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une nouvelle République à tout prix-9

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*Quand la raison est absente, la force règne !

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un militaire sans formation politique,

n’est qu’un criminel en puissance

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*Nous aimons notre pays mieux que vous qui êtes au pouvoir

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*L’Algérie ne sera que meilleure après le départ des usurpateurs et des prédateurs

**************** la population algérienne veut un changement réel du régime devenu obsolète aux yeux des nouvelles générations. Le régime algérien utilise une police politique qui a soumis à sa volonté la gendarmerie, la DGSN et le ministère de la justice. Ces trois institutions, indispensables pour la protection des libertés publiques, échappent à l’autorité du président et du gouvernement en violation de la constitution.À travers ces trois institutions, le Commandement militaire étouffe la société civile et fausse la représentativité des assemblées élues.

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**Lahouari Addi : « Dire que l’armée accompagne le hirak est faux

une nouvelle République à tout prix-9

****Le sociologue Lahouari Addi et Ammar Belhimer, membre du panel, ont échangé au sujet du hirak et les réseaux sociaux.

Le hirak, le dialogue, la transition sans l’armée sont entre autres les sujets débattus entre Lahouari Addi et Ammar Belhimer dans cet échange. Nous vous proposons de le lire.

« Monsieur Belhimer, personne n’est contre le dialogue, mais le dialogue exige que l’autre partie soit prête et qu’elle le soit sincèrement. Or, le commandement militaire ne montre aucune prédisposition au transfert de la souveraineté vers une autorité civile. Peut-être qu’il pense que ce transfert doit s’étaler sur un ou deux mandats présidentiels (5 ou 10 ans), alors qu’il le dise publiquement. Qu’il dise qu’il y a des dossiers trop lourd hérités de la décennie 90 qui empêchent un transfert du pouvoir aux civils dans l’immédiat (affaires Boudial, Merbah, Khalifa…).

Les citoyens comprendront et un compromis sur ces affaires délicates sera trouvé. Par ailleurs, le dialogue ne peut pas se mener avec un champ médiatique sous embargo. La chaîne de TV publique ressemble à celle de la Corée du Nord. Les journaux privés subissent le chantage de la publicité, El Watan est au bord de l’étouffement. Il est impossible qu’un dialogue serein et sérieux se mène dans ces conditions. Les membres de l’Etat-Major tablent sur un essoufflement du mouvement populaire, et je pense qu’ils se trompent. La revendication d’un pouvoir civil vient des profondeurs de la société et elle ne disparaîtra pas d’elle-même.

Les manifestants disent: « Nos parents ont créé une armée pour défendre le pays et non pour qu’elle choisisse les civils qui dirigent l’Etat ». Ils sont dans le sens de l’histoire et rien ne les arrêtera. Il faut trouver un compromis qui satisfait cette revendication de pouvoir civil tout en tenant compte des craintes de l’EM quant à d’éventuels règlements de compte et de chasse aux sorcières.

Ammar Belhimer. Cher confrère. Pour l’avoir déjà écrit, deux tendances lourdes se disputaient l’alternance au régime autocratique antérieur au 22 février 2019, en dehors de toute règle de droit préétablie et obéie: une tendance prétorienne, affairiste, de parvenus – résultat d’une accumulation aussi fulgurante que phénoménale qui oeuvre à être aussi bien dirigeante politiquement que dominante socialement- d’une part, une tendance patriotique, héritière de la légitimité historique en phase finale d’existence, de plus en plus marginalisée, d’autre part.

Les deux monnaient leur existence et leur développement avec une vague islamiste en quête d’un statut identitaire de substitution, l’ensemble évoluant sur fond de parrainages extérieurs divers.

Ces contradictions ont, depuis peu, dépassé le cadre étroit des vieilles superstructures héritées de la guerre de libération et des espaces étroits de conciliation qui ont survécu à la répression (syndicats, partis, etc).

Enfin, la demande de changement se focalise sur des revendications à caractère républicain, démocratique, de libertés. L’armée accompagne le processus sans prendre directement partie à la gestion politique directe des choses. Elle a bien raison de faire ainsi car dans le vide sidéral hérité de l’ancien système, elle est la seule institution qui supplée la carence affectant tous les autres espaces de médiation, d’arbitrage, de surveillance, etc. Elle accompagne une révolution pacifique, la protège et se refuse de la confisquer, à la sécurisation des frontières, compte tenu des instabilités des pays voisins (Libye, Mali en particulier).

L’institution judiciaire me semble reprendre laborieusement mais courageusement son souffle après une longe période de vile instrumentalisation et c’est tant mieux pour l’Etat de l’droit auquel nous aspirons tous les deux. 

Lahouari Addi. Cher collègue, merci pour votre réponse rapide ; elle n’est cependant pas satisfaisante. Les divergences au sein de la hiérarchie ne sont pas celles que vous décrivez. Les affairistes ne sont pas un courant politique, ce sont des individus fragiles politiquement (Hamel est en prison, Chentouf est en fuite…). Beaucoup d’entre eux ont été écartés parce qu’ils ont discrédité l’institution militaire (affaires de la cocaïne, entre autres).

Au-delà des convictions idéologiques des généraux qu’ils n’étalent pas entre eux, la hiérarchie est divisée sur un critère: le rôle de l’armée dans le champ de l’Etat. La vieille garde (Gaïd Salah) considère que si l’armée renonce au pouvoir souverain de désigner les dirigeants civils, l’unité nationale sera en danger et le pays perdra son indépendance. L’autre courant, qui regroupe de jeunes généraux, pense qu’il est temps de se retirer du champ de l’Etat et faire ce que les Turcs ont fait. Ce qui handicape ce deuxième courant, c’est l’héritage de la décennie 90.

Si les militaires se retirent du champ de l’Etat brutalement, beaucoup d’officiers supérieurs craignent d’être poursuivis par la justice. La solidarité de corps empêche la jeune génération d’officiers d’imposer sa solution.

Quant à dire que l’armée accompagne le hirak, c’est faux. La protestation est si massive que l’armée ne peut pas réprimer.

Le colonel Belhouchet a démissionné de l’armée fin 1988 en laissant une phrase célèbre. Il était outré que l’armée tire sur des jeunes. L’armée algérienne n’est pas une armée qui défend un roi pour qu’elle tire sur des manifestations pacifiques où il y a des enfants et des grand-mères. Par conséquent, l’EM n’est pas en capacité politique de donner l’ordre de tirer sur les manifestants.

S’il n’y avait à Alger que 2000 manifestants, ils auraient donné cet ordre. Donc dire que l’EM accompagne le hirak, est faux. Il fait tout pour l’étouffer.

Ammar Belhimer. Je m’appesantis sur les tendances lourdes, tu fixes les personnes, dans un échange qui ne relève pas de cet espace, mais qui mérite d’être poursuivi sur un terrain plus approprié. On reste en contact. Amitiés
Lahouari Addi. C’est une reconnaissance explicite que les conditions du dialogue ne sont pas réunies. C’est ce que disent les manifestants. Amitiés. *dzvid.com/ dimanche 1 septembre 2019

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*vidéos :  Maître Nabila: Gaid Salah n’est pas censé à parler au nom de l’ANP

Maitre nabila : «Je n’ai jamais de ma vie vu un chef d’état-major le peuple. Lui qui se targue de vouloir respecter la Constitution doit savoir que celle-ci ne lui a confié qu’une seule mission : celle de protéger le peuple et le territoire», a affirmé Maître Nabila Smaïl, lors du 28e vendredi de manifestations

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Gaïd Salah emboîte le pas à Bouteflika et place son fils au centre du pouvoir de décision

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28e manifestation des étudiants à Alger

Les étudiants assiègent le bâtiment de l’APN

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*A la veille de la rentrée universitaire, les étudiants ont visiblement repris en force le chemin des manifestations pour le changement et le départ de tout le système. Les manifestants, qui ont entamé leur marche à partir de la Place des Martyrs, se sont dirigés vers le siège de l’Assemblée populaire nationale, en passant par le Square Port Saïd, la Place l’Emir Abdelkader, le boulevard Mustapha Benboulaïd et enfin la rue Asselah Hocine où ils ont brisé un imposant cordon sécuritaire.

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IMPORTANTE MOBILISATION AU 30E VENDREDI DU MOUVEMENT POPULAIRE

Les Algériens refusent le fait accompli

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“Nul n’a le droit de décider à la place du peuple !”

**Lors de leur 30e vendredi de mobilisation populaire contre le système, les Algériens qui sont sortis en masse vendredi 13 septembre 2019, ont réitéré leur attachement à leurs revendications, qu’ils ne cessent de formuler depuis le début du mouvement de protestation.

*Nous refusons la présidentielle des gangs

* les milliers de manifestants, qui étaient drapés dans l’emblème national et qui ont montré une détermination sans faille, étaient très clairs dans leurs revendications et leur refus de l’organisation d’une présidentielle,

*Non à la dérive totalitaire

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**les manifestants dénoncent l’arrestation arbitraire de Karim Tabbou

Une fois de plus, la mobilisation citoyenne était au rendez-vous. Ainsi, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont vigoureusement dénoncé l’arrestation puis l’incarcération jugée arbitraire de Karim Tabbou, pour motif d’“atteinte au moral de l’armée”. “C’est un motif fallacieux pour faire taire une voix discordante et extrêmement gênante pour le pouvoir”, a estimé Abdelghani Touati, militant des droits de l’Homme. Pour lui, le chef d’état-major de l’armée dicte ses injonctions à la justice. “Le nouveau ministre de la Justice parle d’une justice indépendante or, dans les faits, nous nous apercevons que la justice reçoit encore et toujours ses injonctions via le téléphone”, a-t-il, en outre, déploré. La déferlante humaine hier dans les rues de Bouira, a, unanimement, exigé la libération de Karim Tabbou et l’ensemble des détenus d’opinion, à l’instar de Lakhdar Bouregâa.

“Nous basculons lentement mais sûrement vers une dictature militaire et chaque jour que Dieu fait, nous en avons la preuve éclatante”, s’est alarmé Laref Triki, syndicaliste dans le secteur de la santé. 14h. Le boulevard Zighoud-Youcef, qui traverse d’est en ouest le chef-lieu de la wilaya était noir de monde. Signe que la mobilisation a définitivement repris et que rien ni personne ne pourront arrêter la révolte de tout un peuple, les rues et ruelles de Bouira grouillaient de manifestants de tous âges, femmes enfants et vieillards, tous n’avaient qu’un seul mot d’ordre : “Halte à la dictature”.

*dossier Liberté- samedi 14 septembre 2019

*vidéo: déclaration de  Karim Tabbou

*12 septembre 2019

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*Une haut responsable de l’Union Européenne dénonce et condamne l’arrestation de Karim Tabbou

La Présidente de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen Maria Arena a dénoncé et condamné vigoureusement l’arrestation de Karim Tabbou, l’opposant et l’une des figures du hirak, le mouvement populaire algérien. 

« C’est avec un profond sentiment d’inquiétude que nous apprenons l’arrestation à son domicile de M. Karim Tabbou, une des figures populaires et respectées par les manifestants algériens », a déclaré ce haut responsable de l’Union Européenne. « Nous condamnons cet acte arbitraire qui intervient après une vague récente d’arrestations de citoyens, d’étudiants et de militants unis par leur détermination de construire une Algérie libre et démocratique », a-t-elle encore ajouté dans une déclaration publiée par le site officiel du parlement européen. « Nous appelons à la libération immédiate de Karim Tabbou et de l’ensemble des prisonniers politiques », a-t-elle souligné enfin tout en rappelant que « le peuple algérien force l’admiration par son pacifisme et sa maturité politique. Nous appelons les autorités à écouter les revendications légitimes qu’expriment depuis 30 semaines des millions de citoyens algériens ».*algeriepart./ samedi 14 septembre 2019

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Trahison, racisme :

la LADDH avertit sur les dérives du « pouvoir réel »

Dans une déclaration particulièrement violente, la Ligue algérienne de défense des droit de l’homme avertit le pouvoir sur ses discours axés sur le racisme et la notion de trahison.

La LADDH pointe dans cette déclaration, les éléments de langage de Gaïd Salah qui accuse les opposant à la présidentielle de « trahison ». La Ligue rend responsable à cet effet le pouvoir de “tout dérapage qui pourrait survenir.

La LADDH rappelle que « La liberté d’expression n’est pas un crime”. Elle dénonce vigoureusement le placement en détention provisoire de Karim Tabou, coordinateur national de l’Union démocratique et social par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa.

Le trublion Karim Tabou est accusé d’atteinte au moral de l’armée en vertu de l’article 75 de code pénal à propos de “déclarations” faites le 8 mai 2019 à Kherrata. Les mêmes charges que le commandant Bouregaâ.

 La LADDH souligne les fondements de la liberté de la presse qui “englobe aussi bien la critique que la valorisation des rôles joués par les différents acteurs politiques et institutionnels dans le contexte précis que traverse l’Algérie, marqué par une imbrication des prérogatives et des contradictions dans les positions au sujet de la manière de concrétiser les revendications du peuple, exprimées à travers le hirak pacifique depuis le 22 février”.

Elle s’élève contre les choix faits par le “pouvoir réel » qui s’acharne contre ceux qui ne partagent pas ses vues et formulent des issues contraires à ses souhaits ne permettra pas de dépasser la crise profonde que traverse le pays”. Pour l’organisation des droits de l’homme, la voie choisie va à l’encontre des attentes du peuple.

La LADDH met en garde contre la propagation des “discours de haine faits d’accusations en trahison et de racisme entre les individus d’un même peuple” souvent employés par le pouvoir réel, donc Gaïd Salah. Mais aussi et surtout contre “ l’utilisation médias publics et privés comme fenêtres pour ces dépassements et la haine symbolique qu’ils comportent ».

Elle estime de juste que le “langage de la force et de la violation des droits de l’homme ne permettront pas de construire un nouvel horizon pour le peuple algérien” qu’il demande de manière pacifique depuis le 22 février. 

*dzvid.com- vendredi 13 septembre 2019

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**vidéo:

manifestation oran 13 septembre 2019

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ORGANISATION D’UNE ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AVANT LA FIN DE L’ANNÉE

Les étudiants disent non

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**dans : Liberté - mercredi 04 septembre 2019

28E ACTE DE MOBILISATION DE LA COMMUNAUTÉ UNIVERSITAIRE À CONSTANTINE
“Non aux élections dans les conditions actuelles”

À L’APPEL D’ANCIENS ÉTUDIANTS ET AVEC LA PARTICIPATION DE NOMBREUX CITOYENS
Tizi Ouzou a renoué hier avec les marches du mardi

ORAN
“La présidentielle ne se fera pas avec la bande !”

ANNABA
Les citoyens assurent la permanence des étudiants

28E MARDI DE MOBILISATION RÉUSSI À ALGER
Les étudiants dénoncent le discours de Gaïd Salah

BÉJAÏA
“Pas de vote avec la îssaba”

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L’Algérie n’est pas une caserne !

***La révolution populaire pacifique commencée depuis plus de 6 mois ne faiblit pas, elle a réussi à s’adapter à toutes les étapes et à déjouer tous les pièges tendus par un pouvoir incarné aujourd’hui par le général-major Gaïd Salah.

L’incongruité des discours de Gaïd Salah prononcés dans des casernes, dans la pure tradition des juntes militaires sud-américaines, donne l’impression qu’il est perdu et vit en dehors du monde et du siècle.

A l’image des dictateurs en fin de règne, il est prisonnier de cette incapacité chronique à s’extraire de lui-même et prendre conscience de tout le mal et des souffrances infligés au peuple algérien par le pouvoir depuis trop longtemps.

Dans son roman flamboyant « L’automne du patriarche », Gabriel Garcia Marquez raconte l’histoire d’un général dictateur de son pays imaginaire qui a un âge indéfini entre 107 ans et 232 ans. Gaid Salah, outre son âge avancé (80 ans) pour un général en activité, emprunte plusieurs traits de caractère à ce personnage : despote, fruste, brutal et profondément pathétique.

Il s’entête, il menace et pense ainsi « donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent » selon l’expression de Georges Orwell.

Les paroles coléreuses avec lesquelles il pense faire peur agissent comme un puissant stimulant pour la mobilisation populaire. Chaque discours prononcé par lui, vient doper encore plus la détermination du Hirak à réaliser ses objectifs.

Car la peur peut prendre une direction opposée, il y a en effet celle qu’on inspire au peuple pour mieux le contrôler, et celle que peut inspirer le peuple lorsqu’il ne craint plus rien et aspire à un nouveau système fonctionnant selon les principes et critères universels de la démocratie.

Aujourd’hui, le peuple a brisé l’engrenage de la peur et refuse toute tentative de reproduire le système. Il veut mettre fin à la politique du ventre (expression empruntée à nos frères camerounais) qui renvoie à une conception de l’appareil d’Etat perçu comme un lieu d’accès aux richesses, aux privilèges, au pouvoir et au prestige.

Il ne veut plus de ce système qui enrichit la mafia politico-militaire et ses relais dans les ministères, les wilayas et les communes au détriment de la quasi-totalité du peuple algérien. Comme il ne veut plus voir des centaines de milliers d’Algériens fuir leur pays et subir les affres de l’exil ou ces milliers de jeunes harragas pour lesquels, risquer sa vie est la seule possibilité de se réaliser.

Il ne supporte plus de voir des millions de jeunes subir la pire des violences : l’exclusion sociale et politique. Un jeune exclu ne se situe plus dans les bas-fonds de la société : il est en dehors.

Le renvoi de certains sinistres criminels et corrompus en prison, n’est en réalité qu’un épisode nouveau de la lutte que se livrent les clans du pouvoir depuis l’indépendance. Le Hirak a certainement poussé ces clans à se manger entre eux de façon plus féroce, mais il ne souhaite en aucun cas que cela conduise à un énième recyclage du système.

Depuis l’indépendance, cette lutte de clans est consubstantielle au système. Son enjeu principal est le partage de la rente pétrolière, la distribution des postes stratégiques et des privilèges. Le système est immuable dans sa configuration structurelle, un clan succède à l’autre de façon cyclique. Si dans un système démocratique, l’état-major de l’armée est à la périphérie du processus politique, en Algérie il joue le rôle central.

C’est pour perpétuer ce système que l’état-major de l’armée veut imposer des élections présidentielles pour en sortir une marionnette. Cette perspective a visiblement ouvert l’appétit de certains vautours qui gravitent autour du « panel de médiation » conduit par Karim Younes. Le renvoi d’anciens hauts responsables et affairistes véreux en prison facilite l’occupation de ces postes par d’autres cliques qui peuvent s’avérer aussi corrompues et plus impitoyables que celles dont ils ont pris la place.

Autrefois, Aristote parlait du principe d’isonomie, selon lequel la loi est la même pour tous. Notre réel nous oblige cependant à soutenir que la justice dans notre pays est sous la coupe réglée des généraux. Sinon, comment expliquer l’acte lâche et abominable que constitue l’arrestation illégale du valeureux commandant Bouragâa. Un homme courageux, brave, lucide, d’une intégrité sans faille et dont l’histoire se confond avec celle des héros de la guerre de libération (Ben M’Hidi, Abane, Zabana, Ben Boulaid…). Comment expliquer autrement aussi, l’arrestation de dizaines de manifestants pacifiques brandissant le drapeau amazigh ou exprimant des revendications auxquelles aspire la majorité écrasante du peuple.

Le philosophe allemand Friederich Hegel écrivait : « L’Histoire du monde est le tribunal du monde ». L’Histoire de notre pays sera votre tribunal, messieurs les généraux !

Evidemment, il n’est jamais trop tard pour éviter que le sang des Algériens coule à nouveau. La hiérarchie militaire doit accepter le principe de transfert du pouvoir aux civils. Telle est la volonté exprimée par des millions d’Algériens. La mise en place d’une transition démocratique définira les modalités de ce transfert et permettra au peuple de s’organiser et d’élire ses représentants.

La finalité de ce processus est d’aboutir à une refondation institutionnelle qui remette les droits fondamentaux des citoyens, les libertés individuelles et collectives, l’égalité en droits entre hommes et femmes, au même titre que la justice sociale au cœur d’une nouvelle constitution issue d’une assemblée constituante librement élue.

La hiérarchie militaire doit cesser d’infantiliser le peuple algérien qui fait preuve d’une admirable maturité civique et politique. La mission première de l’armée est la protection des Algériens et du territoire national et en cette période charnière, elle peut et doit accompagner la transition démocratique, seule voie fiable pour sortir de la crise et rendre au peuple sa liberté et son indépendance.

Chaque vendredi, chaque mardi, chaque dimanche, en Algérie comme à l’étranger, des millions de citoyens envoient aux décideurs un message fort : Les lourdes meules de la manipulation mentale ne fonctionnent plus. Rendez le pouvoir au peuple !

Ceux qui sont à la tête de l’Etat actuellement, comme ceux dont ils ont occupé les places sont des corrompus et corrupteurs zélés et experts en magouilles de tous genres. Ils sont définitivement disqualifiés pour jouer un rôle quelconque dans tout processus de sortie de crise. Pour les décrire, on peut reprendre cette phrase du grand écrivain italien Sciascia : « Le diable était tellement fatigué qu’il a tout laissé aux hommes du pouvoir, qui savaient mieux faire que lui ».

A chaque manifestation, des millions de citoyens crient « Khaoua, Khaoua », auquel semble répondre comme un lointain écho, un vers du poète turc Nazim Hikmet : « Vivre en frères, comme les arbres de la forêt ». Cette fraternité naissante ou renaissante pourrait créer dans l’avenir un terrain fertile pour le débat politique et la confrontation pacifique des idées dans le respect du pluralisme politique, culturel et linguistique constitutif de la société algérienne. **Abbes Hamadene- *dzvid.com/ 2 septembre 2019

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Dialogue alibi

Maintenant qu’il est rejeté, au même titre que le système, que reste-t-il à tenter pour le panel ? Rien, hormis son entêtement à persévérer dans une mission qu’il a lui-même dévoyée.

Monté suivant l’opération “emploi de jeunes”, avec un attelage instable et hétéroclite, le panel et Karim Younès ont vite été phagocytés par la spirale de leurs vœux pieux et des contre-ordres, qui d’ailleurs se sont avérés être la seule et unique feuille de route élaborée par d’autres cercles qui n’ont aucune volonté de céder une once à la perspective de changement réclamé par le peuple. 

Karim Younès a-t-il réellement accepté cette périlleuse mission en imposant ses “conditionnalités”, pour reprendre un terme en usage dans la finance, ces fameux préalables, qu’il s’évertuait à tenter de vendre au mouvement populaire pour justifier de la sincérité de son action ?  
Car il est vite retourné aux pratiques de son école, le FLN, ce socle politique du système, reculant dans ses engagements, pis encore, réinvente la manœuvre pour tenter d’avancer là où ses “employeurs” ont peiné depuis plus de six mois face à la mobilisation populaire. Et les Algériens ont rapidement compris sa douteuse démarche, et lui répliquent à travers le pays comme il fallait s’y attendre. Parce qu’il se révéla que Karim Younès n’a rien à proposer ni de proposition à recueillir, il est chargé par ceux qui l’ont nommé — on ne sait d’ailleurs pas avec exactitude par qui — de suivre une ligne qui lui a été déjà tracée. À sa charge aussi de réunir des adhérents à ce projet qui, en définitive, s’inscrit en nette opposition aux revendications du peuple. 
N’ayant pas réussi, dans un premier temps, le panel contourne, par une parade, les questions essentielles, oubliant au passage ses préalables, pour se consacrer aux mécanismes et procédures devant aboutir à l’organisation d’une présidentielle “dans les plus brefs délais”, pour reprendre le chef d’état-major de l’ANP, dans la transparence pour élire un président “légitime” dans l’espoir qu’il puisse, peut-être, prendre en charge les revendications des Algériens.*par Djilali BENYOUB - Liberté/ 2 septembre 2019

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« Rendez-nous Bouregaa, prenez Gaïd Salah », crient les manifestants

****Le 28e vendredi de dissidence marque un retour puissant des manifestants dans les rues.

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Des millions de manifestants sont sortis partout dans le pays pour dénoncer les manœuvres de Gaïd Salah et exiger la libération des détenus d’opinion, dont Lakhdar Bouregaa.

C’est un peuple qui se dresse contre la prédation du pouvoir et le séquestre imposé sur les institutions et les libertés démocratiques.

Le verdict est sans appel. Ce vendredi signe encore une fois une dénonciation en règle des pratiques du pouvoir représenté par le vice-ministre de la Défense, le général major Gaid Salah. Ce dernier a été copieusement hué et dénoncé par les millions de manifestants sortis dans l’écrasante majorité des chefs-lieux de wilayas et de daïras du pays.

C’est un référendum, encore un, que vient de réaliser le peuple algérien pour la 29e fois. A la surdité du pouvoir, les manifestants répondent par des messages clairs et sans nuance : transition, départ du gouvernement et de Bensalah, libération de tous les détenus, dont Lakhdar Bouregaa, et la fin des pressions et intimidations.

Pourtant de nombreux intellectuels et hommes politiques appellent le pouvoir à changer de paradigme. Rien n’y fait. Toutes les propositions buttent sur la rigidité du vice-ministre de la Défense et sans doute le reste de l’institution militaire.

En réalité depuis le 22 février, les Algériens sortent dans la rue pour dénoncer le despotisme, la corruption et la prédation imposée par le pouvoir en place. Jusqu’à présent, le pouvoir de fait représenté par linstitution militaire louvoie et ne cesse de lancer des leurres pour tromper l’opinion publique comme la création du panel du dialogue, largement dénoncé par les manifestants et les principaux acteurs politiqueset syndicaux.*dzvid.com/   30/08/2019

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situation des détenus d’opinion incarcérés à la prison d’El Harrach.

*Le Comité national pour la libération des détenus dénonce

El-Harrach

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a publié hier jeudi 29 août un communiqué dans lequel il rend compte de la situation des détenus d’opinion incarcérés à la prison d’El Harrach.

En effet, la situation des détenus d’opinion incarcérés à la prison d’El Harrach inquiète au plus haut point les avocats faisant partie de la délégation du CNLD qui ont tenu à alerter sur leurs conditions d’incarcération. Compte rendu de la délégation du CNLD.

Une délégation du collectif d’avocats de la défense des détenus s’est rendue comme prévu dans la matinée de ce jeudi 29 août à la prison d’El Harrach, pour s’enquérir à nouveau des conditions d’incarcération des détenus d’opinion, notamment concernant la pression exercée sur Samira Messouci pour le port du hijab.

Les avocats membres du CNLD, après avoir exposé à nouveau au directeur de la prison d’El Harrach, ce problème, ce dernier s’est engagé à régler définitivement la question.

Dans le même sillage, les avocats ont pu arracher le droit à Samira Messouci de porter une tenue sans foulard. A noter, qu’aucun texte de loi n’oblige une détenue au port du voile, et pour se soigner et pour le jour de sa présentation devant le juge de Sidi M’hamed.

Le directeur de la prison d’El Harrach s’est engagé en outre, à dépêcher une délégation médicale dans les plus brefs délais pour s’enquérir de la santé de tous les détenus d’opinion. Il s’est aussi engagé sur une prise en charge à l’extérieur de la prison, en cas de nécessité, pour les détenus qui ont besoin des soins spéciaux.

Par ailleurs, les avocats du collectif, membres du CNLD, dénoncent les mauvaises conditions d’incarcération des détenus. A ce titre, ils déplorent le manque d’eau durant cet été, où les détenus n’ont eu droit qu’à 20 min d’approvisionnent par jours pendant ce mois d’août.

Les avocats alertent aussi sur d’autres mauvaises conditions : alors qu’un des détenus passe ses nuits à terre, sans lit depuis son incarcération fin juin, plusieurs détenus d’opinion se retrouvent depuis leurs détentions au même carrée des repris de justice et condamnés.

Dans l’après-midi, les avocats se sont rendus au tribunal de Sidi M’hamed pour se renseigner sur la lenteur de la procédure judiciaire. Le juge sur place les informe que toutes les greffières et les trois autres juges sont toujours en congés et qu’il est dans l’incapacité de les informer d’une quelconque date, pour l’heure. Il s’est engagé à les informer par téléphone de toute prochaine procédure.

Liste des avocats présents : 
Maître Hamaili Boubekeur, Maître Lounaouci Lydia,  Maître Haddad Kamal-Azeddine, Maître Allili Yamina, Maître Tahi Sid Ali, Maître Bouallag Badredine, Maître Hallit Said, Maître Smail Nabila.

**Alger, le jeudi 29 août 2019, *Le CNLD.

*dzvid.com/   30/08/2019

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Lahouari Addi : les préalables pour une sortie de crise

Lahouari Addi revient dans cette analyse sur le contexte politique et les préalables pour sortir du blocage actuel.

Lahouari Addi propose dans cette contribution les préalables pour une sortie de crise. Document.

Les textes, déclarations et propositions de sortie de crise de l’Algérie se multiplient, et c’est bon signe. Cependant, une proposition de sortie de crise, pour être pertinente et aider à clarifier la situation, doit reposer sur l’analyse des causes de la crise et doit tenir compte des revendications du mouvement populaire. Il faut aussi que les acteurs de la crise assument publiquement leurs positions et non pas se cacher derrière des slogans creux.

Les causes de la crise actuelle ne sont ni individuelles ni conjoncturelles et encore moins le résultat d’un complot ourdi par un clan du pouvoir contre la nation.

Le discours de dénonciation de la ‘issaba, outre qu’il est ridicule, a pour but d’innocenter tout le système hérité de l’indépendance avec ses acquis positifs et ses échecs.

Si des responsables sont à blâmer, c’est pour dire qu’ils n’ont eu ni le sens des perspectives historiques, ni l’envergure pour inverser la logique d’un système devenu handicapant pour le développement de la société. Ce système avait atteint ses limites politiques avec les émeutes d’octobre 1988.

Et au lieu d’adhérer sincèrement à la transition démocratique inaugurée par la réforme constitutionnelle de Février 1989 pour une nouvelle phase historique du développement de l’Etat, la hiérarchie militaire de l’époque a préféré faire avorter le pluralisme avec le trucage systématique des élections et la désignation quasi-administrative des représentants de la population dans les fonctions électives de la mairie à l’Assemblée populaire nationale. Ces pratiques assurées par un service dépendant du ministère de la Défense avaient pour objectif stratégique de s’opposer à l’alternance électorale afin que le pouvoir souverain n’échappe pas à la hiérarchie militaire.

La vocation de l’armée n’étant pas de fournir la légitimité politique aux civils, le résultat a été la gabegie dans la gestion de l’Etat et dans les ressources du pays, avec un niveau de corruption qui a placé l’Algérie parmi les pays les plus corrompus du monde.

La contestation populaire, qui a commencé en Février 2019, exprime un mécontentement qui vient des profondeurs de la société, et cherche à restaurer l’Etat comme ensemble d’institutions au service du pays. La contestation est porteuse d’une demande de changement de régime pour sauver l’Etat et indique que la solution ne réside pas dans un changement de personnel.

C’est le sens du slogan Yetnahaw Ga3 qui traduit un désir de rupture avec le régime né de l’indépendance et qui est historiquement et idéologiquement épuisé. Toute proposition qui ne tient pas compte de cette demande populaire sera vouée à l’échec et n’aura aucun écho parmi la population. 
Les propositions de sortie de crise doivent satisfaire cette demande en tenant compte du fait que le changement doit se mener sans règlement de compte ni chasse aux sorcières.

Il doit se faire avec le souci de protéger l’économie nationale, les institutions de l’Etat, en premier lieu l’armée qui n’est pas comptable des erreurs politiques des hiérarchies militaires précédentes.

Dans cette perspective, il faut tirer les leçons de l’échec de la réforme constitutionnelle de février 1989 qui avait formellement mis fin au système du parti unique.

A cet effet, il faut s’entendre sur un élément essentiel de la culture politique moderne : la vocation des services de sécurité et celle de l’administration judiciaire est de protéger les libertés individuelles et publiques et non de défendre le régime.

La jeunesse de l’Etat né de l’indépendance a fait que ses institutions ont été détournées de leur vocation. C’est ainsi que la gendarmerie, la police nationale et l’administration judiciaire étaient sous le contrôle d’un service dépendant du ministère de la Défense, ce qui les a détournés de leur mission originelle. Par conséquent, aucune rupture ne peut se faire en Algérie si ces trois institutions (gendarmerie, police nationale et administration judiciaire) n’échapperont pas au contrôle du ministère de la Défense.

C’est une condition pour les restaurer dans leurs fonctions de protection des libertés publiques et du déroulement honnête des opérations électorales. Sans la complaisance, voire la protection, des juges et des responsables locaux de la gendarmerie et de la police, les walis et les chefs de dairas ne pourraient pas procéder aux bourrages des urnes sur instruction des autorités centrales. 

La gendarmerie devrait être mise sous l’autorité du ministre de l’Intérieur comme c’est le cas dans les Etats modernes. Cela permettra aux responsables civils de rééquilibrer les rapports d’autorité en leur faveur dans la gestion institutionnelle de l’Etat. Quant à la DGSN, formellement sous l’autorité civile, elle devrait reconnaître aux policiers le droit de s’organiser en syndicats libres pour protéger ce corps de sécurité publique des velléités autoritaires du régime. 

Toute proposition de sortie de crise qui se limite à énoncer des vœux pieux, déjà contenus dans les différents textes idéologiques depuis l’indépendance (Programme de Tripoli, Charte d’Alger, Charte Nationale…), sera inefficace et ne résoudra pas la crise actuelle. Des élections, présidentielle ou législative, avec la même structure des rapports d’autorité qui ont prévalu depuis l’indépendance, ne feront que reproduire le même système où la hiérarchie militaire est la source de la légitimité politique.

Avec des réformes préalables à toute élection, il faut aussi un changement de culture politique de la part des officiers supérieurs : ils n’ont pas le monopole du nationalisme et de l’amour de la patrie.

Les officiers supérieurs sont des hauts fonctionnaires de l’Etat et, à ce titre, ils n’ont aucune vocation à être la source du pouvoir et de la légitimité politique. Ceci n’est pas une déclaration d’hostilité à l’armée ; ceci est la condition pour la protéger des divisions politiques de la société, et pour quelle ait des rapports apaisés et sereins avec la nation dont elle est le bouclier en cas d’agression étrangère.

**Lahouari Addi- dzvid.com/   30/08/2019

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Avant-projet de charte citoyenne : pour une Algérie libre

Alger-1

Une centaine de militants, écrivains, syndicalistes ont signé ce document qui appelle dans cet avant-projet de charte à une « Algérie libre et démocratique ».

*1. PRÉAMBULE

La révolution démocratique est en marche. En ces heures où le destin de l’Algérie se joue entre les forces du progrès et les nostalgiques des années de plomb agrégés au sein de l’ancien système, les patriotes sont appelés à leurs responsabilités. Leur union autour d’une vision politique et stratégique fidèle aux sacrifices d’hier et aux appels d’aujourd’hui est plus que jamais requise pour assurer le succès de cette révolution et mettre en échec les dévoiements visant à régénérer le système.

L’heure est décisive, elle ne permet ni hésitation, ni laxisme, ni débats fantaisistes. Elle exige de nous que nous nous portions à l’avant des luttes avec perspicacité, efficacité et détermination. Il y va du destin de notre pays et de notre avenir, c’est pourquoi nul n’a le droit de faire de ce grand moment de ferveur patriotique un sujet de marchandage. L’intérêt suprême du pays et de l’idéal démocratique qui lui est corollaire ne doivent souffrir d’aucune ambigüité.

Dans cette perspective et pour la clarté de nos objectifs, nous proposons en préalable une adhésion totale et convaincue aux principes qui constituent les fondements d’un État de droit moderne pour une Algérie démocratique tournée vers le progrès.

Conscients de l’importance vitale et évidente que revêtent ces principes pour une démocratie effective, nous ne doutons pas d’obtenir l’assentiment de tous les patriotes algériens.

L’Algérie est devant un défi historique majeur : doter le pays de l’État-nation qui lui assurera stabilité, liberté, justice et développement. Forte d’une mobilisation exceptionnelle et animée par un esprit citoyen salué par tous, la révolution du 22 février invite à parachever en fait la guerre de libération nationale par les prolongements politique et institutionnel empêchés par les affrontements fratricides de 1962 et les régimes qui en sont issus.

Faute d’avoir fait place au citoyen au lendemain de la guerre, le militant a cédé devant le militaire. Il aura fallu cinquante sept ans de despotisme avant que le soulèvement du 22 février, porté par les jeunes et les femmes, vienne surprendre le monde et bouleverser le paysage politique en Algérie. 

La jeunesse, assujettie à une éducation sectaire, socialement précarisée, donnée pour désabusée et démobilisée et la femme algérienne présumée acquise et soumise à la régression constituent aujourd’hui le fer de lance de ce combat citoyen, déterminé et pacifique pour un changement radical impliquant le départ du système autoritaire qui sévit depuis l’indépendance. L’Algérien puise ses forces dans la dignité retrouvée et la confiance renouvelée – en soi et dans l’avenir.

Assumée et affirmée par le peuple libéré, l’exigence de rupture est une priorité nationale. Les esquives et autres manœuvres destinées à en voiler la nature ou en différer l’urgence sont l’une des menaces qu’il nous faut démasquer et combattre. L’Algérie ne peut se permettre une autre déception, un échec de plus.

S’il ne s’agit pas de se complaire dans le jugement facile, il est de notre devoir de procéder méthodiquement, sans surenchère mais sans complaisance à l’évaluation de notre passé récent.

Les non-dits, les censures, les maquillages et les propagandes sont les causes profondes du malheur algérien. 

*2. CONSIDERATIONS HISTORIQUES

Plusieurs fois contrariée, l’aspiration à une existence respectant l’individu et honorant les devoirs de solidarité et d’équité collectives a néanmoins souvent inspiré les moments les plus décisifs de notre passé. Niée, déformée ou censurée, l’Histoire nationale fut protégée par la mémoire socialisée qui reste la source première des grandes émergences nationales.

Plongeant ses racines dans une histoire multimillénaire, l’Afrique du nord centrale, zone privilégiée de grands mouvements historiques, a dû affronter une succession d’invasions qui lui ont laissé peu de temps pour se réaliser en tant qu’entité accomplie – sans tutelle externe – dans le bassin méditerranéen. Emiettées, quelques fois opposées et souvent soumises, les populations algériennes ont, malgré tout, su garder une âme singulière qui a permis, à chaque étape de leur parcours, la renaissance de l’être collectif. Dans les temps modernes, le cours de l’Histoire algérienne s’est heurté à deux grands obstacles :

  • La Régence turque dont l’administration parasitaire a exclu les autochtones des centres de décisions politiques. Durant trois siècles, celle-ci s’est employée à empêcher et au besoin réprimer toute velléité de construction nationale.
  • La colonisation française de 1830, menée par l’une des plus grandes puissances militaires et industrielles du 19ème siècle qui est devenue colonisation de peuplement après avoir défait le Dey Hussein en trois semaines. Démuni et sans institutions étatiques propres, le pays verra tous ses mouvements de révolte écrasés dans le sang.

Dans la nuit coloniale, des militants, en phase avec leur peuple, ont choisi de sacrifier leur confort personnel et même leur vie pour entretenir la flamme des combats longs ; ceux que l’on mène pour l’honneur et les générations futures. Et dans la guerre contre l’occupant, une autre guerre pour la citoyenneté n’a jamais cessé.

C’est grâce à eux qu’au début du 20e siècle apparaissent enfin des formes de lutte qui projettent l’État-nation algérien dans la rationalité. Face à un adversaire négateur de l’idée nationale, entravé par des archaïsmes entretenus et instrumentalisés par l’occupant, le mouvement national peine à trouver les formes et les voies les mieux indiquées pour mener de pair le défi de la libération nationale et celui de la démocratie post-coloniale. Profitant de carences dans l’élaboration du concept de nation moderne, notamment dans son identité et son ancrage historique, divers courants de pensée  transnationaux hégémoniques alors en vogue cherchent à préempter, sinon contrôler idéologiquement, le combat national algérien. Le débat interne qui devait nourrir la réflexion sur le futur État national fut détourné avant d’être violemment combattu.

Dans le long et valeureux parcours du Mouvement national, des occasions d’aller vers la démocratie se sont présentées. Pour des raisons historiques, idéologiques, politiques, sociologiques et culturelles, toutes n’ont pas toujours été fructifiées. Ces propositions militantes ont cependant permis de perpétuer l’esprit critique et créateur dans les circonstances et les périodes de reflux politique.

Moins de dix ans après la terrible répression de mai 1945, dans un univers de misère sociale et de délabrement économique, au moment où l’impasse semblait totale, surgit un miracle algérien nourri par des militants anonymes. L’esprit de l’audace et du don de soi pour la patrie provoque l’insurrection du premier novembre 1954.

Salvateur, ce sursaut ne sera cependant pas suffisant pour conférer toute sa plénitude à l’émancipation algérienne. En août 1956, lors du congrès de la Soummam, est adoptée la plate-forme qui prolongera l’appel à la lutte armée par une révolution revendiquant l’autonomie décisionnelle et prônant une conception civile de la cité algérienne. Le document sera rapidement et sévèrement attaqué de l’intérieur et de l’extérieur. Une année plus tard, en août 1957, lors de la réunion de la direction du FLN au Caire, la force brutale l’emporte. Le fragile espoir d’une Algérie démocratique et sociale est tué dans l’œuf.

La lutte de libération a suivi son cours mais depuis la violence, le népotisme et l’opacité imprègnent la vie publique. L’arbitraire colonial qui accélère la formation de la conscience nationale n’empêche pas la mutilation politique de l’indépendance : la décolonisation n’apporte ni liberté ni démocratie.

Entamée comme une lutte emblématique du processus de décolonisation du tiers-monde, la guerre de libération algérienne finira, elle aussi, dans le désenchantement général post-colonial. Arbitraire, fraudes électorales, censure générale, paupérisation, corruption institutionnalisée,… soumettront la société. La congélation politique durera plus d’un demi-siècle. Jouant sur les divisions régionales qu’il prétend combattre, le système empêche l’inter-connexion des revendications populaires et se livre à une entreprise de conditionnement et d’embrigadement des nouvelles générations.

Cependant, même coupée de son passé par un système éducatif aliénant et une désinformation primaire, la jeunesse algérienne a pu retrouver et se réapproprier les séquences fécondes de son passé. Les combats de Jugurtha et de Takfarinas contre Rome, l’épopée de Kahina ou de Fadhma n Soummeur, les règnes d’Abdelmoumen et de Yaghmorassen, les résistances d’Abdelkader et de Cheikh Aheddad tout comme les vérités cachées de la révolution seront progressivement redécouverts pour être assumés avec fierté et lucidité. Plus tard, les appels d’Amar Imache dans l’Etoile nord-africaine, l’invitation à débat de 1949, l’État civil de la Soummam de 1956, l’opposition résolue du FFS en 1963, la résistance de l’ORP (Organisation de la Résistance Populaire) au lendemain du putsch de 1965, la production critique du parti de la révolution socialiste (PRS) dans les années 70, l’insurrection citoyenne d’avril 80, les manifestations dans l’ouest du pays en 1986, celles des étudiants de Constantine la même année, l’explosion d’octobre 1988, les soulèvements successifs du Mzab, la révolte de 2001 en Kabylie, les mobilisations du Grand Sud contre le chômage et l’exploitation du gaz de schiste sont autant de luttes menées en faveur de l’instauration d’une cité démocratique arbitrée par le citoyen d’où seraient bannis l’abus d’autorité des despotes, le culte de leur personnalité ou la dictature de la majorité.

La transmission intergénérationnelle a été hachée et laborieuse mais la pugnacité patriotique est venue à bout de la censure et de l’endoctrinement.

L’accumulation de ces engagements, sacrifices et propositions transmis dans la clandestinité, arrivée enfin à maturité, constitue la sève de la révolution en cours dont il faut préserver sagacité, force et pérennité.

Cet apprentissage de soi volontariste sera l’un des facteurs les plus déterminants de l’avènement de l’insurrection pacifique du 22 février qui vient faire mentir tous les déterminismes qui avaient catalogué l’Algérie parmi les nations condamnées à survivre dans la violence atavique.

Dans cette nouvelle épopée, la tradition de l’héroïsme qui se nourrit de la confiance et de la fierté de soi est confirmée. L’Algérien ne sollicite ni aide ni compassion d’autrui.

Le règne de la démagogie et de la rente a vécu. Le pays est appelé à tout revoir avant de tout réinventer.

La phase de transition qui doit permettre à l’Algérie de renouer avec l’espérance démocratique trahie en 1962 revêt une importance capitale, sinon vitale. C’est de la façon dont est organisée cette étape que dépend la renaissance algérienne.

*3. CADRES INSTITUTIONNELS

Fautes originelles, l’assassinat d’Abane Ramdane en décembre 1957 et le renversement du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), instance légale de la nation naissante, commis en 1962, installeront une culture du coup de force qui ignore la volonté populaire.

Décidé en 1956, le découpage territorial établi autour des régions naturelles du pays et qui a permis au FLN de demeurer en symbiose avec les populations pendant toute la guerre sera renié et même diabolisé. Imposture supplémentaire, la crise de l’été 1962 consécutive au coup d’État perpétré par l’armée des frontières sera imputée au « wilayisme ». Déterminé à s’accaparer du pouvoir, le segment populiste du mouvement national recourt aux raccourcis les plus expéditifs. Les mimétismes dictés par les modes idéologiques et les pressions extérieures façonnent l’architecture politico-administrative du pays. Mélange de jacobinisme, de centralisme démocratique et d’arabo-islamisme, l’attelage institutionnel algérien aboutira à la concentration des pouvoirs et la gestion opaque qui empêcheront les algériens de mobiliser leur potentiel pour affronter la bataille du développement. Quelques mois seulement après l’indépendance, le chef de l’État s’octroie une multitude de départements ministériels, les bourrages d’urnes hérités de l’ère coloniale régentent des simulacres d’élections. La pratique de la torture repart de plus belle, les répartitions des biens vacants entre clientèles annoncent une corruption qui deviendra le mode opératoire de la captation du bien public.

Dispositif sans rapport avec la réalité sociologique du pays, les institutions serviront d’alibi à une représentation nationale factice et d’outil de domination à des factions politiques tenant leur autorité de clans invisibles qui exercent dans l’ombre le pouvoir réel. Les régions sont niées au profit d’un régionalisme qui n’hésite pas à régresser vers le tribalisme.

Il faut, pour sortir de ces archaïsmes, rédiger une autre Constitution qui institue la pleine citoyenneté de tous les algériens. Pas un seul individu ne doit se sentir étranger dans son propre pays. Plus clairement, chaque minorité qu’elle soit politique, culturelle, linguistique, cultuelle ou autre, doit avoir les mêmes droits que la majorité.

Rien de cela ne peut se faire sans un changement de la structure de l’État. Toute nation est naturellement traversée par des axes d’hétérogénéité. Un État comme celui que nous avons connu jusque-ici, (fortement centralisé et fortement idéologisé) ne peut régler les différends politiques et sociaux ordinaires dans un pays aussi vaste et aussi diversifié que l’Algérie.

En optant pour un État-régions unitaire, nous rejoindrons tous les pays modernes. Longtemps, on nous a fait croire aux dangers de la région. La vérité est que les clans au pouvoir, par la centralisation, ont gardé une omnipotence et une omniprésence sans partage sur toute la nation. Tout le pays travaille pour le cœur du système. Nous avons eu à le vérifier, à nos dépens, durant des décennies. Ce type de système se pérennise, entres autres, en générant des conflits au sein des populations.

Les longs et obscurs circuits administratifs offrent nombre de niches à la corruption. Outre qu’il est plus efficace, car plus réactif, un pouvoir local exercé par la démocratie de proximité est, à l’inverse, plus transparent et donc plus difficile à corrompre.

Une nation civilisée est une nation capable de compromis. C’est la raison pour laquelle les grandes questions de société doivent être débattues sans attendre. Cela aidera à la construction d’un nouveau système qui prenne en compte la diversité et la pluralité d’opinion.

Nous pourrons alors construire une grande nation qui saura se faire entendre et respecter dans le concert international car l’Algérie en a toujours le capital symbolique et le potentiel humain. Une nation administrée par un État qui mènera une politique sociale juste et construira une économie performante basée sur la création de richesses et non plus sur la rente pétrolière, détournée de surcroît au bénéfice de la caste au pouvoir.

Nous avons, pour cela, une jeunesse qui a su montrer, en ces moments de crise, des capacités insoupçonnées jusque-là. Il faut mettre fin aux dispositifs clientélistes et promouvoir la méritocratie, juste prix de l’effort consenti. Par ce biais, l’on parviendra à une intégration saine de la jeunesse dans l’appareil économique qui sera ainsi dynamisé. La finalité de celui-ci se doit d’être au service des plus défavorisés. L’Algérie pour laquelle se sont battus nos aînés, la « république démocratique et sociale » ne peut souffrir d’un chômage endémique ou d’une masse de laissés-pour-compte qui vont grossir les rangs des naufragés économiques en Méditerranée. 

L’ancrage du pays dans une matrice nord-africaine démocratique assumant son substrat amazigh est une exigence historique, une nécessité socio-économique et un impératif géopolitique qu’il y a lieu de traduire institutionnellement dans la mise en perspective révolutionnaire.

La surpolitisation de la religion par le système FLN est venue dévier une pratique religieuse vécue dans la piété et la tolérance depuis des siècles. L’islam nord africain a été peu à peu évacué des lieux de culte pour céder la place à une instrumentalisation qui a failli effacer la collectivité nationale.

Si la phase de transition ne vient pas rapidement engager les débats libres et sereins autour de ces chantiers, le pays risque de se retrouver dans des conjonctures politiques aux conséquences fortement préjudiciables pour la nation et tout notre environnement géographique.

*4. PRINCIPES FONDATEURS 

Après les épreuves tragiques des années 90 dont nous n’avons pas pu faire l’économie à cause du déficit démocratique inhérent à la nature du système, l’essentiel des acteurs politiques et sociaux admet désormais que la nation doit inscrire son destin dans la démocratie. L’occasion est donnée à chacun de mettre en conformité ses allégations avec ses actes.

L’alternance au pouvoir, la séparation des pouvoirs, l’égalité homme/femme, le respect des droits humains, l’identité nationale récupérée, la liberté de culte et de conscience corrélée à la non politisation du religieux doivent être solennellement consacrés comme fondements de la nouvelle Algérie.

Ces préalables sont un minimum républicain. Ils ne doivent faire l’objet d’aucune concession faute de quoi, il faudra se résoudre à sombrer de nouveau dans le cycle des instabilités qui ont fait de l’Algérie le ventre mou de la région nord-africaine.

*5. SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE

Dès les premiers jours de l’indépendance l’Algérie s’est trouvée dans une situation économique précaire. Colonisation de peuplement, ses terres ont été confisquées pour être dédiées à la demande agricole métropolitaine. L’industrie a été délibérément minorée et sa force de travail fut largement absorbée par le développement hexagonal ou consommée par les guerres. En 1962, l’usurpation du pouvoir excluant le citoyen a privé le pays d’une vision projetant la nation dans une politique de développement mettant en valeur ses potentialités naturelles et répondant d’abord aux besoins des populations. Des choix aléatoires dictés par les modes doctrinales, le militarisme budgétivore et les appétits politiques clientélistes ont installé la nation dans une gestion bureaucratique prédatrice qui a dilapidé les ressources nationales et aggravé la fuite des cadres et de la jeunesse.

Pour organiser la prédation, le système met en place des réseaux et des mécanismes parallèles et illégaux. Contraint d’adapter son quotidien à la nature mafieuse du pouvoir, le citoyen cherche des solutions à ses problèmes dans « l’État sous-terrain ». La justice, le fisc, les promotions professionnelles comme la moindre quête sociale se négocient dans l’informel. 

Ce marasme général sera accentué par une éducation nationale livrée à une idéologie sectaire qui a lourdement affecté la qualité de la formation avec son lot de chômage de masse et un exode rural qui a déstabilisé autant la ville que la ruralité.

Pour l’essentiel, les performances économiques du pays dépendent des fluctuations du prix du baril. L’aubaine des hydrocarbures est aujourd’hui sérieusement compromise par l’explosion de la demande interne, la baisse des réserves des énergies fossiles avec une augmentation significative de leurs coûts d’exploitation et l’accélération de la recherche sur les énergies vertes. 

La stratégie économique doit être rapidement repensée pour être réorientée vers des conceptions plus rationnelles. La valorisation du travail, la transparence du marché et une politique monétaire plus conforme à la réalité de la production ne peuvent souffrir de retard.

Des audits sur les fonciers agricole, forestier et industriel, des évaluations rigoureuses quant aux effets immédiats du recours à la planche à billets et des études concernant les impacts environnementaux des décisions industrielles hasardeuses sont à prévoir dans les meilleurs délais.

Enfin, de par son patriotisme jamais démenti, ses potentiels financier et économique, son expertise scientifique et intellectuelle et la surface de contact qu’elle représente dans le monde, la diaspora qui a toujours été un acteur important dans les luttes démocratiques nationales doit être associée au mouvement de renaissance en cours. 

La phase de transition risque de se dérouler dans un environnement socio-économique des plus contraignants. C’est pour cela qu’il convient d’appréhender cette séquence avec le maximum de rigueur pour arriver au plus vite à la construction d’instances représentatives légitimes et performantes à même de justifier et de faire admettre d’éventuelles mesures d’austérité.

*6. CONTEXTE-GÉOPOLITIQUE

Pays central doté de la plus grande superficie du continent, pourvu de ressources considérables encore inexploitées, l’Algérie est un pays majeur de l’Afrique du nord. Par volonté et par appréhension de l’ouverture, le système a délibérément choisi la fermeture et l’ostracisme. Sans être la seule raison de la régression nationale, cette posture belliqueuse invoque l’ennemi intérieur et extérieur pour justifier la restriction des libertés et les gestions autoritaires. Cela n’a pas été sans conséquences sur la stabilité et le développement de la région. La synergie économique n’a pas eu lieu. Vitales, les coopérations sécuritaires face au terrorisme restent aléatoires et les relations entre les acteurs politiques, sociaux, culturels et économiques avec notre voisinage immédiat se sont progressivement distendues.

Sans perspectives collectives, à cause des pouvoirs contestés, l’Afrique du nord, destinée à être une matrice privilégiée de relations fécondes entre le Nord et le Sud, l’Orient et l’Occident est aujourd’hui une poudrière.

L’échec sanglant de l’expérience algérienne a permis au fondamentalisme islamique d’essaimer aujourd’hui dans toute la région avant de contaminer l’environnement sahélien. 

Notre nation peut et doit s’ouvrir, rapidement vers une nouvelle Afrique du nord qui est un existant historique à reconquérir. N’oublions pas que les frontières qui nous séparent n’ont de réalité que depuis les conquêtes coloniales.

Une Afrique du nord des régions, résolument méditerranéenne s’ouvrant sur les pays sahéliens est un rêve réalisable à moyenne échéance. Nos jeunes n’auront plus à risquer leur vie à la recherche de paradis fictifs.

La révolution démocratique algérienne a vocation à ouvrir le champ des analyses critiques et prospectives et celui des coopérations régionales pour construire un marché – pour l’heure largement capté par des puissances extérieures – à la dimension de notre géographie humaine et économique. 

Il convient de noter que le potentiel démocratique du sous-continent nord-africain est perçu par des régimes, parmi lesquels les monarchies du Golfe ne sont pas les moins actives, comme une source menaçant les ordres féodaux sur lesquels elles fondent leurs pouvoirs. Ces entités mobilisent leurs relais locaux et de grands moyens financiers pour contenir des aspirations démocratiques dont elles redoutent les contagions sur leurs pays. La révolution du 22 février fait partie des cibles qu’elles se donnent le droit et le devoir de neutraliser. 

Un des défis de la révolution du 22 février est de renouveler l’autonomie conceptuelle et organisationnelle édictée à la Soummam en 1956 et qui permit à la révolution algérienne de rejeter toute forme de tutelle sur son projet libérateur. Cependant, ces principes qui ont permis de sécuriser la dimension militaire du combat algérien n’a pas résisté aux pressions idéologiques qui ont gagné une frange non négligeable des dirigeants. C’est essentiellement le reniement de la primauté du politique sur le militaire et les interférences idéologiques étrangères qui ont fait que l’Algérie se voit aujourd’hui obligée de redéfinir ses horizons civilisationnels.

*7. ORGANISATION DU CONSENSUS RÉVOLUTIONNAIRE

Depuis le 22 février, une dynamique inédite s’est mise en marche. Pour l’instant, les manœuvres et autres manipulations du pouvoir destinées à désamorcer ou dévoyer le mouvement ont toutes échoué. Des propositions de sorties de crise émanant de partis, d’organisations socio-professionnelles ou de personnalités de diverses obédiences ont été produites. Sans avoir fait l’objet de débats approfondis, ces textes qui ont le mérite d’exister convergent sur un certain nombre de considérations. Tous rejettent le statu quo, les mécanismes de la gestion de transition esquissés sont globalement similaires. La présidence collégiale, le collège de gestion de la transition, le gouvernement de transition (appelé différemment ici ou là mais dont la mission reste la gestion des affaires courantes) ainsi que l’installation d’une commission indépendante d’organisation des élections et la mise en œuvre d’un processus constituant font consensus.

Néanmoins, et même si tout le monde assure se reconnaître dans le mouvement populaire, deux approches s’affrontent sur les problèmes de fond. Elles distinguent les opposants historiques au système des factions plus ou moins fraichement déconnectés du sérail pour diverses raisons. Ces antagonismes doivent être clairement identifiés pour être discutés en toute loyauté et transparence car ils n’impliquent ni la même lecture du présent ni les mêmes solutions pour l’avenir.

Dans la formulation, les tenants d’un changement radical, reprennent et assument le slogan des manifestants exigeant le départ du système. Cet appel suppose que l’impasse algérienne est la conséquence directe de la confiscation et du dévoiement du combat libérateur. Une telle vision appelle une mise à plat générale de la problématique algérienne pour envisager une vision nationale inédite afin de concevoir les solutions à la mesure des crises qui handicapent la nation.

Pour leur part, les anciens dignitaires reconvertis à la contestation limitent leur demande au changement du régime de Bouteflika. Pour ce qui les concerne, la situation délétère que vit le pays relève de la responsabilité exclusive du chef de l’État déchu et de son entourage. Les grands choix faits au lendemain de la guerre, les structures opaques, les mécanismes secrets et même les acteurs sulfureux hérités du coup de force de 1962, pour peu qu’ils soient accommodés aux nouvelles exigences claniques, peuvent être recyclés.

De ces analyses découlent différentes considérations pratiques essentielles pour le devenir algérien qui se séparent en deux courants.

L’un estime que l’armée algérienne qui a confisqué le pouvoir au lendemain de la guerre doit au plus vite rentrer dans les casernes, pendant que l’autre, la considérant toujours comme l’axe névralgique de la Nation, lui demande de continuer à arbitrer la scène politique.

Ces divergences influent aussi sur l’agenda électoral. Les opposants au système estiment que les législatives doivent précéder la présidentielle puisqu’il convient de définir un nouveau régime politique. Les partisans du maintien du même système veulent d’emblée une présidentielle, avec l’assentiment de l’institution militaire. A charge pour le futur chef de l’État de décider, seul, de la nature du régime présidentiel qui sied le mieux au pays. On devine sans peine les risques que fait peser sur la révolution un tel pari. Les abus du chef d’état-major de l’armée dont sont actuellement quotidiennement victimes les citoyens, les journalistes et, plus généralement, la presse, voire même les commis de l’État donnent un avant gout des risques que représenterait la livraison du pouvoir à un homme avec les attributions constitutionnelles actuelles dévolues au chef de l’État. Soumis aux pressions de cercles occultes ou par goût du pouvoir personnel, le futur dirigeant peut renvoyer le pays à la case départ.

Le mouvement doit lever toutes ces ambiguïtés et trancher sur des enjeux fondamentalement différents afin d’éviter que l’insurrection citoyenne ne soit déviée de sa trajectoire révolutionnaire alternative ou qu’elle ne soit polluée par des confusions théoriques et pratiques de plus en plus pesantes.

*8. PERSPECTIVES DU MOUVEMENT

  1. La question de l’organisation

Récurrente, la question de la structuration du mouvement a connu des évolutions notables. Dans la précipitation des premières semaines, plusieurs schémas confinant à des caricatures ont fleuri. Avant même l’abdication de Bouteflika, des voix naïves ou intéressées se sont élevées pour demander que l’opposition se mette d’accord pour proposer « un candidat unique » contre le président sortant. Conditionnée ou inspirée par la tradition politique qui veut que l’on accède au pouvoir pour réfléchir ensuite sur ce qu’il convient de faire, la formule a fait long feu. 

Dans un second temps, des figures qui se sont rendues plus visibles que d’autres ou parfois poussées par les forces de l’ombre se sont (ou ont été) proposées pour « présider » la révolution. Ayant fait le choix de postuler lors des prochaines échéances électorales, ces figures refusent désormais de siéger dans les instances de gestion de la transition. 

À l’opposé, d’autres sources se braquant contre toute forme de hiérarchisation de la dynamique révolutionnaire revendiquent le vieux slogan qui fut opposé aux putschistes de 1962 : un seul héros, le peuple. Si tentante qu’elle soit, cette incantation ne suffit pas pour répondre aux questionnements du plus grand nombre qui estime légitimement que manifester chaque vendredi pour attendre le suivant ne peut être ni une fin en soi ni une démarche à même de donner une issue à la mesure de l’espoir suscité par un mouvement remarquablement imaginatif dans son expression et fondamentalement rénovateur dans son aspiration.

  1. Composition

De ces hésitations a émergé une proposition intermédiaire qui semble faire consensus.

Pour des raisons démocratiques mais aussi de sécurité politique, la structuration par le sommet (qu’elle procède de l’auto-proclamation ou de la désignation implicite) est désormais dépassée.

De la même façon, l’idée de laisser la dynamique populaire évoluer au gré des hasards, sans agenda ni précision des objectifs politiques laisse perplexe pour ne pas dire qu’elle inquiète chaque jour davantage une bonne partie de l’opinion publique. D’autant que devant l’absence de perspectives, des organisations plus ou moins représentatives et plus ou moins crédibles, s’emploient à préparer des rencontres qu’elles estiment légitimes pour prendre le leadership du mouvement. Telles qu’elles s’annoncent, ces initiatives essentiellement lancées à partir d’Alger ne peuvent répondre à la mise en place d’instances et la mise en œuvre de méthodes incontestables pour la prise en charge de la transition. Ces discussions ont cependant reflété une réalité de la demande populaire qui en appelle à des visibilités convaincantes et opérationnelles.

Ces échanges dont il faut saluer l’existence et multiplier les sites auront dans un premier temps à lever les équivoques qui entourent l’idée de transition. Quelle en est la finalité, qui doit la piloter et comment l’organiser ?

Il ne faudra pas se lasser de rappeler que cette phase est un moment fondamental dans la renaissance de la Nation. A ce titre, elle doit être entendue et admise par tous comme une séquence historique décisive qui est le complément naturel de la guerre de libération. La révolution doit veiller à assurer définitivement l’assainissement de la scène politique algérienne. Aucun sujet ne doit être tabou et aucune idée contribuant à la sécurisation de la pratique pérenne de la vie démocratique ne doit être éludée. Cela veut dire que la phase de transition n’est pas destinée à préparer la prise de pouvoir pour ceux qui en auraient la charge mais à en garantir l’exercice démocratique pour celles et ceux qui seront appelés à y prétendre à travers les élections une fois les règles de la promotion du pouvoir civil énoncées et gravées dans le marbre. 

Concrètement, cela implique que les personnes appelées à gérer la phase de transition doivent s’engager, au moins à court terme, à ne prétendre à aucune charge élective ou exécutive dans les processus électoraux ultérieurs.

Le parachutage par le sommet étant maintenant abandonné, les modalités de représentations commencent à s’affiner et émerge l’idée d’une convention nationale qui couronnera les débats des régions auxquels invite cet avant-projet. Pour éviter les contestations et les infiltrations déstabilisatrices, les participants à la convention nationale doivent être pour partie proposés par consensus ou élus par la base (communes ou daïras) et pour partie proposés ou élus par les organisations socio-professionnelles qui ont su garder une certaine autonomie par rapport à la nébuleuse des structures satellitaires du pouvoir. Des personnalités dont l’expérience politique a été consacrée par un parcours connu dans les luttes démocratiques peuvent être appelées à donner crédit et performance à ces assises. Enfin, il n’est jamais superflu de le répéter, tant le fait est décisif, la diaspora algérienne qui a de tout temps été à l’avant-garde des combats nationaux de notre peuple doit naturellement être associée à l’assemblée d’où seront issus les responsables qui auront à diriger les différentes instances de la transition.

  1. Durée de la transition

Plusieurs propositions ont été avancées en matière de durée de la transition. De ces avis se dégage un accord général. La phase de transition doit être aussi courte que possible. Cependant, des considérations pratiques doivent être présentes à l’esprit avant de délimiter arbitrairement le temps imparti à cette période. Selon plusieurs experts, l’assainissement du fichier électoral national est un chantier plus compliqué que ce que l’on pourrait croire. Les manipulations occultes dont il a été l’objet ont été le fait de groupes aux motivations si différentes qu’il apparaît quasiment impossible d’y remédier par des interventions accessoires, superficielles ou périphériques. Cela veut dire que pour ce seul aspect, la période de six mois se présente comme une option qui risque fort de s’avérer trop courte.

Un autre élément vient s’ajouter à cette contrainte de taille. Sous les effets de juridictions cumulatives et toujours plus sévères, la scène politique a connu ces dernières années un rétrécissement continu. Pour éviter des compétitions électorales polluées par l’argent ou le populisme, les formations politiques ont besoin de plusieurs mois d’ouverture médiatique, de neutralité de l’administration, pour se redéployer organiquement, ouvrir ou rouvrir leurs sièges, débattre librement afin de faire connaître leur programme, esquisser des alliances ou, pourquoi pas, des fusions…

Il est donc important de faire un bilan rigoureux des problématiques politiques, médiatiques, administratives et logistiques avant de fixer a priori la période sur laquelle doit courir la transition.

*9. CONCLUSION

C’est la première fois depuis 1954 que le peuple algérien se lève pour livrer un combat qui mobilise toutes les catégories sociales et l’ensemble des régions du pays. Plus qu’un mouvement de contestation, la révolution du 22 février appelle à la refondation nationale qui doit s’ouvrir sur le prolongement démocratique et social qui a fait défaut après la guerre d’indépendance. Des forces conservatrices issues de l’ancien système tentent d’en réduire l’ampleur pour revenir à un ordre politique dont elles ont tiré avantage et impunité. Ces forces ont d’abord essayé de limiter la contestation populaire au refus du cinquième mandat du chef de l’État sortant. Un autre candidat adoubé par l’armée eût fait les affaires de ceux qui invitent au changement dans le même système. Il a fallu la ténacité et la vigilance des citoyens pour désamorcer cette première poussée contre-révolutionnaire.

La première urgence est donc de dévoiler les tentatives de dénaturation de cette révolution unique dans les annales des luttes démocratiques du Sud. Mis en sourdine durant l’intermède RND, le FLN n’a pas tardé à réapparaître pour reprendre de plus belle les rênes du pays.

Il est donc temps que le système soit effectivement évacué de la scène politique comme l’exigent les manifestants depuis maintenant six mois. En particulier, il est temps que le FLN, l’UGTA ainsi que toutes les organisations de masses soient remisés au musée de l’histoire. Il est temps que les partis du pouvoir soient écartés du processus de transition.

La leçon du mouvement du 22 février est que la démocratie est une demande populaire largement partagée. Les rares et marginales tentatives de provocations intégristes ont été rapidement et spontanément étouffées par les manifestants eux-mêmes.

Par ailleurs, le mouvement a d’instinct refusé les précipitations pour se donner le temps d’éprouver sa profondeur, de tester sa détermination et d’affiner ses objectifs. Maintenant que les pièges, les intimidations, les arrestations arbitraires et les manipulations sont restés sans effet sur le peuple, il est temps d’engager les démarches qui donneront à la révolution le sens qui traduira enfin en perspective démocratique l’immense sacrifice consenti par notre peuple pendant et après la guerre de libération.

Au delà de sa consécration nationale, le succès algérien peut aussi avoir un effet d’entrainement sur toute la région nord-africaine, matrice d’accomplissement d’un destin collectif que tout appelle.

Alger, le 22/08/2019

Liste des signataires

**Algérie :

1. Adjlane Sofiane, Cadre d’Entreprise, Bgayet
2. Ahmed Sadi, Militant politique, Tizi Ouzou
3. Ait Larbi Mokrane, Avocat, Alger
4. Ait Ouakli Rachid, Enseignant-retraité, Tizi Ouzou
5. Ait Yahia Abdelmadjid, Universitaire, Sidi Bel Abbès
6. Aknine Arab, Ingénieur, Tizi Ouzou
7. Akseur Mhand, Enseignant et auteur, Bouira
8. Aliouat Arezki, Avocat, Bouira
9. Amar Yahia Hocine, Expert international, Alger
10. Amarouche Mhend, Professeur des Universités, Bouira
11. Amichi Tahar, Chef d’Entreprise, Bgayet
12. Aoudj Dalila, Cadre Assurances, Bgayet
13. Athmane Bouzidi, Maitre de Conférences,Bgayet
14. Atoumi Aziz, Syndicaliste, Bgayet
15. Attar Fadhel, Avocat El Tharf, Annaba
16. Awras-Bouras Zohra, Animatrice Associative, El-Bayadh
17. Azzam Boudjma, Médecin spécialiste Alger
18. Bahmed Brahim, Professeur Tamazight, Bouira
19. Bedek Arezki, Médecin-Spécialiste Tizi Ouzou
20. Belacel Said, Manager Groupement BET, Alger
21. Belbouab Lokman, Médecin-Spécialiste, Alger
22. Belkacem Karim, cadre d’Entreprise, Bgayet
23. Belkhir Cherif, Universitaire Retraité, Bgayet
24. Belkhiri Rachid, Professeur Paramédical, Batna
25. Bellabès Mehfoudh, Enseignant, Tizi Ouzou
26. Belmadi Rachid, militant des Droits de l’Homme
27. Belouzedad Othmane-Djeloul, Alger
28. Benabidellah Rachid, Maitre de Conférences, Tizi Ouzou
29. Benali Rachid, Professeur de Médecine, Annaba
30. Benmati Abdellatif, Professeur de Médecine, Constantine
31. Benmekki Salah, Médecin spécialiste, Alger
32. Bennour Hakim, Cadre Fonction publique
33. Bennour Mouhoub, Ecrivain- Journaliste, Bgayet
34. Bessaha Madjid, Professeur de Médecine Alger
35. Birem Samir, Cadre d’Entreprise, Bgayet
36. Bouchagour Abbes, Cadre Financier, Annaba
37. Bouchakour Mohamed, Professeur  HEC, Koléa
38. Bouchek Zohra, Pharmacienne, Alger
39. Bouchemal Oussama, Ingénieur, Militant Associatif, Skikda
40. Boukhrouf  Belkacem, Chercheur-universitaire, Tizi Ouzou
41. Bousefsaf Yacine, Ingénieur-Syndicaliste, Annaba
42. Boussouf Malika, Journaliste, Alger
43. Bouzidi Mourad, Chef d’Entreprise, Bgayet
44. Brahimi Ali, Juriste, Bouira
45. Brahimi Salah, Bâtonnier, Tizi Ouzou
46. Brouri Mansour, Professeur de Médecine, Alger
47. Chait Salim, Chef d’Entreprise, Tizi Ouzou
48. Chemakh Said, Universitaire Tizi Ouzou
49. Chemala Nouredine, Militant politique, Boumerdes
50. Doumane Said, Professeur, Tizi Ouzou droits des femmes
51. Fedjkhi Amar, Journaliste, Bouira
52. Ferdjellah Djamal, Retraité, Bgayet
53. Ferguenis Nabil, Syndicaliste, Bgayet
54. Ghoul Salem, Chef d’Entreprise, Bgayet
55. Hafsi Hacene, Commerçant, Tizi Ouzou
56. Hamadi Amar, Responsable d’Entreprise, Tizi Ouzou
57. Hamadou Farid, Ingénieur, Annaba
58. Hamaili Boubekeur, Avocat Bgayet
59. Harani Massinissa, Chef d’Entreprise, Bgayet
60. Hosna Abelhamid, Professeur de Droit, Constantine
61. Ifticene Mohamed, Cinéaste, Alger
62. Ikheloufi Djamal, Enseignant, Bgayet
63. Izouaouen Akli, Ingénieur, Militant politique, Alger
64. Kacher Abdelkader, Professeur des Universités, Tizi Ouzou
65.  Kamal Bouzid, Professeur de Médecine, Alger
66. Kasdi Ahmed, Maitre de Conférences, Bgayet.
67. Kechoudi Rabia, Hospitalier, Bouira
68. Kecili Arezki, Retraité, Tizi Ouzou
69. Kedjar Boubeker, Cadre d’Entreprise, Bgayet
70. Kessabi Amar, Expert politique-culturel, Alger
71. Khedar Cherifa, Présidente Association Djazairouna, Blida
72. Kheirdine Sofiane, Syndicaliste, Bgayet
73. Lachter Nina, Comédienne, Tipaza.
74. Ladjabi Saida, Médecin, Annaba
75. Lakabi Arezki, Cadre supérieur, Militant des Droits de l’Homme, Alger
76. Lazhari Labtar, Ecrivain-Journaliste-poète, Laghouat
77. Lehtihet Abderahmane, Enseignant, Djidjel
78. Lounaouci Mouloud, Médecin, Tizi Ouzou
79. Lounaouci-Kouache Lydia, Avocate Bgayet
80. Louni Hamid, Maitre de Conférence, Tizi Ouzou
81. Lounis Ourida, Avocate, Tizi Ouzou
82. Malek Ahmed, militant des Droits de l’Homme, Tizi Ouzou
83. Merdaci Farida, Animatrice Associative, Batna
84. Metref Arezki, Journaliste, Alger
85. Mezdad Amar, Médecin Ecrivain, Bgayet
86. Mira Tarik, Animateur Associatif, Alger
87. Mouhous Ahmed, Directeur d’Administration, Bouira
88. Moula Wezna, Enseignante-Syndicaliste, Tizi Ouzou
89. Mouloudj Mohamed, Journaliste, Alger
90. Moussaoui Ali, Avocat, Bgayet
91. Moussouni Akli, Expert Agronome, Bouira
92. Nait Maouche Mouhoub, Membre de l’ALN, Alger
93. Nait-Saada Dalila, Enseignante, Bgayet
94. Ouali Hacene, Journaliste, Alger
95. Ouchichi Mourad, Universitaire, Bgayet
96. Ouzani Chafa, Architecte Artiste-Peintre, Bgayet
97. Rahmani Allaoua, Maitre de Conférences, Bgayet
98. Reggadi Mohamed, Professeur de Médecine, Alger
99. Sadi Hend, Professeur, Tizi Ouzou
100. Sadi Said, Médecin, Alger
101. Saheb Hakim, Avocat, Tizi Ouzou
102. Sahmoune Djamal, Cadre, Alger
103. Sansal Boualem, Ecrivain, Boumerdes
104. Semrouni Mourad, Professeur de Médecine
105. Si Ahmed Hamid, Comptable, Tizi Ouzou
106. Smaili Samia, Universitaire Tizi Ouzou
107. Tadjeddine Azedine, Professeur de Médecine, Oran
108. Taguemout Belkacem, Retraité, Tizi Ouzou
109. Taguemout Mokrane, Enseignant-Fellah Militant, Tizi Ouzou
110. Touat Ali, Informaticien, Tizi Ouzou
111. Yahiaoui Yazid, Journaliste, Bouira
112. Zaoui Amine, Ecrivain-Universitaire, Alger
113. Zazi Sadou, Militante pour la démocratie et la défense des 
114. Zerguine Koceila, Avocat, Batna
115. Zitouni Nouredine, Professeur de Médecine, Alger
116. Zouagui Sabrina, Universitaire, Bgayet
117. Mouri Lynda, étudiante, Bejaïa
118. Mouri Massinissa, étudiant, Bejaïa
119. Chabane Madjid, cadre fonction publique

**Canada : 

1- Amari Kamel, journaliste, Montréal, Canada 
2- Arezki Slifi, Enseignant, Canada
3- Beguenane Rachid, Professeur Université Ontario, Canada
4- Bourahla Mohammed, Technicien, Montréal, Canada
5-  Chegrouche Lagha, Enseignant- Chercheur, France
6- Djamel Arab Saïd, Gérant, Canada
7- Djilali Kashi, Chimiste, Canada
8- Driche Kamal, ingénieur, Montréal, Canada
9- Hadjaz Saïd, Directeur Engineering et Amélioration Continue, Montréal, Canada
10- Hassani Lounas, Enseignant-Ecrivain, Ottawa, Canada
11- Irid Nacer, ingénieur, Montréal, Canada
12- Kamel Moktefi, Toxicologue, Canada
13- Karim Allam, Surintendant, Canada
14- Messaoudene Mahfoudh, Ingénieur Montréal, Canada
15- Mohamed Boundaoui, Courtier immobilier, Canada
16- Nabil Oudrar, Opérateur Industriel, Canada
17- Saïd Ghellid, Mécanicien, Canada
18- SalahAmrane, Éditeur, Canada
19- Yahia Arkat, Journaliste, Canada
20- Yaïci Sabih, Enseignant au secondaire, Montréal, Canada
21- Yesli Madjid, Médecin, Montréal, Canada

**France-Belgique :

1. Ali Bensaad, politologue, France
2. Bachir Derais, Journaliste-Cinéaste.
3. Bakir Mohend, Journaliste
4. Bey Nadia, Journaliste
5. Bouarab Ahcene, Médecin Spécialiste
6. Bouchefra Akli, Médecin Spécialiste
7. Bouzidi Khaled, Cadre d’Entreprise,  France
8. Gacem Mokrane, Journaliste, France
9. Habib Mouloud, Médecin Spécialiste
10. Haddag Nacer, Médecin Spécialiste
11. Hammad Louiza, Médecin
12. Hassani Rafik, Médecin
13. Hebib Maamer, Architecte
14. Kamal Tarwiht, Journaliste, France
15. Kebir Mohamed, Avocat
16. Messaoudi Nassim, ingénieur, Paris, France 
17. Ouferhat Mahieddine, Cadre d’Enterprise, France
18. Oulamara Aomer, Physicien-Ecrivain, France
19. Saidi Nabil, Journaliste
20. Saiki Khelifa, Ingénieur Paris, France
21. Sennad Mouloud, Taxieur
22. Si Ahmed Madjid, Etudiant Militant, France
23. Tarik Ould Amrouche, Enseignant, France 
24. Yemi Mokrane, Médecin

**dzvid.com/   28/08/2019

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Tassadit Yacine : pour une Algérie fidèle aux pères fondateurs du mouvement national.

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***ci-dessous une contribution de Tassadit Yacine qui revient sur le mouvement populaire et ses espoirs.

Tassadit Yacine, en anthropologue spécialiste du monde berbère, plaide pour une Algérie fidèle aux pères fondateurs du mouvement national. Analyse.

Le mouvement populaire est à son septième mois de mobilisation pacifique. Il est remarquable par son organisation, sa maturité et son civisme. C’est là un formidable terreau pour asseoir une organisation politique des plus réussies au monde.

Ce mouvement a mis en échec, comme on le sait, toutes les tentatives de division et les manœuvres malsaines de diversion. Sa détermination est plus que jamais inaltérable. Les Algériennes et les Algériens dans le pays et à l’étranger, conscients des enjeux et des risques que peut générer cette situation, ont identifié les facteurs de la crise et les acteurs qui agissent à visages découverts ou dans la clandestinité et, de ce fait, semblent résolus à ne plus rester les bras croisés.

C’est ainsi que le pays se retrouve face à deux forces qui s’affrontent ayant chacune sa logique et ses finalités spécifiques : d’un côté, un peuple, plus que jamais déterminé à en finir avec un système vieux d’un demi siècle, et de l’autre, ce même système déterminé à se maintenir à tout prix et en faisant comme si rien n’avait été dit, rien n’avait été fait. C’est ce qu’on appelle un dialogue de sourds.

Les représentants actuels au lieu d’être à l’écoute des revendications de la société civile proposent une élection présidentielle organisée à la hâte, ignorant le processus de transition.

Autrement dit, peut-on aller vers une organisation d’une élection présidentielle sans débat et sans transition tel qu’il est proposé par le haut commandement de l’armée ?

Peut-on espérer une sortie de crise en faisant l’économie d’un débat national réunissant toutes les potentialités collectives ou individuelles ?

Peut-on parvenir à une transition démocratique sans que la diaspora en général et l’élite en particulier ne soient invitées à prendre la place qui leur revient dans le combat pour construire une Algérie démocratique, laïque, plurielle, riche de son histoire et de ses diverses cultures ?

Peut-on (doit-on) se permettre d’ignorer une partie de notre population porteuse d’une histoire et d’une mémoire millénaires (les bérbérophones de Kabylie, du M’zab, du Gourara, du Hoggar) comme c’est le cas aujourd’hui parce que nos représentants officiels en ont été littéralement sevrés ? Doit-on et peut-on encore se permettre d’ignorer l’apport de ces groupes et celui de nos immigrés dans la libération de ce pays ? Doit-on et peut-on encore se permettre d’ignorer la place des femmes dans notre société alors qu’elles ont été présentes tout au long de notre histoire aux côtés des hommes depuis Carthage jusqu’à l’annulation des éléctions en 1991.

Trois moments dans notre longue histoire ont marqué l’histoire de notre pays : déjà sous Carthage elles se sont delestées de leurs bijoux pour aider les leurs :

–   en 1871, elles se sont dépouillées de leurs bijoux pour aider à payer le tribut de guerre que les Kabyles devaient à la France,

–   enfin en 1963, pour le fameux « senduq tadamun », où elles se sont senties concernées pour renflouer les caisses de l’Etat et aider la cause nationale autant que les hommes (avec leurs propres bijoux). Que dire encore du rôle héroïque qui a marqué l’histoire des femmes à l’échelle internationale, entre 1954-1962 ? Je ne citerai pas les héroïnes du passé lointain et plus récent qui se sont levées pour défendre leur terre contre le conquérant comme Dihya au VIIe siècle, Fadhma N soumer (1857), Ourida Meddad (1954). Tous ces faits n’ont pourtant pas œuvré pour une égalité hommes-femmes comme dans tout pays en phase avec son époque.

L’Algérie officielle a manqué plusieurs fois l’occasion de s’ouvrir à son histoire et à suivre le projet d’acteurs importants (hommes, femmes, berbérophones, arabophones et francophones) qui ont pourtant donné pour qu’elle soit enfin libre et fidèle à son histoire et à son legs ancestral. Or, depuis 1962 , l’Algérie a donné l’impression au monde de s’enliser dans une idéologie d’emprunt qui a paricipé à la perte de nombreux acquis comme le respect de la diversité politique et culturelle et de la tolérance religieuse. Pourquoi a-t-on tourné sciemment le dos au projet démocratique et social construit par l’élite à l’aube de 1954 ? 

Projet conçu et éléboré par des figures politiques telles que Abane Ramdane, Hocine Aït Ahmed, Larbi Ben M’hddi, Chawki Mostephai, Mestfa Lacheraf, Frantz Fanon et intellectuelles comme Mouloud Mammeri, Jean Amrouche, Mohammed Dib, Kateb Yacine…

Que reste-il de ces figures mythiques pourtant mondialement connues ? Que faisons-nous de cette feuille de route qu’ils ont tracée pour nos enfants dans une Algérie progressiste, égalitariste et moderne ?

Une armée consciente et responsable doit être en principe au service de son peuple. Il est de son devoir d’être à l’écoute de ses revendications, unique façon d’éviter les éventuels dérapages, et de sauver ce qui peut l’être, en profitant de ce formidable civisme avant qu’il ne tourne en violence.

L’Algérie de demain doit impérativement se construire dans une véritable démocratie en éliminant les erreurs commises depuis 1962 et sortir de l’orbite idéologique arabo-islamique pour être elle-même. Les langues pratiquées en Algérie (berbère, arabe, français) doivent être respectées car elles constituent un formidable atout et ne pas être instrumentalisées à des fins idéologiques. Les droits de l’homme et du citoyen doivent fleurir comme l’un de nos ancêtres, Caracalla empereur romain (dynastie des Sévère), l’avait énoncé en 212 : il accorda la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire.

Dans le monde africain, car nous sommes en Afrique, l’Algérie doit être cet exemple phare qui illuminerait le monde par son ouverture, sa justice (l’égalité des droits et des langues) et sa grande diversité.

**Tassadit Yacine - dzvid.com/ dimanche 1 septembre 2019

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un couple a célébré son mariage au milieu des manifestants du hirak

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vendredi 28 août, un couple s’est présenté au milieu des manifestants pour célébrer son mariage à Béjaïa.

Un couple de manifestants a profité de la marche de dissidence de ce vendredi pour manifester en tenue de noces à BéjaïaLa mariée avec sa belle robe blanche coiffée d’un couvre-chef aux couleurs amazighes, le marié, lui, était en costume trois-pièces recouvert d’un burnous blanc, comme le veut la tradition. Les mariés ont été fortement applaudis par les manifestants.*dzvid.com/   30/08/2019

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Les manifestants libèrent des détenus du commissariat de Batna

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Des milliers de manifestants ont arpenté ce vendredi 30 août la capitale des Aurès sous l’œil sévère des services de sécurité.

Le fait le plus marquant de cet journée est l’acte de résistance dont ont fait preuve les Aurésiens. En effet, les manifestants ont libéré des détenus qui ont été parqués au commissariat de Batna

 Tout a commencé lorsque, au milieu des manifestants, des policiers ont arrêté trois personnes qu’ils ont embarquées au commissariat. Leur tort ? Le port de l’emblème amazigh.

C’est alors que des centaines de manifestants se sont dare-dare rassemblés devant le commissariat jusqu’à la libération des personnes arrêtées.

La mobilisation a payé au cœur des Aurès comme le montre le tweet de ce militant.

Rappelons que ce jour est le 28e vendredi de la dissidence citoyenne dans tout le pays. Des millions de manifestants sont sortis pour exiger le départ du système.

*dzvid.com/   30/08/2019

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