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On ne négocie pas avec les terroristes,on les combat,c’est tout

24012013

**Tiguentourine met fin aux rançons du malheur

Bureau du Soirdalgerie a Bruxelles, Aziouz Mokhtari-24/01/2013
Ribeiro, de «Vox Africa», chaîne câblée émettant à partir de Bruxelles, remue ciel et terre pour me mettre la main dessus. Motif : l’émission de tout à l’heure sera consacrée, en grande partie, à l’intervention de l’armée algérienne à In Aménas. «L’Algérie donne le bon exemple, on ne négocie pas avec les terroristes, on ne paie pas de rançons, on les combat, c’est tout», c’est l’avis de l’autre animateur du plateau. Il est vrai que les Occidentaux ont surenchéri le marché aux otages et que Sarkozy a fait du paiement des rançons une fâcheuse habitude.
Tous mes collègues de Bruxelles, deuxième patrie de la presse après New York, en sont persuadés, mon séjour algérien de janvier me place en position privilégiée pour l’analyse, le commentaire, la prospective de l’après-In Aménas, de l’après-intervention militaire française au Mali. Pas du tout surpris par l’attaque terroriste contre Tiguentourine, dégât collatéral de l’expédition punitive de Hollande, les experts, parmi les journalistes qui suivent le dossier, savent, en ce qui les concerne et le clament mordicus, l’Algérie sera le tombeau de l’islamisme armé au Mali ou les choses tourneront au vinaigre. Demain, beaucoup plus proche qu’on ne le croit, remettra sur la table les mêmes questions, les mêmes appréhensions et les mêmes réflexions d’avant-guerre. Qui pour diriger le Mali ‘ Quel Mali ‘ Comment donner des réponses satisfaisantes aux questions Azawad, Tamachakt, au chômage endémique, à la misère, au dénuement, à la pauvreté, au pouvoir d’achat presque nul ‘ Un Mali fédéral ‘ Confédéral ‘ Une composition intelligente, composite, mariant les principes démocratiques avec les données ethniques, raciales et sociales du pays, de ce qu’il en reste, serait une première réponse idoine, adéquate. En tout état de cause, croire que Paris, la Cédéao ou d’autres entités extra-maliennes régleront les problèmes du pays à la place des Maliens serait une illusion. Une illusion mortelle. Une illusion criminelle. Avant de passer tout à l’heure sur «Vox Africa TV», plateau composé d’eurodéputés, de diplomates africains en poste à Bruxelles, de journalistes spécialisés dans le Sahel, Ribeiro, l’un des animateurs de l’émission, me dit sur un ton qui ne laisse planer aucune hésitation sur le principe : «Heureusement que l’Armée algérienne n’a pas laissé le doute s’installer à In Aménas.» Du Cap-Vert, Ribeiro, qui a couvert plusieurs conflits armés en Afrique et suivi de près la situation au Nord-Mali, sait d’expérience et d’expertise que négocier avec les preneurs d’otages est dangereux, contre-productif et sème le trouble. «Négocier, tactiquement sans médiatiser afin de préparer l’assaut final libérateur est une chose, médiatiser les pourparlers, en faire une politique banale en est une autre.» «C’est ce que faisait régulièrement Sarkozy et c’est ce qui donna une seconde vie au terrorisme au Mali», ajoutera un autre collègue africain juste avant l’entrée dans le vif du sujet télévisé consacré, évidemment, à la situation au Mali. C’est vrai que Sarkozy, les Autrichiens, les Allemands et d’autres encore en Europe ont joué avec le feu en payant de fortes rançons pour libérer leurs otages. L’Algérie a toujours protesté contre ces pratiques qui, en plus d’être illégales, contraires au droit international, sont porteuses de danger et alimentent le crime et le crime organisé. La France de François Hollande semble, les semaines à venir confirmeront ou infirmeront ce propos, avoir rompu avec ces pratiques odieuses. Paris est intervenu au Mali alors même que plusieurs de ses otages sont détenus là-bas par un groupe terroriste. Est-ce un risque des temps, espérons-le… Abdelkader Messahel, ministre chargé des relations avec le Maghreb et l’Afrique, avait, l’an dernier, lors d’une visite à Bruxelles, alerté sur ce danger. Lors d’un point de presse tenu à l’attention des journalistes algériens au sein de l’ambassade d’Algérie dans la capitale européenne, Messahel avait beaucoup insisté sur ce point, sur le paiement des rançons par les Occidentaux, ce qui encourage, dira-t-il, «les terroristes». En étouffant toute velléité «négociationiste» à Tiguentourine, l’armée algérienne donne à la lutte antiterroriste au Sahel et ailleurs, un vrai contenu. Le message est clair et Vox Africa de mon ami Ribeiro le relève volontiers.*lesoirdalgerie-24/01/2013

**Le traitement de la prise d’otages par les médias occidentaux

les forces de sécurité ont mis en échec le plan des ravisseurs.

 Ce qui n’a pas été du goût de certains médias et donneurs de leçons occidentaux.

Par Hassane Zerrouky
Deux faits sont à relever. Le traitement de cette prise d’otages par de nombreux médias occidentaux, français notamment, était dans bien des cas limite.
«Mystère d’une prise d’otages», «dénouement sanglant», «bain de sang», «assaut meurtrier», «logique privilégiant l’élimination des terroristes plutôt que la vie des otages», lisait-on et entendait-on ici et là. Mieux, offusqués par le refus des autorités algériennes d’accepter l’aide de forces spéciales occidentales pour résoudre cette crise, certains médias ont souligné que seul le GIGN français, voire le M-20 britannique, était «capable de faire face à de tels défis» ! Ils ne se sont même pas posé la question de savoir pourquoi les ravisseurs avaient laissé les otages téléphoner librement à leurs familles. En réalité, en les laissant appeler, les djihadistes savaient que les pays dont les otages étaient originaires allaient faire pression sur l’Algérie afin de les laisser partir avec leurs prisonniers. Les djihadistes étaient sans doute convaincus que les forces algériennes n’oseraient pas ouvrir le feu sur les véhicules quittant le site gazier par crainte de tuer des otages. Erreur. En les empêchant de le quitter avec leurs otages, les forces de sécurité ont mis en échec le plan des ravisseurs. Ce qui n’a pas été du goût, on s’en doute, de beaucoup de donneurs de leçons occidentaux. Les mêmes, qui critiquaient le fait que l’Algérie ait refusé l’aide occidentale, ont vite oublié que ces mêmes capitales occidentales lui avaient refusé l’aide dont elle avait besoin aux pires moments de la décennie noire, refusé d’extrader ceux qui revendiquaient à partir de cet Occident civilisé les actes terroristes quand ces mêmes capitales ne multipliaient pas les pressions pour que le régime de Liamine Zeroual accepte un partage du pouvoir avec les islamistes avant, disaient-elles, qu’il ne soit trop tard ! Et Londres n’était-elle pas la capitale de l’islamisme mondial, à partir de laquelle le GIA revendiquait ses crimes ‘ Ils ont surtout oublié que les Algériens étaient bien seuls, isolés, face à des islamistes déterminés. Ajoutons qu’on a lu peu de choses sur la complexité du site gazier, à savoir qu’il ne s’agissait pas d’un immeuble de cinq, voire dix étages avec cinq ou six ravisseurs enfermés avec leurs otages dans un appartement. Ni non plus en ce qui concerne les risques économiques et surtout humains et environnementaux quand le groupe terroriste a menacé de faire exploser le complexe après avoir annoncé l’avoir miné. On n’aurait pas eu trente ou quarante morts, mais des centaines de victimes et toute une région dévastée. Si le groupe terroriste n’a pu le faire, c’est grâce au geste du jeune Mohamed Amine Lahmar (assassiné par les ravisseurs) qui a actionné l’alarme, geste qui a permis aux employés de Sonatrach de mettre l’ensemble des installations en décompression, évitant ainsi l’explosion du complexe gazier. Plus surprenant, ces propos de spécialistes du Maghreb, pourtant bien avertis, à l’instar de Luis Martinez, aujourd’hui en poste au département des sciences politiques de l’Université internationale de Rabat (UIR), lequel s’étonne dans Libération de lundi du soutien français à l’endroit du pouvoir algérien. «C’est du pain bénit pour Alger d’avoir la France qui légitime cette action violente, qui applaudit et qui rend hommage. C’est une situation terrifiante au regard de notre position il y a 20 ans sur ce régime autoritaire. En d’autres temps, Paris se serait montré plus mordant» regrette-t-il ! Que fallait-il faire alors ‘ Il ne le dit pas. Ces observations sur le traitement de cette prise d’otages ne doivent pas occulter que l’Algérie, qui a déjà un sérieux problème d’image, s’est distinguée par une communication franchement mauvaise, pour ne pas dire ridicule. Non seulement on a vu des ministres dire une chose et son contraire, mais plus grave, comme l’a bien dit Lyes Boukrâa sur l’ENTV, les islamistes sont bien meilleurs communicateurs ! Montrer à voir, images à l’appui, les forces spéciales en action après avoir vanté justement leur professionnalisme aurait mieux valu que cette non-communication officielle. Terminons sur le silence éloquent et significatif, à de rares exceptions près, des pays arabes, silence que ne peut remplacer cette condamnation du bout des lèvres de la Ligue arabe aucun média sérieux ne l’a d’ailleurs relevé tant cela frisait le ridicule. Il est vrai que les preneurs d’otages appartiennent à la mouvance salafiste soutenue par des monarchies connues du Golfe ! *lesoirdalgerie-24/01/2013

*    »N’en déplaise aux «experts»

C’est très agaçant d’entendre les journalistes, les «spécialistes» et les «experts», invités à donner à la télévision leurs avis sur les sujets d’actualité immédiate, faire des commentaires et des analyses, voire prophétiser et dans le même temps se plaindre du manque d’informations. On l’a encore constaté ces jours-ci avec la prise d’otages à In Amenas, en Algérie.
Le site gazier est coupé du monde. L’armée algérienne est en train de «traiter» les preneurs d’otages : on n’en connaît pas le nombre, mais on devine leur détermination : une bande de fanatiques capables de faire sauter le site avec ses 750 hommes et femmes y travaillant. Le bûcher du siècle ! Et peu leur importe de mourir. On le sait. Les Algériens le savent bien pour avoir payé le prix durant ce qu’on appelle la décennie noire — environ 200 000 morts — et, n’en déplaise aux «experts», acquis une certaine expérience dans la lutte antiterroriste. Durant cette période, ce pays était seul face à une nébuleuse de fanatiques décidés à en découdre au péril de leurs vies. Pas un pays d’Occident, fournisseur d’armes et de moyens d’informations ultra-sophistiqués n’avait accepté de l’aider ; pas même de lui vendre cash les armes adéquates pour venir à bout de la pieuvre. Certaines officines en Europe et ailleurs n’étaient pas trop contrariées du reste par cette guerre contre le terrorisme. Que les Arabes se tuent entre eux, cela ne pourrait que décongestionner un peu, et réduire les foules prêtes à envahir l’Europe ! L’Algérie avait pourtant prévenu que la menace du déplacement du terrorisme vers le Nord était patente. Durant ces années noires 1990-1999, aucun «spécialiste», aucun commentateur ne reprochait aux autorités algériennes de ne pas communiquer, de ne pas informer les plateaux de télévision sur la stratégie choisie pour venir à bout d’une guerre sanglante et dévastatrice. Très peu de journalistes courageux avaient accepté de troquer le confort des studios parisiens contre la promenade dans les maquis des GIA. Pourtant, la guerre faisait des ravages à quelques encablures des studios de télévision. Or, voilà qu’aujourd’hui, on entend lors de ces émissions des cris de vierges effarouchées sur l’absence de communication d’Alger. Mais que diable font donc les porteparole de l’armée et des affaires étrangères algériennes pour ne pas communiquer aux puissances occidentales les plans adoptés pour neutraliser les assaillants ! Mais enfin c’est inadmissible, s’étrangle Ulysse Gosset. On n’a jamais vu ça, dit-il. C’est vrai que lors de l’invasion de Ghaza, il était informé minute par minute de la progression des militaires israéliens, des bombardements, du nombre des victimes, par sexe, par âge, du nombre de maisons, d’écoles, d’hôpitaux détruits entièrement ou partiellement, avec ou sans occupants !!!!!!! C’est vrai qu’on a toujours été habitués à entendre sur les plateaux de télévision l’intervention en direct des envoyés spéciaux interrompre les élucubrations sur les plateaux par : «Allô, ne quittez pas, je vous passe le patron du GIGN qui va détailler pour nos téléspectateurs le prochain déroulement des opérations à partir du Rainbow Warrior.» Qui pourrait oublier le correspondant de guerre intervenant en direct du ciel en sautant sur Kolwezi ‘ C’était cela la communication, n’est-ce pas ‘ De leur côté, les «experts» ne se sont pas privés de critiquer les méthodes brutales de l’armée algérienne dont les forces spéciales formées à l’école russe ne savent pas faire dans le détail, disent-ils. Les Britanniques sont en colère. Il fallait négocier puisqu’il y avait des citoyens de Sa Majesté parmi les otages, pardi. Les Japonais et les Américains itou. Et puis voilà que la Maison-Blanche répond aux ravisseurs que les Américains ne négocient pas avec les preneurs d’otages. Alors messieurs les «experts» ! Négocier ou pas ‘ Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, nous rappelle à point nommé que Paul Valéry disait : «Un expert c’est quelqu’un qui se trompe selon les règles.» Certes messieurs les «spécialistes», l’Algérie aurait pu recourir à d’autres méthodes si par exemple les puissances occidentales avaient accepté de partager leurs expertises avec les militaires algériens durant les années noires, contre paiement cash bien sûr. Et comme ce n’est pas le cas, ils n’ont pas appris à faire dans la dentelle en discutant avec les preneurs d’otages. Les «experts» leur auraient conseillé de dépêcher par exemple vers une bande de fanatiques bourrés d’explosifs sur un champ gazier et munis du seul billet aller un négociateur fin psychologue, armé d’un porte-voix et criant : «Allô, allô, sortez les mains en l’air. Il ne vous sera fait aucun mal. Si vous libérez les otages vous pourrez repartir librement à bord de vos picks-up vers la frontière libyenne toute proche. Au revoir et… à bientôt.» Tout ce beau monde trouve choquant aussi, à l’instar du premier ministre britannique, que les Algériens n’aient pas eu la délicatesse de téléphoner à quelques capitales pour leur demander leurs avis sur la meilleure façon de déloger des terroristes fanatisés jusqu’au suicide collectif. Cela leur aurait permis dans l’intervalle de remplir d’eau quelques Canadair pour un aller simple vers un brasier gigantesque à quelques milliers de kilomètres de la civilisation. Bien évidemment, on exhumera encore l’inévitable antienne en glosant sur la parano des Algériens, leur obsession de leur indépendance, leurs rapports schizophréniques avec l’ancien colonisateur, leur susceptibilité ombrageuse. C’est de bonne guerre, dirait-on. Mais quand admettrez-vous, messieurs les Anglais, que la Grande-Bretagne n’est pas le nombril du monde et qu’on ne peut faire la leçon aux autres quand on a eu un Premier ministre qui a été à l’origine du plus grand mensonge du siècle qui a failli déclencher la troisième guerre mondiale ‘ On ne peut continuer à s’habiller de probité candide quand on a menti devant la terre entière sur les armes de destruction massive en Irak, et l’Occident ne peut prétendre à la neutralité quand on assiste à l’humiliation continuelle du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de la Palestine. La coopération internationale est indispensable pour arriver à bout de ce terrorisme. Elle ne pourrait être efficace que si elle se donne les moyens d’ériger un parangon de justice en la forme d’un organisme international indépendant de toute influence. Mais ceci est une autre histoire. Alors messieurs les «experts», un peu moins d’arrogance et un peu plus de décence s’il vous plait.
**S. K * Universitaire- lesoirdalgerie-24/01/2013

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Voyage de presse à In Amenas :

Retour sur la prise d’otages de Tiguentourine

Tiguentourine refuse de sombrer dans la déprime après l’horrible prise d’otages qu’elle a vécue pendant plus de trente heures et par laquelle 37 de ses meilleurs cadres ont péri sous les balles assassines de ceux qui l’avaient assiégés.

Le site gazier d'In Amenas, en Algérie. (KJETIL ALSVIK / STATOIL / AFP)

C’est ce que nous avons constaté durant le voyage de presse qui a été organisé, jeudi dernier, par les soins du ministère de la Communication et avec les moyens matériels de Sonatrach. C’est, en effet, la compagnie Tassili Airlines qui a transporté plus de 150 journalistes, techniciens, cameramen et photographes de l’aéroport Houari Boumediene vers In Amenas Zarzaïtine.

«Nous avons eu tellement de demandes de journalistes étrangers notamment japonais, britanniques et norvégiens qui voulaient venir pour se rendre à In Amenas, que nous avons pensé à organiser ce voyage en même temps aux médias nationaux et étrangers pour leur permettre de faire le travail qu’ils veulent», nous a dit le ministre de la Communication qui était venu à l’aéroport d’Alger, tôt le matin du jeudi dernier, pour saluer tous ces envoyés spéciaux. Mohand Saïd Belaïd était resté sur place jusqu’à ce que tous ses invités embarquent.

Le vol a duré 1 heure 50. L’arrivée à In Amenas s’est faite sous un soleil printanier qui permettait au regard de se perdre loin, au milieu de ces immenses étendues de sable. In Amenas se situe au sud-est de l’Algérie, loin d’à peine 80 km des frontières algéro-libyennes, et de 240 km d’Illizi.

C’est vers un peu plus de 9h que l’avion a atterri à l’aéroport Zarzaïtine. Le groupe Sonatrach avait mis à la disposition de ces voyageurs spéciaux, des bus pour les amener à Tiguentourine, distant d’In Amenas de 60 km. C’est un peu avant 11h que nous atteignons la base de vie où le drame a commencé.

Plusieurs militaires, gendarmes et agents de sécurité étaient en faction tout autour. Un char était stationné pas loin du portail de la base de vie. «Bonne et heureuse année à tous, travaillez en toute sécurité et chaque jour», une phrase qui passait en boucle sur un panneau lumineux placé juste à gauche de l’entrée de la base.

DOULOUREUX SOUVENIRS

Le directeur général pour le compte du groupe Sonatrach dans son association avec British Petroleum (BP) et Statoil le norvégien, a été chargé de raconter les faits aux invités du ministère de la Communication.

Il devait expliquer aux journalistes comment, en ce mercredi 16 janvier de l’année en cours, un groupe terroriste «venu d’ailleurs» avait pu pénétrer ces lieux censés être bien gardés, et prendre en otage, durant 30 heures, 790 employés entre cadres, ingénieurs, techniciens, agents de maintenance et de sécurité, dont 130 étaient des étrangers de diverses nationalités.

L’information de la prise d’otages la plus spectaculaire que le monde ait jamais vécue, avait fait, ce jour-là, le tour des médias nationaux et internationaux en l’espace d’à peine quelques minutes.

Lotfi Benadouda fera savoir qu’il a été le premier otage qui a été pris par les terroristes. Il racontera avec émotion les faits vécus sur le site gazier de Tiguentourine «dans des conditions de violence, de stress et de pressions insoutenables». Entouré de tous les journalistes, «braqué» par les objectifs des cameramen et des photographes, le DG a rappelé que les douloureux événements ont été déclenchés au niveau de la base de vie tôt le matin.

LES TERRORISTES EXECUTAIENT LES OTAGES PAR BALLES

«Il y avait un groupe de 12 terroristes dans la base, leur objectif était d’atteindre le building VIP occupé par les responsables, j’étais la 1ère personne qu’ils ont prise mais ils ne savaient pas que j’étais DG; ils voulaient prendre les expatriés et relâcher les nationaux». «Plus de 400 otages étaient retenus après que les terroristes leur ont placé des explosifs sur leur buste.

Ils voulaient nous utiliser comme boucliers pour pouvoir s’enfuir». «Ce n’est que dans l’après-midi qu’ils ont su qui j’étais, ils m’ont alors demandé d’intercéder auprès des autorités pour leur faire savoir ce qu’ils voulaient». «Les terroristes demandaient la libération de prisonniers, l’ouverture des frontières et la sécurisation de la route pour qu’ils puissent s’enfuir vers le Mali». «Les terroristes avaient agi à visage découvert».

Plus de 700 employés, pratiquement tous des Algériens, ont pu être libérés et mis sous protection de l’armée. L’action des unités spéciales d’intervention de l’ANP était soutenue par le renfort des hélicoptères qui ciblaient les terroristes terrés au milieu de la tuyauterie du complexe gazier.

Le premier assaut a été donné, le jeudi matin, lorsque l’armée a su que les terroristes voulaient sortir du site dans des véhicules avec les otages étrangers. Un autre assaut a été décidé lorsque les unités spéciales avaient vu qu’un incendie s’était déclaré après un échange de tirs avec les terroristes.

Un dernier assaut a été lancé lorsque les militaires ont su que les terroristes avaient exécuté les otages étrangers par balles et voulaient faire exploser le complexe. Ils étaient Japonais, Norvégiens, Britanniques, Philippins, Américains, Français, Algérien (un agent de sécurité), tous ont été assassinés froidement.*02 Février 2013-Le Quotidien d’Oran

Afr_Algerie-01

**120 journalistes étrangers sur le site de Tiguentourine-In Amenas

Des journalistes de plusieurs pays, dont des nationaux et 120 étrangers, effectueront ce (jeudi 31.01.2013) le déplacement sur le site gazier de Tiguentourine (In Amenas) qui était, il y a 15 jours, le théâtre d’une attaque terroriste. Ils seront accompagnés du ministre de la Communication, Belaïd Mohand Oussaid. L’Etat algérien a voulu ouvrir la scène sur laquelle ont trouvé la mort 37 étrangers et un Algérien, alors trois ressortissants sont toujours portés disparus, aux journalistes étrangers et nationaux …Cette décision a été prise après que des journalistes étrangers eurent réclamé au gouvernement algérien l’autorisation de visiter le complexe gazier de Tiguentourine, au lendemain de la fin de l’opération de la prise d’otages.*El Watan-31.01.2013.  

**Retour sur les lieux du crime

Des impacts de balles, d’obus, des véhicules 4×4 calcinés, constituent le décor de ce site qui retrouve lentement, mais sûrement son activité normale.

La violence des combats est attestée par les carcasses des véhicules calcinés

Le panorama tranche avec le relief et la verdure qui marquent le nord du pays. A la descente de l’avion, un paysage rocailleux fige la beauté de Tiguentourine, cette contrée d’In Salah placée encore une fois sous les feux de la rampe! La première fois c’était lors de la spectaculaire attaque terroriste perpétrée  le 16 janvier dernier contre le site gazier et la seconde, c’était avant-hier quand 145 journalistes, dont 120 étrangers, se sont rendus à ce site gazier de In Amenas dans la wilaya d’Illizi. Il était temps de se rendre à Tiguentourine!
En effet, le site est devenu mondialement connu! Connu malheureusement pour l’horreur qui s’y est produite! «Le jour de l’attaque, j’étais présent. 12 personnes se sont introduites dans la base de vie avec l’objectif de prendre le building VIP. J’étais leur premier otage. Séquestré pendant trois heures, ils ne se sont pas rendus compte que je suis le directeur général!… ils me demandaient de les conduire vers le directeur! Ils n’ont pas douté que c’était moi!…», raconte, toujours ému, Lotfi Benadouda, directeur du complexe. «Pour ces terroristes, l’urgence était d’attraper le plus grand nombre d’expatriés! De 5 heures du matin, il ne se sont rendus compte que c’était moi le directeur que vers 10h 30!
«Une fois identifié, ils m’ont photographié et m’ont donné des recommandations à transmettre aux autorités. C’était vers 10h de la journée de mercredi», ajoute M.Lotfi Benadouda, devant plus d’une centaine de journalistes venus des quatre coins de la planète. Maîtrisant plusieurs langues, le directeur répète son récit des dizaines de fois aux journalistes. Il explique que les terroristes avaient pour premier objectif de prendre en otage – rapidement – un maximum d’expatriés.

Les traces toujours là
«Ils ont attrapé plusieurs dizaines d’expatriés qu’ils ont conduits pas loin de l’entrée de la base de vie. Ils les ont séparés en deux groupes, ils étaient tous ceinturés d’explosifs pour les utiliser comme bouclier humain», témoigne M.Benadouda.
Quinze jours après l’attaque terroriste sanglante menée par un groupe terroriste, les traces des violences étaient encore visibles: impact de balles, d’obus et de débris d’objets explosés jonchent toujours le sol, de même que des véhicules 4×4 calcinés transférés dans un coin entre la base de vie et l’usine. On a compté également neuf 4×4 accidentés parqués non loin.
Bien avant d’arriver sur le site, on constate un dispositif sécuritaire impressionnant composé de militaires, gendarmes, blindés et parachutistes.

L’impossible consolation
Il faut dire qu’aujourd’hui, Tiguentourine est devenue l’un des endroits les plus gardés du pays. Sur place, l’on ressent vraiment le choc qu’ont subi les travailleurs, ceux qui étaient présents le jour du drame et même ceux qui sont venus bien plus tard.
«Nous n’avons jamais pensé qu’on seraient visés par un attentat terroriste», témoigne le chef du groupe de sécurité de cette unité.
«Ici, on est situé à 120 km de la Libye. On s’attendait à connaître ce type de problèmes à l’époque où la Libye était instable. Il n’y a rien eu! Et c’est maintenant que ça se produit!», poursuit-il.
Lui, il travaille dans cette unité depuis plus de 8 ans. «J’ai perdu mes amis… c’est affreux! Je n’arrive pas à supporter tout ça», se lâche-t-il encore.
Le choc psychologique se ressent chez tous les employés qui n’arrivent pas à se remettre du fait d’avoir vu leurs amis mourir. «Les victimes sont nos collègues, nos amis… ce sont des gens avec qui on avait de bonnes relations et partagé beaucoup de choses…», raconte Elouassaa Mohamed Fawzi, un électricien qui était présent le jour de l’attaque.
De témoignage en témoignage, il faut dire que toutes les versions que nous avons entendues auprès d’une dizaine d’employés se ressemblent toutes.
S’exprimant devant le train 3 de l’usine, à quelques mètres de l’endroit où des ravisseurs islamistes ont tué, en faisant exploser leurs sept derniers otages étrangers, le 19 janvier, lors de l’assaut final de l’Armée nationale, Lotfi Benadouda, directeur général du site gazier, a déclaré: «L’usine rouvrira dans moins d’un mois, mais uniquement avec les Algériens».
«Les partenaires étrangers ne reviendront pas avant trois mois», a encore précisé M.Benadouda, en indiquant que pendant ce temps, ils apporteraient «une assistance à distance».

Des Algériens pour le redémarrage du site
Très affecté par la perte de ses collègues étrangers, M.Benadouda, explique le fonctionnement du site tout en rappelant la prise d’otages. «C’est une perte terrible pour nous», dit-il en évoquant ses collègues morts, arrivant à peine à masquer son émotion.
Pour le président de l’Assemblée populaire d’Illizi, les mots étaient là pour exprimer son avis: «Nous n’avons pas peur des terroristes, nous les combattrons tous», tranche-t-il… «La prise d’otages «n’affectera pas le tourisme dans la région», renchérit le wali d’Illizi, Mohamed Laïd Khalfi. Il ajoute que «la wilaya d’Illizi est paisible, nous n’avons pas eu d’attentats.
Tiguentourine reste un acte isolé qui ne peut en aucun cas remettre en cause la sécurité et la paix dans la région», a-t-il dit.
L’usine qui génère un revenu journalier de 14 millions de dollars, sera mise en ligne dans les plus brefs délais.
«35% du gaz produit par le complexe gazier de Tiguentourine, seront mis en ligne dans les plus brefs délais», a annoncé le directeur général de l’association «Sonatrach/BP/ Statoil.» «35% de la production totale, qui était estimée à 24 millions de m3 de gaz/jour, dont le condensat et GPL, seront mis en ligne dans les plus brefs délais», a-t-il affirmé.
L’une des trois unités de production de gaz, endommagée lors cette attaque, «est en train d’être supervisée en vue de son redémarrage incessamment, car elle n’a pas subi beaucoup de dommages», a-t-il indiqué, précisant que ce redémarrage partiel «sera assuré entièrement par des travailleurs algériens».
Une équipe de 120 travailleurs algériens est en train d’effectuer des inspections au niveau de cette unité pour évaluer les dégâts et s’assurer qu’il n’y a pas d’impact de balles ou d’explosifs, a-t-il dit.
Il a fait savoir, par ailleurs, que jusqu’à présent, il n’y a pas encore d’évaluation sur les pertes financières, indiquant que «la production gazière est à l’arrêt depuis le premier jour de l’attaque».
M.Benadouda a souligné que Sonatrach et ses partenaires, Statoil et BP, «se sont mis d’accord pour que les expatriés ne reprennent leur travail que dans trois mois» et qu’aucun autre travailleur ne se trouve sur le site à part les experts algériens.
Le niveau de la production de gaz avant l’attaque était de 24 millions de m3/jour, générant un revenu moyen journalier de 14 millions de dollars.
La production gazière de ce site représentait 10% de la production nationale.
Pour rappel, le contrat de type partage de production relatif au développement et l’exploitation du condensat, des GPL et du gaz naturel issus des gisements de la région d’In Amenas a été conclu entre Sonatrach et la compagnie britannique BP en date du 29 juin 1998, et entré en vigueur le 13 août 1999.
La compagnie norvégienne Statoil a rejoint l’association Sonatrach/BP opérant dans le périmètre In Amenas, suite à la signature, le 3 avril 2004, d’un avenant au contrat d’association, ayant pour objet la cession par BP à Statoil de 50% de ses droits et obligations dans ce contrat.
Le périmètre contractuel d’In Amenas est situé à 1300 km d’Alger, au niveau du bassin d’Illizi, et comprend quatre gisements, dont un en phase d’exploitation (Tiguentourine) et trois autres en phase de développement (Hassi Farida, Hassi Ouan Abéchou et Ouan Tardert).
Deux semaines après la prise d’otages sanglante qui a coûté la vie, au total, à 37 otages étrangers dont des Occidentaux, et des Asiatiques et un Algérien, la vie reprend son cours sur le site gazier de Tiguentourine, près d’In Amenas.
Pour redémarrer, l’usine Sonatrach compte uniquement sur ses employés algériens.
D’importants travaux sont nécessaires pour réparer les dégâts. La détermination des équipes de Sonatrach pour relever le défi brillait sur les visages de tous!
Dans ce coin lointain de notre désert… nos hommes savent ce qu’il faut faire.

*L’Expression-02.02.2013.

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