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un successeur à tout prix-3

21012019

** L’après- Bouteflika se dessine

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 **Vidéo:

*La cause principale de la décadence:

elfassad essayassy- le pouvoir corrompu

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*Quand la raison est absente, la force règne !

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un militaire sans formation politique,

n’est qu’un criminel en puissance

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*Si tu ne t’occupes de politique, c’est la politique qui s’occupera de toi 

*La tyrannie ne perdure que par le silence complice

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      *L’après- Bouteflika se dessine

Si le général-major Ghederi est un inconnu pour l’opinion publique, il bénéficie, d’ores et déjà, de deux vagues de sympathie, la première en critiquant ouvertement les deux piliers du système que sont le président Bouteflika et son chef d’état-major Gaïd Salah ; la seconde en se portant candidat à la présidentielle alors même qu’il ne bénéficie pas d’ancrage populaire et qu’il est issu du corps militaire.

Il prend même le risque d’affronter Bouteflika – si celui-ci opte pour un 5e mandat – et donc tout le système qui se mobilisera derrière lui. Tout cela distingue Ali Ghediri de l’ancien chef de gouvernement Mouloud Hamrouche qui, certes, a remis en cause le système actuel, dans ses fondements et sa philosophie, mais d’une manière toute théorique, évitant de pointer du doigt, directement, ses principaux piliers que sont notamment Bouteflika et Gaïd Salah. Ce que détestent les Algériens – et pas seulement – chez un homme politique, c’est son attitude passive, théorique et évasive, ménageant les hommes dont il dénonce les pratiques. En évitant de s’engager dans la compétition électorale, Mouloud Hamrouche ne fructifie pas le capital de sympathie issu de son passé de réformateur.

S’il ne présente pas sa candidature, il perdra l’occasion de se faire connaître par les nouvelles générations d’Algériens et surtout de signer son arrêt de mort politique. Ali Ghederi a fait preuve de courage et d’audace, deux qualités bien appréciées par la population, fondamentalement en quête d’hommes nouveaux, écœurée par tous les septuagénaires et octogénaires qui s’accrochent aux postes les plus élevés du pouvoir, la caricature le plus grossière étant évidemment Bouteflika lourdement handicapé, traîné en chaise roulante. Enfin son appartenance au corps militaire n’est pas nécessairement un handicap, elle ne l’est, aux yeux du commun des mortels, que lorsqu’elle est synonyme de corruption, d’abus de pouvoir et d’autorité. C’est pour son courage que le général Zéroual a été apprécié et plébiscité en 1996 en tant que Président en pleine tourmente terroriste.

Tout comme Boudiaf, moudjahid de première heure, volant au secours de l’Algérie naufragée. De par ses idées novatrices et démocratiques, Ali Ghederi apporte de l’antidote au système et un espoir pour les jeunes générations de voir l’Algérie entrer dans une phase nouvelle, celle du changement. En cela, il rejoint Ali Benflis, lequel vient d’annoncer qu’il renouera avec la compétition présidentielle. Fidèle avec lui-même depuis son basculement dans l’opposition, Ali Benflis apporte tout le poids de son expérience politique et de son engagement démocratique dans une compétition qui s’annonce prometteuse pour peu que le système «joue le jeu», c’est-à-dire ne favorise pas les candidatures de ses hommes, de Bouteflfika ou de son dauphin, et bien entendu ne cède pas à la tentation de la fraude électorale.

C’est difficile de croire que le système y renoncera, tant il redoute l’après-Bouteflika, c’est-à-dire le passage à une «nouvelle République» qui ne sera plus celle des clans et des intérêts financiers nourris à la rente pétrolière. Une «nouvelle République» restituée aux Algériens, du domaine du possible pour peu que se jettent dans la bataille tous les démocrates que compte le pays. La compétition électorale promet d’être féroce, mais cette fois-ci, elle vaut la peine d’être tentée, car ne subsiste plus le mythe d’un Bouteflika omniprésent, presque invincible auquel la population, presque par atavisme, donne sa voix automatiquement. Non, les Algériens ne confieront pas la destinée du pays à un homme cloué à son fauteuil roulant depuis cinq années, incapable de gérer au quotidien les problèmes complexes et lancinant que pose une nation de 40 millions d’âmes. Même ceux qui l’estiment le disent ouvertement et de plus en plus : Bouteflika doit quitter le pouvoir et se consacrer à sa maladie. Il a fait son temps, place à de nouvelles figures et à d’autres projets de société.*ALI BAHMANE - elwatan – lundi 21 janvier 2019

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*Vidéos: Zoubida Assoul : un 5e mandat de Bouteflika serait « irresponsable »

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Zoubida Assoul soutient la candidature de Ali Ghederi

Un ralliement de taille. L’Union pour le changement et le progrès (UCP), parti dirigé par l’avocate Zoubida Assoul, a décidé d’apporter son soutien à la candidature de Ali Ghederi à l’élection présidentielle d’avril prochain.

A l’issue de son conseil national réuni vendredi dernier, l’UCP a jugé que ce choix est dicté par la «concordance des visions entre l’UCP et le candidat indépendant Ali Ghederi sur les voies et moyens pour concrétiser cette rupture» avec le système politique dominant.

C’est le premier parti politique qui annonce son ralliement à la candidature de Ali Ghederi après celui apporté par des personnalités connues, comme le célèbre avocat Mokrane Aït Larbi. Sitôt la décision annoncée, la direction du parti de l’UCP a rencontré le comité de campagne de Ali Ghederi, sans doute pour discuter de la manière de coordonner les actions, notamment en cette période de précampagne.

Figure de l’opposition démocratique, Zoubida Assoul s’est rapidement imposée dans le paysage politique national par ses prises de positions vives. Une femme politique pugnace, audacieuse et toujours prête à en découdre. Cette ancienne magistrate, passée de l’autre côté de la barrière du tribunal en enfilant la robe noire de la défense, est une laïque assumée.

Elle estime : «La religion chez elle, l’Etat chez lui.» Une farouche adversaire des islamistes qu’elle n’hésite pas à affronter «face à face». Mais elle est surtout une opposante frontale au pouvoir politique en vigueur, elle milite pour un «changement radical de la gouvernance nationale».

L’appui de cette femme politique qui «va au charbon» est un atout majeur pour la campagne électorale de Ali Ghederi à laquelle elle donnera certainement de la vigueur. Par ailleurs, le parti, qui constitue un des piliers forts du mouvement Mouwatana (Citoyenneté), estime que l’échéance présidentielle «peut constituer l’opportunité d’une rupture avec le système en place et son mode de fonctionnement», malgré un contexte «caractérisé par l’opacité et l’absence de perspectives pour les Algériens et bien que les conditions objectives d’une compétition électorale honnête et transparente ne soient pas réunies».

Lors de sa conférence de presse hier au siège de son parti à Alger, Mme Assoul a rappelé les grands principes qui ont guidé le choix de l’UCP à soutenir la candidature de Ali Ghederi. «Une feuille de route commune», dit-elle. Il s’agit, entre autres, de «construire la nouvelle République, basée sur l’Etat de droit et des institutions à travers une Constitution adoptée par voie référendaire et qui répond aux attentes de tous les citoyens et relever les défis majeurs de l’heure.

Consolider la pratique démocratique et renforcer les libertés individuelles et collectives, à travers la refonte de tout l’arsenal juridique encadrant l’action politique et garantissant l’alternance au pouvoir», comme indiqué dans le communiqué final sanctionnant les travaux du conseil national du parti.*HACEN OUALI – elwatan- dimanche 03 février 2019

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Soufiane Djilali, président de Jil Jadid :

«Il faut aider le système à s’en aller» 

04 FÉVRIER 2019 – elwatan

L’option d’un 5e mandat pour le président Bouteflika, à la tête du pays depuis 1999, serait une «catastrophe» pour l’Algérie, a mis en garde, hier à Alger, Soufiane Djilali, président de Jil Jadid (Nouvelle génération), tout en appelant de ses vœux à faire hâter le départ du régime.

«Alors que l’Algérie, plongée dans la tourmente, et au milieu de ses défis internes et externes, de ses besoins assez extraordinaires, on nous demande d’accepter le fait accompli, où les Algériens sont amenés à saluer une image.

On humilie le peuple en lui imposant un homme qui ne peut ni parler, ni discourir, ni lire un document, ni agir. Autour de cet homme, on distribue des prérogatives hors-Constitution et on gère le pays comme on gère une épicerie», a dénoncé Soufiane Djilali, invité du forum du quotidien Liberté.

Et d’ajouter : «Alors que le pays a besoin d’un homme qui travaille 16h par jour, qui prenne à bras-le-corps les problèmes, qui rassemble le pays, qui arrive à donner de l’espoir, un homme qui soit apte pour les enjeux dans le monde, qui soit un patriote qui défende le pays, tout simplement, un homme vivant, et bien, on veut nous faire croire que l’Algérie pourrait être gérée simplement par des mots, que le pays peut être géré par un homme inexistant.» En direction des tenants du pouvoir, Soufiane Djilali a fustigé ceux qui ont plongé le pays «dans le non-sens, l’absurde, l’illusion et l’inconséquence».

«Alors, il faut qu’on dise non ! Il faut qu’on refuse cet état de fait, qu’on n’abdique pas, qu’on montre qu’il est temps qu’il s’en aille.

Il faut aider le système à s’en aller», a-t-il insisté. Cette sortie publique de Soufiane Djilali intervient au lendemain de l’annonce officielle de quatre partis de la coalition au pouvoir de leur soutien à une candidature du président Bouteflika, pourtant diminué par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral dont il a été victime en 2013. «Ce sont des fantoches.

Ce sont des gens qui sont au service de leurs intérêts. Ils n’ont aucune vision de l’avenir. Comme Ouyahia, ils sont très nombreux ! Malheureusement, ils nichent au sommet de l’Etat. Ce sont ceux-là qui doivent partir.

C’est là où je dis qu’il y a un complot contre l’Etat et que j’accuse Bouteflika d’avoir comploté contre l’Algérie, lorsque l’on met devant l’opinion publique des hommes sans envergure, sans compétence. Quelle image on donne aux jeunes Algériens ? Ils sont complices.

Ils ont pris en otage un homme, parce que lui-même est otage de lui-même. Je n’absous pas Bouteflika, parce qu’il a eu un fantasme qui est celui de mourir Président. Le reste ce sont des brigands. Ils savent tous qu’ils sont dans la forfaiture. Ils savent tous qu’ils sont en train de mener le pays à la casse», a-t-il encore accusé.

Interrogé à propos de la candidature du général à la retraite Ali Ghederi, le coordinateur national de Mouwatana a estimé que si son mouvement peut apprécier le programme d’un candidat, cela ne veut pas dire en faire un comité de soutien. Selon lui, les idées de Ghederi sont identiques à celles de son parti. «M. Ali Ghederi a un certain nombre de qualités qui, peut-être, peut réunifier.

La classe politique libérale peut ressentir que c’est un homme qui peut la tracter, qui peut faire basculer une bonne partie du système, pour qu’il y ait un départ d’un régime, mais pas l’effondreront d’un Etat (…).

Le peuple est dans un tel état de refus de ce qui se passe qu’il a besoin de croire en quelque chose. On lui dit que cet homme peut mettre fin au 5e mandat, le peuple en a envie. On ne va pas aller contre cette envie-là ! Nous, on ne construit pas par rapport à des positions personnelles (…).On n’attend ni postes, ni négociations. Si M. Ali Ghederi serait élu, j’applaudirai.

Mais, je tiens à rappeler que Mouwatana reste une entité autonome et libre», a-t-il expliqué. Par ailleurs, le conférencier est revenu sur le soutien de Zoubida Assoul, présidente de l’Union pour le changement et le progrès, au candidat Ali Ghederi.

Expliquant avoir appris l’information via les médias, il a noté que cette décision peut prêter à confusion. «Si moi, coordonateur du mouvement, devais soutenir un candidat, je prendrais mes responsabilités quant à la position que j’occupe à Mouwatana», a-t-il expliqué, en rappelant que le mouvement avait annoncé en janvier que ses membres et les partis qui y adhèrent étaient libres de soutenir tel ou tel candidat.

Ceci dit, «Mouwatana doit garder sa souveraineté et son indépendance, car si Mouwatana entre dans la bataille électorale, il perdra son indépendance», a-t-il souligné.

Et d’exprimer son souhait que les politiques devraient se retirer de la direction du mouvement pour laisser la place à de nouveaux visages. Les membres du mouvement se réuniront, selon lui, dans les prochains jours pour statuer sur ce contretemps.

*HOCINE LAMRIBEN – elwatan- lundi 04 février 2019

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***Le mur du son

Une lettre, des mots, quelques vagues promesses, toujours les mêmes, et un argument, à l’identique, ces «nombreuses voix au sein de la classe politique et de la société civile à encore me solliciter pour poursuivre ma mission au service de la patrie». Mais le Président n’a toujours rien dit concernant sa candidature, de même que pour son frère, détenteur du pouvoir réel mais qui n’a jamais parlé en 20 ans de service.

Peut-on diriger et refuser de s’adresser à son peuple ? Oui, par des non-dits, dans un langage des sourds-muets et une gestuelle destinée à l’homme de l’intérieur, trop loin pour entendre et pas assez proche pour comprendre. Dans ces conversations muettes, où le régime se parle à lui-même, à peine audible mais qui sait faire du bruit quand il s’agit de rassembler les troupes autour du bendir, on n’entend finalement que le silence assourdissant de tous ceux qui sont contre ce 5emandat.

Mais au milieu des chuchotements apeurés et gémissements de douleur des résignés, on a déjà oublié que l’Algérie est de culture orale, vaste terre du verbe où la parole est centrale et le goual maître de cérémonies. C’est d’ailleurs le Président, ex-grand bavard qui ne parle plus, qui a fait de tamazight, langue non écrite mais vivante depuis des milliers d’années, une langue écrite que personne ne sait lire, accrochée aux frontons des administrations comme des slogans de campagne destinés aux extraterrestres.

Langue muette, dirigeants sourds et peuple aphone se sont furtivement rencontrés à l’abri du brouhaha mondial pour ne rien se dire, l’oreille attentive aux bruits de bottes et au cliquetis des chaînes dans les cachots. Les grandes douleurs sont muettes et c’est ainsi qu’on a silencieusement placé un cadre à la place d’un corps, une Image fixe pour remplacer le mouvement et une lettre pour compenser la voix. Des promesses à la place d’actions, du passé pour tuer le futur, de la maladie comme programme. L’Algérie vient de franchir le mur du son. Mais dans l’autre sens.*Par CHAWKI AMMARI – elwatan – mardi 12 février 2019

*****Une faute politique et morale

La première question qui vient à l’esprit, en égrenant les vastes chantiers politique, économique, social et culturel contenus dans la lettre adressée aux Algériens et accompagnant l’annonce officielle de la candidature de Bouteflika à l’élection présidentielle, est de savoir où le candidat-président va-t-il puiser l’énergie qu’il n’a plus aujourd’hui du fait de son état de santé pour engager ce challenge homérique qu’il n’a pas réalisé en 20 ans de règne ? Bouteflika lui-même reconnaît, pour la première fois publiquement, qu’il n’a plus la santé d’avant.

Les derniers mois de ce mandat finissant furent une épreuve morale pour l’opinion nationale face aux images insoutenables montrant un Président usé jusqu’à la corde, contraint et forcé d’assurer des obligations protocolaires, juste pour la forme, comme une preuve de vie, en puisant dans ses dernières ressources. Le cauchemar ne semble pas près de s’arrêter avec la fin du 4e mandat.

Les Algériens ont été raillés, touchés dans leur amour-propre et leur dignité cinq années durant par des commentaires peu amènes venant pas seulement de milieux étrangers hostiles à l’Algérie, ce qui n’a rien d’anormal, mais aussi de pays et de personnalités amis de l’Algérie, qui ont du mal à comprendre et s’expliquer ce qui se passe dans la tête des dirigeants algériens pour jouer avec une telle légèreté avec le feu, avec la stabilité du pays et, pour tout dire, l’honneur des Algériens.

Car c’est de cela qu’il s’agit aujourd’hui. En effet, pour beaucoup d’Algériens, le pouvoir n’est plus dans le registre de la politique pour avoir foulé aux pieds, de manière outrageante, les règles les plus élémentaires de l’éthique et de la gouvernance.

Pour des raisons objectives liées à la maladie du Président, la candidature pour le 5e mandat est ressentie, en effet, par une partie de l’opinion, comme une atteinte à la dignité nationale, à la fierté légendaire de l’Algérien qui n’accepte pas d’être raillé, diminué, touché dans ses référents historiques de peuple valeureux, fier, rebelle, toujours debout.

D’ailleurs, signe symptomatique de ce malaise populaire qui ira sans doute en s’amplifiant dans les jours et semaines à venir, le débat sur la présidentielle qui s’est subitement emballé au sein de l’opinion et de la blogosphère après l’annonce de la candidature de Bouteflika, s’est focalisé essentiellement sur la santé du Président, ignorant superbement les promesses électorales présentées pourtant comme le chantier du siècle du locataire d’El Mouradia.

La vidéo poignante de la chanteuse Fella Ababsa en larmes, mise en ligne, interpellant les instigateurs du 5e mandat, en ciblant particulièrement le chef d’état-major, le général de corps d’armée Gaïd Salah, est un pur concentré du sentiment de profond désarroi et de meurtrissure que cette candidature a suscité dans une partie de l’opinion.

Cette histoire de 5e mandat est à la fois une faute politique et morale qui sera portée au discrédit du règne controversé de Bouteflika, qui a traversé presque un quart de siècle pour ne laisser que l’image paradoxale – compatissante face à sa maladie et peu valorisante sur sa vision du pouvoir – d’un Président enivré par les lambris du palais présidentiel. Le 4e mandat, imposé dans les conditions que l’on sait, était déjà considéré, par beaucoup, comme le mandat de trop.

Ce débat vicié va encore polluer indiscutablement la prochaine mandature si Bouteflika est reconduit dans ses fonctions. Ce qui, logiquement, ne devrait pas poser problème. A-t-on déjà vu un candidat du pouvoir trébucher devant l’urne ?

*OMAR BERBICHE - elwatan – mercredi 13 février 2019

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La «rue» en colère gronde

Jamais depuis l’indépendance une élection n’a été aussi controversée que celle qui doit se dérouler au mois d’avril prochain. Contrairement à ses devancières, celle-ci laisse perplexe devant la complexité d’une échéance qui fait craindre bien des dérapages. Beaucoup d’incertitudes planent sur le scrutin, à telle enseigne que chaque acteur, chaque intervenant, qu’ils soient dans l’opposition ou parmi les prétendants à la candidature, sont désorientés par ce que l’on peut appeler une navigation à vue et en manque flagrant de visibilité.

Alors que les partisans du Président sortant ont mis d’ores et déjà en branle leur machine de guerre, s’appuyant, bien entendu, sur les moyens de l’administration et de l’Etat, un passage en force est déjà à craindre. L’aspect financier de cette candidature semble être clairement réglé.

Les oligarques et autres «bienfaiteurs intéressés» y pourvoiront infailliblement sur leurs propres deniers. L’enjeu est important pour eux, puisque il s’agit à tout prix de maintenir en place un homme et un système qui servent merveilleusement leurs appétits féroces. Un soutien actif est aussi à attendre du côté des médias publics (c’est une évidence) et privés (quasi-instigateurs du folklore des candidatures amusantes observées aux alentours du palais du gouvernement) pour mettre en valeur les «grandes réalisations» boutéflikiennes et donc l’utilité de sa pérennité.

La vérité est que le postulant soutenu pour un 5e mandat, dont les cercles nationaux et les chancelleries se posent la question de savoir s’il jouit de toutes ses capacités physiques et intellectuelles, ne sait pas qu’il mène le pays à l’impasse. Dans leur désir de tout aplatir sur leur passage, certains de ses soutiens font carrément dans l’intimidation envers tout ce qui peut se mettre en travers de leur dessein.

Ouyahia a menacé «la rue» et Gaïd Salah a mis en garde «l’ennemi intérieur». L’un et l’autre ont omis de citer cet antagoniste par son nom : le peuple. En ces temps de récession et face aux grands périls, les populations semblent marquer le pas devant l’arrogance officielle par une sorte de fatalisme qui anesthésie en eux toute velléité de contestation bruyante.

*OMAR KHAROUM - elwatan – jeudi 14 février 2019

***Des voix de plus en plus nombreuses expriment le rejet d’une candidature du Président sortant à un 5e mandat à la tête de l’Etat. Ali Benflis déclare douter de l’authenticité  du message «attribué» à Bouteflika, alors que le mouvement Mouwatana appelle à une journée de protestation le 24 février 2019.

«Le Président est absent depuis des années à cause de la maladie. Ce sont ces forces extraconstitutionnelles qui se sont accaparé les centres décisionnels qui sont derrière ce 5e mandat. Et je n’accepterai jamais cela», a déclaré l’ancien chef du gouvernement.

Le président du parti Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, persiste et signe : «Le 5e mandat propulsera le pays vers l’inconnu.» L’ancien chef du gouvernement s’est exprimé, à ce propos, sur la lettre-programme de Abdelaziz Bouteflika, rendue publique il y a trois jours via l’agence officielle. D’après lui, «il y a un problème d’authentification de la signature de la lettre d’intention»«Une lettre a été rendue publique il y a trois jours.

C’est une lettre attribuée au chef de l’Etat. J’ai des questionnements par rapport à son contenu. C’est un problème d’authentification de la signature. Qui est derrière cette lettre ? Si elle était du président, qu’il parle au peuple», a déclaré Ali Benflis à la chaîne de télévision France 24. En d’autres termes, le premier responsable du parti Talaie El Hourriyet serait convaincu que ce n’est pas Bouteflika qui en est l’auteur.

Du moins, il émet de sérieux doutes. A cet effet, celui-ci a réaffirmé, encore une fois, que «ce sont des forces extraconstitutionnelles qui sont derrière ce cinquième mandat»qui représente, d’après lui, «un saut vers l’inconnu». «Le Président est absent depuis des années à cause de la maladie. Ce sont ces forces extraconstitutionnelles qui se sont accaparé les centres décisionnels qui sont derrière ce 5e mandat. Et je n’accepterai jamais cela.

Ce n’est pas un 5e mandat de Bouteflika, c’est un 1er mandat de ces forces extraconstitutionnelles», a-t-il déclaré à ce propos. Et ces «forces extraconstitutionnelles», qui «ont bénéficié d’avantages durant ce 4e mandat, ont intérêt donc à rester dans le centre de décision», ce sont «les forces de l’argent sale, des médias corrompus et de tous ceux qui profitent de l’absence du Président».

Pour ce qui est de la proposition faite par Abdelaziz Bouteflika d’organiser une conférence nationale et de procéder à une révision de la Constitution s’il est élu, contenus dans cette lettre «non identifiées», Benflis s’est demandé «si c’est possible qu’après vingt ans de gouvernance, on s’adresse au peuple pour lui dire qu’on va réussir à faire durant le 5e mandat ce qu’on n’a pu faire durant les quatre précédents ?»

Pour ce qui est de la Constitution, le président de Talaie El Hourriyet a tenu à rappeler que celle-ci «a déjà été révisée durant les deuxième, troisième et quatrième mandats», et d’ajouter que «les mêmes promesses de réforme ont été faites lors de ces mandats», notamment dans «la lettre du quatrième mandat».

Quant à un prétendu «soutien» de l’Etat français à un 5e mandat, Benflis dira ne pas détenir d’informations dans ce sens. Au vu de tous ces éléments, le président de Talaie El Hourriyet se présentera-t-il quand même à l’élection présidentielle, lui qui a retiré les formulaires de parrainage ? L’ancien chef du gouvernement a encore une fois rappelé que c’est au comité central de son parti, qui se réunira à la fin du mois en cours comme il l’a indiqué, de prendre la décision qui s’impose.

En tout cas, eu égard à la position d’Ali Benflis par rapport au «5e mandat», il est fort à parier que Talaie El Hourriyet fera l’impasse sur cette élection présidentielle, même si Ali Benflis affirme qu’il soutiendrait une candidature unique de l’opposition si jamais il y aurait un consensus autour de cette question. *ABDELGHANI AICHOUN - elwatan – jeudi 14 février 2019

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Marche contre le 5e mandat à Kherrata 

un successeur à tout prix-3 kherrata-manifManifestation contre le 5e mandat à Kherrata (Béjaia). 
 

*elwatan- 16 FÉVRIER 2019 À 17 H 45 MIN

Des centaines de personnes ont marché, aujourd’hui samedi, à Kherrata dans la wilaya de Béjaia, pour exprimer leur opposition au 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

La marche, qui a commencé au centre ville de Kherrata vers 10h00, a drainé une grande foule, environ un millier de personnes de tous les âges. Les manifestants, munis de drapeaux noirs, ont scandé des slogans hostiles aux dirigeants du pays tel : « Y’en a marre de ce pouvoir ». Ils ont brandi des pancartes et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « je suis Algérien, je suis contre le 5e mandat », « pouvoir assassin » ou encore « le mandat de la honte ».

La marche, organisée suite à un appel lancé par des jeunes de la région dont des médecins, architectes…, s’est déroulée en « l’absence totale » des forces de sécurité, a appris Elwatan.com auprès de sources locales.

Il est à signaler par ailleurs que deux jeunes qui manifestaient avec une banderole sur laquelle ils ont écrit «  Non au 5e mandat » ont été arrêtés aujourd’hui au centre ville de Bejaia.

Aujourd’hui également, un rassemblement contre le 5e mandat a été organisé à Ain Beida (Oum El Bouaghi).

**FAROUK DJOUADI - elwatan- samedi 16 février 2019

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Gaïd Salah et Noureddine Bedoui les qualifient «d’ennemis intérieurs»

Menaces et accusations contre les opposants au 5e mandat

Ennemis de l’intérieur», «ingrats» et «ceux qui se nourrissent de rêverie et d’illusions»… Ce sont les quelques qualificatifs utilisés, mercredi dernier, par le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, qui s’implique ainsi dans le débat politique qui précède la précampagne pour la prochaine présidentielle.

Intervenant en marge de sa visite à la 5e Région militaire à Constantine, l’homme, qui ne cesse de susciter la colère des acteurs de l’opposition, depuis notamment 2014, en raison de son envahissement de la scène politique, adopte carrément un ton menaçant à l’égard des éventuels opposants au 5e mandat.

En tout cas, son intervention est interprétée ainsi par l’ensemble des observateurs de la scène nationale. Sur les réseaux sociaux et même publiquement, ces derniers affirment que le «discours du patron de l’ANP» est la «preuve» que l’armée «ne respecte pas le principe de la neutralité et qu’elle fait même de la politique». Certains acteurs y voient aussi un soutien franc d’Ahmed Gaïd Salah au 5e mandat du président Bouteflika.

C’est le cas de la secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune : «Même le chef d’état-major, lui aussi, est rentré dans la campagne politique pour un nouveau mandat pour le président de la République», dénonce-t-elle, en rappelant l’engagement pris par le patron de l’armée il y a seulement quelques semaines. «Le chef d’état-major avait déclaré récemment que l’armée ne s’ingérera pas dans la politique et ne permettra à personne d’entraîner l’institution dans ce domaine, en rappelant ses missions constitutionnelles. Où est la neutralité de l’ANP après cette nouvelle intervention ?»s’interroge-t-elle, à l’ouverture, hier à Alger, de la réunion de son bureau politique.

Fabriquer des «menaces internes»

Le vocabulaire de Gaïd Salah est vite repris, cette fois-ci, par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui. Ce dernier met en garde sévèrement contre «toute tentative de sabordage de la présidentielle» et menace d’agir contre les «ennemis de l’Algérie» qui, selon lui, «parient sur le fiasco du rendez-vous électoral».

Ces réactions rappellent celles enregistrées à l’occasion de la présidentielle de 2014. Pour diaboliser et tenter de discréditer les opposants à leurs plans, les tenants du pouvoir n’hésitent pas à fabriquer des «menaces internes et externes». Déniant le statut de «partenaires politiques» à tous les partis de l’opposition, ces derniers les désignent comme «sources de danger».

Et ils mettent, ainsi, en branle la machine de propagande visant à les disqualifier, tout en rappelant «l’acquis de la stabilité». Même les candidats n’avaient pas échappé, rappelons-le, à cette entreprise. Ali Benflis avait fait les frais de cette machine de diabolisation.

Après un acharnement des médias pro-pouvoir contre sa personne, l’actuel président du parti Talaie El Houriyet – à l’époque, il était candidat indépendant – a été accusé même «de terrorisme» par le président sortant qui s’est plaint de lui devant un invité étranger. La séquence est diffusée largement par les médias publics. C’est dire que pour contrecarrer tout changement, les tenants du pouvoir mobilisent tous les moyens de… l’Etat. * MADJID MAKEDHI  -  elwatan- samedi 16 février 2019

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Les frères Bouteflika ont pourtant dit non !

*Manipulations, intox et désinformations 

Vous pensez être en 2019, on vous dit non. Vous êtes toujours en… 2014. Car c’est à l’échéance du 4e mandat que l’horloge du clan présidentiel s’est arrêtée. Si on prend la machine à remonter le temps, on s’aperçoit en effet que l’immobilisme, la fumisterie et la violence despotique demeurent les principales vertus du pouvoir en place, malgré toutes les pressions morales, politiques et économiques qui s’exercent sur lui pour l’amener à s’ouvrir sur les réalités algériennes du monde contemporain.

En 2014, rappelez-vous, c’était la même atmosphère viciée qui entourait l’élection présidentielle lors de laquelle Bouteflika, impotent et déjà sur chaise roulante, très malade et incapable de prononcer une phrase complète, s’était engagé bien malgré lui. C’était aussi le même personnel de l’intendance et de la logistique qui était à la manœuvre pour faire tourner la mécanique électorale.

C’était enfin le même climat de terreur qui régnait pour éliminer le moindre grain de sable. Cinq années après, la similitude des scénarios pour formaliser le scrutin est tout simplement stupéfiante, comme si le temps était resté suspendu. On a repris les mêmes ingrédients pour une opération qui semblait inachevée, même si, entre-temps, l’état de santé du «leader bien-aimé» a dramatiquement dépéri.

Le fait de remettre en selle un homme comme Sellal, l’ancien Premier ministre qui n’en finissait de se morfondre dans son purgatoire, pour animer la campagne électorale à la place du président sortant, est la preuve que les maîtres du jeu qui dominent la scène politique par l’abus de pouvoir, la fourberie et les artifices, n’ont aucun esprit inventif pour s’adapter intelligemment aux conjectures temporelles et à l’évolution de la société, et que faute de projections innovantes n’ont d’autre alternative que de s’accrocher à la seule branche salutaire qui leur reste, celle du statu quo, pour maintenir certains équilibres indispensables de survie.

Sellal ressuscité à partir de la fameuse matrice qui sert à recycler les laissés-pour-compte du sérail, sanctionnés pour avoir dévié un moment de leur carrière de la trajectoire, est à ce titre le symbole frappant de cette sclérose ambiante qui empêche le pays de respirer et sur laquelle investissent encore en toute impunité les puissants du système.

A la veille de cette échéance présidentielle qui ne porte en elle aucune perspective de changement sinon de graves menaces d’implosion dans un pays bloqué et étouffé de partout, c’est la nette impression d’un remake encore plus grotesque qui domine.

Ils sont en tout cas tous là, toujours aux commandes, ces indéboulonnables caciques, pour nous faire de la prestidigitation – que Amar Ghoul dans sa débilité politique appelle «fête démocratique» – dans le seul but d’assurer leurs arrières en mettant en avant un postulant qui avait pourtant lui-même, à la fin de son deuxième mandat, donc avant le discours de Sétif, pris le Bon Dieu à témoin pour dire aux Algériens que dix années de règne suffisaient largement à son ambition. La vidéo qui témoigne de cet aveu existe et fait actuellement le tour des réseaux sociaux.

Il faut dire que le coup de force tenté par tous les acharnés du 5e mandat, à leur tête Ahmed Ouyahia – alors qu’il avait publiquement rejeté la quatrième mandature qu’il avait qualifiée en privé d’«insensée» –, a quelque chose d’énigmatique à partir du moment où on sait maintenant, par plusieurs sources et par recoupement des informations se rapportant sur le sujet, que le principal intéressé n’a jamais montré une quelconque obsession pour conserver le pouvoir à tout prix.

Il faut revenir aux propos tenus par le chef du MSP après sa rencontre secrète avec le frère du Président pour essayer de démêler l’écheveau. Il ressort, selon les révélations qu’il avait faites sur son blog, que ce dernier lui avait clairement signifié que la famille Bouteflika était opposée à une nouvelle candidature présidentielle et que seule l’intéressait une sortie honorable du Président malade et gagné par l’âge.

Saïd Bouteflika, aux dires de Mokri, reconnaissait que son frère dans son état ne pouvait plus assumer les lourdes tâches de l’Etat. Ces affirmations sont relayées par le leader du RCD, qui nous apprend que d’après des sources crédibles, il n’a jamais été question pour la famille de Bouteflika de se lancer dans ce 5e mandat qui fait aujourd’hui polémique.

Si telle est donc la vérité – que les intéressés n’ont à aucun moment démentie –, qui serait alors derrière le forcing pour introniser un président sortant qui n’a plus les capacités de relever le défi ? L’entreprise, assurément, paraît complètement schizophrénique puisqu’on assiste à une sorte de substitution par procuration qui n’a jamais été validée. Mais la question reste de savoir pourquoi les frères Bouteflika se sont laissés entraîner dans cette aventure malgré leur refus et quel poids finalement ont-ils sur l’échiquier politique, alors qu’on prêtait au frère conseiller des pouvoirs exorbitants qui pouvaient lui assurer à tout le moins le respect de sa décision.

D’un autre côté, l’on s’interroge de plus en plus sur le rôle qu’est en train de jouer le Premier ministre dans cette affaire en misant coûte que coûte sur la carte du 5e mandat alors qu’il sait au fond de lui-même que la mission est insoutenable pour Bouteflika.

Il y a trop d’opacité pour saisir les nuances de cette expédition électorale, mais les manœuvres dilatoires des caciques pour aussi dangereuses qu’elles puissent être, ne seront jamais annonciatrices de bonnes nouvelles pour le pays. Ouyahia a été particulièrement arrogant, virulent, méprisant lors de sa dernière sortie médiatique. Pour quelqu’un qui a trempé dans la diplomatie, il a plutôt frayé au niveau des pâquerettes en tenant un langage guerrier, pour semer la terreur dans les rangs des partis de l’opposition, de la société civile et des médias indépendants. Les propos sont chargés de menaces gravissimes de la part d’un responsable qui doit prôner la modération et l’esprit de confrontation pacifique.

En plus des inepties livrées au public qui montrent que le personnage n’a ni argument politique solide ni une quelconque dimension politique au-delà de la réputation surfaite qui lui a été confectionnée, il a affiché une outrecuidance qui a aggravé son impopularité, ce qui a fait dire à certains observateurs qu’il est en train de se couler lui-même.

Restent toutes les manipulations et le flot d’intox et de désinformations qui accompagnent cette élection présidentielle. Et là, nous ne pouvons passer sous silence les envolées pitoyables du rédacteur en chef d’un site électronique mis au service du clan présidentiel, qui a trouvé depuis peu refuge dans le petit écran de Hichem Aboud, Amel TV. Voilà un personnage qui pense détenir toutes les vérités et qui, pour se faire entendre, n’hésite pas à lâcher les pires calomnies sur les autres pour se valoriser.

Il a ainsi traité, tout comme Ouyahia d’ailleurs, notre journal d’«anti-Bouteflika primaire» et, plus grave, de coller à celui-ci l’étiquette de «pro-DRS» sur la base de simples interjections assassines dans une discussion de café qui roulait très bas. Heureusement que le patron de cette chaîne, qui tarde à trouver ses marques, l’a remis professionnellement à sa place en lui suggérant de «rester calme petit, ce n’est pas de cette façon que tu grandiras dans le milieu de la presse». Merci Aboud pour ton honnêteté.*Par A. MERAD -  elwatan- jeudi 07 février 2019

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Six personnalités et cinq partis ont déjà retiré les formulaires :

  Des candidats potentiels, des indécis et des absents

 *Par SALIMA TLEMCANI - elwatan- 21 JANVIER 2019

Quarante-huit heures après la convocation du corps électoral, le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, fait état d’un premier bilan des candidatures potentielles pour le scrutin présidentiel d’avril 2019.

Ainsi, six personnalités, dont les noms n’ont pas été divulgués, et cinq partis politiques – le Front El Moustakbal de Abdelaziz Belaïd, Talaie El Hourriyet de Ali Benflis, Rassemblement algérien, Ennasr El Watani et le Parti des jeunes démocrates – ont retiré les formulaires de candidature. Pour l’instant, deux personnalités, le général-major à la retraite Ali Ghediri et Ali Benflis, ont précisé publiquement leur position par rapport au scrutin présidentiel du 18 avril prochain. Le premier a annoncé publiquement sa candidature, alors que le second a fait savoir son intention de se présenter à l’élection, en laissant la décision finale à son parti. L’annonce officielle de la tenue du scrutin présidentiel semble avoir suscité un déclic chez quelques partis de l’opposition, même si certains d’entre eux restent encore sceptiques.

Hier, Abderrezak Makri, premier responsable du MSP, qui défendait, il y a quelque temps, la prolongation de mandat du président Bouteflika, s’est présenté comme «le candidat potentiel» à la magistrature suprême, avant même que le conseil consultatif de son parti ne tranche la décision de participation ou non au scrutin. Vendredi dernier, alors qu’il présidait la réunion du bureau exécutif, il avait appelé les militants de sa formation à lancer «la collecte des signatures» et «entamer les préparatifs pour la présidentielle pour, lit-on, dans le communiqué qui a sanctionné la réunion du bureau exécutif du parti, ne pas perdre de temps».

Dans cette déclaration, le bureau parle de «candidat du parti» sans l’identifier, étant donné que la décision liée au choix du candidat incombe au conseil consultatif, dont la réunion est prévue les 25 et 26 du mois en cours. En fait, Makri n’est pas seul dans cette course, puisque son adversaire de toujours, Bouguerra Soltani, avait clairement exprimé son intention de se porter candidat, sans préciser s’il le fera avec la casquette du MSP ou pas.
Huit mois auparavant, deux personnalités politiques, Fethi Ghares, porte-parole du MDS (Mouvement démocratique et social), et le Dr Abdelaziz Belaïd, responsable du Front El Moustakbal, avaient annoncé leur candidature au scrutin présidentiel.

Leur décision ne tenait pas compte de la situation politique et surtout n’était pas liée à la participation ou non du président Bouteflika.
Les autres partis politiques préfèrent pour l’instant se donner le temps avant de trancher, d’autant que les appels au 5e mandat, lancés par les partis de l’alliance présidentielle, RND, Taj et FLN, suscitent des inquiétudes et laissent planer le doute sur la crédibilité et la transparence de ce scrutin.

C’est le cas du PT (Parti des travailleurs), dont la secrétaire générale, Louisa Hanoune, a clairement affirmé qu’«une candidature de Bouteflika est synonyme de maintien du statu quo». Ayant toujours refusé la politique de la chaise vide, et donc candidate potentielle, Louisa Hanoune préfère cette fois-ci «temporiser» sa décision. Elle l’explique par «la complexité de la situation politique actuelle du pays», qu’elle juge «anormale» et se demande si «cette présidentielle se tiendra dans la sérénité, c’est-à-dire dans des conditions qui permettent d’aller vers le renouveau politique» ou «alors va-t-elle ouvrir la porte au chaos, à l’anarchie et même à l’intervention étrangère, comme produit du déni de la souveraineté populaire et donc du déni des conditions nécessaires à la transparence de l’élection».

Pour le FFS (Front des forces socialistes), la présidentielle ne «constitue pas une priorité», mais la décision de prendre part ou non incombe à son conseil national, dont la réunion est prévue les 25 et 26 du mois en cours. Pour le parti du défunt Aït Ahmed, «tous les ingrédients font que l’élection prochaine sera fermée. C’est la pérennité du système et le statu quo». Ce qui laisse croire que la formation politique s’achemine vers un boycott.
Pour le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), la question de la présidentielle n’est pas définitivement tranchée.

Cependant, les dernières déclarations de son secrétaire général, Mohcine Belabbas, laissent croire que le parti ne sera probablement pas au rendez-vous du 18 avril 2019. «Il y a un manque de visibilité en ce moment. Si la situation persiste, il y a de fortes chances que le RCD ne participe pas à l’élection», avait-il déclaré lors du congrès des femmes progressistes. Il y a quelques jours, ses propos étaient plus précis. Pour lui, «l’élection présidentielle d’avril 2019 qu’organise le ministère de l’Intérieur est une fête folklorique destinée à installer un président désigné d’avance».

Ce qui est un prélude à l’absence du RCD au prochain scrutin. Les autres formations politiques préfèrent quant à elles temporiser pour décider de prendre part à l’élection ou non. Durant les prochains jours, il est certain que d’autres candidats seront connus.*Par SALIMA TLEMCANI - elwatan-lundi 21 janvier 2019

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Candidatures insolites pour la présidentielle

Trait folklorique ou fait prémédité ?

*Une atteinte grave à l’image du pays

C’est un phénomène inédit : de drôles d’individus, des plaisantins, des clowns, des citoyens ordinaires à l’ambition démesurée défilent depuis l’annonce de la convocation du corps électoral, le 18 janvier, au siège du ministère de l’Intérieur pour retirer officiellement les formulaires de souscription individuelle, indispensables pour la constitution des dossiers de candidature à la prochaine course vers le palais d’El Mouradia. Sur les 101 lettres d’intention de candidature qui ont été déposées, 13 seulement émanent de présidents de partis politiques et 88 de prétendants indépendants.

Qu’est-ce qui fait courir la quasi- majorité de ces individus qui, il faut le dire, n’ont aucune chance de franchir la première étape ? S’agit-il d’une démarche calculée et préméditée afin de faire diversion pour effacer les candidats «sérieux» et banaliser l’élection ? Ou s’agit-il, tout simplement, d’un phénomène amplifié par les chaînes privées, dont les questions sont orientées pour amuser la galerie ? D’aucuns confirment qu’il s’agit effectivement d’un phénomène inédit dans sa dimension et aussi par l’expression dégradée et dégradante qui touche directement l’institution présidentielle.

Si, incontestablement, la loi permet à tout Algérien de prétendre à la magistrature suprême, la morale veut, en outre, que les postulants aient un minimum de bon sens. Le comportement de ces individus est condamnable du point de vue moral car il altère  de manière ridicule le symbole de l’institution présidentielle. Ces potentiels candidats ont contribué à la «folklorisation» de l’élection présidentielle. Un rendez-vous important dans la vie d’une nation.

Le politologue Mohamed Taïbi estime que «nous sommes devant une situation calamiteuse». «Au-delà de ceux qui alimentent ce phénomène et de ces tenants et aboutissants, ce carnaval orchestré et relayé par des chaînes de télévision devient pesant et il est contraire à la morale politique», note le politologue qui estime que «ces chaînes de télévision doivent être respectueuses d’un minimum de déontologie, car nous sommes là devant une véritable agression de l’opinion publique. Ces médias font du spectacle, avec ces clowns, croyant faire dans l’information. C’est désolant».

Une atteinte grave à l’image du pays

M. Taïbi s’interroge ainsi sur le sens de cet engouement. Est-ce un phénomène fantaisiste et folklorique ou un complot ? Pour le politologue, ce phénomène, s’il est prémédité, porte une atteinte grave à l’image du pays et à sa politique, et bien au contraire il ne sert nullement le président Bouteflika. «Il s’agit là d’un choc qui bouleverse l’imaginaire des élites du pays. Il faut préserver l’image de l’Algérie et ensuite celle des institutions, il est temps de relancer le prestige de l’instance présidentielle depuis la prétention jusqu’à l’élection», propose-t-il. Une proposition a laquelle adhèrent plusieurs parties, y compris le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections, qui avait suggéré la révision des critères pour la qualité des candidats. Le sociologue Djabi abonde dans le même sens.

Certes, explique-t-il, «la candidature au poste de président de la République est un droit constitutionnel garanti à tous les Algériens, mais le législateur, selon lui, aurait pu combler la faille de la loi en mettant en place une sorte de filtre juridique pour faire barrage, légalement, à ces cas psychologiques et sociologiques et les empêcher de s’impliquer dans les joutes électorales». «Le premier responsable, ce sont les chaînes de télévision qui diffusent les interventions de ces rigolos. Ces derniers savent qu’ils n’auront aucune chance, mais le fait de passer à la télévision est un grand exploit pour eux.

C’est ce qu’ils cherchent», explique-t-il. Ce phénomène, selon lui, «décrédibilise, en premier lieu, l’élection, qui a déjà perdu son sens en Algérie et dévalorise aussi la fonction présidentielle». «Mais le plus grand responsable de cette situation est le système politique algérien, qui n’a pas produit, en nombre et en qualité, une élite capable d’encadrer la société. La faillite est totale sur ce plan», décortique le sociologue.

Pour d’autres observateurs, ce phénomène est prémédité par une force ou certains serviteurs du palais dans le but soit de dissuader les Algériens à accomplir l’acte de vote ou alors à faire diversion pour faire barrage aux candidats ayant un programme et une feuille de route. «Le taux d’abstention est un facteur déterminant de l’élection et cette pièce théâtrale de bas étage n’est pas faite pour encourager les Algériens à aller voter», déplore le politologue Taïbi.**NABILA AMIR - elwatan-mardi 29 janvier 2019

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