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Coronavirus.3

22032020

La psychose du coronavirus

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*Nul ne sait combien de soignants sont morts du Covid-19. Et nul ne sait combien auraient pu y échapper s’ils avaient bénéficié des protections nécessaires. Rendre hommage à ces infirmiers, médecins, aides-soignants, partout dans le monde.

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Vers un monde solidaire

–14 MAI 2020

L’épreuve de ce « fait total » qu’est la crise du Covid-19 « nous oblige à imaginer un autre monde commun né de cette multitude d’expériences de solidarité » et des pratiques d’auto-organisation mises en place, « hors de l’Etat néolibéral », prône le collectif critique regroupant plusieurs intellectuels. Une voie pour « reprendre les rênes de ce monde défait ».

Un événement inédit

Dans L’Obsolescence de l’homme, Günther Anders parle de ces événements qui n’ont pu être anticipés, faute d’avoir pu être imaginés. Le Covid-19, pandémie mondiale (plus de 241 000 morts dans le monde, 3,4 millions de personnes ayant été touchées) est de ceux-là. Sa propagation foudroyante constitue un événement anthropologique, social, politique, économique, inédit. Le rapport à soi, à l’autre s’en trouvent bouleversés : nous devenons, les uns pour les autres, des intouchables.

À ce prodigieux suspens du temps, correspond le rétrécissement brutal de l’espace pour les « confinés », et pour toutes les professions qui sont en première ligne, dont la vie est placée désormais sous le signe de l’urgence.

Evénement tout d’abord camouflé (par le pouvoir chinois) puis dénié alors même qu’il frappait aux portes de l’Europe, et dont nul, semble-t-il, y compris parmi les épidémiologistes, n’a été capable de prendre la mesure, le Covid-19 nous a pris de court. Cette pandémie ne saurait être assimilée aux grandes épidémies qui l’ont précédée, même s’il importe de prendre en compte les épidémies récentes qui l’ont précédée : le VIH en 1981, le SRAS-COv de 2003, parti de la Chine du Sud-est, puis le Mers-COv de 2012, syndrome respiratoire du Moyen-Orient, constituaient comme ses prodromes, puisque dans ces deux cas, il s’agissait déjà d’un virus transmis via les sécrétions animales, selon le principe probable d’une mutation génétique.

La globalisation à l’œuvre

Mais avec le Covid-19, nous sommes face à un fait total, jouant sur différents plans, parcourant différentes échelles, du plus infime au plus global, véritable défi à la pensée puisque c’est à l’échelle de la planète que l’événement Covid a lieu, nous obligeant à revoir nos habitudes de pensée. Occupant un seuil ambigu entre le chimique et le biologique, entre l’organique et l’inorganique, la puissance du virus remet en question la catégorie d’anthropocène, ou plutôt, la façon volontiers moralisatrice dont celle-ci est mobilisée.

Il faut tenter de penser le lien organique entre la donne épidémiologique et la dimension mondiale de sa diffusion. C’est cette interaction, selon des causalités agissant en faisceaux multiples, qu’il importe de prendre en compte. Le Covid-19 est à la fois un effet de la globalisation et un révélateur de ses ravages. C’est à l’articulation de l’épidémiologie et de l’économie politique qu’il faut penser les choses, et ce n’est pas un hasard si l’épicentre de la pandémie se trouve en Chine, trouvant son point de départ dans ces fermes-usines où le vivant est soumis à un cycle d’exploitation à marche forcée.[1] Il s’agit d’un système de causalités multiples (fermes agricoles géantes, déforestations) mettant en jeu le statut accordé à l’exploitation du vivant, à sa mise à disposition forcée et forcenée.

Bio-pouvoir, communauté, immunité

La pandémie en cours met à nu ce que Foucault a nommé “bio-pouvoir”. Chaque politique gouvernementale, la plus rationnelle en apparence comme la plus délirante, décrète qui on laisse mourir et qui gagne le droit de survivre (les politiques de santé, les logiques économiques à l’œuvre dans le « tri », les politiques d’« immunité collective », le silence régnant sur les morts dans les Ehpad) et cela jusque dans le partage entre ceux qui télé-travaillent et ceux qui sont aux prises avec la contagion.

C’est ainsi que la pandémie dévoile la logique auto-immunitaire[2]des sociétés du capitalisme avancé, dont un terrible révélateur est, un peu partout, la mise à mal du système hospitalier par la logique du profit. Que ce système ait été progressivement asphyxié, que des soignants meurent faute de masques, que les migrants se retrouvent en détention et les malades mentaux enfermés dehors : là encore, la logique auto-immunitaire révèle la pulsion de mort qui travaille le capitalisme avancé.

Tout se passe aujourd’hui comme si les gouvernements oscillaient entre la logique hobbesienne analysée par le philosophe italien Roberto Esposito[3] (l’Etat se pose en défenseur de l’immunité des citoyens, à condition qu’on accepte de se fondre en lui), et celle d’un sacrifice où la communauté se renforce du risque de la contagion (le défi paranoïaque d’un Trump, d’un Bolsonaro, qui se veulent forts comme la mort).

Aussi les solidarités à l’œuvre ne peuvent-elles s’établir qu’au défaut, dans les brèches de la logique auto-immunitaire qui travaille le pouvoir : tel le réseau Covid-entraide, en France, au sein duquel des gilets jaunes de Commercy sont très investis en France. Cette effervescence se manifeste d’ailleurs dans tous les pays. Au Brésil les initiatives concernent à la fois la société civile comme les partenariats de celle-ci avec les pouvoirs publics et les chercheurs ; le groupe Resocie, par exemple, de l’université de Brasilia a crée un catalogue web national de toutes les initiatives qui s’apparente au guide collaboratif, rédigé par le Reas, de l’ensemble des collectifs d’économie solidaire en Espagne.  Au Chili, les cabildo (réunions citoyennes), issue du soulèvement des derniers mois, restent à l’œuvre pendant la pandémie.

Cette solidarité doit être repensée à l’échelle des flux migratoires, tant la mobilité de notre époque à l’échelle planétaire concerne tout le monde, la pandémie ne faisant pas la distinction entre migrants et touristes, comme le soulignait récemment François Héran[4]. Ce qui implique, là encore, de sortir d’une auto-immunité délétère. Faire sortir les migrants d’une rétention propice à la contamination, leur permettre d’obtenir régularisation et travail : telle serait la voie, à l’heure où la fermeture des frontières a pour effet d’ouvrir le marché du travail.

Un défi à la langue

Le Covid-19 est le nom donné à cette chose sans nom qui nous attaque au plus vital de nous-mêmes : notre respiration. Force est de constater que le langage, bien souvent, n’est pas à la hauteur de l’événement, qu’il dit trop peu, mal et de travers : ainsi de la métaphore guerrière, ou de la fameuse « distanciation sociale ». À la lueur du Covid, la langue se fait potentiellement contaminée et contaminante. Suspecte, assurément, dans la mesure où toute métaphore est étymologiquement un transport, véhicule une charge, où notre langage est comme originellement métaphorique.

Mais la métaphore a aussi sa justesse. Le néo-libéralisme n’est-il pas le virus des temps modernes, et les multinationales ses créatures monstrueuses et ses vecteurs tout puissants ? Dans le viseur des Etats-Unis et de la Commission européenne, lit-on dans un article du Manifesto du 19 avril dernier, il y a notamment la Cv : non pas le « corona virus », mais une « commandita vennootshap » (société en commandite), une « société sans personnalité juridique, partenaire de sociétés étrangères, qui leur permet d’échapper à l’impôt là où elles s’installent ». La langue a la précision de l’archer.

 Cette précision est aussi celle des sujets, les soignants décrivant leur tâche, les malades revenus de leur enfer, qui tentent de mettre en mots leur expérience.  

« Penser le désastre (si c’est possible, et ce n’est pas possible dans la mesure où nous pressentons que le désastre est la pensée), c’est n’avoir plus d’avenir pour le penser », écrivait Maurice Blanchot.[5]Mais il faut sortir de la phraséologie du désastre pour commencer à penser ce qui vient.

Un monde dévasté

Le néolibéralisme a dévasté le monde. Il l’a mené à la catastrophe, sur le plan économique et financier, et a détruit le lien social. Dès les années 70, l’idéologie néolibérale a conduit à la création d’un ordre nouveau. Privatisation des transports et des services sociaux d’un côté, et de l’autre, dévoiement d’une intervention publique désormais vouée à chanter les louanges du marché dérégulé. À mesure que l’on exaltait la concurrence sous toutes ses formes, on rognait sur la protection sociale des travailleurs, tout en démantelant les solidarités. Le monde associatif a été ignoré, réduit et renvoyé au domaine caritatif, à la philanthropie ou à un nouveau capitalisme social.  Au même moment, les normes de gestion privée ont envahi le secteur public, plus particulièrement celui de la santé et du médico-social. Au nom de l’efficacité, les logiques technocrates ont assujetti l’activité humaine, encourageant la croissance sans se soucier d’endommager l’environnement.

Ces piliers du néolibéralisme se sont lézardés sous les assauts de la pandémie. Mais nous demeurons exsangues et désorientés face à un pouvoir financier devenu, un peu partout, aussi opaque qu’incontrôlable. 

Entre confiance et défiance

Confinement imposé et distanciation sociale constituent une atteinte majeure au processus démocratique, en créant une atomisation sociale que la multiplication des échanges virtuels ne compense que bien imparfaitement. La possibilité de s’assembler, de faire communauté, le fait de délibérer, disputer, décider… tout cela fait cruellement défaut. Tous ont consenti, pour des raisons sanitaires, à la suspension de l’activité citoyenne.

Selon des configurations nationales spécifiques, on peut craindre des comportements politiques se trouvant soumis à deux polarisations antagoniques. L’une, de renoncement à l’exercice des droits politiques pour remettre ceux-ci à un pouvoir politique supposé tout puissant. L’autre, de cantonnement dans une rébellion permanente, considérant qu’il n’y a rien à attendre d’un pouvoir jugé incompétent à l’égard des besoins sociaux et servile par rapport aux intérêts de la minorité privilégiée.

La solidarité, construction d’un rapport social

Une telle opposition est susceptible d’empêcher une réponse apte à déployer le potentiel de l’auto-organisation pour construire une politique de solidarité. Face à l’épidémie, la décision radicale de freiner la contamination par un confinement de la population a été prise sans réel débat. Mais réduire ce choix au seul pouvoir des gouvernants constitue une interprétation par trop simpliste. Le « grand renfermement » a été pleinement assumé par la population, à laquelle il est apparu indispensable, au vu de ce qui s’était passé en Chine, et de ce qui se déroulait en Italie. Sa mise en place s’est accompagnée d’une extraordinaire mobilisation des compétences et des dévouements : celle des personnels du système de santé, ces « soignants » auxquels s’adressent les signes de reconnaissance de la société ; mais aussi celle de tous les salariés qui ont évité la rupture des circuits économiques. Toutes ces interventions émanant d’individus libres et responsables ont révélé une étonnante capacité d’auto-organisation, de créativité personnelle et de solidarité.

La solidarité est d’abord une relation entre individus conscients des liens qui les unissent – y compris dans la distance obligée –, et de ce que nécessite leur préservation et leur amélioration. Mais c’est aussi un rapport social, qui se construit dans le temps. Il est en interaction avec la puissance publique (notion qui résonne dans les mots services publics), qui elle-même ne peut exister sans l’activité d’individus dont la mobilisation implique le respect de tous.

La crise actuelle a mis au jour l’impressionnante efficacité de cet agir en commun. Cette source, c’est à nous qu’il revient de la maintenir vive, tout en nous inspirant de sa puissance créatrice. 

Vers une solidarité mondiale

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une pandémie nous confronte, tous autant que nous sommes, à un même défi existentiel. Et pourtant, les relations et les institutions internationales, placées depuis la Deuxième Guerre mondiale sous le signe du multilatéralisme, se trouvent contestées dans leurs fondements et menacées de désagrégation, tandis que la réaffirmation des souverainetés nationales se fait plus forte que jamais. On observe, un peu partout, le rétablissement des frontières, la rétraction voire l’arrêt des échanges internationaux, ainsi que l’aggravation des inégalités de tous ordres, tandis que l’exacerbation des nationalismes menace de faire retour.

L’Union européenne n’échappe pas à ces tensions. Mais contrairement aux États-Unis, au Japon ou à la Chine, les pays de l’UE procèdent par rétention de leurs moyens financiers et monétaires. Et pourtant, les populations touchées par la pandémie font pression pour obtenir plus de soins, plus de subventions, plus de protection. Tous ces manques attisent dangereusement les pulsions nationalistes.

Dans un tel contexte, revendiquer une souveraineté des Etats ne saurait faire sens. Contre les dispositifs supra-nationaux, ce sont les populations unies qui construisent les solidarités nécessaires face aux défis contemporains, mutualisant les activités publiques, du local au mondial, en passant par l’échelle nationale et européenne.

À ce niveau européen, une injection énorme de capitaux s’avère aussi urgente que nécessaire au moment où tous les tabous néolibéraux – le pacte de stabilité, les règles d’or financières et autres impératifs de limitation stricte des déficits budgétaires… – ont été balayés d’un seul souffle. Mais qui va régler cette dette gigantesque et qui ne cesse de croître ? Non pas les « États», mais bien plutôt tous les citoyens. Ou plus précisément, tous ceux qui souffrent aujourd’hui des effets de la crise sanitaire, et souffriront demain des ravages produits par la crise économique, puis des conséquences de l’endettement, si ce même endettement reste réglé par l’éternelle logique des transactions financières.

A contrario de tous les discours moralisateurs, cette dette peut être perçue comme une opportunité. Pour être en capacité de surmonter la crise actuelle, il faut financer les hôpitaux, redémarrer les économies dans le sens de la reconversion écologique, rétablir les conditions minimales d’égalité, ou plutôt les conditions préalables d’une vie digne pour tous… Ce qui suppose des investissements, qu’il convient de dégager aussi bien des discours culpabilisants que de l’emprise des intérêts privés.

Un défi de cette ampleur est hors de la portée d’un État-nation, et suppose de repenser la structure institutionnelle de l’Union européenne, tout en bousculant le principe de l’équilibre intergouvernemental. À plus long terme, ils’agira d’insuffler à l’Europe une nouvelle dimension politique, en imaginant une forme de citoyenneté inédite, fondée sur la libre participation des individus et émancipée de toute tentation nationaliste. À rebours des replis nationalistes, cette Europe à venir s’ouvrira à la solidarité tout en se déployant à l’échelle internationale.

Vers une recomposition des solidarités existantes

Mais la solidarité doit aussi se réinventer au plan national : non point par l’usage de la philanthropie libérale, à la manière des autorités du XIXe siècle qui cherchaient à éviter les révoltes ouvrières, et qui aujourd’hui se borne à aménager un système dominé par la finance internationale et les mécanismes boursiers, mais par un usage véritablement démocratique de ce que solidarité veut dire.

Celle-ci a été d’abord conçue comme un pouvoir d’agir dans l’exercice de la liberté. Elle reposait alors sur l’auto-organisation, la réciprocité, l’entraide — sur tout ce qui relève du principe d’association. Dans un second temps, elle a été pensée comme un mode de redistribution organisé par les pouvoirs publics sur une base légale visant à neutraliser les effets de domination enfouis sous la compassion individuelle.

Les défis engendrés par le néolibéralisme amènent à envisager une hybridation entre ces deux types de solidarités démocratiques. Concernant l’auto-organisation, laquelle connaît un regain dans de multiples pratiques associatives, on peut concevoir une forme de coopération avec les pouvoirs publics. Le financement de la part de collectivités publiques est même une nécessité pour ne pas en rester à une gestion de la pénurie. À l’échelle des associations, l’important est bien d’augmenter la capacité d’auto-organisation, grâce à une réflexion en commun sur ce qu’autonomie et dépendance veulent dire, ainsi qu’un questionnement sur les rapports aux pouvoirs publics. Corollairement, les services publics peuvent s’ouvrir à la délibération avec leurs salariés et usagers, ce qui est d’ailleurs indispensable si on veut échapper à la gouvernance technocratique et au pilotage par les experts.

À l’heure où la notion de solidarité se trouve revalorisée, éviter sa dérive philanthropique tout en affirmant son ancrage démocratique nous apparaît crucial.

L’horizon des possibles solidaires

La réorganisation économique au service d’une politique commune devrait être l’horizon des possibles des populations qui aujourd’hui vivent dans un temps suspendu.

Si nous acceptons de rompre avec la loi du plus fort, le rétablissement des services publics est à repenser et la démocratie réelle à réinventer. Différents dispositifs publics sont donc à concevoir pour élaborer des politiques communes, organiser les échanges internationaux et se ressaisir de l’économie solidaire de transition écologique. Vision utopique sans aucun doute, mais avons nous le choix ?

Dans un contexte de dérive climatique, de mise en péril des espèces et d’effondrement de la biodiversité, face à l’augmentation considérable du chômage et de la pauvreté, si nous voulons éviter l’accélération des catastrophes à venir, tant économiques qu’écologiques, nous n’avons d’autre choix que de  préparer dès maintenant l’après demain. Mais comment imaginer ce monde sans tenir compte de la somme des acquis qui ont permis de mettre à nu le monde du managementd’hier ?

Face aux projets de remise en ordre en cours de préparation, notre force est celle de l’auto-organisation. C’est à partir de son potentiel que des politiques répondant aux aspirations populaires et permettant de relever les défis contemporains pourront prendre leur essor.

Les pouvoirs s’y préparent, à leur façon, en fourbissant leurs moyens de répression : les arrestations des opposants se multiplient partout dans le monde. En Algérie, c’est l’emprisonnement des organisateurs du Hirak. À Hongkong, les manifestants de la première heure sont pourchassés, tout comme au Chili ; l’offensive de l’après insurrection s’étend sur la planète tandis que la pandémie contraint les populations à l’immobilisme, et bien souvent à l’impuissance.

N’en doutons pas : le néolibéralisme va se redéployer en s’adaptant à la situation de fragilité dans laquelle les populations sont aujourd’hui plongées. Les licenciements font un bond inégalé, la précarité s’étend, les difficultés financières des familles se multiplient, tandis que les concentrations des grands groupes reconfigurent le paysage industriel et technologique. L’usage excessif du numérique menace l’éducation de tous, créant des disparités profondes…  Selon que l’on soit riche ou pauvre, les connaissances seront ou non accessibles. Il faut aussi prendre en compte la menace d’un pouvoir doté de moyens sans précédent de surveillance et de contrôle de la population. Les dérégulations risquent de s’accentuer et la loi du marché de reprendre la main sur l’ensemble de services publics.

Aussi est-il temps, nous ressaisissant de notre avenir, de reprendre les rênes de ce monde défait, demeurées entre les mains des puissants.

Pour cela, nous n’avons d’autre choix que de nous tourner vers les expériences autonomes qui, depuis longtemps, cherchent à rompre avec le tout-profit en réhabilitant la cause commune. Ce sont autant d’expériences issues d’un passé lointain dont on avait perdu la pertinence sociale. Et pourtant, le mutuellisme des prolétaires du XIXe siècle, les associations ouvrières et populaires de 1848, en Europe, retrouvent une véritable pertinence aujourd’hui. Certaines mutuelles, associations ou coopératives, celles qui ne se contentent pas d’un principe d’égalité formelle entre les membres, dessinent un autre monde, réorganisant la production à partir de l’expression et la délibération collective. Dans quelques coopératives de production ou dans des associations travaillant en coresponsabilité, comme l’Ateneo popular Nou Barris de Barcelone, on voit se dessiner un autre monde, se profiler d’autres possibles.

Simultanément, le syndicalisme se réinvente au plus près du « travail réel » et des « activités concrètes ». Il est conduit ainsi à agir pour « la démocratie » dans le travail, à travers la critique du despotisme néolibéral. Ce faisant, il éclaire la réalité cachée du travail mené par des « petites mains », de femmes le plus souvent, principales actrices de ce moment d’exception où prendre soin de l’autre est devenu une priorité. La pandémie les a révélées en rouage essentiel de notre quotidien.

Il faut également poursuivre la critique d’un travail réduit, pour les actionnaires, à une création de valeur économique.

À l’encontre de la valeur actionnariale, il importe de pérenniser les conquêtes du salaire socialisé (Sécurité sociale). Le processus pourrait s’étendre à une sécurité permanente des salaires, seul moyen pour assurer une liberté créatrice afin de changer les productions nuisibles par une reconversiondans le sens de la transition écologique.   

À la faveur des consciences critiques renaissantes, ces dernières années des initiatives semblables et différentes sont mises en œuvre par des groupes autonomes qui ont osé se placer à l’écart de la loi du marché en creusant une brèche dans nos sociétés fondées sur la domination.

Partout dans le monde, la résistance associative se développe, en Amazonie, au Brésil, au Mexique. La pratique sécessionniste des Indiens du Chiapas a fait le tour de la planète. Ils/elles réinventent la tradition en reliant l’humain au non humain ; en pratiquant l’auto-organisation, chacun se réapproprie  un espace habité par différentes espèces. Les habitants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes ne font pas autre chose. Ailleurs, dans la Creuse, Ambiance bois à Faux la Montagne est une scierie-raboterie existe depuis trente ans sans chef, ni encadrement, avec le même salaire pour tous. Ils travaillent autrement. Et ils se sont organisés, sans le savoir, à la manière des rêves des couvreurs d’Albi qui, en 1848, imaginaient un monde sans chef…

Au-delà du mouvement des Gilets jaunes enfin, la mise en commun des ressources et des idées a permis à certains collectifs, issus du même mouvement, de s’approprier les travaux du libertaire américain Murray Bookchin pour réinventer le communalisme ou l’organisation collective à l’échelle du village ou du quartier. Aujourd’hui, dans la gestion de l’épidémie au quotidien, une véritable ruche s’active sous nos yeux. Toutes sortes de solidarités se nouent dans les quartiers, les villes : de l’aide de gens en détresse à l’organisation de stages de permaculture, des initiatives inventives de logement des sans-papiers, au développement des circuits courts permettant la vente des produits frais à moindre coût…

Autre exemple, autre expérience : celle des femmes des quartiers nord de Marseille qui après avoir s’être « naturellement mobilisées pour soutenir les précaires » demandent de conserver leur part de responsabilité dans la politique de la ville. Toutes ces expériences, anciennes et présentes, ouvrent des perspectives étonnantes. À nous de les faire connaître et de les valoriser. À nous de nous appuyer sur elles pour imaginer le monde d’après-demain : telle est notre utopie collective, partagée désormais par un grand nombre de contemporains.

C’est dans cette perspective d’auto-organisation que les  forces politiques, syndicales et associatives attachées à la nécessité d’un réel changement de société peuvent renouer avec la confiance, et ainsi contribuer à la renaissance de pratiques démocratiques oubliées. Organisons des rassemblements par petites unités géographiques afin de faire entendre les multiples « contre-réformes » qu’ont proposées, un peu partout, l’ensemble des collectifs instituants. En France, des personnels hospitaliers sont à l’initiative de projets de réorganisation de la santé ; dans l’éducation et la recherche, se crée une interaction neuve entre les projets élaborés au sein des universités et des laboratoires, et ceux menés par les acteurs de terrain.

Des syndicalistes de la SNCF ont présenté des projets de transformation du fret ferroviaire… et bien d’autres projets sont en cours d’élaboration.

La nécessité de nous projeter vers l’après-demain nous oblige à faire le lien entre les pratiques d’auto-organisation mises en place dans le contexte de la pandémie, et les formes de responsabilités collectives à créer après la crise, et hors de l’Etat néolibéral ; elle nous oblige à imaginer un autre monde commun né de cette multitude d’expériences. Loin de l’ordre néo-libéral où l’homme agit sous la contrainte, réapproprions-nous l’agir pour soi et pour les autres qui redonne sens à la vie de chacun.

Collectif critique, 6 mai 2020.

[1]Angel Luis Lara, « Causalité de la pandémie, caractéristiques de la catastrophe », 26 mars 2020, http://www.medelu.org/Causalite-de-la-pandemie-caracteristiques-de-la-catastrophe?fbclid=IwAR3Z2rfSF6NjY5j1aTLxIpqQIEiHdpsok6TAR2J8FnvUT5k_PQdb_sJz0sw

[2]C’est Jacques Derrida qui a élaboré le plus rigoureusement le concept de logique auto-immunitaire, analysant la façon dont toute tentative pour se protéger de l’autre est d’abord une attaque du corps politique contre ses propres défenses.

[3]Roberto Esposito, Communitas. Origine et destin de la communauté, précédé de Conloquium, de Jean-Luc Nancy, PUF, Les essais du Collège International de Philosophie, tr. de N. Le Lirzin, 2000. 

[4]Cf. sa tribune dans Le Mondedu 26 avril 2020 : « L’idéologie du confinement national n’est qu’un ruineux cauchemar ».

[5]Dans L’Écriture du désastre, Gallimard, 1980.

Signataires: 

Gisèle Berkman, essayiste,
Nicole Edelman, historienne (contemporaine) ;
Jean Louis Laville, socio économiste ;
Jean Claude Mamet, animateur du blog www.syndicollectif.fr  
Claudia Moatti, historienne (histoire antique),
Igor Mineo, historien (médiéviste, directeur de la revue Storica),
Michèle Riot-Sarcey, historienne (contemporaine),
Francis Sitel, co-directeur de la Revue Contretemps, 

pour le collectifcritique.org : https://collectifcritique.org/

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** Mediapart – 14 mai 2020

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De l’héroïsation du travail des soignants au risque de leur désillusion massive

–3 MAI 2020

En ces temps de pandémie de coronavirus, c’est en puisant dans leur dévouement, leur engagement,que les soignants se sont mis au service des patients et de la société. Leur héroïsation, véhiculée par les discours politiques et médiatiques, les applaudissements populaires, est elle une reconnaissance totalement sincère, ou pour d’autres, bien plus opportuniste ?

De l’héroïsation du travail des soignants au risque de leur désillusion massive : la reconnaissance de leur travail est-elle sincère, stratégique ou passagère ?

–Par Thomas Lieutaud[1], Marie Pezé[2]

En ces temps de pandémie de coronavirus, c’est bien en puisant dans leur dévouement, leur engagement, la certitude qu’ils sont indispensables, que les soignants se sont mis au service des patients et de la société. C’est par l’injonction professionnelle à « sauver des vies » qu’ils se sont engagés dans ce chaos.

En parallèle à cet engagement individuel et collectif de tout un corps de métier, nous avons vu surgir leur héroïsation, véhiculée par les discours patriotiques, les soutiens politiques et médiatiques, les applaudissements populaires. Cette héroïsation leur invalidait de fait toute possibilité personnelle de refuser cet investissement malgré les risques encourus au front du COVID. Que penser de la très médiatique, très sonore, très visible reconnaissance du travail des soignants ? En partie sincère, bien sûr de la part de ceux qui, confinés, applaudissent de chez eux, à 20 heures, ceux qui les soignent mais, n’en doutons pas pour d’autres, bien plus stratégique.

Déni des défauts d’organisation du travail

Cette survalorisation actuelle des soignants s’inscrit en exact contrepoint à l’incroyable cécité et surdité aux revendications de ces mêmes soignants d’il y a à peine quelques mois. Ceux que l’on encense aujourd’hui, évoquaient alors le manque de moyens, le manque d’effectifs, les flux tendus, les statuts précaires et l’épuisement devant des soins dégradés. Certains soignants se sont d’ailleurs suicidés dans l’indifférence institutionnalisée aux suicides d’origine professionnelle, sur fond d’habituels dédouanements des organisateurs du travail : « c’est un drame, intime, il avait des difficultés conjugales, elle déprimait, il était fragile ».

 Les étiquetés « fragiles » sont tous les jours au front du COVID, y risquent leurs vies pour sauver la nôtre.

L’injonction « au travail à tout prix pour sauver des vies » se déploie dans un environnement professionnel tout aussi dégradé qu’avant par le manque de masques, d’EPI, de matériels de ventilation, de kits et réactifs pour les tests diagnostic, de produits de sédation, de temps, de compétences, de perspectives sur la durée de l’investissement. Cette injonction tombe sous l’effet des contraintes de temps car les plannings ont été changé, pour certains de 8h en 12h, avec des relèves qui entrainent régulièrement des plages de présence de 13h. La standardisation du travail malgré l’absence de repères est exigée, sous la pression de la hiérarchie, par le recours à la protocolisation massive des soins, entrainant pertes d’autonomie mais aussi insécurité par la variabilité des normes au gré des expériences. Enfin, l’injonction actuelle à la nouvelle qualité totale que serait « sauver toutes les vies », est certainement vécue comme un paradoxe et un drame éthique permanent, devant l’échec à éviter toutes les morts.

ZOOM sur l’évolution des cadres du travail en situation d’exception

Au delà des risques médicaux pour la santé de tous, la crise du COVID a induit brutalement, en quelques semaines, une évolution substantielle, brutale des cadres du travail habituel des soignants. Les ressources hospitalières financières, symboliques (dons, courriers, repas offerts) et fonctionnelles (affectation des moyens humains et matériels) ont glissé de certaines spécialités vers les spécialités d’urgences et de réanimation. Ainsi, les matériels et les personnels des blocs opératoires ont été massivement déplacés pour être affectés dans les réanimations. Ceux qui, hier, étaient considérés comme le cœur des ressources financières des établissements de soins privés et publics par la T2A, se sont retrouvés privés de travail, voire de reconnaissances sociales et financières.

De puissantes évolutions organisationnelles se sont faites, non plus sur la base des fiches de postes habituelles mais par une « mutation d’office » vers des métiers du soin, certes proches, mais différents de ceux d’avant.

Or personne n’a anticipé les risques du vécu de déqualification ou d’incompétence ressenties, les sensations de danger imminent et permanent induits par ces mutations, dans l’exécution quotidienne de nouveaux gestes de métier. Par exemple les infirmières anesthésistes (IADE) sont devenues infirmières de réanimation après moins d’une journée de formation, comme si ces métiers étaient les mêmes. Imagine-t-on demander à un journaliste économique de partir comme reporter de guerre au prétexte qu’ils sont tous deux porteurs d’une carte de presse ? Aussi, les Infirmières de bloc (IBODE) sont devenues aides-soignantes. Mais, comment une IBODE, Infirmière spécialisée dans les gestes chirurgicaux complexes, qui ne prend jamais en charge les familles de patients en fin de vie, va t-elle supporter de se voire confier l’accompagnement d’un fils auprès du corps mort de son père ? On ne s’improvise pas soutien psychologique de premier recours face à une famille endeuillée sans éprouver un sentiment d’imposture.

Chez les héros, des degrés de visibilité différents

Les paramédicaux ont pris conscience que personne ne se soucie de leurs limites physiques et psychiques, qu’ils manquent tragiquement de structuration collective pour revendiquer des protections, des innovations, des compensations. Leurs échanges, leurs plaintes prolifèrent au quotidien sur leurs réseaux sociaux rapportant les souffrances physiques (privation de sommeil, travail en rotation de 12h, tendinopathies) et psychiques (concentrations intenses et prolongées pour ne pas faire d’erreurs, sensations de danger imminents pour soi même, pour les patients ou la famille si on rapporte le virus à la maison, discordances sociales et affectives avec sa propre famille, ses propres enfants et adolescents).

Les médecins, pris dans le tourbillon des nouveautés à intégrer à leurs pratiques cliniques, s’interdisent de faire des réunions collectives dans l’angoisse d’une contamination massive du personnel. Ils multiplient les mails entre acteurs fatigués, mais ils ne sont pas forcément réceptifs à l’engagement corporel et mental total des paramédicaux, qui limite leur perception d’informations nouvelles.

Transformation des lieux, transformation des gens

Si cette pandémie a engendré une transformation profonde de l’hôpital, elle s’est faite avec la participation active et la transformation profonde des personnels de l’hôpital. Ils ont dû se saisir de la nouvelle réalité, du manque d’informations et de moyens, de la rapidité d’expansion, de la sévérité des atteintes, de la nouveauté et la difficulté du travail, des angoisses personnelles ou des peurs. De nouveaux circuits de communication, d’échanges, de collaboration sont apparus.

Certains médecins ou chirurgiens se sont alors mis à disposition, en bataillon de main d’œuvre, pour aider les personnels des réanimations dans la manutention des patients. Certains métiers rendus invisibles et presque inutiles par le COVID ont trouvé une utilité sociale nouvelle par leur disponibilité.

Les engagements d’aujourd’hui

Si ces apprentissages imposés par la pandémie ont dévoilé une réalité nouvelle, « impensée » encore quelques semaines avant, cette réalité n’a pu voir le jour que par les engagements individuels, la disponibilité pour les gardes, pour la rotation des effectifs en réanimation, la solidarité d’exposition pour protéger les plus faibles ou les plus âgés, ou les proches de personnes à haut risque.

Cette nouvelle réalité a été organisée par des collectifs attentifs à l’égalisation des périodes de nuits entre les paramédicaux, la délibération autour des affectations, au respect des préférences de chacun. Pour tout cela, il faudra souligner longtemps l’ingéniosité et le professionnalisme de tous, quel que soit son niveau hiérarchique. Toutes ces transformations ont permis aux soignants de se mettre en accord avec leur éthique professionnelle au travers d’un engagement sans faille, qui leur a permis de résister à l’épuisement. Car ce qui protège toujours de l’épuisement, c’est la possibilité de faire du travail de qualité, de donner du sens à ce qu’on fait et que ce sens soit reconnu.

Les risques de demain

Après la bataille, que deviendront les discours, que deviendront ces héros ? Il y a tout lieu de craindre quelques désillusions et beaucoup de questions :

- Un héros est-il un être d’exception ? Après un engagement massif de 2 mois, le héros peut-il se prévaloir d’une compensation/rétribution/reconnaissance à la hauteur de son engagement exceptionnel ?

- Un héros est-il infatigable ? La reprise du travail « normal », voire le rattrapage du retard pris notamment pour les actes chirurgicaux, permettra-t-elle la prise en compte de la fatigue accumulée des équipes soignantes qui auront été « sur le front » ?

- Héros d’un jour, héros toujours ? : Faudra-t-il à nouveau dans quelques jours, semaines ou mois, être confronté aux mêmes difficultés, aux mêmes manques de moyens, aux mêmes rythmes de travail épuisants, qui pourraient s’avérer pérennes devant les incertitudes sur l’évolution de l’épidémie et les gestions comptables de la santé ?

- Le héros a-t-il toujours raison ? Les vérités ont été malmenées. Pourtant, le sens et la vérité de l’action surgissent dans le même temps que les héros avancent « au front ». Sauront-ils structurer des rapports de force pour que le gouvernement des hommes, du travail, de la famille, de la vie passent par des organisations dans lesquelles ils se reconnaissent et dans lesquelles ils pourront s’investir ?

La psychodynamique du travail démontre depuis 30 ans que le travail est une activité centrale dans la vie des humains, que le travail construit et transforme non seulement le monde mais aussi les travailleurs eux-mêmes, dans leur psychisme comme dans les dynamiques collectives. Que ce travail est une source de souffrance quand il s’agit de se confronter soi-même à la dureté de la maladie, mais qu’il est aussi l’occasion extraordinaire de se dépasser, et une source inépuisable de constructions collectives.

La gestion de la pandémie a construit les soignants comme des héros. Ceux-ci se sont engagés corps et âmes dans la bataille pour « sauver des vies », au prix de mutations brutales de leur cadre de travail, et du dépassement de leur fatigue.

Ne négligeons pas que les soignants éprouvent ces souffrances, même s’ils les assument pour s’y confronter. Mais ils n’accepteront pas qu’on joue d’eux comme des pions au temps des tranchées, par défaut de préparation, d’anticipation, de communication ou pire par incompétence ou par suffisance.

Il est à souhaiter que l’exemplaire construction collective que le monde hospitalier a mis en œuvre ne se dissolve pas dans le retour frénétique au monde d’avant, celui des tableaux de bord, de la santé réduite aux algorithmes dont on a vu qu’ils étaient sans effet sur le COVID.

Le retour « à l’hôpital d’avant », s’il signifie la fin des héros du moment, risque d’être ressenti comme un abandon, un mensonge, voire une trahison. Or celle-ci peut conduire à des effondrements psychiques ou physiques.

Nous avons convoqué des héros pour nous sauver. N’oublions pas que nos héros sont nos voisins, nos amis, nos familles, nos collègues, nos subordonnés. Ce sont des hommes et des femmes qui partagent notre quotidien, pour le meilleur et pour le pire.

[1] Service Anesthésie, Centre Hospitalier de Bourg en Bresse. Centre de Recherche en Neurosciences, Équipe TIGER, CNRS 1072-INSERM 5288, Lyon. UMRESTTE, UMR-T9405, Université Gustave Eiffel, Université Claude Bernard de Lyon

[2] Docteur en psychologie, psychanalyste, responsable du réseau de consultations souffrance et travail.

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** Mediapart – 03 mai 2020

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Assassinat d’un chercheur sur le point de faire « des découvertes importantes »

*PITTSBURGH, Pennsylvanie – Un professeur de l’Université de Pittsburgh qui menait des recherches prometteuses sur la COVID-19 a été assassiné ce week-end.  

Assassinat d'un chercheur sur le point de faire «des découvertes ...

Selon CNN, le tueur aurait ensuite retourné l’arme contre lui dans un apparent meurtre suivi d’un suicide.  

L’université a indiqué dans une déclaration que Bing Liu, le professeur retrouvé mort samedi dernier dans sa résidence, était sur le point de faire «des découvertes très importantes» concernant le virus qui paralyse la planète depuis quelques mois.  

M. Liu, qui était professeur adjoint de recherche dans cette université de la Pennsylvanie, avait notamment des blessures à la tête, au cou et à la poitrine, selon la police locale.  

Un homme a été retrouvé mort dans sa voiture, non loin de la résidence de M. Liu, dans le canton de Ross. Les enquêteurs croient que cet individu aurait abattu la victime avant de se donner la mort. Selon NBC, il s’agit de Hao Gu, 46 ans.  

Les forces de l’ordre ont indiqué que les deux hommes se connaissaient et elles n’ont pas de preuve voulant que M. Liu, 37 ans, ait pu être ciblé en raison de ses origines chinoises.  

Le meurtre du chercheur pourrait-il être dû aux recherches qu’il menait sur la COVID-19?  

«Bing était sur le point de faire des découvertes très importantes pour comprendre les mécanismes cellulaires qui sous-tendent l’infection par le SRAS-CoV-2 et la base cellulaire des complications suivantes», ont indiqué des collègues de M. Liu. Les membres de l’École de médecine de l’Université de Pittsburgh ont indiqué qu’ils vont poursuivre les recherches de M. Liu, qu’ils ont décrit comme un chercheur exceptionnel. *.journaldemontreal.- mercredi 06 mai 2020

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 le coronavirus a tué plus d’Américains que la guerre du Vietnam 

Avec 2 207 décès supplémentaires en 24 heures, le bilan journalier dans le pays, le plus touché au monde, est reparti à la hausse mardi.

 Source AFP - le 29/04/2020
En deux mois, le nombre de morts liées au coronavirus aux États-Unis a dépassé celui des soldats américains tués en deux décennies durant la guerre du Vietnam. Selon le dernier comptage actualisé mardi 28 avril par l’université Johns-Hopkins, 58 351 personnes ont succombé au Covid-19 dans le pays, le plus touché sur la planète. En tout, 58 220 militaires américains ont perdu la vie lors du conflit au Vietnam (1955-1975), selon le bilan officiel publié aux Archives nationales.
Même si les deux événements n’ont rien à voir, ce seuil revêt une portée symbolique tant la guerre du Vietnam demeure l’un des plus grands traumatismes vécus par les Américains au XXe siècle. 
Avec 2 207 décès supplémentaires du Covid-19 en 24 heures, le bilan journalier aux États-Unis est reparti à la hausse mardi. Le pays a également franchi la barre du million de cas diagnostiqués de nouveau coronavirus, soit environ le tiers du nombre total de cas recensés dans le monde. Le États-Unis sont, déjà depuis fin mars, le pays qui compte le plus de cas dépistés d’infection. Ils avaient atteint les 500 000 cas déclarés il y a moins de trois semaines, le 10 avril.  
 L’épicentre de l’épidémie américaine se situe à New York, l’État enregistrant à lui seul près du tiers des cas déclarés à l’échelle nationale. Derrière les États-Unis, le deuxième pays comptant le plus de cas recensés est l’Espagne avec plus de 210 000 malades du coronavirus, suivie par l’Italie et la France. L’Europe totalisait mardi plus de 1,4 million de cas, selon un comptage de l’Agence France-Presse. 
Les États-Unis justifient leur grand nombre de contaminations détectées par une politique de dépistage largement montée en puissance, avec plus de 5,6 millions de tests réalisés, selon l’université Johns-Hopkins. 
*Des tests plus nombreux 
L’Amérique a effectué « plus de deux fois plus de tests que n’importe quel autre pays  », a encore souligné le président Donald Trump lundi soir. Le nombre de nouveaux cas « dans les régions de New York, La Nouvelle-Orléans, Detroit, Boston et Houston est en baisse (…) et nous ne voyons que très peu (d’endroits) que nous allons observer comme un nouveau foyer  » de la maladie, s’est-il félicité. Si les États-Unis sont effectivement le pays ayant réalisé le plus de tests en valeur absolue, proportionnellement à leur population, plus d’une quinzaine de pays font mieux en matière de dépistage, notamment l’Islande, champion absolu, mais aussi l’Italie, l’Espagne et la Belgique, selon le site Our World in Data, qui compile les données du monde entier. La Chine, d’où est partie l’épidémie en décembre et pays le plus peuplé au monde, ne recense officiellement que près de 83 000 cas de Covid-19, mais ce chiffre est selon beaucoup largement sous-estimé et Washington accuse ouvertement Pékin de mentir sur son bilan.
 *Le Brésil franchit la barre des 5 000 morts 
Le Brésil a franchi de son côté mardi la barre des 5 000 morts du nouveau coronavirus, après avoir enregistré un record de 474 décès sur les 24 dernières heures, selon le ministère de la Santé. Avec précisément 5 017 décès causés par le Covid-19, le bilan le plus lourd d’Amérique latine, le Brésil a déjà dépassé le nombre de morts officiellement annoncé par la Chine, où l’épidémie a émergé fin 2019. Au total, les autorités sanitaires ont recensé 71 886 cas confirmés dans ce pays de plus de 210 millions d’habitants, mais les chiffres officiels sont largement sous-évalués, le Brésil étant un des pays les moins actifs en termes de dépistage. Certains spécialistes considèrent que le nombre de personnes infectées pourrait être au moins dix fois supérieur. Le bilan du ministère précise que le nombre de décès pourrait être encore plus élevé, 1 156 morts suspectes étant encore à l’étude.

*Le Point-  le 29/04/2020 

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nouveau bilan dramatique aux Etats-Unis

La situation ne s’arrange pas aux Etats-Unis. Elle devrait même s’aggraver. Et pourtant les américains entament déjà le déconfinement. Les Etats-Unis ont déploré lundi 1.015 morts supplémentaires du nouveau coronavirus en 24 heures, le bilan quotidien le plus bas en un mois, selon le comptage de l’université Johns Hopkins, actualisé en continu et qui fait référence.

Le bilan total de l’épidémie aux Etats-Unis atteint désormais 69.000 morts, ce qui en fait le pays le plus endeuillé par le Covid-19 au monde selon les chiffres officiels. Les bilans journaliers aux Etats-Unis ne sont pas passés en dessous de la barre des 1.000 morts depuis début avril. Depuis mi-avril, le pays est bloqué sur un « plateau » dont il peine à redescendre.

Et les indicateurs ne sont pas bons. La Maison Blanche table elle-même sur 100.000 à 240.000 morts. Un rapport dès centres de prévention table même sur une nouvelle flambée à partir de la mi-mai, avec un bilan quotidien deux fois plus important: 3.000 morts chaque jour au lieu de 1.500 en ce moment,  alors que certains Etats ont commencé à progressivement mettre fin au confinement imposé à leurs citoyens. 

La difficulté majeure: la taille du pays. Si la situation s’améliore  dans l’état de New York et le New Jersey, les plus gros foyers épidémiques, ça stagne en Floride et en Californie. Le nombre de cas augmente dans la région de Washington et au Texas. Pourtant: au Texas, les centres commerciaux et les restaurants viennent déjà de rouvrir. Une trentaine d’états prévoient d’assouplir les mesures dans les prochains jours, alors que le virus n’est pas maîtrisé. 

D’ailleurs, les américains n’ont pas attendus. La mobilité a déjà commencé à augmenter depuis dix jours selon un institut spécialisé. Certains manifestent pour demander un assouplissement des mesures comme en Californie, où un rassemblement a eu lieu sur la plage. 

Les Etats-Unis enregistrent également le plus grand nombre de personnes diagnostiquées malades du Covid-19, avec près de 1,2 million de cas officiellement recensés. Près de 187.180 personnes sont déclarées guéries.*rmc.bfmtv./ 05 mai 2020

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*Contaminé par le coronavirus, ce médecin s’auto-soigne à la chloroquine et constate une nette amélioration

22 mars 2020, 

Contaminé par le coronavirus, ce médecin parisien qui s’auto-soigne à la chloroquine témoigne Il constate une nette amélioration de son état de santé depuis qu’il prend ce traitement, toutefois sans affirmer avoir la preuve scientifique de son efficacité.

*vidéo:  médecin parisien qui s’auto-soigne à la chloroquine

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Georges, 86 ans, est aujourd’hui guéri du coronavirus

21 mars 2020, oumma.com

**C’est un témoignage rare mais qui porte un message d’espoir. Georges a 86 ans. C’est l’un des premiers Français testés positifs au Covid-19.​ Il habite le département de l’Oise, l’un des premiers foyers de l’épidémie… et où au moins 34 personnes sont décédées.​ Mais il faut le rappeler, on guérit du coronavirus: 98% des personnes infectées ne meurent pas du Covid-19, selon le directeur général de la Santé, le Professeur Jérôme Salomon.​ Georges est désormais sorti de l’hôpital de Compiègne, guéri. Il revit depuis plusieurs jours chez lui, avec sa femme.

*vidéo: Georges, 86 ans, aujourd’hui guéri du coronavirus

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 bel élan de solidarité de la Turquie envers l’Espagne et l’Italie

Si l’on devait déceler un aspect positif dans le redoutable virus qui n’en présente aucun, ce serait de mettre en lumière l’extraordinaire esprit de solidarité qui anime des pays qui sont habituellement vilipendés par l’Occident.

Parmi eux, la Turquie d’Erdogan, que l’Europe et le clan des 27 ne se privent pas de vouer aux gémonies, s’est empressée de tendre la main à l’Espagne et à l’Italie, les deux pays européens les plus cruellement frappés par le Covid-19.

Un avion cargo militaire turc, transportant des milliers d’équipements médicaux – des combinaisons, des masques et du gel hydroalcoolique – a décollé mercredi 1er avril d’Ankara, depuis l’aéroport militaire d’Etimesgut, afin de rallier l’Espagne, puis de se rendre en Italie, comme l’a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

Face à une pandémie ravageuse qui s’est répandue jusque de l’autre côté du Bosphore, affectant gravement plus de 13 500 citoyens turcs et en fauchant mortellement 214 (selon les dernières estimations du ministère de la Santé), la Turquie, d’ordinaire diabolisée, donne une magistrale leçon d’humanité et de fraternité à la face d’un monde qui lui en dénie la moindre parcelle.

 Sur les caisses dans lesquelles sont transportés les équipements, figure ce beau message : « Il y a tant d’espoir derrière le désespoir. Il y a tant de soleil derrière l’obscuritéToutes les amitiés de la Turquie au peuple espagnol ».

* oumma.com- 02 avril 2020

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Le nombre de cas de coronavirus dans l’État de New York a augmenté de 23% en 24 heures pour atteindre 15 168 personnes infectées.

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Du nombre, 9 045 cas sont situés dans la ville de New York ce qui fait d’elle l’épicentre de la crise aux États-Unis.

Ce sont des données qui ont été confirmées par le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo.

Le correspondant à New York, Richard Châteauvert, a discuté avec Paul Houde des grandes lignes de ce point de presse tenu en avant-midi, dimanche.

«Le gouverneur de l’État de New York a dit deux choses intéressantes. D’abord il a demandé à la FDA d’approuver un test de sérologie. C’est un test qui permettrait de déterminer si une personne, non seulement est atteinte du coronavirus, mais aussi si elle a développé des anticorps pour  le combattre. Il a également mentionné que la situation pourrait durer quatre, six ou neuf mois.»

Richard Châteauvert, correspondant à New York

De plus, Andrew Cuomo a également affirmé que 53% des cas touchent des patients entre 18 ans et 49 ans.

«C’est une statistique qu’il avait dite hier et qu’il a répétée aujourd’hui et qu’il nous faut répéter à la radio pour convaincre les plus jeunes qu’ils peuvent propager cette maladie.»

Richard Châteauvert, correspondant à New york

Par ailleurs, l’État de New York enregistre maintenant 114 décès, dont 70% qui étaient âgés de 70 ans et plus. 

*source: 985fm.ca/ 22 mars 2020

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à Marseille, grosse affluence pour se faire dépister chez le Dr Raoult

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*Affluence à Marseille pour se faire dépister au coronavirus, alors qu’une question se fait jour : la chloroquine est-elle réellement un traitement efficace contre la maladie ? -23 mars 2020

**Le site Les Echos révélè que  “La rupture est cette fois consommée entre Didier Raoult et le gouvernement : « Je ne participe plus au Conseil scientifique réuni autour d’Emmanuel Macron » a annoncé mardi matin aux « Echos » le patron iconoclaste de l’IHU Méditerranée Infection, tout en précisant qu’il ne démissionne pas. En désaccord depuis des semaines avec la politique de confinement qu’il qualifie de moyenâgeuse, il martèle qu’il faut des moyens de dépistages massifs à l’échelle nationale pour détecter les cas suspects, isoler et traiter les patients positifs. Comme en Corée du Sud : le pays a fait état lundi du plus faible nombre de nouveaux cas quotidiens de contamination au coronavirus depuis fin février et alimente désormais les espoirs d’un contrôle de l’épidémie.- - mardi 24 mars 2020 / oumma.com

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La COVID-19 perturbe les opérations de l’armée américaine

(Washington) Retrait d’Afghanistan retardé, présence réduite en Irak, exercices annulés, pause dans les recrutements : en immobilisant les militaires à l’intérieur de leurs bases, la COVID-19 perturbe les opérations de l’armée américaine dans le monde.

SYLVIE LANTEAUME
AGENCE FRANCE-PRESSE- 21 mars 2020

« La mission numéro un pour l’armée américaine reste d’assurer la protection du peuple américain, du pays et de nos intérêts à l’étranger. Je vous assure que tout est sous contrôle », a affirmé vendredi sur Fox le secrétaire américain de la Défense Mark Esper.

Au même moment, le commandement central de l’armée américaine (CENTCOM), qui couvre notamment l’Irak et la Syrie, annonçait un « redéploiement » de ses forces dans cette zone.

« Pour prévenir une propagation de la COVID-19, l’armée irakienne a suspendu tout entraînement. Par conséquent, la coalition va renvoyer temporairement dans leurs pays dans les jours à venir certains de ses éléments spécialisés dans la formation », a indiqué le CENTCOM dans un communiqué.

L’armée américaine, qui représente la grosse majorité des forces déployées en Irak, a également décidé de retirer ses troupes de petites bases excentrées, où elles sont plus vulnérables aux attaques de groupes armés pro-iraniens, pour les regrouper sur des bases plus importantes et mieux protégées.

« À l’avenir, nous prévoyons que la coalition soutiendra les forces irakiennes depuis moins de bases, avec moins de monde », a prévenu le CENTCOM. Il a affirmé que la coalition restait « engagée à long terme » dans le combat contre le groupe État islamique (EI).

En Afghanistan, d’où les États-Unis se sont engagés à retirer plus de 5000 soldats, première étape de l’accord signé avec les talibans, tous les mouvements ont cessé.

« Pour préserver notre force, qui est actuellement en bonne santé », des ajustements « nécessaires » sont effectués, « en arrêtant tous les mouvements sur le théâtre » de guerre, a annoncé le général Austin Miller, commandant des forces américaines dans le pays.

« Dans certains cas, ces mesures vont conduire à ce que certains membres des forces armées restent [en Afghanistan] au-delà de la période prévue et poursuivent leur mission », a-t-il précisé jeudi dans un communiqué.

*Recrutement en ligne

Depuis l’apparition du coronavirus, de nombreux exercices militaires ont été annulés, notamment en Corée du Sud et en Afrique. Le grand exercice Defender-20, qui devait mobiliser 20 000 soldats américains sur le continent européen à l’heure de la « concurrence stratégique » avec Moscou, a été fortement réduit.

Si tout va bien, Defender-20, qui devait être le plus gros exercice de l’armée américaine en Europe depuis 25 ans, sera réalisé « à 45 % », a reconnu vendredi le secrétaire américain à l’Armée de terre, Ryan McCarthy.

Partout, les militaires américains sont confinés sur leurs bases, dont l’entrée est soigneusement filtrée, par des questionnaires et des prises de température. Les militaires présentant des symptômes ou contaminés sont mis en quarantaine dans des baraquements séparés, les précautions d’hygiène et limitations des contacts rigoureusement imposés et, discipline militaire oblige, respectés.

Le Pentagone a interdit dès le début du mois tout voyage international aux militaires américains, que ce soit pour partir à l’étranger ou pour revenir dans leur famille. Peu après, ce sont les voyages à l’intérieur du pays qui ont été interdits.

Le coronavirus a même modifié le fonctionnement du haut commandement militaire américain : le ministre Mark Esper et son chef d’état-major ne se parlent plus que par téléconférence.

Même le recrutement, particulièrement important au printemps, lorsque les candidats finissent leurs études, se fait désormais en ligne, a admis le chef d’état-major de l’armée de terre, le général James McConville.

« Nous passons au recrutement virtuel », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse. « Le plus gros est fait sur les réseaux sociaux et cela nous permet de protéger nos soldats, mais aussi les nouvelles recrues ».

Pourtant, les militaires cherchent à dédramatiser, comptant sur le fait que leurs adversaires sont tout autant touchés qu’eux par le combat contre l’épidémie.

« Ils sont aussi très préoccupés par ce virus en Irak, en Afghanistan, certainement en Iran », a noté le général McConville. « Ça affecte les opérations de tout le monde ».

*AGENCE FRANCE-PRESSE- 21 mars 2020

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La situation «ne va qu’empirer», prévient le maire de New York

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(New York) Le maire démocrate de New York Bill de Blasio a fustigé dimanche la gestion de la pandémie de coronavirus par le président républicain Donald Trump, s’alarmant du risque de voir mourir « des personnes qui auraient pu vivre ».  

« La vérité, que les New-Yorkais et tous les Américains méritent d’entendre, c’est que cela ne va faire qu’empirer. En réalité, avril et mai vont être vraiment pires », a-t-il déclaré à la chaîne NBC.

La capitale économique américaine recense pour l’instant le plus grand nombre de cas confirmés de COVID-19 dans le pays et ses hôpitaux risquent rapidement d’être débordés par l’épidémie.

« Nous sommes franchement à dix jours d’une pénurie généralisée de respirateurs, de masques chirurgicaux, les choses nécessaires pour qu’un hôpital puisse continuer à fonctionner », a prévenu le maire sur CNN.

Il a regretté que le président « ne bouge pas le petit doigt pour aider sa ville natale ».

« Je ne peux pas être plus clair. Si le président n’agit pas, des personnes qui auraient pu vivre vont mourir », a-t-il insisté.

L’État de New York a besoin de quelque 30 000 respirateurs, pouvant chacun coûter plus de 40 000 dollars, a indiqué dimanche son gouverneur Andrew Cuomo.

Il s’est lamenté de voir plusieurs États américains se battre pour ces appareils.  

« C’est juste une situation impossible à gérer », a déploré M. Cuomo.  

Toutes les opérations non-essentielles seront par ailleurs reportées à partir de mercredi afin de libérer de la place pour les patients atteints du coronavirus dans les hôpitaux de l’État de New York.

Le patron de l’Agence américaine de gestion des situations d’urgence (FEMA) a reconnu que la demande de matériel, notamment de respirateurs était « un problème global », sur lequel ils « travaillaient tous les jours ».

Et l’expert en coronavirus de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, a assuré que le gouvernement fédéral commencerait à « abreuver » New York, la Californie et l’État de Washington – épicentres américains de l’épidémie – en ressources.

Le maire de New York a aussi appelé à ce que le Congrès agisse comme si les États-Unis étaient sur la voie de la prochaine Grande dépression.

Un plan d’aide économique de plus de 1000 milliards de dollars est actuellement négocié entre les chefs républicains et démocrates du Congrès et l’administration Trump.  

Selon l’Université Johns Hopkins, à midi dimanche, plus de 27 000 cas de coronavirus ont été recensés aux États-Unis, qui comptent 347 décès.

*AGENCE FRANCE-PRESSE- 22 mars 2020

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New York : la vie d’un chauffeur de taxi musulman à l’heure du Coronavirus

25 mars 2020- oumma.com

Fidèle au poste, malgré la pandémie de Covid-19 qui s’est abattue sur New York et rôde à présent dans chacune de ses artères, Hassan Iqbal, 52 ans, contemple derrière le pare-brise de son taxi le paysage irréel qui s’offre à ses yeux. Celui, presque fantomatique, d’une métropole désertée par ses millions d’habitants, d’une cité trépidante plongée subitement dans une profonde torpeur.

Bravant le virus planétaire qui, tel le plus grand des périls, plane désormais sur Big Apple et le guette à chaque coin de rue, ce chauffeur de taxi pakistanais se désole de la voir la ville dont il connaît les moindres recoins transformée en no man’s land.

« Il n’y a pratiquement plus de travail. Les seules personnes que je transporte vont soit chez le médecin, soit dans une grande surface. Elles se font rares. La ville est vide », soupire-t-il, en laissant transparaître son inquiétude face à l’avenir. Une inquiétude que les sombres prédictions du maire de New York, Bill de Blasio, pour les mois d’avril-mai, a récemment accentuée. « La situation ne va qu’empirer », a averti avec gravité le premier magistrat de la cité, en fustigeant au passage la gestion de la crise sanitaire par Donald Trump.

Doublement accablé, devant l’effrayante propagation du coronavirus et sous le poids des factures qui ne connaissent aucune trêve, Hassan Iqbal ne peut pas se permettre le luxe de rester chez lui, auprès de son épouse qu’il sait pourtant transie de peur. Alors, tous les matins, après avoir tenté de rassurer sa moitié et sans rien montrer de sa propre anxiété, il n’a d’autre choix que de monter à bord de son taxi en quête de clients qui se font de plus en plus rares.

« Je suis terrifiée. Il y a tellement de types de personnes différentes qui prennent place dans son taxi. Et s’ils étaient porteurs du virus ? », se tourmente son épouse, renchérissant : « Je sais qu’il n’a pas peur de tomber malade et qu’il prend toutes les précautions nécessaires pour qu’on ne le soit pas non plus. Il dit toujours qu’il fera tout pour ses enfants ».

Arrivé de son Pakistan natal sur le sol américain en 1991, Hassan Iqbal sillonne depuis plus de 23 ans, 7 jours sur 7, l’une des cités les plus cosmopolites au monde, sans jamais avoir lâché son volant, même après le 11 septembre, quand il ne faisait pas bon être musulman sous l’ère Bush de triste mémoire. Il n’a jamais jeté l’éponge, même quand les insultes, les menaces ou les crachats pleuvaient sur lui. Lui qui rêvait d’être ingénieur avant de s’exiler loin de son pays, de sa capitale Lahore et des siens, il n’a jamais pu se résoudre à rentrer sa voiture au garage, même au paroxysme de la haine anti-musulmans.

Alors, comment pourrait-il renoncer aujourd’hui, ne serait-ce que temporairement, à exercer un métier qui s’est imposé à lui par obligation, et qui s’avère toujours aussi nécessaire pour assurer la subsistance de sa famille ?

Bien sûr, Hassan Iqbal se conforme rigoureusement aux nouvelles règles de sécurité édictées par la municipalité. Il est également pleinement conscient des risques qu’il court en s’aventurant dehors, dans une cité new-yorkaise où le Coronavirus redouble de virulence. Mais il doit absolument gagner son pain. « Les factures ne vont pas s’arrêter. Nous devrons toujours payer le loyer. Je ne sais pas comment je vais faire. Les chauffeurs de taxi ont besoin d’aide et la ville doit faire quelque chose pour nous », exhorte-t-il, en poussant un cri du cœur.

Avant de remonter dans son taxi et de traverser une métropole méconnaissable, sa confiance indéfectible en la miséricorde divine avait déjà repris le dessus : « Je suis vraiment très inquiet. Mais je m’en remets totalement à Allah, l’Omniscient et le Très-Miséricordieux ». - oumma.com – mercredi 25 mars 2020

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–Martin Wolf
Maintenant, c’est l’économie mondiale qui s’écroule

Nous ne savons pas ce que la pandémie nous réserve ni comment l’économie va réagir. Nous savons en revanche ce que nous devons faire. Le ferons-nous ?

Dans ses dernières Perspectives de l’économie mondiale, le FMI appelle ce qui se passe actuellement, le “Grand verrouillage”. Je préfère le “Grand arrêt” : cette expression traduit la réalité selon laquelle l’économie mondiale s’effondrerait même si les responsables politiques n’imposaient pas de verrouillage, et pourrait rester en panne une fois le verrouillage terminé. Pourtant, quel que soit le nom que nous lui donnons, la situation est claire : il s’agit de la plus grande crise à laquelle le monde a été confronté depuis la Seconde guerre mondiale, et du plus grand désastre économique depuis la dépression des années 1930. La crise se produit dans un monde où les grandes puissances sont divisées et dans lequel l’incompétence aux plus hauts niveaux de gouvernement prend des proportions terrifiantes. Nous allons passer au travers, mais de quoi ?

“La crise se produit dans un monde où les grandes puissances sont divisées et dans lequel l’incompétence aux plus hauts niveaux de gouvernement prend des proportions terrifiantes. Nous allons passer au travers, mais de quoi ?”

En janvier encore, le FMI n’avait aucune idée de ce qui allait se produire, en partie parce que les responsables chinois n’avaient pas réussi à s’informer mutuellement, et encore moins le reste du monde. Aujourd’hui, nous sommes en plein milieu d’une pandémie aux conséquences considérables. Mais beaucoup de choses restent floues. Une incertitude importante concerne la manière dont les dirigeants myopes répondront à cette menace mondiale.

Pour ce que valent toutes les prévisions, le FMI suggère maintenant que la production mondiale par habitant se contractera de 4,2 % cette année, soit beaucoup plus que les 1,6 % enregistrés en 2009, pendant la crise financière mondiale. Quatre-vingt-dix pour cent de tous les pays connaîtront une croissance négative du produit intérieur brut réel par habitant cette année, contre 62 % en 2009, lorsque la forte expansion de la [...] la suite dans: lenouveleconomiste.fr/ Publié le Posted on20/04/2020

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Le déclin américain ?
Le coronavirus pourrait remettre en cause la suprématie américaine

Le virus a ciblé les faiblesses de l’Amérique, tout en neutralisant temporairement nombre de ses points forts. Heureusement, il reste le dollar.

Au plus fort de la guerre froide, Ronald Reagan a fait valoir que les rivalités entre les nations ne disparaîtraient que si le monde était envahi par des extraterrestres. L’ancien président américain était trop optimiste. Aujourd’hui, les États-Unis et la Chine sont confrontés à une menace commune sous la forme d’un coronavirus. Loin d’unir ces deux rivaux, la pandémie semble intensifier leur concurrence.

On peut comprendre pourquoi la Chine pourrait flairer une opportunité dans cette crise. Le coronavirus a ciblé les faiblesses de l’Amérique, tout en rendant temporairement insignifiants nombre de ses points forts. La machine militaire la plus puissante du monde n’est pas d’une grande utilité contre un virus. Mais l’absence de couverture médicale universelle constitue soudain une menace non seulement pour les pauvres, mais aussi pour l’ensemble de la société américaine.

“Les États-Unis et la Chine sont confrontés à une menace commune sous la forme d’un coronavirus. Loin d’unir ces deux rivaux, la pandémie semble intensifier leur concurrence”

Les systèmes économique et politique américains sont tous deux en difficulté. Un travailleur américain sur dix a perdu son emploi en l’espace de trois semaines. Les républicains et les démocrates soupçonnent l’autre partie d’utiliser la pandémie pour tenter de truquer la prochaine élection présidentielle. L’économiste et chroniqueur Paul Krugman a récemment affirmé que la démocratie américaine elle-même est en danger.

Pendant ce temps, le gouvernement chinois prétend avoir presque complètement stoppé la transmission du virus à l’intérieur du pays. Si l’on combine la relative stabilisation de la Chine avec la menace d’une nouvelle Grande dépression et d’une crise politique profonde en Amérique, il est clairement possible que Covid-19 fasse basculer le pouvoir des États-Unis vers la Chine. Cela pourrait même marquer la fin de la [...] – la suite dans: lenouveleconomiste.fr/ Publié le Posted on 19/04/2020

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