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une nouvelle République à tout prix-10

22092019

***L’Algérien est décidé d’arracher le statut de citoyen libre,

malgré des forces hostiles intérieures et extérieures qui tentent d’empêcher le peuple algérien d’accéder à ce statut

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“C’est le peuple qui est président”

32E VENDREDI DE CONTESTATION POPULAIRE DANS LA CAPITALE

“Ni Tebboune ni Benflis, echaâb président”

**à l’instar des autres millions d’Algériens qui sont sortis massivement hier, les Algérois se sont montrés plus intransigeants encore, en réservant la même réponse aux décideurs : “Non aux élections avec les bandes. Le seul objectif du hirak pour l’instant est la transition”. Ces mots portés sur une pancarte lors de la marche au centre d’Alger résument l’état d’esprit des hirakistes. Ils ont, en fait, renouvelé leur position : “Sans l’acquiescement total du peuple, rien ne sera fait.” En fait, ils étaient aussi plus nombreux à battre le pavé des artères du centre d’Alger. Les grandes rues du parcours de la contestation étaient noires de monde. La foule était au rendez-vous. Ils ont démarré du haut de la rue Didouche-Mourad, de la place du 1er-Mai en passant par les boulevards Hassiba-Ben Bouali et Amirouche, ou encore de Bab El-Oued et de la place des Martyrs via les rues Asselah-Hocine, Zighoud-Youcef et Larbi-Ben M’hidi, en empruntant l’avenue Docteur-Saâdane et la rue du 19-Mai-1956. Les Algérois devaient jouer des coudes pour se frayer un passage afin d’atteindre la place Audin ou le jardin Khemisti, après l’interdiction de l’esplanade de la Grande-Poste. Ils ont montré, encore une fois, qu’ils redoublaient d’ingéniosité en scandant de nouveaux slogans dénonçant clairement les manœuvres du pouvoir en place.  Comme ce nouveau vendredi intervient au lendemain du “cérémonial” de retrait de formulaires de candidatures, les manifestants ont décrié les candidatures des ex-Premiers ministres Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune. “Ni Tebboune encore moins Benflis, le président c’est le peuple”. D’autres manifestants ont crié haut et fort : “Allez remplir les formulaires aux Émirats arabes unis”, “Allez voter aux Émirats”, ou encore  “Il n’y aura jamais de cinquième mandat”, allusion aux deux candidats du système. Contrairement aux précédents rendez-vous hebdomadaires de la révolution pacifique, des citoyens ont préféré faire leur hirak sans observer la “pause prière de vendredi”. Ils ont dû poursuivre l’insurrection pacifique même entre 13h et 13h30. D’ailleurs, un citoyen qui a déployé pour la circonstance une banderole qui rappelle aux décideurs que “le peuple est assez grand pour décider de son destin”, nous a pris à témoin : “Aujourd’hui (ndlr, hier vendredi), je ne fais pas la prière du vendredi. Je m’acquitterai de cette obligation le soir à la maison, nous sommes en train de mener un combat pacifique contre le système, l’urgence aujourd’hui est de faire tomber le régime politique.” Il importe de souligner que la manifestation a commencé bien avant la fin de la prière de vendredi. Les manifestants ont réussi à occuper les places habituelles de la contestation après une âpre partie de cache-cache avec les policiers qui voulaient les en empêcher.  *Liberté/  samedi 28 septembre 2019

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Octobre 1988, Février 2019

**Nous sommes à la veille du trente-et-unième anniversaire du soulèvement du 5 Octobre 1988. Ce jour-là, des jeunes et des très jeunes Algériens sont sortis crier leur rejet d’un ordre qui leur fermait toute perspective d’épanouissement personnel. Un ordre où le principe népotique organisait la promotion sociale et statutaire parmi les générations montantes.
L’intensité de la soudaine révolte eut un effet sidérant sur le régime en place. Celui-ci a commencé par réagir avec la brutalité naturelle d’un système fondé sur la force et qui s’est indéfiniment imposé par elle. Puis, considérant l’origine politique du séisme, il consentit à des réformes institutionnelles. À un système qui se voulait, et se veut toujours, immuable, Octobre a arraché des concessions historiques : la liberté politique et la liberté d’expression avec, leurs corollaires, le multipartisme, la liberté d’association, de réunion et de manifestation, la liberté de presse…
Soutenues par une société civile opportunément révélée après de longues années d’étouffement, ces avancées se sont vite fait admettre dans leur principe. Mais, depuis, les forces conservatrices, dans les institutions et en dehors d’elles, n’ont eu de cesse de les combattre. Soutenus par l’allié islamiste providentiel, les clans du système se sont attelés depuis trois décennies à vider les réformes de 1988-1989 de leur contenu politique.
Le règne Bouteflika peut se résumer, dans son versant politique, à une campagne de démantèlement des maigres acquis démocratiques ayant survécu à l’épisode sanglant et répressif de “la décennie noire”.
Ceux qui ont imposé Bouteflika l’ont fait exprès pour qu’il se charge de conjurer la perspective démocratique ; ceux qui ne l’ont pas fait exprès et ceux qui, malgré leurs convictions démocratiques, l’ont aidé à s’imposer aux Algériens auront fait preuve d’une indigence politique sévère. Comment pouvait-on penser qu’un carriériste de formation tyrannique monolingue pouvait arriver pour approfondir la démocratie et semer le développement ?! Tout ce qu’il acquérait de culture démocratique, il l’utilisait à ruiner le peu d’éléments de démocratie que ses militants ont pu injecter dans nos institutions. Son plaisir semblait résider dans sa capacité à convertir, par la corruption, un maximum de politiciens “démocratisants” à ses dogmes despotiques et à réduire leur univers conceptuel à quelques formules apologétiques en son honneur !
Plus de trente ans après, le soulèvement a gagné en ampleur et en méthode. C’est probablement ces trente années d’émancipation contrariée qui expliquent la nature du mouvement populaire en cours. Désormais, le système est définitivement menacé parce qu’au “coup d’état permanent”, le peuple opposera une “révolution permanente”. Il y a une volonté de réappropriation populaire définitive de la décision. Derrière la revendication politique, l’Algérie vit une révolution culturelle. Les processus de restauration “systémique”, comme celui accompli par le régime Bouteflika ou comme celui qui tente de renvoyer le pays à l’avant-février, ne seront plus envisageables. Le 12 décembre, de quelque manière qu’il se passe, ne sera pas une date de “fin de l’Histoire”. - par Mustapha HAMMOUCHE - *Liberté-  jeudi 03 octobre 2019

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LA MOBILISATION HEBDOMADAIRE COÏNCIDE AVEC LA CÉLÉBRATION DU 5 OCTOBRE

Un vendredi particulier pour le “hirak”

Hasard du calendrier, le 33e vendredi de mobilisation populaire contre le système intervient à la veille du 5 octobre, date anniversaire des événements du 5 Octobre 1988. Cette coïncidence devrait inciter, comme ce fut le cas le 5 juillet dernier, date anniversaire de l’indépendance nationale en 1962, à une grande mobilisation et ajouter à la détermination des Algériens qui manifestent sans relâche depuis le vendredi 22 février.

Dans cette perspective, une multitude d’appels à une plus forte mobilisation pour les manifestations de demain sont lancés, depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux. “Soyons encore plus nombreux le vendredi 4 octobre” ou encore “Je sortirai le vendredi et le samedi 5 Octobre pour réclamer le départ du système et la libération de l’ensemble des détenus d’opinion” sont autant d’appels lancés sur facebook par les citoyens incitant à une plus grande mobilisation à cette occasion.

Outre les animateurs du hirak, plusieurs organisations sociales ont également appelé à une forte adhésion à la révolution du peuple. Parmi ces dernières, on cite, notamment, la Confédération des syndicats algériens (autonomes) (CSA), qui a rendu publique une déclaration à travers laquelle elle appelé l’ensemble des travailleurs à se joindre au hirak. La CSA, qui fait ainsi siennes l’ensemble des revendications du mouvement populaire, appelle, au passage, à la libération des détenus d’opinion.

Cela, tout comme elle exprime son rejet de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain que le pouvoir tente d’imposer contre la volonté du peuple. La majorité du peuple conteste toute élection organisée par le régime. Le profil des candidats à la candidature, tous des figures du système, accentue davantage ce rejet. Il est certain que les Algériens qui battront le pavé demain exprimeront avec force leur détermination à barrer la route à la feuille de route du régime, laquelle consiste en la solution électorale à la crise que traverse le pays.

Assurément, ils ne manqueront pas non plus de demander la libération des détenus d’opinion qui, pour certains, croupissent en prison depuis plusieurs semaines, placés en détention préventive qu’ils sont. Cette revendication sera certainement l’un des leitmotive forts du hirak ce vendredi, surtout que le régime ne montre aucune volonté de décréter des mesures d’apaisement. Des mesures pourtant posées comme préalables, y compris par le panel de dialogue présidé par Karim Younès qui a préparé, rappelons-le, les deux textes de loi qui encadrent le processus électoral. * *Liberté-  jeudi 03 octobre 2019

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Les Forces de l’Alternative Démocratique dénoncent la répression

Les forces du Pacte de l’Alternative Démocratique ont dénoncé, dans un long communiqué rendu public aujourd’hui, «la répression qui s’abat sur le mouvement populaire visant à installer un climat de terreur afin d’exécuter leur farce électorale dont le résultat est connu par avance». Ce communiqué, publié à l’occasion des événements du 5 octobre 1988, constitue un appel aux Algériennes et Algériens «à rester vigilants et à poursuivre les luttes pacifiques pour arracher un processus constituant à travers une transition démocratique».

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Tout en évoquant les événements du printemps 1980 en Kabylie », l’Alternative démocratique rappelle la révolte du Constantinois en 1986 et les protestations des femmes contre le code de la famille, les luttes des travailleurs de différents secteurs et des militants politiques de diverses obédiences, qui engendrent déjà les premières fissures dans le système du parti unique qui s’est imposé en tuteur du peuple algérien ».**Liberté/  mercredi 02 octobre 2019

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l’expérience d’octobre 1988 :

«Les Algériens ne revendiquent pas un simple ajustement socio-économique

Les Forces de l’alternative démocratique reviennent sur la situation politique du pays en évoquant les événements du 5 Octobre 1988. «Plus de 30 ans déjà que la jeunesse algérienne s’est soulevée pour réclamer haut et fort la justice sociale, les libertés démocratiques et le respect des droits de l’homme», souligne ce bloc politique composé du RCD, du FFS, du PT, de l’UCP, du MDS, du PST et du PLD.

A deux jours de la commémoration de ces douloureux événements, les Forces de l’alternative démocratique appellent à tirer les leçons du passé. Les partis de l’Alternative démocratique estiment ainsi que le mouvement pacifique du 22 Février est «la cristallisation des luttes passées». «Les Algériennes et les Algériens ont ainsi appris que seule la contestation pacifique et unitaire peut venir à bout d’un système politique usurpateur, prédateur et oppresseur.»

Ainsi donc, les Forces de l’alternative démocratique ajoutent en affirmant que «le 22 Février ne revendique pas un simple ajustement socioéconomique ou culturel». Elles estiment que ce mouvement pacifique est une véritable révolution qui «met au centre la question de la souveraineté du peuple».

Pour l’Alternative démocratique, le pouvoir veut «imposer une façade légale qui œuvre à restaurer et à perpétuer le système politique qui a ruiné l’Algérie».

Ce bloc politique, qui rejette la présidentielle du 12 décembre et qui réclame un processus constituant avant toute élection, considère aujourd’hui que «la préoccupation des Algériens n’est pas de chercher des solutions à la crise du système», mais plutôt de «réunir les conditions permettant l’exercice de la souveraineté populaire et de mettre en place un nouveau cadre politique et juridique avant d’envisager toute élection».

Saluant la mobilisation citoyenne, elles dénoncent «la répression qui s’abat sur le mouvement populaire visant à installer un climat de terreur afin d’exécuter ‘‘leur’’ farce électorale dont le résultat est connu par avance».

Tout en s’inclinant devant la mémoire des «martyrs de la liberté et de la démocratie», les Forces de l’alternative démocratique ont lancé un appel aux Algériens à la vigilance afin d’éviter le piège de la provocation et de la violence. Insistant sur le caractère pacifique, elles estiment que la meilleure manière pour arracher «un processus constituant à travers une transition démocratique» est de poursuivre le combat pacifiquement.** Elwatan- jeudi 03 octobre 2019

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*vidéos: 

*Extraordinaire ce peuple Algérien, 04 Octobre à l’occasion du 33 eme vendredi

*Vendredi 33 à Béjaïa – 04 octobre 2019

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Les étudiants algériens exigent la libération des détenus d’opinion

***A Alger, Oran, Constantine, Annaba, Tzi-Ouzou, Bejaia, Tlemcen, Batna… Les étudiants sont sortis pour réclamer le départ du système Bouteflika toujours en place.

Des milliers d’étudiants ont manifesté pour le 32e mardi de la dissidence pour exiger la libération des détenus d’opinion et un changement radical du système de gouvernance en Algérie. Les manifestants, jeunes et des autres couches de la société venues leur prêter main forte, ont dénoncé le vice-ministre de la Défense, détenteur du pouvoir réel en Algérie. Dès la matinée, la police a procédé à de nombreuses interpellations à Alger. Nous ignorons pour le moment le nombre de personnes arrêtées. Les manifestations ont aussi subi des intimidations pour les dissuader de filmer ou de prendre des photos.*dzvid.com -  01 octobre 2019

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Une centaine de manifestants dans les prisons, notamment à El Harrach :

Le barreau d’Alger menace de boycotter les procédures de poursuites

Le barreau d’Alger a rejeté, hier, «toute forme d’atteinte aux libertés et droits fondamentaux des citoyens, notamment le droit de manifester pacifiquement et la liberté d’expression».

Dans une déclaration publique, signée par le bâtonnier, Me Abdelmadjid Sellini, le Conseil de l’Ordre des avocats de la capitale a d’abord «réitéré» son «soutien aux revendications du mouvement populaire pour un Etat de droit et l’indépendance de la justice», avant de dénoncer «les arrestations qui ont ciblé des manifestants pacifiques».

Et d’affirmer que celles-ci «constituent une violation flagrante des droits et libertés consacrés par la Constitution et les conventions internationales». Le barreau d’Alger s’est déclaré «surpris et choqué par certains procédés répressifs utilisés lors des manifestations pacifiques» avant de rejeter «énergiquement ces pratiques» qui, d’après lui, «risquent de rendre plus complexe la situation».

Les avocats de la capitale ont affirmé, par ailleurs, avoir enregistré, «avec regret, de nombreuses violations de la procédure et de la loi, qui touchent aux droits et aux libertés les plus élémentaires ainsi qu’aux droit de la défense dans le traitement des dossiers devant les instances sécuritaires et judiciaires, depuis le droit légal de contacter la famille ou l’avocat jusqu’à l’abus du recours aux mandats de dépôt dans les poursuites engagées malgré le caractère pacifique des manifestations, ce qui est contradictoire avec les aspirations des citoyens à construire une justice indépendante en laquelle ils ont confiance».

En conclusion, le barreau d’Alger a exprimé son refus d’être partie prenante en assurant la légitimité à ces violations et atteintes qui, dans le cas où elles se poursuivent, l’obligent à «boycotter toutes les procédures de poursuites qui mènent vers des procès fictifs».

La réaction du Conseil de l’Ordre des avocats de la capitale est intervenue au moment où le tribunal de Sidi M’hamed, celui de Bainem, la cour d’Alger et le tribunal de Constantine examinaient de nombreux dossiers de manifestants arrêtés durant les marches populaires et estudiantines depuis le 14 juin dernier. * Elwatan- jeudi 03 octobre 2019

**Tribunal Sidi M’hamed à Alger :

« Libérez les otages ! »

La rue de la Liberté, à Alger, a vibré, ce jeudi matin, au rythme de « libérez les otages ! », scandé par des dizaines de manifestants venus exprimer leur soutien aux dizaines de détenus d’opinion qui croupissent dans les prisons. Les protestataires ont hissé des portraits de détenus et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « l’indépendance de la justice est une fatalité historique », « libérez Karim Tabbou » et « libérez Elhadi Kichou ». Le chef de l’armée Ahmed Gaid Salah, les « juges de téléphone » et les médias ont été la cible de slogans très virulents. Les manifestants ont également exprimé leur rejet de l’élection présidentielle prévue le 12 décembre prochain.*Elwatan- jeudi 03 octobre 2019

*Justice : la colère du Bâtonnat d’Alger

Toutes les arrestations opérées parmi les manifestants ou en relation avec le soulèvement du 22 février “sont illégales et arbitraires”.

L’Ordre des avocats d’Alger ne veut pas apporter une quelconque caution aux violations des lois dont use le pouvoir, en assistant aux auditions des détenus du mouvement populaire. Il menace même de recourir “au boycott des auditions”, notamment “celles des détenus du mouvement populaire”, si les autorités “persistent dans la violation des droits et libertés”. Dans une déclaration rendue publique avant-hier en fin de journée, à l’issue de la rencontre de ses membres, tenue à Alger, le Bâtonnat d’Alger a réaffirmé son soutien au mouvement populaire et dénoncé “les multiples formes de violation des libertés et des droits élémentaires des citoyens, notamment le droit de manifester et la liberté d’expression”.

Le bâtonnat considère que toutes les arrestations opérées parmi les manifestants ou en relation avec le soulèvement du 22 février “sont illégales et arbitraires”. “Nous dénonçons toutes les arrestations et les détentions qui ont ciblé des manifestants pacifiques”, car “cela relève d’une violation flagrante des droits et des libertés, garantis pourtant par la Constitution”, mais “aussi par des conventions et des accords internationaux”, ont écrit les avocats adhérents au Bâtonnat d’Alger.

Dans son analyse de la situation, le Bâtonnat de la capitale n’a pas été tendre avec les tenants du pouvoir et leurs pratiques. “Nous sommes à la fois étonnés et choqués par les pratiques répressives dont sont victimes les manifestants pacifiques, qui expriment pourtant leur indignation face à ces mêmes pratiques arbitraires”, lit-on dans la déclaration, rappelant que “l’indépendance de la justice et des magistrats est l’une des revendications phare du mouvement populaire”.

Plus précis dans ce qu’il dénonce, le bâtonnat a souligné qu’il est “témoin”, depuis une période, “de toutes ces violations des lois et des procédures qui attentent aux plus élémentaires des droits et des libertés, mais également aux droits de la défense, qu’il soit devant les services de sécurité ou devant les autorités judiciaires”. Dans la déclaration signée par le bâtonnier Me Sellini, il est précisé que, selon la loi, un prévenu “peut légalement appeler ses proches ou un avocat”. Or, visiblement, “les personnes arrêtées n’en avaient pas bénéficié”, dénonce l’Ordre des avocats d’Alger.

La même déclaration a dénoncé, encore, “le recours abusif aux mandats de dépôt”. Des incarcérations qui ont touché “toutes les couches de la société”, malgré “leur comportement exemplaire et pacifique lors des manifestations”. Pour le Bâtonnat d’Alger, “ces pratiques sont en porte-à-faux avec les aspirations du citoyen qui aspire à mettre sur pied une justice indépendante en laquelle il aura confiance”. Par ailleurs, le bâtonnat a souligné qu’il s’en tient toujours à toutes ses récentes déclarations de soutien au mouvement populaire et à ses aspirations à fonder un État de droit et une justice indépendante. *Liberté-  jeudi 03 octobre 2019

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L’appareil judiciaire face au verdict de l’Histoire

**La politique répressive adoptée par le pouvoir en place à l’égard de figures et de militants du mouvement populaire a placé l’appareil judiciaire devant une responsabilité historique que les hommes qui le constituent ne veulent visiblement pas assumer. Certains parmi ceux qui sont appelés à rendre justice au nom du peuple algérien, tel que l’édicte la Constitution, sont, malheureusement, en train de se muer en bras inquisiteur d’un système aux abois. Cerné de toutes parts par un peuple vaillant et déterminé qui continue, depuis plus de sept mois, à battre le pavé à travers le pays pour faire entendre sa voix, le régime tente de se sortir du guêpier, en renouant avec ses réflexes ataviques d’oppression de la société.
Le traitement judiciaire réservé ces dernières semaines aux dossiers de militants politiques et de manifestants du mouvement populaire donne un aperçu éclatant des dangereuses dérives qui peuvent découler de l’intrusion des politiques dans le travail de la justice. L’indépendance de la justice, principe cardinal de l’État de droit, est foulé aux pieds au vu et au su de tous.
Des hommes politiques et des activistes de la révolution citoyenne sont jetés en prison, souvent pour avoir simplement exprimé un point de vue que n’agréent pas les tenants du système. Le coup de gueule poussé par le Bâtonnat d’Alger quant aux violations flagrantes des droits constitutionnels des citoyens à s’exprimer et à manifester est, sans doute, le signe que la situation devient de plus en plus intenable. Les avocats de la capitale et leurs confrères des wilayas alentour sont en effet, presque chaque jour que Dieu fait, témoins des abus de l’appareil judiciaire, utilisé pour mater la formidable insurrection citoyenne qui, pourtant, ne cesse d’ébahir le monde par son pacifisme à toute épreuve. L’Histoire retiendra que les Robes noires sont restées fidèles à la marche du mouvement populaire et à ses revendications. Mais comme le pouvoir en place demeure sourd aux mises en garde contre les conséquences de sa politique répressive et de ses atteintes récurrentes aux droits et libertés, les avocats d’Alger menacent de boycotter les auditions des détenus du mouvement populaire.
C’est, en effet, le moins qu’ils puissent faire devant l’entêtement maladif des tenants du pouvoir et leur persistance à dénier aux Algériens le droit à l’émancipation. *par Hamid SAIDANI - Liberté-  jeudi 03 octobre 2019

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*Sétif : les habitants de Bousselam scellent le bureau des élections

Des centaines de citoyens de la commune de Bousselam, à 80 kilomètres au nord de Sétif, se sont déplacés ce jeudi matin au siège de l’APC où ils ont procédé à la fermeture du bureau des élections.

« Nous étions environ 300 habitants de la commune de Bousselam. Nous avons demandé aux membres de l’APC d’exprimer publiquement leur refus d’organiser l’élection présidentielle rejetée par le peuple. Les élus ont tenu une réunion de près 30 minutes avant de sortir avec la décision portant refus d’organisation de l’élection présidentielle. Les citoyens ont ensuite scellé le bureau des élections », a appris elwatan.com de sources locales.

Dans le PV de réunion, signé par 12 élus  sur les 15  que compte l’APC on peut lire « Nous, les membres de l’APC de Bousselam, annonçons notre rejet total de l’opération électorale prévue le 12 décembre 2019 ». Pour rappel, des millions de manifestants, qui sortent chaque vendredi et mardi à travers le pays, n’ont pas cessé d’exprimer leur rejet de l’élection présidentielle prévue le 12 décembre prochain.*Elwatan- jeudi 03 octobre 2019

**M’chedallah (Bouira) : Le personnel des six APC refuse d’encadrer les élections

Le rejet de l’élection présidentielle se précise et les actions de contestation se multiplient à Bouira. En effet, après le refus affiché par les six maires de la daira de M’chedallah de participer à l’organisation du scrutin annoncé pour le 12 décembre prochain, c’est au tour du personnel et des travailleurs des six communes de la région d’adhérer à l’action des élus.

Dans un communiqué rendu public hier, le collectif des fonctionnaires des APC de M’chedallah, Ahnif, Saharidj, Chorfa, Ath Mansour et Aghbalou a décidé de ne pas participer à «l’encadrement du l’élection présidentielle».

Qualifiée de mascarade, les signataires du document ont lancé un appel aux travailleurs de toutes les APC du pays d’adhérer au «mot d’ordre» du peuple de ne pas cautionner «les manœuvres du pouvoir», ils ont appelé également à la libération des détenus politiques et d’opinon. En plus de cette revendication, les signataires ont réclamé la cessation des arrestations à l’encontre des manifestants.

La mobilisation populaire contre l’élection prévue pour le 12 décembre prochain s’amplifie de plus en plus, et ce, à travers des actions de protestation. Avant-hier, des citoyens ont cadenassé, à l’aide de planches, les bureaux des élections au niveau des APC de Saharidj et de Taghzout, situées respectivement à l’est et au nord de Bouira.   **Elwatan- jeudi 03 octobre 2019

**Annaba : Le patron de la BRI arrêté en flagrant délit de corruption

Le patron de la brigade de recherches et d’investigations (BRI), relevant de la sureté de wilaya de Annaba a été arrêté hier en flagrant délit de corruption, a constaté Elwatan.com sur place. Il était presque 20h lorsque, N.L (46 ANS), le commissaire, mis en cause, eut été interpelé à sa sortie d’un magasin de parfums de luxe, sur le Cours de la révolution, par un groupe d’agents en uniforme et en civil, appartenant à la brigade criminelle de la même sureté.

Choqué, il a tenté de résister face à ses collègues avant de céder et d’être logé à l’arrière d’un 4×4 de couleur blanche. Selon les premières informations, l’objet de la corruption est une somme de 50000DA, un costume et une boite de confiserie (Chamia)contre une protection policière fictive. Les services de sécurité ont agi suite à une plainte déposée par un jeune résident à Annaba qui s’est présenté, il y a plusieurs jours, au nouveau procureur général de Annaba. Sensible, cette affaire l’est, à plus d’un titre, de part le statut de Police judiciaire du suspect qui a poussé la sureté de wilaya à saisir le parquet général pour décider des suites à réserver à ce délicat dossier. Le procureur s’en est, par la suite, référé à sa hiérarchie – le ministère de la justice- qui, malgré sa sensibilité, a donné immédiatement son accord, pour que l’affaire soit traitée. Et c’est à partir de ce moment que la brigade criminel a convenu de tendre une sourcière à cet officier supérieur qui a été ponctuée par son arrestation. *Elwatan- jeudi 03 octobre 2019

*Mouvement syndical :

L’Unpef réitéré leur soutien inconditionnel au mouvement du 22 Février.  et réclame la libération des détenus d’opinion

L’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) a déclaré, lors de sa 35e session ordinaire de son conseil national, son refus catégorique à l’ingérence étrangère dans les affaires internes de l’Algérie.

Réunis à Blida du 29 septembre au 1er octobre, les membres de cette union ont réitéré leur soutien inconditionnel au mouvement du 22 Février. Pour ces syndicalistes de l’éducation, les élections restent l’unique chemin vers une solution à la «crise» politique que vit actuellement le pays. Un processus électoral qui ne peut être réussi qu’avec des conditions d’apaisement encourageant le peuple algérien à se diriger vers les urnes.

Parmi ces conditions, l’Unpef cite la suspension immédiate des arrestations des militants du hirak et exige la libération immédiate des détenus d’opinion.

Cette union, qui fait également partie de la Confédération des syndicats algériens (CSA), a appelé à la levée de l’embargo sur la presse publique et privée et tous les espaces publics afin de garantir la liberté de regroupement pacifique, notamment dans la capitale. Reprenant les appels lancés dans les mouvements populaires du vendredi, l’Unpef considère que le départ du gouvernement de Noureddine Bedoui est une condition essentielle à l’apaisement et à la réussite du processus électoral.

Ces syndicalistes ont également eu à débattre durant cette rencontre de la situation du secteur de l’éducation et ont formulé une dizaine de revendications.

Parmi ces dernières, figurent la revalorisation des salaires, la réduction du volume horaire pour les trois paliers, la régularisation des enseignants formés après juin 2012 afin de leur permettre d’accéder au grade d’enseignant formateur et la révision de la classification des maladies liées au travail. Cette rencontre a également été l’occasion de demander, encore une fois, la reconduction de la mesure de retraite proportionnelle et la retraite sans condition d’âge et réclamer leur droit à la participation à l’élaboration du nouveau code du travail.*Elwatan- jeudi 03 octobre 2019

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*La députée Mathilde Panot interpellée à Béjaïa.

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**La députée Mathilde Panot, vice-présidente du groupe parlementaire de la France insoumise, le parti de Jean-luc Mélenchon, a raconté dans un communiqué, publié ce mercredi, les circonstances de son interpellation, hier à Béjaïa.

En visite en Algérie depuis dimanche, la députée française ainsi que la délégation qui l’accompagnait ont été « immobilisés », mardi à Béjaia, pendant de longues heures par la police algérienne, et ce « sans aucun motif », a signalé la députée sur sa page FacebookLa députée raconte avoir été arrêtée à deux reprises, « après avoir échangé avec des étudiants et professeurs de la marche du mardi, nous avons été arrêtés une première fois puis amenés au commissariat. On nous garde 1h15 sans jamais nous donner de motifs puis nous sommes libres de partir ». Quant à la seconde fois, ils ont été arrêtés, elle et sa délégation à un barrage routier où on leur saisit les passeports, puis ils sont escortés vers Alger. « Depuis nous sommes sous surveillance dans un hôtel à Alger », a indiqué Mathilde Panot.

« Aujourd’hui je devais faire une conférence débat avec les citoyens sur les révolutions citoyennes et l’écologie. Il semble que cette conférence est désormais interdite. Par crainte de quoi ?», s’est-elle interrogée. Elle a également tenu à expliquer les raisons de son déplacement en Algérie : « je ne suis pas venue en Algérie pour créer du trouble. Je rendais visite à des citoyens engagés pour la justice sociale et la démocratie. J’ai rencontré des responsables et des élus de plusieurs partis progressistes, le réseau de lutte contre la répression, des citoyens. (..) ».

« C’est par curiosité intellectuelle et par fraternité entre les peuples, que je suis venue adresser un signe d’amitié pour le peuple algérien », a-t-elle conclu son communiqué. **Sihem Benmalek / *Liberté/  mercredi 02 octobre 2019

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Les Oranais rejettent la présidentielle

Les citoyens ont, une nouvelle fois, dénoncé l’élection que le pouvoir tente d’organiser le 12 décembre prochain. 

Pour les quelques milliers de manifestants qui ont envahi les artères principales de la capitale oranaise, la présidentielle vise à “régénérer le système” contre lequel les Algériens sont justement sortis un certain 22 février. “Tous ceux qui prétendent se porter candidats font partie du pouvoir dont nous voulons nous débarrasser. Les Tebboune, Benflis, Belkhadem ont tous sévi sous l’ère Bouteflika. Ils ont été ministres et Premiers ministres et ont appliqué ses directives, ils ne peuvent pas aujourd’hui prétendre avoir été victimes du système ou représenter le hirak !”, ont dénoncé les manifestants en scandant des slogans hostiles à ces figures du système honni qui s’apprêtent à se présenter au scrutin. Convaincus que l’élection présidentielle de décembre “vise à sauver le pouvoir”, les manifestants ont d’ailleurs exhumé l’un des premiers slogans de la révolution, lorsque l’on s’apprêtait à faire passer le 5e mandat. “Macanch el-khamssa ya Bouteflika”, ont-ils scandé au départ de la marche place du 1er-Novembre. “Nous avons compris que l’élection qu’ils veulent imposer servira uniquement les intérêts du système que nous combattons. C’est, par conséquent, un prolongement de la vie d’un régime que nous rejetons et contre lequel nous allons continuer de nous battre”, a déclaré un hirakiste de la première heure pendant que des manifestants scandaient leur détermination à lutter jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications. “Nous ne craignons ni les arrestations ni la prison et nous ne cesserons notre combat que lorsque la volonté du peuple sera appliquée. Et le peuple exige qu’ils partent tous !”, ont assuré les manifestants. Les menaces proférées par le chef d’état-major de l’armée contre ceux qui s’opposent à l’organisation de l’élection présidentielle n’ont pas eu l’effet escompté sur les Oranais./ “S’ils n’étaient pas aussi déconnectés de la réalité, ils auraient compris que nous ne nous contenterons pas de demi-mesures. L’Algérie que nous voulons, nous la construirons sans eux et malgré eux. Ils doivent admettre cette réalité : le peuple s’est réveillé, il est souverain et il leur dit tetnahaw gaâ”, a résumé un manifestant.*Liberté/  samedi 28 septembre 2019

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LA PRESSE INTERNATIONALE COMMENTE LE 31E VENDREDI

“La mobilisation a atteint des niveaux jamais vus depuis avril”

Les agences de presse, telles que Reuters et Associated Press, ont relevé que les Algériens étaient nombreux  au rendez-vous hebdomadaire pour exiger le départ de tous les résidus et les symboles de l’ancien régime.

Le 31e acte de contestation populaire qui a été marqué ce vendredi par une mobilisation exceptionnelle, a suscité un regain d’intérêt particulier de la presse internationale. Ce regain d’intérêt est motivé notamment après que les nouveaux tenants du pouvoir ont décrété l’interdiction d’accès à la capitale aux manifestants venant d’autres régions du pays. Sous le titre “En Algérie, le pari perdu du général Gaïd Salah”, Le Monde dans son édition à paraître aujourd’hui dimanche relève qu’une foule immense a manifesté à Alger, “en dépit de l’important dispositif policier”.

Le journal français insiste sur le fait que la mobilisation des Algériens d’avant-hier reste inhabituelle et ressemble à celles des premiers vendredis de la contestation populaire. “Dans la capitale, la mobilisation atteignait des niveaux jamais vus depuis le mois d’avril”. Et même si “le régime avait pourtant montré plusieurs signes de durcissement”. Le commentateur rappellera plus loin que “ni la marche forcée vers l’élection, prévue le 12 décembre, ni les arrestations, ni la fermeture de la capitale n’ont réduit la mobilisation”. Le journaliste conclura par un commentaire qui résume l’état d’esprit des hirakistes en relevant que “la colère s’oriente désormais vers l’autre camp”.

La Tribune de Genève relèvera que les Algériens sont encore descendus dans les rues. “Ils étaient des milliers à Alger, à défier l’important dispositif policier mis en place”, rapporte le quotidien suisse. Le commentateur du journal expliquera, sous le titre “Manif à Alger : mettez-nous tous en prison”, que la mobilisation des Algériens était au rendez-vous, et ce, “en dépit d’un déploiement des forces de sécurité encore plus important que lors des vendredis précédents”. Plus loin, le quotidien helvétique ne manquera pas de rappeler que les services de sécurité ont opéré plusieurs interpellations de manifestants.

“La police a multiplié ces dernières semaines les arrestations à Alger avant le début des manifestations hebdomadaires du vendredi”. Le quotidien belge Le Soir préfère, en revanche, titrer son commentaire publié dans l’édition d’hier samedi : “Alger fermée à ses manifestants”, tout en nuançant que “la grogne des Algériens, qui réclament un changement profond du système politique, est intacte. L’armée a décidé de serrer la vis”.

Qualifiant les Algériens “d’infatigables”, le journal soulignera encore que “pour le 31e vendredi consécutif, les Algériens ont pris d’assaut les rues de la capitale. Ils étaient des milliers à manifester ce vendredi, alternant les slogans virulents contre le pouvoir en place”. 

Le quotidien espagnol El Pais signalera, pour sa part, que les Algériens étaient nombreux à sortir vendredi dans les rues pour réitérer le rejet des élections. “Des centaines de milliers de personnes sont sortis dans les principales villes algériennes pour protester contre le régime, plus précisément contre la proposition d’organiser des élections présidentielles en décembre”.

Pour leur part, les agences de presse internationales, à l’image de Reuters et Associated Press, ont relevé dans leurs comptes rendus que les Algériens étaient nombreux au rendez-vous de vendredi pour exiger le départ de tous les résidus et les symboles de l’ancien régime politique. *Liberté dimanche 22 septembre 2019

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*Les généraux désemparés et désorientés face au pouvoir de la rue

*Les manifestations populaires de ce 20 septembre 2019 auront été remarquables par leur ampleur, mais aussi par les messages qu’elles ont délivrés. Si bien qu’elles constituent incontestablement un des moments les plus forts du mouvement du 22 février. En drainant des foules immenses un peu partout à travers le pays, ce 31e vendredi a sonné comme un cinglant démenti à cette thèse que certains avançaient volontiers, selon laquelle le mouvement populaire serait entré dans une phase de reflux annonciateur de sa fin proche. Et le démenti vaut aussi, en toute logique, pour toutes les options et stratégies bâties sur ce postulat qui, de fait, se révèle faux. Le choix d’aller à une élection présidentielle au pas de charge, sans éprouver le besoin de convaincre ni les opposants, ni les acteurs politiques et sociaux, ni même les citoyens électeurs, procédait sans doute de cette certitude que le mouvement était finissant.
Et qu’il suffisait de quelques arrestations ciblées et d’un nouveau “tour de vis” autour de la capitale pour hâter la mort de la contestation populaire et ouvrir grande la voie à une élection présidentielle dans “les délais prévus”. C’est ainsi que le pouvoir a osé faire ce qu’il n’aurait jamais dû faire : se mettre face à un autre pouvoir, celui de la rue.
Comme toute démarche politique, celle-ci n’a pas manqué de soutien. Abstraction faite de leur passé récent peu glorieux et de leur crédibilité plus qu’entachée, ils ont accouru pour applaudir la convocation du corps électoral, sans souffler mot sur les arrestations de militants politiques et de manifestants. Ainsi, après la bénédiction totale et sans réserve des partis de l’ex-Alliance présidentielle qui faisaient allégeance à Bouteflika mandat après mandat, l’on a enregistré l’acquiescement de quelques “présidentiables” supposés qui, tout comme le FLN, le RND, TAJ ou le MPA, ne s’encombrent pas trop de l’opinion quand il s’agit de préserver leur position dans la périphérie du pouvoir. Ainsi, comptant solliciter les suffrages du peuple sous peu, ils commencent par prendre position pour une élection rejetée par le peuple !
Mais combien de projets de candidatures pourront résister au “tsunami populaire” qui, vendredi, a pris un nouveau départ et semble promis à gagner en ampleur les prochaines semaines ? Sur les réseaux sociaux — il faut toujours s’y fier — rendez-vous est déjà pris pour le… 37e vendredi. Et pour cause : ce sera un 1er novembre. Sans doute un remake du 5 juillet dernier. Peut-être le coup de grâce à la présidentielle projetée. Et aux candidats qui auront ignoré les clameurs de la rue. **Liberté dimanche 22 septembre 2019-  par Said CHEKRI

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ARRÊTÉ AU LENDEMAIN DE SA REMISE EN LIBERTÉ

Karim Tabbou à nouveau en détention préventive

Il n’a même pas eu le temps de savourer sa liberté… provisoire. Des hommes en civil l’ont appréhendé chez lui, le lendemain de sa libération, sans même informer sa famille et sa défense de son lieu de détention.

Figure emblématique du mouvement populaire de contestation du régime actuel et coordinateur national de l’Union démocratique et sociale, Karim Tabbou a été placé, ce jeudi  après-midi, à nouveau, en détention préventive, cette fois-ci par le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, annonce son avocat, Me Mustapha Bouchachi, qui précise que, pour l’instant, il ne dispose pas d’informations sur les raisons de cette nouvelle incarcération, ni sur la nature des accusations portées contre lui”.
Moins de vingt-quatre heures après sa libération, Karim Tabbou a été interpellé vers 8h30, à son domicile situé à Douéra. Sa famille et sa défense étaient jusqu’à hier, en fin de matinée, sans nouvelles de lui. Mustapha Bouchachi s’est déplacé jeudi au tribunal de Koléa, où il a été présenté lors de sa précédente arrestation, mais le procureur de la République lui a affirmé qu’“il n’avait pas un dossier Tabbou”. D’instance judiciaire à une autre, le collectif de défense a fini par trouver sa trace.
Ses avocats, Mes Abdelghani Badi et Mustapha Bouchachi, dénoncent une violation de l’article 51 du code de procédure pénale. L’article en  question stipule que, “tout en veillant au secret de l’enquête, l’officier de police judiciaire est tenu de mettre à la disposition de la personne  gardée à vue tout moyen lui permettant de  communiquer immédiatement avec sa famille et de recevoir des visites”. Me Bouchachi rappelle que la première fois Karim Tabbou a appelé son épouse, “mais cette fois-ci rien”.  Ses amis et tous ceux qui ont essayé de l’appeler, dès qu’ils ont appris l’information de son arrestation, n’ont pas pu le joindre. Même sa famille n’était pas au courant du lieu de sa détention. D’ailleurs, elle a rendu publics deux communiqués dans lesquels elle s’interrogeait sur son lieu de détention. Hier à 11h30, dans un poste sur facebook, elle a exprimé à nouveau son inquiétude : “Après plus de 24 heures de l’arrestation de Karim Tabbou, une longue journée d’hier et une nuit cauchemardesque pleine d’inquiétudes et d’incertitude, nous avons le regret de vous informer qu’à cette heure précise, nous demeurons sans nouvelles du sort réservé à notre fils et frère.” 
Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, a estimé, pour sa part, que les circonstances de l’embarquement de Karim Tabbou relèvent d’une “situation   grave qui suscite beaucoup de questions”. Interpellé une première fois, le mercredi 11 septembre, le porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS, parti non agréé) a été placé, le lendemain, sous mandat de dépôt, par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa pour atteinte “au moral des troupes de l’armée”.  Mais la chambre d’accusation de la cour de Tipasa a décidé, mercredi dernier, de le remettre en liberté provisoire, en attendant la programmation de son procès. Par ailleurs, deux militants de l’association RAJ ont été, également arrêtés, avant-hier à Alger-Centre. “Il s’agit de Karim Boutata et d’Ahcène Kadi. Nous nous inquiétons beaucoup de leur sort”, a indiqué Me Abdelghani Badi. *Liberté/  samedi 28 septembre 2019

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*Karim Tabou remis en liberté.

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*Karim Tabbou, coordinateur national du parti non-agréé de l’Union démocratique et sociale (UDS), a été remis en liberté ce mercredi 25 septembre 2019 par la chambre d’accusation de la cour de Tipasa. La Cour de Zeralda a accepté la demande du collectif des avocats qui ont introduit un appel de la décision du tribunal de la même ville concernant son placement sous mandat de dépôt, pour « atteinte au moral de l’armée ».  L’information a été confirmée par Me Mustapha Bouchachi. médias- mercredi 25 septembre 2019

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Gaïd Salah : isolé dedans, lâché dehors,

**par Saïd Sadi

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Seuls Gaid Salah et son staff immédiat n’ont pas vu arriver le face à face avec le peuple auquel les exposait inexorablement leur aveuglement. Si des méthodes de luttes ne sont pas rapidement adaptées afin de presser intelligemment et efficacement un pouvoir aux abois, cette situation, lourde d’affrontements potentiels, peut engager l’armée dans une aventure désastreuse. La réaction de bête blessée n’est pas rare dans ce genre de séquences. C’est de ce type de ruade qu’il faut impérativement protéger le pays.

Les positions confuses et incohérentes exprimées par des propos hebdomadaires sommaires et brutaux du vice-ministre de la défense ont irrité depuis longtemps sans pour autant avoir provoqué de divorce définitif avec les manifestants. Cependant, son annonce officielle visant à interdire l’accès à la capitale lui sera fatale en ce qu’elle marque le virage d’une gestion militaire assumée de la vie publique. Un état d’urgence qui ne dit pas son nom. L’opération sera un double échec. L’oukase a, en effet, eu l’effet inverse de celui escompté puisque dans tout le pays la mobilisation a été l’une des plus importantes depuis le printemps et, plus grave pour le vieux général, il a dressé entre lui et les populations un mur de défiance que seule la défaite de l’une des deux parties peut faire tomber.

La campagne d’isolement d’Alger, assortie d’une menace de confiscation de véhicules, sera entendue pour ce qu’elle est : un insupportable viol de la loi et une agression que la mémoire collective a aussitôt assimilé à une certaine bataille qui avait transformé en 1957 tout voyage sur la capitale en aventure à haut risque pour ceux que l’on appelait alors les indigènes. Pour des raisons juridiques, politiques et symboliques cet outrage sera la goutte qui fera déborder le vase. Désormais, Gaid Salah est et sera la cible première des manifestants.

Chez le vieil homme, le défi populaire se traduit par un surplus d’affolement qui accélère une noria de nominations-évictions qui tétanise encore plus les commis de l’Etat et achève de gripper une chaîne de commandement déjà bien déréglée. Ce chamboulement qui affecte d’abord le secteur militaro-policier, n’épargne pas les structures civiles. Le doute gagne les collaborateurs les plus intimes. Du coup, le réflexe est à la prudence voire l’esquive, chacun redoutant d’associer son nom à des décisions sur lesquelles il serait amené à rendre des comptes dans un avenir que tous subodorent imminent.

Placé en première ligne, isolé, apeuré, à court d’arguments et dépossédé d’une force d’intimidation par laquelle il s’est (ou on l’aurait) intoxiqué, Gaid Salah est nu. Pour un homme dont l’exercice du pouvoir s’est toujours réduit à la menace et aux sanctions, le fait de se voir ouvertement défié dans son autorité est une humiliation.

Les « problèmes volant en escadrille », il apparaît un front extérieur tout aussi, sinon plus contraignant que la répudiation nationale que viennent de lui signifier les citoyens ce 31éme vendredi.

Les sponsors étrangers regroupés autour du trio Arabie saoudite, Emirats arabes unis et Egypte manifestaient depuis le début de l’été quelques signes d’impatience pour ne pas dire de sérieux doutes sur la possibilité de voir le chef d’état major venir rapidement à bout d’un foyer de « subversion hérétique ». On sait que c’est par leur intermédiaire que les USA ont décliné l’offre d’instaurer un régime à la Sissi en Algérie. Même la précieuse mission de sous-traitance sécuritaire fidèlement exécutée aux confins libyens et sur les bordures nord du Sahel ne suffit plus à se faire tolérer en tant que partenaire fréquentable. Depuis la rentrée sociale, la bienveillance des trois tuteurs se décline en observations qui tiennent plus de la préparation à l’épilogue que du protectorat initial auquel a été soumise l’Algérie.

En plus de la permanence et de l’amplification de la contestation citoyenne, l’incapacité à prendre des décisions qui stabilisent un écosystème institutionnel fiable et opérationnel trouble et inquiète des parrains eux mêmes sujets à des turbulences qui n’autorisent plus de grande marge de manœuvre en matière de velléités d’expansionnisme politique et idéologique.

Le chèque en blanc et celui, sonnant et trébuchant, accordés par Ryad et Abou Dhabi à l’état-major soudanais pour mater la révolution de Khartoum n’a pas servi à grand chose. Aidés financièrement et cautionnés pour le pire, ces militaires sont allés jusqu’à commettre l’irréparable en tirant sur la foule. Ils ont fini par capituler sur le principe de transférer le pouvoir aux civils. Et depuis le fiasco soudanais, les déconvenues se sont multipliées pour les trois régimes despotiques.

Lancée contre l’un de ses principaux champs pétroliers, une attaque au drone- revendiquée à tort ou à raison par les Houtis – a obligé l’Arabie Saoudite à réduire de moitié sa production. Du coup, la monarchie wahhabite est sommée par son mentor américain de trouver un compromis avec la rébellion yéménite pour éviter une escalade dans une zone qui fournit l’essentiel de son énergie au monde occidental.

De leur côté, les Emirats englués dans la crise libyenne ne parviennent pas à donner un avantage décisif à leur protégé Haftar contre son rival, le premier ministre Saradj, soutenu, lui, pas la Turquie et le Qatar. L’union Européenne, grande pourvoyeuse d’armes d’Abou Dhabi, cache mal son agacement de voir les Emiratis tisonner sur un territoire si proche et stratégique à maints égards : approvisionnement en pétrole, terre de départ d’une émigration sauvage qui déchire la diplomatie européenne et pollue les débats nationaux…

Par ailleurs, il faut se souvenir qu’avec l’avènement de Bouteflika, l’ouverture du marché algérien aux investissements émiratis à des conditions préférentielles a concerné des secteurs économiques majeurs comme la pétrochimie, le bâtiment, les services, la finance…La protection de ces intérêts commande maintenant d’anticiper l’évolution d’une situation politique qui échappe de plus en plus à l’homme que l’on a cru utile d’adouber.

Enfin, le soutien de la corde au pendu consenti par les Américains à Sissi commence à montrer ses limites. C’est mon dictateur préféré a récemment lâché le très délicat Trump en parlant du maître du Caire. Le jugement résonne comme un sursis. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives des manifestations qui agitent ces derniers jours l’Egypte, on peut d’ores et déjà considérer qu’elles ne contribueront pas à donner plus de crédibilité et de sérénité aux pouvoir local.

Soulagée des interférences toxiques moyen-orientales, la révolution algérienne a plus de chance d’arriver à bon port et constituer un exemple vertueux pour le processus de démocratisation du sous-continent nord-africain.

Au nord, les nuages s’amoncellent lentement et progressivement. Après les Nord-américains, les Européens renforcent leur surveillance sur les soudains mouvements des capitaux qui fuient massivement l’Algérie. Le pays est quasiment sous embargo. Un monde vacille.

Voilà brièvement résumé l’environnement national et le contexte géopolitique dans lequel évolue l’omnipotent chef d’état-major de l’armée algérienne.

Ouvertement et puissamment contesté dans le pays, le général Gaid Salah est vécu par ses désormais ex-protecteurs comme un boulet avec lequel il ne fait pas (plus) bon se commettre.

Il reste aux élites algériennes à se hisser à la hauteur d’une révolution citoyenne qui a clairement et courageusement révélé la problématique d’une tragique impasse nationale tout en assumant ce qu’un tel constat implique comme exigence historique : la rupture avec l’autoritarisme.
Cela suppose un nouveau calibrage du combat si l’on veut raccourcir ces périodes de flottement stratégique propices aux manipulations les plus sordides avec les dérapages propres à ce genre de conjonctures. Le problème est d’éviter que la chute d’un homme hypothèque la réalisation d’un destin auquel peu de monde osait croire il y a à peine quelques mois.
C’est parce que les Égyptiens n’ont pas été au bout de leur rêve qu’ils sont obligés de rejouer le match qui a toujours opposé la démocratie au militarisme dans nos contrées.

Saïd Sadi
Le 24 septembre 2019.

**dzvid.com-  mercredi 25 septembre 2019

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*Le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, 

“S’il y a élection, le futur président sera illégitime”

Bien qu’il ne soit pas d’accord avec l’initiative de l’Instance de dialogue et de médiation menée par Karim Younès, le leader de Jil Jadid croit dur comme fer que “seuls le dialogue et la concertation pourront régler la crise politique que vit notre pays”.

Le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, a estimé, lundi soir à Tichy (Béjaïa), qu’il ne pourra pas y avoir de sortie de crise en Algérie avant de réinstaurer la confiance entre le peuple et ses dirigeants. Animant un café littéraire, ayant pour thème “Quelle issue pour la révolution populaire en marche ?”, organisé par l’association culturelle Asaki (Éveil) de Tichy, à la maison de jeunes Achour-Idir de Baccaro, le conférencier a tenu à rappeler que le conseil national de son parti a déjà pris la décision, le 14 septembre dernier, de ne pas participer à l’élection présidentielle fixée au 12 décembre prochain. “En l’absence de conditions favorables à la tenue d’une élection libre et transparente, nous avons décidé de rejeter l’agenda électoral imposé par le pouvoir. Il n’y a pas de garanties quant à l’issue favorable du processus électoral engagé dans la précipitation.

De ce fait, s’il y a vraiment élection, le futur président sera illégitime”, a-t-il soutenu. Avant d’appeler à “l’annulation pure et simple de la présidentielle annoncée par le chef de l’État par intérim”. Évoquant la nature du pouvoir algérien, l’hôte de la ville de Tichy affirmera que “l’État algérien s’est fondé autour d’un régime militaire instauré depuis l’indépendance. Cela est un fait incontestable”. Néanmoins, il se dit persuadé que “l’armée peut contribuer au processus de construction d’un véritable État démocratique, comme ce fut le cas du Portugal”. Après avoir rappelé les actions menées sur le terrain, avant l’avènement du hirak, par des forces politiques hostiles au pouvoir en place, notamment par le mouvement Mouwatana, Soufiane Djilali soutiendra qu’“à l’époque, d’aucuns tentaient de nous dissuader, affirmant que ce peuple est amorphe. Mais, finalement, le soulèvement populaire du 22 février aura tout chamboulé”. Bien qu’il ne soit pas d’accord avec l’initiative de l’Instance de dialogue et de médiation menée par Karim Younès, le leader de Jil Jadid croit dur comme fer que “seuls le dialogue et la concertation pourront régler la crise politique que vit notre pays”. Pour lui, sans la volonté d’aller vers un dialogue serein, inclusif et responsable, aucune élection ou autre initiative politique ne pourra aboutir au dénouement de cette crise politique et institutionnelle. “Les tenants du pouvoir ne lâcheront pas facilement les commandes. Autant négocier avec eux.

Autrement dit, il faudra accompagner le régime à s’en aller”, a-t-il dit. L’orateur se montre optimiste quant à l’aboutissement du combat pacifique que mènent les Algériens depuis sept mois, “quand bien même cela devrait prendre encore plus de temps”. Son optimisme est dicté essentiellement par le fait que “le peuple algérien fait preuve d’un éveil de conscience et du devoir d’agir”. “Le peuple est le seul garant des résultats de toute élection. Du coup, il vaincra un jour”, a-t-il souligné. Par ailleurs, M. Djilali n’a pas hésité à égratigner certains partis de l’opposition, en déclarant que les partisans de la transition démocratique n’ont même pas pris la peine d’expliquer les voies et moyens à mettre en œuvre pour la concrétisation d’une telle initiative politique. “La plupart des partis qui plaident pour un ‘processus constituant’ n’arrivent même pas à transcender leurs crises internes”, a-t-il asséné à l’adresse des formations politiques se réclamant des Forces de l’alternative démocratique.**Liberté/  mercredi 25 septembre 2019

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Pas de présidentielle avant le départ du système, clament les étudiants

**Grande mobilisation des étudiants pour ce 31e mardi de suite contre le système politico-militaire en place.

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Des dizaines de milliers d’étudiants ont organisé des marches et des rassemblements, à travers le pays, pour dénoncer les violations des libertés, réclamer la libération des détenus d’opinion et réitérer leur rejet des élections avant le départ du système et des figures qui l’incarnent.

A Alger, les étudiants étaient nombreux à marcher, en empruntant leur traditionnel itinéraire, allant de la Place des Martyrs à la Grande Poste. Mais aujourd’hui, se fut « un mardi plutôt calme par rapport à la semaine dernière ou de nombreux étudiants ont été interpellés par les forces de l’ordre », signale Mohamed Lamine Aberkane, qui a couvert la marche des étudiants à Alger pour la radio Chaine3.

Les étudiants ont dénoncé le vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah qui veut imposer une élection présidentielle organisée par les mêmes hommes qui ont servi le système Bouteflika.

Et comme à l’accoutumée, de nombreux citoyens, de tout âges et de toutes conditions, ont pris part aux marches et aux rassemblements des étudiants.***dzvid.com-  mardi 24 septembre 2019

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*Abdellah Haboul: ancien magistrat

“La justice n’est pas indépendante”

Liberté : Le président du Syndicat national des magistrats vient, une nouvelle fois, d’évoquer la lancinante question de l’indépendance des magistrats. Qu’en pensez-vous ?
Abdellah Haboul : Avant d’évoquer l’indépendance de la justice, il faut revenir aux fondamentaux. Le magistrat algérien est-il compétent ? La question mérite d’être posée car, objectivement, le niveau de la justice algérienne va en régressant depuis les années 1970. En 2001 déjà, le rapport de Mohand Issad (sur la réforme de la justice, ndlr) mettait le doigt sur la formation des magistrats. 

On ne peut pas évoquer la qualité de la justice sans parler de la formation, de la compétence des magistrats. Le problème est donc dans le fait de trouver un magistrat compétent et non indépendant. Mais dans cette problématique, il y a un autre volet ; c’est le cadre juridique dans lequel travaille le juge. Il est vrai que la Constitution indique clairement que “la justice est indépendante” et que “le juge ne répond qu’à la loi”. Mais, réellement, le juge n’est pas à l’abri de pressions. 

Le statut du magistrat et la loi portant les attributions du Conseil national de la magistrature sont clairs.  La carrière des magistrats est directement gérée par le CSM dont le président est le président de la République, secondé par le ministre de la Justice. En vertu de l’article 49 du statut du CSM, le président de la République a le droit de désigner des présidents de cour, des procureurs généraux, des présidents des tribunaux administratifs…

En plus de cela, la composante du CSM ne favorise pas la démocratie. Les juges, plus nombreux dans les cours et les tribunaux, sont représentés par le même nombre que ceux des parquets. À cela s’ajoutent les six membres désignés par le chef de l’État en dehors du corps des magistrats. Cela ne favorise donc pas l’indépendance de la justice. Ce sont ces dispositions qui ont donné, par exemple, les épisodes de la justice de la nuit en 2003. C’était la plus grande dérive de la justice algérienne.

La situation des magistrats a-t-elle changé ? Réellement, le mouvement populaire a-t-il libéré les juges ?
Il y a eu certes des manifestations de magistrats au début du mouvement populaire. Cela ne suffit pas. Ce qui est demandé à un magistrat, c’est l’application stricte de la loi. Or, les dernières décisions prises dans le cadre des détenus d’opinion ont malheureusement terni davantage l’image de la justice. C’est un vrai scandale. À l’exception de certains d’entre eux, les juges ont accepté des inculpations politiques.

Le Syndicat national des magistrats évoque la faiblesse des salaires des juges. Cela peut-il justifier la corruption et la soumission des juges ?
En général, le juge doit être mis à l’abri du besoin sur le plan matériel. Mais l’argent ne doit, en aucun cas, être un prétexte pour rendre un jugement injuste envers un citoyen. Un juge ne doit dépendre que de la loi et de sa conscience. C’est ainsi qu’on construit un État de droit, la base d’un État démocratique.**Liberté dimanche 22 septembre 2019

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Dérive : où va la justice algérienne ?

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Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a rendue publique hier une déclaration dans laquelle il s’inquiète des dérives graves de la justice algérienne.

Dans un texte intitulé « Où va la justice algérienne ? », les membres du CNLD relèvent les anomalies et les dérives observées au niveau du tribunal de Sidi M’hamed.

« Le tribunal de Sidi M’hamed, après avoir placé sous mandat de dépôt un jeune Bilal Ziane (atteint d’un cancer et qui a RDV pour sa chimiothérapie le 23 septembre) et un vieux (Garidi Hamidou) âgé de 76 ans atteint d’une maladie chronique, le procureur et le juge d’instruction du même tribunal (Sidi M’hamed) ont placé, mercredi 18 septembre un malade mental 100 %, Maati Salah, âgé de 47 ans, qui a été arrêté par les services de sécurité lors de la marche du mardi, alors qu’il avait une pancarte entre ses mains sur laquelle sont dessinés tous les présidents algériens », écrit le CNLD.

La famille de Maati Salah a présenté le dossier médical de son proche et attend toujours que la justice algérienne fasse son travail.

« Une fois présenté devant le procureur de la République près du tribunal de Sidi M’hamed -alors qu’il n’avait aucune pièce d’identité sur lui le jour de son arrestation- son frère aîné a présenté un dossier médical attestant sa maladie à 100% et attend toujours la suite de la justice », lit-on dans la déclaration du CNLD.

Le CNLD rappelle que « Maati Salah a été placé sous mandat de dépôt le mercredi 18 septembre avec la jeune étudiante Dahmani N. et quatre autres citoyens. Au total, 6 détenus arrêtés le mardi 17 septembre et 24 autres arrêtés le vendredi 13 septembre ».

Les membres du CNLD tiennent à rappeler que ces dérives de la justice algérienne inquiètent l’opinion nationale et internationale et interpellent à l’occasion le Conseil national de l’ordre des médecins d’Algérie qui doit réagir.

« Pendant que la liste des détenus d’opinion a dépassé les 70 détenus à El Harrach, l’opinion nationale et internationale s’inquiètent de plus en plus des accusations inventée par une justice qui reste toujours soumise au moment où tout un peuple est en train de lutter pour la libération de l’Algérie. Le Conseil national de l’ordre des médecins d’Algérie doit réagir », s’indignent les membres du CNLD.

Synthèse I. Farès- dzvid.com - dimanche 22 septembre 2019

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Appel à l’arrêt immédiat de la répression contre le peuple algérien

Une campagne d’arrestations frappe à nouveau brutalement et illégalement des citoyens et des personnalités publiques proches du soulèvement populaire pacifique. Elle menace tous ceux qui s’engagent en faveur d’un changement radical et contre les choix unilatéraux des autorités de fait.

La répression n’épargne ni les symboles de l’Histoire de la libération nationale ni les militants du combat politique contre la corruption et pour les libertés individuelles et collectives. Elle touche toutes les catégories de la population et tous les courants idéologiques de la société. À Oued Rhiou, l’irresponsable recours à l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a entraîné  mort d’hommes et créé un précédent extrêmement dangereux en comparaison au pacifisme mondialement reconnu des manifestants.

À l’aube du huitième mois du soulèvement populaire pacifique, le pouvoir assume publiquement, par la voix du chef d’état-major de l’armée, la poursuite de la violation de droits constitutionnels fondamentaux consacrés par les conventions et pactes internationaux. Symbole de l’État national et de l’indépendance du pays, Alger, la capitale, est interdite d’accès aux Algérien(ne)s les jours de manifestations, au mépris de la liberté de circulation reconnue par le Droit. Pis, le droit de propriété est cyniquement piétiné par la menace de saisie et de verbalisation des véhicules transportant tout présumé manifestant. 

Cette stratégie de la peur collective est mise en place dans le vain espoir de décapiter et de casser la mobilisation populaire pacifique contre le système autoritaire et ses symboles. Seul importe le passage en force du choix unilatéral du pouvoir au mépris du droit du peuple à connaître et débattre de toutes les options de sortie de crise proposées par toutes les parties.  
Nous, signataires, dénonçons et condamnons fermement la campagne illégale de répression et la guerre subversive déclenchée contre les militants politiques et les citoyens et manifestants pacifiques. Nous exigeons l’arrêt immédiat de la répression, la libération inconditionnelle de tous les détenus d’opinion et la levée de toutes les entraves aux droits et libertés.
Nous appelons le peuple algérien à se mobiliser pacifiquement et massivement jusqu’à l’arrêt total de l’arbitraire et l’aboutissement de ses revendications démocratiques.

Une campagne d’arrestations frappe à nouveau brutalement et illégalement des citoyens et des personnalités publiques proches du soulèvement populaire pacifique. Elle menace tous ceux qui s’engagent en faveur d’un changement radical et contre les choix unilatéraux des autorités de fait. La répression n’épargne ni les symboles de l’Histoire de la libération nationale ni les militants du combat politique contre la corruption et pour les libertés individuelles et collectives. Elle touche toutes les catégories de la population et tous les courants idéologiques de la société. À Oued Rhiou, l’irresponsable recours à l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a entraîné  mort d’hommes et créé un précédent extrêmement dangereux en comparaison au pacifisme mondialement reconnu des manifestants.
À l’aube du huitième mois du soulèvement populaire pacifique, le pouvoir assume publiquement, par la voix du chef d’état-major de l’armée, la poursuite de la violation de droits constitutionnels fondamentaux consacrés par les conventions et pactes internationaux. Symbole de l’État national et de l’indépendance du pays, Alger, la capitale, est interdite d’accès aux Algérien(ne)s les jours de manifestations, au mépris de la liberté de circulation reconnue par le Droit. Pis, le droit de propriété est cyniquement piétiné par la menace de saisie et de verbalisation des véhicules transportant tout présumé manifestant. 
Cette stratégie de la peur collective est mise en place dans le vain espoir de décapiter et de casser la mobilisation populaire pacifique contre le système autoritaire et ses symboles. Seul importe le passage en force du choix unilatéral du pouvoir au mépris du droit du peuple à connaître et débattre de toutes les options de sortie de crise proposées par toutes les parties.  
Nous, signataires, dénonçons et condamnons fermement la campagne illégale de répression et la guerre subversive déclenchée contre les militants politiques et les citoyens et manifestants pacifiques. Nous exigeons l’arrêt immédiat de la répression, la libération inconditionnelle de tous les détenus d’opinion et la levée de toutes les entraves aux droits et libertés.
Nous appelons le peuple algérien à se mobiliser pacifiquement et massivement jusqu’à l’arrêt total de l’arbitraire et l’aboutissement de ses revendications démocratiques.
Alger, le dimanche 22 septembre 2019

Une campagne d’arrestations frappe à nouveau brutalement et illégalement des citoyens et des personnalités publiques proches du soulèvement populaire pacifique. Elle menace tous ceux qui s’engagent en faveur d’un changement radical et contre les choix unilatéraux des autorités de fait. La répression n’épargne ni les symboles de l’Histoire de la libération nationale ni les militants du combat politique contre la corruption et pour les libertés individuelles et collectives. Elle touche toutes les catégories de la population et tous les courants idéologiques de la société. À Oued Rhiou, l’irresponsable recours à l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a entraîné  mort d’hommes et créé un précédent extrêmement dangereux en comparaison au pacifisme mondialement reconnu des manifestants.
À l’aube du huitième mois du soulèvement populaire pacifique, le pouvoir assume publiquement, par la voix du chef d’état-major de l’armée, la poursuite de la violation de droits constitutionnels fondamentaux consacrés par les conventions et pactes internationaux. Symbole de l’État national et de l’indépendance du pays, Alger, la capitale, est interdite d’accès aux Algérien(ne)s les jours de manifestations, au mépris de la liberté de circulation reconnue par le Droit. Pis, le droit de propriété est cyniquement piétiné par la menace de saisie et de verbalisation des véhicules transportant tout présumé manifestant. 
Cette stratégie de la peur collective est mise en place dans le vain espoir de décapiter et de casser la mobilisation populaire pacifique contre le système autoritaire et ses symboles. Seul importe le passage en force du choix unilatéral du pouvoir au mépris du droit du peuple à connaître et débattre de toutes les options de sortie de crise proposées par toutes les parties.  
Nous, signataires, dénonçons et condamnons fermement la campagne illégale de répression et la guerre subversive déclenchée contre les militants politiques et les citoyens et manifestants pacifiques. Nous exigeons l’arrêt immédiat de la répression, la libération inconditionnelle de tous les détenus d’opinion et la levée de toutes les entraves aux droits et libertés.
Nous appelons le peuple algérien à se mobiliser pacifiquement et massivement jusqu’à l’arrêt total de l’arbitraire et l’aboutissement de ses revendications démocratiques.

Alger, le dimanche 22 septembre 2019

Liste des signataires :
-AAMI Arezki, fonctionnaire
-ABBAS Nacim, retraité
- AGGOUNE Massinissa, entrepreneur
- AÏT BACHIR Nacer, médecin
-AÏT DJOUDI Ali, président de Riposte internationale
-AÏT MAAMAR Idir, militant démocrate 
-ALIOUA Fatma, sociolinguiste, militante des droits des femmes
-ALLAHOUM Nachida, enseignante retraitée
-ALLAL Toufik, militant associatif
-AOULI Boudjema, médecin ORL
-AROUS Zoubir, professeur d’université 
-ATROUCHE Rachid, Canada
-Azzi Abdelmadjid, auteur et ancien syndicaliste 
-BABADJI Messaoud, Université de Sidi Bel-Abbès
-BADAOUI Ahmed, ancien syndicaliste
-BELHOUCHET Omar, journaliste, ancien directeur du journal El Watan 
-BAKIR Mohand, militant démocrate
-BELKHIRI Lakhdar, gérant d’un centre de formation
-BELLACHE Samia, directrice commerciale
-BENNAMARA Mohamed, Canada
-BENCHIKH Madjid, professeur émérite, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger, ancien président d’Amnesty International en Algérie.
- BENDAOUD Abdallah, juriste
-BENKHEMOU Mustapha, militant de la démocratie
-BENMEDAKHENE Hocine, journaliste, militant démocrate
-BEN MOHAMED, poète, militant culturel 
-BENISSAD Noureddine, avocat, président de la LADDH
-BEN YAOU Madjid, enseignant chercheur, université Mouloud-Mammeri, Tizi Ouzou.
-BERKAT Oulézia, médecin spécialiste
-BOUCHAKOUR Mohamed, professeur d’université
-BOUHADEF Mustapha, militant démocrate
-BOUMAIZA Nadir, professeur émérite en socio-géographie
-BOUNNOUR Sabah, ancienne parlementaire
-BOUAOUDIA Nacira, Canada
-BOURABA Omar, ACDA
-BOURENANE Nacer, universitaire
-BOUSELOUA Nadia, journaliste
-BOUMEDJANE Hocine, élu APW et LADDH Béjaïa 
-BOUDJEMA Hacene, directeur, fonction publique universitaire
-BOUMEGHAR Mouloud, professeur de droit
- BROURI Mansour, professeur en médecine
- BRAHIMI Ali, militant démocrate
-CHAIB Salah, Canada
- CHALLAL Arezki, président du collectif des familles de détenus d’opinion
-CHITOUR BOUMENDJEL Fadila, professeur en médecine
-DJENANE Abdelhak, docteur vétérinaire
-FERSAOUI Abdelouhab, président du RAJ
-FERDJALLAH Ferdjallah, ingénieur, militant politique
-FERRAD Mohamed Arezki, écrivain et chercheur en histoire
-FIRAD Laïd, retraité éducation nationale
-GHESSAB Kader, consultant senior 
-GOUSMI Ali, universitaire
-GHECHIR Boudjema, avocat, ancien président de la LADH
-GUELLAZ Ahmed, avocat, Blida
- HACHOUR Madjid, avocat 
-HADBI Youcef, architecte
- HADAD Nacer, militant démocrate 
-HARFOUCHE Ali, universitaire
-HAMI Hamid, retraité de l’éducation nationale.
-HEBIB Youcef, militant démocrate
- HIRECHE Hacène, consultant
-IAMARENE Dalila, féministe
-KACI Mekhlouf, Ecrivain, enseignant de tamazight
-KADRI Aïssa, universitaire
-KHALED-KHODJA Kamel, Canada 
-KHEDDAR Chériffa, Association Djazaïrouna
-KHELIL Saïd, militant démocrate
-KERMICHE Fella, maître de conférences biologiste, collectif NUR, UMBA
-KESSIR Zina, Canada
-KIBOUR  Fatma, professeur d’université
-LADADA Mohamed, médecin retraité
-LAHOUARI Addi, professeur émérite de sociologie
-LAHOUAZI Ilyas, président de l’Association des étudiants nord-africains de France (ENAF) 
- LAHLOU Mohmed, professeur d’université
-LASSOULI El Hadi, agriculteur
-LAYACHI Ansar, académicien
- LESBET Bédira, militante associative
-LOUNAS Makhlouf, Canada
-MABROUK Haitème, étudiant, UMBA
- MADI Mustapha, professeur d’université  
-MALEK Sabrina, étudiante
-MAOUGAL Lakhdar, professeur d’université
-MEBAREK Abdelkader, professeur de métallurgie, membre du collectif NUR, UMBA
- MECHOU Rachid, retraité
-MEHANA Abdeslam, enseignant USTHB
-MEHDI Nafa, maître de conférences en informatique, membre du collectif NUR, UMBA
- METREF Arezki, Journaliste 
-MIRA Tarik, militant de la démocratie
-MOKTEFI Kamel, toxicologue, Canada
-MOUGARI Essaïd, militant de la démocratie
-MOULLA Ramdane, militant démocrate
-MOUSSI Ahcene, économiste
-NADJI Safir, universitaire
- NAIT SALAH Belkacem, avocat
- OUALI Ahmed, opérateur économique
-OUFERHAT Mahieddine, chef d’entreprise
-OUFERHAT Mourad, formateur
-OUHAIBIA Billel, maître de conférences, dépt. de français, UMBA
-REGGABI Mohamed, professeur en pharmacie, Fac. de médecins d’Alger
-SADOU Zazi, militante pour la démocratie et les droits des femmes
-SAFAR ZITOUN Madani, professeur d’université
-SAHEB Hakim, avocat
-SALEM Farid, Canada
-SALHI Saïd, vice-président LADDH 
-Si AHMED Menad, climatologue
-SIDHOUM Yasmina, cadre
-TALEB Azzedine, cadre d’entreprise, militant politique et associatif
-TIMSILINE Loucif Nacer, auditeur en chef
-TLEMÇANI Rachid, politologue
-TOUDERT Adel, Canada
- TRIKI Sandra Sabrina, maître de conférences dépt. d’italien, membre du Collectif NUR, UMBA
-YAKER Farid, militant associatif
-ZAAF Mohamed, professeur de métallurgie, membre du Collectif NUR, UMBA

**Liberté/  mercredi 25 septembre 2019

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LES JUGES ET LES PROCUREURS Y RECOURENT SYSTÉMATIQUEMENT

*Usage abusif du mandat de dépôt

Le recours systématique à la détention préventive “cache une arrière-pensée politique”, estime un avocat qui y voit un viol du code de procédure pénale et une grave atteinte à la Constitution.

Longtemps dénoncée par les juristes, notamment les avocats, la détention préventive à laquelle recourent souvent les juges d’instruction et les procureurs pose une réelle problématique du respect des lois. Ainsi, conçue pourtant pour être une exception, la détention préventive est devenue, contrairement à ce que précise le code de procédure pénale, une exceptionnelle règle. 

Depuis le début du mouvement populaire, des dizaines de citoyens ont été arrêtés et jetés en prison. Les procureurs et les juges d’instructions devant lesquels ces dizaines de manifestants ont comparu n’ont pas hésité à les placer en détention préventive. La mise sous mandat de dépôt est devenue ainsi la règle alors que la loi en a fait, pourtant, une exception. Selon l’article 123 du code de procédure pénale, “la détention provisoire est une mesure exceptionnelle et ne peut être ordonnée ou maintenue (…) que si les obligations de contrôle judiciaire sont insuffisantes”. C’est en ces termes que la loi définit les cas dans lesquels un prévenu est mis en détention préventive. Il est clairement souligné, entre autres, dans le même article, que “lorsque l’inculpé ne possède pas de domicile fixe ou ne présente pas de garanties suffisantes de représentation devant la justice, ou que les faits sont extrêmement graves”, ou bien “lorsque la détention provisoire est l’unique moyen de conserver les preuves ou les indices matériels ou d’empêcher soit une pression sur les témoins ou les victimes, soit une concertation entre inculpés et complices risquant d’entraver la manifestation de la vérité”. Le même article précise, en outre, que le procureur ou le juge d’instruction peut recourir à la détention préventive lorsqu’elle “est nécessaire pour protéger l’inculpé, pour mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement”. L’article 124 du même code énonce qu’en matière de délit, “lorsque le maximum de la peine prévue par la loi est inférieur ou égal à 3 ans d’emprisonnement, l’inculpé domicilié en Algérie ne peut être détenu, sauf dans les cas où l’infraction a entraîné mort d’homme ou causé un trouble manifeste à l’ordre public. Dans ce cas, la détention provisoire ne peut excéder une durée d’un mois non renouvelable”. 

Toutefois, toutes les mesures prononcées par la justice contre les manifestants, notamment ceux pour port du drapeau amazigh et ceux du 30e vendredi, n’ont aucun lien avec les infractions pouvant conduire à une détention préventive. Au contraire, elles présentent toutes les garanties nécessaires pour qu’ils bénéficient d’autres mesures, comme la liberté provisoire, le contrôle judiciaire… 
Me Abdelghani Badi, avocat et militant politique, estime que le recours systématique à la détention préventive “cache une arrière-pensée politique”. Pour lui, cet abus de la détention préventive n’est pas uniquement un viol du code de procédure pénale, mais une grave atteinte à la Constitution. L’avocat considère que cet abus “est une mise en péril des libertés”. “Nous sommes en état d’alerte non déclarée”, a-t-il souligné. Il a expliqué que la loi est claire sur la détention préventive, mais cet abus, notamment contre les manifestants “répond à un impératif politique”. 

L’avocat a rappelé les cas du détenu atteint d’un cancer, Billal Ziane, du vieux de plus de 70 ans, Bouheraoua Sid-Ahmed et d’un jeune qui devait se marier et dont l’arrestation l’en a empêché. Il a ajouté également que les accusations portées contre les manifestants, à savoir l’atteinte à l’unité nationale et au moral des troupes “sont anticonstitutionnelles”. Il s’est interrogé sur l’objectif du dégel de ces articles conçus dans les années 60. “Un article de loi ne doit pas être flexible pour être appliqué à tout-va”, a-t-il dit, ajoutant que la situation actuelle “risque de replonger le pays dans les années où les accusations étaient collées à des individus sans aucune référence à la loi”.  *Liberté/  mercredi 25 septembre 2019

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d-les-etudiants-exigent-la-liberation-de-leurs-camarades-e4ce6

Les étudiants exigent la libération de leurs camarades

Les étudiants de l’Université des sciences et de la technologie Houari Boumediène d’Alger, ont observé, ce dimanche, un sit-in pour exiger la libération des étudiants arrêtés lors des manifestations des mardis.

Scandant : « talaba waâoune, lil hogra rafidhoune, (étudiants conscients et refusant la hogra, NDLR) », les étudiants de Bab Ezzouar ont dénoncé également la répression contre les manifestants.

**Liberté dimanche 22 septembre 2019

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Algérie : le pacte de souveraineté » par Djamel Zenati

Le mouvement populaire est à son septième mois. Loin de s’essouffler, il gagne en détermination et en maturité. Sa plus grande victoire est d’avoir réussi à réaliser un large consensus autour de la nécessité d’aller vers une rupture radicale avec l’ordre en place.

Certes, le système autoritaire est toujours là. Toutefois, il est fortement ébranlé dans ses fondements et a perdu toute source de légitimité. L’irruption citoyenne dans le champ public a aiguisé les contradictions en son sein et accéléré le processus de sa déliquescence. Enfin, la paralysie de sa façade institutionnelle l’a contraint à se replier sur son noyau dur : le commandement militaire. Cela a permis de donner plus de lisibilité à la problématique politique dans notre pays.

Nous ne sommes pas dans une séquence de crise, mais dans un moment d’opportunité fondatrice. Les anciens paradigmes et les vieux schémas sont inopérants.

La perspective historique est désormais du côté de la société et de la société seule.

*Le sens d’une insurrection

Deux slogans méritent une attention particulière : « Echaâb yourid el istiqlal » et « Dawla madania machi aâskaria ». Cette exigence d’émancipation vient des profondeurs d’une société écrasée sous le poids de la hogra érigée en système. C’est aussi le retour d’un rêve lointain, dont les racines plongent dans l’épopée de la lutte de Libération nationale. Il peut paraître surprenant d’exprimer un désir d’indépendance des décennies après l’indépendance. C’est un anachronisme trompeur. Car le propre des œuvres inachevées est de rebondir inopinément sous l’effet de la transmission mémorielle et du relais générationnel. L’insurrection citoyenne a justement mis le doigt sur le véritable enjeu de ce conflit : la question de souveraineté.

Aussi, le processus de transition en Algérie doit s’articuler autour de la problématique de la souveraineté dans toutes ses dimensions. Et pour une description précise de ce processus, il est nécessaire d’identifier en premier lieu la nature et l’origine de l’obstacle auquel est confrontée cette aspiration légitime du peuple. Pour cela, il faut interroger le processus de construction de l’Etat algérien et ses modes de légitimation.

*Fondement de l’autoritarisme algérien

Sous la colonisation, les nationalistes assimilaient à juste titre la souveraineté à une situation, à savoir la fin de la tutelle coloniale. Une fois l’indépendance recouvrée, cette vision s’avèra totalement inadaptée. Elle devait être naturellement abandonnée au profit de la souveraineté comme prérogative, c’est-à-dire la capacité inaliénable reconnue au corps des citoyens de décider librement de son destin. Ce droit imprescriptible du peuple constitue l’esprit même du combat libérateur. Or, ce passage n’a pas eu lieu. Les phénomènes de militarisation et de patrimonialisation de l’Etat, déjà en gestation dans le mouvement national, a fait barrage au transfert de souveraineté. Le maintien du pays sous tutelle fut imposé par la force des armes et justifié par la légitimité révolutionnaire. Les drames algériens, passés comme présents, ont une même origine : la confiscation de la souveraineté.

La dissociation entre souveraineté populaire et souveraineté nationale repose sur le postulat selon lequel le peuple ne peut être l’agent de sa propre émancipation. Derrière ce postulat se profile l’idée de l’inaptitude du peuple. Bien plus, du point de vue des gouvernants, le peuple est dangereux. Toutes les voies de la participation et de la contestation institutionnalisées sont obstruées. Les citoyennes et citoyens sont astreints au devoir d’obéissance, faute de quoi ils s’exposent à des risques pouvant parfois aller jusqu’à la liquidation physique.

*L’idéologie sécuritaire

Au cœur de l’autoritarisme algérien se trouve donc l’idéologie sécuritaire. Elle a structuré l’Etat dans son organisation et son fonctionnement. La théorie du complot, le cliché de l’ennemi intérieur et le spectre de la main étrangère sont inlassablement agités. Ils visent à installer un climat de menace permanente et à légitimer ainsi la suprématie et l’omnipotence du pouvoir sécuritaire. Le pays est mis sous contrôle de l’armée, institution à partir de laquelle tout découle et ruisselle et autour de laquelle tout s’ordonne. Elle n’est pas la colonne vertébrale de l’Etat. Elle est l’Etat.

Choix politiques, répartition des pouvoirs et prérogatives, arbitrages, nominations et distribution de la richesse nationale, tout relève de l’armée ou est subordonné à son agrément.

L’idéologie sécuritaire n’a épargné aucun domaine de la vie du pays, elle a enveloppé jusqu’à la sphère économique. En effet, l’attachement du pouvoir en place à l’économie rentière a pour but de maintenir la société dans un rapport de dépendance vis-à-vis de l’Etat autoritaire. La rente pétrolière a servi prioritairement à entretenir et à équiper la machine sécuritaire. Elle est mobilisée ensuite pour l’entretien du sérail et de ses diverses clientèles. Elle sert accessoirement à «acheter la paix sociale». Le résultat est là : le destin du pays est suspendu au prix du baril de pétrole. En voulant soumettre le peuple, nos gouvernants ont juste réussi à accroître les vulnérabilités du pays et à le livrer aux groupes mondialistes. La confusion entre sécurité nationale et défense nationale a eu des effets désastreux.

En définitive, si le système parvient à se maintenir, ce sera au prix d’une grande violence et de concessions sur le plan géopolitique. C’est-à-dire une inflexion dans l’orthodoxie algérienne en matière de politique étrangère et une ouverture sans limites à la mondialisation. En d’autres termes, un renoncement pur et simple à la souveraineté du pays. Accepter d’hypothéquer l’avenir de tout un pays sur l’autel d’appétits de pouvoir est la plus grande des trahisons.

*Les limites de l’état autoritaire

Quand un Etat puise son autorité dans la seule puissance coercitive, il perd toute légitimité aux yeux des citoyens et devient un Etat fragile. C’est la situation où l’Etat est partout dans la société et la société nulle part dans l’Etat. C’est l’Etat désincarné. En agissant dans le sens d’affaiblir la société pour mieux la dominer, l’Etat s’affaiblit lui-même. Nous sommes là au cœur de la contradiction de l’Etat militaire ou policier. L’exemple algérien est dans ce sens paradigmatique.

L’insurrection citoyenne ne résulte pas seulement d’une crise de la représentation. Elle renvoie à la crise de légitimité de l’Etat. L’élection présidentielle à laquelle tient tant le pouvoir en place n’est pas la réponse appropriée ni attendue. C’est pourquoi elle est massivement rejetée par les citoyennes et citoyens. Elle est perçue à juste titre comme la solution d’une minorité pour une minorité. Cette élection ne peut se tenir sauf à vouloir plonger le pays dans le drame.

La seule issue possible est l’amorce d’un processus constituant. Toutes les conditions sont réunies pour aller sans violence vers une rupture négociée entre Algériens, sans l’intervention ou l’ingérence de quiconque.

Il ne faut pas se tromper de moment historique. L’heure n’est pas à la compétition politique. Le mouvement populaire est pluriel et traversé par une multitude de contradictions. La transition consiste à s’accorder sur le cadre et les mécanismes de nature à permettre aux différences et aux pluralismes de s’exprimer librement et sans violence et de garantir un arbitrage institutionnalisé des conflits politiques et sociaux.

Cependant, l’œuvre de construction-déconstruction commande au préalable de restituer au peuple le droit de décider librement de son destin. Elle suppose également de restituer l’Etat à la nation. Pour cela, il faut rompre avec la dichotomie formel/réel et rétablir au plus vite la normalité républicaine. De quoi s’agit-il au juste ?

**La schizophrénie institutionnelle

Pour appréhender rigoureusement la réalité en Algérie, il est indispensable de la saisir dans sa double manifestation formelle et réelle. Il y a le pouvoir formel et le pouvoir réel, la norme formelle et la norme réelle, l’Etat formel et l’Etat réel, etc. Cette construction duale est un autre héritage du mouvement national. La différence entre le formel et le réel n’est pas de l’ordre de l’écart entre le prévu et le réalisé. C’est un rapport ésotérique où le formel sert de structure porteuse au réel. En s’installant dans la durée, la mobilisation populaire est parvenue à neutraliser l’univers formel.

La conséquence a été de mettre en lumière l’univers réel. Faute de façade civile, le commandement militaire exerce désormais le pouvoir ouvertement et directement. Situation fort embarrassante qui ne peut se prolonger indéfiniment. D’où la volonté d’imposer la tenue de l’élection présidentielle le 12 décembre prochain. Cette consultation ne changera rien. Bien plus, elle constitue un élément de complexification de la situation. Pour rompre avec le système, il faut se placer en dehors du système. Sans l’abandon effectif de la construction duale décrite précédemment, aucune élection ni révision constitutionnelle n’est en mesure de porter le changement radical tant exigé par les populations. La transition démocratique dans notre pays doit être pensée en rapport avec la problématique de la souveraineté. Notre pays a besoin d’un pacte de souveraineté.

**Le pacte de souveraineté

Le pacte de souveraineté s’articule autour de trois questionnements formant un tout cohérent : à qui appartient la souveraineté, comment s’exerce-t-elle et pour quelles finalités ?

Il contient les actes constitutifs du processus de transition propre à notre pays et s’inscrit dans une perspective démocratique.

*La restitution de la souveraineté

En démocratie, l’ordre politique et social résulte de la seule volonté des citoyens libres. La souveraineté appartient au peuple. Ce principe fondamental est incompatible avec l’existence d’une tutelle quelle qu’elle soit. Il est également incompatible avec tout instituant méta-social ou autre principe au-dessus de la volonté humaine. D’où les exigences suivantes :

*Le transfert de souveraineté

L’institution militaire, par la voix de son commandement, doit annoncer de manière publique et solennelle son retrait définitif du champ politique et sa subordination au pouvoir politique.

L’institution militaire doit s’engager à accompagner le processus de transition vers l’ordre nouveau.

L’institution militaire doit procéder au démantèlement de tous les dispositifs de contrôle des institutions et des populations.

L’institution militaire, partie intégrante de l’Etat, doit se conformer aux lois et règlements de la République, notamment en matière budgétaire, de passation des marchés et autres modalités de contrôle.

Redéfinir les missions de l’armée et définir les formes de coopération entre les domaines civil et militaire dans une perspective de complémentarité pouvant concourir au développement général de la société.

*La fin des rentes symboliques et de la violence

Il faut proclamer la fin de la légitimité historique par la dissolution du parti du FLN, la restitution du sigle FLN à la mémoire collective et reversement de son patrimoine à l’Etat.

L’islam doit être protégé de toute forme d’instrumentation. Son utilisation comme ressource politique et idéologique ou à des fins de restriction des libertés doit être strictement interdite.

Proscrire toutes les formes de violence politique ou sociale.

*L’exercice de la souveraineté

La souveraineté populaire ne peut se réduire à la souveraineté déléguée. L’exercice de la souveraineté doit aller au-delà de l’acte électoral. Partout dans le pays des voix s’élèvent pour exiger de nouvelles formes de participation des citoyens à la vie de la cité.

*Les libertés fondamentales

La souveraineté populaire serait altérée sans la souveraineté des individus. Pour être souverain, le citoyen doit être libre dans ses choix de vie, ses croyances et ses options politiques. Autrement dit, libéré des contraintes et pesanteurs quelles qu’elles soient. Il doit jouir de tous ses droits et exercer ses libertés sans aucune restriction ni distinction.

Inscrire comme règle d’or le principe d’égalité entre l’homme et la femme.

Les droits et libertés doivent être garantis. Pour ce faire, les principes d’indépendance de la justice, d’impartialité de l’administration et de neutralité de l’armée doivent être inscrits et leurs contenus respectifs clairement explicités et juridiquement codifiés.

*La refondation de l’Etat

L’une des sources du malheur algérien se trouve précisément dans la confusion et la concentration du pouvoir. La souveraineté populaire s’éteint devant le pouvoir illimité de l’Etat. Il est impératif de définir une nouvelle rationalité institutionnelle.

– Réorganiser les pouvoirs dans le respect du principe d’équilibre et de séparation.

– Préciser le rapport entre institutions.

– Redistribuer les pouvoirs par la création de régions dotées d’une large autonomie.

La création de région a pour but :

– Servir de digue aux dérives éventuelles du pouvoir central.

– Garantir une plus grande participation du citoyen à la chose publique.

– Rationaliser l’action publique.

– Rendre plus efficace la prise en charge des préoccupations des populations.

– Reconstruire la nation par le bas.

*L’enjeu économique et social

Dès le déclenchement de la révolte citoyenne, la rue algérienne ne cesse de vibrer aux cris de «Klitou lebled ya serrakine !». Il y a là un message fort : la question sociale est au cœur de l’exigence populaire. La démocratie algérienne sera sociale ou ne sera pas. Un pays économiquement fragile et socialement fracturé ne peut prétendre à la stabilité ni à l’indépendance.

La souveraineté est indissociable du développement économique et social. Il est vain de vouloir rompre avec le système autoritaire si sa base matérielle demeure en place. D’où la nécessaire rupture avec l’économie rentière.

Notre pays a besoin d’une nouvelle manière de produire, de répartir et de consommer. Il a besoin d’une économie productive, sociale et solidaire. Une économie orientée vers l’épanouissement de l’humain tout en préservant la nature.

L’une des spécificités de notre pays se trouve dans la richesse de son sous-sol. Cette richesse est la propriété de tous les Algériens. Elle est aussi celle des générations futures. La rente générée par l’exploitation du sous-sol n’est pas comparable à l’impôt. Sa destination ne peut donc relever de l’Exécutif quand bien même légitimé par les urnes. La gestion de la rente doit faire l’objet d’un consensus populaire. Aussi, est-il impératif de proclamer la souveraineté du peuple sur la rente.

*L’Algérie et ses environnements

L’Algérie est le produit d’un long processus historique plusieurs fois millénaire. C’est une terre de résistance aux dominations et oppressions de toutes sortes. L’Algérie assume avec fierté son identité plurielle et sa diversité culturelle. L’Algérie est attachée aux valeurs de liberté, d’égalité, de justice sociale et aux pluralismes. L’Algérie milite pour la paix dans le monde et défend le droit des peuples à l’autodétermination. L’Algérie est attachée à sa souveraineté et s’interdit toute ingérence dans les affaires internes des autres pays.

L’Algérie œuvre à développer une coopération saine et respectueuse des intérêts réciproques et s’élève contre l’ordre mondialisé injuste et générateur de misère et de violence. L’Algérie est un pays maghrébin, africain, méditerranéen et fait partie de la grande famille des pays du Sud. Ces différentes appartenances suggèrent une structure d’alliance particulière. L’ambition de l’Algérie doit aller au-delà de ses frontières. Elle doit jouer le rôle de moteur continental et d’avant-garde dans le combat contre l’ordre mondialiste. Elle ne doit être inféodée ni à Moscou, ni à Paris, ni à New York, et encore moins à leurs sous-traitants à Téhéran, Doha, Riyad ou Abu Dhabi.

Un des effets pervers et dangereux de la mondialisation est le transfert de souveraineté des Etats vers les blocs mondialistes. L’impuissance tendancielle des Etats a provoqué une rupture de confiance entre gouvernants et gouvernés. Le réenchantement du politique est le fait des mouvements citoyens et des sociétés civiles. Une citoyenneté mondiale est en train de naître autour de thématiques nouvelles comme la lutte contre les guerres, la faim, la destruction de l’environnement, les inégalités, etc. Le peuple algérien ne peut être en retrait de cette évolution planétaire. La place de l’Algérie est aux côtés des peuples qui luttent. Elle est aux côtés du progrès et de la liberté. L’enjeu se situe également à ce niveau.

*Le sens du pacte de souveraineté

Le pacte de souveraineté est la traduction concrète d’un compromis historique ambitieux, raisonnable et réalisable. Il est le garant d’un renouvellement du «vivre-ensemble» dans notre pays. Par ailleurs, il contient tous les éléments à même de fonder la nouvelle Loi fondamentale. Il constitue enfin une base sur laquelle va s’organiser la négociation avec le commandement militaire.

Le processus constituant consistera en un transfert de souveraineté puis l’élaboration d’une nouvelle Constitution et débouchera enfin sur l’organisation des élections. Il nécessitera la mise en place de quelques mécanismes simples loin des schémas classiques de la transition avec institutions. L’avancement du processus se fera par accords successifs entre des représentants de la société et ceux du commandement militaire.

La transition démocratique n’est nullement dirigée contre l’institution militaire. Elle vise au contraire à soustraire notre armée aux vicissitudes et autres contingences du politique. C’est un fait universellement reconnu que la fonction militaire est incompatible avec l’exercice du pouvoir.

La transition démocratique est de l’ordre de la nécessité. En dépit de ses intelligences, ses ressources et ses potentialités, l’Algérie renvoie l’image d’une ruine, d’une désolation. Il est temps de rompre avec cette fatalité. L’Algérie n’est pas destinée à demeurer éternellement otage du diktat et de la médiocrité. Elle a le droit d’aspirer au meilleur, la grandeur et la respectabilité. Elle en a les moyens et surtout la volonté.

Le commandement militaire doit prendre à sa juste mesure le sens de ce moment historique. Ensemble, entre Algériens, nous pouvons relever ce grand défi. Pourquoi s’entêter à vouloir détruire le pays quand nous disposons de tous les moyens pour le reconstruire ?

Notre espoir, du reste partagé par des millions de citoyennes et citoyens, est de voir le commandement militaire montrer enfin une volonté à accompagner cette marche historique. Elle s’exprimera tout d’abord par la libération de tous les détenus privés de leur liberté en raison de leurs opinions et engagement dans le mouvement populaire. Cette mesure est de nature à installer un climat apaisé favorable à l’amorce de négociations sincères. La détermination du peuple algérien est forte et inébranlable. La manière forte conduira inévitablement à l’irréparable.

Djamel Zenati, le 20 septembre 2019

*dzvid.com - dimanche 22 septembre 2019

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la peur bleue de la chute

*AGS se comporte avec l’énergie du désespoir en multipliant les initiatives liberticides  pour protéger les intérêts de la « issaba » en général et les siens propres en particulier

Sans leur statut de retraités frais émoulus, les deux figures de la police politique de sinistre mémoire, les généraux-majors Tartag et Toufik, ne subiraient pas les affres de la détention et de l’humiliation publique, sous l’oeil des caméras. Un sort, terrible, qui terrorise le dictateur nouveau…

Le sous-ministre de la Défense redoute cette fin, qui paraît inéluctable, et la repousse avec l’énergie du désespoir en multipliant les initiatives liberticides comme un naufragé se battrait frénétiquement contre la force de l’océan.

C’est, en effet, contre la vague de tout un peuple, résolu à recouvrer sa véritable indépendance, jadis confisquée par la « bande », que le pâle El Gaïd tente de résister en interdisant derechef l’accès à Alger aux Algériens. Avant cette ultime infamie, le généralissime de foire avait embastillé, par groupes entiers, de fiers porteurs d’emblèmes amazighs ou de vaillants pourfendeurs de ses diatribes malsaines et provocatrices.

AGS se comporte ainsi pour protéger les intérêts de la « issaba » en général et les siens propres en particulier. Les Annabis savent, mieux que quiconque, l’ampleur de la mainmise de son clan sur une ville martyrisée par une famille, la sienne, à qui on ne refuse rien ! Demandez-vous juste pourquoi un symbole de la rapine, contre laquelle part théoriquement en guerre le général d’opérette, n’est pas sous les verrous à l’heure où nous mettons sous presse. Qui protège Tliba ? La réponse est dans la question. Si l’opulent député d’Annaba tombe, il entraînerait dans son sillage ses principaux associés, l’engeance du dictateur nouveau…

Pour éviter pareille débâcle, AGS est prêt, tel un Néron de vaudeville, à faire brûler un pays qu’il jure, pourtant, de chérir à chaque visite de caserne. « La guerre est une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires » : s’il avait encore une once de lucidité, AGS devrait méditer cette formule de Clémenceau, surtout lorsqu’il s’agit de mener bataille contre son propre peuple. Aucun dictateur n’en est sorti indemne…

Saïd Kaced - dzvid.com - dimanche 22 septembre 2019

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