une nouvelle République à tout prix-6

27052019

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**La communauté universitaire maintient la pression

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*Quand la raison est absente, la force règne !

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un militaire sans formation politique,

n’est qu’un criminel en puissance

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*Nous aimons notre pays mieux que vous qui êtes au pouvoir

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*L’Algérie ne sera que meilleure après le départ des usurpateurs et des prédateurs

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Conférence nationale de la société civile : à partir du 15 juin 2019

Les options de la transition sur la table

***pour une transition démocratique et pacifique

11 JUIN 2019 – elwatan

Samedi prochain devrait se tenir la Conférence nationale de la société civile. Quelque 500 participants sont annoncés à cet important conclave. Pour rappel, trois pôles travaillent d’arrache-pied depuis plusieurs semaines pour la préparation de cette conférence. Il s’agit du Collectif de la société civile pour une transition démocratique et pacifique, du Forum civil pour le changement et de la Confédération des syndicats algériens. L’objectif de cette grand-messe citoyenne est de parvenir à une feuille de route commune pour une sortie de crise. Si un large consensus s’est d’emblée constitué entre les parties engagées dans ce dialogue inédit – autour notamment de la rupture radicale avec le système en place et le rejet des élections à courte échéance –, des divergences subsistent néanmoins, à propos surtout de la stratégie et des mécanismes de la transition.

Deux tendances lourdes se dégagent, l’une plaidant pour une Constituante comme préalable à toute refondation du système, l’autre préconisant d’aller directement à une élection présidentielle, à charge pour le futur Président élu d’ouvrir les chantiers de réformes qui s’imposent. Hakim Addad, une des figures de proue du Collectif de la société civile pour une transition démocratique et animateur du CSVM-22 Février (Comité soutien et vigilance du mouvement du 22 février), et Abderrahmane Arar, président du Réseau Nada et membre du Forum civil pour le changement, exposent, dans les entretiens qui suivent, leur point de vue sur la meilleure transition possible.

Tous deux insistent sur la nécessité d’aller au bout de la Conférence nationale du 15 juin et de maintenir coûte que coûte, par-delà des divergences somme toute normales, ce formidable espace citoyen qui permettra de peser dans le rapport de force à l’heure des grandes décisions…* MUSTAPHA BENFODIL – elwatan- mardi 11 juin 2019

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*l’Algérie  dans les méandres  du vide constitutionnel

Et maintenant qu’allons-nous faire ?

A partir de ce e soir la République algérienne entre dans une situation embarrassante du fait qu’aucune candidature sérieuse n’est venue justifier la consultation électorale prévue le 4 juillet prochain, de ce fait, l’Algérie pénètre « tout de go »  dans les méandres  du vide constitutionnel.

Même les pseudos partis politiques qui finassaient vainement pour pouvoir jouer un rôle dans la prorogation du système se sont retirés, tout bonnement, et rejoignent discrètement, l’abstention populaire.

Un mal pour un bien, avec ce renoncement collectif de ces « figurants » politiques qui s’ajoutent au  lot FLN, TAJ et RND, le Haut Commandement Militaire peut se réjouir de s’être débarrassé des  « boulets » embarrassants qui narguent effrontément le Harak.

Ceci étant dit, la question du vide constitutionnel peut s’expliquer, en partie, par l’omission des rédacteurs de la constitution algérienne  à prévoir ce scénario rarissime qui est : l’impossibilité d’organiser une élection pour cause d’absence de candidat ou autrement dit : la limite maximale de l’article 102.

Concrètement, il est maintenant, inutile de rester dans une optique de « légalité constitutionnelle » alors qu’elle (la constitution)  est vraisemblablement inemployable.

Il faut reconnaître que le  commandement de l’armée, incarné par le chef d’état-major le Général Ahmed Gaid Salah, est dans une position inespérée, géopolitiquement parlant.

Cette fois-ci, l’ANP peut ouvertement  assumer son rôle de pouvoir de transition  sans se soucier  d’être « taxé » de  dictature militaire par n’importe qu’elle ONG ou autres gouvernements de pays  « démocratiques ».

En effet , la situation dans laquelle se  retrouve l’Algérie, en cette année 2019, n’est pas un cas isolé comme le prétendent  certains analystes politiques sur les plateaux télés.

L’histoire, avec un grand H,  nous apprend que beaucoup de nations ont du se  débrouiller avec les moyens du bord  pour « rassoir » le pouvoir de l’état de manière légitime.

Des pays qui étaient dans des circonstances bien pires que les nôtres, les dispositions spéciales adoptées par ces derniers  n’ont pas  provoqué un « tollé » dans la communauté internationale ou chez les gardiens autoproclamés du « droit-de-l’hommisme » dans sa version d’autodéterminations des peuples.

Il n’en demeure pas moins que l’idéal pour nous aurait été de voir la Cour suprême ou le Conseil Constitutionnel êtres en porte-à-faux avec la décision d’annulation de l’élection  d’avril dernier  par l’ancien président Bouteflika. Nous ne pouvons pas revenir en arrière, à vrai dire, le mal est fait.

Ces instances hautement qualifiées, en matière de droit constitutionnel,  auraient pu légiférer de manière « unilatérale » pour nous éviter de vivre  les affres du vide constitutionnel dans lequel nous sommes présentement.

Ils auraient pu réagir  comme ce fut le cas  aux Etats Unis en 1935,  ou le pouvoir judiciaire de la Cour suprême s’est  substituée au pouvoir politique contre le « New Deal » du Président Roosevelt, depuis la notion de « gouvernement des juges » était apparue et elle perdure aujourd’hui.

Devant le « laisser faire » de ces  hautes instances juridiques, l’Algérie se retrouve, bien malgré elle, dans une disposition de rupture avec la  légalité constitutionnelle.

Ipso Facto, Nous (algériens)  devons  considérer sérieusement le renouvellement de l’Etat, sans lequel, la notion de stabilité deviendra  qu’un vague souvenir.

Il ne faudrait,  ne surtout pas, confondre cette obligation de renouvellement impérieuse qui a pour but la survie de l’état algérien avec le renouvellement d’un système inique clairement  honni par le peuple.

Cette urgence que revêt le « renouvellement », peut être pratiquée lorsqu’un état retrouve son indépendance comme ce fut le cas pour l’Algérie en 1962.

En vérité,  cela dépend des particularités des  conjonctures, en ce qui nous concerne, il serait prompt d’opter simplement pour une nécessité  impulsée  par la révolution populaire du 22 février.

L’état de confusion dans lequel se retrouve le  pays, hier à minuit, n’est nullement une fatalité, les algériens en tant que peuple souverain, doivent  savoir  que de  nouvelles Constitutions ont été adoptées dans le passé par des nations dans des conditions bien plus compliquées que la nôtre Aujourd’hui.

En postulant que l’armée algérienne reste la seule institution hautement structurée, Il est important de prendre en compte qu’en ce moment aucune règle constitutionnelle  ne l’oblige (l’ANP) à choisir une voie plutôt qu’une autre pour sortir de cette impasse juridique.

Ceci dit, les exemples de renouvellement du pouvoir (non pas du système)   sont nombreux dans le monde, vu  la proximité géographique ou historique  nous pourrions citer le cas de  la France en 1789, 1814, 1848, 1870, du Portugal en 1976 ou encore ceux de l’Espagne en 1978 et des pays de « l’Est » après la chute du mur de Berlin et enfin celui de  la Russie en 1917

Rien ne doit paraitre impossible pour la pérennité de l’Algérie en tant que Nation, les divergences politiques ou idéologiques des uns et des autres doivent être mises en « mode silencieux » pour pouvoir surpasser cette épreuve, les différences auront bien le temps de s’exprimées dans l’Algérie de demain.

Une chose est désormais certaine pour nous autres algériens, nous avons  contribué, chacun à  sa manière,  à la déliquescence des principes fondamentaux qui font Le Citoyen.

A force d’ignorer notre pouvoir en tant que peuple, nous voilà au croisement des chemins ou deux options s’imposent à nous : soit nous réussissons collectivement à instaurer un état de droit, soit nous payerons individuellement le prix du chaos politique.

En Ukraine Volodymyr Zelensky, un jeune acteur humoriste, est aujourd’hui élu Président.

Il a déclaré  lors de son discours d’investiture :

« Je ne veux surtout pas que mes portraits soient accrochés dans vos bureaux, car le Président n’est pas une icône, pas une idole, il n’est pas un portrait, accrochez plutôt des photos de vos enfants et regardez-les avant de prendre chaque décision ».

Voilà, in fine,  comment de l’humour jaillit la sagesse dans un pays qui n’existait pas quand l’Algérie resplendissait dans le monde.

Par Maiza Nazim-   algeriepart.com-  dimanche 26 mai 2019

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la révolution du sourire en Algérie

Appeler les femmes le « sexe faible » est une diffamation, c’est l’injustice de l’homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes » Gandhi

Dans les sociétés occidentales, la démocratie correspond à leur trajectoire historique, à leur philosophie politique, à leur élite intellectuelle qui place l’homme. C’est une  donnée endogène à la société européenne qui reflète sa propre histoire gréco-romaine et ses propres croyances religieuses. Une société qui  « féminise » les hommes dans leurs émotions, leurs sentiments, leur psychologie et « masculinise » les femmes dans leurs façon de vivre,  de s’habiller et de travailler. Une société où l’éducation des filles et des garçons est indifférenciée. Des couples qui mettent au monde des enfants sans attachement familial centrés sur leurs propres désirs. Une société où l’argent remplace le phallus au lit, castre l’homme et avilit la femme Une société où l’homme perd sa virilité et la femme sa féminité. Une société où la femme investit l’espace public et l’homme se réfugie dans l’espace privé. Les femmes ont investi massivement le marché du travail où toutes les carrières professionnelles leurs sont ouvertes.

En Algérie, les hommes fuient l’effort physique, l’endurance morale, les métiers manuels et agricoles et se consacrent au commerce de l’alimentaire et du cosmétique. Nous assistons à une « féminisation » rampante de la société. Une société où l’époux n’a plus d’autorité sur son épouse qui vaque librement à ses occupations abandonnant l’éducation de ses enfants les livrant aux démons de la rue.  Une société où la femme fatiguée par un rythme infernal qu’elle s’impose, s’épuise très vite, vieillit mal et meurt prématurément.

Une société où les liens de filiation sont rompus ; le frère ne demande plus après son frère et  les parents ne cherchent plus après leurs enfants.  Des enfants roi qui se transforment en adultes tyran. Est-ce l’individualisme que l’on recherche c’est-à-dire une société dans laquelle nos enfants ne seront plus solidaires de leurs familles mais agissent comme bon leur semble comme s’ils étaient tombés du ciel c’est-à-dire des enfants « x ». Des individus asexués sans identité, sans racine,, sans ancêtre, sans traditions, sans milieu, sans foi ni loi qui n’obéissent qu’ à la force du grand nombre. En investissant massivement le marché du travail, les femmes se sont coupées de leurs enfants pour en faire plus tard des adultes asexués. C’est cela la société démocratique qui nous envoûte, nous absorbe, nous ensorcelle. Nous adoptons sans état d’âme le mode de vie et de pensée  occidental. Nous tournons le dos à nos racines, à notre histoire, à nos traditions,  à notre religion. Nous finirons par rester seul face à soi-même, sans lien de filiation, sans honneur, sans dignité dans un dénuement total et un égarement manifeste.

Tout cela pour dire que la  femme est à la démocratie ce que l’homme est pour la dictature. Sur un autre registre, l’islam habille les femmes en les entourant de mystères alimentant les fantasmes des hommes. Et l’occident dénude les femmes et les expose en vitrine au regard impudique des hommes. Que nous enseigne les démocrates occidentaux : « Faîtes ce qu’on vous dit, et ne faites pas ce qu’on fait ». La laïcité n’est pas un cache sexe et le voile n’est pas une ceinture de virginité. « Couvrez moi ce sein que je ne saurais voir » disait Molière. Une femme sans foulard est comme une maison sans rideaux, elle est soit à vendre, soit à louer. Que les uns et les autres nous dévoilent leur part d’ombre et leur part de lumière. Entre la rigueur islamique et les libertés laïques, le monde arabe se recherche. En islam, être marié revêt une part importante de la religion musulmane. Le seul cadre pour l’activité sexuelle, c’est le mariage. Le mariage est devenu tellement cher que les prétendants au mariage attendent jusqu’à trente ans sinon plus pour se marier et à condition de disposer d’un logement et d’un travail ou d’un commerce. Le taux de chômage en Algérie est parmi les plus élevés dans le monde arabe et touche particulièrement la jeunesse. Les deux tiers de la population ont moins de trente ans. Le chômage touche plus de 30 % de la population en âge de travailler.

Ce taux résulte de l’absence de stratégie saine de développement et d’une opacité dans la gestion des ressources financières du pays sans oublier un système éducatif inadapté où des diplômés de l’université sont sans emplois. Il s’agit d’un chômage de longue durée qui contribue à la dévalorisation de l’enseignement. Les compétences enseignées ne correspondent pas souvent aux besoins du marché. La politique d’infantilisation a féminisée la société. De l’enfant roi on est passé l’adulte tyran. Quand l’enfant est roi, ce sont les femmes qui exercent la régence. Devenu adulte, il cherche à se substituer à l’autorité de l’Etat. Les rapports parents-enfants sont de l’ordre de la séduction qui est le contraire de l’éducation. La télévision s’est substituée à la famille.

Le père n’est plus capable d’aider ses enfants à rompre le lien fusionnel avec leur mère. Une famille patriarcale où les relations parents-enfants se superposent entre le chef de l’Etat et la société. Le couple n’est plus un espace d’intimité mais une préoccupation de groupe. Il est clair que favoriser l’abstinence et la frustration est le meilleur moyen de conduire l’individu à enfreindre les règles avec toutes les conséquences qui en découlent. La répression sexuelle est la marque de fabrique de toute dictature qu’elle soit privée ou publique. Si la dictature arabe se voile la face et se cache sous un hidjab, la démocratie occidentale se dénude en se déhanchant et s’offre en spectacle alimentant les fantasmes des uns et frustrations des autres. Le meilleur moyen de garder le pouvoir sur la famille c’est d’empêcher ses enfants d’avoir des relations conjugales.  Et pour le chef d’Etat, d’empêcher ses sujets de s’émanciper, de s’opposer à lui, de disposer d’une pensée critique et d’une liberté de mouvement.

La sexualité imbibée de religiosité est un outil de contrôle puissant de la dictature. Le patriarcat vit ses dernières heures de gloire. Cette frustration sociale et sexuelle des jeunes donne un sentiment de mépris et d’humiliation. La question de la sexualité est un enjeu majeur pour l’émancipation individuelle et collective. La misère psychique et sexuelle des jeunes entretient les régimes politiques en place. Un Etat autoritaire a besoin de sujets soumis. Pour ce faire, la répression sexuelle est un des vecteurs de la reproduction de l’ordre social dominant. Le refoulement sexuel produit des ressorts émotionnels et mentaux de la soumission à l’autorité sous toutes ses formes ; parentales, sociales ou politiques. Les relations de pouvoir entre le chef d’Etat et son peuple sont reflétées dans les liens entre le chef de famille et ses descendants. L’Etat autoritaire a un représentant dans chaque famille. Le père devient la ressource la plus importante de la préservation du régime politique. Se marier et avoir des enfants, est un impératif individuel et social. Le droit au mariage ne se mendie pas, il s’arrache. Le recul de l’âge du mariage engendre aussi des problèmes de stabilité dans la vie psychique et aggrave les tentations. L’être humain a en lui-même toutes ses pulsions, il faut bien qu’elles s’expriment parce que s’il les garde en lui-même, il va être dévoré par le stress. L’instinct sexuel étouffe la raison. La force la plus puissante chez l’homme, c’est sa sexualité.

Et cela les gens du marketing politique ou commercial l’ont très bien compris. La sexualité des jeunes est un domaine éminemment politique, elle traduit un rapport de force dans la société.  La sexualité des jeunes reste un des leviers de domination politique de la société.. Pris en otage entre les préceptes religieux et les exigences de la modernité, la jeunesse se trouve désemparée. La satisfaction sexuelle des jeunes adultes, dans un cadre moral organisé, libère les énergies, stimule la production et éveille les consciences. « Si l’âme n’est pas satisfaite sexuellement, elle se cabre, se refuse au travail, devient triste » Le mariage en terre d’islam est considéré comme le cadre légitime par excellence de fusion de sexualité et de la procréation. L’arabe langue de l’islam commence par la lette « alif », un comme Adam et suivie par la lette « ba » comme Eve, l’une est debout et droite, l’autre est couchée et ronde. L’humanité s’est constituée à partir de ces deux êtres complémentaires et non opposées comme nous le suggère les chuchotements diaboliques débouchant sur des divorces multiples et rapides avec des retombées sur les enfants privés de parents et de toit se retrouvant pratiquement dans la rue livrés a la violence et à la perversion. Dieu unit, il est Un ; le diable divise, il a plusieurs visages.

Par le Dr A. Boumzrag-  algeriepart.com-  dimanche 26 mai 2019

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les harkis du système

*imposteurs, usurpateurs, prédateurs

Un jeune algérien, chômeur de profession,  artiste de vocation, poète à l’occasion, adossé au mur à la fleur de l’âge aurait dit : « Je ne suis pas né au milieu d’une palmeraie, mais j’ai la grandeur, la droiture et l’humilité d’un palmier, plus un palmier s’élance vers le ciel, plus ses palmes s’inclinent devant la volonté divine ». 

La génération de novembre qui dit avoir libéré le pays (le territoire ou sa population) a épuisé son capital de sympathie, elle est devenue par la force des choses l’obstacle principal du développement et de la démocratie. Cette génération est discréditée moralement et professionnellement. En dehors des ressources pétrolières et gazières, elle ne peut point gouverner. Elle tient au pouvoir que lui confèrent les recettes du pétrole comme elle tient à la vie. Elle manque d’ouverture d’esprit et de maturité affective.

Au crépuscule de sa vie, elle est dans l’incapacité physique et mentale de céder pacifiquement à la génération de l’indépendance le pouvoir de disposer de leur pays. Une tête bien blanche ne fait pas nécessairement une tête bien saine et encore moins bien pleine. « La valeur n’attend point le nombre des années » dit-on. Les jeunes n’ont pas de pays de rechange, ni passeport diplomatique, ni comptes à l’étranger. Ils vivent, étudient, se soignent en Algérie. Ils souffrent en silence.

Ils n’ont que leurs bras pour travailler, leur cerveau pour réfléchir et leur foi en Dieu pour survivre, la paix dans l’âme et l’esprit en éveil. Un pays qui leur a été confisqué par leurs aînés. Des ainés qui ont pour certains la patrie libérée dans leurs poches trouées, alors que les jeunes dans leur grande majorité ont le pays en détresse profondément ancré dans leurs cœurs meurtris. Antoine de Saint-Exupéry disait « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ». L’Algérie appartient à toutes les générations, les hommes sont mortels, nul n’en a la propriété exclusive et encore moins éternelle. « Quand dans l’œuf, le poussin arrive à maturité, s’il veut vivre, il doit briser la coquille.

Or les jeunes veulent vivre. Evidemment la coquille résiste mais le poussin s’agite depuis longtemps mais il naîtra… » . Aussitôt né, il s’est mis à marcher sur ses deux sur ses deux pattes. Cela n’a pas été le cas de leurs aînés qui ont marché toute leur vie « sur leur ventre » sans jamais se redresser un jour. Tel des animaux domestiques, ils se font servir par leurs maîtres. Terrible est l’épreuve infligée par Allah à la communauté musulmane ; l’argent. L’argent facile fascine et conduit tout droit à l’enfer et nul n’est à l’abri. Nous sommes au crépuscule de notre vie et la mort peut nous surprendre à tout moment. Que dire face à son créateur  si la mort nous surprend sans être soumis à lui car la mort n’est pas un échec de la vie mais un passage vers l’autre vie.

L’Algérie serait-elle un paradis pour tous ceux qui vont en enfer ?; Il n’y a pas de gens riches dans l’Algérie indépendante, il n’y a que des pauvres devenus riches par la grâce du pétrole et du gaz. « Dans un pays d’injustice, les honnêtes gens sont soumis aux lois des corrompus ». La corruption est un fertilisant pour les dictatures et un poison pour les républiques. Les riches autochtones de la période coloniale ont été éradiqués  au nom d’une certaine « révolution agraire » qui a enterré le travail de la terre et ouvert la voie à une dépendance alimentaire suicidaire. Le pétrole est un don de dieu et non un produit de l’homme. Il appartient à tous. Par conséquent, toute propriété d’une minorité doit être légitimée par la majorité.

La propriété privée est le prolongement du droit à la vie. Elle limite les violences sociales. Le droit de propriété est réducteur d’incertitudes et producteur de sécurité ; Par conséquent le premier devoir d’un Etat est de produire la paix civile laquelle passe par la légitimation du droit de propriété lequel est concomitant à un autre droit celui de l’emploi. Si l’un peut détenir des biens, l’autre doit disposer d’un emploi. La main droite a besoin de la main gauche pour travailler et produire. C’est cela une économie moderne. C’est cela un Etat de droit. Et cela ne tombe pas du ciel.

La reconnaissance de fortunes privées par la société passe nécessairement par la production de biens et services destinés au marché local et par la création massive d’emplois durables destinés aux jeunes qui forment la majorité de la population. L’Etat post colonial a fait la preuve de son inefficacité dans la conduite du développement, par la dilapidation des ressources rares (énergie fossile, terres agricoles, force de travail, etc…), la démobilisation de la population et la fragilisation des institutions minées par la corruption et le népotisme. L’Etat en Algérie est à réinventer. La ruse qui a fait ses preuves dans la lutte de libération a échoué dans la construction du pays. L’inertie des vieux doit céder sa place à la vivacité des jeunes. L’Algérie doit se débarrasser de la peau du renard pour revêtir celle du lion. Un récit de ma grand-mère est édifiant « Il était une fois, me disait-elle un bourricot a revêtu la peau d’un lion et décide de se rouler sur les champs de blé, les paysans l’ayant aperçu de loin se sont enfui abandonnant leur récolte. Un beau jour de disette ils s’armèrent de courage et décidèrent de l’affronter. Sur leur chemin, ils découvrirent la peau d’un lion et  voient au loin un âne qui broute de l’herbe, ils se mirent aussitôt à courir à ses trousses qui se sauve en ricanant ».

Déçu par tant de forfaitures et de lâchetés, un jeune poète algérien aurait poussé ce cri de désespoir : peuple algérien : pleure comme une femme un pays que tu  as libéré par le sang mais que tu n’as pas su construire par la sueur. Tu as succombé à la tentation de l’argent facile. Tes larmes ne te serviront  à rien. Retrousse tes manches. L’Algérie est un vaste pays avec un beau visage. Chaque région est une partie de ce visage. Qui aimerait sacrifier ou amputer toutes les autres parties pour ne laisser que le front (la côte méditerranéenne) ? Que vaut le front sans les yeux, les oreilles, le nez, la bouche. Que vaut l’Algérie sans  le Sahara ? Sans la Méditerranée ? Sans la Kabylie ? Sans les Aurès ? Sans le M’Zab ? Sans le Hoggar. Le club des pins n’est pas l’Algérie. C’est une exterritorialité. Il faut un passeport diplomatique pour y accéder. Le passeport vert n’y donne pas droit. Il a la couleur du paradis et l’amour de la patrie.

(*) Sid Ahmed Ghozali

Par Dr. A. BOUMEZRAG- algeriepart.com-  dimanche 26 mai 2019

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