*L’année économique 2010 en Algérie

*Trous d’air dans le ciel

 

Si Abdelwahid Bouabdellah, PDG d’Air Algérie, a terminé l’année secoué par les menaces du Comité de la sécurité aérienne, qui exige de la compagnie une mise aux normes de sécurité requises par l’Union européenne, 2011 devrait être plus calme. Une équipe d’experts européens devrait arriver à Alger pour effectuer des inspections sur les aéronefs. L’amélioration de la situation sera en fait déterminée par la livraison des nouveaux avions attendue pour 2011. Le renforcement de la flotte, pour l’instant sous-dimensionnée par rapport au marché, devrait aussi déterminer l’ouverture des nouvelles lignes  Alger-Téhéran et Alger-New York. Cette dernière liaison sera conditionnée par la conclusion de l’accord sur l’open-sky avec les Etats-Unis.

Relance de la Bourse d’Alger

Avec l’introduction des actifs d’Alliance Assurances comme première entreprise privée à intégrer la Bourse d’Alger, tout laisse penser que les activités de notre place boursière, endormie depuis une dizaine d’années, pourraient reprendre, selon le souhait des autorités et de la Cosob. La Bourse d’Alger ne compte en son portefeuille que deux entreprises publiques, après le retrait, en 2007, de l’Eriad Sétif. Elle gère également la cotation de quelques fonds levés à la fois par des entreprises publiques et privées telles que Sonelgaz, Sonatrach, AT, Cevital et Dahli. Maghreb Leasing s’apprête à faire son entrée à la Bourse à travers le lancement prochain d’un emprunt obligataire. De grands groupes comme Cevital ou Mehdi sont sollicités. 

Décideurs

Le gouvernement compte relancer l’économie nationale afin d’augmenter la part de l’industrie dans le PIB et atteindre, à long terme, les 10%. Un challenge pour lequel l’Etat a engagé une enveloppe financière estimée à plus de 450 milliards de dinars et effacé la dette des entreprises publiques. La relance du secteur industriel, confiée au ministre Mohamed Benmeradi, nécessite un esprit d’initiative et de créativité. Saura-t-il s’affranchir de sa tutelle pour s’accorder une plus grande marge de manœuvre ? 2011 le dira. Pour les chefs d’entreprise, à leur tête, Rédha Hamiani, versé dans l’opposition depuis la LFC 2009, ils contestent les mesures décidées par le gouvernement concernant l’importation,  à savoir le crédoc comme moyen de paiement, qui, selon eux, pénalise l’activité industrielle. Quant au magnat de l’agroalimentaire Issad Rebrab, il devrait faire face aux attaques du ministre du Commerce, Mustapha Benbada, suite à la hausse récente des produits de large consommation, l’accusant nommément d’être à l’origine de la crise.          

Inflation en hausse

Le pouvoir d’achat des Algériens sera asphyxié en 2011. Et pour cause, tous les indicateurs laissent à penser que l’année sera difficile, notamment pour les ménages. De l’aveu même des pouvoirs publics, le taux d’inflation cette année connaîtra une hausse, par rapport à 2010, estimée à 4 %. «En 2011, le taux d’inflation risque d’être plus fort, peut-être plus qu’en 2010», a prévenu Abdelmalek Zoubeidi, directeur de la prévision et des politiques au ministère des Finances. L’accélération de cette tendance haussière ne se répercutera pas, selon le ministère du Commerce, sur les prix du lait et du pain, car l’Etat continuera à subventionner ces deux denrées alimentaires qui composent le panier des Algériens. Seulement voilà, les produits non subventionnés par les pouvoirs publics, tels les huiles, le sucre et le café, seront assujettis à la concurrence des producteurs qui demandent une baisse des impôts, que ce soit ceux reférant à la douane lors des opérations d’importation ou ceux en rapport avec la TVA. Seul moyen de permettre une stabilisation des prix à la consommation. 

Quelle gestion pour le Fonds de régulation des recettes ?

La taille du Fonds de régulation des recettes est impressionnante. Fin décembre 2010, les disponibilités de ce fonds étaient de 65 milliards de dollars. En dinars, cela donne 4800 milliards. Le fonds est constitué par le différentiel entre le prix du baril du pétrole sur le marché international et celui fixé dans la loi de finances qui est de 37 dollars. Donc, une grande partie de la fiscalité pétrolière est récupérée par ce fonds. Le gouvernement entend y puiser partiellement des ressources pour couvrir en partie le déficit budgétaire. Mais que fera-t-on du reste ? Ni le ministère des Finances ni le Premier ministère n’expliquent la destinée réelle des disponibilités restantes. Cette opacité vide la substance du discours officiel sur la transparence dans la dépense publique. L’année en cours risque d’être difficile, compte tenu de la hausse prévisible de l’inflation, dont une partie est importée, ce qui aggravera une situation sociale déjà suffisamment tendue. Le gouvernement, qui a décidé d’une hausse généreuse des salaires des policiers, sera obligé de faire concession pour des revalorisations salariales autant pour la Fonction publique que pour les secteurs économiques. Les entreprises privées seront également obligées à se joindre au mouvement. Si la paix sociale n’a pas de prix, la rationalisation des dépenses publiques passera, probablement, par une révision globale et profonde du programme actuel de l’équipement public. Il faudra peut- être choisir entre l’essentiel et le superflu.       

L’homme qui ne sert à rien

Abdelhamid Temmar, considéré auparavant comme le «monsieur économie», a collectionné pendant des années les échecs à la tête du ministère de l’Industrie et se retrouve, aujourd’hui, ministre de la Prospective et des Statistiques, un ministère créé lors du dernier remaniement du gouvernement. Quelles missions et quelle latitude aura-t-il ? La guerre des chiffres concernant le chômage en premier lieu est partagée entre les services du Premier ministre et l’Office national des statistiques, que reste-t-il pour Temmar ? Rien. Même le recensement économique prévu en 2011 à travers les wilayas du pays a été confié aux Collectivités locales. Abdelhamid Temmar aura aussi à clarifier la relation entre son ministère et les trois autres entités de statistiques, à savoir  le Commissariat général à la planification et à la prospective et l’Office national des statistiques et le Conseil national économique et social.

Nouvelle politique du liquide

L’argent liquide laissera-t-il place au paiement par carte ou par chèque ? C’est en tout cas le souhait affiché par les pouvoirs publics pour 2011. L’Etat s’attellera cette année à promouvoir ces deux nouveaux modes de paiement afin d’éviter, à la fois, la propagation des faux billets, signalés en masse l’année dernière, et une autre crise de liquidités telle que celle constatée dans les bureaux de poste et les banques. A travers les nouvelles mesures contenues dans la loi de finances 2011, l’Etat compte encourager le dépôt de fonds dans les banques, notamment par les commerçants, car trop d’argent circule en dehors du circuit bancaire. Par ailleurs, selon des sources au ministère des Finances, le gouvernement procèdera au paiement «espacé» des revenus des fonctionnaires afin de contourner le retrait en masse des salaires. Un calendrier de versements serait déjà en préparation. Autre problème à régler : l’ouverture des bureaux de change. Même si la loi sur la monnaie et le crédit de 2003 a prévu dans ses dispositions l’octroi d’accréditations pour des entreprises financières spécialisées dans les opérations de change. Pour rappel, 2 milliards de dollars circulent sur le marché informel, où le taux de change a percé ces derniers mois des plafonds jamais atteints. L’Etat a donc mené une lutte contre les «cambistes» sans pour autant offrir d’alternative aux Algériens désireux de se rendre à l’étranger.                                      

La fin du bras de fer pour Sawiris ?

Le bras de fer opposant Naguib Sawiris, patron du groupe égyptien Orascom Telecom, aux autorités algériennes concernant la vente de Djezzy connaîtra-t-il son épilogue le printemps prochain, comme annoncé ?  Pour rappel, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a posé quatre conditions pour solder le conflit et racheter la filiale algérienne du groupe égyptien. D’abord, assainir la situation fiscale d’Orascom, redevable à l’Etat algérien de 17 milliards de dinars. Ensuite, procéder au règlement de sa dette contractée auprès d’autres parties en Algérie dont l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) ainsi que l’assainissement de la situation des travailleurs de la société de téléphonie fixe dissoute Lacom. Djezzy se doit aussi d’appliquer la «décision souveraine» de la justice concernant la plainte déposée par la Banque d’Algérie pour fraude dans le transfert et la législation des changes pour 190 millions de dollars. Enfin, Djezzy doit payer 20% de plus-value à l’Algérie au moment de la vente. Sawiris rejette ces conditions et compte passer à l’arbitrage international, son contrat passé avec les Russes est tombé à l’eau.                                

Elan pour Internet

2011 ne marquera pas l’avènement de la société de l’information en Algérie. Le gouvernement aspire à engager un large programme de modernisation et de l’amélioration des prestations des services publics dans le cadre du projet e-gouvernement 2013 lancé en 2005 et cela en raccordant les administrations via un réseau intranet afin de permettre au citoyen de consulter et imprimer ses papiers sur Internet. Le projet bloque toujours et les autorités ne donnent aucune explication. Le ministère de PTIC tentera, à son tour,de  relancer le projet Ousratic qui consiste en l’acquisition, par les ménages, d’ordinateurs et leur raccordement au réseau internet. La plateforme technique dotée de fibre optique est, selon les responsables, déjà opérationnelle .Seulement voilà , avec l’annonce cette année de la dégringolade du pouvoir d’achat des Algériens, les tentatives aboutiront sur une tonalité vide.        

Etat versus grossistes et importateurs

Laissés pour compte depuis l’ouverture du marché national, les grossistes sont aujourd’hui accusés de fuite fiscale, fraudes en tous genres, non-dépôt des liquidités dans les banques et plus grave, utilisation de faux registres du commerce. Selon le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, les grossistes, et à travers eux les importateurs, sont à l’origine de la flambée des prix constatée récemment sur le marché à cause des pratiques spéculatives. L’Etat compte donc sévir et mettre fin à ces agissements qui encouragent à la fois le circuit informel et le dérèglement du commerce et donc une baisse des dividendes fiscales. Pour y remédier, l’Etat a adopté, en 2009, le crédoc comme seul moyen de paiement dans les transactions de commerce extérieur. La première mesure adoptée cette année, l’obligation faite aux commerçants de procéder au paiement par chèque des sommes dépassant les 500 000 DA, est rejetée à la fois par les grossistes et les importateurs car cela, selon eux, pourrait entraîner une prolifération de faux chèques de banque ou simplement l’encaissement de chèques sans solde. Deuxième mesure, l’Etat procèdera cette année au recensement des commerçants et à l’épuration des registres du commerce. Selon les nouvelles conditions d’inscription au registre du commerce, la durée de validité du registre sera de deux ans. Cette opération de «nettoyage» sera difficile à mener devant le cartel de l’import. Le citoyen algérien se trouvera alors otage de cette guerre annoncée.

Pas mal de blocages

Tramway. Un premier tronçon de 7 km reliant Bordj El Kiffan à Bab Ezzouar sera mis en route en avril prochain. Le reste de la première ligne demeure en construction. Métro. La question de sa mise en service reste toujours posée. Les Algériens emprunteront-ils le métro en 2011 ? Autoroute Est-Ouest. Les 170 km restants de l’autoroute Est-Ouest seront livrés au cours de 2011. La future entreprise qui gèrera l’autoroute Est-Ouest sera connue cette année. La construction des points à péage devra être lancée  aussi cette année. Le prix du kilomètre ne dépassera pas 1 DA, selon le ministre des Transports. il est prévu la dotation de l’autoroute en caméras de surveillance. Transport par câble. Onze téléphériques sont en phase de réalisation ou d’études à Alger, Tizi Ouzou, Oran, Constantine, Béjaïa, Jijel, El Tarf, Médéa et Beni Saf. Certains téléphériques entreront en service cette année, notamment à Alger et Oran. Transport routier urbain. Pour mieux gérer le transport urbain dans les grandes villes et mettre fin à l’anarchie, sept nouvelles sociétés vont être créées et s’ajouteront aux 27 autres créées en 2010.  Pour un meilleur accès au transport urbain par les couches les plus démunies, le Fonds de compensation des prix des transports en commun a été créé l’an dernier. Transport routier interurbain. Après le bras de fer engagé l’année dernière entre les transporteurs et la direction de la gare routière de Kharouba, la crise pourrait s’accentuer, car les transporteurs privés refusent de s’acquitter des nouvelles tarifications décidées par la direction de Sogral. Au chapitre infrastructurel, il est prévu la mise service de onze gares routières et le lancement des travaux de dix-neuf autres. Lignes ferroviaires. Celles en cours de réalisation représentent plus de 1200 km sur un total de 5800 km. Une bonne partie sera, d’après les pouvoirs publics, livrée cette année.  Les trains de banlieue seront à 100 % électriques, cette année. Aéroports. L’Etat s’engage cette année à moderniser les plateformes aéroportuaires. Les nouvelles aérogares de Jijel, Tlemcen et Djanet seront réceptionnées, selon le gouvernement, avant la fin de cette année.    (El Watan-07.01.2011.)

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7 réponses à “*L’année économique 2010 en Algérie”

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