La France sous le règne de Sarkosy

*Les thèses xénophobes et islamophobes de la campagne Sarkosy

*Sarkozy fait de l’Algérie un fonds de commerce électoral

Nicolas Sarkozy fait de l’Algérie un fonds de commerce pour sa campagne électorale pour un second mandat jusqu’ici pas du tout acquis. Le président français sortant revisite la guerre d’Algérie pour balayer toute repentance.

Son glissement vers l’extrême droite ne parvenant pas à le faire remonter dans les sondages, Sarkozy tombe les masques pour se découvrir plus lepéniste que sa rivale au premier tour de la présidentielle, Marine qui a pour elle d’être la fille du plus nostalgique de l’Algérie française et laquelle représente “l’originale” de toutes les thèses xénophobes, anti-immigrés, anti-maghrébine et islamophobes imposées par le président français depuis son élection de 2007 sur la scène politico-sociétale de son pays que lui-même encense comme la “citadelle” de la révolution de 1789 fondatrice des droits de l’Homme et de l’égalité des hommes. Vendredi, Sarkozy a fait un déplacement très calibré à Nice, la capitale de l’OAS, pour soigner son image auprès des “pieds-noirs” et leur prouver sa compassion, n’hésitant à fouler “l’amitié avec l’Algérie”, dont lui-même n’a pas arrêté de se prévaloir dans ses multiples visites dans l’ancienne colonie française et ses rencontres avec Abdelaziz Bouteflika ! Le clin d’œil aux harkis n’est qu’un clin d’œil, leurs enfants le savent pour avoir vécu dans leur chair l’exclusion et le refus de la France d’intégrer les supplétifs qu’elle avait mobilisés durant la guerre d’Algérie et bien avant. Sarkozy a promis, comme en 2007, de “réparer l’injustice de la France”. Une fille de harki ministre, cette ouverture n’a pas changé grand-chose dans la perception de cette communauté rejetée même — et surtout — par les ultras de l’Algérie française. Pour Jean-Marie le Pen, les harkis n’ont été — et ne restent — que des “traîtres”. L’ambition de regagner les suffrages des pieds-noirs n’est pas pour autant assuré pour Sarkozy. Celui-ci a beau avertir que voter Marine, c’est laisser le champ libre au Parti socialiste qui, selon lui, ne manquera pas d’entraîner la France sur le terrain de toutes les repentances, l’électorat pied-noir, réduit à une peau de chagrin, reste largement acquis au Front national. Marine le Pen, confortée par ces nostalgiques de “l’Algérie de papa”, n’avait pourtant cessé de le prévenir. “La chasse sur mon terrain est vaine, mes supporters préférant l’originale à la copie”. À Nice, Sarkozy a été chahuté par cet électorat qui lui a reproché vertement de ne pas avoir tenu ses promesses de 2007 et pour essayer de regagner ses voix, il a poussé sa chansonnette pour rappeler qu’il ne peut pas “se repentir” sur les méfaits et exactions de la France coloniale, pensant que sa nouvelle opération de séduction marchera mieux dès lors qu’elle coïncide avec le 50e anniversaire des accords d’Évian que la France officielle va commémorer en grande pompe le 19 mars prochain, date de la fin de la guerre d’Algérie. Même le vote des harkis, traditionnellement acquis à la droite normale de l’échiquier politique français pourrait bien basculer en faveur du Front national, après avoir attendu de la part de Sarkozy qu’il reconnaisse officiellement la responsabilité de la France dans leur abandon. Celui-ci vient de leur marteler qu’il ne le fera pas comme il ne fait pas à l’égard de leur pays d’origine, admettant du bout des lèvres qu’il y a eu à leur endroit “des abus”. Les fils de harkis apprécieront le deux poids deux mesures : d’un côté les pieds-noirs chouchoutés et, de l’autre, eux, ces Français basanés. Ils savent qu’ils peuvent attendre encore avec Sarkozy. Les pieds-noirs et les harkis sont une cible incontournable pour Sarkozy donné perdant face au candidat du PS, leur gisement électoral est estimé à trois millions. Devant l’insistance de Sarkozy sur son refus de repentance à l’’égard de l’Algérie, force est de s’interroger sur le fond de sa posture contre-productive pour les relations qui devraient animer deux pays qui ont en partage une longue histoire. Ses charges même à coups de fleurets, ne vont-elles pas au-delà de ses campagnes électorales ? Vu de près, Nicolas Sarkozy, lui aussi, n’aurait pas digéré la souveraineté des Algériens bien qu’il se fût toujours prévalu de n’avoir pas été un enfant de la guerre d’Algérie. La question se pose d’autant plus qu’il s’est adjoint depuis qu’il a été ministre de l’Intérieur et de l’Immigration de Jacques Chirac, de Patrick Buisson, un conseiller bien spécial qui a fait ses classes dans l’extrême droite pour ensuite en devenir le propagandiste et l’idéologue dans le torchon Minute dans les années 1980. C’est à lui que les spécialistes de la “peste brune” française, attribuent les virages sécuritaires, anti-immigrés et islamophobes de Nicolas Sarkozy. Même ses dérives anti-algériennes. Patrick Buisson est de formation historien et ses diplômes ont tous porté sur l’OAS dont il est le chantre. L’Express, un hebdo de droite l’a surnommé “le conseiller en transgression de Nicolas Sarkozy”, il ne fait pas partie officiellement de son cabinet élyséen, mais c’est lui qui alimente ses convictions à l’extrême droite. En septembre dernier, Le Point, un autre hebdo qui n’est pas de gauche également, se réfère au “théorème de Buisson” qui consiste à masquer les souffrances sociales des Français, donc les échecs du premier mandat de Sarkozy par des surenchères sur l’insécurité, l’envahissement des immigrés et les menaces de l’Islam, pour capter les bulletins de la France franchouillarde. La gauche gagnera si cette France s’abstient ou vote Marine le Pen. Pour que Sarkozy soit réélu, il lui faut ces voix. Avec l’Algérie, il n’est pas inutile de rappeler que le président sortant s’en tient toujours à ce qu’il déclaré à Alger en décembre 2007 lorsqu’il y était venu engranger 5 milliards d’euros de contrats pour Total, Gaz de France et Alsthom. Sarkozy s’était contenté de dénoncer un système colonial “profondément injuste” ! Une lapalissade qui n’a pas échappé aux Algériens. Pour autant, à moins de six semaines du premier tour, sa course à un second mandat s’annonce très difficile : il est donné largement perdant face à François Hollande. (Liberté-11.03.2012.)

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*Véritable «séisme» politique… l’opposition de gauche remporte la majorité absolue au Sénat

Déjà embarrassé par des affaires de financement politique, le président français Nicolas Sarkozy a subi un revers historique avec la perte du Sénat.

Véritable «séisme» politique, l’opposition de gauche a remporté dimanche la majorité absolue au Sénat à l’occasion du renouvellement de la moitié des sièges de la chambre haute du Parlement, contrôlée par la droite depuis 1958. Passé le choc des résultats, chaque camp s’est projeté en 2012. Le Parti socialiste (PS) voit dans le basculement à gauche du Sénat les prémices d’une victoire au printemps prochain tandis que le parti présidentiel UMP relativise la portée du vote et affiche toujours sa confiance en son probable candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy. Seul le ministre Bruno Le Maire reconnaissait hier «un sérieux avertissement» pour la majorité, ajoutant que les Français «sont inquiets». Si une possible victoire de la gauche aux sénatoriales était évoquée, le choc est rude pour Nicolas Sarkozy: l’opposition détient désormais 177 sièges de sénateurs, soit 2 de plus que la majorité absolue au Sénat (348 sièges). Elle contrôle une institution chargée avec l’Assemblée nationale d’examiner et de voter projets de lois, traités et conventions internationales. Même si la Constitution accorde un rôle prééminent à l’Assemblée, la gauche aura maintenant la possibilité de faire retarder l’adoption de textes au Parlement. Le Sénat était pourtant considéré comme un place forte imprenable grâce à un mode de scrutin indirect complexe, qui assure une sur-représentation aux régions rurales considérées comme favorables à la droite. Mais les succès de la gauche aux derniers scrutins locaux et régionaux ont modifié la composition des grands électeurs appelés à voter. Pour Nicolas Sarkozy, le résultat du scrutin ponctuait une semaine cauchemardesque avec de nouveaux rebondissements dans l’affaire dite de Karachi, un dossier de corruption et de financements politiques illégaux liés à une vente de sous-marins au Pakistan. Deux de ses proches ont ainsi été mis en examen (inculpés) par le juge qui enquête sur de supposées valises de billets ayant circulé entre le Pakistan et la France pour financer la campagne de l’ancien Premier ministre, Edouard Balladur, à la présidentielle de 1995. Puis ce fut au tour de l’ex-ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, pressenti pour être son directeur de campagne en 2012, d’être pris dans la tourmente. Il est soupçonné d’avoir eu accès au dossier du juge d’instruction et d’avoir averti l’un des mis en examen. Cette affaire, pour laquelle l’Elysée a démenti toute implication du chef de l’Etat, n’a certainement pas joué en faveur de la droite aux sénatoriales. Les socialistes, en campagne pour la primaire chargée de désigner leur candidat à la présidentielle, y voient un mouvement plus profond et espèrent retrouver la présidence de la République, perdue depuis le départ de François Mitterrand, au pouvoir de 1981 à 1995. Il y a «un désir d’alternance», expliquait hier Pierre Moscovici, un proche de François Hollande, favori des sondages pour la primaire. Nicolas Dupont-Aignan, un ancien du parti présidentiel passé dans la droite souverainiste, a même appelé le chef de l’Etat à ne pas se représenter en 2012, expliquant une défaite éventuelle de son camp par «l’allergie de notre peuple à la présidence Sarkozy». (L’Expression-27.09.2011.)

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**France:Déroute historique dans le camp Sarkosy

*Sénat: la gauche obtient la majorité absolue avec 177 sièges……pour la première fois depuis 50 ans*La perte du Sénat obscurcit l’horizon de Sarkosy pour 2012.Un désaveu cinglant pour un chef de l’Etat en quête de réélection.*les grands électeurs « ont voté avec la même exaspération que les Français devant la République abîmée ».

 La France sous le règne de Sarkosy media_xl_4383126

 *Les éditorialistes de la presse nationale et régionale française évoquent lundi la victoire « historique » de la gauche au Sénat, estimant que ce « séisme » constitue un « camouflet personnel » pour Nicolas Sarkozy à sept mois de la présidentielle.

« L’événement est évidemment historique puisque la haute Assemblée était depuis cinquante-trois ans propriété du centre et de la droite », reconnaît Paul-Henri du Limbert dans le Figaro. « A sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, ce basculement aura évidemment des conséquences sur la campagne électorale. »« Même si le terme peut sembler étrange accolé aux ors du Palais du Luxembourg et à la légendaire placidité des sénateurs, il s’agit bien d’un séisme », écrit Nicolas Demorand dans Libération. « Pour la droite, c’est d’ores et déjà une sanction électorale et surtout symbolique », tandis que la gauche peut y voir « un espoir »

 L’Humanité va crescendo en relevant, sous la plume de Jean-Paul Piérot, que « les défenses qui maintenaient jusqu’alors le Sénat hors d’atteinte des effets du mécontentement populaire ont cédé ». Pour l’éditorialiste du quotidien communiste, « le désaveu est cinglant pour un chef de l’Etat en quête de réélection. »Michel Urvoy (Ouest-France) parle d’un « coup de semonce » et « un coup au moral pour le parti majoritaire ». « Même la victoire de Pierre Charon, à Paris, est un désaveu pour Nicolas Sarkozy qui venait de remercier son conseiller », souligne-t-il. « Chez les élus locaux aussi, l’antisarkozysme s’est durci au fil du temps. »Pour Jean-Michel Helvig (La République des Pyrénées), les 70.000 grands électeurs « ont traduit l’humeur des Français inquiets de l’avenir économique, indignés du manque d’équité dans la répartition des efforts face à la crise, troublés par les scandales politico-financiers qui percent au niveau judiciaire… »« Autant qu’une victoire de la gauche, c’est aussi une défaite et un camouflet personnel pour Nicolas Sarkozy », martèle Yves Harté dans Sud-Ouest. Cette élection « historique » indique « combien des élus issus de la France profonde, méprisés et malmenés, ne se reconnaissent plus ou pas dans ce président de la République et dans la politique qu’il prétend incarner. »« Nicolas Sarkozy a sa large part dans cette déroute dont il voudrait se dédouaner », renchérit Jacques Camus dans La République du Centre.

Et Xavier Panon (La Montagne) de tirer une nouvelle salve: « ce nouveau désaveu électoral, dans la longue série de son désamour national, fera ressentir ses répliques jusqu’à la présidentielle ».

Emmanuel Caloyanni (Le Courrier de l’Ouest) résume le sentiment de ses collègues en s’interrogeant ouvertement: « Président-candidat, Nicolas Sarkozy peut-il se remettre de ce nouvel échec électoral, qui est aussi et surtout le sien? » (afp/7sur7)26.09.2011.

 **un échec pour Sarkos

Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste, a estimé que la victoire de la gauche aux sénatoriales françaises était « un échec pour le président de la République ». »C’est un échec pour le président de la République. L’UMP recule partout », s’est réjouie Mme Aubry devant la presse au Sénat, juste après le discours prononcé par Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste, annonçant la victoire de la gauche à la Haute assemblée.« Pour nous, cette victoire vient de loin », a-t-elle ajouté, remontant à « la victoire aux élections municipales » en 2008.Selon elle, les grands électeurs « ont voté avec la même exaspération que les Français devant la République abîmée ». (afp/7sur7)**nouveau désaveu électoral

«Autant qu’une victoire de la gauche, c’est aussi une défaite et un camouflet personnel pour Nicolas Sarkozy», martèle Yves Harté dans Sud-Ouest. Cette élection «historique» indique «combien des élus issus de la France profonde, méprisés et malmenés, ne se reconnaissent plus ou pas dans ce président de la République et dans la politique qu’il prétend incarner.»«Nicolas Sarkozy a sa large part dans cette déroute dont il voudrait se dédouaner», renchérit Jacques Camus dans La République du Centre. Et Xavier Panon (La Montagne) de tirer une nouvelle salve: «ce nouveau désaveu électoral, dans la longue série de son désamour national, fera ressentir ses répliques jusqu’à la présidentielle».Emmanuel Caloyanni (Le Courrier de l’Ouest) résume le sentiment de ses collègues en s’interrogeant ouvertement: «Président-candidat, Nicolas Sarkozy. (AFP)
 

**Enseignants: Grève inédite du public et du privé ce mardi 

 Enseignants et parents d’élèves protestent contre les suppressions de postes…

 Des enseignants défilent, le 18 mai 2011 à proximité du ministère de l’Education nationale, à Paris, pour protester contre les suppressions de postes d'enseignants à la rentrée 2011.Trois semaines après la rentrée, ils font déjà l’école buissonnière. La quasi-totalité des syndicats d’enseignants du public appelle à une journée de mobilisation nationale ce mardi, pour protester contre les suppressions de postes dans l’Education.

Fait rarissime: cinq syndicats du privé rejoindront le mouvement. «C’est pratiquement une première. Car nous souhaitons attirer l’attention du grand public sur la suppression annoncée de 1.350 emplois dans l’enseignement privé en 2012, alors que les prévisions d’effectifs sont à la hausse», souligne Luc Viéhé, secrétaire général du Syndicat professionnel de l’enseignement libre catholique (Spelc).

Ils veulent peser sur le budget
Une centaine de manifestations sont ainsi prévues partout en France, auxquelles plusieurs associations de parents d’élèves participeront. A Paris, le défilé partira à 14h30 du jardin du Luxembourg. Un mouvement unitaire qui devrait être très suivi, à en croire les prévisions du SNUipp, qui table sur 53,75% de grévistes chez les enseignants du primaire. Des chiffres bien éloignés de ceux du ministère de l’Education, qui prévoyait vendredi 20,51% de grévistes dans le premier degré.

Les enseignants du secondaire devraient aussi être nombreux dans la rue «notamment dans les villes où il y a eu une forte pression démographique et où les classes sont particulièrement chargées», prédit Frédérique Rolet, porte-parole du Snes. «C’est une des pires rentrées qu’on ait connues et Luc Chatel continue à afficher une sérénité imperturbable, cela agace», poursuit-elle.

Reste à savoir si les manifestants réussiront à peser sur le projet de budget 2012, qui passe demain en Conseil des ministres et prévoit 14.000 suppressions de postes dans l’Education nationale l’an prochain. «On a encore un petit espoir que le gouvernement revienne sur la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans l’Education, affirme Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp. D’autant que les élections sénatoriales ont clairement montré une exaspération des élus locaux. Le mouvement d’opinion continue à gagner du terrain.» (20Minutes-27.09.2011.)

**Le service minimum à géométrie variable

Depuis 2008, un service minimum d’accueil (SMA) est obligatoire quand plus de 25% des enseignants d’une école sont en grève, mais certaines communes, souvent de gauche, refusent toujours de le mettre en place. «Par ailleurs, certaines communes ne disposent pas de personnel suffisant pour l’organiser», explique Sébastien Sihr, du SNUipp.

**la France, championne de l’inégalité dans l’enseignement !

 Des élèves sont installés dans l'une des classes de l'école Harouys à Nantes, le 05 septembre 2011.

Dans la version 2011 de son dernier rapport, «Regards sur l’éducation», l’OCDE n’est pas tendre pour la France.

On le sait grâce aux études de comparaisons internationales Pisa menées par l’organisation internationale qui regroupe 31 pays développés, le poids des inégalités sociales est toujours aussi fort pour expliquer les performances moyennes des élèves français âgés de 15 ans. Avec la Nouvelle-Zélande, la France est le pays où la performance en compréhension écrite varie le plus selon le milieu socioéconomique: 30%. Les élèves issus de l’immigration ont plus de difficulté à réussir en France que partout ailleurs: ils ont l’équivalent d’une année d’étude de retard en moyenne avec les jeunes d’origine française! «Le déterminisme social est très important en France », insiste Eric Charbonnier, l’un des experts économiques de l’OCDE. A l’inverse, les quatre pays en tête du classement, Canada, Corée, Finlande et Shanghai parviennent à assurer une plus grande équité.

À lire l’analyse de l’organisation internationale, la politique éducative de notre pays n’est guère efficace, surtout depuis 1995. Depuis cette date, les taux de scolarisation des 15-19 ans stagnent en France, voire diminuent légèrement à 84% quand ce taux a progressé de manière constante dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, augmentant de 9,3% en pourcentage entre 1995 et 2009. Certes, selon Claude Sauvageot, expert français auprès de l’OCDE, cette baisse s’explique en partie par le fait que la France a limité les redoublements dans l’enseignement secondaire ces dernières années. «Du coup, les jeunes se retrouvent plus vite dans le monde du travail à ces âges», explique-t-il. Il n’empêche, Pour Eric Charbonnier, «la stagnation est évidente». De même, le taux de scolarisation des étudiants de 20-29 ans ne progresse plus. La France reste bloquée à 19% quand les autres pays de l’Ocde atteignent en moyenne le chiffre de 26%.

La France investit davantage dans son enseignement supérieur depuis 2000 mais pour le reste son investissement financier dans l’éducation faiblit. C’est une conséquence logique des suppressions de postes d’enseignants, ces dernières années: entre 2000 et 2008, les dépenses éducatives ont augmenté à un rythme «plus faible que le PIB», selon l’OCDE en Allemagne, Autriche, France, Israël, Japon. Parmi ces pays, les variations les plus sensibles s’observent en France et en Israël, pays où la part du PIB consacrée à l’éducation a diminué d’au moins 0,3 point de pourcentage entre 2000 et 2008, essentiellement en raison de la diminution des dépenses en pourcentage de PIB dans l’enseignement primaire et secondaire. Alors que la part de l’éducation dans les budgets publics est passée de 11,8% en 1995 à 12,9% en 2009, en moyenne dans l’OCDE, en France, la part dans l’éducation dans ces mêmes budgets a diminué, passant de 11,5% en 1995 à 10,6% en 2008. Pourtant, affirme l’organisation internationale, même en temps de crise, il faut continuer à investir dans l’éducation: Le diplôme protège contre le chômage: 30% des jeunes Français de 20 à 24 ans sans diplôme d’études secondaires sont sans emploi, un taux réduit de plus de 10% pour ceux qui ont un diplôme équivalent au bac. (Le Figaro-13.09.2011.)

**75% des Français vivent « moins bien »

Trois Français sur quatre pensent vivre moins bien qu’avant, un jugement qui n’avait jamais atteint un tel niveau depuis vingt ans, selon une enquête réalisée par la TNS Sofres pour l’Association des maires des grandes villes de France. A la question « avez-vous l’impression que depuis quelques années les gens comme vous vivent mieux ou moins bien qu’avant », 75% des personnes interrogées ont répondu « moins bien ».

Ce sentiment constitue un « record historique dans l’évolution de la situation personnelle des Français » dans les enquêtes de la TNS Sofres, réalisées depuis 1981, souligne l’institut. Il se manifeste en particulier chez les 25-49 ans (81%) et parmi les employés (87%) et les ouvriers (82%). Seulement 14% des sondés estiment de leur côté « vivre mieux », tandis que 10% ne voient pas de changement (1% sans opinion).

La crainte de se retrouver sans emploi grandit également dans l’opinion, selon cette enquête. Deux Français sur trois (66%) redoutent des « risques de chômage », pour eux-mêmes ou une personne de leur foyer. Un résultat en augmentation de 4 points par rapport à l’an dernier et de 16 points depuis 1988, précise la Sofres. La menace du chômage est notamment perçue chez les 18-24 ans (71%) et les 35-49 ans (73%). (La Figaro-13.09.2011.)

**le statut des enseignants en France date de 1950.

Pour l’OCDE, l’idée, évoquée par le gouvernement, d’engager une réforme sur le statut des enseignants français après la présidentielle est intéressante.

coeur-«La situation des enseignants français est régie par des décrets qui n’ont pas bougé depuis 1950: 15 heures de cours pour les agrégés et 18 heures pour les titulaires d’un Capes est obsolète», estime Bernard Hugonnier, l’un des experts économiques de l’OCDE. Partout ailleurs, affirme-t-il, les contrats signés entre l’État et les municipalités concernant les enseignants englobent les cours mais aussi des activités pédagogiques, des échanges avec les parents, le soutien scolaire, etc. «En France, les enseignants sont uniquement focalisés sur leur temps de service, c’est à dire leurs heures de cours. Du coup, ils ont l’impression que ce qu’on leur demande en plus devrait être payé en heures supplémentaires. Si on incluait dans leurs contrats toutes ces tâches qu’ils font déjà pour partie, quitte à les payer davantage, leur investissement serait meilleur», estime-t-il. Il faut «négocier avec les syndicats d’enseignants», insiste-t-il, et instituer un «système contractuel qui peut varier selon leur statut. C’est cela la modernité», précise-t-il.

L’urgence d’une réforme se fait d’autant plus sentir qu’aujourd’hui, en France, la situation financière des enseignants n’est pas brillante. Le salaire moyen des enseignants du primaire et du secondaire est inférieur à la moyenne de l’Ocde, aussi bien pour les débutants que pour ceux qui ont 10 ou 15 ans d’expérience. Seuls les salaires en fin de carrière sont légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Lorsque on n’inclut ni les primes, ni les heures supplémentaires, entre 2000 et 2009, le salaire des enseignants a augmenté dans la plupart des pays, sauf en Australie, en France, au Japon et en Suisse. (Le Figaro-13.09.2011.)

**le CAC 40 au rouge encore une fois

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La Bourse de Paris essuie encore les foudres des investisseurs sur des rumeurs laissant entendre que la Chine n’est pas prête à acheter des obligations italiennes.

coeur-Après avoir débuté la séance dans le vert ce mardi, suite à des informations concernant un possible rachat de dette italienne par Pékin, le CAC 40 est repassé rapidement et nettement dans le rouge ce mardi. A mi-parcours il perd encore 1,57% proche des 2800 points à 2807,27. Auparavant, il avait abandonné plus de 2% cassant ce seuil technique à 2792,39 points.

Même pas de deux sur les autres places financières européennes qui ont également hissé le drapeau rouge dans la matinée : en milieu de séance le Footsie-100 de la Bourse de Londres baisse de 0,46 %, le Dax de Francfort recule de 0,23 %, le FTSE MIB de Milan baisse de 0,52 % et l’IBEX 35 de Madrid se situe à -0,83 %.

Selon une information du Financial Times, l’Italie aurait demandé à la Chine de pratiquer des achats importants de sa dette souveraine. De hauts fonctionnaires italiens ont expliqué au quotidien que Lou Jiwei, le président de China Investment Corp (CIC), était à la tête d’une délégation qui s’est rendue à Rome la semaine dernière pour rencontrer le ministre des Finances Giulio Tremonti, ainsi que des responsables de la Cassa Despositi e Prestiti. Après avoir débuté la séance dans le rouge, Wall Street a ainsi finit la séance dans vert ce lundi, le Dow Jones gagnant 0,63 % sur la séance. Ce matin, les Bourses asiatiques s’affichaient également en légère hausse. La veille, la Bourse de Paris avait finit la séance sur une très forte baisse lâchant 4,03 % à 2854,81 points (son plus bas niveau depuis avril 2009), plombée par les valeurs bancaires. Toutefois, des rumeurs de marché laissent dorénavant entendre que Pékin ne serait finalement pas prête à acheter des obligations italienne. Rome a émis mardi 3,865 milliards d’euros d’obligations à cinq ans, dont les taux se sont envolés au niveau record de 5,6 % contre 4,93 %, signe de la défiance des investisseurs.

Les banques encore dans la tourmente

Particulièrement exposée à l’Italie, la banque BNP Paribas chutait de 7,31 % à 24,21 euros, après avoir perdu plus de 10 % ce matin. Les autres grandes banques étaient également en nette baisse à l’image de Crédit Agricole (-0,50 % à 4,80 euros) et de la Société Générale (-2,57 % à 15,17 euros) en raison également de leur exposition à la Grèce. Ces deux banques ainsi que BNP Paribas sont toujours sous la menace d’une dégradation de leur note par l’agence Moody’s qui pourrait intervenir jeudi.

Les investisseurs sont particulièrement préoccupés par la situation de la Grèce, dont la possibilité d’une faillite n’est désormais plus à exclure pour plusieurs responsables politiques. Une sortie de la Grèce de l’euro est désormais envisagée par plusieurs économistes. A cela, il faut ajouter les propos, ce lundi, de Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a estime ce matin sur iTélé que la Grèce pourrait devoir subir une restructuration plus poussée de sa dette. Côté allemand, Angela Merkel tente de rattraper les propos de son ministre de l’Economie Philipp Rösler, qui a évoqué lundi l’éventualité d’un défaut de paiement d’Athènes. Dans un entretien à la radio BBB, la chancelière a jugé qu’il fallait « éviter tout processus incontrôlé dans la zone euro ».

Des cours du pétrole mitigés

Sur le marché des changes, l’euro était en légère baisse mardi face au dollar et au yen après être tombé lundi sous 1,35 dollar pour la première fois depuis février et au plus bas depuis 10 ans face au yen. La tension reste forte, les marchés craignant de plus en plus un possible défaut de la Grèce. Vers 11 heures, la devise européenne valait 1,3608 dollar contre 1,3624 dollar.

L’évolution des cours du pétrole était quant à elle mitigée, aidée par un relatif affaiblissement du dollar mais pondérée par les dernières projections de l’Opep qui anticipe une croissance plus faible que prévu de la demande de brut en raison de la nervosité des marchés. Dans les premiers échanges électroniques, le baril de « light sweet crude » s’octroyait 80 cents à 88,99 dollars tandis que le baril de Brent de la Mer du Nord, plus sensible à la conjoncture économique en Europe, cédait 52 cents à 112,25 dollars. « Nous voyons que le pétrole bénéficie d’un dollar plus faible », a commenté Ker Chung Yang, un analyste des matières premières chez Phillip Futures à Singapour.

Sur le front macroéconomique, les prix à la consommation en France ont progressé de 0,5 % en août par rapport au mois précédent, a annoncé mardi l’Institut national de la statistique (Insee). Cette hausse résulte essentiellement de la fin des soldes d’été mais traduit aussi le renchérissement, également saisonnier, des services liés au tourisme, ces hausses étant atténuées par le recul saisonnier des prix des produits frais, a précisé l’Insee.

Par ailleurs, le déficit des comptes courants de la France s’est creusé en juillet, à 4,5 milliards d’euros contre 3,4 milliards en juin, en raison d’une augmentation du déficit des échanges de biens, a annoncé mardi la Banque de France.

Aux États-Unis, les prix à l’importation seront dévoilés en fin d’après-midi.

Valeurs à suivre

Accor (-5,37 % à 20,35 euros)

Le groupe hôtelier a annoncé ce mardi viser pour 2011 un résultat d’exploitation compris entre 510 et 530 millions d’euros, lors de la présentation de ses nouveaux objectifs stratégiques.

Renault (-0,77 % à 23,80 euros)

Le constructeur a officiellement lancé lundi à Maubeuge la production en série de la Kangoo Zéro émission (ZE), qui représentera entre 20.OOO et 30.000 véhicules par an. Par ailleurs Dacia, la filiale de Renault, va tester en Italie la vente de voitures sur internet à partir de jeudi, une première qui pourrait être ensuite étendue à d’autres pays européens

PSA Peugeot Citroën (-1,30 % à 16,30 euros)

Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën Philippe Varin confirme mardi dans nos colonnes sa volonté « d’accélérer les réductions de coûts », y compris en matière d’emploi. Tout en assurant qu’aucun ralentissement significatif de la demande n’a été observé, il explique que le groupe souhaite se « prémunir d’un éventuel retournement des marchés ».

Total (-2,02 % à 31,47 euros)

Le groupe pétrolier a annoncé lundi qu’il souhaitait poursuivre les recherche de gaz de schiste dans le sud-est de la France, tout en s’engageant à ne pas recourir à la méthode dite de « fracturation hydraulique » aujourd’hui interdite.

Interparfums (+1,4 % à 19,17 euros)

Le groupe spécialisé dans la conception et la commercialisation de parfums, a dégagé au premier semestre un bénéfice net en hausse de 33 % à 17,1 millions d’euros grâce notamment à ses ventes, selon un communiqué publié mardi. Ce résultat devrait le « conduire à revoir à la hausse sa prévision de chiffre d’affaires en 2011 », ajoute le groupe.

* Nicolas Sarkozy accusé de corruption !

Accusations choc. La juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, aujourd’hui dessaisie de l’affaire Bettencourt, affirme qu’un témoin a vu Nicolas Sarkozy se faire remettre des espèces chez la milliardaire, écrit Libération, daté de mercredi. La saga politico-judiciaire en sommeil depuis plusieurs mois vient de s’enrichir d’un épisode spectaculaire. Avec en vedettes Nicolas Sarkozy et la juge Isabelle Prévost-Desprez.

L’histoire se noue dans un livre à paraître demain (1), signé de deux journalistes du Monde. Un recueil de témoignages de personnalités ayant eu à subir les foudres du chef de l’Etat. Parmi elles, Isabelle Prévost-Desprez, ancienne juge financière au tribunal de Paris. (20Minutes + 31.08.2011.)

 

 **De grosses malfaçons constatées dans la construction d’un réacteur nucléaire !

 La qualité de la construction du réacteur serait remise en cause, selon le «Canard enchaîné»…

L’Autorité de surêté nucléaire (ASN) a relevé ces derniers mois diverses malfaçons dans le gros oeuvre du futur réacteur EPR de Flamanville, de nature, pour certaines, à «porter préjudice à la qualité finale des structures», indique le Canard enchaîné à paraître mercredi.

Selon l’hebdomadaire satirique, le «gendarme du nucléaire» a adressé à EDF, l’exploitant, «entre octobre 2010 et août 2011, quatre lettres au vitriol qui mettent en cause la qualité de plusieurs constructions vitales pour la sécurité du futur réacteur EPR», dont la construction est assurée par Bouygues.

Les inspecteurs de l’ASN ont relevé des trous dans des piliers en béton ou des défauts dans les parois de piscines destinées à recevoir le combustible nucléaire irradié, affirme le journal.

L’ASN, contactée par l’AFP, a confirmé l’envoi à EDF de «quatre courriers, dont deux sont des lettres de suite disponibles sur le site internet de l’ASN, les deux autres étant des courriers d’échanges techniques» consécutifs aux inspections régulières menées sur le site.

L’autorité précise, dans son dernier courrier en date du 10 août, que certaines des malfaçons constatées sont de nature à «porter préjudice à la qualité finale des structures», selon des termes rapportés par l’hebdomadaire et confirmés par l’ASN.

La semaine dernière, l’ASN avait indiqué avoir constaté des «écarts» et «faiblesses» lors d’une inspection du site de construction du réacteur EPR et demandé à EDF de «faire des efforts importants pour démontrer la qualité de la construction».La mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), le premier réacteur nucléaire de troisième génération, n’est plus attendue que pour 2016, avec deux ans de retard sur la date initiale, avait annoncé EDF fin juillet. (AFP-30.08.2011.)

**L’Agence Internationale d’Energie Atomique à Vienne

Les centrales nucléaires ne sont pas sûres

L’explosion qui est survenue, hier, sur le site nucléaire de Marcoule a coïncidé avec le début de la conférence internationale dans la capitale autrichienne, Vienne, sur la sécurité nucléaire, où les dirigeants de l’AIEA débattront jusqu’au 16 septembre, d’un plan de travail pour renforcer la sécurité nucléaire, à la lumière de la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima au Japon en mars dernier, et du programme nucléaire controversé de l’Iran.

Même s’il n y a pas eu de fuites nucléaires lors de l’accident comme l’ont annoncé les autorités françaises, il a quant même démontré des failles dans la sécurité des différentes centrales nucléaires à travers le monde, et dont le nombre est de 440 centrales, selon un recensement de l’AIEA,et a indiqué que ces sites ne sont pas à l’abri de catastrophes naturelles et de différents incidents comme des incendies ou des explosions. Le Directeur Général de l’agence avait suggéré, en janvier dernier, un plan pour le renforcement de la sécurité des centrales nucléaires en envoyant des experts internationaux pour contrôler 40 sites dans le monde, durant les trois prochaines années et de publier leurs résultats, encourageant néanmoins à accepter « sans condition » que des experts internationaux effectuent des opérations d’inspections sans fixer de calendrier précis. L’agence avait proposé ce service aux pays qui le souhaitaient. Amano les avait appelé à constituer des groupes nationaux capables d’intervenir rapidement si une crise se produisait dans un autre pays, ces propositions avaient connu une vive opposition de la part de la Chine et des Etats-Unis, mais saluées par la France et l’Allemagne. (El Khabar-12.09.2011.)

**Explosion sur un site nucléaire en France

Explosion d’un four sur le site de Marcoule en France: Un mort et plusieurs blessés

Un mort dans l'explosion sur un site nucléaire dans le Gard<br /><br />
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<p><span style=Un four aexplosé lundi matin, vers 11h45, dans l’usine de retraitement de déchets nucléaires à Marcoule, en France. L’explosion a fait un mort et quatre blessés, selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).Les pompiers et la préfecture du Gard ont parlé d’un risque de fuite radioactive, mais le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) a assuré ne pas avoir mesuré de radioactivité à l’extérieur du site. (7sur7)

Socodei est une filiale du groupe EDF à vocation industrielle spécialisée dans le traitement des déchets nuclaires.

 

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Une personne a été tuée et quatre autres blessées, dont l’une grièvement, par l’explosion lundi d’un four dans une installation nucléaire située à Codolet, près du centre de recherches de Marcoule dans le Gard. «Il n’y a pas de rejets à l’extérieur de l’installation», assure l’

Autorité de sûreté nucléaire (ASN ).

Le four qui a explosé servait à «fondre les déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité», selon l’ASN.

Le site touché, spécialisé dans le traitement de matières radiologiques, est exploité par la Socodei.

L’incident s’est déroulé dans le centre Centraco de la société , filiale d’EDF.

Un périmètre de sécurité a été installé en raison des risques de fuite, ont précisé les pompiers qui n’étaient pas en mesure pour l’instant de fournir un bilan de cet accident. La préfecture a indiqué n’être pas en mesure pour l’instant de communiquer. (Le Figaro-12.09.2011.

**L’homme décédé a été retrouvé carbonisé. Le blessé grave a été évacué dans un hôpital de Montpellier tandique «les trois personnes blessées plus légèrement ont été transportées au centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze», rapporte le Midi Libre.

Dans la foulée de cet accident, l’action EDF perdait à 14 h 15 près de 7% à la Bourse de Paris.

Flou des autorités chargées du nucléaire

Contactée à 14 h, soit près de 2 heures après les faits la division de Marseille de l’ASN (Autorité de sûreté du nucléaire), chargée d’assurer le contrôle du nucléaire pour proteger le public et informer les citoyens a indiqué n’avoir aucun responsable disponible sur place pour répondre à la presse, et conseillé de “rappeler plus tard”.

A 14 h 15, elle a précisé que tous les responsables étaient partis sur le site de Marcoule et n’étaient donc pas joignables, et qu’il fallait donc attendre le retour du chef de division avant d’avoir la moindre information.

Face à l’urgence de l’événement et de la nécessité d’informer rapidement les habitants inquiets d’une éventuelle fuite radioactive, l’ASN a répondu que face à un tel incident la procédure interne prévoyait “d’attendre le feu vert du chef de division avant de communiquer la moindre information.”

*Europe Ecologie Les Verts demande “la plus grande transparence”

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, a demandé lundi au gouvernement “la plus grande transparence, en temps réel, sur la situation et les conséquences environnementales et sanitaires” de l’incident sur un site nucléaire du Gard.

L’explosion d’un four servant à recycler des déchets faiblement radioactifs a fait ce matin un mort et quatre blessés, dont un grave, dans l’installation nucléaire Centraco de Codolet (Gard), ont indiqué l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et EDF.

“EELV demande à Eric Besson, ministre de l’Energie, et Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, d’informer, en temps réel, les populations riveraines ainsi que l’ensemble des Français sur la situation sur le site de Marcoule”, écrit-elle dans un communiqué.

“Depuis l’incident de Fukushima”, est “affichée la volonté d’une plus grande transparence, et bien, c’est le moment pour les autorités compétentes comme pour les responsables du site de Marcoule d’en faire la preuve immédiatement”, conclut-elle. (Midi Libre-12.09.2011.)

 

**Les réacteurs nucléaires français constituent un risque pour  l’Algérie

Commentant la déflagration qui s’est produite, hier, au centre de traitement des déchets nucléaires, à Marcoule, Sud de France, le président du club des risques majeurs, le professeur Abdelkrim Chelghoum, a déclaré que les réacteurs français sont vétustes et dépassés par le temps et qu’ils sont devenus une vraie source d’inquiétude pour l’Europe et pour le sud de la méditerranée, notamment pour l’Algérie.

Le président du club des risques majeurs, M. Abdelkrim Chelghoum a révélé à El Khabar qu’au cas où une fuite nucléaire soit enregistrée suite à l’explosion du réacteur nucléaire français, les répercussions de cet accident seront graves, notamment, sur l’Algérie qui ne possède pas les moyens nécessaires pour faire face à une catastrophe d’une telle ampleur. L’Algérie ne dispose pas d’un centre d’alerte et manque de moyens de secours des citoyens si cette sorte d’accident se produit. A ce propos, il a incombé la responsabilité au gouvernement qui est incapable, selon lui, de faire face à ce genre d’accidents.

Le même responsable a ajouté qu’il est plus que nécessaire pour l’Algérie d’établir une stratégie préventive contre ce genre de grandes catastrophes, puisqu’elle est exposée aux risques de tremblements de terre, d’inondations et même au risque d’explosion de ses réacteurs nucléaires, faisant allusion au siège de l’Agence de l’énergie atomique se trouvant à Alger et au réacteur nucléaire à Ain Ouassara.

Revenant au sujet de l’explosion du réacteur nucléaire dans la station de « Marcoule », Sud de France, M. Chelghoum Abdelkrim a indiqué que les réacteurs nucléaires français ont été construits durant les années 50. Il a, notamment, exprimé sa stupéfaction quant au refus de la France de suivre les pas de l’Allemagne, qui a décidé de se débarrasser de ses réacteurs nucléaires avant l’année 2020. (El Khabar-12.09.2011.)

**Mayouf Belhamel, Directeur du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER)

« Les autorités françaises ne sont pas en mesure de démentir l’existence du risque d’une fuite radioactive suite à l’explosion de Marcoule »Le directeur du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), M. Mayouf Belhamel, a affirmé, hier, dans un entretien accordé à El Khabar que les autorités françaises ne sont pas en mesure de démentir l’existence du risque de la fuite radioactive après l’incident ayant eu lieu à Marcoule, car les effets apparaitront dans dix ans.

** Y a-t-il un risque de fuite radioactive suite à l’explosion nucléaire de Marcoule ?

L’énergie nucléaire n’est pas sans risque. C’est ce que nous avons constaté dans l’explosion nucléaire de Fukushima. Cet incident a remis en cause le choix des autorités japonaises. Certains pays européens, à l’instar de l’Allemagne et la Suisse, comptent renoncer à leurs programmes nucléaires. C’est pourquoi les centrales nucléaires nécessitent de longues études. L’énergie nucléaire a des avantages indiscutables, mais le risque est toujours présent.

**Alors que la crainte d’une éventuelle fuite radioactive s’empare des populations, la France rassure. L’Algérie pourrait-elle être touchée par cette fuite ?

Géographiquement, l’Algérie est à quelques centaines de km du sud de la France. Ceci dit les autorités françaises, malgré les technologies de pointe qu’elles possèdent, ne sont pas en mesure de dire que le risque nucléaire est inexistant. Les radiations émises par l’explosion de Tchernobyl sont apparues 30 ans après, toute l’Europe a été affectée par le nuage radioactif, les autres pays voisins aussi.

** Les français réfutent le risque des radiations nucléaires …

En dépit des moyens dont dispose la France, le risque existe toujours. Bien que cette source d’énergie possède beaucoup d’avantages, son usage reste très dangereux. Ceux qui prétendent maitriser les techniques nucléaires ont tort. La décision du Japon et de l’Allemagne de minimiser l’utilisation de l’énergie nucléaire est louable.

** L’énergie nucléaire est-elle utilisée en Algérie ?

L’utilisation de l’énergie nucléaire est utile dans le domaine de la santé et dans quelques spécialités scientifiques bien précises. En Algérie, il serait préférable d’utiliser le gaz pour produire de l’électricité, c’est écologique, moins risqué et moins coûteux.(El Khabar-12.09.2011.)

**La peur s’installe en France…après ce qui s’est passé en Grande-Bretagne

 Sarkosy entretient l’amalgame entre insécurité et immigration.

 La police autorisée à tirer à balles réelles

 Est-ce une manière de gagner l'électorat de l'extrême droite?

Les forces de l’ordre en France disposeront désormais, selon un décret paru dans le Journal officiel du 1er juillet 2011, d’une arme de guerre: le fusil à répétition, pour faire face aux manifestations, jugées violentes.Ce nouveau texte est dans le prolongement direct du dicours prononcé par le président de la République française à Grenoble. «C’est…une guerre que nous avons décidé d’engager contre les trafiquants et les délinquants. Comme nous l’avons fait en Seine-Saint-Denis, nous avons décidé de nous occuper particulièrement de certains territoires qui ont besoin d’une action ciblée pour que les conditions de l’ordre républicain y soient rétablies…», avait déclaré Nicolas Sarkozy le 30 juillet 2010.
«Nous subissons les conséquences de 50 années d’immigration insuffisamment régulée qui ont abouti à un échec de l’intégration…», a-t-il ajouté pour entretenir l’amalgame entre insécurité et immigration. Un thème sur lequel a jeté son dévolu le chef de l’Etat français pour renouveler son bail à l’Elysée en 2012. La France se prépare-t-elle à une guérilla urbaine? A moins qu’elle n’ait décidé d’anticiper une guerre civile. Les éventuelles bavures feront-elles des victimes d’origine étrangère plus particulièrement maghrébines (algériennes, tunisiennes ou marocaines)?
Statistiquement, il y a de fortes probabilités pour qu’il en soit ainsi. Surtout si l’on tient compte des quartiers ou des villes qui seront ciblés et qui sont à forte concentration d’immigrés. A quel moment, les forces chargées du maintien de l’ordre peuvent-elles faire usage de l’arme «fatale»? «Lorsque des violences ou voies de fait sont exercées contre l’ordre public ou lorsque cette dernière (force publique, Ndlr) est dans l’impossibilité de défendre autrement le terrain qu’elle occupe», indique la notice de cette décision pour le moins inattendue et qui a été étrangement passée sous silence. L’ordre public est-il à ce point menacé en France pour renforcer un arsenal répressif déjà bien fourni (grenades lacrymogènes et leurs lanceurs…) d’un matériel de guerre? L’Hexagone, qui dénonce l’utilisation de ce type d’arme pour réprimer certaines manifestations dans certains pays, serait donc disposé à en faire de même chez lui.
L’article 3 du décret qui porte la griffe du Premier ministre François Fillon stipule:
«En application du V de l’article R.431-3 du Code pénal (…) est susceptible d’etre utilisée pour le maintien de l’ordre public, à titre de riposte en cas d’ouverture de feu sur les représentants de la force publique, celle mentionnée ci-après: Fusil à répétition de précision de calibre 7,62x51mm et ses munitions.» Le patron de l’Exécutif a chargé son ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, Claude Guéant, ainsi que son ministre de la Défense, Gérard Longuet, de l’exécution de ce nouveau texte.
Le feu vert pour un passage à l’acte est donc donné et comme l’a souhaité Nicolas Sarkozy, le tour de vis qu’il a déjà imprimé à sa politique de l’immigration, est suivi d’une décision autrement plus radicale en matière de politique sécuritaire. Sans doute pour désigner l’immigré comme bouc émissaire. Suciter la peur de l’autre, de l’étranger, et se poser en gardien du temple. Quitte à donner uniquement l’impression de jouer au sherif ou au cow-boy. Brandir sa Winchester fait peur mais cela rassure aussi. Tout dépend, bien sûr, de quel côté on se trouve. Il est peut-être temps pour Nicolas Sarkozy de démontrer l’efficacité du savoir-faire français en matière de sécurité que proposait l’ex-ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, à la police tunisienne, la veille de la chute du président Ben Ali.
Pour éviter les bavures. En prenant une telle décision, le chef de l’Etat français craint-il que le vent des révoltes arabes ne souffle sur l’Hexagone et que la place de la Bastille ne ressemble à la place Tahrir? Le syndrome a déjà atteint Tel-Aviv…(L’Expression-16.08.2011.)

  *Nuit blanche à Marseille: combats de rue et tirs à la kalachnikov

Dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, Marseille, la deuxième ville de France, a vécu des moments d’une étrange ressemblance à ceux de Benghazi au début de la crise libyenne. Combats de rue à la grenade et tirs à la kalachnikov ont fait passer une nuit blanche aux Marseillais. Officiellement, c’est la petite délinquance qui est mise en accusation. Mais pour avoir pu se doter d’armes de guerre, elle ne doit pas être si petite que cela, la délinquance invoquée. D’autant que les combats sont intervenus juste après le passage, jeudi dans la journée, du ministre de l’Intérieur français venu annoncer l’envoi de renforts policiers à Marseille. Toujours officiellement, à cause de la tension qui a suivi la mort d’un adolescent causé par un voisin qui a ouvert le feu à partir de son balcon.
Quelques jours auparavant, c’est un employé de France Télécom qui s’est immolé par le feu sur son lieu de travail en Gironde. Un geste qui rappelle également celui du Tunisien Bouazizi de Sidi Bouzid d’où est partie la «révolution du jasmin». Le parallèle de la situation en France avec le sort qui s’est abattu sur la Tunisie et la Libye se retrouve dans les propos d’un participant, jeudi dernier à Bordeaux, à l’hommage rendu à l’immolé qui a déclaré: «il y a le temps du Fouquet’s, il y a le temps du CAC 40, il y a le temps du recueillement et puis il y aura le temps de la révolte.» Propos rapporté, jeudi dernier, par le quotidien Le Parisien. Un parallèle conforté également par la montée au créneau, hier, du directeur central du renseignement intérieur français (Dcri), Bernard Squarcini, pour jouer à l’épouvantail dans les colonnes du quotidien Libération relayé, aujourd’hui, par le quotidien Le Monde. Il s’y est tellement mal pris qu’il trahit l’intention de répandre la crainte parmi les Français pour mieux contenir la violence de leur ras-le-bol. Ce patron du renseignement annonce que «les communiqués de Ben Laden (il a oublié qu’il est mort) et d’AQMI (nous y voilà!) nous ciblent de plus en plus. Les Américains sont la cible n°1 et la France n°2 d’Al Qaïda». Pourtant les ordinateurs saisis dans la maison de Ben Laden par les Américains lors de l’assaut contiennent des projets d’attentats contre les Etats-Unis pas contre la France. De plus et à la question de savoir si la France est spécifiquement visée depuis la mort de Ben Laden, Squarcini répond «pas spécialement, non! Mais il nous faut prendre les devants».
L’esprit réputé carré des Français en prend un sérieux coup. La vérité est ailleurs. Elle se retrouve dans le livre, véritable réquisitoire contre Sarkozy, de son précédent ministre de la Défense, Hervé Morin. Un livre dont le titre «Arrêtez de mépriser les Français!» résume, à lui seul, l’état d’abattement des Français. Avec plus de 4 millions de chômeurs en 2011 qui ne cesse de s’alourdir, un pouvoir d’achat qui s’érode à vue d’oeil, la «compression» du service public, l’insécurité et la «désertification» de la campagne française pour ne citer que ces quelques exemples concourent à une vie quotidienne difficilement tenable pour les Français. Des observateurs français y voient «une nation bel et bien prête à exploser». Ils le disaient avant les crépitements de kalachnikovs à Marseille. Les Français sont inquiets et nous aussi. Un pays en proie à des troubles ne peut laisser indifférents ses voisins. L’Algérie ne devrait-elle pas aider la France à sortir de ce mauvais pas? (L’Expression-07.05.2011.)

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*diversion

Prise entre le marteau de la crise économique et l’enclume de la crise sociale au plan interne, la France officielle tente d’orienter l’opinion publique sur des débats de politique extérieure. Pour cela, elle essaye de faire diversion en surfant sur des crises à l’extérieur de l’Hexagone.
Le brasier le plus en vue et dans lequel la France s’est foncièrement impliquée est celui de la Libye. Le président Nicolas Sarkozy a agi auprès de la communauté internationale pour faire adopter la résolution onusienne 1973, portant la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne contre le régime d’El Gueddafi. Néanmoins, l’acharnement de Nicolas Sarkozy contre El Gueddafi l’a mené à engager l’Otan dans des bombardements intensifs, visant la Libye. Insatisfait et affolé, d’une part, par la position de l’Union africaine privilégiant la solution politique et, de l’autre, par un éventuel revirement de l’opinion française. M. Sarkozy plonge encore plus profondément dans le bourbier libyen. Outre ces deux craintes suscitées, une autre question s’impose, à savoir, le pourquoi de l’intervention de la France en Libye. A cela s’ajoute également la position algérienne constituant, paraît-il, un écueil aux desseins géostratégiques de Nicolas Sarkozy, d’où la campagne de rumeurs visant l’Algérie, qui s’accentue. Faisant de la rumeur un discours officiel, accusant l’Algérie d’avoir prêté main forte au régime de Mouamar El Gueddafi, la France tente, sans preuve aucune, d’impliquer l’Algérie dans sa mascarade militaire. Néanmoins, cette «aventure sarkozienne dans l’incendie libyen» obéit-elle à une feuille de route répondant à des projets bien précis? Une autre question s’impose à savoir: «El Gueddafi sauvera-t-il Sarkozy?» Une telle intention soulève autant de questions, qui demeurent sans réponses. Alors, pourquoi cet acharnement contre l’Algérie? Quel est l’objectif de cette campagne de rumeurs?
La France perdrait-elle le contrôle des évènements en Libye? Qu’elle soit le résultat d’une planification hostile ou spontanée, cette campagne de rumeurs contre Alger est révélatrice d’une panne de perspective de la diplomatie française sachant que la position algérienne à ce sujet est claire. «L’Algérie ne s’ingère pas dans les affaires internes d’un pays et refuse à ce que l’on s’ingère dans ses affaires internes», a déclaré Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères. Versatile, la France (version Sarkozy) fait de ses alliés d’hier ses ennemis d’aujourd’hui.
Ainsi, elle déclare la guerre à ceux pour lesquels elle avait déroulé le tapis rouge il y a à peine quelques mois.
Les révélations sur les comptes bancaires et le gel des avoirs des Hosni Moubarak, Ben Ali et Mouamar El Gueddafi en sont une preuve incontestable. C’est dire que la France ne se met que du côté des gagnants et maîtres de l’heure. Engagée sur plusieurs fronts dont l’objet est confus et aux résultats incertains, voire sans le consentement de la communauté internationale, y compris ses voisins immédiats, en l’occurrence l’Allemagne, la France cherche-t-elle à se repositionner après son échec dans la gestion des évènements de Tunisie? Ou ne s’agit-il que d’une stratégie électoraliste pour résorber le mécontentement de l’opinion française à l’endroit du bilan de Sarkozy, jugé des plus critiques?
Les crises économique et sociale qui frappent de plein fouet la France, renseignent sur l’échec, de Sarkozy dans la gestion des affaires de l’Hexagone. Cela s’explique, d’ailleurs, par les récents sondages, en prévision de l’élection présidentielle. M.Sarkozy serait éliminé dès le premier tour de l’élection. C’est un résultat que révèle un sondage BVA pour «Orange, L’Express et France Inter». En fait, le candidat socialiste, Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry, n’affronterait donc que Marine Le Pen au second tour. Plongée dans les bourbiers sahélo-saharien, libyen, ivoirien et afghan, la France officielle s’est affolée et tente, contre vents et marées, d’impliquer autour d’elle d’autres pays.
Conscient de ce résultat, Nicolas Sarkozy a limogé des ministres et rappelé d’autres à son secours. Ainsi, le retour à l’Elysée de l’ex-Premier ministre Alain Juppé, pour remplacer Michèle Alliot-Marie aux Affaires étrangères, constitue pour Sarkozy une stratégie à même de rattraper les échecs de ses aventures militaires au Sahel, où des opérations militaires françaises ont été signalées, lors des tentatives de libérer l’un des otages français, retenu par Aqmi, les interventions en Côte d’Ivoire et enfin les bombardements contre la Libye, s’inscrivant dans le cadre de la résolution onusienne 1973. Refusant le dialogue et la solution pacifique donc politique en Libye, comme l’ont si bien soutenu l’Union africaine, la Russie et la Chine, la France a choisi l’option militaire. Pis encore, elle s’est même ingérée dans les affaires internes du Conseil de transition libyen dans sa prise de décision.
En effet, ce dernier ayant accepté lors de la première rencontre avec les représentants de l’UA l’arrêt des hostilités avec le régime d’El Gueddafi, n’a pas tardé à manifester un refus catégorique, après le déplacement de son chef en France. Ainsi, Sarkozy vient de s’offrir son propre «bourbier afghan».
Des observateurs français estiment, quant à eux, que «Sarkozy veut tuer l’âme de la France, un pays qu’il veut rendre semblable au pays qui est son modèle: les Etats-Unis. Nicolas Sarkozy l’a dit à de nombreuses reprises: il veut en finir avec le modèle social français, lui préférant un modèle américain, caractérisé par une société inégalitaire, violente, et ultrarépressive.»
Constat: les aventures militaires de la France constituent ainsi une aubaine pour celui qui a fait de l’insécurité le thème majeur de sa campagne. (L’Expression-26.04.2011.)

*Une «dérive sécuritaire induisant un contrôle inédit de la population»

 Service psychiatrie du Centre hospitalier Belair à Charleville-Mezieres (Ardennes), en juin 2005.

PÉTITION – Près de 8.000 personnes ont signé un appel lancé à l’approche de l’arrivée du texte au Parlement…concernant la réforme de la psychiatrie..«Une déraison d’Etat.» L’appel, lancé la semaine dernière par un collectif de soignants en psychiatrie, est alarmiste. Il met en garde contre un projet de loi jugé «sécuritaire», et qui ne tient compte que du «trouble à l’ordre public», au détriment de la qualité des soins.«Il ne s’agit pas d’un projet de soins»Le texte en question organise une réforme des soins en psychiatrie, appelée de ses voeux par Nicolas Sarkozy après un fait-divers en novembre 2008 -un étudiant avait été poignardé par à Grenoble par unschizophrène évadé d’un hôpital psychiatrique-. Adopté le 26 janvier en Conseil des ministres, le projet de loi sera soumis à l’Assemblée nationale dès le 15 mars.«La mystification est totale: Il ne s’agit pas d’un projet de soins, mais d’un engrenage portant atteinte aux libertés fondamentales dans un état démocratique», dénonce l’appel du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, qui avait déjà, en décembre 2008, dénoncé un discours qui «assimilait la maladie mentale à une supposée dangerosité».*Dénonciation et rétention

Le projet de loi modifie les modalités d’hospitalisation en psychiatrie sans le consentement du patient, supprimant par exemple les sorties d’essai. Il introduit par ailleurs la notion de soins sans consentement en ambulatoire, c’est à dire sans hospitalisation.

«Ce projet propose uniquement un accès à la contrainte sans limite de durée. Il détourne la fonction des soignants vers une orientation de dénonciation, de  rétention, de « soins » sous contraintes et de surveillance», dénonce l’appel du collectif.

«Nous voulons que les budgets subventionnent des soins et non des aménagements carcéraux, la formation des personnels, des effectifs conséquents, pour une conception humaine de l’accueil de la souffrance», réclament les signataires, qui rejettent «les réponses démagogiques qui amplifient délibérément l’émotion suscitée par des faits-divers dramatiques».

En décembre 2008, le collectif avait recueilli 30.000 signatures pour leur premier appel. Cette fois, en une semaine, un peu moins de 8.000 personnes ont signé la pétition qui réclame le «retrait immédiat de ce projet de loi». (20Minutes-28.02.2011.)

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*Fonction publique : 100.000 départs non remplacés
 

La politique de non-remplacement d’un départ sur deux dans la Fonction publique va se poursuivre au rythme de 100.000 départs non remplacés en trois ans.

coeur- En présentant ses voeux à la presse, le ministre du Budget et de la Fonction publique François Baroin a déclaré que la politique de non-remplacement d’un départ sur deux dans la Fonction publique se poursuivrait au rythme de 100.000 départs non remplacés en trois ans.Entre 2011 et 2013, «100.000 emplois ne seront pas remplacés au sein des administrations et des opérateurs», a indiqué le ministre. «Cela participe naturellement de la maîtrise des finances publiques. Cette politique «n’en est pas moins tout à fait équilibrée, elle permet de reverser la moitié des économies réalisées aux fonctionnaires, sous la forme de bonifications», a-t-il déclaré.

Tout en annonçant ces chiffres, François Baroin a insisté sur le fait que «les diminutions d’emploi n’ont pas d’impact négatif sur la qualité des services publics, bien au contraire». Et de poursuivre : «J’annoncerai en février quinze nouvelles mesures de simplification des démarches des usagers».

Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique Georges Tron a confirmé à l’issue de la conférence de presse que le gouvernement souhaite que la moitié des économies soient reversées aux agents, sous la forme du «retour catégoriel», un surcroît de rémunération accordé catégorie par catégorie de fonctionnaire, en fonction de l’effort fourni pour ces économies.

Ces mesures d’économies se dérouleront «sur trois années, de 2011 à 2013», et cette politique «se poursuit», «avec un souci peut-être de revenir à un retour catégoriel de l’ordre de 50%. En 2009, on était à plus de 50%, on était à 70%» des économies reversées aux agents, soit 650 millions d’euros en 2009, a-t-il déclaré à l’AFP. (le Figaro-17.01.2011.)

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**Sarkozy et la justice : petites phrases et grosses pressions

première enquête à montrer comment le Président contrôle ou contourne les juges.0601_SarkozyJustice_vignetteAu début des années 80, Nicolas Sarkozy défendait des trafiquants, des voleurs à la tire et « avait plaisir à le faire », selon son avocat et « ami de trente ans », Me Thierry Herzog. Au prétoire, le jeune avocat ferraillait ferme pour qu’ils obtiennent du sursis.Sarkozy est ensuite devenu un étrange hybride avocat-politicien-procureur, comme le montre l’excellent « Le Justicier, enquête sur un Président au-dessus des lois » de Dorothée Moisan, qui sort ce jeudi aux éditions du Moment et dont Rue89 publie des extraits.Au service de ses amis, de ses soutiens politiques ou financiers, de ses visées politiques, et de son électorat.Au détriment de ses ennemis. Tout en étant aujourd’hui, cas unique en Europe, garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire et nanti d’une immunité très protectrice. Inattaquable, ce qui ne l’empêche pas d’attaquer (sept procédures depuis son élection).Journaliste, Dorothée Moisan suit les affaires du Palais de justice de Paris pour l’AFP. Elle a enquêté sur tous les liens de l’actuel président de la République avec le troisième pouvoir. En remontant à l’origine, sa mère, « Dadu », qui plaidait naguère dans un scandale politico-immobilier des Hauts-de-Seine (l’affaire Villarceaux).« Allô, maman, je suis avocat, comme toi »Sorti de Sciences-Po sans en décrocher le diplôme, son fils lui annonce sa nouvelle orientation de but en blanc, en 1981 :« Allô, maman, tiens-toi bien, je suis avocat, comme toi. »La suite est riche et variée, d’affaires futiles ou choquantes (la villa corse de l’ami Christian Clavier, le « off » Sarkozy/France 3/Rue89, « la » rumeur, le scooter de Jean Sarkozy) en scandales plus obscurs et gênants (Clearstream, Karachi, Bettencourt, l’arbitrage Tapie-Etat pour le Crédit Lyonnais, l’Angolagate, l’accord Chirac-Delanoë sur les emplois fictifs, le fief des Hauts-de-Seine…).

Côté politique, tout y passe : le passage de Rachida Dati place Vendôme, la récidive, les 35 lois depuis 2002 sur la sécurité et l’immigration, la volonté présidentielle de supprimer le juge d’instruction… Et l’« indulgence coupable » de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la délinquance en col blanc.

Dans son livre « Libre », le Président a en effet écrit ces lignes : « Ne serait-il pas plus juste de réserver la prison à la seule punition des crimes et délits ayant porté atteinte à l’intégrité physique de la victime ? »

Ce demi blanc-seing aux grands escrocs, Sarkozy a voulu le délivrer en dépénalisant le droit des affaires. Après la crise de 2008, il a jugé plus prudent d’attendre.

La suppression en trompe-l’œil de la double peine

D’une plume alerte, sans s’appesantir, Dorothée Moisan raconte comment Nicolas Sarkozy a fait du ministère de l’Intérieur son laboratoire de politique judiciaire.

Il tente, en vain, de court-circuiter deux gardes des Sceaux successifs (Dominique Perben et Pascal Clément) pour imposer ses peines planchers. Qu’il fait finalement voter une fois à l’Elysée, dès août 2007.

Il a plus de succès en 2003 avec l’abolition de la double peine, qui voulait qu’un étranger condamné en France soit expulsé du pays à sa sortie de prison.

Noble mesure dont Nicolas Sarkozy se vante toujours, mais surtout belle enflure médiatique que cette abolition : la voix des associations, qui réclament en 2006 « une véritable suppression de la double peine », ne porte pas. Elles dénoncent le calvaire administratif imposé à qui veut éviter la double peine. Laquelle, du coup, reste effective dans de nombreux cas.

Défendre les victimes et légiférer dans l’émotion

Ces lois en rafale, le futur Président les obtient depuis la place Beauvau en usant d’un des ingrédients majeurs de son succès politique : les faits divers. Sa recette est la suivante : « Primo, se poser en défenseur des victimes. Secundo, rudoyer les juges, trop laxistes. Tertio, profiter de l’émotion pour légiférer dans l’urgence. L’affaire Crémel est à ce titre emblématique. »

Prétextant notamment que le veuf de Nelly Crémel (une joggeuse assassinée en 2005 en Seine-et-Marne par le récidiviste Patrick Gateau et un complice) lui a demandé « comment l’Etat peut-il relâcher un monstre ? », Nicolas Sarkozy défend la victime, tape sur le juge d’application des peines (JAP) qui a libéré le meurtrier après son premier crime, et obtient une loi contre la récidive.

Mais il y a deux problèmes. D’abord, l’avocate de la famille Crémel assure à Dorothée Moisan qu’elle n’a « jamais entendu M. Crémel tenir les propos que lui prête Nicolas Sarkozy ». La famille a très peu goûté cette récupération politique.Ensuite, les organisations professionnelles de magistrats sont outrées par les propos du ministre. Lequel met une telle pression médiatique que le président du Conseil supérieur de la magistrature (et de la République) à l’époque, Jacques Chirac, lâche le corps judiciaire et tranche en faveur de Sarkozy. En rappelant du bout des lèvres le principe de la séparation des pouvoirs.« Il faut faire payer le juge »Les propos du JAP cloué au pilori par le ministre, concédés seulement quatre ans plus tard sur France 2, pourraient résumer à eux seuls le peu de cas que l’ex-avocat Nicolas Sarkozy fait des textes de loi de son pays.Le juge Alain Hahn : « J’ai une phrase qui revient dans ma tête : “Il faut faire payer le juge.” Mais quel juge ? Quel juge ? [La loi impose que trois juges, et non un seul, décident de libérer un criminel une fois sa peine de sûreté purgée, ndlr]Ma première réaction à ce moment-là était une totale incompréhension.

Ensuite, j’ai très mal compris, accepté la façon dont un homme politique, avec des responsabilités importantes au niveau de l’Etat, encore plus importantes maintenant, était capable de mettre en cause un seul magistrat sans chercher à comprendre si la loi avait été appliquée, dans quelles conditions la loi avait été appliquée et la façon dont les choses s’étaient déroulées pour amener à cette décision favorable. »

Voilà l’impression de fond que confirme le livre de Moisan : celle d’un Président qui court-circuite la justice en jouant tour à tour de sa puissance de feu médiatique et des discrets rouages de ses réseaux.

En 2007, Woerth intervenait en faveur de Courroye…

Car si Sarkozy vilipende des magistrats (surtout des juges), certains autres (surtout des procureurs) ne s’offusquent pas du tout de la manière dont il les traite. A l’inverse, ils semblent faire corps avec lui et ses intérêts.

Patrick Ouart, pendant longtemps « vrai garde des Sceaux » sous Rachida Dati, un « homme de pouvoir et de réseaux ». Yves Bot, que Sarkozy appelle « mon procureur ».

Ou le célèbre Philippe Courroye, dont Dorothée Moisan révèle qu’il a sollicité en 2007 une intervention d’Eric Woerth pour se faire rembourser un déménagement de quelques milliers d’euros… ce qui n’a pas dû l’aider à enquêter sur les liens de Woerth Eric avec la famille Bettencourt, en tant que procureur de Nanterre, l’été dernier.

On peut ajouter à la liste Jean-Louis Bruguière ou Laurence Vichnievsky, pour ne citer que les plus connus. Et la « sarkozette » Rachida Dati, bien sûr, une magistrate qui constitue « la plus grande claque que le Président ait jamais infligée à la magistrature », selon Moisan.

Au final, écrit-elle,« en quelques années, Nicolas Sarkozy a su phagocyter les hauts postes de la justice. Une toile d’araignée dont la gauche aura beaucoup de difficulté à se défaire si elle revient un jour au pouvoir ».

Rue89 a choisi de publier des extraits intéressants en ce qu’ils mêlent plusieurs facettes des relations de Nicolas Sarkozy avec la justice : Françafrique, justice des copains, soupçons de financement politique pour son camp, et relations avec les milieux d’affaires. (Rue89-06.01.2011.)

**64% des Français ne font pas confiance au nouveau gouvernement

64% des Français ne font « pas confiance » au nouveau gouvernement Fillon nommé dimanche et ils sont 89% à penser qu’il va poursuivre la politique qui a été menée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2007, selon un sondage Harris Interactive pour Europe 1.Selon le sondage réalisé en ligne le 15 novembre, 64% des Français ne font pas confiance au nouveau gouvernement Fillon « pour mener une politique répondant à leurs attentes ». 36% lui accordent leur confiance.89% des personnes interrogées estiment que le nouveau gouvernement va « poursuivre la politique qui a été menée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy ». 11% disent s’attendre à une politique « différente ».51% des Français, toutes tendances politiques confondues, considèrent que l’entrée au gouvernement d’Alain Juppé est une « mauvaise chose » (49% une « bonne chose« ). Xavier Bertrand recueille 58% d’opinions négatives (contre 42%).En revanche, la présence au gouvernement de Michelle Alliot-Marie recueille 53% d’opinions favorables (contre 47%). Enfin, 72% des Français pensent que Jean-Louis Borloo a eu raison de ne pas participer au nouveau gouvernement. 28% jugent qu’il a eu tort.L’enquête a été réalisée en ligne auprès d’un échantillon de 775 personnes de plus de 18 ans représentatif de la population française (méthode des quotas).(Source AFP-16.11.2010.) 

**Fadela Amara dénonce le «poids des inerties et du sectarisme politique 

  Fadela Amara en 2009

L’ex-secrétaire d’Etat à la Ville, Fadela Amara, écartée du nouveau gouvernement, a dénoncé lundi le « poids des inerties et du sectarisme politique », assurant ne vouloir « blesser personne », en passant ses pouvoirs à son successeur Maurice Leroy.Evoquant son action au poste où elle a été nommée en juin 2007 par le président Nicolas Sarkozy, Fadela Amara a dénoncé « le poids des inerties » et du « sectarisme politique » ainsi que les « promesses non tenues ».La secrétaire d’Etat qui a par le passé qualifié le premier ministre, François Fillon, de « bourgeois de la Sarthe » entouré de conseillers qui seraient « complètement à l’ouest », a souligné qu’elle ne voulait « insulter ou blesser personne ». Sur France 2 elle a  répété qu’elle assumait l’expression « bourgeois de la Sarthe« .

« Je voulais qu’on comprenne que les couches populaires souffrent et je voulais que ce soit entendu. Je ne regrette pas. Je pense qu’à Matignon, ils étaient régulièrement autistes sur les sujets de la politique de la ville. Le Premier ministre ne tenait pas les engagements qui avaient été pris », a-t-elle justifié. Son successeur qui a rang de ministre a promis de se battre « avec la même énergie » que Fadela Amara dont il n’est « pas le clone »…(AFP-16.11.2010.)

**dernier remaniement :  Beaucoup de bruit pour rien

 Beaucoup de bruit pour rien », « tout ça pour ça »… Annoncé depuis cinq mois, le remaniement ne marque pas, à lire les premiers commentaires, de changement majeur (voir la liste du nouveau gouvernement) Le premier ministre reste en place, de même que la ministre de l’économie, Christine Lagarde, que le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, que le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux… Quelques changements sont toutefois à noter.

*********François Hollande: «Sarkozy a été débordé par ses emportements» Le député de Corrèze (PS) estime que ce remaniement est un échec pour le président de la République…Comment analysez-vous la reconduction de François Fillon?
Ce remaniement est à l’image de Nicolas Sarkozy. Il est brouillon, chaotique et sans impact positif sur la vie du pays. Avec le maintien de François Fillon, le Président s’est résigné à plusieurs niveaux. Il voulait promouvoir Jean-Louis Borloo, il l’a écarté. Il voulait garder le contrôle de l’UMP, c’est Jean-François Copé qui va le prendre. François Fillon a imposé ses vues. Et comme d’habitude, Sarkozy a été débordé par ses propres emportements. Il voulait reprendre la main, c’est François Fillon qui lui a tenu.
Ce gouvernement sonne également le glas de l’ouverture.
Oui, c’est un gouvernement de campagne, rétréci en volume. L’ouverture symbolisée par Kouchner a été balayée. Mais ce n’était qu’une illusion, un artifice, une baudruche.
Le PS doit-il tenter de séduire les centristes déçus par le gouvernement?
Le Parti socialiste doit accélérer son propre rythme de travail pour montrer qu’il peut incarner le changement en rupture avec ce gouvernement de continuité. J’ai déjà dit que je regrettais que les primaires soient aussi tardives en 2011. Mais avant d’attirer les victimes du sarkozysme, tentons de construire notre projet et notre crédibilité dans la méthode de gouvernement. En opposition à un Sarkozy chaotique.   (20Minutes-14.11.2010.)   
  ********* *Lutte contre la corruption : la France régresseAu classement des pays corrompus, la France a régressé. Selon le classement établi par Transparency International, elle a perdu encore une place. Elle a cédé six places depuis 2007. Elle se classe désormais au 25e rang avec une note de 6,8 sur 10, sur 178 pays. Soit «derrière de nombreux pays européens tels que la Suède (4e), les Pays-Bas (7e), l’Allemagne (15e) et le Royaume-Uni (20e)». Mais elle devance l’Espagne (30e), le Portugal (32e), l’Italie (69e) et la Grèce (78e). 

Parmi les plus vertueux figurent le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour.

1995 et la création de ce classement annuel, réalisé à partir de différentes enquêtes auprès d’hommes d’affaires et de spécialistes, elle n’a jamais fait mieux que la 18e place mondiale (1995, 2005 et 2006). Pour 2010, elle ne fait néanmoins pas partie des pays pour lesquels l’ONG pointe une «détérioriation» de la situation sur un an, parmi lesquels on compte notamment les Etats-Unis, la République tchèque, l’Italie et la Grèce.Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour forment le trio de tête des pays les moins corrompus, avec un indice de confiance de 9,3. La Somalie arrive en dernière position (178e), avec une note de confiance de 1,1, tandis que la Nouvelle-Zélande, le Danemark et Singapour se placent en tête du classement avec 9,3. Parmi les mauvais élèves, ex-aequo la Birmanie et l’Afghanistan (1,4), précédés par l’Irak (1,5).

Transparency International a mené des études auprès d’entreprises et d’experts afin d’y mesurer l’indice de perception de la Corruption (IPC) affectant l’administration publique et la classe politique.

«Ces résultats montrent que des efforts beaucoup plus importants doivent être accomplis pour renforcer la gouvernance dans le monde. Lorsque la survie d’un si grand nombre de personnes est en jeu, les engagements des gouvernements en faveur de la lutte contre la perception, la transparence et la redevabilité doivent se traduire par des actes concrets», souligne Transparency International.coeur- (Le Figaro-26.10.2010.)

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*Plainte contre la France pour violation des droits des Roms

Et de deux. Après la plainte contre X déposée le 7 octobre par les quatre principales associations françaises de Roms et de gens du voyage auprès du procureur de la République du TGI de Paris, huit associations françaises viennent de déposer plainte, cette fois contre la France et auprès de Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Justice.Si la première plainte est fondée sur le droit pénal français qui interdit « de mettre ou de conserver en mémoire informatisée des données à caractère personnel qui font apparaître les origines raciales ou ethniques des personnes », la deuxième a été déposée vendredi et révélée ce mardi pour « violation du droit communautaire en matière de libre circulation des personnes ».Mais toutes deux s’élèvent bien contre le traitement réservé aux Roms par les autorités françaises.Huit associations et non des moindres sont donc à l’origine de cette dernière. Elles s’appellent CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués), Fasti (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés), Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), LDH (Ligue des droits de l’homme), Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), Hors la rue et Collectif Romeurope.**Sur la base de documents de Rue89 et du Monde.frDans un communiqué commun envoyé à Rue89, elles affirment agir « sur la base d’informations extrêmement précises » et citent à l’appui les documents internes à l’OCLDI (Office central de lutte contre la délinquance itinérante) publiés le 07 octobre par LeMonde.fr et Rue89, faisant état de nombreuses mentions d’un « fichier Mens » (Minorités ethniques non-sédentarisées) et d’un recensement des interpellations de Roms. Des documents illégaux car ethniques. Ladite plainte évoque également « un article de presse du journal Rue89 du 18 octobre 2010 [qui] démontrerait que ce fichier existe bel et bien, malgré les dénégations des autorités françaises ». Rue89 s’est en effet procuré et a publié un programme informatique provenant d’une brigade de gendarmerie et contenant un fichier « Roms ».« A l’encontre des Roms, tout est permis »Autant d’éléments auxquels s’ajoutent « des dizaines de cas individuels » de violation du droit communautaire, qui font espérer aux huit associations l’ouverture par la Commission européenne d’une « enquête approfondie et impartiale » afin de mettre un terme aux dérives qu’elles dénoncent crûment :

« La réglementation européenne reconnaît aux Européens le droit de circuler librement dans l’espace de l’Union européenne, à condition de ne pas représenter une charge déraisonnable pour les pays où ils sont autorisés à des séjours d’une durée maximale de trois mois.

La France éprouve manifestement des difficultés à accepter ce droit dès lors que les déshérités, notamment Roms, s’en prévalent. A leur encontre, tout est permis : interpellations arbitraires, destructions de biens, accusations sans preuve de séjours supérieurs à trois mois, d’indigence en l’absence de toute trace de recours aux services sociaux, etc. »

« Gel » de la procédure d’infraction contre la France

Cette demande vient après l’annonce fin septembre par la Commission européenne elle-même de lancer une procédure d’infraction contre la France, déjà pour non-application d’une directive européenne de 2004 sur la libre circulations des citoyens de l’UE.

Bruxelles a cependant fait savoir le 19 octobre qu’elle renonçait à ouvrir une telle procédure contre Paris, après avoir obtenu des garanties sur la modification de son droit national et l’application de cette directive.

Mais Viviane Reding a immédiatement précisé qu’il ne s’agissait que d’un « gel » et que « quatre semaines » au moins seraient encore nécessaires pour dire définitivement s’il y a ou non des discriminations en France dans les renvois de Roms. Nul doute que les experts examineront les éléments apportés par ces huit associations. (Rue89-26.10.2010.)

**Céline retiré de  la liste des «Célébrations nationales 2011». 

sur injonction du lobby juif

Louis-Ferdinand Céline, en 1934.

Louis-Ferdinand Céline, en 1934.

Frédéric Mitterrand a fait marche arrière : le nom de Louis-Ferdinand Céline a finalement été biffé de la liste des personnalités que la France devait commémorer en 2011. L’écrivain figurait dans la mouture initiale du bottin des grands hommes de l’année, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, en juillet.

Louis-Ferdinand Céline avait fait son entrée dans la prestigieuse collection de «la Pléiade» en 1961, peu de temps après sa mort. (…)

Frédéric Vitoux, de l’Académie française, et auteur d’une biographie sur Céline, ne comprend pas cette polémique: «C’est le mot “célébrations” qui est ambigu. Il ne s’agit pas de tresser des lauriers à l’écrivain. Le cinquantenaire de sa mort est une occasion de s’intéresser à son œuvre, d’examiner à nouveau ses zones d’ombre. On ne peut tout de même pas nier que c’est l’un des plus grands écrivains français.» Frédéric Vitoux ajoute que Henri Godard, signataire de la préface, professeur émérite à la Sorbonne, est un homme scrupuleux. D’ailleurs, ce dernier pose la question dans la notice de présentation de Céline des Célébrations nationales: «Doit-on, peut-on célébrer Céline? Les objections sont trop évidentes. Il a été l’homme d’un antisémitisme virulent (…). Mais il est aussi l’auteur d’une œuvre romanesque dont il est devenu commun de dire qu’avec celle de Proust elle domine le roman français de la première moitié du XXe siècle.»

Mitterrand devait présenter en début de soirée ce vendredi ne compte plus que trois noms, dans la catégorie « littérature et sciences humaines », pour l’année 1961 (celle de la mort de Céline) :

  • Blaise Cendrars ;
  • Frantz Fanon ;
  • Michel Foucault (qui avait publié cette année-là son « Histoire de la folie à l’âge classique »).

Sur Rue89, comme dans moult lieux de débats ou plateaux de télé, nombre de commentateurs avaient déploré le retour d’une vieille polémique tellement française.

Car la réprobation contre Céline, auteur de génie ou parfait salaud, est une vieille lune. Deux petites années seulement ont beau séparer sa condamnation pour « collaboration » et « indignité nationale » (en 1950) de son arrivée chez Gallimard (en 1952), la consécration littéraire de ce monument reste régulièrement émaillée par le débat sur sa respectabilité.

« Bien sûr Céline a toute sa place parmi les gloires de la littérature »
C’est une riveraine, en cliquant sur le site des Archives nationales après le premier article consacré à la polémique, qui a alerté Rue89 de la disparition du nom de Céline. Elle avait raison.

Vendredi soir, peu avant que le ministre n’inaugure le bottin de la discorde, l’entourage de Frédéric Mitterrand expliquait en ces termes son changement de braquet, trois semaines avant de participer au dîner du Crif, le 9 février :

« Bien sûr, Céline a toute sa place parmi les gloires de la littérature, c’est pour cela qu’il est à la Pléiade, mais il n’a pas sa place parmi les célébrations nationales qui ne consacrent ni le génie ni le talent, mais les valeurs de la République, qui requièrent le consensus. »

Frédéric Mitterrand s’apprêtait à annoncer le volte-face à la presse, ce vendredi 21 janvier, sur le coup de 18 heures. Au cabinet, on confirmait avoir pris conscience seulement « tardivement, dans la semaine » de la présence de Céline dans la liste établie par le « haut comité des célébrations nationales ».

Plusieurs personnalités, à l’instar de Catherine Clément, écrivain et philosophe, qui a siégé dans ce haut comité, s’était rangées publiquement derrière Serge Klarsfeld.coeur- (source: Rue89-et Figaro. 21.01.2011.)

*réaction d’un internaute français

Blue suede shoe | 02H04 | 23/01/2011 |

(…) . « L’Antisémitismite chronique » est une maladie bien française, décidément
Cette célébration n’est pas très importante, ce qui importe c’est que les autorités cèdent à des groupes de pressions, véritable police Orwellienne, et que ces groupes soient de confession juive, catho musulmane ou témoins de jehovah n’est pas la question, sauf pour ceux qui n’ont rien d‘autre à dire.
Il y aurait donc des écrivains interdits, ou aujourd’hui bannis.
Je l’ai lu ces jours ci, de Voltaire l’esclavagiste à Céline l’antisémite, les rayons de nos bibliothèques risquent de se vider tragiquement. Remontons même plus loin; la majorité des chroniqueurs espagnols de la Conquista devraient être bannis puisque nombre d’entre eux ont considéré au moins un jour que les « indiens » n’avaient pas d’âme et n’étaient même pas des hommes.
Dire, DIRE, enfin, qu’il faut cessez de nous prendre pour des demeurés, ou des enfants incapables de juger par et pour nous mêmes, absolument dénués d’une morale propre qui nous autoriserait à juger tout seul.
Oui certains des écrits de Céline,(mais c’est aussi tout son talent) sont des volcans d’où jaillissent des flots de laves extrêmes et parfois cela est démentiel. Dans Bagatelles, ce « livre très beau et malfaisant », ce sont souvent des quasi hallucinations, une transe de plus en plus violente et clairement des atrocités, une haine du juif délirante, pahtologique et tragique. insupportable aussi, même si chez cet auteur, absolument tout et chacun est passé par les armes, mitraillé. Personne n’obtient grâce.
@ ELCHEKATZO : Je disais juste que cette sortie de Mr Klarsfeld, tout honroable qu’il soit par ailleurs, est une connerie, qu’il n’a visiblement jamais lu véritablement Céline pour dire les conneries qu’il a dit, et enfin je me fous que Mr Serge Klarsfeld soit juif, La bêtise, n’a pas de religion. Me répondre que je suis un antisémite qui s’ignore est une autre connerie, c’est insultant, et vous vous trompez mais qu’importe. Cela n’a absolument rien à voir avec ce dont je cause dans le poste réellement, mais visiblement il n’y a toujours pas pire aveugles que ceux qui refusent de voir, aveuglés qu’ils sont par le mantra Hypnotique :
Céline antisémite Céline antisémite, Céline antisémite Céline antisémite…

Enfin pour terminer, qui étaient ceux qui brûlaient les livres en raison des idées qu’ils contenaient, il ya 77 ans environ?

PS: Pour ceux qui aiment la Littérature, voici un site excellemment documenté
http://louisferdinandceline.free.fr/

| 10H00 | 22/01/2011 |

« Année de sortie : 1999 |
Paroles Céline (je t’ai mis ça aufray)
——————————————————-
Dis-moi, Céline, les années ont passé
Pourquoi n’as-tu jamais pensé à te marier ?
De tout’s mes soeurs qui vivaient ici
Tu es la seule sans mari

Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux

Dis-moi, Céline, toi qui es notre aînée
Toi qui fus notre mèr’, toi qui l’as remplacée
N’as-tu vécu pour nous autrefois
Que sans jamais penser à toi ?

Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux

Dis-moi, Céline, qu’est il donc devenu
Ce gentil fiancé qu’on n’a jamais revu ?
Est-c’ pour ne pas nous abandonner
Que tu l’as laissé s’en aller ?

Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux

Mais non, Céline, ta vie n’est pas perdue
Nous sommes les enfants que tu n’as jamais eus
Il y a longtemps que je le savais
Et je ne l’oublierai jamais

Ne pleure pas, non, ne pleure pas
Tu as toujours les yeux d’autrefois
Ne pleure pas, non, ne pleure pas
Nous resterons toujours près de toi
Nous resterons toujours près de toi »

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*Dégradation de l’emploi en France en septembre 2009

Une agence de Pôle emploi au Mans en 2009.
Une agence de Pôle emploi au Mans en 2009. 

INFOGRAPHIE – Le nombre de demandeurs d’emploi dans les catégories A, B et C a augmenté de 28.300 en un mois en métropole pour s’établir à 3,992 millions. Un record depuis juin 1999.

coeur- Quatre millions ou presque. En hausse de 28 300 en septembre (+ 0,7 %), le nombre de chômeurs dans les catégories A, B et C les trois principales revient à un niveau jamais vu depuis plus de onze ans. Mois après mois, sans exception, il n’a cessé de monter depuis mi-2008, et a augmenté de quasiment un million depuis cette date. Encore ces chiffres, publiés mardi soir par la Dares (ministères du Travail et de l’Économie) et Pôle emploi, ne concernent-ils que la métropole ; il faut y ajouter environ 250 000 chômeurs dans les Dom.

Pour la seule catégorie A (demandeurs d’emploi n’ayant exercé aucune activité au cours du mois), la tendance est moins exécrable : avec 4 600 chômeurs supplémentaires (+ 0,2 %), septembre est le deuxième mois d’affilée de hausse, après deux mois de baisse en juin et juillet. Ce qui permet à Christine Lagarde, la ministre de l’Économie et de l’Emploi, de répéter mot pour mot son commentaire du mois précédent : cette hausse limitée «n’interrompt pas la tendance à la stabilisation du marché du travail».

Ces indicateurs apportent en tout cas deux confirmations. D’abord, les effets de la crise sont loin d’être terminés en matière d’emploi. Ensuite, l’écart va croissant entre le nombre de chômeurs de catégorie A, dont la progression n’est plus aussi spectaculaire que fin 2008, et le nombre de chômeurs en catégories B et C (ayant exercé une activité réduite). Cela signifie que les créations d’emplois qui, malgré tout, existent, concernent surtout les «petits boulots», CDD courts et autres emplois intérimaires. Des données cohérentes avec celles d’autres sources comme les Urssaf. À Bercy, on rappelle que c’est classiquement par ce type d’emplois que s’amorce toute reprise du marché du travail.

**Des salaires  inférieurs de 10% pour les immigrés

Le taux de chômage des immigrés (10%) est également légèrement supérieur à celui de la population majoritaire. (Illustration)
Le taux de chômage des immigrés (10%) est également légèrement supérieur à celui de la population majoritaire.

Une étude publiée conjointement par l’Insee et l’Ined apporte des précisions sur l’insertion économique des immigrés et des enfants d’immigrés.

coeur- L’Insee et l’Ined viennent de livrer une étude d’une ampleur inédite sur le parcours des immigrés en France. Réalisée entre septembre 2008 et février 2009 sur un échantillon de 21.000 personnes, elle permet, entre autres, de cerner dans quelle mesure les immigrés et leurs descendants s’intègrent au marché du travail. Premier constat : le taux de chômage des immigrés (10%) est légèrement supérieur à celui de la population majoritaire (8% pour les hommes, 10% pour les femmes). Mais ce chiffre cache de fortes disparités. Car si les immigrés en provenance d’Espagne et du Portugal ont des taux de chômage très faible (respectivement 3% et 4%), cet indicateur bondit pour les travailleurs issus d’Algérie (15%) ou d’Afrique Subsaharienne (15%). Pire, le taux de chômage des descendants d’immigrés est encore moins favorable : il s’établit à 21% pour les descendants de personnes issues d’Afrique subsaharienne, à 19% pour la Turquie, et à 17% pour l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

*Surdiplômés par rapport à leur pays d’origine

Ces mauvais chiffres sont-ils dus en partie à une discrimination dont feraient l’objet les immigrés ? Les chercheurs de l’Ined et de l’Insee ont tenté de circonscrire cette inégalité face à l’emploi en interrogeant les personnes de leur échantillon : ont-elles le sentiment qu’un emploi leur a été injustement refusé ? En moyenne, 7% des hommes et 9% des femmes répondent favorablement. Mais là encore, ce taux croît fortement chez les immigrés algériens (24%), d’Afrique subsaharienne (22%), du Maroc ou de Tunisie (19%).

Ceux précisément, dont le niveau de rémunération apparaît le plus en deçà de la moyenne métropolitaine. Si le salaire des immigrés est globalement inférieur de 10% à celui de la population majoritaire, celui des immigrés d’Afrique subsaharienne l’est d’une ampleur atteignant 15%, ceux en provenance d’Algérie de 13%, ceux de Turquie de 18%…

Parmi les déterminants probables de ce taux de chômage élevé et de cette différence salariale figure cependant le plus faible niveau d’étude des immigrés. L’Ined et l’Insee notent que la proportion de personnes sans diplôme ou faiblement diplômées (CEP ou BEPC) est de 17% dans la population majoritaire, mais de 39% en moyenne chez les immigrés. Pourtant, les immigrés sont globalement surdiplômés par rapport à leur pays d’origine : ce sont les plus instruits qui semblent les plus enclins à oser l’exil. (Le Figaro-22.10.2010.) 

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*« Sarkozy s’est désigné cible du mouvement social »

Pour Michel Winock, prof à Sciences-Po, la contestation actuelle vise l’hyperprésident et son manque de perspective pour la France.

Prof émérite à Sciences-Po, cofondateur de la revue L’Histoire, Michel Winock se penche depuis une quarantaine d’années sur les comportements des Français et sur leurs institutions. Le site Agents d’entretiens a recueilli son analyse du mouvement social, qui tourne autour de notre hyperprésident.Agents d’entretiens : Quelle est, selon vous, l’explication sous-jacente à ce mouvement social ? Michel Winock : Je crois que le chef de l’Etat est aujourd’hui profondément contesté pour toutes sortes de raisons. Qu’il s’agisse de sa personnalité, de son style, de ses discours, de ses décisions sur le terrain de la sécurité, du hiatus entre le discours et la réalité sur cette question, etc, il y a une usure évidente de la présidence. On peut se demander à ce moment-là si ce ne sont pas les institutions qui sont en défaut, s’il ne faut pas rééquilibrer le système politique français.Nous nous trouvons encore une fois devant une question historique. Depuis la Révolution, la France a échoué à établir une système d’équilibre entre les pouvoirs. Nous avons eu en alternance tantôt un pouvoir exécutif fort et un pouvoir législatif faible, ou vice versa. En France, nous n’avons pas réussi sur le plan constitutionnel, c’est un des échecs de la Révolution.Nous en payons encore le prix, notamment dans cette cinquième République où le déséquilibre s’est renforcé cette fois au profit de l’exécutif, et plus particulièrement avec Sarkozy qui n’a pas eu la prudence de la distanciation nécessaire entre la législation et lui-même, le Premier ministre paraissant totalement tributaire du chef de l’Etat. On a appelé ça « l’hyperprésidence ».Par conséquent, le mouvement social va concentrer toutes ses forces sur une cible qui s’est autodésignée. On verrait, dans un régime plus équilibré, les responsabilités réparties qui permettraient aux contestataires de discuter avec un ministre spécialisé, mais il n’existe pas. On connaît certes un peu leurs noms, monsieur Woerth, oui, mais quelle est leur marge de manœuvre ?Dès le début de son mandat, nombreux étaient ceux qui pointaient le risque que cette hyperprésidence se retourne contre celui qui, seul, l’incarnait…
Vous abordez là un problème psychologique, facilité par nos institution. Nous avons affaire à un homme qui a certainement toutes sortes de qualités mais qui a un défaut évident, qu’il arrive difficilement à corriger. Je cherche le mot exact : orgueil, vanité, démesure, mégalomanie… En tout cas, cette tentation qu’il a de se mettre en avant, ce qui est normal pour un président de la République, mais d’être omniprésent sur tous les fronts, non !Il y a un mot du cardinal de Retz, qu’il ne faudrait jamais oublier, ni en politique, ni ailleurs. Ce personnage haut en couleur, écrivain, héros de la Fronde au milieu du XVIIe siècle, notait avec acuité qu’il faut différencier « le frivole et la substance ». Sans aller jusqu’au frivole, j’ai le sentiment que notre Président s’occupe de tout, de la substance, bien sûr, mais aussi de l’accessoire. C’est un trait de caractère. Peut-être croit-il être le seul à pouvoir régler tous les problèmes ?Nicolas Sarkozy bouleverse-t-il les codes de la droite française, telle que l’avait par exemple analysée votre confrère René Rémond ? René Rémond avait distingué trois droites. Une droite contre-révolutionnaire qu’il appelait légitimiste, une droite modérée libérale, dite orléaniste, et la droite bonapartiste. Il faudrait, je crois, y ajouter la droite populiste ou national-populiste qui correspondrait à celle de Le Pen ou de sa fille : le Front national, à l’exception de son aile traditionaliste, se situant à mon sens loin des légitimistes.Très franchement, je ne vois Nicolas Sarkozy dans aucune de ces filiations, ou alors dans toutes. Mon collègue et ami Alain-Gérard Slama a eu récemment ce mot sur France Culture : « Des trois droites de René Rémond, Sarkozy a su prendre tous les défauts. »Du côté du légitimisme, ce sont notamment ses imprudences en matière de laïcité. Son dernier voyage à Rome est assez étonnant dans notre tradition laïque, c’est une rupture par rapport à ses prédécesseurs, y compris le général de Gaulle qui était pourtant très catholique. Aux Orléanistes, il a emprunté le côté « gouvernement des riches ». Enfin, il a pris l’autoritarisme à la droite bonapartiste.Cela reste une boutade, mais je ne vois pas chez lui une véritable tradition. Il est très largement opportuniste. Regardez la manière dont il a fait l’ouverture : tantôt il est de gauche, tantôt de droite dans ses réformes -ce qui le rapproche du bonapartisme, mais on ne sent pas une ligne générale. C’est ce qui me préoccupe le plus. On pouvait certes aussi dire la même chose de Jacques Chirac, mais aujourd’hui, je ne vois pas de projet de société, de ligne de conduite.

Fut un temps où des hommes d’Etat savaient donner des directions. Prenez le discours de Chaban-Delmas sur la nouvelle société. C’est un grand discours qui a été prononcé en 1969 après l’arrivée de Pompidou au pouvoir. Chaban-Delmas, Premier ministre, avait fait avec Jacques Delors et Simon Nora un discours magnifique qui appelait les Français à fonder la nouvelle société. Il donnait une perspective.

Ne parlons pas de de Gaulle qui a voulu remettre la France au premier rang. Pompidou parlait de « l’impératif industriel », Giscard de « la modernisation nécessaire », etc.

Tous nos chefs d’Etat en général et nos premiers ministres ont tenté de donner une perspective aux Français. Avec Sarkozy, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu’il veut. On dirait qu’il est dans l’immédiat, ou à tout le moins dans le court terme. On ne sait pas où il veut entraîner les Français.

Il aurait pu faire de l’Europe, par exemple, un vrai cheval de bataille. C’est une grande cause. Quand il a pris la tête de l’Union, on a vu qu’il était capable d’agir dans ce sens. Ensuite, terminé, il est passé à autre chose. Le problème, c’est qu’il passe toujours à autre chose. On ne le voit pas saisir cet ensemble dans une perspective historique. C’est pour ça, je pense, que les Français ressentent un malaise profond : ils ne savent pas du tout où on les mène, ni où ils se mènent eux-mêmes.

Comment expliquez-vous le malaise, la mal-être français, en général ?

Des sondages européens montrent régulièrement que les Français forment le peuple le plus pessimiste d’Europe. Une tentative d’explication que j’ai donnée, une parmi d’autres bien sûr, est historique. Selon moi, les Français sont plus ou moins conscients que nous ne sommes plus au premier rang.

Jusqu’en 1940, la France a été une des grandes nations qui comptaient dans le monde. En toile de fond, la France, c’était Versailles, la Révolution, Napoléon et sa conquête de l’Europe, Clémenceau, la victoire, certes difficile, de 14-18. Et brutalement, en 1940, c’est le choc, la rupture dans la confiance en soi. La plus grande armée du monde, ainsi qu’on le disait, se fait battre en quelques semaines. C’était imprévisible.

Michel Winock (Agents d'entretiens)Succède à cette débâcle l’épouvantable régime de Vichy, servile vis-à-vis de l’occupant. C’est la honte. Les Français vont retrouver la confiance par intermittence, notamment avec de Gaulle qui la rétablit parce que cet homme-là était un homme supérieur, un grand patriote qui redonnait de l’espoir aux Français, qui prenait des décisions intrépides sur le plan international, qui a doté la France de l’arme nucléaire. Le tout en pleine croissance économique.

Mais lorsque survient la crise des années 70, la fin des Trente Glorieuses, le retour du chômage, la désindustrialisation, ces Français qui assistent à la fin de la grande sidérurgie, aux délocalisations, voient leur pays s’affaiblir.

Notre cas est très différent de celui d’autres pays qui ont toujours vécu avec plus de modestie, peut-être avec plus de bons sens. Je pense notamment aux Etats du Nord. Il y a belle lurette que les Danois n’ont plus rêvé de grandeur, pour reprendre un mot gaullien. Ce pessimisme français n’est donc pas conjoncturel, il est le fruit d’une histoire.

Michel Winock, « Parlez-moi de la France » - Histoires, Idées, Passions, 2010, 347 pages

Photos : des policiers près de la raffinerie de Grandpuits, au sud-est de Paris, le 22 octobre 2010 (Benoit Tessier/Reuters) ; Michel Winock (Agents d’entretiens)Rue89 En partenariat avec Agents d’entretiens–25.10.2010.

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*L’image de la France s’est dégradée à l’étranger, selon 71% des Françai

Nicolas Sarkozy gesticule lors de la photo officielle effectuée avec les autres chefs d'Etats de l'UE en marge du sommet européen à Bruxelles, le 16 septembre 2010.Nicolas Sarkozy gesticule lors de la photo officielle effectuée avec les autres chefs d’Etats de l’UE en marge du sommet européen à Bruxelles, le 16 septembre 2010.

SONDAGE – Seuls 2% estiment qu’elle s’est améliorée…

Pas fiers. 71% des Français jugent que l’image de leur pays à l’étranger s’est dégradée au cours des dernières semaines, seuls 2% estimant le contraire, selon un sondage Ifop à paraître dans Sud Ouest Dimanche. Les personnes interrogées devaient répondre à la question suivante: «Au cours des dernières semaines, diriez-vous que l’image de la France à l’étranger s’est améliorée, s’est dégradée ou n’a pas changé?»

Si 27% jugent que l’image de leur pays «n’a pas changé», seuls 2% des répondants estiment que la représentation de la France à l’extérieur s’est améliorée, note l’Ifop. Le sentiment général de dégradation «se vérifie pleinement auprès de l’ensemble des catégories de population interrogées», analyse l’institut, qui souligne qu’il est toutefois «sensiblement plus intense auprès des sympathisants de gauche (78%) que parmi ceux de la droite (61%)».

«Les ouvriers apparaissent plus nuancés dans leurs réponses (67% perçoivent une dégradation) alors que la plupart des cadres (85%) et des professions intermédiaires (77%) estiment que l’image de la France s’est dégradée». Pour l’Ifop, ce résultat «s’inscrit à la suite des évènements qui ont émaillé l’été et la rentrée», comme les déboires de l’équipe de France de football pendant la Coupe du monde ou les épisodes sécuritaires et sociaux de l’été.

Plus récemment, la politique de démantèlement des camps de Roms sur le territoire français «a, sans doute, contribué à accentuer le sentiment de dégradation de l’image du pays», poursuit l’Ifop. Globalement, l’institut de sondage estime que la mise en cause de la politique socio-économique du gouvernement, notamment la réforme des retraites, «pourraient participer également, aux yeux des Français, d’une dégradation» de l’image d’un pays perçu comme «contestataire et difficile à réformer».(20Minutes. avec AFP-18.09.2010.)

«Sarkozy et Berlusconi contre le reste du monde!»

Jean-Claude Kiefer, dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, qualifie le Conseil européen de «foire d’empoigne», parlant de «prise de tête entre Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso», le président de la Commission européenne. «La circulaire ministérielle du cabinet Hortefeux désignant nommément la minorité ethnique des Roms a fait plus qu’empoisonner ce Conseil européen», poursuit-il. «Elle a isolé la France» dont le «crédit politique souffre désormais de sérieuses entames… à cause de réactions précipitées et électoralistes.»

Pour François Martin, du Midi Libre, le sommet européen a dégénéré en «crise majeure» plaçant la France «au centre d’une polémique internationale».  Selon Bruno Dive de Sud-Ouest, Nicolas Sarkozy en ressort ainsi «secoué et isolé». «Que seul Berlusconi ait volé à son secours en dit long sur sa situation et sur la qualité de ses alliés», ajoute-t-il. «Sarkozy et Berlusconi contre le reste du monde! A la fin, toujours, les grands esprits se rencontrent», ironise encore Gilles Debernardi dans le Dauphiné Libéré.

«Ras-le-bol contre le style Sarkozy»

Patrick Fluckiger, de l’Alsace, juge pour sa part que les tensions survenues jeudi à Bruxelles sont le signe d’un «ras-le-bol contre le style Sarkozy». «Les rodomontades du président français, les libertés prises avec le droit européen dans la fameuse circulaire du 5 août, qui visait explicitement les Roms, ne passent plus», explique-t-il.

Avec un peu plus de mesure, Pierre Rousselin estime enfin dans les colonnes du Figaro qu’il est «regrettable qu’une controverse suscitée par l’application de la loi dans un pays membre ait monopolisé tant d’énergies alors que la place de l’Europe dans le monde est menacée». L’éditorialiste enfonce le clou en assurant que «la polémique entre la Commission européenne et la France n’empêchera pas la poursuite des démantèlements de camps illégaux de Roms».(20Minutes avec AFP -17.09.2010.)

**Henri Emmanuelli :
«Le pouvoir est allé trop loin»

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INTERVIEW – Pour le député des Landes, il existe aujourd’hui «une profonde immaturité ou un violent cynisme» au sommet de l’Etat.

coeur- *Lefigaro.fr – Selon une enquête Ifop pour Sud-Ouest, 71% des sondés estiment que l’image de la France s’est dégradée ces dernières semaines. Que cela vous inspire-t-il ?

Henri Emmanuelli : Quand on lit la presse étrangère, on constate en effet que c’est assez terrible. Notre président a percuté une chose qui était essentielle pour la France : les droits de l’homme. Le problème est que Nicolas Sarkozy n’a qu’une obsession : sa base électorale du premier tour. Mais avec cet acharnement à vouloir reconquérir l’électorat d’extrême-droite, il est en train de dégrader très fortement l’image de notre pays. C’est un calcul qui est très dangereux. J’ai aujourd’hui le sentiment d’une profonde immaturité ou d’un violent cynisme au sommet de l’Etat.

*Le Parti socialiste est-il en mesure, à l’heure actuelle, de proposer une alternative ?

Je le crois. Le PS ne va pas pouvoir éviter d’incarner l’alternative pour une raison : il y a une demande de changement, non seulement au sein du PS mais aussi à l’extérieur du parti. Les gens, y compris certains qui ne nous aiment pas beaucoup, comptent sur nous, parce que le pouvoir actuel est allé trop loin.

*Qui, au PS, vous semble le plus légitime pour porter ce projet ?

Les instituts de sondages nous répètent que Dominique Strauss-Kahn est le plus populaire. Ce n’est pas correct : chacun sait que si les sondages parviennent à cette conclusion, c’est parce qu’ils mélangent les électeurs de gauche et ceux de droite. Mais ce n’est pas parce que les électeurs de droite disent qu’ils préfèrent Dominique Strauss-Kahn, qu’ils voteront pour lui dans deux ans. On nous a fait la même chose avec Ségolène Royal en 2007. La vérité, c’est qu’à gauche, Martine Aubry est la plus populaire.

*Au moment où vous réunissez l’aile gauche du PS, Ségolène Royal tient sa 3e Fête de la Fraternité. Le PS est-il aussi uni qu’il veut le faire croire ?

Ségolène n’est pas quelqu’un qui renonce. Elle va donc tout faire pour essayer de retrouver une notoriété au sein du parti, et pour sauver ses chances d’être candidate. Pour ma part, je ne pense pas qu’elle y parviendra. Mais personne ne peut lui reprocher d’essayer. Je crois en tout cas qu’elle a compris quelque chose d’essentiel, c’est qu’elle n’a pas d’avenir en dehors du PS.

*Quelle stratégie le PS doit-il avoir avec les autres forces de gauche ?

Si elle n’est pas rassemblée, la gauche ne pourra pas gagner. Il faut donc créer les conditions du rassemblement. C’est pour cela que nous avons invité ce week-end Olivier Besancenot (NPA), Jean-Vincent Placé (Verts) et Pierre Laurent (PCF). On ne peut pas être d’accord sur tout, mais on doit discuter sur des objectifs prioritaires : l’emploi, la réindustrialisation, l’éducation, la sauvegarde des systèmes de protection sociale…

*Peut-être vexé que vous ne l’ayez pas invité, Jean-Luc Mélenchon a affirmé cette semaine vouloir «battre les socialistes» en 2012 parce qu’ils «ne savent pas ce qu’il faut faire». Cela n’illustre-t-il pas combien le rassemblement de la gauche sera difficile ?

Quand il a quitté le Parti socialiste, Mélenchon ne nous a même pas dit au revoir, et aujourd’hui, il s’étonne qu’on ne l’ait pas invité. Cela me semble un peu paradoxal. Il est persuadé d’avoir une recette magique. Moi, je ne suis pas sûr que la France soit dans l’attente d’une solution miracle.

*Jeudi prochain aura lieu une nouvelle journée d’action contre la réforme des retraites. Croyez-vous que le gouvernement puisse encore reculer ?

Tout dépend de l’ampleur de la mobilisation. Si elle est très forte le 23 et qu’ensuite elle ne s’arrête pas, il faudra bien que Nicolas Sarkozy sorte de l’Elysée et qu’il se préoccupe un peu des Français. Tout le monde est d’accord pour dire qu’une réforme des retraites est nécessaire, que la démographie évolue… Mais ce qui est inadmissible dans cette réforme, c’est qu’elle est faite pour faire payer les pauvres. Le financement repose à 92% sur les salariés, et à 8% sur le capital. N’est-ce pas profondément injuste ? (Le Figaro-19.09.2010.)

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 *L’argent des élus…

De la difficulté de savoir combien « nos chers élus »  dépensent…

 Si le discours est à l’austérité et l’ambiance à la réduction des budgets, il est peu de dire que nos ministres appliquent avec bonheur le célèbre principe : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. » Malgré la crise donc, les membres de l’exécutif ont quelque mal à renoncer aux facilités que leur offre la République. Des dépenses qu’il est cependant difficile de connaître, comme s’il était aujourd’hui encore indécent de demander des comptes sur l’utilisation de l’argent public.Les journalistes s’y cassent les dents. Mais les élus ont eux les moyens de demander des précisions. Et sur le millier de parlementaires français, il en est un qui a décidé d’utiliser le pouvoir qui lui donne sa fonction : René Dosière. Le député (apparenté socialiste) de l’Aisne s’est fait depuis maintenant quelques années le spécialiste des questions qui fâchent l’exécutif.*Les deux appartements uniques d’EstrosiUn exécutif qui est dans l’obligation de fournir des réponses à « l’honorable » parlementaire. Même si ces réponses sont parfois longues à venir (de quelques semaines à quelques… années ! ) et parfois volontairement imprécises ou incomplètes. Voire inexactes.Prenez par exemple la question posée fin mai sur les logements de fonction occupés par les ministres et secrétaires d’Etat. La réponse semble exhaustive et pourtant Christian Estrosi n’y apparaît qu’une fois pour son appartement rue de Lille, alors que lui-même reconnaissait bénéficier de deux logements de fonction, l’un où il habite, rue de Lille, l’autre, à Bercy, qu’il « utilise quand il finit tard ses journées de travail ». Paris est une si grande ville…Des réponses à prendre avec recul donc, mais qui donnent néanmoins une idée assez juste du volume et de l’utilisation des subsides publics par ceux qui en ont la charge.*Matignon paye les travaux de SarkozyOn y apprend par exemple que Nicolas Sarkozy, non content d’annexer pour lui-même la résidence de la Lanterne (une annexe du château de Versailles avec dorures, toiles de maîtres et parc arboré mais aussi avec piscine et tennis), dévolue jusqu’en 2007 au Premier ministre, y a fait faire de coûteux « aménagements ».Des travaux qui n’ont cependant pas trop entamé le budget de l’Elysée (110 millions d’euros) puisque ils ont été essentiellement pris en charge, à la demande du Président, par Matignon, pour la modeste somme de 390 000 euros sur trois ans.Une somme qui, contrairement aux travaux effectués à l’Elysée, ne peut avoir pour but « d’améliorer les conditions de travail » du personnel, puisqu’il ne s’agit que d’une résidence secondaire.*80 000 euros d’avion privé pour le ministère de la CultureOn y apprend aussi que notre Président n’est pas le seul à avoir le goût du voyage. Prenez par exemple le ministère de la Culture, dont certains mauvais esprits narguent le côté trop parisien. Il a, au contraire, dépensé sans compter pour diffuser le savoir en province comme à l’étranger.En 2009, selon les chiffres officiels qu’il vient de fournir, les « frais de déplacement aériens en métropole, outre-mer ou à l’étranger du cabinet du ministre de la culture et de la communication » se sont élevés à 403 000 euros « TTC ».Une somme qui englobe les déplacements en avion de ligne et ceux effectués avec les avions de l’ex-Glam (devenu Etec, dépendant de l’armée de l’Air). Une flotte qui ne semble pourtant pas suffisante aux besoins de la Culture qui avoue près de 80 000 euros de déplacements en « avion privé ». Rigueur ? Vous avez dit rigueur ? (Rue89-22.10.2010.) 

**Banques : où sont passés les milliards de l’Etat ?

Les bonus de BNP Paribas relancent la polémique. Mais derrière les annonces, combien l’Etat a-t-il vraiment déboursé ? Les banques ont-elles respecté les contreparties prévues ? Et l’Etat sera-t-il au final gagnant, comme le promettait Nicolas Sarkozy ?

Combien l’Etat a-t-il vraiment déboursé ? Près de 118 milliards d’euros, sur les 360 milliards prévus par le plan présenté en octobre. Ce total regroupe les prêts accordés aux banques pour garantir leurs crédits, et les fonds propres apportés pour les renflouer.Les prêts : 75 milliards d’euros. L’Etat emprunte sur les marchés financiers, et prête ensuite l’argent aux banques.Les fonds propres : 14,75 milliards d’euros. Ils ont été apportés en deux temps. En octobre, l’Etat a distribué 10,5 milliards via des « titres super-subordonnés ». Des obligations dont le détenteur est remboursé en dernier, après tous les autres créanciers.L’Etat a ensuite proposé d’entrer au capital des banques. En se contentant d’actions « de préférence » : il touchera des dividendes, mais n’aura pas de droit de vote. Les banques ont jusqu’au 31 août pour accepter. Pour l’instant, seules la Société Générale et BNP Paribas l’ont fait.Le cas de Dexia : une aide spécifique est prévue pour la banque franco-belgo-luxembourgeoise. L’Etat lui a déjà apporté 28 milliards d’euros.Selon un rapport de la Cour des comptes, à la fin de l’année, l’Etat aura déboursé 173 milliards d’euros pour les banques. Soit, tout de même, 9,1% du PIB. Mais on reste loin des 360 milliards annoncés, un « montant considérable qui a frappé les esprits et qui visait, par son ampleur même, à rassurer », selon la Cour.*Les banques ont-elles rempli leurs engagements ? En apparence, oui, mais la réalité est plus compliquée. Les banques devaient accorder davantage de crédits, pour relancer l’économie. Et assainir le système financier, notamment en encadrant les bonus des traders.Les crédits : le montant des prêts a augmenté de 3,5% sur un an, selon la Banque de France. L’objectif se situait entre 3% et 4%. La Fédération bancaire française (FBF) se félicite donc d’avoir respecté cet engagement.Les chiffres de la Banque de France ne sont pas aussi encourageants que la FBF l’assure. Les prêts aux particuliers affichaient une hausse 4,4% en juin par rapport au même mois de l’année dernière, mais la hausse était de 5% en mai. Ralentissement plus net pour les prêts aux entreprises : +4,2% en mai, +2,4% en juin.La Cour des comptes avertissait dès juin que « les objectifs (…) pourraient ne pas être tenus à la fin de l’année ». Vendredi, après une réunion avec les banquiers, le gouvernement leur a demandé « d’accentuer l’assouplissement des conditions de crédit ». Et même si la conjoncture s’est dégradée, la baisse des taux directeurs leur a permis d’augmenter leurs marges.Les rémunérations : les banques françaises se targuent de respecter les règles fixées par le G20 au printemps. Mieux, elles avaient adopté leur propre charte dès février.Le partage entre salaires fixe et variable serait rééquilibré, et les bonus seraient liés aux performances à long terme des traders. Il faudra attendre les fiches de paye de l’an prochain pour savoir si les banques ont tenu promesse.Mais rien n’oblige à plafonner le montant des bonus. BNP Paribas a suscité une violente polémique en prévoyant de les augmenter cette année, comme l’a révélé Libération. Ses résultats s’étant améliorés, la banque a peut-être raison, comme l’affirmait une tribune très controversée sur Eco89.Moralement, c’est plus difficile à défendre. Christine Lagarde demande « la plus grande vigilance » à la Banque de France, chargée du dossier, mais elle ne peut pas faire plus. A moins de légiférer. Comme le note la Cour des comptes, les règles restent floues et leur interprétation varie d’une banque à l’autre.*L’Etat va-t-il récupérer ses milliards ? Oui, et même beaucoup plus, assurait Nicolas Sarkozy en janvier. L’opération « n’a pas coûté un centime d’euro » aux Français et, mieux, « à la fin de l’année 2009, l’argent que nous avons prêté aux banques (…) rapportera au budget de l’Etat 1,4
milliard d’euros ». Le problème, c’est que le calcul du gain réel pour l’Etat est encore impossible.
Les prêts : ils ont déjà rapporté 1,16 milliard d’euros à l’Etat, affirmait Christine Lagarde fin juillet devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Les banques avaient en effet accepté un système de paiement par avance des intérêts.L’opération oblige tout de même l’Etat à s’endetter sur les marchés financiers, en empruntant à des taux compris entre 2% et 3,5%. Mais les banques lui reversent des intérêts de 4%. Selon la Cour des comptes :

« D’un point de vue budgétaire, le refinancement des banques (par ces prêts) ne coûte donc directement rien à l’Etat et procure même des recettes. »

Selon ses prévisions, ce volet du plan d’aide aux banques aura rapporté au total 1,28 milliard fin 2009.

Les fonds propres : le gain est plus difficile à estimer. Selon la Cour des comptes, l’Etat touchera à la fin de l’année 730 millions d’euros d’intérêts sur les « titres super-subordonnés ». Mais il faudra en déduire le manque-à-gagner subi par le fisc, ces intérêts étant déductibles de l’impôt sur les sociétés. Dans l’hypothèse très optimiste où ces titres seraient tous remboursés fin 2009, le gain final serait de 1,81 milliard d’euros.

Et combien rapporteront les actions ? Encore plus difficile à évaluer. L’Etat détient 15,19% de BNP Paribas, 7,2% de la Société Générale et 5,7% de Dexia. Avec les deux premières, qui viennent d’annoncer de bons résultats, l’Etat semble avoir fait une bonne affaire.

Rien ne dit que leurs cours ne repartiront pas à la baisse. Rien ne garantit, non plus, qu’elles décideront de verser des dividendes à leurs actionnaires cette année. Et l’Etat n’aura pas son mot à dire : ses actions « de préférence » ne lui donnent aucun pouvoir. BNP Paribas se dit en tout cas déjà prête à rembourser dès l’an prochain. (Eco89-10.08.2009.)

Photo : le siège de la Société générale à La Défense 

**Pourquoi les banques sont aidées alors qu’elles font des bénéfices ?

Comme deuxième mesure principale de « sauvetage » des banques françaises, l’Etat a mis à leur disposition un fonds, d’un montant total de 21 milliards d’euros, dans lequel elles pourront puiser en cas de problème -sachant cependant qu’il s’agira d’un prêt, remboursable et rémunéré à 8%, et non d’une subvention classique qui s’apparenterait davantage à un don : il les met ainsi à l’abri d’une crise de liquidité (mais pas de solvabilité).La Banque de France n’a pas l’autorité -elle est une filiale de la BCE- ni les moyens nécessaires pour accorder elle-même ce prêt : elle ne peut pas, contrairement à l’Etat, emprunter de l’argent. Son gouverneur, Christian Noyer, faisait pourtant remarquer que les banques n’en avaient « pas vraiment » besoin, « à part la banque franco-belge Dexia ».Il a raison, et a priori la plupart des banques ne devraient pas s’en servir. Mais le but plus large est également de sauvegarder non seulement le secteur bancaire, qui pris tout seul est déjà important pour l’économie française, mais tout le système économique, en rassurant les déposants et l’ensemble des usagers sur la solidité du système bancaire.Et ainsi d’éviter une crise de panique car en ce moment, Dexia ou pas Dexia, les banques sont si liées que tous les prêts interbancaires sont au point mort (ou extrêmement chers). Cette ligne de crédit permet donc d’assurer qu’une banque en difficulté passagère trouvera quelqu’un pour la soutenir.Notons cependant que ce prêt n’est pas sans risque, et qu’il est impossible à l’heure actuelle de savoir si les 8% d’intérêts sont une « bonne affaire ». Soit les banques tiennent, ne touchent pas au fonds et ne payent donc pas d’intérêts, soit elles tirent sur le prêt -mais cela signifie qu’elles sont en grande difficulté (temporaire ou non) et rien ne dit qu’alors 8% soit une rémunération adéquate pour le risque pris en leur prêtant.Cette aide a beaucoup choqué, venant avec l’annonce de bénéfices certes amoindris, mais réels. Tout d’abord, si ces bénéfices sont prudemment gardés dans l’entreprise en vue de coups durs, il n’y a aucune incohérence avec une aide sous forme de prêt. La question est probablement différente, notamment d’un point de vue politique, si les banques se privent de trésorerie pour payer des dividendes à leurs actionnaires (ou des bonus à leurs dirigeants).Ensuite, ces bénéfices sont largement dûs à un bon premier semestre 2008 (avant la panique généralisée, non directement liée à la crise des subprimes qui avait relativement épargné les banques françaises). De nombreuses banques ont subi des pertes au deuxième semestre, notamment parce que les bénéfices (ou ici les pertes) prennent en compte les pertes futures probables.Il est cependant inexact de dire qu’ils sont liés aux normes comptables internationales IFRS : au contraire, celles-ci obligent les banques à passer des dépréciations (provisions pour pertes de valeur attendues) massives sur des actifs qui s’échangent difficilement sur les marchés, alors même que la « vraie » valeur de ces actifs est probablement supérieure à leur prix actuel, et les commissaires aux comptes, échaudés par plusieurs scandales récents, sont là pour vérifier que ces obligations sont bel et bien respectées. (Eco89-30.01.2009.) 

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*France:manifestations contre la xénophobie d’Etat

*Journée de mobilisation en France et en Europe contre la politique sécuritaire du gouvernement français. 

Isabelle Ibraimkulov, 33 ans, éducatrice de jeunes enfants. «C’est surtout l’idée qu’on puisse retirer sa nationalité à quelqu’un qui me révolte. C’est contraire à tout ce que j’ai appris à l’école et auquel je croyais: le droit du sol, la France des droits de l’homme, de l’accueil, de la Révolution. Plus j’avance et plus je me rends compte que ce n’est pas vrai. Mon mari n'est pas français, je me sens donc personnellement concernée. Quand on va à la préfecture, on est très mal reçus, entre les policiers, des gens pas aimables, des files d’attente très longues. Ce n’est pas ça l’accueil». – Cliquez pour voir la photo suivante 

Des milliers de personnes se sont retrouvées dans différentes villes de France et devant les ambassades de grandes capitales européennes pour dénoncer la politique d’expulsions des roms menée par le gouvernement français.


Un  camp de roms installés à Villeneuve-d'Ascq  le 27 août
** Des milliers de manifestants contre la politique sécuritaire du gouvernementMarie-France Le Proust, 62 ans, membre du collectif des sans-papiers d’Ivry-sur-Seine: «Je côtoie beaucoup de sans-papiers, j’ai donc été touchée profondément par ce qui s’est passé cet été. Gens du voyage, Roms, étrangers: Sarkozy n’aime pas beaucoup la différence. Moi qui ne suis pas très hargneuse, je commence à ressentir de la haine pour ce gouvernement». – Cliquez pour voir la photo suivante

Des milliers de manifestants ont défilé contre la «politique du pilori» engagée cet été par le gouvernement. Militants ou simples citoyens, ils témoignent de leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme des attaques aux valeurs de la République 

Jean-Jacques Bouché, 70 ans, est «apolitique» mais «soutient ceux qui sont dans la misère». Il habite Choisy-le-Roi, là où une centaine de Roms se sont fait expulser de leur campement, le  12 août. «Je suis un anonyme, 100% français de souche, qui essaie d’apporter de la sympathie et tout le nécessaire aux Roms de Choisy. Je trouve inadmissible à notre époque que des êtres humains soient considérés pour moins que des bêtes». – Cliquez pour voir la photo suivante 

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A Paris, ils étaient 12.000 manifestants, selon la police, 50.000 d’après les organisateurs à défiler, notamment contre les mesures anti-Roms du gouvernement. Le ministre Hortefeux minimise.

Les communistes Pierre Laurent et Marie-George Buffet, Danièle Mitterrand et le leader du Parti de

Les communistes Pierre Laurent et Marie-George Buffet, Danièle Mitterrand et le leader du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon à la manifestation contre les expulsions de Roms, à Paris.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé, ce samedi, en France et en Europe contre la politique sécuritaire du gouvernement jugée «xénophobe» notamment à l’égard des Roms, à l’appel d’associations, syndicats et partis de gauche.

… «Que quelques dizaines de milliers de personnes», a tenté de minimiser le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, ce qui devrait constituer, selon lui, «une déception» pour leur organisateurs.

La mobilisation a été lancée en chanson, dans la matinée, par des artistes, parmi lesquels les chanteuses Jane Birkin, Jeanne Cherhal et la cinéaste Agnès Jaoui, venus interpréter «Les Petits Papiers», célèbre chanson de Serge Gainsbourg, sous les fenêtres du ministre de l’Immigration Eric Besson. «On fait des boucs émissaires, sans-papiers ou Roms, qui peuvent être expulsées contrairement à moi, qui suis également étrangère», s’est indignée Jane Birkin.

Une délégation – Régine, Birkin, l’écrivain Dan Franck, l’ancien résistant Stéphane Hessel – a ensuite été reçue par le cabinet de Besson. «C’était une discussion de sourds», a rapporté à l’AFP Richard Moyon (RESF).

«Une journée de combat contre le racisme»

Ces manifestants ont alors rejoint le cortège parisien, ouvert symboliquement, par les familles roms de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), dont le campement a été rasé le 12 août.

De nombreux responsables d’associations (LDH, Emmaüs, Dal, Attac, le Mrap, etc.), de syndicats (la CGT, la CFDT, FSU) et de partis politiques de gauche marchaient au coude à coude sur des airs de musique tsiganes. Parmi eux: Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (parti de Gauche), Cécile Dufflot (les Verts), Danielle Mitterrand, Bernard Thibault (CGT), Jean-Paul Huchon (président PS de la région Ile-de-France), Olivier Besancenot (NPA).

«Je ne partage pas tous les points de vue portés par certaines organisations, mais je suis ici en tant que républicaine. Je trouve que les projets concernant la déchéance de nationalité sont gravissimes. En ce qui concerne les Roms, je considère que, là où il y a de l’illégalité, la loi doit être appliquée. Mais on rencontre forcément quelques difficultés à exiger des autres de suivre la loi, quand les autorités elles-mêmes ne la respectent pas très strictement», dit l’eurodéputée (Cap 21) Corinne Lepage.

Les députés Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis ainsi que Christophe Borgel, secrétaire national du PS, étaient en tête de la délégation du Parti socialiste. «C’est pour moi une journée de combat contre le racisme et la xénophobie», a expliqué à l’AFP le maire de Paris Bertrand Delanoë: «Il faut se battre contre tout ce qui divise la société.»

Le secrétaire national de l’UMP chargé de la sécurité Eric Ciotti a, au contraire, estimé que ces manifestations traduisaient «une complaisance coupable à l’égard de ceux qui bafouent les lois de la République» et a fustigé la participation du PS.

«Hortefeux, tu nous les Brice»

D’autres cortèges étaient prévus dans quelque 130 villes en France.

Bordeaux a ouvert le bal samedi matin (3.500 manifestants selon les organisateurs, 1.200 selon la police) avec une large banderole indiquant: «Halte au racisme, liberté, égalité, fraternité en danger». Aux côtés de syndicalistes marchaient des gens du voyage, dont certains venus de Mont-de-Marsan (Landes). «Nous protestons contre cette chasse à l’homme qui assimile les gens du voyage à des bandits de grands chemins», a souligné à l’AFP Ange Loustalot, responsable d’une association régionale de tsiganes.

Si Marie Bové, conseillère régionale Europe écologie (EE) était de ce cortège, son père José Bové, député européen EE était de celui de Montpellier (entre 500 et 1.000 selon les comptages). Sur la place de la Comédie, les pancartes faisaient assaut de jeux de mots: «Hortefeux, tu nous les Brice», «Tous les chemins mènent aux Roms», «Sarkozy = délinquants d’origine étrangère», «Besson: PS hier, UMP aujourd’hui, FN demain».

A Lyon, les manifestants étaient entre 4.500 selon la police et 7.500 selon les organisateurs.

A Toulouse, entre 1.000 et 3.000 personnes défilaient derrière des slogans tels que «Auvergnat, Maghrébins, nous somme citoyens». D’autres cortèges ont été recensés à Perpignan (entre 400 et 800 personnes), Rodez (200), Auch (300 à 400 personnes), Agen (350), Mantes-la Jolie (100).

Des rassemblements ont également eu lieu devant des ambassades françaises de plusieurs pays de l’Union européenne. A Londres, une vingtaine de personnes ont brandi des pancartes à l’effigie de Sarkozy barrées du commentaire: «Derrière le sourire, la culpabilité». A Bruxelles, une centaine de personnes dont des Roms portaient des banderoles disant «Sarkozy: Voulez-vous acheter un Rom? 300 euros l’adulte, 100 euros l’enfant», en référence aux montants de «l’aide au retour». En Espagne, à Madrid et Barcelone, de petits comités ont lu une lettre qui sera envoyée à l’ambassadeur de France pour demander le respect des droits de l’Homme.(Source AFP-04.09.2010.)

Les manifestants ont attaché un drapeau ''taché'' par le sarkozysme sur la place de la République. Une référence directe aux propos de Dominique de Villepin qui écrivait dans les colonnes du Monde il y a deux semaines : «il y a aujourd'hui sur notre drapeau une tache de honte». L'ancien premier ministre adressait alors un véritable réquisitoire contre l'offensive sécuritaire de la majorité.

Les manifestants ont attaché un drapeau « taché » par le sarkozysme sur la place de la République. Une référence directe aux propos de Dominique de Villepin qui écrivait dans les colonnes du Monde il y a deux semaines : «il y a aujourd’hui sur notre drapeau une tache de honte». L’ancien premier ministre adressait alors un véritable réquisitoire contre l’offensive sécuritaire de la majorité.

Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux membres de la communauté rom, se sont rassemblées sur le Campo dei fiori, à proximité de l'ambassade de France à Rome pour protester contre les ''déportations'' de Roms mais aussi contre la politique italienne à leur égard. Les manifestants portaient des banderoles qui proclamaient ''Non au racisme'', ''On ne peut pas condamner un peuple'' ou ''Nous n'attendons pas la Shoah pour intervenir''.

Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux membres de la communauté rom, se sont rassemblées sur le Campo dei fiori, à proximité de l’ambassade de France à Rome pour protester contre les « déportations » de Roms mais aussi contre la politique italienne à leur égard. Les manifestants portaient des banderoles qui proclamaient « Non au racisme », « On ne peut pas condamner un peuple »…

Devant l'ambassade de France à Bruxelles, on pouvait lire sur certaines banderoles : ''Roma, immigrants, who's next ?'' (les Roms, les immigrés, qui d'autres ?). La Commission européenne a fermement condamné la politique d'expulsions menée par la France.

Devant l’ambassade de France à Bruxelles, on pouvait lire sur certaines banderoles : « Roma, immigrants, who’s next ? » (les Roms, les immigrés, qui d’autres ?). La Commission européenne a fermement condamné la politique d’expulsions menée par la France.

**Des milliers de personnes ont dénoncé en France l’expulsion des Roms. A Londres, Barcelone et Bruxelles, il a été dit autrement…

Le président français, Nicolas Sarkozy, faisait face, hier, à une journée de mobilisation en France et en Europe contre le virage sécuritaire du gouvernement, notamment sa politique d’expulsions de Roms qui a suscité la réprobation internationale.
Des manifestations étaient organisées dans de nombreuses villes en France ainsi que devant des ambassades françaises de plusieurs pays de l’Union européenne (UE), à l’appel de dizaines d’associations et organisations de défense des droits de l’homme avec le soutien de syndicats et des partis   d’opposition (gauche, écologistes). Des Roms roumains ont ouvert le défilé parisien rassemblant plusieurs milliers de personnes, suivis de personnalités politiques, syndicales, associatives ou artistiques, réunies derrière le slogan de cette mobilisation : «Non à la xénophobie et à la politique du pilori. Liberté, égalité, fraternité».

Au plus bas dans les sondages, embarrassé par le scandale politico-fiscal touchant le ministre du Travail, Eric Woerth, chargé de défendre dès mardi la cruciale réforme des retraites, le président français avait tenté de reprendre la main fin juillet en annonçant un durcissement de sa politique sécuritaire – thème qui avait participé à son succès à la présidentielle de 2007. Mais en décidant le démantèlement de camps illégaux de Roms et en envisageant de déchoir de leur nationalité certains criminels d’origine étrangère, Nicolas Sarkozy a suscité l’indignation de la société civile et de l’opposition, et l’inquiétude de l’ONU, de la Commission européenne, du Vatican. Au total, plusieurs milliers de personnes ont également manifesté en province, notamment dans le Sud-Ouest, à Bordeaux et Toulouse, ou dans le Sud-Est à Montpellier. En Europe, des manifestations ont rassemblé quelques dizaines à une   centaine de personnes devant quelques représentations de la France. Sur les banderoles à Bruxelles, on pouvait lire : «Roma, immigrants, who’s next ?» (les Roms, les immigrés, qui d’autres ?). A Barcelone : «Basta deportaciones» (ça suffit les déportations).
Boomerang

A Londres : «Assez, c’est assez». Depuis fin juillet, environ 1000 Roms roumains et bulgares ont été reconduits à la frontière et une centaine de campements illicites démantelés. «La ligne rouge a été franchie», a déclaré hier le président de la Ligue des droits de l’homme (LDH) Jean-Pierre Dubois.«On n’accepte pas le poison qu’est en train d’instiller le gouvernement dans notre République», a déclaré la patronne des Verts, Cécile Duflot. Le secrétaire général du premier syndicat de France (CGT, gauche) Bernard Thibault estimait «très dangereux de retenir l’idée selon laquelle tous les maux de la société viendraient de l’immigration». La France avait été appelée fin août par l’ONU à «éviter» les «discours politiques discriminatoires».

Cette semaine, pour la première fois, le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi, a critiqué le renvoi des Roms estimant que ce n’était «pas une solution». Face à ce tollé, la France a expliqué hier, devant une Commission européenne réservée, sa politique d’expulsions de Roms, déclarant que le droit européen était «scrupuleusement» respecté. La France «ne stigmatise personne», a dit le ministre des Affaires européennes, Pierre Lellouche. Environ 15 000 Roms vivent en France, où ils bénéficient des règles de libre circulation de l’UE, mais vivent souvent dans des abris de fortune. Après trois mois passés en France, sans domicile ni sources de revenus, ils sont dans l’illégalité et deviennent expulsables. Les parlementaires européens doivent débattre de ce sujet le mardi 7 septembre à Strasbourg. Le même jour, le Président français devra faire face à une autre journée de mobilisation, contre l’impopulaire réforme des retraites. (El Watan-05.09.2010.)

*Un quart des Français renonce à se soigner à cause de la crise

La crise économique pousse les assurés à négliger leur santé. La part des Français préférant différer leurs soins a bondi de 11% à 23% en un an selon le nouveau baromètre «Cercle Santé Europ Assistance».

coeur-En période de crise, les assurés ont mis de côté les questions de santé. Un quart des Français et des Américains ont négligé leur santé pendant la crise, révèle le dernier baromètre «Cercle Santé-Europe Assistance» dévoilé par La Tribune.

En effet, 23% des Français (+11% sur un an) ont déclaré avoir reporté ou renoncé à des soins en raison de la crise, ils sont 24% aux Etats-Unis. Mais les chiffres concernant la France sont plus surprenants car deux tiers des Français considèrent que la France est le pays dans lequel on est le mieux soigné et 69% estiment que la France est même le pays «où l’on est le mieux remboursé pour les frais de santé».

En conséquence, un tiers des Français interrogés se résigne à l’idée de payer davantage d’impôt ou de cotisations obligatoires afin de subventionner le système de santé. D’autres, 28%, privilégient une hausse de la franchise pour chaque acte médical et 23% se tourneraient bien vers une hausse des assurances privées. (le Figaro-21.09.2010.)

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*Les Verts cèdent la place aux Écolos

Cécile Duflot devrait conserver l'exécutif de la nouvelle formation. (crédits photo: François Bouchon/Le Figaro)
Cécile Duflot devrait conserver l’exécutif de la nouvelle formation. 

Le Conseil national du parti écologiste doit entériner ce week-end son processus de «transformation» prévu en novembre. Les noms les plus avancés pour ce nouveau parti sont le Rassemblement écologiste (RE), le Rassemblement des écologistes (RDE) ou plus court : Les Écolos.

coeur-Un petit pincement au cœur devrait saisir les Verts ce week-end. Ce samedi et dimanche, à Paris, les écologistes tiennent en effet leur dernier Conseil national interrégional (Cnir) avant de se fondre dans un nouveau parti à l’occasion d’un congrès prévu les 13 et 14 novembre à Lyon.

Est-ce la fin d’une page politique ouverte il a plus de vingt-cinq ans, en 1984? Oscillant entre enthousiasme et nostalgie, les écolos assurent que non et préfèrent parler d’un nouveau départ, voire d’une «métamorphose».

Pour marquer le coup, une grande «soirée festive» est prévue ce soir dans un cabaret de Belleville (XIXe arrondissement). Député de Gironde, Noël Mamère salue la patronne du parti, Cécile Duflot, pour avoir «réussi le dépassement des Verts». Mais il reconnaît du bout des lèvres éprouver «un peu de nostalgie». Mais c’est «pour devenir plus fort!», poursuit le candidat à la présidentielle de 2002. Ancien membre de la direction des Verts et conseiller régional dans le Centre, Christophe Rossignol ne dit pas autre chose: «Pour ceux qui ont milité dans les années difficiles et qui gardaient un peu la vieille maison, ce week-end va être forcément empreint de nostalgie.»

Cette dissolution-refondation des Verts dans le rassemblement Europe Écologie, initiée en 2008 par l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, fait suite aux percées électorales des écolos aux européennes de 2009 (16,3%) et aux régionales de 2010 (12,5%). Soit deux séquences électorales qui, après la déroute de Dominique Voynet en 2007 (1,5%), ont érigé les écolos comme la deuxième force d’opposition de France.

À l’issue du week-end, la partie ne sera pas finie. Avant le congrès de Lyon, des débats locaux et de nouveaux amendements sont attendus pour préparer les «assises territoriales», prévues le 9 octobre, lors desquelles les militants d’Europe Écologie voteront sur les textes définitifs. Mi-octobre, un référendum chez les Verts devra permettre de valider ces changements, conformément aux statuts du parti (66% des voix nécessaires).

En fait, la vraie bataille portera sur la composition de la nouvelle direction. L’exécutif devrait être confié à Cécile Duflot, tandis que l’ancien porte-parole de la Fondation Hulot, l’eurodéputé Jean-Paul Besset, devrait se voir offrir la présidence d’un conseil de surveillance. Son collègue au Parlement de Strasbourg, l’ancien patron de Greenpeace France Yannick Jadot, devrait décrocher le porte-parolat.

Les noms les plus avancés pour ce nouveau parti sont le Rassemblement écologiste (RE) ou le Rassemblement des écologistes (RDE). Daniel Cohn-Bendit, qui s’est officiellement réconcilié avec le numéro 2 des Verts, Jean-Vincent Placé, lors d’un déjeuner cette semaine à Bruxelles, plaide pour sa part pour un nom plus court: Les Écolos.


Cécile Duflot : «J’ai envie de porter ce projet jusqu’à son terme»

LE FIGARO.- Les Verts tiennent leur dernier conseil national. En quoi le nouveau parti devrait-il être différent?

Cécile DUFLOT.- Il sera différent parce que nous sommes devant une nouvelle étape de l’écologie politique. Nous nous mettons en situation d’occuper une place très importante dans le paysage politique. Nous souhaitons inventer une forme démocratique qui rompt avec les formes traditionnelles. Notre mouvement unifié intégrera un parti et un réseau coopératif qui facilite un engagement pour tous ceux qui, aujourd’hui, ont encore des réticences vis-à-vis de l’engagement politique. Ce sera basé sur le principe «une personne une voix» et la perméabilité avec l’ensemble de la société.

Se situera-t-il clairement à gauche ou plutôt, comme le préconisait un temps Daniel Cohn-Bendit, au centre gauche?

Il sera surtout profondément écologique. Nous souhaitons rebattre les cartes des clivages anciens, tout en intégrant l’héritage de ceux qui ont porté des transformations sociales et les valeurs de la gauche.

Êtes-vous candidate à votre succession à la tête du nouveau parti?

Depuis 2007, avec d’autres, j’ai permis à la fois le rassemblement des écolos et la transmutation des Verts. J’ai donc envie de porter ce projet jusqu’à son terme. Et de travailler à la construction d’alternatives à la politique dramatique du gouvernement. Donc, oui pour continuer. Mais toujours avec ce qui est ma marque de fabrique, c’est-à-dire une vision collective des responsabilités.

Votre décision de ne pas vous présenter à la présidentielle de 2012 est-elle irrévocable?

Cette question est un clin d’œil à ce que Noël Mamère avait déclaré en 2002. Je vois le piège ! J’ai déjà dit que je n’ai pas envie d’être candidate à la présidentielle. Je n’ai pas changé d’opinion. Mais, bien sûr, je souhaite soutenir le ou la candidate des écologistes. Si c’est Eva Joly qui est désignée, elle sait qu’elle a d’ores et déjà tout mon soutien. (Le Figaro-17.09.2010.)

**Les quatre défis d’Europe Ecologie

De gauche à droite : Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot.
De gauche à droite : Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot.

Fort de ses succès électoraux aux européennes et aux régionales, le mouvement écologiste affiche déjà ses ambitions pour 2012. Pourtant, il peine à s’organiser et à se positionner sur l’échiquier politique.

coeur-Flashback. Il y a un an, à Nîmes, les Verts entamaient leurs journées d’été. Confiants comme jamais après le succès d’Europe Ecologie aux élections européennes, deux mois plus tôt, les écologistes assuraient vouloir «poursuivre le rassemblement» né lors des européennes de l’alliance entre Verts et militants écologistes d’horizons divers. Objectif revendiqué : structurer le mouvement pour le pérenniser.

Un an plus tard, alors qu’un nouveau rassemblement estival débute à Nantes, le bilan est en demi-teinte. Lors des élections régionales en mars, le mouvement écologiste a confirmé qu’il était une machine électorale capable de rassembler sur le thème de l’écologie et qui repose sur quelques personnalités charismatiques – Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot -.

Mais en interne, les antagonismes entre Verts et non-Verts restent prégnants. Après une convention houleuse en juin, Daniel Cohn-Bendit se dit «lassé» et le débat sur la métamorphose d’Europe Ecologie est au point mort. Revue de détail des défis que doivent désormais relever les écologistes.

• Se structurer : C’est la priorité pour Europe Ecologie. Les différentes tendances au sein du mouvement s’accordent sur la nécessité de dépasser le simple rassemblement de circonstance. Mais les divergences demeurent sur la forme que doit prendre le nouveau mouvement. Dans son «appel du 22 mars», au lendemain des régionales, Daniel Cohn-Bendit a proposé de créer une «coopérative politique» : un réseau très souple allant de l’extrême-gauche au MoDem «capable d’élaborer des positions collectives et de porter le projet écologiste». Les différentes composantes seraient représentées sur un pied d’égalité au sein d’une instance centrale.

Problème : les Verts refusent pour le moment d’acter la dissolution de leur parti au sein d’un nouveau mouvement. Cécile Duflot, qui ne veut pas «tout remettre à plat», espère ainsi pouvoir bâtir le rassemblement écologiste sur la structure du parti Vert, quitte à «réformer, voire transformer ses instances». Le débat sera au cœur des journées d’été de Nantes et devrait être tranché par un vote lors des assises de l’écologie politique, à Lyon, en novembre. «Le risque est que 3 ou 4.000 Verts bloquent le processus», prévient déjà Daniel Cohn-Bendit. Mais alors «des milliers d’écologistes seront déçus».

• Désigner un ou des leaders : Y’a-t-il un pilote dans l’avion Europe Ecologie? La question est cruciale et devra être tranchée. Cécile Duflot ne veut pas d’«un parti-supporter entièrement dédié à une personnalité» et Daniel Cohn-Bendit refuse de laisser libre cours à «la stérilité des jeux de pouvoir ou la folle tempête des ego en compétition». La place réservée aux militants dans le futur processus décisionnel du mouvement devrait à ce titre être exemplaire. Mais l’élection présidentielle de 2012 est avant tout une aventure personnelle, différente des scrutins de listes européen ou régional. Au cours de la campagne, un candidat devra imprimer sa marque sur le mouvement.

Alors, pour ne pas faire d’Europe Ecologie une simple écurie présidentielle, l’idée d’un chef de parti différent du candidat fait son chemin. L’hypothèse d’un ticket Joly-Duflot est ainsi envisagée : candidate privilégiée pour 2012, l’ancienne juge d’instruction représenterait la frange «cohn-bendiste» du rassemblement tandis que la secrétaire nationale des Verts garderait la main sur la future organisation. Reste à savoir si «Dany» saura s’accommoder d’un tel modus vivendi.

• Clarifier son positionnement : Là encore, deux stratégies s’affrontent. Les Verts veulent un mouvement clairement «ancré à gauche» qui conserve une forte identité. En témoigne leur refus catégorique d’accueillir Rama Yade pendant les journées d’été de Nantes. En réponse, Daniel Cohn-Bendit crie au «sectarisme». Son objectif est de rassembler «la majorité la plus large possible pour battre l’UMP», en intégrant des éléments «de la gauche citoyenne, du PC, du pôle écologiste socialiste ou d’autres socialistes, des militants du mouvement écologiste indépendant et des militants du MoDem». Son frère Gabriel va encore plus loin : le président de l’association des Amis d’Europe Ecologie, proche de Jean-Louis Borloo, milite pour la création d’un nouveau mouvement «allant de José Bové à Nathalie Kosciusko-Morizet».

Des divergences idéologiques qui risquent de poser problème lors de l’élaboration d’un programme politique. Sur les retraites, par exemple, quand la position officielle des Verts est de défendre le départ à 60 ans, Cohn-Bendit, qui soutient par ailleurs la libéralisation des services publics, propose un «mélange de temps de travail et de retraite» pour les plus de 60 ans.

• Trouver des financements : En politique, l’argent reste le nerf de la guerre. Pour mener une campagne d’envergure en 2012, Europe Ecologie va donc devoir remplir ses caisses. Le mouvement n’est pour le moment doté que de deux salariés permanents et fonctionne essentiellement sur le bénévolat. Quant aux finances du parti Vert, elles sont limitées : sa trésorerie repose en grande partie sur les dons d’élus et sur le financement public, qui a été réduit de façon drastique après le médiocre résultat des législatives de 2007. Le financement d’Europe Ecologie par les Verts poserait en outre un problème d’indépendance pour le nouveau mouvement. Restent deux solutions : organiser une campagne de dons ou contracter des prêts auprès de banques. (Le Figaro-18.09.2010.)

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Pas de réponses à “La France sous le règne de Sarkosy”

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  1. 11 01 2013
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  3. 12 09 2016
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