale. La singularité de ces conflits, voire leur complexité, plus pour la SNVI que pour Mittal Steel, parce que ce groupe sidérurgique implique un partenaire étranger actionnaire à 70%, réside dans la convergence de faisceaux d’intérêts économiques nationaux, incarnés simultanément, et parfois de façon contradictoire, par les pouvoirs publics et les partenaires sociaux. Ces deux conflits renseignent sur le niveau de conscience du mouvement ouvrier à faire siennes les revendications légitimes des travailleurs et le souci de la préservation de leur outil de production. C’est toute la problématique du rôle et de la mission du mouvement syndical dans le nouveau contexte économique international qui est posé. De même que ces deux conflits renseignent sur la capacité des pouvoirs publics à organiser et à développer le dialogue et la concertation sociale comme instrument privilégié de résolution des conflits sociaux, et ce, partant des grandes questions qui agitent la société algérienne en général.
Il est donc nécessaire de faire la part des choses en gardant en vue, bien évidemment, les causes objectives qui sont à l’origine des conflits de travail. L’érosion du pouvoir d’achat, les conditions de précarité des salariés, la dégradation des conditions matérielles et techniques des procès de production, l’âge de départ à la retraite ; cet ensemble de facteurs réels qui surgissent dans toute activité économique, en Algérie ou ailleurs, sous-tendent les conflits sociaux et alimentent les revendications syndicales. C’est précisément le rôle et la mission de tout syndicat. Si ces facteurs justifient et confèrent une légitimité certaine aux attentes du collectif de la SNVI, disons-le en toute impartialité, le train de mesures prises par les pouvoirs publics pour relancer ce complexe, le moderniser et le doter d’un plan de charges conséquent, sont aussi à saluer parce qu’elles vont dans le sens de l’intérêt des travailleurs et de celui de l’économie nationale. Encore aurait-il fallu engager des actions de communication et de sensibilisation en direction des collectifs des travailleurs en vue d’emporter leur adhésion.
Le conflit qui a opposé les syndicalistes à la direction de Mittal-Steel est riche d’enseignements parce que, au-delà des revendications matérielles classiques, les travailleurs exigent la modernisation de leur outil de production, notamment la cokerie. C’est une expérience nouvelle dans les luttes menées par un syndicat confronté aux intérêts d’une multinationale (ArcelorMittal) dont le seul objectif est de réaliser le maximum de profits y compris en concurrençant ses propres produits fabriqués en Algérie par l’importation et la commercialisation sur le marché algérien, es mêmes gammes produites dans ses filiales implantées à l’étranger. C’est donc un cas spécifique dans l’apprentissage des travailleurs algériens à défendre à la fois leurs intérêts et ceux de leur pays. Côté pouvoirs publics, le partenaire algérien, en l’occurrence Sider, actionnaire à 30%, a contribué à l’apaisement du conflit en s’associant à concurrence de 40% aux efforts de modernisation du complexe estimés à 200 millions de dollars. Cette expérience est à suivre et à méditer parce que dans le nouveau contexte économique mondial, le partenariat à travers le mixage de capitaux étrangers et nationaux (publics et privés) est une réalité objective.(Liberté-22.02.2010.)

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LES PRATICIENS DE LA SANTÉ PUBLIQUE CONDITIONNENT LE DIALOGUE

  «Une réunion de conciliation d’abord»

La lutte des praticiens de la santé publique pour l’amélioration de leur situation socioprofessionnelle se poursuit d’une façon persévérante et soutenue. Après avoir été invité par le ministère de la Santé pour une réunion de conciliation, jeudi passé, et reçu par le secrétaire général, le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp) ne tourne pas le dos à ses camarades des autres syndicats. À ce propos, Yousfi a indiqué, hier, lors d’une conférence de presse animée au siège des syndicats algériens des paramédicaux que «la crise des praticiens de la santé publique est profonde et il n’est pas question qu’un corps s’en sorte sans l’autre», soulignant que cette crise est « globale et commune». L’intervenant a précisé aussi qu’il a demandé au ministère de «convier le Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp) à une réunion de conciliation similaire». Par ailleurs, ses réunions dont une autre est programmée pour ce lundi ne signifient pas la fin de la grève pour le Snpssp. «On ne sera satisfait que lorsque la plate-forme de nos revendications soit prise en charge par la tutelle même si nous ne doutons pas de ses bonnes intentions. » Pour sa part, le Dr Lyes Merabet, président du Snpsp a salué l’initiative d’ouverture du dialogue initiée par le ministère souhaitant, à l’occasion, son élargissement à d’autres syndicats dont celui qu’il préside. Il a déclaré dans ce sens «Nous saluons le fait que le ministère de tutelle se soit soumis à cette mesure qui pourra mettre fin à tous les problèmes du secteur.» S’agissant de la convocation de la commission nationale pour le régime indemnitaire, le Dr Merabet affirme qu’ «il n’assistera à aucune réunion vu ce qui s’est passé. Les blouses blanches ont été tabassées et nous avons vécu des moments qui ne nous honorent pas». Pour cette raison, le président du Snpsp pose une condition : tout dialogue doit être précédé d’une réunion de conciliation d’abord, soulignant qu’il aurait aimé «éviter cette situation et que le chemin soit écourté». L’intervenant a rappelé dans son intervention que le Syndicat des patriciens de la santé publique ne s’engagera dans aucune négociation qui exclut leurs revendications, précisant qu’ils ne sont prêts à accepter «l’atomisation de la plate-forme de revendications». Il est à rappeler que les praticiens de la santé publique ont entamé une grève ouverte depuis plus de huit semaines, ponctuées, chaque mercredi, de sit-in et de rassemblements. Ces journées ont vu une grande mobilisation de la part des médecins de la santé publique des 48 wilayas. Mercredi dernier, des milliers de médecins ont observé un sit-in au jardin de l’Horloge-florale, au pied du Palais du gouvernement. Un autre sit-in est programmé aussi, mercredi prochain, devant le siège de la présidence de la République. (Le Courrier d’Algérie-21.02.2010.)

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LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

  Hanoune prône la séparation des pouvoirs

La secrétaire générale du parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune a affirmé, hier, à Alger le soutien de son parti à la lutte contre la corruption selon le principe de la séparation des pouvoirs. Dans son intervention lors de la réunion des responsables des sections communales d’Alger du PT, Louisa Hanoune a indiqué que l’efficacité de la lutte contre la corruption «est fonction de la séparation des prérogatives des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire». Elle a insisté sur l’importance de «consacrer l’indépendance de la justice qui doit traiter les affaires de corruption qui lui sont soumises en toute liberté sans pression aucune». Elle a, dans le même contexte, appelé à «rendre comptables tous ceux qui ont pillé les biens publics du peuple que ce soit dans le cadre de la privatisation ou du partenariat». «Il est temps de rouvrir le débat national sur les grandes questions qui intéressent le pays comme ce fut le cas après la Constitution de 1989 qui a consacré la liberté de la presse, le multipartisme, le droit aux citoyens d’organiser des manifestations et la dynamisation de la politique qui a régressé aujourd’hui laissant place à la corruption et à l’imbrication de l’argent et de la politique», a-t-elle souligné. Concernant la vie politique et économique du pays, Louisa Hanoune après avoir affirmé l’importance d’un partenariat avec des pays étrangers selon les principes énoncés dans la loi de finances complémentaire 2009, la secrétaire générale du PT a appelé le gouvernement à négocier avec les deux syndicats des médecins en grève, arguant que «le règlement de la situation consolide l’État et lui confère davantage de crédit et à la société plus de cohésion». Elle a, sur un autre registre, qualifié le nouveau Code de la route d’»irréaliste», estimant que c’est un Code pénal bis notamment pour les piétons», car il place, a-t-elle dit, «la police dans une situation délicate et lui attire la haine des citoyens», sans compter qu’il ouvre «la porte à la corruption». La secrétaire générale du PT a d’autre part, annoncé l’organisation, par son parti, d’une cérémonie à l’occasion du 24 février afin de «discuter de la nécessité de la nationalisation des autres secteurs et de rétablir toutes les conditions de souveraineté sur le pétrole, l’or et les différents secteurs sensibles du pays». Le PT a, également, proposé l’établissement du monopole de l’État «même provisoirement» sur le commerce extérieur et l’encouragement de la commercialisation de la production locale. Évoquant la relation algérofrançaise, et plus précisément la déclaration du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, vendredi, selon laquelle la relation entre l’Algérie et la France sera «peut-être plus simple» lorsque la génération de l’indépendance algérienne ne sera plus au pouvoir, la leader du PT a qualifié la déclaration de Kouchner d’»ingérence inadmissible et flagrante» dans les affaires internes de l’Algérie, estimant que Kouchner «ne représente pas le peuple français et devrait s’intéresser aux problèmes internes de son pays au lieu de s’acharner tantôt contre l’Algérie tantôt contre l’Iran». Abordant d’autres questions d’actualité dont les essais nucléaires français à Reggane qui, selon eux, «sont imprescriptibles d’où le devoir de la France d’indemniser l’Etat algérien en vue de prendre en charge ses répercussions non seulement sur l’homme mais aussi sur les animaux et l’environnement », a-t-elle ajouté. Louisa Hanoune a abordé, en outre, d’autres dossiers relatifs à la situation sur le plan international et réitéré son soutien indéfectible au peuple palestinien. (Le Courrier d’Algérie-21.02.2010.)

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*LE CITOYEN ENTRE LA FLAMBÉE DES PRIX ET LES SCANDALES LIÉS À LA CORRUPTION
Le mélange explosif

Bouillonnante est l’actualité nationale de ces dernières semaines. Malversations, passations illégales de marchés et détournement de fonds rythment le quotidien des citoyens. A cela s’ajoute une flambée des prix qui s’inscrit dans la durée et qui saigne chaque jour la bourse des petites gens. Face au diktat des spéculateurs, l’Etat a affiché une incapacité criante à réguler les prix. Pour vérifier, il suffit de faire un tour au marché du coin. Des produits de première nécessité sont affichés à des prix prohibitifs. Cela devient incompréhensible d’autant que plusieurs plans ont été lancés pour réguler le marché.
L’incompréhension est exacerbée par une augmentation dérisoire du Snmg. Il est vrai que l’augmentation des salaires est tributaire de la création des richesses. Et les richesses du pays partent en fumée à cause des scandales à répétition. Sur ce chapitre, de hauts responsables de l’Etat sont visés. Menées par les services de sécurité, les enquêtes à ce sujet font boule de neige. Et les grands déballages ne font que commencer. Le linge sale se lave en public.
Le plus grave, c’est que ces affaires touchent des secteurs sensibles. Aussi, elles mettent à mal les départements de l’Etat. D’une importance hautement stratégique, le secteur des hydrocarbures ressent fortement les répliques des enquêtes engagées.
Et c’est le poumon de l’economie nationale qui s’en trouve atteint. Après la Sonatrach, deux affaires viennent éclabousser la Société nationale de distribution de l’électricité et du gaz (Sonelgaz). La compagnie publique est soupçonnée d’avoir traité avec des entreprises privées en foulant aux pieds la réglementation en vigueur. Ces dernières auraient acquis de l’électricité à des prix dérisoires.
Parmi les bénéficiaires de ces marchés juteux figurent des compagnies étrangères. Et la formule trouvée, c’était d’entrer en partenariat avec la compagnie publique pour construire des centrales d’électricité. Ainsi, l’intérêt national est bradé au profit de bénéfices personnels.
Scandaleux! les mains agissant dans l’ombre auraient puisé de l’argent de…la poche du citoyen. La magouille n’a épargné personne. Même les pauvres malheureux. Ces derniers temps, des centaines d’abonnés de Sonelgaz ont été surpris par une vaste opération de surfacturation de leurs compteurs. Ainsi, la compagnie publique aurait fait payer à ses clients les malversations d’un groupe important de ces cadres. En charge de l’affaire, le tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger, risque de voir défiler à la barre près de hauts responsables de Sonelgaz. Sa soeur aînée, la Sonatrach, a également eu son lot de scandales. Cela s’est soldé par la mise sous contrôle judiciaire de son président-directeur général, Mohamed Méziane, et de six autres cadres. Inculpés pour corruption, ces derniers devront répondre de leurs actes devant la chambre d’accusation d’Alger. Annoncé comme «le plus grand projet du siècle», l’autoroute Est-Ouest risque de mener de hauts responsables de l’Etat en prison. Cette foi-ci, le fossoyeur des opérations douteuses a pour nom Khelladi Mohamed, directeur des nouveaux projets à l’Agence nationale des autoroutes.
Ce dernier reproche au département des travaux publics, à sa tête Amar Ghoul, d’avoir fait conclure des marchés illégaux par des cadres du…Mouvement de la société pour la paix (MSP).
Le secteur des transports n’est pas en reste. La justice s’intéresse de très près aux passations de marchés effectuées par la compagnie aérienne Tassili Airlines. Cette dernière est soupçonnée d’avoir effectué des opérations sans respecter la législation en vigueur.
Toutes ces affaires et d’autres encore continuent de saigner l’économie du pays.
Et cela risque de mettre à mal le programme présidentiel pour les cinq prochaines années. Le développement économique est renvoyé ainsi aux calendes grecques.
En revanche, le citoyen fait face à une flambée des prix qui s’inscrit dans la durée. Sur ce chapitre, l’Etat a affiché une incapacité inquiétante à mettre le holà aux spéculateurs. Ainsi, la gestion des affaires du pays par l’euphorie du football a montré ses limites.
Agacé par les scandales, le citoyen s’était accroché, contre vents et marées, aux exploits des Verts. Voilà que ces derniers perdent là où il ne fallait pas, devant l’Egypte et par 4 à 0, s’il vous plaît. Trop! C’est trop! Associé aux grèves cycliques dans plusieurs secteurs, ces facteurs peuvent allumer le brasier social. Le pays est sur une poudrière. (L’Expression-08.02.2010.)

**beau temps en vue ?

(18.02.2010.) -Les grèves, le sucre, Kouchner, la colonisation, la Suisse et la Libye…En définitive, la météo-politique pour les prochains jours ne comporte aucun “BMS” chez nous mais un temps plus clément.
Météo-politique de ces derniers jours. Chez nous, dans certains secteurs, des travailleurs expriment leur colère et exigent plus d’argent à la fin du mois. Chez nous, on ne licencie pas et on fait tout pour résorber le chômage. A l’étranger, aux Etats-Unis comme en Europe, c’est le contraire, on licencie beaucoup et le chômage ne fait qu’augmenter. C’est pourquoi nous n’avons pas assisté depuis longtemps à des colères de travailleurs exigeant des augmentations de salaire. Si pourtant cette semaine, une exception. Le personnel français de la firme suédoise Ikéa s’est mis en grève pour revendiquer une augmentation de salaire de 4%. La direction ne leur accorde qu’un pour cent. Le mouvement est mal vu par tous ceux dont les usines ont fermé et qui ont rejoint les contingents des demandeurs d’emploi. Chez nous, on ne licencie pas. Les travailleurs ont des salaires et ils les veulent plus conséquents, c’est tout. Chez nous toujours, le sucre flambe au marché. A cause de son détournement de la consommation humaine vers celle de la machine. On en fait du biocarburant. Ce n’est pas nouveau, tout le monde voyait venir le coup, mais chez nous, on est comme ça. On ne se réveille que lorsqu’on se prend le mur sur la tête. En réalité, nous produisions dans le passé de la betterave sucrière mais en 1981 des responsables ont décidé de stopper cette culture. Pourquoi? Pour acheter du sucre des autres. Les Français sont plus malins. Ils se gardent bien de céder leur place de premier producteur mondial de betterave sucrière. Quant aux Brésiliens, ils n’ambitionnent, ni plus ni moins, que de prendre la place de l’Arabie Saoudite dans la production de carburants. L’or vert contre l’or noir. Le sucre à prix accessible pour la pâtisserie n’est donc pas pour demain. A l’extérieur de chez nous, rien ne va plus entre l’Europe et la Libye. Cette dernière vient de bloquer les visas pour les résidants de l’espace Schengen. Pourquoi? Principe de réciprocité. Parce que la Suisse de Polanski, qui fait partie de l’espace Schengen mais pas de l’UE, a décidé de ne plus délivrer de visa à 180 ressortissants libyens. La liste (noire) comprend le leader libyen ainsi que toute sa famille. Et comme une décision de l’un des pays de l’espace Schengen implique systématiquement celle de tous les autres, résultat: rien ne va plus entre l’Europe, excepté la Grande-Bretagne (membre de l’UE mais au statut particulier dans l’espace Schengen) et la Libye. Plus au sud, au Sahel plus précisément, le ministre français des Affaires étrangères s’y est rendu deux fois en quelques jours. Pour des visites éclair. Le but est d’obtenir la libération d’un otage français détenu par des terroristes qui exigent en contrepartie la libération de quatre des leurs, emprisonnés au Mali. Bernard Kouchner, vous l’avez deviné, c’est de lui qu’il s’agit, pense qu’il est devenu, après la libération des infirmières bulgares, des membres de l’arche de Zoé, d’Ingrid Betancourt (quoique), des deux Françaises condamnées en République dominicaine pour trafic de drogue, etc., un véritable James Bond à qui rien ne résiste pour ramener au pays ses compatriotes en difficulté à travers le monde. Manque de pot, au Mali cela n’a pas marché cette fois. Il a fini par comprendre que les pays du Sahel sont liés par des accords de lutte contre le terrorisme. Et donc, après avoir boudé l’escale d’Alger, le voilà qui demande à Medelci, son homologue algérien, de lui fixer un rendez-vous pour le mois prochain. Mais attention! il n’est pas question de parler seulement de l’otage français entre les mains des terroristes. D’autres dossiers l’attendent. La restitution des archives. La «black liste» des pays à risque. La non-ingérence extérieure (un peu plus difficile ce dossier pour le «père» de l’ingérence humanitaire). On parlera également de ces affaires judiciaires sorties des placards poussiéreux telle l’affaire de notre diplomate Hasseni ou encore celle des moines de Tibhirine. Le projet de loi sur la criminalisation de la colonisation sera également sur la table. Kouchner connaît bien ces dossiers. Il sait aussi que la partie ne sera pas facile. Que l’Algérie veut «des résultats», comme l’a souligné M.Medelci. Pas des promesses, genre investissements Renault. En définitive, la météo-politique pour les prochains jours ne comporte aucun «BMS» chez nous. C’est l’accalmie annoncée. Beau temps en vue! * Zouhir MEBARKI..(L’Expression-18.02.2010.)

***des appartements flambant neufs….

Allons dans nos campagnes. Dans nos montagnes. Suivons ces familles, sauvées des baraques, qui s’installent dans des appartements. Regardons ces enfants qui ne feront plus des kilomètres à pied, dans le froid, avec leur bouteille vide de butane sur le dos. Assez de la grisaille événementielle! De cette sinistrose qui nous enveloppe à la lecture de la presse! Sortons des villes. Allons dans nos campagnes. Dans nos montagnes. Suivons ces familles qui quittent leur demeure précaire pour s’installer dans des appartements flambant neufs. Avec une vraie cuisine. Une vraie salle de bains. De vraies chambres. Un vrai balcon. Oui, suivons le journal télévisé. Chaque soir, notre petit écran montre tous ces visages radieux des hommes, femmes, enfants qui prennent possession de leur nouvel appartement. Ecoutons leurs youyous pleins de vie, d’espoirs et de bonheur. Beaucoup ne croyaient plus vivre un tel moment. Ils le disent. Ils disent renaître. Ils remercient tout le monde. Dieu Le Tout-Puissant. Le président de la République. Le wali. Le chef de daïra. Ils ont envie de chanter à tue-tête leur nouvelle condition humaine. Il faut avoir vécu, comme eux les souffrances du froid, des plafonds fissurés, des portes brinquebalantes, des sols cimentés, des cloisons qui vibrent sous la poussée du vent. Oui, il faut avoir vécu de telles conditions dures pour comprendre leur bonheur en franchissant le seuil de l’appartement dont on vient de leur remettre les clés. Peu importe si les meubles ramenés de leur baraque ne «cadrent» pas avec le nouveau décor. Peu importe si ce n’est que des matelas et des couvertures. Ils sont heureux et c’est là l’essentiel. La cuisinière, les fauteuils du salon, la nouvelle chambre à coucher, tous ces meubles, qui rempliront leur nouvel espace, viendront. Les enfants dormiront dans leurs chambres. Les parents dans la leur. Quel bonheur! Presque chaque soir nous voyons défiler des gens heureux prendre possession d’une nouvelle cité. Un plaisir de les voir la mine réjouie. Un million de familles ont eu droit à ce bénéfice. Un million d’autres l’auront à leur tour. Quel beau pays nous avons quand il est bien géré! Pour le voir, pour le croire, sortons des villes. Grimpons dans nos montagnes. Là où le froid pique à vif. Là où la saison d’hiver est vécue comme l’enfer. Regardons chaque soir, sur notre petit écran, tous ces visages d’hommes, de femmes et d’enfants souriants devant la flamme de la cuisinière, du chauffage qui viennent juste d’être alimentés en gaz de ville. Ces enfants sont souriants car ils n’auront plus à faire des kilomètres à pied, dans le froid, avec leur bouteille vide de butane sur le dos, attendre le passage du camion qui ravitaille le village. Ces hommes heureux de ne plus être saignés par le prix de la bouteille de butane en troisième main. Ces femmes au visage épanoui qui n’auront plus à allumer leur feu de bois quand la bouteille de gaz se vide avant la prochaine livraison. Ces vieux blottis devant le nouveau chauffage, qui n’ont plus l’angoisse de le voir s’éteindre faute de gaz. En ces temps de froid, oui, ils sont heureux et remercient à tout-va. Oui, ils ont le droit de crier leur bonheur. Devant les caméras. Devant le monde entier. Oui, ils ont le droit de remercier les fonctionnaires qui ont travaillé pour les raccorder au gaz de ville. Oui, ils ont le droit de remercier leur président de ne les avoir pas oubliés là-haut sur la montagne. Oui, la vie commence à être belle dans nos campagnes et nos montagnes. Il faut voir chaque soir le journal télévisé. En ville, les citadins sont plutôt ingrats. Ils sont oublieux. Qu’ils aient aujourd’hui de l’eau, qui coule toute la journée de leurs robinets, les laisse de marbre. Hier, ils se lamentaient pourtant de les voir à sec. Ils ne font plus l’effort de faire la relation avec le nombre de barrages qui ont été construits. Ils ont de l’eau, c’est tout. C’est dans la nature humaine. Ils ne cessent de ronchonner et réclamer toujours plus. Dans nos montagnes, dans nos campagnes, c’est différent. La vie s’adoucit chaque jour davantage. Images de joie contre la grisaille événementielle. Chaque soir le JT nous en apporte un peu. C’est là que nous faisons nos provisions de bonheur. C’est là que nous nous rappelons qu’il fait bon vivre chez nous. Sortons de nos villes, allons dans nos campagnes, dans nos montagnes! Assez de «boulitique»!
(L’Expression-11.02.2010.)

**CODE DE LA ROUTE

Les piétons déconcertés par l’amende de 2000 DA

Au lieu d’assurer la mise en place de moyens à même de contribuer à la sécurité routière, la loi réprime un piéton livré à lui-même.

Désormais, le non-respect par les piétons des passages protégés, sera perçu comme une infraction et sanctionné par le paiement d’une amende de 2000 DA. Idem si le piéton emprunte la voie automobiliste, ne serait-ce que pour quelques pas.
Ces nouvelles dispositions coercitives, introduites dans le nouveau Code de la route, entré officiellement en vigueur depuis le 1er février en cours, n’ont pas été sans soulever moult interrogations chez les piétons, jusque-là épargnés. «Où vivent ces législateurs, connaissent-ils quelque chose sur la situation des trottoirs en Algérie?», s’emporte un citoyen ayant appris la nature des sanctions contenues dans le nouveau Code de la route. En effet, les piétons sont réellement déconcertés par ces amendes jugées incompatibles avec la réalité. Et pour cause. Les passages pour piétons sont, dans certaines régions, quasi inexistants, et quand ils existent, la plupart ne sont pas visibles ou sont loin des points à forte affluence. Pour ce qui est de l’usage des trottoirs, le piéton doit être un véritable gymnaste. Ces espaces deviennent carrément une propriété privée. Jugez-en. Alors que la logique voudrait que les trottoirs soient destinés à l’usage pédestre, des automobilistes en font leur lieu privilégié pour stationner leurs véhicules. Afin de se rendre au travail, s’arrêter près d’un commerce pour faire leurs emplettes ou simplement pour prendre un café au coin de la rue, de nombreux automobilistes, inconscience ou manque de civisme, s’arrogent ce droit au mépris de la sécurité et du bien-être du piéton.
Plus, comment peut-on sanctionner un piéton qui n’emprunte pas les trottoirs alors que, souvent, ces derniers sont squattés par des commerçants? Le piéton, faut-il le dire, ne «boude» pas son trottoir sans raison. Le législateur ne semble pas avoir pensé à cet état de fait qui est loin de contribuer à la sécurité routière. L’implantation anarchique des panneaux publicitaires pousse également le citoyen à délaisser le trottoir. Un autre phénomène qui prend également de l’ampleur et dont le piéton est seul à en faire les frais. Il s’agit, sans conteste, des parkings anarchiques qui poussent comme des champignons, squattant de plus en plus d’espaces destinés aux piétons. Les responsables des collectivités locales laissent faire de leur côté, et donnent l’impression d’être complètement dépassés. De ce fait, le piéton se retrouve doublement pénalisé: et par la loi et par les squatters des trottoirs.
Aussi, les trottoirs dans les grandes villes algériennes, sont d’éternels chantiers. Les passagers les évitent au risque d’être victimes d’un accident alors que, par ailleurs, utiliser la chaussée expose à des dangers encore plus grands. Les sanctions pour non-usage des passerelles sont également controversées. En effet, ces passerelles sont très rares, notamment dans les régions enclavées du pays et à proximité des établissement scolaires. Combien d’écoliers ont été fauchés en tentant de traverser la route? Ils se comptent par centaines, en effet. D’autre part, l’emplacement des passerelles n’est pas toujours hors de cause. Souvent, il est très mal étudié, sinon, comment expliquer l’existence de ces passerelles loin des zones habitées et de celles à forte affluence?
De l’avis de beaucoup d’observateurs, cette nouvelle réglementation revêt un caractère pédagogique et éducatif. Elle intervient pour discipliner le comportement du citoyen appelé à faire preuve de civisme, et ce, au moment où le terrorisme routier endeuille de plus en plus de familles. Cependant, l’application de cette réglementation paraît impossible du fait qu’elle n’a pas été accompagnée par un certain nombre de mesures pour le moins nécessaires, à commencer par la sensibilisation. Piétons comme conducteurs, ont été pris au dépourvu par cette nouvelle réglementation qui risque de faire plus de mal que de bien. Une fois de plus, la communication semble faire défaut au niveau de nos prestigieuses institutions. Aussi, faut-il garantir au citoyen ses droit avant de le confronter à ses responsabilités.
Conclusion: dans le souci de mettre fin à l’hécatombe routière, les pouvoirs publics auraient pu penser à une bien meilleure solution au lieu de faire dans le tout-répressif, et de préconiser des lois qui relèvent du surréalisme. (L’Expression-11.02.2010.)

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**Monsieur le Maire…

Voilà un personnage important qui ne focalise pas trop l’attention, «homme clé» dans tout système de gouvernance, par son occupation d’un poste stratégique dans l’administration locale. Qu’en est-il en Algérie et quel est son apport dans la gouvernance locale et nationale, d’autant qu’il constitue le lien entre le pouvoir politique et les citoyens? Dit plus simplement, de par la loi le «Maire» est, dans le même temps, «ambassadeur» des pouvoirs publics auprès des citoyens et représentant de ces derniers auprès de ces pouvoirs. De fait, cette «double casquette» du maire est un héritage de l’ancien régime colonial. Cela étant, le maire, administrateur d’une unité territoriale, la commune, demeure un rouage essentiel dans son fonctionnement. En d’autres lieux, Monsieur le Maire, de par sa proximité avec la population, est, bien avant le président, le premier homme politique du pays. Ce qui fait de la mairie un passage obligé pour tout homme qui aspire à accéder à des postes plus gratifiants tels que ministre ou, entre autres, chef d’Etat. Et ce n’est pas de la théorie. C’est la pratique usuelle dans tous les pays qui ont su capitaliser les expériences de gestion des collectivités territoriales. Ces dernières constituent en fait des mini-Etats avec tout ce que cela suppose comme travail et responsabilités à tous les niveaux: social, économique, industriel, culturel, sportif…Loin donc d’être une sinécure, un mandat de maire reste une grande somme de travail au service de la communauté. Or, c’est loin d’être le cas en Algérie, où les communes sont très mal gérées, pour ne point dire délaissées par ceux-là mêmes censés veiller à leur maintien dans un bon état de salubrité. Or, il suffit d’une averse pour se rendre compte que Monsieur le Maire ne fait pas son «boulot» ou le fait de manière incorrecte au regard des inondations, en cas de pluie, de réseaux d’assainissement qui fonctionnent mal, n’ayant pas été curetés au moment voulu, en sus d’une absence totale d’entretien de la voirie communale. Peu de communes en Algérie disposent de véritables trottoirs, ou de chaussées sans nids-de-poule. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un petit tour du côté de Bouzaréah (Alger) et voir l’état de délabrement où se trouve la voirie de cette commune, chef-lieu de wilaya déléguée. Une véritable honte. Où êtes-vous donc Messieurs les Maires? La commune, c’est le lien social qui réunit une communauté, et l’action du maire est importante pour ce faire. Qu’en est-il en réalité? L’action des édiles algériens est peu visible en fait et l’on se demande même si les maires en ont conscience qui s’intéressent peu, ou prou, à ce qui se passe dans la commune dont il ont la gouvernance. La sécurité est l’une des prérogatives du maire. Or, l’occasion s’est présentée à eux de mieux comprendre le fléau de l’insécurité dans les stades grâce à l’organisation par la FAF, d’un séminaire sur ce dossier. Tous les maires des communes d’Alger y ont été invités à cet effet. Curieusement, aucun n’a daigné faire acte de présence en faisant le court trajet jusqu’à l’hôtel Hilton, pour venir écouter des experts anglais parler de leur expérience de lutte contre le hooliganisme. Se sentaient-ils seulement concernés par ce fléau, ces maires qui n’ont pas estimé la chose suffisamment importante pour retenir leur attention ou nécessiter leur déplacement? C’est pourtant à ce niveau qu’apparaît l’intérêt que porte un édile à la gestion de sa commune. Quand celui-ci ne fait même pas l’effort de venir s’informer et comprendre le désastre de l’insécurité dans les stades (entre autres phénomènes sociaux), de quelle utilité peut être, au final, un maire qui ne prend pas en compte l’intérêt de la population dont il a la charge? Dès lors que le maire n’est pas en phase avec la réalité que vivent ses administrés, faut-il s’étonner qu’il n’estime pas avoir de compte à rendre de sa gestion et/ou de ses échecs? (L’Expression-11.02.2010.)

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COMMERCE EXTÉRIEUR

  Baisse des importations en 2009

En dépit de la dynamisation du secteur industriel, les importations ont été fortement réduites en 2009. Et pour cause, les mesures d’encadrement du commerce extérieur initiées par les pouvoirs publics. En effet, elles ont permis à l’Algérie durant ces deux dernières années de réduire ces importations de plus de 17 milliards de dollars. En 2009, elles n’ont, non seulement pas augmenté, mais ont accusé une légère baisse de 1% pour atteindre 39,1 milliards de dollars, soit une réduction de la facture des importations de plus de 17,30 milliards de dollars. En 2007, Les importations de l’Algérie ont augmenté de 27% pour totaliser 27,43 milliards de dollars et de 41,7% en 2008 (39,71 milliards), et à partir de là, elles devraient atteindre 56,40 milliards de dollars, en hausse de 17,30 milliards de dollars l’année écoulée. Hormis les biens d’équipements, les autres groupes de produits ont baissé, notamment les produits destinés à la revente en l’état, qui représentent 30,45% du total, avec 16,2%, passant de 14,2 milliards de dollars à 11,9 milliards de dollars qui occupent une part de plus de 39% du total des importations. En effet, les biens d’équipements ont augmenté de 15,1% en 2009, ce qui s’explique par la dynamisation du secteur. Cependant, les importations de blé, lait, véhicules, médicaments et matériaux de construction ont diminué de près de 30% par rapport à 2008. Cette baisse est liée surtout à l’impact des mesures prises par les pouvoirs publics notamment avec la généralisation de l’utilisation de la carte magnétique du numéro d’identification fiscale (NIF). En effet, cette procédure a permis un meilleur échange d’informations, une facilité dans les contrôles fiscaux et un assainissement du fichier, surtout après les mesures d’encadrement des pouvoirs publics à partir de 2009 pour contenir les flux des importations. Ces mesures d’encadrement du commerce extérieur ont enregistré plus de 19.400 interventions en 2009, contre plus de 23.100 en 2008, soit une baisse de 15,87%, dont 1.316 concernent le secteur public (-12,73 %) et plus de 18.150 pour le privé (-16,09%), selon les données avancées par le CNIS. Par conséquent, les Douanes algériennes ont installé une cellule de suivi chargée d’élaborer des études internes sur les opérations d’importations douteuses et de saisir les organes de contrôle. Cette structure a procédé, depuis son installation, à la réalisation de plusieurs opérations de contrôle, touchant notamment des produits de première nécessité tels que les céréales et le lait. Il s’agit aussi du contrôle sur le Système d’information et de gestion automatisée des Douanes (SIGAD) des utilisations abusives des registres du commerce et de fausses domiciliations bancaires des opérations, et de la gestion des grilles de sorties du port, afin de s’assurer que la marchandise a bel et bien suivi le circuit réglementaire de son dédouanement avant sa sortie. Cet observatoire élabore des analyses sur les opérations douteuses, qui sont transmises aux services de contrôle concernés, démontrant ainsi le rôle des Douanes qui ne se limite nullement au rôle classique de contrôle, mais elles ont un rôle prépondérant dans la protection de l’économie nationale. Ce dispositif de contrôle sera renforcé davantage grâce aux interventions coordonnées avec les autres institutions (ministère du Commerce, Banque d’Algérie et services des Impôts), notamment avec la généralisation du NIF, ce qui générera des recettes douanières nettement plus importantes. Dans ce sens, le Cnis a rappelé que les recettes douanières avaient atteint 459 milliards de DA en 2009, contre 440 milliards de DA en 2008, en hausse de 4,46%, malgré la relative stabilité des importations de l’Algérie. (Le Courrier d’Algérie-08.02.2010.)

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VACCIN CONTRE LA GRIPPE A

  Le ministère annule une commande de 15 millions de doses

Le département de Saïd Barkat a décidé d’annuler la commande de 15 millions doses du vaccin contre la grippe A qui devaient être livrées à notre pays avant le mois de mai de l’année en cours, a déclaré hier, Fawzi Derrar, responsable du Centre de référence de la grippe A sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale. Cette décision a été prise suite à « la réticence inattendue vis à vis du vaccin et les données épidémiologiques de notre pays » selon l’orateur. Il a indiqué dans ce sens que la campagne de vaccination qui a débuté vers la fin du mois de décembre dernier a connu un échec inattendu. D’ailleurs, même le personnel de la Santé a refusé le vaccin déclarant ainsi que seulement « 3% des personnes ciblées ont été vaccinées ». Sur la base de cela, le ministère de la Santé a décidé de réduire la quantité de vaccin commandée de 20 millions à 5 millions de doses seulement. « De cette dernière quantité programmée, nous avons reçu 2,5 millions de doses. Le but principal d’une telle démarche est d’éviter les fausses dépenses puisque la population est réticente par rapport au vaccin et la situation épidémiologique est très stable actuellement » a-t-il précisé. Évoquant l’épidémie, Fawzi Derrar a « écarté toute possibilité de mauvaise gestion puisque tous les moyens humains et matériels étaient disponibles pour la prise en charge de la population en cas de contamination au virus H1N1 ». L’invité de la Radio a indiqué dans le même sens que le Centre de référence de la grippe A s’est aligné sur le comité d’experts de l’OMS ». « Au début de l’épidémie au Mexique, il y avait des jeunes en bonne santé qui mourraient, 120 pays ont été touchés en une semaine et notre pays a été touché 6 jours après que le comité d’urgence de l’OMS ait décidé à l’unanimité de faire passer à 6 le niveau de vigilance », a-t-il justifié. Ainsi, les résultats des négociations avec le laboratoire canadien GSK ne sont pas connus. Il est à rappeler que l’Algérie devait importer 20 millions de doses du vaccin contre la grippe A (H1N1) avant la fin du mois de mai prochain. Cette quantité devait coûter à l’État 8 milliards de dinars. Rappelons enfin que jusqu’au 17 janvier, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a recensé 916 cas confirmés et 57 décès dont dix femmes enceintes. (Le Courrier d’Algérie-08.02.2010.)

*****Recrudescence du crime organisé….

Malgré toutes les campagnes et les opérations « coup de poing », la wilaya a enregistré en une année 158 crimes et 2 073 délits.

Le commandant du groupement de la gendarmerie de Sétif a animé, hier, un point de presse relatif au bilan des activités des unités de ce corps de l’armée nationale populaire. Avant de se prêter au classique questionnement des journalistes, le colonel Benzaza illustre son exposé par des chiffres. Epargnée, dans un passé pas si lointain par le crime organisé, la deuxième wilaya du pays en nombre d’habitants fait ,ces dernières années, face à une terrible recrudescence du crime sous toutes ses formes.

Ainsi, l’année dernière la région avait enregistré 158 crimes et 2 073 délits perpétrés par 3 341 individus. Dans ce chapitre, l’on enregistre 1 582 affaires relatives à l’atteinte aux personnes. Plus de 1 920 individus sont, à cet effet, mis en cause. Ce phénomène est dominé par les coups et blessures volontaires, le vol qualifié, agression sur mineur, association de malfaiteurs, faux et usage de faux, falsification de documents, affaires de mœurs et violence sur ascendant ; 420 affaires inhérentes aux crimes et délits contre les biens ont été traitées.

A cet effet, 509 individus ont été impliqués. Pour tranquilliser les citoyens, un plan de contrôle et de présence des éléments de la gendarmerie a été non seulement mis en place mais renforcé. Ce dispositif s’est avéré fructueux, d’autant plus que 50 bandes de malfaiteurs ont été neutralisées par la gendarmerie, laquelle a pu mettre hors d’état de nuire de nombreux délinquants notoires. Le segment relatif à la contrebande n’a pas été occulté par le premier responsable du groupement de la gendarmerie qui relève que 80,6 t de tabac à chiquer contrefait à Aïn Oulméne ont été saisies.

La valeur de la prise est de 35 millions de dinars. En outre, 3 000 cartouches de cigarettes étrangères d’une valeur de 15 millions de dinars sont tombées dans les filets des gendarmes, qui ont en sus saisi d’importantes quantités de pétards d’une valeur de 5,5 millions de dinars. Au volet trafic et vente de drogue, 104 affaires ont été traitées, avec 182 personnes arrêtées, en plus de la saisie de 73 kg de cannabis et 1 240 cachets de psychotropes. Les affaires relatives à la contrebande, qui fait rage du côté des hautes plaines sétifiennes, sont au nombre de 30, impliquant 201 personnes.

Pour ce qui est du trafic d’armes et de munitions, la gendarmerie a réussi à élucider 27affaires mettant en cause 74 personnes détenant 20 fusils, 15 pistolets automatiques et une importante quantité de munitions. La police économique, qui n’a pas chômé, relève, quant à elle, 1 550 infractions impliquant 1 533 personnes. Pour en revenir au terrorisme routier, l’année écoulée a été, le moins que l’on puisse dire, meurtrière. Ainsi, 1 283 accidents ont été enregistrés sur le réseau routier de la wilaya, qui comporte de nombreux points noirs sur lesquels 2 133 personnes ont été blessées et 125 ont trouvé la mort, enregistrant un infime recul par rapport à l’année précédente.

Selon l’orateur, les causes directes de l’hécatombe qui n’en finit pas sont essentiellement dues à l’excès de vitesse, lequel vient en première position avec 350 infractions. Pour atténuer un tant soi peu l’ardeur des chauffards, qui n’hésitent pas à mettre en péril leur vie et celle des autres, la gendarmerie a révélé le chiffre de 18748 infractions et délits au code de la route. A ce propos 12 500 retraits de permis de conduire ont été effectués.(El Watan-08.02.2010.)

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LE SECTEUR EST EN ÉBULLITION DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE
«One, two, three, où va la santé?»


Eclipsées par une actualité sportive passionnante et ignorées par les responsables, les revendications du secteur de la santé sont remises au goût du jour avec une saveur bien particulière: «One, two, three, où va la Santé?» Tel est le slogan phare des praticiens généralistes et spécialistes de la santé publique qui préparent une manifestation d’envergure.
Mercredi prochain, ils appellent à une marche qui démarrera à partir de l’hôpital Mustapha en direction de la présidence de la République à Alger. C’est ce qu’a indiqué hier, le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp), le Dr Lyès Merabet, au cours d’une conférence de presse qu’il a animée conjointement avec le président des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp), le Dr Mohamed Yousfi, à Alger. «Le mercredi suivant, notre marche sera dirigée vers le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Cette action sera enchaînée par une autre marche vers le Palais du gouvernement et ce, toujours le mercredi pour aboutir à une autre marche en direction de la Présidence de la République le mercredi qui suivra», résume le Dr Merabet pour ces quatre mercredis de colère qui verront la même mobilisation à Oran, Annaba, Constantine et Ouargla. Les médecins qui prendront part à cette marche sont tenus de porter leurs blouses blanches. Le débrayage dans le secteur de la santé publique enchaîne sa sixième semaine pour les praticiens généralistes et sa quatrième pour les praticiens spécialistes. Prenant la parole, le Dr Yousfi a fait un récapitulatif du mouvement de grève en affichant sa satisfaction, compte tenu de «son bon déroulement à travers les wilayas du pays, entre autres, Alger, Oran, Annaba, Constantine, Ouargla…» Selon l’intervenant, la commission de la santé au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN) s’est montrée très coopérative avec les médecins grévistes. A ce propos, il dira: «Les membres de cette commission nous ont reçus mardi dernier. Ils nous ont donné toutes leur assurance afin de régler notre problème après nous avoir écoutés pendant plus de trois heures.» Et de poursuivre: «Ce qui a été retenu par nos vis-à-vis, c’est qu’ils ont réaffirmé la légitimité de nos revendications et se sont engagés à agir rapidement pour interpeller la tutelle ainsi que le Premier ministre par le biais du président de l’APN.»
De son côté, le Dr Merabet a rappelé que «les revendications des médecins grévistes sont inchangeables et inchangées. Nous demandons d’abord, l’amendement du décret exécutif paru au Journal Officiel n°70 du 29 novembre 2009, car il faut le remettre en conformité avec ce qu’on a discuté avec les pouvoirs publics». La deuxième revendication, essentielle pour l’intervenant, est «le régime indemnitaire qui doit être élaboré en associant le partenaire social». Les protestataires réclament également un week-end adapté au week-end semi-universel, récemment adopté par l’Algérie.
En outre, le Snpsp et le Snpssp estiment que «les médecins ont le droit de bénéficier de la cessibilité pour le logement de fonction, à l’image des autres salariés de la Fonction publique». Par ailleurs, les grévistes dénoncent fermement «toutes les formes d’entraves au libre exercice du droit syndical et du droit de grève exprimé dans l’interférence et l’injonction de l’administration centrale et déconcentrée, dans le fonctionnement des organisations syndicales». La même source déplore «les mesures répressives d’intimidation utilisées par l’administration de tutelle contre adhérents et cadres syndicaux du Snpsp, notamment à Oran, Mascara, Laghouat, Alger et Sétif». Et de conclure: «Les protestataires dénoncent les ponctions sur les salaires des praticiens grévistes décidées en violation des dispositions réglementaires, malgré un service minimum observé et assuré aux citoyens». (L’Expression-31.01.2010.)

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*RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES
De Villepin pour un traité d’amitié

Alors que Nicolas Sarkozy s’accroche désespérément à la burqa, son adversaire déclaré pour la présidentielle de 2012 prône des relations plus apaisées entre Alger et Paris.

On pensait que la question de la signature d’un traité d’amitié entre la France et l’Algérie était définitivement enterrée, du moins sous l’ère Sarkozy. Ne voilà-t-il pas qu’elle ressurgit du plus profond d’une banlieue fortement marquée par la diversité de sa population et en plein débat sur l’identité française. En plein coeur d’un quartier populaire. La question fuse sans détours de la part des jeunes journalistes de Bondy Blog (Faïza Zerouala, Widad Kefti, Nadia Moulaï et Antoine Menusier): «Etes-vous favorable à la signature d’ un traité d’amitié entre la France et l’Algérie?» La réponse de celui qui a incarné l’opposition de la France à la guerre en Irak tombe, dénuée de tout complexe: «Je crois que le temps est venu de tourner une page dans les relations entre la France et l’Algérie. Ce traité d’amitié serait le moyen de regarder résolument vers l’avenir. Nous avons eu dans les dernières décennies beaucoup de sujets de confrontation, et c’est avec force qu’il nous faut unir maintenant nos volontés pour écrire une nouvelle histoire.» L’entretien accordé par l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac le 19 janvier 2010 au Bondy Blog, un média en ligne créé le 25 novembre 2005 dans la foulée des manifestations qui ont touché les banlieues françaises, s’est aussi articulé autour des relations tumultueuses qu’entretiennent Alger et Paris, depuis l’accession de l’Algérie à son indépendance.
Des sujets qui fâchent et que l’actuel chef de l’Etat français ne veut nullement entendre. Est-ce pour cette raison que la plupart des médias de l’Hexagone, qui ont commenté la virée de Dominique de Villepin dans cette ville emblématique des banlieues françaises, ont soigneusement évité de rapporter les commentaires du plus dangereux rival de Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012 concernant les difficiles relations entre les deux pays? L’interview réalisée par de jeunes journalistes de Bondy Blog issus pour certains d’entre eux de l’immigration, a été menée de main de maître. Un peu comme pour crever cet abcès qui mine et empêche la mise en oeuvre de rapports décomplexés et harmonieux entre les deux rives de la Méditerranée. C’est au cours d’une visite qu’il a effectuée mardi dernier à Bondy, ville située dans la banlieue nord-est de Paris, que Dominique de Villepin a affiché ses ambitions présidentielles, mais aussi les futures relations qu’il compte instaurer entre la France et le Maghreb, particulièrement l’Algérie, cette partie si spécifique de la terre d’Afrique, au cas où les Français décideraient de le conduire et l’installer au Palais de l’Elysée.
Cette première étape aurait pu tourner à son désavantage. Bondy fut le théâtre, au même titre que plusieurs villes françaises, de violentes manifestations en octobre 2005. Elles se sont déclenchées le 27 octobre à Clichy-sous-Bois après que deux jeunes, poursuivis par des policiers, se soient réfugiés dans l’enceinte d’un poste de source électrique où ils périrent électrocutés.
S’ensuivirent vingt et une nuits d’émeutes qui se sont soldées par 9193 véhicules incendiés.Dominique de Villepin, Premier ministre à l’époque, a dû déclarer l’état d’urgence le 8 novembre 2005. La population ne lui en a pas tenu rigueur, au contraire de Nicolas Sarkozy qui avait déclaré son intention de nettoyer les banlieues au «Kärcher» et qui n’y a plus remis les pieds depuis.
L’ex-Premier ministre du gouvernement Chirac a pu tester sa popularité. A la cité du 14-Juillet il fut accueilli par des youyous, des gâteaux orientaux et du thé à la menthe. Une réception aux senteurs maghrébines qui tranche avec un débat sur l’identité française qui a connu des dérapages racistes, stigmatisant au passage la communauté musulmane qui assiste, passive, à une polémique qui lui a été imposée. A ce sujet, il dira: «Cette visite montre que c’est un faux débat» et se désolera de l’existence d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale.
Contrairement à Nicolas Sarkozy qui ne veut rien savoir de l’idée même de repentance à l’égard de l’Algérie et qui donne l’impression de vouloir uniquement tirer profit d’une coopération circonstancielle, Dominique de Villepin, au contraire, affiche des ambitions d’un véritable partenariat entre les deux pays et la région du Maghreb. «Avec l’Algérie, compte tenu des blessures qui ont existé entre nos deux pays, il est particulièrement important d’avoir des politiques actives. Dans le développement de l’Europe, je suis convaincu que l’Afrique du Nord, comme la Turquie, comme la Russie, fait partie de ce que j’aurais tendance à appeler un grand pôle à vocation européenne», a-t-il confié aux journalistes de Bondy Blog.
Demain, Dominique de Villepin fera face au verdict qui sera prononcé dans le cadre de l’affaire «Clearstream» en attendant celui, plus lointain, des urnes en 2012 où il pourrait croiser le fer avec Nicolas Sarkozy. «Face à Sarkozy, je vote Villepin», lui a promis Mouloud, un jeune Bondynois. La banlieue annonce déjà la couleur. (L’Expression-27.01.2010.)

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*A quoi servent les partis politiques en Algérie ?

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Outrée par les scandales de corruption au plus haut sommet de l’Etat, l’opinion publique, telle qu’elle s’exprime dans la presse et dans les commentaires privés, est remontée contre les partis politiques perçus comme des organisations inutiles pour le pays, ou plutôt utiles seulement pour ceux qui les utilisent pour avoir des positions lucratives d’élus. Les partis ne jouent pas leur rôle, estiment les citoyens, frustrés de voir la corruption se généraliser dans les institutions de l’Etat à une échelle effrayante. Il faut dire que l’administration, en refusant les contre-pouvoirs institutionnels et les partis représentatifs, est génératrice de corruption. Les partis qui siègent dans les Assemblées ne sont pas représentatifs et c’est ce qui explique leur inefficacité. Mais au fait, qu’est-ce qu’un parti politique et à quoi sert-il? Selon la définition largement admise de la science politique, un parti est une association de citoyens qui se reconnaissent dans les mêmes valeurs relatives à l’organisation de la société et de l’économie. Ils se réunissent et se structurent au niveau national pour convaincre la majorité de l’électorat de voter pour eux pour former un gouvernement et mener une politique économique et sociale conforme aux valeurs qu’ils défendent. Cela suppose trois éléments constitutifs de la modernité politique. 1. Le peuple est source de pouvoir comme c’est stipulé dans les constitutions des Etats de droit ; 2. La société est traversée de courants idéologiques différents reconnus en tant que tels ; 3. Les représentants élus sont des locataires – et non des propriétaires des lieux du pouvoir – qui se succèdent selon la logique de l’alternance électorale. Dans les pays du Tiers Monde où la modernité est encore en construction, la problématique des partis ne se pose pas dans ces termes. Les lieux du pouvoir sont occupés définitivement par des élites cooptées qui prétendent détenir le monopole de la souveraineté nationale. L’argument avancé pour justifier ce monopole est la fragilité de l’unité nationale, l’ennemi étranger disposant de relais locaux, et enfin l’immaturité du peuple à choisir ses dirigeants. Ce discours, comique dans son contenu et tragique dans ses conséquences, sert de fondement idéologique à l’autoritarisme et ne laisse aucune place à des partis politiques autonomes. La vocation de ces derniers est de conquérir le pouvoir d’Etat ; or, si celui-ci est en permanence occupé, il n’y a rien à conquérir. Et pourtant, il y a des partis dans de nombreux pays du Tiers Monde en général, et en Algérie en particulier. A quoi servent-ils ? Même s’ils sont inutiles pour les citoyens, ils remplissent toutefois des fonctions qui sont à dévoiler. Du système à parti unique au multipartisme sans alternance électoraleLe système du parti unique ayant partout échoué, de nombreux régimes autoritaires se sont convertis au multipartisme après l’avoir vidé de son sens, établissant des régimes où se tiennent régulièrement des élections sans alternance électorale. L’expérience algérienne – qui n’est pas unique de ce point de vue – est pleine d’enseignements pour la science politique. Elle présente un modèle de multipartisme où des élections sont organisées pour légitimer le même régime qui se succède à lui-même depuis 1962, malgré ses échecs retentissants en économie et dans tous les secteurs de la vie sociale. Le régime a abandonné le système du parti unique mais a compensé cet abandon par le trucage des élections, s’appropriant ainsi l’électorat dont le vote est réparti selon la logique des quotas à des partis fidèles et dociles. Dans ce schéma de faux multipartisme, il est demandé aux partis de renoncer à leur autonomie et surtout de renoncer à jouer le rôle de contrepouvoir dans les institutions. La typologie des partis en Algérie est très particulière. Il y a deux partis du pouvoir, FLN et RND, ce qui est en soi une bizarrerie politique. Rien ne les distingue sur le plan politique. Jumeaux idéologiques et rivaux dans la course aux postes, il est à se demander si leurs finances ne proviennent que des cotisations de leurs adhérents. Il y a ensuite deux autres partis, Hamas et PT, qui ont un pied dans l’opposition et un pied dans le gouvernement ou l’alliance présidentielle. Leur fidélité à l’administration est largement récompensée par la distribution des quotas à l’Assemblée Nationale. Hamas a toujours eu plus de quarante sièges et le PT est le seul parti trotskyste au monde à avoir 21 députés dans un parlement. Il y a enfin des partis qui ne veulent pas se soumettre comme le FFS, stigmatisé et accusé de porter atteinte à l’unité nationale, alors qu’il est empêché de s’implanter en dehors de la région centre comme l’attestent les arrestations de ses militants à Ghardaïa. Pour les autorités, il est quasiment interdit de militer au FFS sans être de la Kabylie.Une administration hostile à la représentativité des partisCette typologie des partis ne reflète pas les réalités politiques du pays et ne véhicule pas les demandes sociales des différents groupes sociaux. Elle érige au contraire entre l’Etat et la population des partis artificiels qui sont nuisibles à la culture politique. Au lieu de construire des relais institutionnels entre elle et les citoyens, l’administration préfère organiser des réseaux de clientèle intéressés uniquement par la prédation des richesses de l’Etat. N’ayant pas de représentants dans les institutions de l’Etat, la population a recours à l’émeute et, entre deux émeutes, elle se réfugie dans l’apathie. En un mot, il y a une demande d’Etat, mais il n’y a pas d’offre qui lui corresponde. L’administration ne veut pas tirer sa légitimité des citoyens ; elle préfère la puiser de la force des services de sécurité. Les rapports d’autorité se fondent sur la violence et la crainte de la police et non sur le consensus et la légitimité politique. La dynamique de privatisation du pouvoir trouve sa source dans l’anthropologie humaine, contrariée en démocratie par une autre dynamique provenant des mouvements sociaux donnant naissance à des partis et des syndicats autonomes. Avant d’être une culture, la démocratie est un rapport de force qui permet – ou ne permet pas – l’émergence de partis réellement représentatifs. Si l’élite dirigeante avait le sens des perspectives historiques, elle accompagnerait les changements dans le sens d’une participation politique de la population au champ de l’Etat, et accepterait des partis et des syndicats autonomes. C’est la seule solution pour mettre fin à la puissance de l’administration discréditée par le fléau de la corruption. L’existence de partis représentatifs est la condition essentielle de construction de l’Etat de droit. Il y aura bien sûr des troubles, des crises gouvernementales et des insultes dans les Assemblées du fait même que l’Algérie est une jeune nation à la recherche d’institutions stables. Mais ce n’est pas parce qu’il risque de tomber qu’il ne faut pas laisser l’enfant apprendre à marcher. (le Quotidien d(Oran-21.01.2010.)

***Clinton court-circuite Kouchner

Alors que le département d’Etat dépêche l’ex-ambassadrice à Alger, Janet Sanderson, des journaux français rapportent que la visite de Bernard Kouchner a été annulée.

Au moment où l’Amérique déploie son «artillerie» diplomatique pour rassurer Alger en dépêchant Janet Sanderson, responsable au département d’Etat, la crise s’accentue entre l’Algérie et la France, si l’on en juge par la froideur des relations entre les deux pays. Demain, l’ex-ambassadrice à Alger (2001-2003), Mme Sanderson, animera un point de presse au siège de l’ambassade des Etats-Unis à Alger, pour s’expliquer, entre autres, sur les raisons qui ont poussé son pays à inclure l’Algérie dans une liste de pays dont les ressortissants seront soumis à des mesures spécifiques de contrôle.
A cette mesure qualifiée de «discriminatoire» et de «malencontreuse», l’Algérie a officiellement réagi en convoquant l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique pour lui faire part de ses vives protestations. Les événements se sont accélérés au pays d’Obama puisque la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a tenté de se ressaisir en appelant son homologue algérien, Mourad Medelci. Des sources diplomatiques rapportent que la communication téléphonique entre les deux responsables n’a pas pu calmer l’ire d’Alger dont l’image est déjà suffisamment écornée par des scandales de corruption qui éclatent en cascade. Il fallait donc plus et les Américains s’y sont employés pour ne pas perdre un eldorado financier. Nantie de la grâce de la manne pétrolière, l’Algérie engage un programme quinquennal (2010-2014) estimé à 150 milliards de dollars.
Pour Washington, «Business is business», quitte à dépêcher une diplomate particulière pour deux raisons. La première est que Mme Sanderson a passé l’essentiel de sa carrière au Moyen-Orient, la seconde est qu’elle garde intacts ses réseaux avec des responsables algériens les plus influents. Cette diplomate a été pour beaucoup dans la préparation de la fameuse visite officielle effectuée par le Président Bouteflika aux Etats-Unis en 2001. Quid de la France qui, elle aussi, a inscrit l’Algérie sur la même black liste? Silence radio. Une posture qui n’augure rien de bon pour les relations entre les deux pays déjà alourdies par le poids du dossier de la mémoire, l’affaire des moines de Tibhirine, et l’affaire du diplomate Hasseni. Pis encore, face à «l’avancée» américaine, la France recule. Bernard Kouchner ne viendra pas en Algérie. C’est ce que rapporte le quotidien français Le Figaro qui annonce que «la visite à Alger de Bernard Kouchner, prévue cette semaine, a été annulée par le gouvernement algérien».
En fait, Alger ne peut plus s’accommoder de la politique menée par le Quai d’Orsay, même assaisonnée avec les bonnes intentions du président Sarkozy qui a rappelé son soutien en 2007 à l’arrêt du processus électoral de 1991 en Algérie. Le French doctor n’a jamais été en odeur de sainteté auprès d’Alger. Dès sa nomination, en 2007, à la tête de la diplomatie française, la perturbation des relations entre les deux pays était déjà prévisible. Alger reproche à Bernard Kouchner bien plus que ses positions diplomatiques mais son sacro-saint principe du «droit d’ingérence humanitaire». Aux pires moments du terrorisme, M.Kouchner ne ménageait pas ses efforts sur les tribunes internationales pour appeler à une ingérence en Algérie, ce qui n’a jamais été du goût des décideurs algériens.
Dans le «dossier Algérie», Washington vient de court-circuiter Paris après l’avoir éliminé de Haïti. Pour mesurer la querelle diplomatique entre les deux puissances, il n’y a qu’à voir comment ces deux pays ont étalé leur ego national dans l’aide d’urgence aux sinistrés de Haïti. La France s’irrite contre le leadership américain dans l’organisation de l’aide en Haïti mais ne s’empresse pas de faire connaître son inquiétude suite au regain d’intérêt US pour cette partie de l’Afrique du Nord..(L’Expression-23.10.2010.)

xxxxxxxxxx*Industrie: SNVI,  ou la genèse d’une descente aux enfers…

C’est l’histoire d’un fleuron de l’industrie nationale -la SNVI- pour lequel les gouvernants du pays ont programmé une véritable descente aux enfers.La genèse du plan de sauvetage de la SNVI remonte à bien  des années. Elle débute en 1996, année où les conséquences désastreuses du plan d’ajustement structurel imposé par le Fonds monétaire international (FMI) s’abattaient sur les entreprises nationales. En décembre de la même année, un conseil interministériel s’était tenu pour enclencher des mesures de rattrapage au niveau de la SNVI dont la déstructuration a été bien lourde. En 1996, le conseil interministériel avait programmé le rachat du découvert bancaire enregistré auprès de la Banque nationale d’Algérie (BNA) pour un montant total de 2 milliards de dinars, la prise en charge par le Trésor public, sur une durée de 21 mois, des agios liés au découvert bancaire de 3 milliards de dinars, la prise en charge intégrale par le Trésor, du coût du volet social, à hauteur de 725 millions DA et enfin, la conversion éventuelle en titres participatifs d’une partie des obligations émises par SNVI au profit du trésor public. Le ministère des finances réagit le 24 février 1997 et instruit sa direction générale du Trésor pour prendre en charge ce plan d’assainissement financier de la société. Dans la décision établie à cet effet, il est précisé dans le 4è alinéa de l’article 1 que «le rééchelonnement des dettes extérieures par la Banque algérienne de développement (BAD), pour un montant de 1 milliards DA, (se fera) selon des conditions à convenir entre cette dernière et l’entreprise SNVI.» Il est aussi noté que «le rétablissement de l’équilibre financier de SNVI sera effectué au moyen des mesures énumérées à l’article 1 et, le cas échéant, par la conversion en titres participatifs d’une partie des obligations émises par elle au profit du Trésor.» Cette opération devait se faire en vertu de la décision no 58 du 20 mai 1995, sur la base du bilan de l’exercice 1996 approuvé par l’assemblée générale de SNVI. Le ministère des finances avait promis dans l’article 3, que ces mesures devaient prendre effet à compter du 1er octobre 1996. Le gouvernement de l’époque a cependant, ignorer ces mesures de sauvetage d’une société en péril et décide, par ailleurs, de fermer 8 des ses unités, «en dépit des mises en garde exprimées par les cadres syndicaux de la fédération des travailleurs de la Mécanique, Electrique et Electronique, mais également en contradiction avec les décisions arrêtées lors de la réunion tenue en date du 7 juillet 1998, à l’issue de laquelle il fut convenu de surseoir à l’application des mesures prononcées par le CNPE (gel de toute fermeture), privilégiant le redressement et la relance de l’entreprise.» Ce paragraphe est relevé dans une correspondance que le secrétaire général de l’UGTA avait adressée au chef du gouvernement le 1er août 1998.La descente aux enfers de la SNVI Abdelmadjid Sidi Saïd écrit «devant ce revirement intolérable et qui n’a d’égal que l’immense désarroi causé aux travailleurs de la SNVI et à leurs familles, la centrale syndicale interpelle votre autorité pour faire annuler cette décision contraire à l’esprit et à la lettre des accords conclus entre les pouvoirs publics et l’UGTA ainsi que les propositions et alternatives présentées par les représentants élus des travailleurs.» Ce rappel «à la raison» sera royalement ignoré par le chef du gouvernement. Le 6 février 2002, le SG de l’UGTA rappelle au chef du gouvernement que «la situation économique et sociale de la SNVI est préoccupante, et écrit-il, ses approvisionnements au titre de l’exercice 2002 ne sont pas encore engagés, en raison de l’importance de son découvert bancaire et de son endettement qui la met dans des conditions d’inéligibilité au concours bancaire.» A cette période, la SNVI avait subi encore une fois d’autres compressions de ses effectifs et d’autres fermetures de ses unités après celles qu’elle a supportées en 1997. Sidi Saïd en parle dans sa correspondance de 2002. «Permettez-moi, Monsieur le chef du gouvernement, de vous faire part des sacrifices consentis par les travailleurs de la SNVI, suite à l’application des mesures opérées par les pouvoir publics dans le cadre des réformes économiques, notamment l’importante réduction des effectifs,» lui rappelle-il à propos de ce qui a été entrepris dans le cadre des deux plans de redressement interne consécutifs et des deux accords sociaux conclus entre les direction générale et le syndicat d’entreprise, pour la compression des effectifs et la fermeture de plusieurs unités commerciales. Son rappel important en cette année 2002, est que «la SNVI a subi la réduction de près de 8500 travailleurs et la fermeture de douze (12) unités commerciales.» Sidi Saïd signale que «ce sacrifice n’a pas été accompagné par les accords conclus avec les pouvoirs publics (assainissement, investissement).»La viabilité de la SNVI par les preuves Le SG de l’UGTA défend la société, arguments en main. «Aujourd’hui, l’important carnet de commande que cette entreprise détient au titre de l’exercice 2002, près d’une année de chiffre d’affaires ….

 

 

Pas de réponses à “*Météo politique 2”

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