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un successeur à tout prix

19022018

**Présidentielle 2019 en Algérie

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L’Algérie cherche activement un successeur au président Bouteflika

**les interventions extérieures ont déjà commencé

*loin du choix populaire et démocratique

un successeur à tout prix bouteflika

**mondafrique- dimanche 18 février 2018

La visite récente à Alger du chef d’état major particulier d’Emmanuel Macron n’avait pas seulement pour but d’évoquer le dossier de la sécurité au Sahel. La France suit de près le processus de succession en Algérie.

A l’Elysée, on sait qu’aucune solution durable dans la région du Sahel ne peut se faire sans l’appui de l’Algérie. Le proche collaborateur du président français, qui lors de sa visite éclair à Alger a tenu à saluer le président Abdelaziz Bouteflika, s’est entretenu principalement avec les autorités militaires algériennes de la lutte contre le terrorisme au Mali, au Niger et enfin Libye, un pays où la France comme l’Algérie multiplient les contacts.

*La succession plus que jamais à l’ordre du jour

Mais dans l’état de tension où se trouve l’Algérie et alors que chacun des clans au pouvoir affute sa stratégie pour la succession de Bouteflika plus malade et diminué que jamais, le conseiller d’Emmanuel Macron a évoqué également avec ses interlocuteurs la situation politique délicate où se trouve le pays. Du coté algérien, le message est clair. Les différentes composantes du pouvoir sont en train de se mettre d’accord sur le profil idéal du successeur: un homme relativement jeune, c’est à dire selon les critères locaux de moins de 70 ans; un candidat de consensus entre la Présidence et l’Etat Major; enfin un haut cadre de l’Etat qui aie une certaine proximité avec l’appareil sécuritaire mais qui ne soit pas ou plus militaire.

abdelghani_hamel

Un nom qui revient ces jours ci à Alger est celui du chef de la police et ancien patron de la gendarmerie, le général-major Abdelghani Hamel et à ce titre compatible avec le chef de l’Etat. La force de cet ancien gradé, qui est redevenu civil voici deux ans, est de bénéficier également de la confiance des dirigeants actuels et des généraux l’armée. Un signe parmi d’autres de sa bonne étoile, on évoque même dans les coulisses du pouvoir la possible éviction d’Ahmed Ouyahia, hué samedi à Biskra, du poste de premier ministre et la nomination d’un proche du général Hamel, l’actuel ministre de l’Intérieur. *mondafrique- dimanche 18 février 2018

***par Nicolas Beau

Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l’Institut Maghreb (Paris 8) et l’auteur de plusieurs livres: « Les beurgeois de la République » (Le Seuil) « La maison Pasqua »(Plon), « BHL, une imposture française » (Les Arènes), « Le vilain petit Qatar » (Fayard avec Jacques Marie Bourget), « La régente de Carthage » (La Découverte, avec Catherine Graciet) et « Notre ami Ben Ali » (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

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Image associée

                   *une logique implacable

*Tout ce qui est entrepris ou construit sur du faux et des mensonges, donnera inexorablement des résultats faux et finira tôt ou tard, par s’écrouler.

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Présidentielle 2019 : L’année de toutes les incertitudes

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le 17.04.2018 

Le bilan politique du règne de Abdelaziz Bouteflika et de ses équipes souffre d’un handicap majeur, celui de n’avoir pas préparé les conditions politiques saines pour aborder le prochain quinquennat.

Il boucle l’an IV d’un mandat présidentiel qui dure depuis avril 1999. Abdelaziz Bouteflika célèbre aujourd’hui son 19e anniversaire à la tête de l’Etat, marquant ainsi le règne le plus long de l’Algérie indépendante. A l’occasion, ses partisans s’empressent confusément de fêter les «grandes réalisations» du raïs, poussant la glorification à son extrême.

Un vague bilan comptable désincarné qui sert à donner l’illusion des succès. Difficile de masquer la réalité d’un état de santé nationale très affaibli. Malade. Car au plan de la dynamique politique et de la perspective historique, l’inventaire donne à voir un pays qui pour le moins hésite. Sans boussole ni cap. L’on ne sait pas où va l’Algérie. D’évidence, elle n’arrive pas à se remettre sur les rails de la modernité, encore moins à se donner une ambition historique. L’unique rêve national est la survie.

Conséquence immédiate de la perpétuation du statu quo qui s’avère de plus en plus périlleux. Renforcé par un 4e mandat d’abord obtenu au terme d’une «guerre civile» qui a littéralement débordé le sérail avec comme implication directe la paralysie de la vie institutionnelle et politique. Reconduit à la tête de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika n’assure plus de la même manière, encore moins avec la même énergie ses missions.

Son état de santé l’a confiné au silence durable et sa capacité d’action est  considérablement réduite. Un état de fait qui a largement déteint sur le fonctionnement de l’appareil de l’Etat et de la gouvernance. Figure centrale dans la pyramide du pouvoir en raison d’un présidentialisme affirmé, le président de la République en raison de sa situation imprime au pays un rythme extrêmement lent que  l’Etat ne peut se permettre.

Alors que les exigences d’un pays comme l’Algérie qui aspire à assumer des rôles stratégiques et les défis qu’il doit relever recommandent du mouvement, de la cadence soutenue et de la  rapidité dans l’action. En termes concrets, les quatre années qui s’écoulent sont fortement marquées par une incohérence manifeste doublée d’une instabilité gouvernementale.

Trois Premiers ministres se sont succédé au palais Docteur Saadane, dont un a été éjecté non sans fracas. C’est le moins que l’on puisse dire. S’ils se réclament tous du programme du Président, les gouvernements successifs mènent, dans un cafouillage sans précédent, des politiques opposées les unes aux autres. L’improvisation prend le pas sur la réflexion stratégique. La haute administration est gagnée par la léthargie, l’absence d’initiative et surtout le manque d’innovation.

En bas, les corps intermédiaires sont livrés à la vindicte, parce que les interlocuteurs politiques ne sont plus porteurs de réponses fiables. Les arbitrages sont rarement rendus à temps. Les instruments de régulation traditionnels n’opèrent plus. La tergiversation est devenue le marqueur de la gouvernance du 4e mandat.

Ce n’est pas un fait inédit. Une constante. Mais le plus désastreux des ratages du quinquennat en cours s’exprime à travers l’incertitude politique dans laquelle est plongé le pays. L’exercice qui tire à sa fin peine à préparer l’avenir dans l’assurance nécessaire. Personne ne sait de quoi demain sera fait. C’est le brouillard total. La visibilité est nulle. Pas de quoi rassurer les forces politiques, économiques et sociales.
L’ambiance nationale est au doute.

Le  corps social est habité par la peur. C’est à cela justement que se mesure le succès ou l’échec d’un mandat politique exercé au plus haut niveau de la République. Le bilan politique du règne de Abdelaziz Bouteflika et de ses équipes souffre d’un handicap majeur. Celui de n’avoir pas préparé les conditions politiques saines pour aborder le prochain quinquennat. Celui de n’avoir pas osé  le pari de la démocratie. C’est l’échec d’un homme et d’une équipe. Et par dessus tout, la faillite d’un système qui a infligé au pays une défaite dont il ne se relèvera que difficilement. 
 **Hacen Ouali / el Watan / mardi 17 avril 2018

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Pouvoir en panne… société bloquée

Une autre présidentielle approche. En temps normal et dans des pays «normaux», ce rendez-vous est censé provoquer de grands débats sur une avalanche de changements, aussi bien dans les stratégies que dans les mécanismes de gouvernance, mais aussi et surtout de profonds changements dans les comportements et attitudes des gouvernants à l’égard des citoyens.

Mais aucun indice ne se décline à l’horizon pour nous faire croire que le pouvoir envisage de changer de méthodes, de logique ou encore de système de prise de décision.

Il est ainsi impératif, aujourd’hui, d’appeler à initier des débats autour de questions-clés, à savoir : comment sortir le pays de ce système totalement caduc, et par quoi et comment le remplacer.

Comment réorganiser l’économie pour redresser les déséquilibres et les dysfonctionnements ? Comment annihiler les nombreuses maladies qui rongent ce système, dont notamment la logique monopolistique, la médiocrité et la corruption ?

A vrai dire, rien ne motive ni ne contraint le pouvoir à changer. Les partis politiques, la société civile et l’«élite», sous ses différentes composantes, n’ont jamais montré une quelconque capacité d’action ou d’influence qui puisse inquiéter le pouvoir. Cependant, certaines analyses démontrent que le pouvoir lui-même n’a plus aucune capacité à changer, ou à proposer une autre alternative. Donc le pouvoir est en panne, mais la société, aussi, est bloquée.

Le changement est pratiquement impossible

Les indices et signaux qui se dessinent à l’horizon nous font croire que le changement est devenu impossible, car le pouvoir, ses sbires, la majeure partie de ses cercles d’intérêt et toutes les forces de l’inertie, sont aujourd’hui les principaux facteurs de cette panne.

Le discours de l’ancien Premier ministre, M. Tebboune, qui avait osé parler de thèmes jamais évoqués auparavant par le pouvoir, notamment la séparation entre le pouvoir et l’argent, a été une parenthèse, un feu de paille qui n’a duré que quelques semaines. Ce discours, à la fois singulier et révélateur d’une dérive décriée au sein même du sérail, démontre d’abord que, quelque part, il y a encore une possibilité que des «fuites» en interne nous permettent de mettre le doigt sur les maux qui le rongent. Mais le pouvoir est vite revenu à ses constantes et à ses équilibres possibles.

Pourtant, le discours de M. Tebboune ne pouvait nullement être considéré comme une nouvelle approche ou un nouveau choix politique, non pas en raison des luttes de clans, mais parce qu’en vérité, le pouvoir n’a plus la capacité de produire un autre discours, un autre raisonnement politique, encore moins une nouvelle offre politique. Les mots, la terminologie politique, les quelques concepts que le discours officiel emploie, au demeurant avec beaucoup de maladresse, ne reflètent que rarement leur vrai sens.
«Quand les mots perdent de leur sens, c’est l’homme qui perd de sa liberté», a dit Confucius.

Où va le pouvoir ? Où se dirige le pays ?

Aujourd’hui, il y a un large consensus sur une conclusion : l’objectif unique du pouvoir c’est de garder sa mainmise sur l’Etat et sur la richesse. Mais il est maintenant évident qu’il souffre de problèmes majeurs. Il n’a plus ni la légitimité, ni les moyens financiers suffisants, ni la compétence, ni la capacité, même technique, à gérer et à produire des solutions à ses propres problèmes. Par sa logique, le pouvoir se retrouve dans un engrenage duquel il lui est difficile de sortir, encore moins de changer de cap et de direction. De ce fait, il n’a qu’une seule issue : poursuivre sa fuite en avant.

Il est un fait notoire, aussi, que le pouvoir fait asseoir son autorité sur deux facteurs essentiels :

- la rente, surtout accaparer le plus gros  «morceau» de cette rente et veiller à le transférer vers ses tentacules, ses ramifications et ses cercles clientélistes, les transferts sociaux passeront en second lieu ;
- le pouvoir de coercition : autrement dit, la capacité de réprimer toute tentative de perturbation de «l’ordre établi».
Tout le reste, essentiellement la nature des rapports qu’il entretient avec les citoyens, est source de crises.

Le pouvoir ne peut pas, aujourd’hui, prétendre que sa légitimité est sans faille. Il ne peut pas prétendre ignorer comment il a toujours «gagné» les élections. Il ne peut pas ignorer les taux effectifs de participation aux élections. Il ne peut pas faire semblant de dissimuler l’étroitesse de sa base sociale et ses manœuvres, de plus en plus visibles, pour décrédibiliser la quasi-totalité des acteurs politiques.
Il ne peut pas ignorer sa responsabilité dans le fait que le pays est aujourd’hui le théâtre de la médiocrité généralisée, du vide politique et de l’absence d’alternatives salutaires.

L’un des problèmes majeurs de ce pouvoir est d’abord son incapacité à mener le pays vers une nouvelle offre politique qui puisse répondre aux exigences des changements et des évolutions. En conséquence, la dégradations et même la déliquescence de l’Administration et des instruments de l’Etat deviennent légion et participent activement à «enfoncer» le pays dans une gabegie sans précédent.

Tout porte à croire que les hommes du pouvoir sont aveuglés, ils nient l’existence d’une crise multidimensionnelle, le blocage total du pouvoir et de ses instruments, ils sont surtout confortés dans leur aveuglement par l’absence de mouvements politiques et sociaux efficaces, capables de changer les rapports de force.

En parallèle, le pouvoir a détruit tous les outils de médiation et de représentation sociale, il a empêché les partis et les associations d’avoir des rapports normaux avec la société, il monopolise tout, il favorise les voies de la médiocrité et chasse toute intelligence, il empêche de plus en plus l’expression libre, et, tout en étant sourd aux revendications de la société, il excelle dans l’amplification des voix des clientélistes, qui usent à volonté et sans gêne aucune de formules de sublimation du genre «fakhama» et «maâ’li».

Une nouvelle terminologie d’entrisme s’impose ainsi dans un pays où l’on désignait, il y a trois décennies à peine, le chef de l’Etat par «le frère Président». De ce fait, et en l’absence de moyens crédibles pour structurer la société et lui permettre de défendre ses intérêts, ses convictions et ses revendications, le pouvoir pousse la société à s’exprimer dans la rue, par les moyens de «la rue».
Il est clair que la société, qui a pris ces dernières décennies beaucoup d’élans d’ouverture sur le reste du monde, bénéficie probablement de beaucoup d’autonomie. L’équation se complique donc et laisse présager des lendemains de plus en plus sombres.

Le double monopole

Certains écrits et analyses parlent d’«alliance du pouvoir avec les oligarques de l’argent», mais à vrai dire, ce n’est pas d’alliance qu’il est question ici, il s’agit tout simplement de l’autre facette du pouvoir, de l’une de ses ramifications, l’une des déviations et l’une des dérives dans le parcours de ce système. Résultat inévitable : nous vivons un double monopole, celui du pouvoir et celui de l’argent.
A propos d’argent, il souffre de deux «maladies» incurables.

A l’exception de quelques success- stories, l’écrasante majorité des détenteurs de ce pouvoir manque d’abord de culture capitaliste, de savoir-faire, donc de mérite. Cette «caste» manque aussi et surtout de légitimité.

Elle jouit de monopole de façon ostentatoire. Elle fait partie des instruments du pouvoir, et, de ce fait, elle ne peut jamais être un facteur ou un vecteur de changement, même d’ordre libéral !

Les questions qui se posent aujourd’hui sur «le partage» du pouvoir, ou de qui décide du maintien du statu quo ou de qui décide d’aller vers un changement, n’ont pas beaucoup d’importance, dans la mesure où le blocage est général et n’offre aucune visibilité sur de telles perspectives.

Donc, quel que soit celui qui décide, le Président ou d’autres «décideurs», le changement devra passer, de prime abord, par la «négociation» d’une nouvelle offre politique, sur la base d’un nouveau consensus national, car le monopole du pouvoir et de la richesse et les dérives politiques et morales qu’il a engendrées, notamment pendant les deux dernières décennies, mèneront fort probablement vers de dangereuses ruptures.

Le monopole engendre la corruption

Le monopole du pouvoir et de l’argent engendre forcément la corruption et mène assurément à l’élargissement du champ du non-droit. Ibn Khaldoun a montré, depuis des siècles déjà, que la déliquescence de l’Etat commence toujours par la désintégration de la «açabiya», qui veut dire, de nos jours, l’unité nationale ou le ciment qui unifie une communauté, et puis la généralisation de la corruption, de l’argent sale mal acquis, et la dilapidation de la richesse, ce qui mène à l’effondrement de l’Etat, politiquement et économiquement. Plusieurs indices indiquent que cette hypothèse n’est pas à écarter.

Aujourd’hui, le pouvoir est à la croisée des chemins, deux choix s’offrent à lui :

- le changement, pour reconstruire un nouveau consensus national,
- le maintien du statu quo, avec le risque de tout perdre, la stabilité, l’unité et même l’Etat chèrement acquis.
Le statu quo peut se traduire par un autre mandat pour le président Bouteflika, ou même par le choix d’un autre candidat, jouissant de la bénédiction de ce pouvoir, qui ferait tout pour lui offrir la garantie de remporter les élections et lui déléguer le pouvoir.

Sauver le pouvoir ou sauver l’état ?

Faut-il sauver le pouvoir ou sauver l’Etat ? La réponse est claire, voire évidente. Une autre question s’incruste : L’Etat serait-il en danger ? Oui, il peut être en danger si l’élite gouvernante ne s’inquiète que de son pouvoir, des intérêts de ses clans. En d’autres termes, trop de pouvoir tue le pouvoir. Ceux qui essayent de faire peur aux Algériens en brandissant le danger qu’encourt la stabilité -comme si tout appel au changement était source d’instabilité- feignent d’ignorer que le danger vient du monopole du pouvoir et de la richesse, du règne de la médiocrité, de la déliquescence de l’administration de l’Etat et de leur aliénation et de l’absence de toute volonté d’envisager de nouveaux rapports avec les Algériens.

Le plus grave est de constater que le mal est profond. Ce n’est pas seulement l’élite du pouvoir qui est en panne, ce n’est pas seulement l’impuissance de cette élite qui explique cet état de fait. Le pouvoir et la manière de l’exercer font partie des données de cette situation. Cependant, par son archaïsme, par la médiocrité de ses acteurs, par l’absence de la volonté de changer ou de mobiliser l’intelligence nationale pour inverser la tendance de la décadence, il contribue à faire durer cet état de fait.
Les analyses explicatives produites en Occident se partagent généralement en deux principales logiques : la logique «culturaliste» et la logique «exceptionaliste».

En effet, dire que dans la culture de cette région il y a des blocages épistémologiques peut être tendancieux, car le problème ne réside pas essentiellement dans la culture elle-même, comme il n’y a rien d’exceptionnel. Le problème résiderait dans la décadence et dans la reproduction de cette décadence, qu’elle soit volontaire ou non. Notre société est bloquée depuis des siècles.

La civilisation à laquelle nous appartenons semble traîner deux problèmes auxquels nous n’avons jamais trouvé de solutions : la question du pouvoir et celle de la femme. Manifestement, il est impossible de régler l’un des deux problèmes sans avoir réglé l’autre.

Un pouvoir archaïque ne peut en aucune manière mener une société à la modernité. Reproduire la décadence et le sous-développement ne veut pas seulement dire refuser le changement, mais signifie aussi être entraîné dans un engrenage infernal, et la fin de sa course ne peut être que la fin d’un régime, d’un système et d’une logique d’Etat-pouvoir. Mais la fin de la course, de cet engrenage peut arriver de deux manières, volontaire ou objective, et cette dernière peut, elle aussi, se manifester de manière ordonnée, ou, au contraire, d’une manière anarchique et violente.

Il nous faut changer au moindre coût, pour le pays et pour le peuple, afin que nous puissions établir un Etat fort et un pouvoir soumis à la loi, des institutions fortes et des appareils compétents au service de l’Etat.
Les grands hommes proposent à leur peuple un destin, quant aux autres, ils ne suggèrent que des desseins et, malheureusement, nous en sommes encore à ce stade.

Par cette forme d’exercice du pouvoir et le monopole qui la renforce, le destin forgé par les hommes de Novembre, le consensus que la Révolution a édifié et la légitimité qu’elle a procurée aux élites qui ont dirigé le jeune Etat indépendant, se sont complètement désintégrés. Il est impératif donc, de reconstruire un autre consensus national.

C’est ce qui amène à soutenir l’idée suivante : Soumettre le pouvoir à un vrai contrôle, voire l’affaiblir ou le rendre redevable à l’égard de la loi et de la société, est une condition préalable à l’établissement d’un Etat fort. Telle est la règle sans laquelle le pouvoir maintiendrait un caractère archaïque et portant tous les traits de la décadence. Il est ainsi aisé de soutenir que, sans la construction d’un Etat fort qui organise la volonté nationale, rien ne sera possible. Mais que faut-il changer ? In fine, la nature des rapports entre le pouvoir et les citoyens.

Pour y parvenir, il nous faut, d’abord, changer l’équation selon laquelle la gouvernance s’exerce en changeant les constantes de la régulation interne du système et les mécanismes de prise de décision, et surtout, en abandonnant les deux règles archaïques de la gouvernance : d’une part, cette règle anachronique qui consiste a détruire toutes les élites qui ne sont pas directement issues du pouvoir et qui ne dépendent pas de lui, afin qu’elles ne se cristallisent pas autour de centres autonomes. Et d’autre part, cesser d’empêcher l’institutionnalisation du pouvoir afin que «ceux» qui le délèguent puissent le retirer à tout moment. Entre les différents systèmes politiques en vigueur, il y a en fait une seule différence : c’est la capacité à mobiliser l’intelligence.

Et pour ce faire, l’humanité n’a pu produire de meilleur que le système démocratique. Le pays a besoin de toute l’intelligence que la société recèle, les différents défis ont besoin de mobiliser cette intelligence, de mobiliser le savoir et d’organiser tout ce qui nous permet de dépasser cette médiocrité qui handicape l’Etat. C’est probablement la clé qui permettra de dépasser cette décadence, les blocages de la société et la panne du pouvoir.

Quant aux détails, ils font partie, dans beaucoup de cas, de manipulations ou de gestions et, de ce fait, ils ne sont que rarement importants, car ils se limitent aux questions de politique politicienne qui faussent délibérément les analyses et suggèrent des conclusions sans issue. 

 *Par Mostafa Hemissi -Journaliste, écrivain

**contribution EL Watan – mercredi 16 mai 2018

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Y a-t-il des prétendants à la Présidence ?

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 lundi 12 mars 2018

Fait aussi curieux qu’inquiétant, à une année de la présidentielle, la classe politique ne donne pas l’impression d’être emballée par ce rendez-vous décisif pour la nation.

Une présidentielle mystérieuse. Chargée d’énigmes. Une situation politique drôlement anormale. A seulement une année de sa tenue, l’élection présidentielle d’avril 2019 présente toutes les caractéristiques faisant d’elle une épreuve aussi délicate qu’embarrassante.

Pour le pouvoir en place, tout comme pour l’opposition et ses probables prétendants. Il y a comme un malaise qui domine la classe politique, pour le moins hésitante.

Un étrange paradoxe. En lieu et place d’une dynamique qu’elle devrait susciter, c’est la passivité qu’elle a provoquée. Sinon comment expliquer son «refus» de s’engager pleinement dans le débat présidentiel et de créer, voire d’imposer les conditions nécessaires pour l’organisation du scrutin à la hauteur des défis auxquels fait face le pays et par-dessus tout démocratiques.

Excepté quelques «polémiques» à la marge ayant pour but de créer de la diversion, la vie politique est plombée. Une glaciation. Conséquence directe d’un 4e mandat présidentiel quasi nul, mais qui finit par achever les dernières possibilités de mobilisation politique.

La reconduction de Abdelaziz Bouteflika en 2014 dans des conditions très controversées était un ultime acte dans la «pacification». Un coup de grâce. Depuis, la classe politique — le pays avec — peine à se relever. Elle n’a fait que différer la solution à la crise. Le jeu politique se déroule dans le pervers huis clos du sérail prenant en otage les élites politiques et économiques. Le sort de tout un pays est suspendu à une phrase qui pourrait débloquer ou aggraver la situation.

Bouteflika briguera-t-il un 5e mandat ou non ?  Le mystère est total, même si les conditions dans lesquelles évoluent le pays et son environnement immédiat imposeraient une sortie par le haut. Un autre mandat présidentiel pour l’actuel locataire d’El Mouradia ne saurait constituer une réponse pouvant permettre à l’Algérie de sortir de l’impasse.
Il apparaît de plus en plus que les différents détenteurs du pouvoir n’arrivent  pas à se mettre d’accord sur la marche à suivre, encore moins sur celui qui va l’incarner.

Le seul consensus est de ne rien engager et jouer sur le temps. Un temps pourtant qui presse. Mais par calcul tactique de pouvoir, annoncer que le chef de l’Etat ne rempile pas c’est courir le «risque» de voir tous les séides quitter le navire, tant le «soutien inconditionnel» voué au Président relève plus du «clientélisme que de la conviction», comme l’assure un analyste du régime. Le bruit de retournement de veste(s) se fera fortement entendre. Un classique des mœurs politiques en vigueur au sein du système de pouvoir. Les Bouteflika ne le savent que trop bien.

Pour l’heure, aucune tête ne dépasse au risque d’être coupée. D’évidence, cette situation pèse lourdement sur les protagonistes du pouvoir soumis à une pression sociale sans précédent et menacé par une crise économique aux conséquences incertaines. Ils se sont pris dans leur propre piège.

Non seulement par manque de volonté politique, mais aussi par méfiance interne, et incapacité à mettre en place les instruments de négociation. «Ils ne veulent pas par conservatisme et ils ne peuvent pas par peur d’un changement incontrôlé», commente un ancien transfuge du régime.  L’improvisation avec laquelle sont gérées les affaires publiques est la preuve matérielle de l’immobilisme qui frappe les institutions.

Les candidatures

Ce qui fait dire à Saïd Sadi que «l’Algérie ne vit pas une crise politique» mais «s’abîme dans une impasse historique». Un cinglant jugement qui va non sans interpeller l’opposition dans son ensemble et sa responsabilité historique à briser ce mur de Berlin politique algérien. Ses principaux acteurs eux aussi fondent leurs analyses en initiatives sur l’état de l’évolution des rapports de force et des intentions au sein du sérail.

D’où l’expectative observée par nombre de potentiels prétendants. Hésitants et méfiants. Echaudés par les malheureuses expériences passées, les Hamrouche, Benflis, Benbitour, Hanoune, Ghozali et bien d’autres personnalités d’envergure observent, scrutent et sondent sans se lancer dans la bataille au risque de se faire «carboniser» avant l’heure. Ils sont dans une «opération de séduction et de négociation à distance avec des cercles du pouvoir, multipliant les messages chiffrés», mais sans grande capacité à peser sur les choix à opérer.

Certains d’entre eux ayant longtemps côtoyé le régime savent que rien ne peut être entrepris sans un «signal fort venant d’en haut». Mais jusqu’à quand ? «Une année c’est peu, mais c’est beaucoup aussi. Tout peut se passer d’ici la fin de l’année, mais le pays ne peut plus tenir», considère un ancien candidat à la présidentielle.

Eclatée et déchirée en raison d’une guerre post-multipartisme, l’opposition dans ses différents courants a eu toutes les peines du monde à forger une alliance en vue d’engager un dialogue en position de force avec le pouvoir autour de la transition démocratique. Le bloc de Mazafran né en 2014 n’a pas tenu longtemps.

Il a explosé en plein vol. L’opposition politique s’est fragilisée davantage. Il est difficile en l’état actuel des choses qu’une ou des candidatures de ce camp puissent incarner un mouvement de changement. De toute manière, le pouvoir qui demeure seul maître du jeu ne saurait tolérer une telle option.

Elle serait vigoureusement combattue. Mais, en fragilisant l’opposition, le pouvoir s’affaiblit. Il ne vaut que par la puissance de son opposition. C’est là où réside l’impasse. «L’échec national, les tensions régionales et les défis de la mondialisation imposent la rénovation», préconise l’ancien chef du RCD, non sans tenir compte de la difficulté de la tâche. «Le chemin n’est pas simple. Les obstructions du pouvoir et les tergiversations d’opposants qui peinent à s’extraire du clientélisme font synergie pour entretenir la paralysie.

Le débat sur la procédure est ouvert, c’est la substance même des échanges à venir. Il est cependant possible de cocher les erreurs et fautes du passé. Dans cette période où l’histoire algérienne vacille, cela est déjà important», espère-t-il.  L’élection présidentielle de 2019 devrait constituer le point de départ pour ouvrir au pays la voie du développement politique. D’où l’urgence d’entrer dans le vif du sujet présidentiel. **Hacen Ouali / el watan /  lundi 12 mars 2018

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