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26.Un homme,une oeuvre,une histoire

*Hommage à Mohammed Arkoun

par Ursula Gunther*

26.Un homme,une oeuvre,une histoire spacer

Mohammed Arkoun, passeur entre les cultures, pionnier d’une islamologie contemporaine critique et de lectures nouvelles de l’Islam a tiré sa révérence dans la nuit du 14 au 15 septembre à Paris. Un personnage clef d’une conscience islamique contemporaine, a quitté la scène. Avec lui, une voix importante s’éteint.

 Une voix, qui invitait ses interlocuteurs de toutes confessions, à changer de perspective, les confrontant avec leur propre impensé, avec le domaine de l’ombre, leur posant des questions tues depuis longtemps.

 Mohammed Arkoun était né en février 1928 à Taourirt-Mimoun, en Grande Kabylie, dans une modeste famille. Il apprit très jeune et douloureusement, qu’en tant que berbère dans une Algérie colonisée, il était marginalisé de deux manières puisqu´il ne parlait – dans un premier temps –, ni la langue du colonisateur ni celle du Coran. Grâce au soutien d´un oncle, il put faire ses études secondaires en Oranie, puis poursuivre des études de littérature arabe à l´université d´Alger. Elles furent complétées par celle du droit, de la philosophie et de la géographie. Agrégé en langue et littérature arabes à la Sorbonne, il consacrera sa thèse à Miskawayh, pour démontrer l’existence d’un humanisme arabe jusque-là nié par l´Occident.

 Ainsi et après avoir étudié la période classique, il concentra ses recherches à l’Islam contemporain.

 Professeur d’histoire des idées arabes à Paris Vincennes, il sera nommé, en 1980, directeur du département d’arabe et d’histoire des idées islamiques à Sorbonne Nouvelle. Dans le même temps, il dirigea la revue Arabica, dont il élargit le champ et la notoriété.

 Nommé professeur émérite en 1993, il poursuivit avec dynamisme ses enseignements en tant que professeur invité dans les universités européennes et américaines.           Il parcourut également d´autres régions du monde, allant jusqu´en Indonésie pour y animer des conférences très attendues. Parfait polyglotte, il assurait ses conférences indifféremment en anglais, en arabe ou en français. A relever également son engagement pour l’Institut des études ismaïliennes de Londres en tant qu’enseignant et membre du conseil de surveillance.

 Mohammed Arkoun dont l´œuvre a été distinguée par quantité de Prix, aspirait à repenser l’Islam en tant que système culturel et religieux. Cette critique de la raison islamique s’effectue, de son point de vue, par des changements radicaux de perspective. Il exigeait également la pluralité du sens, même si cela entraîne la fin de clarté et de l´unité.

 Pour lui, les changements de perspective ne pouvaient être introduits qu´en appliquant à l’islamologie les sciences sociales et humaines de même que leurs méthodes qu´il complétait et élargissait par ses propres concepts. Avec cette approche, il quitte le ghetto méthodologique de l’islamologie et développe des contre stratégies. Ce qui ne rencontre pas forcément l´adhésion des islamologues «traditionnels». Il s’agit, par exemple, de son exigence d’une islamologie appliquée ou du concept théorique du fait islamique et coranique et celui des sociétés du Livre/livre, de l’impensé et de l’impensable.

 Cela a eu une influence considérable sur son approche du Coran et de ses lectures. Il a vite appliqué l’analyse de l’imaginaire développée par l’École des Annales à des sociétés musulmanes et à la pensée islamique.

 La pensée de Arkoun et les concepts créés et travaillés pendant sa vie de chercheur sont complexes. On peut les décrire à l’aide de la métaphore d’un rhizome ou du motif des étoiles infinies des faïences maures: un enchevêtrement d’aspects bifurquant, dont on peut difficilement cerner l’origine et qui se ramifient davantage tout en créant de nouvelles conjonctions. C’est surtout le rhizome qui correspond au changement de paradigme qui était considéré comme urgent par Arkoun: une approche globale remplace le regard dualiste, la pluralité remplace les éléments détachés. Le tout s’accomplit seulement dans une pluralité de sens et en plusieurs couches.

 Mohammed Arkoun n’était pas seulement un intellectuel perspicace et un humaniste de profonde conviction. Doté d´un sens de l’humour très subtil, il était aussi un conférencier passionné et charismatique et un enseignant engagé. Il se sentait «proche de tout ce qui était capable d’ouvrir des nouvelles routes à l’intelligence» et se considérait comme «un intellectuel révolté». Les mondes musulman et occidental ont perdu en cet éclaireur non seulement un homme de principes, mais aussi une irremplaçable voix qui leur traçait le chemin à parcourir pour se comprendre et se compléter au lieu de s´affronter. Homme de dialogue aux idées fécondes, son action, sa pensée, ne furent malheureusement pas toujours appréciées à leur juste dimension dans le monde musulman et particulièrement dans son propre pays, ce qu´il regrettait secrètement. Il faudra également encore beaucoup de temps, y compris aux islamologues et orientalistes occidentaux pour prendre la mesure de son apport et cesser de voir en lui l´iconoclaste qui entreprit de remettre en cause leurs visions étroites et leur monopole. Il me confiait un jour: «Je suis un allumeur de brasiers» et c´est bien vrai que l´islamologie s´éclairera longtemps encore des feux de la réflexion qu´il aura, ici et là, nourrie de sa fertile pensée.

* Islamologue allemande, le Dr Ursula Gunther est spécialiste de la pensée de Mohammed Arkoun. Elle a consacré de nombreuses recherches à son œuvre. (Quotidien d’Oran-19.09.2010.) 
 

**************

**Parution.    « Demain se lèvera le jour « 

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Extraits de l’avant-propos du livre testament de Ferhat Abbas

«Je suis au soir de ma vie. Ce livre est le dernier acte de ma vie politique. C’est un adieu à l’Algérie, à mes amis du Maghreb et à tous ceux que j’ai aimés et servis durant ma longue carrière. Et aussi un adieu à mes amis français de France et d’Algérie, particulièrement à ceux qui ont vécu à nos côtés durant notre terrible guerre de Libération, souvent au péril de leur vie.» (Ferhat Abbas)

J’ai vécu un demi-siècle sous le régime colonial. J’en ai subi les contrecoups autant si, non plus que mes autres compatriotes. Je n’appartiens pas à la chevalerie arabe, ni à la noblesse maraboutique, pas même à la  «bourgeoisie» (…)
L’Europe a colonisé les autres continents au nom de la loi  de la jungle et de ses intérêts. Le plus fort a asservi le plus faible. Elle a détruit des civilisations dignes de ce nom et réduit à néant des peuples (…)

En Algérie, cette colonisation a été diabolique. Nous avons été piégés au nom de je ne sais quelle annexion qui ne s’est réellement jamais réalisée ni dans les faits ni dans les esprits. Contrairement à ce qui s’est passé en Tunisie et au Maroc, la bourgeoisie française nous a privés de notre personnalité et de notre âme et ainsi nous neutralisa (…) L’Algérie devint la propriété du dernier venu qui nous appliqua l’administration directe, la politique du peuplement européen et sa prépondérance  sur «l’indigène». Pour rendre la tâche plus aisée, on a fait mentir nos manuels scolaires. Des écrivains et des journalistes accréditèrent la thèse d’une Algérie, en 1830, musulmane, anarchique, pauvre, inorganisée et vacante. Pourtant, les officiers français qui ont chevauché tout le long du pays, notamment Saint-Arnaud, attestent du contraire. Le racisme des Français d’Algérie n’était pas identique à celui de l’Afrique du Sud. Ce que les colons n’ont jamais admis est le fait que nous revendiquions pour échapper aux lois d’exception et nous élever à leur niveau. Cette revendication les rendait haineux et méchants, car ils avaient conservé de l’Arabe une peur viscérale venue du Moyen -Âge, peur attisée par la crainte de nous voir bénéficier des mêmes droits qu’eux. (…) «Je ne pouvais quitter ce monde sans évoquer une fois de plus le régime colonial. Si j’ai pris en exemple ma tribu et ma famille, c’est parce que ce qui nous est arrivé a été le sort de tous. Installé pharmacien à Sétif, la population de cette région me fit confiance et fit de moi un élu de la région, conseiller général, conseiller municipal, délégué financier, député, conseiller à l’Assemblée algérienne. A ces différents titres, j’ai parcouru l’Algérie.

Partout, j’ai retrouvé la même exploitation de notre peuple, les injustices qui l’avaient frappé, la misère dans laquelle il se débattait (…) J’ai vécu des années dans cette atmosphère. Elle créa entre les paysans et moi des liens indescriptibles. Vingt ans après l’indépendance, les mêmes visites se poursuivent presque au même rythme qu’autrefois. Je ne suis plus qu’un vieillard malade, mais ils continuent à venir me voirs. «Avez-vous besoin de quelque chose ?» «Non, nous venons prendre de tes nouvelles et te voir nous aide à supporter les nouvelles injustices !» (…) En juillet 1962, l’indépendance acquise, nous nous sommes comportés comme un peuple sous-développé et primitif. Nous nous sommes disputés les places et nous avons tourné le dos aux valeurs et aux vertus qui nous ont conduits à la victoire. J’ai vu nos mœurs dégénérer en traumatisant l’Algérie musulmane comme elle ne l’avait été durant la guerre. Notre République algérienne a été affublée d’un appendice, celui de «démocratie populaire», ce qui veut dire en clair qu’elle n’est ni démocratique ni populaire. Nous subîmes deux dictatures, celle de Ben Bella, puis peu après celle de Boumediène. Ben Bella prit pour modèle de chef d’Etat Fidel Castro, son régime totalitaire, son pouvoir personnel et son idéologie communiste. L’Algérie ne s’est pas reconnue et sombra dans l’inquiétude et le désordre, les passe-droits, le système D, l’arrivisme et les fortunes mal acquises (…) Boumediène eut le temps de dépecer ce qui restait de l’Algérie musulmane. Il ruina l’agriculture en contraignant les paysans à abandonner leurs terres par une «Révolution agraire» mal initiée, les attirant en ville à la recherche de leur pain grâce au mirage d’une industrie «industrialisante». Le commerce devint la proie de quelques-uns, proches du régime.

Tout ce qui a motivé notre insurrection a été saboté : le respect des droits de l’homme, celui des libertés individuelles et de la dignité du citoyen, le retour du fellah à la terre, le respect de la propriété privée. Nous nous sommes installés dans le provisoire et la médiocrité et avons cessé de travailler. Dans leur majorité, les Algériens ont confondu l’indépendance et Etat-providence. Tout un chacun se mit à attendre les pétro-dollars. Or, voici qu’apparaît aux portes même d’Alger le terrorisme politique, qui n’hésite pas à tuer, à frapper des innocents et à engager notre pays dans une voie semblable à celle du malheureux Liban (…) Nous avons pris un retard mortel. Arriverons-nous en bonne santé à la fin de ce siècle ? Ne confondons pas démocratie, liberté avec intolérance et désordre public. Il est temps qu’un pouvoir fort et juste en même temps s’arme de bonnes lois, mobilise à nouveau le pays et nous contraigne à balayer devant nos portes.
Que nous réserve l’an 2000 ? Où va notre civilisation ? Gardons-nous d’émettre la moindre opinion. L’avenir appartient à Dieu et à ceux qui le feront. Peut-être le lecteur permettra-t-il à mon âge d’exprimer un souhait : celui de voir les générations de demain vivre de leur travail, s’entourer de bien-être et vivre en paix. (El Watan-28.11.2010.)  

**Mme Leïla Benamar Benmansour(*)

«Une voix à écouter »

(…) Ce n’est pas pour rien que tout un chacun le qualifiait de visionnaire, et ce n’est pas pour rien que son nom est à ce jour synonyme du savoir, connu et reconnu au-delà des frontières algériennes.

Cette plume qui se révéla dés 1919, alors que Ferhat Abbas est étudiant en pharmacie, âgé à peine de 20 ans, découvrant l’injustice vécue par son peuple et qu’il s’engagea à dénoncer et à combattre (…)
Un jeune homme exceptionnel, en effet, qui fut président de l’association des étudiants d’Afrique du Nord, portant la toque d’Astrakan symbole de son identité musulmane et clin d’œil à celui qu’il a toujours admiré, Kemal Atatürk qui construisit la grande Turquie moderne. Car ce jeune étudiant avait les yeux rivés vers ce grand pays dont il rêvait pour son peuple le même destin : la démocratie. (…)
1938 est  une date clé dans l’itinéraire politique de Ferhat Abbas, qui d’une part crée son premier parti politique l’Union populaire algérienne (UPA), et d’autre part, et c’est le plus important, il signe sa rupture avec l’élite politique française d’Algérie. Désormais, l’homme cherche le moyen de libérer son peuple du joug colonial, en d’autres termes l’indépendance du pays pure et simple (…)

Ce sont les événements douloureux du 8 Mai 1945 et ses milliers de morts indigènes qui sonnèrent le glas de l’idéal d’égalité. Ferhat Abbas, qui reculait l’échéance du bain de sang, ne pouvait se relever indemne en voyant son peuple mourir un jour de fête, celui de la fin de la guerre mondiale, et celle du nazisme. La flamme nationaliste qui vivait en son cœur depuis ses années étudiant, n’a fait que se raviver et déterminer l’homme que désormais la lutte armée était inévitable.  De plus, accusé à tort par l’administration coloniale d’avoir provoqué ces évènements, Ferhat Abbas subira lui-même l’arbitraire par 11 mois de prison, mis en sûreté, prêt à être exécuté. Mais il a été prouvé que ses mains étaient nettes de sang. (…) Le 1er novembre 1954 ne le surprit pas, comme il le dit lui-même, tant il était préparé à l’éventualité de la lutte armée, dans le cas où la France refuserait l’autonomie. Il dissout sans regret son parti l’UDMA et adhère et rejoint le Front de libération nationale (FLN) sans hésitation. Au congrès de la Soummam le 20 août 1956, il est désigné pour siéger au Conseil National de la révolution algérienne (CNRA).

En 1957 il est membre du Comité de coordination et d’Exécution (CEE). A la même époque, il parcourt le monde pour expliquer les raisons de la guerre d’Algérie. En 1958, troisième date-clé de l’itinéraire politique de Ferhat Abbas, il est élu à l’unanimité par les hommes de novembre, président du Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA). Le CNRA le maintient à ce poste jusqu’en août 1961. A l’indépendance du pays en 1962, ses collègues l’ont porté à la présidence de l’Assemblée nationale constituante. Un itinéraire politique des plus glorieux au service de sa patrie mené d’arrache pied et avec abnégation de 1920 à 1962. En 1963, il démissionne de la présidence de l’Assemblée nationale, refusant de soutenir l’atteinte à la démocratie (…) Cette contestation des plus légitimes lui valut la prison dans le Sud algérien et la résidence surveillée, sous le règne des deux hommes précités, passeport et biens confisqués (…) Privé de sa liberté durant près de vingt ans, l’homme illustre reprend sa plume et se remet à écrire. Cette écriture, comme dit plus haut, qui était l’essence même de sa vie. Après avoir donné à son peuple Le jeune Algérien en 1931 et La nuit coloniale en 1962,  Il publie vers la fin de sa vie trois ouvrages  qui auront un succès considérable, Autopsie d’une guerre (1980), Le Jeune Algérien (édition 1981) et L’indépendance confisquée (1984). A la mort de Houari Boumediene, la résidence surveillée est levée et Ferhat Abbas retrouve la liberté. Il est alors âgé de 80 ans (…)

Ferhat Abbas ne pourra jouir longtemps du bonheur d’une vie libre. Bien malade, conséquence des terribles épreuves qui lui ont été infligées, il quitta ce monde le 24 décembre 1985, entouré des siens à son domicile, à Kouba, sur les hauteurs Alger.
Mais l’homme illustre pouvait-il partir, nous quitter, sans nous laisser un dernier message ? Assurément non, la preuve en est. Dans cet ouvrage exceptionnel, publié à titre posthume et laissé pour la postérité, l’homme politique algérien rappelle à ses compatriotes que «le présent ne saurait impunément ignorer le passé».Cet ouvrage qu’il appelle cahier et qui se veut un programme politique pour l’Algérie de demain, est destiné, dit-il, à son fils, aux jeunes de la nouvelle génération, de la post- indépendance, aux hommes et aux femmes de son pays, «avec l’espoir qu’un jour une Assemblée nationale constituante, librement élue par le peuple pourra l’examiner, le critiquer et peut-être en retenir quelque chose…» (…) Ce livre publié à titre posthume, dernier message de l’homme illustre à son peuple avant le dernier voyage, et qui se voulait, un adieu aux Algériens, et à ses amis du Maghreb et de France, rend, au contraire, Ferhat Abbas, plus présent que jamais dans son pays, près de ce peuple qu’il avait en idéal. Et sa pensée clairvoyante, une voix à écouter et à méditer avec le plus grand respect, non seulement pour la génération actuelle, mais aussi pour toutes celles à venir. (El Watan-28.11.2010.)
- Extraits de la préface signée par Leïla Benamar Benmansour
(*)Auteure de Ferhat Abbas, l’injustice
(Alger-Livres éditions 2010)

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4 réponses à “26.Un homme,une oeuvre,une histoire”

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