25.Un peu d’histoire

*Il était une fois…Blida

une sentinelle d’Alger

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Pour l’histoire, Blida est un sujet peu accessible en raison des sentiers battus et de la quantité de légendes qui parsèment son parcours depuis sa naissance, il y a 475 ans.

C’est une ville très jeune, comparée à ses aînées depuis Annaba jusqu’à Tlemcen. Elle a évolué dans un rythme soutenu sur le plan urbain et assuré une mission de sentinelle qui veille sur Alger par le côté sahélien. C’est ce qui explique son destin de ville garnison depuis l’époque ottomane. Elle est le siège de la 1re Région militaire. La rose fait sa réputation,   mais c’est aussi une ville industrielle dédiée à l’agroalimentaire bien avant la colonisation française. C’est une ville universitaire et touristique avec ses parcs nationaux, en particulier Chréa réputé pour sa forêt de cèdres, son climat et sa station de skis accessible par téléphérique. Elle a donné de grands noms au monde sportif, à la musique et aux arts graphiques. 

Mais elle n’a sûrement pas surgi du néant comme on le dit si souvent. La fortune du site blidéen est étroitement liée à ses ressources et à sa position géographique sur l’axe qui traverse l’Atlas tellien donnant accès au Titteri. Le territoire appartient à l’ensemble que forme la Mitidja, une plaine fertile avec un taux de précipitation annuel de 800 millimètres, d’où résulte un environnement climatique favorable à toutes les spéculations. Les essais de cultures les plus variées ont été couronnés de succès dans ce microclimat, y compris la canne à sucre et le riz à Oued El Alleug. Chréa domine la ville du haut de ses 1500 mètres. Assez régulièrement vers décembre, la montagne revêt son manteau de neige.

Il n’est pas rare que la ville se réveille bloquée par une épaisseur de plus de 60 cm. Ici, nous sommes au royaume du  cèdre, l’incontestable roi de toutes les espèces végétales.  Le cèdre de l’Atlas blidéen peut atteindre 45 à 50 mètres de haut sur dix mètres de circonférence. Vigoureux et superbe, il est le témoin du temps et peut vivre plusieurs siècles. Certains spécimens ont atteint le millénaire. C’est le cas du «Chameau», ainsi nommé en raison de sa forme qui rappelle l’animal. Suprême dans sa  beauté et son gigantisme, le cèdre n’est, malheureusement pas apprécié à sa juste valeur. Pour des considérations d’intérêt immobilier, ce seigneur de la forêt fait, parfois, des rencontres tragiques avec des bras armés de  tronçonneuses. Sur les 15 000 hectares que compte la cédraie, il y a de très nombreux spécimens qui ont «vu» la naissance de Blida.

Entre le peu de choses que cette rose éphémère et le cèdre majestueux, dominant les  siècles qui passent, Blida s’est choisi une identité de «Ville des Roses» et non du cèdre. Le mystère de ce choix est sans réponse.
 

Que reste-t-il de la Préhistoire ?

Le sol blidéen ne semble contenir aucun gisement préhistorique, aucune trace humaine ancienne, ni outil, ni escargotière, ni gravures rupestres. Les Romains n’ont pas osé s’y installer. Les spécialistes s’étonnent qu’un tel site qui fût sans doute riche en gibiers et prédateurs avec un sol humide, si favorable à la vie, propice à la récolte d’escargots, de  fruits sauvages et champignons n’ait pas attiré des groupes humains ou des humanoïdes  dès les temps reculés de la préhistoire. Ce mystère semble s’expliquer par la conjugaison de deux facteurs : l’espace habitable a évolué très vite depuis le XVIe siècle et n’a pas fait l’objet de  prospections par les services spécialisés, notamment dans les cahiers des charges des grands chantiers de la ville.    

Même quand le sol est remué sur une grande profondeur comme c’est le cas, aujourd’hui, à l’entrée du boulevard des 20 mètres. Une grande profondeur comme c’est le cas, aujourd’hui, à l’entrée du boulevard des 20 mètres. D’autre part, le sol superficiel de toute la zone est soumis à une érosion régulière par les crues qui dévalent des piémonts à travers un ruissellement abondant en hiver. Ce lessivage en surface ne laisse aucune chance à la survie des traces laissées par l’homme. Il est cependant assez certain que l’homme préhistorique a bien fréquenté cette région puisqu’on a retrouvé des ossements et des outils dans une grotte non loin de là sur la côte vers Aïn Benian, à moins de 15 km à vol d’oiseau. Par ailleurs, la toponymie locale atteste très fortement de la présence humaine lointaine.

Les noms de lieux sont en majorité protoberbères, parfois puniques et indo-européennes. Le nom de Chréa formé de «ker» est composé des mêmes consonnes de Guerouaou, Gouraya, Iguerguer ou Djerdjera. Quant à Tamesguida ou Tabenkort, d’origine puniques laissent entendre un lieu d’anciennes divinités. Nous retrouvons aussi «Tala ascha» sur les hauteurs de la ville, un hameau près d’une source qui rappelle Thalassa des Romains. On sait combien ce peuple guerrier appréciait les thermes. Pour ce qui est de l’occupation romaine, une rumeur qui court depuis l’époque coloniale fait état d’un buste en marbre découvert lors des travaux d’un puits à l’entrée de la ville, au quartier Benboulaïd. Mais personne n’a jamais vu cette découverte qui doit être imaginaire. Donc, les Romains ne se sont pas intéressés à cette zone de la Mitidja et ne pouvaient pas, pour des raisons stratégiques, construire un camp ou une ville adossée sur des piémonts incontrôlables militairement avec une visibilité limitée d’où pouvaient surgir les ancêtres des Beni Salah.  (El Watan-06.09.2010.) 

*Une ville sans historien

Sid Ahmed El Kebir, le vénéré marabout, considéré comme le père fondateur d’El Bouleïda (La villette), est un personnage-clé dans la lecture du passé de la ville. Tout commence par lui, compte tenu de la pénurie d’archives historiques. Blida, qui n’en finit pas de collectionner les paradoxes, est la seule ville du nord à ne pas avoir son historien.

Tout le passé écrit est contenu dans une maigre monographie extraite de la tradition locale et reprise par un officier de l’armée française, le colonel Trumelet, qui a réuni en un seul volume les témoignages de nombreux habitants de la ville vers 1870. Edité par la maison Mauguin, ce livre qui porte bien son titre, Blida, est épuisé depuis plus d’un siècle. Face à cette carence, il reste à décrypter la légende. L’acte de naissance de la ville date officiellement de 1535, le jour où l’Amiral Kheïr Eddine, au summum de sa puissance, décida de rendre visite à Sid Ahmed el Kebir isolé dans sa retraite (El Kheloua) en bordure de Oued el Kebir. Kheïr eddine vient de consolider Alger dans sa position de puissante plateforme maritime. Le Penion est enfin libéré des mains des Espagnols après vingt jours de combat acharnés. Les trois îlots (El Djazaïr) sont reliés pour en faire un port. Les qualités militaires de Kheïr Eddine ont atteint une renommée sur toutes les mers connues. En cette année 1535, le Pacha apprend sa nouvelle mission de chef des armées de l’Empire ottoman sous la bannière de Soleiman le Magnifique.

Il craint, cependant, que son départ d’Alger attise les convoitises des fougueuses tribus de la Mitidja et sa périphérie qui attendent l’occasion pour tomber comme des sauterelles sur la cité de Abderrahmane Ethaâlibi. Ces tribus sont nombreuses et indisciplinées, elles peuvent surgir du Sahel. Il décide, alors, de mettre à profit l’influence de Sid Ahmed el Kebir dont il sait combien il est respecté sur l’étendue de la Mitidja des Chnaoua, à l’ouest près de Cherchell jusqu’aux Aouifia à El harrach. Le Pacha avait déjà su obtenir l’alliance sincère de nombreux chefs de tribus sur l’étendue du territoire pour repousser la conquête espagnole. Parmi ces hommes, l’histoire retient le nom de l’intrépide Sidi Lakhdar Ben Khelouf qui a marqué son époque sur le plan littéraire et militaire dans les combats à Mazaghran, Cherchell et El Merdja à Chlef. Ses poèmes chargés par ces faits d’armes constituent l’essentiel du répertoire des maîtres du chaâbi, Kamel Bourdib, Bouadjadj et le regretté Rachid Nouni.

La démonstration de force

Les premiers cavaliers éclaireurs arrivent un matin devant la demeure de Sid Ahmed El Kebir pour annoncer l’arrivée du Sultan. Kheïr-Eddine Barberousse était à la tête de plusieurs détachements armés de la Régence : les bachi-bouzouks en premier, suivis par  les arquebusiers et les redoutables Janissaires reconnaissables à leurs bonnets blancs et yatagans à la ceinture. La cavalerie fermant une marche en ordre parfait, cadencée par le rythme des fanfares et tambours. Le marabout âgé de 59 ans vivait dans sa «kheloua» depuis 16 ans. Il était venu dans ce coin de la plaine en 1519. Durant ce laps de temps, rien n’avait changé, hormis un sentiment de paix générale qu’il a pu initier.

On dit, mais on n’a pas de certitudes, que la ville était réduite à deux hameaux principaux  : Ouled Soltan ou Douirette et Bouh’djar situé sur l’actuelle place du marché au bas de la rue Abdallah. L’objet de la visite de Kheïr Eddine était simple et sérieux à la fois. La mission dévolue au marabout tait l’organisation des travaux de quelques bâtiments publics pour créer une force d’inertie. Alger de l’époque se limitait à la forteresse de la Casbah. Avec un espace saturé qui ne pouvait abriter tous les réfugiés morisques d’Espagne. La future Blida devait donc recevoir une partie du lot de cette population dans des conditions convenables.  Six ans après cette historique rencontre, Sid Ahmed el Kebir meurt, mais il a eu le temps d’accomplir sa charge de premier wali d’un ensemble urbain qui connaîtra la fortune avec le dynamisme impulsé par les Andalous.

le saint homme n’avait jamais montré d’ambition politique ou d’administrateur et sa conduite en parfaite harmonie avec ses convictions. Il était entièrement porté par sa ferveur mystique, vivant dans le dénuement. Durant les seize années écoulées, il avait été souvent conduit à arbitrer des conflits tribaux, mais aucun écrit ne l’atteste. Il est certain, cependant, qu’il fut adopté par la population comme un modérateur investi par un sentiment de confiance auprès des tribus qui imploraient sa baraka. Et ces tribus étaient nombreuses avec de grandes aptitudes à la guerre. Sid Ahmed el Kebir fut sans doute un homme qui a concentré toutes les qualités  de chef spirituel et de juge. On peut penser qu’il savait parler aux hommes et qu’il était écouté avec respect. (El Watan-07.09.2010.) 

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** Evelynes Lavelette témoigne

 «J’ai hébergé Abane, Krim et Ouamrane»

De nombreuses personnalités à l’image de Ali Haroun, Rédha Malek, Belaïd Abdeslam, ont connu la militante.

Evelynes Lavelette a, aujourd’hui, 84 ans. Elle avait hébergé Abane Ramdane, Krim Belkacem et Ouamrane durant la guerre de Libération nationale au 35 rue Khelifa Boukhalfa, à Alger. «J’ai fait mon devoir comme tous les Algériens et Algériennes qui combattaient pour l’indépendance du pays», a affirmé Mme Lavelette, une dame au grand coeur, lors d’un hommage qui lui a été rendu, hier, au centre de presse El Moudjahid. La présence de nombreuses personnalités politiques et historiques à l’image de Ali Haroun, Rédha Malek, Belaïd Abdeslam, de l’ambassadrice d’Autriche à Alger, Son Excellence Aloisia Worgetter et tant d’autres, témoigne de toute l’importance des sacrifices des Algériens et Algériennes d’origine européenne qui ont manifesté par tous les moyens leur soutien pour l’indépendance du pays.
Ali Haroun dira à l’occasion de la commémoration du 49e anniversaire de l’Indépendance, que «le nombre de condamnés à mort et prisonniers européens en France, en Allemagne et autres dépassait le nombre des Algériens condamnés à l’étranger». Citant l’exemple du réseau Jeanson des «porteurs de valises», Ali Haroun a ajouté qu’il n’ y a pas que ce réseau «mais l’apport des étrangers ayant milité pour la cause algérienne est d’un impact très important à l’échelle internationale». L’Eglise a aussi été d’un apport considérable à la Révolution algérienne, selon l’ancien membre du HCE. En guise de reconnaissance et de respect à la mémoire des militants et martyrs algériens d’origine européenne, une stèle sera érigée à la mémoire du réseau Jeanson et autres réseaux similaires à proximité du Palais de Raïs (Bastion 23), le 17 octobre 2012.
«C’est une stèle qui sera le lieu de commémoration à la mémoire des Algériens d’origine européenne et, où il y aura des activités le 17 octobre de chaque année», a révélé M.Mohamed Abad, président de l’association Machaâl Echahid, organisateur de l’hommage à la mémoire de Evelyne Lavelette.
Henri Maillot, soldat français ayant déserté les ranges de l’armée française avec un camion plein d’armes et de munitions pour renforcer les rangs des combattants de la Révolution algérienne, a été cité comme un exemple de cet engagement. Une rue ou place devrait être baptisée en son nom pour la mémoire des soldats et militants français ayant rallié la juste cause algérienne, selon plusieurs voix.
Plusieurs Européennes conviées à la commémoration de cet événement, ont exprimé leur joie d’avoir combattu pour l’indépendance de l’Algérie. (L’Expression-03.07.2011.)

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30 réponses à “25.Un peu d’histoire”

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