Le sport est-il encore un jeu ?

Consultez le sommaire du magazine À quoi sert le jeu ?

**Entretien avec Georges Vigarello

**Professeur de sciences de l’éducation à Paris-V, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

*Propos recueillis par Martine Fournier-scienceshumaines.com-Mis à jour le 14/05/2012

Entre les jeux des sociétés de l’Ancien Régime, fondés sur le pari et le défi, et le sport actuel, quoi de commun? De profonds changements sociaux qui, au XIXe siècle, ont marqué le passage à la modernité. Porteur de valeurs morales, le sport est aussi aujourd’hui traversé par les tensions de nos sociétés contemporaines…

**Sciences Humaines : Les hommes se sont toujours adonnés à des exercices physiques, sous forme de démonstrations ou de compétitions… Quelles formes prenait ce que vous appelez « le jeu ancien » dans la société de l’Ancien Régime ?

Georges Vigarello : Sous l’Ancien Régime, le jeu est l’objet d’une véritable passion. Il prend soit la forme de jeux de paris soit celle de jeux de prix.

Les activités de paris peuvent surgir n’importe quand et les modalités en sont réinventées à chaque fois. Par exemple, à la fin du xvie siècle, les habitants d’Amiens peuvent voir un soldat suisse, l’épée au côté, escaladant la flèche de la cathédrale, à la suite d’un pari… On s’affronte ici sur une barque pour traverser la Tamise, là à cheval pour franchir un pont, ou en patin sur un canal gelé l’hiver, dans une partie de paume contre le mur de l’église, à la course ou encore au tir à l’arc…

Les paris se font bien évidemment entre gens du même univers social : il y a les jeux des pauvres et les jeux des nobles qui sont, eux, beaucoup plus structurés : parties de paume, de quilles, de mail… Très prisé des aristocrates, le mail, sorte de jeu à mi-chemin entre le golf et le croquet, se passe sur une grande bande de terrain en terre battue et a ses règles bien définies…

Les jeux de prix, plus organisés, ont lieu lors des fêtes paroissiales sous l’égide du saint local : cela peut être la lutte en Bretagne, la course ou le saut en Provence, le lancer de pierre… Parfois ce sont les collectivités qui s’affrontent comme à la soule par exemple, très populaire dans les villages. Dans ce jeu de ballon – qui est l’ancêtre du football -, tous les coups sont permis, les affrontements et les chocs des corps peuvent être très violents ; les règles en sont assez floues, les terrains mal délimités et les combats chaotiques peuvent se finir dans la rivière ou dans la mer, comme à Vologne en 1557 où les joueurs se battent dans les vagues de la Manche !

Les équipes sont constituées par communauté : affrontements entre villages, entre célibataires et mariés… Chez les nobles, les jeux de prix, organisés lors de grandes occasions (naissance d’un dauphin, mariage à la cour), renvoient aux vieilles appartenances militaires : jeux de lance, de bague (qui consiste à faire passer la lance dans un anneau)…

D’une manière générale, les qualités valorisées dans les jeux anciens sont la force et l’adresse. Mais ils ont aussi une fonction de sociabilité. La compétition engendre la reconnaissance et permet d’intégrer les joueurs à la communauté. Elle peut valoir, par exemple, pour de jeunes nobles leur reconnaissance à la Cour. Les jeux anciens se déroulent selon des temporalités très différentes de celles qui apparaissent avec la société industrielle lorsque la séparation entre travail et loisir devient clairement orchestrée. Auparavant, le temps du jeu s’infiltrait dans celui du travail sans partition bien définie. D’ailleurs, le mot « loisir » n’existait pas encore.

*En quoi consiste la rupture du xixe siècle, qui fait naître les formes modernes de loisir et plus particulièrement le sport ?

Cette rupture porte sur plusieurs points. Le système sportif commence à s’organiser. D’une part, les jeux de paris vont être évincés au profit de formes plus réglées, hiérarchisées et institutionnalisées. Apparaissent alors les clubs et les fédérations (de natation par exemple) qui établissent des règlements pour tous ceux qui pratiquent ; alors que les règles de la soule par exemple variaient d’un lieu à l’autre.

D’autre part, apparaît un principe démocratique selon lequel n’importe qui peut participer.

Ce principe n’est en fait que théorique car, dans la réalité, il existe des distinctions sociales qui font que les activités sportives sont au départ réservées à la bourgeoisie. Quoi qu’il en soit, les clubs – qui naissent en Angleterre – organisent des compétitions et des sélections à différents niveaux : local, régional, national… Ils vont très vite chercher à se fédérer et à regrouper les pratiquants de différents sports : le Racing Club, par exemple, prétendait favoriser « la pratique de tous les exercices de plein air, propres à développer les forces physiques, tels que football, lawn-tennis, jeu de paume, escrime, patinage… »

*Il semble aussi que le sport soit porteur de valeurs morales…

Le jeu ancien était prisé car il était l’occasion de moments récréatifs et festifs. Mais il était aussi perçu comme suspect par les moralistes car il comportait des risques de passion, d’excès, de débordements, de cupidité avec les paris ; il renvoyait en fait à ce qui est de l’ordre du désir et de la chair.

Le xixe siècle – positiviste – veut rentabiliser le temps et, avec les hygiénistes, l’efficacité physique ; le sport doit servir, il devient éducatif… D’où un discours moral, porté notamment par le baron Pierre de Coubertin, qui voulait par le sport « employer tous les moyens propres à développer nos qualités physiquespour les faire servir au bien collectif ». Pour ce promoteur du sport au xixe siècle, l’activité physique donne du courage, de la volonté, fait vivre les gens ensemble… Dans une société où les repères religieux s’affaiblissent, le sport est vu comme un moyen de tisser le lien social, la solidarité envers la collectivité et même le sacrifice pour elle.

En outre, les clubs sont organisés à l’initiative de leurs membres, dont certains sont des adolescents : là encore, on voit pointer l’idée démocratique en même temps que la valorisation des initiatives personnelles. Les pères fondateurs du sport ont en fait ajusté les pratiques physiques à un monde où se pensaient autrement l’espace, le temps, le rapport aux autres et à soi.

*C’est à l’initiative de P. de Coubertin que se créent les jeux Olympiques modernes. Pourtant, en 1900, ceux de Paris ne sont pas vraiment réussis, semble-t-il ?

D’une manière générale, après ceux d’Athènes en 1896, les premiers jeux Olympiques connaissent bien des balbutiements et ne se mettent au point que progressivement.

P. de Coubertin était un personnage ambigu. Il croyait profondément à l’aspect constructif pour l’individu de l’exercice physique. Il avait une vision d’une démocratie internationale, de valeurs cosmopolites… Mais en même temps, issu de la noblesse, il était porteur d’idées très conservatrices. Il était par exemple radicalement opposé à la participation des femmes dans le sport ; il était aussi très sensible à la notion d’élite sociale, disait par exemple vouloir construire une chevalerie moderne et adorait les oriflammes…

En 1900, pour les Jeux de Paris, le projet du baron diffère sensiblement de celui des républicains qui sont au pouvoir. Celui-ci voulait des épreuves restreintes à une élite d’amateurs rigoureusement sélectionnés. Le gouvernement français, lui, veut saisir l’occasion des Jeux pour en faire une fête républicaine et patriotique dans l’esprit de l’Exposition universelle qui a lieu la même année. Les organisateurs veulent présenter le plus grand nombre de pratiques possibles en y incluant le « vélocipède », l’automobile, les machines aéronautiques… On fait défiler 8 000 gymnastes entre la place de l’Hôtel-de-Ville et Vincennes. Les épreuves y sont hétéroclites et certaines n’ont rien à voir avec des jeux Olympiques, comme par exemple une épreuve de tir au canon !

On peut dire que les Jeux de 1900 sont de « faux » jeux Olympiques avec tout un ensemble de ratages. L’espace du Pré-Catelan par exemple est prévu pour les compétitions d’athlétisme. Lors du lancer de disque, il faut aller les rechercher dans les bosquets qui parsèment la pelouse… Des tribunes prévues, on ne peut voir les épreuves, etc.

Au début, les jeux Olympiques restent prisonniers de l’esprit des grandes fêtes de l’époque et les premières manifestations sont assez loufoques. En 1904, les Jeux se passent à Saint Louis, aux Etats-Unis, parce que cette ville fait au même moment une exposition internationale. On y trouve un prix de tir à l’arc réservé aux tribus indiennes, une démonstration de Pygmées venus d’Afrique…

Cependant, après la guerre de 1914, des règlements s’instaurent, les sportifs professionnels sont exclus, l’organisation progresse. Pour les Jeux de Paris de 1924, on construit le premier grand stade de Colombe. Les rituels s’installent aussi progressivement. Ce n’est qu’à partir de 1920 à Anvers qu’apparaît le serment et ce n’est qu’à Los Angeles, en 1932, qu’est créé le podium pour la remise des médailles. La flamme apparaît en 1936 et le premier trajet fait avec la flamme est donc Athènes-Berlin, lors de ces Jeux totalement orchestrés par les nazis.

*On s’aperçoit au fil du temps que le sport est souvent instrumentalisé par la politique…

En 1936, on voit effectivement comment un régime totalitaire exerce une pression, voire un chantage sur le Comité international d’organisation des Jeux. Malgré les protestations de celui-ci, les Juifs sont exclus de fait des compétitions puisqu’en Allemagne ils ne peuvent appartenir à des clubs. C’est le Reich aussi qui choisit les correspondants (recrutés dans le parti nazi) pour la presse internationale. La fête prend des couleurs nazies, avec la présence massive des drapeaux à croix gammée, le défilé de milliers de membres des jeunesses nazies…

Le sport est ambigu par cette ferveur quasi religieuse à laquelle la foule est appelée à participer. Parce qu’il devient de plus en plus visible avec le développement des moyens de communication – radio, télévision, etc. -, beaucoup sont tentés de s’en servir. Hitler est le premier à penser à l’exploitation cinématographique des Jeux en commandant à Leni Riefenstahl le film Les Dieux du stade, dans lequel on trouve un hymne à la beauté physique. Le sport est alors utilisé pour promouvoir cet idéal de beauté physique qui habitait l’idéologie nazie. La récupération du sport n’est pas d’ailleurs seulement le fait des régimes totalitaires… Tous ceux qui peuvent exploiter sa visibilité tentent de le faire : on se souvient de ces athlètes noirs brandissant le poing sur le podium à Mexico en 1968. Ou de Denis Banks qui avait créé en 1972 la « Piste des traités violés », un marathon qui traversait tous les Etats de l’Union… Les terroristes s’en sont servis aussi, à Munich en 1972 ou à Atlanta en 1996…

De leur côté, les pays de l’Est utilisaient cette visibilité pour promouvoir leur régime, en dopant d’ailleurs massivement leurs athlètes. Le poids médiatique du sport attire le politique tout comme le publicitaire. D’autant qu’aujourd’hui, le « show sportif », séduit des foules entières.

*Violences dans les stades, dopage, corruption… Le sport aujourd’hui peut-il encore être porteur de ces valeurs morales que ses fondateurs exaltaient ?

La pratique compétitive est en effet l’objet de terribles dérives. Outre le dopage, l’entraînement intensif précoce par exemple, qui consiste à entraîner les enfants dès l’âge de 5 ans – en particulier les gymnastes fillettes -, est une manière de porter atteinte à l’intégrité physique des individus. Sur ce point qui touche à un problème de santé publique, il existe une responsabilité du politique. Et je pense que l’Etat devrait prendre davantage en charge ces problèmes.

Il y a toujours eu une ambiguïté dans le sport qui, d’un côté, veut exalter certaines valeurs morales (comme la pureté ou l’intégrité) et, de l’autre, est le lieu de pratiques des plus contestables. Mais il faut considérer aussi que la pratique du sport concerne aujourd’hui des millions de personnes (plus de 13 millions inscrits dans les fédérations aujourd’hui). En 1920, la Fédération de natation comptait un millier de nageurs, aujourd’hui, ce sont des centaines de milliers d’adhérents. Dans la même période, on est passé de 30 000 footballeurs dans les clubs à quelque trois millions et demi… Au-delà du sport spectacle, la pratique sportive s’est intensifiée de manière phénoménale. Et il est permis de penser cela comme un fait positif qui apporte plaisir et réalisation de soi aux adultes et aux enfants, mais aussi produit des sociabilités, de l’émulation sociale…

*L’institutionnalisation du sport n’aurait-elle pas finalement gommé sa dimension de jeu ? Et, alors, n’y aurait-il pas un déplacement du désir des gens vers d’autres pratiques plus ludiques ?

Il est vrai qu’aujourd’hui les individus sont plus sensibles aux sensations de leur corps… On voit se promouvoir les sports de glisse, le surf, le roller, le deltaplane ou le parapente…

Ils sont plus attirés par des pratiques qui procurent des plaisirs plus intenses, plus immédiats et plus individualisés. Certains, par exemple, refusent de se livrer à la compétition et préfèrent traverser Paris en roller.

L’institutionnalisation du sport porte certes atteinte à ce qu’on appellerait aujourd’hui la dimension de fun. Mais elle reste aussi porteuse de plaisir et de jouissance. On le voit bien avec les sportifs, même s’ils doivent endurer de grandes souffrances pour y arriver…*scienceshumaines.com-Mis à jour le 14/05/2012

**une équipe « black-blanc-beur »

Une longue tradition mêle étroitement immigration et football. Ainsi, les nombreux noms polonais qui composaient les équipes des années 50 ont progressivement disparu (cette immigration s’étant tarie avec la fin de la guerre froide) au profit, dans les années 70-80, des patronymes espagnols, portugais et surtout italiens, incarnés entre autres par Platini. Plus récemment, les Zidane (d’origine algérienne), Desailly (Ghana), Thuram (Guadeloupe) et Karembeu (Nouvelle-Calédonie) ont composé une équipe « black-blanc-beur », championne du monde en 1998, concrétisant l’image d’une France aux origines plurielles

**Le jeu, une pratique universelle

Le jeu est-il une activité libre, autonome et relativement futile ou bien le reflet d’enjeux plus sérieux et inscrits dans la culture ? L’histoire et l’anthropologie des jeux campent sur l’alternative selon laquelle, d’un côté, les jeux ne seraient que des rites dégradés ayant perdu leur signification (tarot, osselets…), et, de l’autre, des miroirs des valeurs collectives (le football comme métaphore de la démocratie).

L‘analyse anthropologique du jeu puise sa source dans une considération générale : le jeu se distingue de l’action ordinaire par sa relative gratuité, son absence d’enjeu autre que symbolique. Néanmoins, ses formes ne sont pas quelconques, elles sont chargées de significations et soulèvent des passions. L’anthropologue Leo Frobenius, frappé par cet aspect du jeu, avança que l’activité ludique était le creuset de toutes les autres aptitudes à manier des représentations et à jouer des rôles sociaux (Paideuma, 1921). En 1938, Johan Huizinga généralise cette thèse (Homo ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu, rééd. Gallimard, 1995). Selon lui, le jeu est créateur de la culture à travers, en particulier, les principes de la compétition et du désintéressement : le théâtre, les arts, le sport, les usages de cour, les rites, la guerre ont leur origine dans l’activité ludique.

Cette thèse s’oppose à une autre, inaugurée par Edward B. Tylor en 1871 (Primitive Culture), qui postule que les jeux (en particulier de hasard) seraient issus de rites divinatoires ou religieux dépouillés de leur enjeu sacré. *suite dans la site-scienceshumaines.com-15/06/2011

**Les violences cachées du sport

Le sport met en jeu toutes les formes de relations politiques, culturelles, économiques ou sociales. La pratique sportive recèle pour cette raison une ambiguïté très nette dans nos sociétés actuelles. Elle est en même temps un espace où peuvent se déchaîner les émotions (ce qui n’est plus réellement toléré ailleurs), mais aussi et a contrario un lieu d’apprentissage du contrôle de soi, de contraintes, de règles et d’efforts. Elle est aussi un vecteur de politiques publiques destiné à canaliser les « classes dangereuses », notamment aujourd’hui au sein des cités et quartiers populaires. Le sport, en particulier le sport roi qu’est le football, est alors convoqué pour socialiser les jeunes « sauvageons » des banlieues parce qu’il constitue un espace réglé de formation à la citoyenneté et au fair-play. Cependant, les études montrent aussi que le sport est souvent le lieu de clivages, d’exclusions, de manifestations de force et de xénophobie. Sur le terrain comme aux abords des stades, dit le sociologue Dominique Bodin, le sport est un lieu d’expression de la violence et constitue un système social où se reproduisent les inégalités (domination masculine, exclusion des handicapés…). Et le sociologue de conclure que le sport, pour multiples que soient ses réalités, entretient avec la violence un commerce direct et continu qui remonte aux origines de la civilisation occidentale (rôle des jeux guerriers, des jeux d’adresse, de force ; compétitions violentes valorisant les identités de quartiers, de villages, de nations, etc.).

Virilité et agressivité

Les rapports entre sport et violence sont aujourd’hui devenus multiples et complexes, tant le sport est une réalité massive de nos sociétés. La violence s’y déploie, estime Georges Vigarello qui préface un recueil remarquable d’études sur le sujet (1), sur au moins quatre registres. En premier lieu, la violence directe sur les stades et autres arènes entre les pratiquants eux-mêmes. C’est particulièrement vrai pour les sports collectifs hypermasculinisés : le football, le rugby, le hockey sur glace… La virilité y est exaltée et l’agressivité y constitue un avantage comparatif sur le terrain. Là, notamment dans les clubs locaux, les haines et combats peuvent être farouches, accompagnés de sexisme, de racisme et dominations violentes. En second lieu, on l’a dit, celle qui oppose les supporters et spectateurs, surtout les plus violents, et particulièrement dans le football. Mais il est d’autres violences, plus inattendues ou cachées, que l’on ne saurait passer sous silence. La violence qu’une pratique sportive intensive occasionne : accidents, souffrances et asservissement corporels que l’on s’inflige et, bien sûr, le dopage qui provoque mort et infirmités. C’est en dernier lieu cette violence symbolique qui se rencontre à tous les échelons des systèmes sportifs et des clubs. La compétition de haut niveau y est le but ultime et permanent. Tous ceux qui ne rentrent pas dans cette perspective sont de fait marginalisés. Les meilleurs horaires de pratique, les entraîneurs et les matériels y sont réservés à une élite dont sont progressivement et impitoyablement exclus ceux qui ne « suivent pas » le rythme.

Il convient cependant, rappelle G. Vigarello, de comprendre que la violence répond à des logiques anthropologiques « où le jeu physique permet à la fois de l’exprimer et de la contrôler ».

*D. Bodin (dir.), Sports et violences, Chiron, 2001.

Jean-Claude Ruano-Borbalan

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*Que font les jeunes de leurs loisirs ?

Non, les enfants ne se contentent pas tous de regarder la télévision et de jouer aux jeux vidéo. C’est ce que montre notamment une enquête d’ensemble réalisée auprès de 3 306 enfants pendant l’hiver 2001-2002 par le département des études et de la prospective du ministère de la Culture et de la Communication sur les loisirs culturels des 6-14 ans.

Première constatation : ces jeunes bénéficient de plus en plus d’un équipement « à eux » qui favorise une véritable « culture de chambre ». Ecouter de la musique et regarder la télévision sont les activités de loisir les plus répandues chez les jeunes, mais les loisirs diffèrent en fonction du sexe : les filles sont plus nombreuses à lire et à fréquenter les bibliothèques, à écouter musique ou radio et à s’adonner à des activités artistiques amateur, alors que les garçons se tournent davantage vers le multimédia et les activités sportives. Les loisirs dépendent aussi du milieu social dans lequel grandit l’enfant. Chez les enfants d’agriculteurs, par exemple, la télévision, l’ordinateur et les jeux vidéo sont moins présents. L’analyse de l’enquête fait apparaître huit univers culturels différents : les exclus (11,5 % des 6-14 ans), éloignés de toutes les formes de loisir culturel ; les consommateurs exclusifs de musique (14 %) ; les jeunes qui privilégient l’audiovisuel traditionnel (télévision, vidéo, DVD) et les jeux vidéo (16 %) ; les férus de médias traditionnels (télévision, musique et lecture) au nombre de 12,5 % ; les férus de médias traditionnels et d’ordinateurs et de sorties (9,5 %) ; les jeunes impliqués dans les loisirs culturels et sportifs (11,5 %) ; ceux qui privilégient la culture de l’écran (télévision, ordinateur et jeux vidéo), représentent 14,5 % du panel, et enfin ceux qui privilégient les pratiques artistiques amateur (10,5 %).

L’analyse de cette répartition des loisirs culturels met en évidence qu’il y a un lien fort entre le comportement culturel des enfants et celui des parents. D’une part, les choix des parents constituent souvent un modèle (d’autant que certains loisirs sont faits ensemble), d’autre part, la présence d’un projet éducatif peut pousser les parents à accorder une belle place aux activités éducatives. Les consommations médiatiques occupent donc une place centrale dans les loisirs des 6-14 ans mais les autres activités ne sont pas pour autant absentes et dépendent en général du milieu familial.*scienceshumaines.com-15/06/2011

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