• Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 13 février 2011

Quels lendemains pour l’Egypte?

13022011

*Après la chute de Moubarak..

Dans l’euphorie générale, peu d’Egyptiens se soucient réellement de ce que sera demain, mais cette joie va se calmer pour, sans doute, être mieux savourée. Cependant, il ne faut pas s’y tromper, car assez tôt se présentera le dilemme de ce qu’il faut faire de cette révolution. Révolution, faut-il le signaler, encore fragile et qui demande à être réellement prise en charge par les vraies forces du changement. Celles-ci auront-elles l’opportunité de s’organiser pour participer à la mise en place de nouvelles institutions plus en phase avec la demande du peuple? Ce ne sont là que quelques-uns des questionnements que se font les analystes qui tentent d’appréhender correctement ce que seront les retombées d’une révolution qui a pris de court experts du renseignement, observateurs politiques et diplomatiques. Avant cela, la question nodale qui se pose et doit être posée est de savoir quel rôle sera celui de l’armée – bastion sur lequel Hosni Moubarak s’est appuyé tout au long de son règne – dans la transition? Il faut savoir en effet, que si Moubarak est tombé, le régime est toujours en place avec un Parlement qui lui est totalement dévoué, comme il l’a été à Moubarak, dont le fils, Gamal Moubarak, en a été le numéro 2 et son principal animateur politique.
Moubarak Junior et son groupe – dont nombre de ministres aujourd’hui poursuivis par la justice égyptienne pour corruption, abus de biens sociaux et autres griefs – ne sont plus là, mais restent solidement implantés au coeur même du Parlement avec le Parti national démocratique (PND, courroie de transmission du clan Moubarak) qui, pour le moment n’a fait l’objet d’aucune mesure (gel des activités, dissolution ou autre…). Mais la véritable inconnue c’est encore et toujours l’armée dont les liens des responsables hiérarchiques avec la hiérarchie militaire israélienne et américaine sont de notoriété publique. De fait, le problème de la succession de Moubarak se complique par la duplicité dont a fait montre l’ex-raïs qui, avant de quitter le pouvoir, en a confié les clés à l’armée, violant ainsi de manière flagrante la Constitution égyptienne et singulièrement son article 84 qui stipule: «En cas de vacance du poste du président de la République ou de son incapacité permanente d’assumer ses fonctions, la présidence sera confiée provisoirement au président de l’Assemblée du peuple ou, dans le cas où celle-ci serait dissoute, au président de la Cour suprême constitutionnelle, à la condition qu’aucun des deux ne pose sa candidature à la Présidence».
Or, dans son obstination à conserver le pouvoir jusqu’à, au moins, l’achèvement de son mandat en septembre, Moubarak a usé de tous les subterfuges pour y faire, comme la désignation d’un vice-président, trente années après sa prise de pouvoir, alors que la Constitution égyptienne prévoyait un ou plusieurs vice-présidents pour seconder le chef de l’Etat. Dispositions ignorées par Moubarak durant trente longues années, jusqu’à l’avènement de la Révolution du 25 janvier 2011, pour qu’enfin le raïs se souvienne de cette opportunité de la loi fondamentale de son pays.
Or, jeudi soir, acculé par le peuple, Moubarak transfère une partie de ses pouvoirs au vice-président Omar Souleimane (à l’exclusion du pouvoir de dissolution du Parlement et du gouvernement) pour au final, avant sa «fuite» vendredi, remettre la totalité de ses pouvoirs aux mains de l’armée. Question: que va faire l’armée égyptienne d’un pouvoir dont elle n’a pas la capacité politique d’assumer la responsabilité comme d’assurer la transition vers la démocratie, la bonne gouvernance et l’Etat de droit?
D’ailleurs, dans sa première réaction, le président américain, Barack Obama, a affirmé que l’armée égyptienne doit «assurer une transition crédible aux yeux du peuple égyptien». Il n’est pas surprenant que le «mentor» américain de Moubarak ne conteste pas le choix final d’un président rejeté par son peuple, qui transféra son pouvoir et, partant, la mission d’assurer la transition à l’armée.
Une armée, faut-il le souligner, que les Etats-Unis subventionnent annuellement à hauteur de 1,3 milliard de dollars. Dès lors, il est logique que le choix de l’armée pour assurer la transition et surtout faire triompher la révolution soit sujet à suspicion.
Aussi, l’incertitude du lendemain titille-t-elle quelque part les millions d’Egyptiens qui ont rendu possible un changement de fond en Egypte – en déboulonnant la statue de Moubarak – mais qui craignent que leur Révolution soit confisquée pour d’autres desseins. De fait, dès hier, l’armée s’est mise à «nettoyer» les rues du Caire alors que les chars se positionnaient dans les principaux boulevards de la capitale égyptienne tout en appelant le peuple à rentrer chez lui. Même si le peuple continuait hier à célébrer sa victoire et la chute de l’ancien dictateur, la récréation semble, en fait, bien terminée. (L(Expression-13.02.2011.)

*********************

 image

**des Égyptiens ont brandi le drapeau algérien à la place Tahrir

ils ont accusé le régime d’être à l’origine de la détérioration des relations entre les deux peuples algérien et égyptien

 image

Des milliers d’Égyptiens ont quitté, samedi, la place Tahrir où ils étaient restés jusqu’à l’annonce du départ officiel de Moubarak. Rappelons, que ces manifestants ont passé 18 jours dans ladite place.

 

*********************

*LE CONSEIL SUPRÊME DE L’ARMÉE PROMET LA DÉMOCRATIE
Le monde attend la nouvelle Égypte
 

Toute la carte géostratégique du Moyen-Orient se dessinera sur la base de ce qui sortira de la Révolution des enfants du Nil.

Le Conseil suprême de l’Armée égyptienne, dépositaire du pouvoir après la chute du président Hosni Moubarak, a déclaré, hier, qu’il soutient, compte tenu de la volonté du peuple, la suprématie du civil sur le militaire! Les hauts officiers de l’Armée ont ainsi promis une «transition pacifique vers un pouvoir civil élu» et assuré que «l’Egypte respecterait tous les traités régionaux et internationaux qu’elle a signés». «L’Armée s’engage à une transition pacifique du pouvoir, qui préparera le terrain à un pouvoir civil élu en vue de construire un Etat démocratique libre», a fait savoir le Conseil suprême de l’Armée, dans un texte lu par un de ses membres à la télévision d’Etat, en indiquant également que «l’actuel gouvernement et les gouverneurs continueront de travailler jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé, dans un proche avenir».
Décidément, les militaires détiennent les rênes du pouvoir en Egypte. Néanmoins, la question qui se pose, aujourd’hui, est de savoir si ce qui est salué, comme un triomphe du peuple ne s’avère pas, une fois de plus, une prise de pouvoir militaire qui, s’est renouvelée en Egypte? Car, tout dépend, en fait, de la manière dont l’armée utilisera son pouvoir. Ainsi, le Conseil suprême de l’Armée a, selon la presse égyptienne, engagé des concertations avec la direction de la Cour constitutionnelle pour «examiner les prochaines mesures à prendre et la volonté de l’armée d’accompagner le contrôle de la situation d’une réforme constitutionnelle à même de satisfaire les revendications du peuple et de répondre à ses aspirations».
Les chefs militaires actuels sont, il est utile de le noter, les héritiers des officiers qui ont mis fin à la monarchie en 1952 et établi les contours d’un régime dont l’armée est à la fois la garante et une grande bénéficiaire. L’Armée égyptienne a, de même, donné au pays tous ses présidents -Mohamed Naguib, Gamal Abdel Nasser, Anouar El-Sadate et Hosni Moubarak. D’ores et déjà, les capitales étrangères s’interrogent sur ce que leur réserve la «New Egypte», centre névralgique du Monde arabe. En effet, toute la carte géostratégique de la région du Moyen-Orient et par extension du monde, se dessine à la base de ce qui sortira de la Révolution des enfants du Nil. Du côté de l’opposition, celle-ci a fait savoir que la préservation des acquis de la révolution du 25 janvier constitue une responsabilité partagée entre l’armée et le peuple.
Ainsi, l’Association nationale pour le changement en Egypte, dirigée par l’opposant Mohamed el Baradei, a réitéré son appel à la création d’un «Conseil présidentiel» assumant les pouvoirs du président de la République et regroupant trois personnalités dont un militaire, se disant convaincue que «l’armée sera à l’écoute des revendications du peuple» et assumera son devoir national dans la défense de ses aspirations légitimes à la liberté, à la justice sociale et à la dignité. Le parti Al Wafd a proposé, quant à lui, une initiative visant à «garantir le retour du calme et de la sérénité au pays», consistant en neuf points dont la dissolution immédiate du Parlement, l’annonce par la commission constitutionnelle d’amendements constitutionnels et législatifs qui seront soumis à référendum au début mars prochain.
Le parti Al Wafd a aussi appelé à des élections législatives dans les 90 jours, à la promulgation de nouvelles lois régissant l’exercice des droits politiques, le Parlement et les partis politiques et à l’organisation d’une élection présidentielle à l’issue de laquelle le président élu appellera à une Assemblée constituante chargée de l’élaboration d’une nouvelle Constitution à même de garantir l’alternance au pouvoir.
Des collectifs et cercles de jeunes manifestants, à l’origine du soulèvement du peuple, soulignent que des acquis ont été certes réalisés jusqu’ici, néanmoins beaucoup reste à faire. Car, soutiennent-ils, il faut rendre au peuple sa liberté et lui ouvrir les champs politiques et médiatiques et suspendre, par ailleurs, les tribunaux militaires et leurs jugements rendus contre des militants politiques, associatifs et animateurs des droits de l’homme. Enfin, il est à signaler que la marche de l’Egypte vers la liberté politique ne fait que commencer. (L’Expression-13.02.2011.)

******************

*huit objets de grande valeur volés au Musée du Caire

 Des objets de grande valeur, dont cette statue, ont disparu du Musée national d'Egypte durant la journée du 28 janvier baptisée «vendredi de la colère».

 

Huit pièces de grande valeur, dont une statue de Toutankhamon, ont été volées au Musée égyptien du Caire, a annoncé dimanche le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass. Parmi les objets dérobés figurent «une statue en bois recouverte d’or du roi de la XVIIIème dynastie Toutankhamon porté par une déesse» ainsi que des parties d’une autre statue du même pharaon en train de lancer un harpon ont été volées, a précisé Zahi Hawass, par ailleurs secrétaire d’Etat aux Antiquités. Une statue en calcaire du pharaon portant un plateau d’offrandes, une autre de son épouse en train de faire des offrandes et la tête en grès d’une princesse d’Amarna, l’ancienne capitale d’Akhénaton, ont aussi disparu. La statuette d’un scribe d’Amarna, un ensemble de onze statuettes funéraires (ouchabtis) de Yuya, un puissant courtisan de la XVIIIème dynastie qui régna il y a plus de 3.000 ans et enfin une amulette représentant un scarabée et appartenant à Yuya ont également été dérobés.

Le Musée égyptien du Caire recèle des pièces antiques inestimables, dont le trésor funéraire de Toutankhamon et de nombreuses momies royales. Environ 100 000 pièces sont exposées dans sa centaine de salles, et 50 000 autres reposent dans les réserves. Deux momies de l’époque pharaonique ont aussi été lourdement endommagées lors d’une tentative de vol.

Des chaînes humaines autour du Musée

Profitant des événements en cours, et notamment d’un important rassemblement de manifestants anti-Moubarak place Tahrir, proche du Musée, des individus avaient réussi à pénétrer dans le bâtiment le 28 janvier. C’est à la suite de cette intrusion qu’un inventaire avait été effectué par le personnel du Musée. «Malheureusement, ils ont découvert que des objets avaient disparu du Musée», a indiqué le secrétaire d’Etat aux Antiquités. Une enquête a été lancée pour mettre la main sur les auteurs des vols et retrouver les pièces, a-t-il ajouté, précisant que «l’armée a réussi à arrêter certains des criminels pendant qu’ils essayaient de fuir le 28 janvier».

Ce 28 janvier, baptisé «vendredi de la colère», a vu basculer le conflit en Egypte qui s’est considérablement durci après. Dans la journée, de très violents affrontements avaient opposé manifestants et policiers, provoquant la mort d’une vingtaine de personnes et en fin d’après midi, le siège du parti présidentiel, jouxtant le Musée, avait été incendié et pillé. Des craintes avaient été émises quant à la sûreté du Musée et des chaînes humaines avaient été formées atour du bâtiment pour tenter de le protéger avant que l’armée, déployée ce jour-là dans les rues du pays, n’en assure la garde. (Le Parisien-13.02.2011.)

Quels lendemains pour l’Egypte? dans actualité 1313578_cai001-789369-01-02

 

 

***********************







humain, trop humain! |
ACTUBUZZ BY GBA |
Quoi de neuf Cerise? |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | ActuBlog etc...
| Badro
| ENTV, une Pose Café