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une nouvelle République à tout prix-7

4072019

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*Quand la raison est absente, la force règne !

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un militaire sans formation politique,

n’est qu’un criminel en puissance

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*Nous aimons notre pays mieux que vous qui êtes au pouvoir

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*L’Algérie ne sera que meilleure après le départ des usurpateurs et des prédateurs

****************************** la population algérienne veut un changement réel du régime devenu obsolète aux yeux des nouvelles générations. Le régime algérien utilise une police politique qui a soumis à sa volonté la gendarmerie, la DGSN et le ministère de la justice. Ces trois institutions, indispensables pour la protection des libertés publiques, échappent à l’autorité du président et du gouvernement en violation de la constitution.À travers ces trois institutions, le Commandement militaire étouffe la société civile et fausse la représentativité des assemblées élues.

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        * 5 juillet des libertés

Les algériens célèbrent le 57e anniversaire de l’indépendance dans la rue

Le 20e vendredi de la protestation coïncidera cette semaine avec le 5 Juillet, la fête de l’Indépendance. Les Algériens, qui sortent dans la rue hebdomadairement depuis maintenant plus de quatre mois, sont décidés à poursuivre la protestation.

Et ils sont nombreux, depuis vendredi dernier, à relayer les appels pour une participation massive aux manifestations de ce week-end. Le fait que ce 20e vendredi coïncide avec la fête de l’indépendance a galvanisé davantage les manifestants.

Mettant en affiche des photographies de nombreux martyrs tombés au champ d’honneur pour la libération du pays, comme Larbi Ben M’hidi, Ali La Pointe, ou encore Hassiba Ben Bouali, ceux-là prédisent un «tsunami humain» dans les rues algériennes. «Vendredi de la Libération. Vous êtes tous concernés», peut-on lire sur l’une de ces affiches, alors que sur une autre il est inscrit : «La terre tremblera sous leurs pieds ce vendredi».

Des partis politiques et des organisations du mouvement associatif ont également appelé les Algériens à sortir en masse ce vendredi, vu comme l’un des moments les plus cruciaux du hirak. «5 Juillet, double fête de l’indépendance et de la jeunesse et 20e vendredi des marches pacifiques du mouvement populaire pour le changement démocratique. A cette occasion historique, la LADDH appelle la population à participer massivement dans la marche pacifique de ce vendredi 5 juillet 2019 dans toutes les wilayas d’Algérie», a indiqué Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH).

En plus des formations politiques, dont celles qui se sont regroupées au sein de l’«alternative démocratique», sept personnalités, en l’occurrence l’avocat Bouchachi, les universitaires Benabbou et Djabi, l’économiste Lalmas, l’ancien ministre Rahabi, le chef de l’UDS, Tabbou, et l’activiste Belarbi ont, pour leur part, lancé un appel pour une participation massive à la manifestation de demain.

De plus, le contexte particulier dans lequel il intervient, marqué par un retour à la répression, a également poussé plus d’un à multiplier les appels pour le maintien du caractère pacifique des marches. Mardi dernier, lors de leur 19e journée de manifestation, les étudiants ont réclamé la libération des détenus d’opinion, les manifestants arrêtés ces deux dernières semaines, notamment pour port du drapeau amazigh, mais surtout le moudjahid Lakhdar Bouragaâ, mis en détention préventive pour «atteinte au moral de l’armée» et «outrage à corps constitué».

La campagne de dénigrement qui a ciblé ce dernier a outré les Algériens qui seront certainement nombreux ce vendredi à réclamer sa libération et celle de tous les autres détenus. Lors de la 19e manifestation, et contrairement aux précédents vendredis, un dispositif de sécurité impressionnant a été déployé dans la capitale pour entraver la marche.

Le boulevard Hassiba Ben Bouali avait été, dans un premier temps, complètement obstrué par des camions de la police. Il a fallu l’arrivée d’un important flux de manifestants pour que la voie soit ouverte.

Par ailleurs, des véhicules de la police ont été, pour la première fois, installés des deux côtés du tronçon menant de la Grande-Poste vers la place Audin. Plusieurs arrestations ont eu lieu. Est-ce que ce sera le cas également ce vendredi ? Toujours est-il que les Algériens sont a priori décidés à sortir en masse pour scander, une fois encore, leurs revendications principales s’articulant autour du «départ du système». * ABDELGHANI AICHOUN – elwatan- jeudi 04 juillet 2019 

** l’indépendance du peuple

“Le peuple est sorti fêter l’anniversaire de l’indépendance.” C’est ainsi que les médias de propagande, publics et privés, ont expliqué le raz-de-marée de manifestants qui, ce vendredi, a déferlé sur les principales villes du pays.
Pourtant, pour tous ceux qui ont partagé, ou observé, les successives manifestations de révolte citoyenne, il ne fait pas de doute que ce rassemblement du 5 juillet avait, aux yeux de chaque participant, un sens particulier.
On ne pouvait ne pas voir, en effet, sur la plupart des visages, cette émotion qui submergeait  la colère. De fait, les citoyens partageaient massivement, et comme une blessure, ce sentiment de n’avoir finalement pas été indépendants ces cinquante-sept dernières années, non plus ! Que cette indépendance a été confisquée par des groupes qui, après le départ de la puissance coloniale, ont continué à se partager et à se disputer, à huis clos parfois, le destin et les richesses d’un pays qui, dans le leur logique, n’est que leur légitime butin de guerre.
La situation actuelle, faite d’un soulèvement massif, synchronisé, pacifique et mené dans une perspective de libération politique collective, procède du miracle historique. Le peuple qui manifeste est un peuple “reconstitué”, tant ses dirigeants l’avaient atomisé à grands renforts de manipulations, des dirigeants ravis de le voir réduit à une expression en miettes, par quartier, par village, par tribu, par région ou par secte, avant qu’il ne découvre, soudain et en masse, la réalité de son unité de destin et la vertu de son unité d’action.
Le groupe qui a pris le pouvoir au lendemain de l’indépendance politique a pu perpétuer son emprise jusqu’à aujourd’hui en se reproduisant sans se renouveler. Le système ainsi perpétué a basé sa stabilité sur un trépied qui n’a pas évolué, lui non plus : la répression, la corruption et le fractionnement du peuple sur des bases linguistique, régionaliste, identitaire et idéologique. L’accaparement de la rente étant au centre des enjeux politiques qui font mouvoir toutes sortes de factions. C’est d’ailleurs cela qui fait que l’Algérie n’a jamais bénéficié d’une projection, ou d’une délibération nationale, autour de son avenir. La dernière en date ayant eu lieu…en début de guerre de Libération, en 1956. Et ses principaux initiateurs et animateurs ont été décimés avant l’indépendance. L’enjeu n’a pas changé : maintenir cette capacité du système installé en 1962 à se substituer à la volonté collective. À la place de légitimité révolutionnaire obsolète, il a institué sa légitimité “démocratique”, un mécanisme qui emprunte la forme à la pratique démocratique mais qui assure au régime le contrôle du processus d’élection-désignation.
Le mouvement révolutionnaire ne s’est pas trompé d’enjeu en réclamant l’indépendance…du peuple. Mais au lieu de l’entendre, le régime recourt à ses classiques instruments d’étouffement de la société : la manipulation (de la sensibilité identitaire, en priorité), la plan de fragmentation du mouvement par l’injection d’initiatives parasitaires diverses, ainsi que l’escalade répressive qui, chaque vendredi et malgré le pacificisme des manifestants, franchit un nouveau pas… Peut-on continuer à priver les Algériens de leur indépendance, maintenant qu’ils ont recommencé à agir en peuple ? - musthammouche / *Liberté/ dimanche 07 juillet 2019

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A partir de ce 9 juillet 2019, la communauté internationale n’a plus aucun interlocuteur légitime en Algérie.

C’est une situation inédite qui risque d’avoir énormément de complications sur la vie courante des Algériens dans les jours à venir. Explications. 

Si pour l’heure, l’Algérie ne risque pas encore des sanctions internationales parce que les militaires ne se sont pas emparés du pouvoir politique de manière directe et brutale, il n’en demeure pas moins qu’elle a plongé officiellement dans le vide politique et constitutionnel avec la fin de la légitimité constitutionnelle d’Abdelkader Bensalah, le Président par intérim de l’Etat dont le mandat expire aujourd’hui 9 juillet. Il n’ y a donc plus aucune autorité civile légitime en Algérie puisque Bensalah ne peut guère renouveler son mandat comme il affirme dans ses discours.  Et le Conseil constitutionnel ne dispose d’aucun argument juridique pour justifier le maintien de Bensalah.

Cela signifie clairement quoi ? La communauté internationale ne peut traiter d’aucune question majeure avec une autorité illégitime du point de vue juridique en Algérie. Les diplomates et ambassadeurs étrangers ne peuvent plus remettre leurs lettres de créances à un Président qui n’est plus légitime constitutionnellement.

Les traités internationaux, les gros contrats internationaux et les échanges politiques de grande envergure sont tout bonnement compromis. Rien n’interdit à un investisseur étranger de conclure un marché en Algérie ou à un Etat étranger de nouer un accord avec l’Etat algérien, mais la légalité de ces actions sera discutée et débattue car ces accords ou projets peuvent être contestés très facilement au niveau du droit international et commercial.

Il faut savoir que tant qu’une institution morale est légitime tant que son mandat n’est pas encore expiré. C’est le cas, par exemple, du parlement algérien dont le mandat court jusqu’à 2022. Mais le gouvernement actuel et le chef de l’Etat n’ont plus aucune légitimité puisque leur mandat est officiellement clos. Le gouvernement algérien ne peut plus tenir des Conseils des ministres en l’absence d’une autorité présidentielle qui doit le présider et approuver ses décisions. Sans cette organisation très réglementée, toute décision ou loi adoptée sont caduques et non-avenues.

La communauté internationale est donc confronté au vide constitutionnel et politique en Algérie. Il est fort probable qu’elle commence à exercer des pressions sur le régime algérien pour sortir de cette impasse qui menace tout l’écosystème de la région du Maghreb.

Quant aux citoyens algériens, ils sont à partir d’aujourd’hui livrés à eux-mêmes et disposent de toute la latitude de ne pas reconnaître Bensalah et ses ministres. C’est une situation inédite qui est nettement plus compliquée que celle de 92 car aujourd’hui, il n’y a plus aucun mandat présidentiel auquel peuvent s’accrocher les autorités algériennes pour justifier leur « légalité » ou « légitimité ». Les conséquences économiques seront désastreuses puisqu’aucune instance internationale ne voudra risquer sa crédibilité en coopérant avec un appareil étatique dépourvu de toute représentativité politique.*Par Abdou Semmar /   algeriepart./ mardi 09 juillet 2019

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Le piège constitutionnel

 
** REDA BEKKAT – elwatan- mercredi 10 JUILLET 2019 

Depuis hier, le pays est entré dans une situation inédite au regard de la Constitution avec l’expiration de la période intérimaire de la présidence de l’Etat, assurée par Abdelkader Bensalah depuis la démission de Abdelaziz Bouteflika de la présidence de la République le 2 avril dernier.

Juristes ou personnalités politiques, les uns comme les autres parlent de «vide constitutionnel», voire  d’illégalité constitutionnelle pour évoquer et expliquer la situation dans laquelle se retrouve l’Exécutif aujourd’hui. Cet inédit ou cette lacune dans la Loi fondamentale vient rappeler encore une fois que l’on n’est pas encore sorti de la structure du pouvoir autoritaire mis en place depuis l’indépendance.

Et que, surtout, l’équilibre des pouvoirs reste encore une vue de l’esprit que la Constitution algérienne ignore 57 ans après. Hormis la parenthèse historique de son élaboration inachevée entre 1962 et 1964 pour être aussitôt mis sous le boisseau, le texte fondamental, rédigé plus tard en 1976 et en 1989 et révisé plusieurs fois, sera lui aussi confronté à des situations inédites.

Une fois par le décès du président de la République en plein mandat, par exemple, une autre par la démission du chef de l’Etat conjuguée au vide institutionnel causé par la dissolution de l’organe législatif, etc.

Autant de situations inédites qui n’étaient pas «prévues» dans la Loi fondamentale tant que celle-ci -– exception faite pour celle de 1996, sous la présidence de Liamine Zéroual et qui en limitait à deux le nombre de mandats présidentiels successifs – répond à une logique de monopole politique d’exercice du pouvoir se situant à l’opposé de toute alternance.

Le comble étant atteint dans celle actuellement en vigueur et rendant possible avant le 2 avril dernier l’aberration d’une présidence à vie pour Bouteflika ! Difficile d’éviter la crise politique dans de telles conditions.

Une crise qui en a dévoilé, à la manière de ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres, d’autres encore plus spectaculaires d’ordre institutionnel, de gouvernance, etc.

Mettant à nu par là même les graves dérives dans le fonctionnement des institutions, loin de toute morale ou de toute éthique, la corruption est érigée en pratique systémique dans la gestion des affaires publiques.

D’où le caractère multidimensionnel de la crise que l’on traverse et que le mouvement citoyen a bien su mettre en évidence au fil des marches populaires depuis le 22 février dernier.

Dans ces conditions, on peut supposer aujourd’hui qu’il était illusoire de chercher une sortie de crise exclusivement par la voie constitutionnelle, tant le Texte fondamental a malheureusement connu de multiples avatars qui ont conduit à la situation dans laquelle se trouve actuellement le pays.

Il importe donc aux détenteurs du pouvoir réel d’envisager une issue politique dans le respect des dispositions de la Loi fondamentale qui réponde aux attentes du mouvement citoyen.

Au préalable, des mesures d’apaisement, comme la libération des manifestants, la fin du harcèlement judiciaire contre les médias et les militants des droits de l’homme ou des cyber-activistes, sont autant de gestes forts qui contribuent à la sérénité et au climat d’apaisement. Le tout associé à un fonctionnement transparent et réellement indépendant de la justice dans la lutte contre la corruption.*** REDA BEKKAT – elwatan- mercredi 10 JUILLET 2019 

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Lettres aux dirigeants algériens :

*Cédez votre place aux jeunes !

Les jeunes nés dans l’Algérie indépendante, écrasante majorité de la population sont-ils les fruits amers du repos du guerrier ou les bâtisseurs de l’Algérie d’aujourd’hui et de demain ?

Le discours nationaliste paternaliste faussement moralisateur en direction du jeune n’a plus de prise, celui qui consiste à lui dire : « Ne te demandes pas ce que le pays a fait pour toi mais demandes toi ce tu peux faire pour le pays ». Que vaut cet adage lorsque dans son propre pays, il ne peut ni travailler, ni se loger, ni fonder un foyer, ni se soigner, ni voter librement, ni exprimer son opinion, ni même circuler dans la rue à sa guise.

Pas grand-chose. Comme si on lui reprochait de n’avoir pas participé à la guerre de libération et donc il n’a pas droit au partage du butin de guerre d’où ce cri désespéré des jeunes : « gardez votre butin, emportez le dans vos tombes mais de grâce, donnez-nous du travail, et si vous en êtes incapables, ayez la décence de libérer la place. Nous les jeunes, à force de nous intéresser au football et non à vos combines, nous savons qu’un bon joueur se retire au bon moment, quand il accomplit un grand exploit, c’est à dire avant que ses propres supporters ne le sifflent.

Cela est valable en sport, qu’en est-il en politique ? Pourtant l’exploit restera un souvenir gravé à tout jamais dans la mémoire collective. D’un autre point de vue, vous savez pertinemment que le travail éloigne de nous trois maux : l’ennui, le vice et le besoin. La jeunesse a besoin d’espace et la vieillesse de temps.

Or il ne reste plus beaucoup de à vivre et nous n’avons plus d’espace de liberté pour nous épanouir. Vous n’ignorez certainement pas ce proverbe qui dit les hommes publics sont comme les filles publiques incapables de prendre leur retraite à temps ». En nous condamnant à vivre sans emplois permanents productifs, vous nous livrez corps et âme à la drogue, à la délinquance et à la prostitution et le pays au pillage de ses ressources naturelles non renouvelables par les puissances étrangères. Vous êtes nos aînés, nous vous aimons ; nous n’irons pas « cracher sur vos tombes ». Avant de servir notre patrie, nous devons servir nos parents. Bons ou mauvais, vous êtes nos parents biologiques.

Belle ou moche, L’Algérie est notre mère patrie. Elle n’est pas blonde, elle n’a pas les yeux bleus, La France qui vous fascine, nous ne l’avons pas connu, elle n’est pas notre mère adoptive. Et « Ce n’est pas parce que notre mère biologique est tatouée au front qu’elle n’est pas notre mère. Il est vrai qu’elle ne porte de jupe mais elle a sur sa tête un foulard qui la rend encore plus belle à nos yeux.  Elle est vivante dans nos cœurs. Nous ne venons pas d’une autre planète. Nous sommes issus de vous, nous n’avons pas de parents adoptifs, Les parents sont sacrés dans notre religion. Enfants, vous nous avez appris le coran sur le bout des doigts sans nous avoir appris à compter jusqu’à trois, (appel à la mémoire et non au développement de l’intelligence).

Alors, de grâce arrêtez de célébrer les dates, arrêtez de célébrer l’histoire, arrêtez de célébrer les morts, la jeunesse sait que la mort ne peut pas enfanter la vie. Vous nous avez instruits, formés, délivrés des diplômes pour nous retrouver à la force de l’âge adossés aux murs dans des cités dortoirs ou finir dans le ventre des poissons de la Méditerranée et servis dans votre assiette dorée. Quel festin macabre ! Sur un autre plan à quoi bon réviser une Constitution dans laquelle les gouvernants nagent comme des poissons dans l’eau d’autant plus qu’il est plus facile de nager dans de l’eau sale que dans de l’eau propre ». D’ailleurs qui pourra prétendre laver l’eau sale ? La génération qui a libéré le pays a épuisé son capital de sympathie, elle est devenue par la force des choses l’obstacle principal du développement et de la démocratie. Cette génération est discréditée moralement et professionnellement. En dehors des ressources pétrolières et gazières, elle ne peut point gouverner. Elle tient au pouvoir que lui confèrent les recettes du pétrole comme elle tient à la vie.

Elle manque d’ouverture d’esprit et de maturité affective. Au crépuscule de sa vie, elle est dans l’incapacité physique et mentale de céder pacifiquement à la génération de l’indépendance le pouvoir de disposer de leur pays. Une tête bien blanche ne fait pas nécessairement une tête bien saine et encore moins bien pleine. « La valeur n’attend point le nombre des années » dit-on. Les jeunes n’ont pas de pays de rechange, ni passeport diplomatique, ni comptes à l’étranger. Ils vivent, étudient, se soignent en Algérie. Ils souffrent en silence. Ils n’ont que leurs bras pour travailler, leur cerveau pour réfléchir et leur foi en Dieu pour survivre, la paix dans l’âme et l’esprit en éveil. Un pays qui leur a été confisqué par leurs aînés. Des ainés qui ont pour certains la patrie libérée dans leurs poches trouées, alors que les jeunes dans leur grande majorité ont le pays en détresse profondément ancré dans leurs cœurs meurtris. Antoine de Saint-Exupéry disait « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ». L’Algérie appartient à toutes les générations, les hommes sont mortels, nul n’en a la propriété exclusive et encore moins éternelle.

L’Etat post colonial a fait la preuve de son inefficacité dans la conduite du développement, par la dilapidation des ressources rares (énergie fossile, terres agricoles, force de travail, etc…), la démobilisation de la population et la fragilisation des institutions minées par la corruption et le népotisme. L’Etat en Algérie est à réinventer. « Quand dans l’œuf, le poussin arrive à maturité, s’il veut vivre, il doit briser la coquille. Or les jeunes veulent vivre. Evidemment la coquille résiste mais le poussin s’agite depuis longtemps mais il naîtra… ». Et il naîtra sur ses deux pattes. Il marche avec ses deux pieds (la fille et le garçon, l’étudiant et l’analphabète, le chômeur et le travailleur) et non sur son ventre en rampant (comme ce fût le cas de leurs aînés sur une très longue période).. Il est né un certain 22 février 2019. Il ne cesse de marcher contre vents et mares. C’est une bénédiction divine. Le monde ne cesse de s’interroger sans trouver une réponse plausible. Nul ne peut s’opposer à la marche de l’histoire, ni la force, ni la ruse, ni l’argent, ni la convergence d’intérêts matériels des grandes puissances Ils sont éphémères. Les civilisations sont mortelles.

Le Hirak est sorti des stades ayant longtemps servi de réceptacles des frustrations et des humiliations des jeunes désespérés poussés à la drogue et au suicide et non des bureaux climatisés et des salons feutrés des élites se qualifiant de militantes et se donnant le titre honorifique d’intellectuelles discourant autour d’un thé à la menthe agrémenté de petits fours faits maison. « Mangeant avec le loup et pleurant avec le berger ». Il est vrai que nous sommes tous intéressés par la « zerda » mais personne n’est concerné par une « touiza » (échange d’idées ou entraide sociale).

 *Par Abdelkader Boumezrag - publié dans algeriepart- mardi 09 juillet 2019

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*Marches de solidarité avec les détenus d’opinion :

«Vous avez le tribunal de Sidi M’hamed, nous avons le tribunal de l’histoire»

L’affaire des détenus d’opinion injustement mis sous mandat de dépôt continue à provoquer de nombreuses réactions d’indignation, suscitant aussi de formidables actions de solidarité au sein de la population. Ainsi, dans la matinée d’hier, à Ighzer Amokrane, dans la commune d’Ouzellaguen (wilaya de Béjaïa), une marche a été organisée à l’appel du Collectif des citoyens d’Awzellaguen (CCA).

Cette action a été initiée pour exiger «la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus d’opinion, l’arrêt de toutes les procédures et les poursuites judiciaires engagées contre ces derniers» et pour «dénoncer la campagne de dénigrement à l’égard des symboles de la Révolution algérienne 1954-1962», souligne l’appel du CCA. Outre la marche, une grève générale devait être observée «de 8h à 12h».

Le CCA a exhorté cependant «les transporteurs de lignes, secteur de la santé et les pharmacies à assurer leurs services». Il convient de souligner que deux citoyens issus de la commune d’Ouzellaguen figurent parmi la quarantaine de détenus d’opinion actuellement incarcérés. Il s’agit de Khaled Oudihat dit Tahar, arrêté le 21 juin à Alger, et de Yazid Kasmi, «arrêté devant le commissariat central, à Alger, lors du 20e vendredi du 5 juillet 2019», précise le CCA dans une alerte donnée sur sa page Facebook. Yazid a été lui aussi «placé sous mandat de dépôt par le tribunal de Sidi M’hamed et transféré à la prison d’El Harrach», selon la même source.

«Y en a marre de ce pouvoir !»

L’itinéraire tracé pour la marche d’hier, à Ighzer Amokrane, partait du marché communal pour arriver au Carré des martyrs, dans l’enceinte municipale, son point de chute, où sont enterrées les victimes du Printemps noir. Sur des images diffusées par notre ami Hocine Boumedjane, responsable du CDDH (Centre de documentation sur les droits de l’homme) de Béjaïa et animateur du Comité de défense et de sauvegarde des libertés (CDSL) qui a participé à la marche, on pouvait voir des femmes et des hommes, des jeunes, des moins jeunes défiler sous un soleil de plomb pour exiger la libération des détenus.

Une large banderole déployée par les manifestants déclinait ce slogan incisif : «Ouzellaguen, commune du Congrès de la Soummam. Vous avez le tribunal de Sidi M’hamed, nous avons le tribunal de l’Histoire.» Sur ces mêmes images partagées sur Facebook, un jeune au premier rang brandit cette pancarte : «Libérez mon frère Yazid Kasmi.» On peut lire : «Libérez mon frère Tahar Oudihat», sur une autre pancarte.

D’après un live Facebook effectué par Hocine Boumedjane, on entend clairement les manifestants scander à l’unisson : «Y en a marre de ce pouvoir !», «Imazighen, anrrez walaneknou» (On se brise mais on ne s’agenouille pas), «Pouvoir assassin», «Pouvoir criminel», «Libérez les détenus», «Ulac smah ulac» (Pas de pardon). Les manifestants ont copieusement conspué le chef d’état-major de l’ANP aux cris de «Gaïd Salah dégage !»… Selon un compte-rendu du site Béjaïa News (www.bejaia06.com), la manif’ a été «rehaussée par la présence de Nadia Matoub».

Ighzer Amokrane avait organisé, pour rappel, une première marche le 24 juin dernier, suite à la première vague d’arrestations, celle du 18e vendredi, le 21 juin, à Alger, et qui s’est soldée par l’interpellation et la mise sous mandat de dépôt de 18 manifestants pour port du drapeau amazigh. Dans la foulée, des marches de protestation, des sit-in et des rassemblements ont été observés dans plusieurs autres villes, à l’instar de Tigzirt, Aïn El Hammam, Naciria, Bouira, Haïzer… Aujourd’hui, mardi 9 juillet, une autre marche est annoncée à Tizi Ouzou à l’appel des élus RCD de l’APW de Tizi «pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de Samira Messouci et de tous des détenus d’opinion et l’arrêt des poursuites judiciaires» à leur encontre. Un sit-in est prévu devant le siège de la wilaya à partir de 10h et sera suivi d’une marche vers la cour de justice de Tizi Ouzou, selon l’appel des élus APW du RCD. Le mercredi, un rassemblement de solidarité avec les détenus sera organisé, cette fois, devant la cour d’Alger, à Ruisseau, à partir de 9h. Pour le jeudi 11 juillet, l’Ordre régional des avocats de Béjaïa annonce un boycott des activités judiciaires et une marche des robes noires à Alger.

Enfin, à retenir qu’une autre marche est programmée, ce jeudi, à Tigzirt, pour exiger la libération de l’un des fils de la région, Amar Acherfouche, arrêté le 5 juillet dernier, et de tous les prisonniers politiques. La procession démarrera de la place des Martyrs (cinéma Mizrana), à 10h30, et se déploiera jusqu’au tribunal de Tigzirt où un sit-in de protestation sera observé. L’appel diffusé pour cette action se termine par ces mots : «Aujourd’hui, c’est eux ; demain, c’est moi.» Soyons nombreux !

MUSTAPHA BENFODIL -  elwatan- mardi 09 juillet 2019

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On ne peut pas aller aux élections avec Djeha

Pour résoudre la crise politique que vit le pays, il y a deux offres sur la table. La première cherche à trouver un compromis avec l’Etat-Major qui est prêt à accepter une réforme dans le régime et un changement de personnel politique.

Parmi les personnes qui soutiennent cette perspective, il y a des gens sincères qui pensent qu’on ne peut pas éliminer du jour au lendemain l’armée du champ politique parce qu’elle est la garante de l’unité nationale et de la stabilité du pays. Il y a malheureusement aussi beaucoup d’opportunistes qui y voient l’occasion d’être ministre, ambassadeur, sénateur, député, wali, etc.

L’autre offre insiste sur un changement radical pour construire un nouveau régime où l’armée est une institution dépendant des autorités civiles à légitimité électorale. Dans ce camp, il y a aussi des opportunistes qui cherchent des places, mais c’est la perspective qui traduit le mieux la revendication populaire yetnahaw ga3.

Je ferais deux remarques. Première remarque, le clivage sur la sortie de crise traverse aussi l’armée. L’aile dure des généraux soutient la première offre, mais il y a des officiers supérieurs qui veulent un changement parce qu’ils sont blessés d’entendre que le grade de général est synonyme de voleur et d’assassin. Si l’Etat Major n’a pas lancé les chars contre les manifestants, c’est parce qu’il sait que la mesure ne ferait pas l’unanimité dans l’armée.

Si la protestation populaire du vendredi continue, l’aile dure des généraux changera sa position pour accepter les revendications de la population.

Deuxième remarque, toute élection organisée en Algérie sera truquée si le DRS, la police politique de l’EM, n’est pas dissoute. En contrôlant la chaîne du processus de vote, du bureau de vote au ministère de l’intérieur, avec l’aide de la gendarmerie et de la DGSN, le DRS fera élire qui il veut. Les conditions institutionnelles pour des élections libres ne sont pas réunies. A ce jour, l’EM n’a montré aucune volonté réelle de réunir ces conditions. Le peuple a bien compris cet obstacle et il veut l’enlever avant d’aller vers les élections. Un vieil oranais m’a dit : on ne peut pas aller aux élections avec Djeha.

Par Lahaouri Addi – contribution publiée dans algeriepart./ samedi 06 juillet 2019

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Décryptage. Mouvement du 22 février.

Des Algériens conscients, pacifiques et « civilisés » 

Il est des évènements improbables mais qu’on croit largement prévisibles une fois survenus. Des évènements qui engagent de façon systémique le cours d’un pays ou d’une région. Surtout des évènements qui font retourner le cours de l’histoire ou de la logique du moment. Ceci s’appelle un black Swan (cygne noir) chez les probabilistes. Le mouvement du 22 Avril 2019 en est-il un? Ou au contraire était-il prévisible?

Ce qui est intéressant est d’aller dans ses origines pour mieux le comprendre car il signale ce décalage éternel chez Rousseau dans le contrat social qui est la distance entre la force des choses et la force de la législation. En effet, c’est ce qui fait les ruptures des masses dans tout pays quand les institutions sont dépassées par la réalité des rapports de pouvoir dans la société et plus particulièrement dans la famille.

La famille Algérienne a connu justement des mutations profondes durant , d’abord, le pouvoir des grands parents sur la friterie et les enfants de 2eme génération, avant les années 90, vers des familles patriarcales mais nucléaires et restreintes ou l’espace familiale est réduit au père avec ses missions économiques et sécuritaires sur l’épouse et les enfants. C’est durant les années 2000 que la mutation s’est accélérée de façon qualitative en chamboulant les rapports de pouvoir au sein de ces structures et au-delà dans la société Algérienne.

Ces années ont vu le rôle de la femme s’agrandir à la faveur de la politique de l’offre effrénée du gouvernement entamée dès 2004, de la généralisation de l’habitat urbain et la fin des villes périphériques ou des villes-bourgades accolées désormais aux villes chefs-lieux des départements. L’appartement dans les immeubles bâtiments est le nouvelle espace de la famille restreinte ou va se jouer la fin d’un modèle de pouvoir et la naissance de rapports entre parents, parent/enfants, garçons/filles,….même enfants/maitres ou maitresses d’écoles à l’échelle du quartier.

De nouvelles mœurs urbaines accompagnées d’un sur classement massif dans l’échelon social venait de commencer pour créer une classe moyenne avec des modes de consommation désormais rationnels et qui épousent la complexité du monde qui nous entoure. Une classe moyenne ou le rôle sécuritaire est grappillé par les épouses qui n’hésitent pas à aller chercher les enfants à l’école ou au club du coin pour les protéger des faits divers retentissants de ces dernières années. Une femme associée à part égale quand elle est source de revenus aux décisions importantes comme les acquisitions familiales en logement ou investissement. Nous somme alors passé vers un modèle latéral latent ou tacite consacrant un équilibre du pouvoir.

En parallèle, cet essor économique permet à la progéniture de consommer ce qui était facultatif avant et abstrait à l’œil nu comme l’art, le loisir, le voyage et les nouvelles technologies. Dans ce sens et sous une approche Khaldounienne des modes de consommation au Maghreb, la Ballerine d’Alger, symbole de ce mouvement, est aussi le symbole de ce saut culturel d’une jeunesse qui ne reproduira pas de violence et d’arbitraire du patriarcat.

D’où le caractère pacifique, subtil, studieux et durable de ces manifestations car la nouvelle génération n’est plus dans la reproduction du patriarcat et sa violence mais dans la pérennisation de nouveaux rapports de pouvoir tendant vers plus d’égalité et le dialogue. Désormais le décalage entre les institutions est consommé à partir du moment où le coup de force eu été tenté pour réélire un président sans sens et de manière autoritaire.

Il n’est pas seulement né de cet acte du régime mais aussi des inquiétudes de ces classes moyennes d’un déclassement lié au virage budgétaire du gouvernement entamé dès 2015. Dans ce sillage, leur consommation en produits importés ou corrélés directement à la valeur de change du Dinar s’est retrouvée rétrécie. Une érosion du pouvoir d’achat amplifiée par l’inflation galopante suite à l’assouplissement monétaire de la banque d’Algérie.

Enfin, devant cette contradiction, l’armée doit comprendre que cette spécificité sociologique et éminemment politique est fondatrice de ce qui doit changer demain. En l’espèce, admettre que le début de tout rapprochement avec le peuple doit intégrer l’idée que le patriarcat est derrière l’Algérie. Le challenge est aujourd’hui de trouver d’autres modes et pédagogies de gouvernement

Par Khelil Ferhani -  publié dans algeriepart./ samedi 06 juillet 2019

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Pourquoi de nouvelles élections ne risquent pas de résoudre les problèmes en Algérie

Les élections n’ont jamais été ni le printemps des démocraties ni l’hiver des dictatures. Elles ne font que plébisciter des choix faits ailleurs. Dans un système dominé par la rente et par l’armée, « on rentre propre, on sort sale ».

Qui n’a pas été fourvoyée par le système ? C’est la règle, il n’y a pas d’exception. Tous ont vécu de la ponction sur la rente et ont obéi aux ordres. Une personnalité politique connue chargée d’organiser des « élections propres et honnêtes » aurait déclaré un jour nous avons été les « harkis du système ». Le système est corrupteur dans son essence. Sa façade est en faïence en carton-pâte mais l’édifice est en béton « armé ». Il repose sur des fondations antisismiques devant survivre « aux évènements et aux hommes ».

Un système qui place les intérêts des clans au pouvoir au-dessus de la nation. La nation devant s’identifier à son Etat, elle doit le subir. Pour les jeunes âgés de moins de trente ans n’ayant pas vécu les affres de la colonisation, les drames de la guerre civile, et les délices des années fric de la corruption, représentant plus de la moitié de la population, le système n’est rien d’autre qu’une bâtisse en ruine qui risque de s’écrouler à tout moment sur eux. Ils veulent la démolir et reconstruire une nouvelle république conforme à leur propre logiciel. Un changement radical, « tetnahaw gaâ ». Le patriarcat a fait son temps.

Le matriarcat est en gestation. Les femmes ont investi massivement le marché de l’emploi, elles marchent côte à côte avec l’homme. Elles scandent les mêmes slogans dans l’unité et dans l’action. Leur arme de destruction des dictatures est la non-violence. Face au pacifisme des citoyens, le pouvoir est désarmé. Ses forces de répression ne lui sont d’aucune utilité. Ses services de renseignements inopérants, Ses laboratoires désuets.

Une révolution est en marche pour un monde nouveau, fait de fraternité, de paix et de prospérité. Les jeunes ne veulent plus finir dans le ventre des poissons de la méditerranée, ils ont décidé de se débarrasser de ce poison qu’on appelle système qui les répriment, les oppriment, les empêchent de respirer et de vivre dans un pays qui est le leur pays où il fera bon de vivre. Leurs aînés n’ont fait que plébiscité des choix décidés ailleurs pour rentrer dans les grâces de l’occident, leur maître à penser. Ils ont tourné le dos à leur peuple considéré comme un éternel immature. « Il n’y a pas de plus aliéné qu’un cerveau colonisé ».

Les élections sont destinées en fait à masquer la nature véritable des régimes autocratiques au regard de l’étranger qui n’est pas dupe. Un curé aurait dit à ses paroissiens : « si ma soutane était en bronze, vous entendrez sonner les cloches ». Le peuple non plus n’est pas dupe, il sait que dans une école, les morts « votent ! » ; par contre dans la rue, seuls les vivants « votent ! », La participation massive aux marches de vendredi est un referendum à ciel ouvert pour dire « système basta ».

Les élections ne sont en vérité que des cravates portées par des hommes en djellaba. L’une est formelle, l’autre est fondamentale. Les dirigeants arabes portent des djellabas plus amples pour se mouvoir et plus simple à revêtir qu’un costume de trois pièces indépendantes : le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

La cravate sur la djellaba, cela fait folklore, un folklore de mauvais goût. Si la djellaba cache les difformités, le costume les met en relief. De la modernité, nous n’avons retenu que les apparences et de l’islam que le rituel. « L’occident vit sur des mensonges, l’orient dort sur des vérités ». Pour les occidentaux « Deux heures de justice d’un infidèle valent mieux qu’un an de tyrannie en terre d’islam ». Pour les orientaux « Le monde est un jardin dont la clôture est l’Etat. L’Etat est un gouvernement dont la tête est le prince, Le prince est un berger qui est assisté par l’armée. L’armée est faîte d’auxiliaires entretenus par l’argent. L’argent est le moyen de subsistance fourni par les sujets. Les sujets sont les esclaves qu’asservit la justice. La justice est le lien par lequel se maintient l’équilibre du monde ». L’armée est au service et obéit à celui qui la finance. L’Algérie ne vit que grâce aux revenus pétroliers et gaziers. Qui s’approprie les gisements décide de l’affectation des revenus. Ils sont la propriété de l’Etat et non de la nation.

 **Par Dr A. Boumezrag./ publié dans algeriepart./ dimanche 07 juillet 2019

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*la présidentielle comme moyen de sortie de crise

Les partisans du dialogue posent leurs conditions 

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Les participants au Forum pour le dialogue national ne rejettent pas la dernière offre du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah. Mais ils conditionnent ce processus par la satisfaction d’un certain nombre de préalables, tels que la libération des détenus d’opinion, dont le moudjahid Lakhdar Bouregaâ, et la levée de toutes les pressions sur le mouvement populaire et sur les médias publics notamment.

Les intervenants, dont certains ont relevé des «points positifs» dans le dernier discours du chef de l’Etat, insistent, en effet, sur la nécessité de voir le pouvoir donner des gages de sa bonne volonté, en plus de son engagement à ne pas chapeauter le dialogue prôné. «La sortie de cette impasse politique passe par la mise en place de mesures devant réinstaurer la confiance et préparer le climat nécessaire au dialogue.

Ces mesures doivent porter sur la reconnaissance des revendications légitimes du mouvement populaire, la mise à l’écart des symboles de l’ancien régime, l’ouverture du champ politique et médiatique avec la levée de toutes les contraintes», lit-on dans le document préparé par les initiateurs. Le texte énumère aussi d’autres mesures importantes, dont la sécurisation des marches populaires et la cessation du harcèlement des manifestants, le respect des libertés individuelles et collectives, l’arrêt des interpellations et le respect du principe de la justice libre et indépendante. Les participants au Forum insistent aussi sur la nécessité de mettre en place un gouvernement de compétences nationales et la mise à l’écart du personnel politique impliqué dans des affaires de corruption ou qui a soutenu le 5e mandat du président déchu, Abdelaziz Bouteflika.

Beaucoup d’absences

Première étape d’un long processus qui vise, selon les organisateurs, à rapprocher les points de vue de tous les acteurs, ce Forum s’est tenu sans la présence de nombreux acteurs et de personnalités nationales. Outre les forces de l’alternative démocratique, qui ont décliné l’invitation, aucune des personnalités annoncées n’a pris part au rendez-vous. Seul Ahmed Taleb Ibrahimi a, selon Abdelaziz Rahabi, coordinateur de l’instance de préparation de ce Forum, envoyé un message pour s’excuser. Les dynamiques de la société civile qui ont adopté, le 15 juin dernier, leur plateforme de sortie de crise, ont été représentées par Sadek Dziri, secrétaire général de l’Unpef. Mais sa présence à la conférence n’avait pas pour but de faire partie de la feuille de route proposée hier.

Car la société civile veut aller vers une «conférence nationale unitaire et consensuelle regroupant toutes les sensibilités politiques, notamment, de toutes les mouvances des partis politiques et de la société civile». Présent à la conférence en tant qu’invité, le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, a présenté la proposition de sa formation pour «un changement profond politique et institutionnel»«En tant que société politique, nous sommes interpellés pour respecter la volonté populaire et la traduire en propositions concrètes devant offrir au pays paix, sécurité et développement. Le fondement d’une telle solution est la légitimité populaire dont devra se revêtir tout responsable politique et dont l’action devra être encadrée par des institutions démocratiques, dont les pouvoirs sont limités et équilibrés», explique-t-il.

Les réformes après la présidentielle

«Après l’élection présidentielle, un processus constituant devra être mis en route de manière inclusive pour enfin aboutir à une Constitution de la nouvelle Algérie», souligne Djilali Soufiane. C’est ce que pense d’ailleurs la majorité des participants pour qui «la priorité est le dialogue et l’entente sur la date de la tenue d’une présidentielle libre et transparente». «Notre premier devoir est de contribuer à hâter le règlement de la crise actuelle en aidant à l’identification de la voie la moins longue, la moins risquée et la moins coûteuse pour le pays politiquement, sécuritairement, économiquement et socialement», affirme, pour sa part, Ali Benflis, président du parti Talaie El Hourriyet. Selon lui, le plus important pour l’instant est de «remplacer les points de divergence par des points de convergence»«(…) Toutes les lignes de clivage ou de fracture et tous les points de divergence à propos de la transition, du changement de régime, de la présidentielle ou de la Constituante me semblent relever plus d’une hiérarchisation des priorités que de problématiques de fond», indique-t-il, précisant que «les grandes nations se sont construites par de grands compromis historiques».

De son côté, le président du MSP, Abderrezak Makri, estime que «ce qui peut préserver les acquis du  hirak est une véritable transition démocratique et mettre en place des institutions fortes et crédibles». Le leader du MSP soutient toutefois l’idée de la Constituante, estimant que «la révision profonde de la Constitution interviendra après la présidentielle». Pour lever toute équivoque sur la conférence, Abdelaziz Rahabi a tenu à préciser que les frais de son organisation ont été entièrement assumés par les participants. ** MADJID MAKEDHI - elwatan-  dimanche 07 juillet 2019

 **Ils ont dit :
*Soufiane Djilali, président de Jil Jadid : «Le régime doit négocier son départ»

«(… ) Il est une évidence pour tous que cette révolution pacifique doit aboutir à travers un dialogue sérieux et fertile entre le pouvoir et la société politique. Pour sa réussite, il est nécessaire d’avancer des gages de bonne volonté, de s’entendre sur une feuille de route et d’aller résolument vers la mise en forme des garanties négociées. Si le pouvoir actuel est sincère dans sa volonté d’aider au changement exigé par le peuple, tel qu’il le proclame, il doit remettre en liberté tous les détenus d’opinion. Il n’est pas possible de dialoguer alors que des jeunes et des moudjahidine sont en prison pour avoir participé à une manifestation, avoir arboré l’emblème amazigh ou même avoir critiqué les dirigeants du pays. Un tel pas est un préalable qui favorisera, à n’en pas douter, la mise en forme du dialogue. Dans tous les cas de figure, il n’y a aujourd’hui, pour les tenants du régime, plus qu’une seule issue : organiser la passation de pouvoir au peuple. Toute autre manœuvre aboutira à une situation inextricable. Le régime doit négocier son départ et non pas son maintien (…).»

*Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet : «L’impasse ne peut être surmontée que par un dialogue serein»

«(…) L’impasse politico-constitutionnelle ne peut être surmontée que par un dialogue national serein, crédible et confiant (…). Il s’agit d’un dialogue mis hors de portée des institutions politiques discréditées et placées sous l’égide de personnalités nationales jouissant du respect, de l’acceptation et de la confiance les plus larges. Il s’agit d’un dialogue qui place au premier rang de son ordre du jour la création de conditions politiques les plus favorables à la tenue du scrutin présidentiel. Il s’agit, aussi, d’un dialogue dont l’ordre du jour consistera à réunir les conditions institutionnelles de l’élection présidentielle, notamment par la mise en place d’une autorité électorale investie de l’intégralité des missions de préparation, d’organisation et de contrôle de cette élection. Il s’agit, en outre, d’un dialogue devant conduire à l’amendement du régime électoral dans toutes ses dispositions se rapportant à l’élection présidentielle. Il s’agit, enfin, d’un dialogue devant convenir d’un délai raisonnable et acceptable pour la tenue de l’élection présidentielle (…). Le message à la nation du 3 juillet (…) a présenté une base certes encore incomplète, sur laquelle il est possible d’envisager une sortie de l’impasse actuelle (…).»

*Abderrezak Makri, président du MSP : «L’appel au dialogue est à saluer»

«(…) Le dialogue permanent entre les partis politiques, les personnalités nationales et la société civile a permis de rapprocher les visions des uns et des autres. La majorité des dynamiques véritablement représentatives est convaincue que la consécration de la démocratie et la mise en place de profondes réformes constitutionnelles interviendront après la tenue d’une élection présidentielle, dont l’échéance devrait être raisonnable et proche. La désignation d’une Constituante pour la refondation de l’Etat est impensable et antidémocratique, alors que les longues périodes de transition ont abouti, dans la majorité des cas, à la désintégration. Aujourd’hui, tout le monde est favorable au respect du cadre constitutionnel, à condition de mettre en place des dispositions politiques de nature à concrétiser la volonté populaire (…) L’appel au dialogue est, en soi, à saluer. La non-fixation d’une date pour la prochaine élection présidentielle constitue un pas positif. Il est aussi encouragent de vouloir faire appel à des personnalités crédibles. En revanche, ceci ne peut être porteur de sérénité que si le chef de l’Etat jouit de la crédibilité, demeure convaincu de la démocratie et n’est pas impliqué dans la corruption et la fraude électorale.»

*Abdallah Djaballah, président du FJD : «Il faut des mesures d’apaisement»

«Nous devons nous entendre sur une vision commune pour la réalisation des revendications légitimes du peuple algérien. Il faut aller vers un dialogue qui garantirait des élections propres et transparentes. Le dialogue ne passe pas seulement par la création d’une instance de surveillance des élections, mais doit aussi concerner toutes les thématiques liées à l’activation de l’article 7 de la Constitution. Ceci dit, avant de s’engager dans tout processus de dialogue, il faut des mesures d’apaisement. Le peuple veut des preuves de bonne foi des décideurs. A ce titre, il faut restaurer la confiance à travers la libération des détenus d’opinion.»

*Sadek Dziri, représentant des dynamiques de la société civile : «Il faut un climat politique approprié»

«Les dynamiques de la société civile condamnent fermement la politique de répression et les arrestations, qui ont touché les militants et les acteurs du mouvement populaire pacifique, et la politique de harcèlement et de pression sur la liberté systématique du peuple algérien. Voilà pourquoi nous lançons un appel urgent à la libération des prisonniers d’opinion et des militants du mouvement populaire, l’arrêt des arrestations et des poursuites judiciaires à leur encontre. Nous insistons sur le caractère inévitable d’un climat politique approprié pour assurer l’exercice du dialogue en prenant des mesures d’apaisement afin d’établir la confiance dans le cœur des citoyens et d’assurer leur implication effective dans cette voie nationale.»

Propos recueillis par Hocine Lamriben

***********Les acteurs politiques et les représentants de la société civile et des syndicats présents ont signifié hier leur opposition à un dialogue “inclusif” tel que souhaité par le pouvoir en place. 

*Les participants au Forum national pour le dialogue, réunis hier à Aïn-Benian, à l’ouest d’Alger, ont clairement rejeté la feuille de route proposée par le pouvoir en place pour sortir le pays de la crise politique dans laquelle il s’est enlisé. Dans leurs recommandations rendues publiques à l’issue de la rencontre, les acteurs politiques et les représentants de la société civile et des syndicats présents ont, en effet, signifié leur opposition à un dialogue “inclusif” tel que souhaité par les autorités, rejetant ainsi la participation au dialogue et à la préparation de la présidentielle de toutes les forces politiques et des personnalités nationales ayant soutenu le 5e mandat ou la prolongation du 4e mandat de Bouteflika et celles impliquées dans des affaires de corruption. Les membres du forum ont même fait du départ de tous les symboles du système en place un préalable et réclamé leur remplacement par des “personnalités consensuelles”. Les animateurs du forum ont, d’ailleurs, exigé que le dialogue national envisagé soit conduit par une “commission consensuelle et indépendante”. Sans les citer nommément, les participants au forum exigent donc la mise à l’écart du processus politique à mettre en œuvre du chef de l’État, Abdelkader Bensalah, et du Premier ministre, Noureddine Bedoui. Parmi les six recommandations retenues par les acteurs du forum figure ainsi la nomination d’un gouvernement composé de “compétences nationales” qui sera chargé de préparer une élection présidentielle “libre et transparente” à même de permettre au peuple algérien d’“exprimer son point de vue en toute liberté dans des délais acceptables”. Autre point d’accord entre les animateurs du Forum national pour le dialogue, la question de la mise en place d’une commission nationale technique qui sera chargée d’élaborer le cadre législatif pour l’instance nationale indépendante pour l’organisation et la supervision de l’élection présidentielle. Les participants ont expliqué que cette feuille de route sera soumise au débat national pour enrichissement, mais aussi au pouvoir en place “comme base de travail pour un dialogue national souverain” et aux personnalités nationales intéressées par la recherche de solutions à la crise que vit le pays. Ils ont, par ailleurs, évoqué le rôle que doit jouer l’Armée nationale populaire dans ce processus de sortie de crise, insistant notamment sur l’engagement pris, et à maintes reprises, par le commandement de l’armée quant à l’accompagnement du mouvement populaire dans la concrétisation de ses aspirations. La feuille de route ainsi présentée tranche d’une certaine façon avec l’approche proposée par le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, pour une sortie de crise. Dans son discours prononcé jeudi, il avait en effet appelé à l’ouverture d’un dialogue inclusif qui sera “conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale”. La concession faite par le pouvoir concerne donc seulement la conduite du dialogue “inclusif” qui doit aboutir à l’organisation de l’élection présidentielle, excluant tout retrait du chef de l’État et du Premier ministre, tel que réclamé par le mouvement populaire et une bonne partie de la classe politique. Là où les animateurs du Forum du dialogue national et le pouvoir se rejoignent, c’est dans l’absence de toute référence à la mise en place d’une période de transition, réclamée par les partis de “l’alternative démocratique”. Par ailleurs, et contrairement aux exigences d’une partie de la classe politique, y compris de certains participants à cette rencontre, le document final a presque ignoré la situation des détenus d’opinion. La résolution, restée sur des généralités à ce propos, précise juste que, parmi les conditions d’un dialogue sérieux, figurent “la levée des contraintes imposées aux manifestations” et la nécessité de prendre des “mesures d’apaisement”. *Liberté/ dimanche 07 juillet 2019

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Naoufel Brahimi El Mili. Docteur en sciences politiques, enseignant à Paris :

«La crise de confiance est profonde»

Naoufel Brahimi El Mili est docteur en sciences politiques et enseignant à Sciences Po Paris. On lui doit notamment Le Printemps arabe : une manipulation ? ;Algérie/France : 50 ans d’histoires secrètes 1962/1992 et d’autres publications. Le politologue a bien voulu répondre à nos questions.

Où en est le hirak, plus de 4 mois après son avènement ?

Des acquis inenvisageables au début de cette année ont été réalisés. A juste titre, ce mouvement ne verse pas dans le triomphalisme. La crise de confiance est profonde, à un tel point où de nombreux manifestants et de responsables politiques refusent d’avoir une représentation. Ils sont échaudés par les événements de la Kabylie de 2001. Les «Arouchs» n’ont pas obtenu les résultats escomptés. Aujourd’hui, le rejet d’une représentation repose sur la conviction que tout leader émergeant de ce mouvement sera manipulé par le pouvoir. Le sociologue américain Merton décrit ce processus par la théorie des anticipations destructrices. Oui, les hirakistes qui ne veulent pas avoir de représentants pensent que ces derniers seront infiltrés et retournés par le pouvoir.

Ce qui, quelque part, fige le mouvement. Or, je pense que le hirak, quatre mois après, a atteint un stade de maturité. La force de ce mouvement réside aussi dans l’absence d’idéologie et en même temps son point fort est sa position maximaliste qui fait du dégagisme total l’objectif ultime. Le hirak est aujourd’hui en position de force. La pression ne doit pas cesser, c’est le moment de négocier, verbe préférable à dialoguer. La mobilisation continue est une preuve de vigilance que le pouvoir ne peut ignorer. Plus rien ne sera comme avant. Même si le pouvoir est tenté par quelques manipulations, le mouvement doit avoir confiance en soi et en ses représentants, il doit avancer. Les anticipations destructrices engendrent l’immobilisme.

L’option de la présidentielle préconisée par le pouvoir est-elle à même de régler la crise ?

La présidentielle est une condition nécessaire mais insuffisante. Le pouvoir doit surtout offrir des garanties. Le discours du président par intérim, Abdelkader Bensalah, du 3 juillet, en renferme plusieurs. Les modalités de mise en œuvre sont à mettre en place en toute transparence et en toute bonne foi. Aussi ce pouvoir doit-il faire montre de gestes d’apaisement. Sans me prononcer sur la dimension juridique des manifestants incarcérés et sans oublier M. Bouregaâ, je pense que leur libération constitue un acte fort.

Le fil constitutionnel est rompu avec la démission forcée de Abdelaziz Bouteflika, et en toute logique il doit être renoué par une présidentielle propre et transparente. C’est un premier pas. Je pense aussi que le commandement militaire a hâte de voir un président honnêtement élu avec qui un partage clair des responsabilités sera à établir. Faut-il rappeler le contexte géopolitique tumultueux où l’ANP est un acteur majeur ? Le prochain Président aura besoin de l’armée et cette dernière a besoin d’un Président légitime, tout comme les Algériens.

Par son caractère symbolique, l’affaire  Bouregaâ n’est-elle pas aussi une provocation ?

Provocation, je ne le pense pas, crise d’autorité du pouvoir, sans doute, maladresse, très certainement. Encore une fois, je ne commente pas le dossier juridique que je ne connais pas. Peut-être que les propos tenus par l’ancien commandant de la wilaya IV auraient-ils mérité une réponse verbale et pédagogique en premier. Cependant, la communication et la pédagogie, pourtant plus que nécessaires, ne font pas partie de la boîte à outils du pouvoir. Une fin rapide de la détention de ce grand moudjahid constitue un premier pas vers un indispensable apaisement. D’autant plus qu’en l’absence de clarifications de la part du pouvoir judiciaire (autre que l’exposé des chefs d’inculpation), j’ai du mal à percevoir la nature de la menace réelle ou supposée que peut représenter Lakhdar Bouregaâ. Ce qui est certain, cette arrestation et d’autres sont en contradiction avec l’ouverture annoncée par le pouvoir pour un dialogue inclusif. A croire qu’il s’agit d’un sabordage dont les auteurs feraient partie de l’équipage.

Dans cette crise qui secoue le pays, la fixation sur le politique n’a-t-elle pas éclipsé l’économique alors que le pays va droit dans le mur ?

Bien que les deux soient intimement liés, le pouvoir semble ignorer l’économique alors que cet enlisement renferme des menaces réelles. Au mois de mai dernier, le niveau des réserves de change se situait aux alentours des quinze mois. Si un gouvernement légitime ne traite pas en profondeur les vulnérabilités économiques du pays, le retour de l’Algérie en position de faiblesse sur le marché financier international ne serait pas à exclure. S’esquisse le spectre des Plans structurels d’ajustement, chers au Fonds monétaire international.

De nos jours, une perte de la souveraineté économique revient à une vassalisation d’un genre particulier de la décision politique algérienne. L’ANP est outillée pour affronter des blindés, des avions, des navires et même des sous-marins, mais elle ne saurait vraiment faire face à des banquiers déterminés, parfois malintentionnés venant de Washington avec des plans coûteux socialement et donc politiquement dans leurs serviettes. Il est encore temps, à travers une présidentielle et un gouvernement légitime, épuré des prédateurs, de redresser économiquement la barre.

La lutte même imparfaite contre la corruption si elle se poursuit sereinement va tourner la longue page des malversations au détriment du pays. Déjà la «Harachisation» d’une partie du monde des affaires a donné des résultats : la chute de l’euro par rapport au dinar. Le chemin est encore long, mais il faut en prendre la direction le plus rapidement possible : le temps perdu ne se rattrape pas. Cependant, des nouvelles perspectives s’ouvrent économiquement au pays. De par son historique et inédite révolution Silmiya, l’Algérie a une bonne image sur le plan international. Enfin, depuis 1962, le pays peut élaborer une crédible politique touristique et exploiter ses nombreuses richesses naturelles jusqu’alors ignorées, sauf par quelques touristes téméraires.

L’opposition, qui n’arrive pas à surmonter ses contradictions, n’est-elle pas aussi une entrave à la résolution de la crise ?

Les torts sont partagés. L’opposition trop habituée à défendre des quotas d’«élus» ne me semble pas vraiment formatée pour s’inscrire dans cette nouvelle et formidable dynamique. Même les recalés du suffrage ont parfois un prix ou un lot de consolation. A juste titre, l’opposition dénonce le système, à très juste titre elle tente de définir des modalités de sortie de crise, même si elles sont parfois hasardeuses (une Constituante d’abord…), mais son but est plus de plaire à la rue que d’élaborer un projet de société. Plaire à tout prix à la rue, cela porte un nom : populisme.

Tout parti politique est en droit d’exiger des garanties, elles sont à portée de main grâce au hirak qui ne baissera pas les bras. Alors pourquoi ces partis ont peur de la présidentielle ? Pour une fois pourra s’effectuer un test grandeur nature, pourra s’esquisser une cartographie électorale à partir de laquelle les femmes et les hommes politiques peuvent affiner leur programme et offrir ainsi une véritable contribution au débat démocratique. Le pouvoir aussi se laisse tenter par le populisme. Proposer le remplacement du français par l’anglais en l’absence d’une étude précise sur le marché du travail de demain est une facilité déconcertante. Ce pouvoir dans son substrat actuel n’est pas éternel, ses jours, ses années sont comptés. Les responsables politiques sont supposés regarder l’avenir et non le vendredi prochain.

La perpétuation du système qui semble se profiler ne va-t-elle pas encore accentuer la crise ?

La direction politique du pays a toujours été à double commande comme la voiture d’auto-école : un Président s’installe au volant pour une période indéterminée et un «moniteur» lourdement galonné peut à tout moment appuyer sur la pédale de freinage et faire descendre le conducteur du moment. Il ne faut donc pas s’attendre par miracle que le pouvoir en place va éteindre la lumière, fermer la porte et donner les clés de la maison aux représentants légitimes du peuple. Le pouvoir serait tenté par la conservation du double des clés.

Reste à la charge des nouveaux occupants légitimes lors de leur bail à durée déterminée de changer la serrure au grand jour. La clé, exemplaire enfin unique, reste désormais entre les mains du peuple. Je ne veux aucunement dire qu’un quelconque serrurier peut régler la crise politique, le but de cette métaphore est d’insister sur un nécessaire compromis dans un premier temps.  

*elwatan-  dimanche 07 juillet 2019

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APPEL AU DIALOGUE SUR FOND DE MANŒUVRES ET DE RÉPRESSION

Le régime s’enlise dans ses contradictions

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**Ceux qui, pour une raison ou une autre, ont cultivé des doutes sur l’attachement de la génération postindépendance aux valeurs de Novembre et de la Soummam ont eu, avant-hier, un démenti cinglant.
Des millions de manifestants, jeunes pour la plupart et des deux sexes surtout, ont submergé les artères des principales villes algériennes à l’occasion du 20e vendredi de la Révolution du sourire, pour renouveler leur aspiration au changement. Bien évidemment, la symbolique du 5 Juillet est pour beaucoup dans cette déferlante humaine qui, malgré la chaleur torride de ce début d’été, a submergé la rue algérienne. La dernière phrase prononcée par le 4e martyr du Hirak, Mustapha Kenatri, décédé ce vendredi 5 juillet, est : “Celui qui ne sort pas aujourd’hui est un traître.” C’est dire le lien quasi fusionnel qu’ont les Algériens avec la Révolution de Novembre 1954. Et, depuis le début de l’insurrection citoyenne, les manifestants ont toujours fait référence à cette épopée grandiose en arborant les portraits des novembristes de la première heure (Boudiaf, Krim, Abane, Ben M’hidi, Ben Boulaïd, etc.). Mais en sortant en si grand nombre le jour anniversaire de l’indépendance du pays, les manifestants ont voulu délivrer un message essentiel : le changement réclamé depuis le 22 février n’est rien d’autre que le parachèvement de l’indépendance du pays. “Nous voulons notre indépendance”, ont d’ailleurs scandé des  manifestants. “Partez ! Libérez l’Algérie !” ont crié d’autres. Ainsi, les manifestants ont clairement exprimé leur rejet du système politique en place en 1962 et de tout ce qu’il a commis depuis : squat du combat libérateur, prise en otage du pays et de son devenir, confiscation des libertés, etc. Et comme lors des premières manifestations, les têtes du chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, comme celle de son Premier ministre, Noureddine Bedoui, tous les deux perçus par la rue comme des débris du régime de Bouteflika, sont réclamées.  Le fossé est donc si large entre le peuple et le régime actuel qu’aucune offre politique de celui-ci ne semble en mesure de gagner l’adhésion de la rue. Du moins tant que ces deux responsables sont maintenus à leur poste. D’ailleurs, toutes les propositions formulées jusqu’ici par l’ancien président du Conseil de nation, y compris sa dernière offre portant sur un “dialogue inclusif” qui débouchera sur la présidentielle, ont été rejetées par les manifestants en entonnant les habituels slogans : “Pas de dialogue avec la bande” ou encore “Pas de vote avec la bande”. Même le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, épargné les premières semaines du hirak, ne semble plus jouir de la confiance des manifestants qui n’ont pas hésité à le brocarder, vendredi 5 juillet, en scandant : “Gaïd Salah, on ne te fait pas confiance, ramenez la BRI et les forces spéciales !”
La confiance entre la rue et les tenants du pouvoir est rompue et, au lieu d’œuvrer à réduire le fossé qui les sépare du peuple, ces derniers persistent dans leur attitude belliqueuse et, du coup, annihilent eux-mêmes les chances de leur discours de faire mouche au sein de l’opinion. Car, sinon, comment expliquer qu’au lendemain même d’une invitation à un “dialogue inclusif” lancée par le chef de l’État par intérim aux partis politiques, aux différents acteurs de la société civile et même aux animateurs du mouvement populaire, les forces de l’ordre ont  procédé à l’arrestation de plusieurs manifestants dont trois secrétaires nationaux du FFS ? Le bon sens voudrait que cet appel au dialogue — si la volonté politique de mettre un terme à la crise existe véritablement — soit accompagné par des mesures d’apaisement, comme la libération des détenus, la levée de l’interdiction qui frappe l’emblème amazigh, la levée du dispositif sécuritaire monstre déployé chaque vendredi dans la capitale et des barrages filtrants dressés aux portes d’Alger. Après les grandioses manifestations de ce 5 Juillet et les messages délivrés par des millions d’Algériens pour l’occasion, le régime maintiendra-t-il sa feuille de route et ses méthodes unanimement décriées, au risque d’aggraver la crise ? Ou, au contraire, se résoudra-t-il à une nouvelle approche, moins répressive, plus conciliante et, surtout, plus adaptée au nouveau rapport de force qui est de moins en moins en sa faveur ?  - *Liberté/ dimanche 07 juillet 2019

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L’appel de sept personnalités à des marches massives

Sept personnalités nationales lancent un appel aux Algériens pour manifester massivement le vendredi 5 juillet. Dans une vidéo d’une minute et trente secondes, ces personnalités, issues de divers horizons, insistent sur l’importance d’une forte mobilisation en cette date historique – qui représente le 57e anniversaire de l’Indépendance – pour faire sortir l’Algérie de l’abîme politique dans lequel elle se trouve actuellement.

Avec un arrière-plan aux couleurs de l’emblème national, sur lequel il est écrit «Pacte pour la sauvegarde de la patrie», ces personnalités interviennent, l’une après l’autre, pour lire chacune un passage de cet appel adressé aux Algériens pour les sensibiliser sur l’importance de sortir manifester ce vendredi 5 juillet, qui est la fête de l’Indépendance.

Ces personnalités sont Abdelaziz Rahabi, ex-diplomate et coordinateur de la conférence du dialogue national prévue le 6 juillet, Mustapha Bouchachi, avocat et défenseur des droits de l’homme, Karim Tabbou, opposant politique et coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS), Nacer Djabi, sociologue, Fatiha Benabbou, constitutionnaliste, Smail Lalmas, économiste, et Samir Benlarbi, activiste politique.

Ces personnalités appellent le peuple algérien à «préserver le caractère pacifique de sa révolution, de son unité, sa popularité et de son nationalisme». «Nous dénonçons toutes les formes de déviation de la révolution de sa trajectoire pacifique», dit Mustapha Bouchachi, avant que Nacer Djabi n’enchaîne en dénonçant «tous les dépassements et les restrictions politiques et médiatiques».

Abdelaziz Rahabi poursuit en demandant aux autorités de «prendre des mesures d’apaisement comme expression réelle d’une volonté d’ouvrir le dialogue pour sortir de l’impasse politique». «Nous demandons à l’ensemble des couches de la société algérienne de sortir massivement et en force le jour de la fête de l’Indépendance qui coïncide avec le 20e vendredi du hirak pour faire du 5 juillet 2019 une consécration de la libération de l’homme après la libération de la terre», concluent ces personnalités.

Par cet appel, elles veulent ainsi contribuer à marquer cette date historique par une mobilisation exceptionnelle des Algériens pour donner une nouvelle démonstration d’engagement patriotique et de civisme. Ces personnalités militent pour une Algérie nouvelle, une Algérie de démocratie et des libertés à laquelle aspirent les millions de manifestants qui sortent dans la rue depuis le 22 février. Leur appel s’ajoute à de nombreux autres lancés par des organisations de la société civile, des pôles politiques et des citoyens anonymes. *MOKRANE AIT OUARABI-elwatan- jeudi 04 juillet 2019

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