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Le piège: des violences pour créer et creuser la fracture

3062017

**Qui sème le vent récolte la tempête**

*encore et toujours des tragédies dans le monde

**comment prévenir le pire?

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*les funestes « policides » orchestrés par les néoconservateurs américains et occidentaux ayant débouché sur le démantèlement du Soudan, de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et, aujourd’hui, de la Syrie

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À l’occasion de la réédition actualisée de « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » (1), nous avons rencontré Michel Raimbaud. L’ancien diplomate, qui écrit avec des convictions en s’appuyant sur des faits bien documentés, insiste sur le façonnement en cours du Moyen-Orient, et plus vastement du monde, entrepris par les néoconservateurs américains, avec la complicité des élites occidentales.

Propos recueillis par Tigrane Yégavian | 9 juin 2017

Pourquoi crier au « conspirationnisme » lorsque l’on est saisi par la clarté du grand dessein annoncé urbi et orbi par ses propres promoteurs ? Cela fait longtemps que Michel Raimbaud, écrivain habité par la passion de l’État, sincère, engagé et aux accents volontiers gaulliens, ne prête plus d’attention aux chiens de garde de l’establishment qui le snobent. Ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, et bien connu des lecteurs d’Afrique Asie, ce fin connaisseur du monde arabe et de l’Afrique a servi comme diplomate dans de nombreux pays (avec un long passage au Brésil), avant de diriger l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Tout reste d’actualité dans Tempête au Moyen-Orient, ouvrage dans lequel il dénonce les funestes « policides » orchestrés par les néoconservateurs américains et occidentaux ayant débouché sur le démantèlement du Soudan, de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et, aujourd’hui, de la Syrie.

Revenons sur l’affaire des « bombardements chimiques » d’Idlib, en Syrie, en avril dernier. Pourquoi ne criez-vous pas avec les loups sur la responsabilité du régime syrien ?
Nous nous trouvons face à une redite de l’affaire Colin Powell de 2003 en Irak et de la séquence de l’été 2013 en Syrie (attaque de la Ghouta). Je n’entrevois que deux explications possibles : ou bien ce sont les rebelles qui ont utilisé les armes chimiques en appliquant la technique familière du false flag (faux pavillon), maquillant par la suite les photos des enfants. Ces enfants n’auraient-ils pas été tués puis « soignés » par ces escrocs de l’humanitaire que l’on nomme les « casques blancs », autrement dit des associés du Front Al-Nosra, la franchise syrienne d’Al-Qaïda ? Sinon, comment expliquer que les injections, à en croire certaines vidéos, semblent factices, le niveau du liquide demeurant inchangé du début à la fin de la piqûre de « réanimation » ? Si ces cadavres d’enfants morts, soigneusement alignés comme à une parade pour les besoins de la propagande, avaient été gazés, il eût été bien imprudent de s’exposer avec eux sans précaution.

Ou bien, s’il s’agit d’un bombardement de l’armée syrienne sur ce dépôt, cela veut dire que le gaz appartenait aux rebelles. Car on sait qu’en Syrie le démantèlement de l’arsenal des armes chimiques et bactériologiques a eu lieu sous contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), après les inspections onusiennes.

Un mensonge de plus donc ?
La ficelle est bien grosse. Les mensonges sont légion dans le cas syrien, tellement nombreux qu’il s’avère difficile de les « traiter » tous. C’est une conséquence typique des théories que j’ai étudiées dans mon livre, à savoir les stratégies mises en œuvre par Washington : le chaos innovateur, la théorie du fou et le false flag, autant d’intox dont les mécanismes ont été démontés, notamment par Michel Collon. En définitive, si « complotisme » il y a, ce sont les comploteurs eux-mêmes qui aiment les complots puisqu’ils en sont les auteurs, et non pas ceux qui les dénoncent, systématiquement qualifiés de « complotistes » afin de les discréditer par avance. Dans un ordre d’idées proche, les régimes takfiristes qui financent les « révolutions » chez leurs voisins espèrent ainsi faire oublier leur nature profondément réactionnaire.

Il y avait déjà un certain cynisme de la part des intellectuels américains au temps où l’on pérorait sur le contenu de la fiole qu’avait brandie Colin Powell au Conseil de sécurité de l’Onu en 2003. Ils disaient : « L’Amérique est le plus grand empire qui ait jamais existé sur Terre, discutez et critiquez telle ou telle de nos actions si vous voulez, nous, pendant ce temps, nous créons des réalités nouvelles et nous faisons l’Histoire ! » Effectivement, pendant que tout le monde disserte : les idiots utiles, les médias, les universitaires et la classe politique rivalisant en bêtise tout en maintenant une omerta faramineuse sur les faits, les neocons façonnent effectivement cette Histoire dont nous sommes les témoins. Cela participe à un enfumage qui ne nous donne pas le loisir d’anticiper les mauvais coups que préparent ces néocons.
Que répondez-vous aux accusations de connivence entre Moscou et Washington ?

Il n’y a pas de connivence entre la Russie et les États-Unis. Si les Russes jouent la carte de la diplomatie, c’est pour trouver une solution politique. Je m’étonne également que le communiqué tripartite publié par Damas, Moscou et Téhéran au lendemain de l’attaque américaine du 4 avril sur la base aérienne de Shayrat, en Syrie, n’ait pas été divulgué dans les médias mainstream. Ce communiqué se voulait un cinglant avertissement adressé à l’administration Trump, rappelant les fondamentaux : respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité de la Syrie, et son droit de reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire.
Concernant l’hésitation du président Obama en 2013 qui, finalement n’a pas donné l’ordre d’attaquer, je me souviens avoir été parmi les rares personnes à être persuadées qu’il n’y aurait pas de frappes…

Qu’est-ce qui a freiné Obama ?
Obama n’est pas un personnage limpide. C’était sa façon à lui de s’affirmer en ne bombardant pas. Non pas qu’il soit revenu à de meilleurs sentiments, car il était suffisamment bien informé par ses renseignements pour connaître la vérité, mais parce qu’il voulait marquer son pouvoir présidentiel face au think tank collectif qui l’entourait – c’est ce qu’il affirme dans une interview en forme de testament.

J’évoque souvent « l’État profond néoconservateur » pour « expliquer » ce qui, sinon, pourrait paraître inexplicable. À mes yeux, ce concept est d’une importance fondamentale. Devenu populaire, il est une réalité visible, voire très voyante, depuis la fin de la guerre froide. Il se réfère à la doctrine dominante qui crée une symbiose idéologique entre les décideurs, les acteurs, les faiseurs d’opinions dans tous les secteurs de la vie publique et tous les cercles de pouvoir (politiques, diplomates, hiérarchie judiciaire, élites intellectuelles, journalistes, milieux d’affaires, communautés diverses, lobbies, etc.).

Né dans le camp républicain qui est son berceau et ancré sur le double messianisme religieux du judaïsme et des Églises protestantes dites « Églises d’éveil », l’État profond néoconservateur s’est solidement implanté dans les rangs démocrates, avant de trouver des terreaux favorables dans toutes les terres d’Occident et dans les États les plus improbables. La France est loin d’échapper à la règle, tant est grande l’idolâtrie des élites vis-à-vis de tout ce qui vient d’Amérique et le lien de vassalité que celles-ci ont intériorisé durant les décennies passées.

À Paris, les quartiers généraux et/ou les bastions de cet « État profond » sont divers et variés : non seulement au Quai d’Orsay où sévit la « secte » ou la « meute » néocon, mais aussi à Matignon, à l’Élysée et dans les rouages de la société et les arcanes du pouvoir. Les élites parisiennes sont depuis des années cooptées dans le fameux programme des « Young Leaders » de la fondation franco-américaine. On chercherait en vain un clivage entre droite et gauche « de gouvernement ».

Comment avez-vous observé l’évolution de la trajectoire des néoconservateurs français depuis le Quai d’Orsay ? Comment et quand ont-ils essaimé ?
Historiquement, les origines du néoconservatisme remontent à la création des États-Unis, à l’arrivée des « Pilgrim Fathers », ces Pères fondateurs, pour l’essentiel des protestants fuyant l’Europe pour des raisons religieuses et se référant à la Bible plutôt qu’au Nouveau Testament. En vertu du messianisme qui les inspirait, ils pensaient que Dieu les avait guidés vers l’Amérique afin qu’ils deviennent le nouveau peuple élu. Notez le parallèle avec le sionisme… Du reste, les groupes ou lobbies chrétiens sionistes s’inscrivent dans cette tradition. Les premiers migrants en Amérique se référaient à la pensée de Cromwell, imprégnée de mystique sioniste. Mais il faut attendre l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan dans les années 1980 pour que cette mystique trouve sa traduction politique dans le néoconservatisme, une traduction associée à la promotion du néolibéralisme et à la fin de la détente.

C’est sous le mandat de Reagan que l’on assiste au retour de la confrontation contre l’URSS, encouragé par la Britannique Margareth Thatcher et le pape Jean-Paul II. Si l’équilibre de la terreur les empêche alors d’agir en transgressant les règles du jeu, les neocons (on ne les connaît pas encore sous cette appellation) ont les coudées franches à partir des années 1990-1991, après l’implosion de l’URSS et la disparition du « bloc communiste ». À noter que Donald Trump est le produit plus ou moins inavoué de cet establishment (malgré ses affirmations) puisqu’il semble considérer Reagan comme un père spirituel et se réfère volontiers aux Pères fondateurs de l’Amérique.

Trump a pourtant fondé son discours de campagne en s’opposant aux élites de Wall Street afin d’engranger des soutiens dans l’Amérique profonde…
S’il a été élu par le « petit peuple » et par « l’Amérique profonde » contre l’establishment, il ne pourra pas résister longtemps aux pulsions de l’État profond. Très isolé face aux élites, il en a bien eu besoin sitôt élu. Au passage, le fait qu’il bombarde la Syrie dès son début de mandat fait de lui un « président normal », et cela deux jours à peine après avoir fait une proposition de reprise de contact à Bachar al-Assad par l’intermédiaire d’une congressiste américaine (démocrate) chargée par Trump lui-même de transmettre un message en ce sens au président syrien. Voilà la théorie du chaos remise en application : elle correspond à dire tout et son contraire.

Il n’est pas évident pour les Américains de gérer cette théorie du chaos, qui paraît très anglo-saxonne, en ce sens qu’elle permet d’associer toutes les ambiguïtés, selon une méthode que l’on retrouve dans le langage des ONG, dans les discours du FMI, dans le style des politiques et diplomates américains : mélanger le passé et le présent, les affaires importantes et les détails, la réalité et la fiction. Cela ouvre beaucoup de possibilités aux prestidigitateurs du droit, aux manipulateurs de valeurs, aux magiciens maîtres de l’Univers. C’est également une illustration de la « théorie du fou » inventée par Kissinger au temps de Nixon : les États-Unis ont vocation à être les maîtres du monde et entendent le rester ; pour effrayer leurs ennemis, ils doivent projeter l’impression que l’Amérique est, en partie du moins, gouvernée par des dirigeants cinglés ou imprévisibles.

La ligne Trump représente un archétype de la « théorie du chaos innovateur » mise en œuvre selon les normes de la théorie du fou. Le président « flexible » est un pur produit de l’école néoconservatrice, fondée sur le double messianisme protestant et juif, évoqué précédemment. Dans ce contexte, notons que l’alliance avec les islamistes djihadistes n’est pas circonstancielle, mais naturelle, les islamistes radicaux se réclamant également d’une mission divine, afin d’éradiquer tout ce qui s’écarte de leur conception de l’islam et recréer in fine un califat, un État islamique fondé sur la charia (la loi coranique interprétée à leur façon).

Vous ne m’avez toujours pas dit à quand remonte la pénétration du néoconservatisme dans les arcanes du pouvoir français.
La première manifestation de leur apparition en France remonte, me semble-t-il, au lendemain de la chute de l’URSS et à la signature du traité de Maastricht en 1992. François Mitterrand n’était pas néoconservateur, mais son entourage l’était en bonne partie, ou faisait du néoconservatisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.
La seconde manifestation intervient à mon sens avec la crise affectant les relations franco-africaines en 1994, marquée par la dévaluation inopinée du franc CFA de 50 % sous la pression conjointe de la Banque Mondiale et du FMI. L’héritage gaullien, déjà ébréché, va dès lors être dilapidé de plus en plus ouvertement, la France renonçant de facto – en le niant – aux attributs de sa souveraineté. Dans la foulée du baroud d’honneur du duo Chirac-Villepin en 2003 concernant l’opposition de la France à la guerre en Irak, le président Chirac va s’affoler et multiplier des concessions inutiles, allant au-devant des sollicitations de Washington. Le retour au commandement intégré de l’Otan se fera en douce ; il ne restera plus qu’à l’afficher politiquement, ce qui sera chose faite dès le début du mandat de Sarkozy.

Paris appuiera ainsi les sanctions contre la Syrie promulguées par le Congrès américain par le biais du Syrian Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act en décembre 2003. La France sera en quelque sorte chargée de « gérer » pour le compte de Washington le dossier de la détérioration programmée des relations avec Damas. Le levier libanais (à la suite à l’assassinat du premier ministre Rafiq Hariri, ami de Chirac) sera utilisé pour convaincre Paris d’assurer cette mission : jusque-là assez bonnes, les relations franco-syriennes vont dès lors se dégrader brutalement. Elles ne s’en remettront pas, malgré une brève embellie sous l’ère Sarkozy.

La pénétration du courant néocon s’accompagne d’une opération de casse menée contre les diplomates du Quai d’Orsay, tenu pour pro-arabe : le cadre d’Orient, les arabisants et les islamisants en premier lieu sont ciblés. Cette offensive qui ne dit pas son nom emprunte deux biais : on disperse les experts de la région dans des zones géographiques éloignées du monde arabe, et on recrute pour les postes clés des énarques et technocrates formatés. À cela s’ajoute les saignées budgétaires consécutives et incessantes, le recours à des contractuels, l’ubérisation, autant d’éléments qui ont définitivement sapé notre action diplomatique et notre rayonnement à l’international. Au vu de l’ampleur des missions d’un « Département » (comme on l’appelle), régalien par excellence, le budget du ministère des Affaires étrangères a toujours été relativement modeste, ne dépassant pas 1 % du PIB. Depuis un quart de siècle, on ne parle plus que d’austérité !

Qu’est-ce qui motive les diplomates néocons de la « secte » du Quai d’Orsay à poursuivre cette politique, selon vous ?
Le suivisme, l’atlantisme et le sionisme, qui sont pour ainsi dire synonymes.

Dans le cas du dossier nucléaire iranien, l’équipe de Laurent Fabius n’était-elle pas motivée par la défense de l’intérêt national en freinant des quatre fers l’acquisition de la bombe par Téhéran qui affaiblirait les positions de la France dans la région ?
Non. Cela faisait partie des rôles délégués à la France et aux Européens par Washington. Le dossier du nucléaire iranien, dont le programme remonte à l’époque du chah, a été fabriqué par les ancêtres des neocons américains dans le cadre du projet « Atome pour la paix ». Il avait toujours fait l’objet de l’unanimité nationale en Iran ; tout le monde trouve ça très bien et personne en Occident n’y a trouvé à redire jusqu’à la révolution islamique. Le dossier a ressurgi dans la foulée de l’occupation de l’Irak. Après la guerre irano-irakienne (politique du double endiguement), puis la première et la seconde guerre d’Irak qui ont mis ce pays à terre, les États-Unis ont délégué à la France, au Royaume-Uni et à l’Allemagne la gestion du dossier. En cela, il me semble que l’ancien président Khatami s’est engouffré dans un piège, d’où la rupture actée par son successeur Ahmadjinehad.

En 2006, le dossier est transféré de l’Agence internationale de l’énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations unies, dont les cinq membres permanents sont des « puissances nucléaires légales ». Ce qui va accentuer la pression sur Téhéran et dévoiler les objectifs cachés de la « négociation nucléaire ». La signature de l’accord « historique » en juillet 2014 n’a pas réglé le différend de fond entre l’Iran et ses quatre interlocuteurs occidentaux (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Les néoconservateurs sortent-ils fragilisés par l’élection de Donald Trump ?
Non, au contraire, car il est leur meilleur représentant. Trump s’est fait élire sans le soutien des élites. Mais une fois au pouvoir, il ne peut se contenter de l’appui des cowboys ou des mormons. Or, depuis des lustres, les élites américaines, tous partis confondus, sont néoconservatrices. Trump a dû aller puiser dans le même réservoir où aurait pioché Hillary Clinton (État profond, Goldman Sachs…) si elle avait été élue. Trump n’a pas d’autres choix que d’obtempérer aux desiderata de l’État profond américain. Il suffit de voir ses choix en ce qui concerne ses ministres et collaborateurs (au sein de l’establishment) et ses décisions, notamment en politique étrangère. En Syrie et Russie, par exemple.

En France, l’atlantisme et le sionisme sont désormais les deux mamelles des néocons. Cette adhésion a commencé avec Chirac, puis s’est finalisée avec Sarkozy qui parlait de « retour au bercail » pour justifier la réintégration pleine et entière de nos forces au sein du commandement intégré de l’Otan. Pour ce qui est de Hollande, je ne vous apprends rien en vous disant que les socialistes ont un ADN européiste, sioniste et colonialiste qui remonte au minimum à Guy Mollet (sous la IVe République). Ce n’est nullement une légende. Durant son deuxième mandat, Mitterrand aura cette déclaration de fossoyeur : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir. » Petit à petit, cette idée a gagné du terrain au Quai d’Orsay et dans « l’État profond », y compris à l’Université, sensible aux sirènes de l’Amérique, de l’Europe, de l’Otan, de la globalisation et de ses succursales diverses.

On a bien vu dans la campagne présidentielle française que l’Europe était relayée à un rang subalterne. Un grand nombre de candidats ont rivalisé dans leurs discours prosouverainistes. Cet idéal vend-il encore ?
L’Europe n’est pas une idée populaire, contrairement à ce qu’affirment les illusionnistes du « rêve européen ». Les candidats ont souvent promis de « renégocier » les traités européens, ce qui est un leurre à usage électoral. À toutes les élections, on nous a fait la même promesse. De mon point de vue, l’Europe est la prison de la France. Ce n’est pas nous qui décidons. Allons même plus loin : nous nous indignons que les décisions nous concernant soient prises à Bruxelles, alors qu’en réalité c’est en Amérique que tout se décide. Nos élites du mainstream se satisfont de ce statut de « territoire » à la Massachusetts, auquel la France a été réduite. Mais alors, à quoi bon payer et entretenir cette administration bruxelloise tentaculaire et si onéreuse qui prend ses ordres à Washington ?

La réédition de votre livre connaît un vif succès. Pourtant, vos détracteurs ne vous épargnent pas dans la véhémence de leurs attaques…
Je reprends à mon compte ce proverbe chinois : « Quand le sage montre la Lune, l’imbécile montre le doigt. » J’écris en fonction de mes convictions. La thèse que je développe est bien documentée et rend compte des réalités, de l’enchaînement d’événements qui autrement resteraient incompréhensibles. Elle me semble beaucoup mieux acceptée et comprise en cet an VII de la « tempête sur le Grand Moyen-Orient » qu’il y a deux ans. En effet, rien dans les évolutions constatées n’est venu démentir ce qui était inscrit dans la première édition, au niveau du Moyen-Orient, du Grand Moyen-Orient de George W. Bush, au sein de l’islam et en ce qui concerne l’ordre du monde dont la mutation se dessine sous nos yeux. Autant de sujets qui font l’objet de mon ouvrage.*source: worldpeacethreatened.com

(1) Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Michel Raimbaud, 2e édition enrichie et remise à jour, Éd. Ellipses, 716 p., 28 euros.

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Coincée à Al-Tanf, l’armée américaine admet perdre la course pour occuper le sud-est de la Syrie

Coincée à Al-Tanf, l’armée américaine admet perdre la course pour occuper le sud-est de la Syrie
Médias| 29 Juin 2017 | 11:07
Par Moon of Alabama

L’armée américaine a, pour l’instant, renoncé à occuper le sud-est de la Syrie. Ses déclarations récentes, lors d’une conférence de presse du ministère de la Défense, montrent qu’elle reconnait la défaite de son projet originel.

Récapitulons : l’armée américaine occupait la station frontalière d’al-Tanf entre la Syrie et l’Irak à environ 12 kilomètres à l’est du triangle frontalier Jordanie-Syrie-Irak. La route entre Damas et Bagdad, qui a une grande importance économique, traverse Al-Tanf. Lorsque les forces du gouvernement syrien ont avancé sur la région d’al-Tanf, les militaires américains les ont bombardées et ont revendiqué unilatéralement une « zone de désescalade », c’est-à-dire un territoire occupé, autour du poste frontière.

Le plan américain était de faire mouvement vers le nord d’al-Tanf et la vallée de l’Euphrate autour de Deir Ezzor pour empêcher que les zones tenues, à l’ouest, par le gouvernement syrien et par l’Irak, à l’est, se rejoignent. Les propagandistes néoconservateurs et sionistes clamaient qu’il fallait empêcher que se constitue un « croissant chiite » qui aurait relié l’Iran au Liban à travers l’Irak et la Syrie. Les forces américaines auraient ainsi coupé tout soutien iranien aux forces du Hezbollah qui défendent le Liban contre les incursions israéliennes. Mais le « croissant chiite » n’a jamais été qu’une vue de l’esprit. Le soutien iranien au Hezbollah n’a jamais dépendu des seules connexions terrestres. Les liens entre les membres du « croissant » n’ont pas été coupés quand les Etats-Unis ont occupé l’Irak ni lorsque l’EI a occupé la zone.

Le vrai projet américain était beaucoup plus vaste. Ils voulaient contrôler un couloir sunnite qui serait allé de la frontière saoudo-irakienne au sud jusqu’en Turquie, en passant par la province d’Anbar dans l’ouest de l’Irak, le sud-est de la Syrie, et le nord-est de la Syrie tenu par les Kurdes. C’était la «  principauté salafiste » dont un document de la Défense de 2012 avait parlé.

Les forces syriennes (en rouge), avec le soutien irakien, ont saboté les plans américains en reliant l’ouest de la Syrie à la frontière irako-syrienne, au nord de la zone d’al-Tanf tenue par l’armée américaine (en bleu). Ils ont rejoint des forces irakiennes alliées à la frontière, au nord-est d’al-Tanf, et avancent maintenant plus au nord-est, le long de la frontière, vers Abu Kamal et la vallée de l’Euphrate.

Le commandement militaire russe a indiqué aux États-Unis que toute attaque contre ces forces serait considérée comme un acte très hostile et serait sévèrement châtié. Pour faire bonne mesure, l’Iran a tiré quelques missiles de moyenne portée du territoire iranien vers des zones tenues en Syrie par l’État islamique. La marine russe a tiré des missiles de croisière depuis la Méditerranée vers des cibles similaires. Tout cela pour faire comprendre aux Etats-Unis que leur petit contingent d’al-Tanf partirait en fumée si leur armée attaquait encore les forces syriennes. Pendant ce temps, les Unités de Mobilisation Populaires (UMP) d’Irak, alliées à la Syrie, ont coupé al-Tanf du sud. Les forces américaines n’ont plus de route pour rentrer à la maison.

Comme nous l’avons écrit dans notre article du 13 juin Syrie – La fin de la guerre est maintenant en vue :

Les plans des États-Unis au sud, à l’ouest et à l’est de la Syrie ont échoué pour l’instant. À moins que l’administration Trump ne soit disposée à investir des forces plus importantes et à déclarer au gouvernement syrien et à ses alliés une guerre ouverte en violation de toutes les lois, la situation est stabilisée. Les forces syriennes reprendront au fil du temps toutes les terres (en bleu) situées dans le sud qui sont actuellement détenues par les diverses forces par procuration américaines et d’autres groupes terroristes.

Toutes les provocations récentes des États-Unis n’ont pas réussi à perturber les plans du gouvernement syrien et sa poussée vers Deir Ezzor.

Vendredi, pendant une conférence de presse dont les médias ont peu parlé, l’armée américaine a pratiquement reconnu la défaite de ses plans :

WASHINGTON (AP) – La coalition militaire américaine qui lutte contre l’Etat islamique verrait d’un bon œil un effort concerté du gouvernement syrien ou de ses forces partenaires soutenues par l’Iran pour chasser l’EI de ses derniers bastions dans l’est de la Syrie, a déclaré vendredi un porte-parole des États-Unis.

Le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition, a déclaré aux journalistes au Pentagone que l’objectif américain était de vaincre l’EI partout où il se trouvait. Si d’autres forces, y compris celles du gouvernement syrien et de ses alliés iraniens et russes, veulent combattre les extrémistes aussi, « cela ne nous pose absolument aucun problème », a-t-il déclaré depuis Bagdad.

Voilà un extrait de la transcription de cette conférence de presse :

Q : […] [Quelle menace potentielle, croyez-vous que les milices et les forces soutenues par le régime iranien posent à vos forces et à celles de vos alliés dans la région d’Al Tanf-Abu Kamal ?

COL. DILLON : Eh bien, si le régime syrien… et il semble qu’il mène un effort concerté pour reprendre les zones tenues par l’EI. Et s’il montre qu’il en est capable, ce n’est pas un mauvais signe. Nous sommes ici pour lutter contre l’EI en tant que coalition, mais si d’autres veulent lutter contre l’EI et les vaincre, cela ne nous pose absolument aucun problème. Et comme ils avancent vers l’est vers Abu Kamal et Deir Ezzour, si nous… pourvu que nous puissions faire de la désescalade et nous concentrer sur ce pourquoi nous sommes là, sans avoir aucun problème stratégique avec le régime ni avec les forces pro-régime ni avec les Russes, alors c’est… alors cela nous va très bien.

Un peu plus loin, le porte-parole reconnaît aussi que leurs forces à al-Tanf sont très limitées dans leurs mouvements :

COL. DILLON : … si le régime est… a repris la zone près d’Abu Kamal, alors l’espace dans lequel nous pouvons patrouiller avec nos forces partenaires [à partir d’al-Tanf] va être limité.

Toujours plus loin, le porte-parole met les points sur les i de façon encore plus claire : al-Tanf ne sert plus à rien désormais et l’armée syrienne peut aller où elle veut :

COL. DILLON : Ce que je voulais dire, c’est que nous avons utilisé les environs d’al Tanf pour entraîner nos alliés et pour continuer de… de combattre l’EI, vous savez, s’ils se trouvent dans la zone et autour d’elle.

Vous savez, maintenant que le régime a repris ces territoires, et qu’ils ont fait des progrès significatifs, vous savez, des progrès, semble-t-il, en direction d’Abu Kamal et peut-être de Deir Ezzour, s’ils veulent combattre l’EI à Abu Kamal et s’ils ont la capacité de le faire, alors, vous savez, nous n’y verrions pas d’inconvénient.

Nous, en tant que coalition, notre but n’est pas de s’approprier des terres. Notre but est de détruire l’EI, voilà ce que nous voulons faire. Et si… si le régime syrien veut le faire, et ils vont, encore une fois, mener un effort concerté et montrer qu’ils font… qu’ils le font à Abu Kamal ou à Deir Ezzour ou ailleurs, cela signifie que nous n’avons pas besoin de le faire dans ces endroits.

Et donc je suppose que… ce que je veux dire, c’est que dans la zone d’al Tanf, nous allons continuer à former nos forces partenaires. Nous continuerons à faire des patrouilles dans et autour d’al Tanf dans le désert de Hamad. Mais si notre accès à Abu Kamal est coupé parce que le régime y est, c’est OK .

NEWSFLASH : Le Pentagone et, plus important encore, les commandants américains au Moyen-Orient, ont finalement accepté la réalité.

Le gouvernement syrien et ses alliés ne laisseront jamais les États-Unis occuper le sud-est de la Syrie, ni le pays, ni même Deir Ezzor où la garnison de l’armée syrienne est actuellement encerclée par les forces de l’Etat islamique. L’armée syrienne et ses alliés vont libérer Deir Ezzor et toute la vallée de l’Euphrate. L’armée américaine l’a admis aujourd’hui. Les cercles néoconservateurs vont protester et s’agiter, mais je doute fort que les Etats-Unis reviennent sur cette décision ou qu’il s’agisse d’une ruse. Les États-Unis n’ont tout simplement aucune raison stratégique d’occuper le sud-est de la Syrie et aucune volonté de le défendre contre la résistance déterminée de forces opposées qui ont prouvé leur valeur.

Mes félicitations à la Syrie et ses alliés. Ils ont, pour l’instant, gagné la bataille.

(In comite-valmy) - Médias| 29 Juin 2017

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A nouveau, la guerre se profile

**par Eberhard Hamer, professeur d’économie politique

Source originale : Horizons et Débats, Zurich, 15 mai 2017

Nous sommes dans une situation de danger de guerre la plus élevée depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi n’y a-t-il actuellement pas de marches pour la paix, d’appels pour la paix dans les médias comme dans les années cinquante et soixante? Les réseaux américains qui ont fait chanter Trump et qui ont provoqué ou exploité un incident de guerre, pourraient être assez forts pour provoquer une troisième guerre mondiale. 70 ans de paix semblent nous avoir rendus insouciants. Mais entre-temps, je suis davantage préoccupé par la menace de guerre que par un crash financier.

L’ordre donné par le président américain Donald Trump à la flotte méditerranéenne américaine d’attaquer un aéroport syrien a surpris le monde. Jusqu’à présent, Trump était – à l’inverse d’Hillary Clinton ayant annoncé, lors de sa campagne électorale, vouloir entrer ouvertement en guerre en Syrie et en Ukraine – un garant pour la paix. Le fait qu’il ait si soudainement changé de position réside en des raisons de politique intérieure:

  • La haute-finance américaine et son industrie de pétrole veulent – ensemble avec le Qatar – exclure les Russes (Gazprom) du transfert de pétrole par la Syrie vers la Méditerranée et exploiter elles-mêmes un gazoduc menant du Qatar à la Méditerranée. Cela n’est possible que sans Bachar el-Assad. Mais ce dernier s’est arrangé avec les Russes pour conserver la priorité de Gazprom, mais aussi en leur offrant la possibilité d’installer une base militaire sur la côte méditerranéenne. La puissante haute finance n’abandonne donc pas ses projets, même sous Trump, et ne peut les imposer qu’en éliminant Assad.
  • L’industrie d’armement américaine a financé la campagne électorale de Clinton avec 7,5 milliards de dollars en échange de son accord à se soucier des ventes de matériaux d’armement par une guerre contre la Russie. Aucun président ne peut résister à la pression de la toute puissante industrie d’armement, car elle représente 70% du stock de capitaux de l’économie nationale américaine. Quiconque veut créer un boom économique aux Etats-Unis doit s’occuper à créer des commandes pour l’industrie d’armement, donc provoquer la guerre entre ceux qui utilisent des armements américains.
  • Certaines parties de l’armée américaine croient à l’obligation de confrontations militaires avec la Russie et la Chine pour que les Etats-Unis puissent sauvegarder leur empire du dollar. Après l’élection présidentielle, elles ont traqué tous les collaborateurs de Trump ayant eu des contacts avec la Russie, pour ainsi pouvoir à nouveau présenter la Russie comme l’ennemie principale des Etats-Unis. Par l’attaque contre un allié de la Russie, ils veulent – tant que les Etats-Unis sont encore les plus forts – provoquer une confrontation avec la Russie.
  • La guerre pourrait également représenter la dernière issue pour les Etats-Unis afin d’empêcher le crash financier imminent. Les Etats-Unis sont endettés à hauteur de plus de 20 billions de dollars, ont chaque année plus de 600 milliards de dépenses militaires et des déficits permanents de commerce extérieur. Ils se trouvent donc avec leur empire mondial du dollar devant l’effondrement.
  • Deux fois déjà, les Etats-Unis ont utilisé une crise économique par un boom de l’armement dans deux guerres mondiales pour la montée à l’hégémonie mondiale. Cette fois aussi la direction américaine pourrait tenter de prévenir le crash imminent par une guerre, la guerre employée comme dernière issue de secours pour tenter de prévenir le crash garanti.

Après la victoire de Trump, nous croyions être protégés d’une aventure militaire des Etats-Unis. Cependant au cours des dernières semaines, tout a changé. Les agressions des va-t’en-guerre en politique intérieure semblent si puissantes, que le président est obligé de s’y soumettre – c’est-à-dire que les Etats-Unis et leur OTAN menacent le monde d’une guerre imminente.

Jusqu’à présent, il n’est pas prouvé qui a perpétré l’attaque au gaz toxique en Syrie: Assad – comme l’affirment les Américains – ou les rebelles dirigés par les Etats-Unis – comme l’affirment les Russes. Le fait que les réels dirigeants du pays aient immédiatement forcé le président à agir et que les gouvernements satellites européens, sous la conduite de Mme Merkel, aient émis des serments de fidélité et aient condamné Assad avant qu’une quelconque preuve soit établie, ressemble étrangement au début de la guerre contre l’Irak (action sous fausse bannière ou False Flag Operation).

Nous sommes dans une situation de danger de guerre la plus élevée depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi n’y a-t-il actuellement pas de marches pour la paix, d’appels pour la paix dans les médias comme dans les années cinquante et soixante? Les réseaux américains qui ont fait chanter Trump et qui ont provoqué ou exploité un incident de guerre, pourraient être assez forts pour provoquer une troisième guerre mondiale.

70 ans de paix semblent nous avoir rendus insouciants. Mais entre-temps, je suis davantage préoccupé par la menace de guerre que par un crash financier.

*source: worldpeacethreatened.com

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des violences pour créer et creuser la fracture

MANCHESTER

*Personne ne sait jusqu’où peut aller la barbarie. L’attentat de Manchester est une abomination qui provoque répulsion et colère.

Comment peut-on commettre un tel crime ? Au nom de quelle cause ? Quelle logique mortifère peut guider de tels actes ? On sait ce que cherche l’Organisation de l’Etat islamique (OEI – souvent désignée par son acronyme Daech). Son objectif n’est pas d’amener les gouvernements européens à abdiquer ni de les vaincre militairement. Le but est évident : provoquer des réactions et des violences en retour pour créer et creuser la fracture entre la majorité de la population et les minorités musulmanes.

Le rêve de Daech, c’est qu’après un attentat, des représailles aveugles suivent. Des ratonnades, des attaques de mosquées voire, ensuite, des tueries contre des personnalités de confession ou de culture musulmane.

Le piège est là, évident. Depuis les attaques contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo puis celles du funeste 13 novembre 2015 (Bataclan, stade de France et rues de Paris), c’est cette logique morbide qui est à l’œuvre car elle relève de la vision eschatologique de cette organisation.

Pour l’heure, cette stratégie est loin d’atteindre son but. Bien sûr, après chaque attentat, les réseaux sociaux s’enflamment et des internautes, le plus souvent anonymes, donnent libre cours à leur colère et à l’expression de leur haine à l’égard de tout ce qui a trait à l’islam ou au monde arabe. Bien sûr, l’aubaine est aussi exploitée par la fachosphère qui ne perd aucune occasion pour diffuser ses messages xénophobes et islamophobes. Mais les réseaux sociaux sont ce qu’ils sont : des défouloirs et des champs d’expression pour minorités bruyantes.

Dans le monde réel, dans la vie de tous les jours, la cohésion des sociétés demeure. Le bon sens et le raison-garder des communautés nationales l’emportent sur les velléités individuelles de répondre à la violence par la violence.

La question qui se pose est évidemment de savoir si tout cela peut durer. Contrairement à ce que pensent les nervis de l’OEI et ceux qui les défendent ou leur trouvent des circonstances atténuantes, la capacité de résistance des sociétés européennes est immense. Bien sûr, on pourrait croire que des décennies de consumérisme et de paix ont ramolli ces populations. Ce serait se tromper. Les mémoires collectives ne sont pas un concept fumeux.

Une ville comme Manchester a connu les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. On y a gardé le souvenir du « Christmas Blitz », d’avant le Noël de 1940 : Près de 500 tonnes d’explosifs et 37 000 bombes incendiaires déversées par l’aviation allemande. Les gens de Manchester ne viennent pas de nulle part. Ils ont une histoire, un vécu commun.

Les recrues de Daech, comme les chefs de cette organisation, sont des ignares qui pensent que leurs attentats sont suffisants pour ébranler des peuples et des sociétés qui appartiennent à un continent qui fut, jusqu’à il n’y a pas longtemps, celui des guerres perpétuelles.

On répliquera que c’est bien l’Europe, et les Etats Unis, qui portent aujourd’hui ces guerres ailleurs et notamment dans le monde musulman. Certes. Mais il ne s’agit pas ici de revenir sur la responsabilité écrasante de l’Occident dans les dérèglements du monde actuel. Disons simplement que les crimes commis par Daech altèrent et souillent la supériorité morale des victimes (Irakiens, Libyens, Palestiniens, la liste est longue…) des agissements des intérêts occidentaux. Tuer des enfants… Des enfants ! Tuer des enfants, c’est tremper dans la même fange que celles et ceux qui ont imposé et assumé un embargo meurtrier contre l’Irak dans les années 1990.

C’est se mettre au même niveau des colons israéliens qui mettent le feu à maison d’une famille palestinienne pour y tuer ses occupants, bébés compris. Quelle que soit la colère et défiance que l’on peut éprouver à l’égard de l’Occident, rien ne justifie l’horreur de Manchester. Absolument rien.

Mais revenons à la question précédemment posée. Existe-t-il un risque pour que les attentats de l’OEI, car il y en aura d’autres – c’est une certitude – créent l’irréparable ? Assistera-t-on dans un futur plus ou moins proche ou éloigné à une « grande expulsion »?

Il faut s’abstenir de hausser les épaules en balayant une telle hypothèse. Nous savons que l’Histoire est pleine de tragédies qui furent longtemps inenvisageables. En la matière, le « tout est possible » n’est pas juste une manière pessimiste de voir le monde. C’est une prudence nécessaire par les temps qui courent.

Autrement dit, il est absolument fondamental de travailler à défendre la cohésion des sociétés visées par le terrorisme. Dans les communautés de cultures musulmanes qui vivent en Europe, il y a une évidente tentation de repli sur soi ou de détachement. Dire « je n’ai rien à voir avec ces fous, je ne vois pas pourquoi je me sentirai concerné » est fondé et il ne faut certainement pas éprouver une culpabilité qui n’a pas lieu d’être.

Néanmoins, l’heure est plus que jamais au dialogue et à la démarche vers l’autre. Il s’agit d’affirmer son appartenance à ces communautés nationales (et cela même si un déni de cette appartenance est souvent enduré). Il ne s’agit pas non plus de ramper à terre ou, comme le font certains intellectuels maghrébins, de s’agiter en levant le doigt tout en hurlant « moi m’ssieu, moi m’ssieu j’suis différent, n’ayez pas peur de moi ! »

Il faut juste avoir conscience qu‘une communauté nationale, ça se consolide en permanence. Les sociétés européennes ont bien des défauts mais elles montrent depuis plusieurs années leur discernement, leur tolérance, et même leur intelligence. C’est la préservation de tout cela qui est en jeu.*.huffpostmaghreb

*Par Akram Belkaïd - Journaliste et écrivain

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Ces choses que les Saoudiens ne peuvent pas acheter

Ces choses que les Saoudiens ne peuvent pas acheter

**Donald Trump pompe 380 milliards de dollars aux Saoudiens

Il y a quelque chose d’obscène chez toutes ces personnes qui, après avoir occupé des postes élevés au sein d’un gouvernement – par exemple, un ambassadeur ou un chef de l’armée – occupent une fonction, après la retraite, comme employés d’un gouvernement étranger.

L’ancien chef de l’armée du Pakistan, le général Raheel Sharif, n’aurait pas dû accepter l’offre faite par le roi saoudien Salman de le nommer à la tête d’une nouvelle formation militaire de l’Alliance islamique.

Cela tombe sous le sens que cette nomination ferait de facto du général pakistanais un vassal de la Maison des Saoud. Qu’avait-il besoin de cela? Un général pakistanais est presque certainement un homme très riche qui n’a pas vraiment besoin de plus d’argent. Et si le général Sharif avait des démangeaisons insatiables de continuer à lutter contre le terrorisme jusqu’à la fin de sa vie, le Pakistan lui-même pouvait lui en fournir de nombreuses occasions.

Pourquoi l’Arabie Saoudite?

La seule réponse plausible est – l’avarice. Les capacités des Saoudiens à attirer les élites étrangères sont légions. Selon les rapports, Salman a donné au président américain Donald Trump, rien que pour les cadeaux personnels, des dons d’une valeur de 1,2 milliard $. Une lourde épée en or pur et parsemé de diamants pesant 25 kilogrammes valait à elle seule 200 millions $. Ensuite, il y a ce yacht de 125 mètres de long, qui est apparemment le plus grand yacht personnel du monde, avec 80 chambres et 20 suites royales.

Peut-être que le yacht est utile pour les frasques de Trump, mais à quoi peut bien lui servir une épée de 25 kg? De toute évidence, Salman voulait soudoyer Trump. L’objectif derrière tout cela est que Salman espère probablement de Trump la clôture du dossier sur les attaques du 9/11 et qu’il laisse tomber l’idée de demander la réparation pour les familles des victimes en vertu de la loi américaine connue sous le nom de jJustice Against Sponsors of Terrorism Act .

Bien sûr, les Saoudiens n’ont pas à faire ces cadeaux somptueux aux élites du Pakistan (ou de l’Inde). Un stylo Mont Blanc, une montre-bracelet Rolex, un job particulier pour le neveu ou le gendre, fait généralement l’affaire. Certes, selon les normes pakistanaises, le général Sharif doit obtenir un salaire conséquent.

Cependant, le plus incroyable, c’est que le gouvernement pakistanais lui a donné exceptionnellement un « certificat de non-objection » pour accepter une telle nomination. Les dirigeants pakistanais devaient savoir que les Saoudiens avaient un certain agenda pour la création de l’Alliance Militaire Islamique (AMI). L’intention saoudienne est de rallier les pays musulmans sunnites et créer une coalition contre l’Iran chiite. Peu importe le discours présentant cette Alliance Militaire Islamique comme une entreprise anti-terroriste, l’orientation de l’alliance contre l’Iran était limpide comme le cristal.

La presse pakistanaise a rapporté que l’ambassadeur d’Iran à Islamabad, Mehdi Honardoost, a appelé le chef de l’armée le général Javed Qamar Bajwa à Rawalpindi deux fois pendant le seul mois d’Avril pour transmettre l’inquiétude de Téhéran au sujet de la nomination de Sharif. Mais le gouvernement était resté impassible.

La situation est on ne peut plus claire, il faudra en tirer les conséquences. L’un des résultats de la visite de Trump à Riyad la semaine dernière est que l’Alliance militaire islamique est aujourd’hui assez nue en tant qu’alliance musulmane sunnite pour combattre l’Iran. Non seulement cela, l’alliance se battra contre l’Iran en collaboration secrète avec Israël. Le Prince héritier bis du royaume saoudien Mohammad bin Salman s’est vanté dans une interview aux médias, «Nous n’attendrons pas que la guerre soit portée sur le sol saoudien. Nous veillerons à ce que la guerre soit menée en Iran et non en Arabie Saoudite ».

Maintenant, tout cela est hors de contrôle. Imaginez le général Sharif faisant atterrir les troupes de l’AMI à Bandar-e Bushehr et menant la charge de la brigade légère à Chiraz, Ispahan et à Téhéran pour renverser le régime iranien. Dès lors, il n’est pas du tout surprenant que le général Sharif se soit, parait-il, refroidi et ait envisagé de démissionner de son poste et son retour au Pakistan.

Même si ce n’est pas le cas, les dirigeants pakistanais devraient lui ordonner de rentrer chez lui. Il sera extrêmement préjudiciable aux intérêts du Pakistan, quelle que soit la manière dont on considère la chose, si le pays est empêtré dans les tensions irano-saoudiennes. Comme dit le proverbe africain: « Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre ».

Ce qui est vraiment bizarre c’est que la rhétorique de Trump sur l’Iran n’est qu’un tissu d’âneries. Trump est un maître du bluff. Il va maintenant avancer en riant avec l’épée et le yacht. Lire un rapport dans le New York Times – As Iran and U.S. Leaders Trade Barbs, Big Deals Proceed..*30 mai 2017

Par M K Bhadrakumar : journaliste indien
Sources : India Punchline ; traduit par Réseau international

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Les pays occidentaux complices de crimes contre l’humanité au Yémen

Les pays occidentaux complices de crimes contre l’humanité au Yémen

Un comité des Nations unies qui a enquêté sur la campagne de bombardement saoudienne a confirmé les accusations selon lesquelles la monarchie wahabite frappait massivement les infrastructures civiles et violait le droit international humanitaire.

Et les experts des Nations unies ne sont pas tendres avec les Saoudiens puisqu’ils «ont documenté que la coalition [conduite par Riyad] a mené des frappes aériennes visant des civils et des propriétés civiles, en violation du droit international humanitaire, incluant des camps pour déplacés internes et réfugiés ; des réunions civiles, incluant des mariages ; des véhicules civils, incluant des bus ; des zones résidentielles civiles ; des infrastructures médicales ; des écoles ; des mosquées ; des marchés ; des usines et des magasins alimentaires ; et d’autres infrastructures civiles essentielles, comme l’aéroport de Sanaa, le port de Hudayah et des routes domestiques de transit.»(NDLR)

« La sauvage agression du Yémen par l’Arabie Saoudite se déroule depuis mars 2015 dans l’indifférence générale des pays occidentaux pourtant ardents à donner des leçons de morale au monde entier pour dénoncer les crimes des Etats auxquels ils sont hostiles, voire dont ils veulent changer les dirigeants, qui ne répondent pas à leurs critères, par la force des armes, en dehors de toute légalité internationale. Une hypocrisie odieuse marque leur politique qui n’est, en fait, que celle décidée à Washington.

Les crimes contre l’humanité commis par la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen pour remettre au pouvoir son candidat ont détruit toutes les infrastructures vitales du pays : barrages, eaux, hôpitaux, électricité, infrastructures routières, aériennes et portuaire, et tué des milliers de civils dont de nombreux enfants car leurs frappes semblent vouloir non seulement détruire le pays berceau de l’arabisme et de ses cultures séculaires, mais aussi atteindre le moral des habitants à la manière nazie.

Tous les experts militaires savent que les combattants yéménites ont montré depuis toujours qu’ils sont bien plus expérimentés, patriotes et courageux que les mercenaires de l’alliance saoudienne qui accumulent les échecs tactiques sur le terrain. L’Arabie désormais frappée sur son propre sol par des représailles yéménites ne peut gagner cette guerre mais continue à déverser chaque jour des tonnes de bombes par des frappes aériennes pour détruire un pays qui est le symbole de l’inverse de sa brutalité, de son sectarisme religieux et de sa barbarie.

Donald Trump qui avait promis tout au long de sa campagne de mettre un terme à l’interventionnisme militaire américain en se rapprochant de la Russie et de la Syrie notamment, fait exactement le contraire depuis son intronisation, sans doute repris en main de force par l’oligarchie qui gouverne en réalité les Etats-Unis.

Il a frappé la Syrie sans avoir attendu qu’une enquête se déroule sur les accusations infondées d’emploi de l’arme chimique à Khan Cheikhoune, envoyé une escadre en mer de Chine comme pour attaquer la Corée du Nord au risque de déclencher une guerre nucléaire mondiale.

Ces rodomontades dangereuses s’accompagnent au Yémen d’un renforcement du soutien militaire à l’Arabie Saoudite et de l’augmentation des frappes de drones, soi-disant contre Al-Qaïda mais qui touchent souvent des Yéménites qui n’en sont pas membres. Il accomplit ainsi les promesses qu’il a faites au roi Salmane, venu le rencontrer à Washington, de continuer et même de renforcer l’alliance du Pacte du Quincy.

La Grande-Bretagne et la France, si promptes à donner des leçons de morale au monde, non seulement ne dénoncent pas ces crimes dont pâtit atrocement la malheureuse population civile du Yémen, mais participent au soutien en armement de la monarchie wahhabite.

Le Yémen est un pays dont les richesses culturelles et patrimoniales ont été vantées au cours des siècles par tous les voyageurs et les orientalistes français et britanniques. Les historiens comme le Français, Jacques Benoist-Méchin, ont décrit avec émotion le raffinement qui a toujours marqué la culture yéménite qui est, en fait, le berceau de toute la culture arabe et l’origine des migrations qui peuplèrent la péninsule. Ce patrimoine exceptionnel est en train d’être détruit par la barbarie saoudienne, avec l’appui de l’Amérique et de ses valets. C’est un scandale qui restera dans l’Histoire.

La nomination récente de l’Arabie Saoudite à la Commission de la condition féminine à l’ONU est une insulte totale, un déni de bon sens, et ridiculise l’organisation internationale. » – 08 Mai 2017

Par Alain Corvez : Conseiller en stratégie internationale
in Iveris

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La longue guerre de Washington contre la Syrie

Stephen Gowans est l’auteur de Washington’s Long War on Syrie(Baraka Books, 2010).

Le texte qui suit présente les grandes lignes de la conférence prononcée par Stephen Gowans le 2 mai dernier au Centre Saint-Pierre, à Montréal. Traduction de Robin Philpot, éditeur de Baraka Books.

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La longue guerre de Washington contre la Syrie

Ce livre examine la longue guerre que Washington livre à la Syrie et la raisons qui expliquent l’hostilité à l’égard des différents gouvernements syriens, et pas seulement celui de Bachar al-Assad. Mais aussi celui de son père et des gouvernements précédents dans lesquels des nationalistes arabes et des communistes ont joué un rôle important.

Quand je dis que les États-Unis ont livré une longue guerre, je précise qu’elle n’a pas commencé en 2011 lors des bouleversements dans les pays arabes et au moment où le président Obama a demandé au président syrien de quitter le pouvoir.

Je ne parle pas d’une guerre qui a commencé en 2003, lorsque les États-Unis ont envahi le voisin de la Syrie, l’Irak, dans le but d’éliminer l’un des seuls gouvernements du monde arabe qui n’était pas pro-Américain.

Et ce n’est pas la guerre qui a commencé en 2001 lorsque l’administration Bush a développé l’idée de se servir du 11 septembre 2001 comme prétexte pour changer le portrait du monde arabo-musulman.

Chronologie de la guerre contre la Syrie

Au milieu des années 1950, Washington complote avec Londres pour purger l’influence nationaliste arabe de la Syrie. Leur cible : le triumvirat de nationalistes et de communistes arabes que Washington et Londres perçoivent comme une menace pour les intérêts économiques occidentaux au Moyen-Orient.

Kermit Roosevelt, de la célèbre famille Roosevelt, est chef comploteur. C’est lui qui a dirigé aussi le coup d’État qui a chassé du pouvoir le premier ministre de l’Iran, Mohammed Mossadegh, parce que Mossadegh avait commis le gravissime crime contre la domination occidentale : il a nationalisé l’industrie pétrolière iranienne.

Roosevelt et les services britanniques du MI6 recrutent l’aide des Frères musulmans pour renverser les trois hommes de Damas qu’ils voient comme une menace aux intérêts économiques occidentaux.

Dans les années 1960, les Frères musulman organisent des grèves, des manifestations et des émeutes en Syrie sous le slogan : « Islam ou Ba’as » – autrement dit, Islam ou laïcité, s’opposant à ce que les Frères musulmans appelaient le régime « hérétique ». En 1967, les Frères musulmans déclarent la guerre sainte aux nationalistes laïques, les dénonçant comme des infidèles et des ennemis de Dieu.

Dans les années 1970, les Frères musulmans établissent une organisation paramilitaire clandestine, sorte de précurseur des soi-disant rebelles d’aujourd’hui. Les « rebelles » des années 1970 reçoivent leur entraînement militaire et les armes de l’extérieur de la Syrie, tout comme ceux d’aujourd’hui qui sont formés en Jordanie et au Qatar avec les fonds provenant des États-Unis, de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie. Les Frères musulmans lancent alors une campagne de guérilla urbaine d’envergure, en assassinant des Socialistes arabes du Ba’as, en tuant des fonctionnaires du gouvernement, en tuant des officiers de l’armée et en attaquant des bureaux gouvernements syriens et des installations militaires.

En 1973, Hafez al-Assad, père de l’actuel président, préside à l’élaboration d’une Constitution pour la Syrie qui proclame la mission de l’État syrien : favoriser l’unité du monde arabe et surmonter les différences religieuses et autres afin de réaliser la libération du monde arabe de la domination étrangère, de moderniser l’économie et de la remettre entre les mains du peuple syrien.

On y arriverait par la planification et la propriété publique – ce que Washington et d’autres appelleraient le socialisme.

En effet, à Washington, on traite Assad père de communiste arabe. Il ne l’était pas; en réalité, il se méfiait des communistes.

Mais aux yeux de Washington, il aurait pu être un communiste, parce que ses politiques avaient le même impact pour le « corporate America » que celles qu’auraient adopté d’authentiques communistes.

1980 : la Syrie est « l’épicentre du terrorisme islamique »

Dans les années 1980, Robert Baer, un officier de la CIA qui a passé des décennies au Moyen-Orient, observe que la Syrie est « l’épicentre du terrorisme islamique. » Baer écrit : « La première fois que j’ai mis les pieds à Damas en 1980, j’ai estimé que Assad avait 3 ou 4 ans devant lui avant d’être renversé. Les Frères musulmans contrôlaient la rue. Les écoles coraniques enseignaient le Djihad… le système de haut parleurs des mosquées diffusaient très fort des messages de haine et de revanche… je me suis dit : on va le pendre haut et court au centre-ville de Damas, comme bien d’autres Syriens. »

Dans les années 1980, les Frères musulmans créent un Front islamique syrien dont le manifeste déclare la guerre permanente jusqu’à l’extermination du Socialisme arabe Ba’as, soit la laïcité.

En 1982, les Frères musulmans prennent le contrôle de Hama, 4e ville de Syrie. Ils se déchaînent dans des attaques sanglantes, prenant d’assaut des postes de police et tuant des soldats. Tous les dirigeants Ba’asistes de la ville sont exécutés, dont plusieurs par décapitation.

Dans l’opération visant à réprimer la révolte, l’armée syrienne arabe saisit plus de 15 000 mitrailleuses provenant de l’étranger et capture des prisonniers, dont des forces paramilitaires formées par la Jordanie et la CIA. De même, les « rebelles » en Syrie aujourd’hui sont formés par la CIA et par d’autres services occidentaux en Jordanie et au Qatar.

Dans les années 1990, les Frères musulmans établissent une alliance avec d’autres islamistes sunnites sectaires pour former ce qui devient le Front national du salut de la Syrie. On aurait pu l’appeler le Front national du salut de la Syrie de la laïcité. Le Front a deux objectifs : assassiner Assad père; et créer un État islamique fondée sur le Coran.

Ajoutée à l’Axe du mal de Bush

Avançons jusqu’en 2001. Dans la foulée des attaques du 11 septembre, le général américain à la retraite, Wesley Clark, a dit à un journaliste que pendant une visite au Pentagone il a appris que des plans ont été élaborés pour envahir certains pays, dont l’Irak—où il a eu invasion—, la Libye—qui a subi une attaque militaire—, et la Syrie.

En 2002, l’administration Bush ajoute la Syrie à son Axe du mal – cette liste de pays ciblés pour un changement de régime. Washington prétend que la Syrie développe des armes de destruction massive et appuie le terrorisme – les mêmes accusations sans fondement que Washington a dirigées contre l’Irak comme prétexte pour renverser le gouvernement nationaliste arabe à Bagdad et pour privatiser une économie irakienne que Washington traitait de socialiste – et disons-le, il s’agissait bel et bien d’une économie planifiée et le rôle de l’État y était considérable.

L’Irak se servait de ses ressources pétrolières, de ses sociétés d’État et de sa planification pour faire en Irak ce qu’un porte-parole du Département d’État américain a décrit comme son « Âge d’or ». Selon ce porte-parole : « des écoles, des universités, des hôpitaux, des usines, des théâtres et des musées foisonnaient; tous avaient un emploi de sorte qu’il y eut pénurie de main-d’œuvre. »

Le même représentant du Département d’État écrit au sujet de Kadhafi qu’en mettant à contribution la richesse pétrolière, les sociétés d’État, la planification économique, le gouvernement de Kadhafi avait permis aux Libyens de vivre « bien mieux que jamais leurs parents et grands-parents auraient pu rêver de vivre ».

En 2003, dans la foulée de l’invasion américano-britannique de l’Irak, les États-Unis songent à étendre les opérations militaires en Irak à la Syrie voisine, mais concluent qu’ils ont les mains pleines avec la pacification de l’Irak et de l’Afghanistan et qu’il faut s’y prendre autrement pour changer le régime en Syrie.

Des sanctions de destruction massive

La première alternative à l’intervention militaire directe consiste à imposer des sanctions massive à la Syrie afin d’atteindre les objectifs de toute sanction : détruire l’économie afin de rendre la vie misérable pour les gens ordinaires de sorte qu’ils renversent leur propre gouvernement.

Les sanctions sont un excellent outil de propagande. Une fois l’économie d’un pays est en ruine, on peut attribuer les difficultés économiques au fait que le gouvernement n’a pas poursuivi un système de libre entreprise, de politiques économiques de libre marche, qui selon Washington, sont essentielles à la prospérité – et il est vrai qu’elles sont essentielles à la prospérité des banques américaines, de ses grands investisseurs et de ses grandes entreprises.

Les sanctions répondent aux attentes : la Syrie est dévastée. En octobre 2011, le New York Timesrapporte que l’économie syrienne « s’écroule sous la pression des sanctions occidentales. »

Au printemps 2012, l’hémorragie financière provoquée par les sanctions « force les dirigeants syriens à arrêter de fournir des services essentiels d’éducation, de santé et autres dans certaines parties du pays. »

En 2016, selon un document interne de l’ONU, « les sanctions économiques des États-Unis et de l’Union européenne contre la Syrie… provoquaient une grande souffrance parmi les Syriens ordinaires et empêchaient les services d’aide humanitaire. »

Patrick Cockburn comparait les sanctions imposées à la Syrie à celles que les États-Unis ont imposées à l’Irak de 1990 à 2003.

Selon l’ONU, les sanctions en Irak ont entraîné la mort d’au moins 500 000 enfants irakiens pour cause de maladie et de malnutrition – c’est-à-dire, plus de morts que n’ont causé toutes armes de destruction massive de toute l’histoire.

Deux politicologues, John et Karl Mueller, les ont qualifiées de « sanctions de destruction massive », plus dévastatrices que les bombes nucléaires larguées sur Hiroshima et Nagaski.

Bref, les États-Unis ont pris des mesures qui équivalaient à l’impact de deux bombes nucléaires sur l’Irak.

On oublie généralement que les sanctions de cette envergure détruisent la Syrie depuis 14 ans. Nous voyons bien les attaques perpétrées par les armées de procuration de Washington, mais nous ne voyons pas les effets invisibles, mais tout aussi dévastateurs des sanctions.

Fait significatif : dès la levée des sanctions sur l’Irak nationaliste arabe défait en 2003, les sanctions ont été immédiatement imposées à la Syrie nationaliste arabe qui se tenait encore debout.

Cela veut dire que de 1990 à 2017 – un quart de siècle – les États-Unis et ses alliés ont livré une guerre économique hautement destructrice – l’équivalent commercial d’une attaque nucléaire – d’abord à l’Irak, ensuite à la Syrie; et ils le font parce qu’ils s’opposent aux efforts des nationalistes arabes de mettre la politique et l’économie du monde arabe sous le contrôle des peuples qui y vivent et travaillent.

Raviver la guerre islamiste

Les sanctions constituaient la première mesure visant le changement de régime. La deuxième, c’est de raviver la guerre islamiste contre l’État syrien.

En 2006, les Frères musulmans syriens assistent à au moins deux réunions à la Maison Blanche, selon le Wall Street Journal.

En 2007, les Frères musulmans participent à la création du Front national du salut. Ce front rencontre régulièrement le Département d’État et le Conseil de sécurité national américains, ainsi que le Middle East Partnership Initiative, qui est financé par les États-Unis.

En 2009, les Frères musulmans syriens dénoncent le gouvernement syrien comme un élément étranger et hostile qui devait être éliminé.

Tard en 2010, quelques mois avant que des émeutes n’éclatent dans la ville syrienne de Daraa, ce qui marque le début de ce qu’on appellerait le « printemps arabe en Syrie » — mais ce qui était en fait une reprise de la révolte islamiste— les Frères musulmans expriment le souhait qu’une révolte de la population mette dehors le gouvernement impie d’Assad. Mais ce souhait ne serait exaucé que quelques mois plus tard – ce qui est exactement ce que les États-Unis et les Frères musulmans préparaient depuis 2006.

Or, tôt en 2011, avant le soulèvement de Daraa, alors que le monde arabe connaissait d’importants soulèvements, tout était tranquille en Syrie.

Tout est tranquille en Syrie

Le silence syrien préoccupait les médias occidentaux.

Pourquoi des manifs en Tunisie, pourquoi en Égypte? Pourquoi y avait-il un soulèvement en Libye? Mais rien de ce genre en Syrie?

Le New York Times et Time dépêchent des journalistes pour trouver la réponse. La voici :

  • Tout est tranquille en Syrie parce que le gouvernement jouit d’un grand appui.
  • Tout est tranquille en Syrie parce que même les critiques reconnaissent que Assad est populaire.
  • Tout est tranquille en Syrie parce que Assad a réussi à se faire aimer par la population, surtout la jeunesse – cette partie de la population d’où on s’attend qu’il y ait rébellion, si une telle rébellion devait se produire.
  • Tout est tranquille parce que les tentatives d’organiser des protestations contestant le gouvernement ont échoué. Les Syriens ne sentaient pas le besoin de manifester contre leur gouvernement.

Une recherche Internet d’articles sur la Syrie en février et mars 2011 dans les archives du New York Times et de Time révèle tout ça.

Pas de soulèvement populaire

À la mi-mars 2011, il y a des émeutes à Daraa. Violentes. Des émeutiers sont armés. Des immeubles sont incendiés, des véhicules aussi.

Selon le New York Times, même des autorités américaines « reconnaissent que les manifestations n’étaient pas pacifiques et que certains manifestants portaient des armes. »

Dans la mythologie développée plus tard sur les origines du conflit après 2010, on racontera que « les manifestations étaient en grande partie pacifiques »; plus tard, on laisse tomber l’expression « en grande partie », pour dire simplement : « les manifestation étaient pacifiques. » Mais au moment où cela se passait, ni le New York Times ni les porte-paroles du gouvernement américain n’y voyaient des manifestations pacifiques; ils reconnaissaient qu’elles étaient violentes.

Une semaine après l’éruption de la violence à Daraa, Time rapporte que « il ne semblait pas avoir d’appels à grande échelle pour le renversement ou la destitution du régime ou du président qui est relativement populaire. » Ça heurte de front le récit, la mythologie, qui s’est imposée par la suite.

Plus d’un mois après le début de la violence, Anthony Shadid du New York Times rapporte que : « les manifestations … sont très loin des soulèvements populaires qui ont caractérisé les révolutions en Égypte et en Tunisie. »

Fait à noter, Time a rapporté que l’Islam jouait un rôle prépondérant dans les manifestations en Syrie.

Donc, voici le portrait.

  • Des perturbations civiles par des Islamistes depuis les années 1960
  • De la guérilla islamiste depuis les années 1970, atteignant un sommet en 1982 avec la prise de contrôle de Hama.
  • Des Islamistes qui rencontrent la Maison Blanche, le département d’État et le Conseil de sécurité nationale à partir de 2006, après que Washington abandonne son plan d’intervention militaire directe en Syrie.
  • Et voici que l’Islam joue un rôle prépondérant dans les manifestions, lesquelles sont violentes et où on retrouve des armes.

Dans la même veine, en 2012, la Defense Intelligence Agency, l’une des nombreuses agences américaines de la communauté des renseignements des États-Unis, révèle que la révolte était islamiste et qu’elle est dirigée par les Frères musulmans et al Qaeda en Irak, précurseur de l’État islamique.

Un indice suit l’autre, qui démontre que le soulèvement n’était pas un mouvement laïque pacifique en faveur de la démocratie libérale, mais le renouvèlement d’une guerre vieille de plusieurs décennies opposant Islamistes et Laïcistes, les premiers ayant le soutien des États-Unis et de ses alliés.

La Defense Intelligence Agency a bel et bien dit que les rebelles étaient appuyés par l’Occident, les monarchies arabes du Golfe et par la Turquie. (…)

Assad n’est pas le seul ennemi 

Le modus operandi dans les campagnes américaines de changement de régime consiste à réduire les gouvernements que Washington déteste à un seul individu qu’on peut diaboliser comme un Hitler, ou qu’on traite de dictateur brutal, d’animal, ou d’être immoral. Mais l’ennemi n’est pas un individu.

Si Assad devait quitter le pouvoir aujourd’hui, laissant sa place à un successeur qui partage les mêmes valeurs du socialisme arabe Ba’asiste, la guerre se poursuivrait.

Quand le socialiste Ba’asiste Saddam a été chassé en Irak, le dictateur militaire que Washington a installé en Irak, Paul Bremer, a lancé une campagne de-Ba’asification du pays : soit de destituer des postes dans l’État irakien de TOUS les membres du parti socialiste arabe du Ba’as.

Washington a alors imposé une Constitution qui interdit pour toujours aux nationalistes arabes laïques d’occuper un poste dans l’État irakien.

L’objectif de la longue guerre de Washington contre l’Irak n’était pas d’éliminer Saddam tout seul, mais d’éliminer de l’État irakien tout ce qui venait du parti socialiste Ba’as.

De même, l’objectif de la longue guerre de Washington contre la Syrie n’est pas la destitution d’Assad seulement, mais l’élimination de l’État syrien de tout ce qui vient du parti Ba’as.

Idem pour Kadhafi

Un an après que les Islamistes soutenus par l’OTAN ont renversé et assassiné Mouammar Kadhafi, qui s’inspirait aussi des objectifs nationalistes arabes d’unité, de liberté et de socialisme, le Wall Street Journal a révélé que les pétrolières occidentales avaient poussé en faveur de son renversement parce qu’il négociait de façon trop serrée et qu’il insistait que les Libyens devaient profiter de leurs propres ressources pétrolières.

Les grandes pétrolières américaines croient que les ressources pétrolières des pays arabes et musulmans doivent enrichir leurs actionnaires, et ne devraient pas profiter aux peuples qui habitent ces parties du globe. Kadhafi s’y opposait de façon catégorique. Il a été éliminé!

Blessures – Norman Bethune

À la veille de l’envoi de ce livre chez l’imprimeur, j’ai lu un court texte d’un Canadien remarquable, Norman Bethune. Le texte s’intitule : Wounds ou Blessures. Bethune était un chirurgien talentueux et innovateur qui était à l’avant-garde de la lutte pour un réseau de santé public au Canada. Mais il est surtout connu pour sa participation à deux guerres : la guerre civile espagnole et la Seconde guerre entre la Chine et le Japon.

Bethune s’est joint comme chirurgien aux forces de Mao dans la résistance aux tentatives japonaises de coloniser la Chine.

C’est en Chine que Bethune a écrit ce texte, une méditation sur les causes de la guerre dans laquelle il s’est impliqué et qui produisait les blessures qu’il devait soigner.

L’épigraphe de ce livre est Blessures.

« Les guerres d’agression ou les guerres de conquêtes de colonies … sont-elles que des affaires des grandes entreprises? Il semblerait que oui, même si ceux qui commettent de tels crimes nationaux cherchent à camoufler leurs vrais objectifs sous des bannières d’idées et d’idéaux nobles. »

(Aujourd’hui, les idées et idéaux nobles sont exprimés dans la prétention que les États-Unis ont une obligation morale d’agir, qu’on ne peut rester bras croisés, et ainsi de suite. La plus perspicace des observations de Bethune, à mon avis, se trouve dans le dernier paragraphe.)

« Les ennemis de la race humaine ressemblent à quoi. [Il fait référence à ceux qui, dans la recherche de profits, déclenchent des guerres qui entraînent les blessures qu’il est, lui, appelé à soigner.]

« Portent-ils au front un signe pour qu’on puisse leur parler, les bannir ou les condamner comme des criminels?

« Non, au contraire. Ce sont des gens respectables.

« On les honore. Ils se considèrent des « gentlemen » et on les appelle des « gentlemen ».

« Ce sont des piliers de l’État, de l’Église et de la société.

« Ils appuient les charités privées et publiques grâce à leurs richesses excessives. Ils font des dons à des institutions.

« Dans la vie privée, ils sont gentils et respectueux…

« Mais un signe peut trahir ces gentils hommes. Dès qu’on menace de réduire [leurs profits], la bête en eux se réveille brutalement. Ils deviennent des sauvages sans merci, brutaux comme des fous, des bourreaux sans remords. »

Quand on lit dans le Wall Street Journal que les pétrolières occidentales se sont plaints auprès du Département d’État qu’il fallait faire quelque chose avec Kadhafi, qui a menacé de réduire leurs profits, on ne peut s’empêcher de penser aux piliers de la société, aux gens respectables dont parlaient Bethune.

Bethune termine son texte comme suit : « Un telle organisation de la société humaine qui leur permet d’exister doit être abolie. »

Un thème global de ce livre est le suivant : on ne peut comprendre la longue guerre de Washington contre la Syrie que dans le contexte d’une organisation de la société humaine qui permet à ces ennemis de l’humanité d’exister.

Stephen Gowans in Mondialisation.ca /  13 Mai 2017

***********************La Syrie est largement un terrain de destructions, de massacres en masse et de manoeuvres politiques et stratégiques en tous genres, pour la Turquie, les pays occidentaux, les USA, la Russie, l’Iran, l’Arabie saoudite et d’autres pays. Tous ont des troupes ou des mercenaires sur place. Mais ces Etats impliqués dans cette région, ont tous leurs propres problèmes qui compliquent encore la situation de ce malheureux pays.

Médias syriens: un bombardement US à Raqqa tue 43 civils

*Les dommages causés par la coalition en Syrie comparables à ceux de Daech 

*Au lendemain du raid sur Raqqa qui a, selon les médias syriens, coûté la vie à 43 civils, Damas s’est adressé à l’Onu et a comparé les actions de la coalition internationale en Syrie aux crimes de Daech.

Les actions de la coalition internationale menée par les États-Unis sont comparables aux conséquences des crimes causés par l’organisation terroriste Daech, a déclaré le ministère syrien des Affaires étrangères, cité par l’agence SANA.

Dans deux missives adressées au secrétaire général de l’Onu et au Conseil de sécurité des Nations unies, la diplomatie syrienne a exhorté l’organisation internationale à condamner les actions de la coalition qui ont entraîné la mort de civils.

« Les pertes humaines et matérielles causées par les frappes de la coalition internationale illégitime sont comparables aux conséquences des crimes perpétrés par l’organisation internationale Daech à l’encontre des citoyens syriens innocents », a pointé Damas dans sa lettre.

Et de souligner que les actions de la coalition allaient à l’encontre des objectifs annoncés, du droit international, des droits de l’homme et de la charte de l’Onu.

« Une fois de plus la Syrie exhorte le Conseil de sécurité de l’Onu à condamner les transgressions perpétrées par la coalition de Washington et l’atteinte à la vie des civils syriens, dont des femmes et des enfants », ont souligné les diplomates syriens.

Samedi, les médias syriens ont annoncé qu’au moins 43 civils syriens avaient trouvé la mort dans un bombardement de la coalition internationale à Raqqa, annonce SANA se référant à des témoins.

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Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 13 mai 2017

A la Maison Blanche, les équipes de Donald Trump désemparées

**Donald Trump parlent à ses conseillers de grands changements, sans pour autant savoir quelle direction prendre.

Face à un président qui n’a de cesse de se mettre dans des situations délicates, les conseillers de la Maison Blanche ne savent plus vraiment comment le défendre et s’inquiètent pour leur avenir, raconte le New York Times.

Ambiance tendue à la Maison Blanche. Alors que Donald Trump enchaîne les bourdes, le personnel de l’aile ouest, qui se retrouve comme assiégé dans le bâtiment présidentiel, est pour le moins décontenancé, raconte le New York Times. Déjà critiqué pour avoir limogé sans ménagement James Comey, le patron du FBI, et divulgué des informations confidentielles au chef de la diplomatie russe, Donald Trump est depuis mardi soir également accusé d’avoir demandé au même James Comey, juste avant qu’il ne lui montre la sortie, de mettre fin à ses investigations sur Michael Flynn, son ex-conseiller à la sécurité nationale.

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«L’attrait du président pour le chaos, allié à son peu d’égard pour le respect des règles qui encadrent sa fonction ont laissé ses équipes confuses. Selon deux conseillers qui ont souhaité garder l’anonymat, le président lui-même est devenu amer et sombre et se retourne contre ses équipes – y compris son gendre, Jared Kushner – les décrivant, en furie, comme incompétentes», écrit ainsi le New York Times.

Pour ne pas arranger les choses, des bruits courent à la Maison Blanche, selon lesquels Trump s’apprêterait à procéder à un grand remaniement, en commençant par la démission (ou du moins la réaffectation) de Sean Spicer, son responsable presse. «A la fin de la journée de mardi, il semblait que M. Spicer ait, pour le moment, survécu», écrit le New York Times, donnant un aperçu de l’anxiété qui plane.

Et si Donald Trump a apparemment rassuré ses conseillers, leur assurant qu’ils ne seraient écartés, il a également dit à d’autres qu’il savait qu’il devait procéder à de grands changements, sans pour autant savoir quelle direction prendre.

Un «état de siège» parti pour durer

C’est dans cette atmosphère que les équipes du président sont retranchées, avec le sentiment que cet «état de siège» est parti pour durer, raconte le quotidien. Car la stratégie de communication de la Maison Blanche n’a pas permis de désamorcer les bombes semées par Trump et ses conseillers ne savent visiblement plus comment le défendre. En interne, le sujet suscite d’ailleurs le débat. Lundi soir, raconte le New York Times, des journalistes, dans la Maison Blanche, pouvaient ainsi entendre les éclats de voix, par-delà les portes fermées, alors que les conseillers du président débattaient de la façon dont il fallait répondre aux révélations du Washington Post, concernant les informations classifiées divulguées par Trump. Tout ça pour que, rappelons-le, le président américain lui-même avoue sur Twitter, en assurant avoir parfaitement le droit de la faire.

Face à un président si imprévisible et apparemment incapable de ne pas se mettre dans l’embarras, certains conseillers craignent même de le laisser seul lors de rencontres avec des dirigeants étrangers, rapporte encore le New York Times. Pour rendre les choses plus délicates encore, quand certains, comme le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale, essaient de le recadrer, Trump s’irrite assez vite, selon des sources citées par le quotidien. Le président se serait ainsi plaint de voir ce dernier trop prendre la parole, lors de ses rendez-vous ou rencontres.

Et l’inquiétude ne s’arrête pas aux grilles de la Maison Blanche, le sénateur républicain Bob Corker parlant par exemple de la «spirale destructrice» qui a lieu selon lui autour du président. «Ils doivent trouver une solution pour régler cette situation», explique-t-il ainsi. Après des mois à tenter de défendre un président qui enchaîne les bourdes, les tweets et les décisions surprises, beaucoup, à la Maison Blanche, épuisés, partagent cette analyse. *liberation.fr/  17 mai 2017

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Contrats d’armement américano-saoudien : quel impact régional ?

Contrats d’armement américano-saoudien : quel impact régional ?

Selon la revue israélienne,  The marker,  spécialisée en affaires économiques et qui fait partie du groupe de presse de Haaretz, « l’institution militaire israélienne a exprimé un intérêt tout particulier, à l’égard  des contrats d’armements signés entre l’Arabie saoudite et les USA ».

En effet, The Marker souligne « l’impact positif de tels contrats sur les entreprises israéliennes,  dans le sens où ils serviront de tremplin pour ces dernières  pour traiter avec les industries d’armes américaines, sachant que ces dernières vendront  leurs produits à des entreprises saoudiennes.  A noter que ces compagnies militaires israéliennes vendent souvent leurs armes à  l’armée américaine voire parfois elles rivalisent en termes d’armements avec  certains entreprises américaines ».

Et donc, selon The Marker,  »ces contrats d’armement entre l’Arabie Saoudite et les États-Unis pourraient relancer l’industrie mondiale des armes dans son ensemble, y compris l’industrie militaire israélienne. »

Préoccupations israéliennes justifiées?

Toujours selon les sources citées par la revue, « ces contrats auront aussi un impact géopolitique positif  pour Israël  dans la région », toutefois souligne The Marker,   »les accords d’armements entre l’Arabie saoudite et les États-Unis entraineront certes une course aux armements dans la région, ce qui n’est pas  une bonne nouvelle pour  Israël  au niveau de sa sécurité ».

A ce titre, un certain nombre de ministres et de responsables sécuritaires israéliens, ont  exprimé leur mécontentement à l’égard de ces contrats signés entre Washington et Riyad, a rapporté le quotidien israélien  Maariv.

Le journal israélien a souligné que « le premier a avoir  critiqué l’accord est le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, ainsi que le ministre de la Sécurité Avigdor Lieberman. Ce dernier a déclaré au cours d’une interview accordée à la radio  israélienne : »Je ne vivrai pas en paix avec une course aux armements et cet accord d’armement saoudien ».

Le journal a commenté  que « ces propos traduisent, sans aucun doute, un malaise au sein de l’institut sécuritaire israélienne des suites de cet accord américano-saoudien » soulignant que « le gouvernement israélien ne cherchera pas, et contrairement au passé, à saboter ledit accord, car il n’a pas l’intention de provoquer une discorde avec un président tel que Trump, jugé comme le plus amicale encers Israël par rapport à ces prédecesseurs ».

Ligne rouge inviolable: la suprématie militaire d’ »Israël » dans la région

Néanmoins, Maariv rapporte que   »le discours autour des systèmes d’armes qui seront vendus à l’Arabie conforte l’idée que ces systèmes n’affecteront pas la supériorité qualitative d’Israël  par rapport  aux pays de la région, et ce , aussi longtemps qu’Israël  ne sera pas forcée d’attaquer l’Arabie Saoudite. Il s’agit de système d’arme défensive ou d’offensive tactique », selon ses termes.

Maariv poursuit :  « l’accord vise à améliorer la capacité de l’armée saoudienne dans son agression contre le Yémen, surtout que ce dernier bénéficie de l’aide iranienne et aussi, pour protéger le ciel  du royaume de la menace des missiles iraniens. Et donc, la quantité d’armes que reçevra l’Arabie de la part des USA évoluera en qualité aussi. Or, certains milieux israéliens militaires et sécuritaires sont  inquiets que  l’armée saoudienne puisse recevoir des missiles guidés de haute-précision et des centaines de chars modernes ».

Mais encore..

« Tel Aviv craint également des répercussions de cet accord sur le long terme. Selon le journal, en cas de l’effondrement de la monarchie saoudienne, tous les grands  stocks d’armes tomberont entre les terroristes de l’organisation  d’Al-Qaïda  ou pire entre les mains de Daech » écrit Maariv.

Qu’ont promis les USA à l’entité sioniste afin de la rassurer ?

Le journal a indiqué que « face à de telles préoccupations, l’Etat juif  compte recevoir une indemnisation. Une indemnisation qui a été discutée  dans le plus grand secret lors de la visite de Trump à Tel Aviv. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ainsi fait allusion que son pays recevra une augmentation spéciale de l’aide annuelle accordée par les États-Unis, allant jusqu’à 75 milliards de dollars afin de  permettre à Israël de développer ses systèmes de défense anti-missiles ».

Maariv conclut: « Tel Aviv ne cessera de demander une indemnisation supplémentaire, d’ailleurs  le secrétaire d’Etat des USA a souligné que les Etats-Unis surveilleront à ce que  la supériorité militaire et qualitative de  l’État juif reste prédominante dans la région ,selon de hautes sources israéliennes ».(Agences et médias) - 30 mai 2017

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Donald Trump pompe 380 milliards de dollars aux Saoudiens

Donald Trump pompe 380 milliards de dollars aux Saoudiens

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a dénoncé dimanche soir dans un tweet les « attaques » formulées contre son pays par le président américain Donald Trump à Ryad, affirmant que Washington voulait « pomper » l’argent de l’Arabie saoudite.

Il s’agit de la première réaction officielle iranienne après un discours prononcé dimanche à Ryad par M. Trump qui a accusé l’Iran de « soutenir le terrorisme ».

« L’Iran, qui vient de tenir de vraies élections libres, est attaqué par le président des Etats-Unis dans ce bastion de la démocratie et de la modération », a dit M. Zarif, en ironisant sur l’Arabie saoudite.

« S’agit-il de politique étrangère ou de pomper 380 milliards de dollars » au Saoudiens ?, a-t-il poursuivi.

Washington et Ryad ont signé samedi, au premier jour de la visite de M. Trump à Ryad, des méga-contrats de plusieurs centaines de milliards de dollars dont 110 milliards de dollars consacrés à l’achat d’armement américain par l’Arabie saoudite.

Trump: Nous n’allons pas mener la guerre à votre place

Dans un discours devant les représentants d’une cinquantaine de nations musulmanes, le président Trump a appelé dimanche tous les pays à « isoler » l’Iran.

« Du Liban à l’Irak en passant par le Yémen, l’Iran finance, arme et entraîne des terroristes, des milices et d’autres groupes terroristes qui répandent la destruction et le chaos à travers la région », a-t-il prétendu.

Invitant les pays arabes à compter avant tout sur eux-mêmes, il a indiqué que « les nations du Proche-Orient ne peuvent attendre que les Etats-Unis mènent la guerre contre le terrorisme à leur place. »

Point très surprenant dans son discours: il appelle tous les pays arabo-musulmans à chasser les terroristes hors de leurs frontières (et par conséquences, à les répandre dans le monde) là où l’on aurait pu s’attendre de sa part, à ce qu’il appelle plutôt à les tuer (ce qui ne serait pas une solution en soit) ou à les capturer.

Le président américain a en outre mis sur un même pied d’égalité les groupes takfiristes soutenus par les pays du Golfe et ceux qui luttent contre le terrorisme takfiriste et israélien.

Pour Trump, Daesh, Al-Qaïda, le Hezbollah ainsi que le Hamas sont responsables non seulement pour « les tueries, mais aussi la destruction des rêves de générations entières ».

« C’est une bataille entre des criminels barbares qui essaient d’anéantir la vie humaine et des gens biens de toutes religions qui cherchent à la protéger », a-t-il lancé.

« Le terrorisme s’est étendu au monde entier. Mais le chemin vers la paix débute ici, sur cette vieille terre, sur ce territoire sacré », en allusion à l’Arabie, a-t-il encore dit.

Washington et Ryad s’allient contre le financement du terrorisme

Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont annoncé dimanche la création d’une structure régionale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la visite du président Donald Trump à Ryad.

Sous l’égide de Washington et Ryad, ce Centre contre le financement du terrorisme (Terrorist Financing Targeting Center, TFTC) réunira au total six pays du Golfe (Koweït, Qatar, Bahrein, Oman, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis) et aura pour principale vocation de partager des informations sur les réseaux de financement des groupes comme Daesh ou Al-Qaïda, a indiqué le Trésor américain dans un communiqué.

Sont également ciblées les « menaces » émanant, selon Washington, de l’Iran et du pouvoir syrien, détaille le communiqué.

Cette nouvelle structure pourra également coordonner des mesures de représailles communes contre ces mouvements, assure ce communiqué.

Le TFTC « améliorera des outils existants et la coopération avec nos partenaires dans le Golfe afin de s’attaquer efficacement aux nouvelles menaces », a affirmé le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, cité dans le communiqué, assurant que son ministère partagera son expertise sur le sujet.(Agences et médias) — 22 Mai 2017

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  *Crise diplomatique au Golfe

L’Arabie saoudite et ses alliés rompent avec le Qatar

Donald Trump et le roi Salman d'Arabie saoudite posent avec les dirigeants du Conseil de coopération du golfe à Ryad le 21 mai 2017 / AFP/Archives

*C’est un véritable séisme diplomatique au Moyen-Orient. L’Arabie Saoudite, les Emirats, le Bahreïn et l’Egypte ont tour à tour annoncé, à l’aube de ce lundi 05 juin 2017, la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar accusé de soutenir le terrorisme. L’agence officielle saoudienne SPA a annoncé que Ryad rompait ses relations  diplomatiques et fermait ses frontières terrestres, aériennes et maritimes avec  le Qatar pour « protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de  l’extrémisme ». Deux autres pays ont décidé lundi de rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Il s’agit de la Libye et du Yémen.*médias 05 juin 2017

L'émir du Qatar (tout à gauche) et le roi d'Arabie Saoudite (à droite) aux côtés de Donald Trump fin mai.

*** La rupture des relations, annoncée avant l’aube, intervient 15 jours après une visite à Ryad de Donald Trump qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l’extrémisme.

Les grandes compagnies aériennes Emirates, de Dubaï, et Etihad, d’Abou Dhabi, ont annoncé la suspension de tous leurs vols vers et en provenance du Qatar à partir de mardi matin « jusqu’à nouvel ordre ». Les diplomates du Qatar ont 48 heures pour quitter leurs postes dans ces pays.

Les citoyens qataris ont pour leur part 14 jours pour partir d’Arabie saoudite, des Emirats et de Bahreïn, et les ressortissants de ces trois pays se voient interdire de se rendre au Qatar. Seuls les pèlerins du Qatar peuvent se rendre sur les lieux saints musulmans en Arabie saoudite. L’Egypte a annoncé la fermeture des frontières « aériennes et maritimes » avec le Qatar qui, selon son ministère des Affaires étrangères, « insiste pour adopter un comportement hostile vis-à-vis » du Caire.

La raison officielle : le soutien apporté par le Qatar à des groupes terroristes

Cette crise diplomatique est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Ryad, Abou Dhabi et Manama ont justifié la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar par son « soutien au terrorisme », y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et la confrérie des Frères musulmans.

« Le Qatar accueille divers groupes terroristes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daech [acronyme en arabe de l'EI] et Al-Qaïda », a souligné Ryad. Selon l’Arabie, Doha soutient aussi « les activités de groupes terroristes soutenus par l’Iran dans la province de Qatif [est]« , où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu’à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

La raison officieuse : les relations entre le Qatar et l’Iran

Mais ce qui est en réalité en jeu, c’est l’équilibre des forces au Moyen-Orient entre l’Arabie Saoudite sunnite et leur ennemi juré, l’Iran chiite. Le Qatar semblait se rapprocher de l’Iran ces derniers jours. C’est en tout cas ce qui paraissait être le cas après des propos de l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, à l’agence de presse officielle. Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’Iran, vu comme un allié stratégique alors qu’il vient d’être accusé par l’Arabie saoudite d’être « le fer de lance du terrorisme ». Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l’administration de Donald Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis. Après la publication de l’article, les autorités qataris ont affirmé avoir été victimes de « hackers » ayant publié sur le site internet de faux propos attribués à l’émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. * le jdd.fr avec AFP / lundi  05 juin 2017

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Le roi d'Arabie saoudite et l'émir du Qatar, ici en novembre 2015.

Et si l’Arabie saoudite se trompait d’ennemi?

**En mettant fin aux relations diplomatiques avec le Qatar, la monarchie saoudienne et ses alliés du Golfe prennent le risque de mettre de l’huile sur le feu dans un Moyen-Orient déjà fortement fragilisé par les guerres. Au micro d’Europe1, la chronique du rédacteur en chef international du JDD, François Clemenceau.

-il faut éviter de simplifier à outrance ce qui est en train de se passer dans cette région et qui est très grave. Mais, pour faire court, l’Arabie saoudite justifie sa rupture avec le Qatar en expliquant que l’émirat fait le jeu des deux principaux ennemis dans la région, l’Etat islamique terroriste et la République islamique d’Iran. Comme Donald Trump l’a fait, en réunissant il y a quinze jours ses alliés sunnites du Golfe à Ryad, l’Arabie saoudite met dans le même sac une organisation terroriste, qui défie le monde arabe et les Occidentaux, et une grande puissance qui est effectivement en guerre par procuration avec un certain nombre d’adversaires : l’Iran soutient les milices chiites houthies au Yémen contre le gouvernement central défendu par Ryad, le Hezbollah au Liban face à Israël, le régime de Bachar el-Assad face aux rebelles de l’opposition, le Hamas à Gaza et les Frères Musulmans en Egypte contre le régime du maréchal Sissi. En revanche, l’Iran fait la guerre à Daech, que ce soit en Irak ou en Syrie.

Alors, est-ce que les accusations de l’Arabie Saoudite contre le Qatar tiennent la route? Non, parce que les choses sont plus compliquées. C’est vrai que le Qatar soutient également le Hamas en Palestine, les Frères Musulmans en Egypte ou les milices islamistes en Libye. Mais en Syrie, si le Qatar a pu jouer les intermédiaires pour la levée des sièges encerclées par le régime et ses alliés iraniens, c’est parce que le Qatar connait bien, pour l’avoir aidé, l’ancien front al-Nosra devenu Fatha el-Sham.

La guerre frontale entre Ryad et Téhéran ne mène nulle part

Oui, le Qatar essaye aussi de se rapprocher de l’Iran, mais c’est parce qu’il pense que la guerre frontale entre Ryad et Téhéran ne mène nulle part et que l’idéologie de Donald Trump qui consiste à faire l’amalgame entre l’Iran et Daech est une absurdité qui ne fait que rendre les choses plus dangereuses.

L’Arabie Saoudite se tromperait-elle alors de combat? En fait, c’est surtout Donald Trump qui a eu tort de voir dans l’Arabie saoudite le seul Etat capable de relayer sa diplomatie au Moyen-Orient. Barack Obama avait compris qu’il ne servait à rien d’humilier l’Iran et qu’il fallait au contraire renouer avec cette grande puissance une fois qu’elle se serait débarrassée de son programme nucléaire. Ce qui n’empêche pas de maintenir une relation d’équilibre avec Ryad ni de contribuer à sa sécurité.

Quant au Qatar, qui a toujours voulu rivaliser avec l’Arabie Saoudite au sein des monarchies du Golfe en jouant cavalier seul dans les crises, bien sûr qu’il prête facilement le flan aux accusations de duplicité. Mais s’il accueille aujourd’hui l’état-major des opérations de la coalition contre Daech, rien n’empêche de réduire intelligemment sa capacité de nuisance en Libye ou ailleurs. Dans cette région du monde, il n’y a ni ange ni diable. Et depuis les attentats du 11-septembre, l’Arabie saoudite est bien placée pour le savoir. 

*le jdd.fr / lundi  05 juin 2017

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*Arabie : Jeux de pouvoir dans des sables mouvants 
Ses soucis sont la baisse du pétrole, la guerre au Yémen (là aussi contre des Chiites) et des luttes de pouvoir. À 50/55 $ le baril, l’Arabie consomme ses réserves financières, d’autant que la guerre au Yémen coûte cher; c’est de plus, un échec militaire et une catastrophe humaine. Le roi Salman et son fils, le vice-prince héritier Mohammed Ben Salman (MBS), tentent un traitement de choc. Ce fut d’abord la fin des subventions qui entraînaient d’énormes gaspillages réduisant les exportations de pétrole et multipliant les pollutions. Ce fut ensuite une tentative de diminuer les revenus directs par des impôts et des suppressions de primes, vite bloquée par la réaction des habitants. La réussite du plan de redressement permettrait à MBS de court-circuiter le prince héritier en titre, Mohammed Ben Nayef, et de succéder directement à son père. Parallèlement, le roi vient de nommer deux de ses autres fils à des postes-clés. Khaled Ben Salman, 30 ans devient ambassadeur à Washington. Il a lui-même bombardé de son F-15,  l’État islamique en Syrie et les milices houthistes au Yémen. Il vient d’obtenir de Donald Trump, un soutien plus marqué contre l’Iran. Son frère, Abdel Aziz Ben Salman, 57 ans, est nommé ministre de l’Énergie, une autre position clé.*tribunelecteurs.

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