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L’année 2018- suite-2

31122018

*articles similairesL’année 2018- Algérie

**L’année 2018- Algérie - faits et méfaits

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12 mois, 365 jours et un nombre incalculable d’événements qui ont marqué l’actualité du pays. Voici quelques faits marquants de ces événements

*Dans la même page: 

Le piétinement de la loi et de la Constitution

   Le labyrinthe Algérie 

*Prévisions - Ce qui vous attend en 2019

***D’ores et déjà, 2019 est considérée comme l’année de l’élection présidentielle qui marquera la fin – ou pas – du règne du président Bouteflika qui dure depuis plus de dix-neuf ans. Mais à côté, cette année prévoit aussi l’entrée en vigueur de plusieurs décisions annoncées. El Watan Week-end vous livre une sélection des changements et nouveautés auxquelles il faut s’attendre.

   *  On n’est pas encore sorti de l’auberge

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*Réformes structurelles toujours en attente et une économie de plus en plus fragile

2018, encore une année de perdue

C’est sur fond de pression démographique, d’incertitudes, tant au plan politique qu’économique, et dans un contexte mondial difficile, caractérisé essentiellement par des tensions sur le commerce international, que s’achève l’année 2018. Quatre ans après l’entame de l’épisode baissier des cours du pétrole, l’Algérie n’arrive toujours pas à adopter un modèle économique à même de lui permettre de sortir du cercle infernal de la rente.

Et pour cause, les grandes annonces ont continué à l’emporter au cours de cet exercice sur les réalisations. Preuve en est, la diversification économique tarde à prendre son envol, à l’exception de quelques exemples de projets lancés, notamment dans les mines et le textile.

Cela pour dire que l’année 2018 a raté, comme celles qui l’ont précédée, le virage du décollage économique. Mais aussi celui de la mise en place d’un système de gouvernance efficace et d’un climat d’affaires propice aux investissements.

Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, l’a d’ailleurs reconnu devant l’Assemblée populaire nationale (APN), soulignant la fragilité de l’économie au regard de sa forte dépendance du secteur des hydrocarbures et des dépenses publiques.

Une situation qui continue donc à soulever des inquiétudes. Et ce, en dépit des engagements et des promesses prises dans ce cadre, notamment dans le plan d’action du gouvernement d’Ahmed Ouyahia, dévoilé en grande pompe en septembre 2017. Un plan dans lequel une série de mesures avaient été annoncées pour redresser l’économie, sans pour autant être complètement mises en œuvre.

Retards, absence de visibilité

Les réformes tant prônées dans les débats et les rencontres officielles tardent également à voir le jour, bloquant ainsi la mise en place d’une politique macro-économique indépendante de l’évolution des cours du pétrole. Des cours qui ont affiché une tendance stable au premier semestre 2018, avant de connaître une hausse passagère vers la fin du troisième trimestre et de repartir à la baisse au début octobre, pour s’installer durablement sur cet axe.

Et voilà que l’année se termine avec des indicateurs inquiétants sur le marché pétrolier. Cela bien sûr en l’absence d’une visibilité économique à moyen terme, mais surtout face un relâchement de l’effort de redressement et au retard de la modernisation du système bancaire, alors que le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, avait décrété fin 2017 l’année 2018 comme étant celle de l’accélération des réformes bancaires et de la digitalisation du système financier. Ce qui n’est pas le cas.

Ils sont nombreux les chantiers à attendre une mise en œuvre effective, alors que l’urgence a été maintes fois soulignée au cours de ces dernières années, que ce soit du côté des experts algériens, des institution internationales ou même des pouvoirs publics, qui ne font pourtant que bloquer ce processus.

Dans ce cadre, faudrait-il rappeler qu’en novembre dernier, le centre d’analyses International Crisis Group (ICG), dans un rapport intitulé «Surmonter la paralysie économique de l’Algérie», a relevé le laxisme des décideurs quant à l’accélération des réformes.

«Malgré les promesses des gouvernements successifs de faire des réformes et de rééquilibrer les finances publiques, la paralysie politique a fait obstacle à toute mesure décisive», a indiqué ledit rapport, qui prévient sur un risque de crise économique dès 2019. Un document dans lequel les rédacteurs évoquent le report récurrent des réformes, parlant de «groupes d’intérêts et de statu quo».

Deux traits qui ont dominé la scène économique nationale. 2018 aura, en effet, été celle du statu quo en matière de réformes. Même si sur un plan global, «elle aura été une année plus dynamique que 2017, à l’image de la progression symbolique des crédits à l’économie, y compris pour l’Etat, pour les opérateurs privés et les ménages», commente l’expert économique Souhil Meddah.

Crédits à l’économie en hausse, mais…

En chiffres, durant les neufs premiers mois de 2018, ces crédits se sont accrus de 11,6% pour le secteur public et de 7,7% pour le secteur privé et les ménages, a déclaré le gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Mohamed Loukal, à l’Assemblée populaire nationale (APN).

Ainsi, les crédits destinés au secteur public, qui représentent 49,45% du total des crédits à l’économie, ont atteint 4812 milliards de DA (+11,6%), tandis que les crédits destinés au secteur privé et aux ménages ont augmenté à 4918 milliards de DA (+7,7%).

A titre indicatif, les crédits à long et moyen termes représentent 72,3% des crédits à l’économie, ce qui explique, selon le gouverneur, «la poursuite de l’orientation des ressources vers l’investissement». Parallèlement, le gouverneur a relevé l’amélioration en matière de liquidité monétaire grâce à l’entrée en vigueur du financement non conventionnel (FNC) au cours de cette année.

Un financement «qui se fait avec succès», a-t-il rassuré. Mais qu’en est-il des détails ? A ce propos, le même responsable a indiqué que le mécanisme FNC a servi jusque-là à la couverture des créances des groupes Sonatrach et Sonelgaz, la subvention du Fonds national d’investissement (FNI) pour contribuer dans certains projets et le financement des logements AADL à l’arrêt et à la couverture du déficit budgétaire.

Pour rappel, le montant global des billets de banque imprimés dans le FNC s’est élevé à 2185 milliards DA en 2017 et 1 820 milliards DA en 2018. L’on s’attend à ce que ce mode de financement soit tout aussi important en 2019.

Indices

  • L’inflation a décéléré au cours du premier trimestre à 4,6% (5,6% en décembre 2017 et 6,6% pour la même période en 2017) sous la pression d’une remontée des prix des produits alimentaires frais. En tendance annuelle, l’indice des prix devrait progresser de 5,5 – 6% en moyenne. Bien au-delà de la tendance des 3,5%. Globalement, l’inflation a reculé de 5,59 % fin 2017, à 4,33 % fin avril 2018, avec une hausse de 4,82 % au mois d’août, puis un recul à 4,53 % en octobre 2018. Pour la Banque d’Algérie (BA), L’inflation demeure «modérée». Mais, le renforcement de la maîtrise de l’inflation s’impose, de l’avis du gouverneur de la BA. Et ce, «avec beaucoup d’efforts pour réduire les dysfonctionnements au niveau des marchés de marchandises et de services». Une manière pour M. Loukal de reconnaître la persistance des défaillances sur le marché.
  • Les réserves de change ont régressé de 11,25 milliards USD entre décembre 2017 et fin septembre 2018, passant de 97,33 milliards USD à 86,08 milliards USD, avant de baisser encore à 82,12 milliards USD à la fin de novembre 2018. Soit une baisse continue qui ne saurait, selon le gouverneur, être durable à moyen terme. D’où la nécessité de poursuivre les efforts pour assurer la viabilité de la balance des paiements. Et ce, en misant sur la diversification de l’économie, l’augmentation des exportations hors hydrocarbures avec une maîtrise de l’absorption locale des importations, pour la contenir à des niveaux durables, toujours selon le gouverneur de la Banque d’Algérie.

*SAMIRA IMADALOU - elwatan – lundi 31 décembre 2018

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Le mal dont le pays est affecté est le manque de démocratie

*Par Ali Yahia Abdennour-Militant des droits de l’homme

L’Algérie est à la veille d’entrer dans la nouvelle année 2019, et ce qui retient l’attention des Algériens, c’est la sortie de la crise multidimensionnelle engendrée par l’exercice du pouvoir durant 20 ans par le président Bouteflika, qui a refusé l’alternance, base de la démocratie, érigée en règle de vie, pour se maintenir à vie au pouvoir.

Le peuple soumis au pouvoir, considéré comme mineur, qui ne décide de rien, est placé sous la haute surveillance des services de sécurité, alors que c’est du peuple que vient le pouvoir, que c’est dans le peuple que résident la légalité et la légitimité.

Le pouvoir césariste a imposé sa domination idéologique et politique, confisque la souveraineté populaire et la citoyenneté. Il faut regarder la réalité en face, parler pour un large public et écrire pour lui. Une nouvelle page de l’histoire du pays est en train de s’écrire.

Après l’imposture de Napoléon III, Victor Hugo professait, dans Les Châtiments, l’avènement de la liberté et de la démocratie en chantant : «Les temps futurs et la vision sublime» incarnés par la libre France enfin surgie.

L’Algérie, après s’être enfoncée dans le pouvoir personnel totalitaire et le culte de la personnalité, qui ont fait du Président l’homme providentiel, légendaire, idolâtré, est plongée dans un désarroi sans précédent parce que le pessimisme gagne du terrain, projette des couleurs sombres sur l’avenir du pays, entretient à travers le crépuscule, qui s’étend sur le pouvoir, l’aube de la démocratie juridique qui consacrerait le régime du droit et de l’Etat de droit qui apporterait la stabilité et la crédibilité dont l’Algérie a besoin. Le nationalisme est une grande force, il faut le laisser aux mains des politiciens.

Le président… et la présidence

La force du pouvoir réside dans la stabilité et la continuité de son action, mais sa politique est caractérisée par la régression politique, sociale et culturelle.

Comme les dictateurs et les despotes d’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie mineure, pour qui la mégalomanie et la paranoïa sont des maladies associées, le président Bouteflika a régenté tout ce qui dans le pays délibère et légifère, détenu tous les leviers de commande du pays et appliqué la formule de Machiavel : «Divise et règne.»

Le Président, qui a gouverné, plutôt qui a régné de manière despotique, a mené le pays à l’échec par manque de stratégie et de vision politique et du mélange de la politique et de l’argent. «Le pouvoir absolu corrompt absolument», disait Lord Aston.

Les clans du pouvoir ont mis l’Etat en coupe réglée pour s’octroyer trafic d’influence, corruption à grande échelle, détournement de fonds publics et prébende. Le pouvoir qui a dominé le peuple a produit la paupérisation des pauvres de plus en plus nombreux, et des riches de plus en plus riches et de plus en plus nombreux.

Le culte du Président est orchestré par les partis du pouvoir, aveuglés par la politique à courte vue de la realpolitik, qui considère la politique menée par le Président comme une subversion. Le culte du Président, pensée manichéenne dominante, n’est pas un excès de langage mais relève du discours politique des partis de la coalition présidentielle qui œuvrent pour un 5e mandat.

Débattre, critiquer les positions exprimées de manière péremptoire par le pouvoir et les partis politiques qui le soutiennent, rectifier les contre-vérités à la base de leur propagande, voilà ce qu’exprime de manière pratique et qui explique les positions politiques de l’opposition, ce qui est normal dans le débat politique.

Les dirigeants des partis à la dévotion du pouvoir, dont la faiblesse politique s’explique par la faiblesse intellectuelle et culturelle, sont critiqués pour leur impermanence politique, faite de coups de posture en fonction de l’actualité. Le 5e mandat c’est pour que tout continue comme avant, le déséquilibre des régions, le statu quo et l’immobilisme mortifère.

La crise politique dont nous ne voyons pas la fin, qui s’aggrave et dont le sommet de l’Etat est l’épicentre, est dominée par l’absence du Président qui n’est que l’ombre de lui-même, chancèle, s’affaisse, s’efface, n’incarne au quotidien aucune de ses fonctions, ce qui marque sa politique du sceau de l’échec.

Le président Bouteflika doit quitter le pouvoir qu’il ne peut plus exercer, et l’illusion qui est de laisser penser et croire qu’il se porte bien, assume toutes ses fonctions, contrôle et dirige tout, est un mensonge d’Etat. Son handicap rend indispensable son retrait de la vie politique du fait qu’il est dans l’incapacité d’assumer les hautes fonctions dont il a la charge, car il ne peut rien contre la loi biologique.

Réviser la Constitution pour désigner un vice-Président qui assumerait les fonctions du Président jusqu’à sa mort afin qu’il entre dans l’histoire comme immortel, car l’immortalité consiste à demeurer vivant, relève de l’imaginable. Le report de l’élection présidentielle serait injuste et anticonstitutionnel.

La présidence

La question posée est qui gouverne réellement le pays, qui est sans visibilité politique en l’absence du Président ? Qui détient le véritable pouvoir au sein du pouvoir ? Les décideurs, qui font fonctionner actuellement les institutions de l’Etat, se heurtent à une confrontation tantôt frontale, tantôt diffuse, avec une autre tendance qui tourne ou bloque leurs décisions.

Ce qui faisait la puissance du pouvoir, c’est que malgré des désaccords et des pratiques différentes, ses partisans avaient un langage commun.

Les acteurs du règne finissant, qui dirigent le pays, n’ont pas de stratégie politique, manquent de cohérence, ne se consacrent pas à l’orientation et à la rénovation des idées, et n’ont aucune relation forte avec les Algériens. L’unité des clans du pouvoir est disloquée, ils se divisent entre ceux qui veulent un peu de changement et ceux qui maintiennent le statu quo.

Ces clans ont des calculs et des ambitions personnelles, sont divisés, sont devenus rivaux, n’ont pas le même itinéraire, s’opposent même et la politique de certains d’entre eux donne une vision de l’avenir, thème central, omniprésent, obsessionnel, parce qu’il détermine le maintien ou la perte de leur pouvoir et de leurs richesses.

Il ne peut y avoir de synthèse entre leurs antagonismes. L’illusion de faire face aux défis auxquels le pays est confronté et qui passe par le renouveau politique, notamment la liberté et la justice, l’Etat de droit, par les tenants du pouvoir totalitaire actuel qui s’illusionnent eux-mêmes, n’est que désillusion, mensonge, incompétence et irresponsabilité.

Il fut s’occuper de l’Algérie qui va mal et a besoin des énergies populaires pour mettre fin aux dérives totalitaires du pouvoir qui dominent l’espace politique, et la redresser. Il existe dans l’opinion publique qui constitue la forme directe et moderne des citoyens, une forte volonté de changement de pouvoir pour établir la démocratie.

Pour cela, il faut une forte implication des jeunes dans la politique, car s’ils ne s’occupent pas de la politique, la politique s’occupera d’eux.

Ahmed Ouyahia candidat à la prochaine élection présidentielle ?

Du fait qu’il n’y a pas de consensus au sein du pouvoir pour le successeur du Président, a-t-il été choisi par le clan dominant ?

Il a de nombreux adversaires et en politique comme au football on ne fait pas de passe à l’adversaire. Ahmed Ouyahia, plusieurs fois Premier ministre, qui met en relief son expérience et ses talents d’administrateur, est brusque, tranchant, condescendant mais aussi timide et maladroit. Il a demandé aux walis après la lecture de la lettre du Président de mettre en place un système répressif pour neutraliser les manifestations, l’état d’urgence en premier qui a duré déjà 19 ans, 12 ans sous le règne du président Bouteflika, alors que le président français confronté à des manifestations populaires, en particulier celles des «gilets jaunes» a déclaré :

«J’ai décrété l’état d’urgence économique et social.» Pour régler le déficit budgétaire, le salaire des fonctionnaires, des retraités, il a fait appel à la planche à billets qui, comme un véhicule sans frein, mène le pays droit dans le mur, vers une solution à la vénézuelienne.

Les cris de colère des manifestants de Cevital à Béjaïa contre les investissements bloqués d’Issad Rebrab, industriel de renommée mondiale, qui veut investir dans son pays pour créer des richesses et de l’emploi.

Après la crise économique et sociale, car la fracture sociale ne cesse de se creuser, il y a crise humanitaire car les jeunes privés de travail, que Cevital et d’autres sociétés peuvent leur offrir, tentent de gagner l’étranger.

Les nombreux Algériens, hommes, femmes et enfants, prennent au risque de leur vie la voie de l’émigration et beaucoup se noient en mer. Les dirigeants du pays, qui ne sont pas représentatifs du peuple, n’agissent pas face aux tragédies qui se déroulent en Méditerranée, se rendent coupables de ne pas respecter les droits les plus basiques de la mer qui se transforme en véritable mer de la mort.

Le but du pouvoir est de réduire toute contestation, toute manifestation qui peut entraîner des conflits sociaux par l’asphyxie politique et judiciaire. Les journalistes, qui défendent la liberté d’expression et de la presse, les militants des droits humains, les jeunes qui n’ont pas peur, parlent et dénoncent l’injustice, sont dans le collimateur du pouvoir, déférés en justice, condamnés ou libérés.

Défendre toutes les victimes de la répression sans distinction ni exclusion est une obligation. La soumission organique et fonctionnelle de la justice au pouvoir exécutif, qui porte atteinte à l’indépendance des juges, est à l’origine des violations de la loi par les juges qui sont chargés de l’appliquer, ce qui s’appelle forfaiture.

La justice mise sous tutelle du pouvoir exécutif est déconsidérée, marquée par le désaveu des Algériens. Tout ce qui cède au rapport de force, au fait accompli, marginalise et humilie l’Algérien, est à condamner.

La solution de la crise par l’armée qui appartient à la nation, seulement à la nation, est une hypothèse qui relève du possible, du probable, mais qui n’est pas souhaitable et est condamnable. La solution est politique.

Les élections

La fraude électorale, vieille tradition coloniale bien intégrée dans les mœurs du pays, est au rendez-vous de toutes les élections.

Pour assurer aux partis de la majorité présidentielle une prolongation sans fin à la tête des institutions politiques de l’Etat, une seule condition, perpétuer le trafic des urnes.

Les professionnels de la politique, et surtout les stratèges qui conseillent les clans du pouvoir, savent que l’objectif commun de ces derniers est de gagner l’élection présidentielle de 2019 qui est décisive pour leur avenir.

A quelques encablures du scrutin présidentiel d’avril 2019, les électeurs savent que les élections seront manipulées comme d’habitude, et qu’ils ont le droit de voter, surtout de bien voter, non pas pour la rupture mais pour la continuité.

La prochaine élection présidentielle nécessite d’abord de faire la démonstration des fautes du pouvoir dans la préparation et la gestion de cette élection, de mettre en relief le scandale révélateur de la fraude électorale. Un tsunami politique est-il possible, qui créera un bouleversement qui balayera les partis de la majorité présidentielle, rongés par la corruption, le clientélisme, le clanisme…

L’élection présidentielle d’avril 2019

Cette élection n’a pas pour objet d’élire par les électeurs au suffrage universel, qui conserve le monopole de l’expression du peuple par des élections propres et honnêtes, un Président de leur choix, car le choix est fait à l’avance par les décideurs, mais seulement de le légitimer par un fraude électorale massive.

Quel président pour l’Algérie ?

L’Algérie a besoin d’un Président qui se sacrifie pour elle, mais qui ne la sacrifie pas pour lui. Elle est en crise et veut un Président de sortie de crise, au service du peuple dans sa diversité, rempart de l’humanisme, respectueux des libertés, favorable au progrès scientifique et technologique pour moderniser le pays, en faire un pays émergent et même développé.

La volonté commune des Algériens, en ce moment-clé de la vie politique où se joue l’avenir du pays, est de se donner par des élections propres un Président jeune, compétent, cultivé, démocrate de formation et de conviction, qui favorise l’émancipation des femmes, renforce la cohésion nationale et sociale, et agit pour remplir pleinement ses fonctions nationales et internationales.

Le mal dont le pays est affecté est le manque de démocratie. Est venu le temps de la discographie fondée sur l’intervention permanente de l’opinion publique dans les affaires publiques. Il est temps que le débat s’ouvre sur la démocratie après 20 ans d’un pouvoir finissant.

La démocratie, qui se confond avec la souveraineté du peuple, offre une place de choix au débat politique, sauve les institutions des dérives qui la guettent, permet à la pensée de se déployer dans toutes ses richesses et ses nuances, rend possible l’ensemble des libertés, l’émancipation de la femme qui a les mêmes qualités que l’homme et doit bénéficier des mêmes droits, fera de l’Algérie un pays moderne, émergent et même développé.

Construire une République fondée sur la démocratie juridique, qui consacrerait le régime du droit et de l’Etat de droit, apporterait à l’Algérie la stabilité et la crédibilité dont elle a besoin pour résoudre les défis auxquels elle est confrontée.

Par Ali Yahia Abdennour

Militant des droits de l’homme

**elwatan – lundi 31 décembre 2018

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Années Bouteflika,

**de l’impossible réforme et de l’émergence manquée

2019 est sans doute déjà une année perdue sur le plan économique en Algérie. Les cinq grandes réformes qui peuvent apporter un relais de croissance en 2021-22 lorsque seront épuisées les réserves de change sont impossibles à engager.

Il s’agit de la réforme du système financier qui modernise l’industrie du capital sur ses différents marchés, la réforme de l’investissement qui notamment rétablit l’attractivité de l’Algérie pour les flux mondiaux de capitaux, la réforme du système de l’affectation des ressources budgétaires qui modifie entre autres la part des subventions universelles et du soutien aux actifs publics défaillants, la réforme du dispositif de l’exportation qui redonne une chance aux exportateurs algériens, et la réforme de la fiscalité qui réduit la taille de l’économie informelle au profit de la croissance comptabilisée.

Impossibles ? Ces réformes contiennent en creux la sortie du modèle distributif clientéliste de base qui constitue l’armature du régime politique algérien. Il a montré une stupéfiante inélasticité au changement. Après 5 années de contre-choc pétrolier et quatre exercices budgétaires déficitaires, la réforme n’a pas gagné un pouce dans l’action économique du gouvernement. Pourtant sur chaque chapitre de réforme, les gains de moyens termes sont quasi évidents. Leurs torts ? Ils sont de moyens termes. Pas immédiats.

Or, le modèle distributif clientéliste de base ne se conjugue qu’au présent. Réformer le secteur financier et le moderniser affaiblit d’abord une partie de la base clientéliste du régime, avant de diffuser de l’efficacité dans le système, notamment en rendant plus fluide le financement de la croissance des entreprises et l’entrée-sortie des capitaux.

Réformer l’attractivité des IDE signifie accepter de lever le contrôle crypto-mafieux sur les partenariats entre les investisseurs étrangers et les investisseurs algériens. Cela affaiblit la famille dominante dans le court terme, même si dans le moyen terme cette réforme renforce le stock de capital étranger en Algérie tombé à son plus bas en termes de croissance ces quatre dernières années.

Et ainsi de suite. Chaque réforme ou presque peut avoir un coût politique de déploiement, passage contraint, avant des retombées en termes de performance macro-économique. Ainsi pour le budget de l’Etat que la réforme des subventions peut alléger d’autant de dizaines de milliards de dinars de gaspillage (énergie, eau, carburant, produits périssables, etc.). Cela implique une hausse des prix et un transfert direct d’argent vers des populations cibles ou l’institution d’un revenu universel direct (les deux réformes se défendent).

Personne n’a voulu prendre ce risque de la réforme depuis que les avertissements (Nabni, Care, le FMI, les think-tanks des partenaires souverains…), y compris celui de la task force auprès du gouvernement Sellal, disent que le modèle de la croissance par la seule dépense publique est en voie de se gripper. De ce point de vue, on peut historiquement considérer que le gouvernement du président Boumediène avait plus de flexibilité réformatrice que celui de Bouteflika-Ouyahia. En 1978, avant sa maladie à l’automne, face à la pénurie des produits agricoles, il avait décidé de restaurer la liberté de commerce pour les CAPCS, les structures de la Révolution agraire en charge de l’interface avec l’administration, les fournisseurs et le marché. Une mesure d’ouverture «marchande» dénoncée alors comme un virage à droite de Boumediène, par une partie de la gauche. Mais une mesure qu’imposait la chute dramatique des rendements qu’avait entraîné un système de prix fixes dans l’agriculture étatisée.

L’impossibilité d’engager en 2019 les réformes nécessaires à l’économie algérienne pour en préserver la balance des paiements n’est pas sans conséquences. Elle signifie que le choc de l’insolvabilité de 2021-22 sera plus violent. Et les capacités de lui faire face, plus faibles. Donc, obligatoirement plus dures pour la population algérienne. Ce scénario est clairement observé par les tenants actuels du pouvoir.

Il leur convient. Logique cynique du court terme politique. Objectivement, les années Bouteflika pourraient rester dans la postérité populaire pour les années qui ont vu les Algériens améliorer sensiblement leur niveau de vie. Et les années de l’après-Bouteflika, qui commenceront probablement avant le choc de 2021-22, resteraient comme les années où les Algériens se remettront à se paupériser. D’autant plus et à plus grande échelle, que le «standard» de leur vie aura été soutenu par l’argent public, la planche à billets et les réserves de change réunis. L’incertitude politique dans laquelle le projet du 5e mandat présidentiel engage l’Algérie et ses promesses d’impasse institutionnelle équivaut clairement à une hypothèque sur le moyen terme.

Les déficits de la balance des paiements et du budget vont accélérer la fonte des réserves de change et la production de fausse monnaie (plus de 40 milliards de dollars équivalents dinars depuis 20 mois). Donc amplifier le choc de l’impact de 2021-22. Engager les réformes n’éviterait pas le choc, car beaucoup d’années ont été perdues. Ils en réduiraient la nuisance dépressive sur l’activité économique.

Ce n’est pas ce scénario qui intéresse le régime Bouteflika. Mais le scénario inverse. Celui d’un semblant de statu quo transitoire en 2019, suivi deux ou trois ans plus tard par un effondrement des moyens de paiement qui rendra rétrospectivement heureuse l’ère de Abdelaziz Bouteflika.

D’un point de vue de sécurité nationale, il est urgent de retirer le pilotage «courtérmiste» de l’économie algérienne à un président de la république qui ne pense qu’à sa gloire éternelle. Et qui est prêt à débourser chaque année 30 milliards de dollars des réserves de change et l’équivalent en dinars imprimés en excédents uniquement pour préserver l’équilibre précaire qui peut lui permettre d’espérer mourir dans la fonction de président dans un pays socialement pacifié. Trop cher payé à l’échelle d’une nation.

En particulier, une nation qui a connu l’humiliation de l’insolvabilité, la déchéance de l’émeute, de la pauvreté et les débordements insurrectionnels d’une démocratisation manquée. Le statu quo sans réforme était déjà exorbitant avant la chute des prix du pétrole en 2014. Depuis, il porte un risque létal pour tout ce que le régime Bouteflika pense avoir bâti.

Car l’histoire ne se lit plus comme il y a un siècle. Les choix stratégiques en économie, les politiques publiques qui en découlent ne sont plus évalués sur leur effet de l’année. Plus personne ne parle de la même manière de certaines options des années Boumediène avec le recul de 4 décennies. Les années Bouteflika resteront sans doute pour l’éternité la double décennie de l’émergence ratée. Ce n’est pas une petite affaire.

C’est tout simplement 500 milliards de dollars de moins dans le PIB chaque année à partir justement de 2021-22, le moment où l’Algérie se remettra à la réforme. Cette fois sous la nécessité de l’économie monde. Comme en 1989-90. - EL KADI IHSANE  elwatan – 07 janvier 2019

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Classements internationaux de l’Algérie en 2018

La mauvaise gouvernance mise en évidence

Souvent décriés par les autorités algériennes, les rapports internationaux et autres classements traitant des différents indices économiques placent quasiment tous l’Algérie à la traîne des autres nations. Parmi les «premiers» pays en termes de corruption, l’Algérie est classée en 2018 parmi les pays où il fait le plus mal d’y vivre !

Compétitivité mondiale : 92e sur 140 pays

Dans son classement sur la compétitivité mondiale, le Forum économique mondial (WEF) a classé l’Algérie à la 92e place sur 140 pays étudiés. L’Algérie a obtenu la note globale de 53,8 sur 100.

Le Forum économique mondial s’est basé pour l’élaboration de ce classement sur 98 indicateurs répartis en 12 piliers, tels que : l’environnement favorable (institutions et stabilité économique), le capital humain (santé et compétences), le marché (sa taille et le marché du travail) et l’écosystème innovant.

Doing Business 2018: au 166e rang

L’Algérie a perdu dix places dans le classement Doing Business pour l’année 2018 et se situe au 166e rang sur 190 économies classées selon la facilité de faire des affaires dans cet indice, selon la Banque mondiale.

De la 156e place en 2017, le pays glisse de 10 rangs, après la baisse de sa note dans l’obtention de permis de construire (58,89 contre 71,02 en 2017). L’Algérie figure au 37erang sur 51 pays africains jaugés par le Doing Business 2018. Un climat des affaires exécrable, selon ces classements.

Corruption : à la 112e place

L’Algérie fait partie des pays les plus corrompus dans le classement mondial de la perception de la corruption dans 180 pays, publié par Transparency International. Elle occupe la 112e place.

Dans les pays arabes, les Emirats arabes unis, le pays le moins corrompu, occupe la 21eplace dans le monde, suivi du Qatar (29e) et de l’Arabie Saoudite (57e). En Afrique, les meilleurs élèves sont le Botswana (34e), qui arrive en tête, le Cap-Vert (48e) et le Rwanda (48e).

Internet : à la 175e place dans le classement mondial du débit

L’Algérie dispose d’une des connexions internet les plus médiocres au monde. Dans le classement «Worldwide broadband speed league 2018», qui établit annuellement un rapport sur les débits de pas moins de 200 pays, l’Algérie, avec une vitesse de téléchargement de 1,25 mbps (mégabits), s’est retrouvé à la 175e place.

Selon ce rapport, il faudrait 9 heures et 7 minutes pour qu’un internaute algérien puisse télécharger un film de 5 GB (giga bits), contre 11 minutes et 18 secondes seulement au Singapour, premier au classement, avec un débit de 60,39 mbps. Hormis le Yémen, dernier au classement, et l’Irak, 178e, tous les autres pays nord-africains et arabes devancent l’Algérie.

BAD : 4e puissance économique en Afrique

La Banque africaine de développement (BAD) a publié un rapport dans lequel figure le classement des pays du continent africain, selon leurs produits intérieurs bruts (PIB). L’Algérie est considérée comme l’un des pays riches d’Afrique par cette institution en se classant à  la quatrième place en Afrique.

Meilleurs pays du monde : dernière du classement

L’Algérie a été classée à la 80e et dernière place dans le classement des meilleurs pays du monde, selon le rapport des meilleurs pays 2018. Il s’agit d’un sondage de classement et d’analyse réalisé par U.S. News & World Report, du groupe BAV de R&Y et la Wharton School de l’université de Pennsylvanie.

Le classement évalue 80 pays selon un ensemble de critères, tels que la qualité de la vie, l’influence économique, le pouvoir dont bénéficient les citoyens, afin d’évaluer la façon dont ces pays sont perçus à l’échelle mondiale. La Suisse maintient son statut de meilleur pays du monde, alors que l’Algérie arrive en dernière position, derrière  la Serbie et l’Angola.**elwatan – lundi 31 décembre 2018

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Zine Barka. Professeur de finances publiques

«Le modèle économique adopté est inopérant et incapable de faire face aux retournements de conjonctures»

– Comment évaluez-vous la gestion des principaux dossiers économiques en 2018 ?

Faire un exercice d’évaluation de la gestion des principaux dossiers économiques en fin d’année peut paraître un peu comme défiant le bon sens et risque d’être incomplet. Néanmoins, la question est pertinente et mérite qu’on s’y attarde un peu. Pour y répondre objectivement et sans parti pris, il faudrait disposer d’un certain nombre de documents budgétaires relatant l’évolution périodique du budget de l’Etat.

Je fais mention ici des rapports de synthèse de l’exécution du budget, qui étaient produits tous les trimestres, avec un rapport annuel en fin d’année de mise à jour, et mis en ligne par le ministère des Finances.

Devant cette absence de visibilité de l’exécution du budget, notre regard se portera sur les données statistiques qui figurent dans le rapport de présentation du projet de loi de finances pour 2018 et les prévisions pour 2019-2020. L’examen des données contenues dans ce rapport très détaillé montre un certain nombre d’indicateurs inquiétants pour l’économie, et qui pourraient devenir une grande source de préoccupations pour la gestion des grands dossiers économiques qui bénéficient d’un financement public.

Les équilibres financiers internes risquent de connaître des tensions face à l’affaiblissement des ressources provenant des exportations d’hydrocarbures et dont les prix oscillent amplement et souvent en défaveur des pays producteurs de pétrole.

Certains indicateurs macroéconomiques connaîtront une baisse en 2018 par rapport à l’année 2017, comme le déficit budgétaire par rapport à la Production intérieure brute, qui passera de -5,4% en 2017, à -9,2% en 2018. Il en est de même du déficit du Trésor rapporté à la Production intérieure brute, qui passera de -5,6% en 2017, à -9,4% en 2018.

Les réserves de change continueront de baisser, passant de 96,9 milliards de dollars, à 84,6 milliards de dollars, en 2018. Un taux de change moyen de la monnaie nationale par rapport à l’euro en continuel glissement, passant de 125,32 en 2017, à 138,47, en 2018.

L’épuisement du Fonds de régulation des recettes déjà enregistré en 2017. Les hydrocarbures, qui continuent de représenter l’essentiel des exportations algériennes avec 93,84% du volume global en janvier 2018. Un prix moyen du baril de pétrole à 50 dollars, nettement inférieur au prix d’équilibre estimé à environ 100 dollars.

A méditer ces données, on conclut rapidement que le modèle économique adopté jusqu’à présent est inopérant et incapable de faire face aux retournements de conjonctures. La crise économique due à la baisse significative des prix du pétrole s’installe dans la durée, avaient reconnu, déjà en 2015, nombre de hauts responsables politiques.

Des mesures d’austérité ont été prises alors et qui sont principalement contenues dans la loi de finances pour 2016 et les autres qui s’ensuivirent pour faire face à la crise financière, comme la baisse, sensible, des dépenses publiques et le gel des recrutements dans la Fonction publique, une augmentation des prix des carburants, fortement subventionnés, l’introduction de nouvelles taxes frappant sévèrement les couches sociales pauvres et les classes moyennes, une restriction à l’importation, la création de monnaie par la Banque centrale à travers l’émission d’obligations d’Etat afin de réanimer l’économie.

Toutes ces mesures n’ont abouti qu’à des résultats très mitigés et sans grande efficacité sur la croissance économique qui demeure très faible, rendant l’économie de l’Algérie de plus en plus vulnérable. Les différentes réformes et politiques de libéralisation n’ont pas réussi à développer une économie productive susceptible de créer des richesses et des emplois et de réduire ainsi la dépendance à la rente pétrolière.

Le secteur privé ne se développe pas de façon à absorber rapidement une proportion importante des jeunes candidats au marché du travail, même si l’Algérie a amélioré son score dans le classement Doing Business 2018 de la Banque mondiale.

Ajouté à cela, l’absence d’un système bancaire et financier modernisé qui entrave également le développement économique du pays. Pour ne citer comme exemple que le marché parallèle, qui occupe une proportion considérable des activités et qui est estimé environ 45% du PNB.

En somme, ces indicateurs ne présagent nullement d’un futur meilleur, ils dénotent au contraire des inquiétudes futures issues de la gestion approximative des grands dossiers économiques de l’Algérie.

– Quid de la gestion des finances publiques ?

La gestion des finances de l’Etat reste et restera encore bien longtemps tributaire des rentrées de devises qui proviennent des exportations des hydrocarbures. Les lois de finances sont élaborées principalement en se basant sur le prix de référence du baril.

C’est l’indicateur-clé dans l’élaboration du budget de l’Etat. Il est estimé qu’un prix de référence de 100 dollars le baril est nécessaire pour équilibrer le budget. Or, le prix retenu pour 2018 et même pour 2019 n’est que de 50 dollars.

Ce qui laisse entrevoir encore des déficits budgétaires et la poursuite des mesures d’austérité déjà prises dans les lois de finances des années écoulées et qui vont pénaliser sévèrement les classes moyennes et démunies. Bien sûr, la voie du financement non conventionnel a été ouverte, même si c’est pour une durée limitée dans le temps, il n’en demeure pas moins que son recours a apporté une grande bouffée d’oxygène dans le financement des dépenses publiques.

Mais, au-delà de ces faits, ce qui semble paradoxal, c’est l’immobilisme des gestionnaires des finances publiques. Quand les prix du baril de pétrole s’envolent, c’est l’euphorie dépensière et une politique généreuse de distribution de la rente est entamée sans savoir l’utilité et les retombées de ces augmentations sinon pour donner plus de pouvoir d’achat à une population qui, dans sa grande majorité, en a bien besoin.

Les réformes fiscales et autres promises quand la situation financière était tendue sont vites mises aux oubliettes, car l’argent de la rente coule à flots. Et à l’inverse, quand la conjoncture internationale se retourne et provoque une baisse des prix des hydrocarbures, cela crée une panique au niveau des gestionnaires, car on ne sait plus construire un budget en adéquation avec une contrainte sévère de baisse du prix de référence des hydrocarbures.

Et on se met à annoncer des mesures, pour ne pas dire des réformes, pour augmenter la fiscalité ordinaire. Et ce sont les taxes qui vont prendre la pente ascendante. Une attention est portée au secteur informel pour trouver des solutions qui le soumettent à une imposition.

Il est demandé aux gestionnaires des collectivités locales de se montrer plus entreprenants dans la gestion de leurs localités afin de faire baisser les aides reçues de l’Etat, et bien d’autres mesures qui sont très vite oubliées quand les prix des hydrocarbures repartent à la hausse.

C’est le yoyo dans la gestion des finances publiques. Enfin, qu’en est-il de ce projet de modernisation du système budgétaire qui a fait longtemps la une des déclarations des responsables de ce secteur ? Et pourtant, à ce dessein, des conventions sont signées avec Bercy pour une assistance technique.

L’Union européenne accorde également des lignes de crédit au ministère des Finances algérien pour l’accompagner dans sa modernisation, mais ces crédits restent la plupart du temps inutilisés par méconnaissance des apports certains qu’une modernisation du système budgétaire pourrait apporter au pays en termes de crédibilité et de transparence budgétaire.

– Qu’en est-il, à votre avis, de l’utilisation du financement non conventionnel et de la politique monétaire au cours de l’année qui s’achève ?

Vous avez parfaitement raison de poser la question de l’utilisation provenant du financement non conventionnel. Cela fait un an (fin 2017) qu’il a été introduit en Algérie suite à l’amendement de la loi relative à la monnaie et au crédit. Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur le sujet.

Mon apport sera limité par conséquent. Ceci étant, le gouverneur de la Banque d’Algérie a apporté quelques indications très sommaires en présentant le rapport de son institution devant l’APN le 24 décembre 2018.

En s’appuyant sur les textes réglementaires régissant le financement non conventionnel, il réaffirme que l’utilisation de ces montants servira d’abord le Fonds national d’investissement, ensuite il permettra le rachat par la Banque d’Algérie des dettes du Trésor, dont l’origine provient de la politique des subventions, une autre fraction est octroyée à la Caisse nationale des retraites (CNR) pour régler ses dettes envers la Caisse nationale des assurances sociales.

Le taux de financement non conventionnel par rapport au Produit intérieur brut (PIB) représente près de 28%. Les spécialistes de la finance restent un peu sur leur fin en écoutant un discours très descriptif et loin de toute analyse appuyée par des données montrant le bilan de ce financement peu orthodoxe préconisé comme seul voie possible pour contourner la situation financière critique que l’Algérie a connue.

Le but ultime étant de ne pas arrêter l’investissement productif de nature à contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois. Ce n’est pourtant pas l’expertise au niveau de la Banque d’Algérie qui manque, rehaussée par les visites au FMI très fréquentes.

Quant à la politique monétaire, les résultats négatifs sont là, malgré «la baisse de la part des billets, qui est passée de 32,9% en décembre 2017, à 30,8% pour la même période de 2018, selon le gouverneur. En dépit de cette baisse, la part des billets dans la masse monétaire reste importante, avec quelque 5000 milliards de dinars».

Face à cette situation, où une masse importante d’argent est présente hors circuit bancaire, la responsabilité est mise sur le système bancaire, interpellé pour capter et canaliser cette masse monétaire qui viendra alimenter le secteur informel.

Quant à la «finance participative», une autre appellation de la finance islamique, les conditions d’exercice par les banques et établissements financiers sont encore au stade de l’élaboration de la réglementation.

En somme, on peut dire qu’il est devenu impératif de prendre des mesures et des dispositions pour mettre fin à la bureaucratie dans les banques, qui gênent l’accès des investisseurs aux crédits d’investissement.

Le moment est certainement venu pour procéder à la révision de la politique monétaire et économique de l’Algérie face à la fragilité de l’économie nationale.

– Comment s’annoncent les perspectives avec la crise, tant au niveau politique qu’économique ?

Je ne me risquerais pas volontiers de tenter de prédire ce que 2019 nous réserve. L’exercice est quasiment impossible, mais cela vaut tout de même la peine d’essayer.

Si 2018 fut une année politiquement agitée, 2019 ne devrait pas être en reste. Les incertitudes autour de la présidentielle vont dominer les premiers mois de l’année.

Beaucoup d’experts s’accordent à affirmer que des réformes structurelles s’imposent à l’économie afin de faire face aux dangers qui guettent l’Algérie. Ces préoccupations sont de plusieurs ordres, mais je n’en citerais que les principales à mon point de vue :

– D’abord, engager une réflexion autour des hydrocarbures à la lumière de la nouvelle loi qui sera connue bientôt. Comment assurer la pérennité de cette richesse naturelle non renouvelable et la mettre à la disposition d’un développement durable, équitable et inclusif.

– Ensuite, accélérer la réforme budgétaire, considérée comme la question pivot sur laquelle reposera tout projet de réforme de l’Etat. Ce projet, de nature à apporter des changements au niveau de tous les départements ministériels et qui a été initié au début des années 2000, peine à émerger dans sa forme finale et exécutable. Il apportera des transformations profondes dans le mode de gestion des finances publiques rétrogrades et archaïques suivies à ce jour.

– Enfin, sur le plan de la politique internationale, l’Algérie est confrontée progressivement, mais sûrement, aux défis de l’immigration. Nos frontières sont devenues une source de grande préoccupation pour la sécurité interne et également la stabilité régionale au sens large du terme. L’immigration véhicule un coût budgétaire, tout comme la surveillance et le contrôle de nos nombreuses frontières terrestres et maritimes.

** SAMIRA IMADALOU - *elwatan – lundi 31 décembre 2018

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