Les turbulences dans le monde arabe-2

***ce qui se passe actuellement dans le monde arabe……

Les initiatives américaines et européennes ont été conçues en dehors des Arabes et en grande partie contre leurs intérêts.

 Les obstacles qui entravent leurs aspirations des peuples arabes existent toujours : Palestine occupée, Irak menacé de division, Soudan divisé, Afghanistan, Iran, terrorisme, embargos déclarés ou non, menaces, sans oublier les régimes despotiques entretenus par l’Occident pour garantir ses intérêts..Peut-on dire, pour autant, que cela est facilite la marche des pays arabes vers la modernité?…Rien n’est sùr….

**Le temps des incertitudes

Les initiatives américaines et européennes ont été conçues pour les Arabes en dehors des Arabes et en grande partie contre leurs intérêts.

Depuis la Nahda («renaissance»), un mouvement moderniste né au XIXe siècle, au moment où l’Empire ottoman amorçait son déclin, en passant par le panarabisme, les pays arabo-musulmans, dominés par l’Occident, naviguent à vue, dans l’incapacité de choisir un modèle social conforme à l’évolution du monde et leur donnant les moyens de leur émancipation et de leur développement pour entrer dans la modernité sans perdre leur spécificité: un exercice difficile, mais possible et nécessaire.
Le résultat de ces ratés de l’histoire est dû au fait que ces pays arabes vivent une dualité, identité et modernité, qu’ils doivent impérativement maîtriser. Ils peuvent le faire sans perdre leur âme. Il doivent le faire car ils ne peuvent rester en marge de la marche du monde. Les peuples l’ont compris, les dirigeants ne donnent pas cette impression.
Il est incontestable que ce qui se passe actuellement dans certains pays comme la Tunisie ou l’Egypte procède d’une véritable aspiration des peuples à la dignité et à la liberté, afin que chaque individu puisse vivre pleinement sa citoyenneté et développer sans entraves son génie ou ses dons au service de la communauté. Peut-on dire, pour autant, que ceci est le début de la marche des pays arabes vers la modernité? Il est prématuré de répondre à cette question. Outre que ces pays ont une dualité à maîtriser – identité et modernité -, ils rencontrent des obstacles qui entravent leurs aspirations: Palestine occupée, Irak menacé de division, Soudan divisé, Afghanistan, Iran, terrorisme, embargos déclarés ou non, menaces, sans oublier les régimes despotiques entretenus par l’Occident pour garantir ses intérêts.
On peut ajouter le comportement arrogant de l’Occident qui a pris la fâcheuse habitude – devenue une seconde nature – de décider pour et à la place des pays arabes qu’il fait semblant de consulter. C’est ainsi que les néo-conservateurs américains ont décidé de démocratiser l’espace arabo-musulman par le fer et le feu sous prétexte de lutter contre le terrorisme et les armes de destruction massive. La Middle East Partnership Initiative (Mepi) ou Initiative du Partenariat pour le Moyen-Orient, annoncée le 12 décembre 2002 par le Département d’Etat fut approfondie par la Great Middle East Initiative (Gmei) connue aussi sous le sigle GMO ou Grand Moyen-Orient, annoncée par Bush le 26 février 2003, juste avant la 2e guerre d’Irak et confirmée en mai 2003, juste après l’occupation de l’Irak. Elle concerne un espace arabo-musulman allant de l’Atlantique à l’Asie centrale. On connaît l’échec cuisant de ces initiatives et leurs conséquences désastreuses sur la paix et la sécurité des peuples concernés.
L’Europe n’est pas restée inactive et a été aussi de sa potion magique. Devançant même les Etats-Unis. Elle a mis en place, successivement, deux instruments en direction de la rive Sud de la Méditerranée:
Le Processus de Barcelone lancé en 1995, fut un échec pour de multiples raisons: tendance de l’Europe à traiter ses partenaires du sud de la Méditerranée en mineurs ou même en supplétifs pour servir ses seuls intérêts: lutte contre l’immigration illégale et le terrorisme, aménagement d’un grand marché pour ses produits, garantie de ses approvisionnements énergétiques. Il y avait aussi la volonté de contrôler politiquement une région proche et donc importante pour sa sécurité, sans se soucier des intérêts de ladite région. Devant tant d’égoïsme, le Processus a fini par se fracasser sur l’écueil palestinien. Dix ans après son lancement, son enterrement a eu lieu à l’occasion d’un sommet boycotté par tous les chefs d’Etat arabes.

Des initiatives conçues pour les Arabes sans les Arabes
L’Union pour la Méditerranée, lancée par Sarkozy en pleine campagne électorale, dans l’improvisation – un trait qui caractérise depuis la diplomatie française -, n’a fait illusion qu’aux yeux de ses concepteurs et s’est vite transformée en véritable fiasco. Souffrant des mêmes tares que le Processus de Barcelone, cette initiative comportait un agenda non acceptable pour les Arabes – l’intégration sans frais d’Israël dans le giron régional -, et non acceptable aussi pour la Turquie – un succédané à son intégration dans l’Europe, une demande qui dure depuis une quarantaine d’années -.
Les initiatives américaines et européennes ont été conçues pour les Arabes en dehors des Arabes et en grande partie contre leurs intérêts. Ils l’ont été en faisant fi des peuples car l’Occident s’est endormi dans le confort que lui procuraient des autocrates dociles car lui devant leur maintien au pouvoir. Dociles et âgés: le tandem qui conduisait la Ligue arabe, jusqu’à la révolution de la place Tahrir, était composé de Hosni Moubarak (82 ans) et Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud (86 ans). L’âge moyen des principaux dirigeants arabes déjà évincés ou menacés tourne autour de 78 ans. Par comparaison, on est dans une moyenne de 50 ans dans les pays occidentaux. Ajoutons l’usure du pouvoir pour certains: à Bahreïn, la famille des Khalifat règne depuis 230 ans et le Premier ministre, oncle du roi, est au pouvoir depuis 42 ans, El Gueddafi depuis 42 ans, Ali Abdallah Saleh a dépassé les 30 ans et Moubarak et Ben Ali les 20 ans. Par comparaison encore, les dirigeants occidentaux et pas seulement, ont une duré de vie de plus en plus courte.
Les événements qui ont eu lieu ces derniers mois, notamment en Tunisie et en Egypte, n’étaient pas considérés comme inéluctables et n’avaient été prédits par aucune source gouvernementale ou non-gouvernementale bien que les éléments objectifs communs à tous les pays invitaient à un bousculement de l’ordre établi: les jeunes sont largement majoritaires, plus éduqués que l’ancienne génération, plus tournés vers l’avenir, la modernité et l’extérieur, ils sont les plus frappés par le chômage, les plus marginalisés, ne sont pas consultés, s’estiment exclus; les changements sociaux induits par l’éclatement de la famille et donc la cassure de la cohésion sociale; la globalisation a transformé le monde en village planétaire grâce aux développements des technologies de l’information et de la communication (chaînes satellitaires, Internet et réseaux sociaux); la censure, mal supportée, est devenue inopérante; amélioration du niveau de vie, élargissement des élites grâce à l’instruction entraînant l’aspiration à plus de liberté et de démocratie, plus de liberté d’expression, un plus grand droit de regard sur l’emploi des deniers du pays (corruption), ce qui heurte de front l’autoritarisme de certains régimes; beaucoup de pays subissent la menace terroriste et leurs régimes se présentent comme des remparts contre l’islamisme politique, y puisant une nouvelle légitimité aux yeux de l’Occident.

Après une révolution, un nouveau pouvoir
D’autres éléments sont propres à chaque pays: La Tunisie, atelier de l’Europe, souffre depuis deux ans d’une crise économique qui a rendu insupportable et mis à nu le comportement de certains milieux corrompus liés au pouvoir. L’armée a gardé sa neutralité ce qui lui permet aujourd’hui d’être la gardienne de la transition en cours dont l’issue reste encore largement incertaine.
En Egypte, le clan Moubarak n’a rien à envier à celui de Ben Ali. L’armée, en tant qu’institution, est largement impliquée dans la sphère économique. Elle a toujours constitué l’assise du système depuis la révolution des officiers libres en 1952. Elle a fait trois guerres (1956, 1967, 1974). Elle a gardé la confiance du peuple, ce qui lui permet aujourd’hui de conduire la transition, un exercice à haut risque. La Libye est un non-Etat: pas de Constitution, pas de codification des institutions, division du pays en tribus, marginalisation de l’armée au profit des bataillons de sécurité commandés par les enfants d’El Gueddafi. Le Yémen est en proie à la violence terroriste, aux affrontements dans le Nord entre les troupes gouvernementales et les rebelles Zaydistes qui veulent rétablir le régime monarchiste aboli en 1962 et à la cassure Nord-Sud non encore résorbée depuis les années 1980. Ce pays est devenu un terrain d’affrontement entre l’Iran qui soutient les Zaydites, et l’Arabie Saoudite.
Donc, aux côtés d’éléments communs, il y a des éléments contingents qui diffèrent d’un pays à un autre et qui sont déterminants dans le déclenchement des soulèvements populaires. C’est pourquoi, l’effet domino tant ressassé par les «experts», n’est pas une fatalité. Par contre, les changements politiques sont inévitables. Selon les pays, ils prendront la forme de révolutions (changements radicaux) ou de réformes intervenant à plus ou moins long terme.
L’Histoire nous enseigne qu’une révolution commence par le renversement brutal du régime en place. Ce faisant, elle, crée un vide qui met un temps plus ou moins long pour être comblé. Comme un tremblement de terre, une révolution est suivie de répliques plus ou moins fortes qui peuvent aussi être dévastatrices. Sans vouloir comparer, rappelons trois précédentes révolutions:
La Révolution française de 1789 fut une alternance de troubles internes et de guerres jusqu’à la proclamation de la 2e République en 1870. La Révolution bolchévique de 1917 fut suivie d’une guerre civile et de purges qui marquèrent des générations. La Révolution iranienne de 1979 eut aussi son lot d’atrocités et continue de «manger ses hommes» à ce jour. Après une révolution, la nature du nouveau pouvoir ne peut pas être prévue ou garantie. C’est pourquoi, l’issue des bouleversements en cours dans certains pays arabes est incertaine. La Tunisie et l’Egypte sont encore au tout début d’un processus qui sera long et hasardeux. Il pourrait déboucher sur un système démocratique et constituer l’amorce d’un printemps démocratique dans l’espace arabo-musulman, comme il pourrait accoucher d’un autre système autoritaire ou même totalitaire. Quant à Libye, elle pourrait éclater en deux ou trois Etats, après une guerre civile meurtrière et destructrice: Cyrénaïque à l’est, Tripolitaine au nord-est et Fezzan au sud-est. La division tribale de la société libyenne accrédite cette thèse. La répartition des richesses pétrolières qui aiguise les appétits aussi.

Hocine MEGHLAOUI (*) Ancien diplomate

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        *à qui profite le crime?

«la grenouille qui voulait devenir aussi grande qu’un boeuf»

**Sous couvert de révoltes arabes et de bonne gouvernance…

  Comment le Qatar exécute le plan israélien

Ceux auxquels il est arrivé de jouer, ne serait-ce qu’une fois, au puzzle, le savent. Tout ne va pas partout. Chaque pièce va exactement à sa place et aucune ne peut être mise ailleurs que là où elle doit être.

Les révoltes arabes se suivent et se ressemblent...

Il est tout à fait possible qu’un pays, «pas plus grand que la daïra de Draâ El Mizan et pas plus peuplé que la wilaya d’Oum El Bouaghi», se mette à jouer à des jeux de grands. Et nous avons eu la mauvaise surprise de le constater dans plusieurs cas puants, récents et actuels. Mais de là à dire que ce pays-là agit de la sorte pour réaliser sa stratégie, une stratégie qu’il aurait élaborée comme un grand, c’est un pas qui me semble difficile à franchir pour plusieurs raisons dont les trois plus importantes sont les suivantes.
La première de ces raisons est simple. Parce que «la grenouille qui voulait devenir aussi grande qu’un boeuf» n’est qu’une fable et non une réalité, la stature de ce pays ne lui permet pas d’avoir des visées aussi grandes que celles qui lui sont attribuées par certains analystes. La seconde raison est que ce pays, même si – pour les besoins de la spéculation – on lui accordait l’autonomie de décisions aussi graves et aussi cruciales que celle de sonner la charge contre des pays, comme cela s’est passé en Libye par exemple, ceci ne se justifierait certainement pas par une supériorité militaire ou stratégique quelconque. Loin de là! La troisième raison que j’invoquerais est que la richesse actuelle de ce pays ne plaide pas en faveur de l’argumentation qui lui prêterait l’intention de mettre la main sur des richesses à certains endroits du monde tels la Libye et le Sahel. Il reste alors à expliquer le comportement de ce petit pays. En termes policiers, on aurait dit qu’il faut chercher à savoir à qui profite le crime car crime il y a effectivement. Et ce n’est pas un crime désintéressé, accidentel, non plus parce qu’il est à répétition. Il ne fait pas de doute que les peuples arabes ont beaucoup de choses à dire sur la manière dont ils ont été gouvernés jusque-là, mais cela ne justifie aucunement qu’une partie étrangère intervienne pour changer le monde dans ces pays-là. La première hypothèse est que ce qui se passe dans certains pays arabes, et aux frontières de certains autres, vise la rupture d’avec le mode de gouvernance existant. Mais en quoi cette gouvernance dérange et qui dérangerait-elle?

Les turbulences dans le monde arabe-2

La gouvernance en soi, bonne ou mauvaise, ne dérange personne, il faut cesser de se leurrer. Il se trouve simplement que ceux qui pratiquent cette gouvernance, du moins certains d’entre eux, ont refusé et continuent de refuser toute normalisation des relations avec Israël tant que le problème palestinien n’est pas résolu. Ce refus de normalisation a fini, à la longue, par poser un réel problème aux Israéliens. La perturbation des pays arabes (que certains appellent printemps arabe) entrerait donc dans une stratégie qui viserait, selon cette première hypothèse, à préparer une amélioration des relations arabo-israéliennes. Le bénéficiaire est tout désigné, reste à trouver l’exécutant de cette stratégie car il ne peut être question qu’Israël s’en occupe, cela mènerait aux conséquences contraires. Il semblerait, si l’on reste dans le cadre de l’hypothèse, que ce petit pays – qui est très lié avec Israël, se serait occupé de l’exécution à un moment où la présidence tournante de la Ligue arabe lui soit revenue. La seconde hypothèse que nous pouvons émettre aussi est celle qui stipule que toutes ces gesticulations ont pour objectif un accaparement des richesses du sol arabe. Le crime profiterait dans ce cas à plusieurs parties et pas à une seule. Tous les pays industrialisés ont besoin d’énergie et ils en auront encore plus besoin à l’avenir. Or à voir les besoins gargantuesques de la Chine en hydrocarbures et la manière dont ce géant s’arroge des contrats d’exploration ici et là, il devient impératif pour ces pays d’assurer leur approvisionnement pour les années à venir et quel meilleur moyen que de mettre carrément la main dessus? Ceci explique la coalition occidentale contre la Libye dont les ressources sont déjà spoliées, du moins hypothéquées, et dont la reconstruction est monopolisée par certaines entreprises venues d’ailleurs. Et là encore, il est besoin d’exécutant pour les besoins de la discrétion. Il se trouve, dans cette hypothèse aussi, que le petit pays en question est ami et très lié avec tous les concernés et que pour la «bonne cause» il reçoit la présidence tournante de la Ligue arabe, ce qui lui permettrait de faire adopter des «trucs» pas très arabes. Ce qui fut fait! Quelle que soit l’hypothèse dans laquelle on se place, il ressort à chaque fois que le petit pays en question n’agit pas pour son compte. Cette explication par l’arbre qui cacherait la forêt ne fonctionne pas dans le puzzle de la normalité. C’est une pièce qui vient d’un autre jeu, d’une autre stratégie, plus grande et plus forte. Ce pays-là ne fait, en fait, que sous-traiter la sale besogne pour le compte de commanditaires beaucoup plus forts et beaucoup plus concernés par ce qui nous arrive et ce qui risque de nous arriver dans l’avenir. La question qui se pose alors est simple: quels sont ces partenaires de l’Algérie qui s’opposeraient aux agissements de ce petit pays? On ne peut pas être au four et au moulin à la fois.
Et il ne faut pas compter sur «l’amitié» de certains car les intérêts de leurs pays respectifs dépasse de loin ceux de leur prétendue amitié. Comme quoi, lorsque les choses sont sérieuses, il ne faut compter que sur soi-même. (L’Expression-10.06.2012.)

***Le jeu trouble du Qatar

Petit pays, vivant dans l’anonymat total jusqu’à il y a une vingtaine d’année, le Qatar émerge grâce à sa chaine de télévision satellitaire El Jazzera et quelques actions diplomatiques financées, sous table, à coups de dollars. C’est devenu un pays qui crée l’événement, résout les conflits, s’ingère même dans les affaires intérieures de certains pays et se joue d’autres pays..Sans rentrer dans les détails de ce difficile et lugubre chapitre du jeu diplomatique qatari, arrêtons-nous, seulement, au cas de l’opposition arabe en général et maghrébine en particulier tel qu’il est traité à Doha. Un traitement caractérisé par un double jeu des plus énigmatiques.D’un côté, les autorités qataries accueillent sur leur sol les figures emblématiques de ce qui pourrait constituer une opposition aux régimes maghrébins, en les inondant de dollars et multiples privilèges dont ils n’ont jamais rêvé pour mieux les éloigner des réalités populaires de leurs pays.

De l’autre côté, il est donné libre cours à des figures insignifiantes et aigries pour déverser à travers la chaîne de télévision Al-Jazeera un discours virulent contre les régimes maghrébins mais dénué de tout argument susceptible de lui donner un minimum de crédibilité.Depuis quelques temps, Doha est devenue la Mecque de tous les fuyards et recherchés de leurs pays.  Qatar est l’unique pays arabe qui reçoit sur son territoire les recherchés par leur pays via Interpol et c’est le pays du Golf qui fait exception aux règles qui régissent les relations internationales, en permettant à tout « opposant » d’où qu’il vienne de circuler librement combien même celui-ci peut être impliqué dans des affaires de droit commun ou de terrorisme.Parmi les hommes politiques en rupture de ban avec leurs pays, l’algérien Abbassi Madani, l’ex- leader du Front Islamique du Salut dissous, a trouvé dans le petit émirat du golfe le petit paradis terrestre tant rêvé. Parti d’Algérie pour des soins à l’étranger, il est l’invité de la famille princière pour quelques jours Une invitation qui s’est transformée avec le temps en exil doré.Dans un premier temps,  il a été hébergé, deux années durant, dans une suite dans le luxueux hôtel Sheraton où le prix d’une  simple nuitée, en chambre « single », avoisine les 1500 $. On imagine, alors, aisément les coûts d’hébergement et de prise en charge de toute sa famille dans une suite aménagée en pavillon spécifique rien que pour lui et les siens. Le prix d’une nuitée est de l’ordre de 2500$ sans compter les repas et autres frais supplémentaires comme le téléphone ou la blanchisserie.Abbassi Madani recevait, dans ce pavillon, ses invités et autres personnalités de passage dans la capitale qatarie. Après avoir séjourné dans ce pavillon de l’hôtel Sheraton, il installé dans un luxueux palais situé dans un quartier chic occupé par la nomenklatura de l’émirat, les professionnels des médias et les dirigeants de l’Etat qatari.Ce palais se subdivise en deux parties et se présente comme un ensemble de deux imposantes villas, dont une à usage d’habitation et l’autre réservée aux hôtes et invités. Cette dernière comporte une salle de réception large de 100 m².Abassi Madani vit dans ce luxueux espace avec sa smala composée de ses fils et leurs épouses, de ses filles et leurs maris et de ses petits enfants.  Pour subvenir aux besoins de sa famille.il perçoit un don mensuel de la famille régnante d’un montant de 14000 $. Ses fils et ses gendres ont obtenu la citoyenneté qatari, qui cela dit n’est pas à la porté du commun des mortels.Ils se sont, depuis, convertis dans les affaires et ont investi le domaine du commerce international. Avec des comptes bancaires bien garnis, ils roulent tous dans de luxueuses voitures et partagent le monde en quatre à la quête de contrats juteux, bénéficiant de l’appui et le soutien de la famille dirigeante du Qatar.

*Le baisemain une attitude indigne..

Abassi Madani est invité au palais royal à chaque fête nationale et de ce fait, embrasse publiquement à chaque invitation la main de son bienfaiteur, le souverain Qatari. Cette même main qui a serré celle des dirigeants israéliens que pourfendait l’ex-leader du FIS quand il était en Algérie. On ne l’a pas entendu une seule fois dénoncer la politique israélienne ou exprimer sa solidarité aux populations de Ghaza. Pis encore, il est resté muet comme une carpe quand son ancien compagnon Ali Benhadj se faisait interpeller par la police à Alger durant les manifestations de soutien à la population palestinienne de Ghaza.Son silence, Abbassi Madani l’a vendu pour une poignée de dollars et une luxueuse résidence à Doha. Plus d’Etat islamique, plus de révolution ni de peuple à défendre.  A un émir qatari dont la mission principale est de briser les forces d’opposition dans le monde arabe. Abbassi Madani a vendu sa parole et son âme.

Abassi Madani ne s’est jamais prononcé une seule fois sur les relations qu’entretient l’Etat du Qatar avec l’entité sioniste ni sur les facilités qu’il offre aux USA pour en faire de ses terre une base d’agression contre les arabes. Il ne s’offusque pas du drapeau israélien qui flotte au dessus de sa tête à Doha. Aujourd’hui, alors que ses enfants roulent carrosse et font du bizness aux quatre coins du monde, Abbassi Madani n’exprime pas la moindre pensée à ses milliers de jeunes qu’il a enflammés par ses harangues qui les ont dressés contre leurs propres frères. Des milliers de ces jeunes sont morts sans qu’on ne leur connaisse une tombe, d’autres sont en prisons et dans le meilleur des cas sont exilés et vivent des maigres aides sociales des pays qu’ils qualifiaient de mécréants. Il n’a pas le moindre mot de compassion pour eux.Par contre, il a brillé par sa grève de la faim qu’il avait menée, le mois de septembre 2004 dans le hall de l’hôtel Sheraton en signe de protestation et de solidarité avec les otages  français et italiens enlevées en Iraq, alors qu’il n’a même pas daigné faire la moindre déclaration sur le massacres des deux diplomates algériens enlevés puis égorgés dans ce même Irak en 2005 par El -Qaida..

*Si d’un côté l’Emir, pour s’attirer la sympathie de ses pairs arabes, ne lésine guère sur les moyens (financiers s’entend) pour briser les forces d’opposition, il cherche à les substituer par des marionnettes en quête de notoriété et sans rétribution financière. Pour cela, il se sert de sa célèbre chaîne de télévision Al-Jazzera qui sert de tribune à des figures inconnues ou incapable de se faire entendre dans leur propre famille pour en faire des « opposants » politiques..Ainsi, le chômeur qui vit du RMI en France est présenté comme chercheur, faute de titre à lui accoler. Le boulanger est présenté comme ancien diplomate alors qu’il n’était qu’un simple scribouillard dans une ambassade. Des inconnus sont présentés plus d’une fois comme écrivains alors qu’on ne leur connaît pas un seul titre en vente dans les librairies ni même en ligne. Al-Jazzera, qui a acquis une certaine crédibilité en investissant des sommes colossales dans le recrutement de journalistes de renom et dans l’acquisition d’un matériel sophistiqué, s’est vue attribuer, par ses bailleurs de fonds, le rôle ingrat de mentor de sombres personnages qui n’ont pas la moindre crédibilité dans leur propre milieu.etc..(Repères Maghrébins-7, décembre 2010).

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**La contestation se propage dans le monde arabe

*régimes dictatoriaux en sursis

Un peu plus de trois mois après les événements qui ont conduit à la chute de deux présidents arabes, le Tunisien, Zine El Abidine Ben Ali et l’Egyptien, Mohamed Hosni Moubarak, la révolte, loin de s’affaiblir, s’étend chaque jour davantage dans le Monde arabe et prend des amplitudes que personne n’avait, d’aucune manière, pressenti. Le fait est que désormais, beaucoup de têtes couronnées et de régimes dictatoriaux sont en sursis. L’explosion juvénile est générale et semble irréversible quelles que soient les ripostes, féroces – comme en Libye, au Bahreïn, au Yémen et en Syrie – ou enrobées de manoeuvres dilatoires – comme en Algérie, au Maroc, en Jordanie, en Arabie Saoudite – qui lui sont opposées. Il est symptomatique que ce ne sont ni les traditionnels partis politiques – souvent impliqués dans les périphéries du pouvoir – ni des associations organisées qui sont derrière des révoltes spontanées sans ordre du jour, directives ou perspectives précises si ce n’est le départ de despotes qui ont dénaturé la chose politique et marginalisé leurs pays. Dès lors, la jeunesse arabe, qui ne se reconnaît pas dans des dinosaures qui ont spolié ses droits (liberté et connaissance, droit de s’exprimer et d’entreprendre), a induit une rupture définitive avec des pouvoirs sans vision (politique, sociale et économique) et coupés de leurs peuples. De fait, le Monde arabe engoncé dans son immobilisme, s’est fossilisé quand ses gouvernants assument le pouvoir pour le pouvoir au détriment de leurs pays; quand cette région s’est retrouvée désespérément en marge du développement mondial; quand ses élites brimées, interdites, pourchassées ou forcées à l’exil, appauvrissant d’année en année ses capacités de travail, de création, de production. Les despotes arabes ne se sont même pas aperçus que la région qu’ils dominent est la seule au monde à croupir et à n’avoir pas évolué, condamnant leurs peuples à la stagnation et à la régression. C’est contre tout cela que se sont rebellés les jeunes du Monde arabe, que des dirigeants obtus n’ont pas compris ni su évaluer la dimension réelle de ces révoltes. Le Libyen, El Gueddafi et le Yéménite, Saleh illustrent parfaitement ce postulat, qui, après respectivement 42 et 33 ans au pouvoir, n’ont même pas l’humilité de quitter des postes qui les ont rendu archi-milliardaires alors que leurs peuples plongent dans la pauvreté. C’est cela la vérité d’un Monde arabe croulant sous les richesses mais dont les peuples sont parmi les plus pauvres du monde. Les dirigeants arabes sont-ils fiers de ce fait? Gageons qu’ils n’en n’ont même pas conscience. En fait, après une «petite» ouverture, par la réduction des mandats présidentiels dans le sillage du vent de liberté qui soufflait de l’Est, les choses ont rapidement repris leur cours normal dans un Monde arabe décidément allergique à la démocratie, aux droits de l’homme et libertés de dire, de faire et d’entreprendre. Peut-il en être autrement lorsque monarques et autres «présidents à vie» ont figé la vie de la nation arabe alors que le cercle autour de ces potentats se rétrécissait comme peau de chagrin? Des despotes devenus autant de parasites qui ont neutralisé leurs pays et étouffé leurs élites contraintes à l’exil pour faire valoir leurs aptitudes. Or, ces élites, indésirables dans leurs pays d’origine, sont devenues à l’étranger des sommités dans leur domaine de compétence et, souvent, reviennent dans leurs (anciennes) patries accueillies comme «VIP», courtisés par ceux-là même qui les ont contraints à partir. L’exemple des Algériens Elias Zerhouni (aujourd’hui naturalisé américain) et Kamel Sanhadji – formés à la fac de médecine d’Alger – est édifiant lorsque l’on songe à ce que subissent leurs condisciples restés au pays – bastonnés par le premier flic venu. Voilà ce que la jeunesse arabe ne veut plus supporter. Elle veut créer et prospérer, vivre sans crainte et participer au développement de sa patrie. Ce n’est pourtant pas sorcier! (L’Expression-24.03.2011.)

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*L’apartheid médiatique

 La majorité des médias arabes souvent financés par les pétrodollars deviennent muets lorsqu’il s’agit de couvrir les révoltes secouant l’Arabie saoudite et les pays du Golfe, déplore le directeur du quotidien pan-arabe Al-Quds al-Arabi.

Lorsque la journaliste de la BBC Sue Lloyd Roberts a demandé à un responsable de l’ambassade saoudienne à Londres si l’Arabie saoudite risquait elle aussi d’être ébranlée par des mouvements d’opposition, celui-ci lui a rétorqué avec un large sourire que les manifestations n’y auraient pas le même impact qu’ailleurs « parce qu’aucune chaîne de télévision n’osera couvrir l’événement comme en Tunisie, en Egypte ou en Libye« .J’ai repensé à cette phrase en zappant sur mon petit écran à la recherche de reportages sur les manifestations dans le royaume saoudien, ou sur les forces de l’ordre qui avaient été déployées massivement afin de les étouffer dans l’œuf. En vain. Tout ce que j’ai trouvé était des informations laconiques, sans images, sur des manifestations qui ont eu lieu dans l’Est du pays, là où vit la minorité chiite saoudienne.Sue Lloyd Roberts avait obtenu un visa, après six mois d’attente, pour faire un reportage sur les femmes en Arabie saoudite. Elle s’était donc trouvée dans le pays quand elle avait appris qu’il se passait des choses dans l’Ahsa [Est saoudien]. Elle s’y était rendue et avait pu observer. Toutefois, la chance n’avait pas été avec elle jusqu’au bout, puisque des hommes des forces de l’ordre s’étaient rués sur elle et sur son caméraman pour confisquer la carte mémoire avec les images et pour amener les deux à Riyad, puis de les mettre dans le premier avion vers Londres.Cela montre qu’il existe deux sortes de révoltes, les « bonnes » et les « scélérates ». Il faut soutenir ouvertement les premières, mais taire et circonscrire les secondes. Ainsi, les manifestants bahreïnis se plaignent amèrement que les médias arabes ne s’intéressent pas à eux alors qu’ils se battent pour les mêmes raisons qu’avant eux les Tunisiens, les Egyptiens et les Libyens.Peut-on leur objecter que les formes pacifiques de protestation qu’ils ont choisies ne sont pas assez télégéniques ? Faut-il donc que le sang coule pour qu’on s’intéresse à un pays ? Le cas du Yémen illustre que ce n’est pas la bonne explication. Non seulement le sang y coule quotidiennement, mais en plus, un nombre impressionnant de manifestants plaiderait en faveur d’une intense couverture médiatique. Et pourtant, là aussi, l’opposition se désole que cela ne suffit apparemment pas pour alimenter les chaînes satellitaires arabes.La situation la plus étrange concerne l’Oman qui a connu plusieurs manifetstaions de jeunes réclamant des réformes. Ce pays offre pourtant les ingrédients nécéssaires pour intéresser les médias: du pétrole, de la pauvreté et du chômage aussi et [une situation géostratégique de grande importance]  Il n’en a rien été.Tous ces pays connaissent des mouvements de protestations, et en connaîtront d’autres à l’avenir. Pourquoi les laisser orphelins de la couverture médiatique ?  

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*Bahreïn: un millier de soldats saoudiens en renfort..

Plus d’un millier de soldats saoudiens faisant partie de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont arrivés à Bahreïn, en proie à des troubles, a indiqué lundi un responsable saoudien à l’AFP.«La force est arrivée à Bahreïn dimanche soir», a affirmé ce responsable qui a requis l’anonymat.Le quotidien bahreïni Alyam, proche de la famille royale des Al-Khalifa, avait affirmé lundi que «des forces du Conseil de coopération du Golfe doivent arriver à Bahreïn pour participer au maintien de l’ordre».

Des manifestants anti-gouvernment face aux forces de police à Manama, dimanche.L’Arabie saoudite est le chef de file du CCG, groupement des monarchies arabes du Golfe dont fait partie Bahreïn. Le CCG a exprimé plus d’une fois sa solidarité avec les autorités bahreïnies qui font face à une contestation grandissante, animée essentiellement par des activistes chiites.Les soldats saoudiens font partie d’une force commune du CCG, appelée «Bouclier de la péninsule», mise en place en 1984.Outre l’Arabie saoudite et Bahreïn, le CCG est composé des Emirats arabes unis, du Qatar, d’Oman et du Koweït. Bahreïn est relié au territoire saoudien par un pont digue.A Bahreïn, les activistes demandent des réformes politiques et une véritable monarchie constitutionnelle. Certains réclament aussi le départ de la dynastie sunnite des Al-Khalifa qui gouverne ce pays dont la population locale est en majorité de confession chiite.

Dimanche soir, le prince héritier Salman ben Hamad Al-Khalifa a accepté que le dialogue avec l’opposition porte «sur un Parlement aux pleins pouvoirs» et sur «un gouvernement qui représente la volonté du peuple». (Source AFP-14.03.2011.))

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 *Alger contre une intervention étrangère en Libye

Le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci a indiqué vendredi que l’Algérie est « contre une intervention étrangère » en Libye, qui nourrirait le terrorisme, mais qu’une « médiation » entre le régime du colonel Kadhafi et l’opposition armée était « souhaitable ». « Nous sommes inquiets parce qu’il y a une opposition armée entre une partie de la population et une autre, et parce que l’usage des armes est devenu incontrôlable », a déclaré le ministre dans un entretien au quotidien français Le Monde. « Nous sommes contre une intervention étrangère, mais nous ne sommes pas seuls et je peux comprendre que les messages de la communauté internationale deviennent de plus en plus fermes. Si la situation devait durer, on sait très bien qu’à un moment ou à un autre le Conseil de sécurité (de l’ONU) prendrait des décisions. Laissons lui l’appréciation de la situation, mais espérons qu’il n’y aura pas d’intervention », a ajouté Mourad Medelci. « Nous sommes en présence de deux camps, comme en Côte d’Ivoire. Le climat est peut-être favorable pour tenter une médiation. Je ne sais pas si elle est possible mais elle est souhaitable. Vous connaissez les résultats de précédentes interventions étrangères, n’est-ce pas? Nous ne pouvons pas nourrir le terrorisme », a-t-il souligné. Le ministre a aussi estimé que la situation de son pays était très différente de celle de la Tunisie ou de l’Egypte. « L’Algérie est un pays pluriel, aucun parti n’est capable de faire adopter une loi tout seul. Cela fait quand même une grosse différence. Ensuite, l’Algérie a déjà fait sa mutation en 1988 mais cette révolution a été masquée par le fait qu’ensuite nous avons vécu dix ans de tragédie nationale », a-t-il expliqué….(Echorouk-11.03.2011.)

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** Les soulèvements ont sonné le glas des Constitutions taillées sur mesure pour les dictateurs arabes…   

    **Le butin des révolutions arabes**

La Tunisie, l’Egypte, le Yémen et le Maroc viennent de s’y mettre pour répondre aux aspirations de leurs peuples.

L’apparente stabilité des régimes arabes s’est fissurée en quelques semaines et la fureur de la rue vient nous rappeler qu’aucun ordre social, absolument aucun, n’est immuable. Les soulèvements ont sonné le glas des Constitutions taillées sur mesure pour les dictateurs arabes. Plus de présidence à vie, plus de mandats illimités, plus de régimes présidentiels et plus de monarchies absolues pour les royaumes. La Tunisie, l’Egypte, le Yémen et le Maroc viennent de s’y mettre pour répondre aux aspirations de leurs peuples. La Tunisie s’est fixé la date du 24 juillet prochain pour la mise en place d’une assemblée constituante qui aura la tâche de préparer une nouvelle Constitution.
Le président par intérim, Foued Mebazaa, a déclaré que la nouvelle Constitution sera «le miroir des aspirations du peuple et des principes de la révolution». Il a souligné que l’actuelle héritée du régime de Ben Ali est «dépassée par les événements».
Les regards seront donc braqués, en juillet, vers ce pays par qui la contestation est arrivée. La Tunisie qui aspire à devenir l’étalon de la démocratie dans le Monde arabe, n’a pas d’autre choix alors que de réussir sa transition. Un rôle que lui dispute évidemment l’Egypte. Trop fière et trop importante, l’Egypte ne peut se permettre une longue instabilité. Après avoir été le porte flambeau du Monde arabe, elle s’apprête, elle aussi, à montrer la voie de la vraie démocratisation avant de se doter d’une nouvelle Constitution. Après 33 ans de règne sans partage, le président yéménite Ali Abdallah Saleh s’est subitement rappelé que son pays entre aujourd’hui dans «une nouvelle étape qui consacre la souveraineté du peuple, qu’il faut rompre avec l’ancien régime, et qu’il convient de mettre en place un système politique nouveau.
Le président yéménite vient de proposer «une nouvelle initiative pour éviter au pays la sédition», annonçant «un référendum avant la fin de l’année sur une nouvelle Constitution stipulant clairement la séparation des pouvoirs». Selon lui, cette Constitution devrait «instaurer un régime parlementaire, donnant tous les pouvoirs exécutifs à un gouvernement élu par le Parlement fin 2011 ou début 2012».
Cette vague qui submerge le Monde arabe emportant sur son passage des décennies de régimes sans partage, ne semble pas s’arrêter aux portes des royaumes. Au Maroc, au lieu de répondre à la contestation sociale par un plan social à coup de dizaines de milliards de dollars comme cela a été le cas en Arabie Saoudite, le roi Mohammed VI prend de court les monarchie arabes et fait bouger les lignes.
Dans un rare discours à ses sujets, le roi a annoncé qu’une nouvelle commission serait créée pour examiner les révisions à apporter à la Constitution. La commission présentera ses recommandations au roi en juin, et celles-ci seront ensuite soumises au vote des citoyens lors d’un référendum.
Ni Juan Carlos d’Espagne ni la reine Elisabeth de Grande-Bretagne, Mohammed VI se crée sa propre niche et secoue les monarchies arabes par une avancées historique. Mais ces Constitutions, et ces constantes vont-elles calmer la rue arabe? (L’Expression-12.03.2011.)

***Les dernières informations** –09.03.2011.

* Le dirigeant libyen Kadhafi a accusé les Occidentaux, notamment la France, de mener «un complot colonialiste» contre son pays, dans un entretien diffusé ce matin par la chaîne d’information française LCI. **Le gouverneur de la banque centrale libyenne se réfugierait en Turquie…Farhat Omar Bengdara serait à Istanbul, d’après RFI. «Il l’a lui même confirmé aux journalistes du Financial Times qui enquêtaient sur sa mystérieuse disparition», indique le site de la radio. Le gouverneur assure qu’il démissionnera de ses fonctions après la crise.
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Des émissaires du gouvernement libyen reçus en Europe
Des émissaires du gouvernement libyen ont été reçus mercredi à Malte avant se rendre au Portugal, a annoncé un responsable maltais. Un autre avion libyen se rend actuellement à Bruxelles via la France, a-t-il ajouté. La crise en Libye sera au coeur des discussions du Conseil européen prévu vendredi à Bruxelles.

**Le régime Kadhafi promet une récompense pour la capture du chef des insurgés libyens…Les autorités libyennes ont promis ce mercredi de verser une récompense de 500.000 dinars libyens (environ 290.000 euros) pour la capture du président du Conseil national libyen, l’ancien ministre de la Justice Moustafa Abdeljeïl. La nouvelle a été annoncée en urgent par la télévision nationale, qui a qualifié le transfuge d’«agent d’espionnage».

*Pas de réunion d’urgence à l’Opep
L’Opep ne juge pas nécessaire pour le moment de convoquer une réunion d’urgence pour discuter d’une hausse de sa production, a déclaré mercredi un délégué du cartel, à la suite de consultations informelles entre ses pays membres. Ces consultations portaient sur l’opportunité de tenir une réunion face à la flambée des prix pétroliers et à la perte de l’offre libyenne. L’Opep estime que l’offre de pétrole est suffisante, a ajouté le délégué.

*Des centaines de manifestants pro-démocratie attaqués place Tahrir, au Caire
Des Egyptiens armés de couteaux ont attaqué ce mercredi des centaines de manifestants pro-démocratie rassemblés place Tahrir au Caire, a rapporté la télévision d’Etat. Des images montraient des jets de pierres et des centaines de manifestants chassés de cette place qui fut l’épicentre de la contestation ayant chassé du pouvoir le président Moubarak en février.

**Les dernières informations** -07.03.2011.

 *Un millier de clandestins nord-africains atteignent l’île italienne de Lampedusa
Plus d’un millier d’immigrés clandestins fuyant les troubles politiques en Afrique du Nord sont arrivés dans la nuit de dimanche à lundi sur cette île, selon Reuters. Les clandestins, originaires pour la plupart de Tunisie, sont arrivés à bord d’une grosse dizaine d’embarcations en profitant du beau temps. Aucun de ces immigrés ne semble venir de Libye.

*La contre-offensive lancée dimanche par les forces régulières libyennes contre les villes tenues par les insurgés a alimenté les craintes de voir le pays sombrer dans la guerre civile..Dans l’Ouest libyen, les forces loyalistes, appuyées par des chars, de l’artillerie, des avions de chasse et des hélicoptères, ont lancé dimanche une contre-attaque à Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli, et ont repoussé les rebelles hors de Bin Djaouad, dans le golfe de Syrte..Par ailleurs, Kadhafi accuse la France d’«ingérence» dans les affaires intérieures libyennes..Des habitants de Ras Lanouf fuient la ville…Ils ont fui cette ville stratégique de l’est libyen, où se sont repliés des insurgés chassés de la localité voisine de Ben Jawad, par crainte d’attaques des pro-Kadhafi, selon un journaliste de l’AFP.
Certains habitants tentaient de partir vers l’ouest au delà de Ben Jawad, une localité reprise samedi par les forces loyales à Mouammar Kadhafi, en dépit des mises en garde des rebelles.La ville de Ben Jawad est tombée aux mains des forces pro-Kadhafi,selon BBC News…L’euphorie d’une victoire rapide est retombée chez les insurgés….C’est ce que rapporte le journaliste Abdel Hamid, de la chaîne Al-Jazira, du bastion rebelle libyen de Benghazi. Certains craignent que les forces pro-Kadhafi aient délibérément reculé autour de Syrte, attirant les combattants rebelles inexpérimentés et mal équipés, leur faisant quitter des villes rebelles exposées aux contre-offensives..L’ancien chef des Renseignements libyens retrouvé décapité?…Un corps décapité retrouvé à Ajdabiya pourrait être celui de l’ancien chef des Renseignements libyens, Abdallah al-Sanusi, indique le site Libya al-Yawm, cité par la BBC. Abdallah al-Sanusi avait été récemment renvoyé par Mouammar Kadhafi. Le corps a été transféré à Benghazi pour être identifié…
.L’ONU a nommé un représentant spécial pour traiter avec Kadhafi
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a nommé l’ancien ministre jordanien des Affaires étrangères Abdelilah al-Khatib pour traiter avec le régime du leader libyen, dont le ministre des Affaires étrangères a accepté la venue à Tripoli d’une équipe «d’évaluation» humanitaire, a indiqué un porte-parole onusien.
L’équipe sera mise en place par le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies. La date et l’itinéraire exact de la mission ne sont pas immédiatement connues…Un député conservateur britannique invite à la prudence sur le conflit libyen…Interrogé par la
BBC, John Baron invite son pays à la prudence vis-à-vis du conflit libyen, surtout au vu des situations qu’a déjà connu la Grande-Bretagne en Irak et en Afghanistan: «Je dois admettre que je ne sais pas ce que l’on va faire. Je pense que l’Irak et l’Afghanistan nous ont appris cela. Et nous devons faire attention à ne pas être hypocrite, à promouvoir la démocratie d’un côté et à vendre des armes à ces régimes de l’autre».La Russie est hostile à toute intervention militaire étrangère en Libye…«Nous ne considérons pas une intervention étrangère milmitaire, comme un moyen de régler la crise en Libye. Les Libyens doivent trouver par eux-mêmes une solution à leurs problèmes», a déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, à l’agence RIA.
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**Au Yémen, l’opposition va intensifier sa lutte contre le pouvoir
L’opposition yéménite a promis ce lundi d’intensifier sa campagne pour réclamer la démission du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Les opposants campent par dizaines de milliers dans les grandes villes du pays depuis des jours, passant des nuits blanches à écouter des discours ou des chants nationalistes. Dimanche, des partisans du chef de l’Etat les ont attaqués à coups de pierres et bâtons à
Ibb, au sud de la capitale Sanaa, faisant une cinquantaine de blessés selon les opposants. Vingt-six personnes sont mortes depuis le début de la contestation il y a un mois.
*Le prince héritier de Bahreïn, chargé de mener le dialogue avec l’opposition, a mis en garde ce lundi contre une aggravation du conflit avec les chiites, qui réclament que le royaume du Golfe se dote d’un gouvernement. Les musulmans chiites de ce royaume dirigé par la famille sunnite des Kahlifa représentent 70% de la population…

 *Les autorités saoudiennes libèrent un dignitaire chiite dont l’arrestation avait provoqué des manifestations vendredi …Ces manifestations s’étaient déroulées dans la province orientale du royaume, a annoncé aujourd’hui un défenseur des droits de l’Homme à l’AFP. «Cheikh Toufic al-Aamer a été libéré dimanche soir», a déclaré Ibrahim Al-Mugaiteeb, président de l’organisation Human Rights First en Arabie saoudite, joint au téléphone depuis Dubaï.

*Manifestations à Oman pour lutter contre la corruption
Les Omanais continuent de manifester ce lundi en dépit du limogeage de deux ministres et de promesses de créations d’emplois. Un sit-in à Soha, ville industrielle à 200 km au nord de Mascate est entré dans sa neuvième journée, a indiqué l’un des militants qui y participe. D’autres Omanais continuent ce lundi de camper devant le siège du Conseil consultatif à Mascate pour demander de contenir la corruption…Remaniement du gouvernement à Oman...Le sultan Qabous d’Oman, dont le pays est en proie à une agitation politique depuis plusieurs semaines, a remanié ce lundi son gouvernement en nommant notamment un nouveau ministre de l’économie, rapporte la télévision nationale. Cette mesure semble être une nouvelle concession destinée à apaiser l’opposition, qui est descendue dans la rue pour réclamer des emplois et des réformes politiques dans cet Etat du Golfe.

**Un nouveau gouvernement de transition nommé en Tunisie
Le président par intérim Fouad Mebazza a nommé ce lundi un nouveau gouvernement de transition en Tunisie – le troisième depuis la chute, le 14 janvier, du président Zine ben Ali, en fuite en Arabie saoudite. La plupart des principaux membres de l’équipe sortante conservent leurs portefeuilles dans le nouveau gouvernement que préside le même Premier ministre, Caïd Béji Essebsi. Quatre ministres qui ont démissionné la semaine dernière ont été remplacés.
(20Minutes-07.03.2011.)

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 Des opposants patientent à un poste de contrôle avec des lance-roquettes à Brega, Libye, le 3 mars 2011.

**La presse les surnomme «les révolutionnaires», «les anti-Kadhafi» ou encore «les rebelles»….Qui sont-ils?

Les anti-Kadhafi , selon la presse occidentale, sont des intellectuels, des opposants historiques, des jeunes, des «volontaires», des déserteurs de l’armée, et même d’anciens proches, qui agissent sans concertation…dans les rangs de ces bandes de rebelles improvisés, tous les âges se côtoient. Les hommes valides de tous âges, dont certains ont même une barbe grise et une petite bedaine, se pressent dans les centres de recrutement de Benghazi, rapporte le LA Times…Autre composante de la rébellion libyenne: les unités de l’armée fidèle à Kadhafi qui ont fait défection. Ils constituent quelque «10%» des forces armées de la rébellion, si l’on en croit Bachir Abdel Gadir, un colonel de l’armée régulière qui a rallié l’insurrection. Mais, même parmi les soldats qui n’ont pas déserté, la loyauté au régime semble toute relative, notamment dans l’armée de l’air…A côté des militaires, les politiciens aussi changent de bord. Il en va ainsi de Mustafa Abdel Jalil, ancien ministre de la Justice, qui a démissionné pour protester contre la répression de la révolte, et qui est aujourd’hui à la tête du Conseil national libyen, ou encore de Ali Essaoui, ancien ambassadeur en Inde qui a démissionné le mois dernier, et qui fait désormais partie du CNL. Autre défection de poids, celle de l’ancien ministre de l’Intérieur, Abdel Fattah Younes al-Abidi, général et ancien proche de Kadhafi dont la défection a incité de nombreux membres des services de police, de l’armée et des forces de sécurité à retourner leur veste..Mais, malgré le pendant politique qu’est désormais le Conseil national libyen, la rébellion n’est pas organisée. «C’est une milice de gens ordinaires», comme l’explique Idris Laga, membre du Conseil, qui ajoute qu’il va falloir mettre en place une force militaire bien structurée, soulignant que, pour le moment «tout le monde agit de son côté»….(source: 20Minutes-07.03.2011.)

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 *L’Arabie saoudite ne tolérera pas de manifestations

Les autorités saoudiennes ont fait savoir, samedi 5 mars, qu’elles ne toléreraient aucune manifestation à la suite des rassemblements limités qui se sont produits ces derniers jours dans le royaume. « La législation du royaume interdit totalement toutes sortes de manifestations, marches et sit-in », a rappelé le ministère de l’intérieur, précisant que les forces de sécurité étoufferaient toutes formes de troubles à l’ordre public.Au cours des derniers jours, des manifestants membres de la minorité chiite ont défilé dans l’est de la péninsule et, selon des opposants, une petite manifestation – fait rare – s’est déroulée vendredi dans une mosquée de Ryad. Les chiites, qui habitent pour la plupart dans l’est, contigu de Bahreïn où leurs coreligionnaires se révoltent depuis des semaines contre la dynastie sunnite, se plaignent de discriminations et réclament la libération de détenus incarcérés sans jugement.A la fin du mois dernier, peu avant son retour après trois mois de soins et de convalescence aux Etats-Unis et au Maroc, le roi Abdallah a annoncé pour 37 milliards de dollars de mesures sociales pour apaiser la grogne.Premier exportateur mondial de brut, le royaume wahhabite n’affronte pas un mécontentent comparable à celui qui a emporté depuis le début de l’année les autocrates tunisien Zine El-Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak. Mais le principal allié des Etats-Unis au Moyen-Orient n’est pas épargné par l’agitation qui balaye le monde arabe et affecte, outre la Libye, ses alliés traditionnels que sont le Yémen, Bahreïn, la Jordanie et Oman.Une pétition sur Facebook en faveur de manifestations a recueilli plus de 17 000 adhérents. Une coalition large de libéraux, islamistes modérés et chiites réclame des élections dans un pays qui ne dispose pas de Parlement élu. (Le Monde-05.03.2011.)

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***Quelle résistance face au souffle du changement ?

Après trois mois d’absence, le roi Abdallah ben Abdoul Aziz rentre dans un pays où les réformateurs, inspirés par l’Egypte, appellent à davantage d’ouverture et d’égalité. A Riyad, les langues se délient.

Quand son jet royal s’est posé dans la capitale saoudienne le 23 février, mettant fin à trois mois d’absence, le roi Abdallah ben Abdel Aziz a retrouvé un pays que l’on croirait ancré dans l’œil du formidable cyclone qui se déchaîne autour de lui. Mais il est aussi évident que le monarque octogénaire, parti à New York en novembre pour subir une intervention chirurgicale dans le dos, puis au Maroc en janvier pour un séjour de convalescence, revient dans un royaume sans conteste ébranlé par les rébellions de la jeunesse qui secouent le Moyen-Orient.
Plus que jamais, les Saoudiens réclament ouvertement le changement, y compris des réformes politiques. Les plus bruyants sont les représentants de cette jeunesse branchée qui a suivi avec ferveur les mouvements historiques déclenchés par leurs pairs sur Twitter et Facebook, en particulier en Egypte.

Certes, le roi Abdallah, dont les coffres riches en pétrodollars assurent à l’Arabie Saoudite de généreux bénéfices et un développement matériel, est sincèrement aimé de la plupart de ses sujets. Quant au gouvernement, il est protégé par une culture religieuse où toute rébellion est jugée illicite et où les manifestations publiques sont mal vues. Mais ceux qui appellent au changement ont transformé Internet en leur place Tahrir, créant des espaces, comme #EgyEffectSA sur Twitter, tenant lieu de forum où ils s’expriment sur l’impact des événements égyptiens dans leur propre pays.
Un groupe d’une quarantaine de jeunes Saoudiens, pour l’essentiel des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme, ont signé une « Lettre au Roi » dont la publication a coïncidé avec le retour du souverain. Les auteurs disent s’inspirer de la jeunesse arabe, et être confortés par les encouragements du roi en faveur du dialogue national. Ils exigent des élections pour le Conseil consultatif de la Choura, le droit de vote pour les femmes et le droit de présenter leur candidature, ils réclament la mise en place de mesures rigoureuses de lutte contre la corruption, et davantage de transparence et de responsabilité au niveau fiscal. De plus, ils veulent que le gouvernement soit remanié, afin que l’âge moyen des ministres, aujourd’hui de 65 ans, passe à 40.

Une autre initiative – qui n’est toutefois pas allée bien loin -, a pour origine dix islamistes modérés, dont des universitaires et des juristes, visant à défier l’interdiction des partis politiques. Ils ont ainsi proclamé la création du Parti islamique Oumma. « Nous pensons que la famille royale n’est pas la seule à avoir le droit de diriger le pays, déclare dans une interview Abdel Aziz Mohammed Al Wohaibi, un des fondateurs du parti. Nous devrions traiter la famille royale comme n’importe quel autre groupe … Pas de traitement de faveur. » Quand on lui demande si le groupe est né à la suite des événements en Egypte, il répond que ces derniers « ont engendré une atmosphère propice à un mouvement comme celui-ci ».
Et, la semaine dernière, le demi-frère du roi, le prince Talal ben Abdel Aziz, a estimé dans un entretien à la BBC qu’à moins que le monarque ne procède à de nouvelles réformes, le royaume courait le risque d’une révolution future. Bien que Talal soit un électron libre qui dispose de peu de soutien au sein de la famille royale, ses réflexions suscitent un débat animé chez les Saoudiens.
Il est important de souligner que ces appels au changement n’envisagent pas de mettre un terme à la monarchie, ce qui, selon la plupart des Saoudiens, serait synonyme de désastre. « Tous les gens ou presque, même les jeunes, ont vraiment foi dans la monarchie, surtout dans le roi Abdallah – tout le monde l’adore, » explique Eman al Nafjan, célèbre blogueur de Riyad. « Il s’agit d’accélérer les réformes », comme un Parlement élu et « davantage de transparence et de responsabilité pour ce qui est du budget du pays ». Il y a bien eu quelques brèves manifestations : des étudiants qui voulaient que le ministère de l’Education leur donne des emplois ; des habitants de Djeddah furieux des dégâts dus aux inondations ; et une cinquantaine de femmes réclamant la libération d’hommes de leurs familles, suspectés d’activités terroristes et détenus depuis des années sans procès.

Le chômage, la corruption et ces détentions sont les sujets qui alimentent le plus le mécontentement. « Nous avons besoin d’une réforme en profondeur en ce qui concerne la dignité du citoyen, » affirme Mohammed al-Hodaïf, dont trois proches sont incarcérés depuis longtemps sans chef d’inculpation. Hodaïf, conservateur religieux, a emmené ses filles dans un restaurant chinois pour fêter la chute du dirigeant égyptien Hosni Moubarak. L’Egypte, dit-il, a connu « une révolution pour la liberté et la démocratie. Les gens aspirent à la liberté et à la démocratie. Pas seulement en Egypte. Dans tous les pays arabes ». Sur Twitter et à la télévision, Abdoulaziz al-Gassim, avocat de Riyad, a lui aussi suivi avec passion la fascinante métamorphose de l’Egypte. Et il pense que l’impact sur son propre gouvernement est sensible. « Ça les a mis dans la situation la plus difficile qu’ils aient jamais vécue, parce que c’est un combat sans ambiguïté, conclut-il. L’objectif est désormais très clair. C’est un gouvernement efficace, garanti par un Etat constitutionnel. » (Le Courrier international-24.02.2011.)

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*LES RESSORTISSANTS ALGÉRIENS CONTINUENT DE FUIR LA LIBYE
«Nous y avons laissé tous nos biens»
 

Beaucoup de travailleurs algériens fuyant la Libye ont été contraints de laisser leurs passeports à leurs employeurs.

Sauve qui peut !   Les ressortissants algériens abandonnent leurs biens et fuient l’enfer libyen. «Nous avons tout abandonné même nos salaires en raison de la fermeture des banques», a expliqué Mohamed Labdiri, footballeur algérien au club Noujoum Adjdabia (160 km au sud-ouest de Benghazi). Lui et son coéquipier Samir Boulmaâraf ont été obligés de quitter «immédiatement la région (Benghazi) en raison de la situation difficile». Ils étaient, samedi, au poste frontalier d’al-Saloum, à frontière libyo-égyptienne. Les services de l’ambassade d’Algérie au Caire se sont mobilisés pour organiser le rapatriement des Algériens via l’Egypte. «Notre mission consiste à prendre en charge les Algériens pour leur permettre d’entrer sur le territoire égyptien, les acheminer vers Le Caire et faciliter leur retour en Algérie», ont expliqué les représentants de l’ambassade, présents au poste d’al-Saloum. Ces derniers ont précisé que les Algériens continuent d’affluer par intermittence aux frontières. «Nous avons reçu 16 Algériens durant les dernières 48 heures (jusqu’à samedi soir) dont 13 ont regagné l’Algérie vendredi», ont indiqué les membres de l’ambassade. La tâche du rapatriement de nos ressortissants s’avère des plus ardues. Les Algériens expatriés en Libye sont entre le marteau de l’insécurité et l’enclume du manque de transport. «Nous avons rencontré des difficultés à trouver des moyens de transport pour atteindre la frontière égyptienne», a indiqué Hocine Bensalah, étudiant en médecine. Il a levé le voile sur le drame que vit sa famille, établie à Benghazi depuis 20 ans. «Nous avons été contraints d’abandonner tous nos biens», a-t-il regretté. Comme un malheur ne vient jamais seul, bon nombre de travailleurs algériens qui ont fui la Libye en passant par l’Egypte ne sont pas munis de passeports. Ils ont dû les laisser chez leurs employeurs. C’est dans ces conditions qu’ils ont quitté leur travail et leurs biens. Les services de l’ambassade prennent en charge leurs courts séjours en Egypte. Ils les hébergent et leur facilitent les procédures administratives pour le rapatriement en Algérie. Pour le moment, plus de 2300 Algériens ont été rapatriés à bord de sept vols d’Air Algérie, selon une source de l’ambassade. Outre les rapatriés par voie aérienne, 200 autres Algériens ont regagné le pays par la route. Le gouvernement algérien a également dépêché, samedi, un navire, le Tassili II, à Benghazi, pour évacuer d’autres ressortissants.
Les autorités algériennes multiplient, ainsi, les efforts pour permettre le rapatriement des Algériens résidant en Libye, dont la communauté se chiffre à environ 8000 personnes. D’autant que la situation sécuritaire se dégrade de plus en plus dans ce pays.
Le régime d’El Gueddafi est pris de démence. Dans sa folie furieuse et criminelle, il s’attaque à son peuple et… à l’Algérie. La cible est toute désignée: Sonatrach. «Les travailleurs de Sonatrach présents en Libye ont été victimes d’agressions et de vols de la part de miliciens armés du régime d’El Gueddafi», a expliqé, samedi, Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, au journal électronique Tout sur l’Algérie (TSA). Il a précisé que ces miliciens ont volé des véhicules appartenant à l’entreprise algérienne et des affaires des salariés. Le plus grave est que ces derniers sont toujours retenus sur place, selon le ministre. Les indices sont au rouge. El Gueddafi et ses sbires vent exterminer le peuple libyen et les ressortissants étrangers en Libye. L’essentiel est de maintenir le «guide» au pouvoir. La folie d’El Gueddafi et ses acolytes fait fuir les étrangers de Libye. Leur évacuation massive se poursuit. «Près de 100.000 personnes», des travailleurs égyptiens et tunisiens principalement, ont fui la Libye dans ces deux pays voisins, selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR). En ces temps de «crise humanitaire», s’installer en Libye s’apparente à un acte suicidaire. (L’Expression-28.02.2011.)

**Témoignages de citoyens venant de Libye 

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**En Arabie saoudite, des milliers de personnes ont appelé sur Facebook, à la tenue d’un «jour de colère» le 11 mars. Parmi les revendications, davantage de libertés pour les femmes et obtenir un dirigeant élu. Le roi Abdallah a ordonné que tous les emplois à durée déterminée dans la fonction publique soient transformés en contrats à durée indéterminée, rapporte France 24.

**Malte, qui a accueilli 8 000 étrangers depuis le début de la crise libyenne, craint une escalade difficile à gérer dans les prochains jours, déclare son Premier ministre, Lawrence Gonzi. «Si la situation continue à empirer, nous aurons besoin de l’aide de l’Europe et nous devrons partager le fardeau avec nos partenaires européens», poursuit-il, en inquiétant que dans certaines zones libyennes,  «il y ait une pénurie de nourriture et de médicaments». Il préconise «des mesures immédiates pour éviter des mouvements massifs de population». *

** A Tunis, cinq personnes ont été tuées lors des violents affrontements qui avaient opposé samedi les forces de sécurité à des manifestants, selon le nouveau bilan du ministère tunisien de l’Intérieur. Le précédent faisait état de trois morts.

**«Tripoli n’est pas en train de tomber», selon un grand reporter de «Paris Match» interrogé par France 24
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 *Le monde arabe en ébullition

 

Désormais, du Golfe jusqu’aux côtes atlantiques, rien ne sera plus jamais comme avant. Le vent du changement a soufflé fortement, secouant les citadelles des dictateurs et des monarques. Le monde arabe est en ébullition.

Longtemps soumis à des régimes despotiques corrompus, les peuples arabes se soulèvent en masse pour rompre le silence et briser les murs de la terreur.
Le vent de la démocratie souffle en Arabie, annonçant le crépuscule des dictateurs. Après la Tunisie et l’Egypte, le cercle de la contestation des régimes s’élargitn gagnant la Jordanie, l’Arabie Saoudite, Bahreïn, la Libye, le Maroc, la Syrie et bien évidement l’Algérie. Aucun peuple arabe ne souhaite rester en marge de cette nouvelle page d’histoire qui s’écrit dans cette région du monde. Pour le sociologue Zoubir Arous, «le monde arabe vit des moments historiques semblables à la période des années cinquante» où les peuples se sont soulevés contre l’empire colonial.

Ainsi, au bout d’un mois de lutte sans relâche, les Tunisiens ont réussi à chasser Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir après 23 ans de règne sans partage. Longtemps redouté pour sa cruauté, le régime de Carthage s’est écroulé tel un château de cartes. Un régime qui s’est avéré finalement faible et impuissant face à la détermination d’un peuple assoiffé de liberté. Le mythe selon lequel les pouvoirs arabes sont ébranlables que par des forces étrangères a volé en éclats. Les Carthaginois ont donné ainsi le la. C’est le déclic. A peine Ben Ali a-t-il trouvé une «terre d’asile», que le peuple égyptien reprend le flambeau de la lutte contre le «pharaon» du Caire. La contagion démocratique a gagné le pays du Nil. Les Egyptiens se sont soulevés tel un tsunami contre un Moubarak au pouvoir depuis 30 ans. Ils réclament à gorge déployée le départ de celui qui régente le pays d’une main de fer. Depuis le 25 janvier, la place Tahrir cristallise le rejet d’un régime despotique.

La torture systématique, l’état d’urgence, la corruption qui sont les principaux traits du régime Moubarak ont cédé face à la soif de liberté et de démocratie. Si le raïs s’accroche encore au pouvoir d’un autre âge, le pays a basculé définitivement dans le camp de la démocratie. Il est sûr que si Hosni Moubarak et son régime – épicentre de la stratégie américaine dans la région – venaient à chuter, c’est sans doute toute la carte géopolitique du monde arabe qui changerait complètement. D’où justement «l’affolement» de l’Administration américaine et ses «manœuvres» en coulisses pour «aider» à la mise en place d’un nouveau régime non hostile à Israël et aux intérêts occidentaux. Mais c’est sans compter sur les millions d’Egyptiens qui, dans leur «révolution de dignité», rejettent en filigrane l’alignement sur la politique américano-israélienne.  Ainsi, la chute de Hosni Moubarak pourrait provoquer l’effet domino tant souhaité par les peuples arabes. Et plus la mobilisation dure en Egypte, plus cela donne de l’appétit et du courage aux autres peuples de la région.

La vague de colère a remporté déjà une première bataille en Jordanie où les manifestants ont contraint le roi Abdallah à limoger son gouvernement et à prendre des mesures urgentes pour absorber la colère de la rue de plus en plus exigeante. Au sud de l’Arabie, au Yémen, Ali Abdallah Saleh, l’éternel président depuis 1978 (Yémen du nord jusqu’en 1990 puis du Yémen unifié jusqu’à présent) voit son pouvoir largement contesté. Début février, des dizaines de milliers de manifestants défilaient dans les rues de Sanaâ pour réclamer son départ. Pressé par une semaine de protestation, il a renoncé à briguer un troisième mandat tout en faisant certaines concessions à l’opposition. Les autres régimes de la région sont du coup gagné par la panique de voir leur pouvoir s’écrouler, tandis que les peuples, eux, s’engouffrent dans cette brèche démocratique pour forcer le destin. Des foyers de lutte pour un changement démocratique se créent partout. Des groupes de jeunes et d’intellectuels investissent l’espace politique pour contraindre les régimes à les écouter.

Même les monarchies les plus riches d’Arabie ne sont pas à l’abri de ce «mistral» de la liberté. Les familles régnantes en Arabie Saoudite, au Bahreïn, au Koweït, aux Emirats arabes unis doivent dorénavant compter avec les aspirations des peuples à la démocratie et à la justice sociale. L’argument de la menace islamiste qu’agitent les régimes arabes pour se maintenir au pouvoir et s’assurer «la protection» de l’Occident est battue en brèche. Car les rues arabes rêvent de démocratie et de liberté et le font savoir de manière moderne et civilisée.
En somme, le monde arabe que les régimes et l’Occident ont voulu enfermer dans le gouffre du sous-développement politique et économique, ses peuples lui ouvrent une autre perspective historique. L’installer sur l’orbite de la démocratie et du progrès. (El Watan-10.02.2011.)

**Des intellectuels appellent les monarchies au changement

 Des personnalités de la société civile du Golfe ont appelé hier les monarchies conservatrices de la région à promouvoir la démocratie et la liberté d’expression, à libérer les prisonniers politiques et à doter leurs pays de constitutions.

Dans un communiqué, ces activistes ont également mis en garde les autorités, notamment à Bahreïn, contre la répression de militants ayant prévu d’organiser des manifestations pacifiques et invité celles des Emirats arabes unis à libérer un activiste arrêté la semaine dernière. «Nous espérons que les familles régnantes du Golfe réalisent l’importance de la démocratie à laquelle aspirent nos peuples», ajoute le communiqué signé par le coordinateur du Forum de la société civile du Golfe, Anwar Al Rachid. Ce Forum regroupe des dizaines d’intellectuels libéraux, d’universitaires, d’écrivains et de militants des droits de l’homme des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Il invite les familles régnantes à «comprendre qu’il est temps de libérer tous les détenus politiques et prisonniers d’opinion, et de promulguer des constitutions pour répondre aux exigences des temps modernes».

«Les peuples du Golfe veulent voir leurs pays rejoindre le rang des pays favorisant les libertés, le respect de la loi et des règles civiles et démocratiques qui font désormais partie des droits de base des peuples», dit le communiqué, écrit sur fond de contestation dans le monde arabe, après les révoltes en Tunisie et actuellement en Egypte. Le CCG regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats, le Koweït, Oman et le Qatar qui, pour la plupart, ne disposent pas de Constitution. Le communiqué invite les autorités bahreïnies à agir pacifiquement envers la manifestation prévue lundi par des militants qui revendiquent notamment la libération des prisonniers politiques et la démission du Premier ministre, en poste depuis 40 ans. Le Forum met en garde les services de sécurité saoudiens contre le recours à des moyens répressifs pour empêcher des manifestations, après le lancement par des militants saoudiens d’une campagne sur facebook pour réclamer une monarchie constitutionnelle et des élections législatives. Il a en outre condamné «l’arrestation arbitraire» vendredi par les services de sécurité des Emirats d’un Emirati qui venait de prononcer un discours en public pour soutenir la révolte en Egypte, et exigé sa libération immédiate.     (El Watan-10.02.2011.)

 **Des Saoudiens pour des réformes politiques

*Un groupe de Saoudiens mène campagne sur facebook pour des réformes politiques, sociales et économiques dans le royaume, réclamant notamment l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. Le groupe, qui comptait près de 2 000 membres mardi, est intitulé “le peuple veut la réforme du régime”, en écho au principal slogan du soulèvement en Égypte, où les manifestants clament  : “Le peuple veut la chute du régime.” Le texte appelle à l’instauration d’une “monarchie constitutionnelle” et à la tenue d’“élections législatives” dans le royaume. Le groupe réclame également “le respect des droits de l’homme” dans le royaume et “la reconnaissance des droits des femmes”, qui n’ont pas le droit de conduire et ne peuvent pas travailler, se marier ni voyager sans l’autorisation d’un membre masculin de leur famille. Il demande également un “système juridique indépendant et équitable”, “une répartition équitable de la richesse” dans le pays, premier exportateur mondial de pétrole, et “des mesures pour résoudre le problème du chômage”. (Liberté-10.02.2011.) 

**Maroc : Balbutiements d’une révolte

*le Maroc « ne serait pas une exception» dans la contestation actuelle Des voix plus pressantes se font entendre au Maroc pour réclamer des réformes, mais sans remettre en cause la monarchie dans ce pays jusqu’ici épargné par la contagion.

«Beaucoup pensent qu’une réforme constitutionnelle permettant au Maroc de se doter d’institutions plus modernes est nécessaire», estime Driss Benali, économiste et analyste de la scène marocaine, évoquant une évolution vers une monarchie dotée de moins de pouvoirs.  De jeunes Marocains ont lancé récemment sur facebook un mouvement, soutenu par quelques milliers de sympathisants, en faveur de manifestations pacifiques, le 20 février, pour une «large réforme politique». Et un débat s’amplifie sur le web sur l’opportunité ou non de changements. Lors de ces sorties médiatiques, il a estimé que le Maroc «ne serait probablement pas une exception» dans la contestation actuelle.

Mais les autorités se déclarent «sereines», soulignant que le pays est «engagé depuis longtemps dans un processus irréversible de démocratie». Elles ont toutefois maintenu les subventions pour éviter une hausse des prix des denrées de base comme la farine, le sucre ou le gaz butane. Pour Driss Benali, «la société marocaine n’est pas à l’abri de ce qui se passe ailleurs» et «plutôt que de subir les événements, il vaudrait mieux les anticiper et faire des réformes». Le Maroc a un avantage : «La légitimité de sa monarchie». Le roi, qui a accédé au trône en 1999, «n’est pas usé par le pouvoir», et le Maroc doit évoluer vers un système «où le roi finira par régner sans gouverner», mais cela doit se faire «par étapes», dit-il. Le Maroc est une monarchie dans laquelle le monarque dispose de pouvoirs très étendus. Le Maroc, (32 millions d’habitants) comporte un certain nombre de points communs avec la Tunisie, note de son côté l’économiste Najib Akesbi : «Une population jeune, largement désœuvrée, en butte à des problèmes de formation et d’emploi et sans perspective d’avenir avec un horizon politique assez fermé.» (El Watan-10.02.2011.)
 

 

 

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Pas de réponses à “Les turbulences dans le monde arabe-2”

  1. 7 08 2011
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    Répondre

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    Répondre

  3. 7 11 2011
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    Répondre

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