L’autre image de la France

7 05 2012

**La page sarkozy est tournée

Les Français ont choisi la réconciliation à la peur, le vivre- ensemble à l’islamophobie. François Hollande a été élu par ses concitoyens pour devenir le président de la France, tournant définitivement la page Nicolas Sarkozy. 51,62% pour le candidat socialiste contre 48,38% pour le candidat sortant, selon les résultats définitifs

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<p><span style=Toute la journée, les résultats n’ont pas cessé de tomber. Les journaux belges et suisses, tout comme El Watan, ont suivi le scrutin présidentiel, donnant minute par minute les sondages sortis des urnes.
Le suspense n’a été entretenu que par les médias français, tenus par la loi, tant l’élection de François Hollande semblait évidente. Pour la seconde fois lors de cette élection, les sondeurs n’ont pas été pris à défaut. Dès 19h, les Parisiens avaient compris que l’élection était jouée. La droite a annulé la fête prévue place de la Concorde si son challenger venait à être élu, les prestataires ayant été informés avant 18h, alors qu’à la Bastille, les citoyens continuaient à affluer par centaines. A l’annonce des résultats, les ténors de la droite faisaient la queue sur les plateaux de télévision avec des éléments de langage : le vote a été démocratique, le troisième tour (les législatives) commence et le président sortant a été formidable. Au passé. Le feuilleton a pris fin, dramatiquement pour la droite. Jamais, dans l’histoire de la Ve République, un président en exercice n’a été sorti aussi piteusement. Dans son discours ultime, narcissique et digne à la fois, Nicolas Sarkozy a reconnu sa défaite, tout en égratignant le camp d’en face. Comme un amoureux éconduit, il ne voit toujours pas le désamour profond des Français à son égard. De Tulle (Corrèze), le nouveau Président, que personne n’attendait il y a quelques mois, a pris soin de baliser son chemin. Sans triomphalisme, François Hollande, quelques minutes après le discours intimiste de son rival, se lance dans une réponse non dénuée d’humour. Il réplique avec un tact qui lui est propre. Il refuse de laisser le patriotisme à Nicolas Sarkozy ou à la fille de Jean-Marie Le Pen, il s’en fait le dépositaire et avertit l’Europe qu’il faut désormais compter sur lui, qu’il n’est pas question d’accepter la ligne directrice de l’Allemagne, l’austérité. Son pari : la croissance. Les chancelleries européennes lui donnent raison, même Angela Merkel. François Hollande a envoyé un message : il sait ce qui l’attend, il est socialiste, il est au service de la France, il veut rassembler tous les Français. (El Watan-07.05.2012.)

**un ami de l’Algérie

Comment François Hollande voit-il le monde ? Quelle sera sa politique étrangère s’il est élu au deuxième tour de l’élection présidentielle ? Quels sont les dossiers brûlants qui l’attendent ?Quelle politique aura-t-il vis-à-vis de l’Algérie et du Maghreb ?

Quelle sera la politique étrangère de François Hollande en cas de victoire aujourd’hui ? Sa vision de conduire les affaires extérieures de l’Etat tranchera-t-elle avec celle de Nicolas Sarkozy ? Va-t-il redorer le blason de la France dans le monde ? Tout porte à le croire. Le candidat de gauche a déjà assuré que s’il est élu, la première action qu’il mènerait c’est de restaurer l’identité de la France dans le monde abîmée, selon lui, par cinq années de sarkozysme. Parmi les dossiers brûlants, celui de l’Afghanistan. François Hollande a indiqué que s’il est élu, il retirerait les troupes françaises de ce pays avant la fin 2012. Il compte informer officiellement ses partenaires atlantistes les 21 et 22 mai lors du sommet de l’OTAN qui se déroulera à Chicago, aux Etats-Unis. Il a, en revanche, ajouté que la coopération militaire entre Kaboul et Paris se poursuivra dans le domaine de la formation technique et militaire. Pour sa part, Sarkozy n’est pas favorable à un retrait immédiat, mais à la fin 2013. Le président sortant a expliqué que la France a pris des engagements avec ses partenaires et avec les Afghans qu’elle se doit d’honorer jusqu’au bout. Hollande veut rénover les relations avec l’Algérie qu’il considère stratégiques dans la région du Maghreb. Le candidat de gauche est prêt à faire un geste important en ce qui concerne le passé colonial de la France en Algérie. Mais pas jusqu’à aller à la repentance. Se disant «ami de l’Algérie» où il a effectué un stage à l’ambassade de France à Alger en 1970, M. Hollande a envoyé à plusieurs reprises ses collaborateurs à Alger, preuve qu’il souhaite stabiliser les relations avec notre pays et les fructifier sur le plan économique et culturel.

Le candidat socialiste n’est pas, pour le moment, préoccupé par la renégociation des accords de 1968, alors que Nicolas Sarkozy en a fait un point de fixation. Pour ce qui est des relations avec le continent africain, François Hollande plaide pour leur refondation et pour la fin de la «françafrique». ll s’est également engagé à construire des relations «matures» avec les partenaires africains qui seront basées sur des intérêts politiques et économiques partagés, et éloignées des injonctions politiques du Quai d’Orsay. En réalité, c’est la même politique que voulait mener Sarkozy à son arrivée au pouvoir en 2007. Toutefois, le discours de Dakar dans lequel il avait dit que l’homme africain n’était pas assez rentré dans l’histoire et l’intervention française en Côte d’Ivoire et en Libye ont davantage compliqué les relations entre la France et l’Afrique qu’elles ne les ont apaisées. Enfin, il veut relancer l’Union pour la Méditerranée sur des bases solides et avec des objectifs précis dans le domaine économique et politique. François Hollande veut faire de l’UPM un univers d’échanges entre le Grand-Maghreb et l’Europe, dont la France. Concernant le dossier syrien, Hollande et Sarkozy affichent un même point de vue, à savoir la nécessité d’exercer une pression accrue sur le régime de Bachar Al Assad et multiplier les sanctions économiques pour l’asphyxier et l’isoler sur la scène internationale. Il s’est dit également pas chaud pour l’entrée de la Turquie dans l’Europe, estimant que les négociations doivent se poursuivre jusqu’à ce que Ankara satisfasse toutes les demandes européennes, notamment celles liées au respect des droits de l’homme et la reconnaissance du génocide arménien en 1915. (El Watan-06.05.2012.)

**Entre François Hollande et l’Algérie, une longue histoire d’amitié

 François Hollande éprouve de longue date un intérêt profond et une proximité réelle avec l’Algérie. Nous avons pu le mesurer à la faveur de deux interviews qu’il nous a accordées dans l’intervalle de quatre années, la première en juillet 2006 alors qu’il était premier secrétaire du parti socialiste, la seconde en décembre 2010 alors qu’il était candidat à la candidature des primaires socialistes pour la désignation du candidat de ce parti à l’élection présidentielle qu’il vient de remporter.

Paris….De la correspondante d’El Watan: Nadjia Bouzeghrane
Qu’est-ce qui motive cet attrait pour l’Algérie et les Algériens que François Hollande a une nouvelle fois exprimé en dépêchant quatre de ses proches à Alger, fin avril, pour rencontrer les Français d’Algérie mais aussi pour porter un «message d’amitié» aux Algériens ?
«Nous sommes porteurs d’un message de François Hollande aux Algériens. Un message d’amitié, mais aussi du changement qui est le slogan de notre candidat. On est aujourd’hui une génération qui considère qu’il faut tourner la page et installer la relation entre la France et l’Algérie au niveau qu’elle mérite, pas simplement pour des raisons historiques, mais aussi au regard du poids politique, économique, démographique et de l’influence de l’Algérie», a affirmé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, lors d’une conférence de presse animée, lundi 30 avril à Alger, en compagnie de Bariza Khiari et Pouria Amirshahi. Le propos est constant et relève, de la part de François Hollande, des convictions profondes. Qu’on en juge.

François Hollande a séjourné plus de huit mois à l’ambassade de France à Alger, lors de sa scolarité à l’ENA. Voici ce qu’il en dit (El Watan du 8 juillet 2006) : «Je découvrais une Algérie fière de son indépendance, mais qui, déjà, attendait beaucoup de la France. Je mesurais le potentiel de l’économie algérienne trop bridée par les rigidités bureaucratiques. Mais, je garde surtout l’image d’Alger pleine d’une jeunesse qui a fait l’Algérie d’aujourd’hui et déjà de ses antennes de télévision qui nous relient au-delà de la Méditerranée». Alors qu’il était premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande nous affirmait dans une interview à la veille d’un déplacement en Algérie, en juillet 2006 (El Watan du 8 juillet 2006) : «La colonisation a été un système inéquitable et oppresseur. La guerre d’Algérie a produit, comme toute guerre, des tragédies humaines. Dire cette vérité n’est pas rajouter du malheur à la douleur, c’est accomplir notre devoir à l’égard de toutes les victimes de cette période. Le retour sur notre passé est nécessaire pour préparer l’avenir». «La loi du 28 février 2005, votée par la majorité de droite, en France, a suscité incompréhension et colère, ici, en Algérie, mais aussi en France. C’est pourquoi la gauche s’est mobilisée pour l’abrogation de son article 4 qui reconnaissait le caractère positif de la colonisation. Nous avons obtenu gain de cause et Jacques Chirac a fini par faire annuler cette disposition.»

«Des liens tissés par l’histoire, la géographie et des valeurs communes»

Et aussi : «Près de 3 millions de citoyens français puisent une part de leurs racines en Algérie. Nos deux pays sont liés par l’histoire, par la géographie, mais aussi, par des valeurs communes que les échanges entre nos populations contribuent de diffuser. Enfin, la place de l’Algérie au cœur du Maghreb en fait pour moi le partenaire naturel de la France pour promouvoir une politique ambitieuse en Méditerranée.» «Il s’agit pour nous de faire en sorte que l’Europe engage une coopération renforcée avec l’ensemble du Maghreb, et en particulier avec l’Algérie, sur les domaines-clés du développement, les infrastructures, la question énergétique, l’éducation. De cette dynamique nouvelle, nous devons pouvoir espérer une croissance économique plus soutenue de chaque côté de la Méditerranée. Dans ce monde qui se globalise, l’Europe et l’ensemble des pays de la Méditerranée doivent se construire une communauté d’intérêt commune. C’est en tout cas le sens que nous entendons donner à notre politique envers l’ensemble du Maghreb. Dans ce cadre européen, il va de soi que des relations privilégiées doivent être développées entre la France et l’Algérie, tant nos deux pays ont des intérêts communs.» Pour précision dans son livre Devoirs de vérité (Entretiens avec Edwy Plénel, éditions Stock, 2006) François Hollande prend position pour que la France présente ses excuses pour son passé colonial et ses conséquences.

Quatre ans après (El Watan du 6 décembre 2010), il nous réaffirme que l’Algérie est un pays qui lui est très proche et, de ce fait, son souhait d’une construction entre l’Algérie et la France d’une relation durable, au-delà de la conjoncture politique et du pragmatisme. «Nos relations doivent dépasser le pragmatisme pour se donner des objectifs au long cours», nous précisait François Hollande. «L’Algérie est un pays qui m’est proche. J’y compte beaucoup d’amis. Ma visite est d’abord fondée sur l’amitié, mais c’est aussi un témoignage de fidélité, une préparation de l’avenir. Ce voyage est l’occasion de dessiner les perspectives d’avenir dans lesquelles la coopération entre nos deux nations peut être utile à nos deux peuples. Au-delà de la conjoncture politique, je m’intéresse à l’amélioration durable de la relation entre la France et l’Algérie». Et encore : «Ces relations doivent se fonder sur un socle solide d’échanges économiques et commerciaux. Les positions internationales de nos deux pays, attachés à des rapports mondiaux justes et égalitaires, se rejoignent souvent.

La coopération en matière de lutte contre le terrorisme montre chaque jour son efficience. Il reste un immense champ à élargir : le territoire de la culture. Nos relations doivent dépasser le pragmatisme pour se donner des objectifs au long cours». Aussi «il est temps de l’investir pour les générations futures». A noter que parmi ses proches collaborateurs figurent des responsables comme Faouzi Lamdaoui, son directeur de cabinet pendant sa campagne électorale, Kader Arif, député européen, ou Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat. A la tête de l’Etat français pour cinq ans, François Hollande traduira-t-il en actes ses déclarations de rénovation des relations entre l’Algérie et la France ? Dans quelques mois l’Algérie célèbrera le cinquantième anniversaire de son indépendance. Voilà une opportunité pour ce faire…Nadjia Bouzeghrane (El watan-07.05.2012.)

***Bouteflika félicite François Hollande

Le président de la République algérienne, Abdelaziz Bouteflika, a adressé un message de félicitation à François Hollande, à l’occasion de son élection dimanche en qualité de nouveau président de la République française.

« A l’occasion de votre élection en qualité de président de la République française, j’ai le plaisir de vous adresser, au nom du peuple et du gouvernement algériens et en mon nom personnel, nos chaleureuses félicitations ainsi que mes vœux de succès dans l’accomplissement des hautes charges dont vous venez d’être investi », a écrit le président Bouteflika dans son message. « Je veux également vous exprimer ma pleine disponibilité à œuvrer, avec vous, en faveur d’une coopération algéro-française qui soit à la hauteur des potentialités des deux pays et en adéquation avec la dimension humaine de nos relations et du partenariat d’exception que nous ambitionnons de construire », a ajouté le chef de l’Etat. « Les défis auxquels est confrontée la communauté internationale, aujourd’hui, nous invitent à approfondir le dialogue politique entre nos deux pays et à conjuguer nos efforts pour réaliser les objectifs de paix, de stabilité et de progrès auxquels nous aspirons, dans l’espace méditerranéen qui est le nôtre et à travers le monde », a conclu le président de la République. (APS-06.05.2012.)

**Bouteflika appelle la France socialiste à ouvrir une nouvelle page avec l’Algérie

Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a appelé la France à une lecture objective de l’Histoire et à s’éloigner de la polémique sur la mémoire et des enjeux conjoncturels. Le président de la République a adressé un message au nouveau président de la France, M. François Hollande, exprimant implicitement la volonté de mettre un terme à l’électrification des relations bilatérales, comme elles l’ont été pendant le mandat du président Sarkozy. Dans le discours qu’il a prononcé, mardi 08.05.2012. à Sétif, à l’occasion de la commémoration du 8 Mai 1945, le président de la République a été très calme, donnant l’impression de vouloir ouvrir une nouvelle page avec la France, après l’élection du nouveau président M. François Hollande. « seule une lecture objective de l’Histoire » permettra à la France et à l’Algérie « de transcender les séquelles du passé douloureux », « Seule une lecture objective de l’Histoire, loin des guerres de mémoire et des enjeux conjoncturels, est à même d’aider les deux parties à transcender les séquelles du passé douloureux pour aller vers un avenir où règnent confiance, compréhension, respect mutuel et partenariat bénéfique », a déclaré le président en commémorant le 67e anniversaire du massacre de nationalistes algériens de Sétif, Guelma et Kharata . Le discours du président peut être interprété comme étant une réponse au message de François Hollande lors de sa visite en Algérie, le mois de décembre dernier, à l’invitation du secrétaire général du Front de libération nationale, M. Abdelaziz Belkhadem. M. François Hollande avait, alors, déclaré au siège du parti du Front de Libération Nationale que s’il venait d’arriver au pouvoir, les socialistes instaureront des relations ordinaires avec les Algériens. Il est clair que François Hollande exprimait son insatisfaction sur la performance de son prédécesseur de la Droite, M. Nicolas Sarkozy, en ce qui concerne les relations de la France officielle avec l’Algérie, en particulier dans leur volet Historique ou « le conflit de la Mémoire ». « J’ai œuvré pendant 50 ans à bâtir des relations d’amitié et d’association avec les différents du pays du monde, en premier lieu, la France, en dépit du prix cher que les générations successives du peuple algérien ont payé pour la liberté et la dignité. Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a consacré la plus grande partie de son discours aux élections législatives. Dans ce cadre, il a appelé le peuple algérien à se rendre massivement aux urnes pour choisir leurs candidats. …(El Khabar-09.05.2012.)

**François Hollande, l’homme qui a défait le «sarkozysme»

Né en 1954 à Rouen (nord-est de la France), d’un père médecin et d’une mère assistante sociale, François Hollande a étudié les sciences politiques avant d’être diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA) en 1980.

Il a débuté sa carrière politique, en 1979, en adhérant au Parti socialiste français. Depuis, il n’a pas cessé de grimper les échelons politiques jusqu’à devenir, en 1997, premier secrétaire de ce même parti, et ce, jusqu’en 2008. Il avait, à l’époque, remplacé Lionel Jospin, arrivé en troisième position à l’élection présidentielle de 2002 derrière Jean-Marie Le Pen. En 1970, il avait fait un stage à l’ambassade de France à Alger, une ville qu’il a aimée et visitée régulièrement. François Hollande a été également élu député de la Corrèze (centre de France) à plusieurs reprises, en plus du poste du maire de la ville de Tulle qu’il a occupé jusqu’à hier, dimanche soir. Dans les années 1980, il a travaillé aux côtés du défunt président Mitterrand comme conseiller économique, puis dans le cabinet de Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères.
Arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle avec 28,63% des voix, ses adversaires critiquent sa méconnaissance des affaires de l’Etat due au fait qu’il n’a jamais occupé de poste ministériel. Mais ses partisans louent son calme à toute épreuve, sa «normalité» et sa volonté de fer de gagner l’élection présidentielle et de diriger la France.

Gouverner avec équité et justice

Mais le chemin pour y arriver n’était pas de tout repos. D’abord, François Hollande a fait face à la candidature, même non déclarée, de Dominique Strauss-Kahn que tous les sondages donnaient gagnant face à Nicolas Sarkozy. Mais le scandale sexuel dans lequel s’est empêtré l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) l’a vite disqualifié. Ensuite en affrontant une primaire difficile face à des ténors socialistes chevronnés tels que Martine Aubry, Ségolène Royal ou Arnaud Montebourg. Toutefois, son idée de rassemblement et son obsession de gouverner avec justice et équité ont fini par convaincre les électeurs socialistes qui l’ont désigné, avec une grande majorité, candidat du parti qui devait affronter celui de la droite, face à Martine Aubry, maire de Lille. Enfin, M. Hollande a eu à affronter aussi les critiques de son propre camp, notamment de la même Martine Aubry, première secrétaire du PS, qui l’a qualifié de «mou», mais aussi de la part de Laurent Fabius qui le traitait de «flamby» (une sorte de crème moelleuse et onctueuse, ndlr). Il était, selon eux, incapable de trancher, d’imposer ses points de vue et ses idées.

A la différence de Nicolas Sarkozy, François Hollande est un homme qui n’aime pas trop étaler en public sa vie privée. Père de quatre enfants avec Ségolène Royal, candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2007, leur union a volé en éclats au lendemain de la défaite politique de Mme Royal. Depuis, il vit en ménage avec Valérie Trieweller, journaliste à Paris Match. Même devenu Président, F. Hollande ne semble pas très chaud pour passer devant le maire et officialiser sa relation juste pour des raisons diplomatiques et protocolaires, notamment dans les pays arabes qui ne reconnaissent pas les liaisons libres.

Pas de régularisation massive des sans-papiers

Sur le plan politique, François Hollande ne traîne pas de casseroles risquant de discréditer son action politique. Jugé «propre», il défend l’idée du rassemblement de tous les Français, divisés et esquintés par les cinq années de «sarkozysme», selon lui.
Attaché au principe de la justice sociale et de l’égalité, son ami Julien Dray, ex-député socialiste, le qualifie de «rassembleur» qui a toujours mis l’intérêt du pays au-dessus de toute autre considération. Un brin moqueur et doté d’un humour vif, il en a souvent usé dans son action politique. C’est lui qui a évité le clash politique au PS lors du congrès du Mans, en 2005. Son action a toujours été d’unir les différentes sensibilités du parti, ce qui lui a permis au passage de rafler la majorité des mairies et des conseils généraux de France. Récemment, le Sénat est passé à gauche. Il reste à présent le Parlement pour que toutes les institutions du pays soient de gauche.
Partisans des relations apaisées avec l’Algérie, F. Hollande ne veut pas renégocier les accords de 1968 entre Alger et Paris.
Du moins pour le moment. S’il veut aussi donner le droit de vote aux étrangers dans les élections municipales, il refuse en revanche de régulariser tous les clandestins ou de pratiquer une politique laxiste en termes d’immigration. Mais c’est sur sa capacité à redonner espoir, à lutter contre le chômage et la tentation ultralibérale de l’Europe que l’enfant de Rouen est surtout attendu.(El Watan-07.05.2012.)

**Les éditorialistes français saluent l’élection de François Hollande

Les éditorialistes sentent un vent nouveau souffler sur la France, mais «le plus dur commence» pour le président socialiste…

Une saveur d’autrefois. L’élection de François Hollande à l’Elysée est saluée ce lundi par la presse nationale et régionale pour qui cette victoire de la gauche en 2012 «fait renaître 1981» et donne «un nouveau parfum du 10 mai» tout en soulignant que «le plus dur commence» pour le nouvel élu. «Pour le peuple de gauche, 2012 fait renaître 1981, redonne de la vie et des couleurs à ces images vieillies, sépia, qui semblaient condamnées aux livres d’histoire…», se réjouit Nicolas Demorand dans Libération. «Il y a eu le 10 mai. Maintenant il y aura le 6 mai. Pour nombre d’électeurs de gauche, l’élection de François Hollande est aussi belle que celle de François Mitterrand», surenchérit Jorge D’Hulst, dans Libération Champagne.

«L’indice d’une puissante aspiration au changement»

Pour Patrick Apel-Muller dans l’Humanité, «la victoire de François Hollande est l’indice d’une puissante aspiration au changement.» Et le journaliste d’ajouter: «Si la formidable campagne du Front de gauche trouve des prolongements dans l’élection des législatives, il sera possible de fortifier un mouvement populaire qui devra se faire entendre puissamment.» «François Hollande est devenu dimanche soir le deuxième président socialiste de la Ve République. Désormais, il est donc le président de tous les Français», constate pour sa part Etienne Mougeotte dans le Figaro. «La gauche, enfin! Depuis près d’un quart de siècle, elle n’avait plus remporté la victoire à l’élection majeure», rappelle Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du Midi. «François Hollande peut se féliciter: avec son élection, il marche sur les pas de François Mitterrand», affirme Christine Clerc dans le Télégramme.

«Propulsé par le formidable tremplin des primaires inventées par le parti socialiste, établi depuis six mois sur le devant de la scène, François Hollande a fait de bout en bout la course en tête», relève Peter Pfeil dans les Dernières Nouvelle d’Alsace. Jacques Camus dans La République du Centre note de son côté que: «C’est en se posant en candidat de la normalité que François Hollande aura remporté un succès historique construit patiemment depuis un an.»

Les éditorialistes, après avoir salué la victoire de France Hollande et relevé la défaite de Nicolas Sarkozy, soulignent rapidement que «le travail (pour François Hollande) ne fait que commencer et il sera rude, dès demain», écrit Nicolas Demorand. Pour Dominique Quinio dans La Croix: «C’est sur les épaules de François Hollande que repose désormais le poids des responsabilités présidentielles, si lourdes à l’heure d’une crise économique et financière qui n’en finit pas de secouer l’Europe». Même constatation pour Etienne Mougeotte: «C’est désormais Hollande qui va conduire la France et les Français à travers les récifs périlleux d’un monde dangereux et d’une Europe chahutée par la crise et les marchés». «Sans rose ni poing, il (François Hollande) a endossé le costume du leader. Dès aujourd’hui, les dossiers épineux attendent le futur locataire de l’Élysée. Il n’aura aucun répit», conclut Philippe Palat dans le Midi Libre. (20Minutes avec AFP-07.05.2012.)

**La journaliste et compagne de François Hollande, est devenue première dame de France

Valérie Trierweiler à la Bastille, dimanche.

Elle aussi a changé de statut. Par la grâce du suffrage universel, la compagne de François Hollande est devenue dimanche soir «première dame». Dans sa vie d’avant, Valérie Trierweiler était journaliste. Désormais, c’est à elle d’inventer son rôle, comme l’avait fait avant elle chacune des épouses des précédents présidents. «Je n’ai pas encore d’idée précise. Ce qui est certain, c’est que j’aurai besoin de temps pour réfléchir à ce qu’il sera nécessaire de faire», confie-t-elle dans un entretien à l’AFP. Avant elle donc, Danielle Mitterrand s’était investie dans de grandes causes et faisait figure de caution morale de gauche pour le président socialiste. De son côté, Bernadette Chirac se voyait en «maîtresse de maison de l’Élysée» et s’était investie dans l’opération Pièces jaunes. Carla Bruni enfin s’était engagée dans la lutte contre le sida en montant une fondation et apportait une touche glamour à la présidence de Nicolas Sarkozy. Et Valérie Trierweiler alors? «Je suis et je reste une passionnée d’information. Je connais la politique, je connais les médias (…). De plus, j’ai besoin de gagner ma vie, d’avoir mon indépendance. J’élève mes trois enfants et je ne trouverais pas normal que ce soit l’État ou François qui les prennent en charge», assure-t-elle. Mais continuer à exercer dans le journalisme sera compliqué malgré tout.

Aucun texte ne vient préciser le statut de la «First Lady» française. La question du nom de «Madame» devra cependant être réglée en premier.

Vivant en couple avec Jean-Louis Borloo, Béatrice Schönberg avait dû quitter la présentation du journal de 20 heures sur France 2. À gauche, Audrey Pulvar s’était mise en retrait durant la campagne de la primaire socialiste dans laquelle concourrait son compagnon Arnaud Montebourg. Les histoires sont nombreuses de femmes journalistes poussées à oublier leur passion pour le bien de la carrière de leur mari ou compagnon. «Dans les meetings de campagne, des femmes venaient me voir, y compris des femmes très âgées, pour me dire: “Gardez votre indépendance, c’est un beau message pour nous, les femmes.” Cela correspond aussi aux valeurs de la gauche. À celles que je porte donc», veut croire Valérie Trierweiler.Pour l’heure, elle n’a sans doute pas encore réalisé ce qui l’attendait. «C’est un peu comme si j’entrais dans mes papiers (articles de presse, NDLR)», raconte-t-elle. La différence, c’est que dans un papier, on maîtrise l’«attaque» comme la «chute». (Le Figaro-07.05.2012.)

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*Bayrou ne veut pas de cohabitation  

 Pour lui, «l’alternance offre une nouvelle chance au pays»

*Bayrou appelle à un «pôle central libre et indépendant» pour les législatives»
En vue des élections législatives, François Bayrou a appelé, lors d’une conférence de presse au QG du MoDem à Paris à un «pôle central libre», «un label» «fédérateur» et «totalement indépendant», regroupant des centristes aujourd’hui dispersés. Rappelant que «la crise vient, plus vite et plus dure» qu’on ne le pense, le responsable centriste, qui a totalisé 9,1% à l’élection présidentielle, souhaite représenter une opposition constructive, loin «des sectarismes de tout bord».Pour le président du MoDem, «l’alternance offre une nouvelle chance au pays» qui va subir «la pire crise depuis la Saconde guerre mondiale».
François Bayrou se prononce ainsi contre une «cohabitation» car la France ne pourrait pas, dans ce cas, «se redresser». Lors d’une conférence de presse – sa première prise de parole depuis la victoire de François Hollande – François Bayrou a indiqué qu’il ne «regrettait pas» avoir déclaré qu’il voterait pour le candidat socialiste. Mais, a-t-il assuré, aucune contrepartie n’a dicté son choix. «J’ai la certitude que tout marchandage rendrait la décision entachée», a soutenu le président du MoDem.
François Bayrou a par ailleurs révélé l’étiquette de ses partisans pour les législatives: «Le centre pour la France». (20Minutes-10.05.2012.)

**L’élection présidentielle a fait du bien à la presse. La hausse des ventes atteint 250% à Paris à 56.500 exemplaires malgré les vacances scolaires et 280% sur tout le territoire selon les premières remontées… 

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*Les meilleures blagues de François Hollande

Le nouveau président français a la réputation d’être un joyeux drille, un as du bon mot et de la répartie. Bref, d’être un véritable boute-en-train. Petit tour de ses interventions les plus cocasses.

Il y a trois mois, le site d’informations français rue89.com commettait un petit dossier sur les sorties humoristiques de François Hollande. Nous vous en proposons les meilleurs passages.

Sur la droite

Nous sommes en 2011, lors des élections cantonales. François Hollande sillonne la France pour soutenir ses amis socialistes. Dans le camp adverse, Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages et la tension est palpable. La campagne de l’UMP se fait donc très discrète. C’est justement de cette réserve que se moque François Hollande, à travers un « running gag » qu’il a imaginé, lors d’un meeting en Corrèze. Le voici :

« Je parcours toute la France pour trouver un candidat de droite. Je vais dans la Loire, je leur demande : – Vous avez de la droite, vous ? – Non, on a l’Union pour la Loire…J’ai été après dans le Puy-de-Dôme : – La droite, vous connaissez ? – Non, on a les Républicains pour le Puy-de-Dôme.

Alors j’ai voulu aller voir au cœur du système, en Seine-et-Marne, à Meaux, la ville de Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP : – Vous avez quand même des candidats UMP, vous ? – Pas davantage.

Dans les Hauts-de-Seine, je leur demande : – Vous connaissez bien les Sarkozy quand même ? Si ce n’est le père, le fils, à défaut du Saint-Esprit ?

Dans la Sarthe, le département du Premier ministre, je leur dis : – Vous avez de la droite ? – Non, on a les Amis de François Fillon.

Alors je suis devant vous pour lancer un appel : s’il y a un candidat en France qui prend le risque, qui a le courage de mettre sur ses affiches le nom de Nicolas Sarkozy et le logo de l’UMP, je suis prêt, sur mes fonds personnels, à lui offrir un déplacement en Corrèze.»

Sur son couple qui se dégrade

Fin juin 2006, Ségolène Royal, qui est en campagne pour obtenir l’investiture du parti socialiste, laisse entendre à une journaliste radio qu’elle est sur le point de se marier avec son compagnon de vingt-cinq ans, François Hollande. En quelques jours, l’information, élevée au rang de scoop, fait le tour des médias. Mais ce scoop du mariage Royal-Hollande fait surtout un surpris : le marié lui-même ! Il faut dire qu’à cet instant, personne ne savait encore que le couple battait sérieusement de l’aile.

Mécontent, François Hollande appelle la journaliste à la base de l’affaire : « Vous croyez que c’est agréable d’apprendre qu’on va se marier en écoutant la radio le matin ?» Mais le lendemain déjà, lors d’une convention socialiste et alors qu’un silence total règne toujours sur la situation conjugale du couple socialiste, le premier secrétaire de l’époque met les rieurs de son côté. À la tribune, il se lance dans une énumération des propositions socialistes en matière sociétale : « Oui nous le ferons ce mariage… », commence-t-il, sourire aux lèvres. Il poursuit : « Nous le ferons ce mariage… », avant d’ajouter enfin, et alors que la salle retient son souffle : « Bien entendu, le PS le fera, le mariage homosexuel !», provoquant des éclats de rire dans l’assemblée. Et voilà comment se débarrasser par une pirouette d’un conflit conjugal qui a en réalité plombé la campagne de 2007 !

Sur Sarkozy

Une fois n’est pas coutume, on a aussi pu entendre le socialiste vanner l’adversaire sur son physique. Nicolas Sarkozy en a d’ailleurs fait les frais. Attaquer l’ancien président de la République sur sa petite taille est, certes, classique, mais cela n’a pas empêché François Hollande de s’y prêter occasionnellement, notamment lors d’un meeting à Toulon, en mars 2011 : « Deux options sont ouvertes : une option minimaliste, un mini-traité, la mini-Europe. Je n’ose pas dire le mini-candidat car je ne veux ici réduire personne, mais en tout cas la mini-ambition.» Et puis, moins grossier, il désamorce cette attaque facile avec un peu d’autodérision : « Nicolas Sarkozy avait promis l’impossible, et nous avons eu l’invraisemblable. Il se réclamait de De Gaulle. C’était bien son droit, mais il n’en avait pas la carrure. Je ne parle pas du physique car je n’ai de ce point de vue rien à revendiquer, je parle de l’ampleur du personnage.»

Sur Jospin…Même Lionel Jospin n’a pas échappé au comique parfois corrosif de Hollande. En février 2007, alors que les sondages sont de moins en moins favorables à Ségolène Royal et qu’elle se résout à rappeler les éléphants du PS, celui qui remportera les élections présidentielles de 2012 déclare : « Lionel Jospin peut apporter son expérience, sa force, le souvenir des campagnes qu’il a menées et notamment montrer ce qu’il ne faut plus faire.»

Il existe des hommages plus flatteurs. Mais c’est aussi à travers l’humour que François Hollande laisse sortir ce qui l’a profondément marqué, lors de ces élections catastrophiques pour le PS durant lesquelles Jospin s’est fait voler sa place par Le Pen. D’ailleurs, preuve que cet événement l’a vraiment tourmenté, et qu’en rire est pour lui une sorte de thérapie, il a profité de la très large victoire des socialistes aux élections régionales de 2004, pour aborder une fois de plus le sujet, toujours sur un ton humoristique. S’adressant aux journalistes présents dans son bureau, il sort une bouteille de champagne de son réfrigérateur avant d’avouer : « Celle-là, elle est au frais depuis… 2002 !»

Boutades en vrac

Mais le président français fraîchement élu sait aussi plaisanter sur des sujets plus sensibles. Au cours d’un déjeuner avec des journalistes, il apprend qu’un président de région espagnol, qu’il vient de rencontrer, est homosexuel et vit en couple avec un toréador célèbre. Il lâche alors : « J’aurais dû faire attention la dernière fois que j’ai mis mon habit de lumière !»

L’humour de François Hollande, c’est aussi cela. La jovialité comme un masque permanent, un masque souriant et convivial, en particulier avec les journalistes… Un esprit de répartie jamais en attente, ni arme politique, ni règlement de comptes. Juste le bon mot pour faire sourire, juste une façon d’être. Il le démontre une nouvelle fois, en 2005, en pleine campagne référendaire sur le projet de traité européen. Le débat qui agite le Parti socialiste français se déroule dans une atmosphère tendue. Lors d’une réunion des socialistes à la Maison de l’Amérique latine, la salle est soudainement plongée dans le noir, à cause d’une panne d’électricité. Une petite voix se fait entendre : « Bon, quand est-ce qu’on apporte le gâteau ? »

Enfin, au soir de sa victoire à la primaire socialiste l’année passée, il s’apprête à prononcer un discours devant une foule conséquente. Son intervention, filmée par de nombreuses caméras et enregistrée par autant de micros, témoigne une ultime fois de la camaraderie qui est la sienne. Une des perches micros s’approche dangereusement de son visage. Il la repousse d’un geste et s’exclame : « J’ai peur qu’on me demande de chanter. Et là, il y aurait malentendu !»

Ne jamais dire la force de ce qu’il ressent. Déjouer la solennité du moment. (source: Le Soir.be-08.05.2012.)

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*SONDAGE – Aux législatives, l’UMP devrait connaître une nouvelle défaite, selon les prévisions de l’institut CSA..

Après la vague rose à la présidentielle, pas de vague bleue aux législatives en prévision. En tous les cas au regard des intentions de vote mesurées. Avec 46% des voix, la gauche parlementaire devance en effet nettement le score de la droite parlementaire (33,5%). «Ça n’annonce vraiment pas une cohabitation», analyse Jérôme Sainte-Marie, qui dirige le département Opinions de CSA. Selon cet expert, la droite parlementaire n’a jamais réalisé un score aussi faible à une élection depuis 1981. Cela dit, l’UMP reste le premier parti dans les intentions de vote, au coude-à-coude avec le PS (33% contre 32%). Ce qui peut être perçu comme un beau lot de consolation pour la formation dont le représentant a été battu en duel au second tour de la présidentielle.

Mais l’UMP ne dispose pas de grand partenaire qui lui permette de former une majorité. Les 46% du Front de gauche, du PS et d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) ont, eux, un parfum de gauche plurielle. A noter: EELV, au regard de son poids (4% à peine des intentions de votes), devrait bien s’en tirer. En vertu d’un accord, la formation écologiste doit présenter des candidats soutenus par le PS dans 18 à 25 circonscriptions gagnables. Le FN, a contrario, s’en tire mal puisqu’il perd trois points d’intentions de vote depuis le second tour. La fin de l’effet Marine, candidate unique à la présidentielle. Aux législatives, la formation d’extrême-droite présentera localement des candidats moins connus. «Vous verrez, il n’y aura que 30 ou 40 triangulaires au final», table un stratège de l’UMP. (20Minutes-10.05.2012.)

 

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François Hollande a été élu président de la République française avec 51,62% des voix.

**Les Européens saluent le président de la croissance

De nombreuses capitales européennes mentionnent la relance de l’activité dans leurs félicitations au nouveau président. Pas sûr qu’en la matière, le socialiste partage les mêmes recettes que ses voisins. Défendue tout au long de la campagne par François Hollande, l’idée d’un pacte de croissance commence à faire l’unanimité en zone euro. Et pour cause: les craintes de récession s’amplifient, même en Allemagne. «Nous allons travailler ensemble à un pacte de croissance pour l’Europe», a promis le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

Le président de la Commission européenne, José Luis Manuel Barroso, a identifié le même but: «relancer l’économie européenne pour générer une croissance durable, reposant sur des bases saines et source de nouveaux emplois». Le chef de l’exécutif européen estime qu’il partage avec le socialiste «la conviction qu’il faut investir dans la croissance et les grands réseaux d’infrastructures, en mobilisant plus fortement la Banque européenne d’investissement et les fonds disponibles dans le budget européen, tout en maintenant le cap de la consolidation budgétaire et de réduction de la dette.»

L’italien Mario Monti n’a pas dit autre chose. La collaboration qu’il souhaite établir avec François Hollande doit avoir pour «objectif une union toujours plus efficace et orientée vers la croissance». De son côté, le premier ministre socialiste belge, Elio Di Rupo, a déclaré «se réjouir de travailler avec François Hollande et les autres chefs d’États et de gouvernements européens à la concrétisation d’un plan de croissance et de création d’emploi». Même écho au Danemark et au Luxembourg. De Rome à Berlin, en passant par Madrid et Francfort, pas sûr toutefois que tout le monde soit d’accord sur la méthode à suivre pour relancer l’économie. «François Hollande veut renégocier le pacte budgétaire et est opposé à la chancelière allemande Angela Merkel qui défend surtout des réformes structurelles pour soutenir la croissance», souligne Pierre-Olivier Beffy, économiste en chef d’Exane BNP Paribas.

«Réformes structurelles»

L’Allemagne est alignée sur la position de la Banque centrale européenne (BCE). Les plans d’austérité, a détaillé jeudi dernier le président de l’institution Mario Draghi, «doivent être complétés par des réformes structurelles permettant la croissance pour faciliter l’entreprenariat, l’établissement de nouvelles entreprises et la création. Là, les gouvernements devraient être plus ambitieux». En clair, libéralisation du marché du travail ou encore baisse de la pression fiscale. «Nous avons besoin de croissance, sous forme d’initiatives pérennes, pas de programmes de conjoncture, qui creuseraient la dette publique», a renchéri Angela Merkel.

Le nouveau président socialiste, en revanche, ne semble pas s’être donné pour priorité de rétablir la compétitivité de l’économie française. Alors que l’Espagne, l’Italie et le Portugal mènent modèrent les salaires, François Hollande a promis de réunir une «conférence sociale» cet été avec les syndicats qui pourrait déboucher sur une hausse du smic. À terme, il existe un terrain d’entente, estime Pierre-Olivier Beffy: «Un accord peut être trouvé pour soutenir l’investissement au niveau européen en contrepartie de dépenses publiques plus efficaces». (Le Figaro-07.05.2012.)

**La passation de pouvoir aura lieu le 15 mai 2012

L’agenda du président de la République élu dimanche 6 mai est déjà bien rempli. Entre les promesses à tenir, les élections législatives et les rendez-vous internationaux, François Hollande n’est pas près de prendre des vacances. La passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande aura lieu le 15 mai, a-t-on appris lundi 7 mai dans la matinée. Les deux hommes ont fixé la date d’un commun accord. Avant même son investiture, il aura « à préparer un certain nombre de sujets ». Le candidat socialiste citait avant son élection, sur BFMTV, « la relation avec l’Allemagne, des sommets à préparer, celui de Chicago sur l’Otan, qui m’amènera à encore confirmer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan ».

Ce sera son premier acte de président élu, le seul qu’il entend inscrire dans la continuité de Nicolas Sarkozy. François Hollande devait avoir un échange avec la chancelière allemande, Angela Merkel, dès dimanche soir. Le socialiste veut revoir le traité de stabilité budgétaire, la chancelière allemande s’y oppose mais elle est prête à y ajouter un volet « croissance ». Mardi, le président élu participera aux cérémonies du 8-mai, comme le lui a proposé Nicolas Sarkozy. Pour le reste, Hollande veut s’inscrire à l’opposé de Sarkozy. Pas question, dès lors, de partir en vacances sur un yacht. Lundi, « je serai déjà au travail », a déclaré François Hollande, qui pourrait s’inspirer des premiers jours du mandat de François Mitterrand. Ce qu’il a confirmé en arrivant à son QG. François Hollande, lui, a confié la préparation des cent premiers jours de son mandat à Laurent Fabius. L’ancien Premier ministre aurait façonné cette phase symbolique « à la demi-journée près », en distinguant deux périodes : l’avant et l’après-législatives.

• Jusqu’aux législatives des 10 et 17 juin

Un gouvernement à composer. Une fois Nicolas Sarkozy raccompagné sur le perron de l’Elysée, François Hollande nommera son Premier ministre et formera son gouvernement. Le premier Conseil des ministres pourrait donc se tenir dès le 16 mai. Et la nouvelle équipe devra immédiatement gérer des dossiers emblématiques qui n’ont pas été réglés pendant la campagne (le site PSA d’Aulnay-sous-Bois, Petroplus à Petit-Couronne…). Des élections à préparer. François Hollande ne s’attellera pas lui-même aux législatives, car « dans nos institutions, le chef de la majorité, c’est le Premier ministre », a-t-il déclaré sur Canal+ le 4 avril. C’est donc le Premier ministre qui fera campagne, mais François Hollande ne l’a pas encore désigné. En attendant, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a déjà contacté Jean-Luc Mélenchon en vue de négocier un accord concernant les 353 circonscriptions où le Front national pourrait se maintenir, si on se fie aux résultats du premier tour. Il s’agit de faire barrage au parti de Marine Le Pen.

Des engagements à tenir. En attendant les résultats des législatives, le 17 juin, qui donneront ou non au président la majorité à l’Assemblée, « des changements concrets seront décidés », a annoncé Laurent Fabius dans un entretien aux Inrockuptibles. Il a notamment évoqué « l’amélioration de la retraite pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans ». Selon la « timeline » de « l’agenda du changement », mise en ligne sur le site du Parti socialiste, d’autres mesures, qui n’ont pas besoin de passer devant le Parlement, seront rapidement prises : la réduction de 30% de la rémunération du président et des membres du gouvernement ; la hausse de l’allocation de rentrée scolaire ; le blocage des prix des carburants ; une aide au logement pour les jeunes. Des avions à prendre. Très vite, le président de la République devra s’envoler vers les Etats-Unis. L’agenda international des semaines à venir est particulièrement chargé. François Hollande a assuré que sa première visite à l’étranger serait pour Berlin, où la chancelière Angela Merkel ne l’a encore jamais reçu. Mais quand ?

- G8 Les 18 et 19 mai, il est attendu à Camp David, aux Etats-Unis, pour le sommet du G8. En présence de dirigeants africains, les discussions devraient porter sur la sécurité alimentaire du continent durement frappé par la famine, notamment au Sahel et dans la Corne de l’Afrique. Si François Hollande n’a pas de « passé africain », selon Slate Afrique, il a déjà préparé ses dossiers en s’entourant d’une équipe de spécialistes.

- Afghanistan Pas le temps de rentrer à Paris, un sommet de l’Otan est prévu les 20 et 21 mai à Chicago. Là, un véritable bras de fer diplomatique attend François Hollande, qui a l’intention d’annoncer à ses partenaires le retrait anticipé des troupes françaises d’Afghanistan. Il l’a fixé à la fin 2012, alors que Nicolas Sarkozy le prévoyait un an plus tard.

- Union européenne Une rencontre informelle des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE pourrait ensuite se tenir autour du 31 mai, selon l’entourage de François Hollande. Il s’agira d’ébaucher une stratégie de croissance pour faire redémarrer l’économie de l’Union. Un dossier sur lequel François Hollande et Angela Merkel risquent d’avoir du mal à s’accorder.

Un chômage qui bat toujours des records. Les chiffres du chômage pour le mois d’avril seront annoncés le 30 mai. Il ne devrait pas y avoir d’amélioration par rapport aux mois précédents. L’Insee prévoit un taux de chômage à 9,7% de la population active fin juin, selon le JDD. Ces chiffres du chômage placeront l’emploi au cœur du mandat du nouveau président. Celui-ci devra aussi faire face aux suppressions de postes qui pourraient intervenir dans les mois suivants l’élection, à Carrefour, à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou encore dans le secteur bancaire et de l’électronique.

• Après les législatives

G20 Au lendemain du second tour des élections législatives, François Hollande traversera à nouveau l’Atlantique pour se rendre au Mexique les 18 et 19 juin. Pas pour des vacances à Cancun, mais pour le sommet du G20 à Los Cabos. En présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, les Etats membres discuteront de l’augmentation des ressources du FMI, de la contribution des Etats-Unis, et plus généralement du rééquilibrage de l’économie mondiale.

« Rio+20 » Du 20 au 22 juin, cap sur le Brésil pour la conférence des Nations unies sur le développement durable, vingt ans après le premier sommet de la Terre de Rio. Ce marathon international de début de mandat durera au moins jusqu’au Conseil européen des 28 et 29 juin.

Retour au calme fin juin ? Certainement pas, d’après Laurent Fabius, qui a « dit en plaisantant aux candidats parlementaires qu’il ne fallait pas trop faire de projets de vacances ».

Réunion avec les partenaires sociaux Justement, avant de partir en vacances, François Hollande devra à nouveau s’atteler aux problématiques économiques et sociales. Il a promis un sommet social à la mi-juillet sur la revalorisation du Smic. Ce rendez-vous devrait en fait durer deux semaines, selon le JDD. Il s’agirait d’une « sorte de big bang social, jamais tenté en France », précise l’hebdomadaire. L’emploi, le pouvoir d’achat, la protection sociale seraient abordés au cours de cette réunion, menée sous l’égide de Matignon. D’après le JDD, la perspective de la tenue de ce sommet social expliquerait l’appel de Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, à battre Nicolas Sarkozy au second tour.(FTVi-07.05.2012.)

**La victoire de François Hollande n’inquiète pas les marchés

Lundi 7 mai 2012, les principales Bourses accusent le choc de la défaite des partis pro-austérité en Grèce et sont inquiètes de la future politique de François Hollande en France.

Les marchés avaient anticipé la victoire de François Hollande, un peu moins celle des partis anti-austérité en Grèce. Les principales Bourses d’Europe ont ouvert en nette baisse, lundi 7 mai, au lendemain des élections française et grecque, qui ont marqué un rejet dans les urnes des plans de rigueur imposés pour combattre la crise de la dette européenne. L’incertitude sur la Grèce inquiète cependant davantage que l’alternance politique en France. FTVi fait le point sur les réactions des places financières.

• La Bourse de Paris remonte après avoir ouvert en baisse

Après avoir perdu 1,57% à l’ouverture, le CAC 40 a nettement réduit ses pertes à la mi-journée (-0,24%), après avoir accueilli sans surprise la victoire du candidat socialiste François Hollande. Les autres places européennes ont été plus agitées. Francfort a dévissé de 2,20% dans les tout premiers échanges. Milan a perdu 2,03%, Madrid 1,66% et Lisbonne 0,70% vers 9h15 (heure de Paris). Londres est fermée, puisque le 7 mai est férié au Royaume-Uni. La Bourse d’Athènes, elle, a dégringolé plus sérieusement, chutant de 7,6%. Un peu plus tôt, la Bourse de Tokyo avait clôturé en chute de 2,78%. Tirées vers le bas par la situation de la Grèce, les valeurs bancaires française ont en revanche accusé le coup. L’action Crédit agricole, très exposée en raison de sa filiale locale Emporiki plombée par les pertes, a chuté de près de 6 %, son plus bas niveau depuis son entrée en Bourse en décembre 2001. La Société générale, également présente en Grèce avec Geniki, et BNP Paribas ont reculé de plus de 3%. Les doutes entourant un éventuel changement d’orientation politique dans la zone euro ont par ailleurs fait plonger la monnaie européenne à un plus bas en trois mois sur les marchés, avant qu’elle se redresse. Vers 9 heures (heure de Paris), l’euro valait 1,3009 dollar, contre 1,3082 dollar vendredi vers 23 heures.

• La poussée des extrémistes en Grèce préoccupe davantage

L’inquiétude la plus forte des marchés vient de la Grèce où les partis opposés à un accroissement de l’austérité, de la gauche radicale aux néonazis, ont mis la main sur la moitié des sièges au Parlement. « Les élections en Grèce pourraient entraîner le plus d’instabilité (…). Il ne semble pas y avoir de vainqueur clair, mais il y aura des appels à modérer les réformes d’austérité », souligne la National Australia Bank. « Si les marchés réagissent mal c’est clairement à cause de la Grèce. L’arrivée de François Hollande au pouvoir avait été diabolisée. On se rend compte qu’elle a peu d’impact aujourd’hui », note de son côté Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis Asset Management.

La confiance des investisseurs envers la France n’est pas entamée

L’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s, qui avait retiré en janvier à la France sa note maximale « AAA », s’est voulue rassurante lundi matin. Selon elle, l’élection du candidat socialiste n’a pas « d’impact immédiat » sur la note du pays ou sa perspective d’évolution.
 En outre, le taux d’emprunt à 10 ans de la France sur le marché obligataire était quasi stable au lendemain du second tour. Après avoir démarré en baisse à 2,798%, contre 2,809% en clôture vendredi, il a toutefois légèrement augmenté en cours de matinée, à 2,842%. Si les investisseurs ne sanctionnent pas la France pour l’instant, ils pourraient toutefois le faire lors de l’annonce des premières dépenses prévues dans le programme de François Hollande, prévient toutefois Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis. Surtout « si elles ne sont pas accompagnées d’économies supplémentaires ». Selon Marc Touati, l’incertitude par rapport au couple franco-Allemand sur la question de la croissance pèse toujours sur les marchés. Le porte-parole du gouvernement allemand a d’ores et déjà fait savoir lundi que le pacte budgétaire européen ne serait pas modifié. Il a toutefois assuré que la qualité des relations franco-allemandes serait maintenue avec Angela Merkel et François Hollande. (FTVi avec AFP et Reuters-07.05.2012.)

**Ce que l’Etat français va verser à Nicolas Sarkozy pour sa retraite

Indemnités, avantages divers, le site de Challenges.fr a détaillé ce qui attend le chef de l’Etat quand il se sera retiré…

6.000 euros de retraite, des voyages gratuits, un appartement… Comme tous les anciens présidents, Nicolas Sarkozy va bénéficier d’avantages dus à son ancienne fonction. «D’abord, il percevra une indemnité de 6.000 euros brut, accordée à tous les « ex », quelle que soit la durée de leur séjour à l’Elysée. Ensuite, il pourra siéger au Conseil constitutionnel, en tant qu’ancien Président et percevoir, à ce titre, une indemnité de 11.500 euros net par mois», explique le site challenges.fr. Pour le moment, Nicolas Sarkozy n’a pas précisé s’il comptait siéger dans cette institution mais il pourrait redevenir avocat. A ces avantages, Sarkozy bénéficiera d’avantages en nature. Un appartement de fonction, deux fonctionnaires de la police nationale pour assurer leur protection rapprochée, une voiture de fonction avec deux chauffeurs, sept collaborateurs L’ancien président pourra également voyager gratuitement, grâce à deux cartes de circulation illimitées, l’une sur Air France, en classe affaires, l’autre à la SNCF première classe. «Pour l’Etat, la facture de ces nombreux avantages est salée: La charge financière -que personne ne connaît compte tenu de la dispersion des financements- peut être estimée à 1,5 million par an et par ancien président, souligne le député René Dosière dans son livre « L’argent de l’Etat » (Seuil)», détaille Challenges.fr. (08.05.2012.)

**Redevenu «Français parmi les Français», Nicolas Sarkozy, qui va perdre son immunité présidentielle, pourrait faire face à la justice.

Les affaires qui pourraient atteindre Nicolas Sarkozy

«Je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français»: c’est par ces mots que s’est adressé Nicolas Sarkozy à ses partisans dimanche dernier, au soir de sa défaite à l’élection présidentielle. En redevenant un Français «normal», Nicolas Sarkozy va voir, un mois après sa cessation de fonction, l’immunité dont il a bénéficié en tant que chef de l’Etat levée. Plusieurs affaires politico-financières qui touchent certains proches du chef de l’Etat pourraient l’impliquer, ce que dément formellement l’intéressé qui dénonce des «boules puantes».

Les accusations de financements illégaux de la présidentielle 2007

L’affaire Bettencourt

L’affaire Bettencourt recouvre des soupçons de financement de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy par Liliane et André Bettencourt (décédé depuis). L’ancienne comptable de la milliardaire, Claire Thibout, a affirmé que le gestionnaire de fortune de la vieille dame, Patrice de Maistre, lui avait demandé de retirer de fortes sommes d’argent en liquide, à hauteur de 150.000 euros, afin de financer la campagne du candidat Nicolas Sarkozy. L’affaire a déjà touché deux proches de Nicolas Sarkozy, avec la mise en examen de Patrice de Maistre et du trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, à savoir Eric Woerth.

De présumés financements libyens

Une autre accusation de financement illicite présumé de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy a été lancée par le Libyen Saïf Al Islam, fils de colonel Khadafi, le 16 mars 2011, juste avant les opérations armées contre la Libye.Le fils du dictateur a accusé dans une vidéo avoir «la preuve» que les Libyens ont «financé sa campagne». Des accusations de financement libyen qui ont été reprises par le site d’informations Mediapart, qui a récemment publié deux documents: le premier concerne un témoignage d’un ex-proche de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, écrivant que ce dernier a participé à des financements libyens pour la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy; le deuxième est une lettre dans laquelle le colonel Khadafi donnerait son accord pour financer la campagne du candidat, à hauteur de 50 millions d’euros. Nicolas Sarkozy, qui a attaqué Mediapart pour faux, a été ensuite attaqué par ce site d’informations pour dénonciation calomnieuse.

L’affaire Karachi

L’affaire Karachi présente un volet politico-financier. La justice enquête sur des faits remontant à 1995, lors de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. Sur le compte du candidat, dix millions de francs avaient été versés en espèces. La justice s’interroge sur un éventuel financement illégal, via des rétrocommissions concomitantes à des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite. Nicolas Sarkozy était proche en 1995 d’Edouard Balladur. Il était son ministre du Budget, mais aussi porte-parole de la campagne du candidat malheureux. D’autres proches de Nicolas Sarkozy ont été directement mis en cause par la justice: Thierry Gaubert, Nicolas Bazire, et Ziad Takieddine ont été mis en examen dans cette affaire.

Les sondages de l’Elysée

Les faits remontent à 2007, date à laquelle l’Elysée a passé contrat avec la société du conseiller du Président Patrick Buisson, Publifact, à hauteur de 1,5 million d’euros par an, en plus de 10.000 euros par mois. La Cour des comptes s’est intéressée à ce contrat, pointant qu’il n’y avait pas eu d’appel d’offres, alors que pour de telles sommes, c’est obligatoire. L’association anticorruption Anticor a porté plainte en 2010 pour «délit de favoritisme», mais la procédure s’est arrêtée, du fait de l’immunité présidentielle. L’affaire pourrait aujourd’hui reprendre. (20Minutes-09.05.2012.)

**François Fillon présentera demain la démission de son gouvernement

 « Le premier ministre français actuel remettra au président de la République la démission de son gouvernement demain », vient d’annoncer la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, lors du compte-rendu du dernier conseil des ministres du quinquennat. (Le Figaro-09.05.2012.)

**Législatives : 125 députés de droite dans la tourmente

115 UMP et 10 Nouveau Centre semblent menacés aux prochaines législatives.

La bataille des législatives s’annonce difficile pour l’UMP dans 115 circonscriptions et pour le Nouveau Centre dans 10 autres, en métropole. Dans 56 départements (en particulier l’Aveyron, le Calvados, le Cher, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l’Indre-et-Loire, le Jura, la Haute-Loire, la Loire-Atlantique, le Morbihan, le Nord, la Sarthe, l’Essonne et la Seine-Saint-Denis), les scores de François Hollande au second tour de la présidentielle frôlent ou dépassent allègrement les 50%.
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La palme revient à la circonscription du député Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde (5e de Seine-Saint-Denis), où le président élu a obtenu dimanche 66,4% des voix. Les trois sièges UMP du 93 sont également menacés. Battu en triangulaire en 1997, Éric Raoult (12e) espère que la participation sera suffisamment faible pour éviter que le candidat FN puisse se maintenir au second tour.

Dans l’Essonne, cinq circonscriptions UMP sont menacées, dont la 4e, celle de la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet. À Longjumeau, dont NKM est maire, le président élu a atteint 55,49%. Mais sur l’ensemble de la circonscription, c’est Nicolas Sarkozy qui a totalisé 51%. L’ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan, qui a obtenu 1,79% au premier tour de la présidentielle, semble en danger dans la 8e de l’Essonne, où Hollande est à 54,13%. Même constat dans le Val-de-Marne, où cinq députés UMP sont en difficulté, surtout Richard Dell’Agnola (7e), où le président élu a fait 58,01%. Dans le fief de Gilles Carrez (5e), rapporteur général du budget à l’Assemblée, Hollande est à plus de 50%, mais dans sa ville du Perreux, Sarkozy est arrivé largement en tête (55,80%).

Le Val-d’Oise est aussi dans la tourmente, avec sept députés UMP menacés. Dans la 5e circonscription, celle de Georges Mothron, Hollande obtient son meilleur score national dans un fief UMP: 64,79% des voix. Dans la 2e, chez Axel Poniatowski, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée, Hollande est arrivé en tête avec 51,02%. Même dans les Hauts-de-Seine, le département de Nicolas Sarkozy, quatre circonscriptions sont fragilisées par l’ouragan rose. Parmi les plus emblématiques, celle du député maire Nouveau Centre d’Issy-les-Moulineaux, André Santini (la 10e), où Hollande dépasse les 53%, et celle du député maire d’Antony et patron du département, Patrick Devedjian (13e), où Hollande obtient 52,65%.

Wauquiez et MAM en danger

Parmi les ministres sortants, Xavier Bertrand est en situation délicate dans la 2e de l’Aisne, où Hollande a fait 52,57%, et 54,18% dans sa ville de Saint-Quentin. Dans la Haute-Loire, les deux circonscriptions de droite sont en danger, dont celle de Laurent Wauquiez (1re), où Hollande frôle les 50%. Le président élu obtient même 55,89% au Puy-en-Velay, que Wauquiez avait repris à la gauche en 2008. Il recueille encore 53,72% des suffrages dans la circonscription de l’ancien ministre radical, Laurent Hénart, en Meurthe-et-Moselle. Dans la 1re du Maine-et-Loire, où Roselyne Bachelot ne se représente pas, son successeur, Paul Jeanneteau, engage une campagne difficile (51,58% pour Hollande).

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, à nouveau candidat dans la 21e du Nord, devra tenir compte du score majoritaire de Hollande (52,22%) sur ses terres. Six députés UMP sont en position délicate dans ce département. Un autre ancien ministre radical, Yves Jégo, n’aura pas la tâche facile dans la 3e de Seine-et-Marne où Hollande a presque atteint les 50%. L’ancien ministre Hervé Novelli doit affronter un PS à 52% dans la 4e d’Indre-et-Loire. La situation est inédite dans les Pyrénées-Atlantiques, où Hollande a distancé Sarkozy de plus de 14 points (avec 57,12% des voix), une grande partie des électeurs du MoDem ayant rallié la gauche dimanche.

Dans la 6e, fief de l’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, le président élu est majoritaire, avec 51,59%. Hollande a fait un excellent score (56,76%) dans la circonscription voisine de Bayonne, dont le député maire, Jean Grenet, a aussi le handicap de l’âge (72 ans). Dans la Sarthe, le département de François Fillon, le président élu est arrivé en tête dans les cinq circonscriptions UMP, avec un score départemental de 52,67%, alors que les Sarthois avaient choisi Sarkozy en 2007.

D’autres figures de l’Assemblée sont en difficulté: Louis Giscard d’Estaing (3e du Puy-de-Dôme), Hervé Mariton (3e de la Drôme), Valérie Rosso-Debord (2e de Meurthe-et-Moselle), Jean-Michel Fourgous (11e des Yvelines), Marc Le Fur (3e des Côtes-d’Armor) ou Jean-Paul Garraud (10e de la Gironde). Au Nouveau Centre, Jean-Pierre Abelin (4e de la Vienne), Nicolas Perruchot (1re du Loir-et-Cher), Jean Dionis du Séjour (1re du Lot-et-Garonne), Michel Hunault (6e de Loire-Atlantique) sont aussi menacés par la poussée de la gauche. Les espoirs d’élection se sont évanouis pour Guillaume Peltier, ex-porte-parole adjoint de Sarkozy, qui n’a aucune chance de ravir son siège à Jean-Patrick Gille (PS) dans la 1re d’Indre-et-Loire, ou pour Salima Saa, une figure montante de l’UMP, investie dans la 8e du Nord.(Le Figaro-09.05.2012.)

 

**France 2 remporte la soirée électorale devant TF1

France 2 a pris la tête de la course dès 20h02. Au final, la chaîne publique a rassemblé 5,5 millions de téléspectateurs lors de la soirée électorale.

La soirée électorale a attiré 5,5 millions de téléspectateurs sur France 2.

La soirée électorale s’est aussi conclue par un million de voix d’écart. Dimanche soir, la soirée électorale de France 2 animée par David Pujadas a devancé largement celle de TF1 avec 5,5 millions de téléspectateurs et 26,6% de parts d’audience contre 4,59 millions de téléspectateurs et 21,6% de parts d’audience pour TF1.

«C’est une grande satisfaction et cette soirée électorale marque l’aboutissement de tout le travail effectué par les rédactions de France Télévisions durant cette campagne électorale. Cela récompense le risque que nous avions pris lorsque nous avons décidé de commencer la campagne par la diffusion des débats des primaires socialistes. Ensuite, l’émission de David Pujadas “Des paroles et des actes” s’est imposée et nous avons terminé la campagne en tête», confie Thierry Thuillier, le directeur adjoint de France Télévisions en charge de l’information. «Normalement, quand il y a un même programme sur les deux chaînes, il y a une prime à la chaîne la plus puissante. Mais sur cette élection, France 2 a réussi à inverser la tendance. Le grand tournant a été constaté lors du débat d’entre-deux tours entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, durant lequel France 2 a devancé TF1 de 21 heures à 23h45», se réjouit le directeur adjoint.

Pic d’audience de 31,561 millions de téléspectateurs

Dans le détail, France 2 n’a pris la tête qu’à partir de 20h02. Ce qui veut dire que pour la traditionnelle proclamation du nom du nouveau président de la République à 20 heures, TF1 devançait encore d’une très courte tête sa rivale. Selon Médiamétrie, la soirée du 6 mai a rassemblé un pic d’audience de 31,561 millions de téléspectateurs toutes chaînes confondues à 20h30, contre une moyenne de 28 millions de téléspectateurs pour un dimanche soir classique. (Le Figaro-07.05.2012.)

**Paris offre une large victoire à François Hollande

Pour le maire PS, Bertrand Delanoë, le président élu a réalisé, avec 55,6% dans la capitale, un score «magnifique». Un score «magnifique», selon Bertrand Delanoë. Avec 55,6% des voix, dimanche soir, un candidat de gauche est arrivé pour la première fois dans l’histoire de la Ve République en tête de la présidentielle dans la capitale. «La capitale de l’État républicain est en harmonie avec un président de gauche», a indiqué le maire socialiste depuis l’hôtel de ville. «J’avais une ambition, a-t-il confié, c’est qu’avant que je quitte la mairie de Paris, enfin une fois, un candidat de gauche dans une élection nationale soit majoritaire, c’est une première historique.»(Le Figaro-07.05.2012.)

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 *Une chaîne taïwanaise parodie les élections françaises

*Vidéo:Socialist Hollande wins French election

media_xll_4813567 françois-hollande dans société

Une chaîne taïwanaise, spécialisée dans l’animation de l’information, a parodié les élections françaises avec humour et originalité.NMA.TV est une chaîne d’information qui décrypte l’actualité par des animations pédagogiques. Simpliste, le reportage explique aux Taïwanais les conséquences de François Hollande, notamment pour la zone euro.

 

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Une réponse à “L’autre image de la France”

  1. 20 12 2012
    bloons tower defense 4 (20:25:30) :

    How to contact you?
    bloons tower defense 4

    Répondre

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